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TRACKLIST FRANÇAIS ENGLISH DEUTSCH LYRICS
P. 4 P. 7 P. 11 P. 15 P. 20
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Recording: Borna (D), Kunigundenkirche, August 2014 Sound engineer: Benjamin Dressler Musical producer: Thor-Harald Johnsen Executive producer: JĂŠrĂ´me Lejeune Cover & cover pages of the booklet: illustrations by RRNR Studio
With special thanks to Axel Wendt, Hartmut Raguse, Johannes Weiss, Thore and Else-Marie Johnsen
— SANTENAY Julla von Landsberg: voice & organetto Elodie Wiemer: recorder Szilárd Chereji: viella Orí Harmelin: lute
www.santenay.de
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CERCLE DES FUMEUX SONGS AND SOUNDS
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THINK SUBTILIOR
3. ephemeral 4. Fumeux fume par fumee 5. Puisque je sui fumeux, plains de fumee
Anonymous
1'07 7'20
(intabulation after Solage)
0'35 2'10
Johannes Symonis Hasprois († 1428)
6. emanation
7'59 2'56
7. Le basile de sa propre nature
Solage († after 1403)
10'12
8. Pres du soloil deduissant s’esbanoye
(Diminution after Matteo da Perugia)
4'41
Solage
1'44 7'00
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1. haze 2. Onques ne fu si dure pertie
9. exhalation 10. Fumeux fume par fumee 11. Tout par compas
12. perfume 13. Le ray au soleyl qui dret som karmeyne
Baude Cordier (c. 1360/1380-c. 1400/1440)
Johannes Ciconia (c. 1370-1412)
1'50
1'08 2'32
5 Tracks 1, 3, 6, 9, 12 assembled and mixed by Thor-Harald Johnsen. Plages 1, 3, 6, 9, 12 assemblĂŠes et mixĂŠes par Thor-Harald Johnsen. Tracks 1, 3, 6, 9, 12 zusammengestellt und gemischt von Thor-Harald Johnsen.
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Š Hagen Schnauss, 2013
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Minimaliste, maniéré, inaccessible, moderne, avant-gardiste, ésotérique, expressionniste, savant, complexe… Autant de qualificatifs attribués à tour de rôle à un style musical qui ne fut qualifié de subtil que bien après son apparition. La fin du quatorzième siècle voit donc la création et le développement d’un style de composition bien singulier appelé aujourd’hui ars subtilior. Ars : l’art. Subtilis : fin, délicat, spirituel, brillant, précis, raffiné. On trouve des exemples de cette musique en France (Paris, Avignon et le Sud-Ouest), dans le Nord de l’Italie et à Chypre. Cette expansion géographique va de pair avec le foisonnement de l’activité culturelle dans les principales cours européennes et l’interaction de personnalités influentes de la vie religieuse, politique et culturelle du moment. À Paris, au crépuscule du quatorzième siècle, se réunit une confrérie singulière : un groupe de jeunes intellectuels excentriques se dénommant le Cercle des Fumeux. Ils sont poètes, penseurs, musiciens. Ils s’amusent, critiquent, se moquent de la raison et leurs actions se caractérisent par l’extravagance. On trouve parmi eux Jean Fumeux, Solage, Jehan Simon Hasprois et Eustache Deschamps. Ce dernier écrit au sujet de ses confrères et de lui-même, dans sa Charte des Fumeux (1368) : « Ilz parlent variablement Ils s’expriment diversement, Ilz se demainent sotement Ils s’agitent stupidement Pour ce que dame Outrecuidance Parce que dame Outrecuidance Maine chascun d›eulx a sa dance Entraîne chacun dans sa danse. Folie par la main les tient Folie par la main les tient, Orgueil les gouverne et soutient Orgueil les mène et entretient Et le vest de riches joyaulx Et les couvre de beaux joyaux,
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THINK SUBTILIOR
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Et Jeunesse, qui est si beaux Leur prie, amonneste et ennorte Que chascuns folement se porte. »
Et Jeunesse qui est si beau Les encourage et les exhorte : Que tels des fous ils se comportent! (1)
Il est parfois supposé que le cercle tient son nom de Jean Fumeux. Quoi qu’il en soit, la thématique et la référence au Cercle des Fumeux se retrouve dans la poésie des chansons Fumeux fume de Solage et Puisque je sui fumeux de Hasprois, qui figurent dans cet album. En nous penchant sur le contexte de ces chansons, nous nous sommes demandé ce que représentait le terme « fumee » au quatorzième siècle. Dans le dictionnaire du moyen français de l’ATILF(2), on ne trouve pas moins d’une vingtaine d’occurrences du mot. « Fumee » désigne d’une part le résultat visible ou non de différents phénomènes d’ordre physique ou psychique. D’autre part, le terme est employé au sens figuré dans d’innombrables expressions et métaphores. De cette lecture se dégage néanmoins une image, plus ou moins concrète, une impression plutôt floue. Il s’agit d’une sorte de brouillard éphémère, impalpable, insaisissable, impénétrable parfois aussi, aux pouvoirs considérables. La « fumee » peut générer la colère, la folie, l’aveuglement, la brûlure. Jacques Ledune(3) s’est penché sur la manière d’exprimer le brouillard en musique et remarque justement que « l’imitation du brouillard revêt deux dimensions dans la mesure où elle s’applique à un phénomène non seulement muet, mais aussi synonyme d’effacement ». Il s’agit « d’opérer cette synthèse entre le visuel, le sonore et la pensée, autrement dit entre la forme et le fond », ce qui est l’essence même du mot « fumee » dans le contexte de l’époque. L’art dont témoignent les deux pièces interprétées ici réside dans le fait que style, métaphore et état d’âme s’y confondent tout naturellement. Ledune estime par ailleurs que « l’oreille d’aujourd’hui, pour autant qu’elle soit libérée de tout conformisme stylistique, peut […] retrouver [dans la musique de l’ars subtilior] une puissance suggestive et une incroyable modernité ». L’idée de libérer l’oreille d’aujourd’hui est une perspective qui ne nous est pas étrangère et qui a guidé le processus de création de l’album.
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Le projet est né du désir d’enregistrer certaines des plus belles pièces de l’ars subtilior, style que nous affectionnons particulièrement. Nous nous sommes demandé comment un CD opère pour l’auditeur et, conscients de la difficulté d’être intimement à l’écoute et surtout des possibilités expressives de notre répertoire, nous avons souhaité créer quelque chose qui soit bénéfique à son écoute. Comme les œuvres d’art sont encadrées avec le plus grand soin, nous avons cherché des cadres sonores aux compositions de cet album afin de les introduire, les connecter entre elles et les amener plus loin qu’à l’habitude. Surtout, il s’agit d’une invitation à la musique pour permettre aux oreilles et à la conscience d’être éveillées et libérées au moment où l’art fait son apparition. Le canon Le ray au soleyl de Ciconia est une pièce emblématique de notre programme qui fait référence à la famille des Visconti, utilisant les symboles célestes de leur blason et citant leur devise. Pendant notre travail de préparation, nous nous sommes amusés à essayer différentes versions du Ray au soleyl en variant les instrumentations et les transpositions dans une approche ludique. Que se passe-t-il quand on ne joue qu’une seule voix (la « seule » écrite dans le Codex Mancini), ou deux ? Quelles sont les images qui se dégagent de la musique ? C’est ainsi que d’une expérimentation à l’autre, Le Ray au soleyl s’est peu à peu transformé en fil conducteur de l’album. Pres du soleil est une autre pièce emblématique de ce programme. Le texte original de cette ballade de Matteo da Perugia dépeint une scène truffée d’évocations symboliques. On y trouve la domination d’un faucon, le jardin médiéval, la proximité du soleil qui, comme le suggère Nicoletta Gossen(4), peut être interprétée comme une référence à la famille Visconti. Cette pièce nous fascine depuis longtemps et nous l’avons interprétée dans sa version chantée pendant plusieurs années. Ainsi, il nous a semblé naturel d’en proposer à présent notre version instrumentale personnelle, dans laquelle nous nous sommes essentiellement attachés à rendre le caractère planant et l’esprit de menace sous-jacent, un peu comme l’instant de calme avant la tempête. Pour un luthiste, mettre en tablature la musique vocale est une pratique courante, néanmoins inhabituelle pour la musique fumeuse de l’ars subtilior. En effet, les premiers exemples écrits
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apparaissent presque un siècle plus tard, et la majorité seulement au seizième siècle. Cependant, Fumeux fume invite à l’exploration et semble se prêter à un tel arrangement. Contrairement aux madrigaux plus tardifs, ce rondeau se passe de diminutions et autres exercices de virtuosité. La musique est tellement complexe et profonde qu’elle requiert finalement la simplicité. Tout par compas est un second canon, de Baude Cordier, au caractère ludique, qui joue avec l’idée du cercle sur différents plans, visuel, comme le montre l’esthétique du manuscrit, mais aussi structurel, dans la forme même de la composition. Dans la conception des atmosphères sonores entre les titres, plusieurs thèmes en rapport avec le répertoire nous ont inspiré : la perfection du cercle, l’infini, la fumée, le ciel et la terre entre autres. Ces interludes sont réalisés à partir de sons provenant de nos instruments, de bribes de morceaux, d’improvisations ou parfois d’une voix isolée. Nous avons ensuite laissé place à notre imagination et au talent de Thor-Harald Johnsen pour le reste. Nous avons choisi l’inattendu pour présager l’insolite, le singulier pour faire écho au fantastique, l’époustouflant pour clore le stupéfiant. ELODIE WIEMER
(1) Traduction en français moderne : Isabelle Fabre (2) Analyse et traitement informatique de la langue française (3) Jacques Ledune, Les tisseurs de brumes, Détours, PointCulture, décembre 2012 (4) Nicoletta Gossen, Musik und Texten, Texte in Musik, Amadeus, 2006
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Minimalist, mannered, inaccessible, avant-garde, esoteric, expressionist, learned, complex… these terms were attached in turn to a musical style that was to be described as subtle only long after its birth. The end of the 14th century saw the creation and the development of a singular style of composition that today we know as the ars subtilior. Ars: art Subtilis: fine, delicate, witty, brilliant, precise, refined Examples of this style have been found in France (Paris, Avignon and the Southwest), in northern Italy and in Cyprus. This geographical expansion went hand in hand with the explosion of cultural activity in the great European courts, which in turn was heavily influenced by religious, political and cultural leaders of the time. An unusual confraternity was formed in Paris during the twilight years of the 14th century: a group of eccentric young intellectuals — poets, philosophers and musicians — came together and called themselves the Cercle des Fumeux. They enjoyed themselves, judged everything and made fun of rational behaviour; all of their deeds were characterised by extravagance of one form or another. The group’s members included Jean Fumeux, Solage, Jehan Simon Hasprois and Eustache Deschamps; this last-named described his companions and himself in his Charte des fumeux (1368): « Ilz parlent variablement They express themselves in different ways, Ilz se demainent sotement They bustle about foolishly Pour ce que dame Outrecuidance Because the lady Outrecuidance Maine chascun d›eulx a sa dance Draws each of them into her dance. Folie par la main les tient Folly leads them by the hand, Orgueil les gouverne et soutient Pride guides and nourishes them
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Et le vest de riches joyaulx Et Jeunesse, qui est si beaux Leur prie, amonneste et ennorte Que chascuns folement se porte. »
And covers them with fine jewels. Youth in its beauty Encourages and urges them on: They behave like so many madmen!
It is often assumed that the group took its name from Jean Fumeux. Whether this is the case or not, the above theme and a reference to the Cercle des Fumeux are to be found in the texts of the songs Fumeux fume by Solage and Puisque je sui fumeux by Hasprois, both of which are included in this recording. As we explored the historical context of these songs, we asked ourselves what the word fumee actually signified during the 14th century. There are no less than twenty entries for the word in the ATILF’s(1) dictionary of Middle French. On the one hand, fumee signifies the visible or invisible result of various physical or psychic phenomena; on the other, it is used figuratively in countless expressions and metaphors. A more or less concrete image, a somewhat blurred impression nonetheless emerges from this exploration: a type of ephemeral mist, impalpable, elusive, sometimes impenetrable, and with considerable powers. Fumee can cause anger, madness, blindness, and burning. Jacques Ledune(2) has investigated how mist and fog are expressed in music and has rightly remarked that the sound imitation of mist and fog takes on two dimensions insofar as it is applied to a phenomenon that is not only silent but also a synonym for concealment of reality. It is necessary to create a synthesis between sight, sound and thought, in other words a synthesis between form and content: this was the very essence of the word fumee during the period under discussion. The art that we perceive in the two pieces recorded here stems from the fact that style, metaphor and mood here blend together completely naturally. Ledune also considers that the modern ear, on the condition that it has been freed from any conformism of style, can rediscover a power of suggestion and an unbelievable modernity in the
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music of the ars subtilior. The idea of liberating the modern ear is one that is not unfamiliar to us, for it has guided the entire process of creating this recording. This project came about due to our wish to record several of the finest works of the Ars subtilior, given that we are particularly attached to this style. We wondered about the experience a person could have listening to a CD: aware of the difficulty in achieving an intimate listening experience, and at the same time of the expressive possibilities of this repertoire, we wished to create a bridge to connect our listener to our music.In the same time of the expressive possibilities of this repertoire, we wished to create a bridge to connect our listener to our music. In the same way that works of art are framed with the greatest of care, we have taken great pains to find musical frames for the works recorded here; these frames at times introduce the works, at times interconnect them and at times bring something new out of them. Even more important, they act as an invitation to music so that the ears and the conscious mind can be fully awake and liberated at the moment that the art in question first appears. Ciconia’s canon Le ray au soleyl is an emblematic work of this programme and refers to the Visconti family by using the celestial symbols of their coat of arms and a quotation of their motto. As we prepared the work we tried out different versions of Le ray au soleyl by changing the instrumentation and key in a playful manner. What happens when we play only one voice? or only two voices? What images are then conjured up by the music? One experiment led to another, with the result that Le ray au soleyl gradually became the central work of the programme. Pres du soleil is another emblematic work of this programme. The original text of this ballade by Matteo da Perugia describes a scene filled with symbolic figures. We read of a dominating falcon, of a mediaeval garden and of the closeness of the sun: according to Nicoletta Gossen(3), this can be interpreted as a reference to the Visconti family. This piece has fascinated us for a long time and we have performed it with its poetry in a version with voice and instruments for several years. It now seems natural to present our personal instrumental version; in it we have endeavoured to express its
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headily intense character together with its underlying feeling of menace, somewhat like a moment of calm before the storm. The transcription of vocal music into lute tablature is normal practice for a lutenist, although it is nonetheless unusual for the smoky music of the ars subtilior. The first written examples of this in fact appeared almost one century later, with the majority of such transcriptions appearing only in the 16th century. Fumeux fume, however, seemed to invite exploration and indeed to lend itself to such an arrangement. Unlike other later madrigals, this rondeau does not ask for any diminutions or demonstrations of virtuosity, it is so complex and profound that all it requires is simplicity. Tout par compas is another canon, this time by Baude Cordier. It plays with the idea of a circle on several levels, firstly visual, as the design and layout of the manuscript make clear, and secondly structural, in the form of the composition itself. Several themes connected with the music — the perfection of the circle, infinity, smoke, heaven and earth — served as inspiration for the various soundscapes placed between the works themselves. These interludes have been created with sounds from our instruments, snatches of the works themselves, improvisations and sometimes even a solo line. All of the rest we left to our imagination and to the talent of Thor-Harald Johnsen. We chose the unexpected to foreshadow the unusual, the singular to echo the fantastic, the breathtaking to conclude the amazing. ELODIE WIEMER TRANSLATION: PETER LOCKWOOD
(1) Analyse et traitement informatique de la langue française (2) Jacques Ledune, Les tisseurs de brumes, Détours, PointCulture, décembre 2012 (3) Nicoletta Gossen, Musik und Texten, Texte in Musik, Amadeus, 2006
« Ilz parlent variablement Ilz se demainent sotement Pour ce que dame Outrecuidance Maine chascun d'eulx a sa dance
Sie drücken sich unterschiedlich aus, Sie handeln dumm, Weil Frau Überheblichkeit Jeden zu ihrem Tanz mitreißt.
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Minimalistisch, manieriert, unzugänglich, modern, avantgardistisch, esoterisch, expressionistisch, kunstvoll, komplex ... All diese Bezeichnungen werden abwechselnd für einen Musikstil verwendet, der erst lange nach seiner Entstehung subtil genannt wurde. Am Ende des 14. Jahrhunderts entstand und entwickelte sich somit ein Stil sonderbarer Art, der heute Ars subtilior genannt wird. Ars: die Kunst Subtilis: fein, zart, geistreich, brillant, präzise, erlesen Beispiele für diese Musik sind in Frankreich (Paris, Avignon und im Südwesten) zu finden, aber auch im Norden Italiens und in Zypern. Diese geographische Verbreitung geht Hand in Hand mit den vielfältigen kulturellen Aktivitäten an den wichtigsten europäischen Höfen sowie mit den wechselseitigen Kontakten einflussreicher Persönlichkeiten des religiösen, politischen und kulturellen Lebens dieser Zeit. In Paris kommt im ausgehenden 14. Jahrhundert eine eigenartige Bruderschaft zusammen: eine Gruppe junger, exzentrischer Intellektueller, die sich Cercle des Fumeux nennt. Sie sind Dichter, Denker, Musiker. Sie amüsieren sich, kritisieren, machen sich über die Vernunft lustig, und ihre Aktionen zeichnen sich durch Extravaganz aus. Unter ihnen findet man Jean Fumeux, Solage, Jehan Simon Hasprois und Eustache Deschamps. Letzterer schreibt über seine Kollegen und sich selbst in seiner Charte des fumeux (1368):
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Folie par la main les tient Orgueil les gouverne et soutient Et le vest de riches joyaulx Et Jeunesse, qui est si beaux Leur prie, amonneste et ennorte Que chascuns folement se porte. »
Verrücktheit hält sie an der Hand, Stolz führt und unterstützt sie Und überhäuft sie mit kostbaren Juwelen, Und die Jugend, die so schön ist, Feuert sie an und ermahnt sie: Sie sollen sich wie Verrückte betragen!
Manchmal wird angenommen, dass dieser Kreis seinen Namen von Jean Fumeux übernahm. Wie dem auch sei, die Thematik und der Verweis auf den Cercle des Fumeux finden sich in den Gedichten der Lieder Fumeux fume von Solage sowie in Puisque je sui fumeux von Hasprois, die in diesem Album zu hören sind. Als wir uns mit dem Kontext dieser Lieder auseinandersetzten, fragten wir uns, was man unter dem Ausdruck fumee im 14. Jahrhundert verstand. Im Wörterbuch für Mittelfranzösisch von ATILF(1) finden sich nicht weniger als an die zwanzig Okkurrenzen des Wortes. Fumee bedeutet einerseits das sichtbare oder nicht sichtbare Ergebnis verschiedener Phänomene körperlicher oder psychischer Art. Andererseits wird das Wort übertragen in unzähligen Ausdrücken und Metaphern angewandt. Aus dieser Lektüre ging jedoch ein mehr oder weniger konkretes Bild hervor, ein eher vager Eindruck. Es handelt sich um einen flüchtigen, nicht greifbaren, nicht zu fassenden Nebel, der manchmal auch undurchdringlich ist und beachtliche Kräfte besitzt. Diese Fumee kann Wut, Wahnsinn, Verblendung oder Verbrennungen hervorrufen. Jacques Ledune(2) befasste sich mit der Art, in der der Nebel in der Musik ausgedrückt wurde und bemerkt zurecht, dass „die Nachahmung des Nebels zwei Dimensionen besitzt, da sie ein Phänomen betrifft, das nicht nur stumm sondern auch ein Synonym für die Auflösung ist“. Es handelt sich darum „diese Synthese zwischen dem Visuellen, dem Sonoren und dem Denken zu bewirken, d.h. zwischen Form und Inhalt“, worin das Wesen des Wortes Fumee im Kontext dieser
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Zeit besteht. Die Kunst, von der die beiden hier interpretierten Stücke zeugen, beruht darauf, dass darin Stil, Metapher und Gemütszustand ganz natürlich ineinander übergehen. Ledune meint übrigens, dass „heutige Ohren – vorausgesetzt sie sind von jeglichem stilistischen Konformismus befreit – [in der Kunst der Ars subtilior] eine suggestive Kraft und unglaubliche Modernität [...] finden können. Die Idee, die „heutigen Ohren“ zu befreien, ist eine Perspektive, die uns nicht fremd ist und uns beim Entstehungsprozess dieses Albums leitete. Das Projekt entstand aus dem Wunsch, einige der schönsten Stücke der Ars subtilior aufzunehmen, eines Stils, für den wir eine besondere Vorliebe haben. Wir fragten uns, welche Wirkung eine CD auf den Hörer ausübt, und da wir uns der Schwierigkeit bewusst waren, sich dem Zuhören ganz hinzugeben, aber vor allem auch der expressiven Möglichkeiten unseres Repertoires, wollten wir etwas schaffen, was dem Zuhören förderlich ist. So wie Kunstwerke mit größter Sorgfalt gerahmt werden, suchten wir klangliche Rahmen für die Kompositionen dieses Albums, um sie einzuführen, untereinander zu verbinden und sie weiterzuführen als gewohnt. Es handelt sich vor allem um eine Einladung zur Musik, um den Ohren und dem Bewusstsein die Möglichkeit zu verschaffen, im Moment, in dem die Kunst hörbar wird, wach und frei zu sein. Der Kanon Le ray au soleyl von Ciconia ist in unserem Programm ein symbolträchtiges Stück, das auf die Familie der Visconti anspielt und die himmlischen Symbole ihres Wappens benutzt sowie ihre Devise zitiert. Während der Vorbereitungsarbeit amüsierten wir uns damit, verschiedene Fassungen von Ray au soleyl auszuprobieren, indem wir spielerisch die Instrumentationen und Transpositionen variierten. Was geschieht, wenn man nur eine Stimme (die „einzige“ im Kodex Mancini geschriebene) spielt, oder zwei? Welche Bilder entstehen durch die Musik? So wurde Le Ray au soleyl von einem Experiment zum anderen nach und nach zum roten Faden dieses Albums. Pres du soleil ist ein anderes emblematisches Stück dieses Programms. Der Originaltext dieser Ballade von Matteo de Perugia schildert eine Szene voll symbolischer Vorstellungen. Man findet darin
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einen dominierenden Falken, den mittelalterlichen Garten, die Nähe der Sonne, die – wie Nicoletta Gossen nahelegt(3) – als ein Hinweis auf die Familie Visconti gedeutet werden kann. Dieses Stück fasziniert uns seit langem, und wir interpretierten es mehrere Jahre hindurch in einer Fassung mit Gesang und Instrumenten. So fanden wir es natürlich, nun eine persönliche Instrumentalfassung davon zu spielen, in der es uns vor allem wichtig ist, den schwebenden Charakter, sowie die unterschwellige Bedrohung wiederzugeben, etwa wie einen Augenblick der Ruhe vor dem Sturm. Ein Lautenist ist daran gewohnt, Vokalmusik zu intabulieren, aber nicht die „nebelige“ Musik der Ars subtilior. Die ersten schriftlichen Beispiele tauchen nämlich erst ein Jahrhundert später auf, und der Großteil erst im 16. Jahrhundert. Dennoch lud Fumeux fume dazu ein, erforscht zu werden, und schien für eine solche Bearbeitung geeignet. Im Gegensatz zu späteren Madrigalen verzichtet dieses Rondo auf Diminutionen und andere Ausdrucksformen der Virtuosität. Die Musik ist so komplex und tiefgehend, dass sie letztlich Schlichtheit erfordert. Tout par compas ist ein zweiter Kanon von Baude Cordier. Er weist einen spielerischen Charakter auf, der sich mit der Idee des Kreises auf verschiedenen Ebenen auseinandersetzt, der visuellen, – wie die Ästhetik des Manuskripts zeigt – aber auch der strukturellen, in der Form selbst der Komposition. Bei der Konzeption der Klangatmosphären zwischen den Stücken inspirierten uns mehrere Themen, die im Zusammenhang mit dem Repertoire stehen: die Perfektion des Kreises, das Unendliche, der Rauch, Himmel und Erde u.a.m. Diese Zwischenspiele wurden ausgehend von Klängen unserer Instrumenten erarbeitet, d.h. aus Bruchteilen von Stücken, von Improvisationen oder manchmal einer einzelnen Stimme. Danach ließen wir unserer Fantasie und Thor-Harald Johnsens schöpferischem Können freien Lauf. Wir wählten Unerwartetes, um Ungewöhnliches anzukündigen, Sonderbares, um an Fantastisches anzuknüpfen, und Erstaunliches, um das Verblüffende zu beenden. (1) Analyse et traitement informatique de la langue française
ÜBERSEZTUNG: SILVIA BERUTTIRONELT
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(2) Jacques Ledune, Les tisseurs de brumes, Détours, PointCulture, décembre 2012 (3) Nicoletta Gossen, Musik und Texten, Texte in Musik, Amadeus, 2006
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2. Onques ne fu si dure pertie Onques ne fu si dure pertie de deus amans dont l’amor pertie et se ge ne m’i otri; si gue te prie au dieu d’amors requer qu’alés, oci oci ... ces faus cri tan medisans que d’épartillie linça. Encor ce suplen quel dien en depit, Dieu li queuant tres fi, fi, ... oci, oci, ... fi, fi, ...oci, oci, ... crulem convient oster once joie est mon ami, plus n’en connoie.
2. Onques ne fu si dure pertie There is no separation harder Than that of two lovers whose love is shared. I beseech you, seek out the god of love. Oci oci*: this treacherous cry tells me That it is time for lovers to part. They should not be ashamed: This was my friend; I loved no other.
5. Puisque je sui fumeux, plains de fumee* Puisque je suis fumeux, plains de fumee, fumer m'estuet car se je ne fumoye, ceulx qui dient que j'ay teste enfumee par fumee je les desmentiroye Et nonpourquant jamais ne fumeroye defumee qui fust contre rayson:
5. Puisque je sui fumeux, plains de fumee* Since I am smoky, full of smoke, I must smoke, for if I did not, I would contradict those who say That I am troubled in mind by my smoke; However, I would never emit so much Of it that my mind is clouded by it.
si je fume, c'est ma compleccion quolerique qu'ainsi me fayt fumer. Je fumeray sans personne graver, c'est bien fumé il n'i a point d'outrayge quant on fume sans fayre autrui damage.
If I smoke, it is my angry temperament That makes me fulminate. I will smoke without offending anyone; It is well smoked, there is no outrage When one smokes without causing any harm.
Fumée n’est a nulli refusée fume qui veult, tenir ne me pouroie ; j’ai en fumant mainte chose rimée encore sçay que mais n’y avenroye se per fumer en fumant ni pensoye
Nobody may be forbidden to smoke; Let him smoke who will, I cannot resist it; I have often rhymed my verses as I smoke And I know that I could not have, Had I not dreamt of smoking as I smoked.
* call of the nightingale and at the same time imperative form of the verb occire = to kill
* Le chant du rossignol, et en même temps l’impératif du verbe « occire » = tuer
2. Onques ne fu si dure pertie Noch nie war eine Trennung so hart, Wie die von zwei Liebenden, deren Liebe geteilt wird … Ich bitte Dich, geh zum Gott der Liebe… Oci, oci, oci*: dieser perfide Schrei sagt mir, Daß es Zeit ist für die Geliebten aufzubrechen… Sie brauchen sich nicht dafür zu schämen. Es war mein Freund; ich kannte keinen Anderen. *Gesang der Nachtigall und gleichzeitig Imperativ des Verbs occire = töten
5. Puisque je sui fumeux, plains de fumee* Puisque je suis fumeux, plein de fumée, Je dois fumer, car si je ne fumais, Ceux qui disent que j’ai l’esprit troublé Par ma fumée, je les contredirais ; Pourtant jamais je ne dégagerais De fumée offusquant la raison.
5. Puisque je sui fumeux, plains de fumee* Da ich voller Qualm, völlig eingenebelt bin, Muss ich rauchen, denn würde ich nicht rauchen, Würde ich denjenigen, die sagen, dass mein Geist durch den Rauch verschleiert ist, widersprechen; Jedoch würde ich niemals einen Rauch ausstoßen, Der den Verstand verdunkeln würde.
Si je fume, c’est mon tempérament De coléreux qui me fait fulminer. Je fumerai sans offenser personne ; Voilà qui est fait ! On n’est en rien coupable Quand on fume sans causer de dommage.
Wenn ich rauche, ist es meine cholerische Verfassung, Die mich so kochen lässt. Jedoch werde ich rauchen, ohne jemanden zu belästigen, So ist es gut getan, es gibt keine Schuld, Wenn man raucht, ohne dem Anderen Schaden zuzufügen.
Nul de fumer ne peut être privé ; Fume qui veut, je n’y peux résister ; J’ai souvent en fumant mes vers rimé Et je sais bien que je ne le pourrais Si en fumant enfumé n’y songeais.
Das Rauchen kann niemandem verweigert werden, Rauche wer will, ich kann mich davon nicht fern halten. Im Rauch habe ich einiges gereimt, Und ich weiß, daß ich es nicht geschafft hätte, Hätte ich nicht rauchend ans Rauchen gedacht.
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2. Onques ne fu si dure pertie Jamais ne fut séparation plus dure Que celle de deux amants ayant l’amour en partage… Je t’en prie, allez trouver le dieu d’amour… Oci, oci, oci*: ce cri perfide me dit Qu’il est temps pour les amants de partir… Ils n’ont pas à en avoir honte. C’était mon ami ; je n’en aimais pas d’autre.
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fumée rent bien consolacion, aucune fous tolt tribulacion, on se puet bien en fumant deliter, home fumeux puet en fumant trouver en li plusieurs profit et avantage quant hom fum sans fayre aulltrui damage.
Smoking provides consolation, More than once has it lightened my pain; One can amuse oneself while smoking. He who smokes can thus gain Much benefit and advantage When he smokes without causing any harm.
Se j'eusse le cervell enpeinee de Socrates, si com je le voudroye, j'euse bien la teste plus temperee, car onques ne fuma par nulle voye Chascuns n'est pas chains de telle courroye
If I had a brain as active as Socrates’, And I wish I did, My mind would be much calmer, For none had ever seen him enraged. Not everyone is so fortunate!
car tel fume que peu s'en parçoit on tant a au cuer plus de confusion, quant il ne puet sa fumee monstrer, ou il n'ose pour paour d'enpirer. Je ne tieng pas c'on ayt le cuer volage, quant on fume sans fayre aulltruy damage
One can smoke without being noticed: The heart is even more upset When it cannot display its smoke, For it fears that its state might worsen. I do not believe that one’s heart is fickle When one smokes without causing any harm.
7. Le basile de sa propre nature Le basile de sa propre nature tous ceulz qu'il voit tue soubdaynement. car son venin est mortel sanz mesure. sanz remede et sanz alegement. Ainsi tue Envie lez bonz par trez sanglante jalousie. tant que chascun voit son per a grant payne. car Barat tient le monde en son demaine.
7. Le basile de sa propre nature By its own nature, the basilisk Kills all that it beholds at first sight: Its venom is fatal and instant, It has neither antidote nor cure. Likewise Envy kills good men Through cruel jealousy, so well That they see their love only with great pain, For Slander has the world under his control.
Der Rauch bietet Trost, Oft löscht er den Schmerz, Man kann im Rauchen viel Vergnügen finden, Der rauchende Mensch kann im Rauchen Viel Nutzen und einige Vorteile finden, Wenn er raucht, ohne dem Anderen Schaden zuzufügen.
Si j’avais le cerveau embesogné Comme Socrate, ce que je souhaiterais, J’aurais l’esprit bien plus équilibré, Car jamais on ne le vit fulminer. Tout le monde n’est pas bien arrimé !
Hätte ich das fleißige Gehirn Sokrates, was ich wünschte, Hätte ich einen viel ausgeglicheneren Geist, Denn nie sah man ihn vor Wut kochen. Nicht jeder ist so gut ausgerüstet!
On peut fumer sans être remarqué : Le cœur en est d’autant plus perturbé Qu’il ne peut sa fumée manifester Ou bien il craint d’aggraver son état ; Je ne crois pas qu’on ait le cœur volage Quand on fume sans causer de dommage.
Manch einer raucht im Inneren, ohne dass man es merkt: Im Herzen ist er umso mehr verwirrt, Wenn er seinen Rauch nicht zeigen kann, oder er traut sich nicht, aus Angst, dass es ihm noch schlechter geht. Ich glaube nicht, dass man ein unbeständiges Herzen hat, Wenn man raucht, ohne dem Anderen Schaden zuzufügen.
7. Le basile de sa propre nature Le basilic de sa propre nature Tous ceux qu’il voit tue au premier regard : Son venin est fatal et foudroyant, Sans nul remède et sans rémission. Ainsi l’envie Tue les bons par cruelle jalousie Si bien qu’on voit l’être aimé à grand-peine, Car Calomnie a tout mis sous son joug.
7. Le basile de sa propre nature Der Basilisk tötet von Natur aus all jene augenblicklich, die er sieht, denn sein Gift ist tödlich; ohne Maß, ohne Heilmittel, ohne Erleichterung. Genauso tötet der Neid Die Guten durch sehr blutige Eifersucht So daß jeder seinesgleichen mit großer Feindschaft betrachtet, denn der Betrug hält die Welt in seiner Macht.
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La fumée nous vaut ample consolation, Plus d’une fois elle allège la peine ; On peut bien en fumant se divertir, L’homme fumeux peut ainsi s’attirer De nombreux biens et autant d’avantages, Quand il fume sans causer de dommage.
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Le roy d'Amours ou palais de Droyture si a doune sentense et jugement contre ennemi qui par fause morsure a vrays amans font painne et tourment. Maudite soit leur vie et leur jangler plain de tres grant foulie. per cui je pers l'amour ďŹ ne et hautaine. car Barat tient le monde en son demaine.
King Love in the palace of Uprightness Has passed both judgement and sentence, Punishing the enemy whose bite Causes pain and torment to those who love. Curses on this enemy And on their insane babblings! Thanks to them I have lost a high and fair love, For Slander has the world under his control.
Or vueille Dieux que par sa grace pure puisse jouir de la belle au corps gent. quar trop l'aim mieulz que nulle creature tant que mon cuer est tout sien fermement. Elle m'est vraye amie. gaye, playsant, courtoisse et jolie. ne plus ne quier fors ma dame souvrayne. car Barat tient le monde en son demaine.
May God in his pure grace grant that I may Rejoice in the fair enchanting body of that maid, For I love her more than any other creature: My heart has resolved to be only hers. She is my true friend, Gay, pleasant, courteous and beautiful; All I desire is my sovereign Lady, For Slander has the world under his control.
10. Fumeux fume par fumee* Fumeux fume par fumee. fumeuse speculacion. Qu'antre fummet sa pensee fumeux fume par fumee. Quar fumer molt li agree tant qu'il ait son entencion. Fumeux fume par fumee fumeuse speculacion.
10. Fumeux fume par fumee* The smoker fulminates through smoke About his smoky thoughts; Filling himself and his thoughts with smoke, The smoker fulminates through smoke, For he delights in smoking Until his goals are obtained. The smoker fulminates through smoke About his smoky thoughts.
11. Tout par compas Tout par compas suy composes en ceste ronde proprement. Pour moy chanter plus seurement
11. Tout par compas As if drawn by a compass, I am Encompassed in this perfect circle To be sung more surely.
Der König der Liebe hat im Palast der Gerechtigkeit Trotzdem die Strafe und die Verurteilung Gegen die Feinde gegeben, die durch hinterlistige Bisse Wahrhaften Liebenden Schmerzen und Marter zufügen. Verflucht sei ihr Leben Und ihre Verleumdungen voll größter Torheit, weswegen ich die vollkommene und erhabene Liebe verliere weil der Betrug die Welt in seiner Macht hält.
Que Dieu m’accorde par sa grâce pure De jouir de la belle au corps charmant, Car je l’aime sans commune mesure : Mon cœur lui appartient résolument. C’est mon amie Plaisante et gaie, séduisante et jolie ; Je ne veux rien qu’elle qui me gouverne Car Calomnie a tout mis sous son joug.
Möge nun Gott, daß, durch seine alleinige Gnade, ich mich An der Schönen mit dem anmutigen Körper erfreuen dürfe, Denn ich liebe sie viel mehr als jedes andere Geschöpf, So sehr, daß mein Herz ganz und gar ihres ist. Sie ist meine wahre Geliebte, fröhlich, gefällig, höflich, und hübsch, Ich habe kein Verlangen, außer nach meiner erhabenen Dame weil der Betrug die Welt in seiner Macht hält.
10. Fumeux fume par fumee* Le fumeur fulmine et s’enfume * Dans ses fumeuses réflexions S’enfumant, lui et ses pensées : Le fumeur fulmine et s’enfume, Car il se plaît à fulminer Jusqu’à ce qu’il parvienne à ses fins : Le fumeur fulmine et s’enfume Dans ses fumeuses réflexions.
10. Fumeux fume par fumee* Der Raucher wettert und echauffiert sich, In seinen vernebelten Überlegungen versunken, Und räuchert sich und seine Gedanken dabei ein: Der Raucher wettert und echauffiert sich, Weil es ihm sehr gefällt, Bis er sein Ziel erreicht hat. Der Raucher wettert und echauffiert sich, In seinen vernebelten Überlegungen versunken.
11. Tout par compas Comme au compas je suis tracé Dans ce cercle parfaitement Pour qu’on me chante sûrement.
11. Tout par compas Wie mit einem Zirkel bin ich komponiert, Ganz perfekt in diesem Kreis, Damit man mich sicher singen kann.
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Le roi Amour au palais de Droiture A rendu ses sentence et jugement, Punissant l’ennemi dont la morsure Perfidement accable les amants. Maudit soient-ils Et leur babil qui est pure folie ! À cause d’eux je perds l’amour sublime Car Calomnie a tout mis sous son joug.
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Regarde com suy disposes, compaing ie te pri chierement Tout par compas suy composes en cette ronde proprement Trois temps entiers par toys poses chacer me pues ioyeusement s’en chantant as vray sentement. Tout par compas suy composes en ceste ronde proprement pour moy chanter plus seurement.
Behold how I am made, Friend, I beg you earnestly: Encompassed in this perfect circle To be sung more surely. After pausing for three beats You may happily chase me If you know well the art of singing As if drawn by a compass, I am Encompassed in this perfect circle To be sung more surely.
13. Le ray au soleyl qui dret som karmeyne Le ray au soleyl qui dret som karmeyne En soy bracant la douce tortorelle Laquel compagnon onques renovelle A bon droyt sembla que en toy perfect reyne.
13. Le ray au soleyl qui dret som karmeyne The bright ray that guides the sun’s chariot on its path, Enfolding the sweet turtledove Who never changes her partner, Seems to have found a perfect dwelling in you. Translation: Peter Lockwood
* The word fumee in its various forms appears in both texts repeatedly, creating a suggestive sound effect through alliteration, that is likewise underlined by the composition. No translation is able to demonstrate the diversity and the multitude of interpretations of this word, which in early French was so rich and diverse in connotation. Thus, the symbolic meaning of fumee remains unclear, but is this mystery not precisely in consonance with the desired effect?
13. Le ray au soleyl qui dret som karmeyne Le rayon du soleil qui mène droit son char, Enveloppant la douce tourterelle Qui ne change jamais de partenaire, En toi semble à bon droit régner parfaitement.
13. Le ray au soleyl qui dret som karmeyne Der Lichtstrahl, der den Sonnenwagen geradeaus führt, der die süße Turteltaube, welche nie den Gefährten wechselt, umhüllt, scheint bestens und zu Recht in Dir innezuwohnen.
Traduction : Isabelle Fabre
Überstezung: Elodie Wiemer
* Le mot fumee et ses dérivés apparaissent ici de manière répétée, les allitérations créant ainsi un effet sonore particulier s’ajoutant au pouvoir suggestif de la musique. Aucune traduction ne peut rendre la diversité et la multitude des interprétations et significations possibles. En moyen français, le terme fumee est employé de manière très variée, avec différents sens. On s’interroge encore aujourd’hui sur la signification symbolique de cette fumee, mais ce mystère ne correspond-il pas justement à l’effet désiré ?
* Das zentrale Wort fumee (neufrz.: Rauch) und seine Ableitungen tauchen hier ständig auf. Ein besonders ästhetisches Klangergebnis wird so durch die Alliterationen erzeugt. Eine Übersetzung kann die Bedeutungs- und Interpretationsvielfalt der Dichtung nicht wiedergeben. In der französischen Sprache des 14. Jahrhunderts wird das Wort fumee vielseitig verwendet. Man fragt sich heute noch, was die symbolische Bedeutung von fumee sein soll. Aber entspricht nicht schließlich dieses Mysterium genau dem gewünschten Effekt?
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Schau, wie ich geschrieben bin, Freund, ich bitte Dich sehnlich: Wie mit einem Zirkel bin ich komponiert Ganz perfekt in diesem Kreis. Nachdem Du drei Schläge pausierst, Kannst Du mich fröhlich jagen, Wenn Du gut singen kannst. Wie mit einem Zirkel bin ich komponiert, Ganz perfekt in diesem Kreis, Damit man mich sicher singen kann.
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Regarde comme je suis fait, Ami, je t’en prie ardemment : Comme au compas je suis tracé Dans ce cercle parfaitement. Après avoir trois temps compté Tu peux me chasser vivement Si tu connais bien l’art du chant. Comme au compas je suis tracé Dans ce cercle parfaitement Pour qu’on me chante sûrement.
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