Maths : 3/20
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Anglais : 2/20
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0 Éducation civique : 4/2tou jours t Bon sens du devoir. S’en tien
à la même note : 4/20.
Français : 1/20
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Appréciation globale :
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AL D’UN CANCR N R U E JO C’est qui le dernier ?
Photo de couverture : © Schutterstock, Halfpoint Illustrations de couverture : Paul Beaupère Illustrations intérieures : Paul Beaupère
Direction : Guillaume Arnaud Direction éditoriale : Sarah Malherbe Édition : Claire Renaud, assistée de Sanandra Collard Direction artistique : Élisabeth Hebert Mise en pages : Text’Oh ! Fabrication : Thierry Dubus, Sabine Marioni © Fleurus, 2016, 15-27 rue Moussorgski, 75018 Paris Site : www.fleuruseditions.com ISBN : 978-2-2151-3157-1 Code MDS : 652 477 N° d’édition : 16209 Achevé d’imprimer en août 2016 par Lego, Italie Dépôt légal : septembre 2016 Tous droits réservés pour tous pays. « Loi n° 49-956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse. »
PAUL BEAUPÈRE
J
D’UN CANC L A N R RE OU C’est qui le dernier ?
1 DES HOSTILITÉ E S I R P S RE
Demain, je serai comme un cochon à la foire du boudin, comme une dinde à Noël, comme un lapin à l’ouverture de la chasse, comme un œuf le jour de Pâques, demain, c’est la rentrée des classes, celle de janvier. Il n’y a rien à ajouter, tout le reste n’est que littérature !
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JOURNAL D’UN CANCRE
Bonnes résolutions à tenir en cette nouvelle année pour mieux réussir mes études et ma vie • Ne plus rêvé en classe, ni dormir au fond sur ma chèse. • Ne plus parler avec mes camarades, ne plus leur répondre. • Ne plus copié sur le voisin, ni sur mes voisines, même en cas d'urgence. • Ne plus arrivé en retard à l'école, ni être obligé de courir pour cause de lever trop tardif. • Ne plus creusé des trou dans les mur du collège ! Ni ailleurs d'ailleurs ! • Apprendre mes leçon le soir même (ou le lendemain les soirs où il y a trop de travail, ou peut-être deux ou trois jours après, mais en tout cas les apprendre. Dans le pire des cas, au moins ouvrir le cahier). • Préparé mon cartable la veille ! (Et ne rien oublier.) • Ne pas être collé plus d'une fois ce trimestre ! (Si c'est par madame Trévidic ou monsieur Tomate, ça ne compte pas.) • Ne pas faire explosé le collège (même si finalement ce n'été pas vraiment moi la première foi). • Ne plus cassé ni bras ni jambes des membre du personel enseignant. • Veillé à ne pas utilisé du permanganate de potassium pour éteindre les incendie. • Tout faire pour passer en cinquième ! 6
2 UNE MINUTE E R O C N , E IEUR LE BOURREAU S N O M – Monsieur Guillaume Planchet ! Levez-vous ! – Oui monsieur le proviseur. – Pour avoir abîmé la langue française, pour n’avoir pas su conjuguer correctement le verbe « bouillir », pour ignorer avec superbe et arrogance l’accord du participe passé et celui des mots composés, pour refuser de mettre deux « c » à accrocher, pour avoir mis deux « l » à « poule », pour continuer quotidiennement à mépriser tous les subjectifs de la terre, pour toutes ces raisons, en plus du désespoir que vous avez fait naître dans le cœur d’airain de votre professeur de français, vous êtes condamné à la peine capitale ! Vous serez soumis, durant les sept années à venir, et cela sans boire ni manger, à la dictée la plus longue de l’histoire de l’humanité ! Vous écrirez sans discontinuer, sous l’autorité bienveillante de madame Trévidic : nous vous infligeons sept ans d’orthographe ! Puissent les dieux des lettres et de notre belle langue française avoir pitié de votre écriture et vous assister dans
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JOURNAL D’UN CANCRE
cette épreuve ! Surveillants, emmenez le prisonnier ! Qu’il disparaisse à nos yeux et ne revoie la lumière du jour que quand il en sera digne ! – Non ! Non ! S’il vous plaît ! Pitié ! Pas ça ! Pas madame Trévidic, pas la dictée ! Pas l’orthographe ! S’il vous plaît ! Je jure de faire des efforts, de faire mon lit, de vider le lave vaisselle ! Je promets d’apprendre mes leçons, de dire bonjour et merci ! Mais pas la dictée ! Pitié, vous savez très bien que personne n’y a jamais survécu ! Je veux bien faire des maths, apprendre des verbes irréguliers anglais, disséquer des grenouilles, je veux bien apprendre le latin et le grec, et l’allemand et faire de la flûte en plastique… Mais pas la dictée ! – Taisez-vous Planchet ! Il fallait y réfléchir avant ! Il n’est plus temps de regretter, il est temps d’expier ! Du haut de son estrade, à l’abri derrière son bureau, le proviseur Louverture est comme Dieu sur son nuage. À ses côtés, les professeurs sont assis bien sagement et forment un demi-cercle qui se referme autour de moi comme les mâchoires d’un piège d’acier autour de la patte d’un lapin blessé ! Derrière moi il y a monsieur Lechat, le surveillant le plus sadique de l’histoire des surveillants depuis que les surveillants surveillent. Il vient de déposer sur ma tête l’infamant bonnet d’âne, afin que nul n’ignore ma condition de mauvais élève. « Je suis un cancre », proclament les lettres rouges qui s’allument et clignotent sur mon couvre-chef ! Parmi les professeurs, je vois bien que tous ne sont pas aussi sévères, certains semblent même regretter ma condamnation,
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Encore une minute, monsieur le bourreau
mais d’autres jubilent. Madame Trévidic, ma prof de français, et monsieur Tomate, mon prof de maths, sont au comble de la joie. Une petite larme coule doucement le long de la joue de madame Trévidic, sans même qu’elle cherche à la dissimuler. Une larme de joie. – C’est le plus beau jour de ma vie ! murmure-t-elle au professeur Tomate qui lui tient la main et la tapote avec l’air ravi d’un phoque qui vient de recevoir son hareng. Plus rouge encore qu’à son habitude, le professeur de mathématiques est cramoisi, il vire au pourpre et le sourire béat qui illumine son visage est la seule réponse qu’il peut donner à sa collègue ! Ces deux-là me regardent partir vers mon supplice avec la certitude du devoir accompli ! Driiiiiiiiinnnnnnngggggggg ! C’est à ce moment-là que le réveil sonne ! Je fais un bond avant de l’éteindre. Ouf, ce n’était qu’un cauchemar ! Un coup d’œil sur le cadran : c’est bon, j’ai du temps, il n’est que… Quoi ! Il est déjà 8 h 30 ! Je suis en retard, dans une demi-heure, les cours commencent ! Je bondis hors de mon lit, je plonge dans mon armoire, saute dans un pantalon, glisse dans un tee-shirt, me faufile dans des chaussettes, me réfugie dans un pull : 8 h 37 ! Heureusement, hier soir j’avais préparé mon sac. Je descends les escaliers tout en tentant de lacer des baskets qui refusent de collaborer ! 8 h 39. – Bonjour Guillaume !
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JOURNAL D’UN CANCRE
– S’lut m’man, d’solé, en r’tard ! Pas l’temps. – Prends quand même un petit déjeuner ! Comment veux-tu bien travailler avec le ventre vide ? 8 h 41… Mais comment lui dire que je ne veux pas « bien travailler », je ne veux pas travailler du tout, je voudrais juste être le plus jeune retraité du monde et ne rien faire. En moins de deux minutes s’étalent devant moi dix tartines, rangées sur deux files, cinq confiture de fraise, cinq beurre miel… 8 h 43. Je viens de battre le record du monde du plus grand nombre de tartines avalées en moins de deux minutes ! J’ai les joues d’un hamster qui cache des noisettes, l’estomac comme une enclume et les yeux vissés sur la pendule ! 8 h 45. – M’man, j’dois y aller ! J’chuis r’tard ! – Tu m’embrasses pas ? – M’man ! – Tu ne peux pas y aller comme ça ! – M’man ! Pas l’temps ! Merchi je file ! 8 h 47. Dans treize minutes, la sonnerie résonnera dans la cour du collège, dans treize minutes, monsieur Lechat fermera les grilles au nez des retardataires, pour mieux leur distribuer des billets de retard et des heures de colle ! Dans moins de treize minutes, je devrais avoir parcouru un trajet qui d’ordinaire
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Encore une minute, monsieur le bourreau
m’en prend au moins dix-huit ! Je suis presque mort ! Dans treize minutes commence mon enterrement. 8 h 52. J’ai le bon rythme ! Je cours comme jamais je n’ai couru de ma vie ! Je me force à respirer à fond ! Je vais réussir ! Monsieur Lechat ne m’aura pas aujourd’hui ! Je suis un gagnant ! 8 h 54. Je vais mourir, j’ai un point de côté, je suis obligé de ralentir ! Le froid me fait pleurer les yeux, à moins que ce ne soit pas le froid. 8 h 55. Je n’ai plus de souffle, je vois trouble, j’ai mal aux jambes, dans mon estomac les tartines font un combat de catch, mais je continue à courir ! Heureusement que mon sac est léger aujourd’hui, sinon, je ne sais pas comment j’aurais fait… Mon sac ! J’ai oublié mon sac ! Pas de livre, pas de cahier, pas de trousse ! Je stoppe net, plus la peine de courir, je suis mort ! En retard le premier jour… Maintenant c’est sûr, il n’y a pas que le froid qui fait couler mes yeux ! 8 h 58. – Monte vite bêta, je t’ai apporté ton sac, je te dépose ! La voiture de papa s’est arrêtée à côté de moi. Il me sourit par la fenêtre ouverte. Avec un peu de chance, on va arriver à l’heure. 9 h ! Monsieur Lechat commence à refermer les grilles, je passe le dernier, mais je passe, je suis à l’heure ! J’ai mon sac.
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JOURNAL D’UN CANCRE
– Salut Guillaume, ça roule ? Derrière moi se tient Jeanne. Elle est dans ma classe, mais je ne lui ai jamais parlé. Elle est toujours habillée tout en noir, ses ongles, ses cheveux, ses yeux, son cartable, ses cahiers, ses crayons, même sa gomme, chez elle tout est noir. Elle a accroché des épingles à nourrice et des clous partout dans ses vêtements, elle traverse le monde juchée sur des chaussures aux semelles aussi épaisses que des dictionnaires, comme si elle ne voulait pas vraiment toucher terre ! Elle me fait un peu peur, mais je crois que je l’aime bien aussi. – Ça va, ça va ! Juste un peu à la bourre ! Elle regarde mes yeux encore rouges et mes joues humides que j’essuie maladroitement. – Bonne année Guillaume ! T’fais pas d’bile, ajoute-t-elle en s’éloignant, t’es pas l’seul, ça roule ! Mais dans ce sac de tanches, y a quand même des perles ! J’t’assure, t’es pas tout seul ! Elle dit souvent des phrases un peu curieuses Jeanne, elle oublie des lettres et utilise des mots que l’on n’est pas toujours sûr d’avoir bien compris. Ce matin, je vois qu’il y a du noir qui a coulé au coin de ses yeux. Elle aussi elle a eu très froid sur le chemin de l’école. Froid aux mains, et au cœur aussi.
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Encore une minute, monsieur le bourreau
L’ORTHOGRAPHE OU LA MORT
RÉPUBLIQUE DE LA GRAMMAIRE, DE L’ORTHOGRAPHE ET DE LA SYNTAXE
JUGEMENT DE LA COMMISSION DES FAUTES, ERREURS ET CRIMES COMMIS À L’ENCONTRE DE NOTRE LANGUE ET DE SON INÉGALABLE BEAUTÉ
Le tribunal se réserve le droit de prolonger la condamnation chaque nouvelle année si les résultats des efforts engagés ne sont pas jugés suffisants ! En outre, seront montrés au public les cahiers de classe et autres copies de français, afin de couvrir de honte le sieur Planchet, mais aussi de plonger le bon peuple dans la stupeur et l’étonnement.
Par les représentants du peuple des lettres, qui condamnent à sept années de dictée continue le sieur Guillaume Planchet, élève de sixième 4 au collège Marcel Tassombier, cancre de son état, réfractaire aux bons conseils de ses maîtres, pourfendeur des usages orthographiques, ignorant des bonnes manières grammaticales. Il sera en outre demandé au sieur Planchet de recopier le dictionnaire en intégralité, de conjuguer tous les verbes à tous les temps de tous les modes et cela écrit en rose sur du papier bleu ; il devra prouver son amendement à sa langue maternelle en récitant quelque cent cinquante poésies qu’il aura pris grand soin d’apprendre pendant ces sept années.
Ainsi en a-t-il été décidé par nous, monsieur Louverture proviseur, madame Trévidic professeur, monsieur Tomate professeur, et monsieur Lechat surveillant ! La peine sera exécutée entre les murs de l’établissement Marcel- Tassombier.
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3 Y A DU NOUVEAU !
Vous l’avez compris, les vacances de Noël sont finies, les cadeaux déballés, les aiguilles du sapin tombées, la bûche est digérée, une année nouvelle commence, plus que six mois avant les grandes vacances ! Mais qui sera encore vivant dans six mois, deux bulletins trimestriels, deux conseils de classe, des dizaines d’interros en tous genres, des devoirs sadiques, des milliers d’occasions de faire des erreurs et des fautes d’orthographe ? Qui peut prétendre tenir six mois sans être tué au moins une fois par monsieur Lechat, sans être décapité deux ou trois fois par madame Trévidic ou fusillé par une démonstration mathématique de monsieur Tomate… Frères collégiens qui après moi vivez, ayez pitié de moi ! Me voilà donc in extremis dans la cour à attendre que notre professeur nous fasse monter en classe.
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JOURNAL D’UN CANCRE
En première heure, biologie, un cours où l’on n’est pas obligé d’être réveillé, en deuxième heure musique, un cours formidable pour se rendormir, et après, anglais… Là, c’est sûr, même très réveillé et sur ses gardes, les ennuis commencent. Je retrouve Romain avec plaisir, mais aussi avec un peu d’inquiétude. Il a grossi, et Romain, il n’a pas le droit de grossir. La dernière fois qu’il s’est laissé aller à prendre du poids, il a failli éclater ! En lui souhaitant la bonne année je me dis que pour lui ça ne va pas être facile tous les jours ! – C’est la faute à la bûche ! dit-il en se massant le ventre. Moi je ne voulais pas… mais elle a sauté direct dans mon assiette ! De là, elle a filé sur ma cuillère, j’ai rien pu faire ! Je suis victime d’un complot glucido-lipidique qui vise à m’anéantir ! Mais ne t’inquiète pas, je résiste ! Elle ne doit pas être terrible sa résistance : ce pauvre Romain a repris la moitié des kilos perdus il y a deux mois ! Et je suis sûr que dans sa poche se cache un de ses sandwichs dont il a le secret. Du genre : crevettes, mayonnaise, thon, saumon, fromage de chèvre et moutarde, ou alors jambon, confiture de fraise, cornichons, gruyère, et pêches au sirop ! Je suis alors percuté par un boulet de canon à roulettes. – Salut Guillaume, bonne année ! Debout sur un skateboard flambant neuf, Maxime fait une arrivée fracassante !
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Y a du nouveau !
– Eh, visez l’engin ! Cadeau de ma grand-mère ! C’est le même que celui du champion du monde ! Tu pousses trois fois, tu roules jusqu’en Chine ! – Ce n’est pas la Chine ici ! Alors, soit vous ramassez votre planche, soit c’est moi qui le fais et vous ne la reverrez qu’en juin ! Le rugissement qui vient de nous crever les tympans et d’achever de nous réveiller, c’est la voix si douce et si amicale de monsieur Lechat, le surveillant en chef du collège ! Il est aussi surnommé « La Bête ». Du chat, il a les griffes, le déplacement silencieux, la moustache et l’œil perçant, mais personne ne l’a jamais entendu ronronner, ni parler doucement, ni dire un mot gentil, ni être aimable. Au collège personne ne l’aime, mais ça lui est bien égal, il ne nous aime pas non plus. – Bonne année quand même monsieur, lui dit Max. – Êtes-vous si sûr de savoir ce que vous me souhaitez ? demande monsieur Lechat à Max. Savez-vous ce qu’est une bonne année pour moi ? Une bonne année, ce serait une année où vous reviendriez en colle tous les mercredis, une année où vous pleureriez chaque jour pour ne pas aller à l’école, une année que vous finiriez en redoublant, voilà ce que serait une bonne année pour moi ! Alors… Toujours partant pour me souhaiter une bonne année ? Bonne année par-ci, bonne année par-là… Je vais vous en faire voir moi, des bonnes années, grommelle le surveillant en s’éloignant… – Bonne année Guillaume, tu as bien reçu ma lettre ?
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JOURNAL D’UN CANCRE
Cette voix-là, douce comme du miel, c’est le soleil qui se lève dans la nuit, c’est le phare qui indique le port, c’est comme une glace à la vanille un jour d’été ou un bonnet de laine un jour d’hiver, cette voix-là, c’est celle de Lucile ! Attention, n’allez pas vous faire des idées idiotes ! Lucile, c’est juste une super amie, pas plus ! C’est notre déléguée, elle est hyper forte en classe et toujours prête à aider les autres, et ça tombe bien, parce que moi en classe, j’ai vraiment besoin qu’on m’aide. Et là, Lucile m’a juste sauvé la vie ! Le dernier jour de classe, avant les vacances, madame Trévidic, la prof de français, m’a donné cinquante exercices de grammaire à faire pour la rentrée. Pour moi, faire un exercice de grammaire c’est un peu comme enfiler des chaussettes à un troupeau de mille-pattes enragés, ou compter les taches d’un dalmatien qui passe à deux cents à l’heure dans une Ferrari… Mission impossible ! Je ne comprends rien à la grammaire, les COD se mélangent avec les COI qui se confondent avec les CCL, CCM, et autres CC trucs ! Les exos, c’est Lucile qui les a faits, elle me les a envoyés, je n’ai eu qu’à les recopier. Le prof de maths m’a lui aussi donné cinquante exercices et c’est Benoit qui me les a rendus avant les vacances. Benoit, il a déjà fait tous les exos de tous les livres ! Ces deux-là, je leur dois la vie ! Comme chaque matin, Benoit est là avant tout le monde. Il attend que les portes s’ouvrent pour être le premier à entrer
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Y a du nouveau !
dans la classe et s’asseoir au premier rang, comme il se doit pour un premier de classe. Les files se forment. Nous sommes bientôt tous devant le petit panneau « sixième 4 ». – C’est qui celui-là ? Naïla est juste derrière moi et de son index elle me désigne un grand blond qui vient s’installer dans notre file. – Chais pas… Jamais vu ! Pourtant le garçon est difficile à rater ! C’est une sorte de Viking géant qui dépasse d’une tête tous les élèves de la classe. Un bûcheron descendu d’une lointaine montagne du Nord, un gaillard aux épaules aussi larges que hautes, un demi-dieu de passage sur terre. Le nouveau vient de se placer tranquillement au premier rang, repoussant Benoit d’une place, le couvrant de honte et de son ombre. – Mais il se prend pour qui ? demande Estéban qui, jusquelà, était le plus costaud de la classe. – Je ne sais pas qui il est, je ne sais pas pour qui il se prend, mais je compte bien le découvrir ! dit Naïla les yeux brillants. – C’est pas sûr qu’il soit complètement nase, le genre girolle à crampons ou crème d’andouille, dit Jeanne. Si ça s’trouve il n’est pas ultra débile et y aura du bon à prendre ! – Et puis faut être gentil avec les nouveaux ! ajoute Lucile. Bientôt, toutes les filles de la classe se massent juste derrière le nouveau, éjectant du coup Benoit qui pour la première fois de sa vie se retrouve dans les derniers rangs !
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JOURNAL D’UN CANCRE
– Oh, regarde là, dans les rangs de la sixième 3 ! Le même ! Il y a le même ! Le Viking existe en deux exemplaires ! En disant cela, Estéban se tasse un peu plus sur lui-même. Lutter contre un géant, il aurait pu, mais contre deux… impossible. – Des jumeaux ! Le nouveau est deux ! Tu parles d’un truc ! (Tout en finissant sa phrase, Romain sort un sandwich de sa poche.) Les surprises, ajoute-t-il, moi ça me donne faim ! D’un coup de dent, il prend une bouchée qui suffirait à nourrir trois Naïla pendant six semaines. – Allez, filenfe dans les rangs ! Fous montez en claffe fans bruits ! En classe, monsieur Labeau, notre professeur de biologie, nous présente le nouveau : – Ve vous prévente Albert, il arrive de l’étranver où il a vécu plufieurs années, et ve vous demande de l’accueillir faleureuvement ! Accueillir Albert, nous, on ne serait pas contre. Mais Albert ne semble pas être du genre très liant. Il ne parle à personne, ne nous répond pas, et en classe il reste imperturbable, les yeux rivés sur le professeur ou le tableau. À la fin de la matinée, personne n’a pu en tirer un mot. Mais comme Albert a répondu à presque toutes les questions des professeurs et qu’en musique il a chanté comme un dieu, la seule chose que l’on sache de lui, c’est qu’il n’est pas muet !
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Y a du nouveau !
– Ben si son frère est du même genre, c’est pas avec eux qu’on va refaire le monde, dit Lucile en se dirigeant vers la cantine. Faire la queue à la cantine, ce n’est pas drôle. On attend toujours trop longtemps. Celui qui est juste devant vous prend systématiquement le yaourt au café (celui que l’on veut), alors que c’est le dernier et que les autres, ils sont vraiment pas bons, surtout les au chocolat qui ont goût d’algue, et ceux d’à côté, ceux à la fraise qui ont un goût de… fraise. Même que la fraise c’est pas bon, sauf quand ce n’est pas en yaourt, parce que les fraises quand c’est des vraies fraises c’est quand même hyper bon, mais ça de toute façon, y en a jamais à la cantine ! Et il faut choisir entre un poisson qui semble avoir été pêché par un contemporain de Jules César, une viande qui a dû être nourrie au béton pour être si dure et un plat de nouilles qui à force d’être réchauffé ne ressemble plus à grand-chose, en tout cas, pas à des pâtes ! Avec les jumeaux devant moi, c’est encore pire, j’ai l’impression de vivre deux fois la même scène, l’impression que tout se répète et que la vie avance au ralenti ! C’est quand même mon jour de chance : aujourd’hui il reste trois yaourts au café ! Même si les deux Vikings en prennent chacun un, il en restera un pour moi. En fait, c’est ce que je croyais. Jusqu’à ce que…
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JOURNAL D’UN CANCRE
Menu de la semaine du 5 au 9 Janvier : Collège Marcel-Tassembier LUNDI
MARDI
JEUDI
Sij'avraiment i faim
Je ne veux ? pas mourir Salade grecque ENTRÉES
ou Salade verte
Betteraves ou Endives
Carottes râpées
Salade mikado
ou
ou
Salade de
Salade de
tomates
betteraves
Beurk Émincé de Émincé de dinde PLATS
ou Steak haché
VENDREDI
Encore ?
la blague
Colin sauce
veau sauce
Courgettes
basque
champignon
farcies
ou
ou
ou
Pâtes à la
Pizza
Poulet
bolognaise
ça va pas non ? Gratin de
GARNITURES
courgettes ou Frites
SUPER !
Yaourt parfumé DESSERTS
ou Pommes t ll e si de ecshevzienpanpean
JAMAIS Riz ou Frites
Salade verte
les deux
ou
ou Frites
Yaourt aux fruits
Fromage blanc
ou Bananes
c'est bon me ça ! gi ré on m pour 22
Salade verte
Frites
super !
Encubes dale ns Poire ou
plutot mourir
encore
Glace
x2
ou Fruits au sirop
Maths : 3/20
, ce serait vrait compter les moutons De . sse cla en nt ve sou ! rt Do à faire des mathématiques r nce me com ur po ut déb toujours un bon
Anglais : 2/20
ofondément Loch Ness : s’immerge pr du tre ns mo au ble ra pa Élève com sonne ! git que lorsque la cloche ur res ne , rs cou les t an pend
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Appréciation globale :
se confirme ! Cet élève est un cancre, ça
tame Guillaume Planchet en e . 6 de e tr es im tr e ièm ux son de remontent pas, Attention : ses notes ne , les heures de colle ux ite m la ca rs ou uj to t son bulletin es bêtises sont légions. s le , le el p la à nt se se ramas
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