Skip to main content

FDLM 462 janvier - février 2026

Page 1

REVUE DE LA FÉDÉRATION INTERNATIONALE DES PROFESSEURS DE FRANÇAIS

// MÉTIER // N°462 janvier-février 2026

5 fiches pédagogiques avec ce numéro

Dániel Mány, un Hongrois qui a le virus du FOS médical Roumanie : un jeu concours en français à la télévision

// ÉPOQUE //

Passer l’hiver en Ukraine Maria Teresa de Luxembourg : Porter la voix des oubliés // LANGUE //

Le français, un atout stratégique pour le Costa Rica Marija Naumova Bultra, chanteuse lettone francophone

// DOSSIER //

NOUVELLES PRATIQUES

FIPF

// MÉMO //

Podcast : une nouvelle rubrique à lire… et à écouter

Feurat Alani et le Saint-Exupéry irakien


Techniques et pratiques inspirées, résultats assurés

Développer chez les apprenants une maîtrise de l’écrit en FLE Une partie théorique et didactique répartie en 8 chapitres 24 fiches pédagogiques pratiques directement exploitables en classe

cle-international.com


numéro 462

Que vous soyez abonné(e) à la version numérique ou papier + numérique

12

Suppléments en ligne et PDF des numéros n L’espace « Suppléments en ligne » offre des prolongements aux articles parus dans la revue : l’accès aux clips des artistes présentés dans la rubrique « À écouter » et aux bandes-annonces des films de la rubrique « À voir », des informations complémentaires aux articles parus dans la revue, des prolongements pédagogiques au dossier… Téléchargez le PDF complet des numéros de la revue depuis 2016.

08. Portrait

Maria Teresa de Luxembourg : porter la voix des oubliés

MÉDIAS MONDE

Y’a le feu au palais !

11. Sport

Fiches pédagogiques n Les fiches pédagogiques en téléchargement : des démarches d’exploitation d’articles parus dans Le français dans le monde. n Cliquez sur le picto « fiche pédagogique » sur les pages lors de la lecture pour télécharger la fiche d’exploitation de l’article en question. n Rendez-vous directement sur les pages « À écouter » et « À voir » : cliquez sur le nom des artistes ou des œuvres pour visionner les vidéos ou les bandes annonces des films. n Cliquez sur les liens ci-dessous pour télécharger les reportages audio et leur transcription.

Citéscrime, le plus beau coup d’Aliya Luti

12. Région

Panama City : une capitale entre deux océans

14. Idées

Marc Lazar : « L’ère du populisme est loin d’être terminée »

16. Festival

Passer l’hiver en Ukraine

17. Théâtre

Quand le cinéma monte sur les planches

LANGUE

18. Entretien

Bernard Cerquiglini : « Il a fallu bricoler à partir des lettres que le latin nous léguait »

20. Étonnants francophones

Marija Naumova Bultra : « Le français est entré dans ma vie grâce à la chanteuse Patricia Kaas »

Rendez-vous sur www.fdlm.org !

21. Mot à mot

DANS VOTRE ESPACE ABONNÉ SUR FDLM.ORG

LES REPORTAGES AUDIO RFI Dossier et fiche : Portraits de professeurs de français : Qu'est-ce qui vous touche et vous anime ? Culture : Exposition : Les 100 ans de Disney Nature : Côte d'Ivoire : le Potager du Futur Expression : Le mot de Souleymane Mbodji : « palabre »

02

10. Tendances

DES FICHES PÉDAGOGIQUES POUR EXPLOITER LES ARTICLES Région : Panama City entre deux océans Zapp créatives : Créer un dessin animé

Dites-moi professeur

22. Zoom

Le français, un atout stratégique pour le Costa Rica

24. Célébration Couverture © Adobe Stock

FRANCE

UNE CAPITALE ENTRE DEUX OCÉANS ÉPOQUE

Créez en quatre clics votre espace en ligne sur www.fdlm.org pour accéder aux suppléments pédagogiques Pour profiter de fiches pédagogiques, des documents sonores et de leur transcription ainsi que des suppléments en ligne, ne perdez pas une minute pour créer votre Espace abonné sur le site du Français dans le monde.

PANAMA CITY

Le français, langue chantante

25. Colloque

Dire le monde contemporain en français

Le français dans le monde | n° 462 | janvier-février 2026


édito

Le français dans le monde sur Internet : www.fdlm.org

MÉTIER

42. Littérature jeunesse

28. Réseaux

La bibliothèque verte des juniors

Cynthia Eid : « Pratiques de l’écrit, un territoire pour penser, créer et relier »

44. Innovation

Intelligence artificielle dans la classe de FLE : quatre témoignages

30. Vie de prof

Le choix du français médical, à la croisée des passions de Dániel Mány

46. Ressources 48. Ressources/Didactique

32. Langues régionales

Enseigner les langues régionales Jeanne Renaudin : « La notion de compétence culturelle a profondément évolué »

36. Médias

64. Podcasts 66. À écouter 68. À lire 72. À voir

Roumanie : un jeu concours en français à la télévision

INTERLUDE

38. Savoir-faire

Style

06. Graphe

L’alternance linguistique en FLE : quel rôle pour la langue maternelle ?

26. Poésie

Na Hassi : « Ranoma Fana, 1994 »

40. Initiative

Une « bibliothèque idéale » au service de tous les professeurs de français langue étrangère

54. BD

Les Nœils : Effort d’offrir

DOSSIER

NOUVELLES PRATIQUES DES ÉCRITS

OUTILS

74. Mnémo. Babel en folie.

C

MÉMO

34. Focus

52

Entretien : Paola Bertocchini et Edvige Costanzo : « Même en langue étrangère, on peut prendre du plaisir à écrire pour soi-même » ...........................54 Analyse : Les pratiques numériques d’écritures multimodales des jeunes ..................................... 56 Pratiques de classe : Nouveaux genres numériques, nouvelles écritures.................................................... 58 Reportage : À Lille, les vertus de l’écriture créative....60 Astuces de classe : Comment favoriser la pratique et le plaisir de l'écriture chez les apprenants ?.......62

Les aventures de Thibault, épisode 8

75. Jeux

Énigmes de Noël

77. Fiche pédagogique RFI

Portraits de professeurs : Qu’est-ce qui vous touche et vous anime ?

79. Fiche pédagogique

Je connais mes droits, vous connaissez vos droits ?

81. Fiche pédagogique

BONNE ANNÉE

Les dessous chics de la phonétique. Épisode 1 : « Avec l’accent ! »

e premier numéro de l'année 2026, placé sous le signe de l’écrit, sera l’occasion de notre premier exercice d’écriture, un exercice plaisir… celui des vœux… Ceux que nous adressons à toutes et à tous avec une pensée particulière à tous nos collègues qui sont confrontés à la guerre, qui enseignent dans des conditions de dénuement et de précarité, qui voient se défaire la place accordée à l’enseignement des langues dans les systèmes éducatifs. Et si, la période nous y invitant, nous devons formuler des vœux d’espoir, il faut bien convenir que c’est sur un fond d’inquiétudes lié aux mutations que sont en train d’engendrer l’accélération des changements induits par le traitement automatique des langues et l’intelligence artificielle générative. De l’IA, comme on dit aujourd’hui familièrement, il sera encore beaucoup question dans ce numéro consacré aux nouvelles pratiques de l’écrit. Cet écrit qui envahit nos vies : que nous soyons devant nos écrans d’ordinateur, de tablette et surtout de smartphone, dans un bus, dans le métro ou un ascenseur, assis à une table de bistrot ou gravissant un escalier mécanique, nous passons notre temps à écrire, à envoyer ou à répondre à des messages, à tchater sur les réseaux sociaux, à poster des stories… bref à être les acteurs de cette ère de l’écrit illimité. Et les jeunes publics que nous avons devant nous en sont les premiers agents et les premiers acteurs. D’où l’invitation implicite contenue dans ce numéro : faire dans l’apprentissage comme dans la vie : surfer sur cette nécessité, sur ce plaisir et ce désir d’écrire. n

Le français dans le monde, revue de la Fédération internationale des professeurs de français - www.fipf.org Commission paritaire : 0422T81661. 63e année. Responsable de la publication Cynthia Eid (FIPF) Édition SEJER – 92, avenue de France – 75013 Paris – Tél. : +33 (0) 1 72 36 30 67 • Directrice de la publication Catherine Lucet Service abonnements COM&COM : TBS GROUP - 235, avenue le Jour se Lève 92100 Boulogne-Billancourt - tél. : +33 (1) 40 94 22 22 Rédaction : Conseiller Jacques Pécheur • Rédacteur en chef NN • Secrétaire général de la rédaction Clément Balta. cbalta@sejer.fr • Rédacteur David Cordina. dcordina-ext@cle-inter.com • Relations commerciales Marjolaine Begouin. mbegouin@cle-inter.com • Conception graphique - réalisation miz’enpage - www.mizenpage.com (pour les fiches : Clément Balta) Imprimé par Estimprim – 6 ZA de la Craye 25110 Autechaux • Comité de rédaction Michel Boiron, Aurore Jarlang, Franck Desroches, Valérie Lemeunier, Isabelle Gruca, Chantal Parpette, Gérard Ribot. Conseil d’orientation sous la présidence d’honneur de Mme Louise Mushikiwabo, Secrétaire générale de la Francophonie : Cynthia Eid (FIPF), Paul de Sinety (DGLFLF), Franck Desroches (Alliance Française), Nivine Khaled (OIF), Marie Buscail (MEAE), Diego Fonseca (Secrétaire général de la FIPF), Évelyne Pâquier (TV5Monde), Nadine Prost (MEN), Doina Spita (FIPF), Lidwien Van Dixhoorn (RFI), Jean-Luc Wollensack (CLE International).

Le français dans le monde | n° 462 | janvier-février 2026

03


ÉPOQUE | FESTIVAL

PAR CLÉMENT BALTA

Jusqu’en mars, embarquez dans toute la France pour « Le Voyage en Ukraine », une saison inédite qui montre la force des relations entre les deux pays et qui célèbre la vitalité de la scène artistique ukrainienne avec un slogan évocateur : « La culture contre-attaque ! »

PASSER L’HIVER

EN UKRAINE

L

e 1er décembre 2025 a eu lieu au Théâtre de la Ville, place du Châtelet à Paris, le lancement d’une inédite Saison ukrainienne en France. Intitulée « Le voyage en Ukraine » et placée sous un slogan qui vaut tirade : « La culture contre-attaque ! », cette soirée donnait le ton avec l’intervention de la Première dame d’Ukraine, Olena Zelenska, venue pour l’occasion, accompagnée par, Brigitte Macron, son homologue française, en présence des ministres des Affaires étrangères des deux pays. Parmi les moments forts de cette soirée inaugurale – où sont intervenus

POUR CONNAÎTRE TOUTE LA PROGRAMMATION https://fr.ui.org.ua/levoyageenukraine/

16

ailleurs. Qu’il montre en somme une Ukraine vivante et vibrante : « Cette Saison n’est pas un aboutissement mais une étape, a ainsi souligné Eva notamment le cinéaste Michel Nguyen Binh, présidente de l’Institut Hazanavicius, l’actrice Juliette français, parrain de l’évènement. Il Binoche, l’écrivain Andreï Kourkov est essentiel que les échanges culturels – figurait l’intervention en visio, de- occupent une place prépondérante puis les zones de front, de deux com- dans cette dynamique de rapprochebattants qui manient aussi leur stylo ment. » Jusqu’à fin mars ce sont ainsi comme une arme de résistance et de une cinquantaine d’évènements qui lutte : l’écrivain Artem Chapeye, un vont rythmer l’hiver, dans « un diapacifiste qui a décidé de s’engager logue inédit entre artistes, professiondans l’armée ukrainienne dès l’hiver nels de la culture et représentants des 2022, quelques mois après l’invasion sociétés civiles d’Ukraine et de France, en abordant des à grande échelle thématiques made son pays par la Russie, engage« La plus importante jeures telles que les ment qu’il raconte Saison culturelle que droits humains, la santé, la lutte dans un puissant l’Institut ukrainien contre la désinforpetit livre, Les gens ordinaires ne organise à l’étranger » mation, la mémoire et le patrimoine ». portent pas de mitraillettes (Bayard, 2023) ; et la poé- Parmi les temps forts de la protesse Iaryna Chornohuz, qui avait grammation à venir – citons toudéjà été au Théâtre de la Ville en sep- tefois mi-décembre, au Théâtre tembre, en personne, pour présenter de la Concorde, à Paris, la préC’est ainsi que nous demeurons libres sence d’Oleksandra Matviichuk, (Le Tripode, 2025), un recueil fait Prix Nobel de la paix 2022, et, à de vers tout aussi libres écrits dans Toulouse, un concert en l’honneur les tranchées, entre hommage aux du grand compositeur Constantin camarades tués et lueurs d’espoir Silvestrov –, Marseille accueillera à la Friche la Belle de Mai du 28 janpour l’après-guerre. vier au 1er février des rencontres, des expositions, de la musique et Rendez-vous à Marseille surtout des festivités gourmandes fin janvier C’est bien l’idée de ce voyage en à la découverte de la cuisine ukraiUkraine : qu’il se fasse non pas en nienne, tout en tissant des liens oubliant l’amère réalité des batailles, entre la cité phocéenne et une autre mais que la culture puisse en être grande ville portuaire, Odessa. un cœur battant, qui transcende les Paris fêtera le cinéaste culte Olekfrontières et éclaire les multiples fa- sandr Dovjenko pour une grande cettes de la société ukrainienne et de rétrospective à la Cinémathèque celles et ceux qui l’incarnent, ici et à partir du 21 janvier, à mettre en

parallèle du « Week-end Génération Ukraine » des 7 et 8 février qui montrera des documentaires de douze réalisatrices et réalisateurs soutenus par Arte. Ne pas rater à Lille la performance de la chorégraphe et danseuse Olga Dukhovna au palais des Beaux-Arts (le 8 février) ou à Nantes une présentation de la scène artistique contemporaine ukrainienne au Musée d’arts en présence de la plasticienne Alevtina Kakhidze (le 19 mars). Volodymyr Sheiko, le directeur de l’Institut ukrainien, a tenu à souligner que « Le Voyage en Ukraine » est « la plus importante Saison culturelle que l’Institut ukrainien organise à l’étranger ». Un moyen essentiel de préserver les liens avec un pays qui compte bien lutter pour sa survie sur tous les fronts. n

Le français dans le monde | n° 462 | janvier-février 2026


LANGUE | ENTRETIEN Bernard Cerquiglini, À qui la faute ? L’impossible (mais nécessaire) réforme de l’orthographe, Folio, 2025

Il faut se rendre à l’évidence : la réforme de l’orthographe de 1990, dont Bernard Cerquiglini fut l’un des maîtres d’œuvre et qu’a notamment soutenue Le français dans le monde, n’a jamais rencontré l’adhésion escomptée. Alors, « à qui la faute » ? Les réponses et la mise en perspective du grand linguiste. PROPOS RECUEILLIS PAR YVAN AMAR

« IL A FALLU BRICOLER À PARTIR DES LETTRES QUE LE LATIN NOUS LÉGUAIT » Vous avez été en 1990 le coordinateur de la réforme de l’orthographe, voulue par le gouvernement de l’époque. Pourquoi ce livre, qui revient sur les réformes successives de l’orthographe française depuis le Moyen Âge ? J’ai voulu faire le bilan d’une sidération : pourquoi n’at-on jamais réussi à réformer l’orthographe ? J’en ai fait moi-même l’expérience, en janvier 1991, faisant face à une querelle violente à la suite d’une toute petite réforme pourtant menée de façon consensuelle. On avait réuni autour de la table des experts, des correcteurs, des représentants de la Francophonie, l’Académie française… tout le monde. Sauf qu’on avait oublié le « peuple », les usagers… qui pensaient souvent qu’on avait touché à quelque chose d’immuable alors que l’orthographe est en constante évolution depuis des siècles. On entendait dire : « Il va falloir réimprimer tous les classiques », alors qu’on voit que Le Cid, par exemple, présente en 1636

18

une graphie différente à tous les mots de ce qu’elle est aujourd’hui.

la graphie : le phonocentrisme ou le graphocentrisme.

Ce regard que vous portez sur l’histoire de la norme orthographique n’est pas manichéen. Vous trouvez des justifications et des finesses à chaque tendance, qu’elle soit réformatrice ou conservatrice. L’adversaire n’est pas forcément idiot ou méchant ! Et le traumatisme de 1991 – car j’ai souffert de cette violente levée de boucliers – m’a amené à prêter l’oreille aux conservateurs qui ont parfois de bonnes raisons. Il y a des vertus et des défauts dans les deux orientations principales qui déterminent une pensée de

Que recouvrent ces mots savants ? Le phonocentrisme repose sur l’idée aristotélicienne que les pensées se traduisent en parole. L’écrit ne serait qu’une simple transcription de l’oral. Une réforme phonocentriste paraît donc rassurante parce qu’elle semble facile : un son correspond à une lettre, un phonème à un graphème, et on n’a plus qu’à écrire wazo au lieu du compliqué oiseau. Alors que le graphocentrisme reconnaît une identité propre à l’écrit : une forme de la langue qui est autre chose que la servante de la parole. Ces deux tendances ont été illustrées par bien des théoriciens et leurs défauts respectifs apparaissent bien vite.

« Aujourd’hui, et plus encore il y a quelques siècles, on ne prononce pas le français de la même façon à Paris, Marseille, Liège ou Québec »

De quelle manière ? Le phonocentrisme va se heurter à la géographie. Aujourd’hui, et plus encore il y a quelques siècles, on ne prononce pas le français de la même façon à Paris, Marseille, Liège ou Québec. De quel son parle-

t-on exactement ? Cette option méconnaît aussi les qualités d’une graphie différenciée pour lever les ambiguïtés des homophones. Lorsqu’on parle, le contexte nous aide à comprendre. Mais à l’écrit ? L’orthographe nous aide à savoir de quoi il s’agit quand on évoque les mots sain, sein, saint, ceint ou seing… Par ailleurs l’écrit donne des indications bien plus précises que l’oral. Si je dis, si j’entends dire « elle chantait », la situation indique qu’il s’agit d’une seule personne. Mais si un roman commence par cette phrase, je suis bien heureux de savoir que ce n’est pas « elles chantaient ». On voit ainsi à quel point l’orthographe est liée à la grammaire. Ces querelles de l’orthographe et de son évolution sont très françaises. Pourquoi sont-elles plus importantes que dans les autres langues romanes ? C’est que la phonologie du français est riche et diverse. L’italien par exemple s’écrit assez aisément avec l’alphabet latin. Les sons des deux langues sont proches (autant qu’on

Le français dans le monde | n° 462 | janvier-février 2026


LANGUE | CÉLÉBRATION Planisphère des évènements de la JIPF 2025.

20 novembre 2025. 7e édition de la Journée internationale des professeurs de français, avec pour thème : « Chanter, jouer, enseigner : la francophonie en musique ». Et chacun, chacune de tenir la note !

LE FRANÇAIS LANGUE CHANTANTE !

O

bservez la carte du monde telle qu’on la trouve sur le site consacré à la Journée internationale des professeurs de français… Elle est constellée de petits cercles mauves qui, suivant leur taille, figurent le nombre d’évènements organisés à travers le monde à l’occasion de cette célébration. On en a comptabilisé plus de 160 à ce jour. Une journée à date fixe, le 20 novembre, instituée à l’occasion du plan de relance de l’action culturelle voulu par le président français Emmanuel Macron. Un « Jour des profs de français » qui entend rendre hommage à l’engagement des enseignants, à leur rôle décisif dans la transmission et, partant, dans la vitalité de notre langue. Une vitalité qui se manifeste à travers sa culture, ses valeurs, sa manière de penser le monde. Une journée saluée par la ministre déléguée chargée de la Francophonie et des Partenariats

POUR EN SAVOIR PLUS https://lejourdesprofs.org/

24

internationaux et des Français de l’étranger, Éléonore Caroit, ancienne élève au Lycée français de SaintDomingue, qui a rendu hommage à tous les enseignants et enseignantes : « C’est grâce à vous que le français reste une langue vivante et libre. »

Enseignant chef d’orchestre

Il suffit pour s’en convaincre de voir comment, de Dakar à Montréal et de Bruxelles à Hanoï, toutes et tous se sont emparés du thème de cette 7e édition qui avait pour parrain l’auteur, compositeur et interprète Benjamin Piat : « Chanter, jouer, enseigner la francophonie en musique »

pour incarner, selon les mots de la ministre, « un français dynamique et joyeux tourné vers l’avenir […], une francophonie vivante et audacieuse. » Un thème particulièrement bien choisi tant il permet de filer la métaphore et de décrire l’enseignant tel un chef d’orchestre attentif à chaque voix, chaque tempo et chaque nuance, faisant éclore les talents de ses élèves, favorisant les dynamiques de classe et faisant résonner une langue vivante et vibrante. Choisir la musique, c’est ouvrir une voie d’accès sensible et universelle pour motiver ses élèves, nourrir leur imaginaire et créer un espace d’apprentissage joyeux, accueillant et collectif. Chanson, rythme ou jeu scénique permettent de toucher le cœur des apprenants, de faciliter la mémorisation et de rendre le français plus vivant que jamais au quotidien.

Choisir la musique, c’est aussi reconnaître la place que lui ont accordée depuis longtemps les pédagogues. Le français dans le monde n’a pas été en reste dans la promotion de la musique comme outil pédagogique et de motivation : on ne compte plus le nombre de fiches pédagogiques que les professeurs nous ont proposées illustrant tous les styles, de la chanson à texte au rap et au slam, mais aussi les initiatives prises par la revue pour mettre à disposition des enseignants, bien avant Internet, des disques souples insérées dans la revue, des cassettes et des coffrets comme ceux de La nouvelle génération française réalisée en complicité avec Michel Boiron et le Cavilam. Aujourd’hui, c’est chaque association de la FIPF, chaque institution qui donne le ton. Au Sénégal, on invite à enseigner en chantant, en Australie occidentale à faire le tour du monde en chansons, à l’Institut français du Koweit à prendre la plume et à écrire couplets et refrains en français, à l’Alliance française de Manzales en Colombie à monter sur scène et à participer à un spectacle, ou encore à l’Institut français de Vilnius en Lituanie à tout simplement se réunir, échanger et fêter le français en musique. N’en déplaise à Hemingway, il n’y a pas que Paris qui est une fête… et les enseignants l’illustrent tous les jours, en français dans le texte. n

Le français dans le monde | n° 462 | janvier-février 2026


MÉTIER | RÉSEAUX

DIPLÔME D’ÉTUDES EN LANGUE FRANÇAISE (DELF) : 40 ANS D’EXPERTISE AU SERVICE DES CERTIFICATIONS EN FRANÇAIS

France Éducation international célèbre un anniversaire marquant qui témoigne de sa capacité d’adaptation et de son engagement constant au service de l’éducation dans le monde. Créé en 1985, le DELF a fêté en 2025 son 40e anniversaire : quatre décennies d’une aventure collective au service de la langue française. Conçu par France Éducation international, le dispositif s’est imposé comme une référence mondiale pour la certification du français langue étrangère (FLE). Reconnu par plus de 180 pays, il atteste aujourd’hui des compétences de centaines de milliers de candidats chaque année, contribuant au rayonnement culturel et éducatif de la France. Les Rencontres DELF-DALF, TCF & Ev@Lang 2025, organisées à Sèvres du 14 au 16 octobre, ont marqué cette étape symbolique. Cet évènement, placé sous le signe du dialogue et de la PLUS D’INFORMATIONS SUR :

WWW.FRANCE-EDUCATION-INTERNATIONAL.FR

28

coopération, a réuni plus de 80 responsables de centres d’examen issus de 62 pays. Trois jours d’échanges intenses autour de grands enjeux : gestion des sessions, lutte contre la fraude, inclusion des candidats à besoins spécifiques, innovations numériques ou encore formation des acteurs du réseau. La célébration des 40 ans du DELF a mis à l’honneur la diversité et la vitalité d’un dispositif en constante évolution. Aux côtés du DALF, du TCF et d’Ev@Lang, il illustre la capacité de France Éducation international à innover tout en maintenant des standards d’exigence reconnus internationalement. Les participants ont également partagé leurs pratiques lors d’ateliers collaboratifs et de plénières, avant de se retrouver pour une soirée conviviale célébrant l’histoire et l’avenir des certifications françaises. Au-delà de la commémoration, ces Rencontres 2025 ont confirmé le rôle structurant du réseau international de certification du français : un espace de réflexion, de formation et de coopération qui soutient chaque jour la promotion du français dans le monde. Fidèle à son ambition initiale, le DELF continue de faire vivre l’idée que la langue rapproche, relie et émancipe. n

IN MEMORIAM

À NOTRE CHER DISPARU… LOUIS-JEAN CALVET

Cette fois, vous ne trouverez pas dans ce numéro 462 la chronique de Politique linguistique de Louis-Jean Calvet qu’il assurait depuis 2015. La pendule s’est arrêtée quelques jours avant que Louis-Jean, exemplaire de ponctualité, nous fasse parvenir son article. C’était le 29 octobre 2025 et c’est le 30 que nous apprenions la triste nouvelle. Lexicologie, sociolinguistique des mots du quotidien, politique linguistique, notre revue Le français dans le monde a porté témoignage et largement profité de la passion de Louis-Jean pour l’échange et la transmission. Sa première image de marque dans la revue, celle à laquelle on l’a longtemps identifié, a été la chanson. Ah ! la chanson… Louis-Jean lui a fait faire le tour du monde : « J’aime la chanson, tout simplement ou tout bêtement », confiait-il à son ami Georges Moustaki... Les lecteurs du FDLM auront été les spectateurs privilégiés de ce récit, récit des sons, récit des mots que Louis-Jean a tissé avec eux pendant près de… cinquante ans. C’est au talent de lexicologue du quotidien que nous avons ensuite fait appel. À chaque numéro, le lexicologue et le sociologue nous livraient ses « Parlers du Jour ». Cette langue dont les professeurs sont friands tant ils avaient l’impression de rester, à travers ces chroniques, en contact avec DISPARITION JACQUES CORTES C’est avec tristesse que Le français dans le monde a appris le décès le 23 novembre dernier de Jacques Cortès, ancien directeur du CREDIF. Jacques Cortès rayonnait. Ce n’est pas pour rien qu’on le retrouve à l’initiative ou aux carrefours des nombreuses initiatives par lesquelles s’est construit le champ du FLE : à la direction du CREDIF (Centre de recherche et d’étude pour la diffusion du français) au rayonnement international duquel il contribue ; comme membre de la fameuse commission Auba dont est sorti l’instauration en France des filières universitaires de FLE ; acteur de l’édition où avec la complicité des éditions Hatier-Didier, il accompagne la création de méthodes Le français dans le monde | n° 462 | janvier-février 2026


© Asclepias

BILLET DE LA PRÉSIDENTE

Pour tout connaître des activités de la FIPF et de ses associations membres, abonnez-vous gratuitement à notre bulletin d’information sur www.fipf.org et suivez-nous sur Facebook (LaFIPF)

© FIPF

CYNTHIA EID, présidente de la FIPF

la langue en train de se faire. « Globe-trotteur » des savoirs, des langues ou des musiques, de décalage horaire en décalage conceptuel, Louis-Jean n’a jamais été là où on l’attendait, la plupart du temps hors cadre, taillant sa propre route, devenu lui-même sa propre marque et une référence. Qu’il s’agisse de sociolinguistique postcoloniale ou urbaine, de politique linguistique, il nous laisse « une école Calvet » informelle, critique, à visée sociale et humaine et surtout toujours portes et fenêtres ouvertes. Cette fois notre « globe-trotteur » s’est bien arrêté. Il a même bouclé la boucle : de cette Tunisie où il était né à celle où vient de s’arrêter son voyage. Plus de cinquante années d’activités où l’on aura croisé, Calvet, Louis-Jean Calvet, Louis-Jean – c’est selon que l’on parle de l’homme d’écriture, de l’ami, du chercheur ou du chroniqueur – avec toujours le même look, la même dégaine familière et attachante, cette silhouette de l’homme à la pipe. n

notamment Archipel, la publication du magazine Reflets, et fonde deux collections pour la recherche en FLE : Essais et LAL. Fidèle à sa vocation de promouvoir le dialogue entre les disciplines, les langues et les cultures, il crée et préside en 1999 le Gerflint (Groupe d’études et de recherches pour le français langue internationale). Son grand projet sera l’édition et la diffusion d’une trentaine de revues sous la marque Synergies que Daniel Coste décrit comme « une œuvre de vaste ampleur au service du français, de la francophonie et des jeunes ou moins jeunes chercheurs de bien des pays à travers le monde ». Le français dans le monde | n° 462 | janvier-février 2026

PRATIQUES DE L’ÉCRIT : UN TERRITOIRE POUR PENSER, CRÉER ET RELIER Dans un monde traversé par des mutations profondes – technologiques, sociales, éducatives – les pratiques de l’écrit demeurent l’un des plus puissants leviers pour apprendre, comprendre et exister. Longtemps perçu comme un exercice scolaire codifié, l’écrit s’est métamorphosé : il est aujourd’hui poétique, numérique, ludique, collaboratif, performatif, multimodal. Il circule d’un écran à l’autre, d’une main à l’autre, d’une langue à l’autre… un espace de liberté, de construction identitaire, de pensée critique et d’ancrage démocratique. Force est de rappeler à quel point les associations de professeurs de français, aux quatre coins du monde, inventent des manières nouvelles de faire écrire et de faire aimer écrire. Elles transforment la classe en atelier d’exploration : slam et poèmes vocaux, journaux numériques augmentés, récits plurilingues fondés sur les émotions, écrits fonctionnels liés au monde du travail, microfictions multimédias, carnets de recherche et de voyage, productions collaboratives soutenues par l’IA générative, portfolios hybrides où texte, image, son et geste se rencontrent. Les professeurs de français repoussent ainsi les frontières de l’écrit pour qu’il soit une aventure, un geste d’expression, un chemin d’émancipation. Cette créativité s’inscrit également dans une réflexion linguistique fondamentale, éclairée par les travaux de Jacques Anis, qui a montré combien les frontières entre oral et écrit sont poreuses. L’essor des messages instantanés, des réseaux sociaux, des vidéos scénarisées ou improvi-

sées fait émerger ce qu’il appelait « l’écrit oral » : une écriture qui emprunte ses rythmes, ses intonations, ses ruptures et sa spontanéité à la parole. Les apprenants écrivent comme ils parlent, jouent avec les codes, hybridant registres, symboles, émojis, abréviations, voix enregistrées et formulations conversationnelles. Loin d’être un affaiblissement, ce phénomène constitue un formidable laboratoire langagier, où les jeunes expérimentent les variations, les usages et les libertés de la langue. Ainsi, écrire n’est plus seulement produire un texte. C’est relier pensée, langue, conscience, corps, émotions, oral et technologies. C’est donner aux apprenants le droit d’essayer, de jouer, de réécrire, de s’autoformer, de publier même. C’est aussi affirmer que la langue française, loin d’être figée, s’enrichit de la diversité du monde et des mille manières de dire. Dans ce numéro, Le français dans le monde met en lumière ce foisonnement d’expériences et de pratiques. En célébrant les pratiques de l’écrit sous toutes leurs formes, ce numéro rappelle une évidence : écrire, c’est non seulement apprendre une langue, c’est apprendre à habiter le monde. À l’heure où l’intelligence artificielle générative et les environnements numériques réinventent nos usages, il nous revient de garantir une éducation à l’écrit qui reste profondément humaine : créative, réflexive, plurilingue, éthique. Une éducation qui ouvre l’imaginaire, renforce le pouvoir d’agir et donne à chaque jeune la possibilité de devenir auteur – de textes, de projets, de liens, de possibles. n

29


MÉTIER | VIE DE PROFS

LE CHOIX DU FRANÇAIS MÉDICAL,

À LA CROISÉE DES PASSIONS

DE DÁNIEL MÁNY Traduction, recherche, enseignement, le tout dans le milieu très particulier de la santé : à 34 ans, Dániel Mány a déjà un parcours professionnel dense. Entre Budapest et Paris, il a su écrire une histoire sur mesure, où le FOS médical s’est imposé comme une évidence.

P

PROPOS RECUEILLIS PAR SARAH NUYTEN

lus jeune, quand je rêvais à mon futur métier, deux options se dessinaient : la médecine ou l’enseignement du français. La communication et le contact humain ont toujours occupé une place particulière dans ma vie, même lorsque j’étais petit. Mais finalement, j’ai trouvé plus de plaisir dans les langues que dans la biologie et la chimie ! En Hongrie, on apprend une deuxième langue étrangère vers 14 ans : l’anglais est généralement la première langue, puis les élèves choisissent souvent le français ou l’allemand. En Hongrie, le français a une image très romantique et élégante, associée aux Misérables, à la gastronomie, au vin et au fromage. Pour ma part, j’ai tout de suite été séduit par la beauté de cette langue, sa mélodie, la manière de prononcer les « r »…

Pour approfondir ma connaissance du français, j’ai suivi une licence de langue et littérature françaises à Budapest. J’ai alors eu la chance de réaliser un rêve : partir en Erasmus à Paris. J’adore cette ville que je considère comme une deuxième maison. Là-bas, j’ai compris que je n’aimais pas seulement la langue française, mais aussi la France elle-même, sa culture, les Français… C’est aussi durant ma licence que je me suis découvert un intérêt inattendu pour la linguistique.

Traduction et tourisme médical

À la fin de mes études, je ne me voyais pas enseigner au lycée, cela ne m’attirait pas. J’ai fait un master en traduction et interprétariat, mais la seule traduction de textes me paraissait monotone, je me suis donc spécialisé en interprétariat. Avant la pandémie, Budapest accueillait beaucoup de touristes francophones venus chercher des soins médicaux plus accessibles, des Français, des Suisses, des Belges, des Antillais ou encore des Canadiens. J’ai commencé à travailler comme interprète médical free-lance dans des hôpitaux et des cliniques hongroises. Très vite, j’ai eu envie de me spécialiser dans le domaine médical, qui

« Très vite, j’ai eu envie de me spécialiser dans le domaine médical, qui me permettait d’allier mon amour pour la langue à mon intérêt pour la médecine » 30

Le français dans le monde | n° 462 | janvier-février 2026


Avec une élève dentiste.

Avec Sophie, une amie française.

« Moi qui suis globetrotteur dans l’âme, je trouve dans ce métier une ouverture incomparable »

me permettait d’allier mon amour pour la langue à mon intérêt pour la médecine. Cette spécialisation m’a conduit à rédiger un mémoire sur les « faux amis médicaux » (voir encadré). En me plongeant dans mes recherches, je me suis surpris à aimer ce travail intellectuel long, exigeant et minutieux. J’ai donc postulé pour un poste au sein d’une étude doctorale en 2014 et j’ai concentré ma thèse sur les euphémismes dans la traduction médicale. Durant ces années, j’ai eu la chance d’obtenir des postes à Genève, puis en Belgique, avant de retourner à Paris. J’enseignais alors la traduction français/ hongrois à des étudiants et j’y ai pris un plaisir que je n’attendais pas : celui de transmettre. J’ai soutenu ma thèse il y a cinq ans. Puis j’ai reçu une proposition de poste au sein du département des langues sur objectif de santé de l’université Semmelweis de Budapest, spécialisée dans les études médicales. Depuis, j’y donne des cours de FOS à une centaine d’étudiants de tous niveaux et de toutes nationalités. La plupart veulent obtenir des crédits, mais beaucoup nourrissent aussi des rêves personnels : travailler en France, rejoindre un pays francophone ou poursuivre une histoire d’amour avec un Français ou une Française. Je continue aussi mes recherches en linguistique sur la communication et traduction médicales. J’encadre des doctorants, j’édite des revues, je publie des articles, je participe

à des conférences… La combinaison de ces missions m’aide à mieux comprendre comment les langues fonctionnent. Et cela efface toute monotonie dans mon quotidien : je peux donner un cours le matin, travailler sur un article l’après-midi, puis prendre un avion pour une conférence. Moi qui suis globe-trotteur dans l’âme, je trouve dans ce métier une ouverture incomparable.

Convivialité et collaboration

En tant que prof, j’essaie de ne pas être trop strict. Je tutoie les étudiants et j’apprécie que ce soit réciproque. Dans une université qui forme aux métiers de la santé, dont le cadre est assez rigide, j’aime créer une atmosphère conviviale. Concernant ma méthode, je trouve important de travailler sur des données et des textes authentiques, car je ne suis ni français ni médecin. Cet été j’ai passé un mois à la Sorbonne dans le cadre de recherches. J’ai constitué un corpus à partir de comptes rendus rédigés par des médecins et infirmiers français, que j’utilise désormais en classe. En cours, nous travaillons à la fois l’écrit et l’oral. Chaque séance commence par une vidéo sur un thème médical, suivie de questions. Les étudiants apprennent à rédiger

Le français dans le monde | n° 462 | janvier-février 2026

des fiches ambulatoires, des antécédents, des ordonnances, des comptes rendus… Mais je mise aussi sur la prise de parole : l’oral doit être pratiqué en cours, car le reste peut se travailler à la maison. Chaque étudiant doit d’ailleurs présenter un exposé de dix à quinze minutes sur un sujet médical ou pharmaceutique. Ce qui rend mon enseignement unique, c’est cette collaboration particulière avec les étudiants, qui sont de futurs soignants et possèdent déjà des connaissances médicales très pointues. Il faut accepter de ne pas tout savoir. Moi je suis avant

tout un linguiste et je leur apporte un savoir spécifique sur la langue française, eux m’éclairent sur certains aspects cliniques. Durant mes années de master et de doctorat, j’ai acquis une certaine expérience en étant bénévole dans un cabinet médical, où je faisais de la prévention et du dépistage dans le domaine de la vie sexuelle et de l’usage de drogues. Cela m’a aussi aidé à mieux comprendre les enjeux de la communication médicale. J’ai face à moi des étudiants venus du monde entier : en fonction des pays, la culture médicale est très différente, de même que la manière de s’adresser au patient. Il y a des sujets tabous, comme la mort, les soins palliatifs, la santé mentale ou les infections sexuellement transmissibles. Pour ma part, j’enseigne le français médical, la France est donc mon référentiel. Et quand j’évoque, par exemple, la constitutionnalisation de l’IVG en 2024, je sais que c’est un sujet délicat. Je me contente de donner l’info, puis j’accueille la discussion. Analyser les tabous est un autre aspect passionnant de mon métier. n

ÇA VOUS DIT, UNE PETITE CAMOMILLE ? « Un jour, pendant un cours de français sur objectifs médicaux, l’un de mes étudiants, très sérieux et appliqué, a voulu nous expliquer que son patient avait besoin d’une perfusion. Mais influencé par le terme anglais “infusion”, il a annoncé avec beaucoup de conviction : — Le patient a besoin d’une infusion ! Dans le silence de la salle, je l’ai regardé, j’ai regardé la tasse que j’avais à la main : une infusion de camomille. Je n’ai pas résisté : — Entendu. Ça tombe bien : j’en ai justement une ici. Je lui ai tendu ma tasse comme pour soigner son patient avec ma tisane. La classe a éclaté de rire, y compris lui, et il n’a plus jamais confondu perfusion et infusion. Depuis, c’est devenu un classique du cours. À chaque fois que quelqu’un hésite, je demande simplement : — Camomille ou intraveineuse ? » n

31


MÉTIER | MÉDIAS

PAR DAVID CORDINA

Pour redonner visibilité et attractivité à la langue française dans un paysage éducatif en mutation, l’Institut français de Roumanie a misé sur un média grand public : la télévision. Une initiative audacieuse devenue, en quelques mois, un rendez-vous attendu, désormais entrée dans sa quatrième édition.

ROUMANIE : UN JEU-CONCOURS EN FRANÇAIS À LA TÉLÉVISION !

L

a francophonie en Roumanie repose sur un réseau particulièrement solide : le pays compte e nv i r o n 1 , 2 m i l l i o n d’apprenants engagés dans l’étude du français, qu’il s’agisse de la deuxième langue vivante, de filières renforcées ou de formations suivies au sein des Alliances françaises et de l’Institut français. Près de 6 000 professeurs en assurent la vitalité sur tout le territoire, tandis que 25 sections bilingues forment le réseau le plus dense d’Europe centrale et orientale. Pourtant, malgré ce socle impressionnant, plusieurs signaux montrent une fragilisation de l’apprentissage du français. Comme dans d’autres pays européens, la réduction des heures consacrées aux langues vivantes dans les programmes scolaires affecte directement l’enseignement de la deuxième langue, entraînant un recul de l’intérêt et de l’engagement des élèves, en particulier des adolescents. Face à cette évolution, l’ambassade de France et l’Institut français de Roumanie ont donc redoublé d’efforts pour mener des actions marquantes, capables de redynamiser la francophonie auprès de la jeunesse.

36

Le choix de la télévision

Tout commence en mai 2024 lors du séminaire d’Europe centrale et orientale du LabelFrancÉducation, organisé à Bucarest. Pour mémoire, ce label vise à promouvoir les filières bilingues francophones situées hors de France. Piloté par l’AEFE, il est délivré par le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères pour une durée maximale de cinq ans. Cette année-là, douze pays se réunissent dans la capitale roumaine, représentés par des enseignants et des élèves. Dans leur recherche d’animer le réseau européen des jeunes apprenants francophones, les organisateurs cherchent une manière de faire collaborer et s’affronter des élèves de cultures diverses autour de ce qui les rassemble : la langue française. Très vite, l’idée d’un concours portant sur la langue, l’Europe et la francophonie s’impose. Reste à savoir où l’organiser, comment le valoriser et comment le partager avec les élèves, leurs familles et les enseignants des filières bilingues labellisées. La télévision apparaît alors comme le support idéal. Dans un pays où les jeunes se détournent progressivement de l’apprentissage des langues, investir un média grand

public permet de réaffirmer la place du français et de toucher un public élargi, bien au-delà des réseaux éducatifs traditionnels. La télévision reste le deuxième média d’accès à l’information après les réseaux sociaux. Séduite par ce projet mêlant culture, jeunesse et innovation, la chaîne publique roumaine TVR accepte immédiatement de s’engager. Un accord est signé : TVR met à disposition ses studios d’enregistrement et s’engage à diffuser le jeu-concours, ouvrant ainsi l’évènement au grand public. Le fait que l’émission soit intégralement en français ne constitue pas un obstacle : des sous-titres en roumain sont ajoutés.

L’attrait économique du français

L’ambition est également de renforcer l’attractivité du français auprès des jeunes en soulignant les perspectives concrètes qu’offre la langue. En Roumanie, la francophonie est historiquement portée par les élites et, économiquement, par les nombreuses entreprises françaises implantées dans le pays. La demande économique est forte : ces entreprises recherchent à recruter des profils francophones, ce qui confère au français un véritable

avantage professionnel. Les jeunes Roumains y gagnent un accès privilégié à l’emploi, à des opportunités internationales et à une mobilité renforcée. L’Institut français souhaite ainsi encourager une prise de conscience : la maîtrise du français représente un atout majeur pour la future génération, et chaque action innovante – y compris télévisuelle – participe à cette ouverture. Selon Romain Chrétien, directeur des cours de l’Institut français de Roumanie et acteur du projet, l’un des enjeux majeurs est de contrer une forme d’évidence trompeuse autour du français dans le pays : « La francophonie et la francophilie semblent rendre la situation simple, acquise et facile. Et en fait, c’est là le danger : puisque c’est acquis, le public ne se demande plus pourquoi le français, et il perd un peu d’intérêt pour le sujet. » Il souligne un manque de projection à long terme chez les jeunes, persuadés que le français leur sera toujours accessible. L’objectif de l’Institut est donc de rappeler que cet accès n’a rien d’automatique. « Ce n’est pas parce qu’ils sont en Roumanie qu’ils auront un accès facile et inné à la langue », insiste-t-il, rappelant que si l’école, l’université, les Alliances et les Instituts français offrent des portes d’entrée,

Le français dans le monde | n° 462 | janvier-février 2026


DOSSIER |

52

Le français dans le monde | n° 462 | janvier-février 2026


RETROUVEZ LA FICHE PÉDAGOGIQUE RFI en pages 77-78 et le reportage audio sur www.fdlm.org

N OU VEL LE AT S PR NOUVELLES PRATIQUES ES ELL A UV TIIQU NO QUES

TS D DES ÉCRITS ES RITS ÉCRI ES ÉC

F

ace à l’essor des pratiques numériques et multimodales, ce dossier présente une réflexion approfondie sur l’évolution et la didactique de l’écriture dans l’apprentissage du français langue étrangère. Paola Bertocchini et Edvige Costanzo soulignent la nécessité d’une approche systématisée de l’écrit, souvent négligée au profit de la compréhension, en mettant l’accent sur le plaisir et la production écrite. Moniques Richard et Nathalie Lacelle, de l’Université du Québec à Montréal, analysent l’intégration des pratiques numériques d’écriture informelle des jeunes en classe, en s’appuyant sur les concepts de multimodalité et de réalités étendues. David Cordina explore, lui, comment les formes d’écriture contemporaines des jeunes (textualité hybride, multimodalité) peuvent être transposées en classe par des scénarios pédagogiques créatifs et l’intégration de l’intelligence artificielle. Enfin, Sarah Nuyten met en lumière l’utilisation des écrits créatifs comme matériau pédagogique pour diversifier les pratiques, illustré par des projets comme la création d’un magazine collaboratif invitant les étudiants de l’université de Lille à s’exprimer et à raconter leur histoire. Quant aux témoignages d’enseignants, ils nous livrent des astuces concrètes et motivantes de diversification des exercices d’écriture, en utilisant la créativité, les contraintes, les supports technologiques, et le partage public des œuvres. n

Le français dans le monde | n° 462 | janvier-février 2026

53


DOSSIER | ENTRETIEN L’écrit a toujours constitué un passage obligé de l’apprentissage. Aujourd’hui, les pratiques sociales liées aux écrits numériques lui donnent une place prépondérante dans la communication. Cette ère de l’écrit illimité oblige à enrichir les approches et à les systématiser. Comment ? Entretien avec Paola Bertocchini et Edvige Costanzo, dont vient de paraître Pratique des écrits en classe de FLE de A à Z (CLE International).

PROPOS RECUEILLIS PAR JACQUES PÉCHEUR

« MÊME EN LANGUE ÉTRANGÈRE, ON PEUT PRENDRE DU PLAISIR À ÉCRIRE POUR SOI-MÊME » Lieux d’écriture, Productions écrites, Questions d’écriture et aujourd’hui Pratiques des écrits. On peut dire que vous avez de la suite des idées… Pourquoi cet intérêt constant pour la didactique de l’écrit ? Il y a probablement deux raisons qui nous ont poussées à privilégier ce domaine de la didactique des langues et du FLE en particulier. D’abord on appartient à une génération qui a connu un cursus scolaire d’apprenant pavé d’écrits de toute sorte, et tous

bien classiques depuis l’école primaire jusqu’au bac : on nous gavait de compositions, résumés, commentaires, dissertations et cela a sans doute dû conditionner inconsciemment nos choix lorsqu’on a démarré notre aventure éditoriale dans le domaine du FLE. Mais si cela peut relever de l’inconscient, ce dont on a été bien conscientes dès le début, c’est qu’on voulait proposer quelque chose de nouveau, dans le sillage de la révolution copernicienne que l’approche communicative

avait mise en marche au début des années 1980. Or, dans la mouvance de dépassement des méthodes structuro-globalesaudiovisuelles (SGAV), l’écrit criait vengeance face au credo imposé pendant une vingtaine d’années « d’abord l’oral et rien que ça » et ensuite le « passage à l’écrit » qui avait fait de l’oral prioritaire un fétiche, justifié par les théories de la communication de référence à l’époque. Et nous, on a simplement décidé de soutenir le « retour de l’écrit »…

Paola Bertocchini et Edvige Costanzo sont professeures et formatrices en FLE. Elles ont assuré des formations dans de nombreux pays, en Italie bien sûr, au BELC, aux États-Unis, au Canada, en Amérique du Sud. Collaboratrices régulières de la revue, elles sont autrices de nombreux ouvrages dont le célèbre Manuel d'autoformation, plusieurs fois réédités.

Dans l’écrit, entre compréhension et production, vous avez fait un choix, celui de la production écrite. Pourquoi ? Parce que, au moment où la didactique des langues accordait la même importance à l’écrit et à l’oral, on a assisté à un phénomène assez intéressant dans la réévaluation de l’écrit : la ruée de la recherche sur tout ce qui concerne la lecture et le développement de la compréhension écrite. Face à des études et à des matériaux pour la classe de grande qualité – dont le titre emblématique de Sophie Moirand, Situations d’écrit (CLE International, 1979) – il nous semblait utile voire nécessaire d’apporter notre contribution à la partie du travail sur l’écrit qui faisait encore figure de parent pauvre. La disproportion entre les travaux sur la compréhension et la production était en effet évidente et l’engouement pour les documents authentiques y est peut-être pour quelque chose… Là où on passait au peigne fin la nature des documents, les types de lecture et de compréhension qu’ils demandaient, etc., pour la production on se limitait souvent à proposer des tâches « allant de soi » ou à reproposer banalement les tâches d’apprentissage existant en la matière pour le français langue maternelle sans trop faire attention au culturel, par exemple. Et nous, on a décidé de prendre les chemins moins empruntés, mais ô combien plus agréables, de la production…

ÉCRIRE ET SCÉNARISER POUR LES RÉSEAUX SOCIAUX : MODE D’EMPLOI

Avec Jacqueline Pagnol devant la demeure parisienne du couple square du Boisde-Boulogne, près de l’avenue Foch, à Paris.

54

Comment faire des réseaux sociaux un véritable terrain d’expression pour vos apprenantes et apprenants ? TV5MONDE vous propose un article pratique pour intégrer la création de contenus numériques dans vos cours de FLE. Tiré d’un atelier présenté lors du Congrès mondial de la FIPF à Besançon, en juillet 2025, ce mode d’emploi montre comment, à partir de l’analyse de vidéos issues des réseaux sociaux, on peut donner envie aux élèves d’en produire à leur tour. Cette démarche permet de travailler le français en contexte authentique, tout en sensibilisant les apprenants aux codes et aux règles de la communication numérique. De la scénarisation à la publication, toutes les activités sont conçues pour stimuler la créativité, la collaboration et le plaisir d’écrire en français. À vous de jouer ! n Lire l’article : tv5mon.de/RS25 Le français dans le monde | n° 462 | janvier-février 2026


DOSSIER | ANALYSE

PAR MONIQUES RICHARD ET NATHALIE LACELLE

LES PRATIQUES NUMÉRIQUES D’ÉCRITURES MULTIMODALES DES JEUNES Quelle intégration des pratiques numériques d’écriture informelle des jeunes, en classe, à partir de la multimodalité et des réalités étendues ? Réflexions.

L

’écriture contemporaine comme système de représentation graphique de la communication s’est transformée radicalement et de façon exponentielle dans le sillage de la numérisation des langages humains et de leurs supports technologiques de transcription. En combinant des éléments associés au langage (code, signe, mode, mot, image, objet, personne réceptrice ou élocutrice, etc.) et en faisant interagir les modes sémiotiques (visuel, oral, gestuel, sonore, etc.), la multimodalité a ouvert la voie à l’étude d’un champ de pratiques plurimillénaires (pensons à la multimodalité des dispositifs d’écriture et d’imagerie rupestres), jusqu’à l’actuelle submersion par le langage binaire des bits, algorithmes, machines et programmes. Communiquer aujourd’hui implique à la fois des contextes réels, numériques ou hybrides toujours plus nombreux et complexes (environnement mobile ou in situ, réalité virtuelle ou augmentée, univers immersif, intelligence artificielle générative, etc.).

Moniques Richard est professeure titulaire à l’École des arts visuels et médiatiques de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Nathalie Lacelle est professeure titulaire au département de didactique des langues de l’UQAM, titulaire de la chaire de recherche en littératie médiatique.

56

Nous les réunissons ici sous le vocable de réalités étendues (RÉ).

Les mutations en profondeur de l’écrit

Dans les pratiques informelles des jeunes, l’écrit n’échappe pas à ces mutations profondes. Dans nos recherches, de 2013 à nos jours, nous avons constaté que près du quart des jeunes pratiquent encore l’écriture traditionnelle en dehors de l’école, mais que bien plus s’adonnent à des pratiques hybrides associant l’écrit à d’autres modes et supports. Pensons ici aux genres mixtes tels que le vlogue, la vidéo amateur, l’égoportrait géolocalisé, les stories, les fanfictions, les fictions Instagram et autres. Souvent ssans avoir reçu de formation explicite, les jeunes peuvent intégrer des éléments des langages dans leur production numérique et utiliser des procédés variés (éditorialisation de texte, animation textuelle ou multimodale, combinaison signifiante de modes, etc.). Cependant, ils et elles ne mobilisent pas nécessairement ou suffisamment leurs compétences de façon explicite, critique, esthétique et éthique. Pour interpréter les données de nos recherches, nous utilisons l’analogie du Cjing, inspirée de la pratique du disc-jockey, comme un mixage d’éléments de multiples provenances (Richard et Lacelle, 2020) (fig. 1). Elle permet de situer les pratiques

Analyse Cjing de la pratique informelle d’une blogueuse adolescente (montage de M. Richard).

sur des continuums en complémentarité entre humain et machine, réalité et fiction, masculin et féminin, analogique et numérique, etc. Le processus d’échantillonnage et de mixage de codes, formes, contenus, médias, styles et fonctions dans l’écriture numérique transforme les pratiques juvéniles ; il modifie la façon de combiner ces éléments variés, mais aussi de se prolonger dans les prothèses technologiques, de s’engager avec l’autre, d’être présent à l’environnement. La langue ellemême s’amalgame, entre langue maternelle, langue étrangère et idiome connecté dans les réseaux sociaux. Il faut donc saisir ces pratiques mixtes dans leurs contextes selon les intérêts personnels et culturels des jeunes, leurs valeurs et motivations, ainsi que les compétences acquises dans les domaines croisés de la littératie, de la création, du numérique et du ludique.

Transposer les pratiques numériques des jeunes dans la classe

Pour leur part, les enseignants ont peu de temps et de soutien pour se former et préparer leurs élèves à cette transition numérique, et ce, malgré les injonctions des instances scolaires à acquérir des compétences numériques, mais aussi celles, plus paradoxales, de réduire la consommation d’écrans en classe. À l’instar de Nicolas Guichon, nous invitons le personnel enseignant du français (et d’autres disciplines) à transposer les pratiques numériques des jeunes dans leur milieu scolaire en s’appuyant sur les compétences informelles de leurs élèves, sur les productions multimodales diffusées dans les médias numériques et en misant sur les formes d’écriture contemporaine. Avec l’équipe de LMM (littératie médiatique multimodale), nous avons

Le français dans le monde | n° 462 | janvier-février 2026


DOSSIER | PRATIQUES DE CLASSE

NOUVEAUX GENRES NUMÉRIQUES,

NOUVELLES ÉCRITURES Écrire aujourd’hui en classe de langue est un défi créatif qui dépasse largement les cadres habituels de la rédaction scolaire. Non pas que les formes traditionnelles disparaissent – elles demeurent essentielles et sont probablement à réinventer – mais elles cohabitent désormais avec des formats où texte, image, typographie, interaction et instantanéité s’entrelacent. En observant de nouvelles pratiques et genres numériques, cet article propose des pistes concrètes pour aider les enseignants de FLE à intégrer de nouvelles formes tout en questionnant les enjeux d’identité numérique, d’IA et d’évaluation.

L

a plupart des productions écrites auxquelles les apprenants (et notamment les adolescents) sont confrontés hors de la classe ne ressemblent plus vraiment à celles qu’on leur demande en cours. Leurs échanges sur leur téléphone prennent la forme de commentaires très courts, de photos annotées, de messages où l’affect, l’ironie ou l’humour se glissent dans un emoji, ou de posts qui entremêlent une phrase, une image, un collage, un effet typographique et parfois une vidéo. On écrit depuis un écran tenu dans la main, et ce geste transforme profondément ce que signifie « écrire ». À l’ère du caméra-stylo, l’écran devient scripteur : la pensée, la composition et la publication s’enchaînent dans un même mouvement, sans rupture entre l’acte de rédiger et l’acte de partager. Le concept de mobtexte, développé notamment

58

PAR DAVID CORDINA

par les travaux universitaires de Laurence Allard, permet de comprendre cette transformation : il désigne la textualité hybride qui se construit dans la mobilité, au fil des interactions médiées par les écrans tactiles. On y écrit au rythme des notifications, dans un flux où l’écrit se rapproche du geste, où la capture d’image devient un acte de langage et où le texte est façonné autant par les situations que par les interfaces. Ces nouvelles formes ne remplacent pas les genres maîtrisés ; elles les prolongent. Mais elles exigent une agilité différente, une attention au destinataire immédiat, un sens de l’ellipse et de la nuance, parfois même une créativité ludique. Elles représentent un terrain particulièrement riche pour l’enseignement des langues vivantes, car elles mobilisent des compétences utiles : organiser l’information multimodale, découvrir et ajuster les registres, en langue-cible, hiérarchiser,

synthétiser, manier l’humour ou l’implicite. L’enjeu didactique est donc moins de « suivre les tendances » que d’ouvrir la classe à des pratiques authentiques, déjà existantes chez les apprenants, pour les transformer en tâches d’apprentissage et en occasions de réfléchir à leur rapport à l’écrit dans leur langue et dans la langue enseignée.

Le scénario pédagogique de tâche numérique

Déjà depuis l’émergence de l’Internet participatif, au milieu des années 2000, les scénarios de tâches en production numérique (proposés par exemple dans Pratiques et projets numériques en classe de FLE influencé théoriquement par les travaux des laboratoires LIDILEM de l’Université Grenoble Alpes ou ICARE, Université de La Réunion) constituent un moyen privilégié pour cette intégration. Ils consistent à proposer aux apprenants une tâche finalisée, publiable en ligne, destinée à être lue, vue ou entendue. Le numérique devient un support socialisant, qui donne du sens à l’activité en rendant visible son aboutissement : ce sont des tâches concrètes sous forme d’écrits fonctionnels, scolaires ou de simulation. Qu’il s’agisse d’écrire un court avis sur un lieu culturel, de réaliser une capsule vidéo géolocalisée pour présenter un quartier, de rédiger une critique de restaurant sur un

wiki de voyageurs francophones, ou encore de défendre un point de vue dans une discussion de messagerie numérique, de créer un mème qui détourne une règle ou un cliché culturel, chaque projet permet de travailler la langue dans une dynamique d’usages réels. Ces scénarios demandent plus ou moins de temps selon les classes et les niveaux, mais ils peuvent être intégrés progressivement, même par touches très courtes. Plusieurs catégories se dégagent, tout en se recoupant souvent. Des scénarios d’interactions brèves permettent de travailler l’essentiel : saluer, demander, communiquer, réagir, illustrer par des emojis. Les écritures multimodales mettent l’image ou le son produits par les apprenants au cœur de la tâche : une photo prise dans l’établissement devient prétexte à une microhistoire, un selfie détourné sert d’introduction à une description, un collage numérique déclenche un débat. Les scénarios géolocalisés exploitent la mobilité : on marche, on observe, on prend une photo, on dicte une phrase, on assemble sur un plan. Quant aux scénarios plus exigeants – qu’il s’agisse d’exercices d’argumentation ou de simulations journalistiques –, ils s’inspirent des pratiques d’écriture issues de la presse en ligne, des réseaux sociaux ou des carnets-blog en ligne : formuler une position, la nuancer, l’illustrer,

L’enjeu didactique est d’ouvrir la classe à des pratiques authentiques, déjà existantes chez les élèves, pour les transformer en tâches d’apprentissage et en occasions de réfléchir à leur rapport à l’écrit Le français dans le monde | n° 462 | janvier-février 2026


DOSSIER | REPORTAGE

Le Département de l’enseignement du français à l’international (DEFI) de l’Université de Lille, porte bien son nom. Magazine collaboratif, ateliers d’écriture libre et projets artistiques rythment le parcours des étudiants de FLE, invités à écrire en français et à se raconter. TEXTE ET PHOTOS PAR SARAH NUYTEN

À LILLE, LES VERTUS

DE L’ÉCRITURE

CRÉATIVE À mon avis, c’est bien de commencer par des phrases positives, mais je trouve qu’il n’y a pas assez de liens avec la suite », déclare une étudiante aux longs cheveux bruns. « On peut utiliser des subordonnées ou des connecteurs pour donner du sens », propose une de ses camarades. « Pour moi, le premier paragraphe est très bien », objecte un autre étudiant. C’est le jour du bouclage et on peaufine l’édito. Autour de la table, ils sont dix à échanger avec leur professeure, Camille Six, intervenante en techniques d’expression et de communication (TEC). Ils viennent du Kazakhstan, d’Ukraine, du Nigéria, d’Iran ou d’Afghanistan… Tous sont inscrits au DU Passerelle du DEFI de l’Université de Lille, destiné aux étudiants exilés qui souhaitent apprendre le français avant de reprendre un cursus universitaire. Chaque lundi matin, ils se retrouvent pour une conférence de rédaction, afin d’avancer sur la création d’un magazine intitulé Perspective(s).

60

Sur la table se trouve le chemin de fer (un sommaire visible page à page, donnant l’impression d’un rail), les articles des uns et des autres, des carnets, des crayons et des ébauches de travail graphique. Camille Six écoute beaucoup, intervient peu : « On est dans une démarche non académique, il ne s’agit pas de journalisme pur, mais de création. Ils n’ont pas tous les mêmes envies, ni les mêmes préoccupations, ce cours est donc un espace de

Conférence de rédaction au DU Passerelle de Lille, avec Collins, Bezawit, la professeure Camille Six et Inna (de g. à d.).

donnera naissance à un magazine de 32 pages comptant une dizaine d’articles, qui sera imprimé à 150 exemplaires et vendu 1,80 euro dans l’université et alentours.

Cuisine, psychologie et engagement

Pour les étudiants, cet exercice est une première, mais tous semblent conquis. Bezawit et Hajar, 21 ans toutes les deux, respectivement originaires d’Éthiopie et d’Afghanistan,

« On est dans une démarche non académique, il ne s’agit pas de journalisme pur, mais de création. Ils n’ont pas tous les mêmes envies, ni les mêmes préoccupations, ce cours est donc un espace de rencontre et d’expression » rencontre et d’expression. Ce qui m’intéresse, c’est la manière dont chacun va défendre son article. On construit le magazine ensemble, puis ils rédigent de leur côté. » Ce module de 38 heures mêle travail lexical, éditorial, rédactionnel et créatif. Il

ont choisi d’écrire un article sur la nourriture. « On parle du goût du bonheur, de la relation entre ce qu’on mange et la joie qu’on y trouve, détaille la première. Et on a décidé de mettre un peu de notre histoire personnelle dans notre article. » Hajar y

raconte la préparation de l’aushak, un plat afghan : « Je m’y suis repris à plusieurs fois pour rédiger et il y avait toujours des mots que je ne connaissais pas, j’ai donc dû faire un travail de recherche qui m’a beaucoup appris. » Jamila était prof de maths au lycée. Parvana, elle, est diplômée en sciences de l’éducation. Toutes deux afghanes, elles sont arrivées en France il y a environ quatre ans et ont choisi d’écrire un article en forme de témoignage. Leur papier raconte l’explosion d’une bombe dans une classe réservée aux filles et ce qui leur est arrivé après. « C’est un sujet qui nous touche, car les filles afghanes n’ont plus le droit de sortir pour aller à l’école et apprendre (depuis le retour des talibans en 2021), donc il est essentiel de ne pas les oublier », explique Parvana. « On a organisé nos idées en perse et on a commencé à écrire directement en français, poursuit Jamila. Ça m’a aidée dans mon apprentissage. » Collins, un Nigérian de 22 ans, a rédigé un article sur la difficulté de la vie étudiante en France, tandis que Zeyneb, Turque du Kazakhstan et

Le français dans le monde | n° 462 | janvier-février 2026


DOSSIER | ASTUCES DE CLASSE Aider nos apprenants à gagner en autonomie, à l’oral comme à l’écrit, fait partie de nos priorités. Et l’écrit occupe aujourd’hui une place grandissante dans leur quotidien : sur les réseaux sociaux, les messageries ou les plateformes d’IA par exemple. Pourtant, l’écriture reste souvent un défi : la peur de l’erreur, la complexité de la langue française ou le manque d’inspiration peuvent freiner la motivation. Alors, écrire, est-ce forcément ennuyeux et difficile ? Pas si sûr ! En classe de FLE, écrire ne se résume pas à rédiger un texte correct : c’est aussi raconter, imaginer, ressentir, interagir avec les autres. Comment, alors, donner envie d’écrire ? Nous avons recueilli les témoignages d’enseignants qui, chacun à leur manière, font vivre l’écriture dans leur classe. Voici leurs réponses.

J

e leur propose d’écrire un poème ou un texte en utilisant un vocabulaire imposé, lié à un certain thème (les mots de la francophonie, par exemple), ou bien je leur donne une structure minimale et je leur demande de l’étoffer en ajoutant des constituants facultatifs. Les haïkus ou les petits poèmes sur modèle représentent un autre exemple d’écriture créative qu’ils apprécient. L’application Suno les aide à mettre en musique le poème et rendre tout plus amusant. Rédiger un texte à partir d’une image ou d’une BD leur offre la possibilité d’imaginer des actions ou l’histoire des personnages tout en ayant un support iconique. Ce ne sont que quelques exemples d’activités créatives qui aident les élèves à développer leurs compétences d’expression écrite. Alina Vilciu, Roumanie

COMMENT FAVORISER LA PRATIQU

A

vec mes élèves les plus jeunes, j’expérimente l’utilisation de l’intelligence artificielle à travers la rédaction de prompts pour différents outils (chatbots, générateurs d’images, etc.). Cette approche ludique et créative permet de travailler un large éventail de vocabulaire, les modes et temps verbaux, ainsi que les structures de phrases (injonctives, interrogatives…). L’IA devient ainsi un véritable levier d’apprentissage, intégrée de manière naturelle et bénéfique au cours de langue. Alejandro GUTIERREZ, Canada

62

P

É

Karina Pérez, Espagne

Nadia Rabahi, Algérie

our les motiver à écrire, je leur propose une situation d’apprentissage, où le produit final consiste à écrire un miniconte de mystère pour travailler l’alternance des temps verbaux du passé. 1re étape : construction d’une carte mentale à partir du lieu où se déroule l’histoire. 2e étape : Rédaction à partir d’une structure narrative. 3e étape, illustration de chaque partie de la narration à travers l’IA en rédigeant des prompts. 4e étape : lecture et enregistrement à haute voix de l’histoire par les auteurs. 5e étape : création d’un code QR pour partager le tout dans une exposition au lycée. Nous travaillons sous une approche coopérative et interactionnelle, nous travaillons la compétence linguistique écrite et orale, sans oublier la créativité, la technologie et la motivation.

crire à partir de musiques ou de sons est l’une des approches les plus efficaces pour libérer la créativité des élèves. Les sons stimulent l’imaginaire, ouvrent des portes émotionnelles et permettent aux élèves de s’exprimer sans la pression du bien écrire. Concrètement, on propose aux élèves d’écouter un extrait musical ou un paysage sonore : le bruit de la pluie, un marché animé, une ambiance de café, les vagues… L’idée est de laisser le son créer une atmosphère intérieure. Ensuite, on leur demande simplement : « Qu’est-ce que tu vois ? Qu’est-ce que tu ressens ? Où te transporte ce son ? » Cette activité débloque l’écriture même chez les élèves les plus réservés, car ils n’écrivent plus à partir d’un sujet, mais à partir d’une sensation. Les résultats sont souvent magnifiques ;)

Le français dans le monde | n° 462 | janvier-février 2026


RUBRIQUE ANIMÉE PAR ADRIEN PAYET www.fle-adrienpayet.com

U

n jour une phrase : c’est un rituel qui relie l’oral à l’écrit et permet d’évaluer le niveau d’appropriation des contenus de l’oral et les recontextualiser à l’écrit. Une routine pour mettre les élèves à l’aise et leur donner l’occasion de s’affirmer pleinement en écrivant chaque jour… Neji Benhmida, Tunisie

J

e leur propose toujours de travailler sur des projets qui correspondent à leurs passions : le football, la mode, les BD, ou encore de participer aux compétitions nationales dans les domaines qui les inspirent. Lorsqu’ils choisissent un thème qui les touche, ils s’investissent naturellement davantage et produisent un travail beaucoup plus authentique. Je les encourage également à écrire pour le magazine de notre association des professeurs de français au Pakistan, ce qui leur offre une véritable plateforme d’expression. Voir leurs textes, leurs BD ou leurs introductions publiés les motive énormément. Cela renforce leur confiance et valorise réellement leurs efforts. Ils comprennent que leurs idées ont de la valeur, et l’apprentissage devient alors une expérience personnelle et gratifiante. Tassaduq Altaf, Pakistan

J

e favorise l’écriture sous un format collaboratif, avec des jeux et des contraintes, qui donnent un cadre rassurant. En classe, par exemple je fais des cadavres exquis pour travailler un point de grammaire, ou des jeux par équipe avec un temps très court et des mots à intégrer dans un texte. J’invite ensuite les apprenants à partager et lire leur texte, ce qui permet de travailler aussi la prononciation. En ligne, j’utilise un Google doc partagé et les breakout rooms [salles virtuelles] pour recréer des groupes de travail. Écrire à plusieurs permet de mutualiser les idées et de motiver tout le monde. Partager les textes à la classe, c’est toujours un moment sympa et comme ils sont en groupe, c’est moins long que si chacun lit son texte. Marine Nouhaud, France

UE ET LE PLAISIR DE L’ÉCRITURE? À RETENIR Une chose est sûre : les contraintes stimulent la créativité. Les propositions d’écriture d’Alina, très cadrées, rassurent les apprenants. Comme le montre Nadia, le choix du support déclencheur est essentiel : partir d’un son, d’une ambiance stimule souvent l’imaginaire. Neji rappelle quant à lui l’importance de la régularité : une phrase par jour peut déjà

tout changer ! Pour Tassaduq, tout commence par le choix du thème : lorsqu’il rejoint les passions des apprenants, l’écriture devient naturellement plus attractive. Et écrire seulement pour être corrigé ne suffit pas ; donner à lire à un plus large public donne un vrai sens à l’acte d’écrire. Merci à tous pour vos témoignages et rendezvous sur les réseaux pour une prochaine question ! n

JE PARTICIPE ! Rejoignez FACEBOOK/LeFDLM www.fdlm.org Instagram @fdlmonde

Merci à tous les enseignants pour leur apport et à bientôt sur les réseaux sociaux pour les prochains numéros !

Le français dans le monde | n° 462 | janvier-février 2026

P

C

Carole Blin, Canada

Vincent Bouen, Espagne

our ma part, j’utilise les jeux comme l e Wo rd l e , Quordle ou Octordle. Ce sont des rituels en début de cours. On fait ces activités et ensuite, je demande aux étudiants de créer une phrase avec les mots trouvés. Parfois, je mets des contraintes avec une expression à utiliser au début, le temps de conjugaison ou une structure grammaticale comme l’hypothèse avec « si ». Ça marche bien !

hez nous (à French School TV), on essaye premièrement de motiver les élèves à trouver un support qui leur plaise personnellement, par exemple, un reportage en français sur un lieu qu’ils aimeraient découvrir. Après avoir visionné le reportage une première fois sans les sous-titres, puis une deuxième fois avec les sous-titres, pour identifier le vocabulaire à réutiliser, nous les invitons à présenter l’information sous forme de synthèse en y ajoutant quelques détails personnels (en fonction du niveau bien sûr).

63


APPEL À CONTRIBUTION

LE FRANÇAIS DANS LE MONDE, C’EST VOUS ! Partagez avec les lecteurs vos expériences de classe, vos projets pédagogiques, vos savoir-faire didactiques.

PA R

EZ ! P I C I T

MÉTIER | AST UCES DE CLA SSE

ASTUCES DE CLASSE

L’imagination et moteurs de notrela créativité sont les devons de surprenmétier. Nous nous dre nos appren pour mieux les intéresser, varier ants supports, glaner les ici et là de nouvel ressources, activité les s ou projets qui feront de notre cours un lieu vivant d’apprentissag e et de découv erte. Il existe de nombr ressources FLE, eux sites dédiés aux de rencontre, dedes lieux et des espaces Et vous, quels partage, de formation… sites, expériences vous ressources ou construire vos inspirent pour cours ? C’est la question que nous avons lecteurs. Voici posée à nos lectrices et leurs réponses.

Racontez vos « trucs et astuces » sur une thématique de classe particulière ! Notre chroniqueur Adrien Payet les recueillera dans cette double-page très vivante et très appréciée.

D

ans mon pays on adopte un nouveau catif numériqu régime édue. Donc, je cherche le site de TV5Mond des activités sur les transformant e ou la plateforme IF Profs en à l’aide des applicatio riques, des activités ns numénière par exemple, et des jeux interactifs. La semaine pératif en classe j’ai utilisé le jeu FIFA pour expliquer deren faisant conjuguer l’imtrès simple. ce mode d’une manière Moustafa Yehia,

J

e suis votre rubrique « Astuces » depuis parution et ça la première me donne beaucoup du temps aussi d’idées ! Je passe sur Linkedin et les groupes FLE Facebook sur de mutualisation pour m’inspirer. J’aime beaucoup des pratiques, l’idée c’est importan de profs sont isolés dans leur t car travail. Par exemple beaucoup établissement je suis la seule dans mon enseignante de pas quelqu’un français, je n’ai avec qui partager preuneuse de ce type d’initiativ des idées, je suis donc très e. Valeria Robles,

Espagne

J

Magalie Navarre,

Fernando Aliva,

A

vant, une méthode un livre de l’élève c’était cahier d’activité et un s. Il fallait aller sources compléme chercher les resntaires ailleurs. jourd’hui, entre Aules sites compagn des méthodes, ons les Facebook associés pages et groupes à certains titres les plateform et es numériques des éditeurs je trouve qu’on est bien servi ! Pour toutes ces raisons je trouve est plus cohérent qu’il de rester sur les sources du manuel. res-

Canada

J

J

’ai fait étudier dans un cours « Déjeuner du matin » de Prévert. On coup amusés, car s’est beaules élèves ont changé la fin de la poésie, on a eu des résultats très drôles !!! Nury Nury Dip,

Mohamed Sadi, Argentine

Argentine

P

our trouver des activités je vais sites : Le point du FLE (surtout sur 3 grammaire), Bonjour de Francepour la les karaokés (pour prendre du Cavilam et les jeux) et Le plaisir d’ap(pour un travail compétences). ciblé sur les Je m’inspire aussi sources partagées beaucoup des respar les enseignan ts sur IF Profs.

T

out dépend du niveau, mais une définition (courte) de mots en lien avec le champ lexical étudié et donc les mots qui correspondent. son binôme. Une Chacun doit trouver étiquette mot en 2, retrouver coupé son virelangue sans binôme. Sinon, un voix, les apprenan occupent tout ts l’espace classe et doivent retrouver leur binôme ou plus simplement en lisant sur les lèvres (donc articuler sans bien voix), celui-ci marche vraiment bien. Fous rires garantis. Chrystelle Lafaysse,

Sénégal

Nous le voyons ici, les enseignant s de français ne manquent pas de

Rejoignez FACEBOOK/LeFDLM www.fdlm.org le monde | n°

427 | janvier-févr ier 2020

Australie

À RETENIR

les grands sites phares du FLE comme TV5Monde mais aussi de moins connus, qui constituent tous un vivier monument al de ressources pour la classe – sans oublier bien sûr votre revue Le français dans le monde qui, nous l’espérons, vous inspire au quotidien.

Mohamed rappelle

que les mé-

beaucoup de ressources complémentaires dont il serait de se priver. L’intérêt dommage étant qu’elles suivent à la lettre la progression de votre manuel. Ces dernières années des plateforme s de partage d’activités comme IF Profs de l’Institut français ou encore les excellents sites Agito! (cité par Ana)

et les Zexperts (par Magalie) se sont multipliés et remportent un vif succès. En dehors des ressources en ligne, Fernando rappelle de suivre des formations l’intérêt organisées par la FIPF, les IF, les AF et aussi les éditeurs. La plupart d’entre elles sont gratuites. Il existe également des CLOM en FLE et des webinaires gratuits (notammen t « Doc en stock »). ■

Espagne

Le français dans

J

’aime aller fouiner sur des sites qui n’ont rien à voir avec le FLE pour trouver un peu de sang neuf :) Par exemple, j’ai trouvé de vraies pites sur le blog pé« Les folles colos ». Il y a beaucoup d’activités à réaliser dans et hors de la classe. Christophe Laval,

Italie

Maroc

40

FLE, nous sommes

Liliane Noler,

Veronica Giovani,

’ai découvert récemme nt la page tion FLE sur le site des Zexperts. Espace FormaIl y vidéo avec des idées et technique a des capsules pour la classe. Je vous les recommas très pratique nde.

e participe à toutes les formation y en a de plus s possibles. Il en plus et en Espagne d’entre elles sont gratuites. Je vais plusieurs aux université s d’été et aux journées tous les ans drid. J’essaie aussi FLE de Mapar les éditeurs. de participer aux journées organisées Dans chaque atelier j’essaie quelque chose de retenir et de l’applique r, mais il faut vite, sinon c’est le faire très perdu !

« En classe de

C

e sont mes neveux Ils vivent en France qui m’inspirent ! l’âge de mes élèves et comme ils ont (14-15 ans), je questionn les d’intérêt, les derniers e sur tout : leurs centres jeux vidéo ou cès, la mode vestiment séries à sucjeunes (qui n’arrêtent aire, les expressions des pas de changer suite, j’essaie de !), etc. Enme alité pour motiver caler au plus près de cette rémes jeunes et les faire parler.

Égypte

Un grand merci aux et le site de notre enseignants qui ont participé chroniqueur : www.fle-ad et à bientôt rienpayet.com sur les réseaux sociaux

RUBRIQUE ANIMÉE PAR ADRIEN www.fle-adrienpayet.c PAYET om Le français dans

le monde | n°

427 | janvier-févr ier 2020

J

’adore le site Agito!, trouve qu’ils proposenje t des activités vraiment intéressantes et novatrices. J’écoute aussi dcasts « Les agités leurs podu FLE » et « Les agités de la m’inform er sur classe » pour les nouvelle s pratiques en FLE. sûr il y a les articles Et puis bien et fiches pé dagogiques de votre revue que j’utilise beaucoup , notamment les jeux et les Incroyab toires de la grammair les hise! Ana Leon, Cuba

heureux ! »

41

es.

nique Serrès-Foss

n franco-hellé Avec l’Associatio

DE MÉTIER | VIE de l’école, Dans la cour

avant notre visite

PROFS

à l’Institut français

ue.

de Thessaloniq

VIE DE PROF

!” »» IS !” AIS ÇA NÇ AN FRA LE FR RLE PAR JE PA JE I, I, U U “O “O IT IT D ND ON CE,, O RÈCE GRÈ EN G «« EN demande avant pays tou- « Je me a Grèce est un donner la connais- tout comment ristique où étrans confiance en sance des langues rée aux enfant qu’ils gères est considé J’ai eux-mêmes, pour atout. comme un parlent, lisent de langues étran- écoutent, français » suivi des cours jeune et acet écrivent en

L

dre à commuet leur désir d’appren malgré certains niquer en français, comme le manque aspects négatifs la fatigue ou l’ende concentration,freiner l’assimilanui qui peuvent s connaissances tion de nouvelle linguistiques.

du Rencontrée lors en des Congrès européfrançais professeurs de r septembre à Athènes en toula avant Créer et s’amuse j’étais plus je me demande iquer gères quand C’est pourquoi enfants peux commun dernier, Stama is en 2000, j’ai tout comment donner à ces qu’ils tuellement je anglais et en franma licence, e, en eux-mêmes, pour enseigne le frança en allemand c’est le Après concours pour l’enseign confiance en parlent, vraie passion, réussi le écoles du secçais. Mais, ma mais aussi qu’ils ! Pour les dans deux écoles du du FLE dans des enseigné à écoutent en français de la ment Grèce français ! e pas unipublic. J’ai d’abord re avant lisent et écrivent enfance, les sons primaires en fait ent si teur Pendant mon secondai je ne me concentr souvent me paraissai apprenants du . J’ai motiver, ement Nord. Elle nous de ce langue française commencé à l’ap- des er vers le primaire DEA quement sur l’enseign et de la gramj’ai m’orient que peu s de ire un un fascinant de partager de six ans grâce d’ailleurs obtenu, en 2013, ouverte stérile du vocabula qui unit prendre dès l’âgeelle-mêm contraire j’essaie e appris hellénique maire, mais au ludique à l’apprena lien indéfectible de l’Université dans l’enseià ma mère, qui Grèce. ses études de (spécialisée donner un aspect l’utilisala France à la le français pendant j’ai appris des de Patrast à distance) précisément tissage pour les guider vers afin début, ULIA ULA MAKRYPO PAR STAMATO

mais gnemen médecine. Au de FLE au pri- tion des connaissances acquises, et phrases à l’oral, du sur la didactique française chansons et des ique ment, je travaille qu’ils créent en langue était la prossage systémat maire. Actuelle elle. Telle la Grèce du mon apprenti cé quand je me à Serrès, une ville de s’amusent avec de DEA, de français a commen Thessalonique blématique de mon mémoire activités et à l’Institut français où nord, à 90 km de 10-12 suis inscrite èse, Approche holistique des élèves de du Péloponn j’enseigne à ment-apprengrec, intitulé Patras (au nord voyage et pour l’enseigne le système éducatif e ludiques j’ai grandi). Ce écoles primaires e ans (dans je suis née et de la deuxièm du FLE dans les la langue français l’enseig nement e – l’anglais étant tissage éducatif avec du Nord. pour les enétrangèr intérêt e – de la Grèce aussi des ressources nulangue ainsi que mon e pour faire des considér é comme la premièr élèves Je me sers se fait en 5 napermettent aux imafants m’ont motivée à l’Université secteur public classes du mériques qui leur le à Lettres dans de cours s, s libre études e les deux dernière ienne d’Athène , ité de donner tionale et capodistrent de Langue et et 6 leur spontané rier 2020 primaire). J’adore dans le départem s. | n° 427 | janvier-fév dans le monde Le français littérature française

nombreux enseiplus, avec de région nous œuvrons iper De à des gnants de ma Je voudrais partic du grand public fait penser au « à l’initiation ants ales comme l’amiLa Beauté blanchée (de Lancôme) avec mes appren notions primordi la communicaé, et qui « La vie est belle on, leur créativit les nt parfum projet éducatif gination et à tié, la civilisati travers des maniun secret pour plus intéressa propriété est à Si à un rendent le cours je suis et sa tion, la paix… produits de beauté. ning pour les es en lien avec Depuis 2016, sociétés des bonne odeur eTwin des à leurs yeux. festations culturell et de la ce en TICE (techno- on sent la plante, une touche notre mettre en lien avec n de la langue compromotio aussi formatri la elle la , » de s et tion apparaît s. Pour cette année, phone logies de l’informa l’enseignement) blanche s’embellit. Le visage laid écoliers franco culture française monte la pièce ion pour nez et on munication notre Associat beau et le visage Anouilh de langues Jean nts devient de motivent » gens qui Antigone projets plus beau. repour les enseigna Je crois que les des En plus de ces secondaire. Sa r en fran- théâtrale devient encore Serrès. des élèves du étrangères à nts sont beau une présentation détaillée les apprenants à s’exprime du théâtre à des avec des apprena J’ai fait tion sur la scène bénévolement r numérique r le potentialités à l’investissement de ce projet d’herbie + , la revue çais, je participe ues à la bibliothèque présentaès est programmée pou optimisées grâce les nouthématiq de Contact de de Serr permettent 2020. urs de ateliers dans le n° 83 n des enfants cognitif que et mois d’avril différentes tion des professe aire de Serrès à l’attentio gies. intégrer les ateliers éducatifs universit velles technolo à divers projets de l’Associa des Pour moi, 7 à 12 ans. Ces de formation processus d’enseiJe pense ainsi apprenants. Ainsi français ) en Grèce (https://apf.gr). artistiques servent à célébreronie, formes d’art au favorise le goût mes FLE en (APF-FU ir Noël, la Francoph menés avec gnement du ves et le dés fêtes comme de haïkus, organisé é poètes, la Journée d’apprendre des élè e du concours que et les arts du 3e le Printemps des Ils sont élèves ont remport en langue étrangèr numéri er mes Le où langues… lors des s’exprim 2016, ne de avec d’autres pour leur « Poème septembre dernier,professeurs européen animés par les membres communiquer raiun prix spécial « Feuilles rouges, En organisés et européen des ellénique pour C’est pour cette e»: la Congrès j’ai pu démontion franco-h sur l’automn r avec francophones. / Tombent sur français, à Athènes, sur l’usage de l’Associa dont je fais partie. je voudrais participeéducajaunes, orange Il pleut de les son que mon atelier Serrès-Fosses un projet tristesse ! / nous mettons apprenants à une trer durant éducatifs grand public terre – quelle plateAvec mes collègues en contact avec mes ». En 2018,er sites web (un projet de nts du FLE, comdans mon cœur 1 prix des tif eTwinning mus+ et a remporté le pour pour l’enseignement se sont servis jeunes participa en suivant ncé par Eras ts autre section auté francophone forme cofina une commun la catégorie verte au ment mes apprenan avec le projet le monde ludique, propre à cette de former à aequo vise les ex qui parcours s en Grèce numériques Europe) qui anée, en un o- des outils C’est génial d’écouter d’apprentissage en les écoles primaire de la francoph avec des écotranche d’âge. une fois la Méditerr quelques leurs Il était at avec l’Institut français de les petits enfants énoncer à la fin mettra au contact étrangers où la Concours national ont exprimé et des pays ■ nie : les enfants et linguistiques partenarinique. Il s’agissait de présen- phrases de base en français avec liers issus es est enseignée. dans le but tous ensemble talents artistiqu plantes Thessalo langue française nt et par écrit de l’atelier dire !» dessinant sept été ter (oraleme le mérou brun, fierté : « Oui, je parle français 31 en créant et les qualités ont la de créer une affiche) n. magiques dont menacé de disparitio Voici celles de décrites en français.Beauté blanchée : un poisson La plante magique Le français

dans le monde

Comment vous est venue l’idée de devenir professeur(e) de FLE ? Partagez votre experience en racontant votre parcours unique qui passionnera la communauté des enseignants de français.

rier 2020 | n° 427 | janvier-fév

30

PARTAGEZ VOS FICHES PÉDAGOGIQUES !

Envoyez-nous les fiches pédagogiques que vous avez créées pour vos élèves ! Elles seront mises en page et publiées dans le magazine.

CO N T ÉCRIVEZ UN ARTICLE

RIBU

EZ !

Des projets pédagogiques innovants, des expériences d’enseignement singulières, un savoir-faire qui vous est propre… Partagez vos compétences et votre métier à nos lecteurs !

Pour nous envoyer vos comptes rendus, articles ou fiches pédagogiques, contactez-nous à l’adresse suivante : contactfdlm@gmail.com

N_462_76-FICHES_PUB.indd 76 1 APPEL-CONTRIBUTION_HD_2020.indd

Scannez le QR code et retrouvez la revue sur son site Internet et les réseaux sociaux.

19/12/2025 19:59 09/06/2020 12:45:31

FichesFD


OUTILS | FICHE

PAR MARINE BECHTEL

!

OBJECTIFS n Pédagogiques :

FICHE RÉALISÉE EN PARTENARIAT AVEC

DURÉE (indicative) : 30 MIN pour le remue-méninges, 50 MIN pour les activités 1 à 4. Prévoir au moins deux séances supplémentaires pour les activités de production.

- Repérer la structure et les informations essentielles d’une interview - Grammaire : exprimer l’hypothèse, Si + imparfait / être au conditionnel présent - Éducation aux médias : repérer les caractéristiques d’une interview portrait n Communicationnels : - Rédiger un portrait personnel sous un genre littéraire libre, à enregistrer ou déclamer - Enregistrer une interview portrait

MATÉRIEL n un lecteur audio et des haut-parleurs

Retrouvez le document sonore, sa transcription et les solutions à cette fiche sur votre espace abonné www.fdlm.org

NIVEAU : adolescents et jeunes adultes, à partir du niveau A2 + / B1

QU’EST-CE QUI VOUS TOUCHE ET VOUS ANIME ? Découvrez le parcours et la pédagogie vivante d’Anne Robitaille, ancienne professeur de FLE au Québec, interviewée lors du congrès mondial de la FIPF. Appliquez ses consignes pour décrire ce qui vous touche et vous anime. Et réalisez à votre tour une interview portrait !

FICHE ENSEIGNANT

ACTIVITÉ DE PRÉ-ÉCOUTE : LES GENRES LITTÉRAIRES Remue-méninge: Définissez ce que sont un slam / un sonnet / une fable [Faites un nuage de mots avant de donner les définitions précises. Faites ensuite écouter et/ou lire des exemples.] Quels autres genres littéraires courts connaissez-vous ? [Conte, pamphlet, lettre, autres formes poétiques que le sonnet.]

COMPRÉHENSION GLOBALE Activité 1 : Écouter l’interview en entier.

ÉDUCATION AUX MÉDIAS : LES CARACTÉRISTIQUES D’UNE INTERVIEW PORTRAIT / NIVEAU B1 ET PLUS Activité 4 : par petits groupes / question 2 : réécouter 2 passages clefs (début > 0’38 + 1’56 > fin).

PRODUCTION ÉCRITE ET ORALE : ÉCRITURE CRÉATIVE ET INTERVIEW PORTRAIT Activité 5 : Pour le 1., les apprenants testent l’étape brouillon de relecture de leur texte par petits groupes.

Les apprenants lisent les questions avant l’écoute.

Selon leur niveau, ils peuvent utiliser d’autres verbes que le verbe être au conditionnel présent.

COMPRÉHENSION DÉTAILLÉE : PARCOURS ET MÉTHODE D’ANNE ROBITAILLE

Pour le 2. (à partir du niveau B1) : si vous le souhaitez, faitesvous interviewer par vos élèves !

Activité 2 : Les apprenants lisent les questions avant l’écoute.

→ question 1 : réécouter jusqu’à 0’38. → questions 2 et 3 : réécouter de 0’51 (« On vient d’entendre… ») à 1’56 (« à l’avant de la classe »).

GRAMMAIRE : L’HYPOTHÈSE AVEC SI + IMPARFAIT ET VERBE « ÊTRE » AU CONDITIONNEL PRÉSENT

© RFI/Lucie Bouteloup

Activité 3 : Hors écoute. Pour la question 3, un rappel ou un entraînement à la conjugaison du verbe « être » au conditionnel présent peut être nécessaire (pré-requis : avoir déjà abordé l’imparfait). Anne Robitaille Le français dans le monde | n° 462 | janvier-février 2026

12:45:31

N_462_76-FICHES_PUB.indd FichesFDLM_462_OK.indd 77 77

77

19/12/2025 19:59 19/12/2025 12:32:21


12:32:21

OUTILS | FICHE

par JEAN-BAPTISTE LARRAMENDY – Alliance Française de Hong Kong

NIVEAU : PRÉ-ADOS ET ADOS 10-15 ANS niveau B1 DURÉE : 2 H SANS LE PROJET FINAL THÈMES ABORDÉS : les droits des enfants, le respect des droits des enfants,

l’empathie

OBJECTIFS n Communicatifs : parler du droit des enfants, justifier n Linguistiques : le droit à / le droit de, vocabulaire de l’opinion n Interculturels : connaître et défendre les droits des enfants n Numérique : le projet final peut être réalisé sur Canva

JE CONNAIS MES DROITS, VOUS CONNAISSEZ VOS DROITS ? La séquence a pour objectif de faire découvrir aux pré-ados et ados de 10-15 ans les droits des enfants à travers plusieurs documents synthétiques. Une exploration plus poussée des thèmes évoqués peut être envisagée dans un cadre de cours d’histoire ou d’éducation civique.

FICHE ENSEIGNANT ACTIVITÉ 1 L’enseignant demande aux apprenants d’observer l’image, facilement accessible en cherchant « médecins du monde » et « accès à l’eau potable » dans un navigateur de recherche. L’enseignant demande aux apprenants de repérer les éléments importants sur l’image : à quoi ressemble le document ? En général, qui prescrit ce type de document ? À quelle occasion ? Quel est le traitement recommandé ici ?

est possible de créer des listes de mots-clés par type de droit.) Pour la dernière question, privilégier la spontanéité selon les groupes et les cultures. Un temps de préparation est envisageable.

ACTIVITÉ 6 L’enseignant diffuse la vidéo « 1 jour 1 actu » sur le respect des droits des enfants sans le son. Il / elle demande aux apprenants de repérer les différents droits évoqués dans la vidéo

ACTIVITÉ 2 L’enseignant demande si les apprenants connaissent leur droit. Il / elle fait la liste des droits mentionnés. Il / elle prend soin de bien reformuler les droits mentionnés en utilisant les structures travaillées plus tard « le droit de + verbe » et « le droit à + nom ».

ACTIVITÉ 3 L’enseignant propose une liste de neuf droits. Les apprenants doivent discuter et repérer ceux qui apparaissent dans la Convention des droits des enfants de 1989. Trois droits n’y apparaissent pas : droit de harceler, droit de faire la guerre, droit de travailler.

ACTIVITÉ 4 L’enseignant projette la carte mentale au tableau. Il / elle peut imprimer et distribuer une copie de cette carte aux apprenants si nécessaire. Il / elle dirige l’attention des apprenants vers le titre du document « les principaux droits de l’enfant » et il / elle insiste sur le fait qu’il existe d’autres droits. Il / elle pose les questions « ces droits sont regroupés en combien de thèmes différents ? » « Quels sont ces thèmes ? » L’enseignant peut noter certains des droits mentionnés au tableau afin de faciliter le rapprochement à venir avec les droits de l’activité 3. Il / elle demande aux apprenants s’ils voient des similarités avec les droits de l’activité 3. Il / elle leur demande d’associer les droits similaires, d’abord par groupe de 2-3, puis en grand groupe.

ACTIVITÉ 5 L’enseignant projette le poste des éditions Milan. Huit courts textes décrivent les principaux droits des enfants. Après un repérage en groupe classe des différents droits évoqués, l’enseignant laisse les apprenants découvrir les questions de l’activité 5 avant de lire les textes. Les apprenants peuvent comparer leurs réponses en petits groupes avant le retour en grand groupe. (Sur un parcours long, il Le français dans le monde | n° 462 | janvier-février 2026

N_462_76-FICHES_PUB.indd FichesFDLM_462_OK.indd 79 79

ACTIVITÉ 7 L’enseignant montre la vidéo avec le son et demande aux apprenants de se concentrer sur le non-respect des droits des enfants. Les apprenants lisent les propositions avant le deuxième visionnage. Ils doivent repérer quelles propositions sont illustrées dans la vidéo.

ACTIVITÉ 8 Les apprenants doivent relire les deux textes et compléter les phrases avec « à » ou « de ». On attire leur attention sur les différentes structures en contexte. L’enseignant guide les apprenants vers la formulation de la règle de grammaire qui suit.

ACTIVITÉ 9 Les apprenants complètent le texte avec « à la », « au », « aux » ou « de ». L’enseignant attire leur attention sur le besoin de respecter le genre et le nombre des noms qui suivent « le droit à » et de faire les changements nécessaires.

ACTIVITÉ 10 : CRÉATION DE SAYNÈTES En groupes de 3-4, les apprenants mettent en scène le non-respect du droit de leur choix et l’intervention d’une personne qui rappelle le contenu de ce droit. L’intervention a un but civique, elle crée une réaction, un automatisme positif. La protection des droits des enfants est un souci collectif.

ACTIVITÉ 11 : LA FRESQUE DES DROITS DES ENFANTS Par groupes de 2-3, les apprenants choisissent un droit et produisent un visuel en présentant les caractéristiques. Ils peuvent choisir de faire un poster ou une BD de 4 à 6 cases. L’objectif est de présenter différents droits afin d’avoir une fresque au contenu riche et varié.

79

19/12/2025 20:00 19/12/2025 12:32:21


Développer ses compétences à chaque niveau

Oral ou écrit, compréhension ou production, Compétences est la solution cle-international.com

Niveaux A1 à C1

Le français dans le monde est une publication de la Fédération internationale des professeurs de français éditée par CLE International

ISSN 0015-9395 9782090363548

9 782090

363548


Turn static files into dynamic content formats.

Create a flipbook
FDLM 462 janvier - février 2026 by Le français dans le monde - Issuu