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omme chaque année, Leïla, Tom et Malo venaient passer les vacances d’hiver chez leur grand-mère. Dans sa grande chaumière nichée au cœur de la forêt, Mamilou accueillait toujours ses petits-enfants avec bonheur :
« Bienvenue, mes amours ! Entrez vite ! » Les enfants se précipitaient à l’intérieur. Comme ils aimaient passer du temps dans cette maison chaleureuse, colorée et… truffée de trésors ! Le salon débordait de coussins moelleux, où il faisait bon lire des histoires et des contes merveilleux. Dans la salle à manger, Leïla, Tom et Malo jouaient et construisaient de magnifiques chalets en bois. Le bureau, qui abritait une grande verrière, était le lieu rêvé pour se mettre à peindre, à dessiner et à colorier. Dans la cuisine ? On préparait de délicieux gâteaux, de bons gratins et des crêpes saveur tartiflette. La maison de Mamilou était entourée par un immense jardin. Sous la neige, le parc prenait des airs de paysage enchanté. Sa beauté ne cessait d’émerveiller les enfants. Ils ne comptaient plus les heures passées à se livrer à de joyeuses batailles ou à la fabrication de bonshommes très amusants. Quand, en fin de journée, le soleil partait se reposer, la nuit s’éveillait. Des frissons d’excitation gagnaient alors le cœur des enfants : « Il est l’heure, Mamilou ! Il est l’heure ! » Une fois le dîner terminé, les pyjamas enfilés et les dents bien brossées, Mamilou réunissait ses petits au coin du feu pour un moment unique. Un moment magique ! Celui de l’histoire du soir. Mamilou en connaissait tellement que jamais, au grand jamais, ses petits-enfants n’avaient entendu deux fois la même…
Le panier de Rose
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e matin-là, Rose s’apprêtait à partir en balade avec son grand-père. La veille, Papy lui avait offert un joli panier en osier. Mais la fillette était un peu embêtée.
« Je ne sais pas quoi mettre dedans ! » se plaignit-elle. Papy lui avait donc proposé une petite promenade en forêt. « Tu sais, même en hiver, quand la nature est endormie, la forêt recèle des trésors cachés ! Il suffit de bien chercher. Ton panier va bientôt déborder, je te le promets ! » Mais la neige se mit à tomber à gros flocons. Très vite, une large épaisseur recouvrit les environs. Papy annonça : « Il est plus prudent de reporter notre cueillette. Je suis désolé, Rose. Nous irons demain. En attendant, je ferais bien une petite sieste. Pendant ce temps, tu pourrais aussi te reposer ? Ou bien dessiner ce que tu aimerais mettre dans ton panier ? » La fillette, contrariée, admit : « Oui, bonne idée. » Mais au bout de quelques minutes, Rose changea d’avis. Tandis que Papy commençait à ronfler dans son fauteuil préféré, la fillette délaissa ses feutres et cahiers. En catimini, elle se glissa vers l’armoire de l’entrée. Et… hop ! Elle enfila son manteau, ses bottes, puis elle attrapa son panier : « C’est parti ! » Sans faire le moindre bruit, elle quitta la maison de Papy et se faufila dans les bois. Il lui suffit de franchir un portillon situé tout au bout du jardin. Un petit coup sec sur le loquet… et elle fut libre de s’évader ! La neige continua à tomber, recouvrant la forêt d’un épais manteau scintillant. Le froid était vif et mordant, mais Rose n’avait qu’une idée en tête : « Je rapporterai à Papy un panier plein de trésors. Je peux me débrouiller sans lui ! »
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Elle s’entêta : « Qu’il neige ou qu’il tempête ! » Mais Rose avançait de plus en plus difficilement : « Ouh, là, là, je n’y vois presque plus rien ! » Les flocons se firent plus gros et plus nombreux. Très vite, la fillette s’arrêta, freinée par de fortes rafales de vent. Elle murmura : « Je ne peux pas aller plus loin ! » Transie de froid, Rose réalisa qu’elle avait fait une bêtise : elle n’aurait jamais dû se montrer aussi imprudente. Peu à peu, de chaudes larmes, presque brûlantes, envahirent ses yeux. Celles-ci s’échappèrent et commencèrent à inonder son visage fouetté par les flocons glacés. À présent, Rose était secouée par de gros sanglots. Consciente que personne ne pouvait l’entendre, elle ne cessait pourtant de répéter : « Je suis perdue ! Je suis perdue ! » Tout à coup, la fillette sentit quelque chose lui frôler la main. Elle baissa les yeux et sursauta : « Un renard ! » Effrayée, Rose essaya de ne pas bouger. Peut-être finirait-il par s’en aller ? Mais le renard continua de frotter doucement son museau contre sa main. La petite fille l’observa avec curiosité : son regard était si doux, si calme. Instantanément, Rose se sentit apaisée. Une petite voix lui chuchota : « Suis-moi ! » Avait-elle rêvé ? Non, elle avait bien entendu ! Le renard, ce magnifique renard au pelage roux et or lui avait bien parlé. Oh, juste quelques mots ! Mais Rose ne s’était pas trompée, elle aurait pu le jurer !
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Alors la fillette suivit l’animal. Tandis que les flocons tourbillonnaient, le renard conduisit Rose vers un arbre géant dont le tronc était creux : « J’ai compris ! Tu m’emmènes ici pour attendre la fin de la tempête, bien à l’abri ! » Le renard fixa Rose du regard et baissa doucement la tête, comme pour dire oui. Il désigna ensuite du museau un tas d’herbes moelleuses, sur lequel la fillette s’allongea sans hésiter : « Je vais me reposer un peu. » Aussitôt, la petite s’endormit à poings fermés. Le renard, quant à lui, se plaça à l’entrée, pour stopper le vent et la neige. Dans un léger murmure, il souffla : « Dors paisiblement. Je suis là. » Une heure plus tard, Rose se réveilla doucement. Elle observa le décor qui l’entourait, se frotta les yeux… et se souvint : « La forêt, la neige, le renard ! Où est-il ? » Au cœur de l’arbre géant, la fillette était seule. Elle se leva, fit quelques pas et sortit. Dehors, le ciel était bleu et le soleil resplendissait. Au pied d’un petit tas de neige, son panier l’attendait. Un panier rempli de mille et un trésors ! Des glands, des marrons, des plumes, des champignons… et un magnifique flocon de glace. Émerveillée, Rose s’en empara avec délicatesse. Elle le savait : c’était un cadeau du renard, une preuve qu’elle n’avait pas rêvé ! La petite fille attrapa son panier. Allait-elle montrer à Papy tout ce qu’il contenait ? Très vite, elle retrouva son chemin et franchit le portillon. Puis elle se glissa dans la maison, dans ses pantoufles et dans un gros gilet de laine. Au même moment, son grand-père s’éveilla : « Tout va bien, ma petite Rose ? » La fillette répondit, dans un grand sourire : « Oui, Papy ! Je me suis endormie, moi aussi. J’ai fait un rêve merveilleux dans lequel mon panier se remplissait… comme par magie ! »
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Textes de Sandra Collet Illustrations de Violaine Costa
es enfants, approchez ! Venez écouter les récits de Mamilou ! Assis au coin du feu, Leïla, Tom et Malo ne se lassent jamais des histoires de leur grand-mère : celle de Rose et de son panier magique, celle de Louis et de son étoile de Noël, celle d’une grotte secrète perdue dans la forêt, celle d’un bonhomme de neige fait de bric et de broc, celle d’Issa et de son écharpe égarée ou encore celle de Tao et du grand hêtre de la forêt.
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