COntes classiques racontés par
Vincent Fernandel
LIVRE - CD
LES CONTES CLASSIQUES racontés en musique par
Vincent
Fernandel
Direction : Guillaume Pô Direction éditoriale : Sarah Malherbe Édition : Anna Guével, Raphaële Glaux Conception graphique : Mathilde Dufau Fabrication : Thierry Dubus, Florence Bellot © Fleurus, Paris, 2021, pour l’ensemble de l’ouvrage. Site : www.fleuruseditions.com ISBN : 978-2-2151-7711-1 • MDS : FS77111 Loi n° 49-956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse,modifiée par la loi n° 2011-525 du 17 mai 2011. » N° d’édition : J21344 • Achevé d'imprimer en août 2021 chez Dimograf en Pologne. • Dépôt légal : octobre 2021 © Photographie Vincent Fernandel : Léo Paget © Photographie Charlotte Molas : Justine Coirier Musique de Grégoire Notéris et Vincent Contandin Texte lu par Vincent Fernandel avec la collaboration des Éditions Gérard Tempesti
CET OUVRAGE EST IMPRIMÉ GRÂCE À DES ENCRES VÉGÉTALES, GARANTISSANT LA DÉMARCHE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE L’ÉDITEUR ET DE L’IMPRIMEUR.
CONTES ntes classiques adaptés par
Emmanuelle lepetit racontés par
Vincent Fernandel illustrés par
charlotte molas
« À tous les enfants qui sauront faire semblant de devenir grands. » Vincent Fernandel
« Je dédie ce livre à mes trois gluons : Pia, Lily et Paz. » Charlotte Molas
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COntes classiques racontés par
Vincent Fernandel
P10. Les musiciens de Brême de Jacob et Wilhelm Grimm
P16. Poucette de Hans Christian Andersen
P22. Jack et le haricot magique
D’après un conte traditionnel anglais
P28. Peau d’Âne
sommaire
de Charles Perrault
P34. Les fées
de Charles Perrault
P40. La moufle D’après un conte traditionnel russe
U
n meunier avait un âne qui, depuis des années, por tait ses sacs de grains au moulin. Mais un jour, fatalement, l’animal, usé par le travail, n’eut plus la force de continuer : – Ce bourricot ne me ser t plus à rien ! maugréa le meunier, en se mettant aussitôt à affûter son couteau. L’âne, se doutant du sor t qui l’attendait, prit la clé des champs. Enf in… il était libre ! – Et si je devenais musicien ? se dit-il. Je pourrais jouer de la guitare et chanter pour les bonnes gens ? Il prit donc la direction de la ville de Brême, avec le projet de se faire engager dans la fanfare municipale.
les musiciens de brême
Sur le chemin, notre âne saltimbanque ne tarda pas à rencontrer un chien, couché dans le fossé, qui poussait des aboiements déchirants. – Eh l’ami, qu’as-tu à japper ainsi ? On t’entend dans tout le pays ! Le chien lui répondit : – C’est que je me fais vieux, camarade, mon f lair s’est émoussé et je ne cours plus si vite. Mon maître a essayé de me tuer ce matin. Alors je me suis enfui… mais maintenant, j’ai faim ! L’âne agita ses oreilles : – Eh bien rejoins-moi ! Je m’en vais à Brême pour devenir musicien. Nous pourrions former un duo : moi à la guitare, et toi aux cymbales ? Le chien accepta et les deux compères reprirent la route ensemble. Or, un peu plus loin, ils trouvèrent un chat, blotti dans le fossé, qui tirait de ses moustaches les miaulements les plus perçants. – Oh là, le matou, qu’est-ce qui ne va pas ? demanda l’âne. À quoi bon une telle sérénade ? – C’est l’âge, hélas ! pleura le chat. Je n’ai plus toutes mes dents et passe désormais plus de temps à ronronner sous le poêle qu’à courser les souris. Ma maîtresse a voulu me noyer ce matin. Alors je me suis sauvé, mais me voici dans le plus grand des besoins… – Viens à Brême avec nous ! lui proposèrent l’âne et le chien. Tu joueras du violon dans notre orchestre et tout ira bien ! Le chat ne se le f it pas dire deux fois. Et les trois fugitifs reprirent cahin-caha leur bout de chemin. Juste après, ils passèrent devant une cour de ferme, où un coq perché sur un piquet criait tant qu’il pouvait. – Mais enf in l'ami, il n’y a pas idée de faire un tel vacarme ! protesta l’âne. Pourquoi t’égosiller ainsi ? – J’annonce le lever du soleil chaque matin depuis des années, s’époumona le coq. Mais cette ingrate de fermière s’est achetée un réveil et me trouve dépassé. Elle a décidé de me manger dimanche en fricassée.
Alors je chante mon désespoir, tant que j’ai encore un gosier ! L’âne, le chien et le chat s’écrièrent de concer t : – Viens à Brême avec nous ! Tu pourras jouer de la trompette dans notre troupe de musiciens ! Le coq accepta avec joie. Et les quatre troubadours se remirent en marche, en rêvant de succès et de grands festins. Mais bientôt, le soir arriva. La ville de Brême était encore loin. Ils décidèrent de s’enfoncer dans la forêt et d’y faire halte pour la nuit. L’âne et le chien se couchèrent au pied d’un arbre, le chat grimpa sur une branche, et le coq alla se percher au sommet. Avant de fermer les yeux, il scruta l’horizon. Là-bas, au creux du bois, il lui sembla voir une lumière qui brillait. Il redescendit aussitôt pour aver tir ses compagnons : – Il doit y avoir une maison plus loin, et elle semble habitée ! – À la bonne heure ! soupira l’âne. Le sol est un peu dur ici pour mes vieux os, nous pourrions aller y demander l’hospitalité.
12.
Alors, vaille que vaille, les quatre malheureux se remirent en route, en direction de la lumière. Ils marchèrent longtemps, et plus ils avançaient, plus elle resplendissait. Ils arrivèrent enf in devant une ferme abandonnée, plus illuminée qu’un soleil ! – Qui peut donc loger là ? demanda le chat. L’âne s’approcha de la fenêtre et jeta un coup d’œil à l’intérieur : – Oooooh… – Que vois-tu, grison ? renif la le chien. – C’est un repaire de brigands ! chuchota l’âne. Je vois… des voleurs avec des haches et des couteaux… qui se régalent… avec des jambons et des pâtés. – Quelle chance ! gémirent les trois autres, en sentant la salive leur monter à la bouche. L’âne secoua ses oreilles, puis soudain les redressa : – Et si on les chassait ? Ainsi, nous pourrions prendre leur place… En quelques messes basses, le plan fut mis au point. L’âne hissa ses pattes de devant sur le rebord de la fenêtre, le chien grimpa sur son dos, le chat sauta sur le chien, et le coq alla se percher tout en haut. Puis, au signal, ils entonnèrent leur fanfare : et de braire, d’aboyer, de miauler et de coqueriquer, dans un abominable tintamarre ! Affolés, les brigands levèrent la tête et aperçurent, par la fenêtre, un horrible monstre à quatre têtes hurlant qui venait les dévorer ! Du moins, c’est ce qu’ils imaginèrent… Ils eurent si peur qu’ils f ilèrent sans demander leur reste.
Les musiciens de Brême, Poucette, Jack et le haricot magique, Peau d ’Âne, Les fées, La moufle. Découvrez ou redécouvrez les plus beaux contes traditionnels racontés en musique par Vincent Fernandel et illustrés par les élégants dessins de Charlotte Molas.
Charlotte Molas vit et travaille entre Paris et Biarritz. En 2015, elle intègre l’agence d’illustrateurs Illustrissimo. Presse, marques et agences de publicité font appel à elle pour son univers rétro, ludique et coloré. Charlotte aime particulièrement travailler pour l’édition et a réalisé plusieurs albums documentaires et fiction jeunesse.
Petit-fils de l’acteur Fernandel et fils du chanteur Franck Fernandel, Vincent se tourne d’abord vers la télévision en tant qu’animateur et journaliste spécialisé dans le cinéma. Il se consacre ensuite au théâtre : il est aujourd’hui formateur d’acteurs, ainsi que metteur en scène et auteur de pièces. Il réalise également des documentaires et mène une activité de photographe.
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