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l y a des magazines qu’on feuillette distraitement entre deux notifications. Et puis il y a ceux qu’on garde à portée de main parce qu’ils donnent immédiatement envie de sortir, réserver une table, écouter un nouvel artiste, prendre un billet d’avion ou refaire toute sa déco intérieure à 2h du matin. Clairement, ce numéro appartient à cette deuxième catégorie.
Dans ces pages, on passe d’un Porto ultra-addictif à l’effervescence créative du Salone del Mobile de Milan, où le design devient plus sensoriel, plus émotionnel et carrément immersif. On plonge aussi dans l’univers de Watches & Wonders à Genève, où l’horlogerie continue de transformer le luxe en objet de désir absolu, sans jamais perdre son élégance froide.
Côté culture, ça bouge fort aussi. On rencontre le collectif La Concierge, qui transforme les Rotondes en véritable safe place arty et underground, loin des expositions figées et silencieuses. On échange avec Ian De Toffoli autour d’un roman qui mélange éco-anxiété, politique et littérature en refusant les réponses faciles. Et puis il y a Eva Marija, révélée à l’Eurovision, qui démonte en quelques minutes tous les clichés qu’on pouvait avoir sur elle. Comme quoi, les bonnes surprises existent encore.
La musique n’est jamais loin non plus avec Anya, DJ luxembourgeoise installée à Barcelone, qui préfère les vraies émotions aux artifices Instagram. Pendant ce temps, Jules Péan continue de transformer des matériaux improbables en objets design fascinants, preuve que la nouvelle génération créative luxembourgeoise n’a clairement plus envie de demander la permission. Et parce qu’un bon magazine lifestyle sans food, ce serait franchement triste, on vous emmène aussi découvrir des spots qui méritent votre prochain dîner : Smash burgers ultragourmands chez Charles Sandwiches, coffee shop branché à la frontière, guinguette estivale au Kirchberg ou encore gastronomie italienne raffinée à Esch-sur-Alzette.
Ajoutez à ça une BMW iX3 futuriste sans mode d’emploi, des playlists, des snapshots, quelques obsessions très personnelles et suffisamment de bonnes adresses pour ruiner votre budget sorties… et vous obtenez un numéro qui ressemble finalement beaucoup à l’époque actuelle : intense, inspiré, bordélique parfois, mais jamais ennuyant.
Bonne lecture. Et surtout : sortez un peu. Il se passe des choses.
OURS
Direction
Maria Pietrangeli
Directeur de la publication
Kevin Martin
Rédacteurs
Claire De la Vallée | Magali Eylenbosch
Julie Kieffer | Kevin Martin
Carl Neyroud | Fabien Rodrigues
Karine Sitarz | Sébastien Vécrin
Directrice artistique
Dorothée Dillenschneider
Directrice commerciale
Julie Kieffer
Conseillers en communication
Aymeric Grosjean | Kevin Martin
Photographe cover
Sarah Louise Bennett
Toute reproduction de ce magazine, même partielle, est interdite.
Société éditrice WAT éditions Sàrl
74, rue Ermesinde L-1469 Luxembourg
Tél.: +352 26 20 16 20
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20 000 exemplaires
Magazine trimestriel

COUVERTURE #96
Chanteuse, autrice-compositrice, multi-instrumentiste, représentante du Luxembourg à l’Eurovision 2026 : Eva Marija avance vite, mais jamais au hasard. À seulement vingt ans, elle enchaîne les scènes, les projets et les millions d’écoutes avec une maturité rare. Révélée au grand public avec Mother Nature, elle défend une musique sincère, organique et profondément personnelle. Entre études à Londres, signature sur un label berlinois et ambitions internationales, l’artiste trace sa route avec détermination. À l’occasion de notre rencontre, elle revient sans filtre sur l’Eurovision, les coulisses de l’industrie musicale, les réseaux sociaux, ses inspirations et les défis qui l’attendent. Une cover libre, ambitieuse et intensément vivante. Comme elle.
SITE
Retrouvez-nous tous les jours sur notre site www.boldmagazine.lu et sur notre newsletter pour un condensé de l’actualité culture et lifestyle au Luxembourg et dans la Grande Région.
RÉSEAUX SOCIAUX
boldmagazine.lux Bold magazine
CULTURE
BOOK.06
LÉA FACE AU MONSTRE
MUSIC.08 LAST NIGHT
ANYA SAVED MY LIFE
PLAYLIST.12
INTERVIEW.14
EVA MARIJA : ÈVA LÈVE-TOI
DIARY.20

ARTY.32
LA CONCIERGE VEUT
UNE SAFE PLACE POUR FAIRE LA TEUF
TRENDS
SOCIETY

SPOTTED.40 COMFY IS THE NEW COOL IT LIST.52
STORY TIME.62

DESIGN.36 À MILAN, LE DESIGN DEVIENT UNE EXPÉRIENCE

CRASH TEST.64
FOOD.68
CITY TRIP.72
PORTO, VERSION ULTRA ADDICTIVE

SMART KIDS ON THE BLOCK.54
JULES PÉAN : PETIT PRINCE DU CAILLOU DEVIENDRA GRAND

FOCUS.58
WATCHES & WONDERS 2026 : GENÈVE RÈGLE L’HEURE DU DÉSIR
SNAPSHOT.78



Entre tragédie antique, enquête politico-industrielle et vertige écologique, Léa ou la théorie des systèmes complexes transforme l’angoisse climatique en matière littéraire. Un roman incandescent, récompensé par le Prix Servais, qui refuse les certitudes confortables.
Ian De Toffoli n’écrit pas des romans qui tiennent sagement en laisse. L’écrivain, dramaturge et universitaire luxembourgeois, né en 1981 dans une famille italoluxembourgeoise, construit depuis plusieurs années une œuvre où théâtre, pensée politique et littérature avancent ensemble, comme trois plaques tectoniques qui finissent forcément par produire des secousses, selon sceneweb.fr. Avec Léa ou la théorie des systèmes complexes, récemment récompensé par le Prix Servais, il pousse encore plus loin cette collision des genres : une enquête tentaculaire sur l’empire Koch, un chant tragique sur l’éco-anxiété contemporaine et une plongée dans les coulisses bien repassées du capitalisme moderne.
Votre roman commence par Émilie Arras, une victime « secondaire ». Aviez-vous besoin que la première vraie présence humaine soit quelqu’un que le système ne voit pas ?
Oui. Quelqu’un qui est absolument en dehors du système, quelqu’un qui devient un dommage collatéral, dont le système s’en fout, pour le dire vulgairement. Mais j’avais également besoin de cette victime pour construire un roman et un personnage de Léa qui soit un peu plus trouble, et pas seulement une héroïne militante, activiste, à qui tout réussit et qui œuvre pour un meilleur monde. Ce roman veut montrer ce qui peut se passer dans un futur proche si des fronts se durcissent. Si rien ne bouge, si personne ne cède, il risque d’y avoir des victimes au milieu. Ceux qui n’ont rien demandé, ceux qui essayent de vivre tant bien que mal leur vie.
Léa ressent le vivant avant de le penser. Vouliez-vous écrire une conscience écologique nerveuse, sensorielle, presque maladive ?
Oui. Il ne faut vraiment pas voir Léa comme un personnage réaliste. Elle est souvent décrite comme une figure semi-mythologique. Elle est presque plus un principe qu’un personnage. Sa façon de ressentir la crise et l’urgence écologique est instinctive, sensorielle. Elle n’est pas du tout rationnelle. Ce sont comme des crampes, des crispations du corps. Elle est une force de la nature, un peu comme si elle en sortait. Elle hésite, elle a envie de s’engager, mais pas comme le fait Extinction Rebellion. Elle cherche d’autres moyens, elle n’en trouve pas et elle glisse dans quelque chose de plus dangereux. Le livre n’est pas un manuel, il est allégorique.

Pourquoi montrer que le désastre climatique a aussi une histoire familiale, médiatique et narrative ?
Mon envie de raconter l’origine de cette famille est presque métonymique, dans le sens où je raconte à travers cette famille l’histoire de l’industrie pétrolière tout entière. L’enthousiasme des débuts, quand on découvre cette matière organique qu’est le pétrole, les avancées incroyables qui ont lieu à ce moment-là. Puis le côté pervers, quand on découvre à quel point ça peut amener des richesses et de la prospérité, quand on devient prêt à tout pour s’enrichir, quand on fait des pactes avec le diable, comme le fait la deuxième génération, quand Fred travaille pour Hitler, pour Staline. Jusqu’à aujourd’hui, le pétrole
a un tel pouvoir que ces entreprises sont inattaquables, qu’aucun politicien n’ose leur mettre un frein. Ils sont devenus intouchables, comme s’ils dirigeaient le monde.
Le roman est dur avec Koch Industries, mais aussi avec Léa. Cherchiez-vous à éviter le confort moral du « camp du bien » ?
Oui. Léa vient aussi d’un milieu très confortable, consciente que toute sa vie, elle en a profité, justement, de la suite des Trente Glorieuses, de ce que le pétrole a pu ramener comme prospérité à l’Occident ou au monde entier depuis le XXe siècle. Peindre les uns comme les mauvais et les autres comme les bons est un peu compliqué, et un peu didactique. J’essaie de ne pas exactement faire cela. Les Koch sont parfois « portraiturés » comme des gens avec de l’humanité, avec une famille, qui tentent de bien faire, qui suivent la logique américaine du self-made man. Et Léa est une fille qui erre, qui se trompe, qui se fourvoie, qui entre dans un radicalisme têtu dont elle ne peut pas se défaire.
Pourquoi faire glisser l’enquête documentaire vers l’imaginaire du monstre ?
Sinon, j’aurais fait un reportage journalistique. Le livre tient déjà beaucoup d’un reportage. C’était un travail de recherche qui a duré plusieurs années. Pour faire un travail littéraire, il me fallait trouver autre chose. Cette autre chose se trouve dans la forme : un récit écrit en vers et extrêmement rythmé, presque un chant antique. Léa n’est pas un personnage réaliste, mais presque une force mythologique. Et les Koch transformés en monstres répondent à cette envie-là : un parallèle avec ces histoires antiques où des demi-dieux affrontent des monstres, comme Hercule contre l’Hydre de Lerne. Dans un sens, Léa, c’est un peu cette même histoire : un personnage de demi-dieu dont le but est d’affronter le monstre puis de mourir.
Le Luxembourg est-il le lieu idéal pour raconter la violence froide du capitalisme contemporain ?
Oui, absolument. La façade dorée, la bonne façon de se montrer vers l’extérieur, tout net et tout propre, alors que derrière les tours en verre se font des deals douteux aux dépens d’autres gens, d’autres nations. Ce petit pays ultradiscret a su profiter de son ultradiscrétion, de ses belles façades et du fait que personne ne savait exactement où il se trouvait. Il a su prospérer sur le dos de plein d’autres gens, des voisins, avec son pillage fiscal. En un sens, c’est un pays très romanesque.
La non-violence semble montrer son épuisement. Constat politique ou piège tendu au lecteur ?
C’est un espace de réflexion. Il est clair que la désobéissance civile non violente a ses limites, mais il est également clair que la violence physique envers des personnes réelles est inacceptable. Andreas Malm expose sa théorie d’un sabotage industriel dont la règle d’or serait de ne pas nuire à l’humain.
« LA LITTÉRATURE, C’EST UNE ESPÈCE DE LABORATOIRE DU RÉEL OÙ ON PEUT TESTER LES CHOSES SANS QU’ELLES EXISTENT VÉRITABLEMENT. »
Ça a été très inspirant pour mon livre : ce que tente de faire Léa, et ce qu’elle rate, ce serait du sabotage industriel. Malheureusement, le coup rate parce qu’elle y va de façon pas assez réfléchie et trop impulsive.
La fin dissout Léa dans le vivant. Rédemption, disparition ou ultime illusion ?
Je l’ai laissée un peu ouverte volontairement. Ce qui est bien juste, c’est de dire la sainte païenne, parce que le livre tout entier tend vers la mythologie païenne. Léa invoque l’ancêtre de la Terre même, Gaïa, le principe grec de la création de toute vie. L’intention de cet acte peut se situer entre le suicide, parce qu’elle a commis un tort et qu’elle doit payer ; une espèce de rédemption ; ou une espèce de pardon de la nature elle-même, qui accepte Léa en son sein pour l’avoir protégée. On peut choisir sa propre définition de Léa et sa propre conception de sa fin.
Que pensez-vous que le Prix Servais ait récompensé ?
J’aimerais clairement répondre que c’est la capacité du roman à faire tenir ensemble documentaire, fiction et tragédie contemporaine. Mon intention est de faire coexister ces tensions-là : le littéraire, le formel, l’esthétique, la recherche, l’enquête d’une espèce de vérité et la réflexion politique. La littérature, c’est une espèce de laboratoire du réel où on peut tester les choses sans qu’elles existent véritablement. Cela ouvre des espaces de réflexion. Pour moi, forme et fond ne sont aucunement séparés. Les deux doivent former un tout.

Léa et la théorie des systèmes complexes de Ian De Toffoli aux éditions Actes Sud-Papiers
Anya n’a rien de la DJette stéréotypée : pas d’excès, pas de posture, pas de personnage fabriqué pour séduire les réseaux. Pourtant, dès qu’elle envoie les basses sur le dancefloor, l’Oberkornoise impose une énergie précise, presque chirurgicale. Luxembourgeoise installée à Barcelone, l’artiste a construit son parcours sans raccourcis, en avançant étape par étape, avec une constance rare dans un milieu souvent guidé par l’urgence, l’image et le patriarcat. Derrière ses sets entre house et techno acide, il y a une vraie méthode, une discipline quotidienne et une obsession simple : faire ressentir quelque chose. Interview avec une artiste qui a choisi la vida pas si loca.
Chez Anya, le point de bascule ne ressemble pas à une révolution spectaculaire, mais plutôt à une décision intime, presque silencieuse. Elle raconte simplement : « Pendant le Covid, j’avais envie de changement… de faire quelque chose de plus créatif. » Avant ça, son parcours était linéaire, rassurant, presque attendu. Elle grandit au Grand-Duché, essuie les bancs du lycée Michel-Rodange, pratique l’équitation pendant 20 ans, puis travaille comme remplaçante dans une école primaire pendant plusieurs années. Rien ne la destinait forcément à la scène électronique. Ce moment de rupture, elle ne le dramatise pas. Elle ne parle pas de crise, ni de fuite, mais d’une intuition. Barcelone s’impose comme une évidence. « Je sentais que c’était là où je devais être », explique-t-elle, tout sourire, avec une simplicité désarmante. Elle reprend des études en communication, relations publiques et business, qu’elle vient de terminer l’année dernière, à tout juste 27 printemps. Une temporalité qui ne suit pas les standards, mais qu’elle assume totalement : « C’est peut-être tard pour obtenir un bachelor… mais j’avais travaillé avant… et puis le Covid, je n’ai pas forcément tout contrôlé. »
« JE VEUX CRÉER UN FEELING EUPHORIQUE SUR
APPRENDRE, JOUER, COMPRENDRE
La musique, elle y entre progressivement. Ses deux grands frères, Alex et Eric, lui font découvrir ses premiers booms booms à 14 ans. Pas de révélation soudaine, mais une curiosité qui se transforme en pratique. « J’ai commencé à mixer en 2019 avec Elisabeth, une amie », dit-elle. Très vite, elle passe de l’apprentissage aux premières scènes, avec
un premier set dans un petit bar à Barcelone. Un moment fondateur, même s’il n’a rien d’exceptionnel en apparence. Ce qui frappe, c’est la manière dont elle aborde le mix aujourd’hui. Tout est réfléchi, anticipé, préparé. Elle joue uniquement avec clés USB, sans ordinateur, et privilégie un setup classique. « Mon standard, c’est les CDJ 2000 Nexus 2. Les 3000 et 3000X, ça ne change pas beaucoup. Ils apportent surtout un confort visuel et un peu plus de sensibilité, mais le cœur du mix reste le même. »
Son rapport au mix est presque technique, mais toujours au service de l’émotion. Elle prépare minutieusement ses morceaux en amont, en plaçant des repères pour maîtriser l’énergie de ses sets. « Je mets des cues pour sauter les parties longues et garder l’énergie sur le dancefloor », explique-t-elle. Lorsqu’elle décrit son enchaînement idéal, tout devient très visuel. « Je retire le low end du nouveau morceau, je le fais entrer doucement, je joue avec les highs… Puis je crée un break pour laisser respirer le dancefloor et créer de la tension et je relance le kick. » Cette manière de construire une transition révèle une vraie compréhension des dynamiques. Elle ne juxtapose pas des tracks, elle raconte une progression. Elle crée sa propre histoire et le public en redemande. Son tempo de croisière se situe généralement entre 130 et 134 BPM, mais elle reste flexible. Alors oui, ça tabasse ! « Parfois je commence à 128, tranquillement, ça dépend de l’événement et du groove que j’ai envie d’insuffler (sourire). »
Parmi ses souvenirs marquants, un moment revient avec une précision particulière : la Philharmonie au Kirchberg. Elle y joue en ouverture de la End of Season Party, en première partie de John Talabot, un autre Barcelonais. « Au début j’ai vu les gens entrer… Et au bout d’une demiheure c’était complet. » Ce souvenir n’est pas seulement lié
à la taille de la salle, mais à l’intensité du moment. « La vibe était vraiment top », ajoute-t-elle, encore habitée par cette sensation. Elle évoque aussi, avec un mélange de recul et de lucidité, son warm-up pour Martin Garrix à la Luxexpo, organisé par l’Atelier. « C’est une légende… L’expérience était géniale (sourire). »
«
SOIT PAR E-MAIL. »
Vivre entre Barcelone et le Luxembourg, c’est naviguer entre deux réalités très différentes.
« À Barcelone, il y a toujours un plan pour sortir. » La ciudad offre une densité d’événements et une diversité artistique constantes. Mais cette richesse s’accompagne aussi d’une pression plus forte. À l’inverse, la scène luxembourgeoise est plus réduite, mais elle évolue.
« Elle est plus petite… mais elle a bien changé ces dernières années. » Elle name-drop plusieurs collectifs, Ultraschall, Atmosphera et Aurora, avec lesquels elle collabore et développe son réseau.
UNE INDÉPENDANCE
Anya gère elle-même sa carrière, sans intermédiaire. « Je m’occupe de mes bookings toute seule, soit par Instagram, soit par e-mail. » Cette autonomie lui permet de garder le contrôle sur ses choix et ses collaborations. Dans un environnement parfois ambigu, elle reste attentive aux comportements et aux intentions, surtout des hommes, des prédateurs. Elle évoque certaines expériences avec des promoteurs et des propositions floues. « J’essaie de voir le meilleur… mais je vois les red flags très vite. » Cette capacité à poser des limites lui permet de garder une forme de sérénité et de ne pas faire n’importe quoi. Elle adopte la même rigueur dans sa manière de construire sa bibliothèque musicale. Contrairement à beaucoup, elle achète vraiment ses tracks sur Beatport, en format WAV ou AIFF. « Il y a beaucoup de DJ qui piratent… mais la qualité est moins bonne, ça se ressent sur le dancefloor. » Chaque semaine, elle investit

dans de nouveaux titres, notamment pour alimenter son radio show, Groove Gallery, qu’elle anime tous les mercredis. D’ailleurs, la rédaction de Bold vous conseille à 200 % d’aller écouter son podcast sur sa chaîne YouTube et son SoundCloud, c’est du très bon taf !
Définir son style n’est pas une posture marketing, mais une recherche en cours. « Je dirais que c’est entre la house et la techno, avec beaucoup d’énergie et des éléments acides », explique-t-elle. Mais au-delà des

catégories, c’est une intention qui domine : « Je veux créer un feeling euphorique sur le dancefloor où les gens oublient tout pendant deux heures. » Ce rapport très direct à l’émotion est renforcé par son mode de vie. Elle ne consomme ni alcool ni poudre de perlimpinpin. « Je me focus uniquement sur la bonne musique. » Ce way of life influence sa manière de jouer, de ressentir et de construire ses sets. Depuis un peu plus d’un an, la prodige se consacre aussi quotidiennement à la production musicale. Elle travaille principalement sur Ableton, souvent chez elle, dans un environnement simple, assise sur son canapé. « Parfois je commence avec une bassline, parfois avec un son acide. » Son premier morceau, Acid Glitter,
marque une étape importante. « C’était un grand moment pour moi », confie-t-elle. Depuis, elle enchaîne les sorties, avec un rythme d’une à deux tracks par mois. Mais elle reste lucide sur le chemin à parcourir. « Je veux améliorer la qualité de mes sons pour pouvoir les envoyer aux maisons de disque. Je rêve de signer sur influente Life and Death, le label de DJ Tennis, mon artiste préféré. » Sur scène, la transformation est progressive.
« JE SUIS TRÈS HYPÉE QUAND JE JOUE MES TRACKS, ET LE PUBLIC
Elle commence souvent avec une certaine retenue, sans se précipiter. « Au début, je suis encore un peu dans l’observation, un peu timide… Je prends le temps de sentir le dancefloor. Et je suis souvent très nerveuse avant de jouer. » Puis quelque chose s’installe. « Après quelques morceaux, j’entre dans ma zone… Je danse, je saute. » Lorsque ses propres morceaux entrent dans le set, l’intensité monte encore d’un cran. « Je suis très hypée quand je joue mes tracks, et le public le ressent (rires). » Ce lien direct avec le public reste au cœur de son amour pour ce métier. Car on parle bien d’un métier, et pas d’une lubie.
Son ambition n’est pas de brûler les étapes, mais de construire quelque chose de solide. Elle parle d’abord de santé, avant même d’évoquer sa carrière. « C’est vraiment important pour moi », insiste-t-elle. Elle fait face depuis plusieurs années à des troubles digestifs importants, sans que cela ne freine son parcours. Et puis son chéri, Oscar, un Espagnol, lui aussi DJ et producteur sous le nom de Gee Beat, avec qui elle partage sa vie. Ensuite viennent les objectifs artistiques : améliorer ses productions, affiner son style, signer avec des labels, jouer toujours plus à l’international. Elle résume finalement sa démarche en une phrase simple : « Mon style est un peu unique… Il faut venir me voir (rires). »


DRACHE
Je l’aime bien lui, il s’appelle Baptiste Fernandes, il a 25 piges, il se sape en Fred Perry et il habite à Lille. MDNS, pour Madness, raconte sa vie dans les rues aux briques rouges, ses rades de prédilection, ses errances sous la pluie, ses questionnements, le tout teinté d’une esthétique keupon revisitée par une jeunesse qui a digéré tant les Bérurier Noir que Fontaines D.C. ou Booba. Dans mon quartier à 14 000 € le mètre carré, quand je promène mon chihuahua Zephyr, je chantonne à tue-tête le refrain d’Enfant de ma ville !, ma chanson préférée de l’EP Drache !. Y’a de la désinvolture et de la révolte. Chez lui, hein, pas chez moi. Le combo guitare basse batterie chant marche parfaitement. De toute façon, paraît que les kids en ont marre de la zik taffée sur un computer et que le rock revient fort comme Musclor. On verra, mais en attendant, on se retrouve dans le moshpit de MDNS. Malgré tout, allez-y mollo, mon dos me fait un mal de chien et en plus, demain j’ai padel. Bises les loubards !
. POST-PUNK
Le second album de Noir Boy George est beau comme une mère célibataire un peu tarée qui aurait congelé son bébé pour aller faire la teuf sous un pont. Nafi, celui qui se présente comme « plutôt Messin que Français », nous livre six chansons introspectives et douces comme un shoot d’héroïne sous un réverbère d’un parking de supermarché. Je l’avais vu en concert au Ratelach à Esch. Il était majestueux, vêtu d’un vieux treillis, une clope au bec malgré l’interdiction de fumer et une bière éventée jamais trop loin. Sans piper mot, je l’ai observé martyriser son vieux synthétiseur rafistolé au scotch en train de brailler comme Alan Vega dans un micro volé au Cash Converters. Ce poète de l’Apocalypse a réussi à faire fléchir l’underground. Mais que dis-je, il est l’underground et son skeud est une nécessité absolue pour vos cages à miel. C’est sorti sur Pan European Recording, ce qui signifie qu’on va pouvoir facilement acheter le vinyle sans le payer une blinde sur Discogs. Merci la vie, merci Nafi !
. SYNTH-PUNK

Je suis obligé de vous parler de ces osties de zozos qui débarquent de Montréal pour distiller leur « Mantra-rock dada pythagocubiste » sur le vieux continent. C’est la sensation du moment chez les initiés en combo Veja bonnet et ça affiche complet absolument partout. Sur scène, le duo québécois est grimé en extraterrestre au grand pif avec des costumes loufoques. Klek gère la batterie comme un papa endiablé et Khn chatouille sa guitare basse et boucle le tout avec ses petits petons à pois. Les deux frérots parlent même une langue qu’ils ont inventée et ils te font coucou en faisant un triangle Illuminati avec les mains. Au-delà du folklore, leur second album baptisé Vol.II propose six longs morceaux alambiqués qui explorent les méandres les plus complexes du math rock, du funk et du krautrock. Enfin, je crois. En plus y’a pas de chant, ça permet de se concentrer sur leurs longues expérimentations qui vont te plonger, à coup sûr, dans une trance chelou de l’hyperespace. Prends toutefois une écharpe, je ne voudrais pas que tu chopes une angine de poitrine.

Ça fait 13 ans que Boards of Canada nous faisait languir sans rien sortir du tout, même pas un remix de seconde zone pour une star EDM surcotée. Le duo du célèbre label Warp remet le couvert avec 18 titres pour une durée d’environ 70 minutes, au format 2×LP, CD et digital, avec une édition spéciale. J’attends que Bold me paye grassement ces chroniques, j’irai ensuite aligner des shots de tequila au Ramier à Strassen, puis j’achèterai toutes les versions du skeud dans toutes les couleurs. Parce que oui, Michael Sandison et Marcus Eoin n’ont pas fait les choses à moitié et méritent une place au panthéon de ma discothèque. Les deux Écossais livrent une électronica aérienne, sombre, saturée qui pourrait être la bande originale d’un thriller qui se déroulerait à Ettelbruck, un soir d’automne. Entre introspection, mysticisme numérique et chaleur troublante, l’Intelligent Dance Music de Boards of Canada est exactement le son qu’on attendait tous. Enfin tous… Moi et mes 10 potes. On croise les doigts de les voir en live pas trop loin, dans pas trop longtemps, pour pas trop cher.
. IDM



J’ai rendez-vous à la maison mère, dans les bureaux de Bold, pour échanger avec Eva Marija, l’artiste qui a défendu le Luxembourg à l’Eurovision avec sa chanson Mother nature Dans la salle de réunion, au cœur du Limpertsberg, j’appréhende un peu. Je suis moyen fan du délire concours de la chanson, de ses dérives politiques et des Finlandais de Lordi qui reprennent Papa Pingouin en version trash métal. J’ai aussi un peu peur qu’Eva soit une Industry Plant, une chanteuse façonnée artificiellement par les professionnels du secteur pour faire rayonner le Grand-Duché. Si je peux éviter les interviews qui sentent le plan promo, les réponses sans saveur et le petit « Merci à Dieu et à mes parents », je préfère. Et… comme d’habitude, j’aurais bien dû fermer ma bouche et éviter de déverser mon fiel. Au bout d’une heure de discussion, de blagues et d’anecdotes, j’ai découvert une autrice slash compositrice slash interprète slash violoniste luxembourgeoise très talentueuse qui sait où elle va. Eva, tu as un nouveau fan !
On commence par un petit bilan, dans le vrai, dans le rire, dans la fatigue aussi, dans l’énergie d’une femme qui vient de traverser une tornade et qui n’a pas encore rangé les paillettes. Eva Marija vient de représenter le pays à l’Eurovision avec Mother Nature en Autriche. Le titre dépasse les 3,5 millions de streams sur Spotify. C’est beaucoup si tu te poses la question. Elle arrive avec ce mélange rare de discipline et de fraîcheur : 20 ans, une thèse à rendre, un label pro qui s’occupe de sa carrière, des concerts bien cool de programmés, et déjà cette impression qu’elle sait où elle veut aller, même si tout va très vite. On a bavardé sans trop mettre de barrières : Eurovision, réseaux sociaux, studio, famille, sport, business, larmes, amis rencontrés en route, et la suite. Une conversation vivante, directe, parfois drôle, parfois très lucide, avec une multi-instrumentiste qui a compris que la musique, aujourd’hui, ce n’est pas seulement chanter juste : c’est se tenir debout dans un monde qui demande TOUT, tout le temps. Allez, c’est partition (comme on dit dans la musique) pour l’interview !
Eva, où étais-tu hier ?
J’étais au spa ! J’avais besoin de me détendre.
L’Eurovision, c’était trop cool, mais tellement intense. Depuis Mother Nature, puis l’audition, la finale nationale, la victoire… Chaque jour il y avait quelque chose. Des répétitions, des interviews, des vidéos, des voyages. C’est six mois où tu es complètement prise dedans.
C’est un gros investissement ?
Oui, plutôt (sourire). On a fait un petit tour d’Europe : Bulgarie, Oslo, Amsterdam, Londres… Ensuite Vienne, avec les répétitions, les médias, les collaborations avec les autres artistes. Du matin au soir, tout était rempli.
Les collaborations, c’est quoi ?
Beaucoup de contenus pour les réseaux sociaux. Aujourd’hui, ça fait vraiment partie du jeu. Avant, je postais déjà, mais là il fallait montrer l’expérience, les coulisses, la personnalité. C’est un outil puissant, mais c’est intense. Mon compte perso est devenu mon compte musique. Avant, c’était plus personnel, avec des choses de famille, de vie quotidienne, et maintenant c’est davantage mon compte artistique.
Ton réseau préféré, c’est TikTok ou Instagram ?
Ça dépend. Je poste parfois les mêmes choses sur les deux, mais pas toujours. Sur TikTok, c’est plus spontané, plus libre, plus fun. Instagram, c’est davantage la vitrine professionnelle. Les gens y voient quelque chose de plus construit, de plus qualitatif. Pour le label, les professionnels, les contacts, Instagram reste important. Je ne veux pas écrire seulement pour une tendance TikTok. Bien sûr, il faut penser à ce qui peut fonctionner, mais il faut surtout que ça sonne juste.
Est-ce que tu raccourcis les chansons pour le streaming ?
Non, pas vraiment. On choisit plutôt une partie très accrocheuse pour les réseaux sociaux, notamment TikTok, mais la chanson elle-même doit rester ce qu’elle doit être. J’aime les sons organiques, un peu folk, avec peut-être aussi du rock ou des éléments plus modernes. L’important, c’est que l’histoire et le son soient vrais. Moi, j’aimerais faire un EP ou un album, mais l’industrie fonctionne beaucoup par singles. Tu peux sortir plusieurs singles, puis les rassembler ensuite dans un projet plus long. Je pense qu’on va commencer comme ça : single après single.
« AUCUN PLAN B. POUR L’INSTANT, C’EST MUSIQUE, MUSIQUE, MUSIQUE. »
Aujourd’hui, les labels travaillent beaucoup avec les influenceurs pour que les morceaux circulent sur TikTok. Est-ce que c’est aussi ton cas ?
Oui, c’est une partie du travail aujourd’hui.
On réfléchit à ce qui peut devenir viral, mais il faut aussi rester soi-même. Il faut trouver ce qui est vraiment unique chez toi, ce que tu veux montrer, ton identité.
On parle de ce que je représente, de ce qui me différencie, de la façon de raconter ça visuellement et musicalement. Ce n’est pas juste poster tous les jours au hasard : il faut aussi que les gens comprennent qui tu es.
Et maintenant, il y a un label à Berlin dans l’histoire.
Oui, FFMM GmbH. Ils sont arrivés après Mother Nature Quand j’ai gagné la sélection, des gens ont découvert la chanson, mon énergie, mon univers. Pour moi, c’est nouveau, parce qu’avant j’étais surtout étudiante.

Je postais mes chansons, j’expérimentais, mais je n’étais pas encore dans cette logique d’industrie.
T’as été séduite par quoi chez eux ?
Ce qui m’a plu, c’est qu’ils ne voulaient pas seulement prendre une chanson. Ils voulaient construire quelque chose avec moi, développer l’artiste. Ils ont compris que j’avais un monde, une voix, une identité. Et ils peuvent m’aider sur ce que je ne connais pas encore : la stratégie, le business, les connexions.
Est-ce qu’ils t’ont dit : « Ç a ce sont tes points forts, ça il faut le bosser » ?
Oui. Ils aiment mon énergie, ma voix, le fait que je joue des instruments, que je sache écrire. Mais ils me poussent aussi à être plus claire sur mon univers. Aujourd’hui, il ne suffit pas d’avoir une bonne chanson. Il faut que les gens comprennent qui tu es.
Ton « unique selling point », comme on dit dans le marketing ?
Voilà ! Mais c’est vrai. Il faut que les gens puissent se dire : « Ok, Eva, c’est ça. » Et en même temps, je veux rester authentique. Je ne veux pas devenir un produit vide.
Et là, tu finis tes études ?
Oui, je suis en dernière année de bachelor, à l’Institute of Contemporary Music Performance de Londres. Je dois rendre ma thèse le 13 juin.
J’ai 20 ans, mais j’ai commencé l’université à 17 ans. Ce n’est pas parce que je suis « super intelligente », c’est lié au système scolaire (rires). J’étais à l’École européenne, et on finit plus tôt. Je suis aussi née en décembre, donc j’étais aussi parmi les plus jeunes. Après, j’aimerais prendre une année pour me consacrer à la musique : écrire, jouer, voyager.

20 ans, Eurovision, label, bachelor, thèse… Tu arrives à gérer ?
Oui, c’est beaucoup ! Mais la musique, c’est comme ça depuis toujours pour moi.
D’ailleurs, ça commence quand, ce déclic ? Le moment où tu te dis : « Moi, je veux être artiste. »
Très tôt. Je regardais l’Eurovision quand j’étais petite. Je me souviens d’Alexander Rybak, avec son violon. J’étais fascinée par le fait de chanter et de jouer en même temps. J’ai commencé par des cours privés de violon, puis le conservatoire, le chant en chorale, le solfège, le piano, la guitare, la basse… C’est vraiment ma vie. Classique, jazz, pop… J’ai grandi avec ça.
C’est ma passion et je veux en apprendre toujours plus.
Ton instrument préféré ?
Le violon et la guitare. Le violon, parce que c’est mon premier instrument et une grande partie de ma vie.
La guitare, parce que je peux l’apporter partout, chanter avec, composer avec. C’est l’instrument du moment, celui que je peux prendre facilement.
Parlons de Mother Nature. Comment est née cette chanson ?
C’était une session d’écriture à Copenhague. Pour l’Eurovision, c’est assez normal d’avoir plusieurs personnes dans la pièce : auteurs, producteurs, compositeurs. Pour moi, c’était nouveau, parce que souvent j’écris seule. Là, il fallait partager une partie de ton monde avec d’autres.
Et ça commence comment ? Quelqu’un dit : « Bon, aujourd’hui on écrit un hymne européen sur la nature » ?
Non ! On a d’abord parlé. De nos vies, de ce qu’on aimait, de ce qu’on ressentait. On voulait quelque chose lié à la nature, aux racines, à l’idée de rester connecté à quelque chose de vrai. Après, j’ai commencé avec une petite mélodie au violon, l’intro. Puis le producteur a cherché des accords, et tout s’est construit ensemble.
Donc le violon qu’on entend, c’est toi ?
Oui, j’ai joué toutes les parties de violon. C’était important, parce que ça rend la chanson plus personnelle.
Tu composes chez toi ?
Yes, j’utilise le logiciel Logic Pro chez moi. J’ai un micro, une interface, mon ordinateur. Je peux enregistrer une idée et l’envoyer au producteur. Je sais faire des démos, mais le mixage et le mastering, ce n’est pas encore de mon niveau.
L’Eurovision, sur scène, c’est combien de personnes devant toi ?
Environ 18 000 dans la salle. C’est énorme. Et en même temps tu dois rester dans ta bulle, chanter juste, respirer, garder ton énergie.
Physiquement, ça demande quoi ? Parce que chanter, bouger, tenir la pression, c’est du sport.
Oui, complètement. Je fais du cardio, je m’entraîne. Il faut de l’endurance. Si tu n’as pas ça, tu peux perdre ton souffle, ton contrôle. Je fais aussi des exercices vocaux tous les jours. La voix, c’est un muscle.
« JE SAVAIS QUE J’AVAIS TOUT DONNÉ. APRÈS, TU NE CONTRÔLES PAS LES VOTES. »
Et le résultat, tu l’as vécu comment ?
Je n’ai pas été déçue de ma performance. Sur scène, j’ai eu un vrai moment de joie. Je savais que j’avais tout donné. Après, tu ne contrôles pas les votes, tu ne contrôles pas comment les gens reçoivent. Bien sûr, c’est dur, parce que tu as travaillé tellement longtemps. Mais je suis fière.
Tu as pleuré ?
Oui. Mais c’est normal. Ce n’était pas seulement de la tristesse. C’était aussi la fatigue, l’émotion, la fin d’une période énorme. Tu portes beaucoup de choses pendant des mois, et à un moment, ça sort. Je savais aussi que je n’étais pas forcément la favorite. Il y avait beaucoup de soutien, de ma famille, ma sœur, des gens autour de moi. J’ai reçu énormément de messages. Parfois, on se concentre sur le résultat, mais il faut aussi voir tout ce que cette expérience apporte : les souvenirs, les rencontres, les gens qui t’écrivent, les portes qui s’ouvrent.
Tu reçois des DM de fans ?
Ce qui me touche le plus, ce sont les messages où les gens me disent que la chanson les a aidés, qu’ils se sont sentis connectés, qu’ils ont ressenti quelque chose. Ce n’est pas juste « J’aime ta robe » ou « Bravo ». C’est quand quelqu’un te dit que ta musique lui a parlé. Là, tu te dis que ça vaut tout l’or du monde.
Et les commentaires pénibles ?
Je n’aime pas trop certains mots ou jugements négatifs. Je pense qu’il ne faut pas trop écouter les gens frustrés qui écrivent des choses blessantes. À la fin, ce qui compte, c’est ce que tu construis, ce que tu apprends, et les gens qui croient vraiment en toi.

À Vienne, parmi les autres participants, tu t’es fait des amis ?
Oui, beaucoup. C’est même l’une des choses les plus fortes émotionnellement dans cette expérience. Tu rencontres des artistes de plein de pays, des gens ouverts, et tu crées des liens. J’ai gardé contact avec plusieurs participants, notamment des artistes de Croatie, de Slovénie et d’autres pays. C’est très intense, parce qu’on vit quelque chose de très particulier ensemble.
Et maintenant, le futur proche ?
Il y a des concerts cet été, au Luxembourg et en Slovénie. Je vais aussi chanter avec un orchestre symphonique, notamment Mother Nature, la Fête de la musique aussi. Il y a des arrangements, des répétitions, plein de choses. Et bien sûr, j’écris. Je veux sortir de la nouvelle musique.
Es-tu fan de toi ? Attention, ce n’est pas une question piège. Je pense que c’est important d’aimer ce que l'on fait.
Je pense que oui, mais pas dans le sens « je suis parfaite. » J’aime ma musique, j’aime ce que je veux construire.
« JE NE VEUX PAS DEVENIR UN PRODUIT VIDE. »
En même temps, j’entends toujours ce que je pourrais changer. C’est le côté perfectionniste. Mais oui, il faut croire en soi, sinon c’est impossible.
Dernière chose : si ta musique ne fonctionne pas, as-tu un plan B ?
Aucun ! Pour l’instant, c’est musique, musique, musique. Je ne vis pas encore entièrement de la musique, j'en suis encore au début. Mais c’est là que je veux aller. Je veux travailler, écrire, jouer, apprendre. Et rester moi-même dans tout ça.
C’est peut-être ça le plus important : rester soi-même quand tout le monde veut t’expliquer ce que tu dois devenir.
Oui. L’Eurovision m’a donné énormément : une scène immense, des rencontres, des fans, une expérience que je n’oublierai jamais. Mais maintenant, il faut transformer ça en quelque chose de durable. Pas juste un moment. Une vraie histoire.

Sélection
Kevin Martin
JUSQU’AU 11.10 / VIDEO KILLED THE
RADIO STAR: THE 1980S AND THEIR CULTURAL
Que reste-t-il des années 1980 dans notre monde contemporain ? Avec
Video Killed the Radio Star: The 1980s and Their Cultural Echoes, le Mudam propose une plongée fascinante dans une décennie qui a profondément façonné notre imaginaire collectif. Derrière les clips de MTV, l’explosion de la culture pop et l’essor des nouvelles technologies se dessinaient déjà les grandes mutations qui influencent encore notre société aujourd’hui.
À travers des œuvres issues de sa collection et une riche documentation contextuelle, l’exposition explore les liens entre culture, politique, médias et pouvoir. Des derniers soubresauts de la guerre froide à l’émergence du néolibéralisme, en passant par la montée en puissance de l’image et de l’hypermédiatisation, ce parcours met en lumière les nombreux héritages d’une décennie aussi flamboyante que complexe. Une exposition passionnante qui invite à porter un nouveau regard sur les années 1980 et à mieux comprendre les origines de nombreuses dynamiques culturelles contemporaines.
Mudam | Luxembourg-ville
LÉGENDE
JUILLET - AOÛT - SEPTEMBRE 2026
Tous les deux ans, la Völklinger Hütte devient l’un des terrains d’expression les plus spectaculaires de l’art urbain contemporain. Pour son édition 2026, l’Urban Art Biennale recentre son regard sur l’architecture brute et l’histoire industrielle du site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Installations monumentales, sculptures, performances, photographie, graffiti et créations in situ investissent les espaces de l’ancienne usine sidérurgique dans un dialogue permanent avec les lieux. L’exposition brouille les frontières entre patrimoine industriel et création contemporaine. Une immersion puissante dans un art urbain qui préfère les frictions, les volumes et les espaces vivants à l’esthétique traditionnelle du white cube.


JUSQU’AU 30.05.2027 /
Avec All Is But Temporary, la photographe Kay Walkowiak déploie à travers Clervaux une réflexion sensible sur le temps, la transformation et le caractère éphémère de toute chose. Réunissant plusieurs séries photographiques réalisées entre le Japon, l’Inde et l’Europe, l’exposition explore les liens entre culture, matière et mémoire à travers des images à la fois poétiques et philosophiques. Installées dans différents lieux emblématiques de la ville, les œuvres invitent le visiteur à suivre un parcours contemplatif où se croisent beauté, mélancolie et passage du temps. Au fil de ce parcours en plein air, les photographies abordent des thèmes universels tels que la fragilité de l’existence, la quête de permanence ou encore la transformation constante du monde qui nous entoure. Entre traditions culturelles, paysages, objets du quotidien et vestiges de la modernité, Kay Walkowiak compose une œuvre cohérente et profondément méditative. Une invitation à ralentir le regard et à redécouvrir Clervaux à travers une expérience artistique qui interroge avec délicatesse notre rapport au temps, à la mémoire et au changement.





Kevin Martin
DU 26.06 AU 17.07 / FESTIVAL DE WILTZ

Chaque été, le Festival de Wiltz transforme les hauteurs du nord du pays en véritable scène culturelle à ciel ouvert. Pour son édition 2026, le rendez-vous confirme son ambition internationale avec une programmation qui navigue entre grands noms, propositions audacieuses et découvertes musicales. Parmi les temps forts annoncés : Einstürzende Neubauten, Dogstar ou encore Goran Bregović, dans une affiche qui brouille joyeusement les frontières entre rock, musiques alternatives et sonorités du monde. Cette année, le festival inaugure également Close-Up, un nouveau format pensé pour rapprocher artistes et public dans une configuration plus intime. Concerts, rencontres, expériences immersives et ambiance estivale : à Wiltz, la musique se vit autant comme un spectacle que comme un lieu d’échange et de curiosité culturelle.
Chaque année, la Philharmonie clôture sa saison avec une soirée qui bouscule radicalement les codes du lieu. Exit les fauteuils feutrés et les formats traditionnels : l’institution se transforme en gigantesque dancefloor où l’architecture spectaculaire rencontre l’énergie de la scène électro. DJs, lumière, scénographie immersive et public en mouvement investissent les espaces pour une nuit pensée comme une célébration collective de l’été, de la musique et du lâcher-prise. Avec ses milliers de mètres carrés dédiés à la fête, l’End of Season Party brouille les frontières entre club, performance et expérience culturelle. Une manière particulièrement efficace de rappeler que la Philharmonie sait aussi monter le volume.
Philharmonie | Luxembourg-ville
Rock, soul, funk, blues… Chez Lenny Kravitz, les genres se croisent avec une évidence presque insolente. Depuis plus de trente ans, l’artiste américain cultive un son immédiatement reconnaissable, nourri d’influences vintage et porté par une énergie intacte. Derrière son style iconique et son charisme naturel, une impressionnante collection de classiques : Are You Gonna Go My Way, Fly Away ou encore American Woman. Lauréat de plusieurs Grammy Awards, Kravitz reste avant tout une bête de scène, capable de transformer chaque concert en décharge de groove, de riffs et de sueur rock’n’roll. Une date taillée pour celles et ceux qui aiment la musique jouée avec du mordant, du style et beaucoup de liberté.

Wiltz
Concert incontournable ou exposition à ne pas louper, chaque mois, Elfy sélectionne le meilleur des événements juste autour de vous.
Elfy Pins
FONDATRICE DE SUPERMIRO

10 & 11.07.26
Avis aux amateurs de lieux insolites et de sorties pour petits et grands rêveurs ! La Nuit des Merveilles, c’est clairement un de mes rendez-vous préférés de l’été. Pendant deux nuits, les 10 et 11 juillet, le parc de Bettembourg devient le spot le plus extraordinaire du pays. Des artistes de rue complètement barrés, des performances qui te font décrocher la mâchoire et une atmosphère magique... Bref : c’est bruyant, coloré, vivant… et c’est exactement ce qu’il nous faut pour pimenter l'été luxembourgeois. Ne tarde pas pour les billets, ça part plus vite qu'un cornet de frites à la Schueberfouer !
Château de Bettembourg









Kevin Martin
14.07 / KATY PERRY

Depuis près de deux décennies, Katy Perry s’impose comme l’une des figures incontournables de la pop mondiale. Entre refrains instantanément addictifs, esthétique ultra colorée et sens aigu du spectacle, l’artiste américaine a façonné une pop assumée, explosive et résolument fédératrice. De I Kissed a Girl à Firework, Roar ou Teenage Dream, son catalogue aligne les hymnes générationnels avec une efficacité redoutable. Sur scène, Katy Perry ne se contente pas d’enchaîner les hits : elle construit de véritables univers visuels, entre grand show pop, autodérision et énergie communicative. Une soirée calibrée pour chanter fort, danser beaucoup et replonger dans l’un des répertoires les plus emblématiques de la pop moderne.
Quand les températures montent, le Ratelach passe en mode estival et laisse place au KUFA Summer Bar. Pendant plusieurs semaines, la Kulturfabrik transforme ses soirées en rendez-vous décontractés mêlant concerts, DJ sets et apéros prolongés sous le ciel eschois. Fidèle à son esprit éclectique, la programmation navigue entre électro, house, rare groove, psyché, funk, collectifs alternatifs et propositions plus expérimentales. Ici, pas de grand cérémonial : juste du bon son, une ambiance conviviale et ce mélange très réussi entre culture locale, découvertes musicales et douceur des fins de semaine d’été. Le genre d’adresse où l’on vient pour un verre… et où l’on finit souvent par rester toute la soirée.
Kulturfabrik | Esch-sur-Alzette
Le Flow Festival revient investir le Park um Belval pour trois jours placés sous le signe de la musique, de la créativité et des bonnes vibrations estivales. Plus qu’un simple événement musical, le rendez-vous cultive une atmosphère hybride où concerts, performances, animations artistiques et moments de détente cohabitent naturellement. Pensé comme un espace ouvert et convivial, le festival mise autant sur l’expérience collective que sur la programmation, avec une volonté assumée de mélanger les publics, les disciplines et les énergies. Entre découvertes sonores, installations créatives et ambiance de grand week-end d’été, Flow s’impose comme l’un des rendez-vous incontournables de la saison à Belval.













Kevin Martin
Chaque été, le Blues’n Jazz Rallye transforme les quartiers historiques de Luxembourg en immense terrain de jeu musical à ciel ouvert. Des ruelles du Grund aux passages de Clausen, en passant par le Pfaffenthal, la ville se laisse envahir par les rythmes du jazz, du blues et des musiques qui gravitent autour. Concerts en plein air, scènes disséminées dans des lieux inattendus, foule compacte et ambiance chaleureuse : l’événement cultive ce rare équilibre entre grande fête populaire et véritable parcours musical. Fidèle à la tradition, neimënster accueillera plusieurs concerts dans son cadre spectaculaire au pied de la vieille ville. Une soirée estivale vibrante, pensée autant pour les passionnés de jazz que pour les simples amateurs de musique live et d’atmosphères urbaines.
Luxembourg-ville
L’été luxembourgeois a ses traditions, et les Congés Annulés en font clairement partie. Pendant plusieurs semaines, les Rotondes troquent leur rythme habituel contre une ambiance de festival urbain où concerts, DJ sets, apéros qui s’éternisent et découvertes musicales s’enchaînent sans pression. Ici, pas besoin de billet d’avion ni de destination lointaine : le voyage se fait au fil des soirées, entre terrasse animée, programmation éclectique et atmosphère volontairement décontractée. Du live, du bon son, des rencontres et ce mélange très particulier entre culture et douceur estivale qui fait le charme de l’événement. Le genre de rendez-vous capable de réconcilier aussi bien les amateurs de musique que les adeptes de longues soirées d’été improvisées.

Rotondes | Luxembourg-ville

© Sivakorn Charoenyothin
Que se passe-t-il lorsqu’un groupe travaille autour d’un objet qui n’existe que dans l’imaginaire ? Avec Working On The Imaginary Object, Natalie Brück explore les liens entre langage, mouvement, attention collective et construction d’un référentiel commun. À la croisée de la performance, du workshop et de la recherche chorégraphique, l’artiste développe un processus où coordination, projection mentale et interaction deviennent les véritables matériaux de création. Au Casino Luxembourg, cette expérience prend la forme d’un travail collectif mené sur plusieurs jours avant d’aboutir à une performance live façonnée dans l’instant même de sa présentation. Une proposition sensible, expérimentale et résolument participative, qui interroge autant la perception que la dynamique du groupe.
Casino – Forum d’art contemporain | Luxembourg-ville



À La Lorraine, plongez dans une expérience culinaire inoubliable. Véritable havre de saveurs, le restaurant célèbre les produits de saison à travers une cuisine française raffinée, où les produits de la mer occupent une place de choix. Aux beaux jours, profitez de sa terrasse idéalement située Place d’Armes, l’une des plus belles places à Luxembourg.




Ballroom101 Puss Academy HOЯS CIЯCUITS
9 juillet - 19h

Aerowaves HOЯS CIЯCUITS 12 septembre - 19h
Banannefabrik Tickets www.danse.lu


Kevin Martin
Installé au bord du lac d’Echternach, l’E-Lake Festival cultive depuis des années une formule qui fonctionne : de la musique live, un décor estival et une programmation capable de naviguer entre rock, électro, pop et découvertes alternatives. Pendant plusieurs jours, le site se transforme en terrain de rencontre pour les amateurs de concerts, les noctambules et les adeptes d’ambiances festival sans prétention. Entre scènes en plein air, énergie collective et coucher de soleil au bord de l’eau, l’événement conserve ce mélange très particulier de convivialité et de liberté qui fait son identité. Un classique de l’été luxembourgeois, pensé pour profiter du bon son autant que du cadre.

Lac d'Echternach | Echternach

Avec son écriture introspective, ses productions minimalistes et son approche singulière de la pop, Lorde s’est imposée comme l’une des voix les plus marquantes de sa génération. Depuis Pure Heroine, l’artiste néozélandaise façonne un univers à part, où émotions brutes, tension mélodique et regard acéré sur son époque se rencontrent avec une rare précision. Derrière elle, une série de titres devenus incontournables, de Royals à Green Light. Après plusieurs années de relative discrétion, son retour avec What Was That a confirmé l’intacte puissance de son identité artistique. Sur scène, Lorde privilégie l’intensité à la démonstration, transformant chaque concert en expérience à la fois intime, habitée et profondément immersive.
Rockhal | Esch-sur-Alzette

NOUVEAUTÉ DANS LE RÉSEAU DES AUBERGES DE JEUNESSE
Avec ses 120 emplacements, il est le lieu idéal pour tous ceux qui recherchent la nature, le dépaysement et l’aventure.
C’est là qu’on se retrouve, que ce soit à la réception ou au café.
C’est l’endroit idéal pour les voyageurs en tente, caravane, camping-car ou van aménagé.
Il s’agit du futur espace dédié aux hébergements insolites (à partir de 2027 seulement).
Beach
C’est un endroit paisible où l’on peut se rafraîchir à merveille, avec une vue imprenable sur la Sûre.
C’est l’endroit où les groupes peuvent se retrouver et se rassembler.
Kevin Martin
Pour clôturer la saison en beauté, Luxembourg Open Air revient investir Metzeschmelz avec deux jours entièrement dédiés à la musique électronique et à l’énergie collective. Fidèle à son ADN, LOA mise sur une expérience immersive où scénographies ambitieuses, sound systems puissants et programmation électronique se rencontrent dans une atmosphère de grand rassemblement estival. House, techno, grooves électroniques et performances live rythmeront ce dernier grand rendez-vous avant la rentrée culturelle. Entre dancefloor à ciel ouvert, public ultra engagé et production visuelle soignée, le Season Closing promet une sortie de saison calibrée pour les amateurs de nuits longues et de BPM assumés.

Le réseau européen Aerowaves fait escale au TROIS C-L avec deux créations contemporaines aussi sensibles qu’intenses. Dans Waterkind, les chorégraphes et interprètes suédois Joanna Holewa Chrona et Yared Tilahun Cederlund explorent la connexion entre deux corps à travers le mouvement, l’improvisation et les flux inspirés de l’eau. En seconde partie, la chorégraphe belge Anna Karenina Lambrechts présente From Gravity To Grace, une pièce profondément personnelle qui navigue entre mémoire, vulnérabilité, poésie et résilience. Une soirée placée sous le signe de l’émotion, du mouvement et de la découverte.

Pour célébrer la fin de l’été en douceur, direction Remich et les bords de Moselle à l’occasion de la 20 e édition du Crémant & Kultur Festival. Véritable rendezvous incontournable de la rentrée, l’événement met à l’honneur le savoir-faire local à travers une journée mêlant dégustation de vins et de crémants luxembourgeois, artisanat, musique et animations pour toute la famille. Entre stands de créateurs, expositions d’artisans, concerts et traditionnelle « Kermesse d’antan », l’ambiance se veut chaleureuse, festive et résolument conviviale. Avec ses airs de fête de village revisitée, le festival invite à prendre le temps de flâner, de rencontrer les producteurs de la région et de savourer les dernières belles journées de la saison. Un rendez-vous gourmand et authentique qui célèbre à merveille l’art de vivre mosellan et offre une parenthèse idéale pour clôturer l’été avant l’arrivée de l’automne.
Remich


Sébastien
Vécrin
Le 26 juin, le collectif La Concierge ne vient pas « faire une expo » aux Rotondes, elle vient fabriquer un espace. Pour cette Triennale Jeune Création 2026, Liliana Francisco et Steven Cruz, les deux artistes derrière l’ASBL, déplacent le rôle du commissariat vers quelque chose de plus vivant, plus poreux et plus engagé. Leur point de départ n’est pas théorique : c’est la nuit, les scènes alternatives, les lieux où l’on apprend à exister autrement, le Do It Yourself, le keupon et l’irrévérence. Avec Common Ground, les deux trentenaires imaginent une exposition comme un terrain partagé, inspiré de la culture underground, où les différences ne sont pas lissées, mais mises en présence. Safe space, communauté, visibilité, multiculturalisme : autant de mots qui prennent ici une forme concrète. Entre œuvres, performances, musique et discussions, la Triennale devient une zone à squatter. Pas un décor. Un endroit où l’on se rencontre, où l’on doute, où l’on se reconnaît… ou pas. Mais toujours ensemble. Interview avec deux passionnés passionnants.
« On est artistes avant tout. » La phrase tombe vite, presque comme un réflexe. Chez Liliana et Steven, elle n’a rien d’une posture. Elle sert plutôt à poser un cadre : ici, la curation n’est pas une fonction technique, c’est une pratique artistique à part entière, loin des vernissages guindés et poussiéreux au champagne. « Nous ne faisons pas que sélectionner des plasticiens, nous construisons une expérience, une narration, une ambiance », explique Steven. L’exposition devient alors un médium, un geste, « presque une œuvre collective » qui se fabrique à plusieurs mains. Leur arrivée à la sixième Triennale des Rotondes ne relève pas d’un simple appel à projets. Avant même d’être invités, ils travaillaient déjà sur une idée d’exposition au Luxembourg avec en ligne de mire la nightlife et ses inclusions. « On avait développé un concept autour des safe places, on a toqué à quelques portes et les Rotondes ont sauté sur l’occasion en nous proposant la curation de la Triennale. Timing parfait (sourire) », raconte Steven.
« ON NE FAIT PAS UNE EXPO, ON CONSTRUIT UNE EXPÉRIENCE. »
Ce qui les intéresse, ce n’est pas de plaquer un thème, mais de partir de leurs propres histoires. « On se base toujours sur des vécus personnels », insiste Steven. Les leurs sont multiples : Lisbonne, Bruxelles, le Luxembourg, des villes traversées, des scènes différentes, des spots nocturnes où les règles changent. Liliana Francisco et Steven Cruz

se sont rencontrés autour de leurs parcours artistiques communs, après avoir tous deux étudié à Lisbonne, Liliana en littérature et culture visuelle, Steven en arts plastiques. Aujourd’hui, Liliana partage son temps entre le Luxembourg et Lisbonne, tandis que Steven vit à Bruxelles. Cette distance confère à La Concierge une dimension transfrontalière, nourrie par des déplacements continus entre capitales et scènes. « Quand on parle de la nuit, ce n’est pas juste sortir pour boire ou s’amuser. C’est davantage un endroit où on se sent accepté, où on peut être soi, où on peut être libre, loin des jugements bourgeois et conservateurs. » Liliana précise que la notion de safe space prend tout son sens au milieu des « prédateurs » qui hantent les sorties nocturnes.
personnes très différentes peuvent coexister sans jugement et passer un bon moment ensemble. » Ce type de mood, selon eux, manque encore au Grand-Duché ou du moins reste fragmenté. « Ce n’est pas qu’il n’existe pas, mais ce n’est pas encore très présent », nuance Liliana. Elle parle d’une scène en construction, d’une culture alternative qui émerge, mais qui n’a pas encore trouvé toute sa visibilité. « On aimerait reproduire cette énergie, cette idée de communauté qu’on a connue ailleurs. » Car derrière Common Ground, il y a une question simple : comment créer un espace commun dans une société qui se dit diverse, mais où les moments restent cloisonnés ? Le Luxembourg est souvent présenté comme un pays multiculturel. Mais cette multiculturalité estelle vécue au quotidien ? « Qui se sent vraiment visible ? », interroge Steven. L’exposition devient alors un terrain d’expérimentation. Vingt artistes de la Grande Région, sélectionnés via un open call, composent cette édition.
Steven, de son côté, ne parle pas d’un mot-valise, mais d’une réalité ressentie. « Être safe, ça ne veut pas dire la même chose pour tout le monde. Pour nous, en tant que personnes queer, ce n’est pas la même chose que pour d’autres personnes. » Il parle de lieux où l’on apprend à se déconstruire, à revoir ses réflexes, ses rapports aux autres. « C’est dans ces espaces que j’ai le plus appris sur moimême. » Liliana complète : « Ce sont des endroits où des
« On ne choisit pas des gens ni des amis qu’on connaît, on choisit des projets », insiste Liliana. Une manière de rendre le processus plus ouvert, plus accessible. « Tout le monde peut envoyer un dossier. Ce qui compte, c’est la pertinence, pas le réseau. » Les profils sont variés, les pratiques aussi : performance, installation, design, image, architecture.
« On ne voulait pas enfermer les artistes dans une discipline », explique Steven. Le thème lui-même reste volontairement large, pour laisser place à des approches multiples.
« Ce qui nous intéresse, c’est comment chacun s’approprie ces questions d’identité et de visibilité. »
Cependant Common Ground ne se limite pas aux œuvres. L’un des enjeux majeurs réside dans la scénographie. « On travaille sur des références liées à la nightlife, à des dispositifs DIY, des esthétiques industrielles, parfois réappropriées », détaille Liliana. Exit le white cube neutre, ici, l’environnement raconte quelque chose. « On veut que le lieu participe à l’expérience, qu’il soit immersif, presque physique. » Audelà de la curation, cette approche se prolonge dans le programme qui accompagne l’exposition et renforce les enjeux et les thématiques.
Discussions, performances, concerts, DJ sets, ateliers : « On veut proposer des points d’entrée différents, plus démocratiques. Pas uniquement attirer des fans d’art, mais aussi, peut-être, un public qui est un peu plus intéressé par les enjeux sociaux ou des discussions liées de manière générale à l’expo », précise Liliana. Quelqu’un peut venir pour une table ronde et découvrir une œuvre, ou venir pour un concert et rester pour une conversation. « Tout est lié. » La fête joue ici un rôle central. Non pas comme un simple élément d’ambiance, mais comme un outil. « La nuit permet des rencontres qui ne se feraient pas ailleurs », affirme Steven. Elle abolit certaines barrières, crée des connexions inattendues. « C’est un espace où les gens peuvent coexister différemment (sourire). »

sur une idée simple : l’art comme outil de lien. Pas comme une réponse, mais comme une ouverture. « On ne cherche pas à donner des solutions », dit Steven. « On cherche à poser des questions. » Des questions sur l’identité, la place, la visibilité, mais aussi sur la manière dont on vit ensemble. Liliana parle d’un « Common Ground », un terrain commun. « Pas un endroit où tout le monde pense pareil, mais un endroit où les différences peuvent coexister. » Une zone de friction autant que de rencontre. « On ne veut pas lisser les tensions. On veut qu’elles puissent exister, mais dans un cadre où elles peuvent être partagées. »
Pour le vernissage, cette logique sera pleinement assumée : musique, performances drag, énergie collective. « On veut mélanger les scènes », insiste Liliana. Punk, électro, pratiques hybrides : pas de hiérarchie, pas de cloisonnement. « Ce qui nous intéresse, c’est la connexion. » Derrière tout ça, il y a aussi une dimension politique. « Bien sûr qu’on est politisés », dit Liliana. Mais il ne s’agit pas de coller une étiquette. « Ce n’est pas une question de gauche ou de droite. » Steven précise : « Ce qui nous importe, c’est de créer des zones de discussion, de réflexion, une critique sociale. » Leur approche repose
Ils en sont conscients : une exposition ne suffit pas à transformer un paysage culturel. Mais elle peut ouvrir une brèche. « Si des gens découvrent quelque chose qu’ils ne connaissaient pas, c’est déjà beaucoup », dit Steven. « Si ça crée des connexions, c’est encore mieux. »
Au fond, Common Ground n’est pas une exposition sur l’underground. C’est une tentative de faire exister, ici et maintenant, un espace inspiré de ces cultures.
Un espace où l’on peut se rencontrer autrement.
Où l’on peut expérimenter, discuter, danser, réfléchir.
Un espace où l’on peut, simplement, être là.


aventure hors aventure hors aventure hors du temps du temps du temps hors


Au Salone del Mobile 2026, il ne suffit pas de regarder un canapé ou d’admirer une lampe parfaitement sculptée : le design doit être ressenti. Touché. Écouté. Presque habité. Dans les palais milanais comme dans les halls immenses de Rho Fiera, une même intuition traverse les installations les plus marquantes. Après des années dominées par le minimalisme et les intérieurs ultralisses, le design revient au corps, à la matière et à l’émotion. Trois mouvements ont cristallisé cette évolution : l’essor du design sensoriel, le retour spectaculaire de l’artisanat et l’effacement progressif des frontières entre mode et mobilier.
Chaque année en avril, pendant le Salone del Mobile, Milan vibre d’une effervescence particulière, à mi-chemin entre le spectacle et le laboratoire d’essai. Les nouvelles collections se succèdent à un rythme effréné, les collaborations se dévoilent derrière des portes closes, et les idées (parfois éphémères) circulent dans les palais, les cours et les anciens sites industriels réaménagés. En parcourant la ville, les figures les plus influentes du secteur étaient toutes à la recherche de la même chose : un aperçu des tendances et de ce qui nous attend.
LE DESIGN DEVIENT UNE EXPÉRIENCE
SENSORIELLE
Un mot revenait partout à Milan : immersion. Le Salone 2026 n’est plus pensé comme une succession de stands, mais comme une série d’expériences sensorielles. Les visiteurs ne se contentent plus de regarder des objets, ils entrent dans des univers complets, orchestrés comme des installations artistiques.
L’une des propositions les plus commentées fut celle de USM, la marque qui fait évoluer l’univers du mobilier grâce à ses configurations modulaires ultrasophistiquées. La collaboration avec le studio norvégien Snøhetta bouscule les codes de l’architecture avec une installation quasi irréelle, qui interroge le lien entre la structure, le corps et la perception. Dans un espace presque méditatif, les structures modulaires iconiques de la marque sont accompagnées de paysages sonores, de jeux de lumière évolutifs et de matières naturelles invitant au toucher. Les meubles devenaient décors sensoriels plutôt qu’objets fonctionnels.
RESSENTIR LES OBJETS PLUTÔT
QUE LES REGARDER
Comme à chacune de ses créations, Patricia Urquiola marque les esprits. Son installation « Balcoon-Scapes »
pour Duravit convertit la salle de bain en un espace de perception artistique et atmosphérique. Chez Moroso, l’exposition transforme la boutique en un écosystème sensoriel. L'espace a été repensé comme une construction ouverte où la couleur et la matière guident l'expérience, effaçant les frontières entre l'architecture et l'environnement.


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LES OBJETS. »
Cette volonté de mobiliser tous les sens traverse aussi des projets plus intimistes. Chez Marimekko, les visiteurs circulent dans un jardin contemporain où les textiles dialoguaient avec des parfums végétaux et des compositions florales inspirées des paysages nordiques. L’installation ressemblait davantage à une promenade émotionnelle qu’à une présentation de collection.
Cette évolution raconte beaucoup de notre époque. Dans un quotidien saturé d’écrans et d’images numériques, le design semble désormais rechercher l’inverse : des expériences physiques, tangibles, profondément sensorielles. Les matières texturées, les surfaces imparfaites, les jeux acoustiques ou olfactifs deviennent des formes de luxe contemporain. Le beau ne suffit plus. Il faut désormais ressentir les objets.
La véritable magie de Milan se trouve dans la rigueur de l’artisanat, les ateliers de tapisserie, les carrières de pierre, les ateliers de métallurgie, des traditions affinées dans les régions environnantes et mises en valeur avec une renommée internationale. Après des années de minimalisme, l’artisanat revient au-devant de la scène. Cette édition a montré une fascination nouvelle pour les gestes de fabrication. Les designers parlent désormais

du temps nécessaire pour produire un objet, de la trace de la main, du travail des artisans, comme d’éléments émotionnels à part entière.
Ainsi, le duo Ronan & Erwan Bouroullec a présenté une série de tables et paravents en matériaux naturels, où chaque irrégularité semblait revendiquée. Leur paravent textile, tissé artisanalement, a été particulièrement remarqué pour sa simplicité radicale. Le verre a sans doute été la matière star de cette édition. Les grandes maisons italiennes comme Venini ou Barovier&Toso ont présenté des pièces monumentales où la virtuosité technique devient spectaculaire. Lustres gigantesques, volumes soufflés à la main, dégradés colorés complexes : les imperfections artisanales étaient visées comme signatures esthétiques. Le studio milanais 6:AM a particulièrement incarné cette tendance avec l’installation Over and Over and Over and Over, dans une ancienne piscine moderniste. Entre sculptures translucides et pièces en verre teinté, le projet donne l’impression de pénétrer dans une cathédrale aquatique contemporaine.
Cette valorisation du savoir-faire se retrouvait aussi dans les matières naturelles : bois brûlé, céramiques irrégulières, textiles tissés à la main, marbres aux veines

très visibles. Le design semble chercher aujourd’hui une forme d’authenticité émotionnelle, presque opposée à la perfection froide produite par l’IA ou les rendus numériques. Chez Fornasetti, cette obsession de l’objet narratif atteignait son apogée. La maison italienne a dévoilé un nouvel espace milanais conçu comme un cabinet de curiosités contemporain, où chaque meuble, chaque assiette et chaque motif semblaient raconter une histoire.
Même les grandes maisons ont embrassé ce retour au geste. Hermès a dévoilé une collection d’objets en cuir et en textile d’une précision extrême, dont une série de plaids et de petits meubles gainés, où chaque couture devenait un détail visible, assumé. L’objet décoratif redevient précieux non parce qu’il est rare, mais parce qu’il porte une mémoire humaine.
Autre phénomène majeur du Salone 2026 : la disparition progressive des frontières entre mode, décoration et lifestyle. Les maisons de luxe ne considèrent plus le mobilier comme une extension secondaire de leur univers. Elles construisent désormais de véritables visions domestiques. Chez Dior Maison, les luminaires Corolle de Noé Duchaufour-Lawrance présentés cette année reprenaient les codes de la haute couture : plissés délicats, transparences, structures évoquant les ateliers de couture parisiens. Les objets semblaient presque portables tant ils empruntaient au vocabulaire du vêtement. Même logique chez Fendi Casa, où les collections jouaient sur des matières extrêmement tactiles - velours épais, cuirs souples, finitions satinées - pensées pour provoquer une sensation physique immédiate.
« L’OBJET DÉCORATIF REDEVIENT PRÉCIEUX NON PARCE QU’IL EST RARE, MAIS PARCE QU’IL PORTE UNE MÉMOIRE HUMAINE. »
Mais c’est sans doute la collaboration entre H&M Home et Kelly Wearstler qui symbolise le mieux cette nouvelle hybridation. La designer californienne a imaginé une collection où les objets domestiques étaient traités comme des accessoires de mode : silhouettes affirmées, couleurs saturées, pièces sculpturales destinées à exprimer une personnalité plutôt qu’une simple fonctionnalité. Ses objets sont modulaires, conçus pour s'étendre et interagir avec leur environnement.
Le mobilier devient ainsi une extension du style personnel, exactement comme un vestiaire. Cette évolution répond aussi à une transformation culturelle profonde : les consommateurs n’achètent plus seulement des objets, ils adhèrent à des univers esthétiques complets. Les marques de mode l’ont parfaitement compris. Elles ne vendent plus uniquement des vêtements, mais une manière de vivre, d’habiter, de recevoir et même de ressentir un espace.
Le Salone del Mobile 2026 confirme donc une chose essentielle : le design contemporain n’est plus seulement une discipline fonctionnelle. Il devient un langage émotionnel global, situé quelque part entre l’art, l’architecture, l’artisanat et la mode.

Knokke-Heist s’impose comme une destination balnéaire belge haut de gamme, où se conjuguent détente, nature, shopping et culture. Tout au long de l’année, la station vibre au rythme d’expositions culturelles d’envergure et d’événements majeurs tels que le festival international de feux d’artifice, IRONMAN et le Zoute Grand Prix. Une promenade en bord de mer s’y prolonge naturellement par l’art et l’expérience. Knokke-Heist, une signature d’élégance au littoral.


Le mode vacances est activé. Au programme ?
Des allers-retours entre la serviette de plage et la mer, tout en n’oubliant pas la fameuse question existentielle : « On mange où ce soir ? »
Bref, l’été dans toute sa splendeur. Hors de question d’enfiler son outfit de bureau pour sortir dîner. On dégaine des outfits bien comfy en évitant quand même les claquettes-chaussettes (quoique…).
Pour le reste, on dit oui aux pantalons en toile, aux chemises fluides, aux bermudas et aux petites robes. Pourvu que ça ne colle pas trop à la peau.







Tous les vendredis, toute l’année, en plein centre-ville de Luxembourg. Offrez une seconde vie à vos vêtements avec le Repair Café de Lët’z Refashion. Trous, accrocs, ourlets ou petits défauts : apprenez à réparer vos pièces aux côtés de professionnels de la couture, dans une ambiance conviviale et accessible à tous. Atelier niveau débutant, sans aucune connaissance en couture à la machine. Apportez simplement vos vêtements à réparer, nous mettons le reste à disposition.


















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1 paire optique achetée + 1 paire solaire offerte
Trois ans de développement, des dizaines de prototypes, une fabrication artisanale en Italie et seulement quelques exemplaires disponibles. Avec cette collection exclusive, Enza Fine Lunetterie et Sumo brouillent les frontières entre mode et création artistique. Le résultat ? Trois modèles en édition limitée qui transforment chaque paire de lunettes en véritable objet de désir.
Comment cette collaboration est-elle née ?
Enza : J’ai découvert l’univers de Sumo il y a plusieurs années lors de l’ouverture de sa galerie. J’ai immédiatement été touchée par son travail, ses couleurs et son énergie. J’ai commencé à collectionner ses œuvres, puis nos échanges se sont multipliés au fil du temps. L’idée de créer quelque chose ensemble s’est imposée naturellement.
Sumo : Enza possède une identité très forte. Ses lunettes sont audacieuses, reconnaissables et loin des standards. J’aime travailler avec des personnes qui ont une vision affirmée. Nous partageons cette envie de créer des projets singuliers qui laissent une empreinte.









Pourquoi avoir imaginé trois modèles différents ?
Enza : Nous voulions que chacun puisse trouver la monture qui lui correspond. La collection se compose de trois modèles : The Rockstar, The Icon et The Goat. Chaque modèle est produit à seulement 75 exemplaires et numéroté individuellement.
Sumo : Les motifs sont issus d’une œuvre réalisée spécialement pour cette collaboration. Nous en avons extrait différents détails afin de créer douze variations visuelles qui se déclinent sur les montures tout en conservant une identité commune.
Comment avez-vous réussi à faire entrer l’univers de Sumo dans une paire de lunettes
Sumo : Ce ne sont pas simplement des lunettes imprimées. Les rayures, les points, les contrastes et les jeux de couleurs que l’on retrouve dans mon travail ont été adaptés spécifiquement pour les montures.
Enza : Nous voulions créer un objet qui sorte de l’ordinaire, à mi-chemin entre accessoire de mode et pièce de collection. Des éclats de couleurs, des motifs graphiques et des contrastes directement hérités de l’univers de Sumo habillent les montures comme autant de fragments d’œuvres à porter.
Ces lunettes ont-elles été pensées comme un accessoire de mode ou comme une pièce de collection ?
Enza : Pour moi, une paire de lunettes est faite pour être portée. Il faut la montrer, la faire vivre. Bien sûr, certains collectionneurs auront peut-être envie de la conserver, mais avant tout, elle a été conçue pour accompagner le quotidien.
Sumo : Je partage cette vision. J’aime l’idée que l’on puisse porter une œuvre au quotidien plutôt que de la laisser enfermée dans une vitrine. Ces lunettes ont été imaginées pour vivre avec leur propriétaire.
Trois ans de travail pour une paire de lunettes. Pourquoi un tel défi ?
Enza : Parce que nous ne voulions faire aucun compromis. Reproduire fidèlement les œuvres de Sumo sur une surface aussi petite s’est révélé beaucoup plus complexe que prévu. Nous avons testé différentes techniques, différents matériaux et multiplié les prototypes avant d’obtenir le résultat que nous avions en tête.
Sumo : Le défi était de préserver l’impact visuel de mes créations. Sur une toile, on dispose d’un grand espace d’expression. Sur une monture, chaque millimètre compte. Il a fallu simplifier, épurer et ne conserver que l’essentiel.
Enza : Les montures sont fabriquées artisanalement en Italie selon un procédé spécifique permettant d’intégrer les visuels directement dans l’acétate. Chaque paire est également accompagnée d’une microfibre exclusive créée par Sumo pour la collection.

Que représente cette collaboration pour la scène créative luxembourgeoise ?
Sumo : J’ai toujours détesté entendre qu’un projet était « bien pour un petit pays ». L’ambition n’a rien à voir avec la taille d’un territoire. Cette collaboration montre que des créateurs luxembourgeois peuvent imaginer des projets exigeants, innovants et capables de rivaliser avec ce qui se fait à l’international.
Enza : Nous avons la chance d’évoluer dans un écosystème créatif extrêmement riche. Cette collection est aussi une manière de célébrer le savoir-faire, les talents et l’audace qui existent au Luxembourg.
Après trois années d’expérimentation, de tests et d’échanges créatifs, SUMO x ENZA donne naissance à une collection où l’art quitte les murs pour s’inviter dans le quotidien. Une rencontre entre deux univers qui partagent le même goût de la couleur, du détail et des pièces qui ne ressemblent à aucune autre.
X ENZA : LAUNCH PARTY
Le 27 juin, Enza Fine Lunetterie dévoilera officiellement cette collection exclusive lors d'une soirée de lancement. Au programme :
• Découverte en avant-première des modèles The Rockstar, The Icon et The Goat
• Présence de Sumo et Enza
• DJ set assuré par Jerry
• Dégustation de Tamar Gin, présenté par son fondateur Sacha Olinger
• Possibilité de réserver son numéro préféré parmi les premiers exemplaires

Une seule adresse : Enza Fine Lunetterie. Une seule soirée. Plusieurs numéros sont déjà réservés avant même le lancement officiel. Le 27 juin, les plus rapides auront le privilège de repartir avec le modèle et le numéro de leur choix.




Parce que l'été est aussi la saison de toutes les envies, voici ce qui a retenu notre attention ces dernières semaines. Mode, design, beauté, tech ou lifestyle : tour d'horizon de ces découvertes que l'on avait envie de mettre sous les projecteurs.
Le football continue sa conquête de l'univers mode. Pour sa nouvelle collaboration avec la Fédération Française de Football, Jacquemus revisite l'esthétique des Bleus à travers son regard minimaliste et résolument contemporain. Entre héritage sportif, élégance française et culture populaire, la collection propose une lecture inédite des codes du football. Maillots, accessoires et pièces lifestyle quittent le terrain pour rejoindre le quotidien. Une rencontre qui illustre parfaitement l'époque : celle où les frontières entre sport, mode et culture populaire disparaissent.


Avec son bracelet Maillon tissé, dinh van offre une interprétation estivale de l'un de ses emblèmes. La maison parisienne associe l'éclat de l'or à un savoir-faire japonais inspiré des traditionnels nœuds de kimono. Décliné dans des teintes évoquant les plus belles destinations de vacances, ce bracelet brouille les frontières entre joaillerie et accessoire de mode. Plus libre, plus décontracté, il accompagne aussi bien une silhouette de plage qu'un dîner en terrasse. Une pièce qui résume à elle seule l'esprit de l'été : libre, lumineuse et résolument mode.

Nous consultons notre smartphone plus de cent fois par jour. Pourtant, pendant longtemps, sa coque est restée un simple accessoire fonctionnel. Avec Charlot Paris, elle s'impose désormais comme un véritable élément du vestiaire estival. La marque parisienne transforme les essentiels tech du quotidien en accessoires de mode à part entière. Coques aux imprimés graphiques, cordons tressés, détails colorés et finitions soignées composent une collection pensée pour accompagner chaque silhouette avec style. À mi-chemin entre maroquinerie et accessoire lifestyle, ces créations brouillent les frontières entre fonctionnalité et désirabilité. Dans un monde où le smartphone ne nous quitte jamais, Charlot Paris réinvente l'objet que l'on regarde le plus au quotidien. Une preuve supplémentaire que les accessoires les plus tendance de l'été ne se portent plus seulement au bras ou au cou, mais aussi au creux de la main. Le détail qui change tout ? Des accessoires pensés pour personnaliser son téléphone comme on choisit un bijou, un sac ou une paire de lunettes de soleil.
Vilebrequin invite l'artiste Fabrice Hyber à revisiter son vestiaire balnéaire dans une collection capsule haute en couleurs. Poissons aquarellés, bulles graphiques et motifs inspirés du vivant investissent les maillots de bain, chemises et accessoires emblématiques de la marque. L'univers organique et poétique de l'artiste rencontre l'esprit Riviera de Vilebrequin dans une proposition à la fois ludique et sophistiquée. Des pièces conçues pour passer naturellement du bord de mer aux longues soirées d'été. Cet été, les œuvres ne restent plus accrochées aux murs. Elles s'invitent jusque sur le sable.


Chez Typology, la protection solaire prend une nouvelle dimension. Avec son Sérum Solaire Bi-Phase SPF 30 L54, la marque française imagine un soin hybride qui accompagne le bronzage naturel tout en protégeant efficacement la peau des UVA et UVB. Sa texture légère disparaît instantanément sur la peau tandis que l'inositol issu de la caroube favorise le processus naturel de bronzage. L'huile de buriti contribue quant à elle à prolonger l'éclat du hâle après l'exposition. Une nouvelle génération de soins solaires qui place enfin la peau au centre du bronzage.
Texte Fabien Rodrigues
Jeune sensation des derniers Luxembourg Design Awards tout juste de retour de la grand-messe milanaise du design, Jules Péan cache, derrière un sourire d’une bienveillance désarmante et un discours enjoué, une bête de travail acharné qui enchaîne expositions, démontages et nouveaux projets. Avec une obsession : utiliser et recréer la nature - et particulièrement ses « cailloux », qu’il s’approprie au gré de ses inspirations…

« Trois démontages en une semaine », de Milan aux Rotondes en passant par les Pays-Bas : une chose est certaine lorsqu’on s’assoit avec Jules Péan, c’est qu’il ne chôme pas ! Surtout en cette période de la Milan Design Week 2026, lors de laquelle il a fait partie d’une petite sélection bien choisie et appelée à montrer sur place ce que le Luxembourg sait faire en la matière. Un premier indice aussi quant au travail du jeune designer et à sa nature protéiforme, qui lui permettent un certain don d’ubiquité. Aux Rotondes, il a présenté pendant quelques semaines deux projets de recherches, New Rocks et Potatoes, intitulés relativement transparents sur - un - son objectif et - deuxce qu’il utilise, entre autres. Car en effet, Jules a fait sienne une recherche à la croisée du design, de la science et de l’art, avec pour mission permanente de recréer la roche, la belle, l’utile, à partir de matériaux a priori sans valeur combinés à la sphère organique.
APP(ROCHE) NOUVELLE
New Rocks en est un parfait exemple et peut servir de « base » à l’appréhension du travail du jeune designer : à partir d’un matériau premier composé essentiellement de « sols » récoltés sur des lieux choisis ad hoc, il produit des consoles et des meubles modulaires en liant cette dirt grâce à des agents naturels comme du sel, de la fécule de pomme de terre et de maïs ou encore de l’amidon issu d’eau de cuisson.
Cette collection d’objets se décline depuis septembre 2025, avec le même procédé de sélection des ressources, la seule différence en 2026 étant une évolution du centre des pièces, à présent composé d’un mélange de chanvre et de chaux. Autour de ce centre, Jules construit ensuite une « sorte de peau de caillou », avec plusieurs techniques pour plusieurs textures qui vont permettre de se rapprocher au plus près d’un aspect naturel - c’est le cas de le dire ! « Le but est de créer de l’interrogation, voire une certaine confusion chez l’observateur.

Que l’on se demande ce que c’est exactement et comment j’ai agi sur l’objet en question. Car contrairement à ce que l’on pourrait penser, je n’ai pas enlevé de la matière à une masse plus grande, mais j’ai plutôt fait le contraire en créant et en réutilisant. »
Outre leur signification et leur fonction de traduction de la pensée de leur créateur, ces pièces sont aussi fonctionnelles et modulaires grâce à une structure interne en métal qui permet la sécurité nécessaire à leur utilisation, en exposition comme dans un intérieur. Une petite concession quant à la dynamique très durable de New Rocks, puisque le reste est entièrement biodégradable…
Ce projet au long cours, Jules l’a débuté lors de ses études à la Design Academy Eindhoven, aux Pays-Bas - pays dont est originaire sa mère et dont il maîtrise la langue. Ce qui n’a pas manqué d’appuyer son choix pour l’institution d’enseignement supérieure pour laquelle il a eu un véritable coup de foudre et dont il est diplômé depuis 2024. Dès le lycée, Jules a été appelé par l’architecture et le design, grâce aussi à des grands-parents hollandais très friands d’art et « très artistiques dans leur manière d’être. » Le bac en poche et en plein Covid, il hésite un moment avec Bruxelles pour la suite, mais une visite à la Dutch Design Week d’Eindhoven lui met « une grosse claque » et le décide pour la ville et son académie. Il y est vite séduit par l’approche aussi rigoureuse qu’expérimentale, privilégiant un storytelling très personnel et stimulé - permettant une porosité vertueuse entre art et design. Suite à une première année de télé-enseignement très particulièrepandémie oblige - il étudie pendant les trois ans suivants sous la houlette d’un mentor visiblement très impactant pour son travail à venir, Mathieu Carbonel, qui suit l’évolution de ses projets, ainsi qu’aux côtés « d’artisans d’arts d’exception : souffleurs de verre, joailliers, spécialistes en biomatériaux… », qui poussaient Jules à tout apprendre ou presque, « sans limite technique, avec une approche carte blanche. »
Ce qu’il faut savoir également, c’est que du côté paternel du designer alors en devenir, on retrouve Anthony Péan, ancien chef des cuisines de l’Hôtel Royal. Une influence gastronomique qui va elle aussi intégrer le processus entier du fils, avec par exemple l’arrivée de la pomme de terre dans ses recherches sur les biomatériaux ! Puis s'enchaînent
des essais, des échecs, des recommencements et enfin des réussites. Avec, toujours, comme point de départ, la récolte de matériaux vus comme des déchets : gravillons, sables et autres sédiments, presque toujours collectés au Luxembourg, des mines de la Minett aux « gisements » de grès omniprésents dans la capitale. Des sols grandducaux qui vont finir par rappeler le designer sur nos terres locales, parce qu’après tout, « aux Pays-Bas, y’a pas de cailloux, ce qui a fini par me déprimer et par me pousser à créer les miens… »
Après un stage axé sur le collective design qui va lui aussi avoir une influence certaine sur le travail de Jules, notamment quant à l’utilisation du sel - et une fois ses valises à nouveau posées dans son Luxembourg natal, Jules Péan réussit à intégrer rapidement le Design Hub de la ville de Luxembourg à Hollerich. Son travail d’études encore récent lui permet de candidater aux Luxembourg Design Awards de novembre dernier - une bonne idée puisqu’il repart de la cérémonie avec un prix du jury, mention « Éco Design », dans la catégorie Junior TalentsPrix Tom Gloesener, soutenu par l’Œuvre Nationaleet pour lequel le jury a salué « un projet qui mêle vision poétique et rigueur de recherche, porté par une approche durable pleine de sens. » Pas mieux.
Récemment, un autre emblème des Pays-Bas qu’est le vase à tulipes a aussi inspiré la création d’une autre série d’objets en céramiques, « corails de roche », tous uniques venus compléter et complimenter les éléments de support New Rocks, notamment lors de l’exposition de Jules à la Milan Design Week fin avril. Une présence soutenue par Kultur LX et qui a permis au jeune designer de se confronter à ce que la scène internationale fait de plus pointu. Mais aussi de réaliser que sa matière « est elle aussi devenue un thème déclinable, chaque pièce devenant sa propre œuvre, à l’instar de Columns. »
Et enfin - aspect non négligeable de ce genre de déplacement - de vendre quelques belles pièces et d’obtenir des retours importants de ses pairs, tant en termes de presse, d’architecture, « car la relation avec les architectes d’intérieur est absolument primordiale pour un travail comme le mien », que d’opportunités d’expositions plus institutionnelles. Avec des réalisations concrètes à venir, « c’était vraiment génial, on se reposera plus tard ! »
À VENIR…
Justement, des expositions, avec tout d’abord une seconde présence sur l‘événement très couru Curated au Mix de Bruxelles, à la rentrée prochaine. À cette occasion, Jules prépare un projet de grand bar dans un biomatériau similaire à New Rocks et pour lequel il s’adjoint l’aide de son tout premier stagiaire, ce qui semble le faire presque paniquer : « Ça me fait halluciner d’avoir déjà un stagiaire qui vient en mission chez moi ! C’est quelqu’un qui souhaite à tout prix expérimenter avec les biomatériaux, alors il ne va clairement pas être déçu.
Il va manger que ça : poussière et pomme de terre », s’amuse le jeune homme d’à peine 24 ans - qui avoue aussi que c’est « absolument nécessaire pour la réalisation de cette pièce particulière. »
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En septembre viendra également l’exposition Homo Faber à Venise, « avec les mêmes pièces qu’à Milan, probablement assorties de nouvelles céramiques pour un contexte intérieur assumé. » Enfin, c’est un déménagement qui attend aussi Jules Péan, puisque le Design Hub devra quitter la rue de Hollerich à la fin de l’été. Mais qu’à cela ne tienne : le designer aura l’opportunité d’intégrer un nouvel atelier dans un cadre historique et impressionnant : celui du château de Bourglinster, qui semble miser plus que jamais sur la nouveauté… Et au sein duquel il aura peut-être un jour l’occasion de collaborer avec un de ses artistes fétiches : Lenny Kravitz, dont il admire la créativité en matière de design d'intérieur. Avis à l’intéressé !
© Anwyn Howarth

28.0320.09.2026
Entrée libre
MER 11h - 18h
JEU 11h - 20h
VEN/SAM/DIM 11h - 18h
LUN/MAR fermé
Détails des visites guidées gratuites (DIM à 15h) et du programme-cadre sur konschthal.lu
Konschthal Esch
29, boulevard
Prince Henri L-4280 Esch-sur-Alzette info@konschthal.lu
konschthal.lu

BROGNON ROLLIN
AURA SATZ
NIKA SCHMITT
TINTIN PATRONE
OPEN GROUP
NIK NOWAK
Dans un monde complexe et multipolaire où les agendas économiques, politiques et culturels s’affrontent et se chevauchent, l’exposition état bruit met l’accent sur les artistes contemporains qui s’engagent dans cet environnement difficile et bruyant, plaçant le son au cœur de leurs réflexions et, par conséquent, de leur travail. L’exposition vise à fournir un aperçu contemporain des multiples canaux, signaux et bruits de fond qui nous entourent quotidiennement, rivalisant pour attirer notre attention ou nous détournant de l’essentiel.
Curateur : Charles Wennig
Dans un marché moins euphorique, Watches & Wonders 2026 a joué les révélateurs. Genève n’a pas seulement battu des records : elle a montré une industrie plus lucide, plus sélective, mais toujours capable d’allumer la mèche du désir. Les diamètres se calment, les couleurs s’affirment, les complications retrouvent du sens et les métiers d’art reprennent la lumière. Cartier, vaisseau amiral de Richemont, y a imposé son art souverain du style, tandis que Rolex, Audemars Piguet, Patek Philippe, Vacheron Constantin, Chanel, Hermès, Bulgari ou les indépendants rappelaient chacun leur partition. Moins de tapage, plus de précision émotionnelle : Genève a remis les pendules à l’heure, avec une autorité tranquille.


Le premier semestre 2026 n’a pas offert à l’horlogerie une mer d’huile. Les marchés arbitrent, les clients regardent davantage les prix, et l’euphorie des années post-Covid n’est déjà plus qu’un souvenir. Pourtant, à Genève, Watches & Wonders n’a rien eu d’un salon confidentiel. Avec 65 maisons, près de 60 000 visiteurs uniques, 1 750 journalistes, 6 000 détaillants et Genève embarquée dans le mouvement ; l’édition a ressemblé à ces grandes mécaniques dont le cadran paraît calme alors que tout s’active dessous. Le rendez-vous est devenu un théâtre mondial. On y défend une vision, un territoire, une manière de reprendre la main sur le récit du temps.
Watches & Wonders 2026 a d’abord frappé par son ampleur. Palexpo avait des airs de ruche sous tension, avec ses rendez-vous en cascade, ses vitrines mises en lumière et cette chorégraphie de passionnés capables de s’émouvoir devant un pont anglé. Mais le vrai basculement s’est joué hors des stands. Genève n’a pas seulement accueilli le salon : elle l’a absorbé. Boutiques, rues, ateliers, nocturnes et concerts ont transformé la ville en capitale battante de l’horlogerie. Cette ouverture est l’un des signaux forts de l’édition. Longtemps, la montre de luxe a cultivé l’entre-soi. Elle comprend aujourd’hui qu’il faut transmettre : expliquer sans vulgariser, faire rêver sans intimider, inviter sans banaliser. Le succès des journées
publiques montre que l’horlogerie n’a pas perdu son pouvoir d’attraction. Elle doit simplement changer de ton : moins parler en références, davantage en sensations ; moins réciter sa généalogie, mieux raconter pourquoi elle compte encore. Dans un contexte plus nerveux, cette réussite prend un relief particulier. Il ne suffit plus d’empiler les complications comme des macarons sur un présentoir. Le client compare, s’informe, hésite. Il veut du fond, de la cohérence, une émotion durable. Le salon a donc agi comme un révélateur : les meilleures nouveautés avaient une nécessité.
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La tendance la plus lisible tient en un mot : mesure.
Après des années de boîtiers bodybuildés et de cadrans surexposés, l’horlogerie redécouvre la politesse des proportions. Les diamètres se calment, les profils s’affinent, les silhouettes retrouvent de la tenue.
Le luxe n’a pas besoin de hausser la voix. Il peut murmurer, et c’est souvent là qu’il devient irrésistible.

Montres deux ou trois aiguilles, pièces extraplates, inspirations vintage, mouvements squelettes, tailles contenues : le salon a confirmé le retour à la réalité. La montre cesse de vouloir entrer dans une pièce avant son propriétaire. Elle accompagne, signe, s’installe. Cette évolution dit l’époque : moins de démonstration, plus d’usage. Les complications suivent ce mouvement.
Chronographes et calendriers perpétuels restent très présents, le tourbillon fascine encore, mais la démonstration pure ne suffit plus. Il faut une architecture, une lisibilité, une élégance mécanique. La complication ne doit pas ressembler à un concours de mathématiques sous verre saphir. Elle doit raconter. Quand la performance disparaît derrière l’évidence, l’horlogerie devient vraiment forte.
Dans cette édition, Cartier a confirmé son statut à part. Vaisseau amiral du groupe Richemont, la maison avance avec une assurance presque insolente. Sa force tient à un vocabulaire immédiatement reconnaissable. Tank, Santos, Baignoire, Panthère, Tortue, Crash, Ballon Bleu : chez Cartier, les formes ont une mémoire. Elles ne sont pas seulement dessinées, elles sont installées dans l’imaginaire collectif. À Watches & Wonders 2026, Cartier a rappelé que le style peut être plus puissant qu’une fiche technique. Là où certaines maisons doivent expliquer leur légitimité, Cartier pose une ligne, une courbe, une proportion, et tout est dit.
Cela ne signifie pas que la technique est absente. Elle reste à sa place : au service de l’allure. La maison sait qu’une montre ne vit pas uniquement par son calibre, mais par la manière dont elle habite un poignet et traverse une époque. Elle vend moins l’heure qu’une silhouette. Ce talent est précieux car l’horlogerie cherche à parler à un public plus large, plus féminin, plus jeune, moins prisonnier des codes anciens. Cartier a une longueur d’avance parce qu’elle n’a jamais enfermé ses montres dans une virilité mécanique trop étroite. Une Tank, une Baignoire ou une Panthère n’ont pas besoin de choisir leur camp. Elles circulent, séduisent, échappent aux catégories. Le non genré, souvent vernis marketing, Cartier le pratique depuis longtemps avec naturel. Autour d’elle, les autres maisons de Richemont ont joué leur registre : Vacheron Constantin la profondeur patrimoniale, Jaeger-LeCoultre la rigueur élégante, A. Lange & Söhne la noblesse mécanique, Van Cleef & Arpels la poésie joaillière, Panerai une sportivité plus affirmée.
L’autre grande leçon de Genève tient à la matière. En 2026, l’horlogerie reprend de la texture. Les cadrans se minéralisent, les couleurs s’émancipent, les finitions gagnent en présence. La montre n’est plus seulement un objet technique, elle redevient un paysage miniature. On y voit des bleus profonds, des verts plus végétaux que
militaires, des rouges contenus, des pierres dures, des reflets métalliques, des surfaces comme des étoffes. Le cadran devient un théâtre, parfois un ciel, parfois une peau, parfois une énigme. Cette montée de la couleur n’a rien d’anecdotique. Dans un marché saturé d’acier bleu et de noir sérieux, elle différencie sans renverser l’architecture. Mais la couleur ne doit pas servir de pansement à une idée faible. Les réussites sont celles où la nuance prolonge l’identité de la montre et apporte une vibration plutôt qu’un effet vitrine. Les matériaux racontent eux aussi une époque. Titane, acier, céramique, or, platine : chacun porte une promesse, entre légèreté, endurance, classicisme solaire et robustesse démocratique du luxe. Les métiers d’art ajoutent ce supplément d’âme que la machine n’imite pas. Émail, guillochage, gravure, sertissage, squelettage : autant de gestes qui rappellent que l’horlogerie est encore, au fond, une affaire de mains. Dans un monde où tout se copie, se poste et s’oublie, la trace d’un artisan devient presque subversive. Chanel, Hermès, Bulgari, Chopard, Piaget ou Van Cleef & Arpels ont montré combien la frontière entre horlogerie et joaillerie est fertile. La montre-bijou impose sa grammaire, sensuelle, graphique, parfois spectaculaire.
Au fond, Watches & Wonders 2026 aura été le salon d’un luxe en train de se recalibrer. Les maisons savent que le client n’achète plus les yeux fermés. Il veut comprendre, être surpris sans être manipulé, rêver sans avancer dans le brouillard. Ce changement oblige l’horlogerie à retrouver ce qu’elle fait de mieux : donner du sens au temps. Rolex, fidèle à son déplacement millimétré, continue d’exercer une autorité unique : un ajustement suffit parfois à faire parler toute la planète horlogère. IWC, elle, a regardé plus haut, avec une montre sans couronne pensée pour l’espace et un calendrier perpétuel enfin capable de revenir en arrière. Schaffhouse ne vendait pas une rêverie cosmique, mais une idée nette : l’ingénierie comme boussole, l’ergonomie comme terrain d’audace, le futur comme banc d’essai.

« À GENÈVE, LES MONTRES LES PLUS FORTES N’ÉTAIENT PAS FORCÉMENT LES PLUS BRUYANTES, MAIS CELLES QUI AVAIENT QUELQUE CHOSE À RACONTER. »
Audemars Piguet, dont le grand retour à Genève avait valeur de signal fort, a rappelé combien sa puissance dépasse la seule Royal Oak. Patek Philippe reste ce gardien du temple dont la discrétion tient presque de la signature. Mais le charme du salon tient aussi au travail des plus petites maisons. H. Moser & Cie., Laurent Ferrier, Ressence, Trilobe, Czapek, Armin Strom ou Grönefeld injectent l’imprévu, cette dose de poivre indispensable dans un banquet parfois trop parfait. Elles n’ont pas tous les projecteurs braqués sur elles, mais elles ont souvent les
meilleures conversations. Le vrai bilan est là : Watches & Wonders 2026 n’a pas seulement montré des montres. Il a montré une industrie face à elle-même, consciente que la rareté ne suffit plus, que le prestige doit se mériter, que l’émotion doit être construite avec autant de soin qu’un mouvement. Les montres les plus fortes n’étaient pas forcément les plus spectaculaires, mais celles qui donnaient envie d’être revues. C’est peut-être cela le luxe aujourd’hui : non pas provoquer un choc, mais installer une présence. L’horlogerie a cessé de courir après l’effet pour retrouver le tempo. Elle ne prétend pas arrêter le temps. Elle lui donne du relief, de la couleur, du poids, parfois même un sourire. Dans une époque qui file à toute allure, c’est déjà beaucoup.
Le quantième perpétuel, QP pour les initiés, est l’une de ces complications qui donnent à la montre un petit air de majordome anglais : impassible, impeccable, jamais pris en défaut par un mois trop court ou un février en embuscade.
Là où une date classique réclame son coup de pouce dès que le calendrier fait des siennes, lui a tout prévu. Trente jours, trente et un jours, années bissextiles : la mécanique absorbe les caprices du calendrier grégorien avec l’assurance d’un chef d’orchestre et la précision d’un laser chirurgical. Jusqu’en 2100, sauf exception, le QP avance sans demander son chemin. C’est toute sa magie : une intelligence sans pile, sans algorithme, sans notification hystérique.
Des roues, des cames, des leviers, et cette capacité presque insolente à transformer le désordre administratif du temps en chorégraphie miniature. Le quantième perpétuel ne se contente pas d’afficher la date : il la dompte, la devance, la met au pas. Autant dire que, dans un monde où même nos téléphones exigent régulièrement une mise à jour, cette mécanique-là conserve une allure imperturbable, presque provocante de maîtrise.
Chez Audemars Piguet, le quantième perpétuel passe en mode radiographie chic. Avec la Code 11.59 Quantième
Perpétuel Squelette, la complication ne se cache plus derrière un cadran bien élevé : elle s’expose, assume ses rouages, montre ses nerfs, bref, enlève le capot. Le résultat ? Une mécanique de haute précision qui a décidé de ne plus parler à voix basse. Dans son boîtier de 41 mm en or gris et céramique noire, le calibre 7139 inaugure le premier mouvement automatique squelette à quantième perpétuel entièrement développé et fabriqué en interne par la Maison. Extra-plat, battant à 4 Hz, doté de 55 heures de réserve de marche, il coche les cases sérieuses sans prendre l’air compassé. Le réglage tout-à-la-couronne simplifie la vie, luxe suprême quand on parle d’un QP, tandis que l’affichage repensé gagne en lisibilité. À travers le cadran en saphir, l’architecture ajourée révèle un travail manuel d’une trentaine d’heures. Autant dire que cette montre ne donne pas seulement la date : elle fait visiter les coulisses du temps, avec badge VIP.
PRIX : SUR DEMANDE

Chez IWC, le QP quitte le rayon « complication intimidante » pour passer en mode pilotage instinctif. La Grande Montre d’Aviateur Calendrier Perpétuel ProSet Le Petit Prince aligne pourtant du sérieux : boîtier acier de 42 mm, cadran bleu foncé soleillé, chiffres et aiguilles rhodiés gavés de Super-LumiNova ®, histoire de rester lisible même quand février joue les divas. Mais la vraie secousse est ailleurs : ce Calendrier Perpétuel ProSet se règle vers l’avant et vers l’arrière via une seule position de couronne. Pour un QP avec phase de lune, c’est presque la fin des sueurs froides. Derrière cette simplicité apparente, IWC déploie une architecture de module entièrement nouvelle, protégée par cinq brevets, avec des composants issus du procédé LIGA. Date, jour, mois, année à quatre chiffres, Double Moon ® pour les deux hémisphères : tout est là, cadré, lisible, sans surcharge. Le calibre manufacture 82665, remontage Pellaton renforcé en céramique, offre 60 heures de réserve de marche. Et avec son bracelet acier plus un caoutchouc bleu EasX-CHANGE®, la montre garde ce qu’il faut de légèreté pratique. Un QP de cockpit, mais sans manuel de survie.
PRIX : 38 700 €


Chez Frédérique Constant, le quantième perpétuel refuse de jouer les complications inaccessibles. La Highlife Perpetual Calendar Manufacture reprend l’une des grandes spécialités de la maison genevoise : proposer un vrai QP manufacture à un tarif qui ne fera pas sourciller votre banquier. Et c’est précisément ce qui fait de ce modèle un classique de la marque. Derrière son allure sportive chic, son bracelet intégré et son cadran bleu gris texturé façon globe terrestre, se cache pourtant une mécanique redoutablement sophistiquée. Le calibre manufacture FC-775 orchestre date, jour, mois, années bissextiles et phase de lune avec une fluidité remarquable. Le tout dans un boîtier acier de 41 mm portable au quotidien, loin des pièces de musée qu’on ose à peine sortir du coffre. Dans un univers où le QP tutoie souvent des sommets vertigineux, Frédérique Constant rappelle qu’on peut entrer dans ce club très fermé sans vendre un rein au passage.
PRIX : 9 595 €
Jaeger-LeCoultre aborde le QP comme une équation résolue au millimètre. La Master Control Chronomètre Perpetual Calendar mise sur l’acier, le bracelet intégré et un format presque désarmant : 39 mm de diamètre pour 9,2 mm d’épaisseur. Autrement dit, une grande complication qui a eu la politesse de ne pas gonfler des épaules. Sur le cadran bleu-gris dégradé, le calendrier complet se lit en quatre temps : mois et année à 12 heures, jour à 3 heures, date à 9 heures, phase de lune à 6 heures. C’est net, équilibré, très Vallée de Joux dans l’idée : beaucoup de science, zéro gesticulation. Le calibre automatique 868, dernière génération, ne mesure que 4,72 mm d’épaisseur et offre 70 heures de réserve de marche. Les informations sont synchronisées et réglables via un unique correcteur, ce qui évite le numéro de microchirurgie horlogère au moment de remettre la montre à jour. Le tout est certifié chronomètre et porte le nouveau label HPG de la Maison, gage de précision testée dans la vraie vie. Un QP de grande école, mais en tenue contemporaine.
PRIX : 47 400 €

Avec la nouvelle iX3, BMW ouvre sa Neue Klasse sans sortir les violons. Tout change ou presque, mais rien ne vient compliquer le voyage : écran panoramique, sièges massants, aides en embuscade, démarrage disparu. Une électrique de 469 ch qui pense beaucoup, parle peu et donne surtout envie de prendre la route.
Je l’avoue, j’ai abordé cette nouvelle BMW iX3 avec une légère méfiance. Encore un SUV électrique premium prêt à vous expliquer l’avenir avec des acronymes, des écrans et un mode d’emploi long comme un roman russe ? Sauf que cette fois, BMW ne se contente pas de remplacer une batterie par une autre. L’iX3 inaugure la Neue Klasse, ce grand virage maison qui doit infuser toute la gamme. Face aux Audi Q6 e-tron, Mercedes GLC électrique et Tesla Model Y, la Bavaroise arrive sans hurler. Elle ne joue pas la voiture-manifeste, elle préfère installer une ambiance. On monte, elle comprend. On roule, elle s’efface. Et c’est précisément là que ça devient intéressant.
Dehors, l’iX3 ne cherche pas à ressembler à un concept-car échappé d’un salon de Shanghai. Longue de 4,782 m, large sur ses appuis, elle garde cette carrure de SUV allemand qui ne s’excuse pas d’occuper la route. Mais le dessin a été nettoyé. Les surfaces sont lisses, les lignes plus franches, les poignées affleurantes sortent à l’approche, avec cette petite politesse technologique qui fait toujours son effet. Les naseaux verticaux renvoient à la Neue Klasse des années 60, la signature lumineuse remplace le chrome, et l’ensemble paraît taillé pour durer plutôt que pour faire le buzz pendant 15 jours. Avec un Cx de 0,24, l’air semble glisser sur elle sans chercher la bagarre. C’est solide, posé, presque silencieux avant même d’avoir démarré.
À bord, le vrai saut de génération se voit immédiatement. Le BMW Panoramic iDrive étire les informations à la base du parebrise, de montant à montant, comme une ligne d’horizon privée. Le grand écran central tombe naturellement sous la main, sans donner l’impression qu’une tablette a été collée là au dernier moment. Et surtout, plus de bouton de démarrage. On s’installe, la voiture s’éveille, point. Ce détail change tout : on ne lance plus une machine, on entre dans une continuité. Les sièges chauffent, enveloppent, massent selon l’équipement, pendant que l’habitacle joue la carte d’un cocon lumineux. La banquette arrière a des airs de canapé chic, le coffre offre 520 litres, le rangement avant ajoute 58 litres pour les câbles, les sacs ou les indispensables des départs improvisés. C’est technologique, oui, mais ça ne pose pas avec un casque de réalité virtuelle.
La bonne surprise, c’est que BMW n’a pas confondu modernité et disparition totale du bon sens. Les commandes essentielles
restent physiques : clignotants, essuie-glaces, volume, sélecteur, dégivrage. Merci pour nos nerfs. Pour le reste, la voiture anticipe, suggère, obéit à la voix, personnalise l’ambiance et transforme le téléphone en clé. Derrière cette fluidité, quatre ordinateurs haute performance gèrent la conduite, les aides, l’info-divertissement et le confort. Le terme “superbrain” peut faire sourire, mais ce qui compte n’est pas le mot. C’est le résultat. Les réactions paraissent plus naturelles, les menus moins laborieux, les aides moins intrusives. L’iX3 donne l’impression rare d’une voiture très complexe qui fait l’effort de ne pas vous le faire payer à chaque trajet.
Sur la route, la fiche technique remet vite les pendules à l’heure. Deux moteurs, quatre roues motrices, 469 ch, 645 Nm et un 0 à 100 km/h en 4,9 secondes. De quoi transformer un dépassement en formalité et rappeler qu’une BMW, même électrique, n’a pas vocation à faire tapisserie. Mais l’iX3 ne confond pas puissance et démonstration de biceps. Elle accélère fort quand on lui demande, puis retrouve son calme avec une aisance presque naturelle. Le Heart of Joy coordonne moteur, freinage, récupération et direction avec une précision qui se sent plus qu’elle ne se raconte. Là où certaines électriques surjouent chaque pression de pédale comme une alerte générale, celle-ci préfère la mesure. C’est rapide, tendu, mais jamais vulgaire. Une main ferme dans un gant bien coupé.
Avec jusqu’à 805 km d’autonomie WLTP, l’iX3 fait reculer le vieux feuilleton de l’angoisse électrique. Elle ne promet pas seulement d’aller loin, elle rend la perspective crédible. Sur borne rapide, la puissance de charge grimpe à 400 kW : dix minutes peuvent rendre jusqu’à 372 km, et le 10 à 80 % s’annonce en 21 minutes. La pause redevient une pause, pas une parenthèse subie entre deux applications de recharge. Ajoutez le Park Assist, le Highway Assistant disponible, les aides à la conduite très présentes et cette logique symbiotique qui accompagne sans confisquer le volant : l’iX3 veut fatiguer moins sans déposséder. C’est peut-être sa vraie élégance. Le plus impressionnant n’est finalement ni l’écran, ni la puissance, ni même l’autonomie. C’est cette capacité à faire disparaître la technologie derrière l’usage. Dans une époque où tant de voitures réclament votre attention, celle-ci vous la rend. Et ça, mine de rien, ressemble à une petite révolution.
AVANTAGES
• Habitacle spectaculaire, mais pensé pour être utilisé
• Autonomie et recharge qui changent réellement la vie
• 469 ch fluides, précis, jamais too much
• Gabarit sérieux, les ruelles ne vont pas envoyer des fleurs
• Options de confort capables de faire grimper la note très vite
• Vocabulaire techno parfois plus compliqué que la voiture elle-même
SPÉCIFICATIONS TECHNIQUES
Puissance max : 469 ch
Longueur : 4 782 mm
Prix : à partir de 69 900 €

Aujourd’hui, l’Allemagne ne se découvre plus seulement à travers ses grandes villes, ses paysages ou son patrimoine culturel. Une nouvelle génération de voyageurs vient désormais y chercher autre chose : des expériences plus sensorielles, plus locales et profondément ancrées dans l’art de vivre.
L’Allemagne réserve bien des surprises aux voyageurs gourmands. Entre restaurants étoilés, marchés locaux, domaines viticoles, brasseries traditionnelles et producteurs passionnés, le pays révèle une scène culinaire riche et inattendue. Ici, la gastronomie fait partie intégrante du voyage et permet de découvrir les régions sous un angle authentique et profondément local.
De Berlin à Hambourg, des régions viticoles aux campagnes plus confidentielles, l’Allemagne cultive aujourd’hui une scène culinaire en pleine effervescence. Restaurants étoilés, marchés artisanaux, producteurs passionnés et nouvelles adresses lifestyle participent à faire émerger une destination gastronomique moderne et inspirante.
Partout dans le pays, le voyage prend une dimension plus immersive. Aujourd'hui, l'Allemagne se découvre aussi à travers ses saveurs. Les voyageurs peuvent passer d'une boulangerie artisanale à un restaurant étoilé Michelin, participer à une dégustation dans un vignoble, flâner





sur un marché local ou découvrir l'effervescence de la scène street food berlinoise. Avec plus de 300 restaurants récompensés par le Guide Michelin, l'Allemagne figure parmi les grandes destinations gastronomiques européennes. Des spécialités inattendues, comme le safran cultivé en Thuringe ou les fromages artisanaux de la Forêt-Noire, témoignent de la richesse et de la créativité des terroirs allemands.
Car la gastronomie allemande ne se résume plus aux clichés. Elle s’affirme désormais comme l’une des scènes les plus dynamiques d’Europe, capable de mêler héritage culinaire, innovation et élégance contemporaine. Entre expériences gastronomiques, escapades viticoles, terroirs d’exception et adresses confidentielles, Culinary Germany invite à ralentir, savourer et voyager autrement. Et parmi les destinations qui incarnent le mieux cette nouvelle scène gastronomique allemande, une région séduit particulièrement les épicuriens luxembourgeois : la Sarre.
À seulement quelques kilomètres du Luxembourg, la Sarre cultive une identité singulière. Ici, l’influence française rencontre la générosité allemande dans un subtil mélange de gastronomie, de convivialité et d’élégance discrète.
Longtemps restée sous les radars, cette région frontalière attire aujourd’hui une nouvelle génération de voyageurs en quête d’authenticité, de nature et d’expériences gourmandes. Le ton est donné avec une expression devenue emblématique : « Saarvoir vivre ». Tout un art de vivre.
Depuis 2009, le réseau Genuss Region Saarland rassemble plus de 70 producteurs, artisans et restaurateurs engagés dans la valorisation des produits locaux et du savoir-faire régional. Cette dynamique donne naissance à une cuisine sincère, inventive et profondément connectée au territoire. Dans les assiettes, les spécialités locales racontent l’histoire de la région : Lyoner, Dibbelabbes, Grumbeerkichelcher ou encore Viez, le cidre traditionnel sarrois devenu l’une des signatures gourmandes locales.
Mais la Sarre impressionne également par sa concentration exceptionnelle de tables étoilées.
L’EUROPE
Avec 14 étoiles Michelin réparties dans huit restaurants étoilés, la Sarre confirme son statut de destination gastronomique majeure en Europe. Impossible de ne pas évoquer Victor’s Fine Dining by Christian Bau à Perl, restaurant trois étoiles considéré comme l’une des meilleures tables du continent. Autour de cette adresse iconique gravitent plusieurs établissements doublement étoilés qui participent au rayonnement culinaire régional, comme Esplanade et GästeHaus Klaus Erfort à Sarrebruck, Louis Restaurant à Saarlouis ou encore Atama à St. Ingbert.
En Sarre, le plaisir de la table s’accompagne également d’une réflexion plus consciente autour du voyage et de la consommation. À travers l’initiative Slow Food Saarland, la région défend une gastronomie durable, saisonnière et respectueuse des producteurs locaux. Cette philosophie a largement contribué à faire de la Sarre le premier Land allemand reconnu comme
destination durable par TourCert. Au-delà des restaurants, la région dévoile aussi des paysages variés où la gastronomie se vit autrement. Dans la réserve de biosphère UNESCO du Bliesgau, producteurs locaux, fermes artisanales et spécialités régionales composent un véritable voyage sensoriel. Du côté de Perl, au croisement du Luxembourg, de la France et de l’Allemagne, les vignobles produisent quelques-uns des vins les plus élégants et confidentiels de la région : Riesling, Auxerrois, Elbling ou encore vins de Bourgogne prolongent ici l’expérience gastronomique avec finesse.
L’ESCAPADE
Ce qui rend la Sarre si attachante, c’est cette capacité rare à mêler excellence et simplicité. On passe d’un dîner étoilé à une dégustation chez un producteur local, d’une balade dans les vignes à un déjeuner convivial en terrasse. Plus qu’une destination gastronomique, la Sarre propose aujourd’hui une nouvelle manière de voyager : plus lente, plus authentique et profondément épicurienne.






Institution bien connue des amateurs de cuisine italienne au Luxembourg, le Cômo entame un nouveau chapitre de son histoire familiale. Sans bouleverser l’ADN de la maison, le restaurant de Renato Favaro prépare doucement l’avenir avec l’arrivée de la nouvelle génération. Une transition pensée avec soin, fidèle à l’esprit des lieux. Voici cinq choses à savoir sur cette évolution en douceur.
• Le Cômo prépare sa relève familiale Depuis janvier, Daniel et Evie Favaro ont officiellement rejoint Renato et Bianca au sein du restaurant eschois. Plus qu’un simple renfort, leur arrivée marque le début d’une transition construite dans le temps, avec l’objectif de faire évoluer la maison sans jamais perdre ce qui fait sa force depuis des
années : une cuisine sincère, un accueil chaleureux et une vraie régularité dans l’expérience proposée.
• Renato Favaro reste une figure incontournable de la gastronomie luxembourgeoise
Avant le Cômo, Renato Favaro dirigeait déjà une adresse étoilée Michelin. À un moment clé de sa carrière, le chef avait cependant choisi de transformer son restaurant pour proposer une cuisine plus accessible et familiale, tout en conservant un haut niveau d’exigence. Une approche qui continue aujourd’hui de séduire les gourmets et qui lui a notamment valu une reconnaissance du Gault & Millau pour sa cuisine méditerranéenne généreuse et authentique.
• La nouvelle génération arrive avec un solide parcours international Daniel et Evie ne débarquent pas sans expérience. Tous deux ont évolué au sein du restaurant étoilé Michelin Monarh, à Tilburg, aux Pays-Bas, où ils se sont rencontrés. Formés en salle et habitués aux standards de la gastronomie haut de gamme, ils apportent aujourd’hui au Cômo une vision moderne du service, tout en restant profondément attachés aux valeurs familiales de l’établissement.
• Sommellerie, mixologie, service : chacun apporte sa spécialité
Au fil des années, chacun a développé ses propres expertises. Daniel s’est spécialisé en sommellerie et en gestion de salle, tandis qu’Evie a enrichi son parcours avec des compétences en mixologie, fromagerie et univers du café. Multilingues et habitués à une clientèle internationale, ils renforcent aujourd’hui l’expérience globale du restaurant avec une approche précise, mais jamais prétentieuse.
• L’esprit du Cômo ne change pas
C’est probablement le point le plus important : malgré cette nouvelle étape, Renato et Bianca restent pleinement impliqués au quotidien. Ici, pas de révolution spectaculaire ni de repositionnement forcé. Le Cômo continue d’avancer avec cette élégance discrète qui fait son identité depuis toujours. Une continuité maîtrisée, pensée pour durer, où la transmission se fait naturellement, autour de la même passion pour la cuisine et l’hospitalité.
Chez Bofferding, les meilleurs souvenirs ont toujours un point commun : ils se vivent à plusieurs. Un match regardé entre amis, un déménagement qui finit en éclats de rire, une soirée qui dure un peu plus longtemps que prévu… Ce sont ces moments simples et spontanés qui inspirent aujourd’hui « Better Together », la nouvelle signature de la marque. Plus qu’une campagne, c’est un état d’esprit : célébrer la convivialité, le partage et toutes ces petites scènes du quotidien qui deviennent mémorables quand elles sont vécues ensemble. Avec une identité modernisée et une énergie plus actuelle que jamais, Bofferding rappelle une chose essentielle : les plus beaux moments ne se boivent jamais seul.

À Thionville, certains lieux donnent immédiatement envie d’y poser son ordinateur, d’y retrouver des amis… Puis finalement d’y rester toute la journée. Klatsch fait clairement partie de cette nouvelle génération d’adresses hybrides qui mélangent coffee shop pointu, cantine gourmande et bar discret du soir. Derrière sa façade minimaliste du centre-ville, l’endroit cultive une atmosphère chaleureuse et lifestyle, entre matières brutes, lumière douce et grandes tablées conviviales. On y vient pour un café de spécialité signé du torréfacteur local Brésilia, un cookie chocolat-noisettes encore tiède ou un verre de vin nature accompagné de petites assiettes à partager. Mention spéciale aux pâtisseries maison et à la vraie philosophie du lieu : prendre le temps, simplement.
Avec déjà deux adresses bien connues des amateurs de street food au Luxembourg, Charles Sandwiches continue son expansion et pose désormais ses plateaux à Junglinster. Fidèle à son ADN ultragourmand et family friendly, l’enseigne luxembourgeoise mise ici encore sur des recettes généreuses, des produits préparés à la minute et une ambiance décontractée qui fonctionne à tous les coups. Au menu : Philly Cheese Steak, NYC Pastrami, Smash Burger, Caesar Salad et surtout les fameuses frites maison accompagnées de leur sauce cheddar homemade devenue culte. Mention spéciale aussi au lieu, pensé pour accueillir aussi bien les groupes d’amis que les familles, avec coin jeux, borne d'arcade et grande terrasse conviviale. Un nouveau QG comfort food qui risque vite de faire parler de lui.

À Bertrange, Specto entame un nouveau chapitre avec une proposition qui risque bien de séduire les amateurs de cuisine réconfortante et sincère. Derrière cette nouvelle dynamique, un nom que les gastronomes luxembourgeois connaissent bien : Cyril Molard. Le chef insuffle ici une vision généreuse de la table, loin des effets de manche, où l’on vient avant tout pour le plaisir de bien manger. Au menu : des assiettes gourmandes, des sauces mijotées qui rappellent les souvenirs d’enfance, des produits travaillés avec simplicité et beaucoup de justesse. Poireaux vinaigrette, asperges blanches fondantes ou encore millefeuille pommes-miel composent une partition chaleureuse et accessible. Une adresse pensée comme un lieu vivant, où l’on partage volontiers plus qu’un repas : un vrai moment de convivialité.


Au Kirchberg, les concepts hybrides continuent de fleurir et Chez Ugo semble bien décidé à devenir un des nouveaux lieux de rendez-vous du quartier. Pensé comme une place de village moderne, ce spot lifestyle joue la carte du « drink, eat, chill » avec une formule qui mélange street food, afterworks, événements et ambiance conviviale. Entre ses bus rétros, ses grandes tablées à partager et ses nombreuses animations, l’endroit mise clairement sur l’expérience autant que sur l’assiette. On y passe volontiers pour un verre après le bureau, un marché éphémère, une soirée entre amis ou un événement d’entreprise. Un lieu festif, décontracté et fédérateur qui apporte un petit air de vacances au cœur du Kirchberg…
À la Cloche d’Or, Fusion Cubes ne ressemble pas vraiment à un restaurant classique et c’est précisément ce qui fait son charme. Imaginé par une famille d’expatriés et porté par une équipe réunissant plus de sept nationalités, le lieu revendique une identité résolument cosmopolite, à l’image du Luxembourg d’aujourd’hui. Dans un décor chaleureux mêlant tapis persans, objets chinés et ambiance décontractée, la carte navigue librement entre burgers signature, inspirations mexicaines et recettes venues d’un peu partout dans le monde. Mais Fusion Cubes ne se limite pas à l’assiette : concerts, soirées thématiques et événements communautaires viennent régulièrement transformer l’adresse en véritable lieu de vie. Une nouvelle adresse conviviale et pleine d’énergie qui risque vite de devenir un QG pour les amateurs de bonnes vibes…









Longtemps restée dans l’ombre de Lisbonne, Porto s’est imposée comme l’une des destinations les plus en vue d’Europe. Plus compacte, plus authentique et surtout plus cool, la deuxième ville du Portugal séduit avec son mélange d’architecture brute, de cafés arty, de spots food ultra réconfortants et de douceur de vivre addictive. Ici, les façades recouvertes d’azulejos côtoient les concept stores, les vieilles tavernes regardent les bars à vin branchés et les ruelles abruptes finissent toujours par mener vers le Douro. Entre city-trip culturel, escapade lifestyle et parenthèse gastronomique, Porto coche clairement toutes les cases.
Dès les premiers pas dans le centre historique, Porto impose sa cadence. Urbaine sans être frénétique, nostalgique sans jamais basculer dans la carte postale et portée par une coolitude presque insolente, la ville cultive un équilibre assez unique. Intensément vivante, elle possède pourtant ce talent rare de ralentir le temps sans jamais ralentir l’énergie.
Impossible, évidemment, de commencer ailleurs que dans la Ribeira. Porto y affiche immédiatement toute sa personnalité. Terrasses qui débordent sur les quais, bateaux qui glissent tranquillement sur le Douro, verres de vinho verde qui s’enchaînent sans grande résistance et musiciens de rue chargés de gérer la bande-son du quartier. Ultraphotogénique ? Sans aucun doute. Mais malgré l’effervescence et les visiteurs, la Ribeira conserve cette énergie brute, vibrante, légèrement désordonnée, qui participe largement à son charme.
En face, Vila Nova de Gaia change subtilement de registre. Un peu plus calme, un peu plus posée, parfois même légèrement plus élégante. Entre les deux, impossible d’échapper au mythique Pont Dom Luís I. Plus qu’un simple passage, presque une expérience à lui tout seul. Porto possède ce talent franchement agaçant de rendre photogénique le moindre trajet du quotidien.
La gare de São Bento impressionne avec ses immenses fresques d’azulejos qui déroulent l’histoire du Portugal en grand format, pendant que la librairie Lello continue d’aimanter les visiteurs venus des quatre coins du monde avec son monumental escalier rouge et son atmosphère presque irréelle. Oui, il y a du monde. Beaucoup de monde. Oui, l’endroit a depuis longtemps validé son statut d’icône Instagram. Et pourtant… le lieu conserve quelque chose d’étonnamment magnétique.
Juste en sortant de la librairie, impossible de ne pas pousser les portes de la boutique Fernandes, Mattos & Ca. Derrière sa façade restée presque intacte depuis des décennies, cette adresse hors du temps ressemble davantage à un cabinet de curiosités qu’à un simple concept store. Boiseries anciennes, vitrines rétros, objets improbables, affiches vintage, papeterie, carnets et accumulation joyeusement chaotique : le genre d’endroit où l’on entre « juste deux minutes » avant de finalement ressortir une heure plus tard avec trois objets totalement inutiles… mais absolument indispensables. Même sensation du côté de la cathédrale de Sé, perchée sur les hauteurs de la ville. Porto est profondément verticale. Ça monte, ça descend, parfois sévèrement même, mais chaque détour finit toujours par offrir une nouvelle perspective. Et franchement, c’est probablement ce qui rend la ville aussi addictive. Du côté de Santa Catarina, l’atmosphère devient encore plus animée.
Véritable artère commerçante, la rue mélange grandes enseignes, boutiques locales et cafés historiques dans une agitation quasi permanente. Au milieu du décor, impossible de manquer la Capela das Almas et sa façade monumentale recouverte d’azulejos bleus. Oui, le spot coche toutes les cases du carton plein sur Instagram. Mais très sincèrement, quand on affiche ce niveau de photogénie, difficile de lui en vouloir.
À quelques mètres seulement, le Mercado do Bolhão reste probablement l’un des QG les plus vivants de la ville. Entièrement rénové, le marché mélange désormais traditions portugaises et nouvelle scène food locale. C’est aussi typiquement le genre d’endroit où l’on finit par revenir presque tous les jours pour manger rapidement quelques spécialités locales entre deux visites. Et évidemment, impossible de parler de la ville sans évoquer sa gastronomie : la Francesinha reste probablement le plat le plus emblématique de Porto. Ce sandwich totalement excessif recouvert de fromage fondu et de sauce épicée est presque devenu un rite de passage. Chez Tasquinha do Bé, l’ambiance reste simple, locale, sans mise en scène inutile. Exactement le genre d’adresse qu’on hésite presque à partager.
Plus discrète mais tout aussi cool, Português de Gema fait partie de ces petites pépites cosy qui valent vraiment le détour. Table intimiste, lumière tamisée, ambiance particulièrement agréable et assiettes franchement réussies : quelques minutes suffisent pour comprendre pourquoi l’adresse commence sérieusement à circuler parmi les habitués du quartier. Le genre d’endroit où l’on devait simplement dîner avant de finalement prolonger la soirée beaucoup plus longtemps que prévu. Et si le timing le permet, les passionnés de pastéis de nata peuvent troquer quelques heures de city-trip contre un passage en cuisine avec le workshop de C&D Porto Tours. Farine partout, ambiance ultradétendue et dégustation encore tiède à la clé : difficile de faire plus local.
En fin de journée, direction le Jardim do Morro. Et ici, le spectacle dépasse largement le simple panorama. Groupes d’amis, ambiance presque festival improvisé, petits collectifs de musiciens amateurs étonnamment talentueux qui remplacent largement les enceintes portables, vinho verde à la main, touristes en quête de LA photo parfaite… Toute la vibe de Porto semble se donner rendez-vous ici au coucher du soleil. Petit conseil quand même : arriver un peu tôt. Sinon, il faudra probablement négocier quelques centimètres de pelouse.
Le soir venu, Porto ralentit légèrement le rythme sans jamais vraiment s’endormir. À Casa da Mariquinhas, quelques guitares, des voix puissantes et une lumière tamisée suffisent à faire basculer l’atmosphère. Ici, pas de grand show touristique. Juste du fado vécu dans une ambiance intime. Une expérience profondément portugaise qui fonctionne immédiatement.
Puis forcément, la soirée finit souvent du côté de l’Espaço Porto Cruz. Mi-rooftop, mi-spot lifestyle ultracool, l’endroit est devenu l’un des grands classiques de Vila Nova de Gaia.
DJ sets, porto revisité, cocktails bien exécutés et terrasse ouverte sur la Ribeira, on adore ! Si Porto Cruz joue la carte du rooftop signature, petite alternative bien moins évidente à quelques minutes de là : le Guindalense Football Club. Une trouvaille improvisée au fil d’une marche, presque cachée, que l’on manquerait facilement sans un peu de curiosité. L’endroit ne paie pas de mine, mais la terrasse est franchement canon, la vue se déroule tranquillement et l’ambiance ultradécontractée rappelle parfois que les meilleures adresses sont souvent celles qu’on découvre complètement par hasard.

« ICI, PAS DE DÉCOR PENSÉ UNIQUEMENT POUR INSTAGRAM
NI DE MENU TRADUIT EN SIX LANGUES À L’ENTRÉE. »
À peine quelques kilomètres suffisent pour changer totalement de vibe. Exit les ruelles animées, les façades colorées et l’agitation du centre historique : place à l’Atlantique, aux longues plages balayées par le vent et à une coolitude nettement plus iodée. Ici, le timing devient franchement optionnel. Les matinées commencent souvent du côté de Praia da Luz, à Foz do Douro, entre brunchs face à l’océan, assiettes généreuses, terrasses baignées de soleil et longues discussions qui s’éternisent sans vraiment regarder l’heure. Franchement, on a connu des débuts de journée beaucoup moins inspirés.
Un peu plus loin, Matosinhos affiche une énergie différente. Plus brute, plus surf town, la ville cultive cette vibe cool où l’on croise constamment des habitués revenant de la plage, combinaison encore
humide sur le dos. Ici, le surf fait quasiment partie du quotidien. Même les débutants finissent rapidement par se laisser tenter. Le Surfing Life Club propose des sessions accessibles à tous avec l’Atlantique comme terrain de jeu. Et même après plusieurs chutes assez peu élégantes, l’expérience reste plutôt convaincante. Un peu à l’écart, O Leme cultive une approche beaucoup plus locale et discrète que certains restaurants du front de mer. Ici, pas de décor pensé uniquement pour Instagram ni de menu traduit en six langues à l’entrée. On vient surtout pour le poisson ultrafrais, les assiettes généreuses et cette ambiance simple mais franchement efficace qui donne immédiatement envie de prolonger le déjeuner autour d’une bouteille de vin blanc bien frais. Clairement le genre d’adresse que les locaux essayent encore de garder pour eux. Et puis, pour le coucher du soleil, direction plein sud. Matosinhos disparaît dans le rétro, l’ambiance

change immédiatement de registre. Ici, l’Atlantique joue beaucoup plus brut. Beaucoup plus grandiose. Plantée seule sur ses rochers face à l’océan, la Capela do Senhor da Pedra impose un décor absurdement photogénique. Quand le sunset démarre, le lieu glisse doucement dans une autre atmosphère. Groupes d’amis installés dans le sable, quelques bouteilles discrètement ouvertes, une guitare qui apparaît quelque part au milieu du décor et cette lumière dorée qui enveloppe progressivement toute la côte. Une parenthèse brute, minimaliste, parfaitement calibrée pour rappeler que les plus beaux spots n’ont parfois besoin de rien de plus que l’océan, un peu de lumière dorée… et même les plus sceptiques face au romantisme pourraient bien finir par se laisser convaincre. Et c’est probablement ça aussi, Porto. Une ville capable de passer en quelques kilomètres d’une énergie urbaine ultravivante à une ambiance beaucoup plus chill, presque contemplative, sans jamais perdre son identité.
LE DOURO, EN MODE GRAND CALME
Impossible de quitter Porto sans filer explorer la vallée du Douro. Et ici, le trajet compte presque autant que la destination. Direction la ligne ferroviaire reliant Porto à Pinhão, régulièrement citée parmi les plus belles d’Europe. Une réputation qui devient franchement difficile à contester une fois installé à bord. Pendant plusieurs heures, le décor déroule tranquillement son spectacle derrière les vitres : vignobles en terrasses, collines dorées, petites gares perdues au milieu des vignes et quintas historiques accrochées aux reliefs. Progressivement, le wagon ralentit lui aussi. Les écrans perdent du terrain et même les plus fidèles adeptes du doomscrolling finissent par lever les yeux.
l’après-midi entier à contempler les vignes avec un verre à la main. Pas franchement un problème, ceci dit.
« PORTO POSSÈDE CE TALENT
FRANCHEMENT AGAÇANT DE RENDRE PHOTOGÉNIQUE LE MOINDRE TRAJET DU QUOTIDIEN. »

Puis, presque comme un reveal parfaitement calibré, Pinhão entre doucement dans le décor. Collines couvertes de vignes, petite gare habillée d’azulejos, bateaux amarrés le long du fleuve et cette impression immédiate d’avoir glissé, sans trop comprendre comment, dans une version beaucoup plus slow du Portugal. Dans la région, Quinta das Carvalhas reste probablement l’une des plus belles expériences œnologiques à vivre. Le cadre est assez fou, les portos excellents et l’accueil particulièrement chaleureux. Le genre de spot où l’on arrive initialement « juste pour une dégustation » avant de finalement passer
Autre manière de découvrir les environs : prendre le large avec Ânima Durius. À bord de petites croisières imaginées par Barbara, le Douro se découvre loin des formats très touristiques et des bateaux surchargés. Ici, l’expérience joue clairement la carte de l’intimiste : dégustations de vins, paysages XXL et sensation assez agréable d’avoir, pendant quelques heures, un petit bout de vallée rien que pour soi. Mais le vrai plus, c’est surtout Barbara. Chaleureuse, très sympa et d’une spontanéité désarmante, elle possède ce talent rare de transformer immédiatement l’expérience en moment hyper naturel. En quelques minutes, l’ambiance bascule du côté du « on se sent un peu comme à la maison. » Le genre d’activité qui rappelle qu’au Portugal, l’humain fait souvent autant partie du voyage que les paysages. Avant de reprendre le train vers Porto, détour quasi obligatoire par le Writer’s Place. Terrasse suspendue au-dessus du Douro, vue ouverte sur les vignobles et ambiance suffisamment réussie pour rendre le départ beaucoup moins enthousiasmant que prévu. Un dernier verre, quelques minutes face au fleuve et, soudainement, l’idée du retour perd une bonne partie de son pouvoir de séduction.
Entre gastronomie, surf, sunsets et parenthèses viticoles, Porto cultive ce mélange rare entre énergie urbaine, coolitude naturelle et art de vivre franchement addictif. Une destination taillée pour les voyageurs lifestyle en quête de bonnes adresses, de beaux spots, de longues tablées et de fins de journée parfaitement calibrées. Porto empile les bonnes raisons de prolonger le séjour sans jamais donner l’impression d’en faire trop. Intensément vivante, profondément cool et suffisamment attachante pour transformer un simple city-trip en obsession portugaise parfaitement assumée.
Ce n’est pas juste une carte.

Plus d’infos & inscription : ogbl.lu/welcome
Pendant trois soirées, la Völklinger Hütte a troqué son habit de géant industriel pour devenir un immense terrain d’expression artistique à ciel ouvert. Réunis dans le cadre du FORGE Video Mapping Festival, artistes et créateurs venus de toute la Grande Région ont investi ce site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO à travers des projections monumentales, des installations lumineuses et des œuvres immersives. Entre patrimoine, innovation et création contemporaine, le public a découvert une nouvelle lecture de ce lieu emblématique, sublimé par la magie de la lumière. Retour en images sur un événement où technologie et émotion ont illuminé les nuits de Völklingen.




Textes et Images
Le Grand-Duché démarre l’été pied au plancher. Tom Smith (Editors) a offert un moment intimiste aux fans à l’Atelier, pendant que Franz Ferdinand rallumait l’indie rock façon déflagration contrôlée. Carpenter Brut a retourné l’électro, Postmodern Jukebox a remis les sixties en orbite. Côté local, TALI, rejointe par Edsun pour un titre, a irradié la scène. Gwendoline a secoué l’Entrepôt, Hans Zimmer a fait vibrer les cinéphiles, Superbus signe un retour affûté, et The Gathering a célébré 30 ans de carrière à la Rockhal dans une atmosphère chargée d’histoire. Et pour bouger le popotin, ambiance apocalyptique à la Rave Party XXL de la Rockhal : basses telluriques, strobes en rafale, public en fusion. Côté humour, le Luxembourg du Rire mené par Jarry a déclenché une pluie de punchlines et des rires en cascade.
Conclusion : l’été arrive avec les open air et festivals, et il va tout cramer sur son passage.




Le Casino Luxembourg a soufflé ses 30 bougies comme il se doit : avec une soirée aussi festive qu’expérimentale. À l’occasion de FORA, Bold était présent pour découvrir un programme imaginé comme un terrain de rencontres entre musique, création visuelle et exploration artistique. Entre les performances immersives de GRAVE, l’univers sonore de Twin XXA et les propositions typographiques développées spécialement pour l’événement par les étudiant·e·s de l’ANRT de Nancy, la soirée a confirmé l’envie du Casino Luxembourg de faire dialoguer les disciplines et les publics. Le tout sans oublier un détour par les différents projets actuellement déployés dans les espaces du centre d’art contemporain.




Le Luxembourg Open Air a lancé sa nouvelle saison comme il se doit avec son Season Opening installé au cœur de Belval. Pour cette nouvelle édition, Bold était au rendez-vous pour découvrir un festival transformant, le temps d’un week-end, le quartier en véritable terrain de jeu électro à ciel ouvert.
Entre DJ sets, scénographies immersives, multiples scènes, food village et énergie collective, l’événement a confirmé la capacité du LOA à faire dialoguer musique électronique, expérience festive et culture urbaine dans l’un des décors les plus emblématiques du sud du Luxembourg. Deux jours de beats, de lumière et de vibes estivales pour lancer la saison en grand format.





On avait été séduit par sa première édition l'année dernière, on est définitivement convaincu après ce cru 2026 du Brussels Bar Show. Bold a en effet été invité à y côtoyer tout ce que la scène cocktails Benelux - et même au-delà - fait de mieux : grandes marques, professionnels réputés et collabs aussi branchées que prestigieuses ont rythmé les deux jours du festival, organisé une fois encore par Alice Bown et Hannes Desmedt au Silo de Bruxelles. Sans oublier un joli cycle de conférences et de workshops pour joindre l'utile à l'agréable, ni de passer par cream, le QG des ambassadeurs aux créations mémorables...

































































































































