fleurus Direction : Guillaume Arnaud, Guillaume Pô Direction éditoriale : Emmanuelle Braine Bonnaire Édition : Charlotte Walckenaer, assistée de Lina Chabrol, Claire Stacino et Viviane Magnin Direction artistique : Élisabeth Hebert, assistée de Séverine Roze Mise en page : Anne Bordenave Direction de fabrication : Thierry Dubus Fabrication : Marie Guibert © Fleurus, Paris, 2017 www.fleuruseditions.com ISBN : 978-2-2151-3362-9 MDS : 652 659 Tous droits réservés pour tous pays. « Loi n° 49-956 du 16 juillet 1949 sur les publications liées à la jeunesse. »
Textes de Sabine du Mesnil et Charlotte GrossetĂŞte Illustrations de Tanja Stevanovic
SOMMAIRE Œdipe
ou l’implacable destin p. 8
INGRES, Œdipe explique l’énigme du Sphinx Histoire racontée par Sabine du Mesnil
Icare
ou le rêve du ciel p. 12
BRUEGHEL L’ANCIEN, La Chute d’Icare Histoire racontée par Sabine du Mesnil
Persée,
vainqueur de la Gorgone p. 16
FRESQUE DE POMPÉI, Persée libère Andromède Histoire racontée par Sabine du Mesnil
Perséphone,
prisonnière des Enfers p. 21
ROSSETTI, Proserpine Histoire racontée par Sabine du Mesnil
Ulysse
au long voyage p. 24
TURNER, Ulysse raillant Polyphème Histoire racontée par Charlotte Grossetête
Jason,
les Argonautes et la Toison d’or p. 29
ENLUMINURE, Jason et les Argonautes Histoire racontée par Charlotte Grossetête
Amour & Psyché, l’épouse curieuse et l’époux invisible
p. 34
CANOVA, Psyché ranimée par le baiser de l’Amour Histoire racontée par Sabine du Mesnil
Orphée & eurydice,
jeux de regards p. 38
COROT, Orphée ramenant Eurydice des Enfers Histoire racontée par Sabine du Mesnil
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Apollon
ou l’allégresse du dieu Soleil p. 42 REDON, Quadrige
Histoire racontée par Charlotte Grossetête
Héraclès, le colosse aux douze travaux p. 46 PEINTRE DE DIOSPHOS, Héraclès et l’Hydre de Lerne, Histoire racontée par Charlotte Grossetête
Héra
et le paon au musée p. 51
MOREAU, Le paon se plaignant à Junon Histoire racontée par Sabine du Mesnil
Athéna, la déesse aux yeux pers p. 54 KLIMT, Pallas Athéna Histoire racontée par Charlotte Grossetête
Narcisse
ou le reflet mortel p. 59
LE CAR AVAGE, Narcisse Histoire racontée par Charlotte Grossetête
Dionysos & Ariane,
la folle surprise de l’amour p. 64
TITIEN, Bacchus et Ariane Histoire racontée par Charlotte Grossetête
Apollon & Daphné,
le miracle de marbre p. 68
LE BERNIN, Apollon et Daphné Histoire racontée par Sabine du Mesnil
Aphrodite,
fille de l’écume p. 72
BOTTICELLI, La Naissance de Vénus Histoire racontée par Sabine du Mesnil
Thésée
ou le courage de l’homme p. 75
MOSAÏQUE ROMAINE, L’Histoire de Thésée Histoire racontée par Charlotte Grossetête
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Peut-être que tu ouvres ce livre sans avoir jamais entendu parler de
la mythologie grecque ? La mythologie grecque est l’ensemble des histoires et contes fabuleux que les Anciens ont inventés, il y a quelques milliers d’années, pour expliquer le monde, les idées et les sentiments des hommes. Pour eux, si le Soleil se levait le matin, c’est qu’un dieu, Apollon, l’avait porté dans le ciel dès l’aurore, à bord de son char. Si un chef de guerre avait une bonne idée pour vaincre son ennemi, c’est qu’Athéna, déesse de la guerre, de la stratégie et de la raison, l’avait bien inspiré… Dans ces aventures merveilleuses de dieux et de héros, chaque personnage a son histoire faite d’amour, de combats, d’épreuves, de compétition et d’honneur… On y retrouve tous les sentiments propres aux humains : la colère, la jalousie, l’amitié, l’amour, la tristesse, la joie, le désir de vengeance, la haine ou la peur, mais aussi de nombreux traits de caractère comme la ruse, l’intelligence, ou la noblesse de cœur. Ces histoires aidaient les Anciens à comprendre l’homme, et notre civilisation a hérité de toutes ces « connaissances ». Ces légendes étaient connues de tous et aisément identifiables, c’est pourquoi on les retrouve dans l’histoire de l’art, à toutes les époques…
Toi aussi, entre dans l’aventure, bonne lecture ! s se sont s et les légendes grec he yt m les , té ui iq nt la mythologie Inventés dans l’A ain. Ils ont donc, dans m ro de on m le au tre ns da propagés nd mais qui por te un po es rr co r leu i qu nt les noms romaine, un équivale avons choisi d’unifier us no é, cit pli sim de oi s nom. Pour plu grecque. C’es t pourqu n tio di tra la r su s ire ux noms des héros de nos his to même personnage, de un ur po e, qu re liv le de l’œuvre il ar rivera dans , l’autre dans l’intitulé es xt te les ns da un (l’ (ci-contre) cohabi tent de correspondances au ble ta un sé ali ré s d’ar t). Nous avon perdes… pour ne pas que tu te
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À chaque dieu de la mythologie grecque, son équivalent dans la mythologie romaine !
PANTHÉON GREC
ZEUS HÉRA
POSÉÏDON
ATHÉNA HERMÈS
HÉLIOS, APOLLON
ARTÉMIS APHRODITE APOLLON DÉMÉTER
LÉTO HADÈS
HÉPHAÏSTOS DIONYSOS PSYCHÉ ARÈS
PERSÉPHONE ÉROS
HÉRACLÈS
Fonction Dieu suprême Déesse protectrice des femmes Dieu de la mer et des océans
Déesse de la sagesse, de la stratégie militaire, des artisans… Messager des dieux
Personnification du Soleil Déesse de la chasse Déesse de l’amour, de la beauté Dieu des arts
Déesse de l’agriculture Mère d’Artémis et Apollon Maître des Enfers
Dieu du feu et de la forge
PANTHÉON ROMAIN
JUPITER
JUNON
NEPTUNE
MINERVE MERCURE
PHÉBUS APOLLON DIANE VÉNUS
APOLLON CÉRÈS
LATONE PLUTON VULCAIN
Dieu du vin
BACCHUS
Princesse
PSYCHÉ
Dieu de la guerre et de la destruction Fille de Déméter Dieu de l’amour
Héros à la force surhumaine
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MARS
PROSERPINE CUPIDON
HERCULE
ŒDIPE
oU L’IMpLaCabLE dESTIN Œdipe a quitté Corinthe. Voilà plusieurs heures qu’il erre sur les routes avec, pour seuls bagages, ses lances et son grand chapeau de soleil. Il est songeur. La veille, un jeune garçon s’est moqué de lui dans la cour du palais : - Tu n’es pas le fils du roi, le fils de Polybe ! Œdipe veut savoir la vérité, car sa naissance est nimbée de mystère : il a pris le chemin de Delphes pour aller consulter l’oracle. Il a offert des galettes au dieu Apollon et, parmi les pèlerins, il a attendu la Pythie. Soudain, elle a traversé les vapeurs de fumée de laurier et a prononcé ces mots effrayants : - Tu tueras ton père et épouseras ta mère. Assommé par ce qu’il vient d’entendre, Œdipe n’a plus qu’une idée en tête : ne plus retourner à Corinthe. Fuir, fuir le roi Polybe et sa douce épouse, la reine Périboéa. L’air se fait plus chaud à mesure qu’il s’éloigne. Entre les herbes sèches, défilent les petites bornes de pierre. Elles indiquent la direction de Thèbes, plus loin à l’intérieur des terres. Soudain, il fait arrêter son char. Le croisement est étroit et un autre char arrive en face, avec un homme et quatre gardes. L’inconnu ne cède pas la place à Œdipe, fils de roi, et porte la main sur lui ! Œdipe ne se laisse pas faire… L’homme roule, mort, dans le fossé.
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INSPIRATION ANTIQUE Le visage d’Œdipe, son nez, sa peau très claire, se détachent sur le fond sombre, comme les silhouettes sur les vases grecs. Son corps nu évoque les statues antiques. Lorsqu’il réalise ce tableau, Ingres a 28 ans, il séjourne à Rome, et l’Antiquité l’inspire. Il observe les sculptures, les céramiques grecques, et cherche à perfectionner son dessin et ses lignes.
UE INGRES JEA N AUG UST E DOMINIQ du Sphinx, 1808 Œdipe explique l’énigme
Cet incident n’est plus qu’un mauvais souvenir lorsqu’Œdipe arrive aux portes de Thèbes. C’est là qu’un Sphinx, monstre mi-femme, mi-lionne, sème l’épouvante. Il barre l’entrée de la ville et dévore quiconque est incapable de répondre à ses énigmes. Œdipe n’a pas peur. Il passe sa main dans ses boucles brunes, collées par la poussière et la fatigue du voyage, et se dirige vers le rocher d’où le Sphinx surplombe la ville. Le chemin est escarpé, mais Œdipe l’escalade avec aisance. Il est bien décidé à n’entrer dans Thèbes qu’après l’avoir délivrée de la créature. - Alors, Sphinx, dis-moi, quelle est ton énigme ? Athéna, déesse aux yeux étincelants, est avec moi. Je n’ai pas peur ! - Quel être doué de la voix marche à quatre pattes le matin, à deux pattes à midi et à trois pattes le soir ? Œdipe pense à son prénom qui signifie « pied enflé », à ses deux pieds bien ancrés dans le sol, à ses jambes tendues… il pense à son corps d’homme et répond : - C’est l’homme ! Il marche à quatre pattes au matin de sa vie, sur ses deux jambes au soleil de son existence, et s’aide d’une canne pour marcher à la fin de ses jours. C’est la victoire pour Œdipe ! Le Sphinx, qui tendait déjà ses griffes vers le jeune homme, renonce à sa proie. Il déploie ses ailes et se jette dans le vide. Bientôt, des murs de la ville, une foule va sortir pour acclamer son sauveur et le conduire à sa reine, Jocaste. Œdipe l’épousera et deviendra roi de Thèbes ! Sans le savoir, Œdipe a déjà accompli son terrible destin…
<< Pied enflé >> Lorsqu’Œdipe naît, Laïos, son père, prend peur car l’oracle lui a annoncé que son fils le tuerait un jour. Il le confie alors à un berger à qui il donne l’ordre de l’attacher par les pieds avec une corde (d’où son nom « pied enflé ») pour l’exposer aux bêtes sauvages sur le mont Cithéron. Mais l’homme a pitié de l’enfant et le confie à un autre berger venu de Corinthe. Ce dernier confie Œdipe au roi et à la reine de Corinthe, restés sans enfant. Il sera élevé comme leur fils, dans l’ignorance de ses origines. As-tu remarqué ? Sur le tableau, Ingres a fait une « entorse » au mythe en choisissant de ne pas représenter les pieds enflés d’Œdipe, pour que son nu reste proche des critères du beau idéal, et qu’il plaise ainsi aux membres de l’Institut de Paris !
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Les lances d’Œdipe Comme tout jeune Grec, Œdipe a reçu une éduca tion à la fois guerr ière et intellectuelle. Les deux lances sur lesquelles il s’appuie sont symboles de sagesse et de force, les attributs d’Athéna, déesse guerr ière. Contrairement à Arès, dieu de la destr uction, elle ne fait pas usage d’une violence aveugle, mais de justice et d’intelligence. Elle est souvent aux côtés des plus grands héros : Persée, Héraclès, Jason… et leur inspire les ruses et les bonnes décisions.
œdipe face à son destin Le mystère de la naissance d’Œdipe L’homme qui arrive face à Œdipe sur son char et qui lui refuse le passage s’appelle Laïos. C’est lui le véritable père d’Œdipe ! Roi de Thèbes, il se rend en toute hâte voir l’oracle de Delphes pour y apprendre comment sauver sa ville de la peste. Jocaste est l’épouse de Laïos. Après la mor t de ce dernier, elle promet sa main à quiconque sera vainqueur du Sphinx. Voilà comment Œdipe, sans le savoir, tue son père, épouse sa mère et… accomplit les paroles de l’oracle !
Œdipe mène l’enquête Delphes, nombril du monde Dans cette histoire, les chemins se croisent : Œdipe et son père vont, chacun à leur tour, consulter l’oracle de Delphes. À l’époque, les Grecs pensaient que Delphes était le centre du monde ! La Pythie, prêtresse du sanctuaire, donnait la réponse d’Apollon, dieu devin, aux pèlerins venus poser leur question. Elle vivait dans une grotte envahie de fumées de feuilles de laurier brûlées en l’honneur du dieu. VOIR PLUS POUR EN SA d’Apollon. t le symbole 2 Le laurier es d’Apollon p. 4 e sujet l’histoir ce à e lir Va né, p. 69. llon et Daph et celle d’Apo
Lorsqu’Œdipe épouse Jocaste et devient roi de Thèbes, il ignore qu’il a déjà accompli la terrible prédiction. La ville est en paix, le couple royal donne naissance à quatre beaux enfants, dont Antigone. Mais quelques années plus tard, un fléau s’abat à nouveau sur Thèbes. La peste décime tout : les hommes, les récoltes… Œdipe s’engage, une fois encore, à vaincre le fléau. Commence alors une véritable enquête. L’oracle le met sur la piste : Thèbes connaîtra le malheur tant que l’on n’aura pas trouvé et banni le meurtrier de Laïos ! Œdipe va tout faire pour savoir qui est le coupable, sans se douter que c’est de lui qu’il s’agit ! Cette recherche l’amène à découvrir que sa femme, Jocaste, est aussi sa mère. Jocaste est si bouleversée qu’elle se donne la mor t. Œdipe comprend tout, lui aussi. Lui qui aime tant savoir et comprendre, trouve maintenant la vérité plus difficile à suppor ter que la lumière du jour. Il se crève les yeux et prend le chemin de l’exil.
ICARE
OU LE RÊVE DU CIEL - Dédale ! Père ! Pas de réponse, Dédale est loin. Petit point à l’horizon. Dédale n’entend pas – d’ailleurs, personne n’entend. - Dédale ! Déda… Quelque chose a avalé ces mots… c’est l’eau ! Icare a sombré dans la mer. On ne voit plus que ses jambes qui s’agitent en ciseaux à la surface des flots. Puis, plus rien que des plumes sur l’écume. Engloutis, son corps de jeune homme, ses ailes, ses rêves d’oiseau ! Si seulement Icare avait écouté son père… - Ne vole pas trop bas, les flots t’emporteraient ! Ne vole pas trop haut, tu te brûlerais les ailes. Tous deux rêvaient de sortir du Labyrinthe qui les retenait prisonniers. Dédale, jamais à court d’idées, avait trouvé la solution : voler, pour gagner la liberté ! Il façonna un ouvrage de bois et de plumes, avec un simple fil de lin et de la cire parfumée. Entre ses mains habiles naissent deux paires d’ailes aussi belles que celles de l’aigle. Dédale s’envole loin vers les montagnes bleues de Sicile. Mais Icare se laisse griser par son vol, porté par les courants d’air chaud et la curiosité : comment est l’azur, si près du Soleil ? Plus près des dieux ? L’astre brûlant, furieux, fait fondre la cire. La chute est longue. Aussi longue que la course du Soleil du zénith à l’horizon.
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Léonard de Vinci La Joconde, entre 1503 et 1519
La Chute d’Icare, vers 1558
Le titre du tableau est La Chute d’Icare… mais le personnage principal a plutôt l’air d’être le laboureur ! Avec ses larges manches rouge vif et sa place au centre du tableau, il attire le regard. Ce choix du peintre est d’autant plus étonnant que le texte d’Ovide – l’auteur latin du Ier siècle qui nous raconte ce mythe dans son livre Les Métamorphoses – signale bien trois personnages : un laboureur, un berger et un pêcheur. Tous trois, surpris de voir Icare dans les airs, le prennent pour un dieu. Brueghel, lui, choisit de leur faire tourner le dos au héros de l’histoire ! Ce dernier, en mauvaise posture, est relégué à l’arrière-plan du tableau. Sa chute et son sor t semblent n’intéresser personne. Pourquoi cette indifférence ? Brueghel a peut-être voulu dire qu’il vaut mieux garder les pieds sur Terre, à la poursuite de projets sûrs… Cependant, il reste une clé secrète ! À l’époque de Brueghel, les Flandres sont sous occupation espagnole. Icare peut être considéré comme celui qui ose s’échapper d’une situation étouffante et tente, par tous les moyens, de retrouver la liber té !
PIETER BRUEGHEL L’ANCIEN
Pourquoi tant d’indifférence ?
Tout est calme et serein, la chute d’Icare n’a troublé personne. Une perdrix, jusqu’alors cachée, vole autour du laboureur. - As-tu vu Icare ? Et toi, avec ton soc et ta charrue, ne rêves-tu pas du ciel ? Le laboureur ne répond pas. Il découpe le sol comme une étoffe. Il taille un drapé dans les lamelles de terre, belles comme les plis de son vêtement. Le front penché, il ne se laisse pas emporter par la pente ou les projets fous. - Moi, je rêve du ciel pour la pluie, qui fera germer mes semis. Mais j’ai les pieds sur terre, mes projets porteront leurs fruits… La perdrix s’approche du berger. - As-tu vu Icare ? Et toi, planté là dans la terre, ne rêves-tu pas du ciel ? Impassible, le berger tourne le dos au drame. - Moi, pense-t-il, je guette le ciel pour conduire mon troupeau à la lueur des étoiles. Sur quatre pattes, sur deux jambes, nos pas sont plus sûrs… La perdrix se pose enfin sur l’arbre, tout près du pêcheur. Elle se penche à son oreille. - Et toi, si près de l’eau, as-tu vu Icare ? Ne rêves-tu pas du ciel ? Le pêcheur n’a rien vu, ou n’a rien voulu voir. - Moi, j’admire le ciel dans ce grand miroir d’eau. J’aime voir flotter ensemble l’ombre des poissons et celle des oiseaux. Mais je n’ai pas la tête dans les nuages, je pêche pour vivre ! Le silence se fait. Un vaisseau s’élance vers de nouvelles terres à découvrir. Ses voiles, comme des ailes, gonflées par le vent, il glisse sur la mer lisse, confié au souffle du ciel. - Pauvre Icare, personne n’a fait attention à lui ! se dit la perdrix. Personne ne partage ses rêves ? Moi qui vole si bas, pense-t-elle, je le comprends si bien : voler plus vite, plus loin, plus haut, être libre !
Et si la perdrix était aussi un personnage important ? le Dédale avait un neveu nommé Perdrix. Un jour, en regardant l’arête centra être d’un poisson, Perdrix eut l’idée de constr uire une scie ! Dédale, connu pour ionnel, except à la fois inventeur, sculpteur, architecte et forgeron au talent du haut ne suppor ta pas que son apprenti se révèle si inventif. Il voulut le précipiter pauvre du de l’Acropole d’Athènes. Mais Athéna, protec trice des génies, eut pitié t ! jeune homme et le transforma en l’oiseau du même nom, qui s’envola aussitô r, Lorsque Dédale perdit son fils, Icare, Perdrix, qui lui savait voler, vint le nargue d’où sa présence discrète sur le tableau. IR PLUS
VO t POUR EN SA eau ? Elle es x sur le tabl ri rd r. pe eu la ch u Vois-t sus du pê rbre au-des l’a ns da e perché
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icare au cœur passionné tombe du ciel étoilé
VOIR PLUS POUR EN SA ire de Thésée Va lire l’histo aure, p. 75. et du Minot
Icare, 1947
Comment Dédale et Icare se sont-ils retrouvés dans le Labyrinthe inextricable ? Minos, roi de Crète, demande à Dédale de créer un labyrinthe pour y enfermer le Minotaure. Astucieux et ingénieux, Dédale a tellement bien travaillé qu’il est le seul à être capable d’en sor tir ! Il fournit à une jeune fille, Ariane, la pelote de fil qui permet à Thésée de sor tir vivant du Labyrinthe après avoir tué le Minotaure. La colère de Minos est sans appel : il fait emprisonner Dédale et son fils dans le Labyrinthe. C’est alors que le génie de Dédale se révèle une fois de plus ! Il assemble des plumes, de la plus cour te à la plus longue, les unes avec de la cire, les autres avec du fil de lin, et leur donne la courbe des ailes d’oiseaux. Il réussit à s’échapper et à rejoindre la Sicile. Le mot « dédale » évoque encore de nos jours, les méandres d’une ville ou d’un espace dans lequel on se sent perdu et comme… prisonnier !
HENRI MATISSE
Un vrai dédale !
Vu par Henri Matisse (1869-1954), Icare se détache, fine silhouette noire sur des morceaux de papier bleu cobalt. C’est ainsi que le peintre imaginait Icare : dansant dans le ciel, prenant plaisir à réaliser des figures acrobatiques ! L’artiste réalisa ce travail en 1947 pour l’ouvrage Jazz, qui s’intitula d’abord Cirque, et dont la première planche était celle d’un clown. Cette « gouache découpée » fut ensuite reproduite avec la technique du pochoir. Cette œuvre marque un tournant dans l’art de Matisse qui se concentrera à la fin de sa vie sur les découpages, imaginant d’abord ses « couleurs sculptées » en plaçant d’abord les morceaux de papier sur les murs de sa propre chambre !
20 chefs-d’œuvre de l’histoire de l’art, racontés en histoires, pour faire découvrir aux enfants les grands héros et les dieux les plus célèbres de la mythologie grecque. Ulysse, Ariane, Œdipe, Athéna, Apollon, Aphrodite, Narcisse, Perséphone, Héraclès… partent à l’aventure, vers leur destin. Tableaux, sculptures, enluminures, mosaïques et objets d’art s’animent sous les doigts des artistes les plus célèbres comme Le Caravage, Ingres, Klimt ou Matisse… et entraînent avec eux tous ceux qui veulent rêver.
16,90 € TTC France www.fleuruseditions.com