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Boite à outils pour les agents communautaires

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BOITE À OUTILS POUR LES AGENTS COMMUNAUTAIRES


Dans le présent document, le masculin est utilisé sans aucune discrimination et uniquement dans le souci de fluidifier le texte et faciliter l’accès à son contenu


Remerciements : La « Mallette pour la mise en œuvre de l’approche d’animation communautaire en faveur de l’intégration économique des personnes migrantes » est le résultat d’un travail collaboratif développé à partir de l’expérience menée dans le cadre du projet « Amuddu : Appui à la mise en œuvre de la Stratégie Nationale d’Immigration et d’Asile ». Les éléments repris dans ce document partent d’un savoir-faire des agents communautaires Amuddu et de leur collaboration avec l’Agence Nationale de Promotion de l’Emploi et des Compétences (ANAPEC), mais aussi d’un partage d’expériences avec les agents communautaires du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés au Maroc et des différents partenaires du projet.

Nous tenons à remercier tous les partenaires du projet « Amuddu : appui à la Stratégie Nationale d’Immigration et d’Asile », à savoir la Direction des Affaires de la Migration, l’Entraide Nationale, l’Agence Nationale de Promotion de l’Emploi et des Compétences (ANAPEC), l’Association Marocaine d’Appui à la promotion de la Petite Entreprise (AMAPPE), le Réseau Marocain de l’Economie Sociale et Solidaire (REMESS), Echos-communication, CGLU Afrique, CARE-Maroc, AJIAL-INMAA, ainsi que le HautCommissariat des Nations Unies pour les réfugiés, pour leur appui et leurs contributions dans l’élaboration de cette mallette.


TABLE DES MATIÈRES INTRODUCTION

LA MALLETTE : DANS QUEL BUT ? Objectif de la mallette.................................................................................12 Les fonctions de la mallette.........................................................................13

CONCEPTION ET ORGANISATION DE LA MALLETTE Guide d’implémentation..............................................................................14 Boite à outils................................................................................................15


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1- Introduction

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2- Comment utiliser cette boite à outils ?

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3- Principes de base de l’animation communautaire

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4 - L’agent communautaire, épine dorsale de l’approche d’animationcommunautaire

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5- Processus de l’animation communautaire

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ANNEXES : BILAN DES OUTILS ET DES CANEVAS PROPOSÉS POUR FACILITER LE TRAVAIL DES AGENTS COMMUNAUTAIRES Annexe 1. Exemple de base de données d’entrée pour le suivi mensuel de l’accompagnement des bénéficiaires Annexe 2. Exemple de tableau de planification mensuelle des actions des agent.es communautaires Annexe 3. Exemple de liste mensuelle de reporting (Actions individuelles et groupées). Annexe 4. Tableau synthétique pour l’élaboration d’un plan de communication propre à l’agent communautaire Annexe 5. Exemple de tableau de bord pour le suivi des aspects liés à la communication Annexe 6. Exemple d’une fiche communication à remplir après la réalisation d’une activité.6


Introduction Différents accords internationaux, tels que l’Agenda 2030 pour le développement durable ou, plus récemment, la Déclaration de New York pour les réfugiés et les migrants reconnaissent la contribution positive que la migration peut représenter pour une croissance inclusive et un développement durable non seulement dans les pays d’origine, mais aussi dans les sociétés d’accueil. Pour cela, il est essentiel que le phénomène migratoire soit géré de manière efficace tout en garantissant la cohésion sociale. Les sociétés d’accueil et les personnes migrantes et réfugiées sont amenées ainsi à assumer une responsabilité mutuelle, permettant la pleine participation de ces dernières en tant que membres de la société d’accueil, à travers l’exercice de leurs droits, mais aussi de leurs obligations réciproques. L’existence de conditions permettant aux personnes migrantes, y compris les personnes réfugiées, de contribuer au développement socioéconomique de leurs communautés de résidence, via l’amélioration de leur employabilité est un élément clé pour assurer l’intégration de ces personnes. L’ouverture des services de base et d’accompagnement dans le parcours d’insertion socioprofessionnelle, au même pied d’égalité que les nationaux, est une étape essentielle dans le processus d’intégration. Néanmoins, dans la pratique, cela ne suffirait pas, pour assurer une accessibilité réelle et effective de ces populations aux services et au marché de l’emploi. Au Maroc, la Stratégie Nationale d’Immigration et d’Asile (SNIA), adoptée en 2014 et déclinée en 11 programmes d’actions sectoriels et transverses, vise à assurer une meilleure intégration des personnes migrantes et une meilleure gestion des flux migratoires. À travers ses programmes relatifs à la « Formation Professionnelle et Emploi », la SNIA met particulièrement l’accent sur la facilitation de l’accès des personnes migrantes et réfugiées aux services de la formation professionnelle et au marché de l’emploi, au même titre que les nationaux. L’insertion économique et l’autonomie financière des personnes migrantes constituent ainsi une pierre angulaire dans ce processus d’intégration, leur permettant une contribution active dans le développement des communautés d’accueil.


Dans ce sens, des réalisations notables ont été enregistrées dans le cadre de la Stratégie Nationale d’Immigration et d’Asile, et ce en étroite collaboration avec les ministères, les institutions publiques concernées, les associations de la société civile, avec parfois l’appui d’agences onusiennes spécialisées (HCR, OIM), ainsi que des organismes de coopération internationale. Des mesures ont été adoptées et ont permis de contribuer à faciliter l’intégration des personnes migrantes régularisées et réfugiées dans les dispositifs d’insertion économique et professionnelle existants, et d’améliorer les procédures d’accès à l’emploi pour ces personnes. Citons à titre d’exemple: la possibilité d’accès et de bénéfice des personnes migrantes et réfugiées des services de recherche d’emploi (ANAPEC) ; la facilitation de la procédure d’octroi des visas des contrats de travail des étrangers notamment pour les personnes migrantes régularisées et réfugiées, la possibilité d’accès au statut auto-entrepreneur et au groupement en coopérative, ainsi qu’à certaines professions réglementées. Toutefois, le nombre de bénéficiaires reste en deçà des attentes. Ceci est dû, entre autres, à la méconnaissance des services offerts et aux modalités d’accès à ces derniers. En effet, malgré l’ouverture des services de certaines institutions publiques, celles-ci peuvent se retrouver confrontées à des difficultés à informer, communiquer et mobiliser de potentiels bénéficiaires parmi ces populations connues pour leur forte mobilité. Afin de contribuer aux efforts visant à surmonter ces obstacles, le projet « Amuddu : Appui à la mise en œuvre de la Stratégie Nationale d’Immigration et d’Asile » a adopté une approche novatrice, basée sur l’animation communautaire au service de quelques institutions publiques afin de mieux mobiliser, accueillir et accompagner les populations migrantes au Maroc dans l’accès aux services de ces institutions. Ce projet est mené par Enabel, l’Agence belge de développement, en partenariat avec la Direction des Affaires de la Migration au sein du Ministère des Affaires Etrangères, de la Coopération Africaine, et des Marocains Résidant à l’Etranger – Département des Marocains Résidants à l’Etranger, l’Entraide Nationale, l’Agence Nationale de Promotion de l’Emploi et des Compétences (ANAPEC) et des organisations de la société civile.


À travers cette expérience, quatre agents communautaires issus des populations migrantes au Maroc ont été sélectionnés selon des critères préétablis, recrutés et placés au sein des agences locales de l’ANAPEC au niveau de Rabat et Casablanca. Leur rôle d’intermédiation entre les personnes migrantes et les conseillers de l’ANAPEC a permis de renforcer la communication, diffuser l’information sur les services d’accompagnement à l’emploi et à l’auto-emploi et d’instaurer un climat de confiance. L’impact de leur travail s’est fait aussi sentir au-delà des agences ANAPEC. En effet, ils ont également contribué à communiquer et diffuser l’information sur l’accès des personnes migrantes et réfugiées aux dispositifs de formation professionnelle existants. Le flux des personnes migrantes et réfugiées ayant fait appel aux services de l’ANAPEC et aux centres de formation professionnelle a par conséquent fortement augmenté. Cette mallette est le fruit de ce travail d’expérimentation et de capitalisation suivant un processus de co-construction entre les différents partenaires impliqués. Elle est mise à la disposition des acteurs concernés par l’insertion économique des personnes migrantes et réfugiées, permettant de capitaliser sur l’approche testée.


La mallette : dans quel but ? Objectif de la mallette Passer de l’expérience à la connaissance partageable est une ambition qui anime et motive toutes les organisations et les institutions qui travaillent sur des questions demandant de l’innovation et de la créativité. L’idée n’est pas seulement de tirer des enseignements, mais aussi de stabiliser et formaliser les méthodes et les outils testés et expérimentés. C’est dans cet esprit que cette mallette à éte élaborée. L ’objectif ultime est la mise à la disposition des organismes intéressés des éléments et orientations identifiés à partir de l’expérience innovante du projet « Amuddu : Appui à la mise en œuvre de la Stratégie Nationale d’Immigration et d’Asile » facilitant l’adoption de l’animation communautaire comme levier pour mieux cibler, mobiliser et accompagner les personnes migrantes et réfugiées.

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Les fonctions de la mallette Deux fonctions sont attribuées à ladite mallette: Permettre aux institutions publiques de disposer des éléments nécessaires pour mieux comprendre la valeur ajoutée de l’approche communautaire, ainsi que les éléments fondamentaux de départ, les points d’attention et les recommandations afin d’être en mesure de réussir l’implémentation de cette approche, si elles le souhaitent, au sein de leurs dispositifs de ciblage et d’accompagnement de leurs publics cibles ; Doter les agents communautaires (AC), qui seront nouvellement recrutés dans le cadre d’initiatives similaires à celles expérimentées dans le projet « Amuddu » d’outils d’autoformation en vue d’améliorer leur performance et leur confiance en eux dans l’exercice de leurs fonctions. Globalement, cette mallette regroupe une série d’outils qui explicitent les préalables et les méthodologies à appliquer pour l’implémentation et l’appropriation de l’animation communautaire. Elle est destinée à des publics cibles différents, dont notamment les institutions publiques, mais aussi les associations et les personnes migrantes elles-mêmes. Elle doit être opérationnelle, évolutive, adaptable aux contextes de l’action d’animation dans ces différentes dimensions culturelles, linguistiques, sociales, économiques, etc. Cette mallette est élaborée sur la base d’éléments probants et de bonnes pratiques dégagées de l’expérience de terrain réalisée par l’ensemble des parties impliquées dans le projet Amuddu. C’est un outil pratique et inédit mis à la disposition des acteurs institutionnels. En effet, cette mallette revêt un aspect stratégique, car elle peut servir d’appui aux collectivités locales, aux organisations de la société civile et aux institutions concernées par les questions de la migration pour une bonne mise en œuvre de leurs politiques, programmes et projets d’intégration des personnes migrantes. De plus, cette mallette ouvrira la voie à une approche méthodologique qui a fait ses preuves et qui s’avère nécessaire pour assurer la cohérence et l’efficacité des projets d’intégration des personnes migrantes et réfugiées. 11


Conception et organisation de la mallette La mallette est organisée autour de deux grandes parties distinctes, mais interreliées de manière complémentaire :

Guide d’implémentation La première partie traite des dispositions et des mesures nécessaires à l’intégration de l’approche communautaire dans le travail des institutions. Elle met en exergue les avantages et les atouts de l’approche, précise les prérequis et les exigences de sa mise en œuvre et trace les contours de la démarche de sa mise en pratique. Cette partie analyse également le rôle et le profil des agents communautaires, mettant le focus sur les éléments liés aux exigences du métier, aux compétences demandées, à la qualité de l’animateur et à son profil. Le guide d’implémentation s’adresse aux décideurs et aux cadres des organismes intéressés par la mise en œuvre de l’approche de l’animation communautaire.

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Boite à outils deuxième partie de la mallette est consacrée aux aspects La techniques de l’animation communautaire. Elle couvre les questions liées au processus et aux outils de l’animation communautaire. Dans cette partie de la mallette, il est question de retracer le cheminement du travail d’animation communautaire. Dans ce sens, pour chaque étape plusieurs éléments sont traités à savoir : un résumé de l’étape, les objectifs et les attendus de l’étape, la démarche de sa mise en œuvre, l’argumentaire de l’agent communautaire et des recommandations. Cette partie intègre également quelques « Fiches-conseils » visant à orienter le travail des agents communautaires sur des thématiques comme l’écoute active ou l’approche de genre. boite à outils s’adresse aux futurs agents communautaires qui seront nouvellement recrutés La afin de leur offrir des outils de base pour mieux organiser leur travail.

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1 Introduction L’animation communautaire est un travail complexe ; non seulement parce qu’il vise des personnes qui peuvent être en situation de vulnérabilité, mais également, parce qu’il combine plusieurs savoirs et les traduit en actions et pratiques susceptibles d’aider au dépassement de situations difficiles. En tant qu’agents communautaires et de par vos fonctions, vous êtes considérés comme des « cliniciens du social ». Vous disposez de connaissances et d’un savoir-faire, mais qui gagneraient en efficacité s’ils étaient couplés à des outils de mise en œuvre. C’est dans cette optique que s’inscrit la réalisation de cette boite à outils, destinée à vous, futurs agents communautaires. Celle-ci peut servir également d’appui aux institutions publiques et aux associations intervenant dans le domaine de la migration, qui ont engagé des agents communautaires. Cette boite à outils fait partie intégrante de la « Mallette pour la mise en œuvre de l’approche d’animation communautaire en faveur de l’intégration économique des personnes migrantes », élaborée dans le cadre du projet « Amuddu : Appui à la mise en œuvre de la Stratégie Nationale d’Immigration et d’Asile ». Pour rappeler, la mallette est organisée autour de deux grandes parties distinctes, mais interreliées de manière complémentaire, à savoir Un guide d’implémentation destiné aux institutions publiques intéressées par la mise en œuvre de l’approche de l’animation communautaire Une boite à outils consacrée aux aspects techniques de l’animation communautaire, destinée à de futurs agents communautaires.

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2 Comment utiliser cette boite à outils ? La mallette pour l’animation communautaire offre aux utilisateurs un appui méthodologique, une démarche et des outils d’animation utiles aux travaux d’intégration socioéconomique des personnes migrantes et réfugiées. Elle aide les utilisateurs à formaliser le processus d’intégration socioéconomique des personnes migrantes et à élaborer des stratégies de travail innovantes fondées sur les enseignements tirés des expériences de terrain, comme celle réalisée par le projet « Amuddu ». La partie boite à outils de la mallette est réservée aux aspects pédagogiques et techniques relatifs à l’opérationnalisation et à la pratique de l’animation communautaire. Elle traite la démarche, les étapes et les activités d’animation ainsi que les outils y afférents. Dans ce sens, cette partie de la mallette est structurée en forme de fiches techniques et feuilles amovibles permettant une flexibilité d’utilisation maximale. Cette partie pourra ainsi servir d’appui et de guide au processus d’animation communautaire, notamment pour vous, agents communautaires, qui seront chargés de son déploiement sur le terrain. La mallette est organisée en cinq sections concernant (1) les principes de base de l’animation communautaire, (2) un rappel sur votre rôle clé en tant qu’agent communautaire, (3) le processus de l’animation communautaire, (4) des fiches pratiques sur les différentes étapes de l’animation communautaire et (5) des fiches conseils sur différentes thématiques transversales. Ces deux derniers modules, à savoir les fiches sur les étapes de l’animation et les fiches conseils, ont été conçus comme des outils pratiques visant à faciliter l’utilisation en fonction de vos besoins. 15


3 Principes de base de l’animation communautaire Par sa nature et ses objectifs, l’animation communautaire s’articule autour de plusieurs principes déontologiques. D’un côté, elle doit respecter une certaine éthique et, de l’autre, elle est assujettie à une logique guidée par des principes pédagogiques et techniques. D’un point de vue de la déontologie, l’animation communautaire se base sur : Le respect et la non-discrimination : En sus des formes connues et répandues de discrimination, il y a lieu d’attirer l’attention sur des petits détails qui, dans des cas, nuisent au processus d’intégration des personnes migrantes et réfugiées. À cet effet, on cite le respect des rendez-vous, le respect des engagements des personnes migrantes en termes de temps, mais aussi le respect des choix des personnes migrantes et l’appréciation de leurs parcours et acquis professionnels, entre autres; confiance comme principe indispensable à toute collaboration : Généralement, les La personnes migrantes restent méfiantes face à ce qui peut leur être dit ou présenté. Ce sentiment de doute peut être amoindri en instaurant un climat de confiance entre les institutions et les personnes migrantes et réfugiées. La sincérité en tant que vecteur de proximité avec les personnes migrantes : En vue de les inciter à s’orienter vers les institutions et à intégrer leurs programmes, il faudrait toujours veiller à communiquer des informations fiables et bien vérifiées, évitant de faire de fausses promesses ou de créer des attentes qui ne pourront pas être tenues. La tolérance, essentielle au dialogue et à la liberté d’expression : La diversité culturelle, linguistique et confessionnelle qui caractérise les personnes migrantes exige des traitements spécifiques selon les situations. Le vivre ensemble et le travail collaboratif requièrent de la tolérance et du respect des droits d’autrui à la différence.

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La transparence comme expression de bonne intention et de professionnalisme : Généralement, les personnes en manque de confiance ou méfiantes ont besoin de transparence pour chasser la peur et la méfiance qui conditionnent leur comportement et les empêche d’adhérer comme il se doit aux processus de leur intégration socioéconomique. Du point de vue technique, l’animation communautaire se base sur une série de principes qui dépendent à la fois du comportement des institutions et de vous en tant qu’agents communautaires. Parmi les principes les plus répandus, on retrouve : L’écoute active des demandes et des suggestions des personnes migrantes : La réussite des programmes d’intégration repose, en grande partie, sur votre capacité et sur celle des institutions à se rapprocher de leurs populations cibles, notamment par l’écoute et la compréhension de leurs besoins. L’écoute active de la part des institutions lors des premiers entretiens permet de comprendre, d’interpréter et d’évaluer les besoins de la cible et ainsi d’établir progressivement une relation de confiance. La connaissance du milieu : Ce principe s’avère essentiel, notamment dans le travail avec les personnes migrantes et réfugiées. La différence des cultures, des langues et des usages doit être prise en compte et mise à contribution pour mobiliser davantage ces populations et assurer leur adhésion aux processus institutionnels d’intégration. patience : La patience représente un principe exigé par la nature et les objectifs La de l’approche. En effet, l’animation communautaire, comme toute autre approche qui se fonde sur la participation, exige ainsi des allers-retours qui prennent souvent plus de temps et d’effort d’explication. L’institution, et vous-même, en tant qu’agent chargé de l’animation, devrez vous armer de patience et de constance, afin de ne pas précipiter les choses et de garantir la qualité des résultats.

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La maitrise du sujet et des informations concernant les institutions et les services dispensés : La sensibilisation et la mobilisation des personnes migrantes et réfugiées dépendent de la qualité et de la fiabilité des informations qui leur sont communiquées. Quand l’agent responsable de l’animation n’arrive pas à répondre aux questions qui lui sont posées ou se contredit dans ses propos, sa crédibilité s’affaiblit et cela agit négativement sur la conviction des personnes migrantes et ralentit leur adhésion aux processus de leur intégration. Pour faciliter votre travail et réussir une communication efficace, vous devriez, en tant qu’agent communautaire, disposer de supports écrits d’information et de sensibilisation dans les langues pratiquées et maitrisées par la population ciblée. travail de proximité : Cette proximité avec les personnes migrantes et réfugiées nécessite Le une flexibilité des horaires de travail des agents communautaires afin d’assurer une présence maximale sur le terrain en raison des spécificités de la population migrante et des contraintes de leur disponibilité.

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4 L ’agent communautaire, épine dorsale de l’approche d’animation communautaire Dans le travail social, les agents communautaires jouent un rôle principal. Ils sont partout et sur toutes les questions qui touchent au vivre ensemble. Bien qu’ils n’aient pas encore de statut, les agents communautaires prennent le pas et de plus en plus, deviennent des acteurs incontournables à tel point qu’on entend souvent dire : « Tout dépend de l’animateur ; sans lui un outil n’aurait pas d’âme ». En tant qu’agents communautaires, vous occupez une place prépondérante dans le domaine de la migration. Votre rôle est crucial pour l’intégration socioéconomique des personnes migrantes et réfugiées. Vous facilitez la relation entre les institutions et les personnes migrantes et réduisez ainsi les écarts entre l’offre publique et la demande sociale. La nature de votre travail vous engage dans une « entreprise partagée » entre les institutions en amont et les personnes migrantes et réfugiées en aval. Votre positionnement dans cette articulation vous demande une certaine qualité humaine en plus d’un ensemble de compétences techniques. Vous devez à cet effet, disposer de compétences organisationnelles, relationnelles, motivationnelles et thématiques. Les axes développés dans les modules suivants visent à répondre, en partie, à ces besoins. Les éléments repris de manière synthétique et pratique ont été conçus afin de vous orienter et de faciliter la réalisation de vos fonctions sur le terrain, mais aussi lors de la planification de vos actions et du suivi des résultats atteints.

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5 Processus de l’animation communautaire L’animation communautaire est un ensemble d’activités interreliées de manière structurée et progressive. Elle commence par l’identification et la prise de contact et se termine par le suivi de l’évolution des personnes migrantes et réfugiées dans leurs processus d’intégration socioéconomique. Le tableau ci-dessous relate les principales activités à réaliser lors de chacune des étapes du processus d’animation communautaire.

Étapes de l’animation communautaire

Activités à faire Identifier et repérer la population cible ( par exemple, à travers l’élaboration d’une cartographie);

1. Étape d’identification

Identifier les lieux de présence et de rencontre; Constituer des bases de données; Cibler et identifier les personnes cibles; Planifier les actions à déployer pour atteindre la population cible.

2. Étape de sensibilisation

Constituer les réseaux de contacts; Établir des liens de confiance avec les populations cibles ; Identifier les besoins avec les personnes migrantes.

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Planifier des rendez-vous; 3. Étape de mobilisation et d’orientation

Organiser et planifier les activités (atelier, entretiens, etc.) sur les lieux de présence et de rencontre des personnes migrantes et réfugiées ciblées dans un premier temps et dans les locaux de l’institution d’attache par la suite; Recevoir et traiter les feedbacks. Communiquer sur l’offre de services des institutions publiques et du tissu associatif;

4. Étape d’information

Informer la population cible sur les opportunités et les débouchés suite à l’accompagnement; Coanimer des activités avec le personnel de l’institution d’attache au sein des locaux de l’entité.

5. Étape d’accompagnement

Maintenir les liens d’échange, de dialogue et de concertation avec les personnes qui bénéficient du processus d’intégration; Informer l’institution et les OSC des situations en souffrance notamment; Faire une veille sur les nouveautés des OSC et des institutions partenaires. Élaborer des fiches de suivi par personne;

6. Étape de suivi et reporting

Établir, en collaboration avec le personnel des institutions, des critères / indicateurs de suivi; Établir des rapports périodiques de suivi; Assurer un suivi de l’accompagnement et de la communication vers les personnes migrantes afin de veiller à la bonne transmission des informations. 21


FICHES DE L’ANIMATION


FICHES CONSEILS


ANNEXES Bilan des outils et des canevas proposés pour faciliter le travail des agents communautaires


Annexe 1. E xemple de base de données d’entrée pour le suivi mensuel de l’accompagnement des bénéficiaires


Annexe 2. E xemple de tableau de planification mensuelle des actions des agent.es communautaires Objet de l’action + Date

Nombre de personnes prévues

Lieu / Partenaire / Ville


Intervenant Animateur (Partenaire)

Besoins en logistique Estimation budget

Observation

A


Annexe 3. E xemple de liste mensuelle de reporting (Actions individuelles et groupées) Nom & Prénom

Sexe

N.CIN

Coordonnées ( Tél/Email)


prestation ANAPEC

Orientation/ Etape suivante

Dates / Observations


Annexe 4. T ableau synthétique pour l’élaboration d’un plan de communication propre à l’agent communautaire Axes de la communication Pourquoi

Objectifs

Pour qui

Cibles

Quoi

Qui

Messages Actions Pilote

Questions Quel est le résultat escompté ? (Informer, sensibiliser, organiser, motiver…) Quelles sont les personnes à atteindre ? Quel est le message à communiquer ? Quelles sont les actions à mener ou à envisager ? Qui communique ? (Communiquez-vous seul ou avec une autre personne?) Quand communiquer ? (Les dates choisies pour les opérations de communication, en groupes et individuelles)

Quand

Calendrier

Moyens

Ressources à mobiliser

Quels moyens utilisés pour communiquer ? (Les outils, les supports, le financement …)

Pour quel résultat

Indicateurs de mesure

Quels sont les résultats ? (Les indicateurs et méthodes prévus pour mesurer le changement)


Annexe 5. E xemple de tableau de bord pour le suivi des aspects liés à la communication Objectifs

Cibles

Messages

Outil

Activité

Acteurs

Budget

Échéance

Indicateurs


Annexe 6. E xemple d’une fiche communication à remplir après la réalisation d’une activité Intitulé de l’action Date et lieu Participant Objectif de l’action )Résultat(s Auteur Photos


Boite à outils pour les agents communautaires


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Boite à outils réalisée dans le cadre du projet « Amuddu : appui à la mise en œuvre de la Stratégie Nationale d'Immigration et d'Asile »

Avec l'appui technique de :


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