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FDLM 465 - juillet août 2026

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// LANGUE //

6 fiches pédagogiques avec ce numéro fiches pédagogiques avec ce numéro

Défendre les droits linguistiques des francophones au Yukon

Pays-Bas : Bonjour Monsieur Marchal !

// ÉPOQUE //

Du Soudan à Paris, l’itinéraire de Karam Hassan

// MÉTIER //

Autriche : Une passion, partager l’intérêt et l’amour du français

Enseigner le français pluriel d’Afrique de l’Ouest

Faire rayonner la francophonie historique aux États-Unis

Marcel Gauchet : « L’idéologie a pris la relève de la religion »

Que vous soyez abonné(e) à la version numérique ou papier + numérique

12

TOUR DE FRANCE : TROIS VILLES ÉTAPES

ÉPOQUE

08. Portrait

Pour profiter de fiches pédagogiques, des documents sonores et de leur transcription ainsi que des suppléments en ligne, ne perdez pas une minute pour créer votre Espace abonné sur le site du Français dans le monde.

Suppléments en ligne et PDF des numéros

n L’espace « Suppléments en ligne » offre des prolongements aux articles parus dans la revue : l’accès aux clips des artistes présentés dans la rubrique « À écouter » et aux bandes-annonces des films de la rubrique « À voir » , des informations complémentaires aux articles parus dans la revue, des prolongements pédagogiques au dossier… Téléchargez le PDF complet des numéros de la revue depuis 2016.

Fiches pédagogiques

n Les fiches pédagogiques en téléchargement : des démarches d’exploitation d’articles parus dans Le français dans le monde

n Cliquez sur le picto « fiche pédagogique » sur les pages lors de la lecture pour télécharger la fiche d’exploitation de l’article en question.

n Rendez-vous directement sur les pages « À écouter » et « À voir » : cliquez sur le nom des artistes ou des œuvres pour visionner les vidéos ou les bandesannonces des films.

n Cliquez sur les liens ci-dessous pour télécharger les reportages audio et leur transcription.

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DANS VOTRE ESPACE ABONNÉ SUR FDLM.ORG

DES FICHES PÉDAGOGIQUES

LES REPORTAGES AUDIO RFI

Dossier : Vérifier une information par l’IA

Culture : Céline Dion à Paris en 2026

Tendance : En Corée du Sud, la romance virtuelle séduit les jeunes

Expression :  Ignorance, le mot de Stéphane Varupenne

Créez en quatre clics votre espace en ligne sur www.fdlm.org pour accéder aux suppléments pédagogiques Couverture © Gregoire

POUR EXPLOITER LE DOSSIER

- Face à l'actu : pour approcher l'actualité

- Zappcréatives : Créer

un jeu vidéo en 3D

- Jeuenclasse : E.M.I.ssaire, un jeu coopératif d’éducation aux médias et à l’information

Le rêve solidaire de Karam Hassan

10. Tendances

Muscu obsession

11. Sport

Urban trail : calmer le tempo

12. Région

Tour de France : trois villes étapes

14. Idées

Marcel Gauchet : « L’idéologie a pris la relève de la religion »

16. Spectacle

Broadway sur scène

17. Exposition

Les jeux vidéo s’exposent en musique

LANGUE

18. Entretien

Bernard Magnier : « Dans cette anthologie, je ne suis qu’un passeur : j’ai découvert tel texte, je l’ai aimé, je vous le propose… »

20. Étonnants francophones

Au Yukon, Isabelle Salesse défend les droits linguistiques des francophones

21. Mot à mot

Dites-moi professeur

22. Politique linguistique

Langue(s) et éducation : s’adapter au plurilinguisme des apprenants

24. Promotion

Bonjour Monsieur Marchal !

25. Parution

Dynamique et cohérence des politiques publiques en faveur du français

Le français dans le monde sur Internet : www.fdlm.org

MÉTIER

28. Réseaux

Cynthia Eid : Former l’esprit critique à l’ère de l’intelligence artificielle générative

30. Vie de prof

Une passion : partager l’intérêt et l’amour du français

32. Intercompréhension

Enseigner le français pluriel d’Afrique de l’Ouest : pistes pour la classe

34. Focus

Cynthia Eid, Judith Patoula : « Nous continuons d’apprendre, de transmettre par les récits, et, surtout, de nous rencontrer grâce aux récits »

36. Expérience

La COOP.FLE réinvente le métier d’enseignant indépendant

38. Savoir-faire

L’essor des filières bilingues francophones

40. Initiatives

Faire rayonner la francophonie historique aux États-Unis

42. Innovation

La Digitale : le numérique éducatif à hauteur d’enseignants

44. Français professionnel

Personnaliser la démarche FOS

46. Littérature Jeunesse

Quand les ados tombent amoureux… en livres !

48. Ressources

MÉMO

64. Jeux vidéo

66. À écouter

68. À lire

72. À voir

INTERLUDE

06. Graphe

Actualité

26. Poésie

Eva Guerra : C’est une odeur de sel

50. BD

Les Nœils : Été hyperactif

DOSSIER

OUTILS

77. Fiche pédagogique RFI :

Vérifier une information par l’IA

79. Fiche pédagogique

Edouard Louis : Les récits d’une vie

81. Fiche pédagogique

Les dessous chics de la phonétique. Épisode 4 : la question.

FACE À L’ACTU :

52

DÉVELOPPER UNE COMPÉTENCE

INFORMATIONNELLE

Entretien : Association Fake Off : « L’enjeu est de créer une culture commune de la vérification » 54

Analyse : Des pratiques aux compétences informationnelles en cours de langue 56

Pratiques de classe : Vrai, faux, flou : se former aux compétences informationnelles ...................... 58

Enquête : Former à s’informer : les compétences informationnelles, nouvel enjeu éducatif ? .......... 60

Astuces de classe : Comment utilisez-vous l’actualité en classe ? ........................................... 62

73. Mnémo.

Babel en folie. Épisode 11 : Surprises à la plage

74. Jeux.

FORMER À S’INFORMER

Informer, former, se documenter ce triptyque figure au sommaire du premier numéro de la revue dont nous fêtons cette année le 65e anniversaire. La revue pouvait alors assumer d’être un « tout en un » à la fois objet et source d’informations et outil de formation pour des professeurs éloignés ou isolés qui constituaient sa boussole et son point de repères.

Aujourd’hui, comme l’écrit Cynthia Eid dans son billet, « Jamais, dans l’histoire de l’éducation, nous n’avons été confrontés à une telle vitesse de circulation des contenus, des images, des opinions et désormais des productions générées par l’intelligence artificielle. Dans ce contexte, développer une compétence informationnelle devient un enjeu éducatif majeur. » Il est symptomatique que le premier article que nous avons consacré à l’IA en juin 2023, avertissait sur la nécessité absolue de former les apprenants à la compétence informationnelle. Il apparaissait alors en effet primordial, ce qui est devenu une évidence, de privilégier cette compétence comme une compétence transversale clé, sachant la place prise aujourd’hui par l’IA. C’est la raison d’être du dossier de ce numéro où dans un contexte global d’infobésité, où prédomine le caractère aléatoire, unanimement via les réseaux sociaux, du système d’informations des apprenants, la formation à la compétence informationnelle doit relever de nouveaux défis sur les stratégies à mettre en place pour sensibiliser les apprenants à cette problématique et proposer des pistes. Le développement d’une compétence informationnelle chez les apprenants n’a pas la prétention de trancher sur l’usage de l’IA mais il a le mérite d’illustrer la possibilité de questionner de façon constructive cet outil omniprésent dans et hors des salles de classe, et d’inviter à mener ce questionnement conjointement avec les étudiants. n

Le français dans le monde, revue de la Fédération internationale des professeurs de français - www.fipf.org Commission paritaire : 0422T81661. 65e année

Responsable de la publication : Cynthia Eid (FIPF)

Édition SEJER – 92, avenue de France – 75013 Paris – Tél. : +33 (0) 1 72 36 30 67 • Directrice de la publication Dalila Zein

Service abonnements COM&COM : TBS GROUP - 235, avenue le Jour se Lève 92100 Boulogne-Billancourt - tél. : +33 (1) 40 94 22 22

Rédaction : Conseillers Jacques Pécheur, David Cordina • Rédacteur en chef NN • Secrétaire de la rédaction NN• Relations commerciales Marjolaine Begouin. mbegouin@cle-inter.com •

Conception graphique - réalisation miz’enpage - www.mizenpage.com (sauf pour fiches) Imprimé par Estimprim – 6 ZA de la Craye 25110 Autechaux • Comité de rédaction : Michel Boiron, Gregory Lasne, Aurore Jarlang, Franck Desroches, Valérie Lemeunier, Isabelle Gruca, Chantal Parpette, Gérard Ribot.  Conseil d’orientation sous la présidence d’honneur de Mme Louise Mushikiwabo, Secrétaire générale de la Francophonie : Cynthia Eid (FIPF), Paul de Sinety (DGLFLF), Franck Desroches (Alliance Française de Paris), Nivine Khaled (OIF), NN (MEAE), Évelyne Pâquier (TV5MONDE EDU), Nadine Prost (MEN), Lidwien Van Dixhoorn (RFI), Jean-Luc Wollensack (CLE International).

LE RÊVE SOLIDAIRE DE KARAM HASSAN

Pour une fois, le récit finit bien. Karam Hassan a survécu et n’a plus peur. Il était exilé, réfugié, isolé. Il est aujourd’hui naturalisé Français, en CDI chez L’Oréal et auteur d’un édifiant récit biographique qui vient de paraître aux éditions Albin Michel. Un récit de vie exemplaire.

J’ai le sentiment d’être devenu quelqu’un, écrit-il dans Un rêve plus loin. Le jour où j’ai su que mon master était validé, je me suis littéralement effondré en pleurs. Tout m’est revenu d’un coup : la fuite du pays, le bateau qui chavire, la peur de la police, la course contre le froid, contre la faim, puis la jungle dont le sol boueux ne sèche jamais ; et les heures et les heures avec Françoise, qui a cru plus en moimême que moi. Je pleure. »

Toucher la terre

L’histoire commence comme tant d’autre part un exil forcé et une traversée clandestine. Né en 1987 de parents boulangers, Karam Hassan grandit à Saraf Oumra, une petite ville de l’ouest du Soudan. En 2003, le début de la guerre du Darfour contraint la famille à rejoindre la capitale, Khartoum. Le

bac en poche, Karam Hassan se forme au journalisme à l’université puis part en Inde, à Hyderabad, où il fait trois années d’études supplémentaires en e-commerce. C’est à son retour que tout s’écroule. En décembre 2013, alors qu’il descend de l’avion qui le ramène chez lui, le jeune diplômé est arrêté, tabassé et accusé d’avoir milité contre le régime. S’effondrent alors ses rêves d’une vie au Soudan, entouré de ses proches et de ses repères. Il faut partir. En août 2014, Karam Hassan rejoint l’Égypte avec pour seul ticket vers l’Europe 3 000 dollars confiés par ses parents, toute une vie d’économies pour cette famille de sept enfants. Les passeurs lui promettent un voyage à bord d’un cargo aussi grand que le Titanic, déguisé en serveur. La réalité sera celle de tant d’hommes et de femmes depuis des décennies maintenant : une fragile chaloupe sur

laquelle s’entassent 30 personnes terrorisées. Neuf jours durant, les vies ne sont rythmées que par le chaos et la peur, « beaucoup d’angoisse, à la fois individuelle et collective. » Karam ne sait pas nager, il n’y a pas de gilet de sauvetage et les conditions à bord sont cauchemardesques. « Je m’en veux d’avoir donné ma vie à ces personnes-là,

Mon rêve, c’était de toucher la terre. Je n’aurais jamais imaginé m’en sortir vivant.

raconte-t-il au micro de France Inter en mars 2026. Mon rêve, c’était de toucher la terre. Je n’aurais jamais imaginé m’en sortir vivant. » Au large des côtes, un cargo repère l’embarcation et débarque ses passagers en

TOUR DE FRANCE : TROIS VILLES ÉTAPES

Le Tour de France respire les vacances d’été. Un appel à prendre la route, découvrir les différentes régions et s’enthousiasmer pour les exploits des champions. L’édition 2026 qui prend le départ le 4 juillet s’achèvera 23 jours plus tard, après 21 étapes et 3 500 km de course, à Paris, sur les ChampsÉlysées, Jour après jour, les passionnés suivent les coureurs vainqueurs aux couleurs jaune pour le cycliste le plus rapide depuis la première étape, à pois rouge pour le meilleur grimpeur, vert pour le sprinter le plus performant. Un vrai suspense qui draine les foules tout au long du parcours. Lancée en 1903, la compétition est désormais le troisième événement sportif le plus regardé à la télévision qui l’a transformé en un véritable Tour de France patrimonial en images. Entreprise bien rodée, sa venue, dans une ville est soigneusement préparée car les retombées économiques et médiatiques sont importantes. Ici nous faisons étapes dans trois de ces villes : Nevers, Pau, Évian.

NEVERS SUR GRAND ÉCRAN

15 juillet, onzième étape, Nevers. À Nevers (Nièvre), depuis octobre, un maillot jaune géant flotte sur la façade de l’Hôtel de ville. Il annonce, après 23 ans d’attente, le retour du Tour de France. Les préparatifs vont bon train. La municipalité met en particulier sur pied une exposition qui réunit les documents et objets évocateurs du Tour que chacun des 93 000 habitants conserve. « Cette année, l’arrivée sera vers l’Agora, une salle de spectacle située dans un quartier excentré » explique Marie-Christine Vallet, guide et conférencière. Les spectateurs n’auront donc pas l’occasion de voir le peloton parcourir les vieilles rues de la cité. Celles qui ont fait le tour du monde depuis qu’Alain Resnais les a immortalisées dans Hiroshima, mon amour. « Ce long métrage est une fierté pour tous ici »

souligne la guide. Sorti en 1959, il retrace la brève rencontre, au Japon, entre une actrice française et un architecte. Il recourt souvent aux flashbacks et évoque Nevers, pendant la Seconde Guerre mondiale. Présenté au Festival de Cannes, puis sélectionné pour l’Oscar du meilleur scénario, il a eu un fort retentissement. « Des touristes en parlent encore et ils constatent que le décor n’a pas complètement changé. Par exemple, la maison des parents de l’héroïne est toujours sur la place Ducale. » Non loin de là, une plaque signale la « rue Marguerite Duras 1914-1996. Romancière, Amie de Nevers. Ici a eu lieu le tournage d’Hiroshima mon amour, œuvre de Marguerite Duras, mise en images par Alain Resnais. » Difficile d’imaginer plus touchant hommage. n

Dans une salle de classe au Mexique, un cours d’histoire-géographie se déroule entièrement en français. À plusieurs milliers de kilomètres de là, en Australie, des enseignants échangent sur leurs pratiques pédagogiques lors d’un forum régional. Au Cambodge, des élèves des filières bilingues travaillent ensemble autour des enjeux liés au tourisme durable. Partout, le même mouvement se dessine : le français ne se limite plus à être une langue enseignée ; il devient aussi une langue pour enseigner.

L’ESSOR DES FILIÈRES BILINGUES FRANCOPHONES

Depuis une dizaine d’années, les filières bilingues francophones connaissent une croissance rapide et une profonde transformation. Créé en 2012 par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et géré par par l’Agence pour l’Enseignement Français à l’étranger (AEFE), le dispositif LabelFrancÉducation distingue des établissements proposant un enseignement renforcé du français ainsi qu’au moins une discipline non linguistique (DNL) enseignée en français : précisément, DdNL : discipline

dite non linguistique, car la langue ou les langues sont toujours présentes dans le cadre de l’enseignement-apprentissage de n’importe quelle discipline.

Pensé initialement comme un outil de valorisation des parcours bilingues, le label s’est progressivement structuré en véritable réseau éducatif international. Le développement est spectaculaire. L’objectif fixé en 2018 par Emmanuel Macron – atteindre 500 établissements labellisés à l’horizon 2030 – est déjà dépassé. Le réseau compte aujourd’hui 777 filières bilingues

L’ADEB, PIONNIÈRE DE L’ENSEIGNEMENT

BILINGUE

Fondée en 2003 par Jean Duverger, l’Association pour le développement de l’enseignement bi/plurilingue (ADEB), a largement contribué à structurer la réflexion sur l’enseignement bilingue francophone. À travers ses publications, ses colloques et son réseau d’experts, l’ADEB continue aujourd’hui de promouvoir une approche plurilingue de l’éducation et de soutenir les acteurs de l’enseignement bilingue. www.adeb-asso.org n

réparties dans 66 pays. Derrière cette expansion se dessine une évolution plus profonde : dans de nombreux systèmes éducatifs, le français s’impose désormais comme langue d’accès aux savoirs, aux échanges internationaux et à certaines formes de mobilité académique.

Une croissance spectaculaire et des enjeux pédagogiques

Mais cette croissance quantitative pose aussi de nouvelles questions pédagogiques. Comment enseigner les sciences, l’histoire ou les mathématiques en français à des élèves dont ce n’est pas la langue première ? Comment articuler objectifs linguistiques et contenus disciplinaires ? Et surtout, comment accompagner des enseignants qui ne sont pas toujours des spécialistes du français, mais qui doivent faire de cette langue un outil de transmis-

sion des connaissances ? Comment renforcer l’enseignement des disciplines dites non linguistiques ? Ces interrogations ont toujours été au cœur du département langue française de France Éducation international et de ses partenaires. Depuis les années 2000, le site Le fil plurilingue offre des ressources méthodologiques et pédagogiques pour l’enseignement des DdNL ainsi que des fiches pays et cartographies régionales de l’enseignement bilingue dans le monde. De plus, depuis quelques années, un parcours spécifique, soutenu par l’AEFE, est proposé dans des formations aux enseignants des établissements labellisés, qu’ils soient professeurs de français ou enseignants de DdNL. En 2026, durant l’université d’été BELC, organisée cette année dans les locaux de l’Institut des hautes études de l’éducation et de la formation (IH2EF), le parcours met no-

MÉTIER | INNOVATION

En mars 2020, alors que les établissements scolaires ferment les uns après les autres et que l’enseignement bascule brutalement à distance, les enseignants découvrent la fragilité des outils numériques sur lesquels ils s’appuient. Les plateformes saturent, certains services deviennent instables, d’autres changent de modèle économique. Dans ce contexte d’urgence naît ce qui deviendra quelques années plus tard, La Digitale, un projet imaginé par Emmanuel Zimmert pour proposer des outils simples, gratuits et pensés à hauteur d’enseignants. Reportage sur une autre manière d’envisager le numérique éducatif.

LA DIGITALE LE NUMÉRIQUE ÉDUCATIF À HAUTEUR D’ENSEIGNANTS

Au CAVILAM - Alliance Française, où il était alors chef de projet numérique durant le début de la pandémie, Emmanuel Zimmert assiste en direct à la montée en tension des outils numériques. Avec l’équipe technique, il improvise une réponse dans l’urgence : un mur collaboratif minimaliste, pensé d’abord pour dépanner les collègues et maintenir les formations. Le projet s’appelle alors simplement Pad. Quelques années plus tard, cet outil, renommé Digipad, deviendra l’un des piliers de La Digitale. Aujourd’hui, des milliers d’enseignants utilisent quotidiennement les outils numériques Digipad, Digiscreen, Digidoc ou encore Digistorm. Pourtant, derrière

cette réussite, il n’y a ni startup de l’edtech, ni stratégie marketing agressive, ni levée de fonds privés, seulement un formateur de terrain convaincu que le numérique éducatif peut rester simple, sobre et réellement utile.

Avant de créer La Digitale, Emmanuel Zimmert a plusieurs fois travaillé dans le réseau culturel français à l’étranger puis dans la formation d’enseignants au numérique. Après plusieurs années en Inde, il rejoint le CAVILAM en 2012 comme chef de projet numérique. Pendant près de dix ans, il anime de nombreuses formations autour des usages pédagogiques du numérique, y développe des applications mobiles, des services éducatifs, en suivant des projets nationaux et

Emmanuel Zimmert est formateur, concepteur et développeur spécialisé dans le numérique éducatif et le logiciel libre. Après plusieurs expériences dans le réseau culturel français à l’étranger (Laos, Inde, Danemark), il a travaillé pour le CAVILAM – Alliance Française comme chef de projet numérique. En 2020, il fonde La Digitale. Son travail articule conception technique, ingénierie pédagogique et promotion d’un numérique éducatif responsable et accessible. n

européens. Une expérience décisive pour l’innovation : « Ce qui a donné naissance à La Digitale, ce sont surtout les retours des enseignants » , explique-t-il. Au fil des ateliers et des formations, il observe les mêmes attentes revenir : des outils simples, gratuits, fiables et immédiatement mobilisables en classe. Une approche qui contraste, selon lui, avec celle d’une partie des grandes entreprises technologiques. « Les entreprises de la tech sont là pour créer des besoins, pas toujours pour répondre aux besoins du terrain. » Une analyse qui résume bien la philosophie du projet.

Des outils simples, libres et durables À l’origine, La Digitale ne cherche pas à innover à tout prix. Il ne s’agit pas de révolutionner les pratiques pédagogiques avec des effets spectaculaires, mais de proposer une « trousse à outils » capable de répondre à des usages quotidiens : partager des documents, organiser des activités collaboratives, créer des groupes, projeter des ressources, animer une classe en

présentiel ou à distance. C’est probablement ce qui explique l’adhésion rapide de nombreux enseignants, notamment pendant les longues périodes d’enseignement hybride ou à distance qui ont suivi la pandémie. Digiscreen , par exemple, s’est imposé dans de nombreuses salles de classe comme un véritable tableau de bord pédagogique. Horloge, minuteur, générateur de groupes, affichage de consignes, tableau blanc, QR codes ou outils de tirage au sort… : l’interface rassemble en un seul espace des fonctions souvent dispersées ailleurs. Une logique d’usage avant tout, pensée depuis la réalité du terrain.

Le succès de Digipad suit la même dynamique. Inspiré du fonctionnement de l’outil privé, bien connu, Padlet , l’outil propose en version libre un mur collaboratif sans limitation artificielle du nombre de tableaux créés. Pour beaucoup d’enseignants, notamment dans les réseaux éducatifs aux moyens limités, cette gratuité constitue

DOSSIER | ANALYSE

Les pratiques informationnelles multimodales peuvent être un appui en cours de langue. L’enseignante peut les reconnaître, encourager le transfert de compétences voire, proposer de faire du cours de langue un espace de développement de compétences informationnelles dans la langue d’apprentissage.

DE LA RECONNAISSANCE DES PRATIQUES AU DÉVELOPPEMENT DE COMPÉTENCES INFORMATIONNELLES

En naviguant sur une plateforme de vidéo à la demande, une encyclopédie en ligne, un réseau social numérique, un média d’information international ou un site d’achat en ligne, on accède à des contenus en différentes langues avec possibilité de sous-titrages, de traductions voire des contenus multilingues proposés par des industries culturelles. Si les outils actuels permettent d’outrepasser l’incompréhension linguistique, force est de constater qu’au-delà d’un imaginaire du web comme « ouverture sur le monde », la consommation d’information sur le web apparaît comme assez ciblée, notamment par le filtre de la langue. Pour qui enseigne le français dit langue étrangère ce milieu numérique semble un lieu d’exposition à la langue en cours d’apprentissage depuis les pratiques informationnelles des apprenants de tout âge. Les « pratiques informationnelles »

Caroline Venaille est enseignantechercheuse - Le Mans Universitéet rattachée au CRE. Son parcours pluridisciplinaire en plusieurs langues (anglais, catalan, espagnol, français et italien) sur des terrains sociolinguistiques variés a nourri ses recherches autour de la circulation, la réception et la compréhension de l'information dans un espace multilingue.

renvoient au fait de s’informer, communiquer, réagir, publier ou créer. Ce sont les pratiques d’information personnelles, collectives, scolaires ou professionnelles, prescrites ou non, qui mobilisent, actualisent ou développent des compétences. Dans l’espace web qui nous intéresse ici, elles supposent d’avoir certaines compétences d’abord techniques mais également sociales comme les compétences de lecture-écriture de contenus multimodaux. Dans le cadre de l’apprentissage ou la formation des langues, l’enjeu sera donc de s’appuyer sur des pratiques existantes pour développer des compétences, ici en français, d’encourager les transferts d’une compétence d’une langue vers l’autre voire de développer d’autres compétences informationnelles dans le cadre du cours de langue.

S’appuyer sur les pratiques informationnelles existantes Le numérique est d’abord un dispositif technique lié à des équipements et un accès à des réseaux qui peuvent être restreints. Il convient donc de rappeler, avant toute chose, qu’il existe des disparités territoriales numériques selon le pays de connexion. Mais également des disparités entre les personnes en fonction de leurs compétences tech-

niques liées aux pratiques numériques. Si les discours médiatiques parlent de « pratiques jeunes » par exemple ou présupposent d’une culture numérique majoritairement partagée, ces catégories sont beaucoup plus nuancées et diversifiées par la recherche. Les propositions formulées ici sont pensées depuis la France hexagonale et il conviendra de les contextualiser plutôt que de les appliquer.

D’abord, plutôt que de présupposer des pratiques de son groupe, l’enseignante ou la formatrice de langue pourra interroger les pratiques informationnelles au sein de son groupe d’apprenants. Pratiques qui évoluent et ne sont jamais figées. Cela peut faire l’objet d’une enquête entre pairs ou d’un échange pluriculturel. Ces éléments permettront de déterminer, sur la base de ces pratiques, les compétences techniques et sociales sur lesquelles s’appuyer.

Ensuite, ces pratiques qui induisent des repères particuliers, ce que l’on appelle une littératie propre à des genres médiatiques, peuvent devenir des points d’appui pour l’enseignement de langue. En se basant sur des formats familiers via des activités de mise en route ou de compréhension globale, les repères de compréhension d’une langue vers

l’autre vont être facilités. Il s’agit donc de ne pas extraire un texte de son contexte socio-numérique mais de l’intégrer au document travaillé pour s’appuyer sur celui-ci. Qui propose par exemple à des adultes de constituer un groupe sur un réseau social numérique des apprenants avec résumé de court rédigé par l’un d’eux à chaque fin de cours ou contenus partagés en dehors des séances. Qui travaille avec des ados à partir d’une vidéo d’une influenceuse dans un format court, etc. Dans les pratiques plus focalisées sur l’expérience d’une activité que sur l’apprentissage d’une langue, des usagers accèdent à des contenus multilingues pour interagir avec des communautés d’intérêt. Jouer en anglais, réagir ou commenter des vidéos de k-pop coréenne ou consulter les résultats de championnats de foot de différents pays. Dans le cadre de projets financés par des fonds européens, des didacticiennes s’inspirent de ces pratiques, parfois nommées « informelles », pour développer des séquences en classe. Le projet Lingua-num propose des tâches ancrées dans les milieux numériques des apprenants. Le projet Fan-tales propose d’apprendre l’anglais via des activités inspirées de la fan fiction, de la lecture à la publication. Il peut néanmoins paraître

PAR CAROLINE VENAILLE

Une image circule sur un téléphone. Elle a l’air vraie, le titre inquiète, la source reste floue. Dans la classe, les élèves réagissent : vue sur TikTok, reçue dans un groupe familial, commentée partout. Le professeur de FLE pourrait écarter le sujet. Il peut aussi y voir une formidable situation d’apprentissage.

VRAI, FAUX, FLOU : SE FORMER COMPÉTENCESAUX INFORMATIONNELLES

L’actualité n’attend plus d’être invitée en classe. Elle circule déjà sur les écrans, dans les conversations, les groupes de messagerie, les fils d’actualité. Elle arrive par fragments : une image, un titre, une vidéo courte, un commentaire. Rarement neutre, rarement isolée, elle est souvent chargée d’émotion et d’interprétation.

Un enjeu social : apprendre à ne pas rester seul face au flux

Face à ce flux, former à la compétence informationnelle ne se limite pas à repérer de fausses informations. L’enjeu est plus large : apprendre aux élèves à ralentir, identifier qui parle, distinguer fait et opinion, comparer plusieurs versions d’un événement, dire ce que l’on sait, croit savoir et ce qui reste à vérifier. L’UNESCO donne ce sens à

Enseignante de FLE depuis une quinzaine d'années, Jeanne Renaudin est professeure du département de philologie française de l'université de Salamanque (Espagne) et formatrice auprès de nombreuses institutions.

l’éducation aux médias et à l’information : permettre une interaction critique avec l’information, une navigation plus sûre dans le numérique et une réponse à la désinformation. La classe de FLE y a toute sa place. S’informer, ce n’est pas seulement recevoir des contenus ; c’est nommer, questionner, justifier, douter, expliquer à d’autres : autant d’actes de langage déjà travaillés, plus nécessaires aujourd’hui. En langue étrangère, les apprenants doivent aussi se situer dans des discours, références culturelles, formats médiatiques et circulations parfois loin de leurs pratiques. En FLE, former à la compétence informationnelle revient ainsi à faire de la langue un outil d’orientation, non pour commenter l’actualité à chaud, mais pour comprendre, vérifier et prendre la parole avec plus de justesse.

Un enjeu professionnel : se former avant de former Pour accompagner les élèves, les enseignants de FLE n’ont pas

à devenir journalistes, documentalistes ou fact-checkeurs. Ils ont surtout besoin de repères : identifier une source, évaluer sa fiabilité, distinguer fait, interprétation et opinion, repérer l’origine d’une image, l’auteur, l’intention d’un document et ses reprises. Ces questions, longtemps liées à l’éducation aux médias, rejoignent la classe de langue. Plusieurs appuis permettent de s’initier : le CLEMI aide à construire des gestes de vérification : revenir aux sources, interroger la fiabilité d’un contenu, distinguer rumeur, opinion, communiqué et information vérifiée. En FLE, ces démarches se transposent en activités langagières : questionner un titre, identifier un auteur, comparer, analyser une image. Pour passer du cadrage à la classe, RFI et TV5MONDE EDU offrent des pistes fécondes. Avec Le français, c’est facile avec RFI , l’actualité devient matière à écouter, à comprendre, mais aussi une entrée vers l’écriture radiophonique.

Former à la compétence informationnelle revient à faire de la langue un outil d'orientation pour comprendre, vérifier et prendre la parole avec plus de justesse

TV5MONDE EDU propose aussi un dossier « Éducation aux médias et à l’information », avec des fiches de A1 à C1. Ces pistes ne s’arrêtent pas au repérage du douteux. Elles ouvrent aussi vers une production responsable. En fabriquant un contenu informatif, les élèves saisissent les critères d’une information de qualité : source explicite, faits vérifiés, formulation précise, distinction entre ce que l’on sait, suppose et commente. Chercher, vérifier, citer, reformuler : ces opérations informationnelles sont aussi des activités langagières.

Faire travailler l'information, de l'analyse à la médiation

La compétence informationnelle peut se travailler par paliers : gestes simples d’abord, puis tâches de production. Le but n’est pas de tout transformer en atelier de factchecking, mais d’ancrer ces réflexes dans le travail de langue. Poser les questions : qui, quoi,

DOSSIER | ASTUCES DE CLASSE

En tant qu’enseignants, nous cherchons souvent à créer du lien entre la classe et la vie quotidienne des apprenants. Traiter de l’actualité pourrait alors devenir une manière de faire entrer le français « réel » dans le cours et de déclencher des échanges plus spontanés. L’actualité permet en effet de faire réagir, débattre, comparer des points de vue ou partager des expériences personnelles. Mais travailler sur des sujets récents demande aussi de toujours chercher de nouveaux supports, adaptés au niveau des apprenants, car l’actualité change vite. Il faut également réussir à rendre l’information accessible et éviter que la complexité du sujet ou de la langue ne bloque les échanges. Lorsqu’on trouve le bon équilibre, l’actualité devient alors un excellent moyen de développer les interactions orales, l’esprit critique et la compréhension du monde francophone. Nous avons demandé à des enseignants comment ils utilisent l’actualité avec leurs apprenants. Voici leurs réponses.

En centre social, des adultes, un rituel à chaque séance : chacun vient présenter oralement une info entendue ou lue, en trois minutes. Ainsi ils prennent petit à petit l’habitude de prendre la parole, d’être concis.

COMMENT UTILISEZ-VOUS

Je choisis des articles en lien avec le thème de la semaine. Les apprenants lisent l’article puis en font un résumé, surtout aux niveaux avancés. Pour les niveaux A et B, nous privilégions un travail à partir de QCM afin de faciliter l’entrée dans le thème. Cette activité est accompagnée d’un repérage lexical ainsi que d’un travail sur la langue. Je prends également le temps de mettre en lumière certaines nuances culturelles présentes dans les articles. Par ailleurs, j’aime utiliser l’émission Le bonbon sur la langue sur RTL, avec Muriel Gilbert, pour faire découvrir aux apprenants les richesses et les subtilités de la langue française. Nous avons même conçu une webradio en nous inspirant des émissions de radio.

L’actualité est au cœur de mes cours. J’utilise des extraits de TV5MONDE, de la presse française et de reportages authentiques pour créer des activités concrètes et engageantes. Un fait d’actualité devient vite un point de départ pour une interaction orale. Mes apprenantes adorent réagir à des sujets qui les touchent vraiment. La production écrite se fait sous forme de réaction à un article ou une vidéo : un commentaire, une opinion, un mini-débat. L’objectif est toujours le même : connecter mes apprenantes au français réel, celui qu’on parle aujourd’hui. Enseigner avec l’actualité, c’est enseigner une langue vivante.

vec mon groupe d’adultes de niveau B1, j’aime bien utiliser des articles du Gorafi (journal satirique dont le nom est le verlan de Figaro) pour travailler l’actualité autrement. Avant la séance, je choisis un vrai article de presse et un faux article du Gorafi sur un thème proche. Les apprenants lisent les deux en petits groupes et doivent repérer lequel semble crédible ou non, en justifiant leur choix. On observe ensemble les indices : les titres exagérés, certaines formulations absurdes, mais aussi le fait que le Gorafi imite très bien les codes de la presse classique. Ensuite, les étudiants inventent à leur tour un faux titre d’actualité sur un thème imposé. Ça ouvre aussi une discussion intéressante sur les médias, les réseaux sociaux et la vérification des informations.

Marie-Thérèse Di Spigno, France
Nicolas Ferreira, Portugal
Salima Dekiouk, Emirats Arabes Unis

J’utilise souvent comme point de départ une vidéo courte ou la radio. Je crée des questions avec des réponses en QCM pour permettre aux apprenants d’entrer dans le thème. Ensuite, j’ajoute une partie vocabulaire thématique. Enfin, je leur pose des questions pour discuter et/ou je leur propose un débat avec des rôles prédéfinis. Ce qui fonctionne le plus sont les thèmes spécifiques à la France/le monde francophone mais aussi les faits divers. J’évite la politique internationale.

Je propose à mes élèves de lycée de suivre dans leur langue maternelle, les infos internationales sur une chaîne de mon pays, la veille du jour où l’on a la classe de français et le lendemain, je les fais voir un JT enregistré du TV5MONDE à partir duquel on fait des exercices de compréhension/ production orale/ écrite en fonction de leur niveau.

Je fais travailler les élèves sur des textes du 17 e et 18 e siècle, mais en faisant un lien avec les actualités et la vie à notre époque. Vu le niveau assez modeste des élèves, j’insiste sur l’exploitation pédagogique. Je leur demande de faire le bilan des mots nouveaux pour qu’ensuite ils soient capables de les utiliser et de rédiger un texte en relation avec leur vie personnelle. Pour donner plus d’intérêt aux textes classiques je propose une activité de réécriture pour essayer de moderniser le sujet par exemple le conte de Voltaire intitulé Jeannot et Colin, ils ont pu changer tous les détails de façon que la substance du texte reste la même.

L’ACTUALITÉ EN CLASSE ?

À RETENIR

Ces témoignages montrent qu’il est possible de traiter de l’actualité de manières très diverses. Les supports courts, comme les titres du JT utilisés par Delphine ou les images mystères de Mickaël, permettent d’entrer rapidement dans un sujet et de mobiliser les apprenants. Komal et Sandra rappellent que l’actualité est un excellent point de départ pour travailler le vocabulaire, la grammaire et les compétences de compréhension.

Avec Nicolas, l’actualité

devient aussi un moyen d’éduquer aux médias et de développer l’esprit critique. Enfin, le rituel proposé par Marie-Thérèse rappelle qu’un simple partage d’information peut suffire à créer une habitude de prise de parole. Autant d’approches qui montrent que traiter l’actualité en classe, ce n’est pas seulement découvrir un support et répondre à des questions : c’est aussi mieux comprendre le monde qui nous entoure et en faire un vrai sujet d’échange en français. n

JMerci à tous les enseignants pour leur apport et à bientôt sur les réseaux sociaux pour les prochains numéros !

’utilise souvent l’actualité en classe à partir de ressources comme 1jour1actu, RFI ou franceinfo. Je commence par montrer une image « mystère » (sans titre ni légende) et je demande aux apprenants de deviner le sujet d’actualité associé, voire d’imaginer les réponses aux questions : qui ? quoi ? quand ? où ? pourquoi ? Une fois le thème identifié, les apprenants cherchent un maximum de vocabulaire lié au sujet. Ils découvrent ensuite l’article ou le document audio/ vidéo et réalisent quelques activités de compréhension ou de langue. Je leur demande de réagir au sujet et à la manière dont il est traité par le journaliste. Nous terminons par un jeu de rôle : interview entre un journaliste et un spécialiste, débat télévisé ou micro-trottoir.

out récemment : élections en Hongrie. Impossible pour moi de ne pas aborder le sujet avec mon apprenante hongroise de niveau B2 (ayant un parent très engagé politiquement). Deux questions générales pour la mise en contexte, article de France24 avec questions de compréhension détaillée. Travail également sur les nuances et les prises de position du journaliste. La discussion ainsi menée me permet d’introduire le vocabulaire nouveau ainsi que des éléments de grammaire, ces informations sont ensuite réemployées dans une production écrite de type DELF B2 sur la même thématique.

Sandra Ellero, Italie
Sayed Ragab, Egypte
Florentina Poenaru, Roumanie
Magali Boursier, Slovaquie

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