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Alpha 436

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des pas sous la neige joĂŤl grare


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Des pas sous la neige joël Grare

1 Des pas sous la neige (à ma mère)

3’36

2 Transhumance et transcendance (à didier galas)

4’02

3 Battements d’ailes dans le brouillard (à pierre favre)

3’54

4 Les rythmes fantômes (à jacques debs)

2’25

5 Campanula alpestris (à armand amar)

2’59

6 La noce feras-tu ? (à jean-françois zygel)

3’15

7 La buée (à christian vander)

2’50

Béla bartók (1881-1945)*

8 Abel Torbak 1 / Brâul (à claude walter)

1’35

9 Abel Torbak 2 / Pe Loc (à matthieu delpy)

1’40

10 Abel torbak 3 / Buciumeana (à yoann moulin)

2’20


11 Cloches Vespérales (à emmanuel guibert)

2’49

12 Le cou des vaches (à mon frère alain)

3’25

13 Les Grandes Jorasses Face Nord (à yvan cassar)

3’38

14 La cascade des perles de rosée (à dieter hermann)

4’25

15 Debussy ou la tour des cloches (à maël guezel)

5’13

16 Sonnerie de plein champ

pour faire venir la neige (à alban sautour)

3’11

17 Les flocons invitent la montagne à danser (à axel lecourt)

3’21

18 Sous la neige (à anne rousseau)

4’05

TOTAL TIME: 58’38

* © Copyright 1918 by Universal Edition A.G., Wien/UE 5802 Arrangement by Joël Grare © Copyright 2018 by Universal Edition A.G., Wien


Joël Grare percussions & compositions clavicloche (1, 2, 3, 6, 8, 16, 18) Sanza (5, 11, 12, 14, 17) Sonnailles (2, 5, 11, 15) Toupins (12, 15, 16) Trompiki (2, 11, 15) Clavecin (2, 10) Cymbales (5, 15) Tambours japonais (5, 13) Tam (5, 15) Tambours sur cadre (2, 9) Balafon en acier (4, 7) Orgue positif (9, 13) Mélodica (5, 6) piano (11) Berimbau (6) Davoul (13) Kora (4) Calebasses (2) Tambours papiers (2) Kanjira (15) Valiha (13) Bâton de pluie plaque à tonnerre et machine à vent (16)


Matthieu Desbordes Toupin et Berimbau (12) Davul et tambour japonais (13) Chant (16)

Yula Slipovitch Davul et tambour japonais (13)

Chant (16)

Anne Isambert chant (16) Simon Buffaud contrebasse (17) Alice Julien-Laferrière violon (18)

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1. des pas sous la neige

des pas sous la neige, un rideau de nacre, je suis né au pays du blanc, au pays d’hiver, un 28 janvier. des pas sous la neige, premiers sons de l’innocence, sonnailles et grelots, happés par la montagne. mes plus beaux souvenirs de famille appartiennent au froid. des pas sous la neige. lorsque mes traces se seront effacées, que j’aurai franchi le rideau de nacre, qui marchera dans les miennes ?

2. Transhumance eT Transcendance

la transhumance commence par une fête, celle du départ, au son des sonnailles, d’une valse à mille pattes qui enfle et s’amplifie unissant hommes et bêtes. mais arrivé en altitude, loin du brouhaha de la multitude, le berger revêt son habit de solitude.

fooTpRInTS beneATh The Snow footprints beneath the snow, a pearly white curtain: i was born in the white land, the land of winter, one 28th of january. footprints beneath the snow: first sounds of innocence, cowbells and jingle-bells, sounds swallowed up by the mountain. my happiest family memories are of cold weather. footprints beneath the snow… When every trace of me is wiped away, when i have finally broken through the pearly white curtain, who will be walking in my footprints?

SChRITTe unTeR deM SChnee Schritte unter dem Schnee, ein vorhang aus perlmutt, ich bin im weißen land geboren, im land des Winters, an einem 28. januar. Schritte unter dem Schnee, erste Töne der unschuld, kuhglocken und Schellen, vom berg erfasst. die schönsten familienerinnerungen gehören der kälte. Schritte unter dem Schnee. Wenn meine Spuren verwischt sein werden, wenn ich durch den vorhang aus perlmutt gegangen sein werde, wer wird seinen fuß in meine Spuren setzen?

TRAnShuMAnCe And TRAnSCendenCe The seasonal migration up to the mountain pastures begins with a celebration of departure, to the sound of the cowbells: the waltz of a thousand hooves, swelling, getting louder and louder, unifying men and animals. but once at high altitude, far from the hubbub of the crowd, the shepherd clothes himself again in his habit of solitude.

TRAnShuMAnz und TRAnSzendenz die Transhumanz beginnt mit einem fest, dem fest des aufbruchs, zum klang der kuhglocken, dem klang eines Walzers von tausend rinderfüßen, der anschwillt, stärker wird und dabei menschen und Tiere verbindet. doch in der höhe angelangt, weit vom lärm der menge, kleidet sich der hirte in einsamkeit.


3. BaTTemenTs d’ailes

dans le Brouillard

la neige enveloppe, réinvente le paysage. le brouillard, tel un magicien, le fait disparaître.

4. les ryThmes fanTômes Si vos pas vous mènent l’été prochain dans les alpes et que vous prêtez une oreille attentive au monde végétal qui vous entoure, il se peut que vous tombiez sous le charme d’une petite fleur bleue dont les pétales en forme de clochettes tintinnabulent au gré du vent.

5. campanula alpesTris « lorsque le bruit des hommes se tait, le silence gagne la montagne, si ce n’est l’eau qui coule. » charles-ferdinand ramuz, ami et librettiste de Stravinsky, écrit en 1926 la grande peur dans la montagne. les tambours, tels des pics, se dressent dans la nuit, au milieu de ruissellements sonores, pour célébrer l’écrivain vaudois.

The beATIng of wIngS In The fog The snow envelops the countryside, reinvents it. The fog, like a magician, makes it vanish.

fLügeLSChLäge IM nebeL der Schnee umhüllt, erfindet die landschaft neu. der nebel lässt sie wie ein zauberer verschwinden.

phAnToM RhyThMS ‘When the noise of human beings stops, silence overcomes the mountain, except perhaps for the flowing of water,’ wrote charles-ferdinand ramuz, Stravinsky’s friend and librettist in 1926, in his novel, la grande peur dans la montagne (Terror on the mountain). To celebrate this writer from the vaud, drums like mountain peaks loom up out of the darkness of night, surrounded by the music of flowing streams.

dIe phAnToMRhyThMen „Wenn der lärm der menschen schweigt, breitet sich in den bergen Stille aus, nur das fließende Wasser rauscht.“ charles-ferdinand ramuz, freund und librettist von Strawinsky, schrieb 1926 „das große grauen in den bergen“. die Trommeln richten sich inmitten von klangvollem rieseln wie bergspitzen in der nacht auf, um den waadtländischen Schriftsteller zu ehren.

CAMpAnuLA ALpeSTRIS if next summer you take a walk in the alps, lend an attentive ear to the world of vegetation that surrounds you, and you may fall under the spell of a small blue flower whose petals, shaped like little bells, tinkle as the wind blows.

CAMpAnuLA ALpeSTRIS Wenn ihre Schritte Sie im nächsten Sommer in die alpen führen und Sie der pflanzenwelt, die Sie umgibt, ein aufmerksames ohr schenken, kann es sein, dass eine kleine blaue blume Sie bezaubert, deren blätter in glöckchenform im Wind klingeln.


6. la noce feras-Tu ?

ne quittons pas le monde de l’effroi, entrons dans celui dont l’ombre est le royaume. immortalisé au cinéma par friedrich Wilhem murnau en 1922, nosferatu est une créature nocturne, un être de solitude. nuages gris de ferenc liszt me semble l’incarnation sonore idéale de ce noctambule des carpathes. en voici la suite…

7. la Buée premières gelées dans la maison d’enfance. au lointain, les cloches de l’angélus percent la brume automnale. je colle mon visage au carreau. le froid réveille ma joue dans la torpeur du petit matin. la buée s’est emparée de la vitre. dehors, la cathédrale de givre scintille et danse au gré des accents d’une sonnerie de cloches à la volée.

LA noCe feRAS-Tu? (‘noSfeRATu’) remaining in the world of terror, let us enter the realm of shadows. immortalised in the cinema in 1922 by friedrich Wilhem murnau, nosferatu is a creature of the night, a solitary being. nuages gris by franz liszt seems to me the ideal musical incarnation of this nocturnal creature of the carpathians. here is its sequel…

« LA noCe feRAS-Tu ? »1 verlassen wir die Welt des grauens nicht und treten wir in jene ein, in der die dunkelheit ein königreich ist. der 1922 in friedrich Wilhelm murnaus film verewigte nosferatu ist eine kreatur der nacht, ein Wesen der einsamkeit. „nuages gris“ von franz liszt erscheint mir als die ideale verkörperung dieses nachtschwärmers der karpaten. hier die fortsetzung ...

The MIST The first days of frost in my childhood home. far away, the angelus bells pierce the autumn fog. i press my face to the window pane. The cold awakens my cheek, in the drowsiness of early morning. The windowpane is completely misted over. outside, the frost-bound cathedral shimmers and dances to the sound of a peal of bells ringing out.

deR feuChTe beSChLAg erster frost im haus der kindheit. in der ferne durchdringen die glocken des angelus den herbstlichen nebel. ich presse mein gesicht ans fenster. die kälte weckt meine Wange von der benommenheit des frühen morgens auf. der feuchte beschlag hat die Scheibe in besitz genommen. draußen glitzert und tanzt die raureifkathedrale im rhythmus des schwungvollen läutens der glocken.

1. die stärksten kühe werden königinnen genannt. Sie führen die herde den ganzen Sommer an. anm. de. Ü.


8. aBel TorBak 1 / Brâul

9. aBel TorBak 2 / pe loc

en 1915, béla bartók compose une suite de 6 danses inspirées de thèmes transylvaniens, joués originellement au violon ou à la flûte. composée initialement pour le piano, ces « Six danses populaires roumaines » sont orchestrées en 1917 et donnent lieu à un nombre important de transcriptions et d’arrangements. la tentation était grande de s’emparer à mon tour de certaines de ces mélodies à l’aide de nouveaux timbres, de les faire miennes, dans un petit prélude introductif, en hommage au maître magyar.

un orgue positif au son flûté souligne le caractère arabisant de la mélodie. il nous rappelle qu’en 1913, bartok avait séjourné à biskra, en algérie. dès 1905, sa quête de formes musicales archaïques le mènera à une véritable carrière d’ethnomusicologue.

AbeL ToRbAK 1 / bRâuL in 1915 béla bartók wrote a suite of six dances, inspired by Transylvanian tunes that would originally have been played on the violin or flute. initially composed for piano, these Six romanian folk dances were orchestrated in 1917, giving rise to a large number of transcriptions and arrangements. i too was tempted to appropriate some of these melodies, to give them new sounds and make my own of them: as in this little introductory prelude, a homage to the hungarian master.

AbeL ToRbAK 1 / bRâuL 1915 komponierte béla bartók eine Suite aus 6 Tänzen, zu denen ihn transsilvanische Themen inspiriert hatten, die ursprünglich auf der geige oder der flöte gespielt wurden. zunächst für klavier komponiert, wurden diese „Sechs rumänischen volkstänze“ 1917 orchestriert und veranlassten sehr viele Transkriptionen und bearbeitungen. die versuchung, ebenfalls einige dieser melodien aufzugreifen, war groß, um sie mir in einem kleinen, einleitenden präludium zu ehren des ungarischen meisters mit hilfe neuer Timbres anzueignen.

AbeL ToRbAK 2 / pe LoC a positive organ with a fluting sound underlines the arab-like character of the melody. it reminds us that in 1913 bartók stayed for a while at biskra, in algeria. from 1905, his quest for archaic musical forms led him to become a serious ethnomusicologist.

AbeL ToRbAK 2 / pe LoC ein orgelpositiv mit flötentimbre hebt den arabisierenden charakter dieser melodie hervor. es erinnert uns daran, dass sich bartók 1913 in biskra in algerien aufhielt. ab 1905 schlug er aufgrund seiner Suche nach archaischen musikalischen formen eine wahre ethnomusikalische laufbahn ein.


10. aBel TorBak 3 /

Buciumeana

11. cloches Vespérales

bartok, grand interprète de Scarlatti, préconisait l’usage du clavecin pour l’exécution de certaines pièces des mikrokosmos, ouvrage pédagogique à destination des pianistes, du débutant au concertiste. magie du timbre, d’un instrument qui se prête à merveille au caractère noble de buciumeana.

les cloches vespérales éclosent et s’étiolent entre chien et loup, sonnent et résonnent ; s’en vont rejoindre en silence le crépuscule.

12. le cou des Vaches les Toupins de 14, d’origine suisse, sont les plus grosses cloches de vaches au monde. ils rythment la vie des alpages, qu’ils soient portés par les bêtes à la montée ou en désalpe, qu’ils accompagnent les fêtes des yodleurs, des luttes de reines, ou bien même qu’ils servent de cadeau de mariage.

AbeL ToRbAK 3 / buCIuMeAnA bartók, a great interpreter of Scarlatti, recommended the use of the harpsichord for a handful of the pieces in his mikrokosmos – a teaching aid intended for pianists, from the beginner to the concert performer. We hear the magic of timbres, the sonorities of an instrument that lends itself perfectly to the noble character of the buciumeana.

10 AbeL ToRbAK 3 / buCIuMeAnA bartók war ein großer interpret von Scarlatti und empfahl, bestimmte Stücke des „mikrokosmos“, eines didaktischen Werkes für klavierspieler vom anfänger bis zum konzertmusiker, auf dem cembalo zu spielen. hören Sie das magische Timbre eines instruments, das wunderbar zum edlen charakter der buciumeana passt.

VeSpeR beLLS The bells for vespers bloom and wither in the dusk, sounding out, resounding; then they die away, silently reunited with the twilight.

AbendgLoCKen die abendglocken entfalten sich und verklingen in der blauen Stunde, läuten und schallen herüber; gehen still der dämmerung nach.

The CowS’ CoLLAR The size 14 Toupin cowbells of Swiss origin are the biggest cowbells in the world. They form a rhythmical accompaniment to life in the alpine pastures: carried by the animals during the annual ascent and descent of the mountain, they accompany yodelling festivals, and the competitive horn-locking tustle between the cows for the title of ‘queen of the herd’. The Toupin bells can even serve as a wedding gift.

deR hALS deR Kühe die Treicheln 14 sind Schweizer herkunft und die größten kuhglocken der erde. Sie bestimmen den rhythmus des almlebens, ob sie von den Tieren beim auftrieb getragen werden oder beim almabtrieb, ob sie die feste der jodler, die kämpfe der königinnen2 begleiten oder als hochzeitsgeschenk dienen. 2. der autor spielt hier mit dem gleichklang von „plein champ“ [auf offenem feld] und „plain-chant“ [gregorianischer choral].


13. les grandes jorasses face nord

« rêve éphémère », « le linceul », des noms de courses évocateurs pour un des « sommets » de l’alpinisme. respiration d’un valiha joué à l’archet entre deux murs de sons. une fausse note contre un faux pas, dans les deux cas, les conséquences seraient abyssales.

14. la cascade des perles de rosée

fonte des neiges, bruissements aquatiques, l’eau perle sur les gentianes et les pensées, sinfonietta picturale timide face à d’étranges calligraphies en noir et blanc où une terre d’encre refait surface au milieu d’îlots de neige voués à disparaître. je tends l’oreille et ouvre grand les yeux devant ce spectacle qui chaque année me rappelle la scène d’ouverture du dernier chapitre d’andreï roublev, du cinéaste russe andreï Tarkovski, au village des fondeurs de cloches, à la sortie de l’hiver.

The noRTh fACe of The gRAndeS JoRASSeS ‘ephemeral dream’, ‘The Shroud’ (‘le linceul’) – evocative names for the climbing routes on one of the major mountaineering peaks of the alps. The breath of the valiha, played with a bow, is heard between two ‘walls’ of sound. a wrong note, a misstep – both would lead to a plunge into the abyss…

dIe noRdwAnd deR gRAndeS JoRASSeS „rêve émhémère“ [„vergänglicher Traum“], „das leichentuch“ sind die sprechenden namen für einen der „gipfel“ des alpinismus. die atmung einer mit einem bogen gespielten valiha zwischen zwei Tonwänden. eine falsche note oder ein fehltritt, in beiden fällen wären die folgen abgrundtief.

CASCAde of dewdRopS The snow thaws, liquid sounds, water dripping onto the gentian, onto one’s thoughts: a restrained pictorial sinfonietta contrasting with strange calligraphies in black and white, where the ink-coloured earth resurfaces between islands of snow, doomed to disappear. a sight that makes me listen keenly and open my eyes wide: every year it reminds me of the opening scene of the final part of andrei rublev, the film by russian director andrei Tarkovsky – the scene set in the village of the bell foundry workers, at the end of winter.

deR wASSeRfALL deR TAupeRLen Schneeschmelze, Wasserrauschen, das Wasser perlt auf den enzianen und den gedanken, eine schüchterne, malerische Sinfonietta gegenüber merkwürdigen, schwarz-weißen kaligraphien, auf denen eine tintenschwarze erde inmitten von Schneeinseln auftaucht, die dem verschwinden geweiht sind. ich spitze die ohren und öffne weit die augen angesichts des Schauspiels, das mich jedes jahr an die anfangsszene des letzten kapitels von „andrej rublëv“ des russischen filmemachers andrei Tarkowski erinnert: Sie spielt am ende des Winters im dorf der glockengießer.


15. deBussy

ou la Tour des cloches

16. sonnerie de plein champ pour faire Venir la neige

juin 1889 : claude debussy, jeune compositeur, rentre chez lui sous l’emprise des sonorités d’un orchestre de métallophones indonésiens qu’il vient d’entendre à l’exposition universelle. le soir-même, il fait ce rêve singulier : le voici emmuré dans une tour, avec au-dessus de sa tête, un carré de 9 cloches, occupant tout le faîtage. Soudain le carillon se met en branle et entame une lente et inexorable descente.

depuis tout petit, j’entends parler de rituels pour appeler la pluie ou éloigner la grêle. depuis tout petit, je rêve d’un plain-chant battu par les éléments pour convoquer la neige. Tonnerre, pluie, vent, éclairs, comme chez rameau !

debuSSy, oR The beLL ToweR june 1889: the young composer claude debussy returns home under the intoxicating influence of the sounds of an indonesian orchestra of metallophones that he has just heard at the universal exhibition. The same evening, he has a weird dream: he is walled up inside a tower, above his head a ring of nine bells occupying the whole of the roof space. Suddenly the bells begin to judder, then slowly but inexorably they start to fall…

debuSSy odeR deR gLoCKenTuRM juni 1889: der junge komponist claude debussy kommt schwer beeindruckt von den klängen eines orchesters aus indonesischen metallophonen nach hause, die er eben auf der Weltausstellung gehört hatte. am selben abend hat er einen eigenartigen Traum: er ist in einem Turm eingemauert. Über ihm befindet sich ein quadrat mit 9 glocken, das die ganze firsteindeckung einnimmt. plötzlich setzt sich das glockenspiel in bewegung und beginnt, sich langsam und unerbittlich zu senken.

open-AIR beLL-RIngIng To bRIng on The Snow even as a little boy i heard people talk about rituals for making rain, or to keep the hail away. Since those days of early childhood, i’ve been dreaming of a plainchant that might be pounded out by the elements to conjure up snow. Thunder, rain, wind, and lightning: as in the music of rameau!

LäuTen Auf offeneM feLd, dAMIT SChnee fäLLT Seit ich ganz klein bin, höre ich von ritualen, die regen herbeirufen oder hagel verhindern sollen. Seit ich ganz klein bin, träume ich von einem gregorianischen choral , der von den naturgewalten umtobt ist und den Schnee herbeiruft. donner, regen, Wind und blitze – wie bei rameau!


17. les flocons

inViTenT la monTagne à danser

18. sous la neige

mode d’emploi : allez à chamonix, entrez dans un magasin, prenez une boule de noël, avec montagnes, neige et sapins, agitez doucement, puis de plus en plus vite. Secouez fort… laissez reposer !

j’aime inventer des formules de neige, en attendant que la terre revête à nouveau sa parure de silence. aujourd’hui, elle est là, tombe sans heurts, pianissimo ; je suspends mes pas…

The SnowfLAKeS InVITe The MounTAIn To dAnCe instructions for use: make your way to chamonix, enter a shop, pick up a christmas snow globe with mountains, snow and fir trees; move it around gently, then faster and faster. give it a good hard shake – then put it down!

dIe fLoCKen LAden den beRg zuM TAnz gebrauchsanweisung: begeben Sie sich nach chamonix, gehen Sie in einen laden, nehmen Sie eine Schneekugel mit bergen, Schnee und Tannenbäumen, schütteln Sie sie leicht, dann immer schneller. Stark schütteln... dann ruhen lassen!

beneATh The Snow i love thinking up spells for snow while i’m waiting for the earth to put on once again its jewellery of silence. and today, look, there it is: fallen without any ado, pianissimo. i pause in mid-footstep…

unTeR deM SChnee ich erfinde gern „formules de neige“ [Schneeformeln], während ich darauf warte, dass die erde ihren stillen Schmuck anlegt. heute ist er da, fällt sang- und klanglos, pianissimo; ich unterbreche meine Schritte …

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Un début d’après-midi de janvier 1986, je me rendis chez Devouassoud à Chamonix, fabricant de clarines et de sonnettes qui ornent le cou des bêtes et emplissent la montagne de leurs tintements. Gérard Devouassoud vint à ma rencontre, m’expliqua qu’il vallait mieux repasser un autre jour, qu’il était en pleine fournée et n’aurait pas de temps à me consacrer. À sa grande surprise, je lui demandai si je pouvais rester et assister au travail. Nous passâmes l’après-midi ensemble, en allers-retours entre l’atelier et le magasin, au gré de la température du four. J’étais aux anges, je vivais mon « Andreï Roublev », dont le dernier chapitre consacré à la fonte d’une cloche gigantesque pour asseoir le pouvoir du prince, nous convie au cœur de la matière en fusion, nous faisant toucher du doigt le mystère de la création. J’intégrai ces nouveaux trésors à mon set de batterie. Sans imaginer que ces nouvelles venues, suspendues au milieu de mes cymbales, deviendraient au fil des ans un instrument à part entière. Il faut savoir que contrairement aux cloches d’églises, dont le cahier des charges sur l’accord est très strict, la justesse des sonnailles est toute relative. Quelques notes suffisent pour repérer le troupeau, on parle alors de sourdes pour les graves et de claires pour les aiguës. Quand vous cherchez à obtenir un jeu au diapason, sur plusieurs centaines de cloches testées, peu sont élues… constituer un jeu chromatique de 3 octaves et demie m’a demandé une bonne vingtaine d’années !

français

la longue histoire du clavicloche et de la fabrique devouassoud à chamonix


français

Au hasard des arrivées, je pus constituer un jeu dans la tonalité de si mineur et composai en 2002 une petite suite en 5 mouvements : Follow (Alpha 504), pour le danseur-chorégraphe chinois Zheng Wu. Les cloches numérotées de 0, la plus petite, à 7, la plus grosse, offrent un ambitus d’à peine plus d’une octave. Il fallut ruser pour élargir la palette. On gagna une quarte dans l’aigu en augmentant l’épaisseur de la double zéro, remit au goût du jour pour l’occasion. Avec son fils Thomas, qui à la fin des années 2000 fut en âge d’intégrer l’entreprise familiale, je passais des heures dans l’atelier. Pour le grave ce fut plus difficile, mais Thomas suggéra d’utiliser les coupoles obtenues après le premier passage en presse, soit une octave de mieux ! On finit par tricher en raccourcissant les cloches pour atteindre le do de l’octave supérieure, la fin justifiant des moyens que nous avons à ce jour complètement épuisés. Mais nous ne nous avouons pas vaincus et cherchons encore à élargir le champ sonore de ce qui est devenu le « Clavicloche.» Gérard nous a quittés à l’automne 2015. Je fus très touché et ému que pendant la cérémonie, Thomas fasse sonner Czeslawa, une pièce de Follow, témoignage du magnifique travail de son père. Un acte qui lie définitivement nos gestes d’artisan et d’artiste. Ce disque lui est dédié ainsi qu’à ma mère, disparue un mois plus tard.

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One early afternoon in January 1986 I visited the Devouassoud workshop in Chamonix that makes the jingle bells and tongued cowbells that adorn the animals’ necks, filling the mountain with their chimes. Gérard Devouassoud came up to meet me, explaining that it would be better if I came back another day, as he was attending to the furnace and couldn’t spare me any time. To his great surprise I asked him if I might stay and help with the work. We spent the afternoon together, our movements between shop and workshop dictated by the temperature of the furnace. I was in heaven, experiencing my own Andrei Rublev moment – the last part of the film is dedicated to the casting of a gigantic bell to establish the prince’s authority, and it takes us to the heart of the process of fusing molten metal, letting us touch the very mystery of creation. I added these new treasures to my percussion set – not imagining, as I placed them among my cymbals, that these new arrivals would in the due course of time become an instrument in their own right. One thing we have to understand: quite unlike church bells, whose pitch specification is extremely strict, the pitch of cowbells is entirely relative. The low-pitched bells are called ‘dull’, and the high-pitched ones are termed ‘bright’. And yet, just a few notes are enough to identify the herd.

ENGLISH

the long history of the clavicloche and the devouassoud workshop at chamonix


It so happened that the bells I found yielded a set in the key of B minor, and in 2002 I composed a little suite in five movements: Follow (Alpha 504) for the Chinese dancerchoreographer Zheng Wu. The bells that are numbered from 0 (the smallest) to 7 (the largest) have a range of scarcely more than an octave. I had to use some cunning to widen this palette. I was able to gain an extra fourth at the top by increasing the thickness to double digits, a new moulding made specially for the purpose.

ENGLISH

When trying to assemble a properly-tuned set, you can test several hundred cowbells and find only very few that are suitable… To collect a chromatic set over three-and-a-half octaves took me a good twenty years!

I spent hours in the workshop with Gérard’s son Thomas: by the end of the 2000s he was old enough to join the family business. Getting a lower range of pitched bells proved more of a challenge, until Thomas suggested using the bell domes in the form they took after their first casting. So we now had one extra octave! Finally we cheated by shortening some bells in order to get the upper C, but the end justified the means – we had completely exhausted all other possibilities that day. Even now we have not given up the struggle, and we are still trying to widen the range of sounds for this instrument that has become the ‘Clavicloche’. Gérard left us in the autumn of 2015. I felt very moved and emotional during the ceremony when Thomas played Czeslawa on the bells – one of the pieces from the Follow suite – bearing witness to his father’s amazing work, and symbolizing the link between the artisan and the artist. This CD is dedicated to him, also to my mother, who passed away the following month.

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an einem frühen nachmittag im januar 1986 begab ich mich zu devouassoud in chamonix, einem hersteller von kleinen und großen kuhglocken [clarines und Sonnettes], die den hals der Tiere schmücken und überall in den bergen zu hören sind. gérard devouassoud kam mir entgegen und erklärte mir, dass ich lieber an einem anderen Tag kommen solle, da er eben sehr mit dem gießen beschäftigt sei und keine zeit für mich habe. zu seiner großen Überraschung bat ich ihn, bleiben und ihm bei der arbeit zusehen zu dürfen. Wir verbrachten den nachmittag gemeinsam und gingen je nach der Temperatur des ofens zwischen der Werkstatt und dem laden hin und her. ich war im siebenten himmel, erlebte meinen „andrej rublëv“, dessen letztes kapitel dem gießen einer gigantischen glocke gewidmet ist, die die macht des fürsten festigen soll. es führt uns in das zentrum der schmelzenden masse und macht uns das geheimnis dieser Schöpfung greifbar. ich gliederte diese neuen Schätze in mein Schlagzeug-Set ein, ohne mir vorzustellen, dass diese neuen errungenschaften, die mitten unter meinen becken hingen, im laufe der jahre zu eigenständigen instrumenten werden sollten. hier ist zu bemerken, dass die intonation der kuhglocken im gegensatz zu den kirchenglocken, deren anforderungen an die Stimmung sehr streng sind, ziemlich relativ ist. einige noten genügen, um die herde ausfindig zu machen, man spricht also von Sourdes für die tiefen und claires für die hohen glocken. möchten Sie eine reihe von glocken

deuTSCh

die lange geschichTe des clavicloche und die faBrik deVouassoud in chamonix


der zufall der neuerwerbungen erlaubte mir, eine Sammlung in der Tonart h-moll zusammenzustellen, und so komponierte ich 2002 eine kleine 5-sätzige Suite: follow (alpha 504) für den chinesischen Tänzer und choreographen zheng Wu. die nummerierten glocken gehen von 0 für die kleinste bis 7 für die größte und haben einen Tonumfang von kaum einer oktave. ich musste eine list anwenden, um die Tonpalette zu erweitern. indem die dicke der zu diesem anlass wieder hervorgeholten doppel-null-glocke verstärkt wurde, gewannen wir eine quart im hohen Tonbereich.

deuTSCh

finden, die genau gestimmt sind, so werden Sie unter hunderten von getesteten glocken nur wenige auswählen ... einen chromatischen Satz über 3 ½ oktaven zusammenzustellen, kostete mich gute zwanzig jahre!

mit gérard devouassouds Sohn Thomas, der am ende der 2000er jahre das alter erreichte, in dem er am familienunternehmen teilnehmen konnte, verbrachte ich Stunden in der Werkstatt. für den tiefen Tonbereich war es schwieriger, doch Thomas schlug vor, die formen zu verwenden, die durch die erste pressung entstehen, was den umfang um eine oktave verbesserte! Wir schwindelten schließlich, indem wir die glocken verkürzten, um das c der oberen oktave zu erreichen, wobei der zweck die mittel heiligte, die wir damals vollkommen erschöpft hatten. doch wir geben uns nicht geschlagen und versuchen weiter, das klangfeld dessen zu erweitern, was zu einem „clavicloche“ wurde. gérard ging im herbst 2015 von uns. ich war während der zeremonie sehr ergriffen und tief bewegt, als Thomas czeslawa, ein Stück aus follow als zeugnis der großartigen arbeit seines vaters zu gehör brachte: ein akt, der unsere kunsthandwerklichen und künstlerischen gesten definitiv verbindet. diese cd ist ihm gewidmet, wie auch meiner mutter, die einen monat danach starb.

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un immense merci à vous tous, qui de près ou de loin avez fait que ces pas sous la neige soient arrivés à destination enregiSTré au prinTempS/éTé 2018 en aTTendanT la neige au STudio « la chapelle profane » alban SauTour recording producer, ediTing & maSTering avec l’aimable parTicipaTion de maTThieu deSbordeS, yula SlipoviTch, anne iSamberT, Simon buffaud, alice julien-laferrière. john Thornley engliSh TranSlaTion Silvia beruTTi-ronelT german TranSlaTion valérie lagarde & aline lugand-griS SouriS deSign & arTWork © alan burleS / millenium imageS, uk cover image © alain fouqueT inSide phoToS (p.2-3, 10, 11 & 31) © maTThiaS nicolaS inSide phoToS (p.22, 23, 36 & 37) © marie peTry inSide phoToS (p.30) ALphA CLASSICS didier marTin direcTor louiSe burel producTion amélie boccon-gibod ediTorial coordinaTor alpha 436 P joël grare 2018 C alpha claSSicS / ouThere muSic france 2018 The new way To discover high qualiTy classical music 30.000 Tracks available exclusive conTenT Try now on www.alphaplay.com

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