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HECTOR MALOT SANS FAMILLE HECTOR MALOT
Hector Malot
Sans famille
SANS FAMILLE
Je suis un enfant trouvé. Mais jusqu’à huit ans j’ai cru comme tous les autres enfants que j’avais une mère, car lorsque je pleurais, il y avait une femme qui me serrait si doucement dans ses bras, que mes larmes s’arrêtaient de couler. Un homme entra un soir dans la maison, et mon enfance cessa brusquement. J’appris par lui que la femme qui me chérissait n’était pas ma mère, et que lui, son mari, m’avait trouvé dans la rue un matin tôt, à Paris, alors qu’il se rendait à son travail. S’il avait accepté de m’élever, c’était dans l’espoir d’une récompense. Huit ans plus tard, mes parents ne s’étant pas manifestés, il me loua à un saltimbanque pour quelques francs. La suite, c’est l’histoire de ma vie sur les routes de France et d’ailleurs à la recherche d’une famille, la mienne.
NIVEAU 3
Les lectures ELI sont une collection de livres de différents niveaux superbement illustrés allant des classiques toujours actuels aux histoires originales écrites pour les élèves qui étudient le français.
Dans cet ouvrage : - Une biographie de l’auteur - Deux dossiers d’approfondissement - Un glossaire des mots et expressions difficiles - Des activités DELF - Des exercices de comprehension et de réemploi Thèmes L’enfance | L’apprentissage | Les artistes de rue
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LECTURES ELI SENIORS
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Les Lectures ELI présentent une gamme complète de publications allant des histoires contemporaines et captivantes aux émotions éternelles des grands classiques. Elles s’adressent aux lecteurs de tout âge et sont divisées en trois collections : Lectures ELI Poussins, Lectures ELI Juniors, Lectures ELI Seniors. En dehors de la qualité éditoriale, les Lectures ELI fournissent un support didactique facile à gérer et capturent l’attention des lecteurs avec des illustrations ayant un fort impact artistique et visuel.
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La certification du Conseil de la bonne gestion forestière (FSC) certifie que les coupes forestières nécessaires à la production du papier utilisé pour ces publications ont été effectuées de manière responsable grâce à des pratiques forestières respectueuses de l’environnement.
Cette collection de lectures choisies et graduées = 5000 arbres plantés.
Hector Malot
Sans famille Adaptation libre et activitĂŠs : Pierre Hauzy Illustrations : Alessia Mizzi
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Hector Malot Sans famille Adaptation libre et activités : Pierre Hauzy Illustrations : Alessia Mizzi Lectures ELI Création de la collection et coordination éditoriale Paola Accattoli, Grazia Ancillani, Daniele Garbuglia (Directeur artistique) Conception graphique Sergio Elisei Mise en page Anna Biondini Responsable de production Francesco Capitano Crédits photographiques Archivio ELI Les illustrations de ce livre sont un projet ELI Readers ; elles ont été réalisées dans le cadre du master pour l’édition Ars in Fabula professeur coordonnateur du projet : Mauro Evangelista. © 2020 ELI S.r.l. B.P. 6 - 62019 Recanati - Italie Tél. +39 071 750701 Fax +39 071 977851 info@elionline.com www.elionline.com Police d’écriture 13 / 18 points Monotype Dante Achevé d’imprimer en Italie par Tecnostampa Pigini Group Printing Division, Loreto — Trevi ERA 339.01 ISBN 978-88-536-2887-9
Première édition Mars 2020 www.eligradedreaders.com
Sommaire 6
Les personnages principaux
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Activités de pré-lecture
10 Chapitre 1
Triste révélation
18 Activités 24 Chapitre 2
Vitalis et sa troupe
32 Activités 38 Chapitre 3
Un drôle de bateau
46 Activités 50 Chapitre 4
En route vers Paris
58 Activités 64 Chapitre 5
La separation
72 Activités 78 Chapitre 6
Jardinier
86 Activités 92 Chapitre 7
Avis de recherche
102 Activités 106 Chapitre 8
Ma famille anglaise
114 Activités 120 Chapitre 9
Tout est bien qui finit bien
130 Activités 132
Épilogue
134 Gros plan
Hector Malot
136 Grand angle
Tous les enfants ont des droits
139 Grand angle
La France des rivières et des canaux
142 Bilan 143 Contenus
Les épisodes enregistrés sur CD sont signalés par les symboles qui suivent : Début
Fin
LES PERSONNAGES PRINCIPAUX
Rémi
Vitalis
Zerbino Dolce et Capi
Mattia 6
Joli-Coeur
Mère Barberin
Arthur Milligan
Madame Milligan
JĂŠrĂ´me Barberin
Lise
James Milligan 7
ACTIVITÉS DE PRÉ-LECTURE
Je me présente 1 Ma maman et moi. Lis les phrases puis rétablis la chronologie du récit. ____A Quand le vent de décembre collait la neige contre les vitres blanchies, elle me prenait les pieds entre ses deux mains. ____B Quand je gardais notre vache le long des chemins, et que j’étais surpris par l’orage, elle accourait au-devant de moi. ____C Elle trouvait presque toujours de bonnes paroles pour me consoler ou me donner raison. ____D Pourtant cette femme que j’aimais et qui me chérissait n’était pas ma mère. ____E Elle restait longtemps à me les réchauffer en me chantant une chanson dont je me souviens encore. ____F Elle me forçait à m’abriter sous son tablier de laine. ____G Quand j’étais petit, jamais je ne me couchais dans mon lit, sans qu’une femme ne vienne m’embrasser. ____H Quand je m’étais disputé avec un de mes camarades, elle me faisait raconter mes chagrins. ____I C’était une femme qui m’aimait beaucoup et m’entourait de son infinie tendresse.
2
Mon village. Relie les débuts de phrases numérotées de 1 à 6 à leur suite logique (A-F). 1 2 3 4 5 6
Mon village, ou pour parler plus justement, C’est l’un des plus pauvres Cette pauvreté, il la doit non l’apathie ou Les terrains sont en pente Pour trouver des terres plus ou moins cultivables, il faut abandonner C’est dans une de ces pauvres prairies, sur les bords d’un ruisseau
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et semés de cailloux. à la paresse de ses habitants, mais à sa situation. le village où j’ai passé mon enfance se nomme Chavanon. les hauteurs et descendre vers les prairies qui longent la rivière. qui se jette dans la Loire que se dresse la maison où j’ai passé mes premières années. F du centre de la France.
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1 __ • 2 __ • 3 __ • 4 __ • 5 __ • 6 __
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Mon père. Sépare correctement les mots du paragraphe.
Jusqu’ | à | huit | ans, | je | n' | avais | jamais | vu | d’homme | dans | cette | maison. Jusqu’àhuitans,jenavaisjamaisvud’hommedanscettemaison. Lemaridecellequejecroyaisêtremamaman,travaillaitàParisdans lesgrandescarrièresautourdelacapitale.Ilétaitpartiavantqueje soisenâgedecomprendre,etnétaitjamaisrevenuaupays. Ilsnesétaientpasquittéspourautant,ilétaittoujourssonmari,elleétait toujourssafemme,maisilsvivaientséparésparlaforcedeschoses. Quandilseraitvieux,ilreviendraitvivreprèsd’elle,etavecl’argentqu’ils auraientamassé,luiàforcedetravail,elleàforced’économies, ilsseraientàl’abridelamisèrepourletempsqu’illeurresteraitàvivre. Cethommequejenavaisjamaisvu,jecroyaisquec’étaitmonpère.
4 Résumons. Qui est celui ou celle qui dit « je » ? Un homme, une femme, un garçon, une fille ? _______________________________________________________ Pourquoi peux-tu dire que c’est un homme, une femme, un garçon ou une fille ? _______________________________________________________ Avec qui vit-il ou vit-elle dans la maison au bord d’un ruisseau ? _______________________________________________________ Sa famille est-elle riche ? _______________________________________________________ Où se trouve le village de Chavanon : au nord, au sud, à l’est, à l’ouest ou au centre de la France ? _______________________________________________________ Explique la raison de ton choix _______________________________________________________ Pourquoi n’y a-t-il pas d’homme dans cette maison ? _______________________________________________________ Quelle découverte fait-il ou fait-elle à l’âge de huit ans ? _______________________________________________________
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Chapitre 1
Triste révélation
2 Je suis un enfant trouvé*.
Mais jusqu’à huit ans j’ai cru que, comme tous les autres enfants, j’avais une mère, car lorsque je pleurais, il y avait une femme qui me serrait si doucement dans ses bras, en me berçant, que mes larmes s’arrêtaient de couler. Par la façon dont elle me parlait, par la façon dont elle me regardait, par ses caresses, par la douceur qu’elle mettait dans ses gronderies*, je croyais qu’elle était ma mère. Jusqu’à huit ans, je n’avais jamais vu d’homme dans cette maison ; cependant ma mère n’était pas veuve*, mais son mari qui était tailleur de pierre, comme un grand nombre d’autres ouvriers de la contrée*, travaillait à Paris, et il n’était pas revenu au pays depuis que j’étais en âge de voir ou de comprendre ce qui m’entourait. De temps en temps seulement, il envoyait de ses nouvelles par un de ses camarades qui rentrait au village. Un jour de novembre, comme le soir tombait, un homme, que je ne connaissais pas, s’arrêta devant notre barrière. — J’apporte des nouvelles de Paris, dit-il. Votre homme a été blessé voilà la vérité ; seulement il n’est pas mort. Mais il sera peut-être estropié*. Pour le moment il est à l’hôpital. — Ah ! mon Dieu ! s’écria mère Barberin en joignant les mains, quel malheur ! enfant trouvé enfant abandonné gronderies réprimandes veuve femme dont le mari est mort
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contrée région estropié infirme ; ici, qui a perdu l’usage d’une jambe, qui boite.
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— Je lui ai donné le conseil de faire un procès à l’entrepreneur, dit encore l’homme. — Un procès, cela coûte cher. — Oui, mais quand on le gagne ! Les journées, les semaines s’écoulèrent et de temps en temps il arrivait des lettres qui toutes demandaient de nouveaux envois d’argent. Il fallait bien payer les avocats disait Barberin lequel était encore à l’hôpital un mois après son accident. Puis une dernière lettre, plus pressante* que les autres, disait que s’il n’y avait plus d’argent, il fallait vendre la vache pour s’en procurer. Ceux-là seuls qui ont vécu à la campagne avec les paysans savent ce qu’il y a de détresses et de douleurs dans ces trois mots : « vendre la vache. » Pour le paysan, la vache n’est pas simplement un animal. Si pauvre qu’il puisse être et si nombreuse que soit sa famille, il est assuré de ne pas souffrir de la faim tant qu’il a une vache dans son étable. Chaque soir la famille entière a du beurre dans sa soupe et du lait pour mouiller ses pommes de terre : le père, la mère, les enfants, les grands comme les petits, tout le monde vit de la vache. Et la Roussette, - c’était son nom, était encore plus précieuse : c’était aussi notre camarade, notre amie. Oui, car il ne faut pas s’imaginer que la vache est une bête stupide, c’est au contraire un animal plein d’intelligence et de qualités morales d’autant plus développées qu’on les aura cultivées par l’éducation. Nous caressions la nôtre, nous lui parlions, nous comprenions ce qu’elle voulait ou ce qu’elle ressentait. Un soir, à l’heure de notre pauvre dîner, la porte s’ouvrit brusquement. — Qui est là ? demanda mère Barberin sans se retourner. pressante insistante
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Un homme était entré, et la flamme qui l’avait éclairé en plein m’avait montré qu’il était vêtu d’une blouse blanche et qu’il tenait à la main un gros bâton. — Ah ! mon Dieu ! s’écria mère Barberin, c’est toi, Jérôme ? Puis me prenant par le bras elle me poussa vers l’homme qui s’était arrêté sur le seuil*. — C’est ton père. Je m’étais approché pour l’embrasser à mon tour, mais du bout de son bâton il m’arrêta : — Qu’est-ce que c’est que celui-là ? — C’est Rémi. — Tu m’avais dit … — Eh bien oui, mais … ce n’était pas vrai, parce que … — Ah ! pas vrai, pas vrai. Il fit quelques pas vers moi son bâton levé et instinctivement je reculai. Il s’assit près de la cheminée et me regarda longtemps en silence. Son regard n’avait rien d’amical. J’étais terrorisé. — Qu’est-ce que tu as pour souper ? demanda-t-il enfin ; j’ai une solide faim. J’ai fait 20 kilomètres à pied rien qu’aujourd’hui. — La soupe est prête, viens t’asseoir, lui dit mère Barberin. Alors quittant le coin de la cheminée il vint s’asseoir à table et commença à manger, s’arrêtant seulement de temps en temps pour me regarder. J’étais si troublé, si inquiet, que je ne pouvais pas manger. — Alors tu n’as pas faim ? me dit-il. — Non. — Eh bien, va te coucher, et tâche* de dormir tout de suite ; sinon je me fâche*. le seuil l’entrée tâche essaie
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Je quittai la table sans répondre, car les terribles mots : « je me fâche » retentissaient encore à mon oreille. — Il dort, dit mère Barberin ; aussitôt couché, aussitôt endormi, c’est son habitude ; tu peux parler sans craindre qu’il t’entende. Sans doute, j’aurais dû dire que je ne dormais pas, mais je n’osai point ; on m’avait commandé de dormir, je ne dormais pas, j’étais en faute. — Ton procès, où en est-il ? demanda mère Barberin. — Perdu ! Les juges ont décidé que j’étais en faute de me trouver sous les échafaudages et que l’entrepreneur ne me devait rien. Là-dessus il donna un coup de poing sur la table et se mit à jurer sans dire aucune parole sensée. — Le procès perdu, reprit-il bientôt ; notre argent perdu, estropié, la misère ; voilà ! Et comme si ce n’était pas assez, en rentrant ici je trouve un enfant. M’expliqueras-tu pourquoi tu n’as pas fait comme je t’avais dit de faire ? — Parce que je n’ai pas pu. — Tu n’as pas pu le porter aux Enfants trouvés* ? — On n’abandonne pas comme ça un enfant qu’on a nourri et qu’on aime. — Ce n’était pas ton enfant. — Maintenant c’est le mien. Et puis si ses parents le réclament, qu’est-ce que tu diras ? — Ses parents ! Est-ce qu’il a des parents ? S’il en avait, ils l’auraient cherché, et en huit ans ils l’auraient trouvé. Ah ! j’ai fait une fameuse sottise de croire qu’il avait des parents qui le réclameraient un jour, et nous payeraient notre peine pour l’avoir élevé. Je n’ai été qu’un nigaud*, qu’un imbécile. Parce qu’il était enveloppé dans de aux Enfants trouvés à l’orphelinat
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beaux langes* avec des dentelles et un beau bonnet sur la tête, cela ne voulait pas dire que ses parents le chercheraient. Ils sont peut-être morts, d’ailleurs. C’est ainsi que j’appris, blotti au fond de mon lit, que Barberin n’était pas mon père, et que mère Barberin n’était pas ma mère. Mais alors qui étaient mes parents ? Je m’endormis avec cette question au fond de la tête. Le lendemain, un peu avant midi, Barberin me dit de mettre ma casquette et de le suivre. Effrayé à l’idée d’être conduit à l’orphelinat, je tournai les yeux vers mère Barberin pour implorer son secours. Mais, à la dérobée, elle me fit un signe qui disait que je n’avais rien à craindre. En arrivant au village, comme nous passions devant l’unique café, le patron appela Barberin. Mon père qui n’était pas mon père me poussa à l’intérieur et me dit d’aller m’asseoir dans un coin. Pendant qu’il parlait de moi avec cet homme, et qu’il se plaignait de son malheur et de l’argent que je lui coûtais, je regardai autour de moi. Il n’y avait pas beaucoup de monde, mais un grand vieillard à barbe blanche et qui portait un costume bizarre m’intriguait. Le vieillard, sans en avoir l’air, écoutait aussi ce qui se disait ; tout à coup il étendit la main droite vers moi, et s’adressant à Barberin : — C’est cet enfant-là qui vous gêne ? dit-il avec un accent étranger. — Lui-même. — Il y aurait peut-être un moyen de vous en débarrasser tout de suite, dit le vieillard après un moment de réflexion, et même de gagner à cela quelque chose. — Si vous me donnez ce moyen-là, je vous paye une bouteille, et de bon cœur* encore. langes vêtements de nouveaux-nés
de bon cœur avec plaisir
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Le vieillard quittant sa chaise, vint s’asseoir vis-à-vis* de Barberin. — Ce que vous voulez, n’est-ce pas, dit-il, c’est que cet enfant ne mange pas plus longtemps votre pain ; ou bien s’il continue à le manger, c’est qu’on vous le paye. — Juste ; parce que … Et Barberin lui raconta ses malheurs et lui apprit que je n’étais pas son fils, ni celui de sa femme et qu’il n’avait plus les moyens de me nourrir. — Oh ! le motif, vous savez, ça ne me regarde pas, je n’ai donc pas besoin de le connaître ; il me suffit de savoir que vous ne voulez plus de l’enfant ; s’il en est ainsi, donnez-le-moi, je m’en charge. Seulement, bien entendu, je ne vous l’achète pas, je vous le loue. Je vous en donne vingt francs par an. Il fouilla dans sa poche et en tira une bourse de cuir dans laquelle il prit quatre pièces d’argent qu’il étala sur la table en les faisant sonner. — Et quels services voulez-vous qu’il vous rende ? Le vieillard regarda Barberin d’un air narquois* et vidant son verre à petits coups : — Je lui apprendrai à danser, à sauter, à jongler, à faire de la musique avec cette harpe, à lire et à écrire aussi, et quand il saura faire tout ça, il prendra place dans la troupe* du signor Vitalis. — Un saltimbanque ? C’est ce que vous êtes n’est-ce pas ? Et où est-elle votre troupe ? — Artiste, je vous prie. Le signor Vitalis c’est moi, comme vous devez vous en douter ; la troupe, je vais vous la montrer, puisque vous désirez faire sa connaissance. Disant cela il ouvrit sa veste qui était taillée dans une peau de vis-à-vis en face narquois ironique
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troupe compagnie théâtrale
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mouton, et prit dans sa main un petit singe qu’il tenait sous son bras gauche serré contre sa poitrine. — Je vous présente Joli-Cœur, et voici ses collègues, Capi, Zerbino et Dolce. À l’appel de leurs noms, trois chiens sortirent de sous la table et se dressant sur leurs pattes de derrière saluèrent. — Maintenant, continua Vitalis, revenons à nos affaires car nous devons nous mettre en route ma troupe et moi. Me louez-vous cet enfant, oui ou non ? — Barberin prit les vingt francs. Prenez-le, et revenez avec lui l’année prochaine pour mon loyer*. Vitalis se leva et s’approcha de moi. Comment s’appelle-t-il demanda-t-il encore à Barberin ? — Rémi. — Allons, Rémi, prends ta harpe, et passe devant Capi. En avant, marche ! Je tendis les mains vers Barberin pendant que Vitalis me passait la harpe en bandoulière*, mais celui que j’avais cru mon père détourna la tête, tandis que Vitalis me prenait par le poignet. Je fus bien obligé de le suivre. Barberin nous accompagna jusqu’à la porte. — Bon voyage ! cria-t-il encore. Et il rentra dans le café. Hélas ! c’était fini. Je sentais que j’étais en train de perdre à jamais mon enfance, mes lieux familiers, mère Barberin. — Allons, Rémi, marchons, mon garçon, dit Vitalis. Et sa main tira mon bras. loyer somme d’argent versée périodiquement en échange d’un bien ou d’un service
en bandoulière en me passant la bretelle de fixation entre l’épaule et la hanche opposée
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ACTIVITÉS DE POST-LECTURE
Compréhension 1
Rémi, enfant trouvé. Lis les phrases puis établis la chronologie du récit. ____A Jérôme alors s’avança et dit qu’il voulait bien s’en occuper. ____B Ses parents le cherchaient sans doute déjà, et ils récompenseraient généreusement ceux qui en auraient pris soin. ____C J’avais justement un enfant du même âge, je t’ai donc nourri avec lui. ____D Ce fut ainsi que je devins ta mère. ____E Pendant que Jérôme réfléchissait à ce qu’il devait faire, il fut rejoint par d’autres ouvriers. ____F Les langes et les linges dans lesquels il était enveloppé disaient clairement qu’il appartenait à des parents riches. ____G Ta mère, pauvre petit, on ne la connaît pas. Est-elle vivante, ne l’est-elle plus? On n’en sait rien. ____H Malheureusement Jérôme ne l’oublia pas, lui. ____I Voilà Jérôme bien embarrassé, car l’enfant criait de toutes ses forces. ____J Il s’approcha d’une porte et aperçut un enfant couché sur le seuil. ____K Il dit aussi qu’il allait l’envoyer à l’hospice des Enfants trouvés, à moins que quelqu’un s’en charge. ____L J’oubliais que tu n’étais pas vraiment notre fils. ____M Pardonne-moi de t’avoir caché que je n’étais pas ta vraie mère. ____N C’était un beau garçon de cinq ou six mois. ____O Au bout de trois mois, je perdis mon enfant, et alors je m’attachai à toi davantage. ____P Ensemble ils décidèrent de porter l’enfant chez le commissaire de police. ____Q Voyant au bout de trois ans que personne encore ne t’avait réclamé, il voulut te mettre à l’hospice. ____R C’était au mois de février ; il faisait à peine jour. ____S Il était loin, je ne lui ai pas obéi et je t’ai gardé auprès de moi. »
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____T Comme il regardait autour de lui pour appeler quelqu’un, il vit un homme sortir de derrière un gros arbre et se sauver en courant. ____U Ce fut du moins ce que le commissaire expliqua. ____V Un matin, à Paris, comme Jérôme allait à son travail et qu’il passait dans une rue, l’avenue de Breteuil, il entendit les cris d’un enfant. ____W Il est revenu de Paris avec l’enfant. ____X Cet enfant, c’est toi. _1_ Y « J’aurais peut-être dû, dit mère Barberin, te faire connaître la vérité. ____Z C’était donc un enfant qu’on avait volé et ensuite abandonné.
Vocabulaire et compréhension 2a Le corps humain. Cherche dans la grille 25 mots de parties du corps humain. Attention, les mots se lisent verticalement, horizontalement et en diagonale (dans le sens de la lecture : de gauche à droite). A
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2b Le vieillard à barbe blanche. Complète la description en choisissant parmi les mots que tu as trouvés dans la grille ceux qui conviennent, en les accordant s’il y a lieu. Attention, un même mot peut être répété plusieurs fois. Il nous dit qu’il s’appelait Vitalis et qu’il était italien. Sur ses ____________ qui tombaient en longues mèches sur ses ____________, était posé un haut chapeau de feutre gris orné de plumes vertes et rouges. Une peau de mouton, dont la laine était en dedans, le serrait à la taille. Cette peau n’avait pas de manches, et, par deux trous ouverts aux ____________, sortaient les ____________ vêtus d’une étoffe de velours qui autrefois avait dû être bleue. De grandes guêtres en laine lui montaient jusqu’aux ____________, et elles étaient serrées par des rubans rouges qui s’entrecroisaient plusieurs fois autour des ____________. Il se tenait allongé sur sa chaise, le ____________ appuyé dans sa ____________ droite ; son ____________ reposait sur son ____________. Jamais je n’avais vu une personne vivante dans une attitude si calme ; il ressemblait à l’un des saints en bois de notre église. Auprès de lui trois chiens étaient couchés sous sa chaise : Un caniche blanc, un barbet noir, et une petite chienne grise à la mine futée et douce ; le caniche était coiffé d’un vieux bonnet de police retenu sous son ____________ par une lanière de cuir.
2c Le singe de Vitalis. Même exercice que le précédent. Je ne trouvais pas de nom à donner à cette créature bizarre que je voyais pour la première fois, et que je regardais avec stupéfaction. Elle était vêtue d’une blouse rouge bordée d’un galon doré, mais les ____________ et les ____________ étaient nus, car c’étaient bien des ____________ et des ____________ qu’elle avait et non des pattes ; seulement ces ____________ et ces ____________ étaient couverts d’une peau noire, et non blanche ou carnée. Noire aussi était la ____________ grosse à peu près comme mon poing fermé ; la face était large et courte, le ____________ était retroussé avec des narines écartées, les ____________ étaient jaunes ; mais ce qui plus que tout le reste me frappa, ce furent deux ____________ très rapprochés l’un de l’autre, d’une mobilité extrême, brillants comme des miroirs. – Ah ! le vilain singe ! s’écria Barberin.
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Ce mot me tira de ma stupéfaction, car si je n’avais jamais vu de singes j’en avais au moins entendu parler. – Voici le premier sujet de ma troupe, dit Vitalis, c’est M. JoliCœur. Joli-Cœur, mon ami, saluez la société. Joli-Cœur porta sa ____________ fermée à ses ____________ et nous envoya à tous un baiser.
3 Les chiens de Vitalis. Lis le texte et choisi l’adjectif qui convient en fonction du sens de la phrase et du contexte. « Celui que j’appelle Capi, dit Vitalis, autrement dit Capitano en italien, est le chef des chiens, c’est lui qui transmet mes ordres. Ce jeune nouvel bel élégant à poil noir est le signor Zerbino, ce qui signifie le galant, nom qu’il mérite à tous les égards. Quant à cette jeune vieille belle personne à l’air fier modeste triste, c’est la signora Dolce, une charmante riche pauvre Anglaise. C’est avec ces artistes talentueux misérables prétentieux que j’ai l’avantage de parcourir le monde en gagnant ma vie plus ou moins bien, suivant les hasards de la bonne grande longue ou de la mauvaise méchante cruelle fortune. Mais laissons monsieur Capi présenter lui-même ses amis. À ce commandement le caniche se leva vivement et se dressant sur ses pattes de derrière il se tourna vers ses camarades. D’une patte, tandis qu’il tenait toujours l’autre sur sa poitrine, il leur fit signe d’approcher. Les deux chiens se dressèrent aussitôt, et se donnant chacun une patte de devant, ils firent gravement six pas en avant puis après trois pas en arrière, et saluèrent la société. – Capi, venez ici mon ami, continua Vitalis, et soyez assez aimable beau courageux, je vous prie, pour dire à ce jeune grand gros garçon qui vous regarde avec des yeux ronds pointus carrés comme des billes, quelle heure il est. Capi décroisa les pattes, s’approcha de son maître, écarta la peau de mouton, fouilla dans la poche du gilet, en tira une mince grosse épaisse montre en argent, regarda le cadran et jappa deux fois distinctement ; puis après ces deux jappements bien scandés assortis accentués, d’une voix douce forte stridente et ouverte propre nette, il en poussa trois autres plus petits lents faibles. Il était en effet deux heures et trois quarts. – C’est bien, dit Vitalis, je vous remercie monsieur Capi.
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4a Une phrase sur deux. Complète le texte en y insérant correctement les phrases mancantes. • À chaque détour, j’apercevais la maison de mère Barberin qui diminuait. • Ce mari, de son côté, n’est peut-être pas aussi dur que tu crois. • Il a calculé qu’ils devraient mourir de faim sa femme et lui pour te nourrir. • Puis ce serait fini ; plus rien. Je poussai un long soupir. • Que serais-tu devenu ? Tu aurais été très probablement dans un orphelinat. • Ta maman, comme tu l'appelles, a été bonne pour toi et je comprends que tu sois triste. • Tu peux pleurer librement si tu en as envie. Le chemin que nous suivions s’élevait en lacets le long de la montagne. __________________________________________________ Je savais qu’après le dernier tournant, j’apercevrais la maison une dernière fois. __________________________________________________ Tu as le cœur gros, me dit Vitalis, je comprends cela et je ne t’en veux pas. __________________________________________________ Seulement tâche de comprendre que ce n’est pas pour ton malheur que je t’emmène. __________________________________________________ Les gens qui t’ont élevé ne sont pas tes père et mère. __________________________________________________ Mais tu sais bien qu’elle n’aurait pas pu te garder contre l’avis de son mari. ____________________________________________________ Il n’a pas de quoi vivre ; il est estropié ; il ne peut plus travailler. ____________________________________________________ La vie, mon garçon, est une bataille où l’on ne fait pas toujours ce qu’on veut.
Production 4b “ La vie est une bataille” dit Vitalis. Pourquoi ? Pour qui ? _____________________________________________________ _____________________________________________________
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ACTIVITÉ DE PRÉ-LECTURE
5 Pour faire partie de la troupe de Vitalis.
Relie les débuts de phrases numérotées de 1 à 12 à leur suite logique (A-L). 1 « Pour faire partie de ma troupe, il faut 2 Je crois que ce garçon n’en manquera pas 3 Pour le reste, s’il est intelligent il comprendra 4 de mener une vie libre au lieu de rester derrière 5 Mais s’il n’est pas intelligent, 6 Et comme le signor Vitalis n’aime pas les enfants 7 Alors l’enfant méchant ira à l’hospice 8 J’étais assez intelligent 9 Mais de la compréhension à l’exécution, 10 Les élèves du signor Vitalis étaient 11 Et ce devait être bien amusant 12 Mais pour les suivre et se promener avec eux A B C D E F G H I J K L
où il faut travailler dur et manger peu. " aussi de se promener toujours. des bœufs, à marcher tous les jours dans le même champ, du matin au soir. il pleurera, il criera. il fallait quitter mère Barberin. quand il aura pris quelques leçons. qu’avec le signor Vitalis on a la chance de voir du pays, avoir de l’esprit, dit Vitalis à Barberin. bien drôles, bien amusants. pour comprendre ces paroles. méchants, il ne l’emmènera pas avec lui. il y avait une terrible distance à franchir. 1 __ • 2 __ • 3 __ • 4 __ • 5 __ • 6 __ • 7 __ • 8 __ • 9 __ • 10 __ • 11 __ • 12 __
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GROS PLAN
hector malot
Hector Malot (1830-1907) Hector Malot est né en 1830 à La Bouille, commune de Seine-Maritime, qui doit son nom aux marécages qui bordaient jadis le fleuve plusieurs mois par an. Dans cette petite ville où transitaient navires et voyageurs en direction de Rouen ou Paris, le petit Hector passe une première enfance heureuse entre un père notaire et maire de la ville, et une mère aimante et dévouée. D’un premier mariage, son père a déjà eu deux filles, sa mère une fille et un garçon. Quant à lui, il restera fils unique, manifestant très tôt un vif intérêt pour les voyages, la nature, les animaux. À l’âge de neuf ans, suite à des résultats scolaires décevants, son père l’envoie en pension ; il y restera jusqu’aux années du lycée qu’il fréquentera à Rouen d’abord, puis à Paris où son père exige qu’il fasse des études de droit. Il
obéit pendant trois ans puis, en 1853, encouragé par sa mère qui le soutient, il entame une carrière de journaliste qui lui permet de vivre sans dépendre de ses parents. Six ans plus tard, son père l’ayant finalement pardonné, il retourne en famille pour y écrire Les Amants, premier roman d’une œuvre abondante qui en comprend 62, écrits entre 1859 et 1896, le plus connu Sans Famille date quant à lui de 1878. En 1867, Hector Malot se marie. De cette union naît un an plus tard sa fille Lucie qu’il élèvera seul après le décès de la mère de l’enfant alors que celle-ci n’a que trois ans. C’est d’ailleurs pour sa fille qu’il écrivit Sans Famille, comme il l’explique lui-même dans la préface du roman :
À Lucie Malot « Pendant que j’ai écrit ce livre, j’ai constamment pensé à toi, mon enfant, et ton nom m’est venu à chaque instant sur les lèvres. – Lucie sentira-t-elle cela ? – Lucie prendra-t-elle intérêt à cela ? Lucie, toujours. Ton nom, prononcé si souvent, doit donc être inscrit en tête de ces pages : je ne sais la fortune qui leur est réservée, mais quelle qu’elle soit, elles m’auront donné des plaisirs qui valent tous les succès, – la satisfaction de penser que tu peux les lire, – la joie de te les offrir. » S’il ignore quel accueil le public réservera à son roman lorsqu’il rédige cette préface, Hector Malot aura vite le plaisir de découvrir que les aventures de Rémi, de Vitalis, de Mattia et des animaux qui les accompagnent sont un incontestable succès, en France et à l’étranger. En 1905, l’écrivain est victime d’un accident vasculaire cérébral dont il gardera de graves séquelles. Hector Malot meurt paralysé deux ans plus tard, le 18 juillet 1907. Fidèle à sa proverbiale modestie, Hector Malot consignera ses dernières volontés en quelques mots simples : « Je veux mourir sincère avec les idées qui ont dirigé ma vie. Je ne veux donc ni cérémonie religieuse ni phrase qui en dit long sur le caractère du romancier ».
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sans famille
t Le Chavanon, à la limite entre les départements du Puy de Dôme et de la Corrèze dans le Massif Central. Cette rivière qui a donné son nom au village natal de Rémi est un affluent de la Dordogne.
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La Bouille, ville natale d’Hector Malot, est située sur la rive gauche de la Seine à 25 km de Rouen.
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La maison natale d’Hector Malot à la Bouille.
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L’affiche de la dernière adaptation du roman d’Hector Malot sortie en salle pendant les fêtes de Noël 2018. Sans famille a connu un immense succès en France et hors de France dès sa parution ; au cinéma ou à la télévision le roman a été adapté une douzaine de fois : en France, mais aussi au Japon, en Union Soviétique, en Allemagne et au Maroc.
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GROS PLAN
Tous les enfants ont des droits La condition inhumaine des enfants au XIXe siècle
Melancholia Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ? Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ? Ces filles de huit ans qu'on voit cheminer seules ? Ils s'en vont travailler quinze heures sous des meules Ils vont, de l'aube au soir, faire éternellement Dans la même prison le même mouvement. Accroupis sous les dents d'une machine sombre, Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre, Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
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Ils travaillent. Tout est d'airain, tout est de fer. Jamais on ne s'arrête et jamais on ne joue. Aussi quelle pâleur ! la cendre est sur leur joue. Il fait à peine jour, ils sont déjà bien las. Ils ne comprennent rien à leur destin, hélas ! Ils semblent dire à Dieu : – Petits comme nous sommes, Notre père, voyez ce que nous font les hommes ! Victor Hugo 1802–1885, Melancholia, in Les Contemplations – 1856 ; (extrait).
Cosette Le travail des enfants était courant au XIXe siècle, et non réglementé. Petit–Gervais, le ramoneur savoyard auquel Jean Valjean vole ses deux francs dans Les Misérables, ou Cosette, la petite martyre des Thénardier, sont loin d’être des exceptions. À la campagne, les enfants, dès l’âge de quatre ou cinq ans, travaillent dans les champs et s’occupent des animaux de la ferme ; dans les régions industrialisées, comme le nord et l’est de la France, ils sont employés à huit ou neuf ans partout où le travail ne peut être accompli par une machine ou par un adulte : dans les étroites Jean Ulysse Roi, galeries de mine, ils poussent des wagons remplis de minerais Le petit ramoneur - 1991 ; dans l’industrie textile, ils ramassent les fils sous les métiers à tisser ; dans les usines et les ateliers, ils surveillent le fonctionnement des machines. Leurs journées de travail durent en moyenne quinze heures. À l’époque où Hugo dénonce leur condition, il y a en France 125 000 enfants âgés de huit à seize ans qui travaillent dans l’industrie. Sans compter les enfants des rues, comme Gavroche et autres adeptes des petits métiers : cireurs de chaussures, vendeurs de lacets. Ce n’est qu’au XIXe siècle que l’on commence vraiment à s’intéresser au sort des enfants et qu’on pense à réglementer leur travail. Mais il faudra attendre la loi de Jules Ferry en 1882 qui rend l’école obligatoire jusqu’à 13 ans pour que prenne fin l’exploitation des enfants dans les champs, les mines, les filatures et les ateliers.
Dans le monde, les enfants sont aujourd’hui protégés par la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE) votée à l’ONU en 1989, elle a été ratifiée par 196 pays. « Il y a eu des gains impressionnants pour les enfants au cours des trois dernières décennies, car ils sont de plus en plus nombreux à vivre plus longtemps et en meilleure santé. Cependant, les probabilités continuent à s'accumuler contre les plus pauvres et les plus vulnérables. Outre les défis persistants de la santé, de la nutrition et de l'éducation, les enfants doivent aujourd'hui faire face à de nouvelles menaces comme le changement climatique, les abus en ligne et la cyberintimidation. » Henrietta Fore, Directrice générale du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF).
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Les droits civils, économiques, sociaux et culturels de l’enfant Synthèse des 54 articles de la Convention 1 Le droit des enfants s’applique à tout être humain de moins de 18 ans. 2 L’enfant doit pouvoir vivre dans un logement propre et spacieux. 3 L’enfant doit pouvoir manger à sa faim et recevoir une alimentation correcte. 4 L’enfant a le droit d’avoir un nom, une adresse, une nationalité et des papiers d’identité. 5 L’enfant doit être élevé par ses deux parents. 6 L’enfant a le droit de se déplacer librement. 7 L’enfant doit pouvoir se sentir en sécurité. 8 L’enfant a le droit d’avoir une opinion. 9 L’enfant a le droit d’exprimer publiquement ses idées. 10 L’enfant a le droit d’adhérer à une religion. 11 L’enfant a le droit d’avoir une vie associative. 12 L’enfant a droit à la protection de sa vie privée 13 L’enfant doit avoir accès à une information variée et objective. 14 L’enfant doit être protégé contre les mauvais traitements. 15 Les enfants sans famille doivent être pris en charge et protégés par la société. 16 Les enfants ont le droit d’être adoptés, mais non achetés. 17 Les enfants réfugiés ont les mêmes droits que les autres enfants. 18 Les enfants handicapés doivent bénéficier d’une assistance appropriée. 19 Les enfants ont le droit d’être en bonne santé. 20 Les enfants ont tous les mêmes droits, quelle que soit leur couleur de peau, leur religion ou leur langue. 21 Les enfants, garçons et filles, ont le droit à l’éducation. 22 Les enfants ont le droit d’avoir librement accès aux ressources du territoire. 23 Les enfants ont le droit de jouer et de participer à des activités récréatives. 24 Les enfants doivent être protégés contre l’exploitation économique. 25 Les enfants doivent être protégés contre la drogue et toute autre substance nocive. 26 Les enfants doivent être protégés contre l’exploitation sexuelle et la prostitution. 27 Les enfants ne doivent pas être vendus ni exploités commercialement. 28 Les enfants doivent être protégés contre la violence et les mauvais traitements. 29 Les enfants de moins de quinze ans ne peuvent pas être soldats. 30 Les jeunes délinquants ont droit à être jugés en tenant compte de leur âge.
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GRAND ANGLE
La France des rivières et des canaux Un réseau dense de voies d’eau navigables
Avec ses 8500 kilomètres de voies d’eau dédiées au transport des marchandises ou des personnes, la France possède le plus long réseau de voies navigables d’Europe. De par sa conformation, ses trois façades maritimes et ses nombreux cours d’eau uniformément répartis sur le territoire, elle est un acteur majeur de la navigation fluviale en Europe. Cette disposition géographique favorable a été pendant des siècles le principal facteur de développement éconoFleuves, rivières, canaux : les voies d’eau mique des régions : les marchandises navigables en France arrivaient par la mer et étaient ensuite acheminées vers les grandes villes françaises situées pour la plupart le long des fleuves ou de leurs affluents. Parallèlement à ce commerce maritime, une navigation interne transportait les productions céréalières, viticoles ou minérales vers les sites où avait lieu leur transformation. Au XIXe siècle, le développement du chemin de fer va de pair avec la création de canaux de jonction entre les fleuves et les rivières grâce auxquels seront acheminées les énormes quantités de charbon et de fer provenant des mines du Nord et de l’Est dont, entre autres, le canal de Bourgogne (1832), où se trouve précisément le village de Dreuzy et son écluse. Ce canal qui relie l’Yonne (affluent de la Seine) à la Saône (affluent du Rhône), sera plus tard relié par un autre canal à la Marne, autre affluent de la Seine (1907), laquelle était déjà reliée au Rhin (1853). C’est donc tout un réseau de communication par voies d’eau qui voit le jour au cours de la révolution industrielle, et qui va se développer pendant une centaine d’années. Au début du XXe siècle, 12000 péniches et 30000 mariniers sillonnaient les rivières et les canaux de France, il en reste aujourd’hui environ 800.
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Fleuves et rivières de France Il y quatre grands fleuves en France : la Loire, le Rhône, la Seine et la Garonne, auxquels s’ajoutent deux grands fleuves européens, le Rhin (1233 km) et la Meuse (925 km) dont une partie de leur cours traverse le nord-est de la France. • La Loire, plus grand fleuve de France (1020 km), prend sa source dans le Massif Central et se jette dans l’Océan Atlantique par un estuaire. • Le Rhône (812 km) prend sa source dans le massif des Alpes, en Suisse. Après avoir traversé le lac Léman, il en ressort côté français et descend le long d’une étroite vallée jusqu’à la mer Méditerranée où il se sépare en deux bras formant le delta de la Camargue. • La Seine (776 km) prend sa source sur le plateau de Langres à l’Est du Bassin Parisien qu’elle traverse de part en part en passant par Paris, avant de se jeter dans la Manche par un profond estuaire au niveau du Havre, mot qui signifie ‘port, refuge’ en ancien néerlandais. • La Garonne (575km) prend sa source dans les Pyrénées espagnoles. Après avoir traversé le Bassin Aquitain, elle est rejointe par la Dordogne avec laquelle elle se jette dans l’Océan atlantique par le vaste estuaire de la Gironde.
Le Canal du Midi Le plus grand chantier du XVIIe siècle
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pont-canal qui fait encore aujourd’hui l’admiration des ingénieurs du monde entier. Inauguré en 1681, le Canal du Midi s’étend sur 240 kilomètres, entre Toulouse, Béziers et Sète. Prouesse technique, le Canal est également un espace naturel de premier ordre: deux cent mille arbres furent plantées sur ses rives... de
Classé patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO le 4 décembre 1997, le Canal du Midi est la seule voie d’eau reliant l’Atlantique à la Méditerranée. Cet ouvrage titanesque est le rêve d’un homme, Paul Riquet, qui a réussi à convaincre Louis XIV de l’utilité de son projet. Il y sacrifiera sa santé et sa fortune, sans le voir d’ailleurs achevé puisqu’il mourra
quoi faire de l’ombre aux vacanciers qui sillonnent le canal ! Oui, car si à l’origine cette voie d’eau unique au monde servait au transport des marchandises et à irriguer les terres agricoles du sud-ouest de la France, elle est aujourd’hui l’une des principales destinations des amateurs de tourisme fluvial.
quelques mois avant la fin des travaux. Pour réaliser cette œuvre gigantesque - le plus grand chantier depuis la chute de l’Empire romain -, dont la construction a mobilisé quinze mille ouvriers pendant quatorze ans, 300 ouvrages d’art furent nécessaires: aqueducs, ponts, écluses, un tunnel, et même un
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BILAN Brosse le portrait moral des personnages principaux du roman. Ce qu’ils sont, ce qu’ils ont fait, ce que tu penses de chacun d’eux. Rémi ___________________________________________________________ ___________________________________________________________ Mère Barberin ___________________________________________________________ ___________________________________________________________ Barberin ___________________________________________________________ ___________________________________________________________ Vitalis ___________________________________________________________ ___________________________________________________________ La famille Acquin ___________________________________________________________ ___________________________________________________________ Mattia ___________________________________________________________ ___________________________________________________________ La famille Driscoll ___________________________________________________________ ___________________________________________________________ Madame Milligan ___________________________________________________________ ___________________________________________________________
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CONTENUS Contenu lexical - La famille - La ville et la campagne - Les artistes de rue - L'enfance - L'apprentissage Contenu grammatical - Les déterminants du nom. - Le féminin et le pluriel des noms et des adjectifs. - Les adjectifs et les pronoms indéfinis. - Les pronoms personnels sujets et compléments. - Le comparatif et le superlatif. - Les pronoms relatifs, simples et composés. - Les conjonctions. - Les adverbes et les prépositions. - Le système verbal. - L’emploi des temps et des modes. - La concordance des temps. - L’accord du participe passé. - La voix passive. - La phrase simple et complexe. Compétences communicatives - Repérer les informations essentielles d’un texte narratif et/ou argumentatif. - Repérer les indices lexicaux, d’énonciation et d’organisation d’un énoncé. - Résumer un texte narratif et/ou argumentatif en respectant le schéma du texte source. - Planifier puis rédiger un texte narratif, descriptif ou argumentatif à partir d’un sujet donné.
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LECTURES
SENIORS
NIVEAU 1 Molière, Le malade imaginaire Jules Verne, Le tour du monde en 80 jours NIVEAU 2 Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac Voltaire, Candide Guy de Maupassant, Bel-Ami Abbé Prévost, Manon Lescaut NIVEAU 3 Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo Alain Fournier, Le Grand Meaulnes Jules Verne, Vingt Mille Lieues sous les mers Stendhal, Le Rouge et le Noir Émile Zola, Germinal Prosper Mérimée, Carmen Alexandre Dumas, La tulipe noire Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre, Paul et Virginie George Sand, La Petite Fadette Hector Malot, Sans famille NIVEAU 4
Gustave Flaubert, Madame Bovary Victor Hugo, Les Misérables Honoré de Balzac, Le Père Goriot Gustave Flaubert, L’Éducation sentimentale Victor Hugo, Notre-Dame de Paris Stendhal, La Chartreuse de Parme Guy De Maupassant, Une vie