Isabelle Fabula
Filou, chien royal
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Illustration de la couverture : Carine Hinder
Direction : Guillaume Pô Direction éditoriale : Sarah Malherbe 03/05/2021 Édition : Claire Renaud Conception graphique : Hélène Léonard Direction de la fabrication : Thierry Dubus Fabrication : Marie Dubourg Composition : Text’oh (Dole)
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© Fleurus, Paris, 2021, pour l’ensemble de l’ouvrage. www.fleuruseditions.com ISBN : 978-2-2151-7695-4 MDS : FS 79654 Tous droits réservés pour tous les pays. « Loi n° 49-956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse, modifiée par la loi n° 2011-525 du 17 mai 2011. »
Achevé d’imprimer en juillet 2021 en Italie par Rotolito. N° d’édition : J21224 Dépôt légal : Septembre 2021
Chapitre 1
Madame d’Astragale et ses filleules
– Saperlipopette, je n’ai plus de fil jaune de la même couleur que ma blondeur lumineuse, se lamenta Aglaé de Minois. Quel drame ! Aglaé était une petite fille de neuf ans et demi qui était très fière de ses cheveux joliment bouclés. Elle avait des yeux bleus, dont elle était aussi très fière, et portait toujours des robes de princesse. Elle vivait à Versailles, dans l’immense château du roi Louis XIV. Ce matin-là, de gros nuages grondaient et la pluie tombait. Pour Aglaé, il n’était pas question
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d’aller se salir dehors : elle préférait rester à l’intérieur et broder un portrait d’elle-même. Son nouveau projet, très ambitieux, était de réaliser plusieurs autoportraits, chacun la mettant en scène avec une robe différente. Ce jour-là, elle portait une robe violette avec des rubans roses, mais elle en avait beaucoup d’autres. – Pascaline, puis-je regarder dans ta boîte à couture si tu as le fil que je cherche, s’il te plaît ? demanda-t-elle à une autre petite fille de neuf ans assise en face d’elle et qui avait des couettes brunes, des yeux marron et des lunettes. – Bien sûr, répondit celle-ci. Mais ne dérange pas mes bobines surtout ; elles sont alignées par ordre de grandeur. Pascaline de Saint-Hubert aimait tout ce qui se rapportait aux sciences et aux mathématiques. Elle savait faire des divisions avec virgule sans jamais se tromper et calculer le volume d’un bâtiment par rapport à sa base. Elle avait lu des dizaines de livres de sciences et connaissait le nom des étoiles. Tandis qu’Aglaé fouillait dans sa boîte à couture, Pascaline mesura la longueur
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de fil nécessaire pour les ailes du moulin de sa propre broderie. Aglaé et Pascaline avaient installé leur matériel de couture dans le salon de leur marraine, madame d’Astragale, une dame au chignon blanc et à l’air sérieux. Madame d’Astragale était une grande amie du roi Louis XIV et vivait au château de Versailles au milieu des courtisans, qui se comptaient par milliers. Madame d’Astragale n’avait pas d’enfant, en revanche elle avait cinq filleules. Leurs parents avaient estimé qu’il leur serait profitable d’apprendre les bonnes manières à la cour du roi. Ainsi, les cinq fillettes étaient venues vivre chez leur marraine. – Toi non plus tu n’as pas le jaune que je veux, Pascaline, s’exclama Aglaé en relevant le nez de la boîte à couture de son amie. – J’ai dû l’utiliser le mois dernier pour broder des étoiles sur mon oreiller, expliqua Pascaline. – Comment vais-je faire, alors ? J’avais promis d’offrir mon portrait à ma maman pour sa fête.
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– Votre mère n’a pas votre portrait ? s’étonna madame d’Astragale. – Elle en a quatorze, précisa Aglaé. Je lui envoie toutes mes broderies. Elle les fait encadrer et les accroche sur les murs. Mes portraits décorent tout notre château ! – Vous devriez broder autre chose qu’un autoportrait, pour une fois, dit madame d’Astragale. Aglaé parut stupéfaite. – C’est impossible, maman n’aurait pas mon portrait dans cette robe, répondit-elle. Madame d’Astragale poussa un profond soupir. – Et si tu brodais un chapeau, pour cacher tes cheveux ? suggéra Pascaline. – Ça, c’est une idée géniale, merci Pascaline ! s’écria Aglaé en applaudissant. Et j’ai autant de chapeaux que de robes ; je vais pouvoir refaire tous mes portraits, avec un chapeau cette fois. Comme maman sera contente ! Elle attrapa sa broderie et se concentra pour se rappeler les couleurs exactes du chapeau qui allait avec sa robe violette.
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Le salon de madame d’Astragale était très confortable. Il y avait des fauteuils et des divans moelleux pour s’asseoir, une table ronde pour faire ses devoirs ou prendre le goûter, de beaux tapis colorés sur le sol. Les murs étaient décorés de boiseries et de tableaux, et les fenêtres donnaient sur les immenses jardins du château. Une petite pendule sur la cheminée sonna dix heures. – La leçon de clavecin de mademoiselle Acanthe devrait déjà être finie, s’impatienta madame d’Astragale. Acanthe du Mont était l’artiste du petit groupe. Outre le clavecin, elle jouait de la guitare. Et ses talents ne s’arrêtaient pas là : Acanthe savait aussi dessiner et sculpter, elle lisait de la poésie et cousait à merveille. – Vivement qu’elle arrive, s’exclama Aglaé, elle pourra m’aider pour le chapeau. Je n’en ai jamais brodé et c’est plutôt difficile. À dix heures et quart, madame d’Astragale commença à s’impatienter. – Je me demande où sont mes trois dernières filleules, dit-elle en fronçant les sourcils. Je leur avais pourtant bien recommandé d’être ici à dix heures. À ce moment-là quelqu’un frappa à la porte.
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– Entrez, dit madame d’Astragale.
Chapitre 2
Un filou dans Versailles
Deux fillettes entrèrent. Comme Aglaé et Pascaline, elles étaient âgées de neuf ans. La première avait des cheveux roux et des yeux verts ; c’était Acanthe du Mont, l’artiste. Sa robe bleue avait quelques vieilles taches de peinture qui n’étaient pas parties au lavage. La seconde était très différente, avec des cheveux et des yeux noirs. Elle s’appelait Clémence de la Bergeronnette. Sa robe verte n’avait pas de taches, mais aucune dentelle et aucun ruban non plus. Aglaé avait bien tenté d’enseigner les secrets de la mode à Clémence, mais celle-ci était très timide et n’aimait pas se faire remarquer.
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Elle et Acanthe saluèrent leur marraine d’une jolie révérence en disant en chœur : – Bonjour, marraine. – Bonjour, mes chères petites, répondit madame d’Astragale. J’espère que vous avez passé une bonne nuit. Votre leçon de clavecin s’est bien déroulée, mademoiselle Acanthe ? – Oh, oui ! répondit Acanthe avec joie. J’ai appris un morceau de monsieur Lully, le compositeur préféré de Sa Majesté. – J’en suis ravie pour vous, dit madame d’Astragale. Quant à vous, mademoiselle Clémence, vous êtes en retard. Et je ne rêve pas, votre robe est mouillée ! – Oh, pas beaucoup, précisa Clémence. J’ai fait attention de raser les murs. – Vous êtes sortie sous cette pluie ? s’étonna madame d’Astragale. Grand Dieu ! mais pourquoi donc ? – Je suis allée aux écuries voir le poulain qui est né pendant la nuit, expliqua Clémence. Clémence avait une passion pour les animaux.
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– Il est tout blanc et pas plus haut qu’un cheval à bascule. Il a de grands yeux étonnés, une crinière ébouriffée et une petite queue comme un plumeau. Ce qu’il est mignon ! Vous devriez le voir marcher sur ses jambes fragiles en manquant de tomber à chaque pas. Et comme il tète sa maman ! Un véritable gourmand ! Les palefreniers l’ont appelé Flocon, à cause de sa blancheur de neige, bien sûr. Les trois autres demoiselles furent enchantées par cet heureux événement. – Oh, je voudrais le voir aussi ! s’exclama Pascaline. – Moi de même, ajouta Aglaé. – Pouvons-nous aller voir Flocon, s’il vous plaît, marraine ? demanda Acanthe. – Nous irons toutes quand cette pluie sera passée, répondit madame d’Astragale avec sagesse. Mademoiselle Clémence, je comprends votre amour des animaux, mais il ne doit pas vous faire oublier vos obligations. La ponctualité est la politesse des rois, et je vous saurai gré d’agir comme la demoiselle bien née que vous êtes. – Pardon, dit Clémence d’une petite voix.
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Elle regardait tristement le bout de ses chaussures ; Aglaé, Pascaline et Acanthe se sentirent désolées pour elle. Mais madame d’Astragale avait une autre raison d’être mécontente. – Mademoiselle Coline de Tambour-Battant est encore plus en retard que vous, dit-elle. J’espère qu’elle n’a pas eu l’idée saugrenue d’aller patauger dans les flaques d’eau. Mais telle que je la connais, cela ne m’étonnerait guère. Toujours dans les jardins, cette chère petite ! Les quatre fillettes se regardèrent d’un air inquiet. Où était donc passée Coline ? Avait-elle laissé passer l’heure parce qu’elle faisait des bêtises ? À ce moment-là, une cavalcade résonna dans le couloir et Coline de Tambour-Battant entra en trombe dans le salon. Puis, avec la rapidité de l’éclair, elle ferma la porte et s’y adossa en reprenant son souffle. Elle semblait avoir couru pendant de longues minutes. Ses cheveux châtains étaient tout décoiffés. D’ordinaire, ses yeux marron brillaient d’espièglerie, mais en cet instant, ils exprimaient plutôt une certaine panique. Madame
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d’Astragale mit une main sur son cœur. Elle était abasourdie. – Jamais, ô grand jamais ! personne n’est entré chez moi dans une telle furie ! s’exclama-t-elle. Que vous arrive-t-il, mademoiselle Coline ? On ne court pas dans les couloirs de Versailles, voyons ! Avez-vous perdu la tête ? – Ah, marraine, c’est épouvantable ! répondit Coline, les yeux exorbités. Un danger nous menace. Vous ne pouvez pas imaginer ce qui vient d’arriver. – Quoi donc ? demanda Aglaé aussi étonnée que les autres. – Allons, parle, la pressa Pascaline. Coline prit une profonde inspiration et annonça sur un ton dramatique : – Un filou est entré dans Versailles ! Pascaline, Aglaé, Clémence et Acanthe poussèrent un cri d’horreur. – Un filou ? Ici ? s’étonna madame d’Astragale d’une voix blanche. Êtes-vous certaine de ce que vous avancez ?
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– Oh ! oui, sûre et certaine, marraine, affirma Coline avec conviction. J’ai entendu les serviteurs et les courtisans en parler. Tout le monde le cherche. Je suis venue vous prévenir au péril de ma vie. J’ai dû me cacher derrière les meubles et vérifier que le chemin était libre à chaque coin de couloir. – Quel courage il t’a fallu ! dit Clémence d’un air admiratif. Prise de panique, Aglaé monta sur une table. – Mademoiselle Aglaé, mais enfin que faites-vous ? s’écria madame d’Astragale. – Je ne veux pas que ce filou m’attrape, expliqua Aglaé. – Descendez immédiatement, ordonna madame d’Astragale. Il ne sert à rien de s’affoler. Mademoiselle Coline a sans doute mal entendu. Un filou dans le château de Versailles, c’est tout simplement impossible, absurde, insensé. Calmons-nous et allons voir de quoi il retourne.
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Dans le couloir, les cinq fillettes et leur marraine virent des valets et des serviteurs courir dans tous les sens. Ils semblaient très embêtés. – Que se passe-t-il ? demanda madame d’Astragale à la ronde. – L’avez-vous vu, Madame ? demanda un valet en s’arrêtant un instant pour reprendre son souffle. – Qui donc ? – Ce coquin de Filou, répondit le valet avant de reprendre sa course. Il est parvenu à s’échapper. Quel malheur, si vous saviez ! Il est capable des pires catastrophes. Il faut vite le retrouver. – Ah ! vous voyez que j’avais raison ! s’exclama Coline, triomphante. – Il y a bien un filou dans Versailles, dit Aglaé en se prenant la tête. – Capable des pires catastrophes, s’effraya Pascaline. – Et s’il nous attaquait ? s’inquiéta Clémence. – Nous sommes perdues, conclut Acanthe, sur le point de s’évanouir.
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Madame d’Astragale rassembla ses cinq filleules autour d’elle. – Mes chères petites, allez immédiatement dans votre chambre et fermez la porte à clef, dit-elle. Vous serez en sécurité. Moi, je vais tenter de savoir qui est ce filou et comment il est entré dans le château. N’ouvrez à personne d’autre qu’à moi ou à votre gouvernante, madame d’Argon. C’est bien compris ? – Oui, répondit Coline. Mais soyez prudente, marraine. – Ne vous inquiétez pas, dit madame d’Astragale. Je demanderai la protection d’un mousquetaire. Rassurées, les cinq petites filles montèrent l’escalier qui menait à leur chambre. Chacune avait un lit, une table de chevet et une armoire pour ranger ses affaires. Il y avait également une table, des chaises, des fauteuils devant une cheminée et un grand miroir. Une fois à l’intérieur, Coline donna deux tours de clef. Clang ! Clang ! – Ouf, sauvées, souffla-t-elle avec soulagement. Personne ne pourra plus entrer.
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– Malheur, la fenêtre est ouverte ! s’écria Acanthe. Aglaé bondit pour la fermer. – Et voilà, dit-elle. Cette fois nous sommes en sécurité. J’espère que cette course ne m’a pas décoiffée. Elle alla vite vérifier devant le miroir si ses boucles blondes étaient bien en place. – Oh, oh ! je ne suis pas si sûre que nous soyons vraiment en sécurité, dit soudain Pascaline. Elle s’était immobilisée, toute droite, les yeux ronds comme des billes. – Que t’arrive-t-il ? lui demanda Clémence. Pour toute réponse, Pascaline leva lentement le doigt vers son lit. Et là, elles comprirent son étrange attitude : quelque chose bougeait sous les couvertures ! Les cinq demoiselles étaient figées, incapables de faire le moindre mouvement. Au bout de dix secondes, Aglaé demanda d’une petite voix tremblante : – Qu’est-ce que c’est que ça, d’après vous ? – J’espère que ce n’est pas ce coquin de filou, en tout cas, souffla Acanthe. – Pascaline a peut-être laissé sa poupée dans son lit, supposa Coline.
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– Mais ça bouge, fit remarquer Clémence. Vous croyez qu’une poupée peut bouger toute seule ? – Je ne dors jamais avec ma poupée, affirma Pascaline. Et d’ailleurs, regardez, elle est tranquillement assise sur cette chaise. – Il faut en avoir le cœur net, reprit Coline. Nous ne pouvons pas rester plantées comme ça pour toujours. L’une de nous doit se dévouer pour aller voir. – Vas-y, toi, lui dit Aglaé. – Pourquoi moi ? demanda Coline. – Parce que c’est ton idée, répondit Aglaé. – Mais j’ai déjà fermé la porte à clef, répliqua Coline. Vas-y, toi. – Moi j’ai fermé la fenêtre, fit valoir Aglaé. Et puis, c’est le lit de Pascaline, c’est à elle d’y aller. – J’ai innocenté ma poupée, dit Pascaline. Acanthe, à ton tour de faire quelque chose. – Ne me demandez rien ! La seule chose que je pourrais faire, c’est m’enfuir en courant, gémit Acanthe au bord de la nausée. Il ne restait plus que Clémence. Quatre paires d’yeux se tournèrent vers elle.
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– Moi ? fit-elle en reculant de trois pas. Mais vous n’y pensez pas ! Vous savez bien que je suis la plus timide de nous cinq. Pendant qu’elles perdaient du temps à discuter, la couverture continuait de bouger. – Allons-y toutes ensemble, décida alors Coline en prenant un vase sur le manteau de la cheminée. – Tu vas lui offrir ce vase ? s’étonna Aglaé. C’est une bonne idée, je suppose. Ce filou est peut-être un voleur et ce vase coûte très cher. – Mais non, répondit Coline. Si c’est le filou, je lui fracasserai le vase sur la tête avant qu’il nous attaque. Les autres jugèrent prudent de s’armer aussi. Aglaé prit une brosse, Acanthe un pinceau, Pascaline attrapa sa longue-vue et Clémence un mouchoir en dentelle. – Clémence, un mouchoir ne lui fera rien du tout, la raisonna Coline. Lâche-le. Toi, tu soulèveras la couverture. Ne t’en fais pas, nous te protégeons. Entourée de ses amies, Clémence trouva le courage de s’approcher du lit. – Vous êtes prêtes ? demanda-t-elle en saisissant la couverture.
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– Vas-y, dit Acanthe qui tenait son pinceau comme une épée. Et Clémence écarta la couverture.
Le saviez-vous ? Louis XIV avait une véritable passion pour les chiens. Il en eut beaucoup tout au long de sa vie. Le chenil de Versailles en compta jusqu’à six cents ! Il y avait des grands chiens, pour accompagner le roi à la chasse ou dans ses promenades à travers les jardins, et des plus petits qui lui tenaient compagnie à l’intérieur. Des officiers s’occupaient exclusivement des chiens du roi, et son pâtissier personnel leur préparait des biscuits tous les jours. C’est Louis XIV en personne qui distribuait ces friandises à ses chers toutous. Le roi aimait tellement ses chiens qu’il demanda aux peintres de la cour de faire les portraits des plus beaux. Plusieurs tableaux de l’époque les représentent seuls ou avec le roi et les membres de sa famille. Et Filou dans tout cela ? Eh bien, Filou a réellement existé ! On raconte qu’il fut de loin le chien préféré de Louis XIV. Adorable et espiègle, le petit cavalier kingcharles amusait beaucoup le Roi-Soleil.
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lors que les demoiselles Aglaé, Pascaline, Acanthe, Clémence et Pauline sont chez leur marraine, un brouhaha résonne dans les couloirs. Un redoutable « filou » se serait introduit dans le château de Versailles et tout le monde le cherche. Les demoiselles se réfugient dans leur chambre. Là, elles découvrent un petit chien King Charles dont le collier est en émeraudes. Elles comprennent que c’est lui, le fameux Filou, et qu’il appartient à Louis xiv en personne. Le roi charge alors les demoiselles de le surveiller. Mais les fillettes vont vite découvrir que Filou ne fait que des bêtises. Et personne, évidemment, n’ose gronder le toutou royal ou lui mettre une laisse. Comment vont-elles pouvoir s’en sortir avec un chien si désobéissant ?
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