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Une vie

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LECTURES

SENIORS

NIVEAU 4

Une vie

Dans cet ouvrage : - une biographie de l’auteur - Un dossier d’approfondissement - Un glossaire des mots et expressions difficiles Thèmes La mer et la campagne

UNE VIE

« Quand Jeanne descendit toute fraîche dans une toilette claire, elle trouva la table du salon couverte de boîtes de bonbons ; et, sur une chaise, un énorme bouquet. Une voiture entra dans la cour. Le vicomte de Lamare parut. Jeanne, stupéfaite, le regardait comme si elle ne l’avait point encore vu ; elle le trouvait souverainement gentilhomme, grand seigneur de la tête aux pieds. Il s’inclina, en souriant : – Eh bien, ma chère amie, êtes-vous prête ? – Mais quoi ? Qu’y a-t-il donc ? balbutia-t-elle. – Tu le sauras tout à l’heure, dit le baron. La calèche attelée s’avança, madame Adélaïde descendit de sa chambre en grand apparat au bras de Rosalie. » Une vie, paru en feuilleton en 1883, est le premier roman de Guy de Maupassant.

GUY DE MAUPASSANT

Guy de Maupassant

NIVEAU 3

Les lectures ELI sont une collection de livres de différents niveaux superbement illustrés allant des classiques toujours actuels aux histoires originales écrites pour les élèves qui étudient le français.

GUY DE MAUPASSANT UNE VIE

- Des activités DELF - Des exercices de compréhension et de réemploi

La condition féminine

600 mots

A1

NIVEAU 2

800 mots

A2

NIVEAU 3

1000 mots

B1

NIVEAU 4

1800 mots

B2

NIVEAU 5

2500 mots

C1

NIVEAU 6

texte intégral

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Classique

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Avec CD audio + lecture intégrale version MP3 téléchargeable

LECTURES ELI SENIORS

NIVEAU 1

L’adultère

FLE B 2

www.eligradedreaders.com

FLE B2

LECTURES

SENIORS


Chapitre 1

Les grandes espérances

2 Il pleuvait. L’averse toute la nuit avait sonné contre les carreaux* et les

toits. Jeanne, sortie la veille du couvent, craignait que son père hésitât à partir si le temps ne s’éclaircissait pas ; et pour la centième fois depuis le matin elle interrogeait l’horizon. Ses malles étaient prêtes ; seul le calendrier était resté accroché au mur. Elle le prit et biffa* à coups de crayon les quatre premières colonnes, jusqu’au 2 mai 1819, jour de sa sortie du couvent. – Jeannette ! – Entre, papa. Et son père parut. Le baron Simon-Jacques Le Perthuis des Vauds était un gentilhomme de l’autre siècle. Sa grande force et sa grande faiblesse, c’était la bonté, une bonté qui n’avait pas assez de bras pour caresser, pour donner, pour étreindre*, une bonté de créateur. N’ayant qu’une fille, et voulant* la faire heureuse, bonne, droite et tendre, il l’avait mise à douze ans, malgré les pleurs de sa mère, au couvent du Sacré-Cœur, où la jeune fille était restée enfermée, cloîtrée, ignorée, et ignorante des choses humaines. Elle en sortait finalement, radieuse*, prête à toutes les joies, à tous les hasards charmants que dans le désœuvrement* des longs jours d’ennui son esprit avait déjà parcourus. carreaux vitres biffa raya étreindre serrer dans ses bras

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n’ayant qu’une fille et voulant comme il n’avait qu’une fille et qu’il voulait radieuse rayonnante de joie désœuvrement le fait de n’avoir rien à faire


une vie

Elle courut à son père et l’embrassa, en l’étreignant : – Eh bien, partons-nous ? dit-elle. – Comment veux-tu voyager par un temps pareil ? dit son père. – Oh, papa, partons, je t’en supplie. Il fera beau dans l’après-midi. – Mais ta mère n’y consentira* jamais. – Si, je te le promets, je m’en charge*. – Si tu parviens à décider ta mère, je veux bien, moi. Jeanne se précipita vers la chambre de la baronne. Au bout de trois minutes* elle sortit en courant de la chambre de sa mère, criant par toute la maison : « Papa, papa ! maman veut bien ; fais atteler ». La berline partit quelques instants plus tard sous la bourrasque qui battait les vitres, inondait la chaussée. « Ce n’est vraiment pas raisonnable. » dit simplement la mère de Jeanne avant de s’endormir sur l’épaule de Rosalie, la sœur de lait* de Jeanne dont la principale fonction était de la soutenir dans ses déplacements ; la pauvre femme était devenue énorme par suite d’une hypertrophie du cœur qui la fatiguait vite. Peu à peu la violence de l’averse diminuait ; et, les nuages s’étant fendus, le fond bleu du firmament parut. Jeanne était heureuse comme elle ne l’avait jamais été ; elle regardait avidement le paysage qui se déroulait lentement sous ses yeux: prairies, vallons, forêts profondes: tout était neuf pour elle, inédit, merveilleux. Quand la berline arriva enfin à destination la nuit était tombée, tous les occupants dormaient. Sauf elle. Une vie charmante et libre commença alors. Elle lisait, rêvait, et vagabondait, toute seule, aux environs. Elle découvrit la mer et se mit à prendre des bains avec passion. Elle rentrait au château des Peuples, n’y consentira n’acceptera je m’en charge je m’en occupe

au bout de trois minutes trois minutes plus tard sœur de lait qui ont bu le lait de la même nourrice

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ACTIVITÉS DE POST-LECTURE

Compréhension 1

Le baron des Vauds. Complète le portrait du père de Jeanne à l’aide d’articles définis ou indéfinis.

_____ baron Simon-Jacques Le Perthuis des Vauds était _____ gentilhomme de _____ autre siècle, maniaque et bon. Disciple enthousiaste de Jean-Jacques. Rousseau, il avait _____ tendresses d’amant pour _____ nature, _____ champs, _____ bois, _____ bêtes. Aristocrate de naissance, il haïssait par instinct quatre-vingt-treize ; mais, philosophe par tempérament et libéral par éducation, il exécrait _____ tyrannie. Homme de théorie, il méditait tout _____ plan d’éducation pour sa fille, voulant la faire heureuse, bonne, droite et tendre. Jeanne fut mise au SacréCœur, _____ pensionnat pour jeunes filles de bonnes familles tenu par _____ religieuses. Il voulait qu’on la lui rende chaste à dix-sept ans pour qu’elle apprenne d’elle-même par _____ champs, au milieu de _____ terre fécondée et _____ animaux de _____ ferme _____ lois sereines de _____ vie.

Grammaire du texte 2

Modes et temps. Ajoute aux verbes la terminaison qui convient.

Pendant le voyage, le baron rem____ à sa femme un petit portefeuille en lui dis____: « Voici, ma chère amie, tout qui rest____ de ma ferme d'Életot. Je l’ai vend____ pour faire réparer notre château des Peuples où nous habiter____ souvent désormais. » La famille de Jeanne ét____ riche ; ses parents posséd____ de nombreuses fermes dans la région. Comme ils viv____ simplement, ce revenu aur____ suffi s’il n’y avait eu dans la maison un trou sans fond toujours ouvert, la bonté Elle tariss____ l’argent dans leurs mains comme le soleil tari____ l’eau des marécages. Cela coul____, fuy____, disparaiss____. Comment ? Personne n’en sav____ rien. Cette facilité à donner ét____ du reste un des grands bonheurs de leur vie ; et ils s’entend____ sur ce point d’une façon superbe et touchante.

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Chapitre 4

Triste retour

5 Devant la barrière blanche aux piliers* de brique, la famille et les

domestiques attendaient. La voiture s’arrêta, et les embrassades furent longues. La mère de Jeanne pleurait ; elle, attendrie, essuya deux larmes ; son père, nerveux, allait et venait. Pendant qu’on déchargeait les bagages, on parla du voyage devant le feu du salon. Puis la jeune femme alla défaire ses paquets. Rosalie, tout émue aussi, l’aidait. Quand ce fut fini, quand le linge*, les robes, les objets de toilette eurent été mis en place, la petite bonne quitta sa maîtresse ; et Jeanne, fatiguée du voyage, s’assit. Elle se demanda ce qu’elle allait faire maintenant, cherchant une occupation pour son esprit, une besogne pour ses mains. Alors elle s’aperçut qu’elle n’avait plus rien à faire, plus jamais rien à faire. Elle se leva et vint coller son front aux vitres froides. Puis, après avoir regardé quelque temps le ciel où roulaient des nuages sombres, elle se décida à sortir. Mais ce n’était plus la campagne ensoleillée qu’elle avait quittée juste après son mariage. Les chemins détrempés* par les continuelles averses d’automne s’allongeaient, couverts d’un épais tapis de feuilles mortes, sous la maigreur grelottante* des peupliers presque nus. Les branches grêles tremblaient au vent, et sans cesse, tout le long du jour, comme une pluie incessante et triste à faire pleurer, les dernières piliers colonnes linge ensemble des pièces de tissu à usage domestique et/ ou vestimentaire

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détrempé gorgés d’eau grelottante tremblante


Le camembert En 1791, près du petit village de Camembert, un prêtre originaire du pays de Brie qui fuyait les persécutions de la Terreur, enseigne à une jeune fermière la technique d’affinage d’un fromage unique au monde: le camembert. Copié par toute la France, et plus tard par d’autres pays (on fabrique du camembert même au Japon !), le fromage rond de Marie Harel possède aujourd’hui son label de qualité. Fabriqué exclusivement en Normandie et au lait crû, le camembert certifié est moulé à la louche et contient au minimum 45% de matières grasses.

Le débarquement 6 juin 1944, zéro heure vingt, parachutage de troupes britanniques et américaines entre Bénouville et Saint-Mère-Église. Quelques heures plus tard, les troupes terrestres, sous le commandement du général Eisenhower, commandant en chef des forces alliées, débarquent sur les plages normandes : 150000 hommes, appuyés par 2000 avions, établissent une tête de pont de 20 kilomètres en 6 jours.

Le Mémorial de Caen, est entièrement consacré au Jour J et à la bataille de Normandie. Mais le fil conducteur de ce lieu symbolique est avant tout la paix, sa fragilité, sa difficile construction au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale dans un siècle encore marqué par les totalitarismes et les guerres idéologiques. Photographies, panneaux explicatifs, affiches et bandes sonores d’époque, films et objets évoquent l’action militaire mais aussi le quotidien des populations et la désolation des ruines.

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Sept tableaux en quête d’auteur a. Camille Pissarro (1830-1903) b. Edouard Manet (1832-1883) c. Edgar Degas (1834-1917) d. Claude Monet (1840-1926)

e. Eugène Boudin (1824-1898 ) f. Gustave Caillebotte (1848-1894) g. Camille Corot (1796-1875)

Le ciel changeant de Normandie, la mer, les paysages verdoyants ont inspiré les plus grands peintres français du XIXe siècle. Les Impressionnistes, bien sûr, mais pas seulement. Avant Monet et ses célèbres «prises de vue» de la cathédrale de Rouen, d’autres artistes avaient été fascinés par les nuages, le vent, les vagues, les plages, les effets de lumière normands. Pissarro, Monet, Degas ou ... ? Relie chaque tableau à son auteur. 1

2

Sur la plage de Deauville – 1869. 3

Terrasse à Sainte-Adresse – 1867.

4

Plage et voiliers – 1869.

5

Villas à Trouville – 1884.

6

Vue de l’avant-port de Dieppe – 1902.

Sur la plage – 1873.

7

Le calvaire de la Côte de Grâce – 1829. 125


GRAND ANGLE BILAN 1 Comment le roman commence-t-il, les personnages, les lieux, la situation de départ ? _______________________________________________________ _______________________________________________________ 2 Qui est Julien de Lamare ? Comment Jeanne fait-elle sa connaissance ? _______________________________________________________ _______________________________________________________ 3 Que pensent les parents de Jeanne du fiancé de leur fille ? _______________________________________________________ _______________________________________________________ 4 Comment Jeanne vit-elle les premiers mois de son mariage ? Quelle terrible découverte va bouleverser sa vie ? _______________________________________________________ _______________________________________________________ 5 Qui est l’abbé Tolbiac ? De quoi accuse-t-il Jeanne ? _______________________________________________________ _______________________________________________________ 6 Jeanne raconte à Rosalie l'accident dont a été victime Julien. _______________________________________________________ _______________________________________________________ 7 Paul est-il un bon fils ? Pourquoi ? Jeanne le reverra-t-elle avant la fin du roman ? _______________________________________________________ _______________________________________________________ 8 Pourquoi la phrase de Rosalie à la fin du roman s’applique-t-elle parfaitement à la vie de Jeanne ? S'applique-t-elle également à la vie de Rosalie ? _______________________________________________________ _______________________________________________________

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