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Sans famille

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LECTURES

SENIORS

NIVEAU 3

HECTOR MALOT SANS FAMILLE HECTOR MALOT

Hector Malot

Sans famille

SANS FAMILLE

Je suis un enfant trouvé. Mais jusqu’à huit ans j’ai cru comme tous les autres enfants que j’avais une mère, car lorsque je pleurais, il y avait une femme qui me serrait si doucement dans ses bras, que mes larmes s’arrêtaient de couler. Un homme entra un soir dans la maison, et mon enfance cessa brusquement. J’appris par lui que la femme qui me chérissait n’était pas ma mère, et que lui, son mari, m’avait trouvé dans la rue un matin tôt, à Paris, alors qu’il se rendait à son travail. S’il avait accepté de m’élever, c’était dans l’espoir d’une récompense. Huit ans plus tard, mes parents ne s’étant pas manifestés, il me loua à un saltimbanque pour quelques francs. La suite, c’est l’histoire de ma vie sur les routes de France et d’ailleurs à la recherche d’une famille, la mienne.

NIVEAU 3

Les lectures ELI sont une collection de livres de différents niveaux superbement illustrés allant des classiques toujours actuels aux histoires originales écrites pour les élèves qui étudient le français.

Dans cet ouvrage : - Une biographie de l’auteur - Deux dossiers d’approfondissement - Un glossaire des mots et expressions difficiles - Des activités DELF - Des exercices de comprehension et de réemploi Thèmes L’enfance | L’apprentissage | Les artistes de rue

600 mots

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texte intégral

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Classique

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Activités pour les élèves Ressources pour les enseignants


LECTURES

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Les Lectures ELI présentent une gamme complète de publications allant des histoires contemporaines et captivantes aux émotions éternelles des grands classiques. Elles s’adressent aux lecteurs de tout âge et sont divisées en trois collections : Lectures ELI Poussins, Lectures ELI Juniors, Lectures ELI Seniors. En dehors de la qualité éditoriale, les Lectures ELI fournissent un support didactique facile à gérer et capturent l’attention des lecteurs avec des illustrations ayant un fort impact artistique et visuel.

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La certification du Conseil de la bonne gestion forestière (FSC) certifie que les coupes forestières nécessaires à la production du papier utilisé pour ces publications ont été effectuées de manière responsable grâce à des pratiques forestières respectueuses de l’environnement.

Cette collection de lectures choisies et graduées = 5000 arbres plantés.


Hector Malot

Sans famille Adaptation libre et activitĂŠs : Pierre Hauzy Illustrations : Alessia Mizzi

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Hector Malot Sans famille Adaptation libre et activités : Pierre Hauzy Illustrations : Alessia Mizzi Lectures ELI Création de la collection et coordination éditoriale Paola Accattoli, Grazia Ancillani, Daniele Garbuglia (Directeur artistique) Conception graphique Sergio Elisei Mise en page Anna Biondini Responsable de production Francesco Capitano Crédits photographiques Archivio ELI Les illustrations de ce livre sont un projet ELI Readers ; elles ont été réalisées dans le cadre du master pour l’édition Ars in Fabula professeur coordonnateur du projet : Mauro Evangelista. © 2020 ELI S.r.l. B.P. 6 - 62019 Recanati - Italie Tél. +39 071 750701 Fax +39 071 977851 info@elionline.com www.elionline.com Police d’écriture 13 / 18 points Monotype Dante Achevé d’imprimer en Italie par Tecnostampa Pigini Group Printing Division, Loreto — Trevi ERA 339.01 ISBN 978-88-536-2887-9

Première édition Mars 2020 www.eligradedreaders.com


Sommaire 6

Les personnages principaux

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Activités de pré-lecture

10 Chapitre 1

Triste révélation

18 Activités 24 Chapitre 2

Vitalis et sa troupe

32 Activités 38 Chapitre 3

Un drôle de bateau

46 Activités 50 Chapitre 4

En route vers Paris

58 Activités 64 Chapitre 5

La separation

72 Activités 78 Chapitre 6

Jardinier

86 Activités 92 Chapitre 7

Avis de recherche

102 Activités 106 Chapitre 8

Ma famille anglaise

114 Activités 120 Chapitre 9

Tout est bien qui finit bien

130 Activités 132

Épilogue

134 Gros plan

Hector Malot

136 Grand angle

Tous les enfants ont des droits

139 Grand angle

La France des rivières et des canaux

142 Bilan 143 Contenus

Les épisodes enregistrés sur CD sont signalés par les symboles qui suivent : Début

Fin


LES PERSONNAGES PRINCIPAUX

Rémi

Vitalis

Zerbino Dolce et Capi

Mattia 6

Joli-Coeur


Mère Barberin

Arthur Milligan

Madame Milligan

JĂŠrĂ´me Barberin

Lise

James Milligan 7


ACTIVITÉS DE PRÉ-LECTURE

Je me présente 1 Ma maman et moi. Lis les phrases puis rétablis la chronologie du récit. ____A Quand le vent de décembre collait la neige contre les vitres blanchies, elle me prenait les pieds entre ses deux mains. ____B Quand je gardais notre vache le long des chemins, et que j’étais surpris par l’orage, elle accourait au-devant de moi. ____C Elle trouvait presque toujours de bonnes paroles pour me consoler ou me donner raison. ____D Pourtant cette femme que j’aimais et qui me chérissait n’était pas ma mère. ____E Elle restait longtemps à me les réchauffer en me chantant une chanson dont je me souviens encore. ____F Elle me forçait à m’abriter sous son tablier de laine. ____G Quand j’étais petit, jamais je ne me couchais dans mon lit, sans qu’une femme ne vienne m’embrasser. ____H Quand je m’étais disputé avec un de mes camarades, elle me faisait raconter mes chagrins. ____I C’était une femme qui m’aimait beaucoup et m’entourait de son infinie tendresse.

2

Mon village. Relie les débuts de phrases numérotées de 1 à 6 à leur suite logique (A-F). 1 2 3 4 5 6

Mon village, ou pour parler plus justement, C’est l’un des plus pauvres Cette pauvreté, il la doit non l’apathie ou Les terrains sont en pente Pour trouver des terres plus ou moins cultivables, il faut abandonner C’est dans une de ces pauvres prairies, sur les bords d’un ruisseau

A B C D E

et semés de cailloux. à la paresse de ses habitants, mais à sa situation. le village où j’ai passé mon enfance se nomme Chavanon. les hauteurs et descendre vers les prairies qui longent la rivière. qui se jette dans la Loire que se dresse la maison où j’ai passé mes premières années. F du centre de la France.

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1 __ • 2 __ • 3 __ • 4 __ • 5 __ • 6 __


3

Mon père. Sépare correctement les mots du paragraphe.

Jusqu’ | à | huit | ans, | je | n' | avais | jamais | vu | d’homme | dans | cette | maison. Jusqu’àhuitans,jenavaisjamaisvud’hommedanscettemaison. Lemaridecellequejecroyaisêtremamaman,travaillaitàParisdans lesgrandescarrièresautourdelacapitale.Ilétaitpartiavantqueje soisenâgedecomprendre,etnétaitjamaisrevenuaupays. Ilsnesétaientpasquittéspourautant,ilétaittoujourssonmari,elleétait toujourssafemme,maisilsvivaientséparésparlaforcedeschoses. Quandilseraitvieux,ilreviendraitvivreprèsd’elle,etavecl’argentqu’ils auraientamassé,luiàforcedetravail,elleàforced’économies, ilsseraientàl’abridelamisèrepourletempsqu’illeurresteraitàvivre. Cethommequejenavaisjamaisvu,jecroyaisquec’étaitmonpère.

4 Résumons. Qui est celui ou celle qui dit « je » ? Un homme, une femme, un garçon, une fille ? _______________________________________________________ Pourquoi peux-tu dire que c’est un homme, une femme, un garçon ou une fille ? _______________________________________________________ Avec qui vit-il ou vit-elle dans la maison au bord d’un ruisseau ? _______________________________________________________ Sa famille est-elle riche ? _______________________________________________________ Où se trouve le village de Chavanon : au nord, au sud, à l’est, à l’ouest ou au centre de la France ? _______________________________________________________ Explique la raison de ton choix _______________________________________________________ Pourquoi n’y a-t-il pas d’homme dans cette maison ? _______________________________________________________ Quelle découverte fait-il ou fait-elle à l’âge de huit ans ? _______________________________________________________

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Chapitre 1

Triste révélation

2 Je suis un enfant trouvé*.

Mais jusqu’à huit ans j’ai cru que, comme tous les autres enfants, j’avais une mère, car lorsque je pleurais, il y avait une femme qui me serrait si doucement dans ses bras, en me berçant, que mes larmes s’arrêtaient de couler. Par la façon dont elle me parlait, par la façon dont elle me regardait, par ses caresses, par la douceur qu’elle mettait dans ses gronderies*, je croyais qu’elle était ma mère. Jusqu’à huit ans, je n’avais jamais vu d’homme dans cette maison ; cependant ma mère n’était pas veuve*, mais son mari qui était tailleur de pierre, comme un grand nombre d’autres ouvriers de la contrée*, travaillait à Paris, et il n’était pas revenu au pays depuis que j’étais en âge de voir ou de comprendre ce qui m’entourait. De temps en temps seulement, il envoyait de ses nouvelles par un de ses camarades qui rentrait au village. Un jour de novembre, comme le soir tombait, un homme, que je ne connaissais pas, s’arrêta devant notre barrière. — J’apporte des nouvelles de Paris, dit-il. Votre homme a été blessé voilà la vérité ; seulement il n’est pas mort. Mais il sera peut-être estropié*. Pour le moment il est à l’hôpital. — Ah ! mon Dieu ! s’écria mère Barberin en joignant les mains, quel malheur ! enfant trouvé enfant abandonné gronderies réprimandes veuve femme dont le mari est mort

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contrée région estropié infirme ; ici, qui a perdu l’usage d’une jambe, qui boite.


sans famille

— Je lui ai donné le conseil de faire un procès à l’entrepreneur, dit encore l’homme. — Un procès, cela coûte cher. — Oui, mais quand on le gagne ! Les journées, les semaines s’écoulèrent et de temps en temps il arrivait des lettres qui toutes demandaient de nouveaux envois d’argent. Il fallait bien payer les avocats disait Barberin lequel était encore à l’hôpital un mois après son accident. Puis une dernière lettre, plus pressante* que les autres, disait que s’il n’y avait plus d’argent, il fallait vendre la vache pour s’en procurer. Ceux-là seuls qui ont vécu à la campagne avec les paysans savent ce qu’il y a de détresses et de douleurs dans ces trois mots : « vendre la vache. » Pour le paysan, la vache n’est pas simplement un animal. Si pauvre qu’il puisse être et si nombreuse que soit sa famille, il est assuré de ne pas souffrir de la faim tant qu’il a une vache dans son étable. Chaque soir la famille entière a du beurre dans sa soupe et du lait pour mouiller ses pommes de terre : le père, la mère, les enfants, les grands comme les petits, tout le monde vit de la vache. Et la Roussette, - c’était son nom, était encore plus précieuse : c’était aussi notre camarade, notre amie. Oui, car il ne faut pas s’imaginer que la vache est une bête stupide, c’est au contraire un animal plein d’intelligence et de qualités morales d’autant plus développées qu’on les aura cultivées par l’éducation. Nous caressions la nôtre, nous lui parlions, nous comprenions ce qu’elle voulait ou ce qu’elle ressentait. Un soir, à l’heure de notre pauvre dîner, la porte s’ouvrit brusquement. — Qui est là ? demanda mère Barberin sans se retourner. pressante insistante

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hector malot

Un homme était entré, et la flamme qui l’avait éclairé en plein m’avait montré qu’il était vêtu d’une blouse blanche et qu’il tenait à la main un gros bâton. — Ah ! mon Dieu ! s’écria mère Barberin, c’est toi, Jérôme ? Puis me prenant par le bras elle me poussa vers l’homme qui s’était arrêté sur le seuil*. — C’est ton père. Je m’étais approché pour l’embrasser à mon tour, mais du bout de son bâton il m’arrêta : — Qu’est-ce que c’est que celui-là ? — C’est Rémi. — Tu m’avais dit … — Eh bien oui, mais … ce n’était pas vrai, parce que … — Ah ! pas vrai, pas vrai. Il fit quelques pas vers moi son bâton levé et instinctivement je reculai. Il s’assit près de la cheminée et me regarda longtemps en silence. Son regard n’avait rien d’amical. J’étais terrorisé. — Qu’est-ce que tu as pour souper ? demanda-t-il enfin ; j’ai une solide faim. J’ai fait 20 kilomètres à pied rien qu’aujourd’hui. — La soupe est prête, viens t’asseoir, lui dit mère Barberin. Alors quittant le coin de la cheminée il vint s’asseoir à table et commença à manger, s’arrêtant seulement de temps en temps pour me regarder. J’étais si troublé, si inquiet, que je ne pouvais pas manger. — Alors tu n’as pas faim ? me dit-il. — Non. — Eh bien, va te coucher, et tâche* de dormir tout de suite ; sinon je me fâche*. le seuil l’entrée tâche essaie

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je me fâche je me mets en colère


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