Molière / Lully Le Bourgeois Gentilhomme Collection Versailles
LE BOURGEOIS GENTILHOMME Comédie-ballet Molière (1622–1673) / Lully (1632–1687) Mise en scène Réalisation Direction musicale Collaboration artistique Scénographie Lumières Costumes Chorégraphie Maquillages et coiffures Assistant mise en scène Assistante scénographie Assistant costumes Construction des décors Confection des costumes
Denis Podalydès Sociétaire de la Comédie Française Martin Fraudreau Christophe Coin Emmanuel Bourdieu Éric Ruf Sociétaire de la Comédie Française Stéphanie Daniel Christian Lacroix Kaori Ito Véronique Soulier-Nguyen Laurent Podalydès Delphine Sainte-Marie Jean-Philippe Pons Ateliers des Théâtres de la Ville de Luxembourg / art&Oh / Benoît Probst Ateliers du Théâtre de la Place, Liège
Madame Jourdain Maître de musique et Dorante Nicole Dorimène Maître de philosophie Un laquais, Le Petit Mufti, danseur Lucile et le Garçon tailleur, danseuse le Maître d’armes Un laquais Monsieur Jourdain Maître tailleur et Covielle Maître de danse et Cléonte danseuses tenor soprano baryton, le Grand Mufti ténor et gambiste
Emeline Bayart Julien Campani Manon Combes Bénédicte Guilbert Francis Leplay Hermann Marchand Leslie Menu Nicolas Orlando Laurent Podalydès Pascal Rénéric Alexandre Steiger Thibault Vinçon Jennifer Macavinta & Artemis Stavridi Romain Champion Cécile Granger Marc Labonnette Francisco Mañalich
Remerciements à
Isabelle Candelier & Manuel Le Lièvre
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Le paradoxe magnifique du Bourgeois gentilhomme tient à ce qu’on y réunit et célèbre les Arts au profit d’un homme qui écoute, voit et pratique les plus belles choses, sans jamais y rien entendre. Non pas par bêtise. Il est comme forcé à l’ignorance, car il ne peut être celui qu’il voudrait devenir, le propre d’un homme de qualité étant de l’être par nature et non de l’apprendre par science ou maîtrise. Dans le combat moral et physique que livre Jourdain pour se faire gentilhomme, il affronte deux puissances elles-mêmes antagonistes. C’est, d’une part, la famille : la femme, la servante, la fille à marier. C’est sa vie même, vie bourgeoise, concrète, réelle et réaliste, calculante, intéressée. Jourdain s’escrime à leur faire entendre, à leur faire sentir, à leur faire toucher ce qu’il ne pourra jamais leur faire toucher, sentir et entendre, car lui comme sa femme et sa fille, sont et seront toujours des bourgeois de la porte Saint-Innocent. L’autre puissance non moins terrible : la Noblesse. Roturier de naissance, il ne peut que la «hanter», c’est-àdire la fréquenter, imiter ses façons – manières inimitables – apprendre le savoir de l’Honnête homme – savoir qui ne s’apprend pas – voisiner avec
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les nobles, les acheter en pure perte, tomber amoureux d’une marquise, lui offrir un diamant, un somptueux repas, un ballet, les mets les plus cher : toujours l’écart se creuse, toujours il est trompé, toujours échappe le grand rêve, toujours sa femme, qui, elle, ne rêve pas, vient le reprendre. Molière est impitoyable là-dessus. Et le couple Jourdain est un des plus beaux qu’il ait réussi à faire vivre. Mais la capacité d’étonnement et d’émerveillement de notre Bourgeois est sans limite. Augmentée du désir amoureux, de la haine de sa condition bourgeoise et de la passion d’être un autre, elle lui fait braver tous les ridicules, de sorte qu’à travers mille folies comiques, devenu « Mamamouchi », avatar extrême de son extravagance, il parvient malgré tout à ses fins, un court instant seulement, célébrant, réunissant et confondant les Arts dans un dépassement comique et poétique dont il est à la fois la dupe et Le triomphateur. Denis Podalydès
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LA FAMILLE JOURDAIN monsieur jourdain bourgeois madame jourdain sa femme lucile fille de M. Jourdain nicole servante LES AMANT(E)S cléonte amoureux de Lucile covielle valet de Cléonte dorante comte, amant de dorimène dorimène marquise LES « PROFESSIONNELS » DE LA CULTURE maître de musique élève du maître de musique maître à danser maître d’armes maître de philosophie maître tailleur garçon tailleur deux laquais plusieurs musiciens, musiciennes, joueurs d’instruments, danseurs, cuisiniers, garçons tailleurs, et autres personnages des intermèdes et du ballet. ACTE PREMIER M. Jourdain, dont le père s’est enrichi en vendant du drap, a décidé de vivre en « homme de qualité ». L’acte s’ouvre sur la conversation des maîtres de musique et de danse qui discutent des mérites de leur art et jugent avec pitié le parvenu qui les paie. Entrée de M. Jourdain qui montre immédiatement son ignorance et sa fatuité. Entrée du ballet qui forme un intermède pour passer au second acte (II). ACTE II Ayant donné son avis sur la musique, M. Jourdain commande un concert et un ballet pour un dîner où il a prié des gens de qualité. Il prend une leçon de danse et de maintien. Arrivée du maître d’armes et discussion véhémente entre les trois professeurs. Le maître de philosophie qui survient est invité à arbitrer le conflit; mais il tourne les trois autres contre lui. Bataille et sortie des combattants. Le maître de philosophie rentre. M. Jourdain désire apprendre « tout ce qu’il pourra » Mais il 8
renonce à la logique, à la morale, à la physique et se décide pour l’orthographe. M. Jourdain reçoit son tailleur qui lui apporte un habit. Entrée de ballet par les garçons tailleurs qui habillent M. Jourdain en cadence (I, III, IV, V). ACTE III M. Jourdain, qui veut montrer à sa femme et à la servante Nicole ses connaissances nouvelles, réussit seulement à se couvrir de ridicule. Mme. Jourdain reproche à son mari de fréquenter les nobles, et de ne pas s’occuper du mariage de sa fille. Elle le blâme de recevoir Dorante ; mais, malgré ses avis, M. Jourdain se laisse emprunter à nouveau de l’argent par Dorante qui s’est chargé d’offrir une bague à la marquise Dorimène que M. Jourdain courtise. Il se substitue à M. Jourdain pour offrir à Dorimène un dîner et un régal. Nicole prévient Mme Jourdain qu’il y a « anguille sous roche ». Scènes de dépit amoureux entre Cléonte et Lucile, la fille de M. Jourdain, entre Nicole et Covielle. Discussions et raccommodements. Mme Jourdain invite Cléonte à demander la main de Lucile à M. Jourdain, qui refuse parce que Cléonte n’est pas gentilhomme. Covielle propose à Cléonte un stratagème. Arrivée de Dorante et de Dorimène qui s’inquiète des dépenses faites en son honneur. M. Jourdain revient, révèle une fois de plus son ignorance de la civilité et des belles manières. Les convives vont se mettre à table pendant que les cuisiniers font le troisième intermède de danse (III, IV, X, XII, XVI). ACTE IV Le festin tire à sa fin. M. Jourdain adresse à Dorimène de maladroits compliments quand Mme Jourdain survient, indignée, qui dit leur fait à M. Jourdain, à Dorante et à Dorimène qui veut sortir. Le ménage Jourdain continue à se disputer quand apparaît Covielle (déguisé en Turc). Il annonce à M. Jourdain que le fils du Grand Turc (Cléonte également déguisé en Turc) a vu Lucile, s’est épris d’elle et veut l’épouser. Covielle, en flattant les prétentions nobiliaires de M. Jourdain, qui, élevé par son futur gendre à la dignité de « mamamouchi », obtient une réponse favorable aux espérances de Cléonte. Dorante, qui a accepté de 8 favoriser l’intrigue, est présent. Cérémonie burlesque d’anoblissement du bourgeois (I, II, III, IV et cérémonie turque). ACTE V Mme Jourdain retrouve son mari affublé des insignes de sa nouvelle dignité, et le croit fou. Arrivée de Dorante avec Dorimène qui lui offre de l’épouser. Cléonte et Covielle, en costume turc, qui viennent pour le contrat, sont présentés à Dorimène et Dorante. M. Jourdain veut imposer le fils du Grand Turc comme époux à Lucile qui accepte, en reconnaissant Cléonte sous son déguisement. Même jeu de scène avec Mme Jourdain qui consent au mariage. En attendant le contrat, nouvel intermède de chants et de danses : Ballet des nations avec six entrées (I, III, V, VI).
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LUCILE
CLÉONTE
DORIMÈNE
COVIELLE
NICOLE
MUSICIENS & DANSEURS
Solistes de l'Ensemble Baroque de Limoges Flûte Hautbois Violons Alto Violoncelle Clavecin
Maria Tecla Andreotti Patrick Beaugiraud Louis Creach & Guadalupe del Moral Nicolas Mazzoleni Christophe Coin Yvan Garcia
Equipe de Tournée Administration de tournée Régie générale Régie plateau Habillage
Caroline Giovos Joël Lhopitalier Eric Becdelièvre Cathy Diallo, Alice François & Frédérique Gautron Maquillage-coiffure Gwendoline Quiniou & Marie Sorin Régie lumières Claire Gondrexon & Simon Rutten
Production Bouffes du Nord
Direction Administration Secrétaire générale Direction Technique Responsable production / diffusion Chargée de production
Olivier Mantei & Olivier Poubelle Céline Léger-Danion Sophie Darragi Daniel Eudes Marko Rankov Marion Bois
Spectacle produit par C.I.C.T / Théatre des Bouffes du Nord Captation coproduite par Wahoo Production C.I.C.T / Théatre des Bouffes du Nord Opera Royal / Château de Versailles Spectacles Avec la participation de France Télévisions et de TV5MONDE Et le soutien de la Région Limousin Filmé à l’Opéra Royal du Château de Versailles en novembre 2012 18
Co-Production Les Nuits de Fourvière / Département du Rhône Les Théâtres de la Ville de Luxembourg Théâtre de la Place / Liège Théâtre de Caen Opéra Royal / Château de Versailles Spectacles Ensemble Baroque de Limoges / Fondation Laborie Maison de la Culture d’Amiens Châteauvallon CNCDC / Printemps des Comédiens. Avec la participation artistique de l’ENSAD de Montpellier Languedoc Roussillon, de l’ENSATT et du JTN.
Captation
Wahoo Production Producteur Frédéric Allain Réalisation Martin Fraudreau Avec la participation de France Télévisions Unité Musique & Spectacles vivants Nicolas Auboyneau Administrateur de production Pascal Cardin Chargée de production Blanche Simon Avec la participation de TV5 Monde Directrice adjointe des programmes Sophie Duchemin Avec le soutien de la Région Limousin en partenariat avec le Centre national du cinéma et de l’image animée. Pôle Cinéma de la Région Limousin Avec le concours du Centre national du cinéma et de l’image animée. © Wahoo Production / CICT Les Bouffes du Nord Château de Versailles Spectacles - 2012 DVD Alpha Music Direction Artistique Didier Martin Edition Pauline Pujol Graphisme Gaëlle Löchner Authoring DVD François Le Nouëne Photographies du livret et du digipack © Victor Tonelli / Agence de presse ArtComArt Croquis costumes © Christian Lacroix 19
Opéra Royal de Versailles A Versailles, la musique résonnait à tout instant et en tout lieu. Du lever au coucher du soleil, elle accompagnait les grands moments de la vie de la Cour, à la Chapelle, à l’Opéra, lors des soupers et des chasses, bien entendu pour les fêtes, dans les bosquets et les jardins, à Trianon aussi... Il faut écouter Philippe Beaussant de l’Académie française lorsqu’il nous explique l’évidente connexion entre l’architecture de Versailles et sa musique. Versailles se modèle en effet à mesure que Louis XIV y invite d’abord dans les jardins, puis dans les cours et les salons, créant une flagrante réciprocité entre la construction des bâtiments et la vie musicale, lorsque sont organisés les carrousels et bals, mais aussi quand s’élèvent la musique religieuse, la musique d’orgue, les petits et les grands motets et que nous transportent théâtre, ballets et opéras... La construction de l’Opéra de Versailles marque l’aboutissement de près d’un siècle de recherches, d’études et de projets : car, s’il n’a été édifié qu’à la fin du règne de Louis XV, il a été prévu dès 1682, date de l’installation de Louis XIV à Versailles. Il avait chargé Hardouin-Mansart et Vigarani de dresser les plans d’une salle des ballets, et l’architecte en avait réservé l’emplacement à l’extrémité de l’aile neuve, qui allait s’élever au cours des années suivantes. Le choix de cet emplacement était, au demeurant, fort judicieux : la proximité des réservoirs constituait un élément de sécurité en cas d’incendie, et la déclivité du terrain permettait d’obtenir des « dessous » de scène importants sans creuser profondément. Les travaux commencés dès 1685 furent vite interrompus en raison de guerres et des difficultés financières de la fin du règne. Pendant près d’un siècle, la cour de France dut se contenter d’une petite salle de comédie aménagée sous le passage des Princes. Louis XV résolut cependant d’édifier une salle définitive dont il confia le projet à son Premier architecte Gabriel, mais sa réalisation devait demander plus de vingt ans. C’est seulement en 1768 que le roi, en prévision des mariages successifs de ses petits-enfants, se décida à donner l’ordre de commencer les travaux. Ceux-ci furent poussés activement et l’Opéra, achevé en vingt-trois mois, fut inauguré le 16 mai 1770, jour du mariage du Dauphin avec l’Archiduchesse Marie Antoinette, par une représentation de Persée de Quinault et Lully.
que lors des fêtes des mariages princiers. Pour chacun d'entre eux, on organisait sur la scène un spectacle d'opéra, mais aussi le Banquet Royal des Noces, enfin le grand Bal Royal, à l'occasion duquel le parterre de la salle était remonté au niveau de la scène, et dépourvu d'assises : on obtenait alors un grand espace pour le Bal (de la surface de la scène et de la salle réunies), des balcons étant construits en décor sur la scène, en miroir de ceux de la salle. Avec sa Loge Royale et son accès possible uniquement par l'intérieur du Château, l'Opéra Royal était évidemment un Théâtre de Cour, mais avec un objectif encore plus précieux : servir d'écrin aux Noces Princières. A ce titre, il accueillit à peine une vingtaine de représentations avant que la Révolution ne le plonge dans un sommeil de deux siècles. Depuis septembre 2009, l’Opéra Royal de Versailles, restauré grâce à d’importants travaux de mise en sécurité, a réouvert au public. Château de Versailles Spectacles y propose une programmation où se côtoient la présentation de mises en scène lyriques françaises et internationales, la résurrection d’œuvres du répertoire baroque européen, ainsi que des récitals et concerts prestigieux. Cecilia Bartoli, Natalie Dessay, Bryn Terfel, Roberto Alagna, Philippe Jaroussky, Atys dirigé par William Christie, y côtoient Angelin Preljocaj, Vanessa Paradis, le Ballet de Vienne, Marc Minkowski, Rolando Villazon ou Sir John Eliot Gardiner. C’est la musique qui donne à Versailles son âme, sa vie, sa respiration. C’est pourquoi il est apparu si essentiel de conserver la mémoire des « musiques retrouvées de Versailles ». Cette musique reprend sa place tous les jours aujourd’hui, grâce à Château de Versailles Spectacles dont la passion fait revivre ce palais somptueux avec ce qui l’a animé pendant plus d’un siècle et nous en révèle l’origine et l’inspiration. Cette collection d’enregistrements en est le témoignage. Château de Versailles Spectacles Catherine Pégard, Présidente / Laurent Brunner, Directeur www.chateauversailles-spectacles.fr
L'Opéra Royal est une exception dans les théâtres lyriques de son temps. Doté d'un très grand plateau qui ne sera dépassé que par celui de l'Opéra de Paris édifié au siècle suivant par Charles Garnier, l'Opéra de Versailles a cependant une fonction limitée à "l'Extraordinaire" : en l'occurrence, il n'a quasiment servi 20
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