ANIMAUX SAUVAGES
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SOMMAIRE
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LES LIONS
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LES GRANDS SINGES
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LES CROCODILES
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LES SERPENTS
77
LES TORTUES
101
LES DAUPHINS
125
LES REQUINS
149
LES ANIMAUX EN DANGER
173
LES RECORDS DES ANIMAUX
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Remerciements Un grand merci à Marion Valeix, écologue, chargée de recherche au CNRS (Centre national de la recherche scientifique) pour sa généreuse contribution à l’écriture de ce livre et sa relecture attentive des textes. Nous tenons aussi à remercier Alain Argant, paléontologue (Université Aix-Marseille – CNRS – LAMPEA), pour sa relecture du texte sur le lion des cavernes et Fanny Derym, responsable du site archéologique de Soyons (Ardèche).
Crédits photographiques Fonds des pages : Shutterstock. Page 6 : Carte de l’Afrique © Jacques Dayan – Lion d’Afrique © Shutterstock. Page 7 : Lion de l’Atlas © Joern Friederich/imageBROKER/Biosphoto – Lion d’Asie © Shutterstock – Lion des cavernes © Fanny Derym – Lions des cavernes dans la grotte Chauvet © Grotte Chauvet 2-Ardèche. Page 8 : Lions mâle et femelle © Vincent Grafhorst/Minden Pictures/Biosphoto – Lion blanc © Shutterstock. Page 9 : Crinière de lion © Shutterstock – Lionne courant © Shutterstock – Lion bondissant © Shutterstock – Lion nageant © Andrey Gudkov/Biosphoto. Page 10 : Canines © Alain Mafart-Renodier/Biosphoto – Lionne se toilettant © Shutterstock – Langue d’un lion © Shutterstock – Lionceau griffant un arbre © Shutterstock – Lion griffant un arbre © Shutterstock. Page 11 : Vibrisses © Shutterstock – Yeux © Richard du Toit/Minden Pictures/Biosphoto – Lionne s’étirant © Shutterstock – Coussinets © Shutterstock. Page 12 : Groupe de lions © Paul Funston – Lionnes © Shutterstock – Lion marquant son territoire © Shutterstock. Page 13 : Rugissements © Shutterstock – Combat entre mâles © Aditya Singh/imageBROKER/Biosphoto – Signes d’affection entre lions © Frank Stober/ imageBROKER/Biosphoto – Lionne jouant avec ses lionceaux © Pierluigi Rizzato/Biosphoto. Page 14 : Lionne poursuivant un phacochère © Shutterstock – Lion et lionnes chassant un buffle © iStock. Page 15 : Lionne à l’affût © Michel & Christine Denis-Huot/Biosphoto – Attaque de lions © Shutterstock – Attaque d’un buffle © Daryl Balfour/Photoshot/Biosphoto. Page 16 : Groupes de lions se partageant une proie © Stéphanie Périquet – Lion se régalant © Shutterstock – Hyène © iStock – Groupe de hyènes © Yva Momatiuk and John Eastcott/Minden Pictures/ Biosphoto. Page 17 : Chasse en groupe d’un jeune éléphant © Andrew Loveridge – Springbok © Shutterstock – Buffles chargeant un lion © Laurent Renaud/Biosphoto – Girafe se défendant © Vincent Grafhorst/Minden Pictures/Biosphoto. Page 18 : Lionne se roulant par terre © Sylvain Cordier/Biosphoto – Lionne agressive © Shutterstock – Couple de lions avant l’accouplement © Michel & Christine Denis-Huot/Biosphoto. Page 19 : Lionne et lionceaux au cœur d’un fourré © Paul Funston – Lionceau venant de naître © Jean-Michel Labat/Biosphoto – Lionceau de 2 à 3 semaines © Suzi Eszterhas/Minden Pictures/Biosphoto – Lionne transportant son petit © iStock – Lionne toilettant son petit © Egil Dröge – Lionceaux tétant leur mère © Shutterstock. Page 20 : Lionnes et lionceaux © Michel & Christine Denis-Huot/Biosphoto – Scène de tendresse entre un mâle et ses lionceaux © Shutterstock – Jeux entre lionceaux © Shutterstock. Page 21 : Lionceau et tortue © Suzi Eszterhas/Minden Pictures/Biosphoto – Coalition de jeunes lions nomades © Michel & Christine Denis-Huot/Biosphoto – Lionne portant son lionceau tué par un mâle adulte © Michel & Christine Denis-Huot/Biosphoto. Page 22 : Tigre du Bengale © iStock – Tigre de Sibérie © Pierre Vernay/Biosphoto – Léopard d’Afrique © Shutterstock. Page 23 : Jaguar © Shutterstock – Panthère des neiges © Sylvain Cordier/Biosphoto. Page 24 : Lion en briques vernissées ornant la voie menant à la porte d’Ishtar © Shutterstock – Déesse Sekhmet © Shutterstock – Sphinx © Shutterstock. Page 25 : Chromolithographie du début du XXe siècle représentant Héraclès combattant le lion de Némée © Stefano Bianchetti/Bridgeman Images – Chevalier © Jacques Dayan – Démonstration de la danse du lion en Chine © Shutterstock. Page 26 : Lion debout sur un rocher © Shutterstock – Peau de lion © Shutterstock – Lionne équipée d’un collier GPS © Sara Gomez. Page 27 : Lionnes et lionceaux dans le parc national du Serengeti (Tanzanie) © Konrad Wothe/Minden Pictures/Biosphoto – L’écologue Marion Valeix © Simon Chamaillé-Jammes.
Page d’ouverture : Lion d’Afrique © Shutterstock.
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LIONS
T E X T E S CATHY FRANCO R E L E C T U R E SCIENTIFIQUE MARION VALEIX
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OÙ VIVENT LES LIONS ? L’aire de répartition actuelle du lion d’Afrique
De nos jours, l’immense majorité des lions sauvages vivent en Afrique
Le lion d’Afrique est surtout présent en Afrique australe (Botswana, Zimbabwe, Zambie, Namibie, Afrique du Sud, Mozambique, Angola, Malawi) et dans certains pays d’Afrique de l’Est (Kenya, Tanzanie, Ouganda, Soudan du Sud, Éthiopie). En Afrique centrale et en Afrique de l’Ouest, ces animaux sont particulièrement menacés en raison de la perte notoire de leur habitat naturel et de la protection parfois inefficace des aires dites protégées dans lesquelles ils survivent.
subsaharienne (sous le désert du Sahara). Située dans le nord-ouest de l’Inde, la forêt de Gir abrite les derniers lions d’Asie. Il y a très longtemps, les lions étaient présents dans de nombreuses régions du monde, y compris en Europe. C’est le cas du lion des cavernes, qu’ont côtoyé nos ancêtres préhistoriques.
L’habitat du lion d’Afrique L’habitat privilégié du lion d’Afrique est la savane, un mélange de plaines herbeuses et de végétation buissonnante ou arborée. Cette végétation, plus ou moins clairsemée, est caractéristique des régions chaudes avec une longue saison sèche. Des arbustes et des arbres caractéristiques y poussent, comme le baobab, qui peut survivre à de longues sécheresses en stockant de grandes quantités d’eau dans son tronc, ou l’acacia, reconnaissable à sa forme en parasol. Le lion d’Afrique fréquente aussi le désert semi-aride du Kalahari, et une petite population s’est adaptée aux conditions plus rudes du désert du Namib. Ces deux déserts se situent en Afrique australe. Lion d’Afrique dans la savane
Sénégal
Niger Tchad Guinée
Soudan du Sud Éthiopie
Nigeria Burkina Faso
Ghana
Bénin
Kenya
Cameroun
République démocratique du Congo
République centrafricaine
Somalie Ouganda Rwanda Tanzanie
Gabon Congo
Angola
Malawi
Zambie
Namibie Botswana
Aire de répartition résiduelle du lion d’Afrique
Afrique du Sud
Zimbabwe Mozambique
Aire de répartition résiduelle probable
Source : CITES
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Le lion de l’Atlas Autrefois, le lion d’Afrique vivait aussi au nord du continent, du Maroc jusqu’à l’Égypte. Il peuplait notamment les forêts de cèdres du massif montagneux de l’Atlas, où il chassait le mouflon à manchettes, le cerf de l’Atlas ou encore la gazelle de Cuvier. C’est pourquoi il porte le nom de lion de l’Atlas. Décimé par les colons européens à partir du XIXe siècle, qui voyaient en lui un animal nuisible, victime de la perte progressive de son habitat et des conflits avec les éleveurs, ce lion a disparu du Moyen Atlas, où il avait fini par se retrancher, dans les années 1940. Une centaine de descendants du lion de l’Atlas sont encore présents dans certains grands parcs zoologiques. Les mâles ont souvent une crinière plus volumineuse que celle des autres lions d’Afrique.
Le lion d’Asie Ce lion, présent autrefois au Moyen-Orient et en Inde, a frôlé l’extinction, victime de la chasse aux trophées et de la destruction de son habitat. Aujourd’hui, quelque 900 individus survivent dans les forêts sèches du parc national de Gir, en Inde, et dans les réserves adjacentes, où ils sont protégés. Le lion d’Asie est légèrement plus petit que le lion d’Afrique et sa crinière est un peu moins fournie. Parmi ses proies figurent des cerfs, des antilopes, des sangliers. Il vit en groupes généralement plus petits que ceux de son cousin africain (voir pages 12-13). Ne vivant plus que dans un seul endroit, le lion d’Asie est particulièrement vulnérable aux épidémies ou aux feux de forêts qui pourraient entraîner sa disparition.
Le lion des cavernes, une espèce disparue
Figuration d’un lion des cavernes. Les mâles étaient, semble-t-il, dépourvus de crinière. Les plus gros spécimens pesaient plus de 300 kg.
Durant la préhistoire, le lion des cavernes peuplait une large partie de l’Europe. Il s’est même aventuré jusqu’en Amérique. Les hommes et les femmes préhistoriques le côtoyaient, mais il semble qu’ils l’aient très peu chassé. Le lion des cavernes se nourrissait principalement de grands herbivores tels que le renne, le cheval, le bison et le mammouth. Il s’aventurait aussi souvent dans les grottes à ours des cavernes pendant leur hibernation pour se nourrir des oursons ou pour s’abriter. Mais les cavernes ne constituaient pas son habitat, contrairement à ce que son nom peut laisser penser. Homo sapiens l’a peint sur les parois des grottes, comme celle de Chauvet, en Ardèche. Peintures rupestres de la grotte Chauvet montrant des lions des cavernes. Cette espèce a disparu à la fin de la dernière période glaciaire, il y a environ 10 000 ans.
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LE LION À LA LOUPE Dans la culture populaire, on appelle le lion le « roi des animaux », en référence à son allure majestueuse et à son statut de grand prédateur. Il fait partie de la famille des félins, qui regroupe une grande variété d’espèces, du chat domestique au tigre, en passant par le lynx, le puma, le jaguar ou le guépard. Les félins ont entre autres points communs une tête ronde au crâne raccourci et un corps très souple.
Lions mâle et femelle
Un félin imposant Le lion est le deuxième plus grand félin après le tigre (voir page 22). Un mâle adulte mesure entre 1,80 et 2,10 m (sans la queue). Sa taille au garrot (à partir de l’épaule) est d’environ 1,20 m. Il pèse en moyenne 188 kg (jusqu’à 225 kg pour les individus les plus lourds). La femelle est moins lourde et plus petite que le mâle : à l’âge adulte, son poids moyen est de 126 kg et elle mesure entre 1,60 et 1,80 m de long pour une taille au garrot d’environ 1,10 m.
La couleur du pelage Le pelage, court, est de couleur sable à ocre. La crinière peut afficher du brun foncé et même du noir. Le lion blanc est atteint d’une anomalie génétique qui fait que son pelage est plus clair que la normale, mais ses yeux et sa peau sont pigmentés. Lion blanc
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Quel est le rôle de la crinière ? La crinière est l’apanage des mâles. Elle est plus ou moins dense selon les régions où ils vivent, mais aussi selon les individus présents au sein d’un même environnement. La crinière est avant tout un signal de force et de vitalité adressé aux femelles que le mâle convoite et à ses rivaux. Elle le protège assurément des coups de griffes et des morsures des autres mâles lors des combats pour le contrôle d’un territoire, mais ce n’est pas sa fonction première. Les lionnes ont tendance à préférer les mâles avec une crinière épaisse et foncée. Une telle crinière intimide aussi les mâles rivaux.
Lionne en chasse courant dans la savane
Un corps d’athlète Le lion est doté d’une musculature puissante et d’une colonne vertébrale très flexible qui lui confère une grande souplesse. Il peut franchir une distance d’une dizaine de mètres en un seul bond et atteindre une vitesse de 50 km/h (la vitesse d’une voiture en ville) en quelques foulées. Sa longue queue sert de contrepoids dans les virages serrés. Toutefois, il ne peut maintenir une grande vitesse que sur de courtes distances (quelques dizaines, voire quelques centaines de mètres), d’où l’importance pour lui de surprendre ses proies lorsqu’il chasse (voir page 15).
Mâle bondissant dans une zone de marécages
Le lion est-il un bon nageur ? Le lion sait nager. Il nage même très bien sans que personne ne lui ait appris. Il le fait lorsqu’il a besoin de traverser une rivière pour atteindre l’autre rive, mais l’eau n’est pas le milieu où il est le plus à l’aise. Lion nageant dans les marais (delta de l’Okavango, Botswana)
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Crédits photographiques Fonds des pages : Shutterstock. Page 30 : Purgatorius © Walter Myers / Stocktrek Images / Biosphoto – Schéma de la vision © Shutterstock – Main d’orang-outan © iStock. Page 31 : Portrait d’un chimpanzé © iStock – Fond de carte © Shutterstock. Pages 32-33 : Fond de carte © Shutterstock – Gigantopithecus © Shutterstock – Illustrations des grands singes © Shutterstock. Page 34 : Orang-outan de Bornéo, femelle et jeune © JuanCarlos Muñoz / Biosphoto – Bonobo femelle dans son nid, République démocratique du Congo © Cyril Ruoso / Minden Pictures / Biosphoto. Page 35 : Chimpanzé commun attrapant des fourmis avec une brindille, Mahale Mountains National Park, Tanzanie © Konrad Wothe / Minden Pictures / Biosphoto – Chimpanzé commun se nourrissant de fruits de Pseudospondias microcarpa, Ouganda © Suzi Eszterhas / Minden Pictures / Biosphoto – Moabi © Wikimedia Commons. Page 36 : Gorilles de montagne – Volcanoes National Park, Rwanda © Thomas Marent / Ardea / Biosphoto – Groupe de bonobos au bord de l’eau, Sanctuaire des Bonobos © Cyril Ruoso / Biosphoto. Page 37 : Famille de siamangs © Photo12 / Alamy / Megan Whittaker – Orang-outan de Tapanuli, femelle au nid, Batang Toru, Sumatra © Alain Compost / Biosphoto. Page 38 : Orang-outan de Bornéo avec son bébé © iStock – Gorille mâle jouant avec son petit © Tony Crocetta. Page 39 : Chimpanzé adulte montrant l’usage d’un outil à un jeune mâle, Zoo de Washington © Gerry Ellis / Minden Pictures / Biosphoto – Gibbon à mains blanches © iStock – Bonobo femelle, Sanctuaire de bonobos de Lola Ya, République démocratique du Congo © Cyril Ruoso / Biosphoto. Page 40 : Chimpanzé commun utilisant une brindille pour extraire des termites, Ngamba Island Chimpanzee Sanctuary, Ouganda © Suzi Eszterhas / Minden Pictures / Biosphoto – Chimpanzé cassant des noix de palme avec une pierre, Gabon © Cyril Ruoso / Biosphoto – Jeune chimpanzé mâle utilisant des feuilles comme cuillère, Bossou, Guinée © Cyril Ruoso / Minden Pictures / Biosphoto. Page 41 : Chimpanzé de Fongoli capturant un galago dissimulé dans le tronc d’un arbre © Royal Society, Open Science / Wikimedia Commons – Orang-outan femelle avec son petit se protégeant de la pluie, Camp Leakey, Tanjung Puting National Park, Bornéo © Thomas Marent / Minden Pictures / Biosphoto – Gorille femelle utilisant une branche pour se déplacer dans l’eau © 2005 Public Library of Science – Outils de pierre utilisés par les chimpanzés il y a plus de 4 000 ans © University of Calgary. Pages 42-43 : Chimpanzés occidentaux cassant des noix de palme avec une pierre, Bossou, Guinée © Fabian von Poser / imageBROKER / Biosphoto– Chasse au termite par des chimpanzés communs de l’Est, Parc national du Torrent de Gombe, Tanzanie © Anup Shah / Minden Pictures / Biosphoto. Page 42 : Le rituel de l’arbre © Hjalmar S. Kühl et al., 2016 Nature. Page 43 : Jeune chimpanzé commun de l’Est femelle se balançant sur une branche, Parc national du Gombe, Tanzanie © Anup Shah / Minden Pictures / Biosphoto. Page 44 : Jane Goodall observant un chimpanzé au Centre de Recherche de Gombe Stream © Michel Gunther / Biosphoto – Bagarre entre des gorilles mâles des plaines de l’Ouest © Konrad Wothe / Minden Pictures / Biosphoto – Disque facial d’un orang-outan de Bornéo © Shutterstock. Page 45 : Épouillage et câlins chez les bonobos, Sanctuaire de bonobos de Lola Ya, République démocratique du Congo © Christian Ziegler / Minden Pictures / Biosphoto– Ancien mâle alpha assis sur un chemin (chimpanzé commun), réserve forestière de Budongo, Nyabyeya, Ouganda © Rolf Schulten / imageBROKER / Biosphoto – Séance d’épouillage chez les gorilles © iStock. Page 46 : Poche vocale du siamang © iStock – La chercheuse Francine Patterson et Koko © Photo12 / Alamy / ZUMA Press, ZUMA Press, Inc. Page 47 : Chimpanzé commun dans un laboratoire de recherche au Japon © Cyril Ruoso / Biosphoto – Chimpanzé faisant du tam-tam sur la racine d’un arbre © Université de St Andrews. Page 48 : Illustration extraite du livre de l’explorateur Paul Belloni Du Chaillu, Explorations & Adventures in Equatorial Africa (1861) – Lithographie du XXe siècle montrant des singes au zoo de Londres en train de prendre le thé © Look and Learn / Bridgeman Images. Page 49 : Image extraite du film La Planète des singes (1968) © Photo12 / Alamy / Moviestore Collection, Moviestore Collection Ltd – Chimpanzé Ham © NASA. Page 50 : Plantations de palmiers à huile en Asie du Sud-Est © Shutterstock – Jeunes chimpanzés derrière les barreaux de leur cage, Zambie © Sylvain Cordier / Biosphoto – Exploitation de coltan en République démocratique du Congo © Photo12 / Alamy / Erberto Zani. Page 51 : Groupe de bonobos au Congo © Régis Cavignaux / Biosphoto – Soigneuse avec un bébé orang-outan orphelin, Centre de soins de la Fondation Orang-outan, Bornéo © Suzi Eszterhas / Minden Pictures / Biosphoto – Écotourisme © Tony Crocetta. Page d’ouverture : Gorille de montagne femelle et son jeune dans une forêt de nuage, Parc national de la forêt impénétrable de Bwindi, Ouganda © Andrey Gudkov / Biosphoto.
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GRANDS SINGES
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T E X T E S EMMANUELLE GRUNDMANN
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Primate ou singe ?
LA GRANDE FAMILLE DES PRIMATES
Si tous les singes sont des primates, tous les primates ne sont pas des singes. En effet, le terme de primate recouvre deux grands groupes : • Les singes : babouins, macaques, ouistitis, gorilles, chimpanzés, bonobos, orangs-outans, gibbons… • Les prosimiens : loris, galagos, pottos, tarsiers et lémuriens. L’ordre des primates est un très ancien groupe de mammifères dont l’origine remonte à près de 66 millions d’années. Le plus vieil ancêtre, nommé Purgatorius, avait l’allure d’un écureuil. Des scientifiques ont montré, grâce à des analyses d’ADN, que ces premiers primates ont très certainement côtoyé les derniers dinosaures.
Tamarin, ouistiti, macaque, babouin, lémurien, galago, saki, homme ou bonobo, tous appartiennent au même ordre, celui des primates. On compte un peu plus de 500 espèces différentes, allant du minuscule microcèbe pesant moins de 30 g jusqu’à l’imposant gorille de plus de 180 kg. Régulièrement, de nouvelles espèces sont découvertes et décrites par les scientifiques.
Un Purgatorius tentant d’échapper à un Bistahieversor dans une forêt du Crétacé.
Nerf optique gauche
Les points communs
Œil gauche
Malgré des différences de taille ou de mode de vie, différentes caractéristiques rassemblent les primates. Tous possèdent des yeux orientés vers l’avant pour une vision binoculaire, un pouce opposable leur permettant de saisir avec précision, comme avec une pince, des branches, des feuilles, des fruits… Sauf rares exceptions, ils ont des ongles en lieu et place des griffes ainsi que des empreintes digitales.
Ch
Objet
am
Cerveau
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vision binocu
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Lobe occipital
Image de l’objet
Nerf optique droit
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Œil droit
Main d’orang-outan.
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T’as de beaux yeux ! Chez les primates, les deux yeux sont rapprochés sur le devant de la face, ce qui leur permet d’avoir une vision binoculaire ou stéréoscopique (en relief). En effet, les deux champs visuels de leurs deux yeux se chevauchent et donc lorsque leur cerveau interprète les images en provenance des deux globes oculaires, il les juxtapose et il forme une image 3D de l’objet. Ainsi, il appréhende très bien les distances. Un atout quand on évolue dans les arbres ou que l’on chasse des insectes, par exemple ! Portrait d’un chimpanzé.
Nouveau Monde et Ancien Monde Les singes se divisent en deux grands groupes : Les singes du Nouveau Monde : ils habitent en Amérique. Ce sont notamment les ouistitis, les tamarins, les singes araignées, les singes hurleurs ou encore les sakis et les douroucoulis. Les singes de l’Ancien Monde : ils se trouvent en Afrique et en Asie. Ce sont notamment les grands singes mais aussi les colobes, les cercopithèques, les babouins, les macaques ou encore les langurs.
Océan Arctique
EUROPE
AMÉRIQUE
ASIE
Océan Atlantique AFRIQUE
Océan Pacifique
Océan Indien Océan Pacifique
OCÉANIE
Océan Austral
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QUI SONT LES GRANDS SINGES ? Ce n’est pas seulement une question de taille ! Gorilles, orangs-outans, bonobos et chimpanzés sont certes des poids lourds chez les singes, mais si les spécialistes les distinguent des autres primates c’est d’abord parce qu’ils sont privés de queue et que leur cerveau est beaucoup plus gros et complexe que chez les petits singes. À cela s’ajoutent une vision très développée, une longue enfance et une grande espérance de vie.
Chimpanzés
Bonobos
De lointains ancêtres Il y a 20 millions d’années, les grands singes dominaient en Afrique et comptaient une soixantaine d’espèces. Il y a 10 millions d’années, ce nombre s’effondre à la suite d’un changement climatique et une seule lignée a survécu de justesse, celle des grands singes actuels dont nous faisons aussi partie. Durant de très nombreuses années, les scientifiques ont cherché, en vain, le chaînon manquant, c’est-à-dire une espèce fossile qui aurait des caractéristiques à la fois des grands singes et des humains. Mais contrairement aux idées reçues, l’être humain ne descend pas des grands singes et cette espèce intermédiaire n’existe pas. En revanche, nous partageons bel et bien un ancêtre commun : les grands singes sont donc non pas nos grands-parents mais nos cousins.
Gorilles
Des gènes partagés Nous partageons une grande partie de notre patrimoine génétique avec les grands singes, jusqu’à 98,6 % avec le chimpanzé et plus de 99 % avec le bonobo. Cette proximité explique pourquoi nous pouvons nous transmettre les mêmes maladies. 32
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Une cartographie du cerveau
LE GIGANTOPITHECUS
Les grands singes ont non seulement un cerveau volumineux comparativement à leur taille mais c’est surtout sa structure qui importe. En effet, comme chez l’humain, les grands singes possèdent une zone appelée néocortex, reconnaissable aux multiples petits plissements lui donnant l’allure d’un vaste labyrinthe. Les scientifiques ont montré qu’ils possédaient également une aire de Broca et une aire de Wernicke, deux zones impliquées dans le langage chez l’humain.
Il y a 5 à 10 millions d’années vivait en Chine et en Inde le plus imposant de tous les grands singes ayant jamais existé. Il s’appelait Gigantopithecus et pesait 300 kg, soit deux fois plus qu’un gorille !
Gigantopithecus
Combien d’espèces ?
Gibbons
Orangs-outans
Dans la famille des grands singes, outre l’humain, on compte aujourd’hui sept espèces : • Le chimpanzé. • Le bonobo. • Le gorille, comprenant le gorille oriental (dont le célèbre gorille des montagnes) et le gorille occidental. • L’orang-outan : de Bornéo, de Sumatra et de Tapanuli. Les gibbons et les siamangs, souvent oubliés, font également partie de la même superfamille. Ce sont des « petits grands singes » !
Des habitants des tropiques Les grands singes actuels vivent uniquement en Afrique et en Asie, dans les forêts tropicales : • Gorilles, chimpanzés et bonobos occupent les forêts africaines dont l’immense forêt du bassin du Congo. • Les orangs-outans vivent uniquement sur les îles indo-malaises de Bornéo et de Sumatra. • Quant aux gibbons et siamangs, on les rencontre en Asie du Sud-Est, depuis l’Inde jusqu’à la Thaïlande et l’Indonésie. Seul le continent américain n’a jamais été habité par des grands singes au cours de l’Histoire. 33
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Remerciements Un grand merci à Xavier Bonnet, chercheur CNRS au Centre d’Études Biologiques de Chizé, pour sa relecture attentive, ainsi qu'à Éric Buffetaut, paléontologue au CNRS, pour ses précieux conseils sur les ancêtres des crocodiles (pages 56-57).
Crédits photographiques Page 54 : American alligator © Sonja Jordan / imageBROKER / Biosphoto. Pages 54-55 : Carte sur la répartition des crocodiliens dans le monde © Jacques Dayan / Shutterstock. Page 55 : Crocodile marin © picture alliance / blickwinkel/ McPHOTO/M. Gann - Crocodile nain © Régis Cavignaux / Biosphoto - Crocodile du Nil © Bruce Coleman/Photoshot / Joe McDonald / Picture Alliance - Caïman yacaré © Picture Alliance / Zoonar - Gavial du Gange © Spanker.cz / Shutterstock Crocodile du Nil © Michel Gunther / Biosphoto - Alligator du Mississipi © Meunierd / Shutterstock. Page 56 : Sebecus © Benjamin Carré - Voay © Benjamin Carré. Pages 56-57 : Metriorhynchus © Benjamin Carré. Page 57 : Deinosuchus © Benjamin Carré - Simosuchus © Benjamin Carré. Page 58 : Peau de l’alligator © Fernando Cortes / Shutterstock - Crocodile américain © Mike Korostelev / Biosphoto. Pages 58-59 : Gros plan crocodile © PUMPZA / Shutterstock. Page 59 : Patte arrière de crocodile du Nil © Olivier Born / Biosphoto - Patte avant de crocodile du Nil © Olivier Born / Biosphoto Bébé crocodile du Nil © Anna Dunlop/ Shutterstock - Crocodile du Nil en Tunisie © Michel Gunther / Biosphoto. Page 60 : Crocodile du Nil au Burkina Faso © Olivier Born / Biosphoto - Caiman crocodilus © Matthijs Kuijpers / Biosphoto - Papillon et crocodile © L-N / Shutterstock - Crocodylus porosus © Mike Parry / Minden Pictures / Biosphoto. Page 61 : Caïman yacare © Luciano Candisani / Minden Pictures / Biosphoto Caiman au Pérou © Sylvain Cordier / Biosphoto - Yacaré © Patrick Kientz / Biosphoto Crocodile du Nil au Burkina Faso © Olivier Born / Biosphoto. Page 62 : Caïman au Venezuela © Gérard Lacz / Biosphoto - Crocodile en embuscade © Michel & Christine Denis-Huot / Biosphoto - Attaque de crocodile © Michel & Christine Denis-Huot / Biosphoto - Crocodile avalant une gazelle © Michel & Christine Denis-Huot / Biosphoto. Page 63 : Crocodile en plein saut © Sylvain Cordier / Biosphoto - Traversée de gnous © Todd Grimsley / Shutterstock - Crocodile attaquant un gnou © Sergey Uryadnikov / Shutterstock - Caïmans yacaré © Tui De Roy / Minden Pictures / Biosphoto. Page 64 : Crocodiles du Nil mâle et femelle © Michel & Christine Denis-Huot / Biosphoto - Parade nuptiale d’un caïman à lunettes © Tony Crocetta / Biosphoto - Gavial du Gange © Michel Gunther / Biosphoto. Pages 64-65 : Accouplement d’alligators du Mississipi © Jspix / imageBROKER / Biosphoto. Page 65 : Femelle du crocodile du Nil © Sergey Gorshkov / Minden Pictures / Biosphoto - Femelle de l’alligator du Mississipi © James Carmichael Jr / Photoshot / Biosphoto. Page 66 : Nid de crocodile du Nil © Sylvain Cordier / Biosphoto Eclosion de crocodiles du Nil © dewa_muji / Shutterstock - Crocodile du Nil femelle et son petit © Martin Harvey / Biosphoto - Jeune alligator du Mississipi sur sa mère © Tom & Pat Leeson / Ardea / Biosphoto - Caïmans yacaré nouveau-nés © Theo Allofs / Minden Pictures / Biosphoto. Page 67 : Groupe de bébés alligator © Heidi & HansJurgen Koch / Minden Pictures / Biosphoto - Jeune caïman rouge capturant un criquet © Daniel Heuclin / Biosphoto - Varan se nourrissant d’œufs de crocodiles © Claude Balcaen / Biosphoto - Caïman yacaré dévorant une proie © Chris Brunskill / FLPA Frank Lane Picture Agency / Biosphoto. Page 68 : Gavial du Gange © Andrea & Antonella Ferrari / NHPA / Photoshot / Biosphoto. Pages 68-69 : Crocodile marin © Shane Bartie / Shutterstock - Caïman à lunettes © Michal Sarauer / Shutterstock. Page 69 : Anaconda vert étouffant un caïman à lunettes © Tony Crocetta / Biosphoto Alligator américain © Douglas725/ Shutterstock - Crocodile du Nil © Laurent Renaud / Biosphoto. Pages 70-71 : Dieu Sobek © Mary Evans / Bridgeman Images. Page 71 : Crocodiles de Mare Bazoulé et femmes © Olivier Born / Biosphoto - Crocodiles de Mare Bazoulé et enfants © Olivier Born / Biosphoto - Crocodiles de Mare Bazoulé dans un village © Olivier Born / Biosphoto - Puk Puk © Ron van der Stappen / Shutterstock. Page 72 : Panneau signalisation © Cyril Ruoso / Biosphoto - Produits en cuir de crocodile © Venus Angel / Shutterstock - Élevage de crocodiles © Binturong-tonoscarpe / Shutterstock. Page 73 : Le crocodile à nuque cuirassée © Stéphan Bonneau / Biosphoto L’alligator de Chine © James Carmichael Jr / Photoshot / Biosphoto. Page 74 : Corbeau © Frédéric Desmette / Biosphoto - Crocodile et oiseau © Jean-Jacques Alcalay / Biosphoto. Page 75 : Le lézard des murailles © Quentin Martinez / Biosphoto - Le varan de Komodo © Patrick Kientz / Biosphoto - Mue de couleuvre à collier © Jean-Philippe Delobelle / Biosphoto - Serpent amazonien © Matthijs Kuijpers / Biosphoto - Tortue léopard © Patrice Correia / Biosphoto - Tortue verte © Reinhard Dirscherl / Biosphoto. Page d’ouverture : © Alain Mafart-Renodier / Biosphoto
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CROCODILES T E X T E S CATHY FRANCO I L L U S T R A T I O N S BENJAMIN CARRÉ ET JACQUES DAYAN R E L E C T U R E SCIENTIFIQUE XAVIER BONNET
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LES CROCODILIENS
Répartition des crocodiliens dans le monde
Le terme « crocodile » est couramment employé pour désigner les 23 espèces formant l’ordre des crocodiliens. Cet ordre est réparti en trois grandes familles : Crocodylidae (les « vrais » crocodiles), Alligatoridae (les alligators et les caïmans) et Gavialidae (les gavials). On compte 13 espèces de « vrais » crocodiles, 2 espèces d’alligators, 6 espèces de caïmans et 2 espèces de gavials.
Où vivent-ils ? Alligator du Mississipi
Les crocodiliens peuplent les régions tropicales et subtropicales (entre les tropiques et les zones tempérées) d’Asie, d’Amérique, d’Australie et d’Afrique. Les caïmans et les alligators ne sont pas présents dans les mêmes régions du monde. Les caïmans ne vivent qu’en Amérique du Sud et en Amérique centrale. Les 2 espèces d’alligator (l’alligator du Mississipi et l’alligator de Chine) vivent à de plus hautes latitudes que les autres crocodiliens. Ils creusent des terriers dans lesquels ils se réfugient durant les mois les plus froids.
Des animaux amphibies Les crocodiliens sont des animaux amphibies : ils vivent à la fois sur la terre ferme et dans l’eau. Ils fréquentent les marais, les cours d’eau, les mangroves (des forêts côtières tropicales), les estuaires ou encore la pleine mer. Les « vrais » crocodiles tolèrent l’eau douce et l’eau salée (eau de mer et marais saumâtres). Ils possèdent de petites glandes spéciales qui parsèment leur langue et rejettent le sel en excès. Les alligators, les caïmans et les gavials sont plutôt des animaux d’eau douce.
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Crocodile marin
De toutes les tailles Les crocodiliens sont de tailles variées. Le plus grand Crocodile nain de tous est le crocodile marin (voir page 68). C’est aussi le plus grand reptile du monde. Ce géant atteint 6 m de long, exceptionnellement 7 m. Les plus petites espèces sont le crocodile nain, qui dépasse rarement 1,5 m, et le caïman nain de Cuvier, qui fait à peu près la même taille. Contrairement à une idée répandue, les caïmans ne sont pas forcément plus petits que les alligators. Ainsi l’alligator de Chine (de 1,50 à 2 m) est plus petit que le caïman noir, qui peut dépasser les 5 m de long.
Crocodile du Nil (« vrai » crocodile) 1. Alligator du Mississipi 2. Crocodile américain 3. Caïman à lunettes 4. Crocodile de l’Orénoque 5. Caïman nain de Cuvier 6. Caïman yacaré 7. Crocodile nain
8. Crocodile du Nil 9. Gavial du Gange 10. Gavial de Schlegel 11. Alligator de Chine 12. Crocodile des Philippines 13. Crocodile marin
Caïman yacaré
Comment les reconnaître ? Certains indices peuvent nous aider à les différencier. Par exemple, chez les « vrais » crocodiles, la quatrième dent du bas est visible même lorsque l’animal ferme la gueule, tandis que chez les alligators et les caïmans, elle vient se loger dans une cavité située dans la mâchoire supérieure. Quant aux gavials (gavial du Gange et gavial de Schlegel), on les reconnaît à leurs mâchoires particulièrement étroites et allongées, spécialisées dans la capture de poissons, grenouilles et autres crustacés, dont ils se nourrissent exclusivement.
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Gavial du Gange
Vue du dessus, la tête des « vrais » crocodiles (en haut) est triangulaire, en forme de V, tandis que celle des alligators (en bas) est plus large, en forme de U, et le museau est plus rond.
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QUELQUES ANCÊTRES Les crocodiliens sont apparus sur Terre il y a environ 230 millions d’années.
Metriorhynchus Ce crocodile au museau allongé vivait dans les océans et se nourrissait essentiellement de poissons. Avec ses pattes transformées en nageoires et sa longue queue terminée par une nageoire caudale, c’était un excellent nageur et plongeur. On ignore s’il pondait ses œufs à terre, comme les tortues marines, ou s’il donnait naissance en mer à des petits déjà formés. Il mesurait environ 3 m de long.
Ils ont côtoyé les dinosaures, avec lesquels ils sont cousins, car ils font partie du même grand groupe : les archosaures. Les ancêtres des crocodiles actuels comptaient une incroyable diversité d’espèces, certaines amphibies, d’autres marines ou terrestres. On a même retrouvé les empreintes d’un ancêtre qui marchait sur deux pattes, comme un T. rex !
Sebecus
Ce crocodile était adapté à la vie terrestre. Il était doté de longues pattes facilitant ses déplacements sur la terre ferme. Il s’attaquait à de petits mammifères, qu’il chassait probablement en embuscade. Sa morsure était particulièrement puissante. Il mesurait entre 2 et 3 m de long. 56
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Deinosuchus Son nom scientifique signifie « crocodile terrible ». C’est l’un des plus grands crocodiliens ayant jamais existé. Il mesurait jusqu’à 11 m de long et pouvait peser 6 tonnes, soit la longueur d’un autobus et le poids de 4 hippopotames ! Ses dents étaient aussi longues que des bananes ! Cet animal amphibie n’hésitait pas à s’attaquer aux dinosaures qui s’approchaient des rives pour s’abreuver.
Voay Ce crocodile, qui vivait sur l’île de Madagascar, s’est éteint relativement récemment (il y a moins de 2 000 ans). Il était doté d’étranges « cornes » sur la partie postérieure du crâne, qui étaient formées par les extensions d’un os, lui-même présent chez tous les vertébrés. Elles servaient peut-être à intimider les mâles rivaux et à attirer les femelles. Voay mesurait 4 à 5 m de long.
Simosuchus Ce crocodile de petite taille (moins d’1 m) avait un drôle de museau, court et large, ainsi qu’une queue réduite. On pense qu’il vivait essentiellement sur la terre ferme. L’étude de ses dents et de ses mâchoires indique qu’il était probablement herbivore et non carnivore, comme la majorité de ses contemporains et de tous les crocodiliens actuels. 57
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Remerciements Un grand merci à Françoise Serre-Collet, herpétologue (spécialiste de reptiles et d’amphibiens) et chargée de médiation scientifique au Muséum national d’histoire naturelle, pour sa relecture scientifique et ses précieux conseils. Nous tenons également à remercier Éric Buffetaut, paléontologue au CNRS, pour sa relecture du texte « Les premiers serpents » et la validation de ses illustrations correspondantes.
Crédits photographiques Fonds des pages : © Shutterstock. Page 78 : Titanoboa © Jacques Dayan – Serpent à deux pattes © Jacques Dayan – Couleuvre porphyre © Daniel Heuclin / Biosphoto – Python réticulé © Daniel Heuclin / Biosphoto. Page 79 : Pélamide bicolore © Jacques Dayan – Vipère céraste © Daniel Heuclin / Biosphoto – Orvet © Shutterstock. Page 80 : Toutes les images © Shutterstock. Page 81 : Serpent déserticole © Martin Harvey / Biosphoto – Couleuvre verte et jaune © Daniel Heuclin / Biosphoto – Boa émeraude © Piotr Naskrecki / Minden Pictures / Biosphoto – Serpent liane © Michael & Patricia Fogden / Minden Pictures / Biosphoto. Page 82 : Plaques ventrales d’une Vipère heurtante © Martin Harvey / Biosphoto – Écailles dorsales d’une Couleuvre verte et jaune © NouN / Biosphoto – Écailles dorsales d’une Vipère aspic © Dominique Delfino / Biosphoto – Exuvie © Jean-Philippe Delobelle / Biosphoto. Page 83 : Écureuil des rochers © John Cancalosi / Biosphoto – Vipère aspic © Françoise Serre-Collet – Couleuvre helvétique © Françoise Serre-Collet. Page 84 : Serpent au regard fixe © Shutterstock – Œil d’un serpent en mue © Thierry Van Baelinghem / Biosphoto – Langue bifide © iStock – Crotale des prairies © Daniel Heuclin / Biosphoto. Page 85 : Toutes les images © Jacques Dayan, sauf Taïpan du désert © Shutterstock. Page 86 : Crotales diamantins © Shutterstock – Serpents jarretières © Régis Cavignaux / Biosphoto. Page 87 : Femelle de Python royal © Daniel Heuclin / Biosphoto – Éclosion d’une Couleuvre à collier © Olivier Born / Biosphoto – Jumeaux © Chris Mattison / Photoshot / Biosphoto – Grand géocoucou attaquant un Crotale diamantin © Alan Murphy / BIA / Minden Pictures / Biosphoto. Page 88 : Couleuvre helvétique avalant une grenouille © JeanMarie Prévôt / Biosphoto – Couleuvre verte et jaune attaquant un jeune bruant © Seraf van der Putten / Buiten-beeld / Minden Pictures / Biosphoto – Cobra Royal © Olivier Born / Biosphoto – Python de Seba © Tony Crocetta / Biosphoto. Page 89 : Coronelle lisse © Daniel Heuclin / Biosphoto – Vipère à queue en forme d’araignée © Matthijs Kuijpers / Biosphoto – Python réticulé © Shutterstock. Page 90 : Circaète Jeanle-Blanc © Jean-Claude Malausa / Biosphoto – Renard tenant un serpent © Edouard Bense / Biosphoto – Couleuvre arboricole verte © Daniel Heuclin / Biosphoto – Cascabelle © Daniel Heuclin / Biosphoto – Serpent à sonnette © Shutterstock. Page 91 : Couleuvre helvétique © Françoise Serre-Collet – Serpent corail © Michael & Patricia Fogden / Minden Pictures / Biosphoto – Cobra cracheur © Jelger Herder / Buiten-beeld / Minden Pictures / Biosphoto – Python royal © Daniel Heuclin / Biosphoto. Page 92 : Couleuvre helvétique © Sylvain Cordier / Biosphoto – Vipère aspic © iStock. Page 93 : Vipère à cornes © Shutterstock – Serpent mangeur d’œuf © Michael & Patricia Fogden / Minden Pictures / Biosphoto. Page 94 : Tricot rayé jaune © Michael Weberberger / imageBROKER / Biosphoto – Vipère de Schlegel © Shutterstock – Anaconda murin © Vincent Premel / Biosphoto. Page 95 : Boa émeraude © Piotr Naskrecki / Minden Pictures / Biosphoto – Cobra commun © Tony Crocetta / Biosphoto – Charmeur de serpent © Pascal Goetgheluck / Biosphoto. Page 96 : Adam et Ève © iStock – Statue d’Hercule © iStock – Méduse © Franco Tempesta. Page 97 : Uræus © iStock – Représentation de Quetzalcoatl © Shutterstock – Statue de saint Dominique recouverte de serpents © iStock. Page 98 : Couleuvre de Montpellier © Shutterstock – Femme ramassant du bois © Daniel Heuclin / Biosphoto. Page 99 : Venin de serpent lyophilisé © Olivier Born / Biosphoto – Animation de l’herpétologue Françoise Serre Collet © Alain Collet – Vipère d’Orsini © Daniel Heuclin / Biosphoto. Page d’ouverture : Portrait de Serpent chasseur souligné © Matthijs Kuijpers / Biosphoto.
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SERPENTS T E X T E S CATHY FRANCO I L L U S T R A T I O N S JACQUES DAYAN R E L E C T U R E SCIENTIFIQUE FRANÇOISE SERRE-COLLET
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LE MONDE DES SERPENTS Il existe plus de 4 000 espèces de serpents. Leur taille varie de 10 cm pour le Serpent fil à près de 8 m
Les premiers serpents Les serpents les plus primitifs ont eu quatre pattes, vestiges de leurs ancêtres lézards, puis deux, comme le montrent certains fossiles, avant qu’elles ne disparaissent complètement. Les serpents ont ensuite évolué, adoptant différentes formes, tailles et modes de vie, qui leur ont permis d’occuper de nombreux habitats. Parmi les espèces aujourd’hui disparues, on compte les plus grands serpents de tous les temps, comme Titanoboa.
(maximum) pour le Python réticulé. La plupart des espèces mesurent cependant moins d’un mètre.
Titanoboa mesurait plus de 14 m de long et pesait près d’une tonne !
Les serpents sont les descendants de lézards qui ont perdu leurs pattes. Serpents et lézards font partie de l’ordre des squamates (des animaux qui changent régulièrement de peau).
La classification des serpents Elle est en constante évolution ! En effet, les scientifiques ne classent plus uniquement les espèces animales selon des critères morphologiques, ils prennent aussi en compte leurs ancêtres communs (analyse de l’ADN) pour les regrouper. Parmi les familles de serpents les plus connues, on compte les Colubridés (l’immense majorité des couleuvres), les Vipéridés (vipères et crotales), les Élapidés (cobras, najas, taïpans, serpents marins…), ou encore les Boïdés (boas et pythons). On trouve les boas en Amérique centrale et du Sud ; les pythons vivent en Afrique, en Asie et en Océanie.
Une espèce disparue de serpent à deux pattes.
Un Python réticulé. Les pythons et les boas comptent parmi les plus grands serpents actuels. Ils possèdent encore de minuscules vestiges de pattes arrière.
Jolie couleuvre porphyre en Thaïlande.
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Où vivent les serpents ? On trouve des serpents sur tous les continents, excepté en Antarctique. Il existe des espèces fouisseuses, terrestres, semi-aquatiques, arboricoles, semi-arboricoles et même marines, dans les eaux chaudes du globe. Toutes ces espèces sont parfaitement adaptées à leur milieu.
La Vipère céraste est une espèce déserticole. Elle s’enfouit dans le sable aux heures les plus chaudes de la journée. C’est aussi une façon de chasser sans se faire voir !
Le Pélamide bicolore vit en mer. Sa queue est large et plate, en forme de rame. Il peut rester sous l’eau plus d’une heure mais doit remonter régulièrement à la surface pour respirer.
Serpent ou lézard ? À première vue, cet orvet a tout d’un serpent. Il s’agit pourtant d’un lézard sans pattes ! Comme un lézard, il possède plusieurs rangées d’écailles sous le ventre alors que les serpents n’en ont qu’une seule (voir page 82). Ses yeux sont pourvus de paupières mobiles ; pas ceux des serpents (voir page 84). Il peut aussi se débarrasser de sa queue pour échapper à un prédateur. Seules quelques espèces de serpents en sont capables. Orvet : un lézard sans pattes ! Contrairement à d'autres lézards, la queue de l'orvet ne repousse pas entièrement. Elle cicatrise à son extrémité et forme un moignon.
UN TRÈS GRAND GROUPE ! On classe les squamates (serpents, lézards) parmi les reptiles qui comptent des animaux disparus (dont les dinosaures) mais aussi les tortues, les sphénodons et les crocodiles. Aujourd’hui, grâce aux nouvelles méthodes de classification, les scientifiques incluent tous ces animaux dans un groupe plus large, les Sauropsides, comprenant aussi… les oiseaux, car ces derniers descendent en effet des dinosaures ! 79
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UN CORPS SOUPLE ET PUISSANT Nombreux sont ceux qui pensent que
Un nombre impressionnant de vertèbres ! Les serpents ont une colonne vertébrale articulée mise en mouvement par des muscles puissants qui leur permettent de se déplacer en rampant. Le nombre de vertèbres varie de 150 à 400 selon l’espèce ! Elles permettent au serpent d’onduler avec souplesse. Chaque vertèbre est reliée à une paire de côtes mobiles capables de s’écarter pour laisser passer les proies, parfois très grosses, que le reptile avale toujours en entier.
les serpents n’ont pas de squelette. Leur corps filiforme et dépourvu de
Squelette d’anaconda.
pattes, semblable à celui des vers de terre (des invertébrés), y est sans doute pour quelque chose. Mais les serpents sont bel et bien des vertébrés, dotés d’un crâne et d’une longue – voire très longue ! – colonne vertébrale.
Python bâillant. L’ouverture de la bouche permet d’appréhender l’élasticité des mâchoires.
Un crâne spécialisé La plupart des serpents sont capables d’avaler des proies plus grosses qu’eux – parfois même beaucoup plus grosses ! – en ouvrant démesurément leur bouche. Cette prouesse est possible grâce à leur crâne articulé, aux os mobiles, et à leur mâchoire inférieure, qui peut s’élargir latéralement. Elle est en effet composée de deux branches indépendantes (les mandibules), reliées par un ligament élastique. Lorsque le serpent avale une proie, les mandibules effectuent des mouvements alternatifs pour pousser cette dernière vers le fond de sa gueule.
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Les modes de locomotion terrestre La majorité des serpents ondulent sur le sol en dessinant des courbes. Les espèces lourdes, au corps épais, se déplacent en ligne droite. Leurs grosses écailles ventrales agissent comme des points d’ancrage. Une autre technique de déplacement est celle de « l’accordéon ». Le serpent ancre la partie arrière de son corps (en se servant d’un point d’appui), étend la partie avant, ancre de nouveau cette dernière, et ramène la partie arrière. Sur le sable, les serpents progressent par déroulement latéral de leur corps.
Serpent déserticole montant sur une dune. Ses déplacements latéraux laissent des traces parallèles caractéristiques sur le sable.
Cette Couleuvre verte et jaune ondule sur le sol en se servant des reliefs du terrain pour se propulser vers l’avant.
La vie dans les arbres Il existe de nombreuses espèces de serpents arboricoles à travers le monde. Certaines, au corps long et très fin, comme le Serpent liane, se déplacent avec une incroyable agilité dans les arbres, se servant de plusieurs points d’appui pour projeter leurs corps vers l’avant. Leurs écailles ventrales sont souples et peuvent se déformer pour se replier autour d’une branche. Les espèces plus massives, comme le Boa émeraude par exemple, s’enroulent autour des branches et les enserrent grâce à leur capacité de constriction. Puis, ils s’y suspendent la tête en bas grâce à leur queue préhensible (qui leur permet de saisir des choses, ici les branches).
Boa émeraude enroulé autour d’une branche. Ce serpent vit dans les forêts tropicales d’Amérique du Sud (portrait page 95).
Ce Serpent liane vert, à la silhouette élancée, se confond avec la végétation de la forêt équatoriale où il vit.
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Crédits photographiques Pages 102-103 : Tortue namibienne © Michel Gunther / Biosphoto. Page 102 : Tortue namibienne © Michel Gunther / Biosphoto – Tortue blessée © Prometheus72 / Shutterstock –Tortues malaisiennes © Quentin Martinez / Biosphoto. Page 103 : Tortues au soleil © a_v_d / Shutterstock – Tortues tirées de «Locupletissimi Rerum Naturalium» d’Albert Seba, gravure © Bridgeman Images. Page 104 : Tortue de mer aux Maldives cinoby /iStock – Tortue charbonnière © Philippe Henry / Biosphoto – Tortue léopard © Michel Gunther / Biosphoto – Tortue de Floride © chase d’animulls / iStock. Pages 104-105 : Tortue serpentine © Robert Winkler / iStock. Page 105 : Tortue léopard © Jean-Jacques Alcalay /Biosphoto – Tortue grecque © yvon52 / iStock – Tortue géante à Sainte-Hélène © Darrin Henry / Shutterstock. Page 106 : Tortues africaines © Jean Mayet / Biosphoto – Couple de tortues géantes © Soloviova Liudmyla / Shutterstock. Pages 106-107: Combat prénuptial © Michael Hofmeyr / Shutterstock. Page 107: Tortues européennes ©Jean-François Hellio & Nicolas Van Ingen/ Biosphoto – Accouplement de tortues terrestres © Régis Cavignaux / Biosphoto - Tortue mâle et tortue femelle © Dr Franck Bonin, Tortupôle France – Tortues de mer © Yann Hubert / Shutterstock. Page 108 : Tortue verte à Oman © nmessana / iStock – Œufs dans le sable © ymgerman / iStock – Ponte © Ingo Arndt / Minden Pictures / Biosphoto. Pages 108-109 : Chien à la recherche d’œufs © Daniel Heuclin /Biosphoto. Page 109 : Suricate dénichant un œuf ©Robin Hoskyns/ Biosphoto - Éclosion ©Claude Thouvenin/ Biosphoto – Bébés de tortue marine © SLSK Photography / Shutterstock. Page 110 : Nid d’aiguilles de pin ©dimitris_k / iStock – Tortue d’Hermann © Régis Cavignaux / Biosphoto. Page 111 : Tortue d’Hermann dans la garrigue © Dr Franck Bonin, Tortupôle France – Carapace de tortue rayonnée © Jean-Philippe Delobelle / Biosphoto - Tortue rayonnée © Pierre-Yves Babelon / Shutterstock - Carapace de tortue léopard © mlharing / iStock – Tortues léopard © Lee Dalton / Biosphoto. Page 112 : Tortue géante © Tui De Roy / Minden Pictures / Biosphoto – Patte de tortue géante ©Olivier Born/ Biosphoto – Affrontement de deux mâles ©Michel Gunther/ Biosphoto – Tortues géantes ©Tui De Roy/Minden Pictures/ Biosphoto. Pages 112-113 : Pinson et tortue géante © Tui De Roy / Minden Pictures / Biosphoto. Page 113 : Tortue géante sur l’atoll d’Aldabra © Dr Franck Bonin, Tortupôle France – Tortue des Seychelles © Jordon Sharp / iStock - Tortue géante se dorant au soleil © Dr Franck Bonin, Tortupôle France. Page 114: Tortue luth © Roger Le Guen / Biosphoto – Dessin de tortue marine © ilbusca / iStock. Pages 114- 115 : Tortue verte © Renee Capozzola / Biosphoto. Page 115 : Tortue verte en Indonésie © Fabien Michenet / Biosphoto – Tortue imbriquée © Paulo de Oliveira / Biosphoto. Page 116 : Tortue luth © Brian Skerry / Minden Pictures / Biosphoto – Tortue luth en train de pondre © Dr Franck Bonin, Tortupôle France – Bébé de tortue luth © Ribeirodos Santos / iStock - Archelon ©Arthur Dorety/Stocktrek Images / Biosphoto. Page 117 : Arribadas © Tui De Roy / Minden Pictures / Biosphoto Récolte des œufs ©Fred Bruemmer/ Biosphoto – Tortue olivâtre ©Christopher Swann/ Biosphoto. Page 118 : Tortue mata-mata © Dr Franck Bonin, Tortupôle France – Tortue mata-mata au Pérou © Cyril Ruoso/Minden Pictures/ Biosphoto –Tortue alligator © Sista Vongjintanaruks / Shutterstock – Leurre sur langue de tortue alligator ©Daniel Heuclin/ Biosphoto. Page 119: Tortue à cou de serpent © Dr Franck Bonin, Tortupôle France – Tortue à carapace molle © Dr Franck Bonin, Tortupôle France – Péloméduses roussâtres ©Alain Mafart-Renodier / Biosphoto. Page 120 : Interdiction © Lindybug / iStock - Terrarium © Erica Leanne / Shutterstock. Page 121 : Terrarium © Elizaveta Galitckaia / Shutterstock – Aqua-terrarium © Belavusava Alena / Shutterstock – Tortue se régalant de salade © Elizaveta Galitckaia / Shutterstock. Page 122 : Valise remplie de tortues © Rob Thorley / Shutterstock – Kélonia © Thibaut Vergoz / Biosphoto. Pages 122-123 : Tortue prise dans un filet © VisionDive / Shutterstock. Page 123 : Cadavres de tortues © Michel Gunther / Biosphoto – Tortue verte avalant du plastique © Sergi Garcia Fernandez / Biosphoto – Serres au Village des Tortues de Carnoules © Dr Franck Bonin, Tortupôle France - Tortue sillonnée de 60 kg © Dr Franck Bonin, Tortupôle France – Aquariums de tortues © Dr Franck Bonin, Tortupôle France. Page d’ouverture : © Masa Ushioda / WaterFrame / Biosphoto
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TORTUES T E X T E S SABINE BOCCADOR R E L E C T U R E SPÉCIALISÉE DR FRANCK BONIN, vétérinaire et directeur du village des tortues de carnoules – tortuepôle france (var)
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QU’EST-CE QU’UNE TORTUE ? Les tortues sont des créatures fascinantes. Leur rondeur, leur apparente lenteur et leur caractère paisible attirent la sympathie des petits et des grands. Ces reptiles appartenant à l’ordre des Chéloniens vivent aussi
Une maison sur le dos La maison que la tortue transporte sur le dos est constituée de trois parties : le plastron, assez plat, qui recouvre le ventre ; la dossière, bombée, qui protège la colonne vertébrale ; les ponts soudés sur les côtés qui laissent passer le cou, la tête, les quatre pattes et la queue. Semblable à une boîte robuste, la carapace fait partie du squelette (côtes et vertèbres). Composée d’os, un tissu vivant, elle est recouverte d’écailles très fines en kératine, une substance qui constitue nos ongles et nos cheveux.
bien sur la terre ferme que dans l’eau. Ils peuplent la Terre depuis 200 millions d’années et ont survécu à l’extinction
Le plastron de la tortue couvre son ventre.
des dinosaures ! Entre 350 et 400 espèces sont répertoriées. Leur carapace est une véritable merveille de la nature.
Une vraie protection La carapace agit comme une armure naturelle face aux prédateurs, qui peuvent se casser les dents dessus ! Lorsque la tortue se sent menacée, il lui suffit de se replier tout entière à l’intérieur pour se dissimuler. La carapace recouvre ses organes internes vitaux, notamment son cœur, ses poumons et ses reins. Cette protection a même la faculté de cicatriser. Elle peut se remettre, avec le temps, d’une petite morsure ou d’un léger coup de bèche reçu dans le jardin !
La tortue à carapace molle de Malaisie se confond avec les feuilles mortes.
Un excellent camouflage
Tortue légèrement blessée sur laquelle le vétérinaire applique de la résine.
Les couleurs et les motifs des carapaces permettent aux tortues de se fondre dans leur environnement. Grâce à leurs taches et leurs teintes, certaines disparaissent dans l’herbe. D’autres, assez sombres, se confondent avec les rochers ou les algues marines. Le camouflage offre à ces reptiles la meilleure protection face aux prédateurs.
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La dossière de la tortue couvre son dos.
Un régulateur de température La carapace aide la tortue à réguler sa température corporelle. Comme tous les reptiles, les tortues sont des animaux à température variable, ce qui signifie qu’elles n’ont pas de « chaudière » interne comme les humains. La température de leur corps dépend beaucoup de l’environnement extérieur. Exposée au soleil, la carapace absorbe la chaleur, permettant à l’animal de se réchauffer. Enfouie dans la boue, elle rafraîchit son hôte.
Tortues se dorant au soleil
Des carapaces à foison La taille et la forme des carapaces varient selon les espèces. Certaines, assez plates, permettent à la tortue de se déplacer plus rapidement ; d’autres, bombées, lui offrent une protection accrue. La taille et la forme des écailles des carapaces varient aussi selon les espèces. Il en va de même pour la texture : certaines espèces ont des écailles lisses, d’autres ont des écailles rugueuses. Il existe même des écailles molles !
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Le tour du monde des tortues
La tête mobile de la tortue peut se tendre ou se rétracter à volonté.
Certaines espèces, comme les tortues terrestres, vivent sur la terre ferme. D’autres, comme les tortues marines, peuplent les mers et les océans. On rencontre aussi des tortues d’eau douce dans les fleuves, les lacs et les rivières. Ces reptiles sont répartis sur tous les continents, à l’exception de l’Antarctique, où il fait trop froid pour eux.
Tortue marine Tête de tortue charbonnière
Tête de tortue léopard
Une tête caractéristique L’aspect de la tête varie selon les espèces. Celle de la tortue terrestre ressemble souvent au visage d’une personne très âgée. L’animal la rentre dans sa carapace dès qu’il est dérangé ou effrayé. Ce mouvement est rendu possible par la présence d’un cou, plus ou moins long, très bien articulé. Des paupières mobiles protègent les yeux ronds, réceptifs aux couleurs orange et rouge, qui voient bien de près et de loin. Dissimulées derrière les yeux, les oreilles entendent correctement.
Un bec corné
Le bec tranchant de la tortue
La tortue est reconnaissable à ses mâchoires aux bords cornés et coupants qui forment un bec. Elle a ainsi la faculté de couper ses aliments en petits morceaux, de façon à pouvoir les avaler tout rond. Cette sorte de couteau est bien pratique, car la tortue, dépourvue de dents, ne peut pas mâcher sa nourriture. Capable d’occasionner de terribles morsures, son bec est un excellent moyen de défense face aux prédateurs.
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Tortue léopard de Namibie
Des pattes musclées Avec leurs pattes avant, longues, musclées et munies de griffes, certaines tortues terrestres creusent des terriers et de nombreuses tortues d’eau douce fouillent le sol à la recherche de nourriture. Leurs pattes arrière les aident aussi à se déplacer. Les pattes avant des tortues marines se déploient comme des nageoires. Leurs membres postérieurs ont un rôle de gouvernail.
Une alimentation très diversifiée Selon l’espèce à laquelle elles appartiennent, les tortues sont omnivores (elles mangent de tout), carnivores ou à prédominance herbivore. Dans la nature, les tortues terrestres se nourrissent de feuilles, de fleurs, de bourgeons, de fruits et de fragments d’écorces. Elles se régalent de petites limaces, de vers de terre et d’escargots. Les algues, les plantes aquatiques, les méduses, les coraux, les crustacés et les mollusques figurent au menu des tortues marines. Des écoliers entourent Jonathan, la célèbre tortue de l’île de Sainte-Hélène.
Une belle longévité
Tortue grecque en train de se nourrir
Les tortues sont connues pour leur incroyable longévité. Certaines espèces peuvent atteindre un âge très avancé. C’est notamment le cas des tortues d’Hermann (voir page 110), qui peuvent dépasser 80 ans, et des tortues géantes des Galápagos (voir page 112), qui peuvent vivre plus de 150 ans. Le record de longévité est néanmoins détenu par une tortue géante des Seychelles. Installé depuis 1882 à Sainte-Hélène, une petite île de l’Atlantique Sud, Jonathan est âgé de plus de 190 ans ! Ce mâle est l’animal terrestre connu le plus âgé. 105
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Remerciements Nous remercions pour leur aimable collaboration Fabienne Delfour, docteur en éthologie cognitive, ainsi que l'équipe du Sanctuaire Pelagos.
Crédits photographiques Fonds des pages : pixabay.com. Pages 128-129 : Askos à figure rouge : dauphin, Musée du Louvre, Paris. © photo. RMN. Hervé Lewandowski – Statuette d’Aphrodite, Musée du Louvre, Paris © photo. RMN – Fresque de Cnossos, détail © Gustavo Tomisch/Corbis. Franck Raux – Pêche au filet, manuscrit grec, Bibliothèque Marciana, Venise © DagliOrti, Paris – Logo World Whale and Dolphin Day © Tatiana Zazulina / Alamy Stock Vector. Page 132 : Dauphins en groupe © Brandon Cole / Biosphoto. Page 142 : Carte © pixabay. com. Page d’ouverture : illustration réalisée par Bernard Alunni et Marie-Christine Lemayeur.
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LES
DAUPHINS T E X T E S STÉPHANIE REDOULÈS I L L U S T R A T I O N S BERNARD ALUNNI ET MARIE-CHRISTINE LEMAYEUR S C H É M A S JACQUES DAYAN
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DAUPHIN, D’OÙ VIENS-TU ? Il vit dans l’eau, il possède des nageoires, il nage parfaitement et pourtant, ce n’est pas un poisson. Le dauphin appartient à la grande famille des cétacés, tout comme la baleine, l’orque ou le béluga. Comme
Un mammifère terrestre pour ancêtre
Le pakicetus serait l’ancêtre des cétacés et aurait vécu parmi les mammifères terrestres déjà présents sur Terre il y a environ 50 millions d’années. Ce carnivore au museau allongé peut chasser sur terre comme dans l’eau et se nourrit déjà de poisson. Le niveau des océans, qui monte peu à peu à cette époque, explique sûrement pourquoi, en quelques millions d’années, le pakicetus serait passé progressivement de la vie terrestre à la vie aquatique au prix d’une extraordinaire adaptation.
l’homme, les cétacés sont des mammifères et leur ancêtre est un animal terrestre. Plusieurs caractéristiques physiques les distinguent des poissons ; leur évolution n’a pas été la même. Grâce à l’étude des fossiles préhistoriques et à l’observation des cétacés actuels, les scientifiques
De la taille d’un loup, le pakicetus possède quatre pattes terminées par de mini-sabots, de la fourrure et ne s’aventure dans l’eau que pour pêcher.
ont pu retracer l’histoire des dauphins. Le dorudontidé
Qu’est-ce qu’un cétacé ?
À la différence des poissons, les cétacés ont la peau lisse (ils n’ont pas d’écailles), leur sang est chaud et les femelles donnent naissance à des petits qu’elles allaitent et élèvent (comme tous les mammifères). Ils respirent grâce à des poumons et ne possèdent pas de branchies. Lorsqu’ils nagent, on les distingue des poissons au mouvement de leur nageoire caudale (de la queue) : celle des cétacés est horizontale et bat de haut en bas, tandis que celle des poissons est verticale et bat de gauche à droite.
Mouvement de la nageoire caudale d’un cétacé
Le basilosaure
Mouvement de la nageoire caudale d’un requin
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L’ambulocetus
De la terre à la mer
Les ancêtres des cétacés auraient colonisé les océans il y a un peu plus de 45 millions d’années. Peu à peu, leurs pattes avant se sont transformées en nageoires tandis que leurs pattes arrière ont disparu. De même, leur fourrure a laissé place à une couche de graisse et leur organisme s’est adapté peu à peu à la vie exclusivement aquatique. Il y a 38 millions d’années environ, apparaissent les premiers cétacés entièrement aquatiques représentés par la famille des basilosauridés et dorudontidés. Ils forment les ancêtres des baleines et dauphins actuels. Leurs narines se sont déplacées vers le haut du crâne, les pattes sont devenues des palettes natatoires efficaces tandis que les pattes arrière ont quasiment disparu. Le plus gros d’entre eux connu est le basilosaure (entre 15 et 20 m), ci-dessous.
Il y a 48 millions d’années, l’ambulocetus est l’espèce qui fait le lien entre les mammifères terrestres et les cétacés. Ce gros mammifère (3-4 m) se déplace encore sur la terre ferme grâce à ses quatre pattes, mais il nage déjà comme une otarie, en ondulant le corps.
Les premiers dauphins
Il y a approximativement 30 millions d’années, les squalodons, ou « dauphins à dents de requins », sont les premiers cétacés à dents (odontocètes). Ils se distinguent des cétacés à fanons (mysticètes) que sont les baleines. Chez les squalodons, le rostre (bec) s’est allongé. Ces ancêtres vont développer des capacités à s’orienter dans l’eau grâce à un sonar (voir page 133).
Le squalodon est l’ancêtre des cétacés à dents, dont font partie les dauphins, les orques et les cachalots.
Le squalodon
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LES DAUPHINS DANS L’HISTOIRE Depuis l’Antiquité, tout autour du bassin méditerranéen, les dauphins ont été représentés sur des fresques, des mosaïques, des céramiques,
Un héros de l’Antiquité
Plusieurs mythes grecs font référence aux dauphins et le présentent comme un animal bienfaiteur. On sait aussi, d’après les récits de l’époque, que les pêcheurs grecs le laissaient en paix, le considérant avec respect. Avait-il déjà acquis une réputation de sauveteur ? C’est fort possible, car plusieurs légendes parlent de divinités sauvées de la noyade par des dauphins.
des pièces de monnaie, des sculptures... Ces animaux apparaissent également dans de nombreux mythes et légendes à travers le monde. En Australie par exemple, une légende aborigène raconte que l’homme descend du dauphin. En Amazonie, des Indiens vénèrent le boto (voir page 141) qui vit dans cette région.
Dauphin sur un askos (un vase grec)
UN CÉLÈBRE MYTHE GREC... Un célèbre mythe grec raconte que Dionysos, dieu de la vigne, du vin et des réjouissances, fut pris en otage par des pirates au cours d’une traversée en mer. Pour se défendre, le dieu fit pousser de la vigne qui paralysa le bateau, changea les avirons en serpents et transforma les pirates en dauphins. Si les dauphins viennent ainsi parfois en aide aux hommes, c’est peut-être parce que ce sont des pirates qui se repentissent...
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Statuette représentant Aphrodite sur un dauphin
La fresque du palais de Cnossos, en Crête, date de 1489 avant J.-C. Elle représente de magnifiques dauphins. On raconte que la reine qui habitait ce palais fut rejointe, un jour où elle se baignait, par deux dauphins et fut émerveillée par l’étonnant spectacle des cétacés qui jouèrent autour d’elle.
Au Moyen Âge, la persécution
Dans l’Europe du Moyen Âge, les dauphins sont nettement moins considérés que pendant l’Antiquité. Le dauphin est vu par les catholiques comme une viande maigre qui peut être consommée le vendredi et pendant le carême (à la différence du porc, du bœuf ou du gibier). Se nourrissant de crustacés et de poissons, les dauphins sont jugés par les pêcheurs comme des concurrents qui, de plus, endommagent leurs filets... Il n’en faut pas plus pour que les dauphins soient chassés et décimés dans certaines régions de pêche jusqu’au début du XXe siècle.
Aujourd’hui
Désormais, la chasse aux dauphins est interdite dans la plupart des pays du monde et quelques espèces sont protégées. Pourtant, les activités des hommes continuent de menacer les dauphins. Des milliers d’individus sont ainsi retrouvés échoués chaque année, victimes des filets utilisés par les pêcheurs (voir page 146). Depuis 1986, il existe une journée mondiale des dauphins et des baleines, le 23 juillet, pour rappeler à tous que ces cétacés sont vulnérables et alerter sur les pratiques qui les déciment.
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Crédits photographiques Fonds des pages : pixabay.com. Page 171 : Aquarium © Michael Peuckert / imageBROKER / Biosphoto. Page d'ouverture : © Jacques Dayan
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REQUINS T E X T E S CATHY FRANCO I L L U S T R A T I O N S JACQUES DAYAN
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LES ANCÊTRES Les requins existaient bien avant les dinosaures, comme en témoignent des dents fossilisées de 400 millions d’années ! Les rares empreintes de spécimens entiers ont permis de décrire plus précisément certaines espèces, mais l’origine des requins reste confuse. Leur évolution est difficile à retracer car les squelettes datent d’époques différentes, parfois éloignées de plusieurs
Le témoignage des fossiles
Étudier les espèces disparues de requins est une entreprise difficile. En effet, si leurs dents se conservent très bien, leur squelette fait de cartilage se dissout facilement après leur mort, ce qui explique la rareté des fossiles retrouvés entiers. Ci-dessus, l’empreinte d’un petit requin datant de 65 millions d’années.
dizaines de millions d’années. Les principaux groupes de requins actuels sont apparus il y a environ 100 millions d’années.
Une drôle d’enclume sur le dos 2
Parent du cladoselache, le stethacanthus avait sur le dos un appendice en forme d’enclume, recouvert de petites dents qui garnissaient également le dessus de sa tête. Cet organe était-il une arme défensive ? Ou un ornement nuptial ? Les scientifiques sont partagés.
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Un très vieux requin
Le cladoselache, petit requin de 1 m de long (1), vivait il y a 360 millions d’années. Bien que très agile, il était la proie des poissons cuirassés géants (2), qui dominaient les mers à cette époque. À la différence des requins actuels, sa bouche ne s’ouvrait pas sur la face ventrale et ses mâchoires étaient peu mobiles. 150
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Spirale de dents
L’hélicoprion vivait il y a 280 millions d’années. Ce grand requin de 3 m de long se nourrissait de goniatites (A), mollusques semblables aux nautiles. Ses dents usées ne tombaient pas, contrairement à celles des requins actuels, mais s’enroulaient en spirale à l’intérieur de sa bouche, remplacées par de nouvelles dents. Une spirale pouvait atteindre 30 cm de diamètre et compter plus de 160 dents ! A Fossile d’une spirale dentaire d’hélicoprion
Une longue carrière !
L’hybodonte (B) peupla les mers et les eaux douces pendant plus de 200 millions d’années ! Sa mâchoire, plus mobile que celle de ses prédécesseurs, en fit un prédateur efficace, à la morsure puissante, jusqu’à ce que survienne l’ichtyosaure (C), dinosaure aquatique, son plus terrible ennemi.
C
L’hybodonte disparut avec les dinosaures il y a 65 millions d’années, surpassé par les requins modernes, déjà présents dans les mers et plus évolués.
B
Cauchemar aquatique ! Le megalodon vivait il y a 20 millions d’années et s’imposait par sa taille géante. Ce redoutable carnivore mesurait près de 15 m de long et pesait environ 20 tonnes, le poids de six éléphants ! L’ouverture de sa bouche dépassait la hauteur d’un homme adulte et ses dents atteignaient 15 cm. Sa disparition, il y a 2 millions d’années, est peut-être due à la raréfaction de ses proies favorites, les baleines primitives, et à la concurrence d’une nouvelle venue : l’orque.
Dent d’un megalodon fossilisée
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UN POISSON PAS COMME LES AUTRES Les requins forment le groupe des sélaciens, poissons au squelette cartilagineux. Ainsi, leur puissant corps possède souplesse et légèreté. Bien que d’un aspect très différent d’une espèce à l’autre, ils ont en commun
La peau du requin
Elle est protégée par des denticules, écailles faites d’ivoire et d’émail, comme les dents. Sur ces denticules bien agencés, l’eau s’écoule sans remous à la surface de la peau, ce qui facilite la nage. Imitant cette prouesse, des chercheurs ont eu l’idée de créer une peau de requin artificielle pour recouvrir des avions. Résultat : ces avions consomment moins de carburant.
de nombreuses caractéristiques, dont un mode de reproduction évolué et les sens les plus perfectionnés du monde animal ! On compte 375 espèces de requins,
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du plus petit, qui tient dans la main, au plus grand
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(18 m de long).
Nageoires et queue
Chez les requins rapides, la queue a une forme de croissant. Très puissante, elle propulse l’animal en avant. Chez les requins de fond, plus lents, comme l’émissole ci-dessous, la queue est souple et effilée, ce qui leur permet de se faufiler dans les rochers. Les nageoires stabilisent le requin. Les nageoires dorsales lui évitent de se retourner sur le dos et les pectorales, à l’avant du corps, lui permettent de changer de direction et de freiner.
Un foie volumineux
Les requins n’ont pas de vessie natatoire, poche d’air qui empêche les poissons de couler. Leur foie (1) rempli d’huile, plus légère que l’eau, les aide à flotter. Il peut peser un quart du poids du requin ! L’huile constitue aussi une réserve d’énergie en cas de jeûne. Après un bon repas, un requin peut rester 2 mois sans rien avaler.
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UN ARSENAL DE SENS Le requin a l’odorat fin. Il pourrait sentir une goutte de sang dans une piscine ! Il voit également très bien dans l’obscurité et perçoit des sons que nous n’entendons pas. La ligne latérale (2) le renseigne sur la distance d’une proie, d’un ennemi ou d’un obstacle. C’est un fin canal parcouru de cellules sensibles aux mouvements de l’eau. Un septième sens vient compléter cet arsenal : les ampoules de Lorenzini (3) sont de minuscules organes qui permettent au requin de capter les champs électriques émis par les êtres vivants. Elles feraient également office de boussole.
Comment respire le requin ?
Grâce à des fentes branchiales (4), qui extraient l’oxygène de l’eau qu’il avale. Les requins actifs, qui ont besoin de beaucoup d’oxygène, doivent nager sans cesse pour assurer un flux d’eau permanent vers leurs fentes branchiales. Chez les espèces peu actives, l’eau avalée est aspirée vers les fentes branchiales par un mécanisme de pompage musculaire.
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Des mâchoires terrifiantes
Longtemps on a cru que, gêné par son museau, le requin devait se tourner sur le côté pour mordre ses proies. Il n’en est rien. Sa mâchoire supérieure n’est pas soudée au crâne, ce qui lui confère une grande mobilité. Au moment de mordre, le requin soulève son museau et projette sa mâchoire en avant. Le coup de dent d’un individu de 3 m de long a la force d’un poids de 3 tonnes s’écrasant sur notre orteil !
Les dents de la mer
Sa dentition compte jusqu’à 20 rangées de dents ! Régulièrement ses dents de devant tombent et sont remplacées par les suivantes qui avancent comme sur un tapis roulant. Un requin perd jusqu’à 30 000 dents au cours de sa vie ! Selon l’espèce, les dents servent à broyer (5), déchirer (6) ou cisailler (7). Les longues dents effrayantes du requin taureau, ci-contre, ne servent qu’à saisir les poissons, qu’il avale tout rond !
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L’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) dresse chaque année la Liste rouge des espèces à protéger. Cette liste est un indicateur privilégié pour suivre l’état de la biodiversité dans le monde. Grâce à cet état des lieux, nous savons aujourd’hui qu’une espèce de mammifères sur quatre, un oiseau sur huit et plus d’un amphibien sur trois sont menacés d’extinction mondiale. Dans la dernière Liste rouge (janvier 2025), sur les 172 620 espèces étudiées, 48 646 sont considérées comme étant menacées. Chaque espèce ou sous-espèce peut être classée dans l’une des catégories suivantes : préoccupation mineure, quasi menacée, vulnérable, en danger, en danger critique, éteinte à l’état sauvage, éteinte.
Crédits photographiques Fonds des pages : pixabay.com. Pages 174-175 : Illustration principale © Franco Tempesta. Page 175 : Tigre de Java © Helmut Diller / WWF / Biosphoto. Page 176 : Peau de jaguar tué par un braconnier © Antoine Lorgnier / Biosphoto – Déforestation © Shutterstock – Pêcheurs de homards © Jeffrey Rotman / Biosphoto. Page 177 : Inondation et centrale thermique © Shutterstock – Épandage d’insecticides dans un champ de melons © Jean-François Mutzig / Biosphoto. Page 178 : Tigre du Bengale © Gérard Lacz / Biosphoto – Jeune tigre de Sibérie jouant avec sa mère © Bernd Zoller / imageBROKER / Biosphoto. Page 179 : Koala adulte © Shutterstock – Koala et son petit © Suzi Eszterhas / Minden Pictures / Biosphoto – Tarsier des Philippines © Thomas Marent / Minden Pictures / Biosphoto. Page 180 : Kakapo © Gerald Cubitt / Photoshot / Biosphoto – Orang-outan et son petit © Shutterstock – Chimpanzés © Shutterstock. Page 181 : Pangolin de Temminck fouissant, Zimbabwe © Cédric Jacquet / Biosphoto – Maki catta adulte dans la réserve de Berenty à Madagascar © Cyril Ruoso / Biosphoto – Ours à lunettes © Daniel Heuclin / Biosphoto. Page 182 : Nageoire © François Gohier / Biosphoto – Dauphins et baleine à bosse (image centrale) © Shutterstock. Page 183 : Requin-marteau © Shutterstock – Requin-baleine © Gabriel Barathieu / Biosphoto – Requin au-dessus des coraux © Shutterstock. Page 184 : Tortue luth venant pondre sur une plage en Guyane © Fred Bruemmer / Biosphoto – Tortue et poissons nageant dans les coraux © Shutterstock. Page 185 : Loutre de mer et son petit © Sebastian Kennerknecht / Minden Pictures / Biosphoto – Bélugas européens © Shutterstock – Ours polaire et ses petits © Meril Darees / Biosphoto. Page 186 : Tapir des Andes, gorille femelle avec son petit et gorille mâle (au centre) © Shutterstock. Page 187 : Kéa © Shutterstock – Panthère des neiges © Gérard Lacz / Biosphoto. Page 188 : Rhinocéros noir et son petit © Tony Crocetta / Biosphoto – Lionne et son petit et lion (au centre) © Shutterstock. Page 189 : Vautour à tête blanche © J.-P. Ferrero & J.-M. Labat / Biosphoto – Oryx beïsa © Michel & Christine Denis-Huot / Biosphoto. Page 190 : Éléphanteau et sa mère © Patrice Correia / Biosphoto – Éléphant © Shutterstock. Page 191 : Zèbres de Grévy © Tui De Roy / Minden Pictures / Biosphoto – Lycaon © Claude Balcaen / Biosphoto – Guépard et ses petits © Winfried Wisniewski / Minden Pictures / Biosphoto. Pages 192-193 : Toutes les photos proviennent de © Shutterstock, sauf Vison d’Europe © Gilles Martin / Biosphoto. Page 194 : Jeune cheval de Przewalski, en Lozère © Pascal Pittorino / Biosphoto – Troupeau de chevaux © Shutterstock – Bison d’Europe dans une prairie en France © Claudius Thiriet / Biosphoto – Panneau d’information au zoo de Beauval © Didier Sement / Biosphoto. Page 195 : Lynx pardelle, en Espagne © Jorge Sierra / Biosphoto – Panneau de signalisation © Juan-Carlos Muñoz / Biosphoto – Panda © Shutterstock – Bébé panda dans les bras de Delphine Delord © Cyril Ruoso / Biosphoto. Page d’ouverture Éléphant © Shutterstock.
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ANIMAUX EN DANGER LES
T E X T E S SABINE BOCCADOR R E L E C T U R E SCIENTIFIQUE CÉCILE ARNOUD ET JENNIFER MATAS (especes-menacees.fr)
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L’EXTINCTION DES ESPÈCES Les espèces animales ne sont pas éternelles. Elles vivent généralement entre 5 et 10 millions d’années, puis disparaissent naturellement pour laisser la place à d’autres. L’analyse des fossiles révèle cependant que des événements majeurs ont provoqué cinq vagues d’extinction massive depuis que la vie est apparue sur Terre, il y a 4 milliards
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Il y a 250 millions d’années…
L’extinction du Permien-Trias est la plus massive de toutes. De gigantesques éruptions volcaniques auraient provoqué un réchauffement climatique considérable et de fortes émissions de dioxyde de carbone et de gaz toxiques. Résultat : 95 % des espèces, aussi bien marines que terrestres, ont péri. Parmi elles, de nombreux reptiles (ancêtres des dinosaures) et insectes.
Il y a 200 millions d’années… 4
Au Trias-Jurassique, un bouleversement climatique associé à des éruptions volcaniques aurait transformé la Terre en fournaise. La moitié des espèces végétales et animales auraient alors disparu. Les dinosaures, eux, ont survécu.
d’années. Aujourd’hui, l’accélération de la disparition des espèces liée à l’activité humaine est alarmante. Selon les scientifiques, nous serions au cœur d’une sixième vague d’extinction massive de très grande ampleur.
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Il y a 445 millions d’années…
À cette époque la vie ne se développait que dans les océans. Plusieurs phases de glaciation auraient fait chuter le niveau de l’eau de près de 60 m, provoquant la disparition de 85 % des espèces de coraux, de coquillages, de plancton et de trilobites. Cette extinction de l’Ordovicien-Silurien est la deuxième extinction la plus dévastatrice que la Terre ait jamais connue.
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Il y a 370 millions d’années…
La vie était encore essentiellement marine au Dévonien, lorsqu’une succession d’événements (éruptions volcaniques et glaciations, entre autres) aurait privé les animaux d’oxygène. En 20 millions d’années, 75 % des espèces ont alors disparu : de nombreux poissons, des étoiles de mer, des récifs coralliens et des ammonites (mollusques à coquille).
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Il y a 65 millions d’années… 5
Après avoir régné sur la Terre pendant 155 millions d’années, les dinosaures ont disparu brutalement ! Cette extinction du Crétacé-Tertiaire aurait été causée par la chute d’une grosse météorite. En percutant le sol, elle aurait soulevé un gigantesque nuage de poussière qui aurait voilé le Soleil et refroidi la Terre. Sans lumière, les plantes ont dépéri et les dinosaures seraient morts de faim.
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VERS UNE SIXIÈME VAGUE D’EXTINCTION ? D’après les scientifiques, la disparition des espèces s’accélère, atteignant un rythme sans précédent depuis l’extinction des dinosaures. On estime que 100 fois plus d’espèces s’éteignent aujourd’hui qu’en 1900 ! C’est le cas du grizzly mexicain, disparu en 1960, du tigre de Java, en 1979, du dauphin de Chine, en 2007, du rhinocéros noir de l’Afrique de l’Ouest, en 2011 et de l'espadon de Chine, en 2020. Ces extinctions sont toutes dues l’activité humaine.
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L’HOMME CONTRE LA FOURMILIÈRE Les fourmis même colonie vivent LAd’une NATURE
rassemblées dans une seule maison, ou nid, Mise au point par l’UICN (Union internationale qu’on appelle la fourmilière. Les espèces pour la conservation de la nature), diffèrent autant dans leur morphologie la Liste rouge recense les espèces menacées et leur mode de vie que dans le choix au niveau mondial. Grâce à cette étude, de leur habitat. La plupart des espèces nous savons qu’un amphibien sur trois, européennes élisent domicile sur la terre un mammifère sur quatre et un oiseau ferme, sous une pierre, comme les fourmis sur huit sont aujourd’hui en danger. noires des jardins, ou bien sous un dôme C’est aussi le cas des animaux marins d’aiguilles d’épicéa, comme les fourmis puisqu’un tiers des requins, des raies rousses des bois. Certaines construisent et des coraux est menacé d’extinction. des nids dans le bois. D’autres encore, qui Les conclusions tirées sont vivent dans incontestables : l’homme est les forêts tropicales, font leur nid en grande partie responsable à la cime des arbres. de la disparition des espèces.
Le braconnage
Autorisée dans certains pays à des dates précises, la chasse est soumise à des lois. Ce n’est pas le cas du braconnage, qui consiste à braver les interdictions pour chasser ou pêcher. La première cause de cette chasse illégale est le trafic. Les braconniers s’enrichissent en revendant les peaux de fauves et de crocodiles, les cornes de rhinocéros ou encore les défenses d’éléphants. Les hommes ont également recours au braconnage pour se nourrir ou capturer des animaux rares qu’ils vendent à prix d’or.
La surpêche
La surpêche est également un véritable fléau. Les hommes pêchent beaucoup trop de poissons par rapport aux réserves disponibles. Aujourd’hui, au niveau mondial, les espèces de requins, de thons, d’espadons et de cabillauds sont surexploitées et les populations de morues se sont effondrées.
La déforestation
En 4 siècles, la superficie des forêts a été divisée par deux ! Or, celles-ci abritent une multitude d’animaux. Pour se nourrir, l’homme brûle les forêts afin de les transformer en terres cultivables. Mais comme ces terres s’appauvrissent au bout de quelques années, les paysans sont contraints de défricher de nouvelles parcelles de forêt. Les animaux perdent alors leur habitat et la nourriture qu’ils y trouvaient. On abat aussi massivement les arbres pour produire du bois de chauffage, de construction, de la pâte à papier pour les livres et les magazines…
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La pollution
Rejetant des substances toxiques dans l’eau (produits chimiques des usines, déchets plastiques, carburant des navires, marées noires) et le sol (pesticides répandus sur les cultures), les activités humaines polluent et tuent des millions de plantes et d’animaux. Oiseaux, poissons, baleines, tortues : ils sont 1,5 million à mourir chaque année rien qu’en ingérant les plastiques que nous rejetons.
Le réchauffement climatique
Depuis plusieurs dizaines d’années, les gaz (à effet de serre), que les voitures, les chauffages et les usines rejettent dans l’air, forment comme une couverture qui empêche l’excès de chaleur dégagée par le rayonnement solaire de s’échapper par l’atmosphère terrestre. En conséquence, la température augmente partout dans le monde, provoquant des bouleversements : le niveau des océans monte, des pluies torrentielles s’abattent par endroits, tandis qu’ailleurs des régions s’assèchent. Ces phénomènes mettent en péril de nombreux animaux (ours polaires, coraux, mouettes blanches…).
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Crédits photographiques Fonds des pages : © Shutterstock. Page 198 : Baleine bleue © Franco Banfi/Biosphoto. Pages 198-199 : Girafes © Sergio Pitamitz/Biosphoto. Page 199 : Crocodile indo-pacifique © iStock - Éléphant d’Afrique © Shutterstock - Attacus atlas © Jeffrey Lepore/Photo Researchers/Biosphoto. Page 200 : Musaraigne étrusque © Shutterstock. Pages 200201 : Colibri d’Elena © Shutterstock. Page 201 : Ouistiti pygmée © Thomas Marent/Ardea/ Biosphoto - Acarien de poussière © David Spears (Last Refuge)/Ardea/Biosphoto - Gecko nain Latifi © Frank Deschandol & Philippe Sabine/Biosphoto. Page 202 : Faucon pèlerin © Jim Zipp/Ardea/Biosphoto. Pages 202-203 : Guépard © Thomas Dressler/Biosphoto. Page 203 : Voilier cosmopolite et mamba noir © iStock - Autruche © Shutterstock Paresseux © Suzi Eszterhas/Minden Pictures/Biosphoto. Page 204 : Kangourou roux © Theo Allofs/Minden Pictures/Biosphoto - Dauphin © iStock. Pages 204-205 : Antilopes Springbok © Sean Crane/Minden Pictures/Biosphoto. Page 205 : Puma © Joern Friederich/imageBROKER/Biosphoto - Puce © Shutterstock - Polatouche © S. & D. & K. Maslowski/FLPA - Frank Lane Picture Agency/Biosphoto. Page 206 : Dromadaire © iStock. Pages 206-207 : Formation de la tortue chez les manchots © Antoine Dervaux/Biosphoto Nouveau-né manchot couvé par son père © Samuel Blanc/Biosphoto. Page 207 : Tardigrade © Shutterstock - Baudroie abyssale © Norbert Wu/Minden Pictures/ Biosphoto. Page 208 : Requin blanc © Brandon Cole/Biosphoto. Page 208-209 : Dragon du Komodo © iStock. Page 209 : toutes les images proviennent de © iStock sauf l’image du caméléon © Shutterstock. Page 210 : Uroplate satanique © Thomas Marent/Ardea/ Biosphoto - Grenouille lichen © Shutterstock - Lièvres arctiques © Jim Brandenburg/ Minden Pictures/Biosphoto - Poisson fantôme arlequin © J.W.Alker/imageBROKER/ Biosphoto - Papillon bucéphale © Dave Pressland/FLPA - Frank Lane Picture Agency/ Biosphoto - Hibou grand-duc © iStock. Page 211 : Phyllie © Chris Mattison/Photoshot/ Biosphoto - Uranoscope © Reinhard Dirscherl/Biosphoto - Antennaire géant © Mathieu Foulquié/Biosphoto - Panthères des neiges © Sylvain Cordier/Biosphoto - Araignée thomise © Michel Rauch/Biosphoto - Dragon feuillu © iStock. Page 212 : Chimpanzé © Anup Shah/Minden Pictures/Biosphoto - Poulpe © Gabriel Barathieu/Biosphoto. Pages 212-213 : Ratel et oiseau indicateur © Shutterstock. Page 213 : Castors © iStock Corneille © Artmann, L./Juniors/Biosphoto - Opossum faisant le mort © iStock. Page 214 : Aigle © Shutterstock - Tarsier © Quentin Martinez/Biosphoto. Pages 214-215 : Bombyx du mûrier © Shutterstock. Page 215 : Condylure à nez étoilé © Skip Moody/Okapia/Biosphoto - Chauve-souris © Shutterstock - Ornythorinques © D. Parer and E. Parer-Cook/Minden Pictures/Biosphoto. Page 216 : Bousier taureau © Shutterstock - Moufette © Ingo Arndt/ Minden Pictures/Biosphoto - Nasique © Sylvain Cordier/Biosphoto. Pages 216-217 : Porc-épic © iStock. Page 217 : Pic épeiche © iStock - Tortue géante © Michel Gunther/ Biosphoto - Narvals © Flip Nicklin/Minden Pictures/Biosphoto - Oiseau-lyre © iStock. Page 218 : Rat-taupe nu © Shutterstock - Chenille de papillon © Shutterstock - Koala © iStock - Anguille électrique © Shutterstock - Sternes arctiques © iStock. Page 219 : Lama © Shutterstock - Chimpanzé © Shutterstock - Poisson archer © Brian Bevan/ Ardea/Biosphoto - Labre © Fabien Michenet/Biosphoto. Page d’ouverture : Guépard © Thomas Dressler/Biosphoto.
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RECORDS DES ANIMAUX LES
T E X T E S CATHY FRANCO
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LES PLUS GRANDS ET LES PLUS GROS C’est dans les océans que vit la créature la plus gigantesque de la planète
La girafe
C’est l’animal le plus haut du monde. Sa tête culmine à 5 ou 6 m au-dessus du sol ! Grâce à ses grandes pattes, son cou démesuré et sa langue de 50 cm de long, cette grande dame de la savane peut atteindre les feuilles d’acacia (son repas favori) les plus inaccessibles. Son énorme cœur, d’un poids de 9 kg, propulse avec force le sang riche en oxygène jusqu’à son cerveau.
– probablement le plus grand animal ayant jamais existé : la baleine bleue. Sur terre, les animaux les plus imposants vivent dans la savane, où peu d’arbres gênent leur croissance. Mais on trouve aussi des géants dans d’autres milieux. C’est le cas du crocodile indo-pacifique ou de l’éléphant d’Afrique. Certaines « petites » bêtes surprennent aussi par leur taille XXL !
La baleine bleue
Aucun animal n’égale cette géante. Elle mesure jusqu’à 33 m de long (soit quatre autobus à la queue leu leu !) et pèse entre 100 et 180 tonnes (le poids de 2 250 hommes). Et quel appétit ! La baleine bleue engloutit chaque jour plus de 4 tonnes de krill (des petites crevettes). Son bébé est impressionnant. À la naissance, il pèse déjà 3 tonnes et tète jusqu’à 300 litres de lait par jour, ce qui le fait grossir à une vitesse inouïe : il peut prendre près de 4 kg par heure.
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Le crocodile indo-pacifique
C’est le plus grand des reptiles et l’un des plus redoutables prédateurs terrestres. Ses mensurations font frémir : 5 à 7 m de long pour un poids de 500 à 1 000 kg ! Il fréquente les fleuves et les estuaires (embouchure du fleuve vers la mer) d’Inde, d’Asie du Sud-Est et d’Australie. Aussi à l’aise sur terre que dans l’eau, il s’aventure souvent en mer. Ce crocodile s’attaque à tout ce qu’il trouve (mammifères, lézards, oiseaux, poissons…), y compris de très grosses proies comme les buffles d’eau. Et parfois des hommes…
L’éléphant d’Afrique
Ce mastodonte qui vit dans la savane africaine est le plus lourd des animaux terrestres. Un mâle de 4 m au garrot peut peser jusqu’à 6 tonnes (le poids de 12 ours blancs). À elle seule, la trompe de l’éléphant pèse environ 130 kg. Composée de milliers de muscles, elle est capable de soulever un tronc d’arbre ou de saisir un lion menaçant et de le projeter en l’air.
DES GÉANTS CHEZ LES « PETITES » BÊTES Les insectes et les araignées aussi ont leurs géants ! C’est le cas de l’araignée Goliath, d’une envergure de 30 cm (c’est plus grand qu’une assiette !). Elle pèse si lourd (entre 120 et 170 g) qu’on l’entend se déplacer sur le sol. L’Attacus atlas, un magnifique papillon de nuit, mesure 28 cm. Il détient le record de la plus grande surface d’ailes chez un papillon. Attacus atlas
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LES PLUS PETITS Certains animaux sont tout petits, voire minuscules. Qu’ils soient mammifères, reptiles, amphibiens ou encore oiseaux, ils peuvent tenir dans la main, voire sur un ongle ! Mais attention : malgré leur petite taille, ils sont souvent très vifs, et se révèlent être parfois des terreurs pour leurs proies. C’est le cas de la musaraigne étrusque qui n’a de cesse de satisfaire son insatiable appétit. D’autres animaux, parmi les insectes et les arachnides (la famille des araignées), sont presque invisibles à l’œil nu… quand ils ne sont pas microscopiques !
La musaraigne étrusque
C’est le mammifère le plus léger de la planète. Cette lilliputienne au drôle de museau étiré pèse 1,8 g en moyenne. Elle est trois fois moins lourde qu’un morceau de sucre ! On la rencontre principalement sur le pourtour méditerranéen. Mesurant entre 3,5 et 5 cm (sans la queue), elle est dotée d’un des plus féroces appétits du règne animal : elle avale deux fois son poids en nourriture par jour (principalement des insectes, souvent plus gros qu’elle), ce qui fait d’elle une redoutable prédatrice. Pour lui permettre de digérer cette quantité astronomique de nourriture, son cœur bat 1 000 fois par minute.
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Le colibri d’Elena
Il est si minuscule qu’on le surnomme « l’oiseau-mouche ». C’est le plus petit oiseau du monde. Il mesure à peine 6 cm (dont la moitié pour le bec et la queue) et ne pèse que 2 g ! Vivant exclusivement à Cuba, il se nourrit du nectar des fleurs. Pour se maintenir à leur hauteur, il vole sur place en battant des ailes jusqu’à 80 fois par seconde… Un autre record pour ce petit phénomène !
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Le ouistiti pygmée
On l’appelle aussi ouistiti mignon. C’est le plus petit des singes. Longueur sans la queue : 12 à 15 cm pour seulement 100 g (le poids d’une banane). Cet acrobate hors pair, capable d’effectuer des bonds de 4 m, vit dans les arbres des forêts humides d’Amérique du Sud. Il se nourrit de fruits, d’insectes et du nectar des fleurs. Il racle aussi les troncs à l’aide de ses longues incisives inférieures pour en recueillir la résine. Ses bébés sont si minuscules qu’ils peuvent s’accrocher à un doigt humain.
MICROSCOPIQUES Certains animaux sont difficilement visibles à l’œil nu. Ailes déployées, les plus petits papillons ne dépassent pas 3 mm. Quant à la plus petite mouche, elle mesure 0,4 mm, de quoi passer aisément dans le chas d’une aiguille ! Il existe aussi des bestioles plus petites. En les découvrant au microscope, on se réjouit qu’elles aient cette taille tant certaines sont monstrueuses ! C’est le cas des acariens qui vivent dans la poussière (des arachnides) et peuvent provoquer des allergies. Acarien de poussière
Le gecko nain
Les geckos nains (des lézards) comptent parmi les plus petits reptiles du monde. L’espèce la plus minuscule tient sur une pièce de 5 centimes française et pèse 0,14 g ! Celle montrée sur l’image est un peu plus grande. Il existe plus de 500 espèces de geckos de tailles différentes. Plus de la moitié possède des coussinets adhésifs sous les doigts qui leur permettent de courir la tête en bas, même sur les surfaces les plus lisses. Le très gracieux gecko nain Latifi vit en Iran.
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Du majestueux lion au redoutable crocodile, de l’immense girafe à la petite vipère aspic, des animaux en danger aux records les plus surprenants…
EMBARQUE À LA DÉCOUVERTE DES ANIMAUX SAUVAGES !
Les lions
Les grands singes
Les tortues
Les crocodiles
Les serpents
Les records des animaux
Les dauphins
Les requins
Les animaux en danger
DANS LA MÊME COLLECTION :
21,95 € TTC France
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