MAI-JUIN 2026


Le mensuel de l’entrepreneur et de l’installateur
Une publication d'Embuild • Avenue des Arts 20, 1000 Bruxelles • Bureau de dépôt Gent X • €6
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MAI-JUIN 2026


Le mensuel de l’entrepreneur et de l’installateur
Une publication d'Embuild • Avenue des Arts 20, 1000 Bruxelles • Bureau de dépôt Gent X • €6
JOURNÉE CHANTIERS OUVERTS
Plus de 350.000 visiteurs physiques et virtuels pour la 19e édition

JOBS D’ÉTUDIANTS
Quelles nouveautés en 2026 ?
SALON BEGEO
Notre secteur y était bien représenté


L’intelligence artificielle n’est plus un effet de mode, mais une réalité, y compris dans notre secteur de la construction et de l’installation. C’est une bonne chose, car notre secteur est confronté à d’énormes défis. Nous devons davantage construire et plus rapidement, travailler de manière plus durable, réduire la charge administrative et, en même temps, apporter une réponse à la pénurie structurelle de main-d’œuvre. L’IA sera à cet égard un outil puissant.
Aujourd’hui, celui qui pense que l’intelligence artificielle ne concerne que les entreprises de services se trompe lourdement. Sur les chantiers et au sein des entreprises de construction et d’installation, les applications qui soutiennent le travail quotidien se multiplient déjà. Dans notre secteur, plusieurs initiatives sont déjà en cours. Nous vous les présentons dans les pages de ce magazine. Buildwise, notre centre d’innovation, a développé « Tooli », un agent numérique qui permet aux professionnels de la construction d’accéder plus rapidement aux informations techniques et à l’expertise. Tooli aide les entreprises à trouver plus efficacement des réponses aux questions techniques et soutient les activités quotidiennes, tant sur le chantier qu’au bureau.
Embuild a également récemment lancé « EMMA », notre propre agent d’intelligence artificielle, spécialement conçu pour nos membres. En Europe, nous sommes la première fédération du secteur de la construction à proposer un tel outil à ses membres. EMMA aide et accompagne nos membres 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 dans leur recherche d’informations, de réglementations et de conseils. Dans un secteur où la législation, les normes et
les obligations administratives évoluent constamment, un tel assistant intelligent représente un énorme gain de temps. C’est un exemple de la manière dont l’IA apporte non seulement de l’innovation, mais aussi un soutien concret aux entreprises de notre secteur.
L’IA ne remplacera évidemment pas l’ouvrier. Avez-vous déjà vu, par exemple, une maison, un bâtiment ou un pont être construits uniquement par des machines et des technologies ? En revanche, ce que l’IA peut faire, et fait déjà, c’est soutenir et renforcer les ouvriers et les employés du secteur de la construction et de l’installation en prenant en charge les tâches répétitives, en traitant plus rapidement les informations et en fournissant de meilleures analyses. Les collaborateurs disposent donc de plus de temps pour se consacrer à ce qui compte vraiment : fournir un travail de qualité.
Il va de soi que nous devons utiliser l’IA de manière réfléchie. La technologie ne doit jamais devenir une fin en soi. La transparence, la fiabilité et la sécurité sont capitales. C’est pourquoi « notre » EMMA fonctionne uniquement à partir des informations et des documents issus de la base de connaissances d’Embuild et oriente les utilisateurs vers l’expert compétent pour obtenir des explications complémentaires. Par ailleurs, EMMA respecte les règles en matière de GDPR et de protection de la vie privée et ne partage aucune donnée avec des tiers. C’est essentiel pour nous. N’hésitez donc pas à essayer EMMA et à nous faire part de votre avis !
Niko Demeester CEO Embuild

« En Europe, nous sommes la première fédération du secteur de la construction à proposer un outil comme EMMA à nos membres. »



LA JOURNÉE CHANTIERS OUVERTS A ATTIRÉ PLUS DE 350.000 VISITEURS PHYSIQUES ET VIRTUELS
Le 31 mai dernier, Embuild organisait la 19e édition de la Journée
Chantiers Ouverts, avec 129 chantiers remarquables ouverts au grand public. « Cette édition a remporté un vif succès, avec 73.000 visiteurs sur place et 288.000 visiteurs en ligne », a indiqué Niko Demeester, le CEO d’Embuild. Cet événement a également attiré des représentants du monde politique aux quatre coins du pays.
3 ● Édito
L’intelligence artificielle renforce les équipes sur les chantiers.
7 ● Point de vue régional
Le moteur de la construction s’enraye ; la relance, elle, se construit chantier par chantier.
ÉVÉNEMENT
8 ● Journée Chantiers
Ouverts
Plus de 350.000 visiteurs physiques et virtuels pour la 19 e édition.
VOS INTÉRÊTS
12 ● Jobs d’étudiants
Quelles nouveautés en 2026 ?
14 ● Heures supplémentaires volontaires
Une réforme structurelle.
15 ● Travail de nuit
La pratique est désormais plus simple.
16 ● Rebuild Belgium
Focus sur les infrastructures routières.
18 ● LIFE BE FREE
Cinquième table ronde nationale.
DOSSIER
23 ● Introduction
La construction bois.
24 ● Hout Info Bois/Enquête
« Un savoir-faire exceptionnel mais encore de trop nombreux freins ».

DOSSIER : LA CONSTRUCTION BOIS
La construction bois présente de nombreux avantages : respect de l’environnement, stockage de carbone, très bonnes performances énergétiques avec une isolation optimale, bonne acoustique, matériau durable et léger adapté à la préfabrication et à la construction modulaire pour un chantier court et propre… Pourtant, elle peine à décoller en Belgique avec, en moyenne, un logement sur dix construit en bois. Le cliché du « c’est plus cher » a encore la vie dure. Est-il justifié ? Dans ce dossier, nous analysons le marché de ce segment de la construction en donnant la parole à plusieurs acteurs clés.

LA GÉO-INTELLIGENCE, CLÉ D’UNE SOCIÉTÉ INNOVANTE ET RÉSILIENTE, AUSSI POUR LA CONSTRUCTION
La neuvième édition de BeGeo, le congrès et salon national consacré à l’information géographique, s’est tenue le 24 mars à Brussels Expo. L’Institut géographique national (IGN) a rassemblé plus de 900 visiteurs et experts autour de cet événement inspirant consacré aux données géographiques et aux solutions qui les transforment en informations exploitables et utiles. Notre secteur était présent et s’y est même distingué.

EDENYA, LA PLUS GRANDE SERRE TROPICALE DU MONDE SELON LE GUINNESS BOOK DES RECORDS
Edenya, c’est le nom de la nouvelle serre botanique de Pairi Daiza. Cette serre abrite désormais un nouveau monde tropical et écologiquement responsable avec des cascades, des rivières, des animaux exotiques et des plantes rares. Entre-temps, cette nouvelle extension de Pairi Daiza a été reconnue par le Guinness Book des records comme la plus grande serre tropicale du monde. Pour Deforche Construction Group, basé à Izegem et qui a réalisé cette construction impressionnante, cette reconnaissance vient confirmer son expertise technique.
28 ● Groupement des Entrepreneurs généraux de Construction Bois
« L’Union européenne pousse de plus en plus à la construction bois ».
30 ● Chimsco Groupe
« Les entreprises générales ont compris l’intérêt de nous impliquer dès le début d’un projet ».
32 ● Salon Bois & Habitat
Focus sur le centre pour demandeurs d’asile AZC Dordrecht aux Pays-Bas.
34 ● Mobble
Un acteur clé dans la construction à ossature bois.
SECTEURS & MÉTIERS
38 ● Anniversaire Embuild
La parole à Jean Biesmans, fondateur de Tectum Group.
40 ● Patrimoine wallon Deuxième table ronde de l’Alliance Patrimoine-Emploi.
42 ● Congrès BeGeo
Notre secteur y était bien représenté.
48 ● Buildwise
• Tooli, la plateforme d’IA pour le secteur belge de la construction.
• Le nouveau Buildwise Magazine entièrement consacré à l’IA.
• Le Connection Tour.
PROJETS & ENTREPRISES
52 ● Projet
Edenya, la plus grande serre tropicale du monde selon le Guinness Book des records.
54 ● Avantages membres
Votre affiliation se rentabilise.
56 ● Marché de la construction
• MAN Truck & Bus
• Recticel Insulation
58 ● Marquant
• CIT Blaton distinguée comme Entreprise Familiale de l’Année.
• Chiffre du mois
La collection Fjord présente un look puissant plein de caractère, avec une texture profonde et révélatrice. Dans cette collection, la puissance de la nature rencontre le dernier cri de la technologie et de l’innovation, grâce au processus d’engobage digital. Une ne couche d’argile (engobe) appliquée sur les briques de parement par procédé digital leur confère une apparence unique. Cette technique avancée permet de créer une nition qui reproduit parfaitement les strates naturelles et les couleurs d’un paysage de fjord. Disponible en 5 couleurs dans le format plus mince Eco-brick, Fjord est un excellent choix en matière de durabilité pour des constructions neuves ou des rénovations.
wienerberger.be/fr/fjord
























Brique de parement mince


Plus d‘espace pour isoler
Choix durable








Je porte la voix d'entrepreneurs qui en ont assez d'entendre que tout va mal. Et qui veulent qu'on parle de ce qui peut aller mieux. Les chiffres des faillites s'envolent, dans tout le pays, et chez nous aussi. Ces derniers mois, la morosité s’est installée sur les chantiers bruxellois. Les particuliers reportent leur rénovation, les investisseurs regardent ailleurs, la commande publique est en berne. Le moteur s'enraye.
Derrière ces chiffres, il y a des hommes et des femmes. Des ouvriers, des apprentis, des chefs de chantier, des indépendants. Notre secteur représente 16 % des entreprises bruxelloises et près de 8 % de la population active. Mais le secteur de la construction à Bruxelles, c’est aussi le premier pourvoyeur d’emplois locaux, premier secteur en émissions CO2, donc premier levier climatique, et premier poste dans le budget des ménages via le logement. Un logement dont plus de la moitié du coût est aujourd’hui absorbée par les taxes, les charges et l’inertie administrative. Chaque permis qui dort, chaque projet qui s’arrête, ce sont des heures de travail perdues pour les Bruxellois.
Depuis que ce nouveau Gouvernement est installé, Embuild.Brussels travaille ardemment sur les dossiers qui peuvent débloquer le secteur : sécuriser juridiquement les projets, relancer la commande publique, soutenir la formation et l'apprentissage sur nos chantiers. Pas de discours. Des solutions.
Et puis, il y a eu l'appel.
La Région a décidé d'aller en appel contre le jugement « We Are Nature ». C'est un signal fort. La preuve qu'on ne se résigne pas à laisser Bruxelles se vider de ses chantiers.
Exactement le geste que nous attendions du nouveau Gouvernement.
Mais un appel, c'est un signal. Pas une relance. La relance, elle, se mesure en chantiers qui démarrent, en permis qui se délivrent, en marchés qui s'attribuent. Et elle se joue maintenant.
Embuild.Brussels propose au Gouvernement plusieurs actions à lancer rapidement. Sur les permis, nous saluons sa volonté de diviser par deux les délais. Avec l'UPSI, BECI et Voka Brussels, nous lui avons remis le 8 mai une note de propositions concrètes pour la réforme du COBAT. Côté commande publique, nous demandons un calendrier clair des investissements futurs, tant au niveau régional que communal. Côté rénovation énergétique, un cadre juridique sécurisé et un dispositif de soutien public lisible et stable pour les années à venir.
Chaque euro investi dans des chantiers en circuits courts irrigue Bruxelles : un salaire versé ici, un jeune formé chez nous, un savoir-faire qui reste. C'est ça, l'emploi qui ne se délocalise pas.
Embuild.Brussels n'est pas dans l'opposition. Nous sommes dans la solution. Nous l'avons prouvé dès le premier jour de cette législature, et nous continuerons à jouer notre rôle de partenaire exigeant.
Le signal est donné. À nous, ensemble, d'en faire une relance. Pour les entrepreneurs. Pour les Bruxellois qui cherchent un emploi. Pour la Région que nous aimons.
Ensemble. Et maintenant.
Alexandre De Cesco Président d'Embuild.Brussels

« Mais un appel, c'est un signal. Pas une relance. La relance, elle, se mesure en chantiers qui démarrent, en permis qui se délivrent, en marchés qui s'attribuent. »
Le 31 mai dernier, Embuild organisait la 19e édition de la Journée Chantiers Ouverts, avec 129 chantiers remarquables ouverts au grand public. « Cette édition a remporté un vif succès, avec 73.000 visiteurs sur place et 288.000 visiteurs en ligne », a indiqué Niko Demeester, le CEO d’Embuild. Cet événement a également attiré des représentants du monde politique aux quatre coins du pays.
Notre traditionnelle Journée
Chantiers Ouverts, qui met le secteur de la construction et de l’installation en vitrine, a encore été une belle réussite. Au programme : des grands travaux d’infrastructure, des projets de logement, des complexes sportifs, des bâtiments publics ou encore des restaurations.
Ministres fédéraux et régionaux
Plusieurs de ces chantiers ont été visités par des personnalités politiques, qui ont clairement montré leur intérêt pour notre secteur. Nous avons notamment reçu les ministres fédéraux Maxime Prévot,
➊ La transformation de l’ancien hôpital de Charleroi en un centre dédié à l’enseignement supérieur, la HELHa-UCLLouvain (Eiffage Duchêne et Eiffage Sabem).
➋ La rénovation et le renforcement du viaduc de Vilvorde font partie du programme « Werken aan de Ring » (Viaduct Vilvoorde Vernieuwt, Stadsbader Contractors et Viabuild).

➌ HUGUES KEMPENEERS, le directeur général d’Embuild Wallonie (3e en partant de la g.) et à sa gauche CÉCILE NEVEN, ministre wallonne de l’Energie, avec les équipes de notre affilié sur le site du chantier de rénovation de la Basilique Saint-Benoît de Maredsous (Rc RENO).
➍ Le chantier du centre de formation CAB Integra, à Eupen (Convents et Jouck).
➎ MAXIME PRÉVOT (3e en partant de la g.), le ministre des Affaires étrangères, a visité le site du nouveau siège de l’entreprise Genetec, à Wierde (Entreprise Marc Taviet). À sa g., DELPHINE HALLAUX administrateur délégué de Genetec et présidente d’Embuild Namur Brabant wallon et à sa dr., GEOFFROY DOQUIRE, administrateur délégué de l’Entreprise Marc Taviet.





Le vendredi précédant l’événement, la Journée Chantiers Ouverts s’est enrichie d’une journée supplémentaire spécialement dédiée aux écoles, une grande première en Wallonie. Au total, 12 écoles ont visité 4 chantiers emblématiques. Plus de 425 élèves, de la 5e primaire à la 2e secondaire, se sont rendus sur les sites de l’écluse d’Obourg (Artes TWT), de l’ancien Grand Hôpital de Charleroi, du nouveau siège d’Embuild Liège et du centre de formation à Eupen. Tous ces élèves ont montré beaucoup d’intérêt pour le secteur et ont apprécié échanger avec les professionnels de terrain. Espérons que ces visites ont pu faire naître des vocations. Embuild remercie encore toutes les entreprises, les équipes pédagogiques et les partenaires mobilisés à cette occasion.
David Clarinval, Mathieu Bihet, Jan Jambon et Vincent Van Peteghem. En Wallonie, les ministres Cécile Neven, Anne-Catherine Dalcq et François Desquesnes ont également visité des chantiers. En Flandre, soulignons la présence du Ministre-Président Matthias Diependaele et des ministres Annick De Ridder, Jo Brouns, Ben Weyts et Hans Bonte, ainsi que le président de parti Frédéric De Gucht.
Pour l’occasion, nos membres avaient ouvert pas moins de 129 chantiers remarquables au grand public, tant pour des visites physiques que virtuelles. L’événement offre non seulement un regard unique sur les coulisses, mais il montre aussi comment le secteur de la construction et de l’installation offre des réponses concrètes à de grands défis sociétaux. « Plus que jamais, nous démontrons que notre secteur façonne l’avenir. Il joue un rôle crucial dans la transition climatique, dans la rénovation de nos infrastructures, dans la création de nouveaux logements, mais offre aussi des emplois attractifs. Bref, le secteur renforce notre prospérité », a expliqué NIKO DEMEESTER.
361.000 visiteurs ont participé à la 19e édition de la Journée Chantiers Ouverts : 73.000 personnes ont visité les chantiers sur place, et 288.000 l’ont fait derrière un écran. À titre de comparaison, l’année dernière, 65.000 personnes se sont rendues sur les chantiers et 250.000 ont opté pour une visite virtuelle. Le succès de cette journée est donc toujours bien au rendez-vous. Si vous le souhaitez, vous pouvez encore visiter ces chantiers durant quelques semaines sur le site https://journeechantiersouverts.be.











➊ Des élèves ont visité le chantier de la nouvelle écluse d'Obourg.
➋ CHRISTINE LHOSTE, la directrice générale d’Embuild (à g.) aux côtés de MATHIEU BIHET, ministre fédéral de l’Energie, sur le chantier du futur siège d’Embuild Liège, à Herstal (Seppi, HTTP et Steiner Concept).
➌ Sur le site de l'Oosterweel à Anvers, une délégation emmenée par (de g. à dr.) JAN JAMBON, le Vice-premier ministre; ANNICK DE RIDDER, ministre flamande de la Mobilité et des Travaux publics et ELS VAN DOESBURG, la bourgmestre d'Anvers. NIKO DEMEESTER, le CEO d'Embuild, est juste derrière.
➍ La construction d’un nouveau bâtiment facultaire qui accueillera la Faculté des sciences économiques et de gestion de l’UHasselt (Cordeel).
➎ Le chantier de l'Oosterweel, à Anvers, a attiré énormément de monde (Roco, Cordeel, Jan De Nul, BESIX, BESIX Infra, Denys, Van Laere, Deme, Willemen Infra et Willemen Bouw).
➏ La construction d’une nouvelle autoroute et de nouveaux ponts, à Damme (Artes, Willemen Infra et Willemen Bouw).
➐ MATTHIAS DIEPENDAELE, le ministreprésident flamand, à Gand. Ici, pour l’UZ Gent, on construit un parking souterrain de 90.000 m² pouvant accueillir 1.794 voitures (CIT Blaton, Cordeel et Wyckaert).
➑ JO BROUNS, le ministre flamand de l’Environnement, a visité le chantier du nouveau centre d’accueil pour le Parc National de la Haute Campine, à Maasmechelen (Eiffage Reynders).
➒ La construction de deux maisons mitoyennes, à Ligny (Les Constructions JMD)
Vous souhaitez faire travailler un jeune durant les mois d’été comme étudiant jobiste ? Quelles sont les règles applicables ? Quid des formalités ? Y a-t-il eu des changements en 2026 ? Et qu’en est-il de vos propres enfants ? Sont-ils soumis aux mêmes règles ? Dans cet article, nous répondons à ces questions pratiques.
Les entreprises de construction peuvent engager des jeunes dans le cadre d’un contrat d’occupation d’étudiant.
Règles applicables
Les étudiants peuvent uniquement travailler pendant les périodes de présence non obligatoire dans les établissements scolaires ; en d’autres termes, le samedi, le dimanche, les jours fériés et pendant les vacances scolaires.
Depuis 2017, la durée maximale d’occupation est exprimée en heures. Les étudiants disposent d’un contingent de 650 heures par année civile. Tant qu’ils ne dépassent pas ce quota, qu’un contrat de travail écrit a été rédigé, ils ne sont pas soumis aux cotisations de sécurité sociale, ni au précompte professionnel. Les étudiants jobistes ne paient qu’une cotisation de solidarité de 8,13 % (2,71 % à charge de l’étudiant et 5,42 % à charge de l’employeur).
Qui ?
Depuis le 9 janvier 2026, les jeunes de 15 ans encore soumis à l’obligation scolaire à temps plein (c’est-à-dire qui n’ont pas terminé les deux premières années de l’enseignement secondaire de plein exercice) peuvent être embauchés en tant qu’étudiant. Ils ne peuvent toutefois effectuer que des « travaux légers » dans de strictes conditions. Il s’agit notamment de travaux qui ne requièrent pas de formation spécifique et qui ne sont pas effectués avec/sur des équipements de travail mécaniques (AR du 19 avril 2026).
ATTENTION : les activités sur chantier semblent d’emblée exclues dès lors qu’elles requièrent
une formation en sécurité. En revanche, des activités en atelier ou de bureau semblent autorisées (nettoyage des locaux, accueil, administration, …).
Les autres catégories d’étudiants sont bien évidemment maintenues. Il s’agit des étudiants :
A) qui ont terminé leur obligation scolaire à temps plein (15 ou 16 ans) et qui continuent
Imaginez, vous avez votre propre entreprise de construction. Le samedi matin, vous emmenez votre fils mineur avec la camionnette pour livrer du matériel sur différents chantiers, afin que les équipes gagnent du temps le lundi matin. C’est une situation courante dans beaucoup d’entreprises de construction familiales. Si vous vous faites aider d'une manière ou d’une autre par vos enfants au sein de votre entreprise, soyez conscient qu’il existe deux statuts possibles : soit le jeune est occupé sous contrat d’étudiant, soit il est considéré comme aidant d’un indépendant personne physique. Mais les enfants de l’indépendant ne sont pas assujettis au statut social des indépendants lorsqu’ils n’ont pas encore 20 ans ou lorsque leur activité est occasionnelle (moins de 90 jours par an). Contactez votre caisse d’assurances sociales pour en savoir plus. Attention, sans statut légal, cela sera considéré comme du travail au noir.
Mais n’oubliez pas que, même si vos enfants sont soumis à un statut légal, ils courent des risques, surtout s'ils travaillent sur le chantier. Même s'il n'y a pas de travaux en cours à un moment donné, il subsiste des risques pour la sécurité. Cette dernière est une priorité absolue pour Embuild. Ce n'est pas pour rien que nous avons exigé que tous les travailleurs du chantier aient suivi une formation de base en la matière. Les enfants qui accompagnent leurs parents sur le chantier devraient donc également avoir suivi au moins cette formation. Car, en cas d’accident, les conséquences peuvent être gravissimes. Peu importe le statut du jeune, la sécurité d’abord.
à suivre un enseignement de plein exercice ;
B) qui ne sont plus soumis à l'obligation scolaire (parce qu'ils ont 18 ans ou ont terminé leurs études secondaires) et qui continuent à suivre un enseignement de jour à horaire normal ;
C) uniquement pendant la période des vacances scolaires, les étudiants mineurs de 15 ans et plus qui suivent un enseignement ou une formation à temps partiel et qui ne bénéficient pas d'une allocation de transition ;
D) uniquement lorsqu'ils ne doivent pas suivre un enseignement ou une formation théorique ou être présents en milieu professionnel, les étudiants (1) qui suivent un système de formation en alternance (qui consiste, d'une part, en une formation théorique soit dans un établissement d'enseignement soit dans un organisme de formation créé, subventionné ou agréé par les autorités compétentes et, d'autre part, en une formation pratique en milieu professionnel) et (2) qui ne bénéficient ni d'allocations de chômage, ni d'allocations d'insertion.
ATTENTION : si le job d’étudiant est effectué chez le même employeur auprès duquel le jeune en alternance suit également sa formation pratique, le SPF Emploi et l’ONSS l’acceptent uniquement pour les mois d’été (juillet et août).
Rémunération
Dans l’accord sectoriel 25-26, il a été convenu d’introduire à nouveau, à partir du 1er avril 2026, un barème spécifique pour des étudiants mis au travail dans le cadre d'un contrat d'occupation d'étudiants, visé au titre VII de la loi du 3 juillet 1978 relative aux contrats de travail. C’est une nouveauté : le salaire horaire de base est de 16 euros. Ce montant sera indexé chaque année au 1er juillet. Votre entreprise peut bien évidemment accorder un salaire horaire plus élevé. Les étudiants de la construction n’ont pas droit aux chèques-repas. Les barèmes salariaux des étudiants employés (non-ouvriers) peuvent être consultés sur le site du Fonds Social de la CP 200. Les revenus des étudiants sont soumis à des règles fiscales spécifiques. S’ils travaillent moins de 650 heures par an, disposent d’un contrat de travail écrit et ne paient pas de cotisations sociales, aucun précompte professionnel n’est retenu. L’obligation de payer des
INFO : surfez sur le site web d’Embuild (partie réservée aux membres), où vous retrouverez un dossier complet sur le travail des étudiants (formalités d’occupation, travaux interdits, mesures de sécurité, statut social/ fiscal, …).
impôts dépend du revenu total de l’étudiant. Celui-ci peut également rester à charge de ses parents, à condition de faire partie du ménage, de ne pas dépasser un certain plafond de ressources et de ne pas percevoir de salaires déductibles comme frais professionnels pour les parents.
L’employeur doit effectuer une analyse des risques auxquels l’étudiant jobiste est exposé dans le cadre de ses activités. Il évalue ainsi tous les risques pour la sécurité, la santé physique et mentale, ainsi que le développement de l’étudiant. Cette analyse doit être réalisée en collaboration avec le conseiller en prévention du service interne ou externe pour la prévention et la protection au travail. Elle doit être intégrée dans le plan global de prévention et, sur cette base, des mesures de prévention appropriées doivent être prises.
Pour des raisons de sécurité, certaines activités sont interdites aux travailleurs mineurs (moins de 18 ans). Logiquement, elles sont également interdites à tous les étudiants-travailleurs, quel que soit leur âge. Ces restrictions ne s’appliquent pas aux étudiants-travailleurs âgés de 18 ans ou plus, suivant une formation correspondant au travail ou aux tâches concernées par l’interdiction, à condition d’être encadrés par un travailleur expérimenté.
Formation à la sécurité de base obligatoire
Les étudiants sont engagés sur la base d’un contrat de travail. S'ils sont occupés sur des chantiers temporaires et mobiles, ils doivent donc, comme les autres travailleurs, avoir suivi la formation à la sécurité de base obligatoire d’au moins huit heures, et ce dans le mois qui suit leur entrée en service.
Certains étudiants de l’enseignement professionnel ou technique peuvent profiter d’une dérogation lorsqu’ils ont décroché une attestation VCA dans leur école.
Vous retrouverez tous les détails sur les jobs d’étudiants et la sécurité dans le dossier 151 de Constructiv sur l’emploi des jeunes dans la construction et de la fiche info 3009 - Bien-être des jobistes dans les entreprises de la construction. Les documents utiles sont disponibles gratuitement sur www.buildingyourlearning.be.
En pratique, deux régimes peuvent être mobilisés pour augmenter le volume de travail : les heures complémentaires construction (AR 213) et les heures supplémentaires volontaires Additionnés, cela représente un potentiel théorique de 540 heures « en plus » sur une année civile. Mais ce chiffre reste théorique pour deux raisons principales :
Tout d’abord, l’avantage fiscal est limité à 180 heures Si ces 180 heures sont déjà utilisées via l’AR 213, il n’y a plus d’avantage fiscal au-delà de ce plafond et donc plus vraiment d’intérêt à prester des heures supplémentaires volontaires au-delà des 240 heures exonérées. Ensuite, si l’on combine les 180 heures fiscalement avantageuses et les 240 heures « net = brut », on atteint 420 heures de travail en plus par an (sans récupération). Selon l’organisation du travail (et notamment en l’absence de chômage temporaire), ce cumul peut rapprocher l’entreprise de la limite européenne de 48 heures par semaine sur la période de référence de 12 mois.
Le nouveau régime structurel d’heures supplémentaires volontaires (art. 25bis de la loi du 16 mars 1971) est entré en vigueur avec effet rétroactif le 1er avril 2026. Dans cet article, nous vous présentons ce nouveau système simplifié.
Depuis 2017, il est permis de prester 100 heures supplémentaires volontaires sur la base d’un accord entre le travailleur et l’employeur. Après la crise du Covid-19, ce mécanisme avait été complété par un quota temporaire de 120 heures additionnelles dites « heures de relance ». Ce quota est arrivé à échéance le 31 mars 2026.
Depuis le 1er avril 2026, un système unique de 360 heures supplémentaires volontaires par année civile est instauré, sans motif ni repos compensatoire. Il s’organise comme suit : ● 240 heures conservent le traitement social et fiscal des anciennes heures de relance : elles sont payées à 100 % et exonérées de cotisations sociales et d’impôts. Concrètement, le salaire net du travailleur est égal au salaire brut, et le coût pour l’employeur correspond également au brut. Ces 240 heures se calculent sur l’ensemble de l’année 2026 : les heures de relance déjà prestées au 1er trimestre 2026 viendront en déduction du nouveau quota. ● 120 heures supplémentaires volontaires resteraient soumises aux suppléments de salaire applicables aux heures supplémentaires ordinaires :
+50 % en semaine et +100 % le dimanche et les jours fériés.
Ces heures pourraient aussi bénéficier de l’avantage fiscal.
Aucun ordre de priorité n’est prévu entre ces deux volets : le quota « net = brut » (240h) et le quota avec sursalaires (120h) peuvent se combiner librement dans les limites annuelles.
Les limites restent les mêmes : 11 heures par jour (max +3 heures/jour) et 50 heures par semaine (max + 10h/semaine).
Ces heures ne donnent pas lieu à récupération. Elles ne sont donc plus comptabilisées dans le « compteur limite interne ».
Accord écrit, sans lourdes formalités
L'intérêt des heures supplémentaires volontaires est qu’elles ne nécessitent pas de motif précis : l’accord entre le travailleur et l’employeur suffit. Cet accord doit toutefois être établi par écrit avant la prestation.
Sa durée de validité passe de 6 mois à 12 mois, avec renouvellement tacite pour la même durée, tout en restant résiliable moyennant un préavis d’un mois.
On rappellera également que ces heures peuvent être prestées en dehors des horaires prévus dans le règlement de travail.
Que deviennent les accords en cours ?
Les conventions conclues sous l’ancienne réglementation resteront valables en tant qu’accord relevant du nouveau régime, et ce jusqu’à l’expiration de leur durée de validité. À l’issue de cette période, un nouvel accord devrait être conclu selon les nouvelles règles pour une durée d’un an (avec prolongation tacite et possibilité de résiliation).
Jusqu’au 31 mai 2026, il était en principe interdit de travailler la nuit sauf dérogation. Depuis le 1er juin 2026, la législation est modifiée. L’interdiction disparaît. Il n’y a donc plus lieu d’avoir un motif pour pouvoir travailler la nuit. Les formalités sont également simplifiées mais, vu qu’il ne s’agit pas du cadre normal de travail dans l’entreprise, il y a toujours bien lieu d’avoir des horaires de travail adaptés dans le règlement de travail.
Pour les entreprises de construction, la définition du travail de nuit n’est pas modifiée. En droit du travail, la nuit est définie comme étant la période qui débute à 20h et se termine à 6h du matin. Pour que l'on parle de « travail de nuit », il faut qu'il y ait des prestations dans la période qui va de minuit à 5h du matin. Donc, par exemple, travailler jusqu'à minuit ou commencer à 5h du matin n'est pas considéré comme du travail de nuit.
Les formalités à accomplir pour pouvoir travailler la nuit dépendent de la situation. Elles sont dorénavant plus simples.
Dans les situations de force majeure, on travaillera la nuit de façon imprévisible et donc en dehors des horaires de travail prévus dans le règlement de travail. On devra uniquement informer l’Inspection sociale du fait qu’on va travailler la nuit.
Dans toutes les autres situations, que le travail de nuit soit marginal, occasionnel ou structurel, on devra toujours avoir des horaires de travail adaptés. La procédure d’introduction d’horaires de travail adaptés dans le règlement de travail de l’entreprise est dorénavant plus simple. Il n’est plus obligatoire de passer par la conclusion d’une CCT avec toutes les organisations syndicales représentées au sein de la délégation syndicale. Dès lors, qu’il y ait ou non une délégation syndicale dans l’entreprise, l’employeur pourra utiliser la procédure classique de modification du règlement de travail.
Des consultations supplémentaires devront préalablement avoir lieu avec la délé-
gation syndicale ou directement avec les travailleurs en l’absence de délégation syndicale uniquement lorsque le régime de travail envisagé comporte des prestations habituelles de travail dans la période située entre minuit et 5 heures du matin.
Les points suivants doivent être abordés à cette occasion:
A) le respect de la CCT n° 46 ;
B) les mesures utiles de sécurité ;
C) les possibilités au niveau de l’accueil des enfants ;
D) l’égalité de traitement entre hommes et femmes sur le plan de la rémunération ;
E) le nombre de travailleurs concernés.
On rappellera que les heures prestées entre 22h et 6h du matin donnent droit à un supplément de salaire de 25 % et à une pause de 30 minutes rémunérée au salaire normal. La nouvelle loi ne modifie pas ces dispositions.
Il n’y a dorénavant plus lieu d’avoir un motif pour travailler la nuit, que ce soit de façon occasionnelle ou plus régulière. En vertu du principe de droit selon lequel la loi la plus récente a la priorité sur les dispositions antérieures, les règles sectorielles qui étaient basées sur l’ancienne interdiction (p.ex. les dispositions relatives à l’élargissement des limites fixées par la loi du 6 avril 1960 puisque ces dernières sont supprimées) deviennent obsolètes. Ainsi, il est tout à
fait possible de commencer à travailler avant 6 heures du matin ou de continuer après 19h dans toutes les entreprises de construction ainsi que dans les centrales à béton. Il ne faudra donc plus passer par le régime des équipes successives pour pouvoir commencer plus tôt. La suppression de l’interdiction de travailler la nuit représente une sérieuse simplification pour les entreprises. Seules des contraintes communales peuvent encore limiter l’activité.
Dans le cadre de Rebuild Belgium, nous avions présenté les chiffres relatifs aux logements et aux bâtiments publics dans nos deux éditions précédentes. Place à présent à la troisième et dernière partie avec les infrastructures qui ont aussi besoin d’être renouvelées. Embuild a pu rassembler les données nécessaires par rapport aux autoroutes, aux routes régionales ainsi qu’aux ponts et tunnels situés sur ces routes pour se rendre compte des nombreux travaux à réaliser.
«Il n’y a pas que nos logements et bâtiments publics qui doivent être rénovés. Nos infrastructures routières souffrent également d’un large retard. En moyenne, elles ont 45 à 50 ans et doivent être rénovées de toute urgence », avait indiqué NIKO DEMEESTER, le CEO d’Embuild, lors de la présentation des résultats de l’enquête à la presse, au début du mois de février.
La Belgique compte 15.032 km d’autoroutes et de routes régionales. Parmi celles-ci, 18 % (2.725 kilomètres) doivent être entière-
ment remplacées et 15 % (2.234 kilomètres) nécessitent une rénovation structurelle importante.
C’est en Wallonie que les besoins de rénovation sont les plus élevés. En effet, la Région wallonne compte 7.850 kilomètres de routes : 17 % (1.335 kilomètres) doivent être remplacées et 18 % (1.413 kilomètres) doivent être rénovées. Bruxelles a 100 kilomètres de routes : 18 % (18 kilomètres) doivent être remplacées et 15 % (15 kilomètres) nécessitent une rénovation structurelle. Quant à la Flandre, elle dispose de 7.082 kilomètres de routes : 19 % (1.372
ONT BESOIN D’UN LARGE ENTRETIEN EN WALLONIE
7.850 km d'autoroutes et de routes régionales.
6.152 ponts et tunnels sur les autoroutes et les routes régionales.
17 % (1.335 kilomètres) doivent être entièrement remplacées.
18 % (1.413 kilomètres) nécessitent une rénovation structurelle importante.
2 % (116 unités) doivent être remplacées.
2 % (146 unités) nécessitent une rénovation structurelle.
ONT BESOIN D’UN LARGE ENTRETIEN À BRUXELLES
100 km
d'autoroutes et de routes régionales.
118 ponts et tunnels sur les autoroutes et les routes régionales.
18 %
(18 kilomètres) doivent être entièrement remplacées.
15 % (15 kilomètres) nécessitent une rénovation structurelle importante.
6 % (7 unités) doivent être remplacées.
7.082 km d'autoroutes et de routes régionales.
18 %
(21 unités) nécessitent une rénovation structurelle.
2.936 ponts et tunnels sur les autoroutes et les routes régionales.
19 %
(1.372 kilomètres) doivent être entièrement remplacées.
11 % (806 kilomètres) nécessitent une rénovation structurelle importante.
kilomètres) doivent être remplacées et 11 % (806 kilomètres) ont besoin d’être rénovées.
Ponts et tunnels
Notre pays compte également de nombreux ponts et tunnels : 9.206 au total sur les autoroutes et routes régionales. 3 % de ces ouvrages d’art (309 unités) doivent être remplacés et 4 % (365 unités) nécessitent une rénovation structurelle, mais cette proportion est beaucoup plus élevée dans la Région de Bruxelles-Capitale.
6 % (186 unités) doivent être remplacées.
7 %
(198 unités) nécessitent une rénovation structurelle.
En Wallonie, 2 % (116 unités) doivent être remplacés et 2 % (146 unités) doivent être rénovés. À Bruxelles, 6 % (7 unités) doivent être remplacés et 18 % (21 unités) doivent être rénovés. Enfin, en Flandre, 6 % (186 unités) doivent être remplacés et 7 % (198 unités) doivent être rénovés.
Outre ces routes régionales, autoroutes, ponts et tunnels, de nombreuses routes locales, pistes cyclables, sentiers pédestres, voies ferrées et services d’utilité publiques doivent également être améliorés et étendus.
Le 22 avril dernier, environ 50 parties prenantes ont pris part à la cinquième table ronde nationale LIFE BE FREE au HUBB, le siège d’Embuild. Cette table était intitulée « Rénovation énergétique : de la directive à la réalité ». Elle a permis d’explorer comment les trois Régions belges traduisent les directives européennes en matière de climat et d’énergie en réglementations, plans et actions concrètes sur le terrain.
Pour rappel, le projet LIFE BE FREE, dans lequel Embuild est impliquée, a été lancé en octobre 2023 et vise à promouvoir des solutions de financement pour la rénovation énergétique des logements et bâtiments en Belgique, en vue d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050.
Jean-Pierre Liebaert, conseiller général chez Embuild, a introduit la séance en évoquant Rebuild Belgium, l’enquête menée par notre fédération professionnelle dans le cadre de ses 80 ans. Elle dresse un état des lieux de nos logements, bâtiments publics et infrastructures et montre l’ampleur du défi à réaliser pour tout mettre aux normes d’ici 2050.
À retenir : 5,2 millions de logements à rénover en multipliant par cinq le rythme de rénovation actuel pour arriver à 4 % ; 95 % des bâtiments publics à rénover ainsi que 2.234 km de routes et 365 ponts et enfin un besoin supplémentaire de 891.000 logements et 601 bâtiments pour des écoles, des centres de soins, des hôpitaux et des prisons, sans oublier 2.725 km de routes et 310 ouvrages d’art à remplacer. Pour plus de détails, nous avons consacré une série d’articles à ce sujet dans cette édition (pages 16-17) et les deux précédentes.
C’est ensuite Carole Van Goethem (SPW Energie) qui a expliqué comment la Wallonie transpose la directive PEB 4 à travers des obligations progressives pour les bâtiments existants et le projet de plan de rénovation des bâtiments imposé par cette même directive. Cette dernière fixe un cadre (neutralité énergétique, introduction de normes minimales et
obligation de rénovation progressive du parc) et il appartient aux Régions de définir leur propre réglementation.
La Wallonie va adopter un nouveau décret PEB et des arrêtés d’exécution, qui sont en préparation, pour répondre aux exigences de la directive. L’attachée du SPW a détaillé la trajectoire (identifier les 43 % des logements les moins performants et veiller à ce qu’au moins 55 % de la diminution de la consommation moyenne soit obtenue grâce à la rénovation de ces 43 %) et les mesures à prendre au niveau des nouvelles constructions (notamment passer de qZEN 2.0 en 2026 à « Zéro Emission » en 2030), de la rénovation (distinguer notamment rénovation en profondeur, importante et simple) et des normes minimales pour atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050, avec des objectifs à atteindre d’ici 2030. La directive prévoit que les bâtiments publics serviront d’exemple et de moteur avec des exigences à atteindre plus rapidement. Elle a aussi présenté le projet de Plan wallon de Rénovation Energétique des Bâtiments, qui est l’une des obligations de la directive et dont l’objectif est d’opérationnaliser la rénovation du parc bâti vers le « zéro émission ». Il comprend notamment un plan d’actions concrètes développées en sept thèmes (gouverner et piloter la stratégie de rénovation, établir un cadre réglementaire structurant, décarboner la chaleur et renforcer la planification locale, accompagner à la rénovation, financer la rénovation, rénover le parc public et donner l’exemple et enfin développer une offre de qualité et résiliente), comportant 28 mesures pour un total de 205 actions. La Commission européenne est en train d’analyser ce projet de

plan ; le plan définitif est attendu pour la fin de l’année 2026.
Isabelle Rolin de Bruxelles Environnement a ensuite présenté la situation propre à la Région bruxelloise. Le contexte y est particulièrement spécifique : 61 % de locataires, 55 % de logements en copropriété et 27 % de ménages en situation de précarité énergétique. Ces caractéristiques rendent la rénovation énergétique à la fois indispensable et complexe.
Pour relever ce défi, l’alliance RENOLUTION, un partenariat public-privé, a été mise en place. Elle s’articule autour de sept thématiques abordées lors d’ateliers : la réglementation, l’urbanisme et le patrimoine, la rénovation urbaine, le financement, l’accompagnement de la demande et de l’offre, la formation et l’emploi et la logistique.
Afin de concrétiser la stratégie de rénovation du bâti, le Parlement bruxellois a adopté le 7 mars 2024 une révision du « CoBrACE » (le Code bruxellois de l’Air, du Climat et de la Maîtrise de l’Energie). Cette ordonnance introduit l’obligation de disposer en permanence d’un certificat PEB (avec un délai de mise en conformité de 5 ans), ainsi que des objectifs de performance énergétique à atteindre dans les 10 et 20 ans de l’entrée en vigueur de la mesure. Pour les unités résidentielles, les seuils fixés à Bruxelles sont de ≤ 275 kWh/m²/an en 2033 et
≤ 150 kWh/m²/an dans les 20 ans. Cette réforme a été complétée le 3 juillet 2025 par plusieurs arrêtés du gouvernement portant sur :
● les indicateurs et les exigences PEB, avec une méthode unique du calcul PEB pour le neuf et l’existant, ● l’agrément des experts PEB, fusionnant les rôles de certificateur et conseiller PEB, ● la mise en place d’un certificat PEB unique et d’un rapport de synthèse pour faciliter le processus décisionnel des copropriétés.
L’entrée en vigueur de l’ensemble dépendra du déploiement du nouveau logiciel PEB intégrant la méthode de calcul unique. Cette réforme contient donc des obligations de résultats renforcées et repense la certification comme véritable levier de rénovation.
Pour la Flandre, c’est Stéphanie Corens, conseillère au Minaraad qui s’est exprimée. Le Conseil Mina est le Conseil de l'Environnement et de la Nature de la Flandre. La présentation s’est concentrée sur le plan de rénovation des bâtiments en Flandre, et sur l’avis du Conseil Mina. Au centre des préoccupations, une vision claire et cohérente à long terme pour la rénovation des bâtiments en Flandre.
Elle a souligné l’importance de fixer
Daniel Kryszkiewiez de Febelfin (Fédération belge du secteur financier), l’un des six acteurs du consortium LIFE BE FREE, a introduit la cinquième table ronde nationale LIFE BE FREE.

Environ 50 parties prenantes ont pris part à l’événement qui se déroulait au HUBB, le siège d’Embuild, le 22 avril dernier.
INFO : www.lifebefree.be ou via info@lifebefree.be.
des objectifs clairs, d’établir un planning prévisible et de suivre les politiques de façon efficace. Une collaboration étroite entre les niveaux flamand, fédéral et local est à cet égard essentielle.
Les pouvoirs publics locaux jouent un rôle clé sur le terrain, mais leur capacité d'action reste limitée. Ils dépendent fortement des décisions, des ressources et de la réglementation des pouvoirs publics centraux. Raison pour laquelle ils ne peuvent pas toujours assumer pleinement leur rôle de coordination aujourd'hui. En outre, une grande attention est accordée à l'accessibilité financière et à la justice sociale. Selon le Conseil Mina, les ménages vulnérables et le marché locatif ont besoin d'un soutien supplémentaire.
Les rénovations collectives et la collaboration entre propriétaires offrent également des opportunités d'avancer plus rapidement. En conclusion, le Conseil Mina plaide en faveur de choix clairs, d'un soutien suffisant et d'une politique qui évolue au rythme de la pratique. Stéphanie Corens a encore rappelé quelques dates importantes. D'ici 2030 : tous les logements devront au minimum atteindre un niveau d'isolation de base, sans entraîner de frais de rénovation ultérieurs. D'ici 2040 : suppression progressive des systèmes de chauffage à énergie fossile et préparation des bâtiments à des alternatives durables. Et jusqu'en 2050 : soutien aux rénovations locales grâce à un financement stable, des règles simples et un accompagnement clair.
Enfin, Dorien Fierens (Alides) et Marie
De Laet (Van Roey) ont présenté le projet Montoyer 34. Il s’agit de la rénovation d’un bâtiment de bureaux des années 90 construit au cœur du quartier européen de Bruxelles. Elles ont expliqué comment la rénovation circulaire permet déjà aujourd’hui de fortes réductions de CO2, sans compromis sur la qualité, l’architecture ou la viabilité. L’objectif de ce projet était multiple : la réduction de l’empreinte carbone de près de la moitié de l’ancien bâtiment, l’utilisation de matériaux recyclés (recycling & upcycling) avec notamment le réemploi des pierres de façades en carrelages pour le hall d’entrée, la réutilisation maximale de la structure en béton existante, l’adaptation des lieux aux besoins futurs, la création d’espaces flexibles et enfin l’obtention de la certification BREEAM. Le tout via une collaboration de tous les acteurs dans le BIM et un dialogue permanent. Ce qui, au départ, s’avérait être un challenge s’est transformé en opportunité, mais l’effort nécessaire pour atteindre ce niveau de durabilité dans un projet est considérable. En effet, selon les oratrices, cette rénovation est performante mais un tel projet reste complexe et coûteux à grande échelle.
Le projet Life BE FREE s’achèvera en septembre 2026, après avoir posé les bases d’une collaboration structurée entre acteurs publics, financiers et du secteur de la construction. La phase finale vise à consolider les résultats, méthodes et enseignements du projet. Cependant, la dynamique se poursuit concrètement : les travaux, messages clés et solutions développées seront repris par BEEFiC (Belgian Energy Efficiency Financial Coalition) et le BGBC (Belgian Green Building Council). Ces deux plateformes assureront la continuité en intégrant des acquis du projet dans leurs actions respectives : financement de la rénovation, mobilisation du marché, production de connaissances et dialogue avec les pouvoirs publics afin d’en assurer la continuité et le passage à l’échelle.
Plusieurs rendez-vous marquent cette dernière ligne droite : les Focus Groups du 18 mai 2026 chez Embuild, une série de webinaires « Renovate smarter in 30 minutes », ainsi que le 17 septembre 2026, avec la table ronde nationale finale (matin) et l’événement de clôture du projet (après-midi).
Vous souhaitez consulter les détails de la réglementation en matière de TVA ?
Vous avez une question sur la facturation électronique ? Vous cherchez un modèle de contrat ? Ces tâches récurrentes peuvent vous faire perdre beaucoup de temps inutilement. Mais EMMA va changer la donne.
Le lundi 13 avril, Embuild a lancé son assistant numérique EMMA. Il vous permet, à toute heure de la journée, d’avoir des réponses à toutes vos questions sur l’espace membres du site web d’Embuild. EMMA se charge de vous fournir les documents et les modèles de contrat nécessaires ou vous
TOOLI : UN DEUXIÈME OUTIL D’IA LANCÉ PAR LE SECTEUR
Début mai, un autre outil d'IA important destiné au secteur de la construction a été présenté : Tooli, une initiative de Buildwise, Embuild, Bouwunie et Constructiv. Tooli est également un outil d'IA sécurisé conçu pour répondre aux besoins concrets du secteur : trouver plus rapidement des informations pertinentes, gagner du temps lors de l'analyse de documents et faciliter les tâches quotidiennes. Tooli se compose de sept « agents », chacun spécialisé dans un domaine particulier :
● L’Assistant général, qui répond à toutes vos questions sur la construction, ou sur votre domaine d’activité.
● L’Analyseur d’appel d’offres, qui analyse en un clin d'œil les documents d'appel d'offres (cahier des charges, métré...) et vous fournit les informations les plus importantes qui vous concernent.
● Le Coach d’offre, qui vérifie que votre projet d’offre est complet et cohérent, contrôle les clauses contractuelles essentielles et vous signale les risques et lacunes éventuels.
● Le Générateur de comptes-rendus
de réunions, qui transforme des notes éparses, des annotations ou des mémos vocaux en un compte-rendu de réunion clair.
● L’Assistant d’analyse des risques, qui vous accompagne étape par étape dans l’élaboration et la structuration d’une analyse des risques liés à une tâche, en tenant compte des risques, des mesures de prévention et de l’évaluation des risques.
● Nexo, l'agent IA de Buildwise qui vous aide à trouver en quelques secondes des informations techniques fiables dans la base de données de Buildwise. Cet outil intelligent s'appuie exclusivement sur les publications et l'expertise de Buildwise.
● EMMA, l'assistant IA d’Embuild.
QU’EN PENSEZ-VOUS ?
Avez-vous testé EMMA ou Tooli et souhaitez-vous partager votre avis ?
N’hésitez pas à laisser un commentaire, ainsi que vos coordonnées, via le code QR ci-dessous.
DONNEZ VOTRE AVIS ! www.tooli.be

oriente vers le spécialiste compétent chez Embuild.
Plusieurs mois de préparation ont été nécessaires pour ce lancement. Embuild voulait s'assurer qu'EMMA ne diffuse pas d'informations erronées ou ne soit pas victime d’hallucinations, comme certaines applications d'IA bien connues.
Si EMMA ne connaît pas la réponse, elle vous le dira franchement et vous mettra en relation avec un collaborateur d'Embuild. Si elle a une réponse, elle ajoute toujours une référence à la source, afin que vous puissiez vérifier, vous-même, cette réponse. EMMA s'appuie exclusivement sur les données issues de la base de données d’Embuild. Si vous souhaitez retrouver rapidement un document ou un modèle de contrat précis, EMMA est généralement le moyen le plus rapide.
EMMA permet aux membres d'Embuild de trouver rapidement des informations fiables, même en dehors des heures de bureau. Parallèlement, les juristes, fiscalistes et autres experts d'Embuild disposent de plus de temps pour se consacrer à des dossiers complexes. C'est là l'objectif final : EMMA répond aux questions relativement simples, ce qui permet aux spécialistes de se consacrer davantage aux dossiers complexes.
INFO : www.embuild.be



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La construction bois présente de nombreux avantages : respect de l’environnement, stockage de carbone, très bonnes performances énergétiques avec une isolation optimale, bonne acoustique, matériau durable et léger adapté à la préfabrication et à la construction modulaire pour un chantier court et propre… Pourtant, elle peine à décoller en Belgique avec, en moyenne, un logement sur dix construit en bois. Le cliché du « c’est plus cher » a encore la vie dure. Est-il justifié ? Dans ce dossier, nous analysons le marché de ce segment de la construction en donnant la parole à plusieurs acteurs clés.
Pour avoir un aperçu général de la thématique de notre dossier, nous avons interrogé Hugues Frère, le directeur de Hout Info Bois. Il s’agit du centre national d’information technique sur le bois et ses usages, qui réalise une enquête bisannuelle auprès des entreprises du secteur sur l’état de la construction bois en Belgique, depuis 2011. La dernière enquête s’est clôturée fin 2024. Elle a été réalisée en collaboration avec Embuild Wallonie et Embuild.Brussels.
Tout d’abord, commençons par expliquer le rôle de cette asbl située en plein de centre de Bruxelles, juste en face du Botanique à la Rue Royale. L’objectif premier de Hout Info Bois, une asbl créée en 1975, est de soutenir la construction bois au niveau national en donnant des conseils techniques aux entrepreneurs, architectes, bureaux d’études et maîtres d’ouvrage. Quiconque ayant des questions sur le bois et ses usages peut venir frapper à la porte de l’asbl.
Avant de plonger dans les grandes tendances de l’enquête (qui couvre les constructions neuves résidentielles et non résidentielles et les rénovations, extensions et surélévations), HUGUES FRÈRE dresse deux constats sur la construction bois dans notre pays. « En Belgique, elle est d’une qualité exceptionnelle. Nous avons des entreprises qui travaillent très bien et qui disposent d’un grand savoir-faire. Nous réalisons des voyages d’études au Canada, où 90 % des mai-

sons sont en bois, ou encore en Scandinavie. Dans ces pays, on voit des constructions en bois partout, mais je peux vous assurer que la qualité et les techniques de construction sont inférieures à chez nous », indique le directeur de Hout Info Bois. « Mais malgré cela, on constate beaucoup de freins à son développement en Belgique. Il y a le lobby d’autres matériaux et les a priori injustifiés sur le coût. Cela freine le développement du bois chez nous. »
Nombre et taille des entreprises de construction en bois
Si on regarde le nombre d’entreprises, on constate une certaine stabilité depuis 2011 (hausse jusqu’en 2021 et puis léger recul) : entre 120 et 140. En 2024, on en totalisait 115 : 68 en Wallonie et 47 en Flandre. « Historiquement, il y en a toujours eu plus en Wallonie (60 à 70 %) qu’en Flandre (30 à 40 %) et très peu à Bruxelles. La dernière enquête montre un léger tassement en 2023-204. Plusieurs facteurs expliquent cela : la fin du moratoire sur les faillites après la crise de la COVID. C’est comme si on avait débranché le baxter pour plusieurs entreprises et pour d’autres, il peut s’agir d’un patron âgé parti à la pension et dont la relève n’a pas suivi. Mais les raisons peuvent être autres et multiples. » Concernant la taille des entreprises, il s’agit généralement de petites structures qui construisent donc peu de maisons par an. « Environ 75 % des entreprises construisent

entre 10 à 20 maisons par an. Cela peut s’expliquer par le fait qu’elles ont une activité complémentaire, par exemple, de menuiserie », précise Hugues Frère. Les chiffres de l’enquête disent que 53 % réalisent moins de dix constructions par an, 25 % plus de vingt constructions et 15 % plus de 50 constructions. « Par contre, si les entreprises wallonnes sont plus nombreuses, on constate que leur taille moyenne est plus élevée en Flandre. Il y a donc principalement des petites structures artisanales, particulièrement en Wallonie, ou de plus grandes entreprises industrialisées, notamment en Flandre, mais des exceptions dérogeant à ces tendances existent dans chacune des régions. »
Nouvelles constructions résidentielles
La production de nouvelles maisons oscille annuellement entre 1.500 et 1.900 et s’élève à 1.902 pour 2024. « Nous avons déjà constaté des pics jusqu’à 2.500 », précise le directeur de Hout Info Bois. « En 2023-2024, on constate un tassement plus marqué en Wallonie qu’en Flandre et une tendance à la baisse en Wallonie observée depuis 2021. »
Plusieurs facteurs expliquent cela : diminution générale de l’activité dans le secteur de la construction ; augmentation du coût de la main-d’œuvre, des matériaux et des exigences PEB ; crise énergétique et hausse des taux d’intérêt. « Si le coût des matériaux et du bois a fortement augmenté durant la crise sanitaire, il a depuis retrouvé le prix d’avant COVID. Il peut donc paraître étonnant que la construction bois n’ait pas enregistré un regain d’intérêt. Ce regain est sans doute limité car le prix du bois dans une habitation en bois ne représente que 25 % du coût global du bâtiment. »
Autre constat de l’enquête : les entreprises flamandes produisent en moyenne 2,5 fois plus que les entreprises wallonnes (1.319 pour 583 en 2024). « Comme déjà expliqué, la taille des entreprises est souvent plus grande en Flandre et à l’inverse de la Wallonie, la construction bois est souvent l’unique activité de l’entreprise. La construction « clé sur porte » y est également plus répandue. »
Et quelle est la part de la construction résidentielle unifamiliale en bois en Belgique ? « Cela varie entre 6 et 11 %. En 2024, elle était de 8 %. Il faut compter environ une

« Il faut soutenir les entreprises, encourager les projets publics et mieux valoriser les bénéfices environnementaux du bois. »
HUGUES FRÈRE
maison sur dix en Belgique, le bois reste minoritaire dans la construction résidentielle. »
Selon Hugues Frère, le bois s’adapte parfaitement aux rénovations, extensions et surélévations de par sa légèreté, sa maniabilité et sa flexibilité. « Le bois, c’est 370 kilos/m³ alors que le béton 2.400 kilos/m³ », préciset-il. Pourtant, la part de RES en bois oscille entre 2 et 3 %. En 2024, sur 27.415 permis accordés en RES, 543 RES ont été réalisées en bois. « C’est un point compliqué car l’enquête sous-estime la réalité. Les chiffres fournis par la Direction Générale des Statistiques correspondent aux permis de bâtir sollicités et dans de nombreux cas, notamment pour des superficies très réduites, aucun permis n’a été demandé. En outre, il n’existe pas de statistiques disponibles pour la réalisation d’annexes et de surélévations, elles sont confondues avec d’autres demandes de permis liés à des transformations, des démolitions… »
Le pourcentage de constructions en ossature bois est en moyenne de 80 %, ce qui en fait le système constructif le plus représenté. Depuis 2019, le système en bois lamellé-collé CLT (Cross Laminated Timber), tant collé que cloué, se maintient aux environs de 13 %. « Il prend de plus en plus de parts de marché aux bois massifs empilés et aux poteaux-poutres, qui se partagent les moins de 10 % restants : 7,27 % pour le premier cité et 1,20 pour le second. »
Au niveau des bâtiments autres qu’unifamiliaux (constructions collectives et tertiaires), on en dénombre environ 170 par an. « Ici, on constate un léger tassement de la production de ce type de bâtiments, mais une surface produite qui reste stable avec 100.000 m²/an, ce qui signifie que la taille moyenne des bâtiments a tendance à augmenter. 75 % des entreprises qui construisent ces bâtiments sont wallonnes et couvrent près de 70 % du marché. Cette activité est beaucoup moins développée en Flandre », indique Hugues Frère. Qui tient également à évoquer la situation des bâtiments publics. « Ils sont quasi inexistants, or les pouvoirs publics de-
vraient montrer l’exemple, comme c’est le cas en France, par exemple. Je m’insurge quand j’entends le ministre Pierre-Yves Jeholet dire que la construction bois reste plus chère et qu’il ne faut donc pas encourager ce matériau pour les bâtiments publics, c’est faux ! Si le projet a été conçu en bois dès le départ, un projet en bois n’est pas plus cher qu’en matériaux traditionnels. De plus, les pouvoirs publics sous-estiment la possibilité d’utiliser le bois local. Ils pourraient le fournir et l’imposer dans des projets publics. » Enfin, au niveau de l’emploi, on a constaté une croissance des salariés jusqu’en 2022 (1.674) et une baisse en 2024 (1.301). « Outre la fin des aides COVID, c’est lié à une baisse d’activité globale dans le secteur de la construction. »
En guise de conclusion, on peut affirmer que la construction de maisons individuelles en bois ne décolle pas et que les pouvoirs publics n’encouragent pas assez le bois dans les bâtiments publics. « C’est toujours lié à cet a priori sur le prix, or je me bats pour dire que c’est à peine plus cher qu’une construction conventionnelle mais surtout, c’est nier l’ensemble des avantages de l’emploi du bois dans la construction », indique Hugues Frère.
Malgré un ralentissement constaté ces deux dernières années, le directeur de Hout Info Bois tient à mettre en avant les multiples atouts du bois. « Le bois est le matériau renouvelable par excellence qui permet de stocker le carbone. Il est léger et parfaitement adapté à la préfabrication et à la construction modulaire. De plus, nous avons les connaissances et le savoir-faire pour l’utiliser. Les ressources sont disponibles. 90 % du bois utilisé en Belgique est d’origine européenne, principalement la Scandinavie, l’Allemagne, l’Autriche et la France. Et bonne nouvelle : la forêt européenne ne cesse de croître. Le potentiel de développement de la filière est donc énorme. Des grands groupes comme CFE, CIT Blaton et Thomas & Piron l’ont compris et ont développé des filiales bois au sein de leur entreprise. Il faut soutenir les entreprises, encourager les projets publics et mieux valoriser les bénéfices environnementaux du bois, importantissimes pour atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050 », conclut le directeur de Hout Info Bois.


«
Au sein de la Fédération des Entrepreneurs Généraux de la Construction (FEGC), qui est une association professionnelle d’Embuild, on retrouve le Groupement des Entrepreneurs généraux de Construction Bois. Il a pour objectif, entre autres, de promouvoir les activités des entrepreneurs actifs dans ce domaine. Thomas Scorier, une figure bien connue au sein d’Embuild et dont l’entreprise TS Construct est spécialisée dans le bois, préside ce groupement.
Le Groupement des Entrepreneurs généraux de Construction Bois a été créé il y a quelques années. Il regroupe entre 70 et 80 entreprises actives principalement dans la construction bois et des « filiales bois » créées par des entreprises générales, comme par exemple Tomwood, la branche bois de Thomas & Piron. « Nous avons pas mal d’entreprises dont la spécialité est le bois au sein de notre association professionnelle, et nous trouvions intéressant de les rassembler dans un groupement, comme c’est le cas aussi pour les piscinistes par exemple, pour développer
et promouvoir le secteur. Au sein de ce groupement, les entreprises peuvent se rencontrer plusieurs fois par an lors de réunions et échanger entre acteurs du secteur », explique THOMAS SCORIER
« Nous essayons d’organiser des visites d’entreprises pour voir ce qui se fait chez nos confrères, comme cela a récemment été le cas chez Ecohuis pour découvrir leur usine de construction modulaire ou encore Wycor, une entreprise de parachèvement qui se lance dans le bois. La création de notre groupement a également permis d’organiser des réunions et de collaborer avec Fedustria, la fédération
belge de l’industrie belge du textile, du bois et de l’ameublement. Pour nous donner une visibilité, nous avons également créé un site internet. »
Sur ce site internet, on retrouve d’ailleurs un onglet sur les avantages et les 10 bonnes raisons d’opter pour la construction bois. En résumé : liberté structurelle importante, chantier court et propre, qualité et durabilité, respect de l’environnement, isolation optimale, transformation et agrandissement, coût et intérêt, santé, acoustique et réaction au feu.
Malgré tous ces bons arguments, comme le montre l’enquête de Hout Info Bois, la construction bois a du mal à décoller en Belgique, avec en moyenne un logement sur dix.
« Cela reste très peu bien évidemment. Mais en 25 ans, le pourcentage est passé de 3 à 10 %, donc on constate déjà une progression », nuance Thomas Scorier. « Il y a toujours le prix qui bloque. Si vous optez pour une petite maison construite en bois, elle sera 10 à 15 % plus chère que si elle était réalisée en matériaux traditionnels. Par contre, pour une villa contemporaine moderne, le bois sera moins cher. Le prix du CLT au m³ est moins cher que celui du béton. Tout dépend du projet, mais pour certaines maisons, le bois a tout son sens et j’insiste, il est moins cher. »
Dans le début de notre dossier, Hugues Frère signalait que les bâtiments publics en bois étaient quasi inexistants et que les pouvoirs publics devaient montrer l’exemple. Le président du Groupement des Entrepreneurs généraux de Construction Bois explique qu’au niveau européen, l’UE pousse à sortir davantage de projets avec ce matériau durable. « L’Union européenne pousse de plus en plus à la construction bois. Des réglementations comme la taxonomie verte et EPBD, Energy Performance of Buildings Directive, visent à stimuler les investissements dans des constructions publiques durables. D’ailleurs, pour obtenir des fonds européens FEDER dans le cadre de certains projets, utiliser des matériaux durables, comme le bois, est même devenu obligatoire. C’est notamment le cas du nouveau siège de la SNCB près de la gare de Bruxelles-Midi qui va subir un relifting complet avec une rénovation et une extension du site. On peut aussi citer le nouvel Eco-Centre
de formation IFAPME-Forem de Namur qui va être inauguré dans les prochaines semaines. Outre ce boost de l’Union européenne, il faut également savoir que des banques donnent parfois un meilleur taux lorsqu’il s’agit d’une construction en bois. »
L’entreprise de Thomas Scorier, TS Construct, est également impliquée dans des projets publics en bois. « Nous avons récemment construit une école en CLT à Jette et réalisé l’extension d’une école à Incourt. Dans les logements sociaux également, beaucoup de projets sortent et nous en avons déjà réalisé pas mal. Les choses sont en train de bien évoluer », indique-t-il.
Sa société maîtrise les différentes techniques de ce type de construction : ossature bois, CLT, poteaux-poutres… « Dans notre groupement, certaines entreprises ne font que le bois. De notre côté, nous sommes aussi une entreprise générale, une sorte de mixte. Pour les demandes de projets en bois, l’ossature bois reste majoritaire, mais le CLT a le vent en poupe. Peu importe le prix, nous constatons régulièrement que les gens intéressés par ce type de projet sont des clients avertis. Coûte que coûte, ils veulent un projet en bois et sont même prêts à mettre plus d’argent. »
Car, selon le Groupement des Entrepreneurs généraux de Construction Bois, les avantages sont nombreux. Il pointe tout de même un point d’attention. « Les logements sont tellement bien isolés que l’on peut arriver à des points de surchauffe, particulièrement pour l’ossature bois dont l’inertie thermique est inférieure au CLT. Il faut donc bien penser à mettre des protections solaires, comme des stores…Dans une construction en bois, c’est plus cher de chauffer l’eau que le logement. »
Thomas Scorier est donc confiant pour l’avenir de ce sous-secteur de la construction. « On ne consomme pas ce qu’on produit et on peut facilement monter jusqu’à 20 % de logements en bois en Belgique, mais pas jusqu’à 50 %, ce qui n’arrivera de toute façon pas car le Belge a une brique dans le ventre. Il faudra aussi voir les effets qu’aura le Stop Béton prévu à l’horizon 2050 en Wallonie, mais déjà en 2040 en Flandre », conclut-il.

« On peut facilement monter jusqu’à 20 % de logements en bois en Belgique, mais pas jusqu’à 50 %. »
THOMAS SCORIER
Active depuis 25 ans dans la construction bois, l’entreprise Chimsco Groupe est un acteur incontournable sur le marché. Pour parler de la thématique de ce dossier, nous avons rencontré Xavier Michaux, le directeur de cette société basée dans le zoning industriel d’Achêne, à Ciney. « La construction bois se porte très bien, et les entreprises générales ont compris l’intérêt de nous impliquer dès le début d’un projet. Elles sont conscientes de tirer des avantages de la préfabrication, aussi bien au niveau financier qu’en gain de temps », indique-t-il.
Historiquement, cette entreprise de classe 6 a fait sa renommée avec les charpentes préfabriquées en bois. Mais petit à petit, elle a diversifié ses activités pour disposer aujourd’hui de quatre départements : charpentes bois, constructions bois, carports & poolhouses et châssis et protections solaires. « Nous nous sommes fort intéressés à la construction bois en 2008-2009 », précise XAVIER MICHAUX . « Et désormais, elle représente 50 % de nos activités avec la moitié des clients qui sont des particuliers, à qui nous proposons du clé sur porte ou un kit à assembler sur chantier avec notre accompagnement, et l’autre moitié des professionnels. Pour les charpentes, 80 % de nos clients sont des professionnels. »
Très impliquée dans le secteur, l’entreprise est également membre du Groupement des Entrepreneurs généraux de Construction Bois. « C’est très important d’avoir une fédération qui nous défend et nous représente. Ce groupement fonctionne très bien, non seulement pour le réseautage, mais aussi pour le partage d’informations. Chaque année, nous apprécions également participer à la Journée Chantiers Ouverts », indique le directeur de Chimsco Groupe.
Quand on lui demande comment se porte la construction bois en Belgique, Xavier Michaux se montre résolument optimiste. « Elle se porte très bien et la marge de progression est bien présente, avec un marché du logement en bois qui oscille entre 10 et 15 %. Il faudra toujours du traditionnel et il y aura toujours
une place pour la construction bois. » Spécialisée dans l’ossature bois, Chimsco Groupe travaille régulièrement en partenariat avec des entreprises générales. Et à ce niveau, le patron de l’entreprise a constaté une belle évolution, notamment dans le cadre de marchés publics. « Il y a quelques années, une entreprise générale de classe 8 soumissionnait, remportait le marché et prenait contact avec nous à la fin de tout ce processus, en bout de chaîne. Depuis deux à trois ans, la situation a bien évolué. Désormais, ces entreprises ont compris l’intérêt de nous impliquer dès le début d’un projet en Design & Build par exemple. Elles sont conscientes de tirer des avantages de la préfabrication, aussi bien au niveau financier qu’en gain de temps. »
En effet, avec un hall de production d’environ 7.000 m², la préfabrication est au cœur des activités de notre membre, qui a bien saisi les avantages de la digitalisation. « On fabrique tout dans notre atelier avec de l’usinage numérique et de l’assemblage automatisé. Tout est préfabriqué : murs, châssis, isolation, bardage et finitions intérieures. Notre force c’est notre outil de production, et les entreprises générales s’y intéressent de plus en plus. »
Comme récents projets phares réalisés par Chimsco Groupe, on peut citer, entre autres, des logements sociaux à Dinant, une école communale à Spontin, une crèche à Meux ou encore l’extension de l’IFAPME à
« Les travaux de rénovation en bois doivent prendre de l’ampleur et les pouvoirs publics ont un rôle à jouer à ce sujet. »
XAVIER MICHAUX


La construction en ossature bois de la nouvelle école communale de Dorinne-Spontin.

Un projet multirésidentiel à Marche-en-Famenne.


Avec un hall de production d’environ 7.000 m², la préfabrication est au cœur des activités de l'entreprise.
Arlon. « Au niveau des marchés publics, beaucoup de projets sont sortis ces deux dernières années. On sent un intérêt qui va crescendo. Depuis le début de cette année, c’est tout de même un peu plus calme avec les restrictions budgétaires des différents gouvernements. Concernant les particuliers, au niveau des petits logements pour monsieur et madame tout le monde, on ressent un petit ralentissement. Nous avons plus de travail pour des plus gros projets avec un budget assez conséquent : gîtes, doubles maisons… Notre carnet de commandes est rempli pour une durée d’au moins deux ans. »
Tout va donc très bien pour l’entreprise cinacienne. Merci pour elle. Elle ne connaît d’ailleurs pas non plus de pénurie de maind’œuvre. « Nous sommes une centaine et nous voulons rester une société familiale. L’entreprise est en plein essor et nous recevons beaucoup de candidatures spontanées. Le bois est attirant et je pense pouvoir dire que mes
confrères ne connaissent pas non plus de problèmes à ce sujet. Dans la région, il y a toujours bien un grand-père, un papa, un oncle, un cousin...qui a travaillé dans le bois et qui transmet sa passion. De plus, chez nous, les candidats intéressés viennent visiter nos ateliers où tout est numérisé et nos outils à la pointe de la technologie motivent. Nous avons également des gens en pleine reconversion que nous savons facilement former à la préfabrication dans nos ateliers. »
Avant de conclure, Xavier Michaux tient encore à aborder le thème de la rénovation. « Nous avons parlé de la construction neuve, mais l’ossature bois a également tout son intérêt dans des travaux de rénovation. Cette rénovation du bâti existant est un enjeu majeur pour le secteur de la construction dans son ensemble, quand on connaît les objectifs ambitieux à remplir dans les années à venir. Le bois peut être la solution ou une alternative. Nous allons d’ailleurs bientôt démarrer un projet de rénovation de 84 logements sociaux à Grâce-Hollogne. Les travaux de rénovation en bois doivent prendre de l’ampleur et les pouvoirs publics ont un rôle à jouer à ce sujet. En plus, de notre côté, nous travaillons essentiellement avec du bois local dans un rayon de 200 km », explique-t-il.
La construction bois a donc un bel avenir devant elle, selon le directeur de Chimsco Groupe. « C’est une technique qui a déjà prouvé sa fiabilité partout dans le monde. Et la mixité entre le traditionnel et le bois va toujours exister. Il faut la cultiver et comme j’ai expliqué, le partenariat et la collaboration avec les entreprises générales sont très importants et s’améliorent de plus en plus. Notre devise nationale n’est-elle pas l’Union fait la force ? », conclut Xavier Michaux.
Dans le cadre du salon Bois & Habitat qui s’est tenu à Namur Expo le 27 mars dernier, Embuild Wallonie a organisé une conférence intitulée : « Transformer, pas seulement digitaliser : un levier de rentabilité et de neutralité ». Notre membre
La Maison de Demain était convié à cette séance d’information pour présenter un projet exemplaire auquel il a participé : un centre d’accueil pour demandeurs d’asile, à Dordrecht aux Pays-Bas, construit essentiellement en bois.
En guise d’introduction, MÉLANIE
LÉONARD, la coordinatrice numérique d’Embuild Wallonie, a rappelé l’intérêt pour les entreprises de construction de sans cesse se réinventer face à la pénurie de main-d’œuvre que connait le secteur. Le hors site et la préfabrication font partie des solutions. Et des outils digitaux existent pour améliorer sa productivité. « Il est important de se demander comment digitaliser ses processus. Si on change ses habitudes, on peut augmenter sa productivité de 14 à 15 %. Il y a pas mal d’enjeux là derrière et une certaine réflexion à mener pour savoir quel outil apportera une valeur ajoutée au sein de mon entreprise », a-t-elle indiqué.
Lors de la conférence, Céline Lejeune, conseillère numérique chez Embuild Wallonie, a présenté plusieurs technologies (scanner 3D, caméra 360°, photogrammétrie) ainsi que des usages de l’intelligence artificielle, notamment pour automatiser certaines tâches administratives. Ces exemples visaient à illustrer des cas concrets.
L’accompagnement proposé par Embuild Wallonie porte toutefois avant tout sur la digitalisation dans sa globalité (structuration, choix d’outils, intégration dans les processus). Pour les besoins plus spécifiques liés aux technologies, un relais peut être assuré vers Buildwise. Cette approche s’inscrit notamment dans le cadre du projet EDIH Wallo-
nIA, dédié à la transformation numérique des entreprises. L’équipe numérique d’Embuild Wallonie a déjà rencontré plus de 180 entreprises pour les aider à faire les bons choix. Serez-vous la suivante ? N’hésitez pas !
Enfin, Céline Lejeune a souligné l’importance d’une amélioration continue, de processus maîtrisés et d’une organisation structurée dans une vision long terme d’une entreprise.
Performance technique et respect de l’environnement
Notre membre La Maison de Demain, entreprise spécialisée dans la conception et la construction de maisons et d’extensions en bois massif (CLT), a pris part au projet AZC Dordrecht. Sa spécialité est la construction hybride durable. L’entreprise réalise aussi bien des constructions neuves que des transformations et des surélévations, en alliant performance technique et respect de l’environnement. Elle combine régulièrement le CLT, l’ossature bois et, lorsque c’est nécessaire, des éléments en acier. Il s’agit donc de solutions innovantes, rapides à mettre en œuvre et à faible empreinte carbone. Son expertise lui a permis de dépasser les frontières belges et de travailler sur le sol luxembourgeois et néerlandais.
LMDD Design & Build et construction hybride
Aux Pays-Bas, l’objectif était la réalisation d’un centre d’accueil, un projet reposant


Lors de la conférence, Céline Lejeune, conseillère numérique chez Embuild Wallonie, a présenté plusieurs technologies.

↑ Le bâtiment est entièrement démontable en dix ans pour un retour du site à sa fonction industrielle après exploitation.

Pérard,

sur une conception LMDD Design & Build et une construction hybride combinant panneaux CLT (utilisés pour les murs, planchers et toitures), ossature bois (pour les façades) et éléments en acier. Ce bâtiment est exclusivement destiné aux demandeurs d’asile, avec une capacité de plus de 600 personnes, soit 60 maisons (environ 10 personnes par logement), et un bâtiment administratif de 2.000 m² composé de bureaux modulables, le tout (12.000 m²) entièrement démontable en dix ans pour un retour du site à sa fonction industrielle après exploitation.
RAPHAËL PÉRARD, administrateur délégué de La Maison de Demain, a expliqué la genèse de ce projet. « En 2024, nous avons été repérés par notre technique et nous sommes allés expliquer notre façon de fonctionner au maître d’ouvrage, le COA (Centraal Orgaan opvang Asielzoekers), l’équivalent de Fedasil en Belgique, qui a rapidement été convaincu. Ce projet devait répondre à plusieurs enjeux, notamment environnementaux, ainsi que des contraintes liées à son environnement direct comme la présence d’éoliennes à proximité et le voisinage immédiat d’installations logistiques de DHL. La conception a duré un an. Fin 2024, le dossier était approuvé et les travaux ont démarré en avril 2025 pour une durée d’un an. C’est un dossier politique, nous devions donc aller vite. Tout a été réalisé dans les temps et les premiers migrants arrivent au mois de mai. »
Cette construction s’inscrit dans un contexte de forte pression du système d’accueil aux Pays-Bas, où environ 40 % des demandeurs sont hébergés en urgence, souvent dans des structures temporaires telles que des hôtels, des bureaux ou même des ba-
teaux de croisière. Dans ce contexte, le projet a également été conçu comme une solution temporaire: le terrain n’étant disponible que pour quelques années, les unités doivent être démontables, réutilisables et facilement remontables sur un autre site.
Ce projet constitue un exemple réussi d’industrialisation, l’une des pistes permettant au secteur de relever certains défis : coûts, délais, pénurie de main-d’œuvre, …
La Maison de Demain a travaillé en sous-traitance de Bouwgroep Schrijver, une entreprise générale néerlandaise. Au niveau technique, tous les éléments sont préfabriqués en usine pour favoriser la qualité et la rapidité d’exécution. Une plateforme collaborative, utilisant le modèle BIM, a permis une bonne coordination entre tous les corps de métier. Les modèles 3D ont intégré la structure, le HVAC, l’électricité et les autres techniques, avec vérification du comportement au feu de la structure et contrôle de la stabilité du vent. « Les Pays-Bas ont une autre approche et sont bien en avance par rapport à l’intégration des techniques spéciales dans tous ces modèles. Le choix d’une technique peut avoir une influence sur tout dans ce type de projet », a indiqué Raphaël Pérard.
Les panneaux CLT sont produits selon différentes finitions visibles ou non et les percements techniques sont anticipés en usine pour limiter les interventions sur chantier. La logistique est planifiée via des fichiers de transport (LRO) selon l’ordre de montage et les éléments sont livrés sur site via des remorques, selon un planning strict, pour éviter le stockage. « Il faut construire environ 60 fois la même maison, donc l’assemblage se fait directement depuis les remorques pour gagner du temps. Il se fait en fonction d’un fichier qui est envoyé aux équipes et qui contient les détails techniques, les références des raccords à utiliser et le nombre de pièces. »
Pour rappel, dans dix ans donc, tout le bâtiment sera démonté. « Pour anticiper ce démontage, aucun clou n’a été utilisé. » Ce projet est donc innovant et constitue une solution rapide de logement durable pour les demandeurs d’asile. Il combine parfaitement rapidité d’exécution et performance écologique. Bravo aux équipes de La Maison de Demain !
La construction modulaire est une méthode de construction innovante dans laquelle un logement est constitué de plusieurs modules fabriqués dans un atelier. Ces modules sont ensuite transportés sur le chantier et rassemblés. Ce procédé présente plusieurs avantages : un montage plus rapide en atelier et une installation ultra-rapide sur le chantier, moins de déchets grâce à des processus de production optimisés, une meilleure maîtrise des coûts et un contrôle plus étroit des finitions. Entretien avec Kristof de Jaeger, administrateur de Mobble, une entreprise située à Eeklo, en Flandre orientale.
L’entreprise Mobble n'a vu le jour qu'en 2024. Elle est issue d’Inhout, une entreprise spécialisée dans la construction à ossature bois bioécologique située à Nazareth. Cette société existe depuis déjà 20 ans et dispose d’une certaine expérience en matière de construction à ossature bois. « Il y a cinq ans, Inhout a décidé de créer un département de construction modulaire. Celui-ci s’est d’abord développé au sein de l’entreprise Inhout elle-même, mais une nouvelle entreprise, Mobble, a été créée à cet effet en 2024 », explique KRISTOF DE JAEGER . « Je suis ingénieur de formation et j'ai également obtenu un master en gestion d’entreprise à la Vlerick Business School. J'ai travaillé pendant plusieurs années dans des entreprises du secteur de la construction, mais j'étais à la recherche d'un nouveau défi. Maarten Coupé, le fondateur d'Inhout, m'a alors contacté pour poursuivre le développement de son entreprise et, en particulier, pour développer le département de construction modulaire. Je suis désormais administrateur de Mobble, avec Maarten. »
Quels sont les avantages de la construction modulaire ? Comme nous le dit Kristof, ils sont nombreux : il nous explique le principe. « Chaque logement se compose d’un certain nombre de modules entièrement construits hors site, dans notre atelier. En disposant de tout le matériel et de tous les professionnels sous le même toit, nous améliorons notre ef-
ficacité, et nous sommes en mesure de livrer les logements en pas moins de quatre mois. La construction du logement dans notre atelier permet également d'éviter que les travaux ne soient perturbés par des conditions météorologiques inattendues. De plus, les modules sont assemblés sur le chantier en une journée seulement, sur les fondations créées au préalable. Sur place, le processus de construction est donc très rapide. Les trottoirs et les routes ne sont donc pas occupés pendant des mois et les nuisances pour les voisins s’en trouvent extrêmement limitées. Et lorsque les modules sont installés, toutes les installations techniques nécessaires sont déjà présentes. Dans l'atelier, nous avons beaucoup plus de contrôle sur le processus de construction que sur un chantier. Nous contrôlons tout de A à Z. Par conséquent, nous contrôlons également beaucoup mieux le budget. Il y a moins de va-et-vient de professionnels. Avec une méthode de construction traditionnelle, des réunions de chantier plus fréquentes sont nécessaires, avec de nouveaux accords à chaque fois, et vous vous retrouvez rapidement avec un coût supplémentaire de 10 % par rapport au budget initial. La construction modulaire n'est donc pas nécessairement moins chère, mais le budget est mieux maîtrisé. »
Dans le cas de la construction modulaire, il s'agit de définir à l'avance tous les matériaux utilisés et toutes les techniques d'intégration. « C'est pourquoi, en collaboration avec le client, nous procédons à un processus de pré-
La construction de modules dans l'atelier de Mobble.





paration approfondi. C’est nécessaire. Car une fois qu'un choix est fait, il est définitif. Avec les méthodes de construction traditionnelles, il est possible de devoir encore faire quelques adaptations durant la construction, ce qui provoque souvent des factures plus élevées. Le client doit de toute façon faire des choix. En fait, il le dit d'emblée. Nous dessinons également tout en BIM (Building Information Modeling). Le client obtient alors une vue 3D claire de son logement et toutes les installations sont également clairement visibles. Et une fois que tout est réglé, nous pouvons déjà commencer à tout commander, ce qui réduit considérablement le risque de retards de livraison », explique Kristof de Jaeger.
Kristof de Jaeger insiste sur l'importance du sur-mesure dans la construction modulaire. Les logements de Mobble sont construits à partir d'une ossature bois et s'articulent autour d'un portique solide. Il n'en reste pas moins que la conception et la finition peuvent être entièrement personnalisées. Pour la façade, les clients peuvent choisir du bois, mais aussi des plaques en fibre-ciment, des briques Click-Bricks, des bandes de pierre ou du crépi. Pour le toit, les clients peuvent choisir une bâtière ou un toit en pente, ainsi qu'un toit plat ou un toit vert. Pour le chauffage, les options possibles sont les panneaux solaires et les pompes à chaleur, les convecteurs et le chauffage par le sol. De plus, grâce aux techniques de raccordement circulaire, la maison peut être facilement adaptée au fil du temps. « Au départ, les architectes étaient quelque peu méfiants à l'égard de notre méthode de construction parce qu'elle limitait leur liberté de conception. Mais cette perception ne s'est pas avérée correcte et, entre-temps, la confiance s'est accrue. Les architectes voient également les avantages de notre formule en termes d'efficacité. Grâce à notre suivi étroit des processus, moins de réunions de chantier sont nécessaires pour convenir avec les partenaires de la construction de qui fera quoi et quand. Le rôle de contrôle de l'architecte est donc plus limité. Nous travaillons aujourd'hui avec une dizaine d'architectes. Mais en plus, le client peut toujours faire appel à un architecte de son choix », assure Kristof.
Les possibilités d’application de la construction modulaire sont nombreuses. Mobble réalise non seulement de nouveaux projets de construction, mais aussi des projets d'extension où l'extension résidentielle peut être ajoutée au logement existant en quelques jours, et des rénovations totales où l'ancienne maison (souvent gaspilleuse d'énergie) est démolie et remplacée par un nouveau bâtiment neutre sur le plan énergétique.
La TVA à 6 % qui s'applique alors est intéressante, mais la vitesse de démolition et de reconstruction l'est tout autant. Les clients devront simplement trouver un logement ailleurs pour certains travaux. Et si les clients souhaitent récupérer des fenêtres, des portes ou d'autres éléments de leur ancienne maison, ils peuvent le faire.
L’innovation des « maisons à glisser »
Mobble propose une formule spéciale, les « maisons à glisser ». Kristof nous explique le principe. « L'idée de base est la suivante. Il ne reste plus beaucoup de terrains vagues sur lesquels nous pourrions construire un nouveau foyer. Dans le même temps, les centres des villes et des villages comptent de nombreuses maisons mitoyennes situées dans des endroits privilégiés. Mais souvent, elles sont difficiles à rénover. Avec une « maison à glisser », nous offrons une alternative durable et sans tracas. Dans notre atelier, nous construisons d'abord une maison à ossature bois entièrement nouvelle. Ce n'est que lorsqu'elle sera prête que nous ferons démolir l'ancienne maison et que nous ferons littéralement glisser la nouvelle maison au même endroit. »
Mobble a déjà réalisé neuf maisons à glisser. Le projet le plus ambitieux a récemment vu le jour sur la Tervuursevest à Louvain : la toute première maison à glisser encastrée derrière une façade existante. En effet, à la demande de la commune, la façade a été conservée. Elle n'est pas classée, mais fait partie d'une rangée de maisons uniforme. Non seulement la nouvelle maison devait s'intégrer parfaitement entre celles des voisins, mais elle devait également s'aligner parfaitement avec cette façade. L'installation des trois modules n'a pris qu'une journée et a même fait l'objet d'un reportage au journal télévisé de la VRT.
Du 4 au 6 septembre 2026, nous accueillerons les professionnels des secteurs de la construction, des infrastructures et du transport à Boussu pour trois journées placées sous le signe des démonstrations, des essais et de l’expérience de terrain. Enfilez vos bottines : aux DEMO DAYS, les machines sont avant tout faites pour être vues en action.
Sur le site, vous découvrirez plus de 100 nouvelles machines, techniques et équipements destinés au secteur de la construction. Engins de terrassement, machines de chantier, camions, remorques et accessoires : tout est réuni pour être observé en conditions réelles et testé par les visiteurs eux-mêmes.
La particularité des DEMO DAYS ? Ici, il ne s’agit pas simplement de regarder les machines, mais de les expérimenter concrètement. Là où MATEXPO est consacré au partage des connaissances, au réseautage et à la découverte des innovations, les DEMO DAYS sont entièrement dédiés aux essais comparatifs sur le terrain.
Lorsqu’il s’agit d’investir dans une nouvelle machine, il est essentiel de faire le bon choix. Bien sûr, il est possible de se rendre chez son fournisseur habituel ou de prendre rendez-vous auprès de plusieurs marques, mais cela exige du temps et de nombreux déplacements. Aux DEMO DAYS, vous avez l’opportunité de comparer et de tester différents modèles au cours d’une même journée, avec votre équipe et dans des conditions de chantier réalistes.
Au-delà des essais et des comparaisons de matériel, les

DEMO DAYS constituent également une occasion privilégiée de développer votre réseau professionnel, de découvrir les dernières innovations et de suivre de près les évolutions du secteur.
Les DEMO DAYS s’imposent ainsi comme un rendez-vous incontournable pour les opérateurs, machinistes, responsables techniques, acheteurs et entreprises à la recherche de nouvelles machines et de solutions performantes.
Les préparatifs des DEMO DAYS 2026 battent déjà leur plein à Boussu. Au cours des prochains mois, le site continuera à se transformer en un espace d’essais unique où les machines pourront révéler tout leur potentiel. Cette mise en place s’effectue en étroite collaboration avec les partenaires concernés et dans le respect de l’environnement naturel du Terril Saint-Antoine.
Visiter les DEMO DAYS 2026 ?
● Les inscriptions sont désormais ouvertes. Pour obtenir votre entrée gratuite, enregistrez-vous en ligne à l’aide du code EMB6726
● Terril Saint-Antoine – Boussu
● 4 au 6 septembre 2026
● www.demodays2026.be
● Horaires d’ouverture
Vendredi 4 septembre : 9h00 – 17h00
• Samedi 5 septembre : 9h00 – 17h00
• Dimanche 6 septembre : 9h00 – 17h00
Informations pratiques
● Parking : Chemin de Thulin 2, 7370 Dour
Suivez la signalisation depuis la sortie d’autoroute.
● Les machines et les espaces d’exposition sont répartis sur trois zones distinctes. Le port de bottes ou de chaussures de sécurité est vivement recommandé.
● Chaque zone dispose de sanitaires ainsi que d’un point de restauration.
● Les DEMO DAYS sont un événement sans alcool.
● Des démonstrations sont organisées en continu tout au long de la journée et les visiteurs peuvent également prendre eux-mêmes les machines en main.
Pour participer aux essais routiers des camions, un permis de conduire de catégorie C au minimum est requis.
4+5+6 Sept 2026



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Nous poursuivons notre série d’articles relatifs aux 80 ans d’Embuild. Dans cette édition, nous donnons la parole à Jean Biesmans (75 ans), ancien président d’Embuild Vlaanderen et fondateur de Tectum Group. « J’ai toujours eu l’ambition de devenir un acteur majeur et, en partie grâce au réseau que j’ai construit chez Embuild, j’ai pu y parvenir », indique-t-il. Nous nous sommes rendus à Genk pour un entretien avec cette figure emblématique de notre fédération professionnelle.
« Je suis à 100 % convaincu que cet engagement a contribué à la croissance de Tectum Group et de TectumDekkers. »
JEAN BIESMANS
’Lune des entreprises membres d’Embuild depuis ses débuts en 1946, à l’époque encore appelée la Confédération Construction, est l’entreprise de toiture Dekkers SA. Depuis son rachat par le groupe de l’entrepreneur JEAN BIESMANS en 2000, l’entreprise porte le nom de Tectum-Dekkers. « Après avoir d’abord travaillé pour Mathieu Gijbels, j’ai fondé ma propre entreprise VHB en 1981, à l’âge de 30 ans », entame l’aimable Jean Biesmans. « Dès le départ, j’étais assez ambitieux et j’ai immédiatement commencé avec une équipe de six personnes. J’ai toujours eu l’ambition de devenir un acteur majeur et Embuild, ou la Chambre Syndicale de la Construction du Limbourg comme s’appelait alors la section locale d’Embuild, m’a aidé à y parvenir. Peu après la création de ma propre entreprise, plusieurs entrepreneurs locaux de la région m’ont demandé de rejoindre la fédération des toitures plates BEVAD-ABEE. À l’époque, c’était un lieu où de très nombreux entrepreneurs se rencontraient et partageaient leurs connaissances. Il s’agissait d’une fédération florissante. Nous organisions de nombreuses soirées d’information avec les fabricants et l’ancien CSTC, devenu Buildwise. »
Après la reprise de Dekkers SA en 2000, Jean Biesmans a eu davantage de temps pour s’investir au sein d’Embuild. « Cette reprise était un tour de force. Nous étions le petit David qui rachetait Goliath. Dekkers SA était
une entreprise avec plus de 60 ans d’histoire et une énorme réputation dans le secteur de la construction. J’ai immédiatement décidé de nommer Rudy Evens CEO à la tête de Tectum-Dekkers, puis ensuite de Tectum Group. Mes fils Yves et Filip ont également repris une grande partie de la gestion quotidienne, ce qui m’a libéré du temps pour d’autres activités. Grâce à mon engagement au sein de BEVAD-ABEE Limbourg, j’ai eu l’opportunité de devenir président de la section limbourgeoise d’Embuild Vlaanderen, en 1999. C’est ainsi que j’ai intégré le Conseil National de l’ancienne Vlaamse Confederatie Bouw, aujourd’hui Embuild Vlaanderen. De fil en aiguille, j’ai finalement été président d’Embuild Vlaanderen de 2005 à 2011, sous la direction de Marc Dillen. »
« Tout au long de ma carrière, j’ai accordé une grande importance à la présence dans les lieux où les décisions sont prises et où les politiques sont définies. Au sein des organes de direction d’Embuild, mais aussi chez Buildwise, au Fonds de vacances, chez Fédérale Assurance… Je suis à 100 % convaincu que cet engagement a contribué à la croissance de Tectum Group et de Tectum-Dekkers. Grâce à mes années d’engagement, j’ai appris à connaître personnellement les grands entrepreneurs généraux et je pouvais simplement dire ‘Dirk’ aux CEO de De Nul et Cordeel. Comme nous siégions au même niveau de direction, nous pouvions discuter d’égal à égal avec ces grands entrepreneurs généraux des

problèmes dans le secteur de la construction. En même temps, je pouvais mettre ma propre entreprise en avant auprès de ces grands acteurs. Ce n’est pas négligeable, car nous travaillons généralement en sous-traitance. »
Au cours des plus de trois décennies durant lesquelles Jean Biesmans a été actif au sein d’Embuild, il a vu la culture des réunions fortement changer. « Dans les années 80, 20 % des personnes présentes fumaient des cigares
Jean Biesmans est l'ancien président d'Embuild Vlaanderen et le fondateur de Tectum Group.
pendant ces réunions, encore 20 % fumaient des cigarettes et à cause de l’épaisse fumée, presque personne ne voyait le podium. Après la réunion, on célébrait systématiquement la réussite de celle-ci avec du champagne. C’était possible à ce temps-là, mais il s’agit d’une autre époque. On mettait alors une heure pour aller de Genk à Bruxelles. Aujourd’hui, une heure et demie est devenue la norme et nous sommes déjà contents quand on parvient à le faire en ce temps-là. La solidarité entre entrepreneurs était aussi beaucoup plus grande. Les entreprises concurrentes se faisaient davantage confiance et il régnait beaucoup plus de convivialité. Depuis le changement de siècle, tout est devenu plus froid et plus professionnel. Aujourd’hui, les chiffres dictent les choix stratégiques. »
Chez les administrateurs plus âgés, on entend parfois la plainte nostalgique selon laquelle les jeunes entrepreneurs ne s’impliqueraient plus autant dans les conseils d’administration qu’il y a quelques décennies. Jean Biesmans n’est pas d’accord avec cette idée. « Je pense que cela a toujours été le cas. Les jeunes ayant créé leur propre entreprise travaillent extrêmement dur et n’ont pas le temps de s’investir bénévolement dans une organisation professionnelle. Cet engagement ne vient qu’après 40 ans, lorsque les affaires tournent bien et qu’ils ont davantage de temps à consacrer. »
Jean Biesmans conclut avec un message clair à destination de la prochaine génération d’entrepreneurs. « Je ne peux que leur conseiller de s’engager eux-mêmes et de jouer un rôle actif au sein d’Embuild. On y rencontre de nombreuses personnes ambitieuses auprès desquelles on peut beaucoup apprendre, et on y construit un réseau riche sur lequel on peut toujours compter. De plus, en restant aux manettes, vous décidez aussi de la direction que prend le secteur. Vous gardez un œil attentif sur tout ce qui se passe dans la construction. Qui chasse bien trouve toujours ! La présence dans ces organes de direction ne produit jamais de résultat mesurable à court terme, mais à long terme en tant qu’entrepreneur, vous en tirez certainement avantage. »
Le 4 mars dernier, la deuxième table ronde de l’Alliance Patrimoine-Emploi, consacrée aux impacts économiques et aux financements du patrimoine, s’est tenue dans le site remarquable du château Bayard à Eghezée, à l’invitation de l’Association royale des Demeures historiques et Jardins de Belgique (ARDHJB), en présence de la Ministre Valérie Lescrenier. Embuild Magazine était présent pour vous résumer les idées à retenir. (Photos © AFP-Pro)
L’Alliance Patrimoine-Emploi est une initiative de la Ministre VALÉRIE LESCRENIER qui vise à soutenir la restauration et la valorisation du patrimoine architectural avec le soutien du Gouvernement wallon et de l’Agence wallonne du Patrimoine (AWaP), ainsi qu’une série de partenaires privés, dont Embuild et son Groupement professionnel de la restauration du patrimoine (GPRP) de la Fédération des Entrepreneurs Généraux de la Construction (FEGC), l’Association royale des Demeures historiques et Jardins de Belgique (ARDHJB) et l’Union wallonne des Architectes (UWA), et d’autres associations et organismes publics et privés associés aux concertations (Buildwise, Prométhéa, UPSI, Constructiv…).
Cette alliance va organiser quatre tables rondes. La première, qui était consacrée aux enjeux de l’emploi et de la formation dans les métiers de la restauration, s’était tenue le 12 novembre dernier à la Paix-Dieu, à Amay. Elle marquait d’ailleurs le coup d’envoi de la nouvelle Alliance Patrimoine-Emploi 2.0 (voir notre édition de novembre 2025).
Lors de cette deuxième table ronde, la séance plénière a rappelé les nombreux effets de levier potentiels de la restauration du patrimoine, notamment la création d’emplois directs et indirects, et l’importance d’un patrimoine de qualité pour renforcer l’attractivité économique, touristique et territoriale dont la Wallonie a bien besoin. « Mais avec un peu plus de 20 millions d’euros par an, le budget public disponible pour la restauration des biens classés en Wallonie est lar-

Les participants en séance plénière au château Bayard, avec la ministre du Patrimoine Valérie Lescrenier à l’avant-plan.
gement insuffisant par rapport aux besoins du secteur », a reconnu la ministre Valérie Lescrenier.
Verdict évidemment confirmé en séance par FRANCIS CARNOY, conseiller général chez Embuild, et BRUNO NÉLIS , directeur de l’ARDHJB, selon lesquels « le montant théoriquement nécessaire à l’entretien et à la conservation de l’ensemble des biens patrimoniaux wallons (biens exceptionnels, biens classés, biens inscrits à l’inventaire, tant publics que privés) peut être estimé à 400 millions d’euros par an. »
Les quelque cinquante participants à la table ronde se sont dès lors attachés, via différents ateliers, à mieux cerner les différents modes de financement alternatif de la restauration du patrimoine. Il s’agit, d’une part, d’encourager le mécénat en faveur du patrimoine immobilier, et d’autre part de mobiliser

des investissements alternatifs en faveur de projets de restauration patrimoniale.
Pour beaucoup de participants, l’encouragement au mécénat nécessite l’octroi d’un cadre juridique et fiscal propre, comparable à la « loi Aillagon » votée en France en 2003. Au-delà de la mobilisation citoyenne que celle-ci a suscitée, cette législation a également démontré les retombées économiques positives liées à la restauration du patrimoine, notamment à travers l’augmentation de la fréquentation touristique, la dynamisation des territoires et les effets d’entraînement sur l’économie locale.
Les intervenants ont souligné l’importance de développer une image positive du patrimoine, pour susciter l’adhésion populaire : l’attachement des Wallons envers les richesses architecturales et historiques de leur région constitue le meilleur moyen d’apporter des ressources financières supplémentaires (via le mécénat ou d’autres formules comme les tombolas du patrimoine, le crowdfunding ou les opérations de collecte de fonds) au bénéfice de chantiers de restauration.
Idées de financements tous azimuts
Le rôle-clé des investisseurs, y compris les développeurs immobiliers, peut s’avérer davantage valorisé par un meilleur encadrement leur assurant des conseils pertinents tant en matière de recherche de financement que d’anticipation ou de simplification des formalités administratives, notamment pour la reconversion de biens.
Les propriétaires de biens classés ont insis-
« Le montant théoriquement nécessaire à l’entretien et à la conservation de l’ensemble des biens patrimoniaux wallons peut être estimé à 400 millions d’euros par an. »
té sur la nécessité d’aplanir les obstacles qu’ils rencontrent dans leur tâche de conservation et de valorisation. Les procédures d’obtention de permis et les recours qu’ils essuient sont synonymes de pertes de temps et de dépenses considérables. En écho, l’exemple néerlandais du « Monumentenwacht », adopté aussi en Flandre et dans des pays scandinaves, est cité par plusieurs participants. Ce dispositif, qui peut être traduit par « veille patrimoniale », propose un accompagnement relativement peu onéreux aux propriétaires de biens immobiliers patrimoniaux (publics et privés, classés ou non) en vue d’assurer un entretien préventif régulier de leur patrimoine et de leur éviter de coûteux travaux de restauration lourde.
Plus généralement, de nouveaux allègements fiscaux sont sollicités, tant en matière de TVA que d’autres taxes ou impôts, en contrepartie de travaux de restauration. Des propositions encore plus concrètes ont également émergé, comme la création d’un fonds public permettant le financement de projets de restauration du patrimoine en vue du développement d’une activité économique (« prêt patrimoine »), ou encore la possibilité d’accéder au mécanisme du « tax shelter » pour faciliter les investissements dans le secteur de la restauration patrimoniale, comme c’est le cas dans le domaine culturel (cinéma, arts de la scène…). Même l’opportunité d’exploiter les bâches des chantiers de restauration comme supports publicitaires est vue comme une manière originale de récolter de nouvelles ressources financières.
Une 3e table ronde sera organisée en ce mois de juin par l’UWA et Buildwise portant sur les aspects techniques, d’innovation et de durabilité, notamment pour intégrer l’enjeu énergétique dans le patrimoine.
Enfin, une 4e table ronde veillera à optimiser les marchés publics et privés du patrimoine en analysant les contraintes administratives qui encadrent ces marchés spécifiques afin de veiller à la simplification des procédures et d’assurer un travail de qualité.
Un plan d’actions concrètes pour cette Alliance Patrimoine-Emploi, issu des conclusions des quatre tables rondes précitées, sera élaboré pour la fin de l’année 2026.
La neuvième édition de BeGeo, le congrès et salon national consacré à l’information géographique, s’est tenue le 24 mars à Brussels Expo. L’Institut géographique national (IGN) a rassemblé plus de 900 visiteurs et experts autour de cet événement inspirant consacré aux données géographiques et aux solutions qui les transforment en informations exploitables et utiles. Notre secteur était présent et s’y est même distingué.
«B« L’association entre le BIM et les données géographiques est une dynamique qu’il faut garder active, c’est un lien clé pour développer les outils digitaux du secteur de la construction de demain. »
eGeo est le rendezvous où se retrouvent les experts du secteur géographique, où naît l’innovation et où prennent forme de nouvelles initiatives », a déclaré INGRID VANDEN BERGHE , administrateur général de l’IGN. « Les pouvoirs publics, les chercheurs, les entreprises et les acteurs internationaux s’y rencontrent, partagent leurs connaissances et explorent de nouvelles collaborations qui font avancer la société. »
La géo-intelligence peut sembler abstraite, mais ses applications pratiques sont indispensables au bon fonctionnement de notre société. Le congrès a mis en lumière la manière dont les géodonnées de qualité renforcent les politiques, l’économie et les services, pour une société résiliente. L’IGN, qui fête cette année ses 50 ans d’existence sous son nom actuel, s’attache à produire des géodonnées permettant de réagir plus rapidement et plus efficacement à des défis complexes tels que l’adaptation au changement climatique, la mobilité et la gestion des crises. L’accent à BeGeo 2026 a été mis sur les perspectives géospatiales relatives aux objectifs de développement durable et la puissance des données ouvertes. Bref, autant de bonnes raisons qui expliquent la présence d’une délégation du secteur de la construction lors de cet événement.
En concertation avec Embuild, l’IGN avait
en effet élaboré un séminaire sur mesure à destination du secteur de la construction et de l’immobilier. Outre Embuild, le secteur était représenté par Buildwise, le CRR, des fédérations de métier (Mobiwall, Vlawebo…) et des associations d’architectes. « Le monde de l’IGN et le monde de la construction n’ont pas souvent l’occasion de se rencontrer, pourtant ils sont tous les deux éminemment liés à la gestion de l’espace et du territoire et ils sont confrontés à des défis similaires : numérisation des données, modélisation spatiale 2D et 3D, résilience du territoire et du bâti, intégration de risques climatiques, … Sans le savoir, ils évoluent l’un vers l’autre », a expliqué FRANCIS CARNOY, conseiller général d’Embuild et membre du Comité de gestion de l’IGN, en introduction du séminaire. L’IGN était représenté par Eric Bayers, conseiller général ; Hugues Bruynseels, directeur Production & Intégration, et Jasper Beernaerts, directeur Partnership Management. À cette occasion, l’Institut a rappelé son rôle de gestionnaire du système de référence géodésique belge, de producteur de données de référence géographiques et de géobroker chargé de gérer et de mettre à disposition des informations géographiques, dont les supports digitaux, en particulier le CartoWeb, se développent à des échelles allant du 1/4000000ème au 1/2500ème. Les outils et données de l’IGN utiles pour notre secteur incluent des thèmes comme l’occupation du sol, les limites administratives, les obstacles aériens (avec un portail d’enregistrement de tous les obstacles potentiels à la naviga-

tion aérienne), les bâtiments et constructions (Top10Vector), les réseaux routier et ferroviaire, en ce compris le point d’accès Transportdata pour les systèmes de transport intelligents, sans oublier les recherches de l’IGN sur l’impact des changements climatiques, notamment sur le bâti.
À leur tour, le CRR et Buildwise ont mis en avant l’essor des données digitales qui ont permis l’apparition du BIM (Building Information Modeling), lequel s’avère très efficace pour optimiser la conception, la réalisation (coordination des intervenants, dossiers asbuilt), la maintenance et même l’évolution et la gestion d’un ouvrage (bâtiment ou infrastructure). Le BIM montre toutefois ses limites lorsqu’il s’agit de gérer des ensembles plus vastes (quartiers, lotissements, zonings, réseaux routiers, …), d’où le développement du BIM à l’échelle urbaine. Comme l’ont indiqué le CRR et Buildwise, le GIS (Geographical Information System) enrichit le BIM d’une couche spatiale, d’un contexte territorial, environnemental et réglementaire qui permet de mieux comprendre l’impact d’un ouvrage dans son environnement et qui offre une vision plus globale de la zone à gérer. Couplé au BIM, le GIS ouvre la voie au CIM (City Information
Modeling) qui permet de modéliser les villes jusqu’à devenir de véritables jumeaux numériques urbains offrant de nouveaux domaines d’application.
Il ressort du débat que ces jumeaux numériques intéressent tant l’IGN que le secteur immobilier/construction, ainsi que bien entendu les maîtres d’ouvrage et les autorités publiques. Contrairement à un simple modèle 3D ou à une représentation statique de type CIM, un jumeau numérique se caractérise par sa capacité à intégrer des données réelles, à évoluer dans le temps et à servir d’outil d’aide à la décision pour la gestion, la simulation et l’anticipation. Selon Buildwise, il n’existe donc pas un jumeau numérique unique, mais une multitude de jumeaux numériques possibles, dont le niveau de détail et de complexité varie selon les objectifs poursuivis, les données disponibles et le degré de représentation des bâtiments, des infrastructures ou du territoire. Par conséquent, des villes de plus en plus nombreuses dans le monde (en Chine, en Estonie, en France, en Tchéquie, en Suisse…) disposent de leur « digital twin ». Mais selon un intervenant, la dispersion des compétences en Belgique ne facilite pas leur développement chez nous, d’où le besoin croissant
Les jumeaux numériques (sur cette photo, un exemple asiatique) intéressent tant l’IGN que le secteur immobilier/ construction, ainsi que bien entendu les maîtres d’ouvrage et les autorités publiques. (©Buildwise)

Ingrid Vanden Berghe, administrateur général de l’IGN, remet à Sébastien Defrance, coordinateur Data & Digitalisation du CRR, l’award du Prix du Public du Salon BeGeo 2026 décerné au CRR pour son projet d’intelligence géospatiale au service de la résilience des trottoirs.
Comme le veut la tradition de l’IGN, BeGeo est l’occasion de récompenser par des awards les initiatives inspirantes dans le domaine de l’information géographique en Belgique. Un des awards de BeGeo 2026, le Prix du Public, a été décerné au CRR pour son projet d’intelligence géospatiale au service de la résilience des trottoirs. Le projet développe une solution géospatiale pour surveiller systématiquement l’état des trottoirs. Une application mobile d’inspection permet aux agents de terrain d’enregistrer les défauts selon une méthode scientifique. En outre, une « chaise d’auscultation » équipée de capteurs mesure automatiquement des paramètres physiques tels que la pente et les vibrations. Ces deux sources de données sont combinées en un indice de performance global de l’infrastructure des trottoirs. Cela permet aux autorités de planifier l’entretien de façon proactive et de garantir des réseaux piétonniers sûrs et accessibles.
de coopération entre l’IGN et les départements de cartographie numérique des trois régions, ceux-ci disposant également d’un rôle normatif dans leur domaine.
La visite de plusieurs stands d’exposants (ESRI, 1Spatial, Merkator, SPW Géoportail, VITO notamment) du salon BeGeo a renforcé la conviction de notre délégation sectorielle sur l’importance de transposer la gestion intelligente du bâtiment (smart building) vers le niveau du quartier ou de la ville (smart city, CIM) pour faciliter la conception, la modélisation (2D, 3D, 4D, …) et la gestion de projets à l’échelle urbaine. Il en découlera une gestion plus dynamique, plus intégrée, plus « smart » en aménagement du territoire, en urbanisme, en revitalisation urbaine, entre autres. Dans un contexte de changement climatique et de transition énergétique, il s’agit notamment d’optimiser l’implantation et la gestion du bâti (rénovations groupées, prévention des risques climatiques, …) ainsi que de concevoir un territoire résilient capable de s’adapter en temps réel. Idem pour les infrastructures et réseaux (y compris souterrains), à convertir en « smart network » pour une gestion plus efficace des flux (KLIM-CICC, réseaux de transport, …).
En conclusion de la journée, notre secteur et l’IGN sont convaincus des convergences d’intérêts dans l’exploitation des données géographiques. « L’association entre le BIM et les données géographiques est une dynamique qu’il faut garder active, c’est un lien clé pour développer les outils digitaux du secteur de la construction de demain », a estimé JENNY DELACROIX (Buildwise), rejointe notamment par Didier Block (Mobiwall), Sébastien Defrance (CRR), Mélanie Léonard (Embuild Wallonie) ainsi que bien entendu Francis Carnoy, qui se déclarent tous partants pour approfondir les synergies entre le secteur et l’IGN. BeGeo 2026 s’est clôturé par la remise des BeGeo Awards, une initiative de l’IGN, en collaboration avec Flagis, AM/FM GIS Belux et Agoria, qui récompense cinq projets à chaque édition. Avec une belle surprise pour le CRR qui a décroché le Prix du Public (voir encadré).

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Le secteur de la construction se trouve à un point de basculement : la numérisation et l’intelligence artificielle (IA) ne sont plus de simples promesses, mais une réalité qui transforme fondamentalement notre façon de travailler. Pourtant, l’adoption de l’IA dans la construction reste en retard par rapport à d’autres secteurs. Et c’est là que Tooli entre en scène !
Tooli est la première plateforme d’IA en Belgique conçue exclusivement pour et par le secteur belge de la construction. Son objectif est simple : offrir aux entrepreneurs et aux entreprises un assistant numérique sûr, fiable, facile à utiliser, qui les aide à gagner du temps, à éviter les erreurs et à améliorer la qualité de leur travail.
Contrairement à d’autres outils basés sur l’IA, qui restent souvent génériques et peinent à appréhender la complexité des processus de construction, Tooli parle le langage du chantier. Il comprend les documents spécifiques au secteur, des métrés aux dossiers d’appel d’offres. L’accès à la plateforme est intégré à l’expérience utilisateur que nous vous proposons. Tooli est disponible en français, en néerlandais, en anglais, et peut être utilisé aussi bien sur PC que sur smartphone, ce qui le rend particulièrement adapté aux entrepreneurs qui sont souvent en déplacement.
La force de Tooli repose sur trois piliers : ● des connaissances spécifiques à la construction : Tooli n’est pas un copier-coller de ChatGPT. Il s’agit d’un environnement spécialisé qui comprend vos documents, vos questions et le contexte dans lequel vous évoluez
● la confidentialité : toutes les données restent hébergées dans l’Union européenne, sont conformes au RGPD et ne sont pas utilisées pour entraîner des modèles. Vos informations demeurent votre propriété. Pas de risque donc que, par exemple, des données de vos offres de prix soient utilisées par d’autres
● la facilité d’utilisation : pas d’interfaces complexes ni de barrières techniques. Posez une question et Tooli vous répond, que ce soit au bureau, sur chantier ou ailleurs. Plus la question est précise, plus la réponse est pertinente.
Comment fonctionne Tooli ?
Tooli s’appuie sur des agents IA spécifiquement développés pour le secteur de la construction. Chaque assistant numérique est dédié à une tâche précise.
Plusieurs agents sont d’ores et déjà disponibles :
● l’agent général : il répond aux questions générales, qu’elles soient en rapport ou non à la construction. Il vous aidera ou vous orientera si nécessaire
● le coach d’offre : cet agent vérifie que votre devis est complet et cohérent (étendue, unités, matériaux, options) ainsi que la

présence de dispositions contractuelles essentielles. Il identifie les risques, signale les lacunes et vous aide à renforcer votre offre avant sa soumission. Il ne fournit ni prix ni conseils financiers
● le rédacteur de comptes rendus de réunions : cet agent transforme des notes brutes ou des mémos vocaux en un rapport clair et structuré reprenant les décisions qui ont été prises, les actions à mener et les prochaines étapes
● l’analyseur d’appel d’offres : cet agent examine le dossier d’appel d’offres et montre les éventuels problèmes, tels que des postes manquants, des quantités incohérentes ou des dispositions contradictoires.
Pour les questions techniques liées à la construction, les réponses fournies par la plateforme s’appuient sur des sources validées, comme les documents publiés par Buildwise (Notes d’information technique, Inno-
vation Papers, …) ou les normes et renvoient vers les sources correspondantes (voir article ci-après).
Tooli a-t-il aussi des limites ?
Comme d’autres outils d’IA générative, Tooli n’est pas parfait. La plateforme est avant tout conçue comme un soutien complémentaire : une seconde paire d’yeux, un avis numérique supplémentaire pour épauler l’entrepreneur. La décision finale et la responsabilité vous incombent toujours.
Essayez vous-même !
Vous souhaitez en savoir plus ou vous lancer ? Rendez-vous sur www.tooli.be
Résumé d’un article paru en p. 14-15 du Buildwise Magazine 2026/01. Seul l’article original de Buildwise peut être cité en référence.
Édition thématique
La construction se met à l’IA

Le nouveau numéro du Buildwise Magazine vient d’être publié et est entièrement consacré à l’intelligence artificielle dans le secteur de la construction. Cette édition thématique explore de manière concrète et accessible les opportunités qu’offre l’IA aux entrepreneurs, aux bureaux d’études et à l’ensemble des professionnels du secteur.
Au fil des articles, le magazine aborde aussi bien les avantages et les risques liés à l’utilisation de l’IA que des applications pratiques déjà disponibles aujourd’hui.
Vous y découvrirez notamment comment des outils comme ChatGPT et Copilot peuvent faciliter les tâches administratives, améliorer la communication ou encore accélérer le traitement de documents techniques. Cette édition présente également Tooli, la nouvelle plateforme d’IA développée pour le secteur belge de la construction, ainsi que Nexo, l’assistant IA de Buildwise destiné à simplifier l’accès aux informations techniques.
Le magazine propose enfin une réflexion plus large sur la place de l’intelligence artificielle dans la construction

La rencontre incontournable du secteur de la construction revient en 2026 : connaissances, outils pratiques et réseautage, au plus près de vos chantiers
Après le succès de l’édition précédente, qui a attiré plus de 2.200 participants, le Connection Tour fera son retour en août et en septembre 2026 dans cinq lieux inspirants en Wallonie et à Bruxelles. En collaboration avec Embuild, Buildwise vient à votre rencontre. Au programme : des connaissances pratiques, des solutions concrètes, des échanges avec nos experts et des stands thématiques. Participez gratuitement à cet événement et profitez aussi des en-cas et des boissons offertes.
Le Connection Tour est devenu un rendez-vous incontournable pour le secteur de la construction ces dernières années. L’édition 2026 sera placée sous le signe de l’impact, avec un programme qui aborde les défis actuels de chaque corps de métier , de l’efficacité à la qualité de l’exécution sur chantier en passant par la numérisation. Nous vous proposerons de nombreuses démonstrations ainsi que des outils directement utilisables dans la pratique.
Le Connection Tour vise avant tout à apporter une valeur ajoutée concrète aux entrepreneurs et aux installateurs Vous y découvrirez des méthodes et des outils innovants
qui vous aideront à gagner du temps, à éviter les erreurs sur chantier et à améliorer votre compétitivité.
Vous pourrez aussi y échanger directement avec des experts et des confrères, et repartir avec des idées, des contacts et des solutions utiles pour vos projets.
Participez gratuitement à cet événement dans l’un des cinq lieux exceptionnels et profitez de cet environnement agréable pour étendre vos connaissances tout en développant votre réseau autour d’un verre et d’un en-cas
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Edenya, c’est le nom de la nouvelle serre botanique de Pairi Daiza. Cette serre abrite désormais un nouveau monde tropical et écologiquement responsable avec des cascades, des rivières, des animaux exotiques et des plantes rares. Entre-temps, cette nouvelle extension de Pairi Daiza a été reconnue par le Guinness Book des records comme la plus grande serre tropicale du monde. Pour Deforche Construction Group, basé à Izegem et qui a réalisé cette construction impressionnante, cette reconnaissance vient confirmer son expertise technique.
Edenya a ouvert ses portes au début de cette année. Ce nouveau complexe a immédiatement attiré le public. Ce n’est pas étonnant : en termes d’ampleur, de complexité technique et d’ambition, ce projet est tout simplement exceptionnel. La construction de la serre tropicale a nécessité une approche particulièrement rigoureuse, où Deforche Construction Group a combiné des techniques de construction de serres et de stades. « Nous avons dû prendre de nombreux aspects en compte : la vision architecturale, le confort des visiteurs, le bien-être des animaux et des plantes, mais aussi la durabilité et la sécurité de l’ensemble », explique JEROEN DE COCK , CEO de Deforche Construction Group.
Avec une superficie au sol de 40.000 m² et une hauteur culminant à 25 mètres, Edenya est la plus grande serre tropicale du monde. La structure du toit se compose de 16 modules préfabriqués couvrant chacun une superficie de 2.500 m². Le montage des modules au sol a duré trois semaines. Le revêtement d'un module et les finitions à 20 mètres de hauteur ont pris deux mois et demi par module. Il a fallu deux mois pour construire chaque façade. La durée totale des travaux a été de 3 ans et demi. Pour Deforche Construction Group, cette reconnaissance par le Guinness Book des records intervient à un moment crucial. Si l’entreprise réalise depuis des années des constructions innovantes en verre, en acier et
en aluminium, tant en Belgique qu’à l’étranger, Edenya se démarque particulièrement.
« Peu d'entreprises disposent du savoir-faire nécessaire pour construire une structure de cette envergure et de cette complexité. Le fait qu'Edenya soit désormais officiellement reconnue comme détentrice du record du monde confirme, à nos yeux, le savoir-faire dont nous disposons. »
Pour la réalisation de ce projet ambitieux, Forzon, la division du groupe Deforche Construction spécialisée dans les toitures en verre, a traduit le projet en un plan de construction réalisable.
« Cela comprenait l'ensemble de l'ingénierie, notamment le calcul des charges structurelles, la définition des configurations en verre, en acier et en aluminium, ainsi que l'élaboration de solutions techniques pour plusieurs nœuds de construction complexes », explique Jeroen De Cock. Forzon s’est également chargée de la coordination de la préfabrication et du montage. « Ainsi, le projet et l’exécution sont toujours coordonnés ».
Pour le montage d’Edenya, plusieurs techniques issues de la construction de stades de football et de serres ont été combinées. « Pour gagner en rapidité, nous avons choisi d'utiliser des éléments de construction légers et de grands modules préfabriqués. Ils ont d'abord été assemblés au sol, puis hissés une à une à une hauteur de 20 mètres en l'espace de 10 minutes », explique STIJN CAPPON , chef de projet.

La construction du premier module d'Edenya.
L'aménagement de la verrière d'Edenya.


« Peu d'entreprises disposent du savoir-faire nécessaire pour construire une structure de cette envergure et de cette complexité. »
JEROEN DE COCK


Cette technique offre beaucoup d’avantages. « Ainsi, nous avons pu construire en parallèle la structure de toit et les zones sous-jacentes, indépendamment des conditions météorologiques, ce qui a permis de travailler plus rapidement. »
Le verre a également été spécialement conçu pour Edenya. « La verrière remplit une fonction importante. Elle assure l'isolation tout en régulant la lumière du soleil et les rayons UV », poursuit Stijn Cappon. Cette régulation des rayons UV est nécessaire et doit contribuer au bien-être des plantes et des animaux. « Le vitrage standard ne filtre pas suffisamment et pourrait être nocif pour la faune et la flore. Notre objectif est de reproduire ici la nature aussi fidèlement que possible et de veiller au bien-être des animaux. Raison pour laquelle nous avons conçu le toit en verre pour qu'il soit facile à entretenir. On peut ainsi utiliser des robots pour le nettoyage, afin de ne pas déranger les animaux. »
De plus, le verre est certifié « cradle-tocradle » et la structure elle-même, composée d'acier et d'aluminium, est en grande partie recyclable. « Nous avons construit Edenya selon les principes de l'économie circulaire. Non seulement parce qu'on nous l'a demandé, mais aussi parce que ces principes font partie intégrante de notre ADN. Après tout, nous construisons ici pour différentes générations qui pourront profiter de la nature d'une manière unique », explique Jeroen De Cock.
Dans ce domaine, l'entreprise de construction s’est déjà illustrée par son succès. La conception modulaire et la construction légère permettent une utilisation efficace des matériaux, tandis que la ventilation, la récupération de l'eau et la gestion de l'énergie optimisent la consommation. Le résultat est un véritable paradis, avec un impact minimal sur l'environnement.
De nombreux visiteurs ont déjà pu admirer cet éden. « Nous espérons que chaque visiteur ne se contentera pas d'admirer la beauté de la nature, mais qu'il s'attardera également sur l'édifice lui-même. Nous y avons travaillé d'arrache-pied pendant des années et
● Une structure en acier en trois dimensions avec une finition laquée dorée
● Une construction d'une longueur de 196 m, d'une largeur de 207 m et d'une superficie totale de 40.572 m2
● Une charpente à double travée, soutenue par des piliers en forme d'arbre, avec des portées de 48 m sur 51 m
● Une serre d'une hauteur libre de 20 à 24 m
● Revêtement de toiture et de murs en verre de sécurité isolant et antisolaire
● Gouttières isolées de 1,2 m de large
● Clapets de fumée coulissants sur mesure de 7 m sur 6 m
nous espérons que cette réalisation emblématique permettra à notre entreprise de se faire connaître davantage, même bien au-delà de nos frontières », conclut Jeroen De Cock.
Deforche Construction Group est une entreprise familiale belge qui, depuis 1932, fait figure de référence dans la réalisation de constructions innovantes en verre, en acier et en aluminium. Fort de près d'un siècle d'expertise, le groupe allie savoir-faire, savoir-faire technologique et vision d'avenir. Deforche Construction Group réalise dans le monde entier des serres botaniques et tropicales, des centres de recherche et d'innovation, des jardineries, des constructions de serres (à grande échelle), des toitures en verre et des atriums, ainsi que des projets photovoltaïques et énergétiques.
Le groupe dispose de son propre centre de connaissances et d'innovation qui allie expérience et recherche. C'est ainsi que Deforche Construction Group suit en permanence les dernières évolutions en matière de construction et de technologie des serres, et les traduit en solutions performantes, durables et à l'épreuve du temps.
Deforche Construction Group opère par l'intermédiaire de quatre sociétés spécialisées, chacune ayant un domaine d'activité bien défini. Chez Forzon, l'humain est au cœur des préoccupations ; Hedafor se concentre sur les plantes (serres botaniques et centres de recherche) ; Thermoflor se concentre sur les entrepreneurs (jardineries et serres de vente au détail) ; et Climafor se concentre sur le climat en proposant des solutions pour l'intégration de l'énergie solaire (serres photovoltaïques et auvents solaires).
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Entièrement Équipé: Protection incendie, premiers secours, info sécurité et kit antipollution
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● EN ISO 20345:2011 S3 SRC
● Tailles disponibles : 35 – 48
● Emballage : par paire
Prix spécial uniquement pour le mois de juin 2026
Prix membres : 50,00 € (hors TVA)
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Le constructeur MAN Truck & Bus a présenté en première mondiale le nouveau MAN eTGM lors du salon italien des véhicules industriels Transpotec Logitec, à Milan le 13 mai dernier. Il s’agit d’un camion électrique de 16 tonnes qui vient compléter la gamme de véhicules
électriques du constructeur, désormais étendue de 12 à 50 tonnes. Avec une autonomie pouvant atteindre 480 km, il est idéal pour la distribution urbaine et régionale, les services municipaux et la construction. Il peut transporter jusqu’à 10,6 tonnes de charge utile sur
Recticel inaugure une usine de polyol recyclé à l’échelle industrielle
Le 13 mai dernier, Recticel Insulation a annoncé l’ouverture de sa nouvelle usine de polyol recyclé à échelle industrielle, à Wevelgem (Flandre Occidentale). Il s’agit d’une étape importante dans la stratégie de durabilité et de circularité de l’entreprise spécialisée dans la conception de panneaux thermiques en polyuréthane. Cette nouvelle installation permet de recycler les déchets de production de PIR (polyisocyanurate) en polyol recyclé de haute qualité, une matière essentielle à la fabrication de nouveaux panneaux en PIR. Recticel Insulation est le premier fabricant de PIR à investir à cette échelle dans un réacteur destiné au polyol recyclé. Cet investissement permet une réduction considérable des déchets, de la dépendance aux matières premières et des émissions de gaz à effet de serre.
L’installation est conçue pour recycler jusqu’à 4.000 tonnes de déchets de PIR par an et le polyol recyclé produit devrait permettre une réduction de 30 à 50 % des émissions de CO2 par rapport au polyol traditionnel. À terme, un tiers du
châssis et jusqu’à 33 tonnes de poids total roulant.
Grâce à son moteur électrique de 210 kW (285 ch) et un couple maximal de 800 Nm, le véhicule combine performances, efficacité énergétique et réduction des émissions. En plus de réduire l’empreinte carbone, il contribue au respect des objectifs européens de réduction des émissions de CO2 et permet de bénéficier d’avantages économiques liés aux péages. Un système de batteries modulaires permet d’adapter l’autonomie et les capacités du camion selon les usages spécifiques. Avec le tout nouveau MAN eTGM, MAN confirme sa stratégie de transition vers une mobilité plus durable et renforce son positionnement dans le domaine du transport électrique et de la décarbonation.
INFO : www.man.be

polyol vierge utilisé dans les panneaux PIR pourra être remplacé par du polyol recyclé, sans compromettre les performances du produit. L’ouverture de cette nouvelle usine marque le début d’un nouveau chapitre dans le domaine de la circularité du PIR, où technologie de pointe, utilisation efficace des ressources et durabilité se rejoignent dans un processus continu.
INFO : www.recticelinsulation.be
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CIT Blaton a été désignée lauréate du Family Business Award of Excellence
® 2026 décerné par EY (Ernst & Young). Cet award reconnaît la capacité exceptionnelle de CIT Blaton
à combiner les valeurs familiales, une gouvernance professionnelle et une création de valeur durable.
CIT Blaton s’est distinguée grâce à une structure de gouvernance dans

La Belgique recule à la 24e
laquelle la propriété et la gestion quotidienne sont clairement séparées, soutenue par un conseil d’administration composé de manière professionnelle ainsi que par une planification successorale soigneusement préparée. Aujourd’hui, les cinquième et sixième générations collaborent avec des spécialistes externes pour construire l’avenir de l’entreprise.
Selon EY, cette distinction s’inscrit dans une évolution plus large où les entreprises familiales organisent leur gouvernance de manière de plus en plus mature, sans pour autant perdre leur identité. L’implication familiale et l’expertise externe y constituent ensemble une base solide pour la conti-

du classement mondial de la compétitivité
nuité, l’innovation et la création de valeur à long terme.
L’entreprise est active dans le secteur de la construction depuis plus de 160 ans et est issue d’une dynastie entrepreneuriale belge dont l’expertise s’est transmise de génération en génération. Ce qui a commencé sous le nom CITEB en 1954, avant d’évoluer vers CIT Blaton, est aujourd’hui une entreprise de construction moderne avec plus de 600 collaborateurs et un chiffre d’affaires supérieur à 400 millions d’euros. La forte identité de l’entreprise repose toujours sur les mêmes fondements qui la caractérisent depuis des générations : qualité, innovation et tradition de construction durable.

L’IMD (International Institute for Management Development) est une prestigieuse école de commerce, située à Lausanne en Suisse. Chaque année, cet institut publie le IMD World Competitiveness Ranking, un indice de référence qui évalue et classe la compétitivité de dizaines d’économies à travers le monde. En 2025, la Belgique occupait la 24 e place sur un total de 69 pays. C’est un net recul par rapport à la 18e place en 2024 et à la 13e place en 2023. La Suisse est en tête de ce classement, suivie de Singapour et de Hong Kong. Les Pays-Bas occupent la 10 e place.
La Belgique enregistre surtout un recul au niveau de l’efficacité des entreprises, domaine dans lequel le pays se situe à la 22e place, alors qu’elle occupait encore la 5 e place en 2023. Une détérioration est également constatée en matière d’infrastructures : la Belgique y occupe la 16e place, contre la 10 e place en 2023. Concernant les performances économiques, notre pays se classe 29 e. Le score le plus faible est enregistré pour l’efficacité gouvernementale, où la Belgique n’obtient que la 42e place.
Le IMD World Competitiveness Yearbook (WCY) est publié depuis 1989 et constitue une référence internationale pour mesurer la compétitivité. Le classement compare les pays sur base de quatre grands piliers : les performances économiques, l’efficacité gouvernementale, l’efficacité des entreprises et les infrastructures.
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