ANTONIO DRAGHI LEONARDO GARCÍA ALARCÓN
EL PROMETEO TRÜMPY CONNER I FLORES BRIDELLI I QUIZA WILDER I QUINTANS BEN HSAÏN LACHIRI TORRÈS I REINHOLD MEERAPFEL I MARTÍN-CARTÓN CAPPELLA MEDITERRANEA CHŒUR DE CHAMBRE DE NAMUR
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TRACKLIST FRANÇAIS ENGLISH DEUTSCH
SUNG TEXTS
ANTONIO DRAGHI
(1634-1700)
EL PROMETEO
CD1 1
OVERTURE
0’28
ACT I 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
SCENES 1 & 2 Soberana Hermosura PROMETEO, PELÉO, TETIS SCENE 3 SCENE 3 SCENE 4 SCENE 5 SCENE 6 SCENE 7 SCENE 8 SCENE 9 SCENE 10 SCENE 11
6’36
Bueno has quedado corazon amante PROMETEO Amante de Prometeo NISEA, PROMETEO, SATYRO Á del salado Reyno MERCURIO, NERÉO Tetis felice, y Hermosa NERÉO, TETIS Si en medio de ser divìna TETIS, PELÉO En fin con Doña Estatua embelesádo SATYRO, PROMETEO Que siempre llegue NISÉA, SATYRO, PROMETEO Prometeo MINERVA, PROMETEO, SATYRO Tus Bodas, gran Tonante PANDORA, JUPITER, MERCURIO, HERCULES, ARAGNE Ya Tetis, gran Neréo TETIS, JUPITER, PELÉO, NERÉO, ARAGNE, HERCULES, PANDORA, NEREYDAS & TRITONES
1’32
Que firme, que esento PROMETEO, SATYRO Que roban, que llevan PANDORA, JUPITER Padre HERCULES, MERCURIO, JUPITER, PANDORA Tu Mercurio vuela JUPITER, MERCURIO, HERCULES Quando fin dará el deséo PELÉO, TETIS Tu Padre, Tetis, Señores PELÉO, NERÉO, ARAGNE
3’22
7’05 5’02 2’35 4’40 1’17 1’41 5’34 5’36 5’19
ACT II 13 14 15 16 17 18
SCENE 1 SCENE 2 SCENE 3 SCENE 4 SCENE 5 SCENE 6
1’53 1’23 2’42 2’34 2’05
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CD2 1 2 3 4 5 6
SCENE 7 SCENE 8 SCENE 9 SCENE 10 SCENE 11 SCENE 12
A Fama CORO, MINERVA, PROMETEO, SATYRO O Fuego soberáno PROMETEO, ESTATUA, SATYRO Quien de los Cielos profano MERCURIO, PROMETEO En busca de mi amante NISEA, PROMETEO A adorar las cenizas de mi amada PROMETEO, SATYRO, MERCURIO, PANDORA Ay de la vida CORO
4’42
No ha de rendirte parias MINERVA, ARAGNE Dioses, pues no hay remedio MINERVA, PROMETEO Pues fuiste en mi mal PROMETEO Hasta quando, amorosos desaciertos PROMETEO, NISEA Sentida PROMETEO, SATYRO Si la vista real, al delinquente JUPITER, PROMETEO, HERCULES, MERCURIO, PANDORA A Imperio fulminante HERCULES, PROMETEO Satyro fiel, consuelete mi pena NISEA, SATYRO Araña se mira Aragne PELÉO, TETIS, JUPITER, PANDORA, MERCURIO Pues toco, pues miro NERÉO O Suma Deidad NERÉO, TETIS, MERCURIO, PELÉO, PANDÓRA, ARAGNE, HERCULES, PROMETEO Y a tus plantas NISEA, MINERVA De tan fina Beldad JUPITER, PROMETEO, NISÉA
8’19
4’37 0’44 3’03 2’29 2’30
ACT III 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19
SCENE 1 SCENE 2 SCENE 3 SCENE 4 SCENE 5 SCENE 6 SCENE 7 SCENE 8 SCENE 9 SCENE 10 SCENE 11 SCENE 11 SCENE 11
ACT III COMPOSED BY LEONARDO GARCÍA ALARCÓN TOTAL TIME: 128’34
4’11 4’16 4’37 4’27 2’17 1’38 3’40 7’00 1’19 2’17 2’48 1’50
FABIO TRÜMPY TENOR PROMETEO SCOTT CONNER BASS PELEO MARIANA FLORES SOPRANO TETIS GIUSEPPINA BRIDELLI MEZZO-SOPRANO NISEA BORJA QUIZA BARITONE SATYRO ZACHARY WILDER TENOR MERCURIO ANA QUINTANS SOPRANO MINERVA KAMIL BEN HSAÏN LACHIRI BARITONE HERCULES VICTOR TORRÈS BARITONE NEREO ANNA REINHOLD MEZZO-SOPRANO PANDORA ALEJANDRO MEERAPFEL BARITONE JUPITER LUCÍA MARTÍN-CARTÓN SOPRANO ARAGNE CHŒUR DE CHAMBRE DE NAMUR GWENDOLINE BLONDEEL, ESTELLE LEFORT, AURÉLIE MOREELS, CAROLINE VILLAIN SOPRANOS ANAÏS BRULLEZ, CECIL GALLOIS, LOGAN LOPEZ GONZALEZ, ANNE MAUGARD ALTOS & COUNTERTENORS PETER DE LAURENTIIS, THIERRY LEQUENNE, MAXIME MELNIK, FREDERICO PROJECTO TENORS JAVIER CUEVAS JIMENEZ, PHILIPPE FAVETTE, SERGIO LADU, JEAN-MARIE MARCHAL BASSES
6
ANOS
UNTERTENORS
ENORS
CAPPELLA MEDITERRANEA LEONARDO GARCÍA ALARCÓN CONDUCTOR FABIÁN SCHOFRIN ARTISTIC DIRECTION ASSISTANT, ASSISTANT TO MUSICAL DIRECTOR RODRIGO CALVEYRA, GUSTAVO GARGIULO RECORDER & CORNETT JOSE RODRIGUES GOMES BASSOON* FABIEN CHERRIER, JEAN-NOËL GAMET SACKBUTS VERONIKA SKUPLIK, SUE-YING KOANG VIOLIN I STÉPHANIE DE FAILLY, AMANDINE SOLANO VIOLIN II LOLA FERNANDEZ, SAMANTHA MONTGOMERY VIOLA DIANA VINAGRE CELLO* JUAN MANUEL QUINTANA, MARGAUX BLANCHARD VIOLA DA GAMBA* ERIC MATHOT DOUBLE BASS* MARIE BOURNISIEN HARP* MONICA PUSTILNIK ARCHLUTE AND ASSISTANT VOCAL DIRECTOR QUITO GATO THEORBO & GUITAR* JACOPO RAFFAELE HARPSICHORD* ARIEL RYCHTER HARPSICHORD, ORGAN, PORTATIVE, FLUTE, AND ORCHESTRATION ASSISTANT MARIE-ANGE PETIT PERCUSSIONS *BASSO CONTINUO
ASSES
7
PHOTOS FROM THE DIJON OPERA PRODUCTION, JUNE 2018 (DIRECTED BY LAURENT DELVERT, BASED ON WORKING SKETCHES BY GUSTAVO TAMBASCIO / COSTUMES BY JESÚS RUIZ)
PROMÉTHÉE EN SCÈNE ET EN MUSIQUE LE PROMETEO DE DRAGHI (VIENNE, 1669) PAR JEAN-FRANÇOIS LATTARICO
Né à Rimini en 1635 et mort à Vienne en 1700, Antonio Draghi est le compositeur le plus important au service des Habsbourg. Il exerça les fonctions à la fois de chanteur, dramaturge, compositeur et imprésario. Après une courte carrière comme chanteur à Ferrare, il arrive à Vienne en 1658 et devient chantre de la chapelle impériale. Dès 1661, il commence à écrire des livrets, d’abord de sepolcri (variante viennoise de l’oratorio), puis d’opéras. Il collabore avec les grands compositeurs de l’époque (Bertali, Sances, Schmelzer, Ziani). De poète aguerri, il passe à la composition. Pendant plus de trente ans, il fournit des opéras aussi bien pour les célébrations princières que pour le Carnaval, mettant souvent en musique ses propres livrets. Compositeur prolifique, il écrit plus de cent soixante œuvres dans tous les genres dramatiques (opéras, fêtes théâtrales, ballets, oratorios), très largement inédits. D’une portée universelle, le mythe de Prométhée est le symbole de la création artistique et de l’intelligence humaine. Dans la Théogonie d’Hésiode, épopée de la naissance des dieux, Prométhée est le fils d’un Titan, il a trois frères, dont Atlas, chargé de soutenir le monde sur ses épaules, et Épiméthée, créateur des animaux, qui eut le malheur d’accepter un présent des dieux, Pandore, dont la fameuse boîte renferme tous les maux de l’humanité. Prométhée représente la sagesse et la réflexion, Épiméthée l’étourderie et la maladresse. Les deux frères 10
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C’est sur la base de cette pièce que Draghi écrit sa version, d’abord en italien (Benche vinto, vince Amore o il Prometeo), puis traduit en espagnol (Aun vencido vence Amor o El Prometeo). L’opéra est donné le 22 décembre 1669 pour l’anniversaire de la reine d’Espagne. Le compositeur a procédé à des aménagements : Épiméthée a disparu, remplacé par Pélée, tandis que Pallas ne forme qu’une seule entité avec Minerve. Opéra de cour, la dimension spectaculaire y est essentielle, présente dès la scène liminaire qui montre la déesse Thétis sur un énorme coquillage, accompagnée de Tritons et de Néréides. La complexité de la scénographie se reflète dans celle de l’intrigue qui mêle plusieurs histoires parallèles. Épris de Thétis, Prométhée – secrètement aimé par la nymphe Nisea – se voit préférer son rival Pélée, mais Jupiter aspire à épouser la déesse, à son grand désespoir. C’est ce même dépit amoureux qui pousse Prométhée à sculpter une statue – son seul objet d’amour – plongeant à son tour Nisea dans le désespoir. Jupiter apprend par Pandore que Junon a été mise au parfum et qu’il doit suspendre son mariage. Une phrase ambiguë de Thétis trouble aussi bien Pélée que Jupiter, chacun croyant qu’elle accepte les noces avec l’autre. 11
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sont au centre d’une querelle qui les oppose aux dieux, car pour avoir osé les défier, Zeus refusa de leur accorder l’usage du feu. Prométhée sera châtié pour l’avoir dérobé : enchaîné à une colonne, son foie sera dévoré par un vautour. Ironie du sort, il devra sa délivrance à Héraclès, Zeus voulant ajouter un nouveau titre de gloire aux exploits de son fils. Après avoir inspiré Eschyle, Boccace et Érasme, le mythe apparaît au théâtre, notamment dans la comédie de Calderón, La estatua de Prometeo, représentée à Madrid en 1669, la même année que l’opéra de Draghi dont il constitue la source directe. En partie mêlée de musique, la pièce de Calderón oppose Prométhée et Épiméthée, Minerve et Pallas, suggérant une opposition entre la sagesse associée au savoir (Prométhée/Minerve) et la passion associée à la guerre (Épiméthée/Pallas).
Au second acte, accompagné par son fidèle Satyre, Prométhée est à la recherche du feu, sans lequel il n’y a point de vie. Grâce à une canne, il parvient à saisir une flamme du soleil et à donner vie à la statue, provoquant la colère de Jupiter qui réclame à Pandore vengeance, ainsi qu’à Mercure qui devra l’enchaîner sur le mont Caucase. La statue est détruite, Prométhée est désespéré, et Nisea, toujours en aparté, croit qu’il s’adresse à elle. Le comble du quiproquo est atteint quand apparaissent les deux amants Thétis et Pélée. L’acte s’achève sur le héros enchaîné qui déclame une longue plainte bouleversante, reprise par un chœur de mortels affligés. Dans le dernier acte, un second châtiment frappe Arachné, punie par Minerve et transformée en araignée pour avoir osé défier les dieux en lui offrant un voile magnifique qu’elle avait tissé : elle sera condamnée à tisser les fils de ses propres viscères. Arrive la scène la plus spectaculaire de l’opéra : un vautour se précipite sur Prométhée et lui ronge le foie, poussant Satyre, qui craint pour sa propre vie, à quitter son maître. Parce qu’il s’agit d’un opéra allégorique, Draghi reprend le final de la source antique imaginé par Hésiode en montrant un Jupiter magnanime qui accorde à Prométhée son pardon et demande à son fils Hercule de le libérer : dans un opéra qui célèbre les vertus du souverain, la vraie gloire réside dans le pardon. Un degré supplémentaire dans l’exercice de la vertu est atteint lorsque Jupiter renonce à l’affection de sa nymphe et lui concède l’amour de Pélée. Enfin, Nisea est récompensée pour sa constance et obtient les faveurs de Prométhée. Sur cette intrigue foisonnante, Draghi a composé une partition d’une grande beauté. Une brève ritournelle orchestrale ouvre l’opéra et l’œuvre, typique du style espagnol, est constamment chantante : une forme de mélodie continue la traverse, variante ibérique et plus expressive du recitar cantando des Florentins. Les dialogues sont vifs, théâtralement toujours efficaces 12
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(le dialogue in absentia entre les deux rivaux, I, 2 ; celui entre Prométhée et son serviteur, I, 8, ou entre Minerve et Prométhée à la scène suivante). Les plaintes abondent, magnifiques, de Nisea (« Mal aya el necio temor », I, 3) ou de Prométhée (« ¡Ay de la vida! », II, 11), ainsi que les chœurs, élément fondamental de l’opéra de cour qui toujours lorgnent du côté de la tragédie, à la fin de chaque acte (Chœur des Néréides à l’acte I, des Mortels affligés à l’acte II), mais aussi dans le corps même de l’opéra (Chœur de ceux qui transportent la statue à la scène 5 de l’acte II, précédé d’une magnifique « sonatine », tandis que le chœur des Néréides célébrant les noces de Thétis intervient deux scènes avant la fin de l’opéra). Bien que notées rudimentairement, les ritournelles abondent entre les strophes des arias et en ouverture de celles-ci, comme dans la superbe intervention de Thétis qui s’interroge sur la valeur de son statut divin lorsqu’elle ne peut assouvir ses désirs (« Sienmedio de ser divina », I, 6). La rencontre entre Prométhée et la statue qui s’anime est un des grands moments de l’opéra, tout comme la scène spectaculaire de sa destruction, suivie du chœur des affligés, comme une transcription opératique des girons de l’Enfer dantesque. Comme tout opéra de cour, les actes s’achèvent par des ballets (Néréides et des Tritons, « ballet ridicule de bossus, boiteux et estropiés », mais le troisième, également prévu – Satyre dit qu’il « ouvre le bal » –, n’est pas spécifié). Comme souvent, la partition ne comporte pas la musique de ballet composée par J. H. Schmelzer. Mais on a une idée précise des effectifs, car on trouve dans la partition de Gundeberga de Draghi l’indication de « cornemuses, buccins et autres instruments maritimes » pour le ballet du troisième acte qui concerne, comme dans le Prometeo, une danse de Néréides et de Tritons. Hélas, la musique du troisième acte a disparu : elle a dû être composée par le chef Leonardo García Alarcón, qui s’est ainsi transformé à son tour en moderne Prométhée, permettant à ce chef-d’œuvre, telle la fragile statue du héros, de connaître une seconde vie.
ENTRETIEN AVEC LEONARDO GARCÍA ALARCÓN COMMENT ÊTES-VOUS ENTRÉ EN CONTACT AVEC CETTE PARTITION D’EL PROMETEO ET QU’EST-CE QUI VOUS A DÉCIDÉ À LA MONTER PLUTÔT QU’UNE AUTRE ? Je me suis beaucoup intéressé ces dernières années à la Bibliothèque Léopoldine de Vienne. Un jour, Jean-François Lattarico, un grand connaisseur des livrets d’opéra des XVIIe et XVIIIe siècles, m’a fait remarquer qu’en réalité, et contrairement à ce qui était inscrit dans le catalogue de la Bibliothèque, le titre de cet opéra de Draghi n’était pas Il Prometeo, mais El Prometeo, c’est-à-dire qu’il s’agissait non d’une œuvre en italien, mais en espagnol, en castillan. J’ai alors pris conscience que des artistes comme Gabriele Garrido ou Jordi Savall, qui ont tant fait pour la redécouverte du patrimoine musical en espagnol, n’avaient sans doute jamais été en contact avec cette partition. Dans le cas contraire en effet, ils s’y seraient sûrement intéressés. El Prometeo date de 1669. Les deux premiers opéras en espagnol connus, La Púrpura de la Rosa et Celos aún del aire matan de Juan Hidalgo de Polanco, datent de 1660 et 1662. Nous avons là une œuvre qui appartient donc à la naissance du genre, et son importance historique est essentielle. Par ailleurs, un compositeur comme Antonio Draghi s’inscrivait totalement dans le prolongement naturel du répertoire de la Cappella Mediterranea, puisque c’est un continuateur de Monteverdi et de Cavalli, dont il a chanté les œuvres dans sa jeunesse. Il était en effet l’un des chanteurs de la création d’Erismena, que nous avons donné au Festival d’Aix-enProvence. Il est un héritier direct de l’art de la mélodie cavallienne. C’est un aspect de sa musique que l’on retrouve dans El Prometeo, associé à un sens dramatique plus monteverdien et à une forme d’adaptation aux coplas espagnoles. 14
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PEUT-ON ALORS CONSIDÉRER QU’IL Y A UNE FILIATION HISTORIQUE ENTRE L’OPÉRA TEL QU’IL SE PRATIQUE À VIENNE DANS LA SECONDE MOITIÉ DU XVIIE ET CE QU’IL SERA UN SIÈCLE PLUS TARD ? Il y a une grande filiation ! Par exemple en ce qui concerne les types de personnages. Le personnage bouffe du Satyre dans El Prometeo est une sorte de Leporello du XVIIe siècle, y compris dans l’écriture musicale. Nisea est quant à elle une sorte de mélange d’Elvire et de Barberine, un personnage qui observe et à la fois conduit. Du point de vue des livrets comme de la musique, il y a une grande continuité. Cesti, Draghi/Minato, Caldara/Métastase, Lotti, Jommelli, que Mozart admirait, Salieri forment une chaîne dont Mozart est indubitablement l’héritier, lui qu’on pourrait considérer comme le plus grand compositeur italien. Le chromatisme, la puissance harmonique de sa musique sont liées en réalité avec l’art madrigalesque du XVIe siècle et les opéras de Monteverdi, un aspect qui, pour la génération de Cavalli, faisait « vieille musique », mais qui reste présent dans la musique de Draghi et sera une dimension essentielle de la musique autrichienne. DANS QUEL ÉTAT NOUS EST PARVENUE CETTE PARTITION D’EL PROMETEO ? Je dois dire que lorsque j’ai proposé à l’Opéra de Dijon de monter El Prometeo, j’étais sincèrement persuadé qu’on trouverait à Vienne quelque part dans une archive le troisième acte, qui manque dans la partition. Quand il a été évident qu’on ne le trouverait pas, il ne restait qu’une alternative : ou bien on abandonnait le projet, ou bien il me fallait le composer. Je crois que la qualité des deux premiers actes est trop grande et originale pour qu’on puisse laisser cette pièce dans l’oubli. J’ai donc composé tout le troisième acte, qui est le plus dramatique, pour que l’opéra puisse être donné dans une forme complète et je l’espère cohérente. Cela a été une expérience extraordinaire, une façon tout à fait inhabituelle d’entrer dans l’œuvre. Je 15
n’imaginais pas à quel point, par exemple, le fait de composer pouvait modifier et approfondir la compréhension que l’on a d’un texte. Je veux dire par là que la musique que l’on a soimême composée nous en apprend sur le texte lui-même. Je pense notamment au passage où Thétis explique à Jupiter que leur mariage donnerait naissance à un fils qui tuerait son père. Lorsqu’on commence à le composer, que la musique nous oblige à entrer dans les affects qui sont en jeu, on comprend alors qu’en réalité, Thétis aime Jupiter, et renonce à lui pour le protéger. Se mettre ainsi à la place du compositeur m’a fait comprendre le texte à un niveau supérieur. Le compositeur fait œuvre de dramaturge. AVEZ-VOUS PU FAIRE ABSTRACTION DE TOUTE LA MUSIQUE ULTÉRIEURE À DRAGHI, QUI VOUS A ELLE AUSSI IMPRÉGNÉ ET CONSTRUIT EN TANT QUE MUSICIEN ? Je me suis imposé, certes, de ne jamais trahir un langage que Draghi avait déjà développé dans les premier et deuxième actes. J’ai pris tous mes éléments dans ces deux actes, comme un peintre ne prendrait ses couleurs que dans une palette déterminée. Par contre, j’ai choisi d’avancer progressivement dans le temps de l’histoire de l’opéra viennois. J’ai commencé dans un style plutôt proche de Cesti, puis de Draghi, puis de Caldara, pour finir, dans le dernier air de Minerva, dans un style mozartien. C’est en quelque sorte un hommage que j’ai voulu rendre à l’opéra autrichien, à cette histoire qui n’est pas prise en compte dans l’historiographie habituelle. À proprement parler, si je me suis inspiré de la manière dont Draghi traite la mélodie et la basse, je n’ai pas cherché à écrire dans son style, à en faire une imitation. J’ai écrit une musique au dramatisme assez monteverdien, qui était appelé par le texte, et par le fait que Draghi lui-même, lorsque Prometeo est abandonné, par exemple, choisit un style monteverdien plus pur que Cavalli ne l’utilisera jamais. J’ai aussi respecté jusqu’à la fin les tessitures précises choisies par Draghi pour ses personnages : je ne les fais jamais aller plus bas ou plus 16
QUELS INSTRUMENTS ET QUELS EFFECTIFS AVEZ-VOUS CHOISIS ? Nous sommes assez bien renseignés sur le type d’instruments qui étaient utilisés à l’époque à Vienne et sur les choix de Draghi. Par exemple dans son opéra Le piramidi d’Egitto, il indique pour toutes les ritournelles luth, guitare, viole de gambe et violoncelle, ce qui est très surprenant : on n’aurait pas nécessairement l’idée d’associer un luth, qui est un instrument de cour, et une guitare, qui est un instrument populaire. Pour le reste, la contrainte commerciale qui existait à Venise n’avait pas lieu d’être à la cour de Vienne, qui était très riche. On peut imaginer que pour les pièces les plus ambitieuses, il pouvait y avoir entre 40 et 50 musiciens, comme pour Ercole amante de Cavalli à Paris en 1662. Pour El Prometeo, par contre, qui était un opéra destiné à des représentations privées à la cour, les effectifs étaient inférieurs. Nous avons donc choisi un effectif légèrement plus petit mais riche, avec cornets, flûtes, sacqueboutes, bassons, harpe, cordes et deux clavecins. La partition n’indique pas d’orchestration, bien sûr. Y sont seulement notés la partie la plus aiguë, la basse et le nombre de voix instrumentales. Il nous appartient, comme dans la plupart des œuvres de l’époque, d’écrire les parties intermédiaires, ce qui a été réalisé ici par mon assistant Aryel Richter pour les deux premiers actes, et de déterminer quels instruments utiliser. Pour cela, on possède grâce à l’Orfeo de Monteverdi et à d’autres pièces de cour des informations capitales : par exemple que tout ce qui est aquatique est confié aux sacqueboutes, ce qui est douloureux aux cornets, la colère aux violons très rapides, les ambiances bucoliques aux flûtes et violes de gambe, etc. On connaît donc plus ou moins comment peindre, de manière réthorique, avec les différents timbres instrumentaux, tel qu’on le faisait à l’époque. Propos recueillis par Stephen Sazio, dramaturge de l’Opéra de Dijon (mai 2018)
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haut que ce qu’ils chantent dans les deux premiers actes. Minerva par exemple atteint le si bémol aigu, ce qui est une première dans l’histoire de la musique à cette époque. Je me suis donc permis et presque obligé de le réutiliser au troisième acte.
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LEONARDO GARCÍA ALARCÓN APRÈS AVOIR ÉTUDIÉ LE PIANO EN ARGENTINE, LEONARDO GARCÍA ALARCÓN S’INSTALLE EN EUROPE EN
1997 ET INTÈGRE LE CONSERVATOIRE DE GENÈVE DANS LA CLASSE DE LA CLAVECINISTE CHRISTIANE JACCOTTET. C’EST SOUS L’ÉGIDE DE GABRIEL GARRIDO QU’IL SE LANCE DANS L’AVENTURE BAROQUE. IL CRÉE SON ENSEMBLE CAPPELLA MEDITERRANEA, RESPONSABILITÉ QU’IL CUMULE PEU APRÈS AVEC CELLE DU MILLENIUM ORCHESTRA, QU’IL FONDE POUR ACCOMPAGNER LE CHŒUR DE CHAMBRE DE NAMUR, DONT IL PREND LA DIRECTION EN 2010. IL SE PARTAGE ENTRE GENÈVE, LA FRANCE (NOTAMMENT COMME PILIER ASSIDU DU FESTIVAL D’AMBRONAY ET ARTISTE EN RÉSIDENCE À L’OPÉRA DE DIJON), LA BELGIQUE, MAIS AUSSI DES RETOURS SPORADIQUES DANS SON AMÉRIQUE DU SUD NATALE. UNE FORME D’ÉCLECTISME GÉOGRAPHIQUE, À LAQUELLE CORRESPOND SON RÉPERTOIRE. ON LUI DOIT LA REDÉCOUVERTE DES OPÉRAS DE CAVALLI : ELIOGABALO, POUR OUVRIR LA SAISON DE L’OPÉRA DE PARIS EN 2016, IL GIASONE À GENÈVE, ERISMENA AU FESTIVAL D’AIX-EN-PROVENCE EN 2017, EL PROMETEO D’ANTONIO DRAGHI EN 2018 À L’OPÉRA DE DIJON, OU ENCORE TOUJOURS À DIJON LA FINTA PAZZA DE FRANCESCO SACRATI, TOUT PREMIER OPÉRA IMPORTÉ D’ITALIE À PARIS. EN TANT QUE CHEF OU CLAVECINISTE, IL EST INVITÉ DANS LES FESTIVALS ET SALLES DE CONCERTS DU MONDE ENTIER. EN 2018, IL DIRIGE L’ORFEO DE MONTEVERDI DANS LA MISE EN SCÈNE DE SACHA WALZ AU STAATSOPER DE BERLIN. EN 2019, IL FAIT UN TRIOMPHE AVEC LES INDES GALANTES DE RAMEAU À L’OPÉRA BASTILLE À L’OCCASION DU 35OE ANNIVERSAIRE DE L’ACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUE. EN 2020, IL DIRIGERA ALCINA À LA TÊTE DE CAPPELLA MEDITERRANEA À NANCY ET DIJON AVANT DE REVENIR AU FESTIVAL D’AIX-EN-PROVENCE POUR UNE NOUVELLE PRODUCTION DE L’INCORONAZIONE DI POPPEA. SA DISCOGRAPHIE EST UNANIMEMENT SALUÉE PAR LA CRITIQUE. EN 2016, LEONARDO GARCÍA ALARCÓN ENREGISTRE CHEZ ALPHA CLASSICS I 7 PECCATI CAPITALI. UN PROGRAMME IMAGINAIRE AUTOUR D’AIRS DE MONTEVERDI, SALUÉ PAR LA PRESSE ET NOMINÉ DANS LA CATÉGORIE « MEILLEUR ENREGISTREMENT » AUX VICTOIRES DE LA MUSIQUE 2017. EN 2018 SORTENT L’ENREGISTREMENT DE JOAN MANUEL SERRAT DE VEZ EN CUANDO LA VIDA ET UN COFFRET CONSACRÉ À JACQUES ARCADELT QUI REMPORTE DE NOMBREUX PRIX. L’OPÉRA IL GIASONE SORT EN DVD CHEZ ALPHA CLASSICS EN 2019 AINSI QUE LE CD CONSACRÉ AUX MOTETS DE LULLY. LEONARDO GARCÍA ALARCÓN EST CHEVALIER DE L’ORDRE DES ARTS ET LETTRES. 18
CHŒUR DE CHAMBRE DE NAMUR DEPUIS SA CRÉATION EN
1987,
LE CHŒUR DE CHAMBRE DE NAMUR S’ATTACHE À LA DÉCOUVERTE
D’ŒUVRES INÉDITES TOUT EN ABORDANT LES GRANDES ŒUVRES DU RÉPERTOIRE CHORAL. INVITÉ DES FESTIVALS LES PLUS RÉPUTÉS D’EUROPE, IL TRAVAILLE SOUS LA DIRECTION DE CHEFS COMME OTTAVIO DANTONE, PETER PHILLIPS, CHRISTOPHE ROUSSET, JEAN-CHRISTOPHE SPINOSI, JÉRÉMIE ROHRER, ETC. À SON ACTIF IL A DE NOMBREUX ENREGISTREMENTS, TRÈS APPRÉCIÉS PAR LA CRITIQUE
(NOMINATIONS
AUX VICTOIRES DE LA MUSIQUE CLASSIQUE, CHOC DE CLASSICA, DIAPASON D’OR,
JOKER DE CRESCENDO,
4F DE TÉLÉRAMA, EDITOR’S CHOICE DE GRAMOPHONE, ICMA, PRIX CAECILIA DE LA PRESSE BELGE…). LE CHŒUR DE CHAMBRE DE NAMUR S’EST ÉGALEMENT VU ATTRIBUER LE GRAND PRIX DE L’ACADÉMIE CHARLES CROS EN 2003, LE PRIX DE L’ACADÉMIE FRANÇAISE EN 2006, L’OCTAVE DE LA MUSIQUE EN 2007 ET 2012 DANS LES CATÉGORIES « MUSIQUE CLASSIQUE » ET « SPECTACLE DE L’ANNÉE ». EN 2010, LA DIRECTION ARTISTIQUE DU CHŒUR A ÉTÉ CONFIÉE À LEONARDO GARCÍA ALARCÓN. DEPUIS 2016, IL A PARTICIPÉ À PLUSIEURS PRODUCTIONS SCÉNIQUES À L’OPÉRA DE PARIS (ELIOGABALO DE CAVALLI, LES INDES GALANTES DE RAMEAU) ET À L’OPÉRA ROYAL DE LIÈGE (DIDO AND AENEAS DE PURCELL). LA SAISON 2017-2018 A ÉTÉ MARQUÉE PAR LE 30E ANNIVERSAIRE DU CHŒUR. L’ORFEO DE MONTEVERDI A CONSTITUÉ LA PREMIÈRE ÉTAPE DE CET ANNIVERSAIRE, DANS L’EUROPE ENTIÈRE ET EN AMÉRIQUE DU SUD, BIENTÔT SUIVI DES GRANDS MOTETS DE LULLY, DE LA PASSIO DEL VENERDI SANTO DE VENEZIANO, D’ŒUVRES DE JACQUES ARCADELT ET DE L’ORATORIO SAMSON DE HAENDEL, TOUS DIRIGÉS PAR LEONARDO GARCÍA ALARCÓN. EN 2019, LE CHŒUR DE CHAMBRE DE NAMUR A ABORDÉ, ENTRE AUTRES, SAÜL DE HANDEL ET ISIS DE LULLY. LE RÉPERTOIRE ABORDÉ PAR LE CHŒUR EST TRÈS LARGE, PUISQU’IL S’ÉTEND DU MOYEN-AGE À LA MUSIQUE CONTEMPORAINE. LE CHŒUR DE CHAMBRE DE NAMUR BÉNÉFICIE DU SOUTIEN DE LA FÉDÉRATION WALLONIEBRUXELLES (SERVICE DE LA MUSIQUE ET DE LA DANSE), DE LA LOTERIE NATIONALE, DE LA VILLE ET DE LA PROVINCE DE NAMUR. CAVEMA.BE 19
CAPPELLA MEDITERRANEA L’ENSEMBLE CAPPELLA MEDITERRANEA A ÉTÉ FONDÉ EN LEONARDO GARCÍA ALARCÓN. L’ENSEMBLE SE
2005 PAR LE CHEF SUISSE-ARGENTIN PASSIONNE À L’ORIGINE POUR LES MUSIQUES DU
BASSIN MÉDITERRANÉEN, ET ENTEND PROPOSER UNE AUTRE APPROCHE DE LA MUSIQUE BAROQUE LATINE. DIX ANS PLUS TARD, LE RÉPERTOIRE DE CAPPELLA MEDITERRANEA S’EST DIVERSIFIÉ. AVEC PLUS
45 CONCERTS PAR AN, L’ENSEMBLE EXPLORE LE MADRIGAL, LE MOTET POLYPHONIQUE ET L’OPÉRA. L’ENSEMBLE S’EST FAIT CONNAÎTRE À TRAVERS LA REDÉCOUVERTE D’ŒUVRES INÉDITES ISSUES, POUR LA PLUPART, DE LA MUSIQUE SICILIENNE TELLES QU' IL DILUVIO UNIVERSALE ET NABUCCO DE MICHELANGELO FALVETTI, MAIS AUSSI EN PROPOSANT DE NOUVELLES VERSIONS D’ŒUVRES DU RÉPERTOIRE TELLES QUE LES VESPRO DELLA BEATA VERGINE OU L' ORFEO DE MONTEVERDI, DONT LA CRÉATION À SAINT-DENIS EN JUIN 2017 TOURNE EN EUROPE ET EN AMÉRIQUE LATINE, OU ENCORE LA MESSE EN SI QUI A INAUGURÉ LE FESTIVAL BACH DE LAUSANNE À L’OCCASION DE SES 20 ANS EN NOVEMBRE 2017. LES PROJETS D’OPÉRA S’ENCHAÎNENT CES DERNIÈRES ANNÉES : ALCINA DE HAENDEL EN 2016, IL GIASONE EN 2017 ET KING ARTHUR EN 2018 À L’OPÉRA DES NATIONS AVEC LE GRAND THÉÂTRE DE GENÈVE, AVANT MÉDÉE AU GRAND THÉÂTRE DE GENÈVE EN 2019, ELIOGABALO DE CAVALLI EN 2016 À L’OPÉRA NATIONAL DE PARIS ET À L’OPÉRA D’AMSTERDAM EN 2017, ERISMENA DE CAVALLI À AIX-EN-PROVENCE, À L’OPÉRA ROYAL DE VERSAILLES EN 2017, ET AU LUXEMBOURG EN 2019. EN 2018, L’ENSEMBLE ENTRE EN RÉSIDENCE À L’OPÉRA DE DIJON POUR PLUSIEURS SAISONS AVEC UNE SÉRIE D’ŒUVRES INÉDITES COMME EL PROMETEO DE DRAGHI ET LA FINTA PAZZA DE FRANCESCO SACRATI. EN 2019 L’ENSEMBLE PARTICIPE AU TRIOMPHE DES INDES GALANTES DE RAMEAU À L’OPÉRA BASTILLE À L’OCCASION DES 30 ANS DU BÂTIMENT ET DES 350 ANS DE L’ACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUE. LA DISCOGRAPHIE DE CAPPELLA MEDITERRANEA COMPTE PLUS DE 30 DISQUES. I 7 PECCATI CAPITALI DE MONTEVERDI, PREMIÈRE COLLABORATION AVEC LE LABEL ALPHA CLASSICS, EST NOMMÉ AUX VICTOIRES DE LA MUSIQUE 2017. DE VEZ EN CUANDO LA VIDA SORT EN 2018, AINSI QUE LE COFFRET ARCADELT QUI REÇOIT UN DIAPASON D’OR. L’OPÉRA IL GIASONE, ENREGISTRÉ À GENÈVE, SORT EN DVD CHEZ ALPHA CLASSICS EN 2019, TOUT COMME LE CD EL PROMETEO. DE
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L’ENSEMBLE CAPPELLA MEDITERRANEA EST SOUTENU PAR LE MINISTÈRE DE LA CULTURE ET DE LA COMMUNICATION
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DRAC AUVERGNE RHÔNE ALPES, LA RÉGION AUVERGNE-RHÔNE-ALPES, LA VILLE
DE GENÈVE, UNE FONDATION DE FAMILLE SUISSE, UNE FONDATION PRIVÉE GENEVOISE, ET PAR SON CERCLE D’AMIS ET SON CERCLE DES ENTREPRENEURS AVEC QUINTEN, SYNAPSYS ET FRANÇOIS CHATILLON ARCHITECTE. L’ENSEMBLE CAPPELLA MEDITERRANEA EST MEMBRE DE LA FEVIS
(FÉDÉRATION
DES ENSEMBLES
VOCAUX ET INSTRUMENTAUX SPÉCIALISÉS) ET DU BUREAU EXPORT.
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PROMETHEUS ON STAGE, AND IN MUSIC DRAGHI’S PROMETEO (VIENNA, 1669) BY JEAN-FRANÇOIS LATTARICO Antonio Draghi (born in Rimini, 1635, died in Vienna 1700) was the most important composer in the service of the Hapsburgs, where he worked as a singer, dramaturge, composer and impresario. After a brief career as a singer in Ferrara, he arrived in Vienna in 1658, becoming precentor at the Imperial chapel. In 1661 he began to write libretti, initially for sepolcri (a Viennese variant of the oratorio) then for operas, collaborating with the great composers of the period (Bertali, Sances, Schmelzer, and Ziani). By now a seasoned poet, he moved on to composition, and for more than thirty years provided operas both for princely celebrations and for the Carnival, often setting his own libretti to music. He was a prolific composer, writing more than 160 works in all the dramatic musical genres (operas, theatre pageants, ballets, oratorios) most of which remain unpublished today. The Prometheus myth has a universal message, as a symbol of artistic creation and human intelligence. In Hesiod’s Theogony, his epic account of the birth of the gods, Prometheus is the son of a Titan, one of whose three brothers, Atlas, has the task of supporting the world on his shoulders, while another, Epimetheus, creator of the animals, unhappily accepts as a fateful gift from the gods a woman – Pandora – whose notorious box contains all the evils of humanity. These two brothers, Prometheus representing wisdom and reflection, Epithemeus clumsiness and negligence, are at the centre of a dispute in which they oppose the gods, 24
Based on this drama, Draghi first wrote his libretto in Italian (Benche vinto, vince Amore o il Prometeo) then translated it into Spanish (Aun vencido, vence Amor o El Prometeo). The opera was given on 22 December 1669 in honour of the birthday of the Queen of Spain. The composer had made some adjustments: Epimetheus disappeared, replaced by Peleus, while Pallas was fused with Minerva, becoming a single character. As a court opera, it had to be spectacular: and so it is, from the very opening scene showing the goddess Thetis on an enormous seashell, accompanied by Tritons and Nereids. The complexity of the stage scenery is matched by that of the plot, which mingles several parallel narratives. Prometheus, in love with Thetis – and secretly loved in turn by the nymph Nisea – is rejected in favour of his rival Peleus, who is thrown into despair when he hears that Jupiter intends to marry the goddess. Prometheus is impelled by his thwarted passion to carve a statue that will be the sole object of his love, which in turn plunges Nisea into despondency. Meanwhile, Pandora tells Jupiter that his wife Juno has caught wind of his plan, and he must postpone his marriage to Thetis, whose ambivalent mood towards Peleus and Jupiter make each think she intends to marry the other. 25
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whom they dare to defy; in return, Zeus refuses to allow them to have the use of fire. When he steals it, Prometheus is punished by being chained to a column, while a vulture devours his liver. By an irony of fate, he is eventually freed by Zeus’s son Heracles, to whose exploits Zeus wishes to add still further glory. Having inspired Aeschylus, Boccaccio and Erasmus, this myth surfaced in the theatre, notably in Calderón’s comedy La estatua de Prometeo (The Statue of Prometheus) presented in Madrid in 1669 – the direct source for Draghi’s opera given later the same year. The drama by Calderón, itself containing music, sets the figures of Prometheus and Epimetheus, Minerva and Pallas, suggesting an antithesis that opposes the wisdom associated with knowledge (Prometheus/Minerva) against the passions of warfare (Epimetheus /Pallas).
In Act Two Prometheus, accompanied by his faithful Satyr, is searching for fire, without which life is pointless. With the aid of a stick he manages to catch a flame from the sun, and to give life to his statue, provoking the anger of Jupiter who demands that Pandora wreak vengeance, and orders Mercury to chain the fire-stealer on the heights of the Caucusus. The statue is destroyed, Prometheus is in utter despair, and Nisea, looking on, thinks his words are directed at her. These misunderstandings are all crowned when the two lovers Thetis and Peleus appear. Act II ends with the hero in chains declaiming a long, moving lament, taken up by a chorus of afflicted mortals. In the final Act, Arachne too is punished: Minerva changes her into a spider, for having dared to challenge the gods by presenting Minerva with a magnificent veil she had spun herself: Arachne is condemned to spin the threads from her own innards. Now comes the most spectacular scene of the opera: a vulture attacks Prometheus and eats his liver, forcing Satyrus, fearing for his own life, to abandon his master. As this is an allegorical opera, Draghi concludes as in Hesiod’s account of the ancient myth, with a magnanimous Jupiter pardoning Prometheus and asking his son Hercules to free him: for in an opera celebrating the virtues of a sovereign ruler, true glory is seen to reside in clemency. Jupiter further exercises this virtue by renouncing his love for Thetis in favour of Peleus. Finally Nisea too is compensated for her constancy and wins the love of Prometheus. For this plot teeming with incident, Draghi composed an exquisitely beautiful score. A brief orchestral ritornello opens the opera, which is cantabile throughout, in typically Spanish style, permeated by a kind of melody that represents a more expressive, Iberian variant of the Florentine recitar cantando. The dialogues are lively, and always theatrically effective: such as the duo of the two separately soliloquizing rivals (Act I Scene 2), the scene between 26
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Prometheus and his servant (I: 8), and the scene that follows between Minerva and Prometheus. Magnificent laments abound, e.g. Nisea’s lament ‘Mal aya el necio temor’ (I: 3) and that of Prometheus ‘¡Ay de la vida!’ (II: 11). Magnificent too are the choruses, the fundamental element of court opera; they observe and comment on the drama at the end of each act (Chorus of the Nereids in Act I, Chorus of Afflicted Mortals in Act II) but also intervene in the middle of the operatic action itself, e.g. in Act II Sc. V, the Chorus of those carrying the statue, preceded by a magnificent ‘sonatina’, and two scenes before the end of the opera when the Chorus of Nereids celebrate the marriage of Thetis. Though only sketchily notated in the score, there is a wealth of ritornelli between the different verses of the arias, as well as introducing them, e.g. in the superb discourse of Thetis, who asks herself what use her divine status has, if she cannot fulfil her desires (‘Sienmedio de ser divina’, I: 6). The encounter between Prometheus and the statue coming to life is one of the great moments of the opera, as is the spectacular scene of its destruction, followed by the Chorus of the Afflicted, like an operatic transcription of one of the circles of Dante’s hell. As in every court opera, each Act ends with a ballet (the Nereids and Tritons; the ‘comic ballet of the hunchbacked, the lame, and the crippled’; and the third, final ballet, where the Satyr ‘opens the dance’ – not further described). As so often, the score does not include the ballet music, here composed by Schmelzer. However, we have a good idea of the instrumental forces used, as Draghi’s score for Gundeberga notes that ‘bagpipes, buccinas and other maritime instruments’ are used for that opera’s third-act ballet, which is of Nereids and Tritons – just like the first ballet in Prometeo. Unfortunately the music for Act III of El Prometeo has vanished without trace, so it had to be specially composed by the conductor Leonardo García Alarcón: like a modern-day Prometheus, he has enabled this masterpiece, like the hero’s fragile statue, to enjoy new life.
INTERVIEW WITH LEONARDO GARCÍA ALARCÓN
HOW DID YOU COME ACROSS EL PROMETEO, AND WHAT DECIDED YOU TO PERFORM THIS WORK IN PARTICULAR? For the past few years I’ve been really interested in the Leopoldina Library collection in Vienna; one day Jean-François Lattarico, a great expert in 17th- and 18th-century opera libretti, drew my attention to the fact that contrary to the entry in the library catalogue, the title of this opera by Draghi was not Il Prometeo, but El Prometeo, i.e. the work was not in Italian, but in Castilian Spanish. I realized that artists such as Gabriele Garrido and Jordi Savall, who have done so much to recover Hispanic musical patrimony, could not have already encountered this score: if they had, it would certainly have aroused their interest. El Prometeo dates from 1669; the first two known operas in Spanish, La Púrpura de la Rosa and Celos aún del aire matan (both by Juan Hidalgo de Polanco) date from 1660 and 1662. So here we have a work going back to the birth of opera – one of crucial historical importance. Besides, a composer such as Antonio Draghi fits perfectly into the natural extension of Cappella Mediterranea’s repertoire; he was a successor to Monteverdi and Cavalli, whose works Draghi himself sang in his early years – in fact he was one of the singers at the first performance of Erismena, an opera we have presented at the Aix-en-Provence Festival. Draghi is a direct heir of Cavalli’s melodic art, and this aspect of his music is very much in evidence in El Prometeo, together with a dramatic sense that is rather more Monteverdian, yet adapted to the Spanish poetic couplet. 28
It was the Romantic era that wrote the history of music, and its historians presented the great composers as Titan-like figures. In the very first biography of Johann Sebastian Bach in 1802, Nikolaus Forkel writes as if Bach had spontaneously materialized out of nowhere. The historians silently passed over all the music that influenced such composers, all the musical material they used as a basis. Bach himself towards the end of his life still described himself as a pupil of Lotti and Caldara – two opera composers in Vienna! As for Mozart, the historians repeatedly cite the views he expressed later on, when he regarded nearly all Italian composers as ‘charlatans’1, forgetting that his letters are also full of praise for Gian Francesco de Majo, an Italian composer almost totally forgotten today. The mythical building up of the great composers has completely isolated them from the music of their time and from their own musical pedigree. CAN ONE CLAIM AN HISTORICAL CONNECTION BETWEEN OPERA AS PRACTISED IN VIENNA IN THE SECOND HALF OF THE 17TH CENTURY, AND WHAT IT WOULD BECOME A CENTURY LATER? There’s a big connection! For example, if you look at the character types on stage, the buffo Satyr in El Prometeo is a sort of 17th century Leporello, also reflected in the music; while Nisea is a kind of combination of Elvira and Barberina, a character who observes yet also drives the action. In the libretti as in the music, there is a great sense of continuity. Cesti, Draghi with his librettist Minato, Caldara with Metastasio, Lotti, Jommelli (much admired by Mozart), and Salieri, all form a chain of which Mozart is indubitably the heir, in fact we might consider him the greatest Italian composer of all. The chromaticism and harmonic power of his music 1 In his correspondence Mozart applies the Italian term ‘ciarlatano’ to Muzio Clementi. 29
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WHEN DISCUSSING OPERA IN VIENNA, THE 17TH CENTURY IS VERY RARELY MENTIONED. AT BEST, WE HEAR ABOUT ITALIAN COMPOSERS OF THE FOLLOWING CENTURY WHO WERE MOZART’S CONTEMPORARIES, AND THEN MAINLY TO BELITTLE THEM…
are actually linked back to the art of the 16th century madrigal and the operas of Monteverdi: Cavalli’s generation already regard this style as ‘old music’, yet it remains present in Draghi, and was to be an essential dimension of Austrian music. TO BE CLEAR, CAN WE SAY DRAGHI WAS OPERATING IN VIENNA AS AN HEIR TO THE VENETIAN OPERA TRADITION? Absolutely. Venetian opera really took off in 1637 with the opening of the Teatro San Cassiano, the first commercial opera house open to the public: and it was in this form that opera was exported all over Europe. Compared with the Roman and Neapolitan schools of opera, Venice was like Broadway; it had above all to be entertaining, as the impresarios had to fill the auditorium! Draghi continued to compose this specifically Venetian form of entertainment, even though he intended it for the Viennese court. Accordingly, he invented the serenata, a little lyric form of about an hour’s duration on subjects that were often erotic, even downright pornographic; the Venetians themselves would probably have thought them far too daring, but they made the Viennese court laugh. IN WHAT SORT OF CONDITION HAS THE SCORE OF EL PROMETEO COME DOWN TO US? I must say, when I suggested a production of El Prometeo to the Dijon Opera I was genuinely convinced that somewhere in a Viennese archive we’d discover the third act, which is missing from the score. When it became clear that we were not going to find it, we had only one choice: either we abandoned the project, or I had to compose the missing section. I feel the quality of the first two acts is too great, too original, to let this piece return to oblivion. So I composed the third act, which is the most dramatic one, so that the opera could be given in a complete – and I hope coherent – form. It was an extraordinary experience, a completely unique way of 30
WERE YOU ABLE TO IGNORE ALL THE MUSIC THAT CAME AFTER DRAGHI, EVEN THOUGH IT MUST ALSO BE PART OF WHO YOU ARE AS A MUSICIAN? I certainly resolved not to be in any way unfaithful to the musical language Draghi had already formed in the first and second acts. I took all the elements I could from these two acts, like a painter choosing particular colours for his palette. On the other hand, I decided to advance progressively through the history of Viennese opera. I began in a style fairly close to Cesti, moving on to Draghi, then to Caldara, and in Minerva’s final aria I ended in a Mozartian style. In a way it was a homage I wanted to pay to the Austrian opera, and to this historical view that has not been generally taken into account. Strictly speaking, although I was guided by the way Draghi treats the melody and the bass, I did not try to to imitate him, to write in his style. The music I composed has a markedly Monteverdian theatricality, suggested partly by the text, partly by the fact that Draghi himself, once he had left Prometeo behind him, adopted an even more purely Monteverdian style than Cavalli. I also consistently maintained the precise vocal ranges Draghi allocated to his characters: I don’t have them singing any higher or lower than in the first two acts. For instance, Draghi gives Minerva a high B flat, which is an historical first in the music of this period. So I felt I was allowed and even virtually obliged to reuse the note in Act III. 31
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getting inside the work. For instance, I’d no idea how far composing could alter and deepen one’s understanding of a text. I’m thinking particularly of the passage where Thetis explains to Jupiter that if they were to marry, a son would be born who would kill his father. When you start to compose the scene, and the music forces you to get inside the ‘affects’, the emotions involved, you realize that Thetis actually loves Jupiter, and is giving him up to protect him. Putting myself in the composer’s place made me understand the text on a higher level. The composer actually does the work of a dramaturge.
MENU WHICH INSTRUMENTS AND WHAT KIND OF FORCES DID YOU CHOOSE? We know quite a lot about what sort of instruments were used at the time in Vienna, also about which ones Draghi would have selected. For example in his opera Le piramidi d’Egitto, for all the ritornelli he prescribes the lute, guitar, viola da gamba and cello: which is quite surprising, for we wouldn’t necessarily have the idea of linking the lute, an instrument of the court, with the guitar, which is a popular instrument. As for the rest of the ensemble, the commercial constraints of Venice would be irrelevant at the Viennese court, which was inordinately wealthy. One can surmise that for more ambitious works they might have had between 40 and 50 musicians, as was the case for Cavalli’s Ercole amante given in Paris in 1662. On the other hand, for El Prometeo, an opera intended for private performances at court, the forces would have been fewer in number. Therefore we chose an ensemble that is a little smaller but still lavish, with cornets, flutes, sackbuts, bassoons, harp, strings, and two harpsichords. The score doesn’t specify any orchestration, of course: there are just the notes of the highest part and the bass, and an indication of how many instrumental parts are involved. As with most works of the period, we have to write out the intermediary parts – my assistant Aryel Rychter made this realization for the first two acts – and to decide which instruments to use. For this, thanks to Monteverdi’s L’Orfeo and other courtly works, we have vital information: e.g. anything aquatic is assigned to the sackbuts, sad passages to the cornets; anger is expressed by rapid notes on the violins, bucolic atmospheres by flutes and bass viols, and so on. So we know more or less how to ‘paint’ the score and apply all that musical rhetoric using the various instrumental timbres, just as they did at that period. Interview (May 2018) by Stephen Sazio, Dramaturge of the Opéra de Dijon
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LEONARDO GARCÍA ALARCÓN AFTER STUDYING THE PIANO IN ARGENTINA, LEONARDO GARCÍA ALARCÓN MOVED TO EUROPE IN JOINING THE CLASS OF HARPSICHORDIST CHRISTIANE JACCOTTET AT THE GENEVA
1997, CONSERVATOIRE.
UNDER THE GUIDANCE OF GABRIEL GARRIDO HE DECIDED TO EMBARK ON THE BAROQUE MUSICAL ADVENTURE. HE FORMED HIS OWN ENSEMBLE, CAPPELLA MEDITERRANEA, THEN SHORTLY AFTERWARDS FOUNDED THE MILLENIUM ORCHESTRA TO ACCOMPANY THE NAMUR CHAMBER CHOIR THAT HE HAD
2010. HE DIVIDES HIS TIME BETWEEN GENEVA, BELGIUM AND FRANCE (NOTABLY AS A STALWART MAINSTAY OF THE FESTIVAL OF AMBRONAY, AND AN ARTIST IN RESIDENCE AT THE DIJON OPERA), WITH OCCASIONAL VISITS TO HIS NATIVE SOUTH AMERICA. THIS WIDE GEOGRAPHICAL SCOPE IS REFLECTED IN HIS ECLECTIC REPERTOIRE, FOR INSTANCE IN HIS REDISCOVERY OF OPERAS BY CAVALLI SUCH AS ELIOGABALO, WHICH OPENED THE SEASON AT THE PARIS OPERA IN 2016, IL GIASONE GIVEN AT GENEVA, AND ERISMENA AT THE FESTIVAL OF AIX-EN-PROVENCE IN 2017, ALSO ANTONIO DRAGHI’S EL PROM ETEO (2018 AT THE DIJON OPERA) AND THE FIRST EVER ITALIAN OPERA IMPORTED INTO PARIS, LA FINTA PAZZA BY FRANCESCO SACRATI (ALSO PERFORMED AT DIJON). TAKEN CHARGE OF IN
BOTH AS A CONDUCTOR AND AS A SOLO HARPSICHORDIST HE HAS APPEARED AT FESTIVALS AND CONCERT HALLS ALL OVER THE WORLD. IN
2018 HE CONDUCTED MONTEVERDI’S ORFEO AT THE STAATSOPER BERLIN, AS STAGED BY SACHA WALZ, AND IN 2019 HE ENJOYED A TRIUMPHANT SUCCESS DIRECTING RAMEAU’S OPERA LES INDES GALANTES ON THE OCCASION OF THE 350TH ANNIVERSARY OF THE ACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUE. IN 2020 HE WILL BE CONDUCTING THE CAPPELLA MEDITERRANEA IN ALCINA AT NANCY AND DIJON, BEFORE RETURNING TO THE FESTIVAL OF AIX-EN-PROVENCE FOR A NEW PRODUCTION OF L’INCORONAZIONE DI POPPEA. HIS RECORDINGS, UNIVERSALLY APPLAUDED BY THE CRITICS, INCLUDE I 7 PECCATI CAPITALI (THE SEVEN DEADLY SINS); THIS IMAGINARY PROGRAMME CREATED AROUND MONTEVERDI ARIAS AND ISSUED ON CD IN 2016 BY ALPHA CLASSICS, HAS BEEN HIGHLY ACCLAIMED BY THE PRESS, AND WAS NOMINATED IN 2017 FOR ‘BEST RECORDING’ AT THE VICTOIRES DE LA MUSIQUE. 2018 SAW THE RELEASE OF A DISC DEVOTED TO JOAN MANUEL SERRAT, DE VEZ EN CUANDO LA VIDA, AND A MULTI-PRIZEWINNING BOX-SET DEDICATED TO JACQUES ARCADELT. IN 2019 THE OPERA IL GIASONE WAS ISSUED ON DVD BY ALPHA CLASSICS, AS WELL AS A CD OF LULLY MOTETS; THE SAME YEAR, LEONARDO GARCÍA ALARCÓN WAS MADE A KNIGHT IN THE FRENCH ORDER OF THE ARTS AND LETTERS. 34
CHŒUR DE CHAMBRE DE NAMUR
1987, THE CHAMBER CHOIR OF NAMUR HAS FOCUSED ON BRINGING UNKNOWN PIECES TO LIGHT, WHILE ALSO TACKLING THE MAJOR WORKS OF THE CHORAL REPERTOIRE. THE CHOIR HAS GUESTED AT EUROPE’S MOST PRESTIGIOUS FESTIVALS, WORKING WITH CONDUCTORS SUCH AS OTTAVIO DANTONE, PETER PHILLIPS, CHRISTOPHE ROUSSET, JEAN-CHRISTOPHE SPINOSI, AND JÉRÉMIE ROHRER. ITS MANY RECORDINGS HAVE WON HIGH CRITICAL ACCLAIM – WITH NOMINATIONS AT THE VICTOIRES DE LA MUSIQUE CLASSIQUE, AND AWARDS SUCH AS THE CHOC DE CLASSICA, DIAPASON D’OR, JOKER DE CRESCENDO, 4F (TÉLÉRAMA), EDITOR’S CHOICE (GRAMOPHONE), AN ICMA AWARD, AND THE PRIX CAECILIA OF THE BELGIAN PRESS. THE NAMUR CHAMBER CHOIR HAS ALSO WON THE GRAND PRIX DE L’ACADÉMIE CHARLES CROS (2003), THE PRIX DE L’ACADÉMIE FRANÇAISE (2006), AND THE OCTAVE DE LA MUSIQUE (2007 AND 2012) IN THE ‘CLASSICAL MUSIC’ AND ‘SHOW OF THE YEAR’ CATEGORIES. IN 2010 LEONARDO GARCÁ ALARCÓN WAS APPOINTED ARTISTIC DIRECTOR OF THE CHOIR, WHICH SINCE 2016 HAS APPEARED IN SEVERAL STAGED PRODUCTIONS, BOTH AT THE OPÉRA DE PARIS (NOTABLY ELIOGABALO BY CAVALLI, AND LES INDES GALANTES BY RAMEAU) AND AT THE OPÉRA ROYAL DE LIÈGE (PURCELL’S DIDO AND AENEAS). THE 2017-18 SEASON MARKED THE CHOIR’S 30TH ANNIVERSARY. TO CELEBRATE IT, THE CHOIR GAVE A TOUR OF MONTEVERDI’S ORFEO THROUGHOUT EUROPE AND IN SOUTH AMERICA, FOLLOWED BY PERFORMANCES OF LULLY’S GRAND MOTETS, THE PASSIO DEL VENERDI SANTO BY VENEZIANO, WORKS BY JACQUES ARCADELT, AND HANDEL’S ORATORIO SAMSON, ALL UNDER THE BATON OF LEONARDO GARCÍA ALARCÓN. IN 2019, THE NAMUR CHAMBER CHOIR’S NEW PRESENTATIONS INCLUDE HANDEL’S SAUL AND LULLY’S OPERA ISIS, AND IT CONTINUES TO EXTEND ITS REPERTOIRE, WHICH RANGES FROM MEDIEVAL TO CONTEMPORARY MUSIC. SINCE ITS FORMATION IN
THE CHAMBER CHOIR OF NAMUR BENEFITS FROM THE SUPPORT OF THE FÉDÉRATION WALLONIEBRUXELLES
(DEPARTMENT
FOR MUSIC AND DANCE), FROM THE LOTERIE NATIONALE OF BELGIUM,
AND FROM THE CITY AND PROVINCE OF NAMUR. CAVEMA.BE
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CAPPELLA MEDITERRANEA THE CAPPELLA MEDITERRANEA ENSEMBLE WAS FOUNDED IN
2005
BY SWISS-ARGENTINIAN
CONDUCTOR LEONARDO GARCÍA ALARCÓN, ORIGINALLY INSPIRED BY A PASSION FOR THE MUSIC OF THE MEDITERRANEAN REGION, AND WITH THE IDEA OF A NEW APPROACH TO THE BAROQUE MUSIC OF LATIN AMERICA. SINCE THEN THE ENSEMBLE’S REPERTOIRE HAS DIVERSIFIED: TODAY, IN MORE THAN
45
CONCERTS PER YEAR, CAPPELLA MEDITERRANEA EXPLORES OPERA, THE MADRIGAL, THE POLYPHONIC MOTET, AND MUCH MORE. IT MADE ITS NAME REDISCOVERING HITHERTO UNKNOWN WORKS
–
MANY
OF THEM FROM SICILY, SUCH AS MICHELANGELO FALVETTI’S IL DILUVIO UNIVERSALE AND NABUCCO
–
ALSO IN PRESENTING NEW VERSIONS OF REPERTOIRE WORKS SUCH AS MONTEVERDI’S VESPERS AND HIS OPERA ORFEO, IN A PRODUCTION AT SAINT-DENIS IN JUNE
2017 THAT SUBSEQUENTLY TOURED EUROPE AND LATIN AMERICA; WHILE IN NOVEMBER 2017, BACH’S MASS IN B MINOR WAS CHOSEN TO OPEN THE LAUSANNE BACH FESTIVAL ON THE OCCASION OF ITS 20TH ANNIVERSARY. THE LAST FEW YEARS HAVE SEEN A STREAM OF OPERA PRODUCTIONS: HANDEL’S ALCINA IN 2016, CAVALLI’S IL GIASONE IN 2017 AND PURCELL’S KING ARTHUR IN 2018 WITH THE L’OPÉRA DES NATIONS AT THE GRAND THÉÂTRE DE GENÈVE, WITH CHARPENTIER’S OPERA MÉDÉE FOLLOWING IN 2019. IN 2016-17 CAVALLI’S OPERA ELIOGABALO WAS PRODUCED AT THE OPÉRA NATIONAL DE PARIS AND THE OPERA HOUSE IN AMSTERDAM, WHILE HIS ERISMENA WAS GIVEN AT AIX-EN-PROVENCE AND THE OPÉRA ROYAL DE VERSAILLES, REVIVED IN LUXEMBURG IN 2019. IN 2018 THE ENSEMBLE WAS APPOINTED TO A RESIDENCY AT THE OPÉRA DE DIJON FOR SEVERAL SEASONS, OFFERING A WHOLE SERIES OF REDISCOVERIES SUCH AS DRAGHI’S OPERA EL PROMETEO AND LA FINTA PAZZA BY FRANCESCO SACRATI. IN 2019 THE ENSEMBLE TOOK PART IN THE IMMENSELY SUCCESSFUL PRODUCTION OF RAMEAU’S LES INDES GALANTES AT THE OPÉRA BASTILLE TO CELEBRATE THE BUILDING’S 30TH BIRTHDAY AND THE 350TH ANNIVERSARY OF THE ACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUE. CAPPELLA MEDITERRANEA’S DISCOGRAPHY COMPRISES MORE THAN THIRTY RECORDINGS: THE ENSEMBLE’S FIRST COLLABORATION WITH ALPHA CLASSICS, THE SEVEN DEADLY SINS (I 7 PECCATI CAPITALI), A MONTEVERDI CD, WAS NOMINATED AT THE 2017 VICTOIRES DE LA MUSIQUE. IT WAS FOLLOWED IN 2018 BY DE VEZ EN CUANDO LA VIDA, AND AN ARCADELT BOX-SET THAT WON A DIAPASON D’OR AWARD: WHILE IN 2019 ALPHA CLASSICS RELEASED A DVD OF THEIR LIVE GENEVA RECORDING OF THE OPERA IL GIASONE, AS WELL AS A CD OF EL PROMETEO. 36
THE ENSEMBLE CAPPELLA MEDITERRANEA IS SUPPORTED BY THE MINISTRY OF CULTURE AND COMMUNICATION/DRAC AUVERGNE RHÔNE ALPES, THE REGION OF AUVERGNE-RHÔNE-ALPES, THE
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CITY OF GENEVA, A SWISS FAMILY TRUST, A PRIVATE GENEVAN FOUNDATION, ALSO BY ITS CIRCLE OF FRIENDS AND A NUMBER OF BUSINESSES: QUINTEN, SYNAPSYS, AND FRANÇOIS CHATILLON ARCHITECTE.
(FÉDÉRATION INSTRUMENTAUX SPÉCIALISÉS) AND OF THE BUREAU EXPORT. CAPPELLA MEDITERRANEA IS A MEMBER OF FEVIS
DES ENSEMBLES VOCAUX ET
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PROMETHEUS SZENISCH UND MUSIKALISCH: DRAGHIS PROMETEO (WIEN, 1669) VON JEAN-FRANÇOIS LATTARICO Der 1635 in Rimini geborene und 1700 in Wien verstorbene Antonio Draghi war der bedeutendste Hofkomponist der Habsburger. Nach einer kurzen Sängerlaufbahn in Ferrara kam Draghi 1658 nach Wien, wo er zum Hofkapellmeister ernannt wurde; außerdem wird er dort als Dramatiker, Komponist und Intendant tätig. Ab 1661 verfasst er Libretti: zunächst sepolcri (eine Wiener Variante von Oratorien), später Opern. Er arbeitet mit den großen Komponisten seiner Zeit zusammen (Bertali, Sances, Schmelzer, Ziani). Der erfolgreiche Poet geht zur Komposition über: Dreißig Jahre lang beliefert er den Hof mit Opern sowohl für Feierlichkeiten als auch für den Karneval, wobei er häufig eigene Libretti vertont. Der überaus produktive Komponist verfasst über hundertsechzig Werke aller möglichen Gattungen (Oper, Bühnenfest, Ballett, Oratorium); sie sind noch immer weitgehend unveröffentlicht. Der Mythos von Prometheus, der von künstlerischer Schöpferkraft und menschlicher Intelligenz kündet, ist von universeller Tragweite. In Hesiods Theogonie, dem Epos von der Genese der Götterwelt, ist Prometheus der Sohn eines Titanen. Er hat drei Brüder, unter ihnen Atlas, der die Welt auf seinen Schultern trägt, und Epimetheus, den Schöpfer der Tierwelt, der unglücklicherweise ein Geschenk der Götter annimmt, nämlich Pandora, deren berühmte Büchse alle Übel der Menschheit einschließt. Wie Prometheus Weisheit und Reflexion symbolisiert, so Epimetheus Leichtfertigkeit und Ungeschick. Da Zeus sich von diesen beiden Brüdern herausgefordert fühlt, verwehrt er ihnen den Gebrauch des Feuers. Als Prometheus es raubt, wird er 38
Draghis Version von Calderóns Stück wird zunächst in italienischer Sprache verfasst (Benche vinto, vince Amore o il Prometeo), dann ins Spanische übersetzt (Aun vencido vence Amor o El Prometeo). In dieser Fassung wird Draghis Oper am 22. Dezember 1669 anlässlich des Geburtstags der spanischen Königin erstmals aufgeführt. Der Komponist hat einiges verändert: Epimetheus wird durch Peleus ersetzt, während Pallas mit Minerva verschmilzt. Für Hofopern ist eine spektakuläre Dimension geboten, und so erscheint gleich in der ersten Szene die göttliche Thetis in Begleitung von Tritonen und Nereiden auf einer riesigen Muschel. Der Komplexität der Aufführungselemente entspricht die der Handlung, in der mehrere Fäden parallel verfolgt werden: Der von der Nymphe Nisea insgeheim geliebte Prometheus verliebt sich in Thetis, die wiederum seinen Rivalen Peleus vorzieht; zu ihrem großen Ungemach begehrt jedoch Jupiter sie zur Frau. Der enttäuschte Prometheus verliebt sich nun in eine von ihm selbst geschaffene Statue, womit er Nisea zur Verzweiflung treibt. Jupiter erfährt von Pandora, dass seine Gattin Juno ihm auf den Spuren ist und er seine Heiratsprojekte einstellen muss. Eine zweideutige Bemerkung von Thetis verwirrt Peleus ebenso wie Jupiter: jeder von ihnen glaubt, dass sie den Heiratsantrag des anderen annimmt. 39
DEUTSCH
dadurch bestraft, dass er an einen Felsen gekettet wird, wo ein Geier täglich an seiner Leber zehrt. Ironie des Schicksals: Prometheus wird von Zeus’ Sohn Herakles befreit, als der Göttervater diesem eine weitere Heldentat gestattet. Der Prometheus-Mythos hatte bereits Aischylos, Boccaccio und Erasmus inspiriert, bevor Calderón ihn in seiner 1669 in Madrid uraufgeführten Komödie La estatua de Prometeo teilweise mit musikalischen Einlagen auf die Bühne brachte. Calderóns Stück beruht auf dem Gegensatz zwischen Prometheus und Epimetheus, Minerva und Pallas, der mit Wissen verbundenen Weisheit (Prometheus / Minerva) und dem mit Krieg verbundenen Ungestüm (Epimetheus / Pallas). Noch im Jahr ihrer Uraufführung benutzt Draghi Calderóns Komödie als unmittelbare Quelle für seine Oper.
Im zweiten Akt ist Prometheus in Begleitung seines treuen Satyrs auf der Suche nach dem Feuer, ohne das es kein Leben gibt. Mit Hilfe eines Stabs gelingt es ihm, der Sonne eine Flamme zu rauben und mit ihr seine Statue zum Leben zu erwecken. Der erzürnte Jupiter fordert Pandora auf, Rache zu nehmen, und Merkur, Prometheus am Kaukasus anzuketten. Der verzweifelte Prometheus, dessen Statue zerstört ist, weckt bei Nisea – immer noch insgeheim – die Hoffnung, dass er ihretwegen leidet. Die Intrige erreicht ihren Gipfel, als das Liebespaar Thetis und Peleus auf der Bühne erscheint. Der Akt endet mit einer langen, erschütternden Klage des gefesselten Prometheus, die von einem Chor trauernder Sterblicher aufgegriffen wird. Im letzten Akt wird Arachne, die Minerva im Wettstreit um die beste Webarbeit besiegt hat, wegen Beleidigung der Götter durch Verwandlung in eine gewaltige Spinne bestraft, die mit ihren eigenen Eingeweiden spinnen muss. In der spektakulärsten Szene der ganzen Oper stürzt sich ein Geier auf Prometheus, hackt an seiner Leber und vertreibt den treuen Satyr, den er in Todesschrecken versetzt. Da es sich um eine allegorische Oper handelt, greift Draghi für das Finale auf die antike Quelle Hesiod zurück und zeigt, wie ein großmütiger Jupiter Prometheus Vergebung gewährt, indem er ihn durch seinen Sohn Hercules befreien lässt: In einer Oper, in der die Tugenden des Souveräns gefeiert werden, beruht die wahre Glorie auf erwiesener Gnade. Doch Jupiter übertrifft sich selbst: Er verzichtet auf die Liebe zu seiner Nymphe und lässt Peleus freie Bahn. Nisea schließlich erhält für ihre Standhaftigkeit Prometheus’ Zuneigung zum Lohn. Diese quirlige Handlung nutzt Draghi als Grundlage einer Partitur von großer Schönheit. Ein kurzes Ritornell des Orchesters eröffnet die Vorstellung. Das nun folgende Werk, darin typisch spanisch, steht durchweg im Zeichen einer durchlaufenden Melodie, einer iberischen, expressiveren Variante des florentinischen recitar cantando. Die Dialoge sind lebhaft und stets büh40
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nenwirksam (so der Dialog zwischen zwei Rivalen in absentia, I,2; der zwischen Prometeo und seinem Diener, I, 8 und zwischen Minerva und Prometeo in der folgenden Szene). Herrliche Klagegesänge , so von Nisea („Mal aya el necio temor“, I, 3) oder Prometeo („¡Ay de la vida !“, II, 11) häufen sich, Chöre – ein grundlegendes Element der höfischen Oper, die ja stets mit der Tragödie liebäugelt – beschließen die Akte (der Chor der Nereiden den ersten, der der trauernden Sterblichen den zweiten Akt), treten aber auch innerhalb der Akte in Erscheinung (so in Akt II, 5 der Chor der Träger der Statue, dem eine herrliche „Sonatine“ vorausgeht, und kurz vor dem Finale der Chor der Nereiden, die Thetis’ Hochzeit feiern). Ritornelle, wenngleich nur rudimentär notiert, häufen sich zwischen den Strophen von Arien und zu deren Beginn, so bei dem glänzenden Auftritt der Thetis, die sich fragt, wozu ihr göttlicher Status tauge, wenn sie sich ihre Wünsche nicht erfüllen kann („Sienmedio de ser divina“, I, 6). Die Begegnung zwischen Prometeo und der sich belebenden Statue ist einer der Höhepunkte der Oper, ein anderer der ihrer spektakulären Zerstörung, gefolgt von dem Chor der betrübten Menschen, der an die Danteschen Höllenkreise erinnert. Wie in jeder höfischen Oper schließen auch hier die Akte mit Balletten (Nereiden und Tritone, „Lächerliches Ballett der Buckligen, Hinkenden und Krüppel“; nur das dritte, ebenfalls vorgesehene Ballett – Satyr kündigt an, er werde „den Ball eröffnen“ – ist nicht ausgeführt). Wie zumeist schließt auch diese Partitur die von J. H. Schmelzer komponierte Ballettmusik nicht ein. Aber aufgrund der Partitur von Draghis Opper Grundeberga, in der das Ballett des 3. Akts wie in Prometeo Nereiden und Tritonen auf die Bühne bringt, die zum Klang von „Cornamusa, Buccina und anderen maritimen Instrumenten“ zu tanzen haben, können wir uns von der Besetzung eine recht genaue Vorstellung machen. Der Dirigent Leonardo García Alarcón hat die Musik zum dritten Akt neu komponieren müssen und sich damit selbst in einen modernen Prometeo verwandelt, der diesem Meisterwerk neues Leben einhaucht.
GESPRÄCH MIT LEONARDO GARCÍA ALARCÓN
WIE SIND SIE AUF DIE PARTITUR VON EL PROMETEO GESTOSSEN, UND WARUM HABEN SIE SICH DAZU ENTSCHLOSSEN, DIESE OPER AUF DIE BÜHNE ZU BRINGEN? Ich habe mich in den letzten Jahren sehr für die Biblioteca Leopoldina in Wien interessiert. Eines Tages hat Jean-Franois Lattarico, ein großer Kenner der Opernlibretti des 17. und 18. Jahrhunderts, mich darauf aufmerksam gemacht, dass die im Bibliothekskatalog unter dem Titel Il Prometeo verzeichnete Oper in Wirklichkeit El Prometeo heißt, also ein Werk nicht italienischer, sondern spanischer, kastilischer Sprache ist. Mir wurde klar, dass sogar Künstlern wie Gabriele Garrido oder Jordi Savall, die so viel für Wiederentdeckung des spanischen Kulturerbes getan haben, diese Partitur entgangen sein muss, sonst hätten sie sich mit Sicherheit dafür interessiert. El Prometeo entstand 1669; die frühesten spanischen Opern, die wir kennen – La Purpura de la Rosa und Celos aún del aire matan von Juan Hidalgo de Polanco – in den Jahren 1660 und 1662. Wir haben hier mithin ein Werk aus der Frühzeit der Gattung vor uns, ein Werk von wesentlicher historischer Bedeutung. Übrigens stand ein Komponist wie Antonio Draghi völlig in der Tradition des Repertoires de Capella mediterranea, von Monteverdi und Cavalli, deren Werke er in seiner Jugend gesungen hat. Er hat als Sänger an der Uraufführung der Erismena mitgewirkt, die wir bei dem Festival von Aix-en-Provence gegeben haben. Man kann ihn als unmittelbaren Erben Cavallis bezeichnen. Dieser Aspekt seiner Musik taucht in El Prometeo wieder auf, verbunden mit einem eher monteverdischen Gespür für Dramatik und einer gewissen Annäherung an spanische Coplas. 42
Aber ja! Das wird zum Beispiel an den Bühnenfiguren ersichtlich. Die Buffo-Gestalt des Satyrs in El Prometeo ist eine Art Leporello des 17. Jahrhunderts, auch in der musikalischen Gestaltung. Nisea stellt eine Art Mischung aus Elvira und Barbarina dar, eine Figur, die beobachtet und zugleich führt. Unter dem Gesichtspunkt der Libretti wie der Musik herrscht weitgehend Kontinuität. Cesti, Draghi/Minato, Caldara/Métastasio, Lotti, der von Mozart bewunderte Jommelli, Salieri bilden eine Kette, an deren Ende unzweifelhaft Mozart steht, den man als den größten italienischen Komponisten bezeichnen könnte. Die Chromatik, die kraftvolle Harmonik seiner Musik hängt im Grunde mit der Madrigalkunst des 17. Jahrhunderts und Monteverdis Opern zusammen, und dieser Aspekt, der für die Generation Cavallis schon „überholt“ war, aber in der Musik von Draghi präsent bleibt, wird eine wesentliche Dimension der österreichischen Musik darstellen. WIE WEITGEHEND IST DIESE PARTITUR VON EL PROMETEO UNS ÜBERLIEFERT WORDEN? Als ich der Oper in Dijon vorgeschlagen habe El Prometeo aufzuführen, war ich aufrichtig davon überzeugt, dass der dritte Akt, der in der Partitur fehlt, in irgendeinem Wiener Archiv aufgetrieben werden kann. Als er unauffindbar war, blieb nur eine Alternative: entweder wurde das Projekt fallen gelassen, oder ich selbst musste diesen Akt komponieren. Ich glaube, die beiden ersten Akte sind zu großartig und originell, als dass man das Recht hätte, dieses Stück dem Vergessen zu überantworten. Ich habe daher den dritten Akt, den dramatischsten, selbst komponiert, damit die Oper in einer vollständigen und, wie ich hoffe, kohärenten Form gegeben 43
DEUTSCH
GIBT ES EIGENTLICH EINEN HISTORISCHEN ZUSAMMENHANG ZWISCHEN DER OPER, WIE SIE IN DER ZWEITEN HÄLFTE DES 17. JAHRHUNDERTS IN WIEN IM SCHWANGE IST, UND DEM, WAS SIE EIN JAHRHUNDERT SPÄTER SEIN WIRD?
werden kann. Das war eine außerordentliche Erfahrung, eine völlig ungewöhnliche Art und Weise, in ein Werk einzusteigen. Ich hatte mir zum Beispiel nicht vorgestellt, wie sehr das Komponieren das Textverständnis verändern und vertiefen kann. Ich meine, die Musik, die man selbst komponiert, verschafft einen ganz anderen Zugang zum Text. Ich denke hier vor allem an die Passage, wo Thetis Jupiter erklärt, ihrer Ehe würde ein Sohn entspringen, der seinen Vater umbringt. Wenn man zu komponieren beginnt, wenn die Musik dazu verpflichtet, sich auf die Affekte einzulassen, die im Spiel sind, dann wird klar, dass Thetis Jupiter tatsächlich liebt und auf ihn verzichtet, um ihn zu schützen. Dadurch, dass ich mich an die Stelle des Komponisten versetzt habe, habe ich den Text besser verstanden. Der Komponist wird zum Dramatiker. HABEN SIE VON DER NACH DRAGHI ENTSTANDENEN MUSIK ABSTRAHIEREN KÖNNEN, DIE SIE ALS MUSIKER JA AUCH STARK GEPRÄGT HAT? Ich habe mir zwar auferlegt, die musikalische Sprache, die Draghi in den beiden ersten Akten entwickelt, nicht zu verraten: Alle Elemente, auf denen ich im dritten Akt aufbaue, beziehe ich aus den beiden ersten wie ein Maler, der seine Farben ausschließlich einer bestimmten Palette entnimmt. Aber ich habe mich entschlossen, innerhalb der Geschichte der Wiener Oper weiter auszugreifen. Stilistisch habe ich mich zunächst eher an Cesti orientiert, dann an Draghi, dann an Caldara, um schließlich mit der letzten Arie der Minerva mozartisch zu schließen. Damit wollte ich einer Geschichte der Wiener Oper meine Reverenz erweisen, die so in der offiziellen Historiographie nicht vorkommt. Ich habe mich zwar davon inspirieren lassen, wie Draghi die Melodie und den Bass behandelt, habe aber nicht versucht, in seinem Stil zu schreiben, ihn zu imitieren. Ich habe eine Musik von recht monteverdischer Dramatik geschrieben, wie es der Text nahelegt, aber auch die Tatsache, dass Draghi selbst – zum Beispiel, wenn Prome44
WELCHE INSTRUMENTE UND WELCHE BESETZUNG HABEN SIE GEWÄHLT? Über den Typ der Instrumente, die damals in Wien verwendet wurden, und über Draghis Auswahl sind wir recht gut unterrichtet. In seiner Oper Le piramidi d’Egitto zum Beispiel werden allen Ritornellen Laute, Gitarre, Viola da gamba und Cello zugeordnet – was ziemlich überrascht: Man käme nicht unbedingt darauf, die Laute, ein höfisches Instrument, mit der volkstümlichen Gitarre zu verbinden. Übrigens galten die finanziellen Einschränkungen, die es in Venedig gab, nicht am Wiener Hof, der sehr reich war. Es ist vorstellbar, dass die ambitioniertesten Stücke – etwa der 1662 in Paris aufgeführte Ercole amante von Cavalli – zwischen 40 und 50 Musiker beschäftigten. Die Oper El Prometeo allerdings, die zu Privatvorstellungen am Hof bestimmt war, war weniger aufwändig besetzt. Wir haben daher eine etwas kleinere, aber breit gefächerte Besetzung gewählt: Kornette, Flöten, Barockposaunen („Sackbuts“), Fagotte, Harfe, Streicher und zwei Cembalos. Die Partitur sagt natürlich nichts über die Instrumentierung. Dort werden lediglich die höchste Partie, der Bass und die Anzahl an Instrumentenstimmen notiert. Wie in den meisten Werken jener Zeit kommt es den Interpreten zu, den Zwischenraum auszufüllen, was mein Assistent Aryel Richter für die ersten beiden Akte getan hat, und zu entscheiden, welche Instrumente eingesetzt werden. Dabei halfen uns Monteverdis Orfeo und andere höfische Werke, denen wir wesentliche Informationen verdanken: Zum Beispiel wird alles, was 45
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teo seinem Schicksal überlassen wird – einen reineren Monteverdi-Stil wählte als Cavalli es je täte. Ich habe auch die Stimmlagen, die Draghi für seine Gestalten wählte, bis zum Ende strikt berücksichtigt: Ich lasse sie nie höher oder tiefer singen als sie es in den beiden ersten Akten tun. Minerva zum Beispiel erreicht das hohe B, etwas in der Musik jener Zeit noch nicht Dagewesenes. Ich habe mir daher erlaubt und mich fast dazu gezwungen, es im dritten Akt ebenfalls zu verwenden.
MENU mit Wasser zu tun hat, den Barockposaunen zugewiesen, das Schmerzliche den Kornetten, der Zorn sehr schnellen Violinen, bukolische Stimmungen den Flöten und der Viola da gamba usw. Man weiß daher mehr oder weniger genau, wie mit den unterschiedlichen instrumentalen Klangfarben zu damaliger Zeit gemalt wurde. Aus einem Gespräch mit Stephen Sazio, Dramaturg an der Oper Dijon (Mai 2018)
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LEONARDO GARCÍA ALARCÓN NACH DEM KLAVIERSTUDIUM IN ARGENTINIEN SETZTE LEONARDO GARCÍA ALARCON
1997
SEINE
AUSBILDUNG AM GENFER KONSERVATORIUM IN DER KLASSE DER CEMBALISTIN CHRISTIANE JACCOTTET FORT. UNTER DER ÄGIDE VON GABRIEL GARRIDO STÜRZTE ER SICH IN DAS ABENTEUER BAROCK: ER GRÜNDETE SEIN ENSEMBLE CAPPELLA MEDITERRANEA UND ANSCHLIESSEND DAS MILLENNIUM ORCHESTRA, MIT DEM ER DEN CHŒUR DE CHAMBRE DE NAMUR BEGLEITET, DESSEN LEITUNG ER SEIT
2010
INNEHAT. SEINE ZAHLREICHEN AUFGABEN ZWINGEN IHN, ZWISCHEN GENF, BELGIEN UND
FRANKREICH ZU PENDELN; SPORADISCH KEHRT ER ABER AUCH GERN IN SEINE HEIMAT SÜDAMERIKA ZURÜCK. DIESEM GEOGRAPHISCHEN EKLEKTIZISMUS ENTSPRICHT SEIN REPERTOIRE: WIR VERDANKEN IHM DIE WIEDERENTDECKUNG VON CAVALLIS OPERN ELIOGABALO (MIT DER DIE PARISER OPER
2016 IHRE SPIELZEIT ERÖFFNETE), IL GIASONE (GENF) UND ERISMENA (FESTIVAL AIX-EN-PROVENCE 2017), FERNER DIE ENTDECKUNG UND AUFFÜHRUNG VON ANTONIO DRAGHIS EL PROMETEO (2018 AN DER OPER DIJON) UND DIE WIEDERENTDECKUNG VON FRANCESCO SACRATIS LA FINTA PAZZA (DIJON), DER ERSTEN OPER, DIE FRANKREICH AUS ITALIEN IMPORTIERTE (1645). ALS DIRIGENT ODER CEMBALIST GASTIERT ALARCÓN BEI FESTIVALS UND IN KONZERTSÄLEN DER GANZEN WELT. 2018 LEITETE ER MONTEVERDIS ORFEO, ALS DIESES WERK IN EINER INSZENIERUNG VON SASHA WALTZ AN DER BERLINER STAATSOPER AUFGEFÜHRT WURDE. 2019 FEIERTE ER ANLÄSSLICH DES 35-JÄHRIGEN BESTEHENS DER ACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUE MIT RAMEAUS LES INDES GALANTES AN DER PARISER OPER TRIUMPHE.
2020 WIRD ALCARÓN MIT SEINER CAPPELLA MEDITERRANEA IN NANCY UND DIJON HÄNDELS ALCINA AUFFÜHREN, BEVOR ER BEIM FESTIVAL D’AIX-EN-PROVENCE EINE NEUINSZENIERUNG VON MONTEVERDIS L’INCORONAZIONE DI POPPEA DIRIGIERT. SEINE SCHALLPLATTENAUFNAHMEN WURDEN VON DER KRITIK EINHELLIG BEGRÜSST. IM JAHR 2016 ZEICHNETE LEONARDO GARCÍA ALARCÓN FÜR ALPHA CLASSICS I 7 PECCATI CAPITALI AUF: EIN IMAGINÄRES PROGRAMM VON MONTEVERDI-ARIEN, DAS VON DER PRESSE GEFEIERT UND BEI DEN VICTOIRES DE LA MUSIQUE 2017 IN DER KATEGORIE „BESTE AUFNAHME“ NOMINIERT WURDE. 2018 ERSCHIENEN DIE EINSPIELUNG VON JOAN MANUEL SERRATS DE VEZ EN CUANDO LA VIDA UND EINE JACQUES ARCADELT GEWIDMETES ALBUM. DIE OPER 50
IL GIASONE KAM
2019 BEI ALPHA CLASSICS ALS DVD HERAUS, LES
MOTETS VON LULLY IM GLEICHEN
JAHR ALS CD. FRANKREICH VERLIEH LEONARDO GARCÍA ALARCÓN DIE AUSZEICHNUNG CHEVALIER DE L’ORDRE DES ARTS ET DES LETTRES.
CHŒUR DE CHAMBRE DE NAMUR
1987 KONZENTRIERT SICH DER CHŒUR DE CHAMBRE DE NAMUR AUF DIE ENTDECKUNG NEUER WERKE. ZUGLEICH BEFASST ER SICH MIT DEN GROSSEN WERKEN DES CHORREPERTOIRES. UNTER DER LEITUNG VON DIRIGENTEN WIE OTTAVIO DANTONE, PETER PHILLIPS, CHRISTOPHE ROUSSET, JEAN-CHRISTOPHE SPINOSI, JÉRÉMIE RHORER GASTIERT ER BEI DEN RENOMMIERTESTEN FESTIVALS IN EUROPA. VIELE SEINER AUFNAHMEN WURDEN VON DER KRITIK SEHR GESCHÄTZT (VICTOIRES DE LA MUSIQUE CLASSIQUE, CHOC DER ZEITSCHRIFT CLASSICA, DIAPASON D‘OR, JOKER DE CRESCENDO, 4F DE TÉLÉRAMA, EDITORS CHOICE DER REVUE GRAMOPHONE, ICMA, CECILIA PRIZE DER BELGISCHEN PRESSE...). DER CHŒUR DE CHAMBRE DE NAMUR WURDE 2003 MIT DEM GRAND PRIX DER CHARLES CROS ACADEMY, 2006 MIT DEM PREIS DER ACADÉMIE FRANÇAISE, 2007 UND 2012 MIT DER OCTAVE DE LA MUSIQUE IN DEN KATEGORIEN „KLASSISCHE MUSIK“ UND „AUFFÜHRUNG DES JAHRES“ AUSGEZEICHNET. IM JAHR 2010 ÜBERNAHM LEONARDO GARCÍA ALARCÓN DIE KÜNSTLERISCHE LEITUNG DES CHORES, DER SEIT 2016 ER AUCH AN MEHREREN AUFFÜHRUNGEN DER PARISER OPER (ELIOGABALO VON CAVALLI, LES INDES GALANTES VON RAMEAU) UND DER KÖNIGLICHEN OPER LÜTTICH (DIDO UND AENEAS VON PURCELL) MITWIRKTE. DIE SAISON 2017-2018 STAND GANZ IM ZEICHEN DES 30JÄHRIGEN BESTEHENS DES CHORES, DER AUS DIESEM ANLASS IN MEHREREN LÄNDERN EUROPAS UND IN SÜDAMERIKA GASTIERTE. MONTEVERDIS ORFEO WAR DIE ERSTE ETAPPE DIESES JUBILÄUMS; BALD FOLGTEN DIE GRANDS MOTETS VON LULLY, DIE PASSIO DEL VENERDI SANTO VON VENEZIANO, WERKE VON JACQUES ARCADELT UND HÄNDELS ORATORIUM SAMSON, ALLE UNTER DER LEITUNG VON LEONARDO GARCÍA ALARCÓN. 2019 STANDEN SEIT SEINER GRÜNDUNG IM JAHR
UNTER ANDEREM HÄNDELS SAUL UND LULLYS ISIS AUF DEM PROGRAMM DAS BREIT GEFÄCHERTE REPERTOIRE DES CHORES REICHT VOM MITTELALTER BIS ZUR ZEITGENÖSSISCHEN MUSIK.
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DER CHŒUR DE CHAMBRE DE NAMUR WIRD VON DER FÉDÉRATION WALLONIE-BRUXELLES (SERVICE DE LA MUSIQUE ET DE LA DANSE), DER LOTERIE NATIONALE SOWIE DER STADT UND DER PROVINZ NAMUR UNTERSTÜTZT. CAVEMA.BE
CAPPELLA MEDITERRANEA
2005 VON DEM SCHWEIZERISCH-ARGENTINISCHEN DIRIGENTEN LEONARDO GARCÍA ALARCÓN GEGRÜNDET. ES KONZENTRIERTE SICH URSPRÜNGLICH AUF DAS ENSEMBLE CAPPELLA MEDITERRANEA WURDE
DIE MUSIK DES MITTELMEERRAUMS UND WOLLTE EINEN ANDEREN ZUGANG ZUR SÜDEUROPÄISCHEN BAROCKMUSIK ERÖFFNEN. ZEHN JAHRE DANACH HAT DAS REPERTOIRE VON CAPPELLA MEDITERRANEA SICH BEDEUTEND ERWEITERT. IN ÜBER
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KONZERTEN PRO JAHR STEHEN DIE MADRIGALMUSIK,
DIE POLYPHONE MOTETTE ODER DIE OPER AUF DEM PROGRAMM. BEKANNT WURDE DAS ENSEMBLE ZUNÄCHST DURCH DIE WIEDERENTDECKUNG UNVERÖFFENTLICHTER WERKE ZUM GRÖSSTEN TEIL SIZILIANISCHER MUSIK WIE MICHELANGELO FALVETTIS IL DILUVIO UNIVERSALE UND NABUCCO, ABER AUCH DURCH NEUE VERSIONEN BEKANNTER WERKE WIE MONTEVERDI VESPRO DELLA BEATA VERGINE ODER ORFEO, DEREN AUFFÜHRUNG IN SAINT DENIS IM JUNI
2017 IN EUROPA UND LATEINAMERIKA AUF TOURNEE GING, ODER DIE MESSE IN H-MOLL, DIE IM NOVEMBER 2017 DAS LAUSANNE BACH FESTIVAL AUS ANLASS SEINES 20-JÄHRIGEN BESTEHENS ERÖFFNETE. IN DEN LETZTEN JAHREN STANDEN OPERNPROJEKTE IM VORDERGRUND: HÄNDELS ALCINA 2016, CAVALLIS IL GIASONE 2017 UND PURCELLS KING ARTHUR 2018 AM GRAND THÉÂTRE DE GENÊVE, WO 2019 AUCH CHARPENTIERS MEDÉE AUF DIE BÜHNE GEBRACHT WURDE; FERNER CAVALLIS ELIOGABALO 2016 AN DER PARISER OPÉRA NATIONAL UND DER AMSTERDAMER OPER, SEINE ERISMENA IN AIX-EN-PROVENCE (2016), AN DER OPÉRA ROYAL IN VERSAILLES (2017) UND IN LUXEMBURG (2019). IM JAHR 2018 GASTIERTE DAS ENSEMBLE AM OPERNHAUS DIJON MIT UNVERÖFFENTLICHTEN BZW. WIEDERENTDECKTEN WERKEN WIE DRAGHIS EL PROMETEO UND FRANCESCO SACRATIS LA FINTA PAZZA. 2019 WIRKT DAS ENSEMBLE ANLÄSSLICH DES 30-JÄHRIGEN BESTEHENS DES PARISER OPERNHAUSES BASTILLE UND DES 350-JÄHRIGEN BESTEHENS 52
DER ACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUE AN DER TRIUMPHALEN AUFFÜHRUNG VON RAMEAUS LES INDES GALANTES MIT. DIE CAPPELLA MEDITERRANEA HAT MEHR ALS I
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PECCATI CAPITALI NACH MONTEVERDI
CLASSICS
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–
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SCHALLPLATTEN AUFGENOMMEN.
ERGEBNIS DER ERSTEN ZUSAMMENARBEIT MIT ALPHA
WURDE FÜR DIE VICTOIRES DE LA MUSIQUE
2017
NOMINIERT.
2018
ERSCHIENEN JOAN
MANUEL SERRATS DE VEZ EN CUANDO LA VIDA, IM SELBEN JAHR WIE DAS ARCADELT-ALBUM, DAS MIT DEM DIAPASON D’OR AUSGEZEICHNET WURDE. DIE IN GENF AUFGEZEICHNETE OPER IL GIASONE WIRD ALS DVD
2019 BEI ALPHA CLASSICS VERÖFFENTLICHT, EBENSO EL PROMETEO ALS CD.
DAS ENSEMBLE CAPPELLA MEDITERRANEA WIRD VOM FRANZÖSISCHEN MINISTERIUM FÜR KULTUR UND KOMMUNIKATION
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DRAC AUVERGNE RHÔNE ALPES, DER STADT GENF, EINER SCHWEIZER FAMILIEN-
STIFTUNG, EINER GENFER PRIVATSTIFTUNG, EINEM FREUNDESKREIS UND EINEM UNTERNEHMERKREIS
(QUINTEN, SYNAPSYS UND FRANÇOIS CHATILLON ARCHITECTE) UNTERSTÜTZT. (FÉDÉRATION VOCAUX ET INSTRUMENTAUX SPÉCIALISÉS) SOWIE DES BUREAU EXPORT. DAS ENSEMBLE CAPPELLA MEDITERRANEA IST MITGLIED DER FÉVIS
DES ENSEMBLES
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CAPPELLA MEDITERRANEA, LEONARDO GARCÍA ALARCÓN
CHÅ’UR DE CHAMBRE DE NAMUR
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CD1 ACTO I Apariencia Maritima.
ACTE I Scène maritime.
ACT I A coastal scene.
ESCENA 1 Prometeo, Tetis, y Peléo. Descubrese la Diosa Tetis fobre el Mar, en una concha, acompañada de Nereydas, y Tritones, y á los lados de las dos riberas, Prometeo, y Peléo Principes, que la vienen atendiendo, y diciendo, mientras se acerca, los siguientes versos.
SCÈNE I Prométhée, Thétis et Pélée. Thétis en mer, accompagnée par des Néréides et des Tritons et sur l’une et l’autre rive, les princes Prométhée et Pélée qui l’attendent, tandis qu’ils chantent.
SCENE 1 Prometheus, Thetis and Peleus. The goddess Thetis can be seen in a conch shell out at sea, attended by Nereids and Tritons; at opposite ends of the shore are the princes Prometheus and Peleus, awaiting her arrival. As she approaches they sing the following lines:
Prometeo
Que en Campos de diamantes, Del Mar eres Aurora, En flores convirtiendo sus Cristales.
Prométhée Ô souveraine beauté, Aimable Aurore des mers Qui avez converti en fleurs Les cristaux de ses champs de diamant.
Prometheus O beauty supreme, you are the Aurora of the sea, turning the crystals of its fields of diamonds into flowers.
Peléo Beldad, aunque divina, Humana, en lo que atrahes, Que el Mar haciendo Cielo, Illustras Sol, quanto á tu vista arde.
Pélée Beauté, bien que divine, Humaine par l’attirance que tu inspires, Qui fait de la mer un ciel, Tu éclaires le soleil de ceux qui brûlent à ta vue.
Peleus Beauty, though you are divine, you are human in the devotion you inspire, and in turning the sea into heaven you shine like the sun upon all who see you.
Prometeo Perfeccion peregrina, Que uniendo extremidades, Diosa, y Mujer te ostentas, Por dar vida a quien muere de mirarte.
Prométhée Perfection extraordinaire, Qui unissant les extrêmes, Révèle en toi la mère et la déesse, Donne la vie à celui qui meurt de t’admirer.
Prometheus Sublime perfection, by uniting these extremes, you reveal yourself as goddess and woman, giving life to those who die on seeing you.
Peléo Madre de Amor mas bella, Si el titulo de Madre Logró mirarse nunca, En quien no pudo merecerla nadie.
Pélée Mère la plus belle de l’Amour, Si le nom de mère A pu jamais être observé Par celui qui jamais ne put le mériter.
Peleus Fairest mother of love, if such a word can be used when there is no one who could deserve such a mother.
Prometeo Rendido á tu Belleza, Consagra en tus Altares Prometeo, que te adora, Del corazon preciosas libertades.
Prométhée Esclave de ta beauté, Prométhée qui t’adore Consacre ton autel Avec la précieuse générosité de son cœur.
Prometheus A slave to your beauty, Prometheus, who worships you, sacrifices the valued freedom of his heart upon your altar.
2 Soberana Hermosura,
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Peléo Troféo de tus ojos, De tu Beldad amante, Peléo, de alma, y vida, Te ofrece el mas gustofo vasalláje.
Pélée Trophée de tes beaux yeux, Amant de ta beauté, Pelée, de son cœur et de son âme, T’offre le plus déférent hommage.
Peleus Won over by your eyes, in love with your beauty, Peleus gladly offers his soul, his life to serve you.
Prometeo Si es no te amar, al verte,
Prométhée Te voir et ne point t’aimer…
Prometheus Not to love you at first sight…
Peléo Si á quien te vé, es no amarte,
Pélée Ne pas t’aimer en t’admirant…
Peleus To see you and not fall in love with you…
Prometeo Imposible,
Prométhée C’est impossible.
Prometheus … is impossible.
Peléo Imposible,
Pélée C’est impossible.
Peleus … is impossible.
Los dos No en breve vista Amor tan mucho extrañes.
À deux Amour, ne sois pas si surpris d’un tel coup d’œil.
Together It is no surprise that you inspire such instant love.
Tetis (mirando á Peleo) Que gallarda presencia. (a Prometeo) Que mal formado talle. (al primero) Que affectos tan del Alma. (al segundo) Que necios, que mentidos ademanes.
Thétis (en regardant Pélée) Quelle belle prestance ! (à Prométhée) Quelle silhouette difforme ! (au premier) Quelle tendre affection ! (au second) Quelle sotte, quelle trompeuse apparence !
Thetis (looking at Peleus) What a fine figure of a man. (looking at Prometheus) What an ugly fellow. (at the former) What heartfelt emotion. (at the latter) What false and foolish gestures.
Prometeo Porque á mi Amor te niegas?
Prométhée Pourquoi te refuses-tu à mon amour ?
Prometheus Why do you reject my love?
Peléo Porque mi Fee no aplaudes?
Pélée Pourquoi nies-tu ma fidélité ?
Peleus Why do you not applaud my faith?
Prometeo Respondeme,
Prométhée Réponds-moi.
Prometheus Answer me.
Peléo Respondeme.
Pélée Réponds-moi.
Peleus Answer me. 59
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Tetis Ya no veis la respuesta en el mirarme.
Thétis Vous voyez ma réponse en me regardant.
Thetis Can you not see your answer by looking at me?
Prometeo Que pena, si eso es cierto.
Prométhée Quelle cruauté, si cela est vrai.
Prometheus What sorrow, if that is true.
Peléo Que dicha, si esto es facil.
Pélée Quel bonheur, si cela est avéré.
Peleus What joy, if that is the case.
Tetis Pues quando, no es la mano Del Relox de las Almas el semblante!
Thétis Mon visage contredit Ce que mon âme ressent.
Thetis For when do our features not reflect the workings of our soul?
Prometeo Ay infelice suerte!
Prométhée Ah, sort infortuné !
Prometheus Ah, cruel fate!
Peléo Ay venturoso lance!
Pélée Ah, destin favorable !
Peleus Ah, joyous fate!
Prometeo Ay mal perdída vida!
Prométhée Oh, ma vie perdue !
Prometheus Ah, my life is badly lost!
Peléo Ay vida bien perdída, en el ganarse!
Pélée Oh, vie bien perdue, puisque j’ai gagné !
Peleus Ah, my life is well lost by being won!
Tetis (a Peleo) Joven difsreto, y galan, Cuyo enternecido acento, Alma fue apenas del viento, Quando de mi pecho Iman, (a Prometeo) Mancebo, á cuya osadía Mi beldad fue ingrato objeto, Y de quien poder secreto Si te impele, me decía. (a Peleo) Sabe, si es verdad tu Amor Que Tetis te corresponde: (a Prometeo) Y tu, que pretendes, donde Será tu premio el rigor. Mientras yo, que fin mi estoy,
Thétis (à Pélée) Jeune homme avisé et galant, Ton accent attendri Fut à peine l’âme du vent, Quand mon cœur fut attiré. (à Prométhée) À l’audace de qui, Ma beauté fut un objet ingrat, Si un obscur sentiment t’anime, Je n’en éprouve aucune pitié. (à Pélée) Sache, puisque ton amour est sincère, Que Thétis le partage. (à Prométhée) À toi, qui es le prétendant, Ma rigueur sera ta récompense. Tandis que moi, je ne suis plus moi-même,
Thetis (to Peleus) Modest, handsome youth, you whose tender words were barely whispered yet were drawn to my heart… (to Prometheus) Young man, you who boldly turned your unwelcome attention on my beauty, if some hidden power drives you towards me, it drives me away from you… (to Peleus) … I tell you, if your love is true, that Thetis will be yours. (to Prometheus) … and I tell you, your only reward will be my indifference. While I, I am beside myself,
Aunque toda estoy conmigo; (a Peleo) Por la raçon que me oblígo de ti, (a Prometeo) De ti no la voy. Y agradeced tan extraño Modo de haceros favor; Pues si á uno pago en Amor, Pago al otro en desengaño. (Vase Tetis, y su acompañamiento)
Alors que je suis tout entière avec moi, (à Pélée) Car d’un côté la raison me porte vers toi (à Prométhée) Alors que de l’autre elle m’en détourne. Appréciez donc une si étrange façon De procurer des faveurs : Car si l’un je le paye en amour, L’autre, je le paye en désillusion. (Thétis part avec son cortège)
yet still completely myself, (to Peleus) because I am drawn towards you, (to Prometheus) and away from you. Be thankful, both of you, that I have done you a favour, for one of you is rewarded with love, the other with loss of illusion. (Exeunt Thetis and her retinue.)
ESCENA 2 Prometeo, y Peléo, cada uno á fu parte.
SCÈNE 2 Prométhée, Pélée, chacun de son côté.
SCENE 2 Prometheus and Peleus, both aside.
Peléo Mi suerte.
Peleo mon bonheur.
Peleus … my good fortune…
Prometeo Mis penas decíd.
Prométhée Exprimez mon chagrin.
Prometheus … declare my torment…
ESCENA 3 Prometeo, Nisea, y Satyro.
SCÈNE 3 Prométhée, Nisée et Satyre.
SCENE 3 Prometheus, Nisea and the Satyr.
Prometeo
Prométhée Comment as-tu pu, cœur aimant, Mourir à l’espoir et vivre à tant de douleur ? Mes pauvres yeux, dont le regard errant Trouva le malheur certain et le bonheur incertain. Qu’il meure donc celui qui meurt De vouloir et de ne pas vouloir la même chose. Mourir donc, ou oublier, puisque mes yeux Buvant dans la coupe le poison De son être propre, qui est la cause de mon tourment, N’ont pas vu le danger dans son propre reflet. Mais, hélas, une fois rendu à mon amour, Je saurai seulement oublier l’oubli. Et mourir sera le remède à mon erreur.
Prometheus My loving heart, you are left alive to pain, dead to consolation, despite my eyes, whose wandering gaze has found misery to be certain and joy uncertain. May death come to he who dies because he loves that which he also loves not. I must die then, or forget, since my eyes, drinking from a glass the poison of their own essence, the cause of my affliction, saw not the danger of seeing. But alas, having surrendered to love, I shall only be able to forget my rejection. Death is the sole cure for my loss of illusion.
(Arrive Nisée, sans être vu de Prométhée)
(Enter Nisea, unseen by Prometheus.)
3 Bueno has quedado corazon amante,
Vivo al dolor, y á la esperanza muerto: Pese á mis ojos, cuya vista errante, Cierto halló el mal, y solo el bien incierto. Muera, muera, quien muere Por que quiere lo mismo, que no quiere. Pues morir, ó olvidár; ya que mis ojos De su ser propio en el cristal, beviendo El veneno, que es causa á mis enojos, No vieron el peligro de estar viendo: Mas ay! que á Amor rendído, Solo sabré olvidarme del olvído. Morir será el remedio de mi engaño.
(Sale Niséa, sin dejarse ver de Prometeo.)
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Niséa
Clicie soy de sus pasos, en mi daño: Alli está.
Nisée J’aime Prométhée en silence, Je suis, pour mon malheur, la Diane de ses pas. Le voici qui vient.
Nisea In love with Prometheus, though he knows it not, I pursue him, to my cost, as Clytie pursued Apollo: there he is.
Prometeo Morir quiero, ay suerte airada! Que no podré aunque quiero; Pues solo moriré, de que no muero.
Prométhée Je veux mourir, ah, sort cruel ! Mais je ne peux, même si je le veux ; Ainsi, je ne peux que mourir de ne pas mourir.
Prometheus I want to die, ah, wrathful fate! For I cannot die, though I yearn for death; since I shall only die from not dying.
Niséa (á parte) Que inquieto está, que triste, y pensatívo: Quien pudiera decirle, que le adoro: Yo llego: sepa, que de verle vivo: Pero no puedo, aunque en su ausencia lloro: Que á vista de la llama, Siempre es el que habla menos, quien mas ama.
Nisée (en aparté) Comme il semble tourmenté, triste et pensif ! Qui pourrait lui dire que je l’adore ? Je me rapproche, qu’il sache que je vis de le voir : Mais je n’ose pas, bien que je pleure en son absence. Car à la vue de la flamme, Celui qui parle le moins aime le plus.
Nisea (aside) How anxious he seems, how sad and thoughtful; who could tell him that I love him? I’ll go to him and tell him that I live to see him. But I cannot, though I weep when parted from him, for when it comes to passion, she who loves most, says least.
Prometeo Muera el amor
Prométhée Que meurt donc amour.
Prometheus Let love die.
Niséa (á parte) No muera
Nisée (en aparté) Non pas.
Nisea (aside) Let it not.
Prometeo Y por tirano, Por aleve, por falfo, y por injusto,
Prométhée Car c’est un tyran, Traître, fallacieux et injuste.
Prometheus And on account of its tyranny, infamy, falsity, injustice…
Niséa (á parte) Por dulce, por leal, y soberáno,
Nisée (en aparté) Car il est doux, loyal, et souverain.
Nisea (aside) On account of its sweetness, loyalty and supremacy…
Prometeo El cetro pierda de su Impero augusto.
Prométhée Qu’il perde le sceptre de son auguste empire.
Prometheus … may it lose the sceptre of its august rule.
Niséa (á parte) En trono permanente, Sus triunfos aun el numero no cuente.
Nisée (en aparté) Sur son trône permanent, Ses triomphes sont innombrables.
Nisèa (aside) … may the triumphs of its eternal rule not yet be numbered.
Prometeo No mas Amor.
Prométhée Plus jamais Amour.
Prometheus Love must die.
4 Amante de Prometeo, aunque callada,
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Niséa (á parte) Si mas Amor, (Ay Cielos)
Nisée (en aparté) Oui, plus d’amour (oh ciel !),
Nisea (aside) Love must live (ah, heavens!).
Prometeo Huir de Amor, contra mi Amor conviene: No bastaba el desprecio, sino zelos.
Prométhée Contre mon amour, il convient de fuir Amour : Le mépris ne suffit pas, mais la jalousie ?
Prometheus Despite my love, I must flee love: on top of rejection I must also endure jealousy.
Niséa (á parte) Zelos, no ay sin Amor, luego Amor tiene.
Nisée (en aparté) Il n’est de jalousie sans amour, donc l’amour est jaloux.
Nisea (aside) There’s no jealousy without love, so there must be love.
Prometeo Pues morir, ó olvidar.
Prométhée Donc mourir ou oublier.
Prometheus I must die then, or forget.
Niséa (á parte) Para quererme.
Nisée (en aparté) Pour m’adorer.
Nisea (aside) To love me.
Prometeo No mas Zelos, ní Amor. (Vase Prometeo.)
Prométhée Plus de jalousie, ni d’amour. (Prométhée s’en va.)
Prometheus No more jealousy or love. (Exit Prometheus.)
Niséa Para ofenderme. Mal aya el necio temor, Y mal aya el vil respéto, Pues effecto Por secreto, No logra mi firme Amor, Siendo del Mundo el mayor: Mal aya el necio respéto, Y mal aya el vil temor. Ay Niséa desdichada, Amante, y no agradecída Por no oída; Y ofendída De quien eres ignorada, Por tu silencio traidor: Mal aya, etc. Amar, y no merecér, Solo en mi fe pudo hallar; Que en amar, Singular
Nisée Pour me tourmenter. Maudit soit cette crainte stupide, Et maudit soit ma vile timidité ; Car mon amour constant, Qui est le plus grand du monde, N’obtient aucun effet Parce qu’il est secret. Maudit soit ma vile timidité, Et maudite soit cette crainte. Ah, infortunée Nisée, Amante bafouée Pour avoir été silencieuse, Et ainsi être offensée Par qui ne te reconnaît pas, Pour ton traître silence. Maudit soit, etc. Aimer sans être récompensée, Ce n’est qu’à moi que cela peut arriver. Car en amour, J’ai voulu être singulière
Nisea To hurt me. A curse on my foolish timidity and on my cowardly restraint, for my constant love, the greatest in the world, is powerless because it is secret. A curse on my foolish timidity and on my cowardly restraint. Alas, unhappy Nisea, you love a man who is unaware of you, for you say nothing; and you are hurt by the one who sees you not because of your treacherous silence: a curse, etc. Such unrequited love can only be found in me, for when I fell in love I wanted to be 63
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Entre todas quise ser, Disimulando mi ardor. Mal aya el necio respéto, (Al irse, sale Satyro, y detienela.)
Entre toutes, En cachant mon ardeur. Maudit soit, etc. (En partant, Satyre apparaît, qui la retient.)
unique among women, by hiding my passion. A curse etc. (As she is leaving, the Satyr arrives and stops her.)
Satyro Escuche una palabra Reyná mia.
Satyre Ma reine, juste un mot.
Satyr May I have a word, my queen?
Niséa Y aun dos; que me quereis?
Nisée Même deux : que veux-tu ?
Nisea You may have two: what do you want?
Satyro Ando buscando (Perdone en cortesía) Un Amo loco, por quien loco ando; Y aqui dicen que ha estado.
Satyre Je cherche (Excusez-moi) Un maître fou, pour qui je deviens fou. On dit qu’il est passé par ici.
Satyr I’m looking (forgive the interruption) for my mad master, on whose account I am going mad, and I’ve been told he was here.
Niséa Que señas tiene?
Nisée Comment est-il ?
Nisea What does he look like?
Satyro Ya no las he dado? Es alto, y bajo, cara acaponada, Vigóte al ojo, y este, por mas feñas Es solo.
Satyre Je ne vous l’ai pas dit? Il est grand, petit, visage de chapon, Des moustaches jusqu’aux yeux, et son signe distinctif est d’être solitaire.
Satyr Didn’t I say? He’s tall, and short, beardless, with a moustache up to his eyes, but his main distinguishing feature is that he’s all alone.
Niséa Como se llama, di?
Nisée Comment s’appelle-t-il, dis-moi ?
Nisea What’s your master’s name?
Satyro Prometeo creo.
Satyre Prométhée, je crois.
Satyr Prometheus.
Niséa Que dices, de Prometeo eres criádo?
Nisée Serais-tu le serviteur de Prométhée ?
Nisea You’re Prometheus’ servant?
Satyro Por mis grandes pecados; pero veo, Que al escuchár su nombre se ha alegrádo: Quiere algo la Persona? Que ha encontrado la maza con la mona. Que ha habido?
Satyre Pour mes plus grands péchés ; mais je vois Qu’en entendant son nom, vous vous êtes réjouis : Madame veut-elle quelque chose ? La belle a-t-elle rencontré la bête ? Que s’est-il passé ?
Satyr For my sins, I am; but I see your eyes light up on hearing his name: Do you want something from him? Were you once inseparable? What happened?
Niséa Nada, que el querer saberlo, Fue por que acabo aqui de haberle visto Tal, que pude tenerlo Por loco; di, (mal mi dolor resisto) Está su dueño acaso enamorado? Quien es la que, merece su cuidado?
Nisée Rien, juste envie de savoir, Car je viens à peine de le voir dans un tel état que j’aurais pu le prendre Pour un fou. Dis-moi (je résiste mal à ma douleur !) Ton maître est-il amoureux ? Qui est celle qui mérite son affection ?
Nisea Nothing, I simply wanted to know because I saw him here just now in such a state that I might have taken him for a madman; tell me (I can barely disguise my pain), is your master perhaps in love? Who is the woman who has earned his affection?
Satyro No le conozco cuya, y si la roncha No le hizo quizas, una taymáda, (Que lo era, pues iba en una concha) Y oy navegaba el Mar muy remilgada, Quando el, por su hermosúra; Otra albarda no sé á su matadúra. Mas pues le viste, bien sabrás adonde Assiste.
Satyre Je ne sais rien sur elle, si quelque Femme rusée ne lui a pas fait cette blessure, (Il m’a semblé les voir ensemble), Elle avait l’air de lui faire des avances, Et sans doute que sa beauté L’a tenu au cul et aux chausses ! Mais puisque tu l’as vu, tu sauras Bien où il est.
Satyr I don’t know, unless perhaps his injury was caused by a mysterious lady (she was sitting in a conch shell) who was sailing most gracefully out at sea when he was struck by her beauty and half killed as a result. But if you just saw him, you must know where he is now.
Niséa No lo sé (mi mal advierto) Mas ven conmigo, que aunque mas se esconde, Si te acompaño, hallarle será cierto; Pues que siempre lo ha sido, Que solo halla á un perdído, otro perdído.
Nisée Je l’ignore (ma douleur est certaine) Mais viens avec moi, car s’il se cache quelque part, En t’accompagnant, on le trouvera plus facilement. Car cela a toujours été certain, Qu’un homme éperdu trouve un autre éperdu.
Nisea No, I don’t (I feel such pain), but come with me, because even if he’s hiding somewhere, if I come with you, we’ll find him together; for it’s always been true that a lost soul can only be found by another.
ESCENA 4 Mercurio, y Neréo.
SCÈNE 4 Mercure et Nérée.
SCENE 4 Mercury and Nereus.
Mercurio
Mercure Salut royaume des flots, Royaume des ondes, Ô grand fils de la Mer, ô grand Nérée, Pourquoi ne répondez-vous pas à mes cris ? Je suis Mercure, qui descend sur l’Égée Sur ordre de Jupiter. Réveille-toi, Certaine est ta Plus grande gloire !
Mercury Hail, watery kingdom, hail to your waves, to the great Son of the Sea, to the wise Nereus; is it possible that you ignore my greeting? I am Mercury, rise up from the waters of the Aegean to carry out the highest task, for your greater glory will be assured;
5 Á del salado Reyno,
A de sus Ondas, A gran Hijo del Mar, á gran Neréo; Posible es, que á mis voces no respondas? Mercurio soy, del lecho del Egéo Para el mas alto empléo, Despierta, Que es cierta Tu gloria mayór,
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Escúcha, Que es mucha Tu dicha, y honór. (Sale de entre las Ondas Neréo.)
Écoute, Car grande Est ta destinée, et ton honneur. (Nérée sort des flots.)
listen, for it will bring you great honour and joy. (Enter Nereus, rising out of the waves.)
Neréo O gran Mercurio, de las ciencias Padre, Hijo del grande Jove, y á quien Juno Madre, sin serlo fue, pero fue Madre, Por que excederte no pretenda algúno: De tu voz, qual ningúno, Rendído, El oído, Al precepto menor, Venéra, Y espéra Obediente el favor.
Nérée Ô grand Mercure, père de toutes sciences, Fils du grand Jupiter, et à qui Junon, Sans être mère, fut mère tout de même, Pour que personne n’ait un pouvoir plus grand que le tien. Personne d’aussi humble N’a l’oreille soumise Au moindre précepte De ta voix. Vénère Et attend, Obéissante, ta faveur.
Nereus O great Mercury, father of knowledge, son of the mighty Jove, and mothered by Juno though she was not his mother, that none might claim to be your better: my ear is more attentive than any other to the slightest request you utter and with respect and obedience awaits your favour.
Mercurio Pues sabe gran Neréo, Que el Supremo Tonante, Aspíra al Hymenéo De Tetis bella, con union constante; Por digno de su justo Amor: Escúcha, Que es mucha Tu dicha, y honor.
Mercure Sache donc, grand Nérée, Que le suprême Tonant Aspire à l’Hyménée Avec la belle Thétis pour une union fidèle, Comme digne objet de son juste amour. Écoute, Car grands sont ton bonheur et ton honneur.
Mercury Know then, great Nereus, that Jove himself, the supreme ruler, wishes to form a lasting bond of marriage with the fair Thetis, a worthy recipient of his love; listen, for it will bring you great honour and joy.
Neréo Nuestro merito excéde Gloria tan soberána; Mas, pues mandarme puede Lo que á pedirme Jupiter se allána; Tetis, su dicha en reciproco Amor, Venéra, Y espéra, Obediente al favor.
Nérée Une gloire si souveraine Excède notre mérite. Mais, ce que Jupiter réclame, il l’obtient, Comme Thétis, soumise à une ardeur réciproque, Vénère Et attends, Obéissante, ta faveur.
Nereus Such supreme glory is more than we deserve, but whatever Jupiter demands of me he will have. Thetis, happy in a mutual love, with respect and obedience awaits your favour.
Mercurio Pues mira, que este dia, Logro dará dichoso
Mercure Sache que ce jour Concrétisera avec bonheur
Mercury I tell you, then, that this very day will see your rightful joy
Á tu justa alegría, Y á empléo tan divíno, y venturoso; Y previniendo, á este triunfo, el mayor, Escúcha, Que es mucha Tu dicha, y honor.
Ta juste joie. Il prépare le plus grand triomphe Au destin le plus divin et le plus fortuné. Écoute, Car grands Sont ton bonheur et ton honneur.
and a divine and auspicious love crowned with happiness and heralding an even greater triumph; listen, for it will bring you great honour and joy.
Neréo Nuncio celeste parte; Y en mi nombre, rendido, De tu Eloquencia el Arte, De Jupiter me aclame agradecído: Mientras de Tetis la suerte mayor, Venéra, Y espéra Obediente al favor. (Sube Mercurio, con el buelo que bajó.)
Nérée Va donc, messager céleste, Et en mon nom obligé, Que l’art de ton éloquence Clame ma reconnaissance pour Jupiter. En attendant ma fille, de son cœur ardent, Vénère Et attends, Obéissante, ta faveur. (Mercure s’en va dans les airs.)
Nereus Heavenly messenger, go now, and in my name, with respect, let the skill of your eloquence proclaim my gratitude to Jupiter, while Thetis, aware of her happy fate, with respect and obedience awaits your favour. (Exit Mercury, flying away just as he flew down.)
ESCENA 5 Neréo, y Tetis.
SCÈNE 5 Nérée et Thétis.
SCENE 5 Nereus and Thetis.
Neréo
Á tus ventúras atiende; Oye, que te llama un Padre, Que ya Reyna te obedece. (Sale Tetis, de entre las Ondas.)
Nérée Chère et divine Thétis, Écoute ton heureux sort ; C’est ton père qui t’appelle, Qui déjà t’obéit comme reine. (Thétis sort des flots.)
Nereus Fair and blessed Thetis, hear what fortune awaits you; listen, for the father who calls to you already obeys you as his queen. (Enter Thetis, rising from the waves.)
Tetis Gran Señor, en que te sirvo? Que te escucho? Que me quieres? Que equivocas confusiones Si me turban, te enmudécen?
Thétis Père, en quoi puis-je te servir ? Qu’entends-je ? Que me veux-tu ? Quels accents confus Me troublent et te réduisent au silence ?
Thetis My Lord, what can I do for you ? What did you say? What do you want of me? What confusing words trouble me and now cause your silence?
Neréo Sino enmudezco del gozo, Tu confusion será breve: Sabe, que del Sacro Jove Embidiada esposa eres. (Turbase, y hace ademanes de sentimiento Tetis) Ya he dado el sí; y este dia,
Nérée C’est la joie qui me réduit au silence, Mais ton trouble sera de courte durée : Sache que de Jupiter sacré Tu seras l’épouse enviée. (Thétis est troublée.) J’ai donné mon accord, et aujourd’hui même,
Nereus My silence is caused by joy alone, and you will not be confused for long: I have summoned you to tell you that Jove himself wants you as his bride. (Thetis, shocked, shows signs of distress.)
6 Tetis felice, y hermosa,
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De tus bodas será, alegres, Largo plazo, á mis deseos, Quanto corto, á tus desdenes. Habla, responde, que dices?
Seront célébrées vos noces, Qui donneront longue vie à mes désirs Et une courte vie à tes malheurs. Parle, réponds, que dis-tu ?
Your joyful wedding will take place today, bringing me lasting happiness and cutting short your concerns. Speak, answer me, what say you?
Tetis Digo Señor (trance fuerte) Que quisiera (no casarme) (Ay Peléo) obedecerte. Que repares (que idolatro Otro amante) que merece (Su cariño) mi Deidad, Muy poco, y que á Juno debe Mi Amor, (y á Peléo) respeto, Y que con esto se ofende.
Thétis Je dis, seigneur (je tremble), Que je voudrais (ne pas me marier) (Ah, Pélée !) y consentir. Notez bien (que j’idolâtre Un autre amant) que ma divinité Mérite (ses charmes) Bien peu, et qu’à Junon, mon amour Doit (à Pélée) du respect, Et que c’est là un sujet d’offense.
Thetis I say, my Lord (what a fateful blow) that I should like (not to be married) (alas, Peleus) to obey you. Know (that I worship another lover) that my divinity deserves (his affection) very little, and that I owe love and respect to Juno (and Peleus), who will be angered by this marriage.
Neréo Vive mi Nombre inmortal, Que ha de ser; ó que aunque eres Esenta al morir, por Diosa, Que has de morir muchas muertes. (Hundese Neréo.)
Nérée Que vive ma renommée qui doit être Immortelle ! Et bien que comme déesse, Tu échappes à la mort, Tu devras mourir mille morts ! (Nérée s’effondre.)
Nereus By my immortal name, this wedding will take place, or else, though you cannot die because you are a goddess, you will have to die many times over. (He sinks back down into the sea.)
ESCENA 6 Tetis, y Peléo.
SCENE 6 Thétis et Pélée.
SCENE 6 Thetis, then Peleus.
Tetis
Thétis Si toute divine que je suis, Je suis privée de liberté Dans mes désirs, À quoi bon être divine ? Si je ne peux rendre heureux Mon amant, parce que malheureuse Je suis privée de liberté, À quoi bon être divine ? Alors que je brûle pour Pélée, Je suis privée de liberté Pour le rejoindre, À quoi bon être divine ? (Pélée paraît, après l’avoir entendue)
Thetis If I lack the freedom to obtain my heart’s desire despite my divine nature, what good is divinity to me? If I lack the freedom, in my unhappiness, to make my lover happy, what good is divinity to me? If I lack the freedom to be with Peleus when I yearn for him so, what good is divinity to me? (Enter Peleus, having heard her words.)
7 Si en medio de ser divína,
En lo que mi pecho inclína Carezco de libertad; Que me vale la Deidad? Si no puedo hacer felíce Mi Amante; por que infelíce Carezco de libertad; Que me vale la Deidad? Si quando á Peléo deséo, Para lograr á Peléo Carezco de libertad; Que me vale la Deidad? (Sale Peléo, havíendola escuchada.)
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Peléo Tetis divina calla; tu faltarme? Tu perderme? que dices?
Pélée Tais-toi, ma divine Thétis ; toi, me perdre ? Qu’on t’arrache à moi ? Que dis-tu ?
Peleus Divine Thetis, hush now, what’s this you say about losing me?
Tetis Nacímos infelíces: Fuerza es perderte, y fuerza el resolverme. A Jupiter; me tiene prometida, Un Padre tiráno, Si á darle la mano Me dura la vida: Mas ay, ó injusto Hado! Que siempre es inmortal un desdichado.
Thétis Nous sommes nés malheureux ; Te perdre est une certitude et je dois m’y résoudre. Un père tyrannique veut me marier à Jupiter, Et en lui donnant ma main, Ma vie est une souffrance. Mais, hélas, injuste destin, Un malheureux vit toujours éternellement.
Thetis We were born to suffer: I must lose you, and must accept the loss. My imperious father has promised me to Jupiter, and in giving him my hand has ensured my life will endure. But, alas, unjust fate! an unhappy soul is always immortal.
Peléo Y es esa la firmeza?
Pélée Est-ce là ta constance ?
Peleus Is this how you show constancy?
Tetis Será eterna.
Thétis Elle sera éternelle.
Thetis My constancy will never die.
Peléo Como, si agena eres?
Pélée Et comment, si tu appartiens à un autre ?
Peleus How, if you marry another?
Tetis Firmeza de mujeres, Ninguna, ó la mayor.
Thétis Il n’y a pas de loyauté plus grande Que celle d’une femme.
Thetis There is nothing stronger than a woman’s constancy.
Peléo Miro te tierna En nuestro Amor, y á Jove poderoso.
Pélée J’observe avec tendresse Notre amour, mais Jupiter est tout puissant.
Peleus I see you torn between our love and the mighty Jove.
Tetis Mi Amor es mas fuerte.
Thétis Mon amour est plus fort.
Thetis My love for you is stronger.
Peléo Y cierta mi muerte, Si no es vitorioso. Mas en bien femejante, Siempre es menos feliz, el mas amante.
Pélée Et ma mort certaine, Si mon amour n’est pas victorieux. Mais à la vérité, Le plus amoureux est toujours le plus malheureux.
Peleus And my death is certain if that love is not victorious. It certainly appears that the truest lover is the least fortunate.
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ESCENA 7 Apariencia de Caserías, y Boscaje. Prometeo perficionando una Estatua, que tiene delante; y Satyro.
SCENE 7 Un hameau dans un bocage. Prométhée achevant une statue devant lui, et Satyre.
SCENE 7 A rural, woodland scene. Prometheus, putting the final touches to a statue of a woman, and the Satyr.
Satyro
Satyre Enfin, sous le charme de cette Dame statue Que tu avais laissée à peine ébauchée, Tu t’es entiché d’un autre amour ; Et tu as tant travaillé, Que tu l’as portée quasiment à la perfection.
Satyr Finally, enchanted by my lady Statue, whom you left as no more than an embryo, you have put from your mind that other love; and so hard have you worked that your new beauty is almost complete.
Prometeo Si Satyro, y su empléo, Tabla fue al naufragar de aquel deseo. Ella ha de ser mi Amor, no quiero engaños.
Prométhée Oui, Satyre, et le fait de m’y consacrer A été la planche de salut de mon désir. Elle sera mon amour, et je ne veux point de tromperie.
Prometheus Yes, Satyr, and this task has proved to be the timber that kept me afloat. She will be my love, I can bear no more disappointment.
ESCENA 8 Niséa, Prometeo, y Satyro.
SCÈNE 8 Nisée, Prométhée et Satyre.
SCENE 8 Nisea, Prometheus and the Satyr.
Niséa (á parte)
Á tiempo de escuchar mis desengaños.
Nisée (en aparté) J’arrive toujours à temps (oh ciel !) Pour écouter mes désillusions.
Nisea (aside) Why must I always arrive (o heavens) in time to hear something to disappoint me?
Satyro Tendras Amor sin Zelos.
Satyre Amour ne sera pas jaloux.
Satyr You want love without jealousy.
Niséa Eso no diré yo; pues de mis daños Aunque la causa lloro Quanto la temo, tanto mas la ignóro.
Nisée Je ne dirai pas cela, car cela me porte préjudice, Et si j’en pleure la cause, Je la crains d’autant plus que je l’ignore.
Nisea That will I not say; since, though I weep over the cause of my sorrow, as much as I fear it, more still do I ignore it.
Prometeo No es muy hermosa?
Prométhée Ne te semble-t-elle pas magnifique ?
Prometheus Isn’t she beautiful?
Satyro Y mucho; pero fria.
Satyre Oui, mais elle est froide.
Satyr Lovely, but cold with it.
Niséa (Turbada, y medrosa, hace que se llega.) Declaradme rigores. Ya empiezo; escucha, si de mi osadía.
Nisée (Peureuse, troublée, elle s’approche.) Allons, écoutons mon malheur. Je commence, écoute ; si de mon audace…
Nisea (Anxious and fearful, she prepares to speak up.) Give me strength to confess. I shall begin; listen, if my boldness…
8 En fin con Doña Estatua embelesádo,
Que en embrion dejáste, Con este, de otro Amor te has despicádo; Y tanto trabajáste, Que casi fin, á su primor, has dado.
9 Que siempre llegue (Cielos)
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Prometeo No quiero otros amores: En vano Amor, con otro Amor porfíra.
Prométhée Je ne veux pas d’autre amour : En vain Amour connaîtra d’autres ardeurs.
Prometheus I want no other loves: In vain will any other love try to compete.
Niséa (á parte, y retirase) Si me habla? lance esquivo! Mas no es posible, pues lo escucho, y vivo.
Nisée (en aparté et en reculant) Il s’adresse à moi ! Quel tourment ! Impossible que je vive encore en écoutant cela !
Nisea (aside, and stepping back) Is he talking to me? Hurtful blow! I cannot hear such words and yet live.
Satyro Señor, Señor, atiende, que del Cielo Una mujer gallarda, De un brinquito se ha puesto en nuestro suelo.
Satyre Seigneur, seigneur, regardez ! Depuis le Ciel Une jeune femme de belle prestance A sauté sur notre sol.
Satyr My Lord, my Lord, look, a beautiful woman has leapt down from heaven to earth.
Niséo Á que mi pena aguarda, Si es Palas la que avíva mi rezélo. Voyme, pues ya se acerca. (Vase Niséa.)
Nisée Ah, quelle peine m’attend, Si c’est Pallas qui attise ma crainte ! Je m’enfuis, car déjà elle s’approche. (Elle part.)
Nisea What further pain awaits me if Pallas is the cause of my fear. I shall go, for she is almost here. (Exit Nisea.)
Satyro Etela aqui; que hermosa que es la puerca.
Satyre La voici. Dieu que cette truie est belle !
Satyr Here she comes – a fair sow indeed!
ESCENA 9 Minerva, Prometeo, y Satyro.
SCÈNE 9 Minerve, Prométhée et Satyre.
SCENE 9 Minerva, Prometheus and the Satyr.
Minerva
Minerve Prométhée.
Minerva Prometheus.
Prometeo Docta Palas.
Prométhée Docte Pallas !
Prometheus Learned Pallas.
Minerva Repetído Fin, me tray, y me llama: Si de Aragne el castigo merecído, Desta Estatua la fama; Y aunque la suya, la mayor ha sido; La que por tí, la estraña, Sola esta vez, fue menos que la hazaña.
Minerve Une double Cause m’appelle et me réclame : Le châtiment mérité d’Arachné, Tout comme de cette statue la renommée, Bien que celle-ci a été plus grande, Celle dont, à cause de toi, elle a la nostalgie, Cette fois-ci a été moindre que l’exploit de l’avoir réalisée.
Minerva Two reasons bring me here: the punishment I must mete out to Arachne and the renown of this statue; and great as that renown is, I see it does not reflect the scale of your achievement.
10 Prometeo.
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Prometeo De tus sagradas, venerables huellas Beso humilde la estampa.
Prométhée Je baise les traces odorantes De tes pieds sacrés et révérés.
Prometheus I humbly kiss the imprint of your holy, venerable feet.
Satyro Con tanta pata, quales seran ellas? (á parte) La Diosa es de la ampa.
Satyre Avec autant de pattes, quelles peuvent-elles être ? (En aparté) La déesse des cothurnes.
Satyr She seems to have more than her due. (aside) But then, she’s the goddess of drama.
Minerva Aunque á ti; quando á todos excedíste, Nunca excederte puedes, oy pudíste. A mi, que foy la Madre de las ciencias, Y de tu heroyco Arte, Por justas, por devídas preéminencias, Me toca, el premio darte De obra de tan fumas excellencias: Tu merito le pida.
Minerve Alors qu’en triomphant de tous, Tu n’as pu te dépasser, à présent tu peux Même me dépasser, moi la mère des sciences, Et, comme de juste, pour ton geste héroïque, Je dois récompenser comme il se doit Une œuvre d’une telle excellence : Demande ce que tu veux et tu l’obtiendras.
Minerva Although you cannot surpass yourself, you who surpass all, today you have done just that. It it is right that I, as Mother of knowledge, and of the heroic art of sculpture, should award you a prize, justly deserved, for work of such sublime excellence. Ask, and I shall grant your request.
Prometeo Para mi Estatua pues, te pido vida.
Prométhée Je te demande de donner vie à ma statue.
Prometheus I ask you then to give my statue life.
Minerva Elije pues, para tu intento, elije De la celeste Esfera, Lo que mas á su efecto se dirije; Que mi poder te espera, Para que logres, quanto Jove rije.
Minerve Choisis donc, pour ton intention, choisis De la céleste sphère Ce qui convient le mieux à son effet, Car mon pouvoir espère Que tu obtiennes tout l’empire de Jupiter.
Minerva Choose then, for your plans, choose from the heavenly sphere that which best would achieve your aim, for my power awaits you so that you may travel throughout Jove’s realm.
Prometeo Lo que te pida ignóro.
Prométhée Pour l’instant j’ignore quoi te demander.
Prometheus I know not what to ask for.
Satyro Pide Oro, que no ay vida como el Oro.
Satyre Demande de l’or, car il n’y a rien de mieux.
Satyr Ask for gold, there’s nothing better.
Prometeo Si del Celeste espacio, yo me hállara En el País divíno, Mejor, Palas, mi intento se lograra, De sus glorias vecino, Y en mis deseos, tu favor buscara:
Prométhée Si je me trouvais dans le vaste espace Du pays des dieux, Je saurais plus facilement quoi demander. Plus proche de ses gloires, Par ta faveur, je donnerai vie à ma statue.
Prometheus If I were to find myself in the celestial space of the divine kingdom, closer to your glories, Pallas, I should have a better chance of success, and I would seek your favour to fulfil my desire,
Mas, ignorando el modo, Que te puedo pedir?
Mais ma volonté excédant toute raison, Que puis-je te demander ?
but, knowing not the means, what can I ask from you?
Satyro Pidelo todo.
Satyre Demande tout !
Satyr Ask her for everything.
Minerva Pues ven, que aunque de Aragne en el castígo Mi venganza dilate, Al Reyno de Zafir, has de ir conmigo.
Minerve Viens, bien que ma vengeance retarde Le châtiment d’Arachné, Tu dois venir avec moi dans le royaume des cieux.
Minerva Come then, for although it will delay my repaying and punishing Arachne, you must come with me to the heavenly realm.
Satyro Aunque sea disparate, Que al Cielo vaya yo; para un amigo (Siquiera por un rato) No habrá tambien carruaje en tu zapato?
Satyre Bien que ce soit une folie Que je monte jusqu’au ciel, pour un ami (Même pour un moment), N’aurais-tu pas un peu de place dans ta chaussure ?
Satyr Though it be madness that I should go to heaven, isn’t there room (just for a while) for a friend in your winged shoe too?
Minerva Si por cierto.
Minerve Si, certainement.
Minerva Yes, of course.
Satyro Gran ganga me he encontrado.
Satyre J’ai fait une bonne affaire !
Satyr I’ve got myself a good deal here.
Minerva Prometeo al Cielo sube.
Minerve Prométhée, monte au ciel.
Minerva Prometheus, rise up to heaven.
Prometeo Ya en tu poder, te sigo, confiado.
Prométhée Confiant en ton pouvoir, je te suis.
Prometheus Putting my faith in you, I shall follow you.
Satyro De retorno una nube No habrá, si es que de gloria estoy cansado!
Satyre Y aura-t-il un nuage pour le retour, S’il se sera lassé de la gloire ?
Satyr Will there be a cloud for our return if I get tired of glory?
Minerva Si habrá.
Minerve Oui, il y en aura.
Minerva There will be.
Satyro Minerva viva: Que se me haga ir al Cielo cuesta arriba. (Vanse.)
Satyre Vive Minerve ! Dieu qu’il est difficile de monter au Ciel ! (Il s’en va.)
Satyr Long live Minerva: it’s no easy task to get me into heaven. (Exeunt.)
73 73
ESCENA 10 Apariencia Maritima, y un Escollo en medio del Mar. Jupiter, Mercurio, Hercules, Pandóra, y Aragne.
SCÈNE 10 Scène maritime avec un rocher au milieu. Jupiter, Mercure, Hercule, Pandore et Arachné.
SCENE 10 A sea shore, with a reef out at sea. Jupiter, Mercury, Hercules, Pandora and Arachne.
Pandóra
Suspende, y no malógres Un bien, que apresurádo, Puedes hacer, que en imposible toque. Como Tetis, á Juno La debe obligaciones De su infante crianza, Y Amor, que vive grato, no se pone: Sabídos tus intentos, Oy, á Aragne mandóle; Que á Juno se los diga; Por que con propio, ageno Amor estorve. Mas ella, aunque es tan suya, El caso revelóme, Diciendo, que á tus plantas La ponga, á obedecer lo que dispónes. Si oy Tetis está dura, Mañana estará docil: Todo lo vence el tiempo, Á sus embates no ay peñasco imoble.
Pandore Suspends tes noces, Ô Grand Tonant, car un bonheur Trop convoité risque toujours De finir en malheur. Thétis doit à Junon, Depuis son enfance, Une obligation maternelle, Et il n’y a d’amour que dans la joie. Quand j’ai su ton désir, J’ai fait appeler Arachné, Pour qu’elle dise ton intention à Junon, Afin qu’à travers son amour elle fasse obstacle à l’amour d’autrui. Mais, bien qu’elle soit très discrète, Elle m’a révélé toute l’affaire En voulant que je te dise Que seuls tes désirs lui sont chers. Si aujourd’hui Thétis est revêche, Demain elle sera docile : Le temps triomphe de tout, Et il n’y a pas de rocher qui résiste à ses tempêtes.
Pandora Postpone your wedding, great Jove, and do not, by rushing in, cause it to become impossible. Because Thetis has owed Juno an obligation since she was a child, and love born of gratitude does not end, having learned of your plans, she sent Arachne today to apprise Juno of them, so that with her own love she can stop another’s. But though Arachne serves Juno, she told me of the affair, saying that she would obey whatever orders you give. Though today Thetis is cold, tomorrow she will be docile: time conquers all, no cliff can withstand its blows.
Jupiter Acepto, y agradezco Consejo, y persuasiones: Premio de entrambas sea, Que te obedezca yo, mandando el Orbe.
Jupiter J’accepte et j’apprécie Ton conseil : tu m’as convaincu. Et ce n’est que récompense pour toutes les deux Que j’obéisse alors que je commande au Destin.
Jupiter I agree, and I thank you for your counsel and persuasive argument: I shall reward you both by obeying you as I command the earth.
Mercurio Prudente es el discurso, Que del acaso al golpe, Si parecer no muda, Á lo menos dilata las acciones.
Mercure Ton discours est prudent, Car s’il ne change pas d’avis, Selon les aléas de la fortune, Du moins il en retarde les effets.
Mercury You speak wisely, for if you change not your mind in accordance with the whims of fate, at least you delay your plans.
Hercules No es mengua del valor,
Hercule Ce n’est pas faire preuve de moindre valeur,
Hercules This implies no lack of courage
11 Tus Bodas, gran Tonante,
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Que al podér corresponde, Ceder al temor; quando Respeto es sacro, á objeto, que es comforme.
Car céder à la crainte Incombe au pouvoir, quand le respect Est sacré pour un objet qui l’est tout autant.
for it is right for power to yield to fear out of respect for one of equal power.
Jupiter Aragne, pues me logran Grato tus atenciones; El fuego de mis ansias Contrarias te merezca operaciones.
Jupiter Arachné, puisque je fais L’objet de tes attentions, Le feu de mes envies Mérite des actions plus charitables.
Jupiter Arachne, since I am grateful for your help, let me ask that you portray my life differently in your work.
Aragne Á tu poder rendída, De tu amor los ardores Callarlos, y decirlos Sabré, donde se encúbran, y se noten.
Arachné Rendue à ton pouvoir, Je saurai taire et dire à la fois Tes amours ardentes, là où On doit les dire ou les cacher.
Arachne I surrender to your power and shall not tell the story of your conquests when these should be kept hidden, only depicting those that should be made known.
Jupiter Mas Tetis no es aquella, Cuyos de luz candores, Eclipsan del Febéo, El que, á su vista, se confiesa noche.
Jupiter Mais n’est-ce pas là Thétis, Celle dont les rayons de lumière Éclipsent ceux de Phébus, Mais qui, comparé à elle, avoue être la nuit ?
Jupiter But is that not Thetis, whose radiant light eclipses that of Phoebus, who, compared to her, says he is the night.
Mercurio Escondete.
Mercure Cache-toi.
Mercury Hide.
Hercules Retirate.
Hercule Retire-toi.
Hercules Withdraw.
Aragne Tus luces se rebózen.
Arachné Ta lumière s’estompe.
Arachne Dim your splendour.
Pandóra Al Cielo Jove, al Cielo,
Pandore Au Ciel, Jupiter, au Ciel !
Pandora Jove, return to heaven.
Jupiter Que mas Cielo, que verla, para Iove? Dejad que desde aqui Mire sus perfecciones; Basta lo retirádo, No me querais ausente de sus Soles.
Jupiter Quel autre vision Céleste que de la voir, pour Jupiter ? Laissez-moi d’ici Admirer ses grâces ; Je me suis assez retiré, Je ne veux plus être éclipsé par son soleil.
Jupiter What better heaven for me than seeing her? Let me gaze upon her perfection from here, I need only withdraw, don’t ask me to forsake her sun-like eyes.
75
ESCENA 11 Jupiter, Mercurio, Hercules, Pandóra, Aragne, Neréo, Tetis, y Peléo. Tetis, y Neréo, en un Escollo, con algunas Neydas, Peléo á la orilla del Mar, de la otra parte de donde asisten Iupiter, Mercurio, Hercules, Pandóra, y Aragne, como escondídos.
SCÈNE 11 Jupiter, Mercure, Hercule, Pandore, Arachné, Nérée, Thétis et Pélée. Thétis et Nérée sur un rocher avec des Néréides, Pélée au bord de la mer, de l’autre côté. Les autres sont cachés.
SCENE 11 Jupiter, Mercury, Hercules, Pandora, Arachne, Nereus, Thetis and Peleus. Thetis and Nereus, on a reef, with a company of Nereids, Peleus at the other end of the shore from where Jupiter, Mercury, Hercules, Pandora and Arachne are hiding.
Tetis
Obediente tribúta á tu deséo, a volútad, (mal dije, que es forzada)
Thétis Thétis, ô grand Nérée, Est prête à obéir à tes désirs (C’est peu de dire que je me force)
Thetis My lord Nereus, Thetis is ready to obey your will (it costs me dearly to say so).
Jupiter Que escucho dichas? Ay Deidad amada!
Jupiter Qu’entends-je ? Ah, divinité adorée !
Jupiter What joyous news is this? Oh, my beloved goddess!
Peléo Que escucho penas? Ay Deidad perdída!
Pelée Qu’entends-je ? Ah, divinité perdue !
Peleus What terrible news is this? Oh, my lost goddess!
Neréo Das, Tetis, á mi vida nueva vida, Con nueva tan gustosa:
Nérée Tu accordes à ma vie, Thétis, une nouvelle vie, Par cette nouvelle si agréable.
Nereus Thetis, you give me new life with such a welcome announcement.
Aragne La Diosa se rindió por ser mas Diosa.
Arachné Pour être plus déesse, la déesse a cédé.
Arachne She has agreed so as to gain greater divinity.
Tetis Solo de Jove, que me alcances pido, Diláte el Hymenéo prometido, Hasta que yo á las Bodas me prevenga. (Diré mejor hasta que Aragne venga.)
Thétis Je te demande seulement, de la part de Jupiter, que tu obtiennes Qu’on suspende notre Hyménée, Jusqu’à ce que je me prépare pour les noces. (J’en dirai davantage quand Arachné viendra).
Thetis I ask only that you ask Jupiter to delay our wedding until I am prepared for it. (In other words, until Arachne returns.)
Neréo Pues á buscarle voy.
Nérée Je vais donc le chercher.
Nereus I shall go in search of him.
Jupiter Y yo, á esperarle voy.
Jupiter Je vais attendre.
Jupiter I shall go and wait for him.
Hercules Dichoso fuiste.
Hercule Tu as de la chance.
Hercules You were fortunate.
12 Ya Tetis, gran Neréo,
76
Jupiter Merecelo mi Amor.
Jupiter Mon amour le mérite.
Jupiter My love merits it.
Mercurio Ya confeguíste.
Mercure Tu l’as obtenu.
Mercury You have what you want.
Jupiter Violento parto.
Jupiter Avec colère je m’en vais.
Jupiter Amid thunder, I go now.
Pandóra Es el partir precíso.
Pandore Il part, déterminé.
Pandora You are right to do so.
Vase Jupiter, Mercurio, Hercules, Pandóra, Aragne, y cantan las Nereydas los siguientes versos.
Jupiter, Mercure, Hercule, Pandore et Arachné s’en vont. Les Néréides chantent les vers suivants :
Exeunt Jupiter, Mercury, Hercules, Pandora and Arachne; the Nereids sing the following lines.
Musica de Nereydas y Tritones Á las Bodas, que en casto Hymenéo, Del grande Neréo, La Hija gentíl, Con Iove en empléo Amante, y felíz, Celébra, y usáno el salóbre País: Cantad, candad, Veníd, veníd, Nereydas hermosas, Deidádes dichosas, Y en dulces acentos, De primores mil; De Iove las glorias, De Tetis vitórias, Y de Amor memorias. Aplauda el contento de nuesto Zenid.
Néréides et Tritons Aux noces du chaste Hyménée, La fille avenante Du grand Nérée, Avec Jupiter elle devint Une heureuse amante ; Que triomphent le royaume des ondes ! Chantez, chantez, Venez, venez, Belles Néréides, Déesses fortunées, Et par de doux accents, par mille perfections, Que nos cœurs applaudissent Les gloires de Jupiter, Les victoires de Thétis, Les mémoires de l’Amour.
Song of the Nereids and Tritons The watery realm proudly celebrates the chaste wedding in which Hymen will join the fair daughter of mighty Nereus with Jove in a bond of happiness and love. Sing, sing, come, come, pretty nereids, joyful goddesses, and in sweet tones of myriad perfections let the happiness of our realm praise the glories of Jupiter, the victories of Thetis and the memories of love.
Peléo Suspended la armonia, Ninsas del Mar sagrado, con el canto;
Pélée Suspendez votre mélodie, Nymphes de la mer sacrée, interrompez votre chant.
Peleus Cease your music and song, o nymphs of the sacred sea.
Tetis Ay Peleó querido, Suspende tu la queja; pues ignóras
Thétis Ah, cher Pélée, Suspends tes alarmes, car tu ignores
Thetis Alas, beloved Peleus, cease your lament, for you know not 77
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Del pecho enternecído La viva fee, que por difunta lloras: Pues ojos, á llorar.
Le vivant amour qui anime mon cœur Et que tu crois désuni ; Alors nos yeux, pleurez.
that the constancy you mourn as dead still burns brightly within me. Then our eyes must mourn…
Peléo Pues Almas, á sentír.
Pélée Alors, nos âmes, souffrez.
Peleus Then our souls must suffer…
Los dos Del Hado rigóres, Que castos ardóres, Con tristes vapóres No deja lucír.
À deux Les rigueurs du destin Ne peuvent être touchées Par les tristes vapeurs De nos chastes ardeurs.
Together … the cruelty of fate, which does not allow our chaste love to shine through our tears.
Tetis Pues ojos, á llorar.
Thétis Alors, nos yeux, pleurez.
Thetis Then our eyes must mourn.
Peléo Pues Almas, á sentír. (Vanse los dos.)
Pélée Alors, nos âmes, souffrez. (Ils partent)
Peleus Then our souls must suffer. (Exeunt.)
ACTO II Apariencia Celeste.
ACTE II Scène céleste.
ACT II The heavens.
ESCENA 1 Prometeo mirando las Esfèras, Satyro, que le sigue.
SCENE 1 Prométhée regardant les sphères, et Satyre qui le suit.
SCENE 1 Prometheus gazing at the planets, the Satyr following him.
Prometeo
Prométhée Comme mon cœur (Bien qu’il soit humain), Reçoit avec douceur Un doux bonheur. Comme un seul instant Dans la vie paraît éternel, Et comme, bien court À l’inverse paraît un siècle de gloire. Quelle triste mémoire De devoir revenir Et jouir de tant de plaisirs Avec si peu de liberté. À quoi bon obtenir Ce qu’on doit abandonner ? Satyre, qu’en dis-tu, n’est-ce pas étrange Quand aujourd’hui cela a été l’objet de ton attention, qu’il ne soit pas digne de plus solides inquiétudes ?
Prometheus What constant, open, sweet contentment now enters my heart (though it is human). How long a single moment can appear in life, and how short, by contrast, a century of glory seems. It is sad to think we have to leave, and can enjoy such delights for so brief a time. What does it mean to gain them if we are bound to lose them again? What do you think, Satyr, aren’t you amazed by all you have seen today? Should it not inspire you with greater awe?
Satyro Todo me ha parecìdo de los Cielos: Solo una cosa, mi descortesìa Ha hechado menos oy,
Satyre Tout me semble de nature céleste ; Mais il ne manque qu’une seule chose À mon goût.
Satyr It all seems suitably heavenly to me; there’s only one thing I’ve missed today.
Prometeo Qual?
Prométhée Laquelle ?
Prometheus What’s that?
Satyro La Hosterìa.
Satyre Une auberge.
Satyr An inn.
Prometeo Pues tienes hambre?
Prométhée Pourquoi, tu as faim ?
Prometheus Does that mean you’re hungry?
Satyro Y tal, que me comiera,
Satyre J’ai si faim que je mangerais,
Satyr Enough to devour
13 Que firme, que esento,
Que dulce, recibe (Aunque humano vive) Mi pecho el contento. Que largo un momento Parece en la vida: Que corto, à medida, Un siglo de gloria: Que triste memoria, Haber de volver, Y tanto placèr Con tasa gozar: Que sirve el ganàr, Si se ha de perdèr? Que te parece Satyro, no es raro Quanto oy ha sido objèto à tu reparo? No es digno de mas solidos desuèlos?
79
80
(Aunque son, duras) Una vieja entèra
(Même si sa chair est dure) Une vieille tout entière.
an entire old woman (tough as old women are to chew).
Prometeo Alabo, la gustòsa golosìna: Son de comer?
Prométhée Je loue un mets si savoureux. C’est donc comestible ?
Prometheus I praise your choice of refreshment, but are they edible?
Satyro Pues no? no fon cezìna? Pero tu, de mìrar, embelesàdo Tanto grande, estaràs muy desganàdo.
Satyre Pourquoi pas ? N’est-ce pas de la salaison ? Mais toi, à force de regarder avec tant D’envie, tu n’auras plus d’appétit.
Satyr Why not? Aren’t they just cured meat? But you, starry-eyed from gazing at this immensity, presumably have no appetite…
Prometeo Es cierto, y aun razon, que en dulce calma, Se abstenga el cuerpo, donde come la alma. Mucho en esto à Minerva la he devìdo, Pues con su ayuda, tanto he conseguìdo.
Prométhée Il est certain qu’avec raison, dans une douce quiétude, Le corps s’abstient, quand c’est l’âme qui se repaît. En cela je dois tant à Minerve, Car avec son aide, j’ai obtenu beaucoup.
Prometheus That’s true, and it is only right that the body, like the soul, should calmly abstain. For this I am much in Minerva’s debt, since with her help I have achieved so much.
Satyro Y de quanto hemos visto en un momento, Que es lo que mas conforma con tu intento?
Satyre Et de tout ce que l’on a vu autour de nous, Qu’est-ce qui correspond à tes intentions ?
Satyr And of all we have seen in our brief time here, what most responds to your needs?
Prometeo Satyro el fuego. El es de todos alma apetecìda, Vida comun, porque sin èl, no ay vida. Todo lo he discurrìdo, y penetràdo, Mas nada al fuego, iguala, comparàdo.
Prométhée Satyre, le feu. Il relie le corps à l’âme, Car sans lui, point de vie. Tu as parlé de tout ce que tu as observé, Mais rien ne peut être comparé au feu.
Prometheus Satyr, I want fire. It is the soul that all desire, a life for all, because without it, there is no life. I have considered many things, but truly nothing can compare with fire.
Satyro Pues ya, que el fuego tan idoneo sea Para anìmar, à quien tu amor desèa. Como le has de llevar, ni hurtar tampoco, Si no ay como volvernos?
Satyre Certes, le feu serait bien utile Pour animer l’objet de ton désir, Mais comment vas-tu le dérober, Si tu ne sais pas comment rentrer ?
Satyr Then, if fire is the ideal means of giving life to the object of your desire, how are you going to take it, or rather steal it, when we have no way to get home?
Prometeo Calla loco, Que quien con su poder nos trajo al Cielo, Reducìrnos sabrà tambien al Suelo. (Quitale la caña à Satyro, que hace que cae, y luego se hunde.)
Prométhée Tais-toi, imbécile, Celui qui nous a conduit pour voler le soleil Saura nous ramener sur terre. (Il s’écroule.)
Prometheus Silence, fool, for she whose power brought us to heaven will also be able to return us to earth (He takes Satyr’s cane, making him stumble and fall.)
Quien hurta el Sol, bien puede serlo al Mundo. (Sube Prometeo con la Caña, enciendela en el Sol, y rapidamente baja con ella encendìda desapareciendo.)
Qui dérobe le soleil peut se dérober au monde. (Prométhée prend une flamme du soleil avec la canne et disparaît rapidement avec elle)
He who steals the sun can bring light to the world. (He takes the cane, lights it in the heat of the sun, and quickly descends with it alight, before disappearing.)
ESCENA 2 Pandòra, y Jupiter.
SCENE 2 Pandore et Jupiter.
SCENE 2 Pandora and Jupiter.
Pandòra
Al Sol los candòres, Sin que à los rigòres, Los rayos se muevan. Como, di, no prueban (Ò gran Fulminante) Del brazo triunfante Las soberanìas, Locas osadìas? Como, sin rezelo, En rapido vuelo, Mortal planta humana, El Cielo profàna, Escandalo el Cielo.
Pandore Aucun rayon ne s’émeut, Ô Jupiter, contre celui Qui a dérobé Les trésors du soleil ? Comment, dis-moi Ô grand Tonant, De folles audaces Ne proviennent-elles pas Des exploits du bras triomphant ? Comment, sans un mot, Une mortelle plante humaine, D’un envol rapide depuis la terre, A-t-elle pu profaner le ciel En l’assaillant ?
Pandora A thief has stolen fire from the sun without retribution from its rays. How is it, tell me, o god of thunder, that such foolhardy audacity has not been met by the might of your all-conquering arm? How is it that mortal feet can fearlessly, in rapid flight, profane heaven, to this realm’s shame?
Jupiter Que es esto, Pandòra?
Jupiter Que dis-tu, Pandore ?
Jupiter What’s this, Pandora?
Pandòra Prometeo, Señor, Hartando el ardor, Que el Sol atesòra, Atrevido ahora Del Cielo deciende, Y à su triunfo, enciende Con èl, de sus glorias Las villes memorias, Sin que de su intento El atrevimiento, Zelosa, y ardiente, Deidad reverente Del Celeste Orbe,
Pandore Seigneur, Prométhée A dérobé le feu Dont le Soleil a fait trésor ; Et voilà l’audacieux Qui descend du Ciel, Et par son vol, il embrase Son triomphe, et avec lui, Les viles mémoires de sa gloire. Pouvez-vous supporter, Jalouses et ardentes, Cette audace insolite, Déesses suprêmes Des chœurs célestes ?
Pandora Prometheus, my lord, having braved the heat stored within the sun, is even now boldly descending from heaven, and in triumph illuminating with its flame the abject memories of his glories, while the zealous and passionate deity who watches over the celestial orb failed to notice or with courage
14 Que roban, que llevan
81
Registre, y estorbe Con brazo valiente.
Que vos bras courageux Brandissent le châtiment.
prevent this brazen act of recklessness.
Jupiter Que escucho Cielos? Como à mis enòjos No sois ceniza ya, no sois despòjos De mi furor devìdo? Muera, pero no muera el atrevìdo; Que no es castigo, à tanto osàr la muerte.
Jupiter Qu’entends-je ! Ô Ciel ! Quoi ? À mon courroux Vous n’êtes pas réduit en cendres, vous n’êtes pas La victime de ma fureur ? Qu’il meure ! Non, le traître ne doit pas mourir, Car pour une telle audace, la mort n’est pas le châtiment.
Jupiter Heavens, what do I hear? How has my anger not reduced you to ashes, my fury ripped you to shreds? Let the insolent one die, but no, for death is not punishment enough for such an act.
ESCENA 3 Jupiter, Hercules, Mercurio, y Pandòra.
SCENE 3 Jupiter, Hercule, Mercure et Pandore.
SCENE 3 Jupiter, Hercules, Mercury and Pandora.
Hercules
Hercule Père !
Hercules Father…
Mercurio Señor,
Mercure Seigneur.
Mercury My lord…
Hercules Quien en furor convierte De tu serèno rostro la firmeza?
Hercule Qui a transformé en fureur La fermeté de ton visage serein ?
Hercules Who has filled your calm features with anger?
Mercurio Quien oponerse pudo à tu grandeza?
Mercure Qui a pu s’opposer à ta grandeur ?
Mercury Who has dared challenge your majesty?
Jupiter De Prometeo villano, Ofendido se vè lo soberano De mi Divinidad; al Sol ardòres Hurtò.
Jupiter Le vulgaire Prométhée A offensé le souverain De ma divinité ; il a dérobé les rayons du Soleil.
Jupiter The supremacy of my divinity has been insulted by the lowly Prometheus: he has stolen fire from the sun.
Mercurio Pues pruebe de tu ardor rigòres.
Mercure Qu’il éprouve également les rigueurs de ton courroux.
Mercury Then let him feel the might of your wrath.
Hercules En èl (quando en sus penas escarmiente) Tema tu ofensa, el que ofenderte intente.
Hercule Qu’il craigne le châtiment de tes offenses, Lui qui a osé t’offenser.
Hercules As he endures his punishment, let him fear the consequences of insulting you.
Jupiter Pandòra.
Jupiter Pandore.
Jupiter Pandora.
15 Padre,
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Pandòra Que me ordenas?
Pandore À tes ordres.
Pandora What would you have me do ?
Jupiter Que al Mundo partas, y que à manos llenas, En los mortales, que à Prometeo estìman, Tantas derrames penas, con que gìman, Que à su efecto, en la causa encarnizàdos, Vengàdos lloren, el no estar vengàdos. Que ofensa tanta, y por tan varios modos, No està vengàda; aunque se venge en todos.
Jupiter Retourne sur terre, et d’une main sévère, Sur les mortels, amis de Prométhée, Déverse tant de peines cruelles, Qu’une fois apprise la cause par les effets vengés, qu’ils pleurent de ne pas être vengés. Il n’y a pas de châtiment qui égale une telle offense, même si tous subissent ce châtiment.
Jupiter You must go down to earth and there, among the mortals who respect Prometheus, scatter evil and disease to make them suffer, so that they become furious with him, and weep for the vengeance brought upon them, although a crime such as his can never be avenged, though my vengeance smite all men.
Pandòra A punto parto. (Vase Pandòra.)
Pandore Je t’obéis sur le champ. (Elle part.)
Pandora I shall go without delay. (Exit Pandora.)
ESCENA 4 Jupiter, Mercurio, y Hercules.
SCÈNE 4 Jupiter, Mercure et Hercule
SCENE 4 Jupiter, Mercury and Hercules.
Jupiter
Y con ligera espuela Vatiendo el ayre, de Prometeo sigue La infame huella, y aunque en sì, le abrìge La Tierra, el Mar, el Ayre, ò el Abismo, (Para ser escarmiento de sì mismo) Al Caucaso, con rigida cadèna Su cuerpo liga, y para mayor pena, Buytre feroz, y hambriento De sus entrañas haga vil sustento, Sin que en eterna, aunque no igual, venganza, Muera jamàs, si no es à la esperanza.
Jupiter Toi, Mercure, je veux Que tu partes aussitôt, Et qu’en fendant les airs, tu suives Prométhée à la trace, et bien que l’air, la terre, les mers et même l’enfer le cachent (Pour être l’exemple de lui-même), Tu enchaîneras avec force son corps Au Mont Caucase, et pour accroître sa peine, Un vautour féroce et affamé Dévorera atrocement ses entrailles, Afin que par une éternelle vengeance, Jamais il ne meurt, sinon pour l’espérance.
Jupiter Fly, Mercury, and as your winged feet flutter in the air, follow the unworthy Prometheus, and whether he has found refuge on Earth, or in the Sea, Air, or fiery Abyss, make him an example to all men: shackle his body with heavy chains to Mount Caucasus; then, in further punishment, send a fierce and ravenous vulture to make its meals from his entrails: my vengeance will never equal his crime but neither will it end, for though he long to die, he shall live for ever.
Mercurio À obedecerte voy. (Buela Mercurio.)
Mercure Je pars exécuter tes ordres. (Il part.)
Mercury I go to do your bidding. (He flies away.)
Hercules Pena es devìda.
Hercule C’est un châtiment éternel.
Hercules It is a fitting punishment.
Jupiter Y fumo el mal en quien, Muerte es la vida.
Jupiter Et c’est le plus grand malheur Pour qui la mort est la vie.
Jupiter There is nothing worse Than a living death.
16 Tu Mercurio vuela,
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ESCENA 5 Tetis, y Pelèo.
SCENE 5 Pelée et Thétis.
SCENE 5 Thetis and Peleus.
Pelèo
Con morir, à igual batàlla; Que aun mi nombre no la calla, Pues que conmìgo Pelèo. Duro rigor, es aquel De una suspension sevèra; Muera yo, pero no muera Tarda muerte, que es cruel.
Pélée Quand le désir, par sa mort, Mettra donc fin à une telle bataille ? Car même mon nom continue à l’appeler Puisque je combats avec moi-même. C’est une bien grande rigueur Que celle d’une suspension cruelle. Que je meure, oui, mais que cette mort Lente ne meure pas, ce serait trop cruel.
Peleus When will desire die and so end the battle that continues to rage within me. To be kept waiting so long is cruel, I must die, but not die, death tarries, for it is cruel.
Tetis Quien vive à la confianza, Menores sus penas mira; Pues à lo menos, respìra Los ratos de la esperanza. Yo espèro, que ha de estoruar Juno, de Jove el intento: Quien diò la vida al tormento Tan antes de executàr?
Thétis Quiconque vit dans la confiance, Éprouve de moindres peines. Car du moins il profite Du temps de l’espérance. Et j’espère que Junon pourra Détourner l’intention de Jupiter ; Qui a donné la vie au tourment Avant qu’il n’agisse ?
Thetis He who keeps believing feels less pain, since at times, at least, he lives in hope. And my hope is that Juno will thwart Jove’s plans: who else has suffered before finding a means to act?
Los dos Ay como siempre,
À deux Hélas, comme toujours,
Together Alas, love can grow cold when…
Pelèo En miedos,
Pélée Dans la crainte,
Peleus … threatened by fear…
Tetis En estoruos,
Thétis Dans l’adversité,
Thetis … faced with obstacles…
Los dos Es, entre dudas, frio lo amoròso.
À deux L’amour, dans le doute, a toujours froid.
Together … and when faced with uncertainty.
ESCENA 6 Tetis, Pelèo, Nerèo, y Aragne.
SCENE 6 Thétis, Pélée, Nérée et Arachné.
SCENE 6 Thetis, Peleus, Nereus and Arachne.
Aragne
Arachné Voici ton père, Thétis.
Arachne Your father, Thetis, my lord.
17 Quando fin darà el desèo,
18 Tu Padre, Tetis, Señores.
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Tetis Huye Pelèo, ay de mi! No te halle conmigo aquì; No asì, tu suerte empeòres.
Thétis Fuis, Pélée, pauvre de moi ! S’il te trouve ici avec moi, Ton malheur ne fera qu’empirer.
Thetis Alas, Peleus, you must go! He cannot find you here with me, it would only make things worse for you.
Pelèo Voyme, por que tu lo quieres. (Vase Pelèo.)
Pélée Je pars, puisque tu le veux. (Pélée s’en va.)
Peleus I shall go, as that’s what you wish. (Exit.)
Tetis Donde esta?
Thétis Où est-il ?
Thetis Where is he?
Aragne Al peligro ignòras Que prevenìmos à horas Los instantes las mujeres? No le descubres?
Arachné Tu ignores le danger Que nous, les femmes, ne cessons De contrer à chaque instant ? Ne le vois-tu pas ?
Arachne Aren’t you aware of the danger we women face at all hours? Can’t you see him?
Tetis Ay Cielos! Medrosa el alma le aguarda; Y que mucho, Aragne, tarda Juno, à estoruar mis rezelos.
Thétis Ô ciel ! Mon âme attend avec appréhension ; Combien de temps met Junon, Arachné, À apaiser mes craintes ?
Thetis Alas, heavens! My heart fearfully awaits him; and Arachne, how long Juno is taking to allay my fears.
Aragne (à parte.) Avisàda de mi està. (Si ella alcanzàra mi engaño)
Arachné (en aparté) Elle est déjà au courant par moi. (Si elle savait ma tromperie)
Arachne (aside) I have told her of Jove’s plan. (If she knew of my deception!)
Tetis Ay triste! que siempre el daño Lo mas segùro serà. (Sale Nerèo.)
Thétis Hélas, le danger est toujours Ce qu’il y a de plus sûr. (Apparaît Nérée.)
Thetis I am so unhappy! my fate seems ever more certain. (Enter Nereus.)
Nerèo En tu busca, de que tengo En tu Boda concertàda, La dilacion ajustàda, La nueba à traerte vengo.
Nérée Parti à ta recherche, Je viens t’annoncer La fin du délai que tu as demandé De ton mariage arrangé.
Nereus I have come to bring you the news of the changed delay to your wedding.
Tetis Siempre de la hermosa Juno Grande el castìgo rezèlo.
Thétis Je crains toujours le châtiment Exemplaire de la belle Junon.
Thetis I am still afraid that the fair Juno will mete out a terrible punishment. 85
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Nerèo Si està de tu parte el Cielo, El mayor riesgo es ningùno.
Nérée Si le Ciel est de ton côté, Le plus grand risque n’est rien.
Nereus If heaven is on your side, nothing can threaten you.
Tetis Soy tu esclava.
Thétis Je suis ton esclave.
Thetis I am your slave.
Nerèo Y yo el dichoso.
Nérée Et moi bien fortuné.
Nereus And I your happy father.
Los dos Ay como
À deux Ah, comme…
Together Ah, truly…
Tetis Siempre.
Thétis Toujours,
Thetis … how times…
Nerèo Nunca,
Nérée Jamais,
Nereus … how times…
Tetis Del pesar,
Thétis Du tourment,
Thetis … of sorrow…
Nerèo Del gozo,
Nérée Du goût,
Nereus … of joy…
Los dos Aunque sean.
À deux Bien qu’ils soient…
Together … though capricious…
Tetis Tarde,
Thétis Lents,
Thetis … are always…
Nerèo Luego,
Nérée Rapides,
Nereus … are never…
Los dos Son los plazos cortos.
À deux Les délais sont toujours courts.
Together … short-lived.
CD2 ESCENA 7 Minerva, Prometeo, Satyro y Coro de los que traen la Estatua.
SCENE 7 Minerve, Prométhée et Satyre et le chœur de ceux qui transportent la statue.
SCENE 7 A deserted place at the foot of Mount Caucasus. Minerva, Prometheus and the Satyr, leading the chorus, bearing the Statue, in a ceremonial procession.
Coro
Te aclama, Hermoso, Perfèto, Objeto Glorioso, De mi voluntad; Para que, aun sin vida, vivas inmortal. Rezelo, Que el Cielo, Su Espacio Quisiera, Que fuera Palacio De tu Magestad; Para que aun sin vida, vivas inmortal. Vitorias, Tus glorias Recìben Devidas, Si vidas Prohìben, De agena beldad; Para que aun sin vida, vivas inmortal. (Mientras fe canta efta letra, fe pone la Estatua en fu lugar.)
Chœur La renommée T’acclame, Beauté Parfaite, Objet Glorieux De ma volonté. Ainsi, même sans vie, tu seras immortel. Je crains Que le ciel, Son espace, Voudrait Qu’il soit Le palais De ta Majesté. Ainsi, même sans vie, tu seras immortel. Victoire, Ta gloire Reçoit Des victoires méritées, Si elle interdit La vie D’une beauté étrangère, Ainsi, même sans vie, tu seras immortel. (Tandis que l’on chante, on met la statue à sa place.)
Chorus The goddess Fama acclaims you, o beautiful, perfect, glorious object of my desiring, for though you live not, you will be immortal. I suspect that heaven would like its realm to form a palace for your Majesty, for though you live not, you will be immortal. May your glory obtain the victories it deserves, if it prevent the life of any other beauty; for though you live not, you will be immortal. (While they sing these words, they stand the Statue in place.)
Minerva Ya que de tus intentos Gozas Prometeo el fruto deseàdo; Y el de tus ardimientos Para ocasion mejor has reservàdo;
Minerve Vu que tu jouis, Prométhée, Des fruits attendus de ton désir, Et que tu as réservé pour une meilleure occasion
Minerva Prometheus, since you are enjoying the fruit of your labour, and you have reserved for this moment the fruit of your courage,
1 A Fama
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Y seguro, y gustoso No solo quedas, mas tambien dichoso. Quedate en paz; que ufàna De haberte acompañàdo hasta el efeto De tu empresa no vana; Parto à la Lid, que opuesta à mi respeto; Me llama Justiciera; Si la de Aragne pertinaz me espèra.
Le fruit de ton audace, Tu te retrouves non seulement Dans un lieu sûr, mais la fortune te sourit aussi. Sois tranquille, car tu m’auras Toujours comme fidèle escorte de tes exploits. Je pars au combat, car opposé à mon respect, Elle m’appelle justicière puisque la rivalité d’Arachné m’attend avec obstination.
you are blessed with not just safety and happiness but also good fortune. Be at peace now, as I, proud of having helped you accomplish so daring a feat, go to engage in justified combat with my rival, the headstrong Arachne.
Prometeo A tus plantas rendìdo, El pecho en tierra, que leal te adòra, Prometeo agradecìdo, Siempre gran Palas, tu favor implòra: Vè y triunfa poderòsa. (Vase Minerva.)
Prométhée Prostré à tes pieds, La poitrine à terre, qui t’adore avec loyauté, Prométhée, humble et reconnaissant, Implore sans cesse, ô Pallas, ta faveur. Va, et fais triompher ta puissance. (Minerve s’en va.)
Prometheus Prostrate before you, his chest on the ground in loyal worship, a grateful Prometheus as always, asks for Pallas’s blessing; go then, and be victorious. (Exit Minerva.)
Satyro Vaya busted con Dios, Señora Diòsa.
Satyre Que dieu vous garde, Madame la déesse.
Satyr Safe journey, my lady goddess.
Coro La fama Te aclama, etc.
Chœur La renommée T’acclame, etc.
Chorus The goddess Fama acclaims you, etc.
Prometeo Pues solo me han dejàdo Al logro de mi intento; Ya es tiempo, que à luz salga La luz, que al Sol debiò su lucimiento. (Saca la caña) Que presto, Estatua hermosa, Viviràs al aliento De fuego, que divìno, Solo le asiste lo mejor del fuego. (Llegale à la boca la caña encendìda.)
Prométhée À présent que mes fidèles m’ont laissé Seul ici, il est temps à présent De nourrir par le feu, le feu de mon cœur, Qui doit au Soleil sa lumière. (Il revient avec la canne en feu) Car très vite, ô belle statue, Tu prendras vie par le souffle Du feu qui, parce qu’il est divin, Est nourri par le meilleur du feu. (Il approche le feu de sa bouche)
Prometheus Now that I am left alone to fulfil my ambition, it is time to bring into the daylight that light whose brightness comes from the sun. (He takes out the cane.) Soon, fair Statue, you will be given life by this fire which, because it is divine, is the purest of fires. (He lifts the glowing cane to her mouth.)
Satyro Tà Señor, que la quemas; Y à ser de Hombre, sospecho Dejaras à la Estatua Barba capona, de Entremes ya viejo.
Satyre Attention, seigneur, vous allez la brûler ! Si c’était un homme, je soupçonne Que tu laisserais à la statue La barbe postiche d’un vieil intermède !
Satyr Look out, my lord, you’re singeing her and you’ll make her look more like a man with a smudge of beard on her chin.
Valgame Baco, y Ceres, Dos Dioses de provecho; La Estatua se menèa: Esta es la primer piedra con artejos.
J’en appelle à Bacchus et Cérès, Deux dieux du profit, pour qu’elle marche. C’est la première pierre articulée !
Bless me, o Bacchus and Ceres, divinities of prosperity, the Statue is moving: this is the first rock that could bend!
ESCENA 8 Prometeo, Satyro, y la Estatua animàda, que va moviendose con todos sus miembros.
SCENE 8 Prométhée, Satyre et la statue animée, qui s’anime de tous ses membres.
SCENE 8 Prometheus, Satyr and the living Statue, which is now beginning to move its limbs.
Prometeo
Prométhée Feu souverain, Ô rayons, dont je ne reconnais Le souffle divin Que par ses effets ! (Il s’adresse à la statue.) Amant de ta beauté, Tu as reçu également Finesses et désirs en partage : Ne sois pas dure, mais regarde-moi avec tendresse.
Prometheus O fire supreme, o light whose divine nature, though invisible, is evident from its effect, (He speaks to the Statue.) In love with your beauty, my affection equals your exquisiteness: remain not as stone, since you look at me tenderly.
Estatua Prometeo, pues me diste Vida, que te confieso; No quitarmela quieras Con la muerte de humanos pensamientos.
Statue Prométhée, je reconnais Que tu m’as donné la vie, Tu ne devrais pas me l’ôter Sans la blessure mortelle de tes sentiments humains.
Statue Prometheus, I acknowledge your gift of life to me; do not try to take it from me with the death of human thoughts.
Satyro Por Baco, que la Estatua Conoce, y habla à un tiempo: Aqui tiene un Criado. (No hace caso del la Estatua.) (à Prometeo) Oye usted; es de piedra aun el pescuezo?
Satyre Sapristi ! La statue Parle et te reconnait en même temps ! Elle a ici un serviteur. (Il ne fait pas cas de la statue.) (à Prométhée) Écoutez, on dirait que son cou aussi est en pierre.
Satyr By Bacchus, the Statue knows you and speaks at the same time: she has a servant in me. (He ignores the Statue.) (to Prometheus) Listen, is her pride made of stone as well?
Estatua No de tu accion el lustre Ajen de Amor afectos; Indigno es el humano,
Statue L’œuvre d’un tel esprit Ne mérite pas un amour profane, L’amour est un terrain indigne
Statue Think not to endow me with the splendours of love; human sentiment is unworthy
2 Ò Fuego soberàno,
Ò rayo, cuyo aliento, À no verte divìno, Que lo eras, conociera en el efecto. (Habla con la Estatua.) De tu beldad amante, Finezas, y desèos Igualò mi cariño: No dures piedra, pues me miras tierno.
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En alma, que alentò divìno fuego. De Jove en mi, un retrato Contempla, en lo perfecto; Mortal no al cuerpo aspìres, Haz te divìno, con amar lo eterno.
Pour une âme qu’anima un souffle divin. Contemple en moi un portrait Vivant et parfait de Jupiter ; N’aspire pas à être un corps mortel, Deviens un être divin en aimant l’éternité.
of a soul lit by divine fire. See rather in me a portrait of the perfection of Jove; aspire not to make my body mortal, make yourself divine by loving the eternal.
Prometeo Tan rendido me logras, Que ufàno te obedezco; Mas permìte adorarte, Pues de adorar, a amar, no se dà medio. Ya que de amor alàgos Huyes, con casto ceño; Amemonos, siquiera, Con voluntades del entendimiento.
Prométhée Tu me vois si vaincu Que je me vante de t’obéir ; Mais permets-moi de t’adorer. Puisque tu fuis, D’un froncement de sourcil, Mes élans amoureux, Qu’au moins nos cœurs s’unissent Par la volonté de l’entendement.
Prometheus I am so in thrall to you that I obey you with pride; but permit me to worship you, since love and worship are closely related. Since you reject the flattery of love with a chaste frown, let us love one another with an eagerness for understanding.
Estatua No es voluntad, aquella Que aspìra à lo terrèno; Apetìto es villano Adonde, à mas, que a amar, tira el desèo.
Statue Ce n’est pas une volonté, celle Qui aspire aux plaisirs terrestres : C’est un appétit vulgaire Quand le désir dépasse le désir d’aimer.
Statue Aspiring to earthly things is no such eagerness, it is a vulgar appetite to which desire, rather than love, is drawn.
Prometeo Que bien, en tus discursos, Tu orìgen estoy viendo.
Prométhée Comme je vois bien, Par ton discours, ton origine.
Prometheus How well does your speech betray your origins.
Estatua Culpa es morir humano, Quien para ser divìno el Ser le dieron.
Statue Le châtiment sera la mort Pour celui dont l’âme a voulu égaler le divin.
Statue For one who was given life in order to be divine, it is a sin to die a human death
Prometeo Quien obrò tus primòres, Ò lo ès, ò debe serlo.
Prométhée Qui a donné vie à ta beauté Est divin ou bien doit l’être.
Prometheus He who sculpted your beauty either is divine or should be.
Estatua No deja de ser Hombre, Quien, à encumbrarse, estrìva en lo soberbio.
Statue Il n’en est pas moins homme, Celui qui a un orgueil démesuré.
Statue He who, from a place of pride, seeks praise, does not stop being a man.
Prometeo Quien dueño es de las Ciencias, De la Deidad es dueño.
Prométhée Qui est digne des Sciences Est digne de la divinité.
Prometheus He who is master of knowledge is master of the divine.
Estatua Siempre es, entre los doctos, El que presùme mas, quien sabe menos.
Statue Il y a toujours, parmi les doctes, Celui qui croit savoir le plus et qui en sait le moins.
Statue Among the learned, those who think they know the most always know the least.
Prometeo Deidad seràs por mi, Y yo por ti, à los Cielos.
Prométhée Tu seras pour moi une divinité, Et moi pour toi un souverain des cieux.
Prometheus Because of me, you will be a goddess, and because of you, I shall go to heaven.
Estatua Cerca està de si propio, Quien de si mismo se imagìna lejos.
Statue Il est proche de lui-même Celui qui croît être loin de soi.
Statue Those with lofty ambitions are more likely to fail.
ESCENA 9 Mercurio, Prometeo, y Satyro. Mercurio baja de un buelo, y tocando con el Caducèo la Estatua (que al punto cae imoble) fube violento, despues de dichos los dos figuientes verfos.
SCENE 9 Mercure, Prométhée, Satyre. Mercure en volant touche la statue de son caducée qui tombe en morceaux. Il remonte aussitôt après avoir déclamé ces vers :
SCENE 9 Mercury, Prometheus and the Satyr. Mercury flies down to earth and, touching the Statue with his staff (making it fall motionless to the ground), flies up again suddenly, after singing the two following lines.
Mercurio
Mercure Celui qui a profané l’espace sacré du Ciel Commence ainsi à pleurer son châtiment.
Mercury He who has profaned the sacred vault of heaven must now weep and accept his punishment.
Prometeo Cielos, Cielos, valedme, aunque ofendìdos, Perdì mi bien, pues pierda los sentìdos: (Arrimase como desmayàdo.) Mas no perderlos mi dolor intente, Que siente mal, quien sin sentìdos siente.
Prométhée Ciel, ciel ! Aidez-moi, même si je vous ai offensé, Mon bien s’est évanoui, je m’évanouis aussi. (Il défaille.) Mais non, ne crains rien, mon cœur, Car il ne peut rien ressentir, celui qui a perdu ses sens.
Prometheus Heavens, help me, I know I have offended you, but I have lost my love, so now let me lose my senses. (He stumbles as if fainting.) But no, in my grief I must stay sane, for a madman feels nothing at all.
ESCENA 10 Nisèa, y Prometeo.
SCENE 10 Nisée et Prométhée.
SCENE 10 Nisea and Prometheus.
Nisèa
Nisée Je recherche mon amant, J’ai parlé trop vite : le voilà. Je devrais dire l’aimé ;
Nisea I’m looking for my lover, no, that’s the wrong word, I see it now, I have to call him my beloved,
3 Quien de los Cielos profanò el Sagrado, Asi empiece à llorarse castigàdo.
4 En busca de mi amante, Mal dije, ya lo veo; Que amàdo he de decìr,
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Mas dije lo que quiero. Hasta quando callàda Ha de tener mi pecho La llama de mi amor; Mas pues lo està, no es fuego. (Vuelve en sì Prometeo, y ella le veè.)
Mais j’ai dit ce que je voulais. Jusqu’à quand dois-je en silence Retenir mon ardeur ? Mais s’il reste enfermé, ce n’est plus un feu. (Prométhée revient à lui et elle le voit.)
but my words expressed my desire. How long must my heart silently cherish the flame of my love? A flame that never turns to fire… (Prometheus wakes, and she sees him.)
Pero no es, èl que miro En ardientes extremos, Ethnas brotàndo en ayes, Lloviendo, en llanto incendios? De la voz al alivio Apèla el desconsuelo; Dispon Amor, si escuchas, Doblados sentimientos.
Mais n’est-ce pas lui que je vois S’agiter avec ardeur ? N’est-ce pas un volcan qui exprime un soupir, Et fait pleuvoir des larmes de feu ? Bien que l’inconsolable Appelle de sa voix un soulagement. Amour, si tu es attentif, Redouble de sentiments charitables.
But isn’t that him there in a state of distress, erupting like a volcano with fiery tears and sighs? His despairing voice craves consolation; love, if you are listening, be doubly kind.
Prometeo Adonde te ausentaste Querìdo hermoso dueño?
Prométhée Où as-tu disparu, Mon bel amour ?
Prometheus Where have you gone, my beloved beauty?
Nisèa (à parte) Ausencia, es la que llora, Por que yo llore zelos.
Nisée (en aparté) Il pleure l’absence, Quand je pleure la jalousie.
Nisea (aside) He’s weeping for her absence, making me weep with jealousy.
Prometeo Rigòres te privàron De alma, que fue mi Cielo.
Prométhée La cruauté t’a privé De ton âme, qui fut mon ciel.
Prometheus Cruel fate has deprived you of the soul that was my heaven.
Nisèa (à parte) Muerte, de glorias gime; Mas yo en su gloria, infiernos.
Nisée (en aparté) La mort implore la gloire, Quand moi, dans sa gloire, j’implore l’enfer.
Nisea (aside) He mourns the death of glory, while I suffer his loss in hell .
Prometeo Ay vida de mi vida, Si es, que sin tì la tengo.
Prométhée Ah, vie de ma vie, Sans toi, elle est bien incertaine.
Prometheus Alas, life of my life, if I still have a life without you.
Nisèa Dudando està si vive, Quando yo sè que muero.
Nisée (en aparté) Il doute si elle est en vie, Quand moi je sais que je meurs.
Nisea (aside) He doubts if he still lives, while I know that I am dying.
Prometeo Porque desèo la muerte, Se niega à mi desèo:
Prométhée Parce que je veux mourir, On s’oppose à mon désir.
Prometheus Because I long to die, my longing is denied me.
Nisèa Por que desèo mi vida, Solo mi muerte encuentro.
Nisée (en aparté) Parce que je veux ma vie, Je ne rencontre que la mort.
Nisea (aside) Because I long to live I suffer nothing but death.
Prometeo Mas ay! que aunque la busco,
Prométhée Mais, hélas, bien que je la cherche…
Prometheus But alas, though I seek out death…
Nisèa Mas ay! que aunque la anhèlo,
Nisée (en aparté) Mais, hélas, bien que je la désire…
Nisea (aside) But alas, though I long for life…
Los dos En el hallarla, la consìgo menos.
À deux En la trouvant, elle m’échappe.
Together … when I find it, it evades me.
Nisèa (à parte) Prometeo.
Nisée (en aparté) Prométhée ?
Nisea (aside) Prometheus?
Prometeo Quien me nombra?
Prométhée Qui m’appelle ?
Prometheus Who said my name?
Nisèa Que siempre al declararme, Los empeños estorben de mi vida los remedios. (Vase.)
Nisée À toujours révéler mes blessures, On fait obstacle aux remèdes de ma vie. (Elle part.)
Nisea Every time I think of declaring myself, my determination is foiled by the vagaries of my life: (Exit.)
ESCENA 11 Prometeo, Satyro, Mercurio, y Pandòra.
SCENE 11 Prométhée, Satyre, Mercure et Pandore.
SCENE 11 Prometheus, Satyr, Mercury and Pandora.
Prometeo
Vueluen mis atenciones, De obligàdo, y amante; Ay fortùna inconstante! Ay duras sin razones! Ay perdìda hermosùra, y no olvìdàda! Que viva yo, sin vida, a mis pasiónes?
Prométhée Amant obligé et attentionné, Je reviens adorer Les cendres de ma bien-aimée. Ah, fortune inconstante ! Ah, rigoureuse déraison ! Ah, beauté perdue, mais non oubliée ! Dois-je donc survivre, sans vie, à mes passions ?
Prometheus A devoted lover, I turn my attention again to the adoration of my beloved’s ashes. Alas, inconstant fortune! Alas, cruel injustice! Alas, beauty lost but not forgotten! Must I live, without life, without love?
Satyro Acaba ya Prometeo de matàrte, Deja esa piedra dura, Causa à pesares tantos; No eres tan hecha cantos, Que con otra hermosùra
Satyre Prométhée, cesse de te détruire, Laisse donc cette dureté minérale Qui te cause tant de souffrances. Allons, cesse ces chants plaintifs, Car avec une autre beauté,
Satyr Prometheus, stop killing yourself, forget that lump of rock that’s caused you so much grief. You’re not such a hopeless case that you won’t find another beauty
5 À Adòrar las cenizas de mi amàda,
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No podras de una tièsa despicàrte. Quien llorò una durèza, con ternùra? (Baja Mercurio, y coje à Prometeo, llevalo al Monte Caucaso, donde, fin resistencia le ata, y luego vuela.)
Tu ne pourras pas te venger. Qui pleura avec tendresse une telle dureté ? (Mercure descend et récupère Prométhée, il l’attache au Mont Caucase puis s’en va.)
to make you forget your stone lover. Who ever wept so tenderly over something so flinty? (Mercury flies down, grabs Prometheus and takes him to Mount Caucasus where, without a struggle, he ties him up then flies up into the air again.)
Mercurio Asi castìga el Cielo atrevimientos.
Mercure Ainsi le Ciel punit les audacieux.
Mercury This is how heaven punishes presumption.
Prometeo Ay de mi desdichàdo!
Prométhée Ah, infortuné que je suis !
Prometheus Alas, what a wretched fate!
Satyro Satyro à huir, que azòtan, Por si contigo acòtan. (Vase.)
Satyre Satyre, fuis vite, car il va te coûter Des coups de fouet, s’ils viennent pour toi. (Il part.)
Satyr Satyr, run away, for you’ll be in for a flogging if they catch you. (Exit.)
Mercurio Asi, de Jove ayràdo. Se vengan merecìdos sentimientos. Si tanto Dios, puede quedar vengàdo. (Vase. Mientras le ata al monte, sale Pandòra por el ayre, y pasando canta estos versos, desapareciendo en acabandolos de cantar.)
Mercure Ainsi, est vengé le chagrin légitime De Jupiter courroucé, Si tant est qu’un si grand dieu puisse être vengé. (Il part. Tandis qu’il l’attache sur le rocher, Pandore passe dans le ciel et chante les vers suivants, puis disparaît.)
Mercury In this way must the justified wrath of Jove be avenged, if so great a god can ever truly be avenged. (As he is tying Prometheus up, Pandora flies through the air, singing the following lines as she goes; she disappears again, then exit Mercury.)
Pandòra Y asi por tu sacrilega osadìa, En los tristes mortales, Tambien castìga el Cielo Lo que te estìma el Suelo; Pues de diversos males Lloran el mal, que por mi mano embìa Venganza corta, à ofensas celestiales.
Pandore Et ainsi, pour ton audace sacrilège, Mortel entre les mortels, Le Ciel châtie aussi Ce que la terre chérit ; Puisque de divers maux On pleure le mal que le Ciel envoie par ma main. Aux offenses du Ciel, la vengeance est insuffisante.
Pandora And because of your sacrilege, heaven is also punishing the unhappy mortals so cherished by the earth; they now weep because of the many evils scattered by my hand to exact swift revenge for your offence against heaven.
Prometeo Ay de la vida, cuyo duro afàn, Nunca es algo al bien, siempre es mucho al mal.
Prométhée Destin cruel du pauvre mortel, Dont le bonheur n’est rien, et le malheur toujours trop.
Prometheus Life is a vale of tears, where suffering leads never to joy but always to sorrow.
ESCENA 12 Cierrase el monte, donde està Prometeo atàdo. Coro de Mortales afligidos de differentes generos de penalidades.
SCENE 12 Le Mont Caucase se ferme. Chœur de mortels affligés de différentes peines.
SCENE 12 Darkness falls over the peak to which Prometheus is tied. Chorus of mortals suffering from all kinds of afflictions.
Coro
Nunca es algo al bien, siempre es mucho al mal 1. Yo muero de frio, 2. Y yo de un ardor, 3. Yo siento dolor, 4. Y yo un desvarìo.
Chœur Destin cruel du pauvre mortel, Dont le bonheur n’est rien, et le malheur toujours trop, 1. Je meurs de froid, 2. Et moi d’ardeur, 3. J’éprouve une douleur, 4. Et moi je délire.
Chorus Life is a vale of tears, where suffering leads never to joy but always to sorrow. 1. I’m dying of cold. 2. And I of a fever. 3. I’m in pain, 4. And I’ve lost my wits.
Ay, ay, ay: Ay de la vida, cuyo duro afàn, Nunca es algo al bien, siempre es mucho al mal. 1. Yo soy despreciàdo, 2. Yo soy perseguìdo, 3. Yo siento un oluìdo, 4. Yo amante un cuidàdo.
Ah, ah, ah, Destin cruel du pauvre mortel, Dont le bonheur n’est rien, et le malheur toujours trop, 1. Je suis méprisé, 2. Je suis persécuté, 3. Je me sens délaissé, 4. Je suis un amant attentionné.
Ah, ah, ah… Life is a vale of tears, where suffering leads never to joy but always to sorrow. 1. I’ve been rejected, 2. I’m being persecuted, 3. I’ve lost my memory, 4. I’m a grieving lover.
Ay, ay, ay, Ay de la vida, cuyo duro afàn Nunca es algo al bien, siempre es mucho al mal. (Bailete ridiculo de Cojos, Corcòbàdos, Mancos etc.)
Ah, ah, ah, Destin cruel du pauvre mortel, Dont le bonheur n’est rien, et le malheur toujours trop. (Ballet ridicule de bossus, de boiteux et d’estropiés.)
Ah, ah, ah… Life is a vale of tears, where suffering leads never to joy but always to sorrow. (Men who are all lame, hunchbacked or onearmed, etc., join together in a strange dance.)
ACTO III Apariencia de Lugares montuòsos.
ACTE III Lieux montagneux au pied du Mont
ACT III A mountainous scene.
ESCENA 1 Minerva, Aragne.
SCÈNE 1 Minerve et Arachné.
SCENE 1 Minerva and Arachne.
Aragne
Arachné Mon habileté n’a rien à t’envier, Toute déesse que tu es, n’espère pas Triompher sur les hommes ; Même si, attentifs non pas à la raison Mais à la divinité, les juges subornés ont prononcé la sentence en ta faveur.
Arachne My skill will not admit your superiority, nor, just because you are a goddess, should you expect to surpass human achievements, for though the judges were persuaded to award you victory, it was your divine status that led to
6 Ay de la vida, cuyo duro afàn,
7 No ha de rendìrte parias mi destrèza,
No, por ser Diosa, en el obrar humàno Espères la Vitoria; que aunque es tuya En la opinion de sobornàdos Juezes, No à la razon, à ser Deidad, atentos, Te han dado la sentencia favorable.
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Si esta es comprada, en triunfo que es vendìdo. Que adquiere tu Grandeza? Caro vencer, quien vence, por que oblìga (Mostrando un paño labrado.) Al que à hacer lo mejor està obligàdo. Este, de tantas maravillas, colmo Sea el Juez, el testìgo, la defensa, Como al Mundo lo es, de igual agravio: Hable el primor, lo que le niega el labio.
Que vaut ta grandeur, Si elle est achetée, si tes triomphes sont vendus ? Bien chère victoire pour celui qui triomphe, Car elle oblige celui-ci à agir au mieux ; (Elle montre une toile tissée.) Que cette toile emplie de merveilles Soit le juge, le témoin, le défenseur, Comme elle peut l’être pour le monde en pareil outrage : Le travail dira ce que ne peuvent dire ses lèvres.
their decision, not any sense of true justice. If victory is bought, it is hollow. And what does it add to your magnificence? You win dearly by imposing obligation on she who has done the finer work. (Showing a woven cloth.) Let this, my work, with its many depictions, be judge, witness and defence; since this is an affront to all the world, let my work speak the truth as yet unspoken.
Minerva Loca, soberbia, osàda, Pues la verdad no basta à persuadirte, (Tomale el paño, y rompesele.) Asì, de tu pasion atrevimientos Pagaràs, en la obra que idolàtras: Dos veces àtrevìda, has intentàdo Tu mismo riesgo, pues desuanecìda No solo competirme has presumìdo En este, ya de mi blason trofèo, Sino que, de los Dioses en ofensa, De sus acciones falsa Coronìsta, Con lengua vil, ò pluma de colòres; De quantas tus dibùjos matizàste, Tantas de empacho, a su Deidad sacaste.
Minerve Folle, orgueilleuse, audacieuse, Puisque la vérité ne suffit pas à te convaincre, (Elle lui prend la toile et la déchire.) Ainsi, à travers l’œuvre que tu idolâtres, Tu payeras pour les audaces de ta passion. Tu as pris deux fois ce risque, car orgueilleuse Tu t’es fait fort de rivaliser Avec moi par cette toile Qui est le triomphe de ma gloire, Mais quand, outrageant les dieux, Fausse chroniqueuse de leurs actions, D’une langue vile et d’une plume colorée, Mais toutes les couleurs avec lesquelles tu as tissé ta toile, Tu les as sans vergogne dérobé à leur divinité.
Minerva Mad, proud, impudent girl, since the truth is not enough to persuade you (Taking the cloth and ripping it to pieces.) this destruction of your vaunted work is the price you play for your audacity: twice, you insolent girl, have you transgressed, since in your vanity not only have you presumed to rival me as a weaver, in which guise I have defeated you, you have also insulted the gods by falsely chronicling their lives in your work, weaving lies and embroidering false versions of their love stories; the more you added to your portrayals, the more you offended their divinity.
Aragne No he pretendìdo ofensas de los Dioses, Igualdades contigo, sì, en el Arte De diestra Abuja; pero dije poco; Que en este no me igualas: Vences Minerva, por mirarte Palas.
Arachné Je n’ai pas prétendu offenser les dieux, Mais par cet habile ouvrage, Je suis ton égale, et bien plus, Sur cette toile, tu ne m’égales pas : Tu triomphes, Minerve, car Pallas te protège.
Arachne It was not my intention to offend the gods, I did claim equality with you, in the art of needlework and weaving, but I said little of it, in that respect you are no match for me: you win, Minerva, because Pallas watches over you.
Minerva En tanto atrevimiento, las piedades Indignas son, quando el castigo es justo. (Ultrajala.)
Minerve Devant tant d’audace, la pitié Est indigne, quand le châtiment est juste. (Elle le frappe)
Minerva In the face of such impudence, pity is misplaced, punishment is just. (She strikes her.)
Aragne Si no vive, quien vive deshonràdo, Morir pretendo venguese mi afrenta En mi vida, consuelo sa la muerte; Que en grande mal, siempre el morìr fue suerte. (Vase à despeñar Aragne, seguìda de Minerva, que despues de cantar los tres siguientes Versos, volverà a salìr; descubriendose en tanto, Aragne mudada en Araña, y Prometeo atàdo al Monte Caucaso.)
Arachné Si celui qui est privé d’honneur ne vit plus, Et que ma mort soit ma consolation. Devant un grand malheur, la mort est toujours la destinée. (Arachné se précipite, suivie de Minerve qui après avoir chanté les trois vers suivants, revient sur les lieux, découvrant entretemps Arachné métamorphosée en araignée, et Prométhée attaché au Mont Caucase)
Arachne Those dishonoured cannot live, let my offence be avenged by my life and let me find solace in death, for death must come to all who suffer so. (Arachne goes to throw herself off the mountain, followed by Minerva who, after singing the following lines, departs again; in the meantime the scene shows Arachne transformed into a spider, and Prometheus tied to Mount Caucasus.)
Minerva No lograràs, ni aun del morìr el gusto, Que à mi Podèr, segunda vez vencìda, Eterna has de vivìr à los afanes; Pues te llamaste Aragne, Araña, al viento Tu destrèza exercìtes: Tejas debil mansion, de tiernos hilos, À tu ya transformada desventùra; Y tus propias entrañas consumiendo, De tu mismo morìr, vayas viviendo.
Minerve De nouveau vaincu par ma puissance, Tu ne jouiras pas du bref bonheur de la mort, Mais tu vivras éternellement les tourments. Puisque tu t’appelais Arachné, comme araignée Tu exerceras aux vents ta virtuosité. Tu tisseras de tendres fils une fragile maison, Après ton infortunée métamorphose, Et consumant tes propres viscères, Tu vivras de ton propre mourir.
Minerva You will not have time to enjoy the taste of death for, defeated for a second time by my power, you must live on in eternal torment; Arachne, you will become a spider, and practise your skill among the winds, weaving a fragile home from delicate threads, and eternally consuming your own entrails, thus living for ever from your own death now that you are, for your sins, transformed.
ESCENA 2 Minerva, y Prometeo.
SCÈNE 2 Minerve et Prométhée.
SCENE 2 Minerva and Prometheus.
Prometeo
Ò no lo sois, ò no me habeis criàdo,
Prométhée Dieux ! Puisqu’il n’y a pas de remède pour un malheureux, Ou vous n’êtes pas divins, ou je ne suis pas votre créature.
Prometheus Gods, since there is no salvation for me, either you are not gods, or you did not bear me.
Minerva Que escucho? que veo? Prometeo.
Minerve Qu’entends-je ? Que vois-je ? Prométhée !
Minerva What do I hear? What do I see? Prometheus?
Prometeo Minerva.
Prométhée Minerve !
Prometheus Minerva.
Minerva Que suerte protèrva, Te pudo hacer reo, De culpa, que iguale afàn tan penòso?
Minerve Quel arrogant destin A pu te rendre coupable Et te causer un tourment si indigne et si pénible ?
Minerva What wicked fate could have found you guilty of a crime that merits so dire a sentence?
8 Dioses, pues no ay remedio à un desdichàdo,
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Prometeo De Gloria un desèo, De Amòr un ardòr; Si Amòr puede ser Cierto bien querèr, Que sin ser Amòr, Se pone en aquello, que es parto ingeniòso Del propio primòr.
Prométhée Un désir de gloire, Une ardeur d’amour, Si Amour a le pouvoir De vouloir, Car s’il n’est pas amour, Il est le fruit ingénieux De sa propre beauté.
Prometheus A desire for glory, a passion for love, if love can be a certain affection which, without being love, is directed towards the miraculous offspring of pure beauty.
Minerva Dar vida, à tu vida, Te ha dado la muerte.
Minerve Donner vie à ta vie A provoqué ta mort.
Minerva Giving life to your life has given you death.
Prometeo Pero no la suerte De verla cumplìda. Faltòme mi Bien à supremos enòjos. Yo fui su homicìda.
Prométhée Mais non pas le destin De la voir achevée. J’ai perdu ma bien-aimée à cause du Courroux suprême ; Je fus son assassin.
Prometheus But not the good fortune of seeing her completed. I lost my love to divine anger. I am the cause of her death.
Minerva Yo causa à tus males. Sabe, que si Amòres De Tetis à Jove, al dulce Hymenèo Llaman; que mayòres Pelìgros, el Hado, Al logro amenàza; Pues infausto traza, Que ya destinàdo Hijo prodigioso, de tan alto emplèo, Nazca aventajàdo Al Padre, en Alteza, Valor, y Podèr; Y por no perdèr Iove su grandèza, À su conveniencia, pospondrà su Amor. (Vase.)
Minerve Et moi la cause de tes malheurs. Sache que si Hyménée Noue de ses liens d’amour Jupiter et Thétis, le Destin le menace De plus grands dangers, Et funestement il avance. Que l’enfant qui lui est destiné Naisse bien supérieur À son père en noblesse, courage et pouvoir, Et pour que Jupiter Ne perde pas sa grandeur, Il renoncera à son amour de son plein gré. (Elle part.)
Minerva And I of your misfortune. I tell you now that while Jove wants to marry his beloved Thetis, fate is threatening their wedding; for there is an inauspicious omen that the son destined to be born to her will surpass his father in nobility, courage and power, therefore, so as not to lose his supremacy Jove will willingly renounce his love. (Exit.)
ESCENA 3 Prometeo. Vaya un Buytre, y roele las entrañas.
SCÈNE 3 Prométhée. Un vautour descend lui ronger les entrailles.
SCENE 3 Prometheus. A vulture soon flies down and eats his innards.
Prometeo
Prométhée Puisque la raison de mon bonheur est dans le malheur,
Prometheus Since you helped me amid my suffering,
9 Pues fuiste en mi mal, de mi bien la occasion, 98
Sè lo en mi bien, del mal, que es mayor. (Aqui baja el Buytre, y empieça à ejecutàrlo.) Mas ay de mi triste! Que en mis desconsuèlos, En vez del alibio, Se dobla el tormento. Que propio, en las penas, Es, à mayor riesgo Morìr la esperanza, Ay de mi! Ay de mi! Mas porque me quejo? Si aumenta el dolor Alibio, que es viento. Porque en mis entrañas Buscas Ave el cebo? Si lo tierno anhèlas, Cebate en mi pecho. Si de Amor me olvìdo, Como del me acuerdo? Dentro està el ardor, Que en el labio es fuego. Ave, pues castìgas Amantes incendios; Porque me escarmientes, Mi mal te agradezco. Mas ay! que aunque busco Razon al consuèlo, Solo el de mi muerte, En medio de mi muerte, nunca encuentro.
Alors dans mon bonheur, le malheur me conviendra le mieux. (Un vautour vole vers lui et lui ronge les entrailles.) Ah, pauvre de moi, que se passe-t-il ? Mon tourment, Au lieu de s’amoindrir, Ne fait qu’augmenter ! Alors qu’elle respire, L’espérance se meurt, Pauvre de moi ! Pauvre de moi ! Mais pourquoi me plaindre ? Puisque le soulagement, qui n’est que du vent, Accroît mon tourment. Pourquoi dans mes entrailles, Le vautour cherche-t-il sa nourriture ? Si tu recherches ce qui est tendre, Rassasie-toi dans mon cœur. Si l’amour m’oublie, Comment puis-je me souvenir de lui ? L’ardeur qui brûle en moi S’exprime par le feu des lèvres. Rapace, puisque tu châties Mes ardeurs amoureuses, Afin que j’en tire une leçon, Et je te remercie de mon malheur. Mais hélas ! bien que je cherche Une raison à mon soulagement, Je la reçois de la mort, Et au seuil de ma mort, jamais je ne la trouve.
help me again now that my suffering is greater. (At this point the vulture lands and begins to kill him.) But alas, how wretched I am! For rather than my sorrow easing, my torment has doubled. For hope is at the greatest risk of dying just as it gathers breath amid one’s suffering. Alas, alas! But why do I lament? If taking breath increases my pain. Why does this bird seek food in my innards? If you want a tender morsel, feed upon my heart. If I forget love, how shall I remember it? The passion that burns within brings fire to my lips. Bird, since you punish the fires of love in order to teach me a lesson, I thank you for my misfortune. But alas, though I seek true consolation, despite dying again and again, I never find the consolation of death.
ESCENA 4 Prometeo, y Nisèa.
SCÈNE 4 Prométhée et Nisée.
SCENE 4 Prometheus and Nisea.
Nisèa
Nisée Jusqu’à quand, ô amoureux égarements, Me perdant à la recherche de mon bien-aimé À travers ces âpres solitudes, Conduirez-vous mes pas ? Jusqu’à quand, ô silencieux déserts, garderezvous Mon amour caché, puisqu’il vous est connu ?
Nisea How long, contrary love, will you lead me through this forsaken land in which I wander, lost, in search of my beloved? How long, silent mountains, will you keep quiet about my love, of which you are well aware? When, sacred deities,
10 Hasta quando, amorosos desaciertos,
Pasos perdiendo en busca de mi amàdo, Por estas Soledades Habeis de conducìrme? Hasta quando mi Amor, mudos desiertos, Pues que no le ignorais, tendreis callàdo? Quando, Sacras Deidàdes, de voluntad tan firme
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El logro ha de mirarse?
Quand, divinités sacrées, récompenserez-vous La constance de mon amour ?
will my constancy be rewarded?
Prometeo (sin verla) Nunca dejò Amòr puro de lograrse:
Prométhée (sans la voir) Jamais l’amour le plus pur ne saurait échouer :
Prometheus (without seeing her) Pure love is never allowed to flourish.
Nisèa Mas no es mi gloria, El que al tormento duro De aquel Buytre voràz no se resìste En mal tan lamentàble? Romperè las cadènas con mis dientes; Harè el Ave pedàzos con mis manos: Fuera, vil enemigo, dos veces homicìda. (LLegase à querer quitar el Buytre, y èl se vuelve contra ella.)
Nisée Mais n’est-ce pas mon bien-aimé, Qui ainsi résiste Au tourment cruel, au malheur si pénible De ce rapace vorace ? J’arracherai ces chaînes de mes dents ; De mes mains, je réduirai ce vautour en pièces, Va-t’en, vil ennemi, deux fois homicides. (Elle s’approche du vautour pour le chasser, mais il se précipite sur elle.)
Nisea But isn’t that my love? Why is he not fighting off the vicious attack of that voracious vulture? I shall break his chains with my teeth, I shall tear the bird apart with my bare hands: get away, foul enemy, twice murderous. (She tries to get the vulture away from him but it turns on her instead.)
Prometeo Tente Deidad, y no piadòsa, intentes Serlo conmigo, en males tan tirànos, Siendo cruèl contigo. No al rièsgo de tu vida.
Prométhée Arrête, déesse, et n’essaye pas d’être charitable Avec moi dans des malheurs si tyranniques, Alors que je suis cruel envers toi ; N’expose pas ta vie à un tel risque.
Prometheus Stop, fair one, and seek not to rescue me from my cruel misfortune by bringing harm on yourself. Do not put your own life at risk.
Nisèa Si vivo en ti, mal quieres Que guarde yo mi vida, quando mueres.
Nisée Si je vis en toi, tu as tort de vouloir Protéger ma vie alors que je meurs.
Nisea Since I live for you, you are wrong to wish me to save my own life, when you are dying.
Prometeo Suspende, ò tu Deidad amante, el labio, Que sì tu accion me logra agradecìdo, Tus voces temeròso de ser tierno, ò ingràto: No hables de Amor, à quien segundo agravìo, Y este tormento apartan de Cupìdo.
Prométhée Suspend tes lèvres, ô déesse amante, Parce que si j’apprécie tes actions, Je crains d’être tendre ou ingrat : Ne parle pas d’amour, que j’outrage une seconde fois, Car tes plaintes éloignent mon tourment de Cupidon.
Prometheus Say no more, o loving goddess, for though I am grateful to you, I fear my reaction to your words: speak not of love to a man driven far from Cupid by a second disappointment and this imprisonment.
Nisèa (à parte.) Callar resueluo, però no; que dudo? Pero si ya la sabe, En lo que callo, mi tormento ayudo. Mas si à librarle en mi, no ay fortaleza, En duscarle à su dura
Nisée (en aparté.) Je décide de me taire, mais non, que faire ? Mais puisqu’il en est au courant, Ce que je cache ne fait qu’augmenter mon tourment. Et si je n’ai pas la force de le révéler,
Nisea (aside) I resolve to say nothing, and yet, why hesitate? Yet if he already knows, by saying nothing I add to my torment. But if I lack the courage to free myself, let me lovingly undertake instead
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Pena, remedio suave, Mayor finèza emprendo. Calle obligando, quien hablò sintiendo.
Je trouverai un remède Plus doux à cette dure peine, Je ferai ainsi preuve de plus de magnanimité : Qui a parlé en souffrant, qu’il s’oblige à se taire.
to find some gentle remedy for his suffering. One who has spoken out in pain, must fall silent again.
ESCENA 5 Prometeo, y Satyro.
SCÈNE 5 Prométhée et Satyre.
SCENE 5 Prometheus and the Satyr.
Prometeo
Prométhée Souffrant De mon désamour À ma demande, Elle donnerait Sa vie à celui qui est le plus ingrat à sa beauté. Vaincue Par le feu, Auquel l’invite Le dieu aveugle, La belle déesse s’en est allée sans me parler. Qui est donc cette beauté ? Et quelle raison a-t-elle pour m’aimer ? S’il y a longtemps qu’elle m’aime, comment peut-elle aimer en dissimulant ses ardeurs ? S’il y a peu qu’elle m’aime, comment en tendres accents Une amante peut-elle se déclarer à son aimé En le voyant dans un malheur extrême ? Si elle feint, comment peut-elle être si audacieuse Puisque l’audace toujours est unie à l’amour ! Si elle aime, comment peut-elle taire une telle désillusion ? Et en l’entendant se taire, que ne parle-t-elle pas ? Comment celui qui n’aime pas peut-il souffrir un tel détachement ? Ce sont des contraires impossibles, Les conséquences de l’amour sont infaillibles. (Satyre apparaît comme s’il s’était caché.)
Prometheus Hurt by the coldness of my request, she would have given her life for me, despite my ingratitude; conquered by the fire to which the blind god summons her, the fair goddess left without saying another word. Who can she be? Why does she love me? If she has loved me for a long time, how has she hidden her feelings? If it has not been long, how can she declare herself in love with someone in my dire situation? If she is feigning, why take such an unnecessary risk? If not, how can she say nothing of her disappointment? And if her silence is painful, how can she speak? If she loves not, how can she endure indifference? Such impossible contradictions are surely the consequences of love.
11 Sentìda
Al despègo, Del ruègo, Que vida Diera al mas ingràto, al ver su beldad; Rendìda Del fuego, À que el ciego Combìda, Se fue, sin hablarme, la bella Deidad. Quien serà esta Belleza? Ò que razon tendrà para quererme? Si ha mucho que me ama, como pudo Amar disimulando los ardòres? Si ha poco, como cabe en Amor tierno Declararse un Amante con su amàdo Viendole en el extremo de los males? Si finge, como al riesgo se aventùra Quien sin amor ignòra atrevimientos? Si ama, como calla à un desengàño? Y en el sentìr callando, como habla? Como sufre un despego quien no quiere? Contrarios imposìbles, Consequencias de Amor son infalìbles.
(Sale Satyro, como recelandofe.)
(Enter the Satyr, fearfully.)
101
Satyro Desde, que desde lejos, vì à mi Amo Atarle desde Monte à la cadèna, No me ha dejàdo mi temor buscarle. Tomate aquella, boto à tal, que un Buytre Se le està merendando las entràñas (Reconòcele.) Digo hermano, es amigo de mondongo? Pues mire, que el que come, es tan del uso, Que no es mas limpio aquel de las esquìnas. Que habran comìdo algùnos que me escùchan: Que tal fuera, que un Buytre se antojàra, Como grosùra come, comer lengua, Manos, y pies, y diera tras los mios. Ay de mi! que me mira, y aun parece Que quiere tomar buelo hacia mi panza. Mire, Señor, que al susto, està tan otra, Que se la puedo cambiar en los calzònes? Quien hombre me hizo à mi de obligaciones?
Satyre Depuis que de loin j’ai vu mon maître Enchaîné sur ce mont, La peur m’a empêché d’aller le chercher. Allons, courage, je jurerais qu’un vautour Est en train de lui ronger les entrailles. (Il le reconnaît.) Mon frère, serais-tu un ami des tripes ? Regarde bien que ce que tu manges est trop commun, Il n’y a pas plus propre qu’un coin de rue ! Qu’auraient-ils mangé, certains de ceux qui m’écoutent : Qu’en serait-il s’il prenait envie au vautour De la même façon qu’il mange des abats, de manger la langue, des mains et des pieds, et qu’il cherche les miens. Pauvre de moi ! Il me regarde ? On dirait qu’il vole en direction de mon ventre. Regarde, seigneur vautour, sous l’effet de la peur, ma panse est si retournée qu’elle s’est retrouvée dans mes culottes. Mais qui m’a fait homme d’obligations ?
Satyr Ever since, from far away, I saw my master being chained to this mountain, I have been too afraid to search for him. But be brave now, though I bet a vulture’s lunching on his innards. (He spots the vulture.) Tell me, brother, do you like guts? Come now, what you’re eating is so ordinary, no cleaner than you’d find on a street corner. What do some of those listening like? Perhaps there’s something the vulture would fancy: since he likes limbs, perhaps he’d like my tongue, my hands and my feet? Alas! it’s looking at me and looking as if it wants to fly straight for my belly. Look, sir vulture, fear’s shrunk it so much that I can tuck it right into my breeches. But who’s given me such a sense of duty?
Prometeo Satyro, asi me dejas? Llegate à mi, por que me has olvidàdo?
Prométhée Satyre, c’est ainsi que tu me laisses ? Reviens vers moi, pourquoi m’as-tu oublié ?
Prometheus Satyr, are you leaving me again? Come here, why did you abandon me?
Satyro Lleguese Barrabàs, antes me vuelvo, Holgandome de verte tan famòso, Con tan buena salud, y compañìa. (Haciendo reverencias.)
Satyre Que vienne Barabbas, je pars avant, Mais je me réjouis de te voir si célèbre, En si bonne santé et en si bonne compagnie. (Il fait des révérences.)
Satyr Let Barrabas come, I’m off, but I’m delighted to see you so renowned, and in such good health and company. (Bowing.)
Prometeo Asì traydor, te burlas de mi daño?
Prométhée Ainsi, traître, tu te moques de mon malheur ?
Prometheus You traitor, are you laughing at my misery?
Satyro Que es burlarme? lo digo muy de veras, Por si entiende el hermano compañèro.
Satyre Moi me moquer ? Je ne dis que la vérité, Ton frère compagnon ne le sait que trop bien.
Satyr What do you mean laughing? I’m utterly sincere, as my brother here can see.
Prometeo El Cielo espèro te darà el castìgo.
Prométhée J’espère que le Ciel saura te châtier.
Prometheus I hope heaven punishes you.
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Satyro Y aun por eso me voy; mas no me vale. (El Buytre vuela sobre Satyro, siguiendole por el tablado, hasta que dicho lo que tiene que decìr, ambos se desaparecen.) Ay, ay, ay, que me mata, Ay que me fina, Señores, que me engùlle, Dicho, y hecho, Plegue à Dios, que le haga mal probècho.
Satyre C’est pourquoi je pars, mais hélas, en vain. (Le vautour vole sur Satyre en le suivant à travers la scène, jusqu’à ce qu’il dise ce qu’il a à dire, puis tous deux disparaissent.) Aïe, aïe, aïe, il va me tuer ! Il va m’achever, Seigneur ! Il va m’engloutir, Aussitôt dit, aussitôt fait ! Je prie Dieu pour qu’il lui arrive malheur !
Satyr That’s another reason to go, but it’s too late. (The vulture flies over him, following him around the stage until, when he has finished singing, he and the bird both disappear.) Ouch, ouch, it’ll kill me, it’ll finish me off, it’ll gobble me up as soon as look at me! May the gods give you indigestion!
ESCENA 6 SCÈNE 6 Jupiter, Mercurio, Hercules, Pandòra, Prometeo. Jupiter, Mercure, Hercule, Pandore et Prométhée.
SCENE 6 Jupiter, Mercury, Hercules, Pandora, Prometheus.
Jupiter
Jupiter Si le délinquant que je vois de mes yeux divins Est Prométhée, je lui pardonne ; reconnaissant De l’annonce qu’avec diligence tu m’as donnée Pour Pallas, j’ai voulu aussi Être reconnaissant envers toi. Gloire à celui qui voulut la mienne. Hercule, brise donc cette chaîne immortelle, Qui l’opprime cruellement, et qu’il soit libéré par ma volonté De ce châtiment et de cette pesante peine, Tandis que moi, suivant l’exemple de mon père, Je ne veux pas prendre contre moi-même Le risque d’être l’époux de Thétis.
Jupiter I have made the royal decision to forgive the criminal Prometheus; and I thank you, o diligent Pallas, for the words of warning you have given me. Let one who desires my glories himself be crowned with glory. Hercules, shatter the eternal chain that cruelly imprisons him, thus by my will let him be free from punishment, free from pain, while I, learning by my father Saturn’s example, aware of the danger that threatens me, will not marry Thetis, despite my love for her.
Prometeo Tus glorias cante eternas la alabanza:
Prométhée Que d’éternelles louanges chantent ta gloire !
Prometheus May your eternal glories be praised.
Hercules Tus piedades aplauda aun el castìgo.
Hercule Que même le châtiment fasse l’éloge de ta compassion !
Hercules Let punishment itself applaud your mercy.
Mercurio Con que gusto minòras tu venganza.
Mercure Avec quel plaisir renonces-tu à te venger ?
Mercury How generously you limit your revenge.
Pandòra Que gloria es perdonàr.
Pandore La gloire est dans le pardon.
Pandora To forgive is divine.
12 Si la vista real, al delinquente
Es Prometeo perdon; agradecìdo Al avìso sagàz, que diligente Palas, tuyo me me diò, de tì he querìdo Que Jupiter lo sea; Devìda gloria, à quien las mias desèa. Hercules rompe la imortal cadèna. Que le oprìme cruèl, libre, en mi agràdo, Quede al castìgo, quede de la pena, Mientras que yo, en mi Padre escarmentàdo, Al riesgo rezelòso, Huyo de Tetis ser, contra mi, espòso.
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Jupiter Venìd conmigo.
Jupiter Venez avec moi.
Jupiter Come with me.
Hercules À obedecerte quedo.
Hercule Je vous obéis.
Hercules I shall obey you.
Jupiter Yo mismo à mi, de Amor, me causo miedo.
Jupiter Moi-même, sous l’effet de l’amour, je m’étonne.
Jupiter Even I fear myself when I am in love.
ESCENA 7 Hercules, y Prometeo.
SCÈNE 7 Hercule et Prométhée.
SCENE 7 Hercules and Prometheus.
Hercule (Il brise la chaîne et libère Prométhée.) L’immortel aussi doit céder À l’empire foudroyant, Et que l’on voie le Destin Obéir aux décrets du Tonant. Que ces chaînes rendent leur dureté à ma force, Car par rapport à celle qui est en moi, Leur dureté n’est que cire. (Ils descendent du mont.)
Hercules (Breaking the chains and lifting Prometheus down.) On Jove’s orders, your endless punishment is at an end, and fate must here obey the decrees of the Thunderer. Let this hard iron yield its strength to mine, since, in comparison, it is soft as wax. (They descend from the peak.)
Prometeo A ti, y en ti, postràdo Al gran Jove, agradezco El bien, que no merezco.
Prométhée Prostré devant le Grand Jupiter, Je te remercie Du bonheur que je ne mérite pas.
Prometheus In gratitude I bow to you, and to the mighty Jove whom you serve, for this undeserved salvation.
Hercules Si fuiste desdichàdo, Aspìra à venturòso.
Hercule Si tu as été infortuné, Aspire donc à la fortune.
Hercules You have suffered misfortune, but should now dream of happiness.
Prometeo No querràn las Estrellas.
Prométhée Les astres ne le voudront pas.
Prometheus The stars will be against me.
Hercules Pues nunca fuerzan ellas, En tì està el ser dichòso.
Hercule Ils ne forcent jamais, Ton bonheur est en toi.
Hercules But they do not control your fate, the power to be happy lies within you.
Hercules (Rompiendo las cadènas, y bajando à Prometeo.) 13 À Imperio fulminante, Aun lo inmortal perèzca; Y el Hado, aquì obedèzca Decrètos del Tonante. Rinda à mi fortalèza, La suya el duro hierro; Pues, con la que en mi encierro, Es cera su durèza. (Bajan del Monte.)
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Prometeo Despues del pesàr, Hercules Despues del tormento,
Prométhée Après la douleur… Hercule Après le tourment…
Prometheus After sorrow… Hercules After torment…
Los dos Ò que bien de las dichas, suenan los Ecos.
À deux Oh, comme agréable résonne l’écho du bonheur !
Together … how sweet the echoing sound of happiness.
ESCENA 8 Nisèa, y Satyro.
SCENE 8 Nisée et Satyre.
SCENE 8 Nisea and the Satyr.
Nisèa
Nisée Satyre, ma douleur doit te consoler, Car en voyant plus grande celle des autres, Toujours elle doit être pour soi une consolation.
Nisea Faithful Satyr, let my sorrow comfort you, for seeing another suffer more than you should always be some consolation.
Satyro (à parte.) Si ella alcanzàra mi traycion alève, Y que por disimùlo, la acompàño, Mas hablàra, que en penas, en mi engàño.
Satyre (en aparté.) Si elle savait ma trahison, Et que je l’accompagne en simulant, Elle parlerait davantage de tromperie que de peines.
Satyr (aside) If she were to discover my betrayal, and that I am with her only to hide my cowardice, she would speak not of my sorrow but of my deceit.
Nisèa Presto alivio à Prometeo, mi see aguarda, Pero que es lo que miro? (Repara en que falta Prometeo del Monte.) Del susto à penas, respìro, Que entre dudas de gozos, y de penas, En trozos de Prometeo las cadènas, Sin èl estan: que daño? que ventùra? Si à libertad, ò à esclavitud mas dura, La piedad, ò el rigor le ha conducìdo? Mas quando lo mejor ha sucedido? Buscarèle constante, Quien aquieta en las dudas, no es amante. (Hace Nisèa que se va.)
Nisée J’espère soulager bientôt Prométhée, Mais que vois-je ? (Elle s’aperçoit que Prométhée n’est plus là.) Saisie par la crainte, je respire à peine ! Tiraillée entre la joie et la peine ; Les chaînes de Prométhée brisées, Mais sans Prométhée ! Quel malheur ! Quel bonheur ! Est-ce la pitié ou la rigueur qui l’ont conduit à la liberté ou à la plus dure servitude ? Mais quand donc le meilleur nous est-il réservé ? Je vais le suivre avec constance, Qui se satisfait des doutes n’est pas un vrai amant. (Elle part.)
Nisea I hope to bring solace to Prometheus, But what’s this I see? (She realises Prometheus is no longer there.) I am torn between fear and sorrow, between joy and pain, at the sight of Prometheus’ shattered chains: what tragedy or good fortune has struck? Has mercy led him to freedom, or barbarity to harsher servitude? When can this have happened? I shall keep searching for him, for a true lover is not frozen by fear and doubt. (She turns to go.)
14 Satyro fiel, consuelete mi pena.
Que el ver mayor, la que se mira agèna, Siempre à la propia ser consuelo deve.
105
Satyro (à parte) Miren si mentì yo en mis presunciònes, Para que son conmigo esos turrònes? (a Nisea) Aguardate, Señora, no decìas, Quando ahora conmigo aqui venìas, Que Palas tu devòta, y aun cohèchàdo? Pues que dudas, con Dioses postillònes, Ser en el ayre sus execuciònes?
Satyre (en aparté) Regardez si j’ai menti dans ma vanité, Pourquoi m’offrir tous ces cadeaux ! (à Nisée) Attendez, madame, ne disiez-vous pas, Quand vous êtes venue ici avec moi, Que Pallas qui t’est dévouée l’avait même suborné ? Avec des Dieux postillons, Leurs ordres sont rapidement exécutés !
Satyr (aside) Were my presumptions false? Why do I have to deal with such fools? (to Nisea) Wait, my lady, weren’t you saying as we travelled here that Pallas, devoted to you, had spocken about setting him free, and persuaded him? Surely, then, his attendent gods will have carried out his orders?
Nisèa Bien que, al mirar en pena tan acerba À Prometeo, fuy en busca de Minerva, Y al pedirla su alivio, aseguràda Quedè, de ver su libertad logràda; Es tanta mi desdìcha, Que no acierto à dar credito à la dicha. (Vase.)
Nisée Alors que je voyais Prométhée dans l’affliction, Je fus à la recherche de Minerve Pour lui demander son aide, et elle m’assura Que je le verrais bientôt en liberté ; Mais mon infortune est telle Que je ne saurais donner crédit au bonheur. (Elle part.)
Nisea It’s true that I went in search of Minerva on seeing Prometheus in such pain, and that when I asked for her help she swore she would obtain his freedom, I have known such misfortune that I find it hard to believe in happiness. (Exit.)
Satyro Anda con Dios, que yo no quiero tanto: La Ninsa tiene Amor de cal, y canto.
Satyre Que Dieu la garde : j’en ai assez vu : La nymphe se consume d’amour.
Satyr Thank goodness I’m not in her shoes: she’s well and truly smitten.
ESCENA 9 Valles deliciosos. Tetis, Pelèo, Jupiter, Mercurio, Pandòra.
SCENE 9 Vallées délicieuses. Thétis, Pélée, Jupiter, Mercure et Pandore.
SCENE 9 A beautiful valley. Thetis, Peleus, Jupiter, Mercury, Pandora.
Pelèo
De Minerva transformàda; Que oposiciones divìnas, Quando en castìgos no paran.
Pélée On voit l’araignée Arachné, Transformée par Minerve ; Quand les inimitiés divines Ne terminent-elles pas en châtiments…
Peleus Arachne is become a spider, transformed by Minerva; when does opposing the gods not end in punishment?
Jupiter Que dices ? que defuentùra !
Jupiter Que dis-tu ? Quel malheur !
Jupiter What are you saying? How dreadful!
Tetis Jupiter Santo, à que aguardas? Prendas de quien tu bien quieres, No han de parecer humànas.
Thétis Qu’attends-tu, Jupiter ? Les objets qui te plaisent Ne doivent pas paraître humains.
Thetis Great Jupiter, what are you waiting for? At least the one you love is still human in appearance.
15 Araña se mira Aragne,
106
Pues Jove viene à mis voces, Ya el Cielo me desagravia.
Puisque Jupiter vient à ma plainte, Le Ciel vient réparer mon outrage.
If Jove is here in response to my call, heaven is finally repaying me.
Pelèo Que aya quien con zelos huya De su Dama, por su Dama.
Pélée Il y en a qui par jalousie Ont quitté leur dame pour une autre dame.
Peleus How have I become the kind of man who runs and hides, albeit on his lady’s command!
Jupiter A tu vista, y à tus ruegos, Me traen Tetis soberàna, Cuidàdos tuyos, y mios; Si estos en un Dios se hallan. Ya sè, que perdirme quieres Por Aragne; quando alcanzas, Que de una Deidad castìgos Otra Deidad no embaràza. Deja ese cuidado, al mio; Que yo harè por ti, que Palas Obligàda me concèda Lo que me debe obligàda. Mayor empeño es el mio. Mira, yo sè, que mis ansias, Ni una, han debìdo à tu pecho, De Amor, quando al temor tantas. No es quererte bien, hacerte En vez de mi Esposa, esclava; Que valen glorias del cuerpo, Quando à las almas no pasan? Otro Amor es, ya lo sè, Quien el mio te embaràza: Yo quiero lo que tu quieres; No ama, quien violenta el alma. No juzgues, que estas razònes Finjo, por sabèr si amas; Aunque tus rigores siento, Te estìmo la confianza.
Jupiter Tes passions et les miennes Me portent, belle Thétis, À ta vue et à tes prières (Si un Dieu peut les obtenir). Je sais que tu viens intercéder Pour Arachné, quand tu obtiens des châtiments D’une déesse, qui ne gêneraient Pas une autre déesse. Je vais m’en occuper, Pour toi je ferai en sorte que Pallas Me concède par obligation Ce qu’elle me doit en étant mon obligée. C’est là mon plus grand devoir. Je sais que mes tourments Ne te poussent pas à m’aimer, Mais à avoir de grandes craintes. Ce n’est pas t’aimer si au lieu De mon épouse tu deviens mon esclave. Que vaut la gloire pour le corps Si elle ne passe pas par l’âme ? Je sais qu’un autre amour T’arrache à mon affection, Je désire ce que tu désires, Il n’aime pas, celui qui violente une âme. Ne crois pas que je feins ces raisons Pour savoir si tu es amoureuse, Bien que je comprenne ta rigueur, J’estime ta confiance.
Jupiter Concern for you and for myself brings me, noble Thetis, here in response to your request; if such concerns are to be found in a god. I know you want me to help Arachne, aware that the punishment meted out by one deity should not harm another. Leave this to me and for your sake I shall make Pallas concede out of obligation to me. My own pledge to you is more important. I know all too well that my desire has sparked fear, not love, within your heart. Making you my slave rather than my wife is not a sign of true love; What is bodily strength worth if it translates not to the soul? I know that another love prevents you from loving me. I want what you want, One who violates a soul does not truly love. Think not that I am inventing ways to test your love; though I feel your coldness, I value your friendship.
Tetis Señor, de Juno atenciònes Son de mis retìros causa.
Thétis Seigneur, l’attention envers Junon A été la raison de mon retrait.
Thetis My lord, my respect for Juno is the reason for my reticence.
Jupiter Y amor tambien.
Jupiter Et l’amour aussi.
Jupiter And love as well. 107
Tetis Si fue Amor, Tan antes fue de tu llama, Que jamàs hacerme pudo Contigo, y conmigo ingrata.
Thétis Si ce fut Amour, Ce fut avant ta flamme Qui jamais ne put me rendre Ingrate envers moi ni envers toi.
Thetis True, but a love born long before I knew of your passion, one for which neither you nor I can be blamed.
Jupiter Y quien merece esa dicha?
Jupiter Et qui mérite ce destin ?
Jupiter And who is your lucky suitor?
Tetis (Ponefe de rodìllas.) À tus pies, Señor, postràda, Y en fee de que me asegùra Mi obediencia, y tu palàbra; Pelèo: à quien favorece Mas el Hado, que mi gracia, Pues sè, que à un Mortàl me tienen Sus decrètos destinàda.
Thétis (Elle s’agenouille.) Prostrée à tes pieds, Seigneur, Je me confie obéissante À la foi que je te dois. Pelée, que favorise davantage Le Destin que ma grâce, Sait que, bien que mortel, C’est à moi que le sort le destine.
Thetis (Kneeling.) At your feet, my lord, and assured that my obedience and your word will keep me safe, I tell you that I am destined to marry Peleus, a mortal favoured more by fate than by my grace.
Jupiter Lo que Hados, y Amor dispònen, No estorve el mio, levanta.
Jupiter Si le Destin et Amour ainsi disposent, Lève-toi, je ne m’y opposerai pas.
Jupiter My orders must not countermand that which fate and love dispose; now stand.
Tetis Tu perdon, y al de mi Padre Por tu medio, aseguràda, Me han de levantar: (Levantase Tetis.)
Thétis Ton pardon et, grâce à toi, Celui de mon père, M’ont permis de me lever. (Elle se lève.)
Thetis Your forgiveness and my father’s, which he will give, thanks to you, raise me to my feet. (Thetis stands up again.)
Jupiter Pelèo Es tuyo; Mercurio vaya Por el, mientras de su amor Doy, contra mi Amor, la traza. Tu Pandòra, de Minerva, (à Pandòra.) Lo que Tetis pide, alcanza; Aragne por Tetis viva.
Jupiter Pelée Est à toi, que Mercure aille Le chercher pour elle, pendant que je donne libre cours à son amour contre le mien. Toi, Pandore, obtiens de Minerve (à Pandore.) Ce que veut Thétis ; Qu’Arachné vive pour Thétis.
Jupiter Peleus is yours; Mercury shall go and fetch him and, despite my own feelings, I shall give my approval to his love for you. (to Pandora) You Pandora, obtain from Minerva that which Thetis asks; Arachne shall live, thanks to Thetis.
ESCENA 10 Palacio Real de Tetis. Neréo, Coro de Nereydas, y Tritones.
SCÈNE 10 Palais royal de Thétis. Nérée, Chœur de Néréides et de Tritons.
SCENE 10 Thetis’ Royal Palace. Nereus and Chorus of Nereids and Tritons.
108
Nerèo
Nérée Enfin je touche et j’observe Le jour de mon destin ; Que la gloire à laquelle j’aspire Montre ma joie. Divinité sans beauté Est une richesse, Grâce et beauté Sont deux divinités. À de telles ardeurs sacrées, Mon destin s’améliore ; Que celle qui fut Aurore Jouisse des splendeurs du soleil. Que Neptune envie Les noces de Jupiter, Car Nérée a atteint Ce que Junon désirait.
Nereus Now that the day of my destiny is within reach, let my delight reveal the glory to which I aspire. Divinity without beauty is good fortune, beauty and grace mean twice the divinity. This divine love affair can only be good for me; let she who was Aurora gain the splendour of the sun. Let Neptune envy Jove his beloved, since Nereus is gaining that which Juno desires.
SCÈNE 11 Jupiter, Nérée, Thétis, Pélée, Mercure, Hercule, Minerve, Nisée, Pandore et Arachné.
SCENE 11 Jupiter, Nereus, Thetis, Peleus, Mercury, Prometheus, Hercules, Minerva, Nisèa, Pandora and Arachne.
Minerva, Aragne, Pandora, Tetis, Nisèa, Mercurio, Hercules, Pelèo, Nerèo, Coro 17 O Suma Deidad; Gratos nos admìte, en su gloria ocupàdos, À la de ensalzàr tu Nombre imortal.
Minerve, Arachné, Pandore, Thétis, Nisée, Mercure, Hercule, Pélée, Nérée, Chœur Les immenses faveurs, ô suprême divinité… Veulent que nous nous unissions Pour glorifier ton nom immortel.
Minerva, Arachne, Pandora, Thetis, Nisèa, Mercury, Hercules, Peleus, Nereus, Chorus O Jupiter, god of gods…. … accept our gratitude as we worship you and exalt the glory of your immortal name.
18 Minerva (Nisèa hinca la rodilla.)
Minerve (Nisée s’agenouille.) Et à tes pieds, Nisée, et à ta beauté, Pallas soumise à tes ordres, Thétis déjà obéissante, Arachné obtient à travers toi une troisième vie, Car tout ne doit qu’être bonheur, Grâce à toi, ô noble père, À travers cette belle nymphe, Qui, amoureuse silencieuse de Prométhée, Pleure les châtiments d’un astre contraire. Je t’offre le plus constant, Le plus généreux et le plus sincère amour, dont la flamme
Minerva (Nisea kneels before her.) Nisea, Pallas is obliged to you and your beauty; she knows of your suffering and has obeyed Thetis’ command, thus in you Arachne will enjoy a third life. Dear father, so that of all women this fair maiden should find happiness, I commend Nisea to you: the stars against her, burdened by an unspoken love for Prometheus, she has wept for his pain, and in her I offer you the most constant, lasting, sincere love, which has burned steadily
16 Pues toco, pues miro
De mi suerte el dia; Muestre mi alegrìa, La gloria à que aspiro. Deidad, sin beldad, Es una ventùra; Beldad, y hermosùra Dos veces Deidad. À sacros ardores, Mi suerte mejòra; Logre, quin fue Auròra, De Sol resplandores. Embidie Neptùno, Con Joje el emplèo, Pues logra Nerèo Lo que embìdia Juno. ESCENA 11 Jupiter, Nerèo, Tetis, Pelèo, Mercurio, Prometeo, Hercules, Minerva, Nisèa, Pandòra, y Aragne.
Y à tus plantas Nisèa, y su hermosùra, Palas à tus preceptos obligàda, Tetis obedecìda, Pues logra Aragne en ti, tercèra vida. Por que entre tantas, todo sea ventùra, O gran Padre, en el serlo, confìàda, En esta Ninfa bella, Que de Prometeo silenciòsa amante, Llora escarmientos, en contraria estrella, Te ofrezco el mas constante, Largo, sincero Amor, que à su centella
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MENU Ardiò tierno, en firmèzas de diamante. Premio Prometeo sea Del Amor de Nisèa.
19 Nisèa, Prometeo
Que gloria. Que dicha. Que gozo. Que suerte Mi fé. Mi ventura. Tan puros abrazos. Amor tan constante, no acabe la muerte.
Brûla tendrement dans la dureté du diamant. Prométhée sera le prix De l’amour de Nisée.
from your spark with the strength of a diamond. Let Prometheus, therefore, be the reward for Nisea’s love.
Nisée, Prométhée Quelle gloire ! Quelle joie ! Quel plaisir ! Quel destin ! Une si belle action mérite mon étreinte La mort ne doit pas mettre fin à un amour si constant.
Nisea, Prometheus What glory. What happiness. What delight. What good luck. My devotion. My good fortune. Such pure embraces. May death not put an end to love of such constancy.
Recorded in June 2018 at Auditorium de l’Opéra de Dijon JEAN-DANIEL NOIR RECORDING PRODUCER, EDITING & MASTERING FABIÁN SCHOFRIN ARTISTIC DIRECTION & EDITING JOHN THORNLEY ENGLISH TRANSLATION (P.24-37) HANS JOACHIM RUSSER GERMAN TRANSLATION JEAN-FRANÇOIS LATTARICO FRENCH TRANSLATION (LIBRETTO) SUSANNAH HOWE ENGLISH TRANSLATION (LIBRETTO) VALÉRIE LAGARDE DESIGN & ARTWORK COVER IMAGE © GILLES ABEGG, Opéra de Dijon INSIDE PHOTOS
(P.3) © VINCENT ARBELET (P.8-9, 20-21, 33, 47, 48-49) © GILLES ABEGG, Opéra de Dijon (P.54) © BENOÎT LAMBERT (P.56) © LINO BENNARDO ALPHA CLASSICS DIDIER MARTIN DIRECTOR LOUISE BUREL PRODUCTION AMÉLIE BOCCON-GIBOD EDITORIAL COORDINATOR
ALPHA 582 P ALPHA CLASSICS / OUTHERE MUSIC FRANCE & CAPPELLA MEDITERRANEA 2020 © ALPHA CLASSICS / OUTHERE MUSIC FRANCE 2020
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