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EDUC-MAG-186

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SOCIÉTAIRE CASDEN, C’EST LA CLASSE !

Près de 2 millions de Sociétaires ont choisi de nous faire confiance. Parce que nous connaissons bien les besoins des agents de la Fonction publique : première affectation, déménagement suite à une mutation, achat immobilier(1) et pour tous les autres moments de la vie qui comptent, la CASDEN se tient toujours à vos côtés.

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Choisir d'agir. Ensemble.

Alors que les échéances politiques approchent et que le débat public s’intensifie, l’éducation, la jeunesse, la culture ou la recherche se retrouvent, comme toujours, au centre des discussions. Nos métiers sont commentés, orientés, parfois jugés sans nous. Chacun.e y va de ses affirmations et préconisations, sans s’appuyer sur l’expertise des professionnels. Pourtant, nos métiers se vivent chaque jour sur le terrain par celles et ceux qui les exercent et nos missions se réalisent grâce à votre engagement, votre investissement, votre professionnalisme.

Les pages qui suivent ont été pensées avec ce contexte en tête. Un dossier, la page d’histoire ou encore les débats sur la participation citoyenne des jeunes, qui ne sont pas des détours théoriques. Ces sujets rappellent que nos métiers traversent le temps politique sans jamais s’y perdre et qu’ils portent plus loin que l’instant.

C’est à cet endroit que se joue notre capacité d’agir. Faire syndicat, ce n’est pas seulement porter une bannière. C’est créer un espace. Un espace pour comprendre, partager, se soutenir et, surtout, choisir de reprendre la main.

Reprendre la main sur le sens de nos métiers, sur notre quotidien et sur les récits que nous en faisons. L’UNSA Éducation est cet espace collectif : un lieu où l’on ne se contente pas d’habiter l’époque, mais où l’on décide de la traverser ensemble et d’y agir en commun.

Morgane VERVIERS

Secrétaire générale de l’UNSA Éducation de la secrétaire générale

Sommaire

Ensemble pour faire la différence 4

Actus et revendications 7

Extrême-droite : stratégie d'influences

enjeux démocratiques 13

Une page d'histoire 21

Pas si simple : Faut-il abaisser le droit de vote à 16 ans ? 22

médecine scolaire et

Ensemble pour faire la différence

SEP-UNSA

LE SEP-UNSA DANS L’ACTION

POUR LES ÉLECTIONS MUNICIPALES

Le SEP-Unsa, syndicat des professionnels de l’animation et de l’éducation populaire, part durant le mois de mars, à la rencontre des animateur.rices de France, dans le cadre des élections municipales 2026. Le rôle d’animateur.rice dans l’autonomie et l’émancipation des enfants et des jeunes est essentiel mais il est loin d’être reconnu. Le SEP a élaboré une enquête de 12 questions pour évaluer la politique éducative de la commune de chaque répondant.e. Leurs réponses permettront d’établir des revendications fortes pour interpeller les décideurs politiques afin d’améliorer les orientations éducatives locales, et les conditions de travail de chaque professionnel de l’animation et de l’éducation populaire.

Merci de proposer le sondage aux animateurs de votre lieu de travail via le QR code :

Une victoire syndicale pour le SNADEM-UNSA

Lors du Conseil de Paris qui s’est tenu le 16 décembre, les Professeurs de la Ville de Paris étaient nombreux pour dénoncer les 20 suppressions de postes prévues en 2026. Cette mobilisation organisée par le SNADEM-UNSA, ainsi que le plaidoyer mené par notre syndicat auprès des élus Parisiens, ont permis que le Conseil revienne sur cette décision. Le SNADEM-UNSA veillera à ce que les postes soient effectivement pourvus par les concours de l’année à venir.

Tous au collège ! Une campagne du SE-UNSA qui tombe à pic !

Sur tout le territoire, en janvier, la priorité du SE-UNSA était à la rencontre avec les personnels des collèges.

Dans le contexte d’annonces ministérielles sur plusieurs mesures du Choc des savoirs, et sur les « collèges en diff iculté », le syndicat a recueilli les expressions des professionnels.

Une enquête et des thématiques comme le nouveau brevet, la labellisation des manuels, les groupes de besoins, ont permis aux militant.es du syndicat d’aborder les problématiques posées par le Choc des savoirs. Ce choix de la proximité est dans l’ADN du syndicat, et lui permet de s’imprégner des attentes de la profession, pour construire et avancer des propositions syndicales.

Équipe éditoriale

Directrice de la rédaction : Morgane Verviers

Directeur de la publication : Pierre Château

Rédacteur en Chef :

Nicolas Anoto

Secrétaire de rédaction : Elise Capéran

Ont participé à ce numéro : Denis Adam, Nicolas Anoto, Mohamed Attia, Béatrice Laurent, Elise Capéran, Willie Charbonnier, Véronique de Aguiar, Sébastien Decroix, Benoit Kermoal, Gilles Leluc, Laurence Naumot, Karine Ollier, Yves Paploray, Gilles Tena, Solenn Texier, Morgane Verviers

Illustration : AdobeStock, Freepik, Pexels Maquette et réalisation : www.ceciliabertin.com

Publicité : tresorerie@unsa-education.org

Impression : Imprimerie IPS80 000 exemplaires

Pour les personnes souhaitant s’abonner, le prix du numéro est de 4 €, l’abonnement annuel de 16 €.

Éditeur : UNSA Éducation 87bis, Avenue Georges Gosnat 94853 IVRY-SUR-SEINE CÉDEX

Tél. : 01 56 20 29 50 national@unsa-education.org www.unsa-education.com

NOUVELLE LOI SUR LA PROFESSION D’INFIRMIER·E

Le SNIES-UNSA met en place un plan d'action La loi du 27 juin 2025 sur la profession d'infirmier.ère rénove le métier et reconnaît les consultations et le diagnostic infirmiers, de même que le pouvoir pour ces professionnels de prescrire de façon autonome certains produits et examens. Elle reconnaît également la pratique infirmière en contexte scolaire comme une spécialité à part entière. Cela permet au SNIES-UNSA de lancer un plan d’action pour que ce texte soit suivi d’effets : ouverture d’un chantier au ministère pour créer une formation de niveau Master (santé scolaire/santé étudiante), nouvelles rémunérations en adéquation, réécriture des missions.

Le SN2D – UNSA reçu au ministère

Magali Filly, secrétaire générale du SN2D, a rencontré la conseillère « voie professionnelle » du nouveau ministre de l’éducation en décembre 2025 pour discuter de la reconnaissance institutionnelle des Directeurs Délégués à la Formation Professionnelle et Technologique (DDFPT). Le Syndicat National des Directeurs Délégués aux formations professionnelles et technologiques a demandé la réécriture de la circulaire qui encadre les

bureaux des entreprises pour acter le positionnement des DDFPT comme chef de service. La création, à la demande de notre fédération, d’un comité de suivi de la voie professionnelle, doit permettre de ré-ouvrir ce chantier. Le SN2D a aussi porté ses revendications pour une meilleure reconnaissance de la fonction de DDFPT en termes de rémunérations et d’avancement de carrière.

Financement des universités : la vérité des prix

Le SNPTES-UNSA lance un observatoire d'analyse nommé OBSERVE sur l’enseignement supérieur, la recherche et la vie étudiante, pour objectiver le désengagement de l’État. Loin d’être de simples ressentis comme le prétend le ministre, l’analyse de l’observatoire du SNPTES a mis en lumière un net désengagement de l’État dans le financement de ses services publics d’enseignement supérieur et de recherche. Les conséquences de ce sous-financement structurel sont tout autant factuelles : le développement de l’emploi contractuel et précaire et l’érosion de l’emploi fonctionnaire, un eff ondrement de la solvabilité réelle (Fonds de Roulement) et une capacité d'autofinancement en chute libre, une trésorerie en trompe-l'œil, gonflée artificiellement par des avances sur projets fléchés. Une étude complète à retrouver sur le site snptes.fr.

Conseil national de l’UNSA Éducation : des changements pour le secrétariat national

Véronique de Aguiar, personnel de direction, et Sébastien Decroix, attaché principal d’état, sont élus secrétaires nationaux. Le mardi 13 janvier, le conseil national de l’UNSA Éducation a voté sur le renouvellement du secrétariat national issu du congrès de Nantes en mars 2024. Véronique de Aguiar devient Secrétaire Nationale en charge de la Coordination générale de la fédération tandis que Sébastien Decroix devient Secrétaire National du secteur « droit, parcours professionnels et QVCT ».

TRANSITION ÉCOLOGIQUE

AGIR POUR ACCÉLÉRER LA TRANSITION

ÉCOLOGIQUE DU SYSTÈME ÉDUCATIF

Les travaux du groupe de travail formé au sein du Conseil Supérieur de l’Éducation seront bientôt mis au vote.

Le Conseil Supérieur de l’Éducation peut se saisir de travaux particuliers en commission spécialisée, si un vœu déposé par une organisation reçoit une majorité de votes favorables. Ainsi, depuis octobre 2024, à l’initiative du syndicat Renouveau Lycéen, se réunit une commission dédiée à la transition écologique de l’École ; nous y assumons la fonction de rapporteur. Nous avons ainsi, avec la présidence lycéenne, d'abord organisé le cadre de travail puis auditionné des scientifiques, hauts fonctionnaires, responsables de collectivités territoriales, responsables d'ONG... et enfin, écrit un pré-rapport de préconisations qui a été

débattu et amendé lors de nombreuses séances avec les différents participants des organisations syndicales. En mars 2026, le rapport sera mis au vote du CSE, et présenté au ministre de l’éducation nationale. Il s’intitule et comporte une quarantaine de préconisations, concernant tout à la fois le bâti, la sécurité des personnels et usagers, la formation des agents, l’engagement citoyen des élèves, les enseignements et la pédagogie pour une réelle éducation au changement climatique.

BUDGET 2026 : DÉFENDRE LE FINANCEMENT DU SERVICE PUBLIC D’ÉDUCATION

ACTION SOCIALE POUR LES AGENTS

L’action sociale : un enjeu majeur pour l’UNSA Éducation

L’action sociale vise à améliorer les conditions de vie des agents. Elle regroupe l’ensemble des prestations, aides et dispositifs dans le logement, la restauration, l’enfance et les loisirs. L’UNSA Éducation, au sein des instances d’action sociale, fait entendre ses revendications sur ce sujet.

L’UNSA Éducation revendique :

• Une adéquation entre besoins, prestations versées et budget.

• Une action sociale tournée vers l’égalité professionnelle, avec la revalorisation du Chèque Emploi Services Universel garde d’enfants, l’augmentation du nombre de places en crèche et le déploiement d’un CESU pour les enfants de 6-12 ans.

• La mise en place d’une véritable association avec des off res étoff ées en matière de culture, de loisirs,

Décentralisalisation des secrétaires généraux d'établissements

Une ligne rouge pour l'UNSA Education

En utilisant le prétexte de la restauration scolaire, une proposition de loi sénatoriale remet sur la table la question d’un transfert des secrétaires généraux des Établissements Publics Locaux d’Enseignement (EPLE) dans la fonction publique territoriale, dès la rentrée scolaire 2027.

L’UNSA Éducation et ses syndicats A&I UNSA et SNPDEN UNSA s’y opposent fermement et se mobilisent contre cette mesure. Selon le Code de l’Éducation, les secrétaires généraux sont des adjoints aux chefs d’établissements en charge de la gestion matérielle, administrative et financière. Or le chef d’établissement est le représentant de l’État. Ainsi, un secrétaire général d’établissement est, aux côtés du chef d’établissement, le garant de la déclinaison de la politique nationale au niveau local.

de sports et de vacances.

• La pleine consommation des crédits.

• Une politique de logement digne de ce nom

• Avec ses syndicats Jeunesse et sports, le rétablissement de l’équité avec les autres ministères.

Non à la baisse du budget de l’action sociale interministérielle !

L’UNSA Éducation est convaincue du rôle de l’action sociale. Elle demande plus de visibilité sur l’attribution, la consommation totale des budgets alloués et l’augmentation des barèmes des prestations. L’annonce par le gouvernement d’une baisse de 29 millions d’euros du budget de l’action sociale interministérielle ne témoigne pas d’une volonté sincère de faire de l’action sociale un levier d’attractivité.

PSC SANTÉ ET PRÉVOYANCE : ACHÈVEMENT DE LA MISE EN ŒUVRE

2026 est l’année où la protection sociale complémentaire (PSC) achève sa mise en œuvre dans l’ensemble des ministères.

Le volet Santé, obligatoire, comporte un socle et des options. L’employeur finance la moitié de la cotisation d’équilibre pour le socle, et jusqu’à 5€ maximum pour l’option.

Le volet prévoyance, facultatif, comporte également un socle et une ou des options.

Pour le champ de l’UNSA Éducation, voici les dates de mise en œuvre :

• Ministère de la culture : 1 er janvier 2025 pour la santé et 1er octobre 2025 pour la prévoyance ;

• Enseignement agricole : 1er janvier 2025 (mise en œuvre simultanée) ;

• Personnels de l’AEFE : 1er janvier 2026

• Éducation nationale, Enseignement supérieur et Recherche, Jeunesse et Sport : 1er mai 2026.

L’UNSA Éducation a vivement dénoncé la tentative du ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace de renier son engagement à financer la part employeur de la cotisation santé pour tous les établissements du supérieur. Selon les dernières annonces du ministre, notre action a été utile et la PSC Santé sera bien financée par l’État.

AGENDA SOCIAL 2026

l’UNSA Éducation porte une parole forte pour améliorer les conditions de travail

L’agenda social est un moment très important puisqu’il s’agit de programmer le travail de concertation avec l’employeur pour l’année 2026.

L’UNSA Éducation a réaff irmé sa volonté d’un dialogue social exigeant, dans le cadre d’échanges constructifs. Notre fédération a insisté sur la nécessaire connaissance transparente des enveloppes budgétaires disponibles et a porté ses exigences sur une démarche intégrative autour de la qualité de vie et des conditions de travail. Nous portons une ambition forte sur la lutte contre les discriminations, le handicap, la protection des agents ou encore l’égalité professionnelle. Cette démarche donne du sens et de la cohérence aux multiples chantiers ouverts, en associant chaque périmètre ministériel à des engagements concrets et mesurables.

L’UNSA Éducation a enfin insisté sur l’attractivité, la diversité des parcours professionnels, sur la charge de travail et sur les nécessaires revalorisations avec le tassement des grilles indiciaires.

MINISTÈRE DE L'AGRICULTURE

Collèges : les groupes

Attal au placard

Cette mesure, pourtant scientifiquement reconnue pour son ineff icacité pédagogique, et son eff et de tri social a profondément désorganisé les collèges : emplois du temps bouleversés et mise à mal des projets locaux du fait de cette réforme non financée. L’UNSA Éducation ne peut que se réjouir de cette décision, mais déplore deux années de perdues pour traiter la diff iculté scolaire. La fédération a porté devant le Conseil Supérieur de l’Éducation (CSE) un amendement visant à supprimer toute possibilité d’y recourir à l’avenir. Nous continuerons ainsi à dire, dans chaque instance, que les groupes Attal doivent être définitivement enterrés.

Le taux d’emploi des personnes en situation de handicap est en hausse au ministère de l’Agriculture avec près de 6 % des personnels. Pour la partie Enseignement de ce ministère, et alors que la politique inclusive est très développée pour les apprenants, l’enseignement agricole reste paradoxalement le mauvais élève avec seulement 4,36% des agents en situation de handicap. Le Code de l’éducation sur l’allègement de service n’est par exemple pas décliné, laissant des personnels en souff rance. L’UNSA Éducation revendique ainsi, pour la période 2026-2029, la négociation d’un accord collectif qui engage l’administration, et non un plan handicap-inclusion non contraignant pour l’employeur.

PROJET DE LOI

Interdiction des portables au lycée : la loi, une mauvaise solution

Dans l’attente de l’examen du projet de loi par le Conseil d’État contre l’utilisation des portables au lycée, l’UNSA Éducation et ses syndicats concernés considèrent que ce texte est inapproprié car ne répondant au problème. « Le cadre actuel permet déjà d’agir intelligemment, de réguler les usages et de dialoguer avec les lycéens », a défendu le SNPDEN-UNSA. Le SE-UNSA souhaite de son côté une réponse d’ordre pédagogique. L’interdiction n’apportera en effet aucun résultat, reportant les mauvais usages « en dehors du lycée »

L’UNSA Éducation dénonce une injonction contradictoire à interdire le portable en lycée alors qu’on « sur-numérise » les établissements et les outils pédagogiques. Comment les élèves réagiront-ils face à ces contradictions ?

La fédération agit pour Réseau Canopé

Plus de 110 postes seraient supprimés au sein de Réseau Canopé selon le projet de loi de finances présenté en décembre dernier. Une mesure irresponsable, compte tenu de l’importance de cet opérateur pour la formation continue et de son expertise dans l’utilisation du numérique. Une mesure qui serait injuste et génératrice de risques psychosociaux pour les personnels engagés dans une transformation dont la qualité est reconnue par tous. L’UNSA Éducation a défendu l’opérateur et ses personnels, en bilatérale, auprès du ministre de l’Éducation nationale et du cabinet du Premier ministre ainsi qu’auprès de membres de la commission des finances de l’assemblée nationale.

UNE VIGILANCE ACCRUE

POUR LES PERSONNELS DE JEUNESSE ET SPORTS

Les orientations récentes du ministère chargé de la Jeunesse et des Sports sont préoccupantes pour son avenir et ses missions de service public. En effet, une lettre de mission adressée à l’Inspection générale fait craindre un possible transfert vers les préfectures. De plus, une circulaire demande des évolutions législatives et réglementaires visant à clarifier les compétences entre l’État et les collectivités. Tout ceci pourrait laisser entrevoir une possible décentralisation ! Face à ces risques, l’UNSA Éducation a engagé une mobilisation forte : communiqués, boycott du Comité Social d'Administration ministériel et demandes d’audiences auprès de l’Élysée et de Matignon. Si la ministre Marina Ferrari se montre rassurante, et argue qu’il n’y aura ni transfert, ni décentralisation, nous restons en alerte vis-àvis de ces évolutions qui représentent une réelle menace pour l’existence d’un ministère « Jeunesse et Sports » éducatif, de terrain et au service de tous. Notre fédération restera donc pleinement mobilisée afin d’éviter toute décentralisation ou transfert.

Santé, sécurité

et conditions de travail : le compte n’y est pas dans l’enseignement supérieur et la recherche

Les Orientations Stratégiques Ministérielles étaient présentées en décembre dernier à la formation spécialisée du Comité social d’administration du Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace, où l’UNSA Éducation est la première force syndicale. Dans une déclaration publiée le 10 décembre, le SNPTES UNSA dénonce une réglementation encore mal respectée par certaines directions, et un suivi médical de moins en moins assuré et tracé pour les personnels. Trop peu d’unités de travail ont ainsi évalué les risques psychosociaux, les risques genrés, l’ambiance thermique, les risques émergents ou même comptabilisé les personnels concernés.

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DOSSIER

Extrême-droite : stratégies d'influence, enjeux démocratiques

L'arrivée de l’extrême-droite au pouvoir n’est plus une hypothèse lointaine. Son discours de haine et de division gagne du terrain. Concrètement, elle a su trouver des leviers financiers puissants et des relais médiatiques pour multiplier les offensives contre tout ce qui fait notre modèle démocratique républicain. Les syndicats sont les premières cibles des réactionnaires mais ils ont une responsabilité en tant que vigie et acteur de la démocratie sociale. Ce dossier de l’UNSA Éducation apporte sa contribution au débat en analysant les stratégies de conquête de l’extrême-droite et, dans un contexte de fatigue sociale, un sentiment de déclassement et de défiance institutionnelle qu'il serait irresponsable d'ignorer. Rien n’est joué ! Face aux menaces contre la démocratie, les forces de progrès doivent agir de manière unitaire.

32 %

C’EST LE POURCENTAGE DE VOTES QUI SE SONT DIRIGÉS VERS DES PARTIS ANTI-SYSTÈME SELON THE GUARDIAN, JOURNAL BRITANNIQUE, LORS DE TOUS LES VOTES QUI SE SONT DÉROULÉS EN 2022 DANS 31 PAYS EUROPÉENS (C’ÉTAIT 12 % DANS LES ANNÉES 90)

42%

C’est le pourcentage d’électeurs français qui sont d’accord avec les idées défendues par le rassemblement national (Le monde, 11 janvier 2026)

91 vs 88

Le journal Le grand continent annonçait en juin 2025 qu’il y avait pour la première fois depuis 20 ans plus de régimes autoritaires (91) que de régimes démocratiques (88)

52

c’est le nombre de sanctions prises par l’autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (ARCOM) contre les deux chaînes du groupe Bolloré, C8 et Cnews , en 12 ans (le monde, 12 novembre 2024)

27 POINTS

C’est la différence de pourcentage entre les électeurs en désaccord avec l’extrême-droite en France en 2002 (71%) et en 2025 (44%)

8,5% de musulmans en France Estimation par un sondage 28%

Rapport de 1 à 3

C’est la différence entre la proportion de musulmans réelle en France (8,5%) et le chiffre évalué par un sondage IPSOS dans la population française (28%)

44 % : part des Français qui jugent le RN “capable de gouverner le pays” 50 % : part des Français qui jugent le RN « dangereux pour la démocratie » 54 % : part des Français qui jugent que le RN « attise la violence »

Source CEVIPOF

6 dissolutions

de groupes de l’ultradroite en 2024–2025 (La Citadelle, Les Remparts, La Traboule, Top Sport Rhône, GUD Paris, Lyon Populaire) par rapport à des « agissements violents » (source : Assemblée nationale)

47

Nombre d’arrestations  opérées en 2024 dans les pays de l’union européenne pour des  infractions terroristes liées à l’ultra-droite (source Europol).

L’école publique, une cible de l’extrême-droite

L’école comme levier central de normalisation sociale

En tête des préoccupations des réactionnaires figure l’inévitable rétablissement de l’autorité et de la discipline, à l’instar du « big bang de l’autorité » promis par le président du RN.

Alors que les forces de progrès ont réussi, de haute lutte, à construire une école plus inclusive, l’extrême-droite contrevient à la mission cardinale de l’école publique en défendant l’uniformité des comportements. Cette orientation caractéristique considère les diff érences culturelles et religieuses comme un risque de désordre perturbant leur volonté d’organiser la communauté de manière homogène, et comme un facteur d’anxiété, voire de disparition de la Nation. Dès lors, l’école devient le levier central de normalisation sociale.

La laïcité occupe une place centrale dans ce projet, mais elle est détournée de sa fonction d’équilibre des libertés pour devenir un outil de contrôle social. L’extension des obligations de neutralité à des acteurs qui n’y sont pas soumis s’accompagne de propositions législatives ciblant implicitement une partie de la population.

Une vision fantasmée de l’éducation

Le symbole ultime de cette standardisation du champ scolaire ne serait-il pas le port de l’uniforme ? Cette vieille antienne, accompagnée du durcissement des sanctions disciplinaires, et de l’orientation précoces des élèves, a toujours été mise en avant. Derrière l’ordre visible et les symboles, c’est bien une logique autoritaire et de tri social qu’il s’agit de déployer. Cette off ensive touche aussi la gouvernance scolaire, le statut des enseignants et l’autonomie universitaire.

Cette off ensive réactionnaire s’inscrit dans une recomposition idéologique plus large qui gangrène la droite et même une partie de la gauche. L’objectif est clair : transformer l’école publique en un instrument d’ordre et de sélection, au profit d’une vision fantasmée de l’éducation. Cette dynamique fragilise l’école publique laïque et profite largement à l’enseignement privé.

L’extrême-droite contrevient à la mission cardinale de l’école publique en défendant l’uniformité des comportements.

Pour en savoir plus :

Retrouvez nos podcasts laïcité et extrêmedroite sur notre chaîne youtube

S’UNIR POUR PRENDRE SOIN DE NOTRE DÉMOCRATIE

Dès 2024, à l’initiative de la Ligue des droits de l’homme (LDH), des organisations de la société civile se sont unies pour enrayer la progression des idées de l’extrême droite. Dans cette continuité, 41 organisations, dont l’UNSA Éducation et la Ligue de l’enseignement, ont créé le collectif « 1001 territoires pour la fraternité ». Rencontre avec Hélène Lacassagne, présidente de ce partenaire historique.

Quel est le rôle de la Ligue de l’enseignement dans la mise en œuvre de cette initiative ?

L’éducation populaire propose un ensemble d'actions émancipatrices et solidaires, et repose sur la promotion des droits humains. Elle est donc incompatible avec toute forme de préférence nationale. La Ligue de l’enseignement a donc pris dès 2022 l’engagement d’agir contre les idées d’extrême droite.

Pourquoi 1001 ?

Nous portons l’ambition d’aller à la rencontre des citoyens sur leurs territoires, y compris au sein des plus délaissés : faire vivre la fraternité sur ces 1001 territoires, y créer des espaces d’espérance collective et appeler au vote dans un sursaut citoyen.

Proposer une initiative : www.1001territoirespourlafraternite.org/

La commission laïcité, valeurs de la République de l’UNSA fait travailler ensemble les fédérations de notre union interprofessionnelle. Elle est animée par Frédéric Marchand, secrétaire national en charge de ces sujets. L’UNSA a pour vocation de développer un mouvement syndical réformiste uni dans le respect des grands principes qui lui sont chers. Parmi eux, la laïcité, la démocratie, les libertés et la fraternité consti-

Pourquoi parler d’« offensive collective » et de « bataille culturelle » ?

L’urgence est là. La bataille culturelle vise à combattre les falsifications de l’histoire, les négationnismes, les vérités alternatives et la remise en cause des savoirs scientifiques. Il faut renforcer l’esprit critique et nos alliances pour prendre soin, ensemble, de notre démocratie. C’est maintenant.

tuent un socle qu’il faut défendre et promouvoir pour poursuivre le combat de l’émancipation, de l’égalité et de la justice sociale. À travers les débats, la formation de ses militants ou l’implication dans des collectifs de lutte contre l’extrême-droite comme , l’UNSA s’engage. Notre Union porte haut ses valeurs dans un monde fragile où le dialogue, la nuance et la fraternité sont plus que jamais nécessaires.

Argent et influence : quand l’extrême-droite prépare le pouvoir

L’extrême-droite se présente sous de multiples visages. Pour ce qui est de la conquête du pouvoir, elle s’appuie plus que jamais sur le Rassemblement national. Sous l’apparente normalisation, un travail de s’est opéré, et les outrances des années Jean-Marie Le Pen ont laissé place à une respectabilité de façade. Pour diff user leurs idées, les partis d’extrême-droite disposent désormais de relais autrement plus puissants que leurs élu.e.s policé.es.

Une galaxie de polémistes et d’influenceurs sur-financée

Vincent Bolloré a bâti un écosystème où chaînes, radios et maisons d’édition diff usent en continu des récits réactionnaires, avec en point d’orgue les émissions de CNews. À force de répétitions, des thèmes extrémistes ont été normalisés puis repris. Les réseaux sociaux ont amplifié ce phénomène. Sur TikTok, l’extrême-droite adopte les codes des influenceurs : humour, connivence et proximité, tout en diff usant des discours profondément inégalitaires, stigmatisants voire haineux.

L’objectif n’est pas seulement de gagner une élection,

mais de disposer le moment venu d’idées, de réseaux et de relais pour exercer le pouvoir.

Une bataille culturelle assumée

Parallèlement une stratégie plus discrète se déploie. L’homme d’aff aires Pierre-Édouard Stérin finance une bataille politique et culturelle assumée, avec la fondation de l’Académie Saint-Louis, premier établissement d’un projet d’internats catholiques privés non mixtes. À travers diff érents dispositifs, dont le Fonds du Bien Commun, le milliardaire soutient des structures intervenant dans les champ éducatif pour façonner la jeunesse. Les mécènes d’extrême-droite agissent ainsi au-delà du financement partisan classique.

Les attaques contre le programme EVARS (Education à la vie aff ective, relationnelle et sexuelle) s’inscrivent d’ailleurs dans cette logique : campagnes locales, mise sous pression des personnels, promotion de contenus prétendument neutres remettant en cause les politiques d’égalité et de prévention.

L’extrême-droite ne conquiert plus le pouvoir par la force ; elle s’évertue à le conquérir par les mots, les images et les réseaux. Extrême-droite:

Partout et ensemble : mobilisé.es contre l’extrême-droite

À l’heure où l’extrême-droite propage son discours de haine et d’exclusion, l’UNSA Éducation agit en s’associant aux démarches collectives de résistance intellectuelle et citoyenne. Parmi les centaines d’exemples à travers la France, citons la soirée organisée le 13 décembre 2025 à Pont-l’Abbé (dans le Finistère) pour célébrer les 120 ans de la loi de 1905. Cette initiative labellisée « 1001 territoires pour la fraternité » a proposé aux centaines de participants un quiz sur la laïcité ainsi qu’un moment musical avec Kind of Weird et DJ Elo De Lu.

En défendant la laïcité avec ses partenaires, l’UNSA a voulu réaffirmer l’égalité de toutes et tous, marquer son refus des assignations identitaires et promouvoir l’émancipation par la raison.

Au fond, tous ces principes s’opposent radicalement aux idéologies d’extrême-droite. L’UNSA assume ainsi une lutte active par la connaissance, la culture et la rencontre, au service d’une démocratie vivante.

LES SYNDICATS EUROPÉENS DE L’ÉDUCATION ENGAGÉS CONTRE L’EXTRÊME-DROITE

C’est l’une des résolutions votées en novembre 2024 au congrès de Budva au Monténégro : le Comité Syndical Européen de l’Éducation, où Morgane Verviers représente la France au comité exécutif, lance un travail de fond pour étudier les politiques éducatives menées par les gouvernements européens dominés par l’extrême-droite.

Il s’agit de former un réseau syndical pour s’opposer aux nombreuses mesures conservatrices et libérales portées par l’extrême-droite qui montrent bien que son discours social n’est qu’un leurre. Mise au pas des enseignants, démantèlement du service public, instrumentalisation des programmes scolaires, ce qui se passe en Italie ou en Hongrie, notamment, nous alarme.

La mise en place de l’internationale réactionnaire

L’actualité nous le prouve tous les jours : la progression des droites radicales ne relève plus de trajectoires nationales isolées. Au contraire, elle s’inscrit dans une dynamique transnationale de plus en plus structurée.

Le syndicat américain de l'éducation NEA mène campagne contre la suppression du ministère de l'éducation annoncée par Donald Trump

Plusieurs chercheurs ont identifié et analysé cette à l’instar du politologue néerlandais Cas Mudde dans son ouvrage . En eff et, des États-Unis à l’Argentine, en passant par une partie de l’Europe, ces forces politiques partagent des discours et des références communes. Les trajectoires de Donald Trump, Jair Bolsonaro, Javier Milei ou de gouvernements illibéraux européens illustrent la synchronisation de cette idéologie sur le plan international.

Au-delà des contextes nationaux, un socle idéologique commun se dessine. D’abord, la désignation de l’immigration comme cause des diff icultés sociales reste un leitmotiv. En réponse le repli identitaire est présenté comme le remède au déclin. Enfin, le populisme opposant un idéalisé à des élites accusées de trahison sociale est une ligne politique avancée pour remettre en cause les contre-pouvoirs. Cette combinaison constitue le cœur des nouveaux autoritarismes.

Concrètement, ces mouvements prétendent défendre les classes populaires. Pourtant, l’analyse de leurs politiques économiques montre un alignement constant sur les intérêts des plus favorisés : dérégulation, affaiblissement des protections sociales, hostilité aux syndicats. Le discours social relève donc davantage d’une stratégie électorale plutôt que d’une rupture avec l’ordre établi.

Face à cette dynamique, le rôle des forces de progrès est essentiel. La Confédération européenne des syndicats rappelle que la lutte contre les idéologies d’extrême-droite fait partie intégrante du combat pour la démocratie et l’égalité des droits.

C’est dans cette perspective que l’UNSA Éducation a une responsabilité particulière pour former, éclairer et armer intellectuellement contre les discours simplistes. Il s’agit de combattre les idées reçues et remettre la vérité, la rigueur scientifique et la raison au service de la démocratie républicaine et du débat d’idées. La résistance passe aussi par le savoir, l’analyse et la transmission de valeurs et principes.

Un rapport contesté à l'état de droit

Alors que le procès en appel du RN pourrait confirmer la condamnation de ses plus hauts représentants pour détournements de fonds publics, la cheffe de file de l’extrême-droite s’est posée en victime d’une prétendue « tyrannie des juges », au mépris des principes fondamentaux de l’État de droit qu’elle prétend défendre. La séquence complotiste, relayée depuis des mois par la presse d’extrême-droite, illustre l’urgence de défendre nos valeurs démocratiques.

Pour l’UNSA Éducation, le respect de l’État de droit est la condition d’une démocratie apaisée

Dès l’origine, des voix ont alerté sur le risque que fait peser le RN sur l’État de droit. Celui-ci repose avant tout sur le respect de la loi par la puissance publique et par celles et ceux qui l’incarnent. Les responsables politiques ne sont pas au-dessus des lois qu’ils votent au nom du peuple souverain, et l’égalité devant la loi est un principe constitutionnel intangible.

De Trump à Meloni, l’internationale populiste a apporté son soutien au RN, dénonçant un supposé « régime autoritaire » en contradiction totale avec les faits. Si la décision judiciaire a des conséquences politiques, elle n’est en rien une décision politique. La responsable du RN a bénéficié, comme tout justiciable, du droit d’appel.

Cette affaire rappelle ce que le RN n’a jamais cessé d’être : un parti d’extrême-droite. Entre 2011 et 2016, un système d’emplois fictifs au Parlement européen aurait causé un préjudice de plus de 4 millions d’euros.

Pour l’UNSA Éducation, le respect de l’État de droit, l’indépendance de la justice et la séparation des pouvoirs sont les conditions indispensables d’une démocratie apaisée.

Bataille culturelle: l’offensive sur les réseaux sociaux

Pour séduire les 18-25 ans, potentiel électoral décisif, le RN a massivement investi les réseaux sociaux. Avec près de 2 millions d’abonnés sur TikTok, Jordan Bardella figure parmi les responsables politiques les plus suivis. L’extrême-droite reprend les codes de ces plateformes : formats courts, vidéos rythmées et sous-titrées, et sons viraux. Ses dirigeants se mettent en scène dans une atmosphère faussement spontanée, favorisant l’interaction directe. Bardella met en avant des références culturelles populaires, comme les jeux vidéo, tandis que Marine Le Pen continue à jouer la carte de la normalisation, en s’exposant entourée de chats. Pour diffuser ses messages sur l’immigration ou la sécurité, le RN privilégie ainsi l’émotion et la viralité au détriment de l’argumentation.

Discours social du RN : le grand écart

(Attention au claquage !)

Depuis quelques années, le RN se présente comme défenseur des mesures sociales et du pouvoir d’achat. Pourtant, ses votes traduisent l’exact contraire. À l’automne 2025, il a contribué au rejet de la taxe « Zucman », un impôt de 2 % sur les patrimoines de plus de 100 millions d’euros, qui ne concernait que 1 800 foyers et pouvait rapporter 15 milliards. En 2022, le RN a aussi voté contre la directive européenne sur le salaire minimum, pourtant bénéfique à 25 millions de travailleurs. D’autres avancées sociales, comme l’encadrement de la rémunération des stagiaires, ont également été refusées. Un constat s’impose : derrière le discours, le RN protège les plus riches et instrumentalise les luttes sociales.

LES NOUVELLES CIBLES DU RN

En vue des prochaines échéances électorales, le Rassemblement national a la volonté de conquérir de nouveaux publics à travers une véritable « dédiabolisation » : il se préoccupe donc de sujets délaissés jusqu’à présent, mais toujours avec son prisme identitaire rappelant la dangerosité de ses idées. Plusieurs travaux de recherche récents ont abordé ce recentrage et ses conséquences : dans Les ressorts cachés du vote RN (Presses de Sciences Po, 2024), Luc Rouban, fin analyste des transformations de la fonction publique, a montré que le Rassemblement national est dorénavant un parti qui défend les fonctionnaires et qui a l’adhésion de plus en plus grande des agent.es du service public.

Si c’est souvent l’autorité qui est mise en valeur, tout comme les effets de la préférence nationale, cette défense peut séduire celles et ceux qui s’estiment dévalorisé.es mais plus globalement les éloigné.es du service public, que ce soit dans la ruralité ou des espaces périurbains. C’est ce que montre les travaux de Félicien Faury (Des électeurs ordinaires, Seuil, 2024) sur les évolutions actuelles de l’électorat RN ou ceux

de Benoît Coquart (Ceux qui restent, La Découverte, 2022) sur la forte présence des idées de ce parti dans certains territoires ruraux : le sentiment d’abandon, la peur du déclassement et la perte de nombreux services publics entraînent une adhésion plus forte aux idées du RN.

Le RN veut attirer de nouveaux publics

Dans son récent livre où il met en scène sa rencontre avec le peuple français, Jordan Bardella fait le portrait de plusieurs personnes travaillant dans le secteur public qui ont récemment adhéré aux idées du RN. Les professions de l’éducation ne sont pas épargnées : si on ne dispose pas d’étude récente sur la progression des idées du RN dans les rangs des personnels liés au monde de l’éducation, on perçoit certains signes alarmistes.

C’est pourquoi le Centre Henri Aigueperse mène actuellement une étude de recherche, dans le cadre de l’agence d’objectifs de l’Institut de Recherches Économiques et Sociales (IRES) sur ce sujet. Pour bien combattre la progression de l’extrême-droite, il faut en effet partir d’une base solide de connaissances.

10 ans d’immersion dans la France du RN : l’œil de Vincent Jarousseau

Éducmag a interrogé Vincent Jarousseau sur les ressorts et l’évolution du vote d’extrême-droite. Le photojournaliste décrit un basculement amorcé dans les années 2010, lié à la stratégie de dédiabolisation et à l’ancrage local du RN, notamment à HéninBeaumont. Cette évolution accompagne les transformations des classes populaires confrontées aux crises sociales, à la mondialisation et à la construction européenne. Depuis 2020,

l’inflation, la concurrence sociale et la ségrégation territoriale ont renforcé ces dynamiques et élargi l’électorat du RN. Le sentiment d’échec et de mépris du système scolaire, symbolisé par Parcoursup, alimente la défiance, tandis que la gauche est perçue comme éloignée des ouvriers, et dominée par des « . Jarousseau appelle alors à un discours unitaire, ancré dans le quotidien, et à un engagement militant pour construire un contre-récit.

Les dérives du masculinisme

Concept issu du XIXe siècle, le masculinisme est aujourd’hui repris par l’extrême-droite. Il est extrêmement présent sur les réseaux sociaux.

On estime à 10 minutes le temps pour qu'un homme se voie proposer du contenu masculiniste en arpentant les réseaux sociaux. On y trouve des appels à la violence, au viol et au meurtre. Il s’agirait pour les créateurs de réhabiliter une virilité . C’est un public de plus en plus jeune qui est touché. Le discours masculiniste tend à banaliser les violences faites aux femmes, tout en s’appuyant sur les stéréotypes de genre, il les nourrit. Pour l’UNSA éducation, ce phénomène rappelle que l’éducation à la vie aff ective et relationnelle, et à la sexualité (EVARS) est cruciale. Pour la protection des personnes, les moyens attribués à la plateforme Pharos qui est dédiée à ce sujet, doivent être augmentés. Enfin la lutte contre la désinformation sexiste dans les médias doit se poursuivre. Cela passe notamment par une pérennisation des financements d'associations féministes.

ROYAUME-UNI

LE SYNDICALISME ENSEIGNANT ENGAGÉ

CONTRE LA PROGRESSION DU MASCULINISME

Au Royaume-Uni, notre partenaire syndical, le NASUWT, s’engage contre la montée du discours d’extrême-droite dans la société, et notamment contre les idées masculinistes qui se diffusent chez les jeunes, à l’instigation du parti d’extrêmedroite du Reform Party. Le syndicat britannique des enseignants s’implique dans la mise en œuvre du programme « british values » à l’école pour promouvoir le vivre-ensemble, la démocratie et la tolérance. Raquel Parchment, militante du NASUWT à Birmingham, répondait en avril 2025 aux questions de notre playlist youtube « Nos partenaires en parlent ».

De l’école à l’université : un engagement commun pour le débat démocratique

La démocratie garantit la pluralité des opinions et encourage la confrontation des idées, y compris dans la tradition de la disputatio telle que pratiquée dans les universités médiévales.

L'École comme l'université sont des lieux où s'apprennent le raisonnement, le débat argumenté et la liberté intellectuelle. C'est précisément parce qu'elles forment des citoyens capables d'analyse qu'elles sont au cœur d'enjeux politiques majeurs. Face aux obscurantismes et aux forces réactionnaires qui jouent l'offensive, aucun recul, aucune faiblesse n'est possible. Toute instrumentalisation constitue une trahison de cet idéal.

Pour les personnels, ces missions ne sont pas abstraites : elles relèvent à la fois d'une responsabilité professionnelle et d'un engagement pour une société éclairée.

Une page d'histoire

1936 : le Syndicat national des instituteurs, acteur du Rassemblement populaire

90 ans plus tard, il est important de se rappeler ce rôle fédérateur entre syndicats, partis, et associations.

Ce programme, qui est publié dans la presse militante les jours suivants, est le fruit de longues discussions entre les forces de gauche, la CGT et des associations comme la LDH (Ligue des droits de l’homme) ou le CVIA (Comité de vigilance des intellectuels antifascistes). Il fait suite à un mouvement unitaire né en réaction au 6 février 1934 où l’opinion publique a découvert que la République est en danger face à l’agitation de l’extrême-droite. Le 14 juillet 1935 est proclamé un serment d’union afin de porter un programme pour les prochaines élections législatives.

Des discussions longues et diff iciles

Ces tractations concernent les socialistes, les communistes et les radicaux et les autres partenaires. Certains groupes comme la Ligue des droits de l’Homme ou le SNI, Syndicat national des instituteurs et institutrices, font alors figure de facilitateurs. C’est pourquoi, c’est dans les locaux du SNI que l’accord définitif est signé. On y trouve d’ailleurs la marque de l’influence des éducateurs : scolarité obligatoire jusqu’à 14 ans, unification du système éducatif pour davantage d’égalité sociale, défense de la laïcité, de

la liberté de conscience et des droits civiques sont parmi les revendications contenues dans ce programme. Beaucoup d’instituteurs et d’institutrices, engagé.es dans le syndicat, dans des partis politiques ou des associations signataires vont alors participer à la campagne électorale. Une jeune génération d’instituteurs militants du SNI se lance en politique et plusieurs d’entre eux comme François Camel ou Augustin Malroux sont élus. Après la victoire en mai 1936, c’est un jeune ministre radical-socialiste, Jean Zay qui s’occupe de l’éducation nationale sous la houlette de Léon Blum, devenu président du conseil et chef du gouvernement du Front populaire. Son œuvre sera importante et a marqué durablement les esprits. Durant l’année 2026, plusieurs initiatives commémoreront les 90 ans du Front populaire.

POUR ALLER PLUS LOIN

Jean Vigreux, Découvrir le Front populaire, éditions sociales, 2026

Benoît Kermoal « Le Front populaire et l’école », Fondation Jean-Jaurès, www.jean-jaures.org/publication/le-front-populaire-et-lecole/

édito de "l'école libératrice", journal du SNI, décembre 1936

Faut-il abaisser l’âge du droit de vote à 16 ans ?

La question est discutée en France depuis longtemps déjà, puisqu’en 2007, la revue Phosphore interrogeait les jeunes eux-mêmes pour sonder leur opinion. Certes, elle n’est pas d’actualité pour les prochaines élections municipales qui auront lieu dans quelques semaines maintenant, mais le sujet est régulièrement reposé : faut-il abaisser l’âge légal du vote à 16 ans ?

En France, cette baisse de la majorité électorale est questionnée pour les élections locales. Le Sénat a rejeté cette proposition en 2021 tandis que l’UNICEF France fait campagne pour. Dans les deux camps, on fait étalage de nombreux arguments. Se faire une opinion n’est donc pas si simple.

Non, car voter est un acte de responsabilité

Trois raisons principales sont avancées par les opposant.es à l’abaissement de l’âge légal de vote.

La correspondance entre la majorité électorale avec la majorité civile. Largement repris dans les débat du Sénat et porté par la rapporteuse Nadine Bellurot, sénatrice LR de l’Indre, cet argument a présidé en 1974 pour établir à 18 ans l’âge à la fois de la responsabilité civile et du droit de vote. Elle cite l'alinéa 4 de l'article 3 de la Constitution, « sont électeurs, dans les conditions déterminées par la loi, tous les nationaux français majeurs des deux sexes, jouissant de leurs droits civils et politiques » et en déduit que « la majorité électorale découle ainsi de la majorité civile ». Abaisser la première sans modifier la seconde reviendrait à « octroyer le droit de vote à des individus qui ne sont pas juridiquement reconnus comme capables ni responsables créerait une catégorie inédite de citoyens , dont les droits excéderaient les devoirs ».

18 ans c'est parfois trop jeune et ce n'est pas une question de maturité

Les connaissances nécessaires pour être, savoir, voter. En évoquant cette dimension, l’universitaire et économiste Pierre Rondeau, interroge la formation citoyenne et la capacité à se faire une opinion personnelle pour « bien voter ». Constatant certains manques de connaissances chez ses étudiant.es, il précise que « 18 ans c'est parfois trop jeune et ce n'est pas une question de maturité... C'est une question de connaissance, pour voter en connaissance de cause et en anticipation ». Si la question est aussi vieille que le droit de vote, se pose en France depuis la Révolution de 1789 et a jeté les base d’une nécessaire éducation populaire dès la fin du XIXe siècle, elle reste d’actualité, quel que soit d’ailleurs l’âge du droit de vote, mais davantage encore plus il est bas.

Une tentative de lutte contre la droitisation de la société. L’argument est ici plus polémiste, plus politique aussi voire politicien. Il est défendu - entre autres - par Jean-Philippe Feldman, directeur de recherches à l'IIREF (Institut de Recherches Économiques et Fiscales, think tank libéral et indépendant européen) qui voit dans la volonté de la gauche d’abaisser l’âge du vote, la volonté « d’une part, de disposer d’un électorat utile manipulé dès son plus jeune âge par des médias et des enseignants dirigés » ; d’autre part, de politiser la société plus encore sur le thème bien connu du « tout est politique »

Oui, car voter est un acte de redynamisation de notre démocratie

D’autres justifications animent les partisan.es de l’abaissement du droit de vote à 16 ans :

Une volonté de réduire l’abstention. La baisse croissante de participation aux élections inquiète, d’autant que les travaux de recherche montrent que les premiers votes sont cruciaux, notamment chez les jeunes. En effet, plus les citoyens prennent l’habitude de voter tôt, plus ils votent durablement et régulièrement tout au long de leur vie. Abaisser l’âge de vote à 16 ans permettrait donc de minimiser les obstacles causés par la mobilité mais aussi de profiter du contexte scolaire pour mieux informer ces primo-votants « Ça permet définitivement de lutter contre l'abstention », affirme Lucile Grosjean (UNICEF France).

un apprentissage de la citoyenneté dans des cercles en dehors de la famille ».

voter à 16 ans permet un apprentissage de la citoyenneté en dehors de la famille

Un apprentissage avancé de la citoyenneté. Comme à pu le faire remarquer Marine Tondelier, la secrétaire nationale des Écologistes : « Aujourd’hui, en France, on peut ouvrir un livret d’épargne à 12 ans, on a une responsabilité pénale à 13 ans, on peut faire un testament à 16 ans, mais par contre, pour voter, il faut attendre 18 ans (...) Qu’il (le droit de vote) ait lieu à 16 ans quand on est censé être encore scolarisé et au lycée, ça permet aussi

UN EFFET POLITIQUE MARGINAL

Voter dès 16 ans n’est pas une demande de tous les jeunes. Pour qu’elle soit utile, il faudrait qu’ils « s’emparent d’un tel droit pour le rendre effectif » rappelle Brice Teinturier (Ipsos BVA). Il précise que « cela aurait l’immense mérite d’envoyer un signe à une population qui se vit comme non reconnue et reléguée ». Quant au rapport de force électoral, l’effet serait, selon lui, marginal. La question est donc plus politique au sens large de la citoyenneté et éducative que politicienne.

Un enjeu crucial pour les vieilles démocraties. La France, comme plus généralement d’autres pays en Europe, peine à intégrer les jeunes populations aux institutions de la démocratie, représentative et donc fondée sur le vote. Pour les chercheur.es Marion Paoletti et CharlesEdouard Sénac, ce désengouement de la jeunesse pour la politique électorale, attestée par un fort taux d’abstention et une baisse du nombre de jeunes militants au sein des organisations politiques traditionnelles, conduit à « une sous-représentation dans les urnes des jeunes et des populations les moins diplômées ». Celle-ci « rend manifeste la production par les démocraties occidentales de fortes inégalités électorales non seulement en fonction du statut socio-économique et culturel mais aussi de l’âge ». Le vote des jeunes dès 16 ans tenterait donc d’enrayer un phénomène de fracture sociale et de fragilisation de la démocratie.

Ailleurs dans le monde

Le vote des jeunes dès 16 ans est déjà en œuvre :

• aux élections locales en Allemagne, Autriche, Malte, Estonie, Écosse, Pays de Galles, Suisse, Belgique, Norvège ;

• aux élections européennes en Belgique, Autriche, Allemagne, Malte, Grèce ;

• à toutes les élections en Argentine, Brésil, Cuba, Indonésie, Nicaragua , Équateur.

Christelle Kauffmann (SNPDEN-UNSA)

« Améliorer le quotidien, porter nos valeurs »

L’engagement syndical, était-ce une évidence pour toi ?

Avant de devenir personnel de direction, j’avais croisé une militante syndicale d’une autre organisation que j’avais trouvé inspirante, un modèle d’engagement revendicatif positif. Une autre rencontre décisive a été le chef d’établissement de mon premier poste, un adhérent SNPDEN, qui m’a amenée à ma première réunion syndicale. J’ai été attirée par un engagement sur la base de valeurs, qui correspondait à ma conscience citoyenne, forgée dans une famille où le débat gauche-droite était très présent.

Qu’est-ce qui t’a amené à devenir militante du SNPDEN-UNSA ?

Le fait d’être engagée pour des valeurs démocratiques, républicaines, contre l’extrême-droite, que je ne me résous pas à voir arriver au pouvoir. En cohérence avec une certaine pratique professionnelle, où on propose, où on cherche des solutions, y compris au sein de la fédération, en lien avec les autres syndicats. Je me retrouve aussi très bien dans l’UNSA, dans un ensemble plus vaste que notre métier, où on construit ensemble, où on ne pratique pas la terre brûlée.

Comment peux-tu résumer ton parcours syndical ?

Je me suis retrouvée isolée pour mon premier poste de principale, sans adjoint, dans la campagne du Lot. Je n’arrivais pas à accéder au DASEN, au recteur, et quand je me suis retournée vers la secrétaire départementale du SNPDEN, Isabelle Seguin, elle m’a intégrée dans son équipe et permis de comprendre comment se passaient les choses. J’ai pris des responsabilités et j’ai rapidement été confrontée à la problématique de l’égalité femmeshommes dans laquelle je me suis beaucoup impliquée (notamment face à une équipe rectorat/DASEN composée uniquement d’hommes dans une réunion de pré-rentrée des chefs d’établissements !). J’ai donné du temps à l’activité syndicale, mais j’ai aussi beaucoup appris, à prendre la parole, à communiquer, à défendre un point de vue...le SNPDEN est un lieu de formation essentiel.

Qu’as tu appris dans ton engagement syndical ?

À prendre du recul par rapport au quotidien, à avoir une approche globale pour prendre en compte le point de vue des enseignants, des DDFPT, des autres métiers, en apprenant à mieux se connaître...Ma satisfaction, par exemple comme secrétaire académique, est que les collègues aient pu compter sur moi, se soient sentis épaulés. Je me rappelle aussi de moments forts, comme quand on prend la parole en réunion de pré-rentrée et qu’on sent la force du collectif, quand on est applaudie et soutenue par les collègues, parce qu’on parle avec conviction.

CONGÉ MENSTRUEL : L'UNSA EN CAMPAGNE

70 000 SIGNATURES, ET MOI, ET MOI, ET MOI...

À l’heure où vous lirez ces lignes, la pétition pour l’inscription du congé menstruel dans la loi aura franchi le cap des 64 000 signatures.

Un chiffre fort, symbole d’une attente réelle et d’un besoin largement partagé. Et si vous ne l’avez pas encore signée, quelques minutes suffisent : le QR Code ci-contre vous permettra de rejoindre la liste des signataires !

Portée par l’UNSA, cette pétition rencontre un écho considérable. Elle marque une étape importante dans la reconnaissance d’un sujet longtemps relégué au silence. Pour autant, ce succès ne doit pas être une fin en soi. La mobilisation doit se poursuivre et s’amplifier, afin de renforcer la présence et la visibilité de l’UNSA dans les établissements scolaires, les administrations, les services publics comme dans les entreprises.

Les retours du terrain sont extrêmement encourageants.

« Enfin un syndicat qui s’occupe de nous », « vivement que ça arrive chez nous », « une campagne à la hauteur des femmes, merci » : ces témoignages illustrent l’attente forte autour de cette revendication. De nombreuses personnes s’étonnent positivement de voir enfin un syndicat s’emparer d’une réalité vécue par des milliers de travailleuses, longtemps minimisée ou invisibilisée. Pour beaucoup, cette

campagne constitue une prise en compte concrète de la question des règles dans le monde du travail, non comme un sujet intime ou tabou, mais comme un enjeu de santé et d’égalité professionnelle.

Partout, la pétition est accueillie avec enthousiasme, que ce soit dans les rues de la capitale, devant les universités de Nantes et d’Orléans, à Lyon ou encore dans la Loire.

À l’UNSA, il n’est pas question de s’arrêter en si bon chemin. L’exigence d’un congé menstruel inscrit dans la loi trouve un écho certain auprès des travailleuses, mais aussi des travailleurs, conscients des enjeux de santé, d’égalité et de dignité au travail. Cette action se poursuivra jusqu’à l’aboutissement de notre revendication : une reconnaissance légale, claire et protectrice.

Toujours NON à la baisse des rémunérations en Congé de Maladie Ordinaire

Les agents publics perdent 10% de leur rémunération pendant les trois premiers mois d'un Congé de Maladie Ordinaire. Injuste !

Rejoignez la liste des signataires grâce au QR code

L’UNSA Fonction Publique dénonce toujours la baisse des rémunérations des fonctionnaires et des contractuels en cas de congés de maladie ordinaire (CMO). Aucun agent ne choisit d’être malade ou accidenté. Ce sont des médecins qui signent les arrêts de maladie. Jusqu'au 1er mars 2025, les employeurs publics prenaient totalement en charge pendant trois mois le salaire des agents lorsqu’ils étaient malades. La baisse de 10% est une perte de droits. Cette décision rompt la confiance qui liait les agents à leurs employeurs publics. De plus, cette mesure impacte l'attractivité de la fonction publique. Pour l’UNSA Fonction Publique, la santé des agents doit rester une priorité des employeurs publics. Pour toutes ces raisons, l’UNSA Fonction Publique exhorte, une nouvelle fois, le gouvernement à revenir sur cette mesure arbitraire, inéquitable et injuste.

Ne laissons pas l'avenir s'écrire sans nous

Santé des enfants et des jeunes : l’urgence d’agir maintenant

La santé des enfants et des jeunes est aujourd’hui un angle mort de la politique publique.

Dans les écoles, collèges, lycées, les besoins explosent tandis que les moyens humains s’effondrent. Il en est de même à l’université. Comment protéger près de 12 millions d’élèves avec seulement cinq cents médecins scolaires ? Les conséquences sont déjà visibles : souffrance psychique en hausse, troubles de la santé physique, situations de handicap mal accompagnées, prévention en berne.

Faute de personnels suffisants — médecins, infirmier. es, psychologues, assistant.es sociales — les difficultés sont repérées tard et les prises en charge arrivent quand la situation est déjà critique. Les équipes éducatives se retrouvent en première ligne, sans formation ni moyens adaptés. Cette situation creuse les inégalités et met en danger les élèves les plus vulnérables.

PRÉVOYANCE : QUE VAUT LE CONTRAT COLLECTIF PROPOSÉ PAR LE MINISTÈRE ?

À la date du 1 er mai 2026, nous adhérerons toutes et tous au contrat collectif en santé mis en place par le ministère. À la même date, le ministère nous proposera un autre contrat collectif qui sera, lui, facultatif : il nous proposera une couverture complémentaire en prévoyance.

Quels risques seront couverts ?

Le contrat proposé par le ministère couvrira les trois risques classiques en matière de prévoyance : l’incapacité (arrêts maladie), l’invalidité et le décès. Pour chacun de ces trois risques, il vous permettra de continuer de percevoir une plus grande partie de votre rémunération (ou capital versé à vos proches en cas de décès).

Le contrat proposera une offre socle, qui couvre le congé longue/grave maladie, l’invalidité et le décès. Vous pourrez souscrire à l’option, qui protège en cas d’arrêt maladie ordinaire et de congé de longue durée.

Quand démarre ce contrat ?

Il nous sera proposé à la date du 1er mai 2026. Avec un délai de 6 mois (donc jusqu’au 1 er novembre 2026) pour pouvoir y adhérer sans aucun questionnaire d’âge ni de santé. D’ici le 1er mai, le ministère va envoyer un mail à chaque agent.e, afin de l’informer de cette proposition de couverture et de la manière d’y adhérer.

À quel prix ?

La cotisation est un pourcentage de votre rémunération brute globale : 0,95% pour le socle et 0,63% pour l’option. À quoi il faut déduire 7€ / mois qui seront remboursés par le ministère, si vous adhérez au contrat collectif.

Envie d’en savoir plus ?

Vous souhaitez en savoir plus ? Vous vous demandez quelle protection réelle apporte ce contrat dans toute situation médicale ? Vous hésitez à résilier votre contrat prévoyance actuel ?

Pour avoir des réponses à toutes vos questions, contactez votre syndicat au sein de l’UNSA Éducation. Nous organisons des webinaires pour tout comprendre en une heure.

N’hésitez pas à y assister afin de comparer et décider quel est le contrat qui vous est le plus adapté. Une information fiable et complète, non orientée, c’est cela l’engagement de l’UNSA Éducation, afin que vous puissiez choisir ce qui est le mieux pour vous.

Une seule certitude : ne restez pas sans couverture complémentaire prévoyance !

ÉTAPE GUYANAISE DU PLAIDOYER ULTRAMARIN :

AGIR CONTRE LES ENCLAVEMENTS

Dans le cadre du plaidoyer pour défendre une équité éducative dans les territoires ultramarins, Morgane Verviers s’est déplacée en Guyane. La thématique choisie était la question des enclavements.

Particulièrement prégnante sur le fleuve Maroni et spécifiquement dans les sites isolés uniquement accessibles en pirogue, l’enclavement est aussi réel dans le développement de quartiers informels, de squats au sein des villes et plus globalement dans les conditions de vie au sein du territoire.

Ce déplacement a été l’occasion de très nombreuses rencontres avec les acteurs éducatifs, sociaux et politiques de la Guyane, élus, recteur, président de l’université, collègues, élèves, parents d’élèves, associations, UNICEF, en y associant plusieurs syndicats de la fédération. Ce sont ainsi des visages, des lieux, et des situations qui viennent illustrer les réalités locales, et donnent des pistes pour des propositions construites avec les principaux concernés au sein du plaidoyer.

Lutte contre la précarité : rencontre avec des acteurs du territoire à Orléans

Des représentants de notre fédération, dont la secrétaire générale Morgane Verviers, et la co-secrétaire générale du SNASEN-Unsa, Yasmine Alloui, sont allés à la rencontre des acteurs qui luttent au quotidien contre la précarité étudiante le lundi 19 janvier à Orléans.

Au travers des rencontres en terrain d’éducation, l’UNSA Éducation met en lumière les enjeux cruciaux pour l’avenir de l’éducation afin d’engager une réflexion collective sur les orientations à privilégier.

La précarité étudiante et la mixité sociale dans l’enseignement supérieur étaient au coeur du 19 janvier pour les représentants de notre fédération. Ils étaient accom-

pagnés de Choukri Ben Ayed, sociologue spécialiste des inégalités sociales en milieu scolaire. Temps fort de cette journée, une table ronde qui a réuni sur le campus d’Orléans les acteurs locaux qui œuvrent au quotidien sur cette question, après une matinée consacrée à des visites au CROUS et à l’épicerie solidaire Esope. Cette journée de travail a d’ailleurs résonné avec l’actualité nationale puisque le Premier ministre avait annoncé le matin même sa volonté de généraliser le repas à 1 euro proposé par les CROUS.

La table ronde organisée par le SNASEN-Unsa réunissait d’ailleurs plusieurs représentants d’associations qui œuvrent auprès des étudiants en difficulté pour leur permettre de répondre à leurs besoins primaires, comme le Secours populaire, les Restos du Coeur ou Esope. Cette épicerie solidaire, ouverte en 2022, compte près de 2 000 étudiants inscrits sur les 23 000 recensés à Orléans. Elle a enregistré l’année dernière près de 28 000 passages.

La précarité est multiforme, globale, comme l’ont rappelé nos interlocutrices du Crous. Elle ne concerne pas que la difficulté à se nourrir, à se loger, mais également l’accès aux soins, à la prévention, avec une forte attention portée à la santé mentale des jeunes.

“Le
“Le voyage est un retour vers l’essentiel.”

— Proverbe tibétain

Découvrir le monde, explorer ses trésors naturels et culturels, vivre des émotions fortes et des moments de partage : telles sont les promesses d’Arts et Vie, votre spécialiste du voyage culturel depuis 70 ans. Animés par une passion sincère pour la culture et la transmission, nous vous proposons des circuits guidés où la curiosité devient rencontre et où chaque destination se révèle en profondeur. Voyager en groupe avec Arts et Vie, c’est choisir l’expertise, le confort, la convivialité et l’authenticité — pour voir le monde autrement.

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ÉDUCATION AU VIVRE ENSEMBLE

L'Espagne nous inspire !

L’UNSA Éducation, en lien avec son partenaire syndical, le secteur enseignement de l’UGT –Services publics, a mené un projet Erasmus à Madrid, impliquant des représentants de quatre syndicats de la fédération, du 26 au 30 janvier.

Dix responsables nationaux et locaux du SE-UNSA, du SIEN-UNSA, du SNASEN-UNSA, du SNIA-IPR UNSA et de la fédération sont partis étudier un système éducatif espagnol où la nouvelle loi LOMLOE (Loi Organique d’Éducation) donne la priorité au vivre-ensemble, au bien-être des élèves ou encore à l’égalité filles –garçons. De nombreuses rencontres institutionnelles, syndicales, une visite d’école et d’un collège, et plusieurs rencontres avec différentes catégories de personnels, ont ainsi pu être menées. Nos militants ont pu appréhender comment des politiques éducatives pouvaient être menées dans un système décentralisé. Avec une priorité donnée à la gestion des émotions et la prévention des conflits qui n’est clairement pas celle de notre École.

Ibest, enquête sur le bien-être des

personnels des communautés éducatives

L’International Barometer of Education Staff (IBEST) cible tous les personnels éducatifs travaillant dans un établissement accueillant des élèves de 3 à 18 ans.

Tous les deux ans, IBEST étudie l’état de santé, le bien-être, et les conditions de travail des personnels de l’éducation à l’échelle mondiale. Elle est pilotée par la Fondation MGEN pour la santé publique et l’Internationale de l’Éducation.

La première édition s’est déroulée au printemps 2021 dans six territoires (France, Belgique francophone, Québec, Maroc, Gambie, Mexique), avec 8 000 enseignant.e.s participant.e.s, offrant une première comparaison internationale sur trois continents. La deuxième édition s’est tenue de février à juin 2023, élargissant l’enquête à 13 pays/territoires et à l’ensemble des personnels de l’éducation, recueillant plus de 26 000 réponses.

La 3 e édition (I-BEST 2026) est actuellement en cours, impliquant 18 pays, avec une collecte de données prévue jusqu’en avril 2026. Ses résultats doivent permettre de placer les sujets de la santé au travail, des risques psychosociaux et de la santé mentale des personnels éducatifs au cœur du débat public. Cette enquête sera relayée sur nos supports de communication dès la mi-février.

Voir la mer

Sous diverses coutures, par le biais d'œuvres originales représentant des poissons, des créatures, des navires ou encore la pollution, la mer est à Paris au Maif Social Club jusqu’en juillet 2026.

L'océan a inspiré des artistes contemporains, dont les productions nous permettent de rêver, de nous évader, mais aussi de nous conscientiser sur les problématiques écologiques. L’expo -gratuite- propose un double aff ichage avec des cartels pour adultes, et d'autres qui se placent à hauteur d'enfants.

www.maifsocialclub.fr/

Lancement du 7e rapport du GIEC

Près de 600 auteurs et autrices du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) – sur plus de 1 500 en tout – se sont réunis à Saint Denis en décembre dernier, pour inaugurer un nouveau cycle de travail, en vue de l’actualisation de l’ensemble des connaissances scientifiques sur le changement climatique. Au moins trois tomes en sortiront, abordant respectivement les causes (groupe 1), les conséquences (groupe 2) et les réponses au réchauffement climatique (groupe 3).

Son fonctionnement est altéré par le revirement d’États membres de l’ONU, à commencer par les États-Unis qui ont retiré leur contribution financière d’1,7 million d’euros sur les dix nécessaires au fonctionnement du groupe d’expert.es.

www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/ comprendre-giec

Podcast Complorama

à mettre d’urgence entre toutes les oreilles !

Ce podcast de France Info, présenté par Rudy Reichstadt et Tristan Mendès France, analyse et décrypte comment la complosphère surfe sur l’actualité pour alimenter ses partisans et augmenter ses cercles d’influence. D’un format court de 30 minutes, il reprend l’historique des faits et la façon dont les influenceurs et autres personnalités complotistes utilisent les évènements pour nourrir la complosphère. Outil indispensable et d’utilité publique pour comprendre comment fonctionnent le mécanismes qui font grossir la complosphère.

Ma frère

Un groupe d’enfants parisiens habitants d’une cité du 19ème arrondissement, part en colo dans la Drôme. Les réalisatrices saisissent avec brio le langage, les questions et les aspirations de deux générations : celle des animateurs et animatrices, celle des enfants, et adolescents (les petits, les grands). Un film d’été réjouissant sorti au cœur de l’hiver hexagonal, qui met en avant ce métier choisi de l’animation volontaire, tremplin vers son côté professionnel, un métier incarné et défendu par des jeunes adultes qui veulent influencer le destin des enfants qu’ils encadrent et éduquent.

Un collège, deux manières de comprendre son quotidien.

Pour l’émission Les pieds sur terre de France Culture, Anna Benjamin suit l’ouverture d’un collège à Nantes, initié par le conseil départemental pour faire vivre la mixité sociale. À chacun des quatre épisodes, elle recueille les paroles d’élèves, de parents, de chef d’établissement, de professeurs et de CPE. On y entend aussi des élèves qui expérimentent cette mixité sociale, ainsi que leurs professeurs qui se démènent pour la faire vivre au quotidien, non sans diff iculté. www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-lecollege-des-possibles#concept-about

Dans le numéro d’hiver 25/26 de La revue dessinée, on retrouve le même collège nantais en version bande dessinée. Impossible donc de passer à côté de cette inspirante expérience de mixité à l’École. www.larevuedessinee.fr/

France Fiction de Yann Bouvier

L’auteur s'entoure de 25 historiennes et historiens pour tordre le cou aux clichés et idées reçues qui saturent les discours politiques et les médias.

Yann Bouvier, enseignant, s'attaque à la fabrique du récit national et à la réécriture de l'histoire. De à en passant par , cet ouvrage revient sur vingt-six exemples concrets d'instrumentalisation du passé, du Moyen Âge à nos jours.

Oxmo Puccino, le 8 e album

sorti le 17 octobre 2025 album pour lequel l’artiste est en tournée. Il s'agirait du dernier album de sa riche carrière qui a marqué les 25 dernières années. Celui qui s'autoproclame, à juste titre, le rappeur de l'amour est bien plus que ça. C'est un monument du rap français. Ce poète, véritable conteur, réunit un public très large dans ses concerts. Sa voix profonde, son sens du rythme et sa capacité à jouer avec les mots n'ont rien perdu au fil des ans et s'illustrent encore dans cet album qui multiplie les collaborations (Vanessa Paradis, MC Solaar etc.). L'artiste partage ses questionnements en particulier sur la vérité et le sens profond des choses.

L'affaire Bojarski

sorti le 14 janvier 2026 avec Réda Kateb

L'histoire de Jan Bojarski, jeune ingénieur polonais qui se réfugie en France pendant la guerre, est peu connue. Pourtant ce faussaire de génie, qui a utilisé ses dons pour fabriquer des faux papiers pendant l’occupation allemande, aurait pu déposer de nombreux brevets pour ses inventions. Au-delà de l'histoire passionnante, Réda Kateb montre une fois de plus l'étendue de son talent de comédien. Il dépasse cette histoire singulière en racontant quelque chose de notre société et en campant de manière éclatante un réfugié polonais de manière crédible sans que personne n'y trouve rien à dire. Dans cette période polarisée de stigmatisation et de suspicion généralisée, une force positive à méditer.

À LIRE
À ÉCOUTER
À VOIR

MGEN. Première mutuelle des agents du service public

Grande cause nationale 2026

MGEN, historiquement engagée en faveur de la santé mentale, se mobilise

En réponse à la forte augmentation des troubles psychiques, en particulier chez les plus jeunes, la santé mentale a été à nouveau promue Grande cause nationale 2026. Cette promotion est largement due à la forte mobilisation du collectif Santé mentale Grande cause nationale, qui réunit de nombreux acteurs.

MGEN a rejoint son comité de pilotage à l’été 2023, mais son engagement pour changer le regard sur la souffrance psychique est bien plus ancien. Par exemple, depuis 2013, elle participe activement chaque année à la campagne déployée à l’occasion des Semaines d’information sur la santé mentale.

87 %

des Français n’osent pas parler de leurs problèmes de santé mentale à leur famille ou leurs amis*.

35 %

d’entre eux n’osent pas aborder le sujet avec leur médecin traitant*.

* Sondage Yougov x Qare, 2021

→ Le saviez-vous ?

MGEN a créé un forfait psychothérapie qui inclut le remboursement de 15 à 20 € par consultation de psychothérapie et ce, jusqu’à 20 séances par an.

Depuis le 1er mai 2021, la mutuelle propose également de rembourser à hauteur de 60 € 4 consultations de psychothérapie par an.

L’engagement de MGEN en faveur de la santé mentale remonte aux années 50 et dépasse largement le seul champ de la déstigmatisation des troubles psychiques. Ses actions vont de la prévention jusqu’aux soins dans ses établissements ouverts à tous, en passant par la prise en charge de consultations de psychothérapie.

Enfin, la mutuelle prévient le décrochage professionnel, accompagne le retour à l’emploi et propose des séjours de ressourcement. Son offre est complémentaire de celle du Groupe VYV dont elle est membre fondateur et qui propose des dispositifs sociaux et médicosociaux.

MGEN. On s’engage mutuellement

DirCom MGEN - 2601-PR210x220-Sante_Mentale_FC - © Illustration : Camilo Huinca

2601-PR-210x220-Santé mentale-Format court.indd 1 14/01/2026 14:33

GESTION DES RETOURS : PA - 95154 - TAVERNY CEDEX

PARIS CPCE

LA POSTE

DISPENSE DE TIMBRAGE

MGEN, membre du groupe VYV, est une mutuelle régie par le Code de la mutualité et la première mutuelle en cotisations individuelles. Classement Argus de l’assurance, oct. 2025.

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