éléments d’une vie au jour le jour: carnet
le quotidien et le familier
De ma fenêtre, j’ai souvent observé les couleurs changeantes du ciel. J’ai la chance d’habiter un cinquième et de voir presque au-delà des toits. J’avoue que ces photos sont un peu kitsch; mais elles correspondent bien à la réalité. Elles m’ont fait comprendre que les ciels de peintres du 19e ne sont pas des ciels artificiels mais le produit d’une observation. Dans leurs tableaux, je voyais souvent s’y déverser des flots d’émotions mélancoliques et sentimentaux et je les rejetais pour cette raison, même si je dois avouer que C. D. Friedrich m’a toujours fasciné. Mais je ne suis pas un mordu des couchers de soleil. Parfois même, ce type de ciel m’inquiète comme cet embrasement de fin novembre. Je préfère le ciel bleu quand un léger vent d’ouest fait lentement aller des nuages joufflus et pesants.
Les feux de la nuit se ressemblent; l’entrée de l’autoroute vers Esch; dans un taxi à Berlin, Friderichstrasse, vers minuit.
Je suis toujours fasciné par les productions de mes élèves surtout quand elles n’ont rien à voir avec les cours. Il y a une vaste terrain sociologique à explorer qui peut aller des graphitis qui figurent sur leur trousseau jusqu’aux écritures ésotériques couvrant le tableau noir. Les gadgets aussi doivent figurer dans cette étude et les multiples dessins qui font l’ornement de leur travail «sérieux « et qui en disent long sur le fonctionnement de l’école comme lieu de rencontre.
sneja dobrosavljevic
le quodien domicile
Je vis depuis 1990, je crois, dans cette maison. Comme je ne suis pas propriétaire, je n’y ai rien transformé. Mon caractère me prédispose à m’arranger assez facilement avec mon environnement. Je n’ai même pas terminé l’électricité; dans trois pièces, les ampoules pendent du plafond. Notamment dans la salle de bain, la lumière m’aveugle. Le robinet dans la cuisine fuit et l’eau froide ne coule plus. Je m’y résigne, c’est mon côté Oblomov. Sneja ne s’en est pas formalisée; elle est chaotique sur un mode différent. Mais elle s’étonne que dans mon salon / bureau, la photo de Wilson Link y soit depuis que j’ai emménagé ou presque. L’envie de tout transformer la prend périodiquement. Cela doit être plus fréquent chez les femmes que chez les hommes. Paula, ma coiffeuse, change de look tous les trois mois à ce qu’il me semble. Ces caméléons sont des êtres plus adaptés au monde contemporain que les dinosaures comme moi.
h么tels et s茅jours
Quand on photographie, on ne regarde pas son nombril; parfois, on attrape ses pieds, surtout quand on est couché. Je descends depuis peu à l’hôtel Axial Beaubourg, qui a changé de nom depuis peu. Cela me change du Little Palace rue Salomon de Caus, à hauteur du croisement de la rue de Turbigo et du Boulevard Sebastopol. Il y a 20 ans, l’hôtel, agréable et bon marché, était tenue par deux soeurs âgées. Il y a quelque temps, il a été repris par une chaîne, rénové et les prix ont augmenté. L’Axial n’est pas meilleur, mais après 20 ans dans le quartier de la rue Saint Denis, il était temps de changer de milieu.
Le Grand Hotel Palace à Rome: quelques belles pièces certainement. Pour moi, cependant, une chambre de bonne avec un lit trop grand pour cet espace réduit. Un service à la romaine; il fallait convaincre le barman d’aller chercher le serveur qui allait demander au cuisinier si on pouvait encore faire manger les clients. Rien à voir avec le service hyper-professionel du Radisson à Berlin, stylé, rapide, le charme décadent en moins.
Pendant les trois jours de réunion, je n’ai pas eu une seule occasion pour voir Rome. Mais cela ne me déplaisait pas. Je me retrouve à l’aise dans une ville quand je sais qu’elle existe autour de moi. Il suffisait que je me sache à Rome et que j’entende parler italien. L’hôtel où nous étions descendus était une maison de maître fin de siècle, avec des chambres baroques suffisamment décadentes et post-modernes pour me mettre l’aise. Il faisait beau et chaud; on prenait un verre après minuit dans une petite cour. Il n’y avait pas trop de touristes; cela m’aurait gâché le plaisir d’entendre parler anglais, allemand ou toute autre langue comme cela est le cas maintenant partout. Etre isolé ainsi dans le quartier de l’Aventino arrangeait donc mon affaire. Trastevere n’était pas loin. Mais quand, le dernier jour, on y est allé pour dîner dans une trattoria recommandée par Emiliano, le côté tourisme international m’a dégoûté.
natures mortes; go没ts et sensations
Mes natures mortes sont rarement «modernes « ; cela ne me réussit tout simplement pas. Il suffit que Sneja prenne une caméra pour que, immédiatement, il en sorte une image d’aujourd’hui. Je n’arrive pas à mettre dans mes images la nécessaire froideur, ce côté dégagé ( cool ) et distant de ces êtres fragiles et sensibles que sont les jeunes autour de moi.
culture, et ĂŠvĂŠnements
La Chapelle du Rham. Depuis 2001, on annonce la fermeture pour aménagement. Nous sommes en 2007 et le lieu serait encore disponible pour 2008...!! Cela empêche tout planning sérieux. Les responsables des bâtiments publics se désintéressent de nos petits soucis. Le lieu pourtant est charmant et la photo bien mise en évidence. Ne manque que l’aménagement extérieur; aucun panneau n’a été mis en place pour indiquer aux visiteurs qu’une exposition y a lieu. On n’a donc pratiquement personne s’y on n’investit pas lourdement dans la com.
Sur cette image, nos partenaires du Mois européen de la photographie lors de la réunion préparatoire de Vienne en 2006. Une collaboration sympathique. Mais ces marches forcées vers l’intégration européenne me paraissent bien artificielles. Elles obéissent à une logique d’argent. On obtient plus facilement une subvention si on est «européen»; alors qu’on pourrait l’être plus naturellement, plus spontanément, en travaillant sur des idées plutôt que sur le principe même de la collaboration internationale. Le concept, l’idée, doit générer la mise en commun des moyens. Souvent maintenant, on dispose des moyens et on cherche désespérément une idée qu’on pourrait réaliser ensemble... et les différences apparaissent. Heureusement d’ailleurs, la France n’est pas l’Allemagne ni l’Italie; et ce sont les différences de civilisation qui font tout le charme de ces rencontres.
voyages et sĂŠjours; Berlin en particulier
Photos prises à Bâle, Berlin, Charleroi, Cologne, Hambourg, Paris, Rome, Vienne et Luxembourg; caméra Nikon coolpix 5400 et téléphone portable Nokia 70 mise en page: PST imprimé en août 2007