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Si j'ai aimé

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si j’ai aimÊ sandrine piau le concert de la loge

julien chauvin


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si j‘ai aimé… SOUVENIR CAMILLE SAINT-SAËNS (1835-1921) 1 Extase 2 Papillons

3’42 3’23

CHARLES BORDES (1863-1909) 3 Promenade matinale

3’29

HECTOR BERLIOZ (1803-1869)

LES NUITS D’ÉTÉ, H 81 4 Au cimetière

5’17

JULES MASSENET (1842-1912) 5 Le Poète et le Fantôme

3’32

GABRIEL PIERNÉ (1863-1937)

ALBUM POUR MES PETITS AMIS, Op. 14 6 Chanson d’autrefois

1’59

THÉODORE DUBOIS (1837-1924) 7 Si j’ai parlé… si j’ai aimé

2’48

DÉSIR & SÉDUCTION

HECTOR BERLIOZ

LES NUITS D’ÉTÉ, H 81

8 Villanelle

1’59

THÉODORE DUBOIS

MUSIQUES SUR L’EAU

9 Promenade à l’étang

3’13


LOUIS VIERNE (1870-1937)

TROIS MÉLODIES, Op.11

10 Beaux Papillons blancs

1’31

HENRI DUPARC (1848-1933) 11 Aux étoiles

4’44

ALEXANDRE GUILMANT (1837-1911) 12 Ce que dit le silence

3’13

THÉODORE DUBOIS

CHANSONS DE MARJOLIE

13 Sous le saule

2’44

CAMILLE SAINT-SAËNS 14 Aimons-nous

3’39

JULES MASSENET 15 Valse très lente

3’38

CAMILLE SAINT-SAËNS 16 L’Enlèvement

1’53

BENJAMIN GODARD (1849-1895)

SYMPHONIE GOTHIQUE, Op. 23 17 Grave

5’44

JEAN-PAUL-ÉGIDE MARTINI (1741-1816) orchestration d’Hector BERLIOZ

18 Plaisir d’amour

Total Time: 59’25 Partitions éditées par le Palazzetto Bru Zane.

2’48


Sandrine Piau Soprano LE CONCERT DE LA LOGE Julien Chauvin Violon & direction Raphaël Aubry, Pauline Fritsch, Solenne Guilbert, Lucien Pagnon, Anaïs Perrin VIOLON 1 Karine Crocquenoy, Claire Jolivet, Laurence Martinaud, Pierre-Éric Nimylowycz, Rachel Rowntree VIOLON 2 Maria Mosconi, Hélène Desaint, Delphine Grimbert, Marie Legendre

ALTO

Grégoire Korniluk, Claire Gratton, Pierre-Augustin Lay, Lucile Perrin VIOLONCELLE Marion Mallevaes CONTREBASSE Aurélie Saraf HARPE Florian Cousin FLÛTE 1 Gabrielle Rubio FLÛTE 2 Anne Chamussy HAUTBOIS 1 Jean-Marc Philippe HAUTBOIS 2 Nicola Boud CLARINETTE 1 Daniele Latini CLARINETTE 2 David Douçot BASSON 1 Josep Casadella BASSON 2 Nicolas Chedmail COR 1 Christoph Thelen COR 2 Hervé Trovel TIMBALES

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Lors de notre première lecture de ces mélodies, nous avons été immédiatement touchés et surtout convaincus de leur importance dans le paysage musical de la fin du XIXe siècle. Les poèmes mis en musique avec tant de délicatesse et de raffinement par les compositeurs français forment des écrins variant à l’infini les couleurs instrumentales, et emportent l’auditeur dans un imaginaire oublié. Au piano intime des salons s’est substitué l’orchestre au grand complet, qui tour à tour, berce, conduit, interrompt ou submerge la ligne de chant. Des compositeurs rares et parfois moqués côtoient les noms que la postérité a sauvés, et c’est avec un grand bonheur que nous avons pu faire revivre ces joyaux disparus des salles de concert. Pour ces mélodies, nulle instrumentation commune, mais plutôt une liberté totale d’expression et une palette sonore des plus abouties dont on ne se rend pas forcément compte, à la première écoute ! Les instruments utilisés pour l’enregistrement, datant de cette période de composition, donnent une saveur encore plus caractéristique, que l’on perçoit différemment dans les respirations instrumentales, elles aussi mises de côté depuis si longtemps ! Julien Chauvin

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Si la vie m’a portée vers des contrées souvent baroques, mes premières émotions musicales ont été nourries de la musique française des XIXe et XXe siècles dont les couleurs orchestrales ravissaient la harpiste que je rêvais de devenir. Ce nouvel album au côté de Julien Chauvin me replonge avec délice dans des sonorités familières, magnifiées par les instruments d’époque du Concert de la Loge. Un grand merci au Palazzetto Bru Zane qui m’a offert cette échappée belle, au fil de mélodies parfois oubliées, et le bonheur de revivre l’émerveillement de la petite fille d’alors. Sandrine Piau


français

De récentes recherches sur les ouvrages méconnus de Camille Saint-Saëns ont permis la résurrection au disque et en partitions de 19 mélodies avec orchestre enregistrées chez Alpha Classics en partenariat avec le Palazzetto Bru Zane en 2017. Ce fut – pour ce genre devenu rarissime aujourd’hui – l’ouverture d’une boîte de Pandore dont le Centre de musique romantique française ne cesse depuis lors d’exhumer les pépites. Cette exploration a révélé que, dans l’ombre des Nuits d’été de Berlioz, du Poème de l’amour et de la mer de Chausson et de quelques titres de Duparc, des dizaines – sinon même des centaines – de mélodies sublimement parées de chatoyantes couleurs orchestrales dormaient dans les étagères des bibliothèques. Des noms célèbres (Hugo, Verlaine ou Gautier pour les vers, Gounod, Massenet ou Bizet pour la musique) voisinent avec des artistes en voie de revalorisation (Dubois, David, Bordes, La Tombelle…). Fort de ces mises au jour, et grâce au zèle de son équipe éditoriale sans qui aucun projet n’est possible, le Palazzetto Bru Zane a de nouveau proposé à Alpha Classics et ses artistes d’oser l’aventure de la redécouverte. Sandrine Piau s’y est plongée avec talent et curiosité, tandis que Julien Chauvin et son Concert de la Loge ont permis de raviver les couleurs d’origine de ces pastels romantiques grâce aux timbres tout à la fois moelleux et incisifs de leurs instruments historiques. Le programme est construit comme un vaste cycle de mélodies traitant de l’amour, ponctué de méditations instrumentales d’une gravité insoupçonnée chez certains auteurs comme Benjamin Godard. Alexandre Dratwicki Palazzetto Bru Zane


par Hélène cao Du piano à l’orchestre Dans la seconde moitié du XIXe siècle, la mélodie française s’échappe de l’espace privé du salon pour conquérir le concert, sphère publique qui brasse davantage les classes sociales. Afin de faire sonner ces miniatures dans de vastes salles, l’orchestre se substitue au piano. Au départ, les compositeurs dotent d’une parure symphonique des mélodies déjà existantes pour qu’elles remplacent les airs d’opéra dans les programmes de concert. Certains musiciens, dont Saint-Saëns, jugent peu pertinents les morceaux détachés de leur contexte dramatique. Ce qui dérange aussi les compositeurs, c’est la piètre qualité littéraire des airs d’opéra, en particulier lorsqu’ils proviennent de partitions étrangères maladroitement traduites en français. Au contraire, un auteur mettant directement en musique Hugo, Gautier, Banville, Régnier, Verlaine et même des poètes plus modestes comme Charles Barthélemy ou Louis de Courmont saura trouver les justes accents prosodiques et placer les césures à-propos. Berlioz ouvre la voie avec les Nuits d’été dont il amorce l’orchestration en 1843 ; il la termine en 1856 et poursuit sur cette lancée avec Plaisir d’amour trois ans plus tard (la célèbre romance de Martini date du début des années 1780). Mais c’est l’action de la Société nationale de musique qui donne une impulsion décisive à la mélodie avec orchestre. Cultiver ce nouveau genre, c’est contribuer à la gloire de l’Ars gallica. La subtilité des alliages instrumentaux rivalise avec le raffinement des harmonies – qualité que l’on goûtera également dans les pièces intercalées entre les mélodies du récital de Sandrine Piau, miniatures évocatrices souvent issues de partitions pianistiques (Valse très lente de Massenet et Chanson d’autrefois de Pierné, extraite de son Album pour mes petits amis). Les compositeurs sont

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ÉDUCATION SENTIMENTALE


Les saisons de l’amour Les bois apportent une discrète touche pastorale, idéale lorsque le poème se déploie dans un cadre champêtre ou forestier. L’amant aime à se réfugier dans la nature pour rêver et lui confier ses états d’âme, car l’amour est la sève nourricière de la majorité des mélodies françaises. Les confidences se livrent désormais au vaste auditoire de la salle de concert, et non plus aux oreilles familières d’une société choisie. La vocalité, plus extravertie que dans le lied germanique, ne cache pas l’influence du théâtre lyrique (d’ailleurs, les interprètes et dédicataires des mélodies étaient souvent des chanteurs d’opéra réputés et susceptibles d’assurer leur succès). Les premières pages de Promenade à l’étang de Dubois associent d’amples élans au statisme d’une psalmodie, laquelle caractérise aussi les interventions du fantôme dans son dialogue avec le poète chez Massenet. De nombreuses mélodies commencent dans un climat calme, avant de s’exalter pour atteindre leur sommet expressif peu avant la fin de la pièce.

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soucieux d’offrir à la voix un écrin chatoyant qui ne l’étouffe pas (tandis que dans un air d’opéra donné en concert, le chanteur est parfois à la lutte avec l’orchestre installé sur scène, et non dans la fosse). À cet effet, ils excluent partiellement ou totalement les cuivres et les percussions, limitent généralement l’effectif aux cordes et aux instruments du quintette à vents (couleurs que l’on retrouve dans Aux étoiles, nocturne orchestral de Duparc). Mais à partir de cette palette, que de nuances ! Pas de hautbois dans Aimons-nous de Saint-Saëns ou Ce que dit le silence de Guilmant. Dans la dernière partie de Promenade matinale, Bordes confère un rôle de premier plan au violon solo. Les arpèges d’Extase de Saint-Saëns sont pris en charge par la harpe, laquelle conserve la légèreté de l’écriture pianistique que des cordes frottées auraient alourdie. Présente dans une grande partie de ce répertoire qu’elle place sous le sceau de l’intimité, la harpe occupe aussi une place centrale dans la musique instrumentale de l’époque.


Lorsque l’amour appartient au passé, son souvenir ne suscite pas de désespoir, mais s’accompagne d’une douce chaleur (Si j’ai parlé… si j’ai aimé de Dubois). Chez Massenet, le dialogue du poète et du fantôme se conclut par une constatation plutôt consolante : face au passage inéluctable du temps, le souvenir pérennise les moments heureux. Il arrive toutefois que la légèreté primesautière dissimule la tragédie à venir. Dans Chansons de Marjolie, cycle de sept mélodies de Dubois, une jeune fille du peuple se laisse séduire par un beau seigneur (Sous le saule). Abandonnée, elle perdra toute raison de vivre. Mais qu’importe si « plaisir d’amour ne dure qu’un moment » puisque, comme le chantent Banville et Saint-Saëns (Aimons-nous), « l’amour est plus fort / que les Dieux et la Mort ».

Retrouvez plus d’informations sur les œuvres et les compositeurs de ce récital sur bruzanemediabase.com

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Si elles déclinent toutes les facettes du sentiment amoureux (le récital de Sandrine Piau se concentre sur la solitude, le désir, la séduction, la tendresse et le souvenir, tels les cinq actes d’une éducation sentimentale), elles envisagent peu ses conséquences tragiques. Le désir s’exprime au moyen de délicates métaphores, animalières dans Beaux Papillons blancs de Vierne et Papillons de Saint-Saëns.


Révélée au public par la musique baroque, Sandrine Piau affiche aujourd’hui un large répertoire et confirme sa place d’exception dans le monde lyrique. Elle s’illustre dans de nombreux rôles sur les plus grandes scènes internationales : Cléopâtre (Giulio Cesare), Morgana (Alcina) à l’Opéra de Paris, Dalinda (Ariodante) au Festival de Salzbourg, Alcina, Mélisande, Sandrina (La finta giardiniera), Sœur Constance (Dialogue des Carmélites) à la Monnaie, Alcina et Dalinda à Amsterdam, Pamina (Die Zauberflöte), Donna Anna (Don Giovanni) et Sœur Constance au Théâtre des Champs-Élysées, Despina (Così fan tutte) et Tytania (A Midsummer Night’s Dream) au Festival d’Aix-en-Provence. Sandrine Piau se produit régulièrement en concert et en récital, notamment à New York, Paris, Londres, Tokyo, Munich, Zurich, Salzbourg et récemment à Hambourg pour l’ouverture de l’Elbphilharmonie. Elle a consacré quatre disques à Haendel et Mozart et enregistré plusieurs disques de récital témoignant de sa relation privilégiée avec Susan Manoff, avec laquelle elle se produit régulièrement sur scène (Carnegie Hall, Wigmore Hall, tournée aux USA et au Japon). Sandrine Piau enregistre aujourd’hui exclusivement pour Alpha Classics et son premier disque sous ce label est un disque de récital en collaboration avec Susan Manoff et intitulé Chimère, récompensé notamment par un Diapason d’Or de l’année, un Choc de Classica de l’année et un Gramophone Award. Sa saison 2018-2019 est marquée par Ariodante à l’Opéra de Monte-Carlo, Alcina au Festival de Salzbourg ainsi que des concerts partout en Europe. Sandrine Piau a été faite Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres en 2006 et élue « Artiste lyrique de l’année » aux Victoires de la Musique 2009.

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sandrine piau soprano


Très tôt attiré par la révolution baroque et le renouveau de l’interprétation sur instruments anciens, Julien Chauvin part se former aux Pays-Bas, au Conservatoire royal de La Haye, avec Vera Beths, fondatrice de l’Archibudelli aux côtés d’Anner Bylsma. Concrétisant son souhait de redonner vie à une formation célèbre du xviiie siècle, Julien Chauvin fonde en 2015 un nouvel orchestre : Le Concert de la Loge. L’ambition de cette re-création s’affiche notamment dans l’exploration de pages oubliées du répertoire lyrique et instrumental français, mais également de nouvelles formes de direction – l’ensemble étant dirigé du violon –, ainsi que de formats de concerts encourageant la spontanéité et l’imagination du public. Parallèlement, il poursuit sa collaboration avec le Quatuor Cambini-Paris créé en 2007, avec lequel il joue et enregistre les quatuors de Jadin, David, Gouvy, Mozart, Gounod ou Haydn. Julien Chauvin assure la direction musicale de productions lyriques telles que Phèdre de Lemoyne et Cendrillon d’Isouard dans des productions du Palazzetto Bru Zane mises en scène par Marc Paquien, l’Armida de Haydn mis en scène par Mariame Clément et Chimène ou le Cid de Sacchini mis en scène par Sandrine Anglade. Il est également chef invité de plusieurs formations : l’orchestre Esterházy Hofkapelle, l’Orchestre régional d’Avignon-Provence, l’Orkiestra Historyczna de Katowice, le Folger Consort à Washington, Les Violons du Roy et le Kammerorchester Basel. La discographie de Julien Chauvin comprend des œuvres concertantes de Haydn, Beethoven et Berlioz pour les labels Eloquentia et Ambroisie-Naïve, et il entame en 2016 l’enregistrement de l’intégrale des Symphonies parisiennes de Haydn avec le Concert de la Loge pour le label Aparté. Il se produit régulièrement avec Jean-François Heisser, Alain Planès, Christophe Coin, Justin Taylor et Olivier Baumont avec lequel il enregistre au château de Versailles le disque « À Madame ».

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julien chauvin violon & direction


français

le concert de la loge En janvier 2015, le violoniste Julien Chauvin fonde un nouvel ensemble sur instruments anciens avec l’ambition de faire revivre un chaînon essentiel de l’histoire musicale française : Le Concert de la Loge Olympique. Créé en 1783 par le comte d’Ogny, cet orchestre resta célèbre pour sa commande des Symphonies parisiennes à Joseph Haydn. De nos jours, formation à géométrie variable, l’ensemble propose des programmes de musiques de chambre, symphonique ou lyrique, dirigés du violon ou de la baguette et défend un large répertoire, allant de la musique baroque jusqu’à celle du début du XXe siècle. Le projet de cette recréation est aussi d’explorer de nouvelles formes de concert, en renouant avec la spontanéité et les usages de la fin du XVIIIe siècle. Depuis sa refondation, l’ensemble s’est produit en tournée sur de nombreuses scènes lyriques avec les opéras Armida de Haydn, Chimène ou le Cid de Sacchini et Phèdre de Lemoyne. L’orchestre s’associe également à des solistes reconnus comme Karina Gauvin, Sandrine Piau, Philippe Jaroussky (tournée en Europe et en Amérique du Sud) ou Justin Taylor dans le cadre de collaborations régulières. Au disque, l’ensemble a entrepris l’enregistrement de l’intégrale des Symphonies parisiennes de Haydn en proposant chaque saison un programme construit au format de l’époque avec un artiste invité. Les trois premiers volumes ont été salués par la critique (Diamant d’Opéra Magazine, Choc de Classica, Le Monde, ffff de Télérama, Grand Prix Charles Cros…). Le Comité national olympique sportif français s’étant opposé à l’usage de l’adjectif « olympique » par l’ensemble, ce dernier est contraint en juin 2016 d’amputer son nom historique pour devenir « Le Concert de la Loge ». L’ensemble bénéficie du soutien du ministère de la Culture et de la Communication, de la Ville de Paris, de la Région Île-de-France, de la Caisse des dépôts (mécène principal), de la Fondation Orange, de la Caisse d’épargne Île-de-France, de la Banque de France, du Fonds de dotation Françoise Kahn-Hamm et des mécènes membres du Club Olympe. Il est en résidence au conservatoire Jean-Baptiste Lully de Puteaux et est artiste associé en résidence à la Fondation Singer-Polignac. À partir de la saison 2018-2019, Le Concert de la Loge sera également en résidence pour trois ans à l’Arsenal - Cité musicale-Metz.

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When we first read through these mélodies, we were immediately touched by them and convinced of their importance in the musical landscape of the late nineteenth century. These poems, when set to music with such delicacy and refinement by French composers, are like so many jewel cases with their infinite variety of instrumental colour, transporting the listener to a forgotten imaginative world. The intimate piano accompaniment of the salons has been replaced here by the full orchestra, which by turns cradles, leads, interrupts or submerges the vocal line. Rare and sometimes mocked composers sit by side here with the names that posterity has retained, and it was with great pleasure that we were able to revive these gems long vanished from the concert hall. For these mélodies, there is no standard instrumentation, but rather a total freedom of expression and an extremely subtle sound palette, which one does not necessarily register at the first hearing. The instruments used for this recording, dating from the period when the songs were composed, give them an even more characteristic flavour whose differences the ear perceives in the short orchestral interludes – which, like the mélodies themselves, have been neglected for far too long! Julien Chauvin

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If my career has often led me to the shores of the Baroque, my earliest musical emotions were nurtured by the French music of the nineteenth and twentieth centuries, whose orchestral colours delighted the harpist I dreamt of becoming then. This new album with Julien Chauvin immerses me anew in the delights of familiar sounds, ideally set off by the period instruments of Le Concert de la Loge. A big thank you to the Palazzetto Bru Zane for offering me this charming escapade exploring sometimes forgotten mélodies, and for the joy of reliving the wide-eyed wonder of the little girl I once was. Sandrine Piau


Alexandre Dratwicki Palazzetto Bru Zane

english

Recent research into the little-known works of Camille Saint-Saëns led to the resurrection of nineteen orchestral songs recorded by Alpha Classics in partnership with the Palazzetto Bru Zane in 2017. For a genre that has become extremely rare today, this marked the opening of a Pandora’s box, gems from which have consistently been brought to light by the Centre de Musique romantique française since then. This investigation has revealed that, in the shadow of Berlioz’s Nuits d’été, Chausson’s Poème de l’amour et de la mer and a few titles by Duparc, dozens – if not hundreds – of mélodies sublimely arrayed in sparkling orchestral colours were slumbering on library shelves. Famous names (Hugo, Verlaine and Gautier for the poetry, Gounod, Massenet and Bizet for the music) rub shoulders with artists whose stature is currently being reassessed (Dubois, David, Bordes, La Tombelle among others). Emboldened by these new finds, and with the assiduous support of its editorial team, without whom no project is possible, the Palazzetto Bru Zane has once again suggested to Alpha Classics and its artists a trip along the paths of discovery. Sandrine Piau has immersed herself in this music with talent and curiosity, while Julien Chauvin and his Concert de la Loge have revived the original colours of these Romantic pastels with the mellow yet incisive timbres of their period instruments. The programme is constructed like an extended cycle of mélodies on the theme of love, punctuated by orchestral meditations displaying an unexpected gravity in the case of such composers as Benjamin Godard.


a sentimental education From the piano to the orchestra In the second half of the nineteenth century, the French mélodie escaped from the private space of the salon to conquer the concert hall, a public sphere with a greater mixture of social classes. In order to allow these miniatures to be heard in large halls, the orchestra was substituted for the piano. Initially, composers decked out existing mélodies in orchestral garb to replace operatic arias in concert programmes, since some of them, including Saint-Saëns, thought excerpts from theatrical works were of little interest detached from their dramatic context. The same composers were bothered by the poor literary quality of operatic arias, especially when they came from foreign-language works clumsily translated into French. By contrast, a French composer who set Hugo, Gautier, Banville, Régnier, Verlaine and even more modest poets like Charles Barthélemy or Louis de Courmont directly to music was able to locate the correct prosodic accents and place the caesuras appropriately. Berlioz paved the way with Les Nuits d’été, which he began to orchestrate in 1843; he finished it in 1856 and continued on this path with Plaisir d’amour three years later (Martini’s famous romance dates from the early 1780s). But it was the action of the Société Nationale de Musique that gave a decisive boost to the mélodie with orchestra. To cultivate this new genre meant contributing to the glory of ‘Ars Gallica’, as the Société’s motto proclaimed. In these orchestral songs, the subtlety of mixtures of instrumental timbre vies with the refinement of the harmony – a quality that listeners may also savour in the pieces placed between the mélodies of Sandrine Piau’s recital, evocative miniatures often derived from piano pieces (Massenet’s Valse

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by hélène cao


The seasons of love The woodwind introduces a discreet pastoral touch, ideal when the poem unfolds in a rural or forest setting. The lover likes to take refuge in nature in order to dream and confess his or her emotions there, for love is the lifeblood of the majority of French mélodies. But such emotions were now being shared with the large audience of the concert hall, and no longer only with the practised ears of a select company. The vocal style, more extravert than in the German lied, does not conceal the influence of opera (indeed, the performers and dedicatees of these mélodies were often famed opera singers likely to guarantee their success). The opening pages of Dubois’s Promenade à l’étang alternate sweeping outbursts with the stasis of recto tono chant, a device that also characterises the ghost’s interventions in its dialogue with the poet (Massenet, Le Poète et le Fantôme). Many mélodies begin in an atmosphere of calm, before growing excited and reaching their expressive climax shortly before the end.

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très lente and Pierné’s Chanson d’autrefois, taken from his set of children’s pieces Album pour mes petits amis). Their composers strove to offer the voice a shimmering background that does not overpower it (whereas, in an operatic aria given in concert, the singer sometimes has to struggle against an orchestra placed on the platform and not in the pit). To this end, they partially or totally excluded brass and percussion, generally limiting the forces to strings, woodwind and horns (these are also the colours found in Duparc’s orchestral nocturne Aux étoiles). But how many nuances they could obtain from this palette! There is no oboe in Aimons-nous (Saint-Saëns) or Ce que dit le silence (Guilmant). In the final section of Promenade matinale, Bordes gives a prominent role to the orchestra’s leader. The arpeggios of Saint-Saëns’s Extase are provided by the harp, thus preserving the lightness of a pianistic texture that would have been weighed down by the use of bowed strings. The harp is present in much of this repertory, giving it its tone of intimacy, and also occupies a central place in the instrumental music of the period.


When love is a thing of the past, recollection of it does not arouse despair, but is accompanied by a gentle warmth (Si j’ai parlé… si j’ai aimé, Dubois). In Massenet’s Le Poète et le Fantôme, the dialogue between the poet and the ghost ends with a rather consoling observation: in the face of the inevitable passage of time, memory perpetuates the moments of happiness. However, sometimes the impulsive light-heartedness conceals the tragedy to come. In Chansons de Marjolie, a cycle of seven mélodies by Dubois, a country girl is seduced by a handsome lord (Sous le saule). When he abandons her, she will lose all that made life worth living. But what does it matter if ‘the pleasure of love lasts but a moment’, since, as Banville and Saint-Saëns sing (Aimons-nous), ‘love is stronger / Than the Gods and Death’?

For further information on the composers and works in this programme, please go to bruzanemediabase.com

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If they reflect every facet of the emotion of love (Sandrine Piau’s recital focuses on loneliness, desire, seduction, intimacy and recollection, the five stages in a sentimental education, as it were), these songs hardly take account of its potentially tragic consequences. Desire is expressed by means of delicate animal metaphors in Vierne’s Beaux Papillons blancs and Saint-Saëns’s Papillons.


sandrine piau soprano She has distinguished herself in numerous roles in the leading international opera houses, including Cleopatra (Giulio Cesare) and Morgana (Alcina) at the Opéra de Paris, Dalinda (Ariodante) at the Salzburg Festival, Alcina, Mélisande, Sandrina (La finta giardiniera), Sister Constance (Dialogue des Carmélites) at La Monnaie, Alcina and Dalinda in Amsterdam, Pamina (Die Zauberflöte), Donna Anna (Don Giovanni) and Sister Constance at the Théâtre des Champs-Élysées, and Despina (Così fan tutte) and Tytania (A Midsummer Night’s Dream) at the Festival d’Aix-en-Provence. Sandrine Piau appears regularly in concerts with orchestra and as a recitalist, notably in New York, Paris, London, Tokyo, Munich, Zurich and Salzburg, and recently in Hamburg for the inauguration of the Elbphilharmonie. She has made four solo discs of Handel and Mozart arias and recorded several recital programmes documenting her close partnership with Susan Manoff, with whom she appears regularly on the concert platform (Carnegie Hall, Wigmore Hall, tours of the United States and Japan). Sandrine Piau now records exclusively for Alpha Classics. Her first disc on the label was a recital programme with Susan Manoff entitled Chimère, which earned such distinctions as Diapason d’Or de l’année, Choc de Classica de l’année and Gramophone Award. Highlights of her 2018/19 season include Ariodante at the Opéra de Monte-Carlo, Alcina at the Salzburg Festival and concerts throughout Europe. Sandrine Piau was appointed Chevalier de l’Ordre des Arts et Lettres in 2006 and voted Vocal Artist of the Year at the Victoires de la Musique Classique 2009.

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After initially gaining a reputation in Baroque music, Sandrine Piau now sings a broad repertory and has confirmed her outstanding position in the operatic world.


Julien Chauvin was attracted at an early age by the Baroque revolution and the new wave of historically informed performance practice using period instruments, and moved to the Netherlands to train at the Royal Conservatory of The Hague with Vera Beths, who founded L’Archibudelli with Anner Bylsma. Realising his desire to bring back to life a celebrated ensemble of the eighteenth century, in 2015 he formed a new orchestra, Le Concert de la Loge. The ambitions of this modern recreation have been demonstrated by its exploration of forgotten works from the French orchestral and vocal-operatic repertory, but also of innovative forms of direction (the ensemble is directed from the violin) and concert formats encouraging spontaneous and imaginative reactions from the audience. In parallel with this, he continues his collaboration with the Quatuor Cambini-Paris, formed in 2007, with which he performs the string quartets of Jadin, David, Gouvy, Mozart, Gounod and Haydn. Julien Chauvin has conducted such operatic productions as Lemoyne’s Phèdre and Isouard’s Cendrillon staged by Marc Paquien for the Palazzetto Bru Zane; Haydn’s Armida directed by Mariame Clément; and Sacchini’s Chimène ou le Cid staged by Sandrine Anglade. He has appeared as guest conductor with orchestras and ensembles including the Esterházy Hofkapelle, the Orchestre Régional d’Avignon Provence, the Orkiestra Historyczna of Katowice, the Folger Consort in Washington, Les Violons du Roy and the Kammerorchester Basel. Julien Chauvin has recorded concertante works by Haydn, Beethoven and Berlioz with Le Cercle de l’Harmonie on the Eloquentia and Ambroisie-Naïve labels. In 2016 he began recording Haydn’s complete ‘Paris’ Symphonies with Le Concert de la Loge for Aparté. He regularly appears in recital with Jean-François Heisser, Alain Planès, Christophe Coin, Justin Taylor and Olivier Baumont. He and Baumont recorded the disc ‘À Madame’ at Versailles Palace.

english

julien chauvin violon & conductor


In January 2015, the violinist Julien Chauvin founded a new period-instrument orchestra with the ambition of reviving an essential component of French musical history: the Concert de la Loge olympique, famed for commissioning the ‘Paris’ Symphonies of Joseph Haydn. The modern, flexibly sized ensemble presents chamber, symphonic and vocal-operatic programmes directed from the violin or the baton and champions a wide repertory ranging from the Baroque era to the early twentieth century. This recreative project also aims to explore new forms of concerts, harking back to the spontaneity of late eighteenth-century practice.

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le concert de la loge

Since it was founded, the ensemble has toured many venues with operas including Haydn’s Armida, Sacchini’s Chimène ou le Cid and Lemoyne’s Phèdre. It also enjoys regular collaborations with such renowned soloists as Karina Gauvin, Sandrine Piau, Philippe Jaroussky (with whom it has toured Europe and South America) and Justin Taylor. On disc, the orchestra has embarked on a recording of Haydn’s complete ‘Paris’ Symphonies. Each season it presents a programme modelled on the concert format of the period, featuring a guest artist. The first three volumes have received critical acclaim, earning such distinctions as the Diamant d’Opéra Magazine, Choc de Classica, Sélection Le Monde, ffff Télérama and the Grand Prix du Disque Charles Cros. Since the French National Olympic and Sports Committee opposed the ensemble’s use of the adjective ‘Olympique’, it was forced to truncate its historical name and adopt the designation ‘Le Concert de la Loge’ in June 2016. The ensemble receives support from the French Ministère de la Culture et de la Communication, the Ville de Paris, the Région Île-de-France, the Caisse des Dépôts (principal sponsor), the Fondation Orange, the Caisse d’Épargne Île-de-France, the Banque de France, the Fonds de Dotation Françoise Kahn-Hamm and the members of the circle of patrons Le Club Olympe. It is in residence at the Conservatoire JeanBaptiste Lully in Puteaux and is associate artist in residence at the Fondation Singer-Polignac. Starting in the 2018/19 season, Le Concert de la Loge will also be in residence for three years at the Cité MusicaleMetz.

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Als wir diese Lieder zum ersten Mal vom Blatt lasen, waren wir sofort ergriffen und vor allem von ihrer Bedeutung im Bereich der Musik des ausgehenden 19. Jh. überzeugt. Die mit so viel Feingefühl und Raffinement von den französischen Komponisten in Musik gesetzten Gedichte gestalten die instrumentalen Klangfarben unendlich abwechslungsreich und versetzen den Zuhörer in eine vergessene Vorstellungswelt. Das intime Klavier der Salons wurde durch ein vollzähliges Orchester ersetzt, das die Gesangslinie abwechselnd einwiegt, anführt, unterbricht oder überflutet. Seltene, manchmal sogar verlachte Komponisten sind neben Namen zu finden, die der Nachwelt erhalten blieben, und wir waren sehr glücklich, diese aus den Konzertsälen verschwundenen Perlen wieder aufleben lassen zu können. Für diese Lieder besteht keine gemeinsame Orchestrierung, sondern eher vollkommene Freiheit im Ausdruck und eine besonders gelungene Klangpalette, derer man sich nicht unbedingt beim ersten Zuhören bewusst wird! Die für diese Aufnahme eingesetzten Instrumente, die aus der Zeit der Kompositionen stammen, verleihen dem Klang einen noch charakteristischeren Reiz, den man bei den ebenfalls so lange beiseite gelassenen instrumentalen Atmungen anders wahrnimmt! Julien Chauvin

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Auch wenn mich das Leben oft in Bereiche des Barocks führte, so wurden meine ersten musikalischen Emotionen von der französischen Musik des 19. und 20. Jahrhunderts hervorgerufen, deren Orchesterfarben mich umso mehr begeisterten, als ich davon träumte, Harfenistin zu werden. Dieses neue Album an der Seite von Julien Chauvin taucht mich genussvoll in mir vertraute Klänge, die durch die historischen Instrumente des Concert de la Loge noch stärker wirken. Mein bester Dank gilt dem Palazzetto Bru Zane, der mir diesen schönen Ausflug in eine Reihe manchmal vergessener Lieder ermöglichte und das Glück schenkte, das Entzücken des kleinen Mädchens von früher wiederzufinden. Sandrine Piau


Alexandre Dratwicki Palazzetto Bru Zane

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Jüngste Forschungen über die verkannten Werke von Camille Saint-Saëns ermöglichten es, dass 19 Lieder mit Orchester auf CD sowie als Noten Auferstehung feierten, indem sie bei Alpha Classics in Partnerschaft mit dem Palazzetto Bru Zane 2017 aufgenommen wurden. Es war – für diese Gattung, die heute höchst selten geworden ist – die Öffnung einer Büchse der Pandora, aus der das Zentrum für französische Musik der Romantik seither unaufhörlich Perlen fischt. Diese Erforschung hat gezeigt, dass im Schatten der Nuits d’été von Berlioz, des Poème de l’amour et de la mer von Chausson sowie einiger Lieder von Duparc Dutzende – wenn nicht sogar Hunderte – von mélodies voll von schillernden Orchesterfarben in den Regalen der Bibliotheken ruhen. Berühmte Namen (Hugo, Verlaine oder Gautier für die Gedichte, Gounod, Massenet oder Bizet für die Musik) finden sich neben Künstlern, deren Wert eben erst wieder entdeckt wird (Dubois, David, Bordes, La Tombelle usw.). Dank dieser Wiederentdeckungen und dank des Eifers seines Redaktionsteams, ohne das kein Projekt möglich ist, schlug der Palazzetto Bru Zane Alpha Classics und seinen Künstlern neuerlich vor, sich auf das Abenteuer einer Wiederentdeckung einzulassen. Sandrine Piau stürzte sich mit Talent und Neugierde darauf, während Julien Chauvin und sein Concert de la Loge die Originalfarben dieser romantischen Pastelle dank der sowohl weichen als auch eindringlichen Timbres ihrer historischen Instrumente wieder auffrischten. Das Programm ist wie ein breit angelegter Liederzyklus über die Liebe aufgebaut. Dazwischen sind instrumentale Meditationen eingefügt, die bei manchen Komponisten wie etwa bei Benjamin Godard voll unerwartetem Ernst sind.


die erziehung der gefühle von hélène cao

In der zweiten Hälfte des 19. Jh. entkommt das französische Lied den privaten Salons, um die Konzertsäle zu erobern, d.h. einen öffentlichen Raum, zu dem ein gemischteres Publikum Zutritt hat. Um diese Miniaturen in den großen Sälen erklingen zu lassen, wird das Klavier vom Orchester ersetzt. Zunächst verleihen die Komponisten bereits existierenden Liedern eine symphonische Aufmachung, damit sie in den Konzertprogrammen die Opernarien ersetzen. Einige Musiker, darunter Saint-Saëns, finden nämlich die Arien außerhalb ihres dramatischen Kontexts nicht sehr aussagekräftig. Außerdem stört die Komponisten auch die dürftige literarische Qualität der Opernarien, besonders wenn sie aus ausländischen Werken stammen und ungeschickt in die französische Sprache übersetzt sind. Hingegen trifft ein Komponist, der Hugo, Gautier, Banville, Régnier, Verlaine und selbst bescheidenere Dichter wie Charles Barthélemy oder Louis de Courmont vertont, die richtigen prosodischen Akzente und setzt die Zäsuren an die rechten Stellen. Berlioz ebnete diesen Weg mit den Nuits d’été, mit deren Orchestrierung er 1843 begann. Er beendete sie 1856 und setzte diese Erfahrung drei Jahre später mit Plaisir d’amour fort (die berühmte Romanze von Martini stammt aus dem Beginn der Jahre 1780). Doch erst die Initiative der Société nationale de musique gab der mélodie mit Orchester den entscheidenden Impuls. Diese neue Gattung zu pflegen, bedeutete zum Ruhm der Ars gallica beizutragen. Die Subtilität der instrumentalen Verschmelzung rivalisiert mit der harmonischen Erlesenheit – eine Qualität, die man auch in den Stücken genießen wird, die zwischen den Liedern des Rezitals von

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Vom Klavier zum Orchester


Les saisons de l’amour Die Holzbläser verleihen der Musik eine diskrete, pastorale Atmosphäre, die ideal ist, wenn das Gedicht in einem ländlichen Rahmen oder im Wald spielt. Der Liebhaber zieht sich gern in die Natur zurück, um zu träumen und ihr seine Seelenzustände anzuvertrauen, denn die Liebe ist der Nährstoff der meisten französischen Lieder. Die geheimen Mitteilungen werden von nun an einer großen Zuhörerschaft in einem Konzertsaal anvertraut und nicht mehr den vertrauten Ohren einer gewählten Gesellschaft. Die Vokalität, die extravertierter als im deutschen Lied ist, verbirgt den Einfluss der Oper nicht (die Interpreten und Widmungsempfänger dieser Lieder waren übrigens oft berühmte Opernsänger, die imstande waren, dem Werk Erfolg zu garantieren). Die ersten Seiten von Promenade à l’étang von Dubois kombinieren weit ausholende Schwünge mit

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Sandrine Piau eingefügt sind. Es handelt sich um evokative Miniaturen, die oft aus Klavierwerken stammen (Valse très lente von Massenet und Chanson d’autrefois von Pierné aus seinem Album pour mes petits amis). Die Komponisten sind bestrebt, der Stimme eine schillernde Hülle zu geben, die sie nicht dämpft (während der Sänger bei einer im Konzert interpretierten Opernarie manchmal mit dem Orchester kämpft, das sich auf dem Podium und nicht im Orchestergraben befindet). Zu diesem Zweck schließen sie die Blechbläser und Perkussionsinstrumente fast gänzlich aus und begrenzen im Allgemeinen die Besetzung auf Streicher und Instrumente des Bläserquintetts (Klangfarben, die man in Aux étoiles, ein Nocturne für Orchester von Duparc findet). Doch von dieser Palette ausgehend, ergeben sich wunderbare Nuancen! In Aimons-nous von Saint-Saëns oder in Ce que dit le silence von Guilmant gibt es keine Oboe. Im letzten Teil von Promenade matinale vertraut Bordes der Solo-Violine eine erstrangige Rolle an. Die Arpeggios von Saint-Saëns’ Extase übernimmt die Harfe. Sie behält die Leichtigkeit der pianistischen Kompositionsweise bei, die die Streicher fülliger wiedergegeben hätten. Die Harfe ist in einem Großteil dieses Repertoires vorhanden, das sie unter das Siegel der Intimität stellt. Sie hat auch in der Instrumentalmusik dieser Zeit eine zentrale Funktion.


der Unbeweglichkeit einer Psalmodie, die auch die Reden des Phantoms in seinem Dialog mit dem Dichter bei Massenet charakterisiert. Viele Lieder beginnen in einer ruhigen Stimmung, bevor sie in Erregung geraten und ihren expressiven Höhepunkt kurz vor dem Schluss erreichen.

Gehört die Liebe der Vergangenheit an, so ruft die Erinnerung daran keine Verzweiflung hervor, sondern wird von einer sanften Wärme begleitet (Si j’ai parlé… si j’ai aimé von Dubois). Bei Massenet schließt der Dialog des Dichters mit dem Phantom eher mit einer tröstlichen Feststellung: Angesichts dessen, dass die Zeit unausweichlich vergeht, verewigt die Erinnerung die glücklichen Augenblicke. Allerdings kommt es auch vor, dass die impulsive Leichtigkeit die künftige Tragödie verbirgt. In Chanson de Marjolie, einem Zyklus von sieben Liedern von Dubois, wird ein junges Mädchen aus dem Volk von einem schönen Herrn (Sous le saule) verführt. Von ihm verlassen, verliert sie jeden Grund zu leben. Doch was macht es schon aus, wenn „plaisir d’amour ne dure qu’un moment“ [„die Freuden der Liebe nur einen Augenblick dauern“]1, da die Liebe, wie Banville und Saint-Saëns (Aimons-nous) singen, „stärker ist als die Götter und der Tod“.

Weitere informationen über die Werke und Komponisten dieses Rezitals finden Sie unter bruzanemediabase.com 1. « Plaisir d’amour ne dure qu’un moment » ist ein im französischen Sprachraum sehr bekanntes Lied von Jean-Pierre Claris de Florian (Text) und Jean-Paul-Égide Martini (Musik) aus dem Ende des 18. Jh. (Anm. d. Ü.)

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Zwar sind in diesen Liedern alle Facetten der Liebe vertreten (das Rezital von Sandrine Piau konzentriert sich allerdings auf die Einsamkeit, das Verlangen, die Verführung, die Zärtlichkeit und die Erinnerung als die fünf Akte einer Erziehung der Gefühle), sie ziehen jedoch ihre tragischen Folgen kaum in Betracht. Das Verlangen wird durch zarte Metaphern ausgedrückt, die in Beaux Papillons blancs von Vierne und Papillons von Saint-Saëns aus der Tierwelt stammen.


sandrine piau sopran Sie zeichnet sich in vielen Rollen auf den größten internationalen Bühnen aus: Cleopatra (Giulio Cesare), Morgana (Alcina) an der Pariser Oper, Dalinda (Ariodante) bei den Salzburger Festspielen, Alcina, Mélisande, Sandrina (La finta Giardiniera), Sœur Constance (Dialogue des Carmélites) an La Monnaie, Alcina und Dalinda (Ariodante) in Amsterdam, Pamina (Die Zauberflöte), Donna Anna (Don Giovanni) und Sœur Constance am Théâtre des Champs-Elysées, Despina (Così fan tutte) und Tytania (A Midsummer Night’s Dream) beim Festival von Aix en Provence. Sandrine Piau tritt auch regelmäßig in Konzerten und Recitals auf, unter anderem in New York, Paris, London, Tokio, München, Zürich, Salzburg und vor kurzem in Hamburg bei der Eröffnung der Elbphilharmonie. Sandrine Piau widmete vier CDs Händel und Mozart und nahm mehrere CDs mit Recitals auf, die von ihrer privilegierten Beziehung zu Susan Manoff zeugen, mit der sie regelmäßig auftritt (Carnegie Hall, Wigmore Hall, Tournee durch die USA und Japan). Sandrine Piau nimmt heute ausschließlich für Alpha Classics auf. Die erste CD für dieses Label ist die Aufnahme eines Recitals in Zusammenarbeit mit Susan Manoff und trägt den Titel Chimère. Sie wurde unter anderem mit einem Diapason d‘Or des Jahres, einem Choc von Classica des Jahres und einem Gramophone Award ausgezeichnet. Ihre Spielzeit 18/19 ist von Ariodante an der Oper von Monte-Carlo, Alcina bei den Salzburger Festspielen sowie von Konzerten in ganz Europa gekennzeichnet. Sandrine Piau erhielt im Jahre 2006 den Verdienstorden „Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres“und wurde 2009 bei den „Victoires de la Musique“ zur „Opernsängerin des Jahres“ gewählt.

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Sandrine Piau wurde vom Publikum durch ihre Interpretation von Barockmusik entdeckt, verfügt heute über ein breit gefächertes Repertoire und bestätigt ihren außergewöhnlichen Rang auch in der Sparte der Oper.


julien chauvin geige & dirigent

Er verwirklichte seinen Wunsch, ein berühmtes Ensemble des 18. Jh. zu neuem Leben zu erwecken, indem er 2015 ein neues Orchester gründete : Le Concert der la Loge. Der Ehrgeiz dieser Neugründung liegt besonders darin, vergessene Werke des französischen Opern- und Instrumentalrepertoires wieder aufzuführen, aber auch neue Formen des Dirigierens – das Ensemble wird von der Violine aus geleitet – sowie Konzertformen anzubieten, die die Spontanität und Phantasie des Publikums fördern. Parallel dazu setzt er seine Zusammenarbeit mit dem 2007 gegründeten Quatuor Cambini-Paris fort, mit dem er die Quartette von Jadin, David, Gouvy, Mozart, Gounod oder Haydn spielt und aufzeichnet. Julien Chauvin dirigierte Opern wie Phèdre von Lemoyne und Cendrillon von Isouard, Produktionen des Palazzetto Bru Zane in der Inszenierung von Marc Paquien, Haydns Armida in der Regie von Mariame Clément sowie Chimène ou le Cid von Sacchini in der Inszenierung von Sandrine Anglade. Außerdem ist er Gastdirigenten bei mehreren Ensembles wie der Esterházy Hofkapelle, dem Orchestre régional d’Avignon-Provence, dem Orkiestra Historyczna von Katowice, dem Folger Consort in Washington, Les Violons du Roy und dem Kammerorchester Basel. Die Diskographie von Julien Chauvin enthält konzertante Werke von Haydn, Beethoven und Berlioz für die Labels Eloquentia und Ambroise-Naïve. Im Jahr 2016 begann er eine Gesamtaufnahme der Pariser Symphonien von Haydn mit dem Concert de la Loge für das Label Aparté. Er tritt regelmäßig mit Jean-François Heisser, Alain Planès, Christophe Coin, Justin Taylor sowie mit Olivier Baumont auf, mit dem er im Schloss von Versailles die CD « À Madame » aufnahm.

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Julien Chauvin fühlte sich bereits in sehr jungen Jahren von der barocken Revolution und der Interpretationserneuerung auf historischen Instrumenten angezogen und reiste in die Niederlande, um sich am Königlichen Konservatorium von Den Haag bei Vera Behts, neben Anner Bylsma Gründerin von L’Archibudelli, ausbilden zu lassen.


Im Januar 2015 gründete der Geiger Julien Chauvin ein neues Ensemble historischer Instrumente mit dem Ehrgeiz, ein wesentliches Verbindungsglied der französischen Musikgeschichte zu neuem Leben zu erwecken: Le Concert de la Loge olympique. Dieses 1783 vom Grafen von Ogny gegründetes Orchester ist weiterhin berühmt, weil es bei Joseph Haydn dessen Pariser Symphonien in Auftrag gab. Das heutige Ensemble hat veränderbare Besetzungen und interpretiert Programme mit Kammer-, Orchestermusik oder mit Opern, die jeweils von der Geige aus oder mit einem Dirigentenstab geleitet werden. Es setzt sich für ein breit gefächertes Programm ein, das von der Barockmusik bis zur Wende des beginnenden 20. Jh. reicht. Das Projekt dieser Neugründung ist es auch, neue Konzertformen zu erforschen und wieder an die Spontanität und die Gebräuche des ausgehenden 18. Jh. anzuschließen. Seit seiner Gründung tritt das Ensemble auf Tourneen in vielen Opernhäusern mit den Opern Armida von Haydn, Chimène ou le Cid von Sacchini und Phèdre von Lemoyne auf. Das Orchester lädt auch anerkannte Solisten zu einer regelmäßigen Zusammenarbeit mit ihm ein, wie etwa Karina Gauvin, Sandrine Piau, Philippe Jaroussky (Tournee durch Europa und Südamerika) oder Justin Taylor. Im Bereich der CD-Aufnahmen zeichnet das Ensemble die gesamten Pariser Symphonien von Haydn auf und stellt jede Spielzeit entsprechend dem Format dieser Epoche ein Programm mit einem Gastkünstler zusammen. Die ersten drei Bände wurden von der Kritik bejubelt (Diamant von Opéra Magazine, Choc Classica, Le Monde, ffff Télérama, Grand Prix Charles Cros usw.). Da das sportliche französische Comité national olympique dagegen war, dass das Ensemble das Adjektivs „olympique“ verwendet, musste dieses im Juni 2016 seinen historischen Namen verkürzen, um „Le Concert de la Loge“ zu werden. Dem Ensemble kommt die Unterstützung des französischen Ministeriums für Kultur und Kommunikation zugute, ebenso wie die der Stadt Paris, der Region Île-de-France, der Caisse des dépôts (Hauptmäzen), der Stiftung Orange, der Caisse d’Épargne Île-de-France, der Banque de France, des Dotationsfonds Françoise Kahn-Hamm und der Mäzene, die Mitglieder des Club Olympe sind. Es ist in Residence am Konservatorium Jean-Baptiste Lully von Puteaux und assoziierter Künstler in Residence bei der Singer-Polignac-Stiftung. Ab der Spielzeit 2018/2019 wird Le Concert de la Loge drei Jahre lang auch an der Cité musicale-Metz Künstler in Residence sein.

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le concert de la loge

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si j‘ai aimé… souvenir

recollection

CAMILLE SAINT-SAËNS (1835-1921)

1 Extase

Ecstasy

Victor Hugo (1802-1885) Puisque j’ai mis ma lèvre à ta coupe encore [pleine ; Puisque j’ai dans tes mains posé mon front [pâli ; Puisque j’ai respiré parfois la douce [haleine De ton âme, parfum dans l’ombre enseveli ;

Since I have pressed my lips to your still [brimming cup; Since I have placed my pallid brow in your [hands; Since I have sometimes breathed the sweet [fragrance Of your soul, its scent buried in shade;

Puisqu’il me fut donné de t’entendre me dire Les mots où se répand le cœur mystérieux ;

Since it has been granted me to hear you speak The words in which the heart pours forth [its mysteries; Since I have seen weeping, since I have seen [smiling, Your mouth on my mouth and your eyes [on my eyes;

Puisque j’ai vu pleurer, puisque j’ai vu sourire Ta bouche sur ma bouche et tes yeux sur [mes yeux ; Puisque j’ai vu briller sur ma tête ravie Un rayon de ton astre, hélas ! Voilé toujours ; Puisque j’ai vu tomber dans l’onde de ma vie Une feuille de rose arrachée à tes jours ;

Since I have seen shining on my enraptured head A ray from your star, alas still veiled; Since I have seen falling into the stream [of my existence A roseleaf snatched from your life,


Je puis maintenant dire aux rapides années : – Passez ! Passez toujours ! Je n’ai plus [à vieillir ! Allez-vous-en avec vos fleurs toutes fanées ; J’ai dans l’âme une fleur que nul ne peut [cueillir !

I can now say to the swiftly flying years: ‘Pass on! Pass ever on! I need grow no older!

Votre aile en le heurtant ne fera rien répandre Du vase où je m’abreuve et que j’ai bien [rempli. Mon âme a plus de feu que vous n’avez [de cendre ! Mon cœur a plus d’amour que vous n’avez [d’oubli !

‘Your wing, in brushing it, will spill nothing From the vessel wherein I drink and which [I have well filled. My soul has more fire than you have ashes!

2 Papillons

Begone with your faded flowers; I have in my soul a flower that none can pluck!

My heart has more love than you have oblivion!’

Butterflies

Renée de Léché Où t’envoles-tu, si frêle, Petit papillon léger ? N’est-il donc pas vrai que l’aile Se lasse de voltiger ?

Where do you fly, so fragile, Nimble little butterfly? Is it not true, then, that your wings Grow weary of fluttering?

Ne crains-tu pas que la brise Puisse en jouant te flétrir, Ou que l’ouragan te brise, Qu’un soir vienne te meurtrir ?

Are you not afraid that the breeze May wither you as it blows, Or that the storm may break you, That evening may come and bruise you?


Oh ! Non, ton corps diaphane Veut se griser de l’azur, De la rose qui se fane, D’un ciel de printemps plus pur…

Oh no, your diaphanous form Seeks the exhilaration of the azure, Of the rose that fades, Of a purer spring sky . . .

Tu veux choisir le calice D’une fleur pour ton berceau, T’endormir avec délice Au sein d’un jardin si beau.

You wish to choose the calyx Of a flower as your cradle, To fall asleep with delight In so lovely a garden;

Ne t’éveiller qu’à l’aurore Et lorsque le grand soleil Par-delà les monts qu’il dore Sourit au matin vermeil.

To awaken only at dawn, When the great sun, Above the mountains it gilds, Smiles on the crimson morning;

N’être que beauté, que vie, Rien que tendresse et qu’espoir Éblouissante folie, Et puis… mourir un beau soir.

To be naught but beauty, naught but life, Naught but tenderness and hope Dazzling folly, And then . . . to die one fine evening,

Mourir d’avoir fait un rêve, Mourir d’avoir trop aimé, D’avoir trop aspiré sans trêve L’air enflammé !

To die of having dreamt, To die of having loved too well, Of having breathed, without a moment’s respite, The blazing air!

Mourir d’avoir en l’espace Eu pour règle ton désir, D’être un papillon qui passe Et que la mort va saisir.

To die of having had, in space, Your desire as your only law, Of having been a butterfly that passes away And that death will seize.


Papillons couleur de flamme, Papillons légers et fous, Vous ressemblez à nos âmes Qui sont folles comme vous.

Flame-coloured butterflies, Nimble, wayward butterflies, You resemble our souls Which are wayward like you.

Au gré de leurs doux caprices Elles vont pour se griser De calice en calice Et de baiser en baiser.

Following their sweet caprices, They go in search of rapture From calyx to calyx And from kiss to kiss.

Puis, quand la mort vient, cruelle, Nos âmes d’un large essor S’envolent à tire d’aile Comme les papillons d’or !

Then, when cruel death comes, Our souls spread their wings wide And soar swiftly upwards Like golden butterflies!

Charles BORDES (1863-1909)

3 Promenade matinale

Morning Stroll

Paul Verlaine (1844-1896) Le soleil du matin doucement chauffe et dore Les seigles et les blés tout humides encore, Et l’azur a gardé sa fraîcheur de la nuit. L’on sort sans autre but que de sortir, [on suit, Le long de la rivière aux vagues herbes [jaunes, Un chemin de gazon que bordent de vieux [aulnes.

The morning sun gently warms and gilds The still damp rye and wheat, And the sky has retained the cool of the night. One goes out with no other purpose than to go out; [one follows, Along the river with its hazy yellow grass, A greensward path bordered by ancient alders.


L’air est vif. Par moment un oiseau vole avec Quelque fruit de la haie ou quelque paille [au bec, Et son reflet dans l’eau survit à son passage. C’est tout. Mais le songeur aime ce paysage, Dont la claire douceur a soudain caressé Son rêve de bonheur adorable, et bercé Le souvenir charmant de cette jeune fille, Blanche apparition qui chante et qui scintille, Dont rêve le poète et que l’homme chérit, Évoquant en ses vœux dont peut-être [on sourit, La Compagne qu’enfin il a trouvée et l’âme Que son âme depuis toujours pleure [et réclame.

The air is crisp. At times a bird flies by with Some fruit from the hedgerow or some straw [in its beak, And its reflection in the water lives on after [its passage. That is all. But the dreamer loves this landscape, Whose gentle brightness has suddenly caressed His dream of delightful happiness, and nursed The charming memory of that young girl, A white apparition that sings and sparkles, Whom the poet dreams of and the man cherishes, Invoking in his wishes, which perhaps may make [some smile, The Companion he has found at last and the soul For whom his soul has always wept and cried out.

HECTOR BERLIOZ (1803-1869) LES NUITS D’ÉTÉ, H 81 4 Au Cimetière Théophile Gautier (1811-1872) Connaissez-vous la blanche tombe, Où flotte avec un son plaintif L’ombre d’un if ? Sur l’if une pâle colombe,

In the Graveyard Do you know the white tomb Where sways with plaintive sound The shadow of a yew? On the yew a pale dove,


Triste et seule au soleil couchant, Chante son chant :

Sad and lonely in the setting sun, Sings its song:

Un air maladivement tendre, À la fois charmant et fatal, Qui vous fait mal Et qu’on voudrait toujours entendre, Un air comme en soupire aux cieux L’ange amoureux.

A melody of morbid sweetness, At once charming and deadly, That pains you Yet which you would wish to hear for ever; A melody like one sighed in heaven By a lovelorn angel.

On dirait que l’âme éveillée Pleure sous terre à l’unisson De la chanson, Et du malheur d’être oubliée Se plaint dans un roucoulement Bien doucement.

It is as if the awakened soul Were weeping beneath the ground, in unison With the song, And of the misfortune of being forgotten Were lamenting, as if cooing, Ever so softly.

Sur les ailes de la musique On sent lentement revenir Un souvenir. Une ombre, une forme angélique, Passe dans un rayon tremblant, En voile blanc.

On the wings of that music You feel the slow return Of a memory. A shadow, an angelic form Passes in a shimmering beam Veiled in white.

Les belles de nuit demi-closes Jettent leur parfum faible et doux Autour de vous, Et le fantôme aux molles poses

The night flowers, half-open, Exude their faint, sweet fragrance Around you, And the phantom, gesturing languidly,


Murmure en vous tendant les bras : « Tu reviendras ! »

Murmurs with outstretched arms: ‘You will return!’

Oh ! jamais plus, près de la tombe, Je n’irai, quand descend le soir Au manteau noir, Écouter la pâle colombe Chanter sur la pointe de l’if Son chant plaintif.

Ah, never again to the tomb Will I go, when night falls With its dark mantle, To hear the pale dove Sing from atop the yew Its plaintive song!

JULES MASSENET (1842-1912)

5 Le Poète et le Fantôme

The Poet and the Ghost

Anonyme

Qui donc es-tu, forme légère Que devant moi je vois toujours ?… Je n’appartiens plus à la terre : Je suis l’ombre de tes amours.

Who are you, insubstantial form That I see always before me? ‘I no longer belong to the earth: I am the shadow of your love.’

Ils sont bien morts les anciens charmes Et je ris du temps où j’aimais. Je suis le spectre de tes larmes, Rappelle-toi quand tu pleurais.

The old charms are dead indeed, And I scoff at the time when I loved. ‘I am the spectre of your tears: Remember when you wept.’

Oui, j’ai souffert de durs martyres ; L’oubli seul a séché mes yeux.

Yes, I suffered cruel torments; Forgetting alone could dry my eyes.


Je suis l’âme de tes sourires : Rappelle-toi les jours heureux.

‘I am the soul of your smiles: Remember the happy days.’

J’ai dû rêver toutes ces choses, Ce vain songe s’en est allé… Oseras-tu nier les roses Parce qu’Avril s’est envolé ?…

I must have dreamed all these things; That vain fancy has departed . . . ‘Will you dare to repudiate the roses Because April has flown?’

Fantôme aimé de ma maîtresse, Reprends ton vol et laisse-moi !… Je suis l’âme de ta jeunesse, Rappelle-toi… rappelle-toi !…

Beloved ghost of my mistress, Resume your flight and begone from me! ‘I am the soul of your youth, Remember . . . remember!’

Ainsi, jadis, en ma demeure, L’amour descendit du ciel bleu !… Si vite qu’en ait passé l’heure, Tu fus aimé, rends grâce à Dieu !…

Thus, long ago, into my dwelling Love came down from the blue sky! ‘However swiftly the hour passed, You were loved: give thanks to God!’

Oh ! ma jeunesse, êtes-vous morte ? Où sont les jours où l’on s’aimait ?… Je suis celui qui les rapporte, Reviens vers moi : Dieu le permet.

Oh, my youth, are you dead? Where are the days when we loved each other? ‘It is I who bring them back; Return to me: God permits it.’

Ô Fantôme qui me réclame, D’où donc peux-tu me revenir ?… J’ai ma demeure dans ton âme. Ami, je suis le souvenir…

O Ghost that summons me, Whence have you come back to me? ‘I have my dwelling in your soul. Friend, I am memory . . .’


THÉODORE DUBOIS (1837-1924)

7 Si j’ai parlé… Si j’ai aimé

If I have spoken . . . If I have loved

Henri de Régnier (1864-1936) Si j’ai parlé De mon amour, c’est à l’eau lente Qui m’écoute quand je me penche Sur elle ; si j’ai parlé De mon amour, c’est au vent Qui rit et chuchote entre les branches ; Si j’ai parlé de mon amour, c’est à l’oiseau Qui passe et chante Avec le vent. Si j’ai parlé, C’est à l’écho.

If I have spoken Of my love, it is to the slow-moving water That listens to me when I lean forward Over it; if I have spoken Of my love, it is to the wind That laughs and whispers between the branches; If I have spoken of my love, it is to the bird That passes by and sings With the wind. If I have spoken, It is to the echo.

Si j’ai aimé de grand amour, Triste ou joyeux, Ce sont tes yeux ! Si j’ai aimé de grand amour, Ce fut ta bouche grave et douce, Si j’ai aimé de grand amour, Ce furent ta chair tiède et tes mains fraîches, Et c’est ton ombre que je cherche.

If I have loved anything with a great love, Sad or happy, It was your eyes! If I have loved anything with a great love, It was your mouth, grave and sweet. If I have loved anything with a great love, It was your warm flesh and your cool hands; And it is your shade I seek.

Si j’ai parlé De mon amour, c’est à l’eau lente Qui m’écoute. Si j’ai aimé de grand amour,

If I have spoken Of my love, it is to the slow-moving water That listens to me. If I have loved anything with a great love,


Ce furent ta chair tiède et tes mains [fraîches… Et c’est ton ombre que je cherche.

It was your warm flesh and your cool [hands . . . And it is your shade I seek.

désir & séduction

desire & seduction

HECTOR BERLIOZ LES NUITS D’ÉTÉ, H 81 8 villanelle Théophile Gautier

Villanelle

Quand viendra la saison nouvelle, Quand auront disparu les froids, Tous les deux nous irons, ma belle, Pour cueillir le muguet aux bois. Sous nos pieds égrenant les perles Que l’on voit au matin trembler, Nous irons écouter les merles Siffler.

When the new season comes, When the frosts have vanished, The two of us will go, my fair one, To gather lily of the valley in the woods. Scattering beneath our feet the pearls of dew That are seen shimmering in the morning, We’ll go to hear the blackbirds Sing.

Le printemps est venu, ma belle ; C’est le mois des amants béni ; Et l’oiseau, satinant son aile, Dit des vers au rebord du nid. Oh ! viens donc sur ce banc de mousse Pour parler de nos beaux amours, Et dis-moi de ta voix si douce : Toujours !

Spring has come, my fair one: It is the month lovers bless; And the bird, preening his glossy wing, Twitters verses on the edge of his nest. Oh, come to this mossy bank To speak of our wonderful love, And tell me in your gentle voice: ‘For ever!’


Loin, bien loin égarant nos courses, Faisons fuir le lapin caché, Et le daim, au miroir des sources Admirant son grand bois penché ! Puis chez nous, tout heureux, tout aises, En paniers enlaçant nos doigts, Revenons, rapportant des fraises Des bois !

We’ll stray far and wide in our wanderings, Putting to flight the hidden rabbit And the deer that leans over the mirroring brook To admire his tall antlers. Then homewards, pleased and happy, Our hands cupped together like baskets, Let us return, bearing Wild strawberries.

THÉODORE DUBOIS MUSIQUES SUR L’EAU 9 promenade à l’étang Albert Samain (1858-1900)

Walking by the Pond

À voir ce lac mystique où l’azur s’est fondu, Dirait-on pas, ma sœur, qu’un grand cœur [éperdu En longs ruisseaux d’amour, là-haut s’est [répandu ?

Gazing upon this mystical lake with which the sky [has merged, Would one not say, sister, that a great forlorn heart Has spread itself there in long streams of love?

L’ombre lente a noyé la vallée indistincte. La cloche, au loin, note par note, s’est éteinte, Emportant comme l’âme frêle d’une sainte.

The slow shade has drowned the indistinct valley. The distant bell, note by note, has fallen silent, As if carrying off the frail soul of a saint.

L’heure est à nous ; voici que d’instant [en instant, Sur les bois violets au mystère invitant, Le grand manteau de la solitude s’étend.

This is our time; now, from moment to moment, Over purple woods and their inviting mystery, The great mantle of solitude extends.


Comme un cœur affligé que le jour importune, Rêve à l’ascension suave de la lune.

The silver-shimmering pond, beneath the brown [branches, Like a grieving heart importuned by day, Dreams of sweet moonrise.

Je veux, enveloppé de tes yeux caressants, Je veux cueillir, parmi les roseaux frémissants, La grise fleur des crépuscules pâlissants.

In the gaze of your caressing eyes, I would pick, among the quivering reeds, The grey flower of fading twilight.

L’étang moiré d’argent, sous la ramure brune,

Je veux au bord de l’eau pensive, ô bien-aimée, At the edge of the pensive waters, O beloved, From your lips fragrant with love and shadows, À ta lèvre d’amour et d’ombre parfumée Boire un peu de ton âme, à tout soleil fermée. I would sip something of your soul, impervious [to all sunlight.

LOUIS VIERNE (1870-1937) TROIS MÉLODIES, op. 11 10 Beaux papillons blancs Théophile Gautier

Beautiful White Butterflies

Les papillons couleur de neige Volent par essaims sur la mer ; Beaux papillons blancs, quand pourrai-je Prendre le bleu chemin de l’air ?

The snow-coloured butterflies Flutter in swarms over the sea; Beautiful white butterflies, when will I be able To follow the blue path of the skies?

Savez-vous, ô belle des belles, Ma bayadère aux yeux de jais S’ils me pouvaient prêter leurs ailes, Dites, savez-vous où j’irais ?

Do you know, O fairest of the fair, My jet-eyed bayadère? If they would lend me their wings, Say, do you know you where I would go?


Sans prendre un seul baiser aux roses, À travers vallons et forêts, J’irais à vos lèvres mi-closes, Fleur de mon âme, et j’y mourrais !

Without stealing a single kiss from the roses, Across valleys and forests I would fly to your half-closed lips, Flower of my soul, and would die there!

ALEXANDRE GUILMANT (1837-1911)

12 Ce que dit le silence

What the silence says

Charles Barthélemy (1825-1888) Bien loin des bruits du monde Qui fatiguent mon cœur ; Dans une paix profonde Je cherche le bonheur.

Far from the noises of the world That weary my heart, Amid deep peace I seek happiness.

Aux champs lorsque le jour commence, Quand tout repose encor au loin, J’aime entendre seul, sans témoin, Ce que dit le silence.

In the fields, when day begins, When all is still at rest afar off, I like to hear alone, without eavesdroppers, What the silence says.

Assis au bord de l’onde Où se mirent les cieux, Soleil, flambeau du monde, Je contemple tes jeux.

Seated at the edge of the waters In which the sky is reflected, O Sun, torch of the world, I watch your light at play.

Alors la solitude immense Révèle à mon cœur ses secrets ; J’écoute, loin des indiscrets, Ce que dit le silence.

Then the immense solitude Reveals to my heart its secrets; I listen, far from indiscreet ears, To what the silence says.


Déjà le jour succombe : Voici venir la nuit ; Son voile noir qui tombe Encor plus me séduit.

Already day is dying: Now night is falling; Its black veil, as it descends, Captivates me still more.

Minuit !… C’est l’heure où seul on pense, Où le vol d’un rêve léger Sans bruit, nous permet d’écouter Ce que dit le silence.

Midnight! It is the hour when one thinks alone, When the passage of a fleeting dream, Quite noiseless, enables one to hear What the silence says.

THÉODORE DUBOIS CHANSONS DE MARJOLIE 13 Sous le saule Louis de Courmont (1828-1900)

Under the Willow Tree

Sous le saule, en venant du pré, Un beau seigneur j’ai rencontré ; Il me prit par la main : « Ma mie, Quel est votre nom ? » me dit-il. Oh ! qu’il était gentil ! « Moi, je m’appelle Marjolie ! » Oh ! qu’il était gentil ! « J’aime votre nom, Marjolie, Vous êtes si jolie ! »

Under the willow tree, coming from the meadows, I met a handsome lord. He took me by the hand: ‘My dear, What is your name?’ he said to me. Oh, how kind he was! ‘My name is Marjolie!’ Oh, how kind he was! ‘I like your name, Marjolie, You are so pretty!’

« La blanche main que vous avez ! Point ne fanez, point ne lavez Avec cette main-là, ma mie ;

‘What a white hand you have! Don’t make hay, don’t do washing With that hand, my dear;


Elle est trop fine ! », me dit-il. Oh ! qu’il était gentil ! Je ne l’oublierai de ma vie : Oh ! qu’il était gentil ! « J’aime votre main, Marjolie, Vous êtes si jolie ! »

It’s too slender!’ he said to me. Oh, how kind he was! I will never forget him as long as I live: Oh, how kind he was! ‘I love your hand, Marjolie, You are so pretty!’

« Les beaux yeux bleus que vous avez, Lorsque sur moi vous les levez, Je me sens tout ému, ma mie… Pourquoi rougir ainsi ? » dit-il. Oh ! qu’il était gentil ! Je ne l’oublierai de ma vie : Oh ! qu’il était gentil ! « J’aime votre main, Marjolie, Vous êtes si jolie ! »

‘What beautiful blue eyes you have! When you raise them to look at me, I feel so stirred, my dear . . . Why do you blush like that?’ he said. Oh, how kind he was! I will never forget him as long as I live: Oh, how kind he was! ‘I love your hand, Marjolie, You are so pretty!’

« Quel frais sourire vous avez ! Depuis longtemps, vous le savez ! Sans doute vos galants, ma mie, Vous l’ont dit avant moi », dit-il. Oh ! qu’il était gentil, « Moi, je n’eus galant de ma vie. » Oh ! qu’il était gentil ! « Ne mentez-vous point, Marjolie ? Vous êtes si jolie !

‘What a fresh smile you have! You’ve known that for a long time! I’ve no doubt your sweethearts, my dear, Have told you so before me’, he said. Oh, how kind he was! ‘I’ve never had a sweetheart in my life.’ Oh, how kind he was! ‘Aren’t you lying, Marjolie? You are so pretty!’

‘I never lie.’ « Je ne mens point.  » Alors, passant ses bras sur mon cou frémissant : So, throwing his arms around my trembling neck:


« En ce cas, un baiser, ma mie ! Car voici le premier », dit-il. Oh ! qu’il était gentil ! Je ne l’oublierai de ma vie : Oh ! qu’il était gentil ! « Mon cœur est à vous, Marjolie,

Vous êtes si jolie ! »

‘In that case, a kiss, my dear! For this is the first’, he said. Oh, how kind he was! I will never forget him as long as I live: Oh, how kind he was! ‘My heart is yours, Marjolie,

You are so pretty!’

CAMILLE SAINT-SAËNS

14 Aimons-nous

Let us love

Théodore de Banville (1823-1891) Aimons-nous et dormons Sans songer au reste du monde ! Ni le flot de la mer, ni l’ouragan des monts, Tant que nous nous aimons Ne courbera ta tête blonde, Car l’amour est plus fort Que les Dieux et la Mort !

Let us love and sleep Without thinking of the rest of the world! Neither ocean wave nor mountain storm, So long as we love each other, Will bow your blonde head, For love is stronger Than the Gods and Death!

Le soleil s’éteindrait Pour laisser ta blancheur plus pure. Le vent, qui jusqu’à terre incline la forêt, En passant n’oserait Jouer avec ta chevelure, Tant que tu cacheras Ta tête entre mes bras !

The sun would cease to shine So as to leave your white skin all the purer, The wind that bends the forest to the ground, Would not dare, as it passes, To trifle with your hair, So long as you bury Your head in my arms!


Et lorsque nos deux cœurs S’en iront aux sphères heureuses Où les célestes lys écloront sous nos pleurs, Alors, comme des fleurs Joignons nos lèvres amoureuses, Et tâchons d’épuiser La Mort dans un baiser !

16 L’enlèvement

And when our two hearts Depart for those blest spheres Where celestial lilies will bloom under our tears, Then, like flowers, Let us join our loving lips, And try to exhaust Death in a kiss! The Abduction

Victor Hugo

Si tu veux, faisons un rêve : Montons sur deux palefrois ; Tu m’emmènes, je t’enlève. L’oiseau chante dans les bois.

If you like, let’s have a dream: Let us mount two palfreys; You take me, I abduct you. The bird sings in the woods.

Je suis ton maître et ta proie ; Partons ! C’est la fin du jour ; Mon cheval sera la joie, Ton cheval sera l’amour.

I am your master and your prey; Let’s go! It is the close of day; My horse will be joy, Your horse will be love.

Viens ! Nos doux chevaux mensonges Frappent du pied tous les deux, Le mien au fond de mes songes, Et le tien au fond des cieux.

Come! Our gentle, illusory horses Are both stamping the ground, Mine in the heart of my dreams And yours in the heart of the heavens.

Un bagage est nécessaire ; Nous emporterons nos vœux,

We’ll need some luggage; We’ll take our vows,


Nos bonheurs, notre misère Et la fleur de tes cheveux.

Our joys, our poverty And the flower in your hair.

Viens ! Le soir brunit les chênes ; Le moineau rit ; ce moqueur Entend le doux bruit des chaînes Que tu m’as mises au cœur.

Come! Evening shadows the oaks; The sparrow laughs; that sardonic bird Hears the sweet sound of the chains You have placed on my heart.

Ce ne sera point ma faute Si les forêts et les monts, En nous voyant côte à côte, Ne murmurent pas : « Aimons ! »

It won’t be my fault If the forests and mountains, Seeing us side by side, Don’t murmur: ‘Let us love!’

Allons-nous-en par l’Autriche ! Nous aurons l’aube à nos fronts ; Je serai grand, et toi riche, Puisque nous nous aimerons.

Let’s set off by way of Austria! We shall have the dawn on our brows; I shall be great, and you rich, Since we will love each other.

Allons-nous-en par la terre, Sur nos doux chevaux charmants, Dans l’azur, dans le mystère, Dans les éblouissements !

Let’s set off by land, On our gentle, charming horses, Amid the azure, amid mystery, Amid bedazzlements!

Tu seras dame, et moi comte ; Viens ! Mon cœur s’épanouit ; Viens ! Nous conterons ce conte Aux étoiles de la nuit.

You shall be a lady, and I a count; Come! My heart swells; Come! We’ll tell this tale To the stars of the night.


JEAN-PAUL-ÉGIDE MARTINI (1741-1816)

18 Plaisir d’amour

The Pleasure of Love

(orchestration d’Hector Berlioz) Jean-Pierre Claris de Florian (1755-1794) Plaisir d’amour ne dure qu’un moment, Chagrin d’amour dure toute la vie. J’ai tout quitté pour l’ingrate Sylvie ; Elle me quitte et prend un autre amant. Plaisir d’amour ne dure qu’un moment, Chagrin d’amour dure toute la vie.

The pleasure of love lasts but a moment, The sorrow of love lasts a whole lifetime. I abandoned all for ungrateful Sylvie; Now she leaves me and takes another lover. The pleasure of love lasts but a moment, The sorrow of love lasts a whole lifetime.

« Tant que cette eau coulera doucement Vers le ruisseau qui borde la prairie, Je t’aimerai », me répétait Sylvie. L’eau coule encor ; elle a changé pourtant. Plaisir d’amour ne dure qu’un moment, Chagrin d’amour dure toute la vie.

‘So long as this water flows gently Towards the stream that runs along the meadow, ‘I will love you’, Sylvie told me. The water still flows, yet she has changed. The pleasure of love lasts but a moment, The sorrow of love lasts a whole lifetime.

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Arsenal / Cité musicale-Metz C’est dans ce lieu prestigieux que s’est déroulé cet enregistrement en mars 2018. Avec l’Arsenal, réinventé par Ricardo Bofill dans un ancien arsenal militaire du XIXe siècle, Metz offre à l’Europe l’une des plus belles salles dédiées à la musique. La Grande Salle en constitue l’élément majeur – 1350 places encadrent la scène et les artistes. Des frontons, pilastres, colonnes de bois, hêtre clair et sycomore griffés de lignes de laiton doré, enrichissent l’acoustique et suscitent une atmosphère d’extrême harmonie. Ouvert à toutes les musiques, l’Arsenal l’est aussi à toute la danse, à toutes les cultures. Un public éclectique y croise les plus grands artistes du moment. citemusicale-metz.fr It was in this prestigious setting that this recording was made in March 2018. With the Arsenal, reinvented by Ricardo Bofill in 1989 in a former military arsenal of the nineteenth century, Metz offers Europe one of the finest concert halls that this genius of modern architecture and acoustics has produced. The Main Auditorium constitutes the principal element - 1350 seats surround the stage and the artists. Pediments, pilasters, wooden columns, light beech and sycamore stamped with lines of gilded brass, enrich the acoustic and create an atmosphere of great harmony. The Arsenal is open to every kind of music, but also to every kind of dance and every kind of culture. An extremely diversified audience encounters the world’s finest artists there. citemusicale-metz.fr Diese Aufnahme entstand im März 2018 im großen Saal des renommierten Arsenal in Metz. L’Arsenal wurde 1989 von Ricardo Bofill aus einem alten Militärarsenal aus dem 19. Jahrhundert gestaltet und bildet eine ideale Synthese von moderner Architektur und Musik. Das Prunkstück ist zweifellos der große Saal mit einer Kapazität von 1350 Personen. Friese, Wandpfeiler und Holzsäulen, Verkleidungen aus Buche und Sykomore mit eingelegtem vergoldetem Messingdraht bereichern die Akustik und hüllen Musiker und Publikum in eine harmonische Atmosphäre. L’Arsenal ist allen Musik- und Tanzstilen aus den verschiedensten Kulturen gleichermaßen verpflichtet und bildet einen idealen Begegnungsort für ein bunt gemischtes Publikum und Künstlerinnen und Künstlern aus der ganzen Welt. citemusicale-metz.fr


LE PALAZZETTO BRU ZANE – CENTRE DE MUSIQUE ROMANTIQUE FRANÇAISE Le Palazzetto Bru Zane – Centre de musique romantique française a pour vocation de favoriser la redécouverte du patrimoine musical français du grand XIXe siècle (1780-1920) en lui assurant le rayonnement qu’il mérite. Installé à Venise, dans un palais de 1695 restauré spécifiquement pour l’abriter, ce centre est une réalisation de la Fondation Bru. Il allie ambition artistique et exigence scientifique, reflétant l’esprit humaniste qui guide les actions de la fondation. Les principales activités du Palazzetto Bru Zane, menées en collaboration étroite avec de nombreux partenaires, sont la recherche, l’édition de partitions et de livres, la production et la diffusion de concerts à l’international, le soutien à des projets pédagogiques et la publication d’enregistrements discographiques. THE PALAZZETTO BRU ZANE – CENTRE DE MUSIQUE ROMANTIQUE FRANÇAISE The vocation of the Palazzetto Bru Zane – Centre de musique romantique française is to favour the rediscovery of the French musical heritage of the years 1780-1920 and obtain international recognition for that repertory. Housed in Venice in a palazzo dating from 1695, specially restored for the purpose, the Palazzetto Bru Zane – Centre de musique romantique française is an emanation of the Fondation Bru. Combining artistic ambition with high scientific standards, the Centre reflects the humanist spirit that guides the actions of that foundation. The Palazzetto Bru Zane’s main activities, carried out in close collaboration with numerous partners, are research, the publication of books and scores, the production and international distribution of concerts, support for teaching projects, and the production of recordings. DER PALAZZETTO BRU ZANE – CENTRE DE MUSIQUE ROMANTIQUE FRANÇAISE Der Palazzetto Bru Zane – Centre de musique romantique française – hat es sich zur Aufgabe gemacht, französischen Musikschätzen des 19. Jahrhunderts (1780-1920) wieder zu gebührender Ausstrahlung zu verhelfen. Sein Sitz ist in Venedig in einem von der Stiftung Bru für seine Zwecke restaurierten Palazzetto aus dem Jahr 1695. Er vereint künstlerischen Ehrgeiz mit wissenschaftlichem Anspruch im humanistischen Geist der Stiftung Bru. Im Zentrum seiner Arbeit stehen in Zusammenarbeit mit internationalen Institutionen Forschungsarbeit, Herausgabe von Partituren und Büchern, Organisation internationaler Konzerte sowie die Förderung pädagogischer Projekte und CD-Produktionen. BRU-ZANE.COM

Bru Zane Classical Radio – the French Romantic music webradio: classicalradio.bru-zane.com Bru Zane Mediabase – digital data on nineteenth-century French repertory: bruzanemediabase.com


Nous remercions chaleureusement pour l’enregistrement et les concerts : Jean-Luc Choplin, Sabine Vatin, Florence Alibert, Michèle Paradon, Antoine Pecqueur, Hein Mulders, Marie Babette Nierenz, Patrick Foll, Patrick Marco et les équipes de la Seine Musicale, de l’Arsenal-Cité Musicale de Metz, de la MC2 de Grenoble, de la Philharmonie d’Essen, du Théâtre de Caen et du Conservatoire Jean-Baptiste Lully de Puteaux ; pour avoir rendu possible ce projet : Alexandre Dratwicki, Baptiste Charroing et toute l’équipe du Palazzetto Bru Zane – Centre de musique romantique française ; pour leur soutien à l’orchestre : la Caisse des Dépôts, la Fondation Orange, le fonds de dotation Françoise Kahn-Hamm, la Banque de France et les 27 mécènes particuliers membres du Club Olympe.

RECORDED in march 2018 at arsenal-cité musicale de metz (france) nicolas bartholomée recording producer, mixing & mastering maximilien ciup sound engineer charles johnston english TRANSLATION silvia berutti-ronelt german TRANSLATION valérie lagarde & aline lugand-gris souris design & artwork sandrine expilly cover image hugo warynski inside photos christian legay inside photo (p.56) Palazzetto bru zane alexandre dratwicki musicological dIRECTOR sébastien troester head of musical editions rosa giglio artistic COORDINATOR camille merlin EDITORIAL COORDINATOR ALPHA CLASSICS DIDIER MARTIN DIRECTOR LOUISE BUREL PRODUCTION AMÉLIE BOCCON-GIBOD EDITORIAL COORDINATOR ALPHA 445 P le concert de la loge & palazzetto bru zane & Alpha Classics / Outhere Music France 2019 C Alpha Classics / Outhere Music France 2019

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