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Saint Saëns, mélodies avec orchestre

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saint-saëns Mélodies avec orchestre

YANN BEURON TASSIS CHRISTOYANNIS ORCHESTRA DELLA SVIZZERA ITALIANA MARKUS POSCHNER


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Camille Saint-Saëns (1835-1921) Mélodies avec orchestre

1

Angélus

2

L’Attente

poésie de victor Hugo

3

Rêverie

4

la brise (mélodies persanes OP. 26)

5

Extase

Poésie de pierre Aguétant

poésie de victor Hugo Poésie d’armand renaud

poésie de victor Hugo

6

La Feuille de peuplier

7

L’Enlèvement

poésie de mme Amable Tastu

poésie de victor Hugo

8

Les Fées

9

Souvenances

10

Désir d’amour

11

Les Cloches de la mer

poésie de théodore de Banville poésie de ferdinand Lemaire poésie de d. Francisco Perpina poésie de camille Saint-Saëns

3’42

1’43

2’52

2’22

4’00

2’03

2’07

2’50

3’36

2’14

3’17

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12 la splendeur vide (mélodies persanes OP. 26) Poésie d’armand renaud

4’23

13 Le Pas d’armes du Roi Jean Ballade de victor Hugo

4’10

14 La Cloche poésie de victor Hugo

3’20

15 Papillons poésie de renée de Léché

3’03

16 Plainte poésie de mme Amable Tastu

2’40

17 Aimons-nous poésie de théodore de Banville

3’35

18 AU cimetière (mélodies persanes OP. 26) Poésie d’armand renaud

3’51

19 Danse macabre, op. 40 poésie de henri Cazalis

2’17

TOTAL TIME: 58’05 Les partitions ont été éditées par le Palazzetto Bru Zane.

Yann beuron ténor (1, 2, 3, 6, 7, 9, 14, 15, 16, 17) Tassis christoyannis baryton (4, 5, 8, 10, 11, 12, 13, 18, 19) ORCHESTRA DELLA SVIZZERA ITALIANA Markus Poschner direction


ORCHESTRA DELLA SVIZZERA ITALIANA Markus Poschner DIRECTION Robert Kowalski (Konzertmeister), Tamàs Major (Konzertmeister), Walter Zagato, Andreas Laake, Hans Liviabella, Barbara Ciannamea-Monté Rizzi, Maria Cristina Andreae-Ferrarini, Chun He Gao, Irina Roukavitsina-Bellisario, Duilio Galfetti, Fabio Arnaboldi, Katie Vitalie, Denis Monighetti, Piotr Nikiforoff, Alice Milan*, Giorgia Burdizzo*, Andrea Mascetti* VIOLONS ´ Monica Benda, Matthias Müller, Aurélie Adolphe, Ivan Vukcevic, Andriy Burko, Giulia Panchieri*, Lia Previtali* ALTOS v

Taisuke Yamashita, Johann Sebastian Paetsch, Felix Vogelsang, Beat Helfenberger, Màtyas Major* VIOLONCELLES David Desimpelaere, Enrico Fagone, Anton Uhle CONTREBASSES Alessandra Russo, Bruno Grossi FLÛTES Marco Schiavon, Federico Cicoria HAUTBOIS Corrado Giuffredi, Paolo Beltramini CLARINETTES Alberto Biano, Alessandro Battaglini* BASSONS Vittorio Ferrari, Zora Slokar, Georges Alvarez , Michele Canori*, Charles Crabtree*, Gianpaolo Rota* CORS Serena Basandella, Sébastien Galley TROMpettES Eugenio Abbiatici*, Fabio Costa*, Floriano Rosini* TROMBONES Louis Sauvêtre TIMBALES Salvatore Leonardi* PERCUSSIONS Maria Elena Bovio* HARPE * Musiciens suppléants & additionnels

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FRANÇAIS

Les mélodies avec orchestre de camille saint-saëns par sébastien troester Palazzetto Bru zane « Si vous avez envie de l’orchestre pour vos lied ne vous gênez pas, le lied avec orchestre est une nécessité sociale ; s’il y en avait, on ne chanterait pas toujours dans les concerts des airs d’opéra qui y font souvent piteuse figure. » (Camille Saint-Saëns, Lettre à Marie Jaëll, 1876) Il en est des génies comme de certains phares : leur lumière puissante aveugle parfois plus qu’elle ne guide. En matière de mélodie française, les chefs-d’œuvre de Fauré, Duparc, Chausson, Debussy, Ravel ont parfois semblé jaillir de nulle part telle une génération spontanée et miraculeuse. Ne fixer son attention que sur ces sommets serait faire fi d’un siècle entier de réflexions et de batailles en France autour de la question de la mélodie, et particulièrement de la mélodie accompagnée de l’orchestre : depuis les romances orchestrées du début du XIXe siècle, en passant par les premiers accomplissements d’Hector Berlioz et de Félicien David, et pour atteindre enfin au tournant du siècle nouveau à cet âge d’or bien connu, le corpus des mélodies de Camille Saint-Saëns apporte sans conteste sa pierre à l’histoire et à l’évolution du genre. L’artiste consacre très tôt son génie précoce à la composition de mélodie pour voix et piano, et les orchestres parfois dans un même élan : ainsi, L’Enlèvement sur un poème de Victor Hugo est écrit pour le piano puis instrumenté en 1848, lorsque Saint-Saëns n’a que treize ans ; idem pour Rêverie (toujours Hugo) qu’il met en musique et orchestre en 1851, et en 1852 Le Pas d’armes du Roi Jean (Hugo), considéré comme l’un de ses chefs-d’œuvre. Suivent en 1853 Feuille de Peuplier sur un poème de Mme Amable Tastu, puis en 1855 L’Attente et La Cloche (Hugo), et Plainte (Tastu). Parmi les vingt-cinq mélodies avec orchestre inscrites à son catalogue, dix-neuf sont aujourd’hui présentées au disque : l’amplitude temporelle de leur composition témoigne à

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Il est à noter que cet engagement véritable n’apparaît pas toujours motivé par des raisons intrinsèquement musicales, loin s’en faut. Au milieu d’un siècle où l’engouement du public pour l’opéra et le théâtre emporte tout, où l’influence de la musique allemande ne fait que croître, où les compositeurs français peinent à faire entendre au concert leurs œuvres nouvelles, l’évolution du genre de la mélodie tient autant de la question artistique que politique, voire nationaliste. Dans ce contexte, les motivations de Saint-Saëns semblent répondre à trois impératifs principaux. Le premier : lutter contre cette prédominance écrasante des airs d’opéras dans les programmes de concert, opéras le plus souvent de compositeurs étrangers. Les dédicaces quasi systématiques qu’il adressera à des chanteuses et chanteurs visent donc à l’implication de ces derniers dans la promotion de ce répertoire nouveau. Deuxième motif, l’affirmation de la supériorité du poème sur la musique, poussant le compositeur à monter le vers sur la mélodie « comme un joaillier monte une gemme ». On rencontre, tout au long de sa correspondance et de ses nombreux écrits, un Camille Saint-Saëns pénétré par sa mission de défense d’une conception classique du vers et de la prosodie. Les accents incongrus, les césures et rejets fautifs apportés par ses contemporains compositeurs d’opérette et d’opéra – à fortiori s’ils sont d’origine étrangère, tels Offenbach et Flotow – lui fournissent matière à une lutte permanente et à des plaintes non moins récurrentes. Contribuer enfin, à force de travail et de réflexion, au dessin d’un véritable Ars gallica, tel que la Société nationale de musique s’en était donné la mission dès sa fondation en 1871, dans le contexte de la défaite face à la Prusse. À l’examen du cas particulier de la mélodie avec orchestre, il apparaît que ce génie spécifiquement français s’investira pleinement dans le travail de l’instrumentation appliqué ici à la mélodie, c’est-à-dire dans ce que l’on appelle la couleur orchestrale.

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elle seule de l’engagement du compositeur, puisque soixante-dix années séparent L’Enlèvement de Papillons (Renée de Léché) et d’Angélus (Pierre Aguétant), toutes deux composées en 1918, et enfin d’Aimons-nous (Théodore de Banville) en 1919.


Mais des spécificités propres à l’art de Saint-Saëns se font également jour : un certain sens du pittoresque et de l’humour (parfois noir), voire du merveilleux, parcourent la Danse macabre (Henri Cazalis), Les Fées et Le Pas d’armes du Roi Jean. Dans cette dernière et plusieurs autres (Les Cloches de la mer, Désir d’amour, Aimons-nous, Papillons, Souvenances), l’art du coloriste atteint à l’excellence : à chaque strophe sa texture, à chaque image son atmosphère sonore. Le travail de précision dans l’éloquence fourni par les deux interprètes Yann Beuron et Tassis Christoyannis rend pleinement justice au projet esthétique du compositeur : le mot règne, l’orchestre sert. Dernier aspect caractéristique : l’exotisme, dont Saint-Saëns fut incontestablement l’un des chantres et qui parcourt les trois pièces orchestrées tirées des Mélodies persanes op. 26 pour voix et piano. La Splendeur vide, Au cimetière et La Brise utilisent chacune à leur manière des modes anciens, des rythmes obstinés créant une sensation de langueur, des mélismes du chant. De quoi enivrer un public friand de sensualités inconnues. Les expérimentations que connut ensuite la mélodie en France s’inscrivent sans conteste dans la lignée des compositions de Camille Saint-Saëns : autant comme héritage assumé, que comme rejet de certaines conceptions jugées rétrogrades. Le terrain s’en trouvera ainsi dégagé pour un approfondissement extraordinaire du travail sur la couleur orchestrale, mais aussi pour l’émancipation inéluctable de la musique hors de la sphère poétique.

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Toutes ces nuances et motivations sont perceptibles dans la lettre à Marie Jaëll citée précédemment, l’emploi du mot « lied » rappelant la lignée incontestable attachant le compositeur français à la tradition du lied allemand : ainsi L’Enlèvement, Extase (Victor Hugo), La Feuille de peuplier et Rêverie, dont les formes strophiques accompagnées d’un seul motif mélodique expriment un état unique, et où dominent également les accords brisés et arpégés, caractéristiques d’un accompagnement conçu au départ pour le piano.


Yann Beuron étudie le chant au Conservatoire National de Paris et obtient un premier prix en 1996. Consacré « révélation musicale » de l’année 1999 par le syndicat professionnel de la critique, sa carrière se développe rapidement sur les plus grandes scènes : Opéra national de Paris, Théâtre du Capitole de Toulouse, La Monnaie de Bruxelles, Staatsoper de Munich, Royal Opera House de Londres... avec des chefs de renom : Ozawa, Christie, Minkowski, Gergiev, Bolton, de Billy, Nagano, Rattle, Pappano... et des metteurs en scène comme Pelly, Py, Carsen, Pommerat, Tcherniakov...

Le répertoire de Yann Beuron s’étend du baroque français (Hippolyte et

Aricie, Les Indes Galantes, Platée, Alceste...) à la musique contemporaine (Au Monde de P. Boesmans), avec une affection particulière pour le répertoire français (Pelléas et Mélisande, L’Heure Espagnole, Berlioz, Offenbach...). Ambassadeur du répertoire de mélodies françaises, Yann Beuron se produit aussi fréquemment en récital.

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Yann Beuron ténor


Considéré comme un des meilleurs interprètes de sa génération, Tassis Christoyannis est particulièrement apprécié pour ses qualités de musicien et de comédien. Né à Athènes, il étudie le piano, le chant, la direction d’orchestre et la composition au Conservatoire d’Athènes et se perfectionne ensuite auprès d’Aldo Protti.

Après avoir été membre de la troupe de l’Opéra d’Athènes, il intègre celle du Deutsche Oper am Rhein de Düsseldorf, où il chante Monteverdi, Mozart, Rossini, Verdi, Puccini... Il poursuit actuellement sa carrière en « freelance » et se produit sur les grandes scènes européennes : opéras de Paris, Vienne, Berlin, Genève, Bruxelles, Amsterdam, Strasbourg, Bordeaux, Francfort, Londres et New York, Festival de Glyndebourne... et ce dans les grands rôles des répertoires italien, français et russe.

Tassis Christoyannis est un interprète recherché pour le répertoire de la mélodie et du lied. Il est également compositeur (concerts, théâtre, danse).

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Tassis Christoyannis baryton


Markus Poschner Chef principal depuis 2015 Vladimir Ashkenazy Chef invité principal depuis 2013 Alain Lombard Chef honoraire depuis 2005

Déjà actif au début des années 1930 à Lugano, l’orchestre a joué sous la direction de grandes personnalités musicales comme Ansermet, Stravinsky, Stokovsky, Celibidache ou Scherchen et a collaboré avec d’innombrables compositeurs tels Mascagni, R. Strauss, Honegger, Milhaud, Martin, Hindemith et plus récemment Berio, Henze et Penderecki. L’OSI collabore avec les plus grands chefs d’orchestre et les solistes les plus renommés; il se produit en Suisse italienne et dans les principaux centres nationaux et internationaux. Composé de 41 musiciens stables, il est financé en majeure partie par le Canton du Tessin, la Radio Télévision Suisse, la Ville de Lugano et l’Association des Amis de l’OSI. Son partenaire international est le groupe Helsinn. Il donne chaque année vie aux saisons musicales de la RSI et participe régulièrement aux Settimane Musicali d’Ascona, au LuganoMusica et au Progetto Martha Argerich.

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Orchestra della Svizzera italiana (OSI)


Chef principal de l’Orchestra della Svizzera italiana depuis 2015 Directeur musical des Bremer Philharmoniker 2007-2017 Directeur musical en titre de l’Orchestre Bruckner de Linz à partir de 2017-2018

Lauréat du Deutscher Dirigentenpreis 2004, Markus Poschner est sollicité comme chef invité par bon nombre de grands orchestres et théâtres lyriques à travers le monde. Ses interprétations poignantes des œuvres de Beethoven, Brahms et Mahler sont reçues avec beaucoup d’enthousiasme. Né à Munich, il y a fait ses études avant de travailler comme assistant de chefs tels Roger Norrington et Colin Davis. Dans son travail à Brême depuis 2007, sa programmation et ses interprétations sont nourries de choix artistiques novateurs et aventureux. Il est en outre un excellent pianiste de jazz. En 2010, l’université de Brême l’a nommé professeur honoraire à la faculté de musique. De 2011 à 2014, il a été principal chef invité de l’Orchestre Philharmonique de Dresde.

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Markus Poschner


‘If you wish to use the orchestra for your lied, do not hesitate. The lied with orchestra is a social necessity: if such things were available, people would not always be singing operatic arias in concerts, which often make a pitiful effect in those surroundings.’ (Camille Saint-Saëns, Letter to Marie Jaëll, 1876)

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The orchestral songs of camille saint-saëns By Sébastien troester Palazzetto Bru zane

Geniuses can act rather like lighthouses: sometimes their powerful light blinds rather than guides us. In the realm of French song, the masterpieces of Fauré, Duparc, Chausson, Debussy and Ravel have sometimes seemed to emerge from nowhere as if by a miracle of spontaneous generation. But to focus one’s attention on these summits alone would be to disregard a whole century of reflections and quarrels in France on the issue of the art song, and more particularly of the song with orchestral accompaniment, from the orchestrated romances of the early nineteenth century, by way of the first achievements of Hector Berlioz and Félicien David, to that familiar golden age at the turn of the new century. The corpus of orchestral songs of Camille Saint-Saëns made an unquestionable contribution to the history and development of the genre. Saint-Saëns began very early to devote his precocious genius to the composition of mélodies for voice and piano, and sometimes orchestrated them immediately afterwards: for example, L’Enlèvement on a poem by Victor Hugo was composed for voice and piano then orchestrated in 1848, when Saint-Saëns was only thirteen years old; the same is true of Rêverie (Hugo again), which he set to music and scored in 1851, and of Le Pas d’armes du Roi Jean (Hugo), regarded as one of his masterpieces, in 1852. This was followed in 1853 by Feuille de peuplier on a poem by Mme Amable Tastu, then in 1855 L’Attente and La Cloche (Hugo) and Plainte (Tastu). Of the twenty-five songs with orchestra listed in the catalogue of Saint-Saëns, nineteen are included on the present disc: the fact that he wrote them over such a long period in itself testifies to the

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It is worth noting that this genuine commitment does not always seem to be motivated by intrinsically musical reasons – far from it. In the middle of a century in which the public’s craze for opera and the theatre swept all before it, when the influence of German music was constantly increasing, when French composers struggled to obtain a hearing for their new works in concert, the development of the art song genre was as much a political, even a nationalistic issue as it was an artistic one. In this context, Saint-Saëns seems to have been driven by three principal imperatives. The first one was to combat the overwhelming predominance in concert programmes of operatic arias, most often drawn from works by foreign composers. Saint-Saëns’s quasi-systematic dedications of his songs to singers were thus intended chiefly to implicate them in the promotion of this new repertory. The second motivation was the assertion of the superiority of the poem over the music, which prompted the composer to set verse to music ‘as a jeweller mounts a gem’. Throughout his correspondence and his numerous writings on music, we encounter a Saint-Saëns imbued with his mission of defending a classical conception of verse and prosody. The incongruous accents and faulty caesuras and enjambments perpetrated by contemporary composers of operetta and opera – a fortiori those who were foreign by birth, like Offenbach and Flotow – provided him with ammunition for an unceasing struggle and no less recurrent complaints. And finally, he wished to contribute, by dint of compositional labour and reflection, to the scheme for a veritable Ars gallica that the Société Nationale de Musique had set itself as its mission from its foundation in 1871, in the context of France’s defeat at the hands of Prussia. If one examines the particular case of the song with orchestra, it will be seen that this specifically French genius was to invest substantial efforts in the process of instrumentation as applied, here, to the mélodie, that is, what is known as instrumental colour.

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composer’s commitment – no fewer than seventy years separate L’Enlèvement from Papillons (Renée de Léché) and Angélus (Pierre Aguétant), both written in 1918, and finally Aimons-nous (Théodore de Banville) in 1919.


But features specific to the art of Saint-Saëns also appear: a certain sense of the picturesque and of (sometimes black) humour, even of the supernatural, runs through Danse macabre (Henri Cazalis), Les Fées and Le Pas d’armes du Roi Jean. In the last-named song and several others (Les Cloches de la mer, Désir d’amour, Aimons-nous, Papillons, Souvenances), the art of the colourist attains excellence: each strophe has its texture, each image its musical atmosphere. The precision in matters of vocal eloquence offered by the two singers here, Yann Beuron and Tassis Christoyannis, does full justice to the composer’s aesthetic project: the word reigns supreme, the orchestra serves it. There remains one final characteristic aspect: the exoticism of which Saint-Saëns was incontestably one of the leading exponents, and which imbues the three songs he orchestrated from the Mélodies persanes op.26 for voice and piano. La Splendeur vide, Au cimetière and La Brise make use, each in its own way, of the ancient modes, of ostinato rhythms that create a sensation of languor, of vocal melismas – anything that could intoxicate a public eager for unknown sensualities. The experiments the mélodie was subsequently to undergo in France unquestionably stand in the line of descent from the works of Saint-Saëns, whether their composers accepted the heritage of his contribution to the genre or rejected certain conceptions that they deemed reactionary. As a result, the ground was cleared both for an extraordinary intensification of the exploration of orchestral colour and for the ineluctable emancipation of music beyond the vocal sphere.

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All these nuances and motivations are perceptible in the letter to Marie Jaëll that heads this article, with the use of the term ‘lied’ reminding us of the French composer’s unmistakable connection to the tradition of the German art song: among these are L’Enlèvement, Extase (Victor Hugo), La Feuille de peuplier and Rêverie, whose strophic forms accompanied by a single melodic motif express a uniform mood, and which, moreover, are dominated by broken chords and arpeggios characteristic of an accompaniment originally conceived for the piano.


Yann Beuron Tenor Yann Beuron studied singing at the Conservatoire National de Paris from 1999 by France’s Association Professionnelle de la Critique de Musique (Music Critics’ Association), he was soon performing at every major venue – Opéra National de Paris, Théâtre du Capitole de Toulouse, La Monnaie in Brussels, Staatsoper München, and London’s Royal Opera House – under the baton of leading conductors such as Ozawa, Christie, Minkowski, Gergiev, Bolton, de Billy, Nagano, Rattle and Pappano and working alongside stage directors such as Pelly, Py, Carsen, Pommerat and Tcherniakov. Yann Beuron’s repertoire ranges from the French Baroque (Hippolyte et

Aricie, Les Indes Galantes, Platée, Alceste) right through to music of our time (Au Monde by Philippe Boesmans) with a particular fondness for the French repertoire (Pelléas et Mélisande, L’Heure Espagnole and the music of Berlioz and Offenbach). As a ambassador of French song, he also gives numerous recitals.

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which he graduated with top honours in 1996. voted the ‘musical discovery’ of


Tassis Christoyannis baritone Regarded as one of the finest baritones of his generation, admired for his piano, singing, conducting and composition at the Athens Conservatory, before going on to specialise in the Italian repertoire with the baritone Aldo Protti. After several years as a member of the Greek National Opera in Athens, he joined the Deutsche Oper am Rhein in Dßsseldorf, where he took major roles in works by Monteverdi, Mozart, Rossini, Verdi, Puccini and others. Now freelance, he sings the principal baritone roles in Italian, French and Russian works at opera houses and festivals all over Europe, including Paris, Vienna, Berlin, Geneva, Glyndebourne, Brussels, Amsterdam, Strasbourg, Bordeaux, Frankfurt, London, New York. Tassis Christoyannis is also much in demand for his skills as a song recitalist. He is also a composer (concerts, dance, theatre).

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acting skills and his musicality, Athens-born Tassis Christoyannis studied


Orchestra della Svizzera italiana (OSI)

Vladimir Ashkenazy Principal guest conductor from September 2013 Alain Lombard Honorary conductor from 2005

Founded in Lugano in 1935, the OSI has been directed by great musical figures such as Ansermet, Stravinsky, Stokowski, Celibidache and Scherchen, and has worked with composers such as Mascagni, R. Strauss, Honegger, Milhaud, Martin and Hindemith, and more recently with Berio, Henze and Penderecki. The OSI works with the great names of orchestral conducting and with internationally acclaimed soloists. Consisting of forty-one permanent musicians, it is funded principally by the Canton of Ticino, Radiotelevisione svizzera, the City of Lugano and the Associazione Amici dell’OSI. OSI is the mainstay of the annual RSI concert seasons, and regularly participates in the Settimane Musicali in Ascona, in LuganoMusica and in the Martha Argerich Project. Its tours and international projects are additionally supported by its International Partner, the Helsinn Group.

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Markus Poschner Principal conductor from September 2015


Markus Poschner Principal conductor of the Orchestra della Svizzera italiana since 2015 Music director designate of the Bruckner Orchester Linz from 2017/18

Markus Poschner, recipient of the Deutscher Dirigentenpreis 2004, has been invited as a guest conductor by many of the world’s leading orchestras and opera houses. His moving interpretations of the works of Beethoven, Brahms and Mahler have been received with great excitement. He was born in Munich, where he then studied, going on to work as assistant to conductors such as Roger Norrington and Colin Davis. In his work at Bremen since 2007 his programming and interpretations have been informed by innovative and adventurous artistic choices. He is, moreover, an excellent jazz pianist. In 2010 the University of Bremen made him an honorary professor in the Faculty of Music. From 2011 to 2014 he was principal guest conductor at the Dresden Philharmonic.

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Music director of the Bremer Philharmoniker 2007-2017


die orchesterlieder von camille saint-saëns Von Sébastien troester Palazzetto Bru zane

Mit den Genies ist es wie bei manchen Leuchttürmen: Ihr starkes Licht blendet oft mehr, als es den Weg weist. Im Bereich des französischen Liedes schienen die Meisterwerke Faurés, Duparcs, Chaussons, Debussys und Ravels manchmal wie eine spontane, wunderbare Generation aus dem Nichts hervorzuquellen. Die Aufmerksamkeit nur auf diese Höhepunkte zu beschränken, hieße ein ganzes Jahrhundert von Überlegungen und Kämpfen in Frankreich rund um die Frage des Liedes und besonders des von einem Orchester begleiteten Liedes zu verschmähen: Seit den orchestrierten Romanzen zu Beginn des 19. Jh. über die ersten Orchesterlieder von Hector Berlioz und Félicien David bis schließlich zur Jahrhundertwende das bekannte Goldene Zeitalter erreicht wurde, steuert das Korpus der Lieder von Camille Saint-Saëns unbestreitbar zur Geschichte und Entwicklung dieser Gattung bei. Saint-Saëns widmet sein Genie sehr früh der Komposition von Liedern für Gesang und Klavier und nutzt manchmal seinen Elan, um sie gleich auch zu orchestrieren: So schreibt er L’Enlèvement über ein Gedicht von Victor Hugo erst für Klavier, dann für Orchester im Jahre 1848, als er erst dreizehn Jahre alt ist; das Gleiche gilt für Rêverie (wieder Hugo), das er 1851 vertont und orchestriert, und 1852 für Le Pas d’armes du Roi Jean (Hugo), das als eines seiner Meisterwerke betrachtet wird. Darauf folgen 1853 Feuille de peuplier über ein Gedicht von Mme Amable Tastu, dann 1855 L’Attente

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« Wenn Sie für Ihr Lied Lust auf ein Orchester haben, tun Sie sich keinen Zwang an, das Orchesterlied ist eine soziale Notwendigkeit ; gäbe es welche, so würde man in den Konzerten nicht dauernd Opernarien singen, die dort oft einen jämmerlichen Eindruck erwecken. » (Camille Saint-Saëns, Brief an Marie Jaëll, 1876)

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Bemerkenswert ist, dass dieses echte Engagement oft bei weitem nicht von rein musikalischen Gründen motiviert scheint. In der Mitte eines Jahrhunderts, in dem die Begeisterung des Publikums für die Oper und das Theater über allem steht, in dem der Einfluss der deutschen Musik immer größer wird und die französischen Komponisten Mühe haben, ihre neuen Werke in Konzerten zu Gehör zu bringen, ist die Entwicklung der Liedgattung ein ebenso künstlerisches wie politisches, ja nationalistisches Anliegen. In diesem Kontext scheinen Saint-Saëns’ Motivationen drei Hauptanliegen zu entsprechen. Das erste: Der Kampf gegen die erdrückende Vorherrschaft der Opernarien in den Konzertprogrammen, wobei die Opern meist von ausländischen Komponisten stammen. Saint-Saëns’ quasi systematische Widmungen an Sängerinnen und Sänger zielen also darauf ab, dass sich diese an der Förderung des neuen Repertoires beteiligen. Das zweite Motiv ist die Behauptung, das Gedicht sei der Musik überlegen, was den Komponisten dazu veranlasst, die Verse auf die Melodie zu schmieden „wie ein Goldschmied einen Edelstein fasst“. In seiner gesamten Korrespondenz und seinen zahlreichen Schriften trifft man immer wieder auf einen Camille Saint-Saëns, der es für seine Mission hält, für ein klassisches Verständnis des Verses und der Prosodie einzutreten. Unpassende Akzente, falsche Silbentrennungen und Zeilensprünge, wie sie zeitgenössische Operetten- und Opernkomponisten verwenden – vor allem wenn sie wie Offenbach und Flotow aus anderen Ländern stammen – liefern ihm Stoff zu einem permanenten Kampf und nicht weniger häufigen Klagen. Drittens geht es ihm darum, durch seine Arbeit und Überlegungen zu einer echten Ars gallica beizutragen, wie es sich die Société nationale de musique ab ihrer Gründung im Jahre 1871 im Zusammenhang mit der Niederlage gegenüber Preußen zur Aufgabe gemacht hatte. Untersucht

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und La Cloche (Hugo) sowie Plainte (Tastu). Unter den fünfundzwanzig Orchestermelodien, die in seinem Katalog verzeichnet sind, wurden bis heute neunzehn aufgenommen: Die Zeitspanne zwischen den Kompositionen bezeugt allein schon das Engagement des Komponisten, da siebzig Jahre zwischen L’Enlèvement und Papillons (Renée de Léché) und Angélus (Pierre Aguétant) liegen, wobei beide 1918 und Aimons-nous (Théodore de Banville) 1919 komponiert wurden.


man den besonderen Fall des Orchesterliedes, so wird klar, dass sich dieses spezifisch französische Genie voll und ganz der hier auf das Lied angewandten Instrumentationsarbeit widmete, das heißt dem, was man Orchesterfarbe nennt.

Aber auch Besonderheiten von Saint-Saëns’ Kunst treten zutage: ein gewisser Sinn für Pittoreskes und (manchmal schwarzen) Humor, ja für Fantastisches durchzieht den Danse macabre (Henri Cazalis), Les Fées und Le Pas d’armes du Roi Jean. In letzterem und in mehreren anderen Liedern (Les Cloches de la mer, Désir d’amour, Aimons-nous, Papillons, Souvenances) erreicht die Kunst des Koloristen Außerordentliches: Jede Strophe hat ihre eigene Textur, jedes Bild seine Klangatmosphäre. Die Präzisionsarbeit der beiden Interpreten Yann Beuron und Tassis Christoyannis hinsichtliche der Eloquenz wird dem ästhetischen Projekt des Komponisten vollkommen gerecht: Das Wort hat die Vorherrschaft, das Orchester dient. Letzter charakteristischer Aspekt: die Exotik, deren Verfechter Saint-Saëns unbestreitbar ist und die die drei orchestrierten Stücke der Mélodies persanes op. 26 für Singstimme und Klavier prägt. La Splendeur vide, Au cimetière und La Brise verwenden jedes auf seine Art alte Tonarten, OstinatoRhythmen, die ein Gefühl von Wehmut hervorrufen, und Melismen im Gesang. Genau das Richtige, um ein Publikum zu betören, das auf unbekannte Sinnlichkeiten besessen ist. Die Experimente, die am französischen Lied danach vorgenommen wurden, sind zweifellos in der Nachfolge von Camille Saint-Saëns’ Kompositionen zu verstehen: sowohl als akzeptiertes Erbe, als auch als Ablehnung bestimmter, als rückläufig beurteilter Konzeptionen. So war das Terrain frei für eine außerordentliche Vertiefung der Arbeit über die Orchesterfarbe, aber auch für die unausweichliche Emanzipation der Musik jenseits der Sphäre der Poesie.

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All diese Nuancen und Motivationen sind im vorhin zitierten Brief an Maire Jaëll erkennbar, wobei die Verwendung des deutschen Wortes „Lied“ unbestreitbar daran erinnert, dass sich der französische Komponist mit der Tradition des deutschen Liedes verbunden fühlt: So drücken L’Enlèvement, Extase (Victor Hugo), La Feuille de peuplier und Rêverie, deren Strophenformen nur von einem melodischen Motiv begleitet werden, einen einzigen Zustand aus, während gebrochene Akkorde und Arpeggios vorherrschen, die für eine für Klavier konzipierte Begleitung typisch sind.


Yann Beuron Tenor Yann Beuron studierte am Conservatoire National de Paris Gesang, wo er 1996 sein Diplom mit Auszeichnung erhielt. Von der Berufsgewerkschaft der Kritiker wurde er zur „révélation musicale“ (musikalischen Entdeckung) des Jahres 1999 ernannt, wonach ihn seine Karriere rasch an die renommiertesten Opernhäuser brachte: die Opéra national in Paris, das Théâtre du Capitole in Toulouse, La Monnaie in Brüssel, die Münchner Staatsoper, das Royal Christie, Minkowski, Gergiev, Bolton, de Billy, Nagano, Rattle, Pappano usw. sowie Regisseuren wie Pelly, Py, Carsen, Pommerat, Tcherniakov usw. Yann

Beurons

Repertoire

erstreckt

sich

von

der

französischen

Barockoper (Hippolyte et Aricie, Les Indes Galantes, Platée, Alceste...) bis zur zeitgenössischen Musik (Au Monde von P. Boesmans), mit einer besonderen

Vorliebe

für

das

französische

Repertoire

(Pelléas

et

Mélisande, L’Heure espagnole, Berlioz, Offenbach usw.). Als Botschafter des französischen Liedrepertoires gibt Yann Beuron auch häufig Recitals.

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Opera House in London usw., u.zw. unter bedeutenden Dirigenten wie Ozawa,


Tassis Christoyannis bariton Tassis Christoyannis wird als einer der besten Interpreten seiner Generation betrachtet und ganz besonders als Musiker und Schauspieler geschätzt. In Athen geboren, studierte er Klavier, Gesang, Orchesterleitung und Komposition am Athener Konservatorium, bevor er sich bei Aldo Protti perfektionierte.

Oper am Rhein in Düsseldorf engagiert, wo er Monteverdi, Mozart, Rossini, Verdi, Puccini usw. sang. Zurzeit setzt er seine Karriere „freiberuflich“ fort und tritt auf bedeutenden europäischen Bühnen auf, wie etwa an den Opernhäusern von Paris, Wien, Berlin, Genf, Brüssel, Amsterdam, StraSSburg, Bordeaux, Frankfurt, London und New York sowie beim Glyndebourne Festival usw., und das in den groSSen Rollen des italienischen, französischen und russischen Repertoires. Tassis Christoyannis ist ein viel gefragter Interpret im Liedfach und dem der französischen Mélodie. AuSSerdem ist er Komponist (Konzerte, Theater, Tanz).

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Nachdem er Mitglied der Athener Operntruppe war, wurde er an die Deutsche


Orchestra della Svizzera italiana (OSI) Markus Poschner Chefdirigent seit 2015 Vladimir Ashkenazy Erster Gastdirigent seit 2013 Alain Lombard Ehrendirigent seit 2005

unter der Leitung groSSer Persönlichkeiten der Musikszene wie Ansermet, Stokowski, Celibidache oder Scherchen und arbeitete mit unzähligen Komponisten wie Mascagni, R. Strauss, Honegger, Milhaud, Martin, Hindemith und in jüngerer Zeit Berio, Henze und Penderecki zusammen. Das OSI tritt mit den berühmtesten Dirigenten und Solisten in der italienischen Schweiz sowie in den bedeutendsten nationalen und internationalen Zentren auf. Das Orchester besteht aus 41 fest angestellten Musikern und wird zum GroSSteil vom Kanton Tessin, dem Schweizer Radio und Fernsehen, der Stadt Lugano und dem Verein der Freunde des OSI finanziert. Sein internationaler Partner ist die Helsinn-Gruppe. Jedes Jahr trägt es wesentlich zur Musiksaison der RSI (Radiotelevisione svizzera) bei und nimmt regelmäSSig an den Settimane Musicali d’Ascona, dem LuganoMusica und dem Progetto Martha Argerich teil.

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Das bereits zu Beginn der 1930er Jahre in Lugano aktive Orchester spielte


Markus Poschner Chefdirigent des Orchestra della Svizzera italiana (seit 2015) Generalmusikdirektor der Bremer Philharmoniker (2007-2017) Chefdirigent des Bruckner Orchesters Linz (ab 2017-2018)

wurde, ist er auf der ganzen Welt bei vielen renommierten Orchestern und Opernhäusern zu Gast. Seine ergreifenden Interpretationen der Werke Beethovens, Brahms’ und Mahlers werden mit groSSer Begeisterung aufgenommen. Der geborene Münchner studierte in dieser Stadt, bevor er als Assistent von Dirigenten wie Roger Norrington und Colin Davis arbeitete. Seit 2007 ist er Chefdirigent in Bremen, wo seine Programmgestaltung und seine Interpretationen von neuartigen, mutigen künstlerischen Entscheidungen geprägt sind. AuSSerdem ist er ein ausgezeichneter Jazzpianist. Im Jahre 2010 wurde er von der Universität Bremen am Institut für Musikwissenschaft zum Honorarprofessor ernannt. Zwischen 2011 und 2014 war er häufigster Gastdirigent der Staatskapelle Dresden.

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Seit Markus Poschner 2004 mit dem Deutschen Dirigentenpreis ausgezeichnet


TEXTES CHANTÉS SUNG TEXTS DIE GESANGSTEXTE

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1

angélus Pierre Aguétant

angelus Pierre Aguétant

Les clochers, souverains du soir, Sous leur protection rassemblent Le troupeau des toits noirs qui tremblent Sous quelque vague désespoir Et, prosternés à l’horizon Ainsi qu’une foule en prière, Semblent, en adoration, Dispenser l’ombre et le mystère…

The steeples, those sovereigns of the evening, Gather under their protection The huddle of black roofs that tremble In some vague despair, And, prostrate on the horizon Like a crowd at prayer, Seem, in adoration, To dispense shadow and mystery…

Leur voix pure soudain s’élève Majestueuse, à l’infini… L’angélus réjouit de rêve L’âme naïve de la nuit… Courbant pieusement les fronts Sous l’oraison toute-puissante, Il fait au silence des monts Quelque promesse éblouissante…

Their pure voice suddenly rises up, Majestically, towards infinity. The angelus delights, in dream, The naïve soul of the night… Making heads bow piously Before its all-powerful orison, It makes the silence of the hillsides A dazzling promise…

Et les pâtres, en entendant Glisser son aile dans l’espace, Se signent… Qui fuit dans le vent ? C’est Dieu qui passe…

And the shepherds, hearing Its wings floating past in space, Make the sign of the Cross. Who rushes past in the wind? It is God passing by…


2

l’attente Victor Hugo

Waiting Victor Hugo

Monte, écureuil, monte au grand chêne, Sur la branche des cieux prochaine, Qui plie et tremble comme un jonc ! Cigogne, aux vieilles tours fidèle, Oh ! Vole et monte à tire-d’aile De l’église à la citadelle, Du haut clocher au grand donjon.

Climb, squirrel, climb up the great oak, To the branch nearest the sky That bends and trembles like a reed! Stork, faithful to the ancient towers, Oh, fly swiftly up on outstretched wings From the church to the citadel, From the tall steeple to the great keep!

Vieil aigle, monte de ton aire À la montagne centenaire Que blanchit l’hiver éternel. Et toi qu’en ta couche inquiète Jamais l’aube ne vit muette, Monte, monte, vive alouette, Vive alouette, monte au ciel !

Old eagle, rise up from your eyrie To the age-old mountain White-coated by eternal winter. And you, whom dawn has never yet seen silent In your uneasy nest, Mount, mount, bright lark, Bright lark, mount up to the sky!

Et maintenant, du haut de l’arbre, Des flèches de la tour de marbre, Du grand mont, du ciel enflammé, À l’horizon, parmi la brume, Voyez-vous flotter une plume Et courir un cheval qui fume, Et revenir mon bien-aimé ?

And now, from the top of the tree, From the spires of the marble tower, From the high mountain, from the flaming sky, On the horizon, amid the mist, Do you see a plume waving And a steaming horse galloping, And my beloved returning home?


3

Rêverie Victor Hugo

Reverie Victor Hugo

Puisqu’ici-bas toute âme Donne à quelqu’un Sa musique, sa flamme, Ou son parfum ;

Since here below each soul Gives someone Its music, its passion Or its perfume;

Puisqu’ici toute chose Donne toujours Son épine ou sa rose À ses amours ;

Since here each thing Always gives Its thorn or its rose To the one it loves;

Puisque l’air à la branche Donne l’oiseau ; Que l’aube à la pervenche Donne un peu d’eau ;

Since the air gives the bird To the branch; Since dawn gives the periwinkle A little moisture;

Puisque, lorsqu’elle arrive S’y reposer, L’onde amère à la rive Donne un baiser ;

Since, when they come To rest there, The salty waves give the shore A kiss;

Je te donne, à cette heure, Penché sur toi, La chose la meilleure Que j’aie en moi !

I give you, at this moment, Bent over you, The best thing I have in me!

Reçois donc ma pensée, Triste d’ailleurs, Qui, comme une rosée, T’arrive en pleurs !

Take, then, my thoughts, Sad though they be, Which, like the dew, Come to you in tears!


Reçois mes vœux sans nombre, Ô mes amours ! Reçois la flamme ou l’ombre De tous mes jours !

Take my numberless vows, My loves! Take the flame or the shadow Of all my days!

Mes transports pleins d’ivresses, Purs de soupçons, Et toutes les caresses De mes chansons !

My transports, full of rapture, Free of all misgivings, And all the caresses Of my songs!

Mon esprit qui sans voile Vogue au hasard, Et qui n’a pour étoile Que ton regard !

My mind which, without a sail, Drifts aimlessly, And whose only star Is your gaze!

Reçois mon bien céleste, Ô ma beauté, Mon cœur, dont rien ne reste, L’amour ôté !

Take my divine gift, O my beauty, My heart, of which nothing remains, Once it is stripped of its love!


4

la brise Mélodies persanes, op.26 Armand Renaud

Comme des chevreaux piqués par un taon, Dansent les beautés du Zaboulistan. D’un rose léger sont teintés leurs ongles ; Nul ne peut les voir, hormis leur sultan. Aux mains de chacune un sistre résonne ; Sabre au poing, se tient l’eunuque en turban. Mais du fleuve pâle où le lys sommeille, Sort le vent nocturne ainsi qu’un forban ; Il s’en va charmer leurs cœurs et leurs lèvres, Sous l’œil du jaloux, malgré le firman. Ô Rêveur, sois fier ! Elle a, cette brise, Pris tes vers d’amour pour son talisman.

5

extase Victor Hugo

Puisque j’ai mis ma lèvre à ta coupe encore pleine ; Puisque j’ai dans tes mains posé mon front pâli ; Puisque j’ai respiré parfois la douce haleine De ton âme, parfum dans l’ombre enseveli ;

the breeze persian songs, op.26 Armand Renaud

The beauties of Zabulistan Dance like kid goats stung by a gadfly. Their nails are varnished light pink; None may see them except their sultan. In each hand they hold a tinkling sistrum; Sword in hand, the turbaned eunuch stands by. But from the pale river where the lily slumbers The night wind comes up like a pirate; It comes to charm their hearts and their lips Under the guard’s jealous gaze, despite the firman. O Dreamer, be proud! That breeze Has taken your love poems for its talisman.

ecstasy Victor Hugo

Since I have pressed my lips to your still brimming cup; Since I have placed my pallid brow in your hands; Since I have sometimes breathed the sweet fragrance Of your soul, its scent buried in shade;


Puisqu’il me fut donné de t’entendre me dire Les mots où se répand le cœur mystérieux ; Puisque j’ai vu pleurer, puisque j’ai vu sourire Ta bouche sur ma bouche et tes yeux sur mes yeux ;

Since it has been granted me to hear you speak The words in which the heart pours forth its mysteries; Since I have seen weeping, since I have seen smiling, Your mouth on my mouth and your eyes on my eyes;

Puisque j’ai vu briller sur ma tête ravie Un rayon de ton astre, hélas ! Voilé toujours ; Puisque j’ai vu tomber dans l’onde de ma vie Une feuille de rose arrachée à tes jours ;

Since I have seen shining on my enraptured head A ray from your star, alas still veiled; Since I have seen falling into the stream of my existence A roseleaf snatched from your life,

Je puis maintenant dire aux rapides années : - Passez ! Passez toujours ! Je n’ai plus à vieillir ! Allez-vous-en avec vos fleurs toutes fanées ; J’ai dans l’âme une fleur que nul ne peut cueillir ! Votre aile en le heurtant ne fera rien répandre Du vase où je m’abreuve et que j’ai bien rempli. Mon âme a plus de feu que vous n’avez de cendre ! Mon cœur a plus d’amour que vous n’avez d’oubli !

I can now say to the swiftly flying years: ‘Pass on! Pass ever on! I need grow no older! Begone with your faded flowers; I have in my soul a flower that none can pluck! ‘Your wing, in brushing it, will spill nothing From the vessel wherein I drink and which I have well filled. My soul has more fire than you have ashes! My heart has more love than you have oblivion!’


6

la feuille de peuplier Mme Amable Tastu

the poplar leaf Mme Amable Tastu

Feuille mobile et tremblante, Sur ta tige vacillante N’es-tu jamais en repos ? On dirait qu’un vent de bise T’agite, à la moindre brise Qui se glisse dans les rameaux.

Fluttering, trembling leaf, Quivering on your stem, Are you never at rest? It is as if a north wind Shakes you, at the slightest breeze That glides among the branches.

Comme à la harpe d’Éole, Chaque zéphyr qui s’envole Te ravit de tristes bruits ; Quand sommeille la nature J’entends encore ton murmure Dans le silence des nuits.

Like an Aeolian harp, Each zephyr that flies past Forces sad sounds from you; When nature is sleeping I still hear your murmur In the silence of the night.

Quand donc ta branche flexible Te verra-t-elle paisible ? Quand donc se taira ta voix ? « Quand de ma tige arrachée J’irai sur l’herbe séchée Rejoindre mes sœurs des bois ! »

When will your pliant branch See you at peace? When will your voice fall silent? ‘When, torn from my stem, I go to join my sisters of the woods On the withered grass!’


7

l’enlèvement Victor Hugo

the abduction Victor Hugo

Si tu veux, faisons un rêve : Montons sur deux palefrois ; Tu m’emmènes, je t’enlève. L’oiseau chante dans les bois.

If you like, let’s have a dream: Let us mount two palfreys; You guide me, I abduct you. The bird sings in the woods.

Je suis ton maître et ta proie ; Partons ! C’est la fin du jour ; Mon cheval sera la joie, Ton cheval sera l’amour.

I am your master and your prey; Let’s go! It is the close of day; My horse will be joy, Your horse will be love.

Viens ! Nos doux chevaux mensonges Frappent du pied tous les deux, Le mien au fond de mes songes, Et le tien au fond des cieux.

Come! Our gentle, illusory horses Are both stamping the ground, Mine in the heart of my dreams And yours in the heart of the heavens.

Un bagage est nécessaire ; Nous emporterons nos vœux, Nos bonheurs, notre misère Et la fleur de tes cheveux.

We’ll need some luggage; We’ll take our vows, Our joys, our poverty And the flower in your hair.

Viens ! Le soir brunit les chênes ; Le moineau rit ; ce moqueur Entend le doux bruit des chaînes Que tu m’as mises au cœur.

Come! Evening shadows the oaks; The sparrow laughs; that sardonic bird Hears the gentle sound of the shackles You have placed on my heart.

Ce ne sera point ma faute Si les forêts et les monts, En nous voyant côte à côte, Ne murmurent pas : « Aimons ! »

It won’t be my fault If the forests and mountains, Seeing us side by side, Don’t murmur: ‘Let us love!’


Allons-nous-en par l’Autriche ! Nous aurons l’aube à nos fronts ; Je serai grand, et toi riche, Puisque nous nous aimerons.

Let’s set off by way of Austria! We shall have the dawn on our brows; I shall be great, and you rich, Since we will love each other.

Allons-nous-en par la terre, Sur nos doux chevaux charmants, Dans l’azur, dans le mystère, Dans les éblouissements !

Let’s set off by land, On our gentle, charming horses, Amid the azure, amid mystery, Amid bedazzlements!

Tu seras dame, et moi comte ; Viens ! Mon cœur s’épanouit ; Viens ! Nous conterons ce conte Aux étoiles de la nuit.

You shall be a lady, and I a count; Come! My heart swells; Come! We’ll tell this tale To the stars of the night.

8

les fées Théodore de Banville

the fairies Théodore de Banville

Ma mie, à son toit fidèle, La frétillante hirondelle Revient du lointain exil. Déjà le long des rivages S’égaie un sylphe subtil, Qui baise les fleurs sauvages : Voici le printemps d’Avril !

My sweetheart, the lively swallow Returns from distant exile, Faithful to its home. Already along the riverbanks A subtle sylph frolics, Kissing the wild flowers: Here is April’s springtime!

C’est le moment où les fées, De volubilis coiffées, Viennent, au matin changeant,

It is the moment when the fairies, With convolvulus in their hair, Come of a fickle morning


Sur le bord vert des fontaines, Où court le flot diligent, Charmer les biches hautaines De leurs baguettes d’argent.

To the verdant edge of the fountains, Where the rapid waters flow, To charm the disdainful does With their silver wands.

Elles dansent à l’aurore Sur l’herbe, où les suit encore Un troupeau de nains velus. Ne va pas, enfant sereine, Au fond des bois chevelus ; Elles te prendraient pour reine, Et je ne te verrais plus !

They dance at dawn On the grass, where they are followed By a band of hirsute dwarfs. Serene child, do not go Deep into the tangled woods; They would take you as their queen, And I would never see you again!

9

Souvenances Ferdinand Lemaire

Recollections Ferdinand Lemaire

Quand mon âme bercée Par un doux souvenir, Laisse errer ma pensée Loin du sombre avenir ;

When my soul, lulled By a sweet memory, Allows my thoughts to wander Far from the sombre future,

J’aime à suivre mon rêve Vers les jours d’autrefois Sur la plaine ou la grève Où m’entraîne sa voix.

I like to follow my dream Back to the days of long ago, On the plain or the shore Whither its voice leads me.

J’aime à revoir encore Tout un monde effacé, Et je suis à l’aurore D’un jour déjà passé !

I like to see once more A whole vanished world, And I am at the dawning Of a day that is already past!


Oh, charme de ma vie ! C’est alors que je vois Les doux traits d’une amie Et que j’entends sa voix.

Oh, charm of my life! It is then that I see The gentle features of a friend And hear her voice.

Que ne puis-je du songe Fixer du moins le cours ! Dans la vie où je plonge, Ne voir que les amours !

If only I could at least Control the course of the dream! In the life into which I plunge, See only the moments of love!

Triste destin des choses Qui fait le lendemain Retrouver sur les roses Les larmes du matin !

What a sad fate When, the next day, I find on the roses The tears of the morning!

10 désir d’amour

D. Francisco Perpina

Un vide étrange et mortel est dans mon âme, Nostalgie immense, soif d’être aimé, Inexplicable mélancolie, elle envahit mon être, Dans la douleur. L’Air, la lumière, tout, même la vie semble me fuir ! Et d’heure en heure, je pleure le bonheur céleste qu’en rêve J’ai connu.

longing for love D. Francisco Perpina

A strange and deathly emptiness inhabits my soul, An immense yearning, a thirst to be loved, An inexplicable melancholy: it penetrates my whole being With sorrow. Air, light, everything, even life itself, seems to desert me! And from hour to hour I weep for the heavenly bliss I have enjoyed In my dreams.


Divin fantôme, mon sortilège, Femme ou déesse qui devant moi comme un nuage Flotte toujours, trompeuse image, viens dans mes bras, Et de ma peine fais du bonheur !

Divine phantom, my enchantment, Woman or goddess, you who always drift before me Like a cloud, deceitful image, come to my arms, And turn my sorrow into happiness!

11 les cloches de la mer

Camille Saint-Saëns

the bells of the sea Camille Saint-Saëns

Parfois, pendant les longues heures De la nuit, quand grondent les mers, On entend des cloches qui pleurent Dans les rocs aux goémons verts.

Sometimes, during the long hours Of the night, when the sea roars, One may hear bells that lament Amid the green seaweed-covered rocks.

Elles sonnent au loin, dans l’ombre, Le glas des marins trépassés, Martyrs dont croît toujours le nombre : La mer n’en a jamais assez.

They toll, afar off in the darkness, The knell of seamen who have perished, Those martyrs whose number is ever swelling: The sea can never have enough of them.

Cloches sinistres des abimes Par vos éternelles clameurs Croyez-vous expier leurs crimes Et des veuves tarir les pleurs ?

Sinister bells of the deep, With your eternal clamour Do you believe you can expiate their sins And dry their widows’ tears?

Vos prières sont des blasphèmes ! La Nature, mère des deuils Qui brise les naufragés blêmes Contre la frange des écueils,

Your prayers are blasphemies! Nature, mother of griefs, Who dashes the pale shipwrecked men Against the edge of the reefs,


En vain par votre voix adjure Les veuves et les orphelins De ceux qu’elle jette en pâture À la tempête, aux flots félins.

In vain through your voice invokes The widows and orphans Of those she throws as victims To the tempest, to the insidious waves.

Car tous, pendant de longues heures, De la nuit, quand grondent les mers, Maudiront les cloches qui pleurent Dans les rocs aux goémons verts.

For all of them, during the long hours Of the night, when the sea roars, Will curse the bells that lament Amid the green seaweed-covered rocks,

Sonnant au loin, là-bas dans l’ombre, Sous le souffle des vents glacés, Pour les deuils dont s’accroit le nombre, Le glas des marins trépassés.

Tolling afar off, out there in the darkness, In the teeth of the icy gales, For those griefs whose number is ever swelling, The knell of seamen who have perished.

12 La splendeur vide

Mélodies persanes, op.26 Armand Renaud

empty splendour persian songs, op.26 Armand Renaud

J’ai construit dans mon âme Un merveilleux palais, Plein d’odeurs de cinname, Plein de vagues reflets.

I have erected in my soul A wondrous palace, Full of fragrances of cinnamon, Full of hazy reflections.

Saphir, ambre, émeraude En couvrent les piliers ; En silence il y rôde Des lions familiers.

Sapphire, amber, emerald Cover its pillars; In silence Tame lions prowl there.


Dans l’ivoire des coupes, Sur les tapis profonds, Des monarques par groupes Y boivent les vins blonds.

From ivory chalices, On thick carpets, Groups of monarchs Drink golden wines.

Isolés comme une île, Les murs s’en vont plongeant, Dans la nappe tranquille D’un lac de vif argent.

Isolated like an island, Its walls plunge Into the tranquil expanse Of a quicksilver lake.

Et tout semble immobile, Et pourtant tout grandit, S’élargit, tache d’huile, Monte et s’approfondit.

And everything seems motionless, Yet everything grows, Spreads like an oil stain, Rises and deepens.

Et de l’onde muette, Et du palais sans bruit, Un feu qui se projette De plus en plus reluit.

And from the silent waters, And from the noiseless palace, A flame shoots up And glows ever brighter.

Mais, à ce qui m’enchante, Deux choses font défaut : Là-dedans rien ne chante, Le ciel est noir là-haut.

But in all that enchants me, Two things are lacking: Therein nothing sings, And the sky is dark above.

Oh ! Pour un son de lyre, Oh ! Pour le moindre azur, Je laisserais porphyre, Perles fines, or pur !

Oh, for the sound of a lyre, Oh, for the palest azure, I would renounce porphyry, Fine pearls, pure gold!


Mais le seul qui les donne, L’amour doux et cruel, M’interdit ma couronne D’harmonie et de ciel.

But the only one who can give them, Sweet and cruel Love, Forbids me my crown Of harmony and sky.

Et plus tout luit, tout monte, Tout devient vaste et beau, Plus la douleur me dompte, Plus je suis un tombeau.

And the more everything glows, everything rises Everything becomes vast and fair, The more my sorrow overcomes me, The more I am a tomb.

13 le pas d’armes du roi jean

Victor Hugo

King john’s tournament Victor Hugo

Par Saint Gilles, Viens nous-en, Mon agile Alezan ; Viens, écoute, Par la route, Voir la joute Du Roi Jean.

By Saint Giles, Let’s be off, My agile Chestnut steed; Come, listen, We’re on our way To see the joust Of King John.

Qu’un gros carme Chartrier Ait pour arme L’encrier ; Qu’une fille, Sous la grille, S’égosille À prier ;

Let the fat Carmelite Who guards the charters Choose as his weapon An inkwell; Let the maiden Behind the convent grille Make herself hoarse From praying;


Nous qui sommes, De par Dieu, Gentilshommes De haut lieu, Il faut faire Bruit sur terre, Et la guerre N’est qu’un jeu.

We, who are By God’s grace Gentlemen Of high degree, Must create A commotion on earth, And war Is but a game!

Cette ville, Aux longs cris, Qui profile Son front gris, Des toits frêles, Cent tourelles, Clochers grêles, C’est Paris !

That city Of echoing cries, Which looms before us With its grey walls, Its ramshackle roofs, Its hundred turrets, Its spindly steeples, Is Paris!

Los aux dames ! Au roi los ! Vois les flammes Du champ clos, Où la foule Qui s’écroule, Hurle et roule À longs flots !

Honour to the ladies! Honour to the King! Behold the pennants In the enclosure, Where the throng Moves back and forth, Roaring and surging In great waves.

Sans attendre, Çà ! piquons ! L’œil bien tendre, Attaquons

Without delay, On then, let’s swoop! With tender eye Let us assail


De nos selles, Les donzelles, Roses, belles, Aux balcons.

From the saddle The damsels, Pink-cheeked and fair, On the balconies.

Là-haut brille, Sur ce mur, Yseult, fille, Au front pur ; Là-bas, seules, Force aïeules Portant gueules Sur azur.

Up there, resplendent On that wall, Is Yseult, the maiden Of the pure countenance; Down there, all alone, Many an ancient matron Wearing gules On azure.

On commence ! Le beffroi ! Coups de lance, Cris d’effroi ! On se forge, On s’égorge, Par Saint George ! Par le roi !

They’re starting! The belfry rings! Clashing lances, Cries of terror! Horses over-reach, Throats are cut, For Saint George! For the King!

Dans l’orage, Lys courbé, Un beau page Est tombé. Il se pâme, Il rend l’âme ; Il réclame Un abbé.

Amid the tumult, Like a drooping lily, A handsome pageboy Has fallen. He swoons, He gives up the ghost; He calls For a priest.


Moines, vierges, Porteront De grands cierges Sur son front ; Et dans l’ombre Du lieu sombre Deux yeux d’ombre Pleureront.

Monks and virgins Will hold Tall candles Over his brow; And, in the shadows Of that gloomy place, Two dark eyes Will weep.

Car madame Isabeau Suis son âme Au tombeau.

For Milady Isabeau Follows his soul To the tomb.

Çà, mon frère, Viens, rentrons Dans notre aire De barons. Va plus vite, Car au gîte Qui t’invite, Trouverons,

Ho, my brother, Come, let’s get back To our baronial Haunts. Gallop faster, For at the lodging Which beckons you We shall find,

Toi l’avoine Du matin, Moi, le moine Augustin, Ce saint homme, Suivant Rome, Qui m’assomme De latin,

You, your morning Ration of oats, And I the monk Augustin, That holy man By the canons of Rome, Who bores me stiff With Latin,


Et rédige En romain Tout prodige De ma main, Qu’à ma charge Il émarge Sur un large Parchemin.

And chronicles In roman script My every feat Of derring-do, Which at my bidding He notes On a broad Parchment.

Le vrai Sire Châtelain Laisse écrire Le vilain ; Sa main digne, Quand il signe Égratigne Le vélin.

A true lord Of the manor Leaves writing To the commoner; His dignified hand, When he signs, Merely scratches The vellum.

14 La cloche

Victor Hugo

Seule en ta sombre tour, aux faîtes dentelés, D’où ton souffle descend sur les toits ébranlés, Ô cloche suspendue au milieu des nuées Par ton vaste roulis si souvent remuées, Tu dors en ce moment dans l’ombre, et rien ne luit Sous ta voûte profonde où sommeille le bruit !

the bell Victor Hugo

Alone in your dark tower topped with battlements, Whence your breath falls on the shaken roofs, O bell, suspended amid the clouds That are so often stirred by your immense rolling motion, You sleep now in the shadow, and no light gleams Beneath your high vault where the sound is slumbering.


Oh ! Tandis qu’un esprit qui jusqu’à toi s’élance, Silencieux aussi, contemple ton silence, Sens-tu par cet instinct vague et plein de douceur Qui révèle toujours une sœur à la sœur, Qu’à cette heure où s’endort la soirée expirante, Une âme est près de toi, non moins que toi vibrante, Qui bien souvent aussi jette un bruit solennel, Et se plaint dans l’amour comme toi dans le ciel !

Ah, when a spirit that soars up to you, Silent like you, contemplates your silence, Do you sense, with that vague, gentle instinct Which always reveals one sister to another, That at this hour when the dying evening falls asleep A soul is beside you, no less vibrant than you, Who often utters a solemn sound, And laments in love as you do in the sky?

15 papillons

Renée de Léché

butterflies Renée de Léché

Où t’envoles-tu, si frêle, Petit papillon léger ? N’est-il donc pas vrai que l’aile Se lasse de voltiger ?

Where do you fly, so fragile, Nimble little butterfly? Is it not true, then, that your wings Grow weary of fluttering?

Ne crains-tu pas que la brise Puisse en jouant te flétrir, Ou que l’ouragan te brise, Qu’un soir vienne te meurtrir ?

Are you not afraid that the breeze May wither you as it blows, Or that the storm may break you, That evening may come and bruise you?

Oh ! Non, ton corps diaphane Veut se griser de l’azur, De la rose qui se fane, D’un ciel de printemps plus pur…

Oh no, your diaphanous form Seeks the exhilaration of the azure, Of the rose that fades, Of a purer spring sky…


Tu veux choisir le calice D’une fleur pour ton berceau, T’endormir avec délice Au sein d’un jardin si beau.

You wish to choose the calyx Of a flower as your cradle, To fall asleep with delight In so lovely a garden;

Ne t’éveiller qu’à l’aurore Et lorsque le grand soleil Par delà les monts qu’il dore, Sourit au matin vermeil.

To awaken only at dawn, When the great sun, Above the mountains it gilds, Smiles on the crimson morning;

N’être que beauté, que vie, Rien que tendresse et qu’espoir Éblouissante folie, Et puis… mourir un beau soir.

To be naught but beauty, naught but life, Naught but tenderness and hope Dazzling folly, And then… to die one fine evening.

Mourir d’avoir fait un rêve, Mourir d’avoir trop aimé, D’avoir trop aspiré sans trêve L’air enflammé !

To die of having dreamt, To die of having loved too well, Of having breathed, without a moment’s respite, The blazing air!

Mourir d’avoir en l’espace Eu pour règle ton désir, D’être un papillon qui passe Et que la mort va saisir.

To die of having had, in space, Your desire as your only law, Of having been a butterfly that passes away And that death will seize.

Papillons couleur de flamme, Papillons légers et fous, Vous ressemblez à nos âmes Qui sont folles comme vous.

Flame-coloured butterflies, Nimble, wayward butterflies, You resemble our souls Which are wayward like you.

Au gré de leurs doux caprices Elles vont pour se griser De calices en calices Et de baisers en baisers.

Following their sweet caprices, They go in search of rapture From calyx to calyx And from kiss to kiss.


Puis, quand la mort vient, cruelle, Nos âmes d’un large essor S’envolent à tire d’aile Comme les papillons d’or !

Then, when cruel death comes, Our souls spread their wings wide And soar swiftly upwards Like golden butterflies!

16 Plainte

Mme Amable Tastu

lament Mme Amable Tastu

Ô monde ! Ô vie ! Ô temps ! Fantômes, ombres vaines, Qui lassez, à la fin, mes pas irrésolus, Quand reviendront ces jours où vos mains étaient pleines, Vos regards caressants, vos promesses certaines ? Jamais, ô jamais plus !

O world! O life! O time! Phantoms, vain shades, Which at last weary my irresolute steps, When will those days return when your hands were full, Your glances tender, your promises certain? Never, oh nevermore!

L’éclat du jour s’éteint aux pleurs où je me noie, Les charmes de la nuit passent inaperçus ; Nuit, jour, printemps, hiver, est-il rien que je voie ? Mon cœur peut battre encore de peine, mais de joie Jamais, ô jamais plus !

The brightness of day is extinguished in the tears wherein I drown, The charms of night go unnoticed; Night, day, spring, winter, is there nothing I perceive? My heart may still beat for sorrow, but for joy, Never, oh nevermore!


17 aimons-nous

Théodore de Banville

let us love Théodore de Banville

Aimons-nous et dormons Sans songer au reste du monde ! Ni le flot de la mer, ni l’ouragan des monts, Tant que nous nous aimons Ne courbera ta tête blonde, Car l’amour est plus fort Que les Dieux et la Mort !

Let us love and sleep Without thinking of the rest of the world! Neither ocean wave nor mountain storm, So long as we love each other, Will bow your blonde head, For Love is stronger Than the Gods and Death!

Le soleil s’éteindrait Pour laisser ta blancheur plus pure. Le vent, qui jusqu’à terre incline la forêt, En passant n’oserait Jouer avec ta chevelure, Tant que tu cacheras Ta tête entre mes bras !

The sun would cease to shine So as to leave your white skin all the purer, The wind that bends the forest to the ground, Would not dare, as it passes, To trifle with your hair, So long as you bury Your head in my arms!

Et lorsque nos deux cœurs S’en iront aux sphères heureuses Où les célestes lys écloront sous nos pleurs, Alors, comme des fleurs Joignons nos lèvres amoureuses, Et tâchons d’épuiser La Mort dans un baiser !

And when our two hearts Depart for those blest spheres Where celestial lilies will bloom under our tears, Then, like flowers, Let us join our loving lips, And try to exhaust Death in a kiss!


18 au cimetière

Mélodies persanes, op.26 Armand Renaud

Assis sur cette blanche tombe, Ouvrons notre cœur ! Du marbre, sous la nuit qui tombe, Le charme est vainqueur ! Au murmure de nos paroles, Le mort vibrera ; Nous effeuillerons des corolles Sur son Sahara. S’il eût, avant sa dernière heure, L’amour de quelqu’un, Il croira du passé qu’il pleure Sentir le parfum. S’il vécut, sans avoir envie D’un cœur pour le sien, Il dira : j’ai perdu ma vie, N’ayant aimé rien. Toi, tu feras sonner, ma belle, Tes ornements d’or, Pour que mon désir ouvre l’aile, Quand l’oiseau s’endort. Et sans nous tourmenter des choses, Pour mourir après, Nous dirons : aujourd’hui les roses, Demain les cyprès !

in the graveyard persian songs, op.26 Armand Renaud

Seated on this white tomb, Let us open our hearts! As night falls around us, The marble’s spell is irresistible. At our murmured words The dead man will quiver; We will pull petals off flowers Over his Sahara. If, before his last hour, He enjoyed someone’s love, He will think he smells the fragrance Of the past he laments. If he lived without wishing For a heart to accompany his, He will say: ‘I have wasted my life, For I have loved nothing.’ You, my lovely, will jingle Your gold ornaments, That my desire may open its wings When the birds fall asleep. And without fretting over life Only to die afterwards, We will say: Today we have roses, Tomorrow it will be cypresses!


19 danse macabre Op. 40

Henri Cazalis

danse macabre op. 40 Henri Cazalis

Zig et zig et zig, la mort en cadence Frappant une tombe avec son talon, La mort à minuit joue un air de danse, Zig et zig et zag, sur son violon.

Zig-a-zig-a-zig, Death, beating time With his heel on a tomb, Plays a dance tune at midnight, Zig-a-zig-a-zag, on his fiddle.

Le vent d’hiver souffle, et la nuit est sombre, Des gémissements sortent des tilleuls ; Les squelettes blancs vont à travers l’ombre Courant et sautant sous leurs grands linceuls.

The winter wind blows, and the night is dark; The lime-trees creak and groan; The white skeletons move through the gloom, Running and leaping in their ample shrouds.

Zig et zig et zig, chacun se trémousse. On entend claquer les os des danseurs, Un couple lascif s’assoit sur la mousse Comme pour goûter d’anciennes douceurs.

Zig-a-zig-a-zig, they all jig about, You hear the bones of the dancers clattering. A lustful pair sits down on the moss As if to savour past delights anew.

Zig et zig et zag, la mort continue De racler sans fin son aigre instrument. Un voile est tombé ! La danseuse est nue ! Son danseur la serre amoureusement.

Zig-a-zig-a-zag, Death continues To scrape away endlessly on his shrill instrument. A veil has come off! The dancer is naked! Her partner squeezes her amorously.

La dame est, dit-on, marquise ou baronne. Et le vert galant un pauvre charron – Horreur ! Et voilà qu’elle s’abandonne Comme si le rustre était un baron.

They say the lady is a marquise or a baroness And the vigorous gallant a poor wheelwright – Oh horror! And now she’s giving herself As if the peasant were a baron.

Zig et zig et zig, quelle sarabande ! Quels cercles de morts se donnant la main ! Zig et zig et zag, on voit dans la bande Le roi gambader auprès du vilain !

Zig-a-zig-a-zag, what a saraband! What circles of corpses holding hands! Zig and zig and zag, in the company you can espy The king capering alongside the villein!


Mais psit ! Tout à coup on quitte la ronde, On se pousse, on fuit, le coq a chanté Oh ! La belle nuit pour le pauvre monde ! Et vive la mort et l’égalité !

But psst! All at once they cease their round dance, They jostle and flee: the cock has crowed! Oh, a fine night for poor folk! And long live Death and Equality!

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LE PALAZZETTO BRU ZANE – CENTRE DE MUSIQUE ROMANTIQUE FRANÇAISE Le Palazzetto Bru Zane – Centre de musique romantique française a pour vocation de favoriser la redécouverte du patrimoine musical français du grand XIXe siècle (1780-1920) en lui assurant le rayonnement qu’il mérite. Installé à Venise, dans un palais de 1695 restauré spécifiquement pour l’abriter, ce centre est une réalisation de la Fondation Bru. Il allie ambition artistique et exigence scientifique, reflétant l’esprit humaniste qui guide les actions de la fondation. Les principales activités du Palazzetto Bru Zane, menées en collaboration étroite avec de nombreux partenaires, sont la recherche, l’édition de partitions et de livres, la production et la diffusion de concerts à l’international, le soutien à des projets pédagogiques et la publication d’enregistrements discographiques. THE PALAZZETTO BRU ZANE – CENTRE DE MUSIQUE ROMANTIQUE FRANÇAISE The vocation of the Palazzetto Bru Zane – Centre de musique romantique française is to favour the rediscovery of the French musical heritage of the years 1780-1920 and obtain international recognition for that repertoire. Housed in Venice in a palazzo dating from 1695, specially restored for the purpose, the Palazzetto Bru Zane – Centre de musique romantique française is one of the achievements of the Fondation Bru. Combining artistic ambition with high scientific standards, the Centre reflects the humanist spirit that guides the actions of that foundation. The Palazzetto Bru Zane’s main activities, carried out in close collaboration with numerous partners, are research, the publication of books and scores, the production and international distribution of concerts, support for teaching projects and the production of CD recordings. DER PALAZZETTO BRU ZANE – CENTRE DE MUSIQUE ROMANTIQUE FRANÇAISE Der Palazzetto Bru Zane – Centre de musique romantique française - hat es sich zur Aufgabe gemacht, französischen Musikschätzen des 19. Jahrhunderts (1780-1920) wieder zu gebührender Ausstrahlung zu verhelfen. Sein Sitz ist in Venedig in einem von der Stiftung Bru für seine Zwecke restaurierten Palazzetto aus dem Jahr 1695. Er vereint künstlerischen Ehrgeiz mit wissenschaftlichem Anspruch im humanistischen Geist der Stiftung Bru. Im Zentrum seiner Arbeit stehen in Zusammenarbeit mit internationalen Institutionen Forschungsarbeit, Herausgabe von Partituren und Büchern, Organisation internationaler Konzerte, sowie die Förderung pädagogischer Projekte und CD Produktionen. BRU-ZANE.COM


RECORDED FROM 8 TO 12 august 2016 AT Auditorio Stelio Molo RSI, Lugano (Switzerland) michael rast RECORDING PRODUCEr, editing & mastering RSI Radiotelevisione svizzera PRODUCTION Alissa Pedotti Nembrini PRODUCER

PALAZZETTO BRU ZANE Florence Alibert managing director Alexandre Dratwicki Musicological DIRECTOR Sébastien Troester head of musical editions Rosa Giglio artistic coordinator katia amoroso head of communication Camille merlin editorial coordinator Charles Johnston ENGLISH TRANSLATION Silvia Berutti-Ronelt GERMAN TRANSLATION Valérie Lagarde & Aline Lugand-Gris Souris

DESIGN & ARTWORK

moonlight, 1894 (oil on canvas) félix édouard valloton © musée d’orsay, paris, france/brigeman images COVER PICTURE Dániel Vass PHOTOs (p.3 & markus poschner p.16) Gilles Cohen PHOTO (Yann Beuron p.11) Nikoleri PHOTO (tassis Christoyannis p.12) Isabella Balena Photos (Orchestra della Svizzera Italiana p.15)

ALPHA CLASSICS DIDIER MARTIN DIRECTOR LOUISE BUREL PRODUCTION AMÉLIE BOCCON-GIBOD EDITORIAL COORDINATOR ALPHA 273 P Palazzetto Bru Zane 2016 C Alpha Classics / Outhere Music France 2017


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Saint Saëns, mélodies avec orchestre by Outhere Music - Issuu