L’OPÉRA DES OPÉRAS
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AIR « Règne toujours… » La Princesse
JEAN-PHILIPPE RAMEAU (1683-1764)
AIR LENT ET GRACIEUX
0’58
0’58
Hippolyte et Aricie (1733)
AIR « Espoir, unique bien… » La Reine magicienne
ANDRÉ CAMPRA (1660-1744) Achille et Déidamie (1735)
JEAN-PHILIPPE RAMEAU
CHŒUR « Timbales et trompettes… »
1’44
DUO « Volez, jeune héros, volez dans les combats… » La Princesse et la Reine magicienne
JEAN-PHILIPPE RAMEAU AIR POUR MARS ET CHARGE MILITAIRE
2’07
2’07
0’52
Énée et Lavinie (1758)
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AIR ET CHŒUR « Dieu, grand dieu, sois sensible… » La Reine magicienne LE CHŒUR « Quel bruit affreux se fait entendre… »
Les Fêtes de Polymnie (1745)
Le Temple de la Gloire (1746)
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1’53
ANTOINE DAUVERGNE (1713-1797) Les Amours de Tempé (1752) Hercule mourant (1761)
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2’23
Les Fêtes d’Hébé (1739)
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Dardanus (1744)
AIR « Hâtons-nous ; courons à la gloire… » Le Prince
ANDRÉ CAMPRA Achille et Déidamie (1735)
10 PRÉLUDE
JEAN-PHILIPPE RAMEAU
7
2’52
Les Fêtes d’Hébé (1739) PANTOMIME
9
TOUSSAINT BERTIN DE LA DOUé (1680-1743)
Le Carnaval du Parnasse (1749)
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3’38
Le Jugement de Pâris (1718)
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OUVERTURE
JEAN-JOSEPH CASSANéA DE MONDONVILLE
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JEAN-JOSEPH CASSANéA DE MONDONVILLE (1711-1772) Titon et l’Aurore (1752)
4
2’21 2’20
JEAN-PHILIPPE RAMEAU RÉCIT « Ce son brillant annonce la victoire… » La Princesse LE CHŒUR « Ô grandeur ! ô clémence… »
0’38 1’25
Les Fêtes d’Hébé (1739)
AIR ET CHŒUR « Éclatante trompette, annoncez… » La Reine magicienne
4’26
FRANÇOIS COLIN DE BLAMONT (1690-1760) Les Fêtes grecques et romaines (1723)
16 DUO « Aimons-nous… »
La Princesse et le Prince 1’24 3
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RÉCIT « Je vous entends… » La Reine magicienne
RÉCIT ET AIR « Tout est prêt… » La Reine magicienne
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2’55
JEAN-MARIE LECLAIR (1697-1764) Scylla et Glaucus (1746) 2’00
2’16
JEAN-BAPTISTE STUCK (1680-1755) Méléagre (1709) 0’45
RÉCIT ET CHŒUR « Du flambeau de la nuit… » La Reine magicienne
0’53
TEMPÊTE Le Prince
2’51
Pyrame et Thisbé (1726)
3’29
2’19
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FRANÇOIS FRANCŒUR ET FRANÇOIS REBEL RÉCIT « Tout ce que j’adorais… » La Princesse
Le Carnaval de Venise (1699)
29 AIR « Mes yeux, fermez-vous à jamais… »
2’57
MICHEL PIGNOLET DE MONTéCLAIR Jephté (1732)
30 RÉCIT ET CHŒUR « Quels pleurs… » 31 PRÉLUDE 32
1’19
ANDRÉ CAMPRA
0’41 0’36
CHARLES-HUBERT GERVAIS (1671-1744) Hypermnestre (1716) SCÈNE ET DUO « Je vous revois, princesse… » Le Prince, la Princesse
4’31
JEAN-BAPTISTE LULLY (1632-1687) Armide (1686)
33 PASSACAILLE
JEAN-PHILIPPE RAMEAU Dardanus (1744)
AIR « Lieux funestes… » Le Prince
Callirhoé (1773)
MARIN MARAIS (1656-1728) Alcyone (1706)
La Reine magicienne
ANDRÉ CARDINAL DESTOUCHES (1672-1749) ET ANTOINE DAUVERGNE
27 ENTRACTE 1’34
JEAN-MARIE LECLAIR Scylla et Glaucus (1746)
Les Muses (1703)
3’21
ANDRÉ CAMPRA
26 RÉCIT « Il n’est plus… »
MARC-ANTOINE CHARPENTIER (1643-1704) Médée (1693)
22 PRÉLUDE
0’56
FRANÇOIS FRANCŒUR (1698-1787) ET FRANÇOIS REBEL (1701-1775)
20 AIR « Quel prix de mon amour… » La Reine magicienne 21 AIR ET CHŒUR « Noires filles du Styx… » La Reine magicienne
Scanderberg (1735)
19 PRÉLUDE
JEAN-PHILIPPE RAMEAU Hippolyte et Aricie (1733)
Le Prince
8’29
74’10
Total Time:
Programme conçu par Benoît Dratwicki, directeur artistique du Centre de musique baroque de Versailles Quito Gato 5
L’OPÉRA ROYAL DE VERSAILLES ROYAL OPERA HOUSE OF VERSAILLES La construction de l’Opéra de Versailles marque l’aboutissement de près d’un siècle de projets : car, s’il n’a été édifié qu’à la fin du règne de Louis XV, il a été prévu dès 1682, date de l’installation de Louis XIV à Versailles. Le Roi, en effet, avait chargé Hardouin-Mansart et Vigarani de dresser les plans d’une salle des ballets, et l’architecte en avait réservé l’emplacement à l’extrémité de l’aile neuve. Les travaux de gros œuvre furent commencés dès 1685, mais furent vite interrompus en raison de guerres et des difficultés financières de la fin du règne. Louis XV, à son tour, recula longtemps devant la dépense, de sorte que, pendant près d’un siècle, la cour de France dut se contenter d’une petite salle de comédie aménagée sous le passage des Princes. C’est seulement en 1768 que le Roi, en prévision des mariages successifs de ses petits-enfants, se décida enfin à donner l’ordre de commencer les travaux à son Premier architecte, Gabriel. Ceux-ci furent poussés activement et l’Opéra, achevé en vingttrois mois, fut inauguré le 16 mai 1770, jour du mariage du Dauphin avec l’archiduchesse Marie Antoinette, avec une représentation de Persée de Quinault et Lully. Depuis septembre 2009, l’Opéra Royal de Versailles, restauré après 13 millions d’euros de travaux de mise en sécurité, a réouvert au public. Château de Versailles Spectacles y propose une programmation lyrique, musicale et chorégraphique tout au long de la saison. Cecilia Bartoli, Natalie Dessay, Bryn Terfel, Roberto Alagna, Philippe Jaroussky, Atys dirigé par William Christie, y côtoient Angelin Preljocaj, le Ballet de Vienne, Marc Minkowski, Raphaël Pichon, Rolando Villazón ou Sir John Eliot Gardiner.
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The construction of the Opera House at Versailles marked the culmination of nearly a century of projects: for although the auditorium was built only at the end of Louis XV’s reign, it had been planned as early as 1682, when Louis XIV first set up court at Versailles. The king had entrusted Hardouin-Mansart and Vigarani with the task of designing a Salle des Ballets, and the architect had reserved a site for this purpose at the far end of the new wing. Work began on the shell in 1685, but was soon interrupted because of the wars and financial difficulties of the end of the reign. Louis XV also shrank for a long time the costs involved, so that for nearly a century the French court had to be content with a small theatre (Salle de la Comédie) built beneath the Passage des Princes. It was only in 1768 that the King, in preparation for the successive marriages of his grandchildren, decided at last to order the commencement of building work to his leading architect, Gabriel. This was actively pursued, and the Opera House, completed in twenty-three months, was inaugurated on 16 May 1770, the day of the Dauphin s marriage to the Archduchess Marie-Antoinette, with a performance of Quinault and Lully s Persée. Since September 2009, the Royal Opera House in Versailles, after restoration work costing 13 million euros to bring it up to safety standards, has once again been open to the public. Château de Versailles Spectacles presents a programme of opera, vocal and instrumental music, and dance throughout the season. Cecilia Bartoli, Natalie Dessay, Bryn Terfel, Roberto Alagna, Philippe Jaroussky, Atys conducted by William Christie rub shoulders with Angelin Preljocaj, the Vienna Ballet, Marc Minkowski, Raphaël Pichon, Rolando Villazón or Sir John Eliot Gardiner. Château de Versailles Spectacles Catherine Pégard, Présidente Laurent Brunner, Directeur/Manager chateauversailles-spectacles.fr 8
ORCHESTRE
Katherine Watson La Princesse soprano Karine Deshayes La Reine magicienne mezzo-soprano Reinoud Van Mechelen Le Prince haute-contre LE CONCERT SPIRITUEL Chœur et orchestre Hervé Niquet direction
VIOLONS 1 Benjamin Chénier (1er violon) Florence Stroesser Yannis Roger Tiphaine Coquempot Nathalie Fontaine Satryo Aryobimo Yudomartono (PSPBB)* Bernadette Charbonnier VIOLONS 2 Bérengère Maillard Matthieu Camilleri Andrée Mitermite Yuna Lee (CRR)* Myriam Cambreling Maya Enokida (CRR)* Sandrine Dupé ALTOS 1 Alain Pégeot Maialen Loth (CRR)* Marie-Liesse Barau ALTOS 2 Géraldine Roux, Youn Young Kim (CRR)* Benjamin Lescoat VIOLONCELLES Tormod Dalen** Julie Mondor Annabelle Luis Victor Meriaux (PSPBB)* Nils de Dinechin Lena Torre (CRR)*
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CONTREBASSES Luc Devanne Marie-Amélie Clément FLÛTES Alexis Kossenko François Nicolet HAUTBOIS Héloïse Gaillard Luc Marchal Xavier Miquel Nathalie Petibon BASSONS Nicolas André Anaïs Ramage Stéphane Tamby Amélie Boulas TROMPETTE Jean-Baptiste Lapierre CLAVECIN Elisabeth Geiger** TIMBALES Isabelle Cornélis
Réalisé avec la participation d’étudiants des départements de musique ancienne du Conservatoire à rayonnement régional de Paris et du Pôle Supérieur d’enseignement artistique Paris Boulogne Billancourt dans le cadre du partenariat de formation et d’insertion professionnelle avec Le Concert Spirituel ** Continuo *
CHŒUR SOPRANOS Julia Beaumier Gwenaëlle Clemino Aude Fenoy Alice Glaie Lucie Niquet Marie-Pierre Wattiez HAUTE-CONTRES Damien Brun Damien Ferrante Lancelot Lamotte Clément Debieuvre Marc Scaramozzino TAILLES Gauthier Fenoy Nicolas Maire Pierre Perny Benoît Porcherot Pascal Richardin BASSES Simon Bailly Benoît Descamps Sydney Fierro François Joron Rigoberto Marin Polop Guillaume Olry
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Rien de plus naturel aux XVIIe et XVIIIe siècles que d’assembler une anthologie de pièces issues de différentes œuvres et auteurs pour en faire un ouvrage le temps d’une soirée. C’est une pratique sortie des habitudes aujourd’hui, cependant vous connaissez mon attrait pour les choses un peu désuètes et hors des sentiers battus.
Cet « Opéra des opéras », objet non identifié, vraie reconstitution « baroque » de nos trente ans, a été reçu comme un feu d’artifice coloré par le public. De l’idée de recréer une œuvre royale avec les airs des compositeurs appréciés de Louis XIV, qui n’était évidemment pas sans nous déplaire, nous sommes allés redonner voix à des pages inédites, inconnues, que nous n’entendrons peut-être jamais plus. Mais notre directeur de label, qu’allait-il faire de cet objet de bric et de broc ?
Notre histoire était pourtant des plus simples : un jeune premier, bellâtre courageux, qui aime une princesse des plus charmantes, mais une méchante sorcière, jalouse de cette idylle, cherche par tous les moyens à nuire à notre duo. Mais bon sang ! C’est bien sûr ! Il s’agit exactement des ingrédients d’une série américaine qui berça les jeudis après-midi de ma jeunesse : Ma Sorcière bien aimée ! J’imaginais déjà une couverture avec la photo du trio adoré et la montrais à notre éditeur : éclat de rire général dans les bureaux. Katherine alias Samantha, Karine devenue Endora et Reinoud transformé en Jean-Pierre Stevens ont l’habitude maintenant de mes folies et n’ont pas pris ombrage de cette comparaison. Voyez comme les éléments de l’opéra sont simples ! Tout ceci n’est qu’histoires d’amour finalement, et avec Le Concert Spirituel une histoire qui dure depuis 30 ans. Alors vive le pastiche et Ma Sorcière bien aimée. Hervé Niquet
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SYNOPSIS Ouverture Une place publique, baignée des premiers rayons de l’Aurore. La princesse chante la victoire de l’amour sur son cœur : elle aime le prince et en est aimée. Pourtant, une tendre nostalgie s’empare d’elle et la laisse rêveuse. Mais sa confiance en son amant l’emporte, et rend à son âme la paix et le bonheur. La reine magicienne, sa rivale, paraît ; elle aussi est éprise du prince, mais ne sait pas qu’il en aime une autre. Un espoir teinté d’inquiétude l’anime et la tourmente. Le peuple entre en foule, entourant son prince ; tous l’engagent à partir combattre pour protéger le royaume contre des assaillants et un monstre qui le menacent. Animé d’une ardeur guerrière, il répond à leur appel avec vigueur et détermination. La princesse et la reine unissent leurs voix, qui accompagnent le départ du héros. Elles lui promettent une victoire rapide. Dans le lointain, des bruits d’évolutions et de charges militaires se font entendre. Mais ils se changent bientôt en sons moins belliqueux qui font douter de l’issue du combat. À la tête du peuple, la reine implore Jupiter de protéger les troupes. Une marche grave et recueillie accompagne la présentation d’offrandes. L’écho lointain des combats ravive d’un coup l’inquiétude du peuple. Soudain, des sons brillants les rassure. À n’en pas douter, c’est la victoire du prince que l’on peut célébrer. Le peuple rend hommage au héros victorieux du monstre et clément avec les rebelles vaincus. Dans un mouvement d’enthousiasme collectif, la reine et les peuples chantent la victoire. Le prince et la princesse, tout à la joie de se revoir, évoquent enfin publiquement leur amour. La surprise qui frappe la reine se mue aussitôt en menaces terribles. Tous l’abandonnent tandis qu’elle écume de rage. Restée seule, elle se promet une vengeance affreuse.
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La scène est transportée sur un rivage aux abords d’un palais. Une tempête terrible agite les eaux ; les vaisseaux sombrent, la rive est dévastée ; le prince voit mourir ses proches et croit perdre la princesse avec eux. Seul sur la rive désormais déserte, il déplore son malheur et perd connaissance. La reine vient constater l’ampleur de sa vengeance ; mais voyant le prince étendu et inerte, elle le croit mort avec les autres. Des remords l’assaillent, elle est prise de démence et se jette dans les flots. La princesse, qui a survécu à la tempête, paraît hagarde, tremblante et agitée de sanglots, au milieu de quelques compagnes fidèles. Elle ne voit pas le prince, évanoui en contrebas. Elle se lamente d’avoir perdu à jamais celui qu’elle aimait passionnément, et se décide à mourir elle aussi. Ses soupirs et ses larmes se mêlent dans une prière de la plus grande intensité. Avant de mourir, elle console ses compagnes attristées. Réveillé par de si tendres accents, le prince s’approche. Les deux amants se retrouvent avec des transports de joie et de tendresse : ils chantent la victoire de leurs sentiments. Les peuples se réunissent autour d’eux et manifestent leur bonheur par des danses et des chants. Les rivages auparavant désolés refleurissent ; les nuages se dissipent ; le soleil éclaire de sa douce clarté le triomphe de l’amour.
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FRANçAIS español FRANçAIS
Centre de musique baroque de Versailles
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La reine se lamente sur son sort, d’autant que c’est elle, par ses pouvoirs magiques, qui a permis au prince de triompher du monstre. Elle invoque les Parques et les divinités infernales ; tous paraissent à sa voix. Ils s’assemblent autour d’elle en attendant ses ordres. La Lune elle-même interrompt sa course tandis que la déesse Hécate sort des Enfers pour présider à une vengeance exemplaire. S’il ne peut aimer la reine, le prince doit mourir.
L’Opéra des opéras Par Benoît Dratwicki
Depuis leur création en 1987, le Centre de musique baroque de Versailles et Le Concert Spirituel collaborent avec passion et engagement à la redécouverte et à la valorisation du patrimoine musical français des XVIIe et XVIIIe siècles, ressuscitant des pans entier du répertoire sacré (Lully, Gilles, Desmarest, Charpentier, Bouteiller, Rameau…), mais aussi de nombreux chefsd’œuvre du théâtre lyrique, parmi lesquels Proserpine de Lully, Médée de Charpentier, Le Carnaval de Venise de Campra, Sémélé de Marais, Callirhoé de Destouches, Daphnis et Chloé et Don Quichotte chez la duchesse de Boismortier, Persée de Lully (version 1770), Andromaque de Grétry ou La Toison d’or de Vogel. En 2017, à l’occasion de leurs 30 ans respectifs, les deux partenaires se sont associés pour imaginer une proposition musicale atypique, témoignant de cette complicité intellectuelle et artistique, mais aussi d’une détermination à poursuivre ensemble l’exploration du répertoire français, dont il reste tant à redécouvrir.
DEUTSCH
Prélude Une grotte sombre dans des collines écartées.
En 1671, Louis XIV avait demandé à Lully d’imaginer un Ballet des ballets constitué d’extraits de la trentaine de ballets du compositeur qu’il avait auparavant dansés devant la Cour, et dont il souhaitait rappeler le souvenir à tous. En 1629 était déjà parue une Comédie des comédies… Restait donc à imaginer un « Opéra des opéras », puisant dans l’immense répertoire de l’Académie royale de musique de quoi constituer un pastiche à la gloire de ce genre français majeur. Si la pratique peut sembler originale aujourd’hui – et même sacrilège ! –, elle était bien plus fréquente à l’époque : l’Opéra, pourtant détenteur d’un riche fonds, réalisa à maintes
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C’est en s’appuyant sur ce même principe que cet « Opéra des opéras », a été imaginé. Une trentaine d’extraits, faisant voisiner le grand répertoire et des raretés – voire des inédits absolus – a été rassemblés pour créer une intrigue autour de trois archétypes du répertoire de l’époque, avec un minimum d’adaptation et de retouche des textes. Une princesse amoureuse, une reine magicienne – sa rivale – et un prince valeureux se partagent la scène : la première se pâme secrètement et subit ses maux avec résignation ; la seconde aime sans retour et fulmine de rage et de jalousie ; le dernier claironne son amour et sa valeur au son des tambours et des trompettes. Toutes les scènes obligées de l’opéra baroque français sont illustrées tour à tour selon les règles de l’art : combat, tempête, sorcellerie, duos d’amour, invocation religieuse,
Plusieurs extraits de cet Opéra imaginaire font écho au travail réalisé par Hervé Niquet et son ensemble depuis 30 ans : on retrouvera avec plaisir une nouvelle version de quelques pages de Médée ou du Carnaval de Venise. Mais ce pastiche permet surtout au chef d’enregistrer (enfin !) pour la première fois, des pièces maîtresses du répertoire, comme la passacaille d’Armide ou la tempête d’Alcyone. Il donne surtout envie de réveiller tant d’autres belles endormies qui attendent leur tour sur les rayonnages de nos bibliothèques.
FRANçAIS español
sommeil... Les airs virtuoses, les ballets chatoyants et les grands chœurs d’apparat sont signés Lully et Rameau, bien sûr, mais aussi Campra, Marais, Bertin de La Doué, Destouches, Stück, Gervais, Colin de Blamont, Rebel, Francœur, Montéclair, Leclair ou Dauvergne…
FRANçAIS
reprises de tels pastiches pour le plus grand plaisir du public. En 1702, on présenta ainsi des Fragments de Mr de Lully qui connurent un tel succès qu’ils furent rejoués en 1708 ; on y entendait, pêle-mêle, des extraits du Ballet des Muses, du Ballet de la Naissance de Vénus, du Ballet des Amours déguisés, du Ballet d’Alcidiane, du Temple de la Paix, du Bourgeois gentilhomme, des Jeux pythiens, de La Princesse d’Élide… et même un arrangement vocal des Trios pour la Chambre du Roi. En 1708, on y ajouta un air tiré d’Alcyone de Marais, une cantate et une grande scène composées par Campra. En 1704, Télémaque, fragments des modernes, compilé et « mis au théâtre par les soins de Monsieur Campra », fit entendre les plus belles pages d’œuvres créées peu de temps avant : Astrée, Énée et Lavinie et Canente de Colasse, Médée de Charpentier, Les Fêtes galantes et Circé de Desmarest, Ariane et Bacchus de Marais, Le Carnaval de Venise et Aréthuse de Campra... Le tout était lié par des récitatifs composés par Campra, les textes originaux étant largement retouchés pour donner de la cohérence à l’intrigue. Les Nouveaux fragments présentés en 1729 furent quant à eux intégralement dédiés à Campra, dont on entendit des extraits des Amours de Mars et de Vénus, de La Fête marine, de la Pastorale, de La Sérénade et des Joueurs.
DEUTSCH
english
Le voisinage de toutes ces pages témoigne de la permanence et de la cohérence du style français imaginé par Lully et cultivé pendant plus de 100 ans par cinq générations de compositeurs. Même écrites à un demi-siècle de distance, les pages ne s’entrechoquent pas, mais entrent au contraire en résonnance. Car la justesse de la déclamation, le sens du théâtre et de la pulsation chorégraphique, le goût du coloris harmonique et orchestral, sont autant d’éléments qui caractérisent dans l’ensemble tous les auteurs français de cette époque. Et, si le génial Rameau se démarque par un souffle puissant et des audaces qui n’appartiennent qu’à lui, on ne peut que s’incliner devant l’art raffiné et les discrètes étincelles de génie d’un Marais, d’un Campra, d’un Montéclair ou d’un Leclair. Même chez les plus rares Bertin de La Doué, Stuck ou Dauvergne, l’inventivité ne fait jamais défaut et le discours se voit systématiquement rehaussé de trouvailles convaincantes.
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HERVÉ NIQUET
tout à la fois claveciniste, organiste, pianiste, chanteur, compositeur, chef de chœur et chef
d’orchestre, hervé niquet est l’une des personnalités musicales les plus inventives de ces dernières années, reconnu notamment comme un spécialiste éminent du répertoire français de l’ère baroque à claude debussy.
il crée le concert spirituel en
1987 avec pour ambition de faire revivre le grand motet français. en
trente ans, la formation s’est imposée comme une référence incontournable dans l’interprétation du répertoire baroque.
dans le même esprit et postulant qu’il n’y a qu’une musique française sans aucune rupture tout au
long des siècles, hervé niquet dirige les grands orchestres internationaux avec lesquels il explore
les répertoires du xixe siècle et du début du xxe siècle. son esprit pionnier dans la redécouverte des œuvres de cette période l’amène à participer à la création du palazzetto bru zane
– centre de musique romantique française à venise en 2009, avec lequel il mène à bien de nombreux projets.
hervé niquet est directeur musical du chœur de la radio flamande et premier chef invité du brussels philharmonic. sous sa direction, ces deux formations sont très impliquées dans la collection dis-
cographique des cantates du prix de rome sous l’égide du palazzetto bru zane, ainsi que des opéras inédits. sa démarche comprend aussi une grande implication personnelle dans des actions pédago-
giques auprès de jeunes musiciens (académie d’ambronay, jeune orchestre de l’abbaye aux dames,
LE CONCERT SPIRITUEL
le concert spirituel fut la première société de concerts privés en france. fondée au xviiie siècle, elle s’éteint avec la révolution française. son nom est repris par hervé niquet lorsqu’il fonde son ensemble sur instruments anciens en
1987, dans
le but de faire revivre les grandes œuvres du
répertoire français jouées à la cour de versailles.
l’ensemble est aujourd’hui l’un des plus prestigieux orchestres baroques français, invité chaque
année au théâtre des champs-élysées, à la philharmonie de paris et au château de versailles ainsi que dans les plus grandes salles internationales comme le concertgebouw d’amsterdam, le palais
des beaux-arts de bruxelles, l’opéra de tokyo, le barbican, le wigmore hall ou le royal albert hall de londres.
à l’origine de projets ambitieux et originaux depuis sa fondation, l’ensemble s’est spécialisé dans
l’interprétation de la musique sacrée française, se consacrant parallèlement à la redécouverte d’un patrimoine lyrique injustement tombé dans l’oubli
:
andromaque de grétry, callirhoé de
destouches, proserpine de lully, sémélé de marais, le carnaval de venise de campra, sémiramis de catel, la toison d’or de vogel, les mystères d’isis de mozart et encore les fêtes de l’hymen et de l’amour de rameau.
– edison award, echo klassik –, le concert spirituel enregistre, depuis 2015,
largement récompensé pour ses productions et enregistrements award et grand prix de l’académie charles cros
schola cantorum, conservatoire national supérieur de musique et de danse de lyon, mcgill university
exclusivement chez alpha classics. ont déjà paru don quichotte chez la duchesse de boismortier
2016, l’enregistrement d’herculanum de félicien david s’est vu attribuer un echo klassik. avec le disque visions (chez alpha classics), hervé niquet et véronique gens ont reçu de nombreuses récompenses en france et à l’étranger (élu recording of the year 2018 par icma et best recording – solo recital 2018 par les international opera awards). hervé niquet est chevalier de l’ordre national du mérite et commandeur des arts et lettres.
et magnificat de vivaldi, les requiem de cherubini et plantade, persée de lully (version
à montréal, etc.). en
(dvd, collection château de versailles) et cinq programmes discographiques réunissant les gloria 1770, le messie de haendel (version 1754) ainsi que la missa si deus pro nobis et le magnificat de benevolo. concertspirituel.com le concert spirituel est subventionné par le ministère de la culture et la ville de paris. le concert spirituel
remercie les mécènes de son fonds de dotation, en particulier le groupe sma, mécène de la grande production lyrique de la saison, ainsi que les mécènes individuels de son
« carré des muses ». le concert spirituel bénéficie du soutien de
ses grands mécènes : mécénat musical société générale et la fondation bru.
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katherine watson soprano
de salzbourg, le teatro real de madrid (adalgisa dans norma), le liceu de barcelone (cendrillon
elle était choriste boursière. après avoir terminé ses études, elle a trouvé une place dans le jardin
stephano), le san francisco opera (angelina). son vaste répertoire lui permet de se produire en
rissants, à travers l’europe et plus loin. elle a travaillé avec un certain nombre de chefs éminents,
viotti, daniele rustioni, josep pons, kurt masur, william christie, bruno campanella, roberto abbado
haïm, nicholas kraemer, stephen layton, sir roger norrington et christophe rousset. en
capuçon, nicholas angelich, dominique plancade, l’ensemble contraste, le quatuor borodine, le
katherine watson a étudié l’anglo-saxon, le norrois et le celtique à trinity college, cambridge, où
de massenet), le metropolitan opera de new york (siebel, isolier, nicklausse dirigé par james levine,
des voix de william christie, et depuis lors elle se produit régulièrement avec lui et les arts flo-
concert et en récital sous la direction de chefs tels qu’emmanuel krivine, david stern, lorenzo
dont paul agnew, harry bickett, harry christophers, stephen cleobury, jonathan cohen, emmanuelle
ou encore hervé niquet, ainsi qu’en récital avec des artistes tels que philippe cassard, renaud
2012, katherine s’est vu décerner le très convoité prix john christie de glyndebourne, apparaissant en fée/ nymphe dans the fairy queen sous la direction de laurence cummings, avant d’incarner diane dans hippolyte et aricie. elle a également chanté iphis (jephtha) avec opéra national de paris et au festival de beaune, une italienne/un fantôme (médée), virtù/damigella (l’incoronazione di poppea) au teatro real de madrid, giunone dans il ritorno d’ulisse in patria de monteverdi au théâtre des champs-élysées, miranda avec l’opéra-comique de paris, et amélite (zoroastre) avec le komische oper de berlin. sa discographie comprend l’oratorio de noël de bach (orchestra for the age of enlightenment, trinity college choir, dir. stephen layton), l’oratorio di santa caterina de marco marazolli (dir. erin headley), et un enregistrement hyperion de madrigaux de monteverdi avec arcangelo et jonathan cohen en 2014. en dvd, elle a enregistré cassandra (la didone, opus arte), virtù/damigella (poppea, emi), un songe/l’amour/une phrygienne (dardanus, harmonia mundi) et le rôle-titre de theodora (warner classics), sorti en janvier 2017.
karine deshayes mezzo-soprano
après avoir débuté sur scène dans la troupe de l’opéra de lyon, la carrière de karine deshayes
se développe rapidement sur les grandes scènes françaises et régulièrement à l’opéra de paris, où elle remporte de grands succès, entre autres dans les rôles rossiniens (angelina, rosina, elena), romeo (i capuleti e i montecchi), poppée (l’incoronazione di poppea), les rôles mozartiens
(cherubino, dorabella, donna elvira), charlotte (werther) ainsi que le rôle de carmen. elle aborde
les rôles-titres d’armida à l’opéra de montpellier, d’alceste à lyon et de semiramide à saint-
étienne. sa carrière s’ouvre également sur les grandes scènes étrangères, entre autres le festival
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quatuor ébène, le mahler chamber orchestra... pour la seconde fois, elle a remporté en victoire de la musique dans la catégorie artiste lyrique de l’année.
2016 la
reinoud van mechelen ténor
diplômé du conservatoire royal de bruxelles (classe de dina grossberger) en
2012, reinoud van 2017 le prestigieux prix caecilia du « jeune musicien de l’année ». en 2007, il se fait remarquer dans le cadre de l’académie baroque européenne d’ambronay, sous la direction d’hervé niquet. en 2011, il intègre « le jardin des voix » de william christie et paul agnew et devient soliste régulier des arts florissants. il collabore avec des ensembles tels que le concert spirituel, le collegium vocale, pygmalion, les talens lyriques… en 2014, il aborde l’evangéliste dans la passion selon saint jean de j. s. bach avec le royal liverpool philharmonic. en 2016/17, il fait ses débuts à l’opéra de zurich (jason dans médée de charpentier). il est également belmonte avec l’orchestre de chambre de paris, gérald (lakmé) avec l’orchestre de la radio bavaroise et se produit en concert avec l’ensemble qu’il vient de créer, a nocte temporis. il participe à la tournée anniversaire des 30 ans du concert spirituel, aborde le rôle-titre dans pygmalion de rameau à l’opéra de dijon puis fait ses débuts au théâtre royal de la monnaie (tamino dans la flûte enchantée) et au staatsoper berlin (hippolyte dans hippolyte et aricie sous la direction de sir simon rattle). en 2016 paraît erbarme dich, son premier cd solo (alpha classics), qui reçoit un « choc » de classica ainsi que le prix caecilia 2016 du meilleur enregistrement de l’année. en 2018 paraît cantates françaises de clérambault, son deuxième cd solo qui se voit décerner un « diapason d’or », « choc » de classica, un « diamant » d’opéra magazine et le « choix de france musique ». mechelen se voit décerner en
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In the 17th and 18th centuries, it was perfectly normal to put together an anthology of pieces from different works by different composers, to make up a full-length evening’s entertainment. This practice is no longer in vogue today: but you know my liking for things that are a bit passé, and off the beaten track…
This ‘Opera of operas’, this musical ‘unidentified object’, re-enacts our thirtyyear history in a genuinely baroque way: and audiences have greeted it like a flamboyant firework. Beginning with the not unwelcome idea of recreating a royal work using the vocal airs of composers favoured by Louis XIV, we had the further notion of reviving unpublished, unknown pieces that might never be heard again. What on earth was our record label director supposed to do with this assortment of odds and ends? Yet our story was one of the simplest: a young, handsome, courageous hero loves an utterly charming princess, but a wicked sorceress who is jealous of this idyll tries with all her might to destroy the couple. Ah… Of course - the identical ingredients of Bewitched, an American tv series that beguiled the Thursday afternoons of my childhood! I was already devising a CD sleeve with a photo of the three much-loved characters, and showing it to our editor to gales of laughter in the office… Katherine (alias Samantha), Karine (as Endora) and Reinoud (transformed into Darrin Stephens) – are acquainted with my eccentricities by now, and didn’t take offence at the comparison. And that is how simple the elements of opera really are - they’re all really just love stories, and the one with Le Concert Spirituel has lasted 30 years now. So long live the musical pastiche – and Bewitched. Hervé Niquet
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Synopsis Overture A public square, bathed in the first rays of Dawn. The princess sings of love’s victory over her heart: she is in love with the prince, and he with her. A tender nostalgia makes her pensive, but her trust in her lover wins over, bringing her peace and contentment. Her rival the witch queen appears: she too is in love with the prince, unaware that he loves another. She is encouraged but also tormented by a hope tinged with anxiety. The people crowd in, surrounding their prince, and declaring their readiness to go out to battle, in order to protect the kingdom against the onslaught of its enemies, and the menace of a predatory monster. Stirred up by martial zeal, the prince responds to their call with vigorous determination. The princess and the queen add voices of support as the hero departs, promising him a speedy victory. Distant sounds can be heard of troops rallying and attacking; then the hurly-burly dies down, making the battle’s outcome uncertain. Leading the people, the queen implores the god Jupiter to protect the army, and a slow and contemplative march accompanies the presentation of solemn offerings. Distant sounds of fighting reawaken the people’s anxieties, but they are reassured when suddenly triumphant fanfares are heard. No further doubt, the prince has been victorious: a cause for celebration. They pay homage to the prince, who has conquered the monster and shown mercy to the vanquished rebels. Caught up in the general excitement, queen and people sing a hymn of victory. The prince and princess, overjoyed to see one another again, at last openly declare their love. The queen’s surprised shock soon turns to dire threats. All leave her as she fumes with rage; remaining alone, she vows a dreadful revenge.
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A dark grotto in the remote mountains. The queen laments her fate, more so since it was she, aided by her magic powers, who enabled the prince to triumph over the monster. She calls upon the Fates and the infernal divinities, who all appear at her summons. They gather around her, awaiting her orders. The moon itself interrupts its course as the goddess Hecate emerges from Hell to preside over an exemplary act of vengeance. Since he does not love the queen, the prince must die. The scene changes to the seashore near a palace. A terrible storm lashes the waves; ships sink, and the shore is devastated by the tempest. The prince sees his companions perish, and assumes the princess too must have lost her life. On the now deserted shore, after lamenting his fate he falls unconscious. The queen arrives to view the extent of her vengeance. Seeing the prince lying motionless, she believes him to have died with the others. Attacked by remorse, she becomes insane and throws herself into the waves. The princess, who has survived the storm, reappears surrounded by a few of her faithful companions. Distraught, trembling and shaken by sobs, she does not notice the prince, who is lying unconscious below her. She laments having lost for ever the man she passionately loved, and resolves that she too will die. Her sighs and tears mingle in an intensely fervent prayer. Before dying, she tries to console her saddened companions. Aroused by the tenderness in her voice, the prince appears before her. The two lovers are reunited with transports of joy and tenderness, and celebrate the victory of their love. The people gather around them, expressing their happiness in dance and song. The previously desolate shores flower again, the clouds are dispelled, and with its gentle light the sun shines on the triumph of love.
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Opera of Operas By Benoît Dratwicki
english
Prelude
Centre de musique baroque de Versailles
Since their foundation in 1987, the Centre of Baroque Music Versailles and the Concert Spirituel have cooperated with passionate commitment on the rediscovery and promotion of the French musical patrimony of the 17th and 18th centuries, not only reviving large areas of the sacred repertoire (Lully, Gilles, Desmarest, Charpentier, Bouteiller, Rameau, etc.) but also many operatic masterpieces, including Lully’s Proserpine, Charpentier’s Médée, Campra’s Le Carnaval de Venise, Sémélé by Marais, Callirhoé by Destouches, Daphnis et Chloé and Don Quichotte chez la duchesse both by Boismortier, Persée by Lully (the 1770 version), Andromaque by Grétry and La Toison d’or by Vogel. In 2017, for their thirtieth anniversary, the two partner organisations jointly devised a new kind of musical venture, one that shows their close intellectual and artistic cooperation as well as their joint resolve to continue exploring the French repertoire – so much of which still remains to be discovered. In 1671 Louis XIV asked Lully to devise a Ballet of ballets made up of extracts from the thirty or so ballets the composer had performed before the French Court, works that the King wished to recall to the public mind. In 1629 a theatrical Comedy of comedies had already appeared. The obvious next step was an ‘Opera of operas’, drawing on the immense repertoire of the l’Académie royale de musique in order to concoct a musical pastiche glorifying this important French art form. Though today the practice may seem unusual (even sacrilegious!) it was very frequent during the baroque period: despite the copious wealth of original operas, such pastiches were often put together for the greater delectation of the audience. In 1702, 29
Along these lines, we have devised this ‘Opera of Operas’, assembling around thirty extracts, with well-known masterpieces alongside rarities – some completely unknown and unpublished – while weaving a plot around three archetypal figures from the repertoire of the period, keeping the adaptation and retouching of texts to a minimum. The action is shared by a princess in love, a witch queen – her rival – and a valiant prince: the princess, secretly in love and enduring her sufferings with resignation; the witch queen, seeing her own passion for the prince unrequited, fuming with rage and jealousy; and the prince, who proclaims his love and his valour to the sound of trumpets and drums. All the requisite scenes of French baroque opera appear in turn, according to the rules of the genre: battle, tempest, sorcery, love duets,
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religious invocations, and sleep. Unsurprisingly, many of the virtuoso arias, dazzling ballets and imposing ceremonial choruses are by Lully and Rameau – but also by Campra, Marais, Bertin de La Doué, Destouches, Stück, Gervais, Colin de Blamont, Rebel, Francœur, Montéclair, Leclair and Dauvergne.
english
Fragments by Monsieur Lully had an immense success, leading to a revival in 1708; here, jumbled together, were extracts from Lully’s Ballet des Muses, the Ballet de la Naissance de Vénus, Ballet des Amours déguisés, Ballet d’Alcidiane, Le Temple de la Paix, Le Bourgeois gentilhomme, Jeux pythiens, La Princesse d’Élide, and even a vocal arrangement of his Trios pour la Chambre du roi. For the 1708 revival further pieces were added to the mix: an air from the Alcyone of Marais, as well as a cantata and an extended scene by Campra. In 1704, Télémaque, fragments from modern masters, was compiled and ‘curated for the theatre by Monsieur Campra’, including highlights from operas that had been quite recently premiered: Astrée, Énée et Lavinie and Canente, all by Colasse, Médée by Charpentier, Les Fêtes galantes and Circé by Desmarest, Ariane et Bacchus by Marais, as well as Le Carnaval de Venise and Aréthuse by Campra. The whole work was linked by recitatives composed by Campra, the original texts considerably retouched to give coherence to the plot; while the Nouveaux fragments (New fragments) presented in 1729 were exclusively by Campra, with extracts from his Amours de Mars et de Vénus, even entire acts: ‘La pastorale’ from Les Muses, and ‘La fête marine’ and ‘La sérénade et les joueurs’ from Les Fêtes Vénitiennes.
The close musical kinship of all these excerpts testifies to the durability and consistency of the French style as envisioned by Lully and cultivated for more than a hundred years by five generations of composers. Even where half a century intervenes between the musical scores, there is no sense of disjunction: on the contrary, they seem to resonate in sympathy. Precise declamation, a sense of the theatrical and of true choreographic rhythm, the taste for harmonic and orchestral colouring: these elements as a whole characterize all the French composers of the period. And even though the brilliant Rameau stands out as a powerful force, with daring innovations entirely his own, nonetheless we have to acknowledge the refined artistry and the discreetly displayed sparks of genius of such composers as Marais, Campra, Montéclair or Leclair. Even with the more rarely-heard Bertin de La Doué, Stuck ou Dauvergne, we find an unfailing inventiveness, with the operatic discourse constantly enhanced by substantial new discoveries. Several of the excerpts in this Imaginary Opera reflect thirty years of work produced by Hervé Niquet and his ensemble: one of the delights to be found here is their new interpretation of some scenes from Médée and Le Carnaval de Venise. More importantly, this pastiche of operatic miscellanea finally gives the conductor the opportunity to record, for the first time, masterpieces such as the passacaglia from Armide and the storm from Alcyone. Above all, it prompts the urge to reawaken all the other sleeping beauties patiently reposing on the dusty shelves of our libraries.
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HERVÉ NIQUET
le concert spirituel
is one of the most inventive musical personalities of recent years. he is acknowledged, notably, as
eighteenth century and disappeared at the time of the french revolution. hervé niquet chose to take
harpsichordist, organist, pianist, singer, composer, choral and orchestral conductor, hervé niquet an eminent specialist in the french repertory, from the baroque period to claude debussy.
1987 with the aim of reviving the french grand motet. in thirty years, the group has become a benchmark for the interpretation of the baroque repertory. in the same spirit, true to his postulate that there is only one french music, which runs across the centuries without a break, hervé niquet conducts the leading international orchestras, with which he explores the repertories of the late nineteenth and early twentieth centuries. his pioneering zeal he founded le concert spirituel in
in favour of the rediscovery of the works of this period prompted him to participate in the creation
2009 of the palazzetto bru zane – centre de musique romantique française in venice, with which he realises numerous projects. in
hervé niquet is music director of the flemish radio choir and principal guest conductor of the brussels philharmonic. under his direction, these two formations are heavily involved in the
up its name in
1987 when he founded his period-instrument ensemble with the aim of breathing new
life into the great works of the french repertory performed at the court of versailles.
the ensemble is today one of the most prestigious french baroque orchestras, invited to appear each year at the théâtre des champs-élysées, the philharmonie de paris and versailles palace, as well as such leading international venues as the amsterdam concertgebouw, the palais des beauxarts in brussels, tokyo opera city concert hall, and the barbican centre, wigmore hall and royal albert hall in london.
ever since it was formed, the group has originated ambitious and original projects. it has specialised in performances of french sacred music, while devoting itself in parallel to the discovery of an
unjustly forgotten operatic patrimony, including such works as andromaque (grétry), callirhoé
(destouches), proserpine (lully), sémélé (marais), le carnaval de venise (campra), sémiramis (catel),
series of recordings of cantatas written for the prix de rome, released under the auspices of the
la toison d’or (vogel), les mystères d’isis (mozart) and les fêtes de l’hymen et de l’amour (rameau).
his approach to his profession also entails great personal commitment to educational initiatives
edison award, the echo klassik award and the grand prix de l’académie charles cros. since
palazzetto bru zane, and of previously unrecorded operas.
for young musicians, at the académie d’ambronay, jeune orchestre de l’abbaye aux dames, schola cantorum, conservatoire national supérieur de musique et de danse de lyon and mcgill university in montreal, among other institutions.
2016 the recording of félicien david’s herculanum won an echo klassik award. for their cd visions (alpha classics), hervé niquet and véronique gens have received many plaudits, both in france and internationally (chosen as recording of the year 2018 by icma, and best solo recital recording 2018 at the international opera awards). hervé niquet is a chevalier de l’ordre national du mérite, and commandeur des arts et lettres. in
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the concert spirituel was the first private concert association in france. it was founded in the early
le concert spirituel has won many awards for its productions and recordings, among them the
2015
it has recorded exclusively for alpha classics, which has already released boismortier’s don quichotte chez la duchesse (dvd, château de versailles collection), a cd of vivaldi’s gloria and magnificat, the requiems of cherubini and plantade, lully’s persée
(1770 version), handel’s messiah (1754 version) and benevolo’s missa si deus pro nobis and magnificat.
concertspirituel.com le concert spirituel is supported by the ministère de la culture and the ville de paris. le concert spirituel thanks the patrons who contribute to its endowment fund, in particular the groupe sma, patron of the large-scale operatic production of the
season, and the individual patrons of its ‘carré des muses’. le concert spirituel benefits from the support of its two principal patrons: mécénat musical société générale and the fondation bru.
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katherine watson soprano
(as
angelina), and the metropolitan opera of new york (as siebel, isolier, stephano and
–
–
with
as nicklausse.) her vast repertoire has led to concert engagements
katherine watson studied anglo-saxon, norse and celtic at trinity college, cambridge where she
conductor james levine
and has since performed regularly with christie and les arts florissants throughout europe and
pons, kurt masur, william christie, bruno campanella, roberto abbado and hervé niquet; she also
was a choral scholar. upon graduating she won a place on william christie’s le jardin des voix
with conductors including emmanuel krivine, david stern, lorenzo viotti, daniele rustioni, josep
further afield. she has worked with a number of eminent conductors including paul agnew, harry
gives recitals with artists such as philippe cassard, renaud capuçon, nicholas angelich, dominique
stephen layton, sir roger norrington and christophe rousset. in
orchestra. in 2016, for the second time in her career, she was awarded the ‘victoire de la musique’
bickett, harry christophers, stephen cleobury, jonathan cohen, emmanuelle haïm, nicholas kraemer,
2012 katherine was the recipient of glyndebourne’s much coveted john christie award, appearing as fairy/nymph in the fairy queen under laurence cummings and then went on to perform the role diana in hippolyte et aricie. other operatic roles have included iphis jephtha with the opéra national de paris and at the beaune
festival, italienne/phantome médée, virtù/damigella l’incoronazione di poppea at the teatro real, madrid, giunone in monteverdi’s il ritorno d’ulisse in patria at the théâtre des champs elysées,
miranda with the opéra comique, paris, and amélite zoroastre with the komische oper berlin. her discography includes bach christmas oratorio (layton/oae/trinity college choir), caterina oratorio di santa caterina (headley), and a hyperion recording in
2014 of monteverdi madrigals with cohen
and arcangelo. dvd recordings include cassandra la didone (opus arte), virtù/damigella poppea
(emi), un songe/l’amour/une phrygienne dardanus (harmonia mundi) and theodora (warner classics), released in january 2017.
karine deshayes mezzo-soprano
after her stage debut as a company member of the opéra de lyon, karine deshayes’ career quickly took her to the major french opera houses; her regular appearances at the paris opera received high acclaim, particularly in rossini (as angelina, rosina, and elena), as romeo (i capuleti e i mon-
tecchi), poppea (l’incoronazione di poppea), in mozartian roles (cherubino, dorabella, donna elvira), as charlotte (werther), and not least as carmen. she has also sung the title roles in armida at the opéra de montpellier, alceste in lyon, and semiramide at saint-etienne. she is equally in demand at international theatres outside france such as the salzburg festival, the teatro real de madrid
plancade, the ensemble contraste, the borodin quartet, the ébène quartet, and the mahler chamber prize as ‘lyric artist of the year’.
reinoud van mechelen tenor reinoud van mechelen graduated in with dina grossberger. in
2017
2012 from the conservatoire royal in brussels after studies
he won the prestigious caecilia prize as young musician of the
year. he first excited attention in
2007 at the european baroque academy in ambronay, under the 2011 he joined le jardin des voix, directed by william christie and paul agnew, and became a regular soloist with les arts florissants, also appearing with ensembles such as le concert spirituel, le collegium vocale, pygmalion, and les talens lyriques. in 2014 he sang the evangelist in bach’s st john passion with the royal liverpool philharmonic, making his debut with zurich opera in 2016/17 as jason in charpentier’s opera médee. other roles include belmonte with l’orchestre de chambre de paris, and gérald in lakme with munich radio orchestra; he also appears with a nocte temporis – his recently-formed ensemble. for concert spirituel’s 30th anniversary tour he sings the title role in rameau’s pygmalion at dijon opera, then debuts at the théâtre royal de la monnaie as tamino in the magic flute, and at the staatsoper berlin as hippolyte in hippolyte et aricie, conducted by sir simon rattle. his first solo cd erbarme dich (alpha classics) appeared in 2016, receiving a ‘choc classica’ award and a caecilia prize for best recording of the year. in 2018 his second solo cd, french cantatas by clérambault, was awarded a ‘diapason d’or’, a ‘choc classica’, a ‘diamant ‘ from opera magazine, and the ‘choix de france musique’. baton of hervé niquet. in
(as adalgisa in norma), the liceu in barcelona (in massenet’s cendrillon), the san francisco opera
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Im 17. und 18. Jh. war nichts natürlicher, als eine Anthologie aus Stücken zusammenzustellen, die aus verschiedenen Werken und von verschiedenen Autoren stammen, um daraus für einen Abend ein neues Werk zu machen. Das gehört heute nicht mehr zu unseren Gewohnheiten, doch Sie kennen den Reiz, den etwas veraltete und ungewöhnliche Dinge auf mich ausüben.
Diese „Oper der Opern“, ein nicht identifiziertes Objekt, eine wahre ‚barocke‘ Rekonstruktion unseres dreißigjährigen Bestehens, wurde vom Publikum wie ein Feuerwerk aufgenommen. Die Idee, ein ‚königliches‘ Werk mit Arien von Komponisten zusammenzustellen, die Ludwig XIV. geschätzt hatte, gefiel uns natürlich sehr, so dass wir darangingen, unveröffentlichten, unbekannten Stücken, die wir vielleicht nie wieder hören werden, Stimme zu verleihen. Doch was konnte der Leiter unseres Labels mit diesem von überall zusammengetragenen Objekt anfangen? Dabei war unsere Geschichte äußerst einfach: Ein junger, schöner und tapferer Held liebt eine sehr charmante Prinzessin, doch eine böse Zauberin, die auf diese Idylle eifersüchtig ist, versucht durch alle Mittel, unserem Paar zu schaden. Ach du meine Güte! Aber natürlich! Es handelt sich genau um die Bestandteile einer amerikanischen Fernsehserie, die ich mir an den Donnerstagnachmittagen in meiner Jugend ansah: Verliebt in eine Hexe! Ich stellte mir bereits ein Cover mit dem Foto des geliebte Trios vor und zeigte es meinem Verleger: allgemeines Gelächter in den Büros. Katherine alias Samantha, Karine als Endora und der in Darrin Stevens verwandelte Reinoud sind an meine Verrücktheiten gewohnt und nahmen an diesem Vergleich keinen Anstoß. Sehen Sie, wie einfach die Elemente der Oper sind! Letztendlich handelt es sich nur um Liebesgeschichten, und bei Le Concert Spirituel um eine Geschichte, die seit 30 Jahren anhält. Es lebe also der Pastiche und Verliebt in eine Hexe! Hervé Niquet
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Inhalt Ouvertüre Ein öffentlicher Platz, der in die ersten Strahlen des Sonnenaufgangs getaucht ist. Die Prinzessin besingt den Sieg der Liebe über ihr Herz: Sie liebt den Prinzen, der ihre Gefühle erwidert. Dennoch bemächtigt sich ihrer eine zärtliche Nostalgie, so dass sie träumerisch wird. Doch das Vertrauen in ihren Liebsten überwiegt und gibt ihrer Seele Frieden und Glück zurück. Da kommt ihre Rivalin, eine der Zauberei mächtige Königin, die ebenfalls in den Prinzen verliebt ist, doch nicht weiß, dass er eine andere liebt. Hoffnung, doch auch Unruhe erfüllen und quälen sie. Die Volksmenge tritt auf und umgibt ihren Prinzen: Sie bittet ihn, in den Kampf zu ziehen, um das Königreich vor drohenden Angreifern und einem Ungeheuer zu schützen. Von kriegerischem Eifer erfasst, antwortet er auf ihre Aufforderung mit Energie und Entschlossenheit. Die Prinzessin und die Königin vereinigen ihre Stimmen, um den Aufbruch des Helden zu begleiten. Sie versprechen ihm einen raschen Sieg. In der Ferne ist der Lärm von Manövern und militärischen Angriffen zu hören. Doch verwandelt er sich bald in weniger kriegerische Töne, die am Ausgang des Kampfes zweifeln lassen. An der Spitze des Volkes fleht die Königin Jupiter an, die Truppen zu schützen. Ein ernster, besinnlicher Marsch begleitet die Darbietung der Opfergaben. Das ferne Echo der Kämpfe erweckt plötzlich die Besorgnis des Volkes neu. Doch jäh wird es durch brillante Klänge beruhigt. Zweifellos kann der Sieg des Prinzen gefeiert werden. Das Volk huldigt dem Helden, der über das Ungeheuer triumphiert hat und sich den besiegten Rebellen gegenüber gnädig erweist. In allgemeiner Begeisterung besingen die Königin und das Volk den Sieg. Der Prinz und die Prinzessin bekennen in ihrer Freude über das Wiedersehen öffentlich ihre Liebe. Die Überraschung der Königin verwandelt sich augenblicklich in schreckliche Drohungen. Alle verlassen sie, während sie vor Wut schäumt. Allein geblieben, schwört sie, sich grauenvoll zu rächen. 37
Die Königin beklagt ihr Schicksal, umso mehr als sie selbst dem Prinzen durch ihre Zauberkräfte erlaubte, das Ungeheuer zu besiegen. Sie ruft die Parzen und die Götter der Unterwelt an; alle erscheinen auf den Ruf ihrer Stimme, versammeln sich um sie und warten auf ihre Befehle. Selbst der Mond unterbricht seine Bahn, während die Göttin Hekate aus der Unterwelt kommt, um die Leitung einer exemplarischen Rache zu übernehmen. Wenn der Prinz die Königin nicht lieben kann, muss er sterben. Die Bühne verwandelt sich in eine Küste in der Nähe eines Palasts. Ein schrecklicher Sturm bewegt das Wasser; Schiffe gehen unter, das Ufer wird verwüstet; der Prinz sieht, wie die ihm Nahestehenden sterben und glaubt, auch seine Prinzessin zu verlieren. Am nun einsamen Ufer beklagt er sein Unglück und verliert das Bewusstsein. Die Königin kommt und stellt das Ausmaß ihrer Rache fest; doch als sie den Prinzen regungslos liegen sieht, glaubt sie, dass er mit den anderen gestorben ist. Gewissensbisse überwältigen sie, Wahnsinn erfasst sie, und sie stürzt sich in die Fluten. Die Prinzessin, die den Sturm überlebt hat, erscheint verstört, zitternd und schluchzend inmitten einiger treuer Gefährtinnen. Sie sieht den Prinzen nicht, der weiter unten ohnmächtig liegt. Sie klagt darüber, denjenigen verloren zu haben, den sie leidenschaftlich liebt und beschließt, ebenfalls zu sterben. Ihre Seufzer und Tränen vereinen sich zu einem Gebet von größter Intensität. Bevor sie stirbt, tröstet sie ihre betrübten Gefährtinnen. Die so zärtlichen Töne wecken den Prinzen. Er nähert sich, und das liebende Parr findet sich voll Freude und Zärtlichkeit wieder: Es besingt den Sieg seiner Gefühle. Die Völker kommen rund um sie zusammen und geben ihrer Freude durch Tänze und Gesänge Ausdruck. Die davor trostlosen Ufer blühen wieder; die Wolken verflüchtigen sich; die Sonne bescheint mit ihrem sanften Licht den Triumph der Liebe.
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Oper der Opern Von Benoît Dratwicki
Centre de musique baroque de Versailles Seit seiner Gründung im Jahr 1987 arbeitet das Centre de musique baroque de Versailles leidenschaftlich und engagiert mit Le Concert Spirituel zusammen, um das französische Kulturerbe der Musik des 17. und 18. Jh. neu zu entdecken, zu würdigen und eine Vielfalt von Werken des geistlichen Repertoires (Lully, Gilles, Desmarest, Charpentier, Bouteiller, Rameau usw.) aber auch viele Meisterwerke der Oper, darunter Proserpine von Lully, Médée von Charpentier, Le Carnaval de Venise von Campra, Sémélé von Marais, Calirrhoé von Destouches, Daphnis et Chloé und Don Quichotte chez la duchesse von Boismortier, Persée von Lully (Fassung 1770), Andromaque von Grétry oder La Toison d’or von Vogel zu neuem Leben zu erwecken.
DEUTSCH
Vorspiel Eine dunkle Grotte in abgelegenen Hügeln.
Im Jahr 1671 hatte Ludwig XIV. Lully gebeten, sich ein Ballet des ballets [Ballet der Ballette] auszudenken, das aus Ausschnitten von etwa dreißig Balletten des Komponisten stammen sollte. Es handelte sich um Tänze, die er am Hof dargeboten hatte und allen wieder in Erinnerung rufen wollte. 1692 war bereits eine Comédie des comédies [Komödie der Komödien] erschienen ... Man brauchte also nur mehr eine Opéra des opéras [Oper der Opern] zusammenzustellen und dafür aus dem immensen Repertoire der Académie royale de musique zu schöpfen , um einen Pastiche zu Ehren dieser großen französischen Gattung zu bilden. Zwar kann diese Vorgehensweise heute originell – ja sogar wie ein Sakrileg – wirken, doch war sie damals häufiger: Obwohl die Oper über zahlreiche Originalwerke verfügte, stellte man solche Pastiches immer wieder zum größten Vergnügen des Publikums zusammen. So wurden 1702 die Fragments de Mr de Lully aufgeführt, die so großen Erfolg hatten, dass sie 1708 wieder aufgenommen wurden. Man hörte darin durcheinander Auszüge aus Ballet 39
Auf der Grundlage ebendieses Prinzips wurde diese „Oper der Opern“ erdacht. An die dreißig Auszüge wurden dafür teils aus dem großen Repertoire, teils aus Seltenheiten – ja sogar vollkommen Unveröffentlichtem – zusammengestellt, um eine Handlung rund um drei Archetypen des damaligen Repertoires zu schaffen, die Texte dabei aber so wenig wie möglich zu überarbeiten und zu verändern. Eine verliebte Prinzessin, eine die Zauberkünste beherrschende Königin – ihre Rivalin – und ein tapferer Prinz teilen sich die Bühne: Die erste vergeht heimlich vor Liebe und erträgt das Böse, das ihr widerfährt, mit Resignation; die zweite liebt ohne Gegenliebe und schäumt vor Wut und Eifersucht; und der Prinz posaunt seine Liebe und seine Tapferkeit zum Klang der Trommeln und Trompeten aus. Sämtliche unabkömmlichen Szenen der französischen Barockoper werden nach allen Regeln der Kunst der Reihe nach dargestellt: Kampf, Sturm, Zauberei, Liebesduette, religiöse Anrufungen, Schlaf usw. Die 40
virtuosen Arien, die funkelnden Ballette und die großen, prunkvollen Chöre stammen aus den Federn von Lully und Rameau, aber natürlich kommen auch Campra, Marais, Bertin de La Doué, Destouches, Stuck, Gervais, Colin de Blamont, Rebel, Francœur, Montéclair, Leclair oder Dauvergne usw. zum Zug. All diese Musikstücke hintereinander zu hören, zeugt vom Fortbestand und der Kohärenz des französischen Stils, wie ihn Lully erfunden hatte, und der mehr als 100 Jahre von fünf Komponistengenerationen gepflegt wurde. Selbst wenn die Musik in einem Abstand von mehr als einem halben Jahrhundert geschrieben wurde, stehen die Kompositionen zueinander nicht im Kontrast, sondern ganz im Gegenteil miteinander im Einklang. Denn die rechte Deklamation, der Sinn für die Bühne und das Pulsieren der Choreographie sowie die Neigung für harmonische und orchestrale Färbungen sind Elemente, die im Großen und Ganzen alle französische Autoren dieser Zeit charakterisieren. Und wenn sich der geniale Rameau davon durch seine mächtige Schöpferkraft und Kühnheiten, die nur er kennt, davon abhebt, so kann man sich dennoch vor der subtilen Kunst und den diskreten Funken der Genies eines Marais, Campra, Montéclair oder Leclair verneigen. Selbst den seltener gespielten Komponisten wie Bertin de La Doué, Stuck oder Dauvergne fehlt es nie an Erfindungsreichtum und ihr Diskurs wird systematisch durch überzeugende Einfälle aufgewertet.
DEUTSCH
des Muses, Ballet de la Naissance de Vénus, Ballet des Amours déguisés, Ballet d’Alcidiane, Temple de la Paix, aus dem Bourgeois gentilhomme [Bürger als Edelmann], den Jeux pythiens, La Princesse d’Élide usw., ja sogar eine Bearbeitung für Gesang der Trios pour la Chambre du roi. Im Jahr 1708 fügte man außerdem eine Arie aus Alcyone von Marais, eine Kantate und eine von Campra komponierte große Szene hinzu. 1704 brachte Télémaque, fragments des modernes, zusammengestellt und „für das Theater bearbeitet von Herrn Campra“, die schönsten Stellen aus Werken zu Gehör, die kurz davor uraufgeführt worden waren: Astrée, Énée et Lavinie sowie Canente von Colasse, Médée von Charpentier, Les Fêtes galantes und Circé von Desmarest, Ariane et Bacchus von Marais, Le Carnaval de Venise und Aréthuse von Campra usw. Diese verschiedenen Auszüge wurden durch Rezitative miteinander verbunden, die Campra komponiert hatte, während die Originaltexte stark bearbeitet worden waren, um die Handlung kohärent zu gestalten. Die Nouveaux fragments, die 1729 aufgeführt wurden, waren zur Gänze Campra gewidmet, von dem man Auszüge aus Amours de Mars et de Vénus, La Fête marine, Pastorale, La Sérénade und Joueurs hörte.
Mehrere Auszüge aus dieser Opéra imaginaire knüpfen an die Arbeit an, die Hervé Niquet und sein Ensemble seit 30 Jahren beschäftigt: So kann man darin mit Vergnügen einige Stellen aus Médée oder dem Carnaval de Venise in einer neuen Fassung entdecken. Doch dieser Pastiche ermöglicht es dem Dirigenten vor allem, zum ersten Mal (endlich!) besonders wichtige Werke des Repertoires aufzuzeichnen, wie etwa die Passacaglia aus Armide oder den Sturm aus Alcyone. Er vermittelt uns aber auch die Lust, viele andere „schlafende Schöne“ zu erwecken, die in den Regalen unserer Bibliotheken nur darauf warten, dass sie an die Reihe kommen.
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HERVÉ NIQUET
le concert spirituel
er ist eine der findigsten persönlichkeiten der musikszene der letzten jahre und wird besonders
gegründet und endete mit der französischen revolution. hervé niquet übernahm diesen namen, als er
hervé niquet ist sowohl cembalist, organist, pianist, sänger, komponist, chorleiter als auch dirigent. als hervorragender spezialist des französischen repertoires von der barockzeit bis claude debussy anerkannt.
1987 gründet er le concert spirituel mit dem ehrgeiz, die grosse französische motette wieder aufleben zu lassen. in den dreissig jahren seines bestehens hat sich das ensemble als unumgänglicher orientierungspunkt für die interpretation des barocken repertoires durchgesetzt. hervé niquet geht davon aus, dass es im laufe der jahrhunderte bruchlos nur eine französische musik gibt, und dirigiert in diesem sinne grosse internationale orchester, mit denen er die verschiedenen repertoires des 19. jh. und des beginnenden 20. jh. interpretiert. sein pioniergeist brachte ihn bei der wiederentdeckung von werken aus dieser zeit dazu, 2009 an der gründung des palazzetto bru zane teilzunehmen, einem zentrum für französische musik der romantik in venedig, mit dem er zahlreiche projekte zuwege bringt. hervé niquet ist musikalischer leiter des flämischen rundfunkchors und erster gastdirigent der brüsseler philharmoniker. unter seiner leitung sind beide bei den cd-sammlungen unveröffentlichter opern einerseits und der kantaten des prix de rome unter der schirmherrschaft des palazzetto bru zane andererseits sehr engagiert. hervé niquet setzt sich auch persönlich sehr für pädagogische aktionen mit jungen musikern ein
(académie d’ambronay, jeune orchestre de l’abbaye aux dames, schola cantorum, conservatoire national supérieur de musique et de danse in lyon, mcgill university montreal usw.). im jahr 2016 wurde die aufnahme von félicien davids herculanum mit dem musikpreis echo klassik ausgezeichnet. mit der cd visions (bei alpha classics) erhielten hervé niquet und véronique gens sowohl in frankreich als auch im ausland zahlreiche auszeichnungen (recording of the year 2018 von icma und best recording – solo recital 2018 von den international opera awards). hervé niquet ist chevalier de l’ordre national du mérite und commandeur des arts et lettres.
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le concert spirituel war die erste private konzertgesellschaft in frankreich. sie wurde im
18.
jh.
1987 sein ensemble für historische musikinstrumente gründete, mit dem ziel, die grossen am hof von versaillles aufgeführten werke des französischen repertoires wieder aufleben zu lassen. das ensemble, das heute eines der renommiertesten barockorchester frankreichs ist, wird jedes jahr ins théâtre des champs-élysées, die philharmonie de paris und ins schloss von versailles eingeladen, aber auch in die grössten internationalen konzerthäuser wie das concertgebouw von amsterdam, das palais des beaux-arts in brüssel, die oper von tokio, das barbican centre, die wigmore hall oder die royal albert hall in london. seit seiner gründung durch hervé niquet im jahre 1987 leitet das ensemble ehrgeizige, originelle projekte in die wege und spezialisiert sich auf die interpretation der französischen geistlichen musik, widmet sich aber auch der wiederentdeckung eines zu unrecht in vergessenheit geratenen opernrepertoires – andromaque von grétry, callirhoé von destouches, proserpine von lully, sémélé von marais, carnaval de venise von campra, sémiramis von catel, la toison d’or von vogel, les mystères d’isis von mozart und vor kurzem les fêtes de l’hymen et de l’amour von rameau. häufig für seine produktionen und aufnahmen ausgezeichnet – edison award, l’echo klassik award und grand prix de l’académie charles cros –, nimmt le concert spirituel seit 2015 ausschliesslich bei alpha classics auf, wo boismortiers don quichotte chez la duchesse (dvd, reihe château de versailles), ein cd-programm mit dem gloria und dem magnificat von vivaldi, die requiems von cherubini und plantade, lullys persée (fassung 1770), händels messias (fassung von 1754) sowie die missa si deus pro nobis und das magnificat von benevolo bereits erschienen sind. concertspirituel.com le concert spirituel wird vom französischen ministerium für kultur und der stadt paris subventioniert. le concert spirituel dankt den mäzenen seines stiftungsfonds, besonders der gruppe sma, dem mäzen der grossen opernproduktion der spielzeit, sowie den einzelnen mäzenen seines
« carré des muses ». dem concert spirituel kommt auch die unterstützung seiner grossen mäzene zugute:
mécénat musical société générale und fondation bru.
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katherine watson sopran
die metropolitan opera von new york (siebel, isolier, nicklausse unter der leitung von james levine,
cambridge, wo sie gesangsstipendiatin war. nach ihrem abschluss wurde sie in william christies le jardin
zerten und recitals unter der leitung von dirigenten wie emmanuel krivine, david stern, lorenzo viotti,
katherine watson studierte angelsächsisch sowie nordische und keltische sprachen am trinity college,
stephano) und die san francisco opera (angelina). ihr reichhaltiges repertoire erlaubt ihr auch, in kon-
des voix aufgenommen und tritt seither regelmässig mit christie und les arts florissants in ganz
daniele rustioni, josep pons, kurt masur, william christie, bruno campanella, roberto abbado oder auch
europa, aber auch ausserhalb europas auf. sie arbeitet mit einer reihe eminenter dirigenten wie paul
hervé niquet aufzutreten, sowie in recitals mit künstlern wie philippe cassard, renaud capuçon, nicholas
kraemer, stephen layton, sir roger norrington und christophe rousset.
mahler chamber orchestra usw. im jahr
agnew, harry bickett, harry christophers, stephen cleobury, jonathan cohen, emmanuelle haïm, nicholas
angelich, dominique plancade, dem ensemble contraste, dem borodin-quartett, dem quatuor ébène, dem
2012 erhielt katherine watson den äusserst begehrten john christie award von glyndebourne für ihre interpretation der fairy/nymph in the fairy queen unter der leitung von laurence cummings, wonach sie die rolle der diana in hippolyte et aricie sang. zu ihren anderen rollen gehören: iphis in jephtha mit der opéra national de paris und beim festival von beaune, italienerin/phantom in médée, virtù/ damigella in l’incoronazione di poppea am teatro real, madrid, giunone in monteverdis il ritorno d’ulisse in patria am théâtre des champs elysées in paris, miranda an der opéra comique paris und amélite in zoroastre an der komischen oper berlin. ihre diskographie umfasst bachs weihnachtsoratorium (layton/ oae/trinity college choir), caterina im oratorio di santa caterina (headly) und 2014 eine aufnahme bei hyperion von madrigalen monteverdis mit cohen und arcangelo. unter ihren dvd-aufzeichnungen befinden sich die cassandra in la didone (opus arte), virtù/damigella in poppea (emi), un songe/l’amour/une phrygienne in dardanus (harmonia mundi) und theodora (warner classics), erschienen im januar 2017.
de la musique in der kategorie „opernsängerin des jahres“.
im jahr
karine deshayes mezzosopran
nachdem karine deshayes ihr bühnendebüt in der truppe der opéra de lyon gemacht hatte, entwickelte
reinoud van mechelen tenor reinoud van mechelen schloss sein studium von dina grossberger) ab und erhielt
2012
am brüsseler conservatoire royal (in der klasse
« junger musiker des 2007 machte er im rahmen der académie baroque européenne in ambronay unter der leitung von hervé hiquet auf sich aufmerksam. 2011 wurde er mitglied von william christies und paul agnews „le jardin des voix“ und regelmässiger solist der arts florissants. er arbeitet mit ensembles wie le concert spirituel, dem collegium vocale, pygmalion, les talens lyriques usw. 2014 sang er zum ersten mal den evangelisten in der johannes-passion von j.s. bach mit dem royal liverpool philharmonic. 2016/17 debütierte er am opernhaus zürich (jason in médée von charpentier). er interpretierte auch den belmonte mit dem orchestre de chambre de paris sowie den gérald (lakmé) mit dem bayerischen
jahres ». im jahr
2017
den renommierten prix caecilia als
rundfunkorchester und trat in konzerten mit dem von ihm eben gegründeten ensemble a nocte temporis auf. er nahm an der tournee zum
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jährigen bestehen des concert spirituel teil, sang die titelrolle in
sich ihre karriere rasch an den grossen französischen opernhäusern, darunter regelmässig an der
rameaus pygmalion an der oper von dijon und debütierte danach am théâtre royal de la monnaie (tamino
als romeo (i capuleti et i montecchi), poppea (l’incoronazione di poppea), in mozart-rollen (cherubino,
sir simon rattle). 2016 erschien seine erste solo-cd unter dem titel „erbarme dich“ (alpha classics),
len von armida an der opéra de montpellier, von alceste in lyon und semiramide in saint-étienne. ihre
erhielt. im jahr
opéra de paris, wo sie grosse erfolge verzeichnet, u. a. in rollen von rossini (angelina, rosina, elena), dorabella, donna elvira), als charlotte (werther) sowie in der rolle der carmen. sie sang die titelrol-
karriere weitet sich auch auf die grossen bühnen des auslands aus, u. a. die salzburger festspiele, das teatro real von madrid (adalgisa in norma), das liceu von barcelona (cendrillon von massenet), 44
2016 war sie zum zweiten mal preisträgerin bei den victoires
in der zauberflöte) und an der staatsoper berlin (hippolyte in hippolyte et aricie unter der leitung von
die einen „choc classica“ sowie den prix caecilia
2016 in der kategorie „beste aufnahme des jahres“ 2018 erschien „cantates françaises“ von clérambault, seine zweite solo-cd, die mit einem „diapason d’or“, einem „choc classica“, einem „diamant“ von opéra magazine und dem „choix de france musique“ ausgezeichnet wurde.
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JEAN-JOSEPH CASSANéA DE MONDONVILLE (1711-1772) Titon et l’Aurore (1752) 1 OUVERTURE
1 Overture
TOUSSAINT BERTIN DE LA DOUé (1680-1743) Le Jugement de Pâris (1718) 2 LA PRINCESSE Règne toujours dans ces bocages, Amour, lance de nouveaux traits, Et ne souffre dans nos forêts, D’insensibles ni de volages : Soutiens tes droits, venge tes nœuds, Triomphe, prends soin de ta gloire ; Mais use bien de ta victoire, Et n’enchaîne les cœurs que pour les rendre heureux.
2 THE PRINCESS O God of Love, reign in these woods, And with your shafts take careful aim, Let no one in these forests weep, Not even the fickle, nor the hard of heart: Uphold your rights, maintain love’s ties, And triumph, triumph in your fame; But nobly employ your victories, And let your chains bring lovers bliss, not shame.
JEAN-PHILIPPE RAMEAU (1683-1764) Les Fêtes d’Hébé (1739) 3 PANTOMIME
3 A tender air
JEAN-JOSEPH CASSANéA DE MONDONVILLE Le Carnaval du Parnasse (1749) 4 AIR LENT ET GRACIEUX
4 A slow and graceful air
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How precious that bejewelled crown of mine, Should it bedazzle him – the one I love; Sweet hope, you wholly promised him to me. Hope, only boon of my so fateful love, For once, come now and reign within my soul.
ANDRÉ CAMPRA (1660-1744) Achille et Déidamie (1735) 6 LE CHŒUR Timbales et trompettes, Que vos sons éclatants enflamment les grands cœurs. Du dieu Mars nobles interprètes, Embrasez les héros des plus vives ardeurs. Timbales et trompettes, &c.
6 CHORUS Sound, sound, trumpet and drum! With gladsome noise inflame each noble heart. Act as Mars’ messenger, for now they come: Welcome these heroes with all your strength and art. Sound, sound, trumpet and drum! etc.
JEAN-PHILIPPE RAMEAU Dardanus (1744) 7 LE PRINCE Hâtons-nous ; courons à la gloire, Cherchons le monstre affreux qui ravage ces bords. Vole, Amour, à mon bras assure la victoire, Vole, seconde mes efforts. Hâtons-nous ; courons à la gloire, &c.
7 THE PRINCE Let us hasten to the field of honour, And seek the dread monster ravaging these lands. Fly, god of Love, and give me victory, Fly, and assist me in the fight. Let us hasten to the field of honour, etc.
ANDRÉ CAMPRA Achille et Déidamie (1735)
JEAN-PHILIPPE RAMEAU Hippolyte et Aricie (1733) 5 LA REINE MAGICIENNE Espoir, unique bien d’une fatale flamme, Pour la première fois viens régner dans mon âme. Je sentirai mieux que jamais
Quel est le prix du diadème, S’il attache sur moi les yeux de ce que j’aime ; Doux espoir, tu me le promets. Unique bien d’une fatale flamme, Pour la première fois viens régner dans mon âme.
5 THE WITCH QUEEN Hope, only boon of my so fateful love, For once, come now and reign within my soul: I shall then even more acutely feel
8 LA PRINCESSE ET LA REINE MAGICIENNE Volez, jeune héros, volez dans les combats, Volez, volez, nous serons vos guides fidèles ; Venez moissonner sur nos pas Des palmes immortelles.
8 THE PRINCESS AND THE WITCH QUEEN Fly, young hero, fly into battle, Fly, fly, we shall be your faithful guides; Come and reap in our footsteps The immortal palms of victory. 49
Through us the noble Alcides Has won his lasting place in heaven. Fame, Glory, Honour, rising on fleet wings Can raise men up and rank them with the gods. Fly, young hero, fly into battle, etc.
Par nous le généreux Alcide S’est ouvert le séjour des cieux. La Gloire, d’une aile rapide, Élève les mortels et les égale aux dieux. Volez, jeune héros, volez dans les combats, &c.
Dieu, grand dieu, &c. 9 Air for Mars – Attack
ANTOINE DAUVERGNE (1713-1797) Les Amours de Tempé (1752) 10 PRÉLUDE
10 Prelude
Hercule mourant (1761) 11 LA REINE MAGICIENNE Dieu, grand dieu, sois sensible à ma douleur profonde. Protège un héros cher au monde : Hélas ! il est ton sang, il est digne de toi. Ministres des autels, partagez mon effroi. De ce héros, l’espoir, le vengeur de la terre, Du prince en ce moment les jours sont menacés : Attirez sur moi le tonnerre, Que le prince vive, c’est assez.
11 THE WITCH QUEEN O greatest god, take heed of all my suffering. Protect this hero, greatly loved by all: For he is of your blood, and worthy of you. Priests at your altars, share in my great grief. This hero, hope and avenger of the earth, This prince, is even now in direst peril: O let your thunderbolts descend on me, But let him live, and I shall be content.
LE CHŒUR, AVEC LA REINE MAGICIENNE
Dieu, grand dieu, sois sensible à ma/sa douleur profonde. Protège un héros cher au monde.
CHORUS with the witch queen
O greatest god, take heed of all my suffering: Protect this hero, greatly loved by all.
De tes autels j’approche en frémissant. Mon crime m’a rendu ton temple redoutable. Hélas ! ma main seule est coupable, Et mon cœur, tu le sais, mon cœur est innocent. LE CHŒUR, AVEC LA REINE MAGICIENNE
JEAN-PHILIPPE RAMEAU Les Fêtes d’Hébé (1739) 9 AIR POUR MARS ET CHARGE MILITAIRE
LA REINE MAGICIENNE
THE WITCH QUEEN
Trembling I approach your altars: My crime has made me fear your temple. But ah! though guilty is this hand of mine, My heart, you know it, my heart is innocent.
CHORUS with the witch queen
O greatest god, etc.
Énée et Lavinie (1758) 12 LE CHŒUR Quel bruit affreux se fait entendre ! Quel spectacle est offert à nos yeux étonnés ! Charmante paix que nous osions attendre, Est-ce ainsi que vous revenez ?
12 CHORUS What frightful noise assaults our ears! What dreadful sight offends our eyes! Enchanting peace, for which we dared to hope, Is this the way you herald your return?
JEAN-PHILIPPE RAMEAU Les Fêtes de Polymnie (1745) 13 LA PRINCESSE Ce son brillant annonce la victoire ; Les muses, pour l’entendre, ont quitté leurs travaux.
13 THE PRINCESS Such brassy sounds announce great victory; Even the Muses quit their tasks to listen.
Le Temple de la Gloire (1746) 14 LE CHŒUR Ô grandeur ! ô clémence ! Vainqueur égal aux dieux, Vous avez leur puissance, Vous pardonnez comme eux.
14 CHORUS What greatness of heart! What clemency! Oh conqueror, equal of the gods, Your great power is akin to theirs, As is your heavenly mercy.
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Les Fêtes d’Hébé (1739) 15 LA REINE MAGICIENNE Éclatante trompette, annoncez notre gloire, Sonnez, publiez la victoire ! Répondez-nous, tendres hautbois, Célébrez les plus grands exploits. Éclatante trompette, &c.
15 THE WITCH QUEEN Let the trumpets resound, proclaiming our victory, The glorious news of our triumph relay! Reply, reply, sweet gentle oboes, To exalt the awesome success of this day. Let the trumpets resound, etc.
LE CHŒUR
CHORUS
Éclatante trompette, &c.
Let the trumpets resound, etc.
FRANÇOIS COLIN DE BLAMONT (1690-1760) Les Fêtes grecques et romaines (1723) 16 LA PRINCESSE ET LE PRINCE 16 THE PRINCESS AND PRINCE Aimons-nous, aimons-nous, et qu’une ardeur constante Let us love, let us love, and with constant ardour Enflamme à jamais nos désirs. For ever fan the flame of our desire. JEAN-PHILIPPE RAMEAU Hippolyte et Aricie (1733) 17 LA REINE MAGICIENNE Je vous entends ; eh bien, que la trompette sonne ; Que le signal affreux se donne ! Et le temple et l’autel vont tomber à ma voix. Tremblez, j’ai su prévoir la désobéissance ; Périsse la vaine puissance Qui s’élève contre les rois ; Tremblez, redoutez ma vengeance !
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17 THE WITCH QUEEN I heard you - Hah! Now let the trumpet sound, And give its fatal signal of doom! A word from me, and altar and temple fall. I have forestalled your treason – tremble now! Your rebel rising ’gainst the royal throne – ’Tis all in vain, your power is broken quite; Tremble before my dire, avenging wrath!
FRANÇOIS FRANCŒUR (1698-1787) ET FRANÇOIS REBEL (1701-1775) Scanderberg (1735) 18 LA REINE MAGICIENNE Tout est prêt, Jupiter seconde mon envie ! Tremble, tremble, la mort va punir ton forfait Non, que sensible à ma flamme trahie, Je regrette des vœux dont une autre est l’objet. Perfide ! comme toi, mon cœur te justifie. Fureur, Amour, secondez mon impatience, Régnez dans mon cœur tour à tour. Qu’importe quels motifs animent ma vengeance Si les traits qu’elle lance Servent mon espoir en ce jour. Fureur, Amour, secondez mon impatience, Régnez dans mon cœur tour à tour. Frappez, frappez d’intelligence.
18 THE WITCH QUEEN All is prepared: let Jupiter aid my spite! Tremble, you wretch, cruel death will be your lot! Too well aware my love has been betrayed I now regret the love you aroused in me. Yet my heart, as fickle as yours, still pleads for you. O fury, love, support my restless spirit, Come, alternate your empire in my heart. It matters not what stirs my vengeance up As long as its well-sharpened arrows Give me the hope to win the day. O fury, love, support my restless spirit, Come, alternate your empire in my heart: Take aim and strike, with all your skilful art.
JEAN-MARIE LECLAIR (1697-1764) Scylla et Glaucus (1746) 19 PRÉLUDE
19 Prelude
MARC-ANTOINE CHARPENTIER (1643-1704) Médée (1693) 20 LA REINE MAGICIENNE Quel prix de mon amour, quel fruit de mes forfaits ! Il craint des pleurs qu’il m’oblige à répandre Insensible au feu le plus tendre Qu’on ait vu s’allumer jamais. Quand mes soupirs peuvent suspendre
20 WITCH QUEEN So is my love repaid – what fruit of my misdeeds! He dreads the flood of tears he makes me shed, Indifferent to the peerless tender passion He had ignited in my faithful heart. And when my sighs might make him hesitate,
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Force him to feel the unfairness of his acts, He flees away to avoid my lamentation. So is my love repaid – what fruit of my misdeeds! I’d made a hundred monsters cower before him, And now within my heart, peace reigned alone: Forever willing to do all for him I wiped out all the instincts of my nature, And every evil impulse of the blood: I gloried in resisting, and suppressed them. And now, oblivious of his countless vows To me, his passion kindled for another, I’m to be cast out, banished: this my fate, Not the eternal homage I was owed: So is my love repaid – what fruit of my misdeeds!
L’injustice de ses projets Il fuit pour ne pas les entendre. Quel prix de mon amour, quel fruit de mes forfaits ! J’ai forcé devant lui cent monstres à se rendre, Dans mon cœur où régnait une tranquille paix. Toujours prompte à tout entreprendre J’ai su de la nature effacer tous les traits. Les mouvements du sang ont voulu me surprendre, J’ai fait gloire de m’en défendre, Et l’oubli des serments que cent fois il m’a faits L’engagement nouveau que l’amour lui fait prendre, L’éloignement, l’exil, sont les tristes effets De l’hommage éternel que j’en devais attendre. Quel prix de mon amour, quel fruit de mes forfaits ! 21 LA REINE MAGICIENNE Noires filles du Styx, divinités terribles, Quittez, quittez vos affreuses prisons. Venez mêler à mes poisons La dévorante ardeur de vos feux invisibles.
21 THE WITCH QUEEN Dismal daughters of Styx, appalling demons, Abandon now your loathsome prison cell: Come, join me as I mix my deadly potions, And add to them your invisible flames of hell.
LE CHŒUR
L’Enfer obéit à ta voix, Commande, il va suivre tes lois.
LA REINE MAGICIENNE
Punissons d’un ingrat la perfidie extrême. Qu’il souffre, s’il se peut, cent tourments à la fois En voyant souffrir ce qu’il aime.
LE CHŒUR
L’Enfer obéit à ta voix, &c. 54
22 PRÉLUDE
22 Prelude
JEAN-MARIE LECLAIR Scylla et Glaucus (1746) 23 LA REINE MAGICIENNE Du flambeau de la nuit, la clarté pâlissante Semble répondre à notre attente ; Et cet astre à la fin, cédant à nos efforts, Se précipite aux sombres bords.
23 THE WITCH QUEEN The fading brightness of the lamp of night Seems to respond to our decree, And now the lunar star at last gives way To our spells, plunging into the black abyss.
LA REINE MAGICIENNE, AVEC LE CHŒUR
Déesse redoutable, Rendez-vous à nos vœux, Soyez-nous favorable : Hécate, revenez présider à nos jeux !
THE WITCH QUEEN, WITH CHORUS
Powerful goddess Hear our vow; Help us, Hecate, Aid our sorcery now !
MARIN MARAIS (1656-1728) Alcyone (1706)
CHORUS
24 TEMPÊTE
24 Storm
Hell will follow your decree: Speak, we shall obey you instantly!
LE CHŒUR
CHORUS
THE WITCH QUEEN
We must punish the ungrateful traitor, Let him suffer all the torments that he can, In seeing the suffering of all he loves.
JEAN-BAPTISTE STUCK (1680-1755) Méléagre (1709)
Ciel, ô ciel, quel affreux orage ! Rien ne peut plus nous secourir. Ah, quel désespoir, quelle rage ! Malheureux ! nous allons périr. LE PRINCE
CHORUS
Hell will follow your decree, etc.
Ah, je vous perds, chère princesse, Hélas ! qu’allez-vous devenir ?
Oh gods, what a hideous tempest! Without any hope of salvation. In our furious despair we are helpless, Threatened with death and devastation!
THE PRINCE
Ah, I shall lose you, dearest Princess, What will be your fate? 55
LE CHŒUR
CHORUS
La mer est en fureur, l’air mugit, le ciel tonne ; Quelles frayeurs, grands dieux ! Ô mort, viens les finir. LE PRINCE
The sea is raging, the winds roar, the sky thunders; What terrors, o gods! Come, Death, and end them.
Ah, je vous perds, chère princesse ! LE CHŒUR
Beloved Princess, I shall lose you! CHORUS
Malheureux, nous périssons tous. LE PRINCE
Chère princesse, mon cœur ne regrette que vous.
THE PRINCE
Unhappy man, we shall all perish.
THE PRINCE
Dearest Princess, my only sorrow is for you.
JEAN-PHILIPPE RAMEAU Dardanus (1744) 25 LE PRINCE Lieux funestes, où tout respire La honte et la douleur, Du désespoir, sombre et cruel empire, L’horreur que votre aspect m’inspire Est le moindre des maux qui déchirent mon cœur. L’objet de tant d’amour, la beauté qui m’engage, Le sceptre que je perds, ce prix de mes travaux, Tout va de mon rival devenir le partage, Tandis que, dans les fers, je n’ai que mon courage Qui résiste à peine à mes maux. Lieux funestes, où tout respire, &c.
25 THE PRINCE Fatal shores, where everything Betokens shame and sorrow, The despair, oh dark and cruel world That your sight awakens in me, Is the least of the evils tearing at my heart. The object of all my love, the beautiful woman I adore, The throne I shall lose, the reward of all my efforts – It all goes now to my rival, While I, in chains, must summon all my courage To try to bear up against my fate. Fatal shores, where everything etc.
ANDRÉ CAMPRA Les Muses (1703) 26 LA REINE MAGICIENNE Il n’est plus ! Qu’ai-je fait ? Je vois toute ma rage ! Hélas ! d’un vain remords mon cœur se sent frapper Mon courroux sur mes yeux avait mis un nuage, Mon amour renaissant vient de le dissiper ! Quel crime ! Quelle horreur ! Amante trop barbare, Où prétends-tu cacher ce forfait odieux ? Où suis-je ? Les enfers découvrent à mes yeux Les rives de l’affreux Ténare. J’y vois le prince… ô sort ! Quel supplice nouveau ! Les Parques de ses jours consument le flambeau ! Cruelles, arrêtez… Espérance trop vaine ! Le prince n’est plus ! Je cède à ma mortelle peine : Dans l’éternelle nuit c’est moi qui l’ai plongé. Il m’appelle… J’entends sa voix triste et plaintive… Attends !… j’irai bientôt sur l’infernale rive, T’apprendre que tu meurs vengé. ANDRÉ CARDINAL DESTOUCHES (1672-1749) ET ANTOINE DAUVERGNE Callirhoé (1773) 27 ENTRACTE
27 Prelude
FRANÇOIS FRANCŒUR ET FRANÇOIS REBEL Pyrame et Thisbé (1726) 28 LA PRINCESSE Tout ce que j’adorais n’est plus… Soupirs, regrets, vous êtes superflus !
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26 THE WITCH QUEEN He is no more! What have I done in my unbridled rage! Alas! my heart is struck with vain remorse: Wild anger veiled my eyes with a red mist Which reawakening love now dissipates! Oh what horrendous crime have I committed? How might I ever manage to conceal it? Where am I? Hell opens wide, reveals The gateway of grim, baleful Taenarus, I see the Prince there! Oh, what frightful torment – The Fates snuff out the candle of his life! Stop, cruel creatures…! But they hear me not… The Prince is dead! I cannot bear this pain: ’Twas I who plunged him into endless night. He calls to me… I hear his plaintive voice… Wait! I will follow into the jaws of Hell To tell you that your death has been avenged.
28 THE PRINCESS The only man I ever loved is dead… Vain are all sighs, futile all regrets!
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Pour la dernière fois le prince a vu l’aurore, Le prince expire et je vis encore ! Non, rien ne peut nous séparer, Ta mort sera bientôt de la mienne suivie. Si pour quelques moments, je conserve la vie Tu n’en dois point, chère ombre, murmurer. Il faut que ta rival te porte encore envie. Je saurai la punir des plus sensibles coups Et la laisser enfin plus malheureuse que nous !
The Prince has seen his last day dawn: The Prince is dead, how can I live on! No, nothing more can separate us now My death shall follow yours, and speedily. And if I tarry a few moments more Do not be angry with me, dearest Shade: Your enemy’s at loose, still unrepayed, I’ll punish her so justly that she’ll be Unhappier by far than we.
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30 Quels pleurs ! Consolez-vous, mes fidèles compagnes, La mort de mes malheurs va terminer le cours.
30 I see you weep! Console yourselves, dear friends, For Death will cut off all my unhappy grief.
LE CHŒUR
CHORUS
29 Now let these eyes be closed for ever more, And should they open, only to shed tears. From now on, life for me is endless pain For I shall never see my love again. Now let these eyes be closed for ever more, etc. For your great love, mine is the blame alone, I captivated you with all my charms, And now to punish my own fateful sin, I vow to efface those same charms, to atone. Now let these eyes be closed for ever more, etc. And yet, these fond regrets, how void, how vain, Dear love, for you shall never live again. When you go down into eternal night How shall I live, how can I still endure? No, faithful lover, I must join you soon: The harshest death will seem the greatest boon; This blade the path to Love will fast secure.
Let us weep, let us lift up our eyes to the holy mountains From whence our help may come.
Pleurons, levons les yeux vers les saintes montagnes, D’où peut venir notre secours. 31 PRÉLUDE
ANDRÉ CAMPRA Le Carnaval de Venise (1699) 29 Mes yeux, fermez-vous à jamais, Ou ne vous ouvrez plus que pour verser des larmes. Le jour est pour moi désormais, Un sujet de peine et d’alarmes. Mes yeux, fermez-vous à jamais, &c. Je suis coupable de vos charmes, J’ai trop fait briller mes attraits, Et je veux par les mêmes armes Me punir des maux que j’ai faits. Mes yeux, fermez-vous à jamais, &c. Mais que servent, hélas ! ces regrets superflus ? Cher amant, tu ne vis plus. Quand tu descends pour moi dans la nuit éternelle, Doit-il m’être permis de voir encore le jour ? Non, non ! pour me rejoindre à cet amant fidèle, La plus affreuse mort, me paraîtra trop belle, Et ce fer doit ouvrir un chemin à l’Amour.
MICHEL PIGNOLET DE MONTECLAIR Jephté (1732)
31 Prelude
CHARLES-HUBERT GERVAIS (1671-1744) Hypermnestre (1716) 32 LE PRINCE Je vous revois, princesse, ah ! que mon sort est doux !
32 THE PRINCE Ah! Princess, I see you once more – how sweet is my fate!
LA PRINCESSE
LE PRINCE
Les vents, les flots, Neptune même Étaient jaloux de mon bonheur : L’amour enfin me rend à ce que j’aime, À ses plus doux transports je dois livrer mon cœur. Depuis que mes vaisseaux quittèrent ce rivage, Pour ramener la paix dans ces heureux climats, Du prix que j’en attends la trop flatteuse image, Sans cesse y rappelait mes pas. Si les rigueurs de l’absence M’ont coûté des soupirs !
THE PRINCESS
The stormy winds and waves made me fear for your life!
Que les vents et les flots m’ont fait trembler pour vous !
THE PRINCE
The winds, the waves, and even Neptune himself Were jealous of my happiness. Love has finally restored me to my beloved, And I give up my heart to her transports of delight. Since my ships left this shore, To bring peace back to this happy land, My thoughts were constantly recalled To the fair vision of the prize awaiting me. How often have I sighed At the hardship of absence from you! 59
Yet my loving impatience Had joys of its own.
Dans ma tendre impatience, J’ai trouvé des plaisirs. LA PRINCESSE
Vous m’exprimez votre tendresse, Tout conspire à m’en assurer Puisse-t-elle durer sans cesse, Je n’aurais rien à désirer. LE PRINCE
As you confide your tender love Everything makes me believe you: And if it were to last for ever, I should have nothing left to wish for.
Que cet aveu pour mon cœur a de charmes ! Ô sort heureux, aimable jour, Vous finissez mes alarmes, Vous augmentez mon amour. ENSEMBLE
THE PRINCE
How your avowal moves my heart to joy! O kindly fate, O happy day, You swell still further my devoted love, And chase all fear away! DUET
Ô sort heureux, aimable jour, Vous finissez mes alarmes, Vous augmentez mon amour ! LE CHŒUR
THE PRINCESS
O kindly fate, O happy day, You swell still further my devoted love, And chase all fear away! CHORUS
Ô sort heureux, aimable jour !
O kindly fate, O happy day!
Lovers here take their ease, Their desire but to please!
Que ces lieux sont charmants Pour les heureux amants ! Suite de la Passacaille
Passacaglia (cont.)
LE PRINCE, alternativement avec LE CHŒUR
THE PRINCE, alternating with the chorus
C’est l’Amour qui retient dans ses chaînes Mille oiseaux qu’en nos bois nuit et jour on entend. Si l’amour ne causait que des peines, Les oiseaux amoureux ne chanteraient pas tant.
Countless birds caught in Cupid’s strong chains Fill these woods with their amorous song night and day. If love only brought woe, their refrains Could not sound half so tuneful, so sweet, or so gay.
Suite de la Passacaille
Passacaglia (cont.)
LE PRINCE, alternativement avec LE CHŒUR
THE PRINCE, alternating with the chorus
Jeunes cœurs, tout vous est favorable ; Profitez d’un bonheur peu durable. Dans l’hiver de nos ans, l’Amour ne règne plus. Les beaux jours que l’on perd sont pour jamais perdus.
Seek, young lovers, your heart’s true desire; In life’s winter, Love’s reign will expire. Make good use of your youth – alas, ‘tis insecure. Savour summer’s blue skies: they will not long endure.
Les plaisirs ont choisi pour asile Ce séjour agréable et tranquille ; Que ces lieux sont charmants Pour les heureux amants !
All the pleasures are found in these bowers, This calm refuge bejewelled with flowers; Lovers here take their ease, Their desire but to please!
JEAN-BAPTISTE LULLY (1632-1687) Armide (1686) 33 PASSACAILLE
33 Passacaglia
LE PRINCE, alternativement avec LE CHŒUR
Les plaisirs ont choisi pour asile Ce séjour agréable et tranquille ; 60
THE PRINCE, alternating with the chorus
All the pleasures are found in these bowers, This calm refuge bejewelled with flowers; 61
Donner de la voix
Faire rayonner la musique française des xvii et xviiie siècles
La Fondation Orange s’engage pour la création et la diffusion musicale. Depuis 30 ans, elle accompagne des jeunes artistes et groupes musicaux, soutient des festivals à la programmation audacieuse et participe aux retransmissions d’opéras en plein air et en salles de cinéma.
Rayonnant aux xviie et xviiie siècles sur l’ensemble de l’Europe, la France voit naître des genres musicaux atypiques aux formes audacieuses qui font toute la valeur de son patrimoine. Les noms de Lully, Rameau, Campra, Charpentier témoignent, aux côtés de tant d’autres, de l’extraordinaire foisonnement artistique de cette période. Ce riche patrimoine musical sombre pourtant dans l’oubli après la Révolution française. Il faudra attendre les années 80 pour que le mouvement du « renouveau baroque » s’emploie à le faire revivre. Le Centre de musique baroque de Versailles est alors créé en 1987 pour redécouvrir et valoriser le patrimoine musical français xviie et xviiie siècles dans le monde. Il met en œuvre des activités de recherche, d’édition, de formation vocale et instrumentale, de production artistique et d’actions culturelles avec ses partenaires, et met à leur disposition une diversité de ressources. Le CMBV est soutenu par le ministère de la Culture (Direction générale de la création artistique), l’Établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles, le Conseil régional d’Île-de-France, la Ville de Versailles et le Cercle Rameau (cercle des mécènes particuliers et entreprises du CMBV).
www.cmbv.fr 62
Crédit photo : Sylvain Giles
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Fondation
FONDATION BRU
VOUS AIMEZ LA MUSIQUE, NOUS SOUTENONS CEUX QUI LA FONT
Au service de grandes causes, la Fondation Bru offre aux talents et aux belles initiatives, les moyens d’aller de l’avant, pour changer durablement les choses. Créée à l’initiative du docteur Nicole Bru afin de pérenniser la mémoire des créateurs des Laboratoires UPSA, elle soutient et accompagne dans la durée des projets innovants, bien conçus, portés par une vision à long terme… les rendant parfois tout simplement possibles. Engagée, profondément humaniste, pionnière, à l’image de la famille de chercheurs entrepreneurs dont elle porte le nom, la Fondation Bru place l’homme au cœur de ses actions et intervient dans des domaines très variés. Par son mécénat culturel, la Fondation Bru contribue à la sauvegarde de patrimoines, favorise la diffusion des connaissances et l’émergence de nouveaux talents et fait partager des émotions.
DEPUIS 30 ANS, MÉCÉNAT MUSICAL SOCIÉTÉ GÉNÉRALE EST PARTENAIRE DE LA MUSIQUE CLASSIQUE. MECENAT MUSICAL.SOCIETEGENERALE.COM
Parmi ses engagements en faveur de la musique : - Le Concert Spirituel Les docteurs Jean et Nicole Bru ont assuré un soutien indéfectible à Hervé Niquet dès 1987. La Fondation Bru a pris le relais, pour contribuer au rayonnement de la musique baroque en Europe et dans le monde. - Le Palazzetto Bru Zane – Centre de musique romantique française Cette fondation œuvre, depuis Venise, à la redécouverte du patrimoine musical français du grand XIXe siècle.
fondation-bru.org Société Générale, S.A. au capital de 1 009 897 173,75 € – Siège social : 29 bd Haussmann 75009 Paris - 552 120 222 RCS Paris - ©Cyril Masson - FRED & FARID Paris
Recorded in October 2017 at Opéra Royal de Versailles (France) Manuel Mohino Recording producer, editing & mastering Programme en coproduction avec le Centre de musique baroque de Versailles et Le Concert Spirituel John Thornley english translation Silvia Berutti-Ronelt german translation Valérie Lagarde design & artwork bewitched, 1964, collection christophel © ashmont productions / screen gems television cover François Berthier inside photo (p.13) Le Concert Spirituel inside photos (p.24-25) ALPHA CLASSICS Didier Martin director Louise Burel production Amélie Boccon-Gibod editorial coordinator Le Concert Spirituel 42, rue du Louvre F-75001 Paris Phone +33(0)1 40 26 11 31 CONCERTSPIRITUEL.COM
Créé en 2014, le fonds de dotation du Concert Spirituel, sous la présidence de Jean-Jacques Aillagon, permet aux entreprises et particuliers d’accompagner Le Concert Spirituel dans son développement. Les dons collectés assurent le rayonnement de l’ensemble en France et dans le monde, au service du patrimoine musical français, à travers des productions prestigieuses. Outil de soutien indispensable à la redécouverte de chefs-d’œuvre inédits, le fonds de dotation propose à ses mécènes une véritable immersion au cœur de la création, autour d’Hervé Niquet et de son équipe.
concertspirituel.com 66
© Thierry Nava - Spectacle Groupe F
Le Concert Spirituel remercie les mécènes de son fonds de dotation, en particulier le groupe SMA, mécène de la grande production lyrique de la saison, ainsi que les mécènes individuels de son Carré des Muses.
Aude Massiet du Biest director Cléo Blassel production émilie-Charlotte François communication & partnership Justine Onimus fundraising Diane Terrier administration Isabelle Pichon-Varin production Juliana Richard booking ALPHA 442 p Le Concert Spirituel & Alpha Classics / Outhere Music France 2017 c Alpha Classics / Outhere Music France 2018
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