Siège de la Vaudoise, la renaissance d’une icône moderne
Une nouvelle manufacture horlogère pour Audemars Piguet
Énergie, l’important développement du photovoltaïque en Suisse
Handicap et habitat, trois projets entre autonomie et soin
Un ambitieux projet au Campus Biotech
Dans cette édition, comme dans la plupart de celles publiées ces dernières années, les projets genevois occupent une large place. Le Canton et sa région traversent une transformation aussi rapide que profonde. Ce n’est pas une nouveauté. Nous avons tous vu émerger les nouveaux quartiers – le PAV, les Communaux d’Ambilly, Vernier-Meyrin – et avec eux des projets d’envergure : le Quartier de l’Étang, Quai Vernets, et tant d’autres. Nous avons observé le développement urbain autour des stations Léman Express, de la gare des Eaux-Vives, de Lancy Pont-Rouge.
Mais ce qui retient notre attention, ce n’est ni l’échelle des projets ni la seule densification urbaine. C’est le basculement en cours : Genève cesse d’être une ville organisée autour de son centre historique pour devenir un territoire polycentrique. La réalité du terrain, elle, reste complexe. Le marché de la construction reste sous pression. Les coûts grimpent.
La pénurie de logements persiste, les équipements et infrastructures accusent le retard. Ces tensions font partie du tableau. Elles signalent, en creux, l’ampleur du mouvement en cours – une agglomération qui se réinvente plus vite qu’elle ne se construit. Nous en sommes les témoins directs – et, un peu, les acteurs. C’est un moment charnière pour Genève. Et c’est précisément pour cela que nous continuons à le documenter, édition après édition.
Maroun Zahar
CONSTRUCTION & BÂTIMENT
90 Les transports MBC inaugurent un nouveau dépôt-garage à Denges
98
10 Les news de l’architecture et de la construction
REPORTAGE
18 À Meyrin, une toute nouvelle maison de quartier
26 Handicap et habitat en trois projets
TECHNIQUES DU BÂTIMENT
40 Énergie : le solaire, entre déploiement et stockage
54 Machines de chantier, transformation discrète mais profonde
58 Peinture, algues et champignons
64 Verdir la ville, Genève et Lausanne montrent la couleur
72 Déchets et tri, le secteur se développe
PROJETS
78 Une manufacture nouvelle génération pour Audemars Piguet
108
La CPEG construit un quartier avec un programme mixte à Genève
La rénovation du siège de la Vaudoise Assurances à Lausanne
120 Un pavillon sculptural au campus Unlimitrust à Prilly
126 Pregny Park, un bâtiment administratif modulable pour Genève
134 Le Bâtiment B4, nouvelle pièce du Campus Biotech à Genève
142 Un îlot de verdure écoresponsable à Lausanne
ENTREPRISES
148 Zoom sur les entreprises locales
SALONS
160 Ineltec, le grand rendez-vous suisse du secteur de l’électricité
AGENDA
162 Expos, salons et congrès
FERBLANTERIE • COUVERTURE
FERBLANTERIE • COUVERTURE
ÉTANCHÉITÉ • REVÊTEMENT DE FAÇADES
ÉTANCHÉITÉ • REVÊTEMENT DE FAÇADES
CONSTRUCTION & BÂTIMENT
N°3 / 2026
PROJETS ET CHANTIERS DES PROFESSIONNELS DU BÂTIMENT
NOS COMPÉTENCES À VOTRE SERVICE
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Staremberg SA est une PME familiale et indépendante fondée en 1996 à Bulle. Active dans le domaine de la ferblanterie, de la couverture, de l’étanchéité et du revêtement de façades, Staremberg SA se profile comme une entreprise à la pointe dans ses domaines (CFC 222 et CFC 224) et travaille aussi bien le cuivre, le zinc, l’aluminium ou l’inox.
Staremberg SA est une PME familiale et indépendante fondée en 1996 à Bulle. Active dans le domaine de la ferblanterie, de la couverture, de l’étanchéité et du revêtement de façades, Staremberg SA se profile comme une entreprise à la pointe dans ses domaines (CFC 222 et CFC 224) et travaille aussi bien le cuivre, le zinc, l’aluminium ou l’inox.
STAREMBERG SA
Route de la Pâla 132
1630 Bulle
STAREMBERG SA
Tél. +41 26 913 75 80
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e-mail: info@staremberg.ch
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À Meyrin, Audemars Piguet a transformé un ancien site industriel en une manufacture horlogère de nouvelle génération
Edition No 3
Juin-Juillet 2026 Sixième année
Éditions PRESTIGE SA Route de la Gare 7 CH-1070 Puidoux (VD) T: +41 (0)21 946 37 41 www.espacescontemporains.ch
Éditeur: Roland Durussel durussel@espacescontemporains.ch
Rédactrice en chef: Salomé Houllier Binder shoullier@constructionetbatiment.ch
Rédaction: Monica d’Andrea, Estelle Daval, Aurore de Granier, Magaly Mavilia, Marielle Savoyat, Lisa Naudin, Maroun Zahar
Direction artistique, réalisation graphique: Atelier Poisson / Iris Gendret, Giorgio Pesce
Abonnements et administration: T: +41 (0)21 946 37 41 mail@constructionetbatiment.ch
Correction: Nicole Kate
Imprimé en Suisse
Annonces Suisse romande, Suisse alémanique, Allemagne et Autriche: Secteurs construction et bâtiment: Serge Bornand M: +41 (0)79 338 43 02 sbornand@espacescontemporains.ch
Creative Media Sàrl
Daniel Hostettler T: +41 43 322 60 33 daniel.hostettler@c-media.ch
Bureau international / Italie Correspondante et budgets internationaux: Françoise Faure Chantal Rizzardi Via Tarvisio 7, I-33054 Lignano Sabbiadoro (Ud) T: +39 347 44 02 151 francoise.faure@libero.it
Impression et expédition: AVD Goldach, Sulzstrasse 10-12 CH-9403 Goldach
Abonnements: Construction & Bâtiment
Un an (6 Nos) + 1 hors-série offert au prix de CHF 36.–(TVA incluse). Deux ans (12 Nos) + 2 horsséries offerts au prix de CHF 64.– (TVA incluse). Vente au numéro: CHF 8.–Tirage: 12’500 exemplaires
La rédaction décline toute responsabilité quant aux documents qui lui sont transmis.
ACTUS
HÔTELS D’EXCEPTION PRIMÉS
Le Prix Versailles, distinction internationale décernée sous l’égide de l’UNESCO, a dévoilé sa sélection annuelle des plus beaux hôtels récemment ouverts ou rénovés dans le monde. Seize établissements ont été retenus pour la qualité de leur architecture, de leur design et de leur intégration dans leur environnement. Parmi eux figurent notamment le Mandarin Oriental Qianmen à Pékin, le Palazzo Talìa à Rome ou encore le sublimissime Shebara Resort, situé sur l’île éponyme en Arabie Saoudite. Au-delà de l’esthétique, le jury distingue des projets conciliant innovation, patrimoine et durabilité. Trois lauréats recevront encore, en fin d’année, les titres mondiaux récompensant l’architecture, l’aménagement intérieur ou l’enveloppe du bâtiment. MM /prix-versailles.com
MALLEY PREND DE LA HAUTEUR
Le quartier de Malley poursuit sa transformation. La Ville de Lausanne a présenté un plan d’affectation prévoyant la construction de deux nouvelles tours de 19 et 15 étages à l’horizon 2032, en face de la future Tilia Tower. Le projet s’inscrit dans le développement du secteur de Malley Manufacture, situé sur le site de l’ancienne usine à gaz, à proximité immédiate de la gare de Prilly-Malley. Quatre à cinq nouveaux immeubles sont prévus, avec une forte dominante résidentielle. Environ 75 % des surfaces seront consacrées au logement, dont 30 % à des logements d’utilité publique. Des logements étudiants, des commerces, des bureaux ainsi que de nouveaux espaces publics et arborisés complètent le programme. MM / malley-manufacture.ch
Push2Open
sans poignées pour des cuisines
Avec le système Push2Open, votre lave-vaisselle s’ouvre d’une simple pression – idéal pour un design épuré et des lignes harmonieuses. For better living. Designed in Sweden.
PREMIÈRE PIERRE
DE L’« UNIVERS »
Le chantier du futur bâtiment universitaire « Univers » a officiellement démarré à Neuchâtel. Implanté sur l’ancien site de Panespo, ce projet de près de 100 millions de francs doit répondre à la croissance constante des effectifs de l’Université de Neuchâtel, qui a accueilli plus de 1300 étudiants supplémentaires depuis 2001. Le bâtiment offrira quelque 8000 m² de surfaces dédiées à l’enseignement et à la recherche, ainsi qu’un auditoire modulable de 700 places. Conçu pour regrouper plusieurs instituts aujourd’hui dispersés dans la ville, il s’intégrera au futur parc des Jeunes-Rives avec une architecture ouverte sur l’espace public et pensée selon des critères de durabilité. L’inauguration est prévue à l’horizon 2029. MM / unine.ch
acoustique du bâtiment et de l’environnement acoustique des salles – études et expertises 021 601 44 59 www.dsilence.ch
Auditorium Stravinski Montreux
Carnal Hall - Rosey
- Geopolis
LAUSANNE : UN GUIDE
D’ARCHITECTURE CONSACRÉ À L’EAU
À l’occasion des 125 ans du Service de l’eau, l’Université de Lausanne, le Service de l’eau de la Ville de Lausanne et la Société d’histoire de l’art en Suisse publient un guide d’architecture dédié à l’eau. L’ouvrage invite à découvrir un patrimoine souvent méconnu, des réservoirs aux fontaines en passant par les infrastructures qui façonnent le paysage lausannois. Une lecture originale pour comprendre le rôle de l’eau dans le développement de la ville. MM
UN NOUVEL OUTIL POUR PARTAGER L’ÉLECTRICITÉ
La mise en place de communautés électriques locales (CEL) et de regroupements dans le cadre de la consommation propre (RCP/RCPv) gagne en simplicité. La plateforme Electricitelocale.ch propose désormais un répertoire national des prestataires spécialisés dans la facturation et la gestion administrative de ces modèles énergétiques. Cet outil vise à améliorer la transparence du marché et à faciliter la recherche de partenaires compétents. Alors que la production photovoltaïque locale poursuit sa progression, cette initiative entend lever l’un des principaux freins à la concrétisation des projets d’autoconsommation collective. Swissolar et l’AES apportent ainsi davantage de transparence sur le marché et simplifient la mise en œuvre des projets d’électricité locaux. MM / electricitelocale.ch
BARCELONE, CAPITALE MONDIALE DE L’ARCHITECTURE
Du 28 juin au 2 juillet 2026, Barcelone accueillera le Congrès mondial des architectes de l’Union internationale des architectes (UIA), l’un des plus importants rendez-vous de la profession. Plus de 10 000 architectes, urbanistes, chercheurs et étudiants issus de plus de 130 pays sont attendus. Au programme : plus de 100 conférences et débats, 250 intervenants internationaux, une exposition centrale de 4000 m² ainsi que 70 parcours architecturaux à travers la ville et sa région. Placée sous le thème « Becoming. Architectures pour une planète en transition », cette édition entend explorer le rôle de l’architecture face aux défis climatiques, sociaux et urbains contemporains. MM / uia2026bcn.org
MÉTROPOLE EN TRANSITION
Paola Viganò et Tommaso Pietropolli proposent, avec Du sol et du travail, une réflexion audacieuse sur la transition territoriale. Ancré dans le Grand Genève transfrontalier, l’ouvrage replace le sol et le travail au cœur du projet urbain.
Ces deux notions deviennent des leviers pour repenser l’habitabilité et la coexistence entre humains et nonhumains, centres et périphéries. ED / metispresses.ch
MUR PAYSAGE
Pour sa 25e édition, le Pavillon Serpentine accueille l’architecture sensible et contextuelle du studio mexicain LANZA atelier. Cette structure éphémère s’inspire du crinkle-crankle wall, un mur ondulant traditionnellement utilisé dans le comté du Suffolk. Le projet joue sur la porosité, la lumière et les circulations pour créer un espace de rencontre ouvert sur son environnement. Réalisé en brique et coiffé d’une toiture translucide, le pavillon brouille les frontières entre architecture et paysage. Tout l’été, il accueillera conférences, performances et événements culturels, prolongeant la vocation du programme Serpentine à faire dialoguer création architecturale et expérience collective. À voir jusqu’au 25 octobre. ED / serpentinegalleries.org
Les brise-soleil en aluminium METRA Building régulent l’apport de lumière naturelle et contribuent à la maîtrise du rayonnement solaire.
Dans le cadre du projet de l’Hôpital Beata Vergine à Mendrisio, les lames brise-soleil verticales hélicoïdales installées sur l’ensemble du périmètre du bâtiment harmonisent la façade et renforcent son identité architecturale, tout en garantissant durabilité et précision.
LE DIALOGUE EN MOTIF –UN PROJET À LESTOUTESÉCHELLES
En périphérie de la ville de Genève, le nouveau centre de loisirs de la commune de Meyrin, conçu par les architectes BCRarchitectes, compose avec son environnement urbain tout en dialoguant avec l’histoire du site. Il en résulte un projet à la fois structurant et généreux, tourné vers le collectif.
texte : Lisa Naudin
photos : Paola Corsini
Remporté en 2018 par BCRarchitectes dans le cadre d’un mandat d’étude parallèle, le projet d’extension de la maison de quartier Vaudagne répond aux nouveaux besoins d’une commune en forte croissance démographique. Construite en 1835 en lisière de la vieille ville de Meyrin, la bâtisse a longtemps abrité l’école primaire et le bureau du maire avant de devenir, dès 1964, l’un des premiers centres de loisirs du canton de Genève. Ce type de mandat offre aux architectes le cadre d’une démarche participative, visant à renforcer le caractère public du site, à réorganiser la parcelle et à proposer des espaces adaptés à la diversité de ses usagers.
COMPOSER AVEC L’EXISTANT
La maison historique avait, au fil du temps, accumulé de nombreuses annexes au point d’en perdre toute lisibilité. La première étape a consisté à libérer et clarifier l’existant – un parking et de nombreuses constructions greffées au fil des décennies –, redonnant à la bâtisse une position centrale et dégageant une large esplanade qui affirme son rôle public.
La stratégie repose sur une hiérarchie claire : la maison historique au centre comme élément identitaire, les extensions en bordure de parcelle, conçues comme des éléments d’aménagement paysager. Deux pavillons en bois s’implantent
dans cette logique : le premier, plus petit, s’appuie sur le mur pignon au nord ; le second, plus imposant, s’étire le long du mur du cimetière voisin et se glisse sous le grand chêne centenaire à la manière d’un grand meuble de jardin. Sa ligne brisée génère une façade souple, ouverte vers l’esplanade, tandis que cette tension maîtrisée entre l’existant et le nouveau volume assure une liaison couverte sans ambiguïté avec l’entrée principale.
LA RÉNOVATION DE LA MAISON HISTORIQUE
Édifice classé, la maison fait également l’objet d’une rénovation complète, ses installations techniques étant devenues obsolètes et son enveloppe thermique ne répondant plus aux exigences actuelles. À l’intérieur, la maison historique accueille l’entrée, les espaces destinés aux professionnels, de petites salles ainsi que des ateliers. Préalablement vidée et décapée, elle conserve sa structure porteuse et ses planchers, tandis qu’un noyau en béton, intégrant l’ascenseur et les sanitaires, renforce la stabilité de l’ensemble et constitue un nouvel appui pour la poutre centrale. Légèrement désaxé, il oriente les fonctions publiques et d’accueil vers l’entrée et l’esplanade ; les espaces plus privés se développent en retrait.
L’escalier d’origine est conservé, laissé apparent, et mis en conformité avec les normes de sécurité incendie. Le solivage
est renforcé par des panneaux KERTO associés à une chape en béton poncé, assurant l’isolation thermique et acoustique tout en restant visible. Cette logique guide l’ensemble des aménagements : le mobilier, les rangements et les panneaux d’affichage s’adossent aux murs existants jusqu’à la hauteur des portes qui intègrent discrètement les équipements techniques du bâtiment. Les embrasures de fenêtres reçoivent le même traitement, contribuant à un ensemble cohérent tout en renforçant la performance thermique de l’enveloppe. La palette matérielle est rigoureusement tenue : l’épicéa pour la charpente et le solivage apparents, le chêne pour les menuiseries et le mobilier.
LE PAVILLON, UNE ARCHITECTURE PAYSAGÈRE
Représentant environ 600 m² de surface utile, le pavillon en ossature bois cherche à s’inscrire discrètement dans le site. La façade sur l’esplanade est entièrement vitrée, tandis que les fronts de rue et l’arrière sont fermés par des murs en briques de terre crue Terrabloc. Cette coquille minérale entre en résonance avec le mur du cimetière et les textures brutes de la maison historique. Deux salles polyvalentes, séparées par une cuisine centrale,
s’ouvrent sur les espaces extérieurs. Un dispositif de doubles poutres en toiture et de doubles rangées de poteaux permet d’y intégrer l’ensemble des réseaux techniques, préservant ainsi la sérénité de l’espace intérieur.
MATÉRIALITÉ ET RÉEMPLOI
Un fil conducteur traverse l’ensemble du projet : le motif du losange à 45°, décliné dans les treillis, les grilles de ventilation et le dallage de l’esplanade. Ce motif simple, celui des anciennes clôtures de jardin, tisse un lien discret mais cohérent entre les bâtiments et leur environnement.
L’esplanade illustre une opportunité saisie en cours de chantier : la Ville de Meyrin a proposé de récupérer des dalles de béton issues de la démolition d’une route industrielle locale. Posées en quinconce sur du gravier fin, elles dessinent un damier de 500 m² ; le calepinage a été rigoureusement étudié et des joints larges soulignent la trame. Un enrobé perméable traite les zones de transition et l’ensemble reste pleinement drainant.
La maison Vaudagne s’affirme comme un modèle discret et serein de ce que peut être un équipement public de quartier : structurant, ancré, résolument tourné vers ses usagers.
Vivre avec un handicap physique et/ou mental vient souvent modifier, parfois restreindre, les gestes les plus simples du quotidien, en transformant le rapport au corps, à l’espace et à l’environnement bâti. En Suisse romande, l’évolution des sensibilités et des approches d’accompagnement, ainsi que la volonté de favoriser le maintien à domicile, transforme profondément la conception de logements adaptés, à la croisée de l’autonomie, du lien, de la vie quotidienne et du soin. L’architecture ne se limite plus à répondre à des normes d’accessibilité : elle compose désormais des environnements apaisés et ouverts aux interactions sociales, tout en favorisant l’indépendance. Entre logements protégés, habitats inclusifs et foyers spécialisés, les projets récents témoignent d’une attention accrue portée à l’expérience humaine, aux perceptions sensorielles et aux parcours de vie. Ils renouvellent ainsi la relation entre espace bâti et vulnérabilité, dans un équilibre subtil entre intimité et collectif, autonomie et accompagnement.
Marielle Savoyat
HABITAT ET HANDICAP : ENTRE AUTONOMIE ET LIEN
BRISER LES FRONTIÈRES 1
À Chêne-Bougeries, une ancienne maison de maître transformée et un nouvel immeuble composent un projet d’habitat inclusif favorisant le lien social et la participation des habitants. Portée conjointement par la fondation Ensemble, en faveur des personnes avec une déficience intellectuelle, et la coopérative de l’habitat associatif Codha, la démarche explore les formes du vivre-ensemble entre personnes en situation de handicap ou non.
Dans cette réalisation, dont la valeur réside autant dans les liens tissés que dans les espaces bâtis, le résultat ne peut se dissocier de la démarche qui l’a vu naître. Dès les premières phases, les architectes, les maîtres d’ouvrage, les futurs habitants et les professionnels de la fondation se sont réunis dans un processus participatif hors du commun, où ateliers (cuisine, jardinage), échantillons dissimulés à découvrir au toucher, pictogrammes ou encore scénarios d’un quotidien partagé deviennent des outils de médiation. Accompagné d’un facilitateur, ce long processus (20172023) a permis de dépasser les peurs de l’inconnu, d’élaborer des règles communes, de mieux comprendre les réalités de chacun et de poser les bases d’un vivre-ensemble choisi et de l’appropriation du nouveau cadre de vie. L’architecture en est la traduction, mais surtout le prolongement.
Le projet articule deux entités : la maison existante que la fondation Ensemble exploitait déjà, transformée, et un immeuble neuf. Dans le volume historique, les fonctions sont clairement différenciées tout en restant poreuses : les ateliers et les espaces communs – cuisine, réfectoire, salle partagée –occupent les rez-de-chaussée inférieur et supérieur et s’ouvrent de plain-pied sur des espaces extérieurs aménagés en terrasses et en rampes. Ils forment ainsi un socle collectif ouvert sur le quartier et accessible à tous. Les deux étages accueillent quatre appartements pour les coopérateurs, l’idée étant que les habitants en situation de handicap qui travaillent dans les ateliers de jour changent de bâtiment la nuit. Le nouvel immeuble mêle sans hiérarchie les habitants de la coopérative et ceux de la fondation. Une buanderie commune située au rez-de-chaussée, lumineuse et traversante entre le hall d’entrée et le jardin commun situé à l’arrière, est un lieu de rencontre.
Les dispositifs bâtis offrent repères et liberté d’usage. Ils participent d’une même intention : faire tomber les frontières, physiques et sociales. Ici, l’architecture accompagne et crée les conditions d’un quotidien partagé, où chacun trouve sa place, dans une forme d’égalité vécue.
Né en 2018 de l’association de Daniela Liengme et Laura Mechkat, le bureau genevois développe une architecture engagée, centrée sur l’humain, aux dimensions sociales et environnementales. Il s’engage notamment dans la réalisation de logements sociaux, d’écoquartiers et de coopératives d’habitation fondés sur la solidarité, la participation et la convivialité. Les architectes expérimentent des processus ancrés dans l’écoute et l’expérimentation collective, favorisant la démarche participative impliquant les maîtres d’ouvrage et les habitants.
COD
Projet d'habitation mixte Minergie-P Route de Chêne 80B, Chêne-Bougeries (GE)
ENTRE COUR ET PAYSAGE
À l’entrée du hameau d’Écogia à Versoix, le site d’un foyer destiné à des personnes en situation de handicap intellectuel a vécu une profonde transformation. Pour les bénéficiaires de l’Association L’Arche La Corolle, deux nouveaux volumes remplacent désormais d’anciens bâtiments devenus inadaptés. Ils accueillent des résidents aux profils variés, allant de l’autonomie quasi complète aux formes sévères d’autisme. Le projet compose un cadre de vie réunissant hébergements, ateliers, espaces communautaires et locaux administratifs, dans une architecture attentive aux usages du quotidien.
Le projet s’inscrit dans un contexte sensible à la fois sur les plans humain et patrimonial. L’enjeu consistait autant à comprendre et à intégrer les besoins spécifiques des habitants qu’à révéler les qualités paysagères du site, soumis aux exigences des villages protégés genevois. Les anciens bâtiments bloquaient les vues sur le hameau et les vergers. Le nouvel ensemble, bâti autour d’une cour centrale conçue comme un espace de partage, de transition et d’apprentissage, permet de redonner de larges percées visuelles.
L’attention portée aux besoins sensoriels des résidents teinte l’ensemble du projet. Passer d’un bâtiment à l’autre à travers la cour oblige à traverser l’extérieur et à vivre les
saisons, la météo et la lumière. Les circulations, volontairement généreuses, deviennent des lieux de vie. Les matériaux et les teintes douces créent un environnement apaisé, réduisant le stress. Les espaces s’organisent selon des gradations d’intimité. Ouvert vers les vergers et le paysage, le bâtiment est abrite les chambres et les espaces communautaires du quotidien. À l’étage, une cuisine et un espace commun s’inscrivent dans une échelle domestique. Au rez-de-chaussée, une grande salle-réfectoire et une cuisine professionnelle permettent de cuisiner pour un plus grand nombre. Le bâtiment ouest côté rue contient les locaux administratifs, les ateliers et les salles d’activités. Les plus petites favorisent la concentration en petits groupes. Une pièce de surface très réduite permet le retrait et l’apaisement en situation de crise, notamment pour les personnes présentant des formes sévères d’autisme.
Le langage architectural, calme et apaisant, conjugue sobriété et expression contemporaine, tout en faisant écho au caractère rural du hameau : toitures à pans et faîtes décentrés, volumes compacts, enduit minéral brossé et menuiseries en bois. Derrière cette simplicité se déploie une architecture sensible, où chaque détail contribue à construire un cadre de vie protecteur, inclusif et humain.
Fondé à Lausanne par Olivia Buttler, le bureau OB architectes développe une pratique profondément ancrée dans la confiance, le soutien et l’adaptabilité, qui en constituent l’ADN. Sa démarche repose sur une méthode de travail collaborative, fondée sur l’écoute, la coconstruction et l’intelligence collective. Il aborde des programmes variés, avec une sensibilité aux enjeux des programmes liés à la santé. Chaque projet est appréhendé avec une attention particulière portée aux usages et à l’expérience humaine.
3
HAMEAU
INTÉRIEUR
Sur les hauts de Lausanne, la Fondation Institution de Lavigny offre des logements adaptés pour des personnes vivant avec une atteinte neurologique. La mobilité réduite, la fatigue, la dépendance à l’environnement immédiat modifient le rapport à l’habitation.
L’aménagement spatial et certains éléments architecturaux deviennent déterminants pour le maintien de l’autonomie et la qualité de vie des habitants. Le projet vise avant tout à offrir un cadre de vie facilitant le quotidien, où le confort, la lisibilité et la douceur des espaces priment, tout comme, en filigrane, la mixité et le lien social. Sur les 23 logements créés, 11 appartements sont en location libre et 12 sont des logements d’utilité publique, favorisant le maintien à domicile de leurs locataires qui bénéficient des prestations d’accompagnement spécifiques au sein du site de Plein Soleil, géré par la Fondation
À l’image des nids d’oiseaux, les appartements, tels des unités légères en bois, viennent s’appuyer sur une structure porteuse régulière en béton armé. Le mariage bois-béton mêle stabilité et atmosphère chaleureuse. Le volume compact s’organise à l’intérieur comme « quatre maisons » distribuées par de généreux espaces de distribution ouverts sur le paysage, fonctionnant comme des « rues intérieures », premiers lieux de rencontre pour
les habitants. Des vitrages translucides – sur le côté des portes palières ou dans les cuisines – laissent percevoir une présence, une lumière, un mouvement. Le rez-de-chaussée accueille un centre d’activités commun. Le collectif n’est pas imposé, mais toujours suggéré, et invite subtilement aux échanges sociaux.
La spatialité des logements se développe autour d’une diagonale. Séjour et cuisine se dilatent en un grand espace jour, modulé par les chambres et les salles de bain. Cette géométrie permet d’agrandir la spatialité, tout en participant à la gradation entre intimité et partage – essence même du projet. Différents éléments façonnent cette dynamique, tels que les séjours traversants et lumineux s’ouvrant largement sur l’extérieur par de généreuses baies vitrées, les portes intérieures coulissantes, les tablettes en bois devant les fenêtres, ou encore les stores semi-transparents. Les arbres existants, conservés comme une couronne autour du bâtiment, créent une atmosphère intérieure calme et enveloppante.
Ici, l’architecture ne cherche pas à compenser le handicap, mais à en reconnaître les implications quotidiennes. Elle propose un environnement stable, paisible, favorisant les échanges tout en préservant l’intimité, et suffisamment ouvert pour que chaque habitant puisse y trouver sa propre manière d’habiter.
Fondé à Lausanne en 1990 par Ivo Frei, l’atelier niv-o développe une architecture attentive au bien-être humain et au respect de l’environnement. Matière et lumière, émotions et ambiances, nature et santé, énergie et ressources : autant d’éléments avec lesquels le bureau d’architectes compose. Il en façonne une architecture sobre, simple et attentive aux qualités sensibles de l’espace. Il a développé une expertise particulière pour les projets liés au logement.
LE SOLAIRE, ENTRE DÉPLOIEMENT ET STOCKAGE
L’énergie solaire entre dans une nouvelle phase. Face à la baisse des tarifs de rachat et à la nécessité de valoriser chaque kilowattheure produit, l’autoconsommation, le stockage et les échanges locaux d’électricité redessinent progressivement le paysage énergétique suisse. Une évolution qui pourrait renforcer l’autonomie énergétique des bâtiments tout en limitant la pression sur les réseaux électriques.
Magaly Mavilia
La Chine va investir 630 milliards d’euros pour mettre au point un réseau de production électrique renouvelable gigantesque afin de se passer du pétrole.
Pendant ce temps, en Suisse, la part des énergies renouvelables n’a toujours pas franchi la barre des 11 %, selon le dernier monitoring publié par l’Office fédéral de l’énergie en décembre 2025. Certes, la consommation énergétique globale a diminué de 8,4 % entre 2000 et 2024 (–10,6 % sans le transport aérien), alors que la population a augmenté de plus de 25 %. C’est le résultat d’un mix entre une transition énergétique, où le solaire représente à lui seul 72 % de la croissance des énergies renouvelables, et des économies réalisées à toutes les échelles. Reste que le pays est encore loin de pouvoir se passer des énergies fossiles : le 27 avril, la Suisse a déjà consommé l’ensemble de l’énergie qu’elle produit annuellement et dépend désormais des importations. À ne pas confondre avec le « Swiss Overshoot Day » du 11 mai 2026, qui englobe l’ensemble des ressources naturelles (alimentation, matières premières, absorption de CO2, etc.).
Pour l’Office fédéral de l’environnement, la priorité est la production d’énergie en hiver afin de garantir un
approvisionnement en électricité sûr tout au long de l’année. Des efforts sont consentis dans ce sens, notamment grâce aux récentes subventions pour les installations sur des surfaces fortement inclinées. Le solaire part à l’assaut des façades, des balcons et des toitures en pente. Une priorité d’autant plus urgente dans un contexte international instable. Dans un communiqué publié début mai, la Commission fédérale de l’électricité mettait en garde contre les incertitudes pesant sur l’approvisionnement électrique pour l’hiver prochain, notamment en raison des tensions géopolitiques autour de l’Iran et des défis croissants liés au réseau de transport.
Pour parvenir à une plus grande autonomie énergétique, toitures et façades ne suffisent plus ; il faut désormais investir dans le sous-sol, c’est-à-dire dans les batteries et les infrastructures liées à la mobilité électrique. « Le véritable changement de paradigme vient du stockage et de la gestion intelligente », souligne Jürg Grossen, conseiller national et président de Swissolar. « Le solaire, associé au stockage, n’est pas seulement une réponse climatique, c’est une opportunité pour construire un système énergétique plus résilient, plus décentralisé et plus compétitif. »
En installant une façade solaire innovante à la station de montagne du Scex Rouge, à 3 000 mètres d’altitude, 3S pose un jalon pour le photovoltaïque intégré au bâtiment (BIPV) en haute montagne. Projet réalisé en collaboration avec ses entreprises partenaires Solstis SA et Morand Constructions Métalliques SA
RELANCER
LA DYNAMIQUE
SOLAIRE
Le développement des nouvelles énergies renouvelables – c’est-à-dire hors hydraulique – doit être accéléré. Or, il est porté par le photovoltaïque. Dans ce contexte, Elisa Porfido, spécialiste des énergies renouvelables à l’Office fédéral de l’énergie (OFEN), revient sur les leviers appelés à soutenir le développement du photovoltaïque en Suisse.
COMMENT DÉCRIRIEZ-VOUS LES CONDITIONS-CADRES ACTUELLES POUR LE DÉVELOPPEMENT DU SOLAIRE EN SUISSE ?
Récemment, le cadre réglementaire a connu de nombreux changements, dont certains ont pu provoquer de l’incertitude chez les personnes qui souhaitaient investir dans le solaire. Cette évolution des réglementations est pourtant nécessaire. Actuellement, la Suisse compte plus de 300 000 installations photovoltaïques ; par conséquent, les défis sont différents de ceux de l’époque des premières installations. Il s’agit désormais de permettre à la production photovoltaïque d’être intégrée le mieux possible dans le bâtiment et dans le réseau électrique. Il en résulte une exposition croissante des producteurs aux prix du marché afin qu’ils soient encouragés à ne pas injecter leur courant dans le réseau lorsque l’électricité est déjà abondante. Consommer soi-même l’électricité produite par ses panneaux ou la vendre à ses voisins devient donc décisif pour la rentabilité d’une installation. Parmi les modifications introduites par la loi fédérale relative à un approvisionnement en électricité sûr reposant sur les énergies renouvelables on trouve donc de nouvelles possibilités d’écouler le courant produit : les regroupements virtuels dans le cadre de la consommation propre, qui facilitent les échanges de courant entre plusieurs bâtiments voisins, et les communautés électriques locales, qui rendent possibles les échanges de courant entre les participants d’une même commune.
APRÈS LE REJET DE L’INITIATIVE SOLAIRE PAR LE CONSEIL FÉDÉRAL, FAUT-IL S’ATTENDRE À DES AJUSTEMENTS DES INSTRUMENTS DE SOUTIEN EXISTANTS ?
Le Conseil fédéral rejette effectivement l’initiative sans y opposer de contre-projet. Pour autant, des ajustements de la palette des subventions fédérales ne sont pas prévus à la suite de cette décision. En effet, le Conseil fédéral souhaite soutenir le développement du solaire avec des mesures volontaires plutôt qu’avec des obligations.
QUELLES SONT LES PRIORITÉS ACTUELLES DE L’OFEN POUR ACCÉLÉRER LE DÉPLOIEMENT DU PHOTOVOLTAÏQUE, NOTAMMENT DANS LE BÂTIMENT ?
Le principal enjeu est de permettre au marché photovoltaïque de reprendre après le ralentissement observé depuis 2025. Pour cela, l’OFEN mise sur des campagnes de communication. L’objectif est de présenter aux propriétaires les avantages de cette technologie et les possibilités qu’ils ont pour réduire la durée d’amortissement de leur projet, typiquement en augmentant la consommation du courant qu’ils produisent eux-mêmes en l’utilisant pour alimenter une pompe à chaleur, un véhicule électrique ou une batterie. D’autre part, nous souhaitons les informer des services que nous mettons à leur disposition, par exemple le calculateur solaire que nous venons de moderniser.
Elisa Porfido
toitsolaire.ch electricitelocale.ch et éventuellement suisseenergie.ch/tools/check-devis-solaire/
Le Conseil fédéral propose par ailleurs d’augmenter, à partir du 1er janvier 2027, de 40 CHF/kW, la rétribution unique dans la classe de puissance inférieure à 30 kW, dont bénéficieront principalement les installations sur les maisons individuelles. La modification de l’ordonnance correspondante est actuellement en consultation.
Enfin, le Conseil fédéral souhaite encourager les façades photovoltaïques parce qu’elles produisent une plus grande partie de leur courant durant l’hiver par rapport aux installations en toiture. À cette fin, il a augmenté dès 2025 le bonus correspondant de la rétribution unique et décidé que les installations en façade qui respectent certains critères sont exemptées de permis de construiredepuis le 1er janvier 2026 (cf. article 32a bis de l’ordonnance fédérale sur l’aménagement du territoire). swissolar.ch
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« L’introduction de tarifs dynamiques est essentielle » Jürg Grossen, président de Swissolar
STOCKAGE ET GESTION INTELLIGENTE
On entend souvent que l’électricité solaire est fluctuante. Selon Jürg Grossen, président de Swissolar, c’est une idée dépassée.
« Aujourd’hui, la question n’est plus de savoir si le solaire peut être intégré au système énergétique, mais comment nous exploitons intelligemment son potentiel. »
Le photovoltaïque incarne une évolution fondamentale : produire localement, consommer localement. Cette proximité réduit les pertes, diminue la pression sur les réseaux et améliore l’efficacité globale. C’est une logique à la fois écologique et économique. Chaque kilowattheure consommé sur place est un kilowattheure qui n’a pas besoin de transiter par des infrastructures coûteuses.
« Mais le véritable changement de paradigme vient du stockage et de la gestion intelligente. Les batteries se développent rapidement, avec des coûts en forte baisse et une adoption en pleine accélération. Elles permettent de rendre disponible le courant solaire au moment où il est réellement nécessaire : le soir, en hiver, lors des pics de consommation », relève le président. Grâce aux systèmes de gestion et de stockage intelligents, le solaire devient une énergie pilotable. L’électricité solaire peut
ainsi être consommée même lorsque le soleil ne brille pas et, si nécessaire, réinjectée dans le réseau.
« Cette transformation ouvre des perspectives considérables pour notre système énergétique. En combinant stockage et pilotage, nous pouvons lisser les pics de production et de consommation. Résultat : une utilisation plus efficace des réseaux existants et des investissements évités. Des études montrent que les besoins d’extension du réseau peuvent être réduits de 20 à 60 % », affirme le conseiller national.
Pour y parvenir, il faut cependant lever certains freins. Aujourd’hui encore, des incitations mal calibrées encouragent des comportements inefficaces, comme une consommation décalée, indépendamment de la production réelle. « Nous devons moderniser ces signaux, introduire davantage de flexibilité et permettre aux consommateurs de devenir des acteurs à part entière du système énergétique. L’introduction de tarifs dynamiques est essentielle. Ils permettent d’aligner les comportements de consommation sur la réalité du système électrique : consommer lorsque l’électricité est abondante et bon marché, stocker lorsqu’elle est excédentaire, et soulager le réseau aux moments critiques.
BATTERIES, PARLONS-EN
En grande partie pour cette raison, l’Agence internationale de l’énergie (IEA) prévoit une croissance de 42 % de la demande de lithium pour 2040, par rapport à 2020. Or, l’extraction du lithium soulève des enjeux géopolitiques et humanitaires. On connaît les impacts de ces mines sur l’eau, la biodiversité, les sols. Dans cette course au lithium, de nouvelles alternatives émergent, comme le stockage thermique où l’énergie est conservée sous forme de chaleur.
Basée en Finlande, Polar Night Energy pourrait bien faire école avec une innovation aussi radicale que pragmatique : transformer le sable en batterie thermique d’avenir. Le concept repose sur un principe robuste : convertir les excédents d’électricité renouvelable en chaleur, stockée dans un réservoir de sable à
haute température, puis restituée selon les besoins. Ce dispositif se distingue par sa capacité de stockage longue durée, répondant aux enjeux d’intermittence des énergies renouvelables. Peu coûteux, durable et basé sur un matériau abondant, il s’inscrit dans une logique d’infrastructure résiliente.
Pensée pour les réseaux de chauffage urbain et les applications industrielles, cette technologie ouvre des perspectives concrètes pour décarboner la production de chaleur. Une approche pragmatique, à l’échelle des territoires, qui redéfinit les standards du stockage énergétique.
Plus près des possibilités de stockage et de production dont nous disposons, l’énergie produite par les panneaux solaires thermiques est une potentialité injustement négligée.
OÙ EST PASSÉ LE SOLAIRE THERMIQUE ?
Longtemps incontournable dans la production d’eau chaude, le solaire thermique a progressivement disparu des radars au profit du photovoltaïque et des pompes à chaleur. Pourtant, dans certains usages spécifiques, cette technologie éprouvée conserve des atouts indéniables. Faut-il envisager son retour ?
Que ce soit par le réchauffement de l’atmosphère et de l’écorce terrestre ou par la photosynthèse qui fait pousser les forêts, le soleil est la source d’énergie des systèmes de chauffage décarbonés actuels.
Une autre manière de l’exploiter, longtemps répandue puis délaissée, mérite sans doute d’être reconsidérée : les capteurs solaires thermiques. « Largement déployés il y a encore une quinzaine d’années, ils ont reculé avec la généralisation des pompes à chaleur et l’essor du photovoltaïque, plus simple à intégrer au réseau grâce à la réinjection du surplus », constate Julien Regamey, directeur associé de Weinmann Energies. Le solaire thermique, lui, peut générer une chaleur non valorisée, voire des problèmes de surchauffe en cas de mauvais dimensionnement, ce qui a quelque peu terni son image. Dans ce contexte, la qualité de la conception et de la mise en œuvre, confiée à des bureaux d’études et des installateurs expérimentés, s’avère déterminante. Sa simplicité technologique
et constructive, son bon rendement et une filière de fabrication encore présente en Europe représentent des avantages certains.
« Le solaire thermique prend tout son sens dans des contextes où les besoins en eau chaude sanitaire sont importants, comme les hôpitaux, les grands immeubles ou encore certains sites industriels », explique Cédric Haldimann, directeur associé, Weinmann Energies. Il souligne également l’intérêt de combiner ces installations avec des volumes de stockage adaptés : « Couplé à un accumulateur de grande taille, le solaire thermique permet de stocker l’énergie et d’optimiser son utilisation. Dans le cas des réseaux de chauffage à distance, il pourrait contribuer au mix de production, notamment en été, en permettant d’arrêter les chaudières à bois, qui fonctionnent alors à faible charge et avec un rendement réduit. »
Dans un contexte géopolitique et économique instable, un retour du solaire thermique sur nos toitures n’est pas à exclure. Affaire à suivre. weinmann-energies.ch
ABANDONNER PROGRESSIVEMENT LE MAZOUT
À Bienne, la rénovation énergétique de deux immeubles totalisant 42 logements illustre une approche pragmatique de la décarbonation du parc bâti. L’ancien chauffage au mazout de 217 kW a été remplacé par une installation bivalente associant une chaudière à gaz à condensation et trois pompes à chaleur air/eau installées en cascade.
Les pompes à chaleur assurent l’essentiel des besoins thermiques durant les saisons intermédiaires et pendant l’hiver ; la chaudière intervient lors des pointes de consommation et pour la production d’eau chaude sanitaire. Cette configuration garantit des températures supérieures à 60 °C, répondant ainsi aux exigences d’hygiène de l’eau potable.
Implantées discrètement sur une bande de jardin à l’ouest du site, les trois unités extérieures offrent une meilleure redondance et un fonctionnement plus silencieux qu’une machine unique de grande puissance. Réalisés sans interruption du service grâce à une installation provisoire, les travaux ont permis d’améliorer significativement la performance énergétique du complexe tout en préservant le confort des habitants. elcotherm.ch
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FACE AUX COÛTS, LE RETOUR DU SOLAIRE THERMIQUE
La transition énergétique s’impose désormais comme un cadre réglementaire en Suisse. Entre obligations de remplacement des systèmes fossiles et incertitudes fiscales, les propriétaires font face à des choix contraints. Dans ce contexte, les coûts élevés des solutions renouvelables complexifient encore les projets de rénovation.
Face à ces contraintes, certaines solutions plus simples méritent d’être remises en lumière, à commencer par le solaire thermique. Souvent éclipsé par le photovoltaïque, ce système permet pourtant de produire de l’eau chaude sanitaire de manière efficace et économique. Avec deux panneaux installés sur le toit d’une maison individuelle, il est possible de couvrir une grande partie des besoins annuels, notamment du printemps à l’automne. Pour un coût généralement situé entre 12 000 et 15 000 francs, il constitue une option accessible pour réduire sa consommation d’énergie.
Discret et éprouvé, le solaire thermique s’intègre facilement dans des installations existantes, en complément d’un système principal. Il permet ainsi d’alléger la charge des équipements de chauffage tout en améliorant le bilan énergétique global du bâtiment. Dans le canton de Vaud, cette solution bénéficie en outre de subventions cantonales, ce qui permet de réduire significativement l’investissement initial et d’améliorer sa rentabilité. Ces aides s’inscrivent dans les programmes de soutien à l’assainissement énergétique des bâtiments.
Enfin, un point essentiel reste trop souvent sous-estimé : le temps. Entre la planification du projet, les démarches administratives et la réalisation des travaux, plusieurs mois sont nécessaires. Anticiper devient donc indispensable pour éviter les mauvaises surprises et assurer une transition sereine vers des solutions plus durables. michelrimesa.ch
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DU PATRIMOINE INDUSTRIEL À LA RÉFÉRENCE DURABLE
À Grüsch, dans le canton des Grisons, un ancien moulin industriel a été transformé en un ensemble résidentiel exemplaire sur le plan environnemental. Dominant désormais le village avec sa tour d’environ 30 mètres de hauteur revêtue de panneaux photovoltaïques, le projet illustre une approche durable appliquée à toutes les étapes de la construction, de la déconstruction à la production d’énergie.
Construit dans les années 1930 et mis hors service en 2010, le moulin occupait un emplacement stratégique à proximité de la gare. Après plusieurs années d’occupation culturelle temporaire, le site a été repris par Gutgrün SA, développeur spécialisé dans la construction durable. L’objectif était de créer des logements locatifs tout en valorisant le patrimoine existant et en limitant l’impact environnemental du projet.
Le bâtiment principal historique a été conservé et rénové, tandis qu’une annexe des années 1960 a été remplacée par une construction en bois. À l’emplacement de l’ancien silo se dresse aujourd’hui une tour de 11 étages accueillant 37 logements. Le bâtiment rénové comprend quant à lui 15 appartements de plus grande taille, offrant une mixité résidentielle adaptée aux besoins locaux.
La durabilité a guidé l’ensemble du chantier. L’ancien silo a été entièrement déconstruit et son béton recyclé. Une part importante de ces matériaux a été réutilisée dans la nouvelle tour, le solde étant valorisé dans d’autres projets. Cette démarche pionnière a permis au projet de devenir le premier en Suisse à obtenir une certification DGNB pour la déconstruction.
518 PANNEAUX PHOTOVOLTAÏQUES SWISSPEARL
L’énergie constitue l’autre point fort de cette réalisation. Une installation photovoltaïque intégrée en toiture et en façade assure une part importante des besoins électriques du complexe. La tour est équipée de 518 modules photovoltaïques Swisspearl Sunskin Facade Flat, représentant une puissance totale de 155 kWp pour une production annuelle estimée à 85 000 kWh. Une pompe à chaleur ainsi qu’une ventilation avec récupération de chaleur complètent le concept énergétique.
Cette réalisation démontre qu’une reconversion ambitieuse du patrimoine industriel peut conjuguer qualité architecturale, innovation technique et performance environnementale. swisspearl.ch
CEL ET RCP : UNE NOUVELLE ÉCHELLE POUR L’AUTOCONSOMMATION
Complémentaires plutôt que concurrents, les modèles
CEL et RCP permettent d’optimiser la valorisation locale de l’électricité solaire. Les explications de Guillaume Thouvenin, expert en énergie chez Betelec.
Rendues possibles par la nouvelle loi sur l’électricité, les communautés électriques locales (CEL) suscitent un vif intérêt. Techniquement simple, leur mise en place repose toutefois sur une première étape essentielle : la sélection des producteurs et consommateurs à inclure dans la communauté, ainsi que la définition des tarifs de vente en son sein. Ceci passe par un arbitrage entre les intérêts des parties prenantes, et implique souvent une réflexion préalable sur les possibilités de regroupement pour consommation propre (RCP), physiques ou virtuelles. En effet, pour Guillaume Thouvenin, expert en énergie au sein du bureau d’ingénieurs-conseils Betelec, les deux modèles ne s’opposent pas mais se complètent.
RCP : LA BASE
Le RCP représente la base du système. À l’échelle d’un immeuble, d’un ensemble de bâtiments ou d’un nouveau quartier, il permet à plusieurs consommateurs de partager directement l’électricité produite localement par une installation photovoltaïque. « La première réflexion doit toujours être celle du RCP. C’est lui qui permet de maximiser l’autoconsommation au plus près de la production », souligne l’ingénieur. Deux modèles existent. Le RCP physique repose sur des infrastructures électriques communes appartenant aux participants. Plus contraignant à mettre en place, il peut s’avérer très rentable s’il permet de regrouper assez de consommateurs pour avoir accès à la moyenne tension. Plus facile à déployer et moins coûteux, le RCP virtuel utilise lui les infrastructures du gestionnaire de réseau.
CEL : LE PLUS
La CEL intervient à un niveau supérieur. « On peut la considérer comme la couche au-dessus du RCP », résume Guillaume Thouvenin. Concrètement, plusieurs RCP ou consommateurs indépendants peuvent être reliés au sein d’une communauté afin
↑ Un collège équipé de panneaux photovoltaïques pourrait alimenter en électricité les bâtiments voisins dans le cadre d’une communauté électrique locale (CEL), favorisant ainsi une consommation de proximité.
← Guillaume Thouvenin, ingénieur, Betelec
d’échanger leurs surplus d’énergie à l’échelle d’une commune. L’objectif est de valoriser localement l’électricité qui ne peut pas être consommée immédiatement. « Une école produit beaucoup d’énergie solaire durant l’été alors qu’elle en consomme peu pendant les vacances. À l’inverse, certains bâtiments ont des besoins plus réguliers tout au long de l’année, et d’autres ont une valeur patrimoniale ou une configuration particulière qui rend compliquée l’installation de photovoltaïque. Les CEL permettent de mettre en relation ces profils complémentaires », explique-t-il.
OPTIMISER LES ÉCHANGES
Pour les grands propriétaires ou les collectivités publiques, cette approche ouvre de nouvelles perspectives. « Une étude permet d’obtenir une vision globale d’un territoire et d’identifier les synergies possibles entre les différents besoins. »
L’expert invite à ne pas brûler les étapes. « L’enjeu principal n’est pas de créer une CEL, mais de réfléchir d’abord à la configuration optimale entre la production d’énergie sur les sites les plus propices, la création de potentiels RCP ou RCP virtuels, ainsi que d’une ou plusieurs CEL pour étendre les échanges énergétiques entre partenaires ayant un intérêt commun. » Le développement des batteries renforce cette logique. La législation permet en effet d’intégrer un stockage commun au sein d’une communauté. « Plutôt que d’installer une batterie dans chaque bâtiment, il devient possible de centraliser le stockage dans un lieu suffisamment grand et de redistribuer l’énergie », indique Guillaume Thouvenin.
Pour l’ingénieur, le succès de ces nouveaux modèles reposera avant tout sur la qualité de leur planification. « Les investissements pour la mise en place d’une CEL restent relativement modestes. La véritable valeur réside dans la manière de constituer les groupes de consommateurs afin d’optimiser les échanges et la rentabilité de l’ensemble. »
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QUAND LES MACHINES TRANSFORMENT
LE CHANTIER
Plus silencieuses, plus précises et de plus en plus connectées, les machines de chantier évoluent sous l’effet des contraintes environnementales, de la numérisation et des nouveaux contextes urbains. Une transformation discrète mais profonde du secteur de la construction.
Salomé Houllier Binder
Longtemps associées au vacarme, aux fumées de diesel et à une forme de puissance brute, les machines de chantier connaissent aujourd’hui une profonde transformation. Contraintes environnementales, densification urbaine, nouvelles normes de sécurité ou intégration du numérique : derrière les silhouettes familières des pelles, chargeuses ou tombereaux, c’est tout le fonctionnement du chantier contemporain qui évolue.
DES ENGINS ADAPTÉS AUX NOUVEAUX CONTEXTES URBAINS
Réduction du bruit, limitation des émissions ou maintien de l’activité autour des sites imposent de nouvelles solutions pour les chantiers urbains. Les constructeurs développent ainsi des
engins électriques ou hybrides adaptés aux interventions en milieu dense. Les mini-pelles sur batterie de Wacker Neuson ou Volvo CE apparaissent progressivement sur des opérations de rénovation, d’aménagement ou de travaux publics urbains, où les nuisances deviennent un enjeu central.
Mais si les petits équipements se prêtent relativement bien à l’électrification, les machines lourdes demeurent largement dépendantes du diesel, notamment en raison des besoins énergétiques importants et des contraintes d’autonomie. Le recours à des carburants alternatifs comme le HVO – un biocarburant compatible avec certains moteurs existants – constitue aujourd’hui une voie intermédiaire largement explorée par les entreprises.
Le quartier Horizons à Chavannes-près-Renens
P O U R L E S
G É N É R A T I O N S
F U T U R E S
LE CHANTIER ENTRE DANS L’ÈRE NUMÉRIQUE
Depuis plusieurs années, le chantier entre également dans une nouvelle phase de numérisation. Les cabines deviennent de véritables postes de pilotage intégrant écrans tactiles, guidage GPS, modélisation 3D et outils de gestion en temps réel. Sur certains chantiers d’infrastructure ou de terrassement, les opérateurs travaillent désormais avec des systèmes capables d’indiquer précisément les niveaux à atteindre ou les volumes déplacés.
Les grandes marques, comme Caterpillar, Komatsu ou Liebherr, développent des machines toujours plus connectées, capables de transmettre des données d’exploitation, de suivre les consommations ou d’anticiper certaines opérations de maintenance. La machine devient ainsi un élément pleinement intégré à l’écosystème numérique du chantier.
Cette évolution transforme également le métier de machiniste. L’image traditionnelle de l’opérateur isolé dans sa cabine laisse progressivement place à des profils davantage familiarisés avec les interfaces numériques et les systèmes d’assistance. Les constructeurs accordent aussi une attention croissante au confort de travail : réduction des vibrations, amélioration de la visibilité ou ergonomie des commandes participent à rendre les postes plus sûrs et moins fatigants.
UNE TECHNOLOGIE AU SERVICE DU TERRAIN
La question de la sécurité reste centrale. Caméras périphériques, capteurs de proximité, détection des piétons ou limitation automatisée de certains mouvements se généralisent progressivement, en particulier sur les grands chantiers et les sites complexes.
Certaines machines illustrent particulièrement cette capacité d’adaptation au terrain. En Suisse, les célèbres pelles araignées développées par Menzi Muck incarnent depuis plusieurs décennies un savoir-faire spécifique pour les terrains escarpés, les travaux forestiers ou les interventions en montagne. À l’autre extrémité du spectre, les grands chantiers d’infrastructure utilisent désormais des engins semi-automatisés capables d’interagir directement avec les plateformes numériques de gestion de chantier. Pour autant, le chantier entièrement automatisé reste encore lointain. Malgré les avancées technologiques, l’humain demeure au centre des opérations. L’expérience du terrain, la capacité d’adaptation et la gestion des imprévus restent difficiles à remplacer dans des environnements souvent mouvants et complexes.
Derrière l’évolution des machines se dessine finalement une transformation plus large du secteur de la construction : celle d’un chantier appelé à devenir plus sobre, plus précis et davantage intégré aux exigences contemporaines de la ville et du territoire.
↖ Façades souillées par la prolifération d’algues et de champignons.
↑ Entre algues et champignons : ces organismes sont d’une grande diversité. On appelle cela le bio-encrassement.
Les constructions de mur traditionnelles, telles que les murs pleins ou les murs à double paroi sans isolation extérieure, ont toujours une certaine déperdition thermique. Ces façades sèchent plus rapidement. Ce qui n’est pas le cas des parois avec des systèmes composites d’isolation thermique.
La multiplication des systèmes composites d’isolation thermique est à l’origine d’un accroissement significatif du nombre de façades souillées par la prolifération d’algues et de champignons. Comme les façades modernes isolées ont une faible déperdition thermique, leur face extérieure reste plus fraîche, avec des conséquences négatives sur le séchage de la façade.
UNE CONDENSATION APPARAÎT PENDANT LA NUIT
La condensation se crée sur les façades isolées, car la surface peut refroidir fortement. Par conditions défavorables, les faces nord et nord-ouest des façades sèchent ensuite très lentement et, souvent, restent humides pendant des journées entières au terme desquelles algues et champignons se développent. En règle générale, aucune façade n’est protégée contre les algues et les champignons.
UNE CONTAMINATION DES FAÇADES N’EST PAS UNE IMPERFECTION DUE À L’ARTISAN
Les contaminations par des algues et des champignons ne sont pas des défauts au sens classique du terme. Les algues et les champignons sont pratiquement présents partout dans la nature. Ils s’établissent principalement sur la face ombragée de falaises ou sur le côté exposé aux intempéries des troncs d’arbres.
QUE SONT LES ALGUES ?
Les algues sont des organismes monocellulaires avec un noyau d’une grosseur de 3 à 10 microns environ. Ce sont des plantes d’une grande diversité, composée de cellules individuelles ou de groupes cellulaires. Beaucoup d’algues vivent en eau de mer et en
eau douce. Nous les rencontrons sous forme d’algues terrestres et aériennes. Certaines croissent sur la glace et la neige, d’autres survivent même dans des sources thermales jaillissant à 85°. Les algues sont souvent disséminées par le vent.
LA PHOTOSYNTHÈSE
À l’inverse des champignons, les algues peuvent absorber du gaz carbonique et synthétiser les nutriments avec l’aide de la lumière du soleil. Ce processus s’appelle la photosynthèse. Elles ne détruisent néanmoins pas le support, car elles subsistent sans nutriments supplémentaires. Ainsi, les algues constituent un problème purement esthétique. Quand une façade est colonisée par les algues, nous parlons de bio-encrassement.
QUE SONT LES CHAMPIGNONS ?
Les champignons sont de petites espèces de plantes qui, à l’inverse des algues, peuvent croître sans énergie solaire. Ce sont des organismes d’une grande diversité composés de cellules individuelles ou de groupes cellulaires. Comme les algues, les spores des champignons peuvent être disséminées par le vent. Les champignons préfèrent les hauts de façades, car ils ont besoin, pour leur croissance, de sources de carbone provenant de substances organiques telles que l’amidon ou le sucre. Pour capter les nutriments utiles, les champignons sécrètent des enzymes, qui peuvent endommager le support. Sur des supports purement minéraux, les champignons ne croissent que si des nutriments tels que des algues mortes sont déjà présents.
↗ Support après un lavage à la pression et un algicide.
↑ Support infesté de microorganismes avant nettoyage.
UN INDICE CLAIR D’HUMIDITÉ
La colonisation des façades par les algues et les champignons indique toujours une humidité du matériau ou de surface du support trop élevée qui ralentit, voire empêche le séchage de la façade.
LES CAUSES
Les micro-organismes sont omniprésents et les substrats adaptés le sont également. Cependant, seule une petite partie des façades est colonisée par les algues et les champignons. Pourquoi ?
DES FACTEURS ENVIRONNEMENTAUX DÉCISIFS
Les facteurs environnementaux sont décisifs pour la colonisation des algues et des champignons. Ainsi, la température superficielle de la façade influence la croissance et la nature des microorganismes.
De faibles écarts de température peuvent être responsables de cette croissance. Le pH du support de la façade est décisif pour la nature des organismes colonisateurs ; dans les zones fortement alcalines, nombreux sont ceux qui ne peuvent pas survivre.
L’environnement et la situation du bâtiment ont un effet essentiel sur une éventuelle prolifération végétale. Cours d’eau voisins, plaines, surfaces agricoles, arbres et arbustes à proximité de la façade, ombre et brouillard favorisent la colonisation par les algues et les champignons. Dans la plupart des cas, les défauts de construction qui s’ajoutent à ces facteurs naturels ne font qu’aggraver la situation.
Des avant-toits étroits ou inexistants, des évacuations d’eau insuffisantes (absence de goutte pendante), des raccords ou des jonctions non étanches (rebord de fenêtre, cochonnet de fenêtre, etc.) et la formation de rosée sur les façades isolées thermiquement ne sont que quelques-uns des facteurs d’influence. Il n’est pas possible d’empêcher totalement la prolifération végétale, mais il est possible de la prévenir.
CONDITIONS PRÉALABLES PROPICES À LA PROLIFÉRATION
DES ALGUES ET DES CHAMPIGNONS
Les conditions préalables suivantes président toujours à la colonisation des algues, des lichens et des champignons :
→ Humidité
→ Nutriments assimilables
→ Surfaces froides et isolées
→ Substrat propice à la colonisation
→ Présence d’algues et de champignons
→ Facteurs environnementaux suffisants
→ Qualité de l’air
→ Situation du bâtiment/lieu
PRÉVENIR LA CROISSANCE DES ALGUES ET CHAMPIGNONS SUR LES FAÇADES
MESURES CONSTRUCTIVES
Un avant-toit suffisamment dimensionné protège la façade de l’excès d’humidité. La paroi extérieure se refroidit moins vite durant la nuit, protégeant ainsi le mur de la rosée.
SURFACES LISSES
Des surfaces de façade lisses protègent celle-ci de l’encrassement et empêchent ou retardent par conséquent la colonisation par les algues et les champignons.
Les surfaces grossièrement crépies emmagasinent plus d’humidité et offrent fréquemment un terreau fertile pour les micro-organismes.
SÉCHAGE SUFFISANT DES CONSTRUCTIONS NEUVES
Le séchage complet des matériaux des constructions neuves est une exigence particulièrement importante.
L’humidité de construction présente dans les murs et les plafonds ou dalles provoque souvent un développement de champignons dans les pièces de vie.
LES MATÉRIAUX ADAPTÉS
En principe, il est conseillé d’utiliser exclusivement des matériaux de façade dont la capacité d’absorption de l’eau par capillarité reste très limitée. L’eau doit être tenue à distance de la façade. Les peintures de façade spécifiques avec utilisation ciblée de matières actives biocides sont des techniques approuvées.
UNE BONNE PLANIFICATION FAIT TOUTE LA DIFFÉRENCE
La construction et toutes les spécificités des interventions de multiples corps de métier doit se faire dans le respect du temps – des mois et parfois plus d’une année – et de l’aspect météorologique – choix des mois – afin que les toutes les opérations liées à l’humidité se fassent plutôt en bonne saison ou du moins permettent un séchage ou une ventilation des locaux suffisantes.
ASSAINISSEMENT
Il faut respecter impérativement les prescriptions suivantes. Si, malgré tout, il reste des attaques d’algues ou de champignons, procéder comme suit pour l’assainissement :
→ Commencez par déterminer la cause du phénomène.
→ Réalisez éventuellement des adaptations dans la protection constructive : avant-toit, socles, renvois d’eau, etc.
→ La prolifération végétale doit être éliminée par un nettoyage adapté à l’aide d’un jet à haute pression (important : la pression d’eau est à adapter au type de support).
→ Sur la façade nettoyée, appliquer un produit algicide et fongicide pour éliminer les résidus d’algues, de champignons et de lichens. Ne pas rincer.
→ Contrôler toutes les étanchéifications et les joints et les remettre en état si nécessaire.
→ Nettoyer les chéneaux et vérifier que l’eau de ruissellement sur la façade s’évacue correctement.
→ En cas de nouvelle couche de peinture, utiliser une peinture pour façades contenant un additif biocide encapsulé.
BILAN
Si les prescriptions ci-dessus sont respectées et que des enduits ou des peintures de haute qualité sont utilisés, le risque d’apparition d’algues ou de champignons peut être minimisé.
Les facteurs environnementaux sont décisifs pour la colonisation des champignons et des algues.
APPLICATION SUR NOUVELLE CONSTRUCTION OU RÉNOVATION
Sur un support très poreux correctement préparé, on applique un fond pénétrant à base d’eau (ou, selon le support, à base de solvants) avec un effet hydrofuge et consolidant, spécialement conçu pour les supports minéraux absorbants. Sur les supports à faible porosité, la première couche peut être mélangée à 10 % de fond pénétrant à l’eau.
COUCHES DE FINITION
Sur les façades correctement préparées, il est recommandé d’appliquer deux couches de peinture pour façade (ouverte à la vapeur d’eau) renforcée par des additifs fongicide et algicide encapsulés. Les surfaces crépies présentant des microfissures ou des différences structurelles peuvent être préalablement enduites d’une couche de fond renforcée avec des composants de quartzite. Il est également possible d’ajouter des fibres dans les peintures pour le pontage des microfissures.
MATIÈRES ACTIVES MICROENCAPSULÉES POUR LA PROTECTION DU FILM
La microencapsulation avec des biocides est une technologie innovante, utilisée entre autres pour contrôler le lessivage des biocides. L’encapsulation des matières actives, par exemple dans les peintures de façade, a permis de réduire significativement l’importante déperdition de biocides par lessivage dès les premiers mois d’exposition aux intempéries. Cette technique permet soit de réduire la concentration de biocides, soit, à concentration égale, de prolonger la durée de protection active. Les fabricants de peinture utilisent depuis de nombreuses années déjà des biocides microencapsulés pour la protection du film.
FREPP Info - Techno GR
Texte et photos : Pierre-Yves Correvon
Sources : Wolfram Selter / Bosshard-Farben AG
MIROIRS, ACCESSOIRES ARUN MEUBLES DE BAINS LAUFEN
UNE OASIS CONTEMPORAINE AU CŒUR DE LANCY
À Lancy, le groupe Beaver développe un ensemble de villas mitoyennes THPE où architecture contemporaine, qualité paysagère et confort résidentiel se conjuguent dans un esprit à la fois durable et intimiste.
Au chemin Henri-Wissner, dans un environnement résidentiel calme et verdoyant, le projet Oasis entend proposer une nouvelle lecture de la villa urbaine. Développé par Beaver et conçu par Atelier 3A, l’ensemble réunit trois villas mitoyennes dont l’architecture contemporaine privilégie autant la qualité des espaces que leur intégration au site.
La parcelle, légèrement en pente avec des vues dégagées vers le Salève, a guidé la conception du projet. Les volumes s’inscrivent naturellement dans la topographie afin de dégager des terrasses accessibles et généreusement végétalisées. Cette présence du végétal sur l’ensemble du projet – jardins privatifs, arborisation, plantations en toiture – participe à créer une atmosphère résidentielle apaisée, tout en favorisant la biodiversité et en limitant les surchauffes estivales.
L’écriture architecturale mise sur des lignes sobres et des volumes lumineux, mais l’un des éléments les plus singuliers du projet réside dans ses jardins d’hiver. Pensés comme
des espaces intermédiaires entre intérieur et extérieur, ces volumes vitrés prolongent les pièces de vie et offrent une relation privilégiée au paysage et à la végétation environnante. Chauffés et utilisables toute l’année, ils deviennent de véritables lieux d’habitation, baignés de lumière naturelle. Associés aux larges terrasses panoramiques de l’attique, ils renforcent cette sensation d’ouverture et de continuité avec l’extérieur qui structure l’ensemble du projet.
Au-delà du standing recherché, le projet revendique une approche environnementale affirmée. Certifiées THPE, les villas intègrent des pompes à chaleur avec sondes géothermiques, des panneaux solaires thermiques et photovoltaïques ainsi qu’un travail attentif sur la performance énergétique globale du bâti. Avec leur Oasis, Beaver et Atelier 3A proposent ainsi une opération résidentielle où architecture, paysage et confort d’usage se répondent dans une même recherche d’équilibre.
SHB / beaver-immo.ch
BEAVER IMMOBILIER, 10 ANS D’ACTIVITÉ
Fondée en 2016 à Lancy, Beaver Immobilier célèbre cette année ses dix ans d’activité. Active dans la gérance, le courtage, le pilotage de projets et l’administration de PPE, la société défend une approche globale du patrimoine immobilier, fondée sur la proximité, la transparence et le suivi personnalisé. Désormais forte d’une équipe pluridisciplinaire de 20 collaborateurs et d’un ancrage local affirmé, Beaver Immobilier accompagne ses clients à chaque étape de la vie de leurs biens, de la gestion courante à la mise en valeur de projets immobiliers plus complexes. À travers des réalisations comme Oasis, l’entreprise genevoise affirme également sa volonté de développer des opérations résidentielles à taille humaine, attentives au contexte et à la qualité des usages.
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DES RUES PLUS VERTES AU CŒUR DES PÂQUIS
La Ville de Genève transforme progressivement certains secteurs très minéraux en lieux plus frais, plus accueillants et surtout plus ombragés. Aux Pâquis, trois aménagements récents illustrent cette volonté de redonner de la place au végétal et d’améliorer la qualité de vie des habitants : les rues de Chaponnière, de Fribourg et Adhémar-Fabri.
Magaly Mavilia
Afin d’apporter davantage de confort et de convivialité au cœur des Pâquis, la Ville de Genève a entièrement réaménagé les rues Chaponnière et de Fribourg. La rue Chaponnière est devenue piétonne tandis que la rue de Fribourg conserve une circulation à sens unique et à vitesse réduite.
Le projet paysager, développé par le bureau Écho-atelier paysage et territoire, mise sur une végétation capable de résister aux contraintes urbaines, aux fortes chaleurs et aux changements de température, beaucoup trop brusques pour le monde végétal.
À la rue Chaponnière, 12 arbres ont été plantés : des Magnolia kobus et des Gleditsia triacanthos, accompagnés de massifs arbustifs et de vivaces. Rue de Fribourg, neuf arbres supplémentaires ont pris place : des Gleditsia triacanthos et des pistachiers de Chine. Côté Jura, la présence des réseaux souterrains ne permettait pas des plantations en pleine terre ; des plates-bandes composées d’arbustes et de plantes vivaces ont donc été privilégiées.
« Aujourd’hui, les villes doivent sélectionner des arbres capables de supporter des périodes de sécheresse plus longues tout en apportant rapidement de l’ombre et de la fraîcheur, explique Adrien Favre, architecte paysagiste et conducteur de travaux chez Jacquet SA. »
FOSSES DE STOCKHOLM
Après avoir expérimenté avec succès les fosses dites « de Stockholm » pour l’aménagement de la rue des Rois et dans le quartier de Mervelet, la Ville met désormais en place ce système de plantation pour tous ses nouveaux projets d’aménagement. Ici, pas de terre végétale classique, devenue rare et précieuse en raison de la multiplication des grands projets urbains, mais un système de la famille des technosols, composés ici de pierres, de substrat à base de compost et de biochar. Ce procédé, très drainant, retient l’eau de pluie dans les interstices minéraux tout en permettant une excellente circulation de l’air.
« Les arbres ont besoin d’eau, mais aussi d’oxygène au niveau racinaire, précise Adrien Favre. Ces fosses fonctionnent comme des éponges et offrent des conditions bien plus favorables à leur développement dans un environnement urbain dense. »
Les revêtements ont eux aussi été entièrement repensés. Les anciennes surfaces asphaltées ont laissé place à des pavés aux joints semi-perméables, notamment sous les terrasses des cafés et restaurants. L’objectif : favoriser l’infiltration naturelle des eaux de pluie tout en améliorant la qualité esthétique des rues.
Quelques rues plus loin, la rue Adhémar-Fabri poursuit la même logique de transformation. Longtemps dominé par le trafic motorisé, cet axe a été profondément réorganisé pour faire davantage de place aux piétons, aux cyclistes et au végétal.
Deux placettes ont été créées aux extrémités de la rue, avec des revêtements perméables, des assises et une végétation généreuse. Dix-sept nouveaux arbres ont été plantés le long de la rue et de la nouvelle piste cyclable bidirectionnelle.
Le projet a été conçu par le Service de l’aménagement, du génie civil et de la mobilité de la Ville de Genève, et le chantier paysager a été confié à l’entreprise Jacquet SA, sous la coordination de Baptiste Mure. Dès la genèse du projet, quatre essences ont été sélectionnées : tilleuls, érables champêtres, copalmes d’Amérique et lilas des Indes. Là encore, les critères de résistance climatique et d’adaptation aux milieux urbains ont guidé les choix.
Au pied des arbres, des prairies précultivées ont été prévues, puis installées afin d’obtenir rapidement un rendu végétal et fleuri. « Avec ces prairies déjà développées, le fleurissement est visible après quelques semaines seulement », explique Baptiste Mure.
Le projet marque également une rupture avec les anciens aménagements très minéraux. Les entourages en béton autour des arbres ont disparu au profit de fosses continues favorisant l’infiltration des eaux et le développement racinaire. Un système d’arrosage automatique et des sondes de suivi hydrique permettent d’accompagner les jeunes plantations durant leurs premières années.
Sur les deux placettes, la géométrie de l’espace a été redessinée autour d’arbres majeurs conservés sur le site. L’enrobé a été dégrappé. Un matériau argilo-calcaire perméable a été utilisé afin de désimperméabiliser les surfaces et d’améliorer l’alimentation en eau des arbres existants.
Air comprimé / fluides techniques - Drucklufttechnik / Technische Flüssigkeiten Halle AGORA - Route de Chandoline 25 D - 1950 Sion
Tél +41 (0) 27 203 70 02
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> Idéal pour conduites d’eau sanitaire, de chauffage (également au sol), piscines, etc.
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PRENDRE SOIN DE L’EXISTANT
Face aux îlots de chaleur et à la pression urbaine, verdir la ville ne se résume plus à planter à tout-va. Pour David Marchat, gérant d’une entreprise spécialisée en arboriculture et paysagisme, l’enjeu est ailleurs : « Le cœur du métier, c’est l’arbre et tout ce qui l’entoure. Avant de planter, il faut déjà préserver. »
Magaly Mavilia
Formé comme grimpeur arboriste avec brevet fédéral, le professionnel insiste sur l’évolution constante des connaissances. « Notre métier évolue en permanence, porté par les avancées scientifiques et les changements climatiques. Nous devons nous former continuellement, que ce soit pour identifier les pathologies, comprendre les interactions biologiques ou adapter nos techniques d’intervention. »
Au-delà de la technique, il défend une vision claire : « L’arbre urbain n’est pas un élément décoratif, c’est une infrastructure vivante. Le véritable enjeu aujourd’hui, ce n’est pas de planter plus, c’est de faire vivre plus longtemps ce qui existe déjà. »
DES ARBRES SOUS PRESSION
Pollution, parasites, dérèglements climatiques : les arbres urbains cumulent les facteurs de stress. « Ils sont aujourd’hui beaucoup plus vulnérables qu’il y a quelques années. Les épisodes de chaleur, les variations brutales de température ou le manque d’eau les affaiblissent, ce qui les rend plus sensibles aux attaques d’insectes et aux maladies. » Frênes dépérissants, attaques de scolytes sur les chênes, conifères en souffrance : le constat est préoccupant et nécessite une approche de plus en plus fine. Dans ce contexte, l’expertise devient un outil clé. L’analyse visuelle, appelée VTA (Visual Tree Assessment), constitue la
première étape. « On observe l’arbre dans son ensemble : son port, son système racinaire, son tronc, la présence éventuelle de champignons. » Si nécessaire, des outils de diagnostic viennent compléter cette analyse, comme le résistographe, qui permet d’évaluer la densité du bois, ou encore la tomographie acoustique pour visualiser les défauts internes.
PRÉSERVER PLUTÔT QU’ABATTRE
Contrairement aux idées reçues, l’abattage n’est pas une finalité. « Nous privilégions systématiquement la conservation. L’abattage intervient uniquement lorsqu’il n’existe plus d’alternative viable, notamment pour des raisons de sécurité. » Lorsqu’il est nécessaire, il s’accompagne généralement de mesures compensatoires avec la plantation de nouveaux sujets, parfois en nombre supérieur. Mais planter ne suffit pas : encore faut-il planter juste.
« Le climat évolue vers des conditions plus chaudes et plus sèches. Certaines essences ne sont plus adaptées. Nous orientons désormais les choix vers des espèces plus résilientes, comme le chêne pubescent, le micocoulier, le tilleul de Crimée, le pin sylvestre, capables de mieux supporter ces nouvelles contraintes. » Un suivi rigoureux reste indispensable, notamment durant les premières années, période critique pour l’installation de l’arbre.
LE CHANTIER, MOMENT CRITIQUE
Les travaux de génie civil représentent une menace majeure pour les arbres urbains. « Les systèmes racinaires sont souvent impactés lors des fouilles. Notre rôle est d’anticiper et de limiter ces impacts en mettant en place des mesures de protection adaptées. » Protection des racines, limitation du compactage des sols, gestion de l’arrosage : chaque détail compte. « Un arbre peut traverser une phase de stress, à condition qu’on lui donne les moyens de s’adapter. » L’entreprise intervient régulièrement sur des sites sensibles et dans des espaces publics fortement fréquentés, où les exigences de sécurité et de conservation doivent être conciliées.
ENTRETENIR POUR DURER
Dans le domaine privé comme public, l’entretien raisonné s’impose. Taille douce, suppression du bois mort, allègement de la couronne : autant d’interventions visant à prolonger la vie de l’arbre sans le fragiliser. « Beaucoup de particuliers envisagent des tailles sévères pour des raisons esthétiques ou de confort. Notre rôle est aussi pédagogique : dans la majorité des cas, des interventions plus mesurées permettent d’atteindre les mêmes objectifs tout en respectant l’arbre. »
La gestion du sol joue également un rôle déterminant. « Le gazon entre en concurrence directe avec l’arbre pour l’eau et les
nutriments. Nous recommandons plutôt des solutions de paillage, notamment avec des copeaux issus des tailles, qui améliorent la rétention de l’humidité et enrichissent le sol. » Certaines pratiques simples participent également à l’équilibre écologique. « Laisser du bois mort ou des éléments naturels sur place peut favoriser la biodiversité et créer des habitats pour la faune. Ce sont des gestes simples qui participent à l’équilibre écologique. »
REPENSER LA PLACE DE L’ARBRE
Verdir la ville implique enfin de repenser les usages. Réduction du piétinement, création de zones de protection autour des troncs, adaptation des aménagements urbains : autant de leviers déjà mis en œuvre dans certaines collectivités.
« Un arbre a besoin d’espace pour se développer durablement. Cela suppose d’intégrer cette contrainte dès la conception des projets. » Au-delà des effets d’annonce, la végétalisation urbaine repose sur une approche globale, technique et durable. « Planter est une première étape. Mais entretenir, protéger et comprendre les arbres est essentiel pour construire des villes réellement résilientes. » Un arbre bien accompagné peut vivre plusieurs décennies supplémentaires, tout en apportant des bénéfices environnementaux, sociaux et économiques considérables. etc-sarl.ch
LAUSANNE, PLACE AU FRAIS
Face à l’intensification des épisodes de chaleur en milieu urbain, la Ville de Lausanne multiplie les expérimentations pour adapter ses espaces publics. Parmi elles, le projet pilote « Place au frais », installé durant l’été 2025 à la place des Saugettes, dans le quartier Sous-Gare, constitue un laboratoire grandeur nature de la ville climatique de demain. Menée en partenariat avec l’École polytechnique fédérale de Lausanne, l’initiative visait à tester l’impact réel d’un aménagement végétalisé temporaire sur le confort thermique des usagers. Un an après, la Ville dresse un premier retour d’expérience et affine ses pistes d’adaptation climatique.
Sorte d’igloo végétal, ce projet associait ombrage, assises et végétation dans une structure légère conçue par le Geometric Computing Laboratory de l’EPFL. Pendant tout l’été, des capteurs ont relevé les températures sous l’installation, tandis qu’un travail d’observation et des questionnaires ont permis de mesurer le ressenti des habitants.
Premier constat : même lorsque les températures restent élevées, les usagers perçoivent l’espace comme plus frais grâce à la présence de végétation et d’ombre. « L’expertise d’usage des passantes et des passants nous a amené des informations précieuses et complémentaires à celles des capteurs », souligne Natacha Litzistorf, conseillère municipale responsable du logement, de l’environnement et de l’architecture à la Ville de Lausanne. Les retours ont également mis en évidence l’importance de l’ambiance créée par ce type d’aménagement, jugée plus calme et agréable, ainsi que la présence bienvenue d’un espace aménagé de bancs.
S’ADAPTER EN DOUCEUR
Le projet s’inscrit dans la continuité d’un premier « pavillon climatique » testé par la Ville en 2023 avec la Haute école d’ingénierie et d’architecture de Fribourg (HEIA-FR). À la suite de cette expérience, le laboratoire de géométrie computationnelle de l’EPFL a proposé d’expérimenter sa structure dans l’espace public lausannois. « Cette proposition était tout à fait en phase avec le volet adaptation aux changements climatiques du Plan climat de la Ville de Lausanne », explique la Municipalité. La place des Saugettes, identifiée comme l’un des points chauds de la ville en attente du réaménagement de la gare, s’est rapidement imposée comme site pilote.
Au-delà de cette intervention ponctuelle, « Place au frais » s’intègre dans une stratégie climatique plus large portée par la Ville de Lausanne. La Municipalité développe depuis plusieurs années une politique de lutte contre les îlots de chaleur fondée sur l’arborisation, la désimperméabilisation des sols et la végétalisation des bâtiments. Depuis 2021, plus de 9200 arbres ont été plantés dans le cadre de l’Objectif canopée, avec l’ambition d’atteindre 30 % de couverture arborée d’ici à 2040.
Les enseignements tirés du projet nourrissent désormais les réflexions de la Ville sur les futurs aménagements temporaires. Parmi les pistes évoquées figurent l’ajout de points d’eau, une végétation plus dense ou encore le développement de structures plus légères. « L’objectif est maintenant de multiplier les solutions existantes dans d’autres lieux », précise Natacha Litzistorf. MM À voir : les résultats de cette expérience sont à découvrir à la place des Saugettes, dans le quartier Sous-Gare, à travers une exposition en plein air qui se prolongera jusqu’à l’automne.
Objet: Habitat pour personnes agées «Am Wasser», Zurich
Derrière chaque chantier se cache une réalité largement invisible : celle des déchets de construction. Volumineux, hétérogènes, parfois fortement pollués, ils constituent aujourd’hui l’un des principaux défis environnementaux du secteur du bâtiment.
Le secteur de la construction génère de loin plus de déchets que les ménages. Excavations, démolitions, transformations de friches industrielles : à mesure que les villes se densifient, les volumes augmentent et la nature des matériaux se complexifie. Solvants, hydrocarbures, remblais pollués ou polluants persistants témoignent d’un héritage industriel dont les effets se révèlent aujourd’hui, au moment de bâtir la ville sur elle-même.
Longtemps considérée comme une simple étape logistique, la gestion des déchets de chantier est pourtant devenue un levier central de la transition écologique. Trier, traiter et revaloriser permet non seulement de réduire la pression sur les décharges – quasi inexistantes sur le canton de Genève –, mais aussi de limiter l’extraction de nouvelles ressources dans les milieux naturels. Un enjeu stratégique, encore peu visible, mais désormais incontournable, à la croisée de la construction et de la protection de l’environnement.
TRAITER LOCALEMENT, TRANSPORTER INTELLIGEMMENT
C’est précisément pour répondre à cette équation complexe qu’a été développée l’Eco-Plateforme-Lignon, à Vernier. Premier centre genevois de traitement et de dépollution des matériaux de chantier doté d’un accès rail-route sécurisé, le site a été lancé par Ebiox SA.
Implantée sur près de 10 000 m², la plateforme fonctionne comme un centre de réception de proximité : l’objectif est de traiter un maximum de matériaux directement sur le territoire genevois. Deux halles distinctes permettent de séparer les flux. La première, exploitée par Grisoni-Zaugg SA, est dédiée aux matériaux propres ou faiblement pollués, qui représentent environ 80 % des excavations, et qui peuvent souvent être revalorisés sous forme de graves ou de béton recyclé. La seconde, exploitée par Ecosor SA, est conçue pour les matériaux fortement contaminés, avec des dispositifs de confinement de l’air, de traitement des émissions et des exigences élevées en matière de sécurité.
Lorsque certaines fractions ne peuvent être traitées localement –en raison de leur nature ou de leur concentration en polluants –, elles sont acheminées par rail vers des installations spécialisées. L’efficacité du dispositif repose ainsi sur son intégration dans un réseau de centres interconnectés, capables de mutualiser des équipements lourds et de réduire significativement les distances parcourues, tout en privilégiant le rail aux transports routiers.
DE LA DÉCHARGE À L’ÉCOLOGIE INDUSTRIELLE
Proposer une alternative crédible à la mise en décharge implique un changement profond de logique. Le principe n’est plus de stocker des matériaux hétérogènes, mais d’identifier, de séparer et de concentrer la pollution dans la fraction la plus réduite possible. Cette approche permet de maximiser le potentiel de revalorisation des autres fractions, qu’il s’agisse de matière – réemploi dans de nouveaux bétons ou ouvrages – ou, lorsque cela n’est plus possible, de valorisation énergétique.
Pensée comme un outil évolutif, l’Eco-Plateforme-Lignon s’inscrit pleinement dans une démarche d’écologie industrielle. Traçabilité complète des matériaux, combinaison de traitements adaptés à chaque cas et anticipation de normes appelées à se renforcer caractérisent un secteur où la technique progresse souvent plus vite que la réglementation.
Le bâtiment lui-même incarne cette ambition : recours massif au béton recyclé, structure en bois suisse de grande portée permettant une grande flexibilité d’exploitation, toiture photovoltaïque et conception pensée pour évoluer avec les pratiques futures. À travers ce type d’infrastructure, c’est toute une nouvelle économie du déchet qui se met en place, portée par des compétences d’ingénierie, de chimie et d’environnement. Encore trop souvent reléguée à l’arrière-plan des projets, la gestion des déchets apparaît ici comme l’une des clés d’une construction plus responsable. Une activité de l’ombre, certes, mais indispensable pour transformer durablement les pratiques du secteur. SHB
RECYCLAGE MINÉRAL, LE CHANTIER DE L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE
H2M Exploitation s’impose comme un maillon important de l’économie circulaire appliquée à la construction. Active dans le recyclage des matériaux minéraux, l’entreprise transforme des déchets de chantier en ressources réutilisables. « Plutôt que de puiser dans des gisements naturels, nous exploitons un gisement urbain », résume son directeur, Mathieu Provost. Les matériaux issus de démolitions ou de chantiers y sont prétraités puis traités afin d’en extraire les éléments nocifs et de permettre leur réemploi.
Au cœur du processus, un tri précis sépare matrices minérales et composants indésirables. « Nous retirons plastiques, bois ou résidus divers pour obtenir un produit 100 % minéral », explique Mathieu Provost. Les métaux sont redirigés vers d’autres filières, tandis que les granulats retournent dans le cycle du béton, notamment pour la fabrication d’écobéton ainsi que des formules normées. Certains matériaux plus complexes, notamment ceux contenant des fractions argileuses, nécessitent un traitement spécifique. « L’argile réagit avec le ciment et peut provoquer des phénomènes de gonflement, à l’origine de fissurations. Nous procédons donc à l’extraction mécanique de
l’argile et des minéraux légers de la matrice minérale, ce qui nous permet de réintégrer plus de 75 % du matériau sous forme de graviers répondant à des propriétés normées et certifiées », précise le directeur.
L’entreprise traite des matériaux ferroviaires depuis plusieurs années, dans un cadre renforcé depuis 2023 par l’évolution des directives fédérales. « Cette nouvelle directive a marqué un tournant pour notre activité : elle impose un niveau de rigueur élevé tout en ouvrant des perspectives élargies en matière de valorisation, détaille Mathieu Provost. Nous réduisons les taux de pollution pour favoriser le réemploi des matériaux, tandis que le solde est stabilisé dans des matrices telles que le béton ou l’enrobé. » Les traitements font l’objet de contrôles réguliers afin de garantir leur conformité aux exigences légales. Quant à l’utilisation de l’eau, elle s’effectue en circuit fermé. « Il ne s’agit pas seulement de respecter la loi, mais d’aller plus loin. Notre objectif est d’être exemplaires », affirme-t-il.
H2M Exploitation est implantée sur la plateforme La Plaine, site logistique durable réunissant plusieurs acteurs du traitement des matériaux. h2m-exploitation.ch
DÉCHETS DE CHANTIER : ANTICIPER POUR
MIEUX VALORISER
Dans le bâtiment, la gestion des déchets ne se limite plus à l’évacuation des matériaux en fin de chantier. Entre exigences environnementales, traçabilité et valorisation, la question s’intègre désormais dès la phase de conception.
Selon Denis Jaquier, deuxième génération à la tête de Jaquier Services SA, « tout commence déjà dans la manière de construire ». Le professionnel plaide pour des bâtiments pensés avec des matériaux plus facilement recyclables et des systèmes constructifs moins complexes.
Recycleur et transporteur dans les domaines de la démolition, de la construction et de la rénovation, l’entreprise genevoise accompagne les chantiers sur toute la chaîne logistique des déchets. « Un plan de gestion devrait idéalement être établi avant même le lancement des travaux », souligne Denis Jaquier. Cette anticipation devient indispensable face aux exigences du GESDEC, notamment pour la traçabilité des matériaux sensibles, comme les enrobés contenant des HAP, l’amiante, les peintures au plomb ou certains déchets spéciaux.
Sur le terrain, le tri à la source reste l’un des leviers les plus efficaces. « Le meilleur prix, c’est le prix à la source », résume Denis Jaquier. Lorsque les matériaux sont séparés directement sur le chantier, les taux de valorisation augmentent fortement et les coûts de traitement diminuent. Encore faut-il prévoir l’espace nécessaire pour accueillir plusieurs bennes selon les flux de matériaux. La société propose ainsi une large gamme de bennes, de 1 à 40 m³, adaptées aux contraintes d’accès, au poids des matériaux ou à la capacité portante des dalles. Bennes avec porte, rampe, couvercle, compacteurs pour cartons ou déchets incinérables, mais aussi bennes à boue pour les forages géothermiques : l’objectif reste d’offrir des solutions adaptées à chaque configuration de chantier.
Au-delà des équipements, Jaquier Services mise surtout sur le conseil et la proximité. « Nous sommes une entreprise de service. Je me déplace volontiers afin d’avoir une vision globale du projet et proposer la solution la plus pertinente », conclut Denis Jaquier. jaquier-services.ch
JAQUIER SERVICES S.A. 41A, route des Jeunes CH-1227 Carouge/GE
079 624 59 15
022 343 49 49
info@jaquier-services.ch www.jaquierservices.ch
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PROJETS
La précision de l’héritage
À Meyrin, Audemars Piguet transforme un ancien site industriel en manufacture horlogère de nouvelle génération. Entre réhabilitation patrimoniale, précision productive et attention portée aux collaborateurs, le projet compose un équilibre subtil entre héritage et innovation.
texte : Salomé Houllier Binder
photo : Federal.li
Au cœur de la zone industrielle genevoise, la nouvelle Manufacture d’Audemars Piguet affirme une approche sensible de la transformation architecturale. Réalisé par FdMP architectes, le projet prend place sur le site d’un ancien bâtiment industriel de l’entreprise pharmaceutique UhlmannEyraud, construit entre 1963 et 1965. Cet ensemble existant est aujourd’hui complété par de nouvelles extensions afin d’accueillir un outil de production dédié à la fabrication des boîtes et bracelets de montres.
Le choix de Meyrin ne doit rien au hasard. Situé à proximité immédiate de la gare CEVA et au cœur d’un territoire historiquement lié aux industries de précision, le site offrait à la fois un ancrage stratégique et un patrimoine industriel capable d’incarner les valeurs de la manufacture horlogère. Plus qu’un simple support fonctionnel, le bâtiment existant devient le point de départ du projet. Ses qualités spatiales – structure rationnelle, toitures sheds, composition en U – sont préservées puis prolongées par de nouveaux volumes. Le projet compose ainsi un dialogue précis et mesuré où héritage industriel et innovation technologique se répondent avec finesse.
HÉRITER SANS FIGER
Les architectes conservent la logique en U autour d’une cour centrale et viennent y glisser deux nouvelles ailes ainsi qu’un volume de liaison de quatre niveaux qui referme l’ensemble. Plutôt qu’un geste autonome, l’intervention contemporaine agit par emboîtement. Les nouveaux volumes s’ajustent à l’existant avec précision. Le projet construit ainsi une relation de proximité respectueuse, où ancien et nouveau demeurent lisibles sans jamais s’opposer frontalement. Cette attention au dialogue se retrouve dans le traitement des façades. L’enveloppe existante est entièrement rénovée et remise à niveau énergétique tout en conservant ses caractéristiques d’origine : trame structurelle, bandeaux horizontaux, modénature minérale et grandes ouvertures. Les nouvelles interventions prolongent ce vocabulaire sans tomber dans le pastiche. Les façades contemporaines introduisent un travail plus fin sur le métal, les nuances et les reflets, dans une écriture sobre évoquant autant l’univers industriel que la précision horlogère. L’attique technique est quant à lui dissimulé derrière un cadre métallique prolongé par une végétation légère qui vient atténuer l’horizontalité du volume industriel.
Le projet revendique ainsi une continuité. Les traces du bâtiment existant demeurent perceptibles jusque dans les détails constructifs : un poteau conservé dans son état d’origine, un joint creux révélant une nouvelle intervention ou encore les irrégularités assumées du béton participent à cette lecture stratifiée du lieu. Une manière discrète mais affirmée de faire dialoguer mémoire, temps et transformation.
UNE MÉCANIQUE DE PRÉCISION
Derrière cette approche sensible du patrimoine se déploie un outil industriel d’une grande rigueur. La Manufacture a été pensée pour optimiser les flux de production à travers un vaste plateau de près de 4000 m² au rez supérieur. L’ensemble des activités liées à la fabrication des boîtes de montres y est regroupé, permettant un enchaînement fluide des opérations, depuis le traitement de la matière brute jusqu’aux interventions les plus minutieuses. Cette organisation horizontale constitue une première pour Audemars Piguet et facilite les interactions entre les différents secteurs de production. À cette fin, les structures existantes ont dû
être renforcées afin de limiter les vibrations liées aux machines de haute précision. Les dalles ont notamment été consolidées à l’aide de lames carbone intégrées dans les planchers. Le nouveau bâtiment accueille quant à lui la fabrication des bracelets ainsi que les espaces de recherche et développement, tandis que les deux nouvelles ailes abritent les bureaux administratifs et le restaurant d’entreprise.
Une attention spécifique a aussi été portée à la lumière naturelle, essentielle au travail horloger. Accompagnés par des spécialistes, les architectes ont travaillé la diffusion lumineuse afin d’offrir un éclairage homogène, sans rayonnement direct sur les postes de travail. Les sheds existants sont conservés et complétés par de larges vitrages électrochromes permettant de maintenir une relation constante avec l’extérieur tout en limitant l’éblouissement et la surchauffe.
Cette rigueur constructive s’accompagne d’une démarche environnementale ambitieuse. Le bâtiment existant atteint les exigences Minergie Rénovation tandis que les extensions répondent au label Minergie P-ECO.
UNE ARCHITECTURE DU QUOTIDIEN
Si la Manufacture répond à des impératifs industriels extrêmement précis, le projet accorde également une attention particulière à la qualité des espaces partagés. Audemars Piguet et les architectes développent ainsi des lieux capables d’introduire des respirations au sein du dispositif productif. Cette attention se manifeste dès l’arrivée des collaborateurs. Après les vestiaires situés au niveau inférieur, ces derniers empruntent un escalier hélicoïdal sculptural menant vers le « Surface Our People », véritable cœur social du projet. Traversant et lumineux, ce lieu ouvert sur la cour végétalisée et le parvis d’entrée agit comme un seuil entre le rythme industriel et un temps plus collectif, presque domestique. Pensé comme un coffee point quotidien, il devient un espace de rencontre et de décompression avant l’entrée dans les ateliers.
Le projet développe ainsi deux atmosphères complémentaires. Les zones de production privilégient une esthétique sobre et rigoureuse, dominée par des teintes blanches et bleutées renforçant la sensation de précision et de maîtrise.
À l’inverse, les espaces collaboratifs adoptent une ambiance plus chaleureuse où le bois, les teintes dorées et les lignes courbes viennent adoucir la rigueur industrielle. Les plafonds en lames de bois cintrées accompagnent les circulations tandis que les gradins, assises et éléments de mobilier prolongent une géométrie fluide, inspirée des ondulations de l’eau.
À l’extérieur, la cour centrale agit comme un jardin intérieur au cœur de la Manufacture. Très végétalisée, elle introduit un rapport apaisé à la nature dans un contexte industriel dense. Son dessin paysager, inspiré des cercles formés par une goutte d’eau, dialogue avec les motifs du terrazzo intérieur et tisse un fil sensible entre architecture, paysage et geste horloger.
À travers cette Manufacture, Audemars Piguet et FdMP architectes composent une architecture de précision qui dépasse la seule performance technique. Entre héritage industriel, maîtrise constructive et attention portée aux usages, le projet affirme une vision où l’outil de production devient aussi un lieu de transmission et de temporalités partagées.
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• Maintenance et dépannage
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SURSECTOR TRANSFORME LA GESTION DES ACCÈS EN GOUVERNANCE CHANTIER
Sur le chantier de la nouvelle manufacture Audemars Piguet à Meyrin, les accès et les flux des intervenants devaient pouvoir évoluer quotidiennement sans perturber l’organisation du site. Les différentes phases de travaux imposaient une gestion capable d’accompagner les déplacements de zones, les modifications des bases vie et les exigences de conformité des entreprises.
Pour répondre à ces enjeux, sursector a déployé sa plateforme et ses applications numériques associées à des équipements mobiles de contrôle d’accès et de vidéoprotection. Les présences, les accès et la conformité des intervenants étaient suivis en temps réel par la direction de travaux, les entreprises et les agents présents sur site.
Cette organisation a permis de créer un véritable lien opérationnel entre les équipes terrain et les mandataires, tout en offrant aux agents un outil centralisé facilitant les contrôles et la gestion quotidienne des accès chantier.
Après des réalisations aujourd’hui terminées, comme la manufacture Audemars Piguet à Meyrin, sursector poursuit le déploiement de cette approche sur des opérations en cours, telles que le Fairmont Grand Hotel Geneva, confirmant sa capacité à transformer la gestion des accès en véritable infrastructure de gouvernance chantier.
AdG
Solution de contrôle d’accès pour des chantiers éthiques et sûrs
LISTE DES MANDATAIRES ET INTERVENANTS
MAITRE DE L’OUVRAGE
Audemars Piguet & Cie SA
REPRESENTANT DU MAITRE DE L’OUVRAGE
Transphère Consult SA
MANDATAIRES
Architecte
FdMP architectes SA
Direction travaux
CCHE Lausanne SA
Ingénieur civil
Thomas Jundt Ingénieurs Civils SA
Ingénieur géotechnique
Karakas et Français SA
Ingénieur acoustique
Architecture & Acoustique SA
Ingénieur sécurité feu / AEAI
IGNIS SALUTEM SA
Ingénieur sûreté
srg engineering / scherler SA
Physicien bâtiment
SORANE SA
Architecte d’intérieur
FdMP architectes SA
Architecte paysagiste
Denogent SA
Géomètre
HKD Géomatique SA
Ingénieur chauffage
Cyril Waechter BIM Insight
Ingénieur ventilation
Cyril Waechter BIM Insight
Ingénieur sanitaire
Energestion SA
Ingénieur électricité
A 3 e Sàrl (Consortium)
MAB-Ingénierie SA (Consortium)
Ingénieur façade BSC SA
Ingénieur environnement
Alterego Concept SA
Cuisiniste
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L’architecture au service de la mobilité durable
Les Transports de la région Morges-Bière-Cossonay (MBC) ont inauguré, en décembre dernier, leur nouveau garage-dépôt routier situé à Denges. Un projet d’envergure qui permet à la région d’améliorer considérablement son offre de transport public.
C’est un chantier qui s’inscrit dans une vision ambitieuse portée par la région Morges-Bière-Cossonay (MBC), visant à tripler la part modale des transports publics d’ici à 2030. Une croissance à laquelle les infrastructures existantes n’étaient cependant pas en mesure de répondre, comme l’explique Benoît Grégoire, responsable grands projets et immobilier pour MBC :
« Pour répondre aux objectifs, nous devions doubler notre flotte de véhicules, qui vont devoir être stockés. En raison d’un manque de place disponible, il n’était pas envisageable d’augmenter la taille de notre ancien entrepôt. Le premier défi a donc été de trouver un terrain en mesure d’accueillir les infrastructures nécessaires pour recevoir une centaine de véhicules, dont 40 bus articulés. » Une première étape rapidement suivie par une problématique inattendue : la découverte d’un site archéologique d’importance nationale lors du sondage du site, nécessitant une année de travaux. Mais, malgré cette surprise, le projet se poursuit et parvient à être livré en temps et en heure, les travaux démarrant en juin 2022 pour être achevés en décembre 2025.
UN CAHIER DES CHARGES COMPLEXE
Les exigences de l’entrepôt sont nombreuses. En effet, les MBC se sont fixé pour objectif à long terme le passage de l’entièreté des véhicules de la flotte en électrique, nécessitant la création d’une construction industrielle très spécifique, tant par ses dimensions que par les installations devant y être intégrées. C’est le bureau Ferrari Architectes qui est sélectionné durant l’appel d’offres public, se voyant accompagné sur le chantier par de nombreuses
entreprises, notamment des sociétés locales, amenant toutes une expertise spécifique. L’élément le plus marquant du projet reste sans équivoque les volumes du bâtiment devant être en mesure d’abriter plus de 100 bus, mais également d’accueillir un atelier de réparation. Au total, ce sont 16 500 m2 qui sont aujourd’hui exploités. « Ce projet répond à des besoins complexes : espaces de maintenance, zones de remisage pour une centaine de bus et locaux techniques optimisés, ainsi que des bureaux et des zones de détente, intégrés dans une architecture fonctionnelle et durable. Cette réalisation est le fruit de plus de sept années de travail et d’une coordination étroite entre les différents corps de métier », explique Ferrari Architectes. Des besoins auxquels s’ajoutent de nombreux éléments techniques, dont l’installation d’un réseau électrique capable de recharger les bus du réseau.
Réparti sur quatre niveaux dont un en sous-sol, l’entrepôt repose sur 418 pieux forés et bétonnés mesurant 18 à 22 mètres de long. Une base complétée par une structure en acier, béton précontraint et prédalles. De manière à adapter l’architecture aux besoins spécifiques de l’entrepôt, des passerelles et des fosses ont été créées, permettant notamment au personnel de réaliser des travaux de maintenance et d’entretien sur les véhicules en toute sécurité. Dans les étages, des espaces dédiés au personnel ont été aménagés et accueillent une salle de fitness et des salles de repos individuelles au service de la qualité de vie au travail des collaborateurs. Enfin, l’enveloppe de la façade vient conférer au bâtiment une identité contemporaine grâce à sa réalisation en métal perforé.
UNE DURABILITÉ DE A À Z
Le projet d’entrepôt découlant d’une décision politique en faveur de la durabilité, il était capital pour les MBC d’intégrer cette même notion au site venant accueillir la flotte de véhicules. Une détermination qui se manifeste dès la gestion des travaux.
« Le site de Denges étant accolé à Lausanne-Triage, la gare de marchandises, il a été décidé d’évacuer les matériaux excavés lors des fouilles archéologiques et du chantier via la voie ferrée », commente Benoît Grégoire. Au total, ce sont 64 000 m3 qui ont pu être évacués par les rails, réduisant drastiquement le nombre de camions sur les routes de la région. D’un point de
vue énergétique, le bâtiment est alimenté en électricité grâce aux 3000 m2 de panneaux photovoltaïques posés sur sa toiture, ainsi que par l’installation de sondes géothermiques à 250 mètres de profondeur, ayant rendu possible l’obtention du label Minergie-P. Une réussite pour ce chantier d’envergure qui a dû faire face à la découverte d’un site archéologique, mais aussi aux difficultés découlant du Covid et de la guerre en Ukraine. Inauguré en décembre 2025, il se présente comme une véritable réussite, les collaborateurs des MBC se félicitant de ce nouveau lieu de travail.
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RECOMPOSER LE SOL : UN PROJET MIXTE ENTRE INDUSTRIE ET HABITAT À GENÈVE
Sur une ancienne friche industrielle liée au site Fiat, trois bâtiments redéfinissent les équilibres des logements et du paysage. Entre réemploi, pleine terre et chauffage à distance, le projet assume ses contraintes pour inscrire la durabilité dans le temps.
texte : Monica D’Andrea
photos : Franziska Werren
La Caisse de prévoyance de l’État de Genève (CPEG) s’impose comme un acteur majeur de la transformation du parc immobilier genevois. L’institution mise depuis plusieurs années sur une stratégie articulée autour de la transition énergétique, de la valorisation durable de son patrimoine bâti et de la création de valeur. « En tant que caisse de prévoyance, nous sommes systématiquement à la recherche de possibilités d’expansion, avec un objectif principal : investir notre fortune de manière à générer des rendements sur le long terme, explique Anthony Joss, développeur immobilier. Les aspects de durabilité font partie de l’équation. » Une logique qui s’inscrit dans un cadre structuré à Genève, où le développement urbain reste étroitement lié aux plans d’affectation définis par le Canton.
UN PROJET GLOBAL
Le projet des rues de Bourgogne et de Lyon – implanté sur une ancienne parcelle industrielle liée au site Fiat – illustre cette réalité. Le programme réunit deux immeubles totalisant 156 appartements destinés à la location, ainsi qu’un bâtiment consacré à l’artisanat. « Nous étions donc dans l’obligation de construire de l’activité et non seulement du locatif, précise Anthony Joss. À Genève, ces affectations sont définies sur le très long terme et il est peu probable que ces zones changent dans les vingt ou trente prochaines années. »
UNE ÉCRITURE ARCHITECTURALE COMMUNE
Cette cohabitation entre logements et activité productive structure l’ensemble du projet. Les trois bâtiments adoptent une écriture architecturale commune, notamment à travers l’usage de la briquette en façade, afin de maintenir une cohérence malgré des programmes distincts. « Nous souhaitions retrouver une matérialité liée à l’histoire industrielle du site », explique Aurélie Taillens, architecte au bureau Favre+Guth. Initialement pensée en brique pleine, l’enveloppe a dû évoluer pour des raisons techniques et économiques. « La briquette nous a permis de conserver cet aspect tout en respectant les contraintes constructives du projet. »
INTERVENTION MINIMALE SUR LE SOL
Au-delà de l’image architecturale, c’est le travail sur le sol qui constitue l’un des axes majeurs du projet. Dès les premières phases du chantier, la possibilité de réemployer une partie importante des matériaux déjà présents sur le site a été identifiée. « Le bâtiment existant était relativement bas et peu dense, mais nous avons rapidement vu qu’il y avait un vrai potentiel de recyclage », explique Aurélie Taillens. Le béton issu de la déconstruction a ainsi été concassé puis réutilisé, réduisant les transports et l’impact environnemental. Les travaux ont été menés afin d’intervenir au minimum : « Nous avons pu limiter les sous-sols et la capacité du parking, ainsi, nous avons évité d’excaver massivement. »
FAIRE ENTRER LE PAYSAGE
Cette stratégie a permis d’offrir au paysagiste une réelle marge de manœuvre. Entre les bâtiments, les espaces extérieurs deviennent des séquences plantées, pensées comme des prolongements du logement. « Le paysagiste a pu travailler sur des surfaces qualitatives, ce qui est assez rare dans ce type d’opération, souligne-t-elle. Cela représente un coût supplémentaire, mais si c’était à refaire, nous ferions pareil. »
La gestion des eaux pluviales s’inscrit dans cette logique environnementale. Plutôt que d’être directement évacuées dans les réseaux, elles sont retenues puis redirigées vers les espaces végétalisés afin de favoriser leur infiltration progressive pour la désimperméabilisation du site.
EXPÉRIMENTATIONS CONSTRUCTIVES
La durabilité s’exprime également dans les systèmes constructifs et énergétiques. Le projet est raccordé au réseau genevois de chauffage à distance (CAD), développé avec les Services industriels de Genève, dans le cadre de la stratégie cantonale de sortie progressive des énergies fossiles. « Aujourd’hui, les propriétaires ont l’obligation de se raccorder au chauffage à distance lorsqu’il existe, rappelle Anthony Joss. Nous travaillons avec les SIG depuis une dizaine d’années déjà, et ce sont des réflexes intégrés dès le démarrage des chantiers. »
Un niveau de logements ont par ailleurs servi de terrain d’expérimentation autour des matériaux biosourcés et géosourcés, notamment avec des briques de terre crue. « Cette réflexion est arrivée un peu tard dans le développement du projet, ce qui ne nous a pas permis de l’appliquer à l’ensemble du bâtiment », explique-t-il.
VISION À LONG TERME
Dans un contexte où les contraintes réglementaires et financières pèsent fortement sur la production de logements, la CPEG revendique une approche pensée sur le long terme.
« Nous construisons pour conserver nos immeubles pendant plusieurs décennies, souligne-t-il. Nous avons tout intérêt à investir correctement dès le départ afin de limiter les interventions futures et les coûts d’exploitation. » Les logements prolongent cette recherche d’équilibre entre matérialité brute et qualité d’usage. Tous disposent de balcons d’environ deux mètres de profondeur, conçus comme de véritables pièces extérieures. Chaque appartement intègre deux bacs de plantation : l’un destiné à une végétation pérenne prise en charge par le propriétaire, l’autre laissé à l’initiative des habitants. Des grillages métalliques permettent aux plantes grimpantes de coloniser progressivement les façades. « Nous voulions que les plantes fassent partie intégrante de la structure », souligne Aurélie Taillens.
Les intérieurs revendiquent une esthétique sobre et durable, mêlant béton apparent, parquet en chêne, menuiseries boismétal et cuisines agencées. Les larges ouvertures favorisent un apport généreux de lumière naturelle. « L’idée était de proposer des appartements robustes, chaleureux, avec des aménagements pensés pour résister », résume l’architecte. Cette logique de durabilité dépasse la performance énergétique et interroge surtout la manière de construire la ville aujourd’hui : densifier sans saturer, maintenir des activités productives, réintroduire du vivant et inscrire les projets dans une temporalité plus longue que celle du seul rendement immédiat.
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LISTE DES MANDATAIRES ET INTERVENANTS
Maître d’ouvrage
CPEG
MANDATAIRES
Architectes
Favre + Guth Architectes SA
Architectes
Aeby + Mouthon Architectes SA
Ingénieurs Civils
Thomas Jundt Ingénieurs Civils SA
Ingénieurs CVC PIC Energies SA
Ingénieurs Sanitaires
Energestion SA
Ingénieurs Électriciens
Thorsen SARL
Energie Et Physique Du Bâtiment
Enpleo SARL
Gestion Des Déchets De Chantier / Géotechnicien
Karakas Et Francais SA
Bureau D’études Et De Conseil En Environnement
Ecotec Environnement SA
Architectes Paysagistes
Atelier ADR SA
Géomètre
MBC Ingeo SA
Ingénieurs Acousticiens
Aab J. Stryjenski & H. Monti SA
Spécialiste En Protection Incendie
Dinges Consulting SARL
Aménagements extérieurs BEP SA
Contrôle étanchéité
TECHTOIT SARL
Panneaux photovoltaïques
SOLEOL SA
Porte automatique
GILGEN
Cylindres JEAN MUSINA SA
Nettoyage JL Services SA
Ingénieurs Environnement Bmg Solution SARL
Optimiseurs De Mobilité
Transitec Ingénieurs Conseils SA
Ing. En Ressources & Construction Durable Lebirds SARL
Echami Echafaudages SA Chemin de Morglas 14 CH-1214 Vernier (GE)
Echami Echafaudages SA Chemin de Morglas 14 nier (GE)
Le Cèdre, architecture en suspension
À Lausanne, certains bâtiments ne vieillissent pas : ils changent de rythme. Le Cèdre, siège historique de la Vaudoise Assurances, installé face au parc de Milan, appartient à cette catégorie rare d’architectures qui traversent les décennies sans quitter le regard collectif.
texte : Monica D’Andrea
photo : Leo Fabrizio
On le connaît pour ses façades tramées de béton, d’aluminium et de verre, ses lignes modernistes et cette relation presque cinématographique avec le Léman. Derrière cette silhouette familière, quelque chose s’était lentement figé. Jusqu’à cette soirée d’inauguration où deux artistes suspendues à la façade sont venues en épouser les lignes. Glissant le long du béton, traversant les vides, elles révélaient soudain ce que la rénovation accomplit avec subtilité : redonner du mouvement à l’édifice sans le transformer, tout en révélant autrement les lignes de la façade imaginée par Jean Tschumi en 1956.
Lorsque la Vaudoise lance son nouveau siège au début des années 1950, l’ambition est grande. Après un voyage d’études aux États-Unis, Jean Tschumi transpose en Suisse romande une vision inédite : des plateaux libres, une circulation fluide, des façades vitrées, des plafonds actifs chauffants et le confort des collaborateurs deviennent les marqueurs d’une architecture avantgardiste. La singularité du Cèdre ne réside pas uniquement dans sa technique. Formé au décor et au mobilier avant l’architecture,
Jean Tschumi pense le bâtiment comme une œuvre d’art totale où lumière, matériaux, couleurs, mobilier et œuvres dialoguent dans une même continuité. Le hall traversant ouvert sur le lac reste aujourd’hui encore l’un des gestes les plus puissants du projet. Septante ans plus tard, le défi consiste à préserver cette cohérence « sans figer le siège de la Vaudoise dans une image patrimoniale », explique Catherine Othenin-Girard, historienne de l’art et conservatrice de la Commission artistique de la Vaudoise. Avant le chantier, une étude historique approfondie a permis d’identifier les éléments à conserver, à restaurer ou à adapter. La stratégie reposait alors sur un paradoxe : intervenir massivement sans produire d’effet spectaculaire. « Le bâtiment permet cette rénovation. L’approche consistait à comprendre ce qui était déjà extraordinairement avant-gardiste dans le projet d’origine », résume Paul-Antoine Terrier, architecte associé chez Itten+Brechbühl, bureau lausannois chargé de la rénovation après avoir remporté le concours d’architecture lancé pour la transformation du Cèdre.
FAIRE REVIVRE LES PLANS
Les équipes ont travaillé à partir des dessins de Jean Tschumi afin d’intégrer les exigences contemporaines – sécurité incendie, ventilation, thermique ou acoustique – sans rompre l’équilibre initial. La façade, protégée, ne peut être modifiée extérieurement. L’isolation est donc intégrée depuis l’intérieur.
Les habillages métalliques sont démontés, numérotés, puis reposés un à un. Plus précisément, les plafonds métalliques actifs, étonnamment contemporains dans leur conception, sont restaurés et adaptés aux nouveaux systèmes de ventilation et d’éclairage LED. Même les détails les plus discrets donnent lieu à des discussions approfondies avec les autorités patrimoniales : tubes lumineux, cloisons vitrées ou portes coupe-feu redessinées à partir des modèles d’origine. Le quatrième étage, conservé dans une configuration proche de celle des années 1950, constitue aujourd’hui l’étage patrimonial du bâtiment. L’ensemble de la rénovation a par ailleurs été suivi avec attention par Bernard Tschumi, fils de l’architecte. La rénovation accompagne également une profonde évolution des usages du bureau.
DESIGN D’INTÉRIEUR RÉACTUALISÉ
Cette réinterprétation des structures originelles se poursuit jusque dans les aménagements intérieurs. L’intervention du bureau CCHE Lausanne apporte une lecture plus sensible du bâtiment. Chez Tschumi, la couleur ne relevait jamais du décoratif : elle structurait déjà les usages et les perceptions. Le projet actuel prolonge cette logique : « En intervenant dans les trois dimensions avec des volumes colorés, nous rythmons les open spaces. Ces éléments deviennent de véritables repères dans l’espace », explique Sandrine Borloz, architecte d’intérieur associée chez CCHE Lausanne. Les salles de réunion deviennent ainsi des séquences monochromes où rideaux, sols et parois dialoguent dans une même teinte. Rouge profond, bleu dense, jaune ou vert : chaque niveau développe sa propre identité. Mais l’enjeu consistait aussi à éviter toute muséification du lieu. « Je ne pense pas qu’un architecte ait envie que son œuvre soit complètement figée dans le temps, poursuit-elle. Notre travail consiste à accompagner les usages contemporains tout en respectant profondément le bâtiment. »
À l’occasion de la rénovation du Siège de la Vaudoise, la Commission artistique de cette dernière a commandé deux œuvres à l’artiste Claudia Comte pour le hall d’entrée, Big Cedar Leaf et Sunrise on the Lake.
Cette fidélité concerne aussi le mobilier. Influencé par le design et l’architecture navale, Jean Tschumi avait dessiné plusieurs pièces spécifiques pour le Cèdre. Certaines ont été rééditées avec le studio BIG-GAME et le fabricant Girsberger dans une logique de continuité plutôt que de reconstitution. Phone booths, alcôves, espaces modulables ou zones informelles alternent désormais avec les open spaces revus par le bureau Itten+Brechbühl, ce qui a permis de repenser les intérieurs avec plus de fluidité et de flexibilité. « Nous travaillons à l’échelle du corps, c’est-à-dire que la forme suit toujours la fonction et l’usage, avec le corps comme référence », conclut Sandrine Borloz.
DIALOGUE CONSTANT
L’une des singularités du Cèdre réside enfin dans le dialogue constant entre architecture et création artistique. Dès l’origine, des
concours sont organisés afin d’intégrer des œuvres directement au bâtiment. Cette logique se poursuit aujourd’hui avec de nouvelles interventions contemporaines, comme la peinture murale de grande dimension de Stéphane Dafflon dans l’escalier, qui prolonge le vocabulaire géométrique de Jean Tschumi. Plus qu’une juxtaposition entre art et architecture, le Cèdre poursuit une idée profondément moderniste : celle du Gesamtkunstwerk, l’œuvre d’art totale.
Au terme de la visite, le plus frappant reste peut-être cette impression de continuité. Malgré l’ampleur du chantier, le bâtiment conserve intacte cette retenue moderniste qui faisait déjà sa singularité en 1956. Il accueille désormais des espaces de travail pleinement contemporains, en améliorant radicalement ses performances techniques pour répondre aux nouveaux usages sans renoncer à sa logique initiale d’intégration au paysage.
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LISTE DES MANDATAIRES ET INTERVENANTS
MAITRE DE L’OUVRAGE
Vaudoise Générale, Compagnie d’assurances SA
MANDATAIRES
Architectes du projet / Direction architecturale / Direction travaux / Planificateur général Itten+Brechbühl SA
Architectes des aménagements intérieurs
CCHE Lausanne SA
Assistance au maître d’ouvrage et contrôle qualité Irbis Consulting SA
Ingénieur civil Willi Ingénieurs SA
Ingénieur façade BCS SA
Ingénieur physique du bâtiment Effin’Art Sàrl
Ingénieur chauffage, ventilation, sanitaire et MCR Weinmann Énergies SA
Ingénieur électricité, GES et contrôle d’accès MAB ingénierie SA
Éclairagiste Reflexion AG
Ingénieur amiante WSP Ingénieurs conseils SA
Ingénieur acousticien
D’Silence acoustique SA
Ingénieur sécurité feu Fire Safety & Engineering SA
Ingénieur ascenseurs ASCKA Ascenseurs Conseils
Kälin Sàrl
Ingénieur certification WELL
WSP Ingénieurs Conseils SA
Ingénieur géomètre
RESO Vaud Sàrl
ENTREPRISES
Démolition
Orllati SA
Désamiantage
Orllati SA
Installation de chantier
Orllati SA
Échafaudage
Echami Léman SA
Bâche artistique
Richnerstutz AG
Maçonnerie Orllati SA
Réhabilitation de façade béton
Deneriaz / Biollay SA
Joints extérieurs
Isotech
Vaud SA
Façade métallique vitrée
Batimetal SA
Portes extérieures vitrées
Metallover SA
Étanchéité et couverture
Phida Étanchéité SA
Compartimentage coupe-feu
Firesystem SA
Stores
Schenker Stores SA
Éclairage secours
Johnson Controls
Photovoltaïque
Amaudruz SA
Installations électriques
Cauderay SA
Sonorisation
G+M Electronik AG
Détection incendie
Siemens Suisse SA
Contrôle d’accès
Securiton SA
Fastcom Technology SA
GES-MCR
Jeanfavre & Fils SA
Chauffage
Brauchli SA
Ventilation
Alvazzi Groupe SA
Sanitaire
Grisoni SA
Cuisines intérieures
Raboud Group SA
Cuisine extérieure
Hugentobler SA
Ascenseurs
LSM Ascenseurs
Vitrages intérieurs
Vitrerie Marioni SA
Plâtrerie
Belloni SA
Portes intérieures métalliques
HP3 SA
AAV Contractors SA
Serrurerie
HBF SA
Portes intérieures bois
Ducommun SA
Marobag romandie SA
Menuiserie
Strehl SA
Mise en passe
Secussuisse AG
Rideaux intérieurs
Atelier Guggisberg Sàrl
Portes de compartimentage
Norba SA
Restauration cloisons historiques
Metallover SA
Cloisons amovibles
Montage/Maintenance SA
Cloison mobile
Montage/Maintenance SA
Restauration des œuvres
ACR
TH-conservation
Styligner
Sabine Sille
Haute Ecole Arc
Chapes
Laik SA
Revêtements des sols
LF Sols SA
Revêtement en pierre naturelle
Harry Baerlocher SA
Carrelage
Zucchet Chapes SA
Revêtement de paroi en textile
Atelier Guggisberg Sàrl
Faux-plafond métallique
Montage/Maintenance SA
Faux-plafond tendu
Morigi SA
Peinture intérieure
Belloni SA
Nettoyage
Blanc SA
Aménagements extérieurs
Menetrey SA
Signalétique
Moser Design SA
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À l’entrée du campus unlimitrust by SICPA, un Pavillon sculptural transforme un dispositif de contrôle en lieu d’accueil. Entre fluidité des circulations, sécurité et hospitalité, le projet compose une architecture sensible, façonnée par les flux.
À l’heure où les dispositifs sécuritaires tendent souvent vers des architectures fermées et défensives, le Pavillon unlimitrust by SICPA propose une approche radicalement différente. Réalisé par FdMP architectes à l’entrée du nouveau campus de l’entreprise, le projet réunit plusieurs programmes habituellement dissociés : point de contrôle, accueil des visiteurs, gestion logistique, parking visiteurs et stationnement vélos. Plus qu’un simple poste de sécurité, le Pavillon devient un espace de convergence capable d’orienter, de protéger et d’accueillir.
Implanté dans un environnement paysager largement retravaillé, le projet puise son langage dans les phénomènes naturels. Les tracés, les courbes et les circulations évoquent le ruissellement de l’eau venant lentement polir la roche. Cette logique fluide structure l’ensemble du dispositif et transforme la gestion des flux en véritable matière architecturale. Le Pavillon ne s’impose pas comme un objet autonome, mais comme une forme façonnée par les mouvements qui le traversent.
SCULPTER LES FLUX
Le projet s’organise autour de trois entités distinctes : le Pavillon d’accueil, le parking visiteurs et la rampe menant au stationnement vélos. Chacune possède sa propre autonomie tout en participant à une composition unitaire fondée sur la courbe et la continuité des parcours. Les différents flux – visiteurs, collaborateurs, logistique
ou mobilités douces – sont soigneusement séparés afin de garantir lisibilité et sécurité, sans jamais produire de rupture brutale dans l’expérience du site.
Cette fluidité s’inscrit également dans la topographie. Les cheminements s’enroulent progressivement autour du Pavillon, tandis que la rampe cyclable descend vers le sous-sol selon un mouvement continu, presque géologique. Les différences de niveau deviennent ainsi un outil de composition plutôt qu’une contrainte technique. L’architecture semble avoir été lentement érodée par les circulations elles-mêmes. Cette approche permet d’effacer la dimension sécuritaire du programme au profit d’un parcours intuitif.
Les aménagements extérieurs participent pleinement à cette mise en scène. Les revêtements minéraux aux teintes beiges prolongent le vocabulaire déjà présent sur le campus afin d’inscrire le projet dans une continuité d’ensemble. Seule la coque blanche du Pavillon affirme une présence singulière. Posée en léger surplomb du site, elle apparaît comme un galet poli venant émerger du paysage.
UNE SÉCURITÉ HOSPITALIÈRE
Le Pavillon concentre l’identité du projet. Sous son large couvert, les visiteurs trouvent un espace protégé mais ouvert, capable d’incarner simultanément les notions de sécurité, d’innovation et d’hospitalité portées par unlimitrust. Ici, le contrôle ne s’exprime
jamais par la fermeture ou la démonstration technique. Il se dissout dans la fluidité des espaces, la douceur des formes et la précision des détails.
Cette impression repose notamment sur un important travail de matérialité. La coque en béton blanc précontraint teinté dans la masse confère au Pavillon une forte présence sculpturale tout en produisant une sensation de légèreté presque irréelle. Son important porte-à-faux semble flotter au-dessus du sol grâce à de fins poteaux anthracite. Le cylindre central en verre blindé courbe, réalisé sur mesure, participe lui aussi à cette recherche de transparence maîtrisée où la technicité disparaît derrière l’évidence du geste architectural.
La géométrie du projet fait également écho à l’identité graphique du maître d’ouvrage. Les courbes du Pavillon, des rampes et des cheminements prolongent subtilement les lignes du logo unlimitrust, comme si l’image de marque se diffusait dans l’expérience spatiale elle-même. Cette continuité se retrouve jusque dans le dessin du couvert, dont les lignes fuselées accompagnent les flux et renforcent l’impression d’un objet façonné par le mouvement.
UNE PROUESSE DISCRÈTE
Derrière l’apparente simplicité du projet se cache une importante complexité technique. La coque a nécessité un important travail de préfabrication et d’usinage avant son assemblage sur site. Chaque élément a été minutieusement étudié afin d’obtenir
cette sensation de flottement caractéristique du Pavillon. De nombreuses maquettes ont permis d’ajuster les proportions, les courbures et la présence des éléments porteurs afin d’atteindre cette impression d’équilibre presque immatériel.
Le soin porté aux espaces souterrains participe également à cette approche. Le parking vélos n’est pas traité comme une simple infrastructure technique, mais comme un lieu à part entière. Sa matérialité minérale, ses plafonds bas et son éclairage intégré soulignent la présence des poteaux champignons qui structurent l’espace comme une série de sculptures. La lumière glisse sur leurs surfaces courbes et accompagne le mouvement de la rampe, produisant une atmosphère presque cavernicole où la contrainte constructive devient source d’expression architecturale. Le terrazzo pigmenté, les bétons apparents et les éléments métalliques prolongent cette recherche d’une matérialité brute mais soigneusement travaillée.
Des panneaux photovoltaïques intégrés en toiture complètent enfin le dispositif, affirmant la volonté d’inscrire le Pavillon dans une démarche contemporaine à la fois technique, environnementale et symbolique.
À travers ce projet, FdMP architectes transforme ainsi un programme hautement sécuritaire en une architecture de confiance. Entre maîtrise des flux, précision constructive et attention portée aux usages, le Pavillon compose un seuil à la fois protecteur et accueillant, où la technique s’efface derrière la fluidité du geste.
LISTE DES MANDATAIRES ET INTERVENANTS
MAITRE DE L’OUVRAGE
SICPA SA
REPRESENTANT DU MAITRE DE L’OUVRAGE
FdMP réalisation SA
MANDATAIRES
Direction des travaux
FdMP réalisation SA
Ingénieur civil ab ingénieurs SA
Ingénieur CVS
Weinmann Energies SA
Ingénieur électricité
CIEL Electricité SA
Ingénieur AEAI
SBIS SA
Ingénieur géomètre
BBHN SA
ENTREPRISES
Terrassement
Orllati SA
Gros œuvre
Implenia SA
Echafaudages
Delta Echafaudages SA
Serrurerie
CMA Construction SA
Couverture
Phida Etanchéité (VD) SA
Installation électrique
Ciel Electricité SA
Production de chaleur
Jean Monod SA
Installation sanitaires
Hydro Concept SA
Ascenseurs
Ascenseurs Schindler SA
Plâtrerie
DS Renovation
Portes intérieures en bois
SWISSWOOD
Armoires murales
Raboud Group
Menuiserie courante
Bodenmann
Revêtements de sol
Balzan-Immer
Carrelages
VIMA
Installation sécurité IXA
Securiton SA
Systèmes de verrouillage
FGS
Tormax
Jardinage
Denogent SA
Clôtures
Zhoti Sarl
Paysagistes
Wirtz International
Landscape Architects
DSRÉNOVATION
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Route de sullens 12 1030 Bussigny
Fax 021 601 07 23
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Un nouvel édifice pour la Genève internationale
Dans le quartier des Nations et des ambassades, le projet de Pregny Park renoue avec l’identité architecturale de son site tout en proposant un bâtiment administratif modulable, au cœur d’une nature verdoyante.
texte : Aurore de Granier
photo : Franziska Werren
C’est un dossier que la société ARIEX Développements Immobiliers SA pousse depuis près d’une vingtaine d’années. En 2005, un plan localisé de quartier (PLQ) détermine que ce terrain, alors occupé par plusieurs villas, sera désormais destiné à recevoir de nouvelles structures consacrées aux ONG. En découlent la conservation d’une des villas et la construction d’un premier bâtiment, la Mission permanente de l’Inde, il y a maintenant cinq ans. Le second édifice met plus de temps à sortir de terre. Au départ imaginé comme une résidence hôtelière, il est finalement décidé de respecter la fonction déterminée par le PLQ, soit celle d’un site administratif. Deux parcelles voisines sont rachetées avant que les travaux ne débutent officiellement en 2024.
LA FLEXIBILITÉ COMME PRIORITÉ
Les plans définitifs du projet donnent alors naissance à un bâtiment composé de deux niveaux de sous-sol, d’un rez inférieur et de quatre étages. Au total, c’est une surface de 3500 m2 qui est rendue exploitable malgré les complexités découlant de la nature du terrain. Ce dernier, situé en pente, oblige les architectes à décaisser le terrain de manière à compenser les différences de niveaux. Autre défi, la création de deux étages de sous-sol sur une zone proche d’une nappe phréatique. Des travaux spéciaux sont alors nécessaires, des pieux séquencés étant installés sur toutes les parois de façon à garantir l’étanchéité du site.
Pensé comme un espace modulable, Pregny Park est aujourd’hui en mesure d’accueillir diverses typologies d’occupants, tant sous la forme d’un locataire unique que de plusieurs entreprises réunies sous son toit. Chaque étage peut ainsi être rendu indépendant et aménagé selon les besoins. Une toile blanche qui compte néanmoins une kitchenette à chaque étage ainsi que des sanitaires. « Nous pouvons à ce jour recevoir jusqu’à trois entreprises par plateau. La flexibilité de l’architecture de Pregny Park était un élément central du projet », précisent Christophe Paratte et Anouar M’himdat, responsables du projet pour ARIEX Développements Immobiliers. Du côté des espaces de circulation, nous retrouvons une généreuse entrée principale au niveau du lobby d’accueil, ainsi que deux terrasses, elles aussi reliées aux cages d’escaliers et aux ascenseurs. Le hall commun a, de son côté, fait l’objet d’un travail d’architecture intérieure venant s’apparenter aux lobbys d’hôtels, un espace chaleureux composé de salles d’attente et de mobilier ayant déjà pris place dans l’espace. Les sous-sols sont eux aménagés pour accueillir une cinquantaine de voitures mais aussi des vélos, dont les modèles électriques pourront être rechargés sur place. La valorisation de la mobilité douce est renforcée par la création d’un cheminement piéton reliant l’immeuble aux transports publics, et complétée par une durabilité des installations. En effet, la majorité de la toiture est recouverte de panneaux photovoltaïques, rendant l’immeuble autonome en énergie.
LA VALORISATION D’UN ENVIRONNEMENT PRÉCIEUX
La caractéristique principale de Pregny Park réside dans sa localisation. Situé en zone forestière, l’immeuble de quatre étages se noie dans la végétation environnante, que le maître d’ouvrage a souhaité préserver au maximum. « Cet écrin de verdure, c’est toute l’identité de ce projet. Nous avons été dans l’obligation d’abattre un certain nombre d’arbres lors des travaux, mais nous avons réalisé de nombreuses plantations pour compenser ces coupes. Au total, ce sont 200 000 francs de replantation qui ont été déboursés, pour un budget total de 900 000 francs consacrés aux travaux paysagers. Et le résultat est bluffant. Dans les étages, nous avons l’impression de nous trouver dans la canopée », détaillent Christophe Paratte et Anouar M’himdat. En effet, les architectes ont ici fait le choix d’une façade entièrement vitrée, soutenue par une structure métallique verticale, résultant
en une transparence presque totale, effaçant la frontière entre intérieur et extérieur. Une fusion encore renforcée par le choix de la matérialité des espaces intérieurs, faisant la part belle aux matériaux naturels à l’image du bois de noyer, du travertin, et des moquettes aux couleurs rappelant le lichen. À cela s’ajoutent également trois terrasses, dont une située en attique, permettant de profiter de l’environnement du bâtiment au maximum ; une communication entre intérieur et extérieur servant à la création d’un cadre de travail des plus agréables. « Nous voulions valoriser cette nature grâce à l’architecture, tout en imaginant une construction en phase avec la Genève internationale des Nations, et tout en retravaillant ses codes pour les adapter à l’époque contemporaine », ajoute ARIEX Développements Immobiliers.
Dans le cadre du projet Pregny Park à Pregny-Chambésy, Caeli ingénierie a accompagné le maître d’ouvrage dans le cadre d’un mandat complet d’ingénierie CVSE, de la conception à la finalisation des travaux. L’entreprise a assuré le dimensionnement et le suivi des installations de chauffage, de ventilation, de rafraîchissement, de sanitaire, de sprinklage et d’électricité, ainsi que la coordination globale des techniques du bâtiment. Au-delà des études réglementaires et du développement des solutions techniques, le projet s’est distingué par de nombreuses adaptations en cours de réalisation, incluant des modifications d’aménagements, le déplacement de l’ascenseur et l’intégration de nouveaux équipements. Grâce à sa réactivité et à sa capacité d’anticipation, Caeli ingénierie a su proposer des solutions adaptées tout en garantissant la cohérence technique du projet. Son intervention, jusqu’à la finalisation des travaux, a contribué à la réussite opérationnelle de Pregny Park, avec des installations performantes, conformes aux exigences réglementaires et aux attentes du maître d’ouvrage.
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Route de Saint-Julien 7 1227 Carouge
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Tél 022 559 41 31
info@caeli.ch
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www caeli ch LinkedIn
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Voie du Chariot 3 Regus Spaces 1003 Lausanne
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LISTE DES MANDATAIRES ET INTERVENANTS
Maître d’ouvrage
Ariex Développements
Immobiliers SA
Liste Mandataires
Architecte Kephas & Partenaires SA
Ingénieur civil
AB Ingénieurs SA
Ingénieur CVSE
Caeli Ingénierie Sàrl
Géomètre
HKD Géomatique SA
Géotechnicien
AB Ingénieurs SA
Ingénieur façades
Préface Sàrl
Acousticien
Architecture et Acoustique
Architecte Paysagiste
Leonelli & Fils SA
Ingénieur sécurité
Adexia SA
Liste des enterprises Relvés sondage Orlatti SA
Abattage - défrichage
Leonelli & Fils SA
Déchets
Transvoirie SA (Helvetia)
Travaux spéciaux - Terrassement
Implenia Suisse SA
Echafaudages des façades
Roth Echafaudages SA
Béton et béton armé
Implenia Suisse SA
Façades vitrées
CMA Constructeurs Métalliques
Associés SA
Etancheité
PHIDA Etanchéité (GE) SA
Obt. coupe-feu / isol. Spéciales
Werner Isolations SA
Stores à lamelles
Lamelcolor SA
Tableaux électriques
Tabelec Force et Commandes SA
Installations électriques eControl SA
Détection incendie
D.E.S Systèmes de sécurité SA
Eclairage de secours + sono. eControl SA
Instal. chauffage et vent. / MCR
Alvazzi Groupe SA
Installations sanitaires
Rodriguez & Fils Sàrl
Agencement de cuisines
TEK Cuisines SA
Sprinkler
D.E.S Systèmes de sécurité SA
Ascenseurs, monte-charge
Schindler Ascenseurs SA
Plâterie - peinture
Bât Iso SA
Portes en métal et serrurerie
Serrurerie 2000 SA
Système de verrouillage
LACS SA
Chapes
Lirom SA
Résines
Implenia Suisse SA
Carrelage
SGC3 Sàrl
Faux-plancher
Lenzlinger Fils SA
Peinture portes asc.
Electro Painters SA
Nettoyage du bâtiment N Services SA
Images/vidéos du chantier MF Drone SA
Aménagements extérieurs
Leonelli & Fils SA
Surveillance BHS SA
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t é l + 41 22 879 88 79
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Dans le quartier de Sécheron, à Genève, le bâtiment mixte de laboratoires et de bureaux de recherche B4 s’insère sur le site du Campus Biotech. Conçu par les architectes valaisans CP Groupe, ce bâtiment performant, transparent et affirmé se met au service des utilisateurs, en synergie avec le campus.
texte : Lisa Naudin
photo : Franziska Werren
plans : Burckhardt Architecture SA
Le site du Campus Biotech trouve ses origines dans les constructions en briques rouges de la société d’ingénierie
Sécheron au XIXe siècle. Racheté en 2003 par Serono, puis Merck Serono pour y installer son siège mondial en 2006, le site est remis en vente après la fermeture du siège genevois en 2012. Un consortium réunissant l’EPFL, l’UNIGE, la famille Bertarelli et Hansjörg Wyss en fait, dès 2015, le Campus Biotech : un pôle dédié à la recherche en sciences de la vie et en biotechnologie. C’est dans ce contexte que le bureau CP Groupe, après avoir remporté le concours sur invitation, est mandaté en 2019 pour développer le bâtiment B4, qui accueille de nouveaux laboratoires et des bureaux de recherche.
UN ANCRAGE DURABLE
Deux grands principes structurent le projet dès la phase de concours. Le premier ancre le bâtiment dans les stratégies durables et d’innovation du campus – comme le système GeniLac, source d’énergie 100 % renouvelable –, et dans la continuité des bâtiments adjacents. Le second exprime la volonté d’une façade ouverte et transparente, affirmant une ouverture visuelle sur le site, en cohérence avec le réseau de circulation qui traverse le campus convergeant vers l’atrium central.
STRUCTURE ET ORGANISATION SPATIALE
Implanté sur l’empreinte d’un sous-sol existant entre les bâtiments B3 et H8, le B4 se développe sur neuf niveaux hors sol et deux niveaux de sous-sol, pour une surface utile totale de 10 300 m². Les sous-sols organisent les flux de service : le S2 bénéficie d’un accès direct au parking existant du campus ; le S1, en double hauteur, est relié à la zone de loading dock, centre de livraison, de chargement et de déchetterie pour l’ensemble du site. Une « passerelle » assure la liaison directe avec le B3 sur sept niveaux (N1–N7). Les trois premiers accueillent le coworking : espaces ouverts en balcons décalés, visibles depuis l’extérieur par une façade en verre structurel qui apporte de la légèreté et de la finesse, les niveaux supérieurs accueillent des bureaux de recherche flexibles. La « canopée », une toiture vitrée dotée de lames de bois brise-soleil et de gradins plantés, relie les bâtiments B3 et B4 dans la continuité du restaurant du campus, requalifiant un espace auparavant résiduel en lieu de vie partagé. Aussi, depuis la rue Kazem Radjavi, un second accès au campus est créé, marqué par un auvent se détachant de la façade, sous lequel une grande baie vitrée laisse apercevoir le hall de réception en triple hauteur animé par un amphithéâtre en gradins.
FLEXIBILITÉ – TOUT UN PRINCIPE
La flexibilité des usages constitue le fil conducteur du projet, affirmée dès le choix du système constructif. Un noyau central en béton regroupe les services, les ascenseurs, les escaliers de secours, le local IT, les gaines techniques et libère des plateaux entièrement convertibles. La surface de 8805 m² répartie entre le N1 et le N9 est conçue pour permettre une conversion entre les laboratoires et les bureaux de recherche. Pour chaque niveau, le noyau central constitue le seul élément structurel fixe : les plateaux sont divisibles en un maximum de cinq unités indépendantes, rendues possibles par cinq gaines techniques localisées aux extrémités du bâtiment et des caissons de ventilation adaptables selon les usages. Les faux planchers sont différenciés et peuvent être adaptés au fil des aménagements.
UNE FAÇADE, UN BÂTIMENT QUI RESPIRE
La façade s’inscrit dans la logique d’innovation et de durabilité qui traverse l’ensemble du campus. La composition repose sur une trame de 40/160, module de base de 2 m, qui structure l’ensemble de l’enveloppe qui vient « se clipser » sur les dalles béton. Les 686 voiles en aluminium thermopoudré, déclinés en versions simple, double et triple, selon leur position, assurent une protection solaire et une ventilation naturelle en été et à la
mi-saison. Leur forme légèrement concave canalise les flux d’air vers une grille métallique qui ventile les bureaux de recherche. La collaboration avec Sweco, spécialiste en développement durable et en modélisation CFD (Computational Fluid Dynamics), dès la phase du concours a été déterminante pour optimiser le concept et la géométrie des voiles : en fonction de la température extérieure, la ventilation naturelle est activée par l’ouverture mécanique des vantaux, programmables individuellement, à l’exception des laboratoires, espaces hermétiques fonctionnant en ventilation mécanique.
La certification BREEAM Outstanding, portée comme exigence par CP Groupe et Sweco, constituerait une première pour un bâtiment de laboratoires. Elle mobilise de nombreux dispositifs : gestion des eaux pluviales, évolutivité des plateaux, confort des utilisateurs, démontabilité des éléments de façades et une approche globale du rapport investissement /durabilité intégré par toutes les parties prenantes. Ainsi, façade, structure, programme et typologie forment un système cohérent, au service d’un bâtiment qui s’adapte et s’ouvre sur son environnement. En ce sens, le B4 ne complète pas seulement le Campus Biotech : il en prolonge et en consolide l’ambition.
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Le Clos des Hêtres : construire en harmonie
Situé au nord de Lausanne, le quartier du Clos des Hêtres parvient à allier proximité avec l’environnement urbain, cadre végétalisé et qualité de vie des habitants, tout en plaçant la durabilité en son cœur.
texte : Aurore de Granier
photo : Brian Scott Adkins / @capturearchitecture.ch
Lancé en 2020, le projet entame sa phase de construction dès 2023 pour être achevé en 2025. Porté par le maître d’ouvrage HRS Investment SA, il est confié à la branche lausannoise du cabinet d’architecture RDR architectes, qui imagine un ensemble bâti s’adaptant aux contraintes du site.
La première d’entre elles est la présence de trois grands hêtres, des arbres protégés devant impérativement être conservés. « Ces arbres ont décidé l’implantation des bâtiments, et ont permis la création d’espaces naturels les reliant entre eux, accueillant à la fois des rez-de-jardin privatifs et des espaces communs donnant une véritable âme de quartier au projet », nous explique Oriol Boada Pladellorens, architecte pour RDR ayant travaillé sur le site. La seconde spécificité se trouve dans la nature du terrain, en dénivelé, nécessitant une adaptation du bâti. Cette difficulté s’est cependant transformée en avantage : ces différences de niveaux ont permis de protéger naturellement les jardins privés des regards extérieurs.
UNE ARCHITECTURE EN COHÉRENCE AVEC SON
ENVIRONNEMENT
Le programme du Clos des Hêtres est composé de trois bâtiments distincts. De manière à proposer des constructions s’inscrivant
harmonieusement dans le paysage naturel, les architectes du cabinet RDR architectes ont fait le choix de bâtir sur trois niveaux, permettant une meilleure intégration au paysage. La matériauthèque a elle aussi été définie par l’environnement verdoyant, le bois s’imposant comme matériau principal au niveau des façades, complété par des éléments structurels en métal et en béton. « Matériau naturel faisant écho au caractère du quartier, le bois déployé dans l’expression des façades et la réalisation des pergolas confère une identité visuelle forte et cohérente à l’ensemble. Au sujet de la structure des bâtiments, leur volumétrie est très spéciale, et d’apparence simple, mais elle a en réalité nécessité la réalisation de nombreux éléments sur mesure, notamment dus à la diversité des matériaux employés », résume Oriol Boada Pladellorens. Le confort des habitants du Clos des Hêtres étant une priorité, les trois bâtiments sont orientés au sud-est, optimisant l’apport de lumière naturelle grâce à la création d’ouvertures généreuses, via les fenêtres et les baies vitrées donnant sur des balcons, et offrant également une vue sur la nature environnante. En effet, en plus des arbres déjà présents sur le site, le Clos des Hêtres a fait l’objet d’un important travail d’architecture paysagère, ayant abouti à de nombreuses plantations. « Lieu de sociabilité et de détente, le
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cœur de la parcelle est aménagé en un parc arboré, accueillant à la fois des espaces de jeux et des potagers partagés. La récupération des eaux de pluie contribue à l’entretien de cet espace vert. Privilégiant les espaces végétalisés en surface, le quartier bénéficie d’un parking souterrain comprenant 17 places de stationnement, complété par deux emplacements extérieurs et des places dédiées aux vélos », détaille RDR architectes. Du côté de la typologie des appartements, les trois immeubles accueillent des logements allant de 2,5 à 5,5 pièces, ainsi que trois duplex.
UNE DURABILITÉ À 360 DEGRÉS
La durabilité s’inscrit comme un prérequis dès les origines du projet pour le maître d’ouvrage. Si celle-ci se manifeste
par la préservation de la nature environnante, elle se déploie également dans les choix constructifs du projet. Comme mentionné, le bois a ainsi été privilégié, mais cette volonté transcende la matérialité pour venir englober l’ensemble du nouveau quartier, allant au-delà des conformités normatives. Du côté de la production d’énergie, elle est assurée par une source renouvelable, grâce à des sondes géothermiques et à des panneaux photovoltaïques, permettant au Clos des Hêtres d’obtenir le label Minergie-ECO. Celui-ci garantit alors un confort thermique, mais aussi acoustique aux habitants. La durabilité du projet ne remet pas en question le confort des habitants ; au contraire, elle le favorise.
CETTE ENTREPRISE A PARTICIPÉ À LA CONSTRUCTION DU QUARTIER LE CLOS DES HÊTRES, À LAUSANNE
LISTE DES MANDATAIRES ET INTERVENANTS
Maître d’ouvrage
HRS Investment SA
Entreprise totale
HRS Investment SA
Mandataires Architecte
RDR architectes SA
Ingénieur civil
AB Ingénieurs SA
Ingénieur électricité
PAB Sàrl
Ingénieur CVS et MINERGIE
Teknocad Engineering SA
Géomètre
BBHN SA
Ingénieur acousticien
D’Silence acoustique SA
Expert protection incendie
CBO architecture Sàrl
Analyse et soins des arbes
Arborisme Leuba SA
Architecte paysagiste
(conception)
Varia paysage
Architecte paysagiste (réalisation) Arfolia SA
Entreprises
Provisoire chantier Herren Frères SA
Pieux battus Greuter
Travaux spéciaux Anteq SA
Terrassement FFA SA
Béton armé Frutiger
Rampe parking Réno Services
Construction bois Lifteam
Claustra
Menuiserie-ébénisterie Pascal Romanens Sàrl
Abri PC
Soagesmat SA
Fenêtres en bois métal 4B
Porte garage Margot Technics Sàrl
Etanchéité Medana
Isolations spéciales Isol-Express Sàrl
Isolations crépis périphérique Rudi SA
Stores à lamelles Bertusi & Strehl
Tableaux électriques Alps Auto
Electricité FR Electricité
Photovoltaïque Tritec
Chauffage Exotech
Sondes géothermiques Orllati
Ventilation MJ CVS
Sanitaire Riedo Clima
Cuisine DG Design
Ascenseur Otis
Plâtrerie Peinture Belloni SA
Peinture faces palières ascenseurs Electro Painters SA
Serrurerie
Les Ateliers Firmann SA
Tôles d’habillage de façade Gottburg SA
Portes bois
Ebénisterie-AgencementMenuiserie Thierry Loichot SA
Chape DINC SA
Carrelage Dove SA
Parquet HKM
Aménagements extérieurs
Paulos Paysagiste
EGOKIEFER FENÊTRES DE CARACTÈRE
EgoKiefer redéfinit l’excellence en menuiserie avec sa nouvelle génération de fenêtres bois, dévoilée lors du dernier salon Swissbau. Cette gamme, composée des modèles Ego®Allstar (68 mm) et Ego®Selection (88 mm), marie une esthétique naturelle à une prouesse technologique conçue pour durer.
Véritable réponse aux exigences des architectes, la série inclut une déclinaison spécifique dédiée aux monuments historiques, prouvant que haute performance thermique et respect du patrimoine sont compatibles. Sur tous les modèles, trois joints périphériques haut de gamme garantissent une étanchéité durable et une qualité constante pour de nombreuses années. Un jointoyage souple assure une étanchéité optimale entre le verre et le bois. Des lasures de grande qualité contenant des pigments spéciaux protègent durablement les surfaces en bois contre les rayons UV ainsi que les fortes précipitations. Pour accompagner le lancement de cette nouvelle gamme de fenêtres en bois, EgoKiefer a choisi Remo Käser comme
ambassadeur. Ancien lutteur de haut niveau, il incarne parfaitement le pragmatisme, la force et l’ancrage dans la tradition, des valeurs fondamentales portées par le fabricant dans chacune de ses innovations. Le fabricant mise ainsi sur une réponse à la fois technique et sensible, capable de conjuguer performance, longévité et élégance. Un positionnement qui confirme sa volonté d’accompagner aussi bien les projets contemporains que les rénovations patrimoniales.
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BELLONI SA
Le nouveau siège mondial de la banque Lombard Odier situé à Bellevue, près de Genève
CINQ GÉNÉRATIONS DE BÂTISSEURS
Depuis plus de cent cinquante ans, Belloni SA s’inscrit dans le paysage du bâtiment romand comme un acteur discret mais solidement ancré. Fondée en 1872, l’entreprise genevoise a traversé les époques en cultivant une même ligne directrice : « Notre éthique repose sur la confiance et la satisfaction des clients », rappelle son directeur du second œuvre, Rodolphe Glénat. Une fidélité qui s’étend aujourd’hui sur plusieurs générations et qui fonde encore la réputation de l’entreprise. Active à la fois dans le gros œuvre et le second œuvre, l’entreprise revendique une approche intégrée, encore peu répandue dans le secteur. « L’avantage, c’est d’avoir un seul interlocuteur, tout en mobilisant plusieurs corps de métier », explique le directeur. Les secteurs d’activité de l’entreprise sont pluriels : désamiantage, maçonnerie, rénovation, travaux de façade, gypserie, peinture, ainsi que des interventions pour la protection incendie, comme les coupe-feu. Une transversalité qui permet de maintenir une cohérence technique sur des chantiers souvent complexes, tout en assurant une continuité dans le suivi.
PROCESSUS OPTIMISÉS
Face aux enjeux de durabilité, Belloni SA privilégie une adaptation pragmatique. « La durabilité, ce sont d’abord nos
Avec plaisir, nous bâtissons. Depuis 1872.
clients qui la font, dans le choix des matériaux. L’écologie a un coût, et cela reste un frein », constate Rodolphe Glénat. L’entreprise ajuste ses pratiques en conséquence, notamment à travers l’intégration de nouveaux outils. Une machine numérique de découpe et de préfabrication des éléments en plâtre permet, par exemple, de gagner un temps significatif sur le chantier, ainsi que de limiter les déchets. Parallèlement, des efforts sont menés sur le traitement des déchets et des eaux de peinture, ou encore sur l’électrification progressive de la flotte.
PATRIMOINE ET MÉGAPROJETS
Habituée aux contextes variés, l’entreprise intervient aussi bien sur des bâtiments patrimoniaux que sur des réalisations contemporaines. À Genève, des chantiers comme l’École de médecine, l’Université ou l’église Sainte-Croix à Carouge illustrent une exigence accrue : « Sur un bâtiment classé, le moindre détail doit être validé. » À l’inverse, des projets d’envergure, comme le campus de l’École Hôtelière ou le Vortex à Lausanne, imposent une autre rigueur, celle d’un planning millimétré. « Neuf mois de chantier, avec une échéance fixe liée aux JOJ : le défi était considérable, mais avant tout organisationnel. » belloni-sa.ch
info@belloni-sa.ch belloni-sa.ch
TRANSFORMATION D’UN MONUMENT HISTORIQUE
Les Archives d’État conservent le patrimoine archivistique de Genève qui couvrent plus de mille ans d’histoire, sans rupture et donc avec une rare continuité. Soucieux de la préservation de ce patrimoine d’une grande richesse, le Conseil d’État a entamé dès 2014 le projet de relogement de l’institution dans le bâtiment de l’arsenal qui se trouve à la rue de l’École-deMédecine. L’ancien arsenal datant du 19e est classé monument historique. Le projet de sa transformation en Hôtel des Archives genevoises a fait l’objet d’un concours, remporté par le bureau d’architectes Pont 12.
Les travaux ont été achevés fin 2024. L’Hôtel des Archives accueille désormais une salle de lecture, des salles de conférences et d’exposition, des ateliers et bureaux des archivistes, tous logés au rez-de-chaussée. Les dépôts de documents sont enterrés dans un grand abri en sous-sol. Le corps central avec accès traversant distribue au sud les espaces de travail, au nord la consultation publique. Des bureaux de l’État occupent l’étage et, dans les combles, on retrouve les locaux de la Compagnie 1602.
LE DISPOSITIF DE PROTECTION SOLAIRE
Pour les stores et la protection solaire, les architectes ont fait appel à l’entreprise Kaestli Stores qui a proposé des solutions adaptées par type d’ouverture tout en respectant l’architecture et le langage du bâtiment historique.
Au rez-de-chaussée, Kaestli a posé des stores de façade Sunline® 6400, qui offrent une protection solaire optimale pour ces espaces. Avec des tubes d’enroulement assez fins en acier zingué avec rainure pour insertion de la toile, ils sont fixés sur des consoles en aluminium moulé. Les bras de projection sont, eux, fixés sur les consoles en aluminium et guidés verticalement par des barres rondes. L’ensemble est élégant et garde intacte la lecture du rythme des arcades du rez-de-chaussée.
Pour les étages, des stores à projection Sunlux® 6014 ont été installés. Spécialement recommandés pour les monuments historiques, ils sont actionnés par moteur électrique, mais peuvent l’être par treuil et manivelle articulée ou par tirage à cordon. Des stores Sunline® 6350 à bras latéraux complètent l’équipement. Leur fixation se fait en embrasure, mais ils peuvent également être montés en façade, sous dalle ou intégrés dans une niche. kaestlistores.ch
Depuis plus d’un siècle, la société Loretti SA cultive l’art du verre avec la même exigence : conjuguer tradition et innovation. Transmise depuis quatre générations, l’entreprise a su préserver son savoir-faire tout en intégrant les avancées technologiques les plus récentes. Cette continuité familiale a forgé une culture d’excellence, guidée par le souci du détail, le goût du travail bien fait et l’ambition de rester à la pointe dans les domaines de la vitrerie et de la miroiterie.
Au fil des décennies, Loretti a bâti un capital de compétences unique, qu’elle met aujourd’hui au service aussi bien des particuliers que des professionnels, architectes, designers ou artistes. Ses réalisations couvrent un large spectre : fenêtres, baies vitrées, vitrines, murs et séparations en verre, installations tout verre ou encore aménagements de salles de bain. L’entreprise se distingue également dans le domaine des produits exclusifs, là où transparence, élégance intemporelle et exigences techniques s’entrecroisent.
Toujours en quête de solutions innovantes, Loretti s’est spécialisée dans l’assemblage feuilleté EVA. Cette technique permet d’intégrer au verre des éléments décoratifs, tels que des tissus ou des grilles métalliques, ouvrant de nouvelles possibilités pour les portes, parois de séparation ou cabines de douche. Elle permet aussi de réaliser des parois en verre imprimé de sécurité, offrant la possibilité de préserver des aspects visuels traditionnels, notamment dans des contextes de conservation patrimoniale.
Dans le domaine de la salle de bain, Loretti s’est forgé une réputation solide grâce à des installations de douche sur mesure, sécurisées et conçues avec un large choix de finitions. L’entreprise propose en outre le traitement Clearshield, qui facilite l’entretien et renforce la durabilité des verres. Avec des solutions personnalisées et des prix compétitifs, Loretti incarne une maîtrise rare : transformer un matériau exigeant en créations élégantes et pérennes. loretti.ch
AU CŒUR DU SAVOIR-FAIRE D’ÉBÉNISTE
Depuis plus de soixante ans, l’Ébénisterie Denis Schneeberger cultive un savoir-faire artisanal au service des projets les plus exigeants. Installée aux Acacias, l’entreprise genevoise réunit bureau technique, atelier de fabrication et espace d’accueil pour ses clients.
Spécialisée dans l’ébénisterie de précision, elle réalise des aménagements sur mesure pour le logement, les espaces tertiaires, les établissements publics ou encore le secteur médical. Son savoir-faire s’exprime notamment dans le travail des placages, des détails et des finitions, avec une attention particulière portée à la mise en valeur du bois.
Grâce à sa trentaine de collaborateurs et à un parc de machines numériques performant, l’entreprise maîtrise l’ensemble du processus, de l’étude technique à la pose.
Chaque réalisation est pensée comme une pièce unique, où le geste de l’artisan complète la précision des outils numériques. Fidèle à son ADN, l’entreprise place le travail du bois et la transmission des savoirs au cœur de son activité. Formatrice de longue date, elle privilégie également les bois locaux certifiés et valorise les résidus de production pour le chauffage de ses locaux. SHB / dschneeberger.ch
LA BRIQUE CLINKER, ENTRE HÉRITAGE ET DURABILITÉ
Fondée par Bruno Wittwer et son épouse, l’entreprise
QualiBuild s’est imposée comme une référence dans le travail de la brique clinker et de la pierre naturelle. « Les briques de clinker sont des briques d’argile surcuites, obtenues en soumettant de l’argile humide à une très forte chaleur, env. 1150 °C. Elles sont plus denses et plus lourdes que les briques en terre cuite standard, présentent une faible porosité (souvent inférieure à 6 %) et une résistance élevée à la compression, ce qui les rend très résistantes aux intempéries et durables », souligne le fondateur.
Des 10 000 m² du Musée des Beaux-Arts aux 2000 m² de voûtes patrimoniales de l’Hôtel des Archives de Genève, dont elle a restauré les structures d’origine, l’entreprise valorise un patrimoine bâti exigeant sans en altérer l’authenticité. « Nous privilégions toujours la conservation et la reconstitution plutôt que la démolition », précise Bruno Wittwer. Entre villas contemporaines de haut standing en bord de lac, revêtements en pierre naturelle et projets d’envergure, comme le site de la piscine de Carouge, QualiBuild conjugue savoir-faire artisanal et vision durable de la construction. qualibuild.ch
Pensé pour vos espaces
Aménagements sur mesure adaptés aux exigences de vos projets
Un partenaire fiable pour vos projets d’envergure
Un partenaire pour vos projets d’envergure
Framo est une entreprise suisse spécialisée dans les aménagements intérieurs sur mesure, notamment pour les armoires & dressing, les meubles de salle de bain ainsi que les cloisons WC, active depuis plus de 50 ans.
Elle intervient sur des projets variés tels que des écoles, des immeubles, des villas, des cabinets vétérinaires, des hôtels ou encore des EMS.
Des solutions adaptées à chaque projet
Chaque projet présente ses propres contraintes techniques, architecturales et fonctionnelles.
Framo développe des aménagements sur mesure capables de s’adapter aux réalités du chantier, tout en garantissant une exécution précise et durable.
Etablissements de santé
Etablissements de santé
Ecoles
Habitations
Donnez vie à vos projets avec un partenaire de confiance
Donnez vie à vos projets avec un partenaire de confiance
Framo accompagne ses partenaires dans la réussite de leurs projets, aujourd’hui comme demain.
Fabrication suisse à Romont (FR)
Parlons de votre projet
info@framo.ch
+41 (0) 26 651 96 51
PERFORMANCE ÉNERGÉTIQUE ET ANALYSE DES PONTS THERMIQUES
Grâce à une équipe pluridisciplinaire bénéficiant d’une solide expérience, Caeli ingénierie accompagne les maîtres d’ouvrage et les propriétaires dans leurs projets de rénovation durable en proposant des solutions sur mesure et un suivi adapté à chaque besoin.
Fondée en 2019, l’entreprise Caeli ingénierie se distingue par une équipe à l’expertise diversifiée, particulièrement reconnue dans le domaine des études CVCSER. Ses 41 ingénieurs et techniciens interviennent sur des projets de chauffage, ventilation, climatisation, sanitaire, électricité, ainsi qu’en régulation et physique du bâtiment, pour des réalisations dans les secteurs résidentiel, tertiaire et industriel. Présente dans les cantons de Genève et de Vaud, avec l’ouverture d’un second bureau à Lausanne en 2023, la société développe des projets variés en mettant l’accent sur la performance énergétique, la coordination technique des installations et l’optimisation du confort des usagers.
Les compétences de Caeli ingénierie s’étendent également à la réalisation de bilans thermiques approfondis, aussi bien
pour des projets neufs que pour des opérations de rénovation. Cette expertise globale couvre l’ensemble du bâtiment, depuis l’analyse des déperditions énergétiques jusqu’à l’étude détaillée des ponts thermiques. Ce savoir-faire repose notamment sur la maîtrise d’outils spécialisés, tels que le logiciel de modélisation thermique Flixo, auquel sont formés les ingénieurs, qui permet de quantifier avec précision les pertes de chaleur, d’évaluer les températures de surface et d’anticiper les risques d’humidité ou de développement de moisissures. Autant d’analyses essentielles pour définir avec précision les travaux à engager et optimiser la performance énergétique des bâtiments.
Ces compétences permettent également d’optimiser les détails constructifs dès la phase de conception, afin d’améliorer durablement la performance énergétique, le confort intérieur et la pérennité des ouvrages. Soucieuse de proposer des solutions adaptées aux spécificités de chaque projet, Caeli ingénierie privilégie une approche pragmatique, conciliant efficacité énergétique, faisabilité technique et maîtrise des coûts. caeli.ch
Bureau d’ingénieurs CVCSER (Chauffage, Ventilation, Climatisation, Sanitaire, Electricité, Régulation et Energie) pour vos projets dans les domaines d’habitations, ter tiaires et industriels
Route de Saint-Julien 7 1227 Carouge
Tél 022 559 41 31 info@caeli.ch
www caeli ch LinkedIn
Voie du Chariot 3
Regus Spaces 1003 Lausanne
CAELI
RECRUTE
Chef.fe de projets
CVCSER
Chef.fe de projets CVCSER
10 à 15 ans d’expérience
Carouge
Chef.fe de projets CVCSER
Master et 10 ans d’expérience dont 3 ans sur ce type de poste, Ou
Ingénieur.e HES, technicien.ne ES, Bachelor, et 15 ans d’expérience dont 3 ans sur ce type de poste,
▫ Bonnes connaissances des normes suisses CVCSE et Energie
▫ Faculté d’analyse et de prise de décision facilitant son autonomie dans la gestion de mandats
▫ Capable de comprendre les besoins de nos clients en y répondant de manière appropriée
▫ Aisance dans la communication écrite et verbale
▫ Capable de gérer vos priorités et savoir déléguer
▫ Aimant travailler en équipe dans un esprit coopératif
Nous contacter :
info@caeli ch
Technicien.ne projeteur.se CVC Revit
Technicien ne projeteur se CVC Revit
3 ans d’expérience
Carouge
Technicien.ne projeteur.se CVC Revit
Ingénieur.e HES, technicien.ne ES, ou jugé équivalent
▫ Minimum 3 ans d'expérience réussie dans un bureau d'ingénieurs ou chez un installateur
▫ Bonnes connaissances des normes suisses CVC
▫ Autonome sur le dimensionnement
▫ Maîtrise AutoCAD et Revit, et outils bureautiques usuels (Word, Excel, Outlook, etc )
▫ Faculté d’analyse et de prise de décision facilitant son autonomie dans la conception
▫ Aisance dans la communication écrite et verbale
▫ Aimant travailler en équipe dans un esprit coopératif
DES SOLUTIONS DURABLES POUR
L’HABITAT
Traitement de l’eau, de l’humidité ou de la qualité de l’air : l’entreprise TMC Group propose de nombreuses solutions pour une maison saine et pérenne.
Basée à Courfaivre, dans le canton du Jura, TMC Group propose des solutions techniques visant à améliorer le confort, la durabilité et l’efficacité énergétique des bâtiments. Du traitement écologique de l’eau à la maîtrise de l’humidité, en passant par l’aspiration centralisée, l’entreprise propose des réponses concrètes aux enjeux contemporains de l’habitat et du bâtiment.
TRAITEMENT DE L’EAU : UNE ALTERNATIVE ÉCOLOGIQUE
Pour le traitement anticalcaire de l’eau, TMC Group propose une méthode écologique basée sur la technologie ultrasonique. Baptisée AquaZino, cette méthode sans produits chimiques séduit aussi bien les particuliers que les professionnels. Le traitement ultrasonique agit sur le calcaire sans nuire à la qualité de l’eau, tout en préservant l’environnement. De plus, cette technologie permet de réduire la consommation d’énergie et
d’allonger la durée de vie des installations telles que les chauffeeau, machines et canalisations. En somme, une véritable solution durable, alliant performance et respect de l’environnement.
S-GEO, GÉRER L’HUMIDITÉ SANS TRAVAUX LOURDS
La remontée capillaire fragilise structure et confort intérieur ; TMC Group propose la solution S-GEO, fondée sur le principe de géomagnétisme qui rééquilibre le champ électromagnétique du bâti. Sans nécessiter de gros œuvre, installé sur le mur, avec un dispositif adapté, le boîtier S-GEO favorise le retour progressif de l’eau vers le sol et limite la pénétration d’humidité dans les murs. Le boîtier rayonne jusqu’à une distance de 60 mètres environ. Associée à des stratégies de ventilation appropriées, cette méthode contribue à prévenir moisissures et pathologies hygrométriques, préservant ainsi la santé des occupants et la longévité des matériaux.
ASPIRATION CENTRALISÉE : QUALITÉ D’AIR ET CONFORT D’USAGE
Pour améliorer la qualité de l’air intérieur et faciliter l’entretien, TMC Group installe des systèmes d’aspiration centralisée. Plus silencieux et puissants que les appareils portables, ces systèmes évacuent l’air chargé de poussières à l’extérieur, réduisant la dispersion d’allergènes et offrant un confort d’usage supérieur. Solution particulièrement prisée dans les marchés où l’innovation et la durabilité sont valorisées, l’aspiration centralisée s’intègre à la fois dans des projets résidentiels haut de gamme et dans des bâtiments professionnels.
Avec des innovations comme AquaZino et S-GEO, TMC Group répond aux besoins croissants dans les domaines de la construction et de la rénovation. L’entreprise propose des solutions pratiques et durables adaptées aux défis actuels du bâtiment : économies d’énergie, préservation des équipements et amélioration de la qualité de vie intérieure. Ces systèmes s’adressent aux particuliers, aux gestionnaires d’immeubles et aux professionnels de l’hôtellerie-restauration qui recherchent des interventions efficaces et peu intrusives. tmcgroup.ch
LA SOLUTION GÉOMAGNÉTIQUE
TRAITE LES REMONTÉES CAPILLAIRES SANS EFFECTUER DE TRAVAUX
INELTEC POURSUIT SON DÉVELOPPEMENT
Les 9 et 10 septembre 2026, à Messe Zürich, Ineltec réunira les acteurs de la branche électrique suisse pour une deuxième édition en forte croissance.
Après un lancement réussi en 2024, Ineltec poursuit son expansion et s’impose comme un rendez-vous majeur pour les professionnels du secteur électrique. Plus de 180 exposants occuperont quatre halles réparties sur deux niveaux afin de présenter les dernières avancées en électrotechnique, automatisation des bâtiments, énergie, mobilité électrique, infrastructures, éclairage et solutions numériques.
Même si les organisateurs élargissent l’offre, ils continuent de miser sur une formule compacte favorisant les échanges et l’efficacité des visites. Parmi les nouveautés figure un espace dédié à l’éclairage, avec des présentations régulières consacrées aux innovations, aux normes et aux enjeux d’efficacité énergétique.
L’édition 2026 se distingue également par un partenariat renforcé avec EIT.swiss, l’association faîtière représentant près de 2000 entreprises de la branche électrique en Suisse et au Liechtenstein. Son stand accueillera plusieurs animations et démonstrations pratiques, notamment celles de Kilian Moser,
champion suisse des installateurs-électriciens et candidat aux WorldSkills de Shanghai.
La transmission des connaissances constituera un autre axe fort du salon. Les espaces de conférences proposeront des interventions consacrées aux innovations du secteur, à la sécurité des installations, à l’éclairage de secours ou encore aux évolutions réglementaires. Les exposants pourront également présenter leurs nouveautés dans le cadre de pitchs interactifs.
La formation et la relève ne seront pas oubliées. Des instituts spécialisés présenteront leurs offres de perfectionnement, tandis que des visites guidées permettront aux apprentis de découvrir les dernières innovations et d’approfondir leur connaissance du métier.
En parallèle, la plateforme numérique du salon offrira aux visiteurs la possibilité de préparer leur venue grâce à des contenus spécialisés et à un nouvel assistant basé sur l’intelligence artificielle. ineltec.ch / 9 et 10 septembre 2026
/ Messe Zürich
9 – 10 septembre 2026
Messe
Zürich SMART. CONNECTÉ.
Bienvenue au cœur de la branche électrique suisse. Soyez présent là où les professionnels se rencontrent. Grâce à la forte demande, profitez d’encore plus d’espace pour l’innovation et l’échange. ineltec.ch
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AGENDA
EXPOSITIONS :
BÂLE
GROUNDWORK
À travers trois films documentaires produits par le Centre canadien d’architecture (CCA), enrichis de documents et de fragments de terrain, l’exposition suit les démarches de Xu Tiantian, du collectif bplus.xyz et de Carla Juaçaba. Entre engagement local, préservation des ressources et réflexion sur l’existant, Groundwork met en lumière une architecture en devenir, attentive aux territoires comme aux communautés qui les habitent. En transformant l’enfilade du S AM en paysage cinématographique, l’exposition invite le visiteur à devenir témoin actif d’un processus plutôt que spectateur d’un produit fini.
S AM sam-basel.org
Jusqu’au 30 août
LAUSANNE
LIAISONS IMAGINAIRES
L’exposition propose un regard sur la photographie d’architecture en Suisse, pensée ici comme une alliée de l’architecture plutôt que comme un simple outil de documentation. Elle réunit 16 photographes qui questionnent les modes de représentation du bâti. Entre regard documentaire et interprétation sensible, les œuvres révèlent aussi les dimensions écologiques, sociales et politiques de l’espace construit, offrant un panorama riche et contemporain de la culture architecturale suisse.
F’AR
archi-far.ch
Jusqu’au 31 juillet
DES CÈDRES À DORIGNY, BÂTIR L’ÉCOLE D’ARCHITECTURE
À partir de projets bâtis ou restés sur le papier, issus des fonds des Archives de la construction moderne, l’exposition retrace l’histoire de l’enseignement de l’architecture à Lausanne. De l’EPUL aux bâtiments de l’EPFL, elle met en lumière un dialogue fécond entre création et technique, savoirs et pratiques. En retraçant cette aventure intellectuelle et humaine, l’exposition révèle comment les archives deviennent un moteur de réflexion pour penser l’avenir de la discipline.
ARCHIZOOM
epfl.ch
Jusqu’au 29 septembre
WEIL AM RHEIN
VERNER PANTON :
FORM, COLOUR, SPACE
Le Vitra Design Museum célèbre Verner Panton comme un architecte de l’imaginaire domestique. L’exposition retrace l’audace d’un créateur qui fit basculer le design scandinave vers des territoires plus libres, où la couleur, la lumière et les matières synthétiques composent de véritables paysages à habiter. De la Panton Chair à la Fantasy Landscape, les pièces emblématiques dialoguent avec des projets rares, révélant une œuvre totale, à la fois expérimentale et profondément optimiste. Une rétrospective immersive qui mesure combien sa vision demeure actuelle, entre précision industrielle et poésie spatiale.
VITRA DESIGN MUSEUM design-museum.de Jusqu’au 9 mai 2027
WINTERTHOUR
BRICKS RELOADED
La brique, l’un des matériaux les plus universels de l’architecture, est au cœur de cette exposition qui explore les dimensions techniques, esthétiques et culturelles de cet objet en apparence ordinaire, à travers une cinquantaine de projets d’architectes, de designers et d’artistes. Enrichie d’exemples suisses et d’un focus sur le patrimoine bâti de Winterthour, l’exposition interroge aussi les enjeux contemporains de fabrication, de recyclage et d’innovation autour de ce matériau ancestral plus actuel que jamais.
GEWERBEMUSEUM gewerbemuseum.ch Jusqu’au 1er novembre
NEW WILDERNESS
Herbes inattendues surgissant entre les dalles, friches en fleurs, espèces rares au bord des voies ferrées, la végétation spontanée s’empare de chaque interstice de la ville. Au lieu d’être combattue, cette nature indocile mérite d’être reconnue, célébrée et accompagnée, tant elle réinvente nos paysages urbains. L’exposition présente les perspectives innovantes de projets sélectionnés, issus de l’architecture paysagère, de la recherche et de l’écologie. Ils célèbrent la nouvelle nature sauvage et partagent une vision tournée vers l’avenir.
GEWERBEMUSEUM gewerbemuseum.ch Jusqu’au 23 août
CONGRÈS/ CONFÉRENCES :
BIENNE
JOURNÉE DE LA CONSTRUCTION
BOIS BIENNE 2026
« Adaptatif, hybride, durable », est le thème de cette nouvelle édition. De l’hôtellerie aux établissements de santé, en passant par le logement, les structures hybrides combinant le bois avec d’autres matériaux et les ouvrages inspirés du savoir-faire scandinave confirment toute la vitalité et la diversité de la construction bois. Agrémenté d’une exposition spécialisée, cet événement favorise les échanges, le dialogue et le réseautage. Il sera ponctué par un apéritif.