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NU M ÉRO

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La Gazette des Arcades

SEPTEMBRE 2009

Dans ce numéro Actualités P.1

L’association : Les Arcades ont pour ambition de valoriser l’histoire et le patrimoine de Carentan et de sa région. Mettre à la portée du plus grand nombre le patrimoine de notre environnement immédiat. Aider à sa découverte et à sa compréhension.

La gazette: Vous avez sous les yeux le premier numéro de la publication des Arcades. En version papier ou en fichier numérique, la gazette est GRATUITE. Pour obtenir la version couleur, il suffit de demander le fichier PDF à l’adresse suivante : lesarcadesdelhistoire @yahoo.fr Le rythme des parutions dépendra de l’actualité de l’association et de l’humeur de ses membres !

Le point sur l’église médiévale P.3 A la source P.7 A la soupe ! P.8

Le mot de la présidente : Bonjour à vous tous, Vous tenez entre les mains le premier numéro de « La gazette des Arcades ». Grâce à elle, nous vous ferons part de nos réalisations, de nos projets, de nos découvertes... et nous espérons satisfaire ou éveiller votre curiosité pour le passé de notre commune et son riche patrimoine. Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter de passer un agréable moment en compagnie de notre Gazette. Isabelle Leeman Une première conférence consacrée à un déporté carentanais : Dans le cadre des cérémonies de célébration de la libération de Carentan, les Arcades ont organisé, avec l’aide de

Après Lepelletier, c’est Gloria qui s’expose à la bibliothèque municipale :

la municipalité, un hommage à Georges Gigareff, jeune Carentanais arrêté le 15 avril 1941, rue du château. Condamné à une peine de prison pour

Après avoir présenté l’histoire de la maison Lepelletier, en s’appuyant sur des documents conservés en ses murs ou prêtés par des

résistance, il fut transféré comme otage au camp de Compiègne avant d’être déporté à Auschwitz, lieu de son décès

particuliers, la bibliothèque municipale va retracer l’époque Gloria depuis le

le 29 novembre 1942. La découverte d’une plaque au lieu de son arrestation fut suivie d’une conférence à laquelle un public nombreux assista. Le tragique parcours de Georges Gigareff fera prochainement l’objet d’une publication, dont les Arcades ne manqueront pas de se faire l’écho. Voir à ce sujet la page 7

rachat de la Maison par l’AMPCO en 1923. L’exposition “Gloria : une sacrée boîte !” sera visible aux heures habituelles d’ouverture de la bibliothèque, du 19 septembre au 3 octobre.


Pour soutenir ou rejoindre l’association, téléphonez au 09.52.00.94.34 (répondeur) ou laissez un message à l’adresse suivante lesarcadesdelhistoire@yahoo.fr

A vos greniers :

LA PHOTO MYSTÈRE : Ce cliché vous rappelle-t-il un “évènement” survenu chez nous ?

Collection privée

Réponse dans le prochain numéro de la gazette O.Jouault

RECHERCHONS numéros du

COTENTIN

Le Cotentin fut un hebdomadaire rédigé et imprimé à Carentan de 1873 à 1944. Nulle part nous ne disposons d’une collection complète de ses tirages. Ni les archives départementales de la Manche, ni les archives municipales de Carentan ne peuvent satisfaire notre curiosité. Ce journal local est pourtant une source historique considérable. Peut-être en associant nos efforts serons-nous en mesure de combler les lacunes et ainsi de faciliter l’écriture de l’histoire de notre ville et de ses alentours. Si vous conservez un ou plusieurs numéros du Cotentin merci de contacter l’association. La rédaction LA GAZETTE DES ARCADES – Septembre 2009 – Page 2

Les Arcades font appel à tous ceux qui conserveraient dans leur cave ou grenier des DOCUMENTS en lien avec le passé, même récent, des Carentanais. L’association propose de numériser vos documents afin de composer au fil des ans une “banque” d’archives locales. La copie est une garantie contre la perte définitive des originaux, et un moyen de mettre à la disposition des amateurs d’histoire des matériaux inédits. Avec votre autorisation, l’association pourra mettre en valeur vos “trésors”. Si vous partagez notre souci d’écrire l’histoire et de transmettre ces références, confieznous les photos, lettres, journaux intimes, publications locales, affiches, journaux, etc., qui sommeillent dans vos greniers.


LE P INT SUR L’ÉGLISE MÉDIÉVALE DE CARENTAN Ce

qui frappe en regardant l’église de Carentan c’est l’unité de son architecture et l’importance de son décor sculpté. L’église semble toute entière nous venir de la fin des temps médiévaux. Et effectivement, l’église que nous admirons fut construite au 15ème siècle, bien qu’en plusieurs étapes. Elle fut en fait reconstruite à l’emplacement d’une autre plus ancienne mais très endommagée par le temps et les combats (on avance même que l’église participait à la défense de la ville tant elle jouxtait les murailles). A l’initiative des Anglais qui occupaient alors la Normandie, elle fut édifiée dans le style de l’époque, appelé aujourd’hui gothique flamboyant. Mais à y regarder de plus près on remarque des indices de l’ancienneté de l’édifice et de la durée de la reconstruction. Le grand portail ouest et, à l’intérieur, les piliers, les arcades en plein cintre et les chapiteaux de la croisée du transept sont plus anciens puisqu’ils remontent à la fin du 12ème siècle et sont de style roman. Au contraire le chœur est légèrement plus récent que la nef, édifié après la Guerre de Cent ans, une fois les Anglais « boutés hors du royaume ». Les formes variées des colonnes, les différentes élévations témoignent de la succession de plusieurs campagnes de travaux. Il n’empêche que l’église de Carentan est un remarquable reflet du 15ème siècle, grâce à son architecture et à son décor, qu’il soit de pierre ou de verre : elle conserve une exceptionnelle série de vitraux originaux, ce qui souligne une fois de plus l’intérêt de la visite de l’église Notre-Dame de Carentan.

Heimdal

LES CHOIX ARCHITECTURAUX :

Un plan traditionnel : Comme toutes les églises chrétiennes d’Europe de l’ouest du Moyen-âge, celle de Carentan respecte au sol un plan en forme de croix latine. On distingue nettement plusieurs parties : la

nef où se tenaient les fidèles, les deux bras du transept et le chœur, réservé aux serviteurs de Dieu. Quelques constructions postérieures (sacristie, chapelle, « caveau ») ont contrarié le simple plan originel.

LA GAZETTE DES ARCADES – Septembre 2009 – Page 3


Le chœur est tourné vers l’est. Rappelons qu’à cette époque tous les regards étaient dirigés vers Jérusalem, lieu du sacrifice de Jésus, tant ceux des fidèles que ceux des prêtres qui de ce fait tournaient le dos à l’assistance. Nef et chœur ont chacun des bas-côtés, ceux de la nef sont larges et se distinguent à peine de la nef centrale. Les bas-côtés du chœur sont en fait le déambulatoire qui permet aux fidèles de contourner le chœur et d’accéder à des chapelles disposées sur le pourtour et logées entre les contreforts. La séparation entre chœur et déambulatoire est ici très nettement marquée par une clôture qui date du 16ème.

Moins haute qu’il n’y parait : La nef est assez courte, composée de cinq travées seulement. La reprise des fondations de la plus vieille église est sans doute à l’origine de la modestie de la longueur de la nef. Le chœur est au contraire assez long, totalisant quatre travées, sans compter l’abside. L’architecte avait probablement, de ce côté, les coudées plus franches. L’élévation de la nef est également modeste. Point ici de belles élancées vers le ciel, en dépit de la maîtrise de la technique de la croisée d’ogives. De ce fait la nef n’est éclairée que par un seul niveau d’ouvertures et son centre est assez sombre. Mais, de l’extérieur, la faible hauteur de la nef amplifie l’impression de hauteur du clocher et de sa flèche, bâtis à la croisée du transept. Le chœur bénéficie lui de deux niveaux de fenêtres qui laissent entrer plus massivement la lumière. L’architecte a pris le parti de la hauteur, impression renforcée par le décor de nervures qui s’élèvent vers les cieux. La technique de l’arc boutant fonctionne ici à merveille. Si la partie basse du chœur vient s’accoter au déambulatoire et à ses contreforts, la partie

haute est soutenue par de gracieux arcs boutants qui ne masquent pas la lumière naturelle. A intervalles réguliers, ils viennent renforcer les piliers qui soutiennent la voûte mais permettent de percer largement le reste des murs. De ce fait la voûte du chœur est plus élevée que celle de la nef. C’est évident de l’extérieur. Si l’édifice est assez bas et large dans son ensemble, l’effet de lourdeur est évité par la répétition de pignons triangulaires, le décor de statues (dont beaucoup ont disparu), de pinacles et de clochetons, la fine flèche (sans doute inspirée de celle de l’église Saint-Pierre de Caen) qui prolonge le clocher carré. Tout semble tourné vers le ciel, domaine du divin.

Une discrète façade : L’église de Carentan ne brille pas par sa façade occidentale, c’est le côté sud, celui qui est tourné vers la ville (et le cimetière qui se trouvait encore au 15ème siècle à l’emplacement de l’actuelle place), qui est le plus travaillé. De gracieuses statues d’anges musiciens accueillent les fidèles qui s’approchent de ce côté-ci. Le porche sud, au décor gothique, attire davantage le regard que le portail occidental, sobrement roman, au décor géométrique. La disparition d’un porche de ce côté accentue l’aspect austère de la façade. Pourtant il faut remarquer l’originalité du fenestrage des deux baies collatérales (la grande baie centrale qui surmonte le porche a perdu son réseau de meneaux entrelacés et ses vitraux). Le décor du côté nord est quant à lui plus simple qu’au sud, en raison sans doute de la proximité des fortifications de la ville.

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LE DÉCOR :

Changement de registre : Au Moyen Age, les très nombreuses églises et chapelles (on dénombrait au moins quatre chapelles sur la paroisse à la fin du Moyen Age) doivent affirmer la grandeur de Dieu et diffuser son message. Le décor a des fonctions glorifiantes et pédagogiques. Les plus anciennes sculptures sont situées au sommet des gros piliers de la croisée du transept qui supportent le clocher. Nous n’en ferons pas la liste mais vous remarquerez le registre fabuleux du décor : des sirènes et autres monstres effrayent les Carentanais depuis neuf siècles. L’âge roman était un temps de crainte dans les diableries de Satan et l’on n’échappait aux tourments de l’enfer qu’à condition de croire

et d’œuvrer aveuglément. Le décor participe à dissuader de pêcher. Aux siècles suivants, il devient plus aimable. L’amour du Créateur est célébré comme en témoignent les sculptures des bas côtés ou du chœur : végétaux, humains, éléments du monde d’ici bas. Un sculpteur facétieux a caché dans les chapiteaux de la nef (côté sud) ici un escargot dans le feuillage de pierre d’un chapiteau, là deux petits personnages grimaçants. Dans le chœur, les culots figurent des personnages de l’Ancien Testament mais en tenue du 15ème siècle. D’autres éléments sculptés sont des dédicaces qui immortalisent le temps de l’édification de l’église (1443 côté sud, 1461 côté nord).

Fresques disparues : L’austérité actuelle

O. Jouault

des églises ne doit pas nous faire oublier l’exubérance médiévale de leur décor : en plus des vitraux, les peintures murales inondaient l’église d’images et de couleurs. Lumière et couleurs célébraient le Dieu rayonnant et éloignaient les ténèbres du mal. Mais on jugea aux Temps modernes que tout cela troublait le recueillement et la méditation et on supprima sans doute un grand nombre de fresques. Heureusement, on ne toucha pas aux vitraux.

Des romans-photos médiévaux : Plusieurs des vitraux

O. Jouault

carentanais remontent au 15ème siècle (le verre était alors un matériau rare et couteux), ayant échappé aux dégradations et au vandalisme. Dans des costumes du 15ème siècle, des centaines de personnages participent au martyre de plusieurs saints et saintes (une cinquantaine tout de même) ou à la vie du Christ. Les rocambolesques supplices imposés aux premiers chrétiens sont ici exposés fièrement. Ils ont pour fonction d’édifier les fidèles, de les inciter à la piété. Les choix iconographiques révèlent le succès au 15ème siècle du culte marial et du culte des saints, sous la protection desquels on aimait se placer. Cela quelques décennies avant la réaction protestante. Les vitraux des baies des deux bras du transept sont particulièrement remarquables pour leurs dimensions et leur réseau de pierre.

Ayez l’œil : D’inspiration religieuse ou profane, de très nombreuses sculptures ornent les murs extérieurs de l’église. On remarque tout de suite au sommet du pignon du bras sud du transept la statue de Saint Michel terrassant le dragon (copie). L’archange chevalier tient enchainé Satan et s’apprête à lui fendre le crâne. Le combat entre l’archange et le démon est une autre fois figuré sur un vitrail de l’église. Défenseur du paradis, Saint Michel est aussi le passeur ainsi qu’en témoigne un second vitrail le représentant pesant une âme. Si Saint Michel est autant honoré à Carentan c’est sans doute parce que notre ville était une étape pour les pèlerins qui LA GAZETTE DES ARCADES – Septembre 2009 – Page 5


O. Jouault

O. Jouault

empruntaient les chemins montois, mais aussi parce que la récente victoire sur les Anglais était attribuée, pour partie, à l’intervention de l’archange, celui qui parla à Jeanne d’Arc. La cote de Saint Michel, ange tutélaire d’un royaume de France en voie de relèvement, est en cette deuxième moitié du 15ème à son zénith. Toujours côté sud, les quatre statues des anges musiciens attirent également le regard : c’est au son d’une trompette, d’une cithare, d’une viole et d’un orgue qu’ils composent la musique céleste. Célébration également de la polyphonie, bien humaine celle-là, qui révolutionne en cette fin du Moyen Age la musique instrumentale. 500 ans. Au-dessus, Plus discrètes, les une balustrade finement sculptée sculptures du chevet ou de la fait tout le tour de l’église, masquant façade nord (butées des les différentes étapes du chantier cordons brisés encadrant les de reconstruction et renforçant baies ou culots des gargouilles) évoquent des fables ou des l’unité de l’édifice. scènes du 15ème siècle. On ne découvre pas de logique dans la succession des L ‘église personnages : un enfant juché sur un coq, un gothique de âne broutant un chardon, un homme tirant la Carentan célèbre donc la gloire de Dieu mais langue, une femme enfilant la culotte de son aussi le triomphe de la ville et de ses mari, un joueur de cornemuse, un fou et sa marotte, un autre joueur de cornemuse, un habitants. Faite pour durer (la pierre plutôt que le bois et le torchis), fruit des efforts de autre fou et sa marotte. Cet inventaire à la Prévert est incomplet et bien mystérieux. toute une communauté, l’église signale le réveil de la ville et affirme sa prospérité. Quelques-uns de ces marmousets semblent railler les défauts des hommes mais ils n’ont La belle silhouette qui se détache sur l’horizon plat des marais tient toutes ses pas tous révélé leurs secrets et ces sculptures invitent à l’imagination. C’est promesses. Elément du remarquable patrimoine carentanais médiéval, reflet du d’ailleurs peut-être leur principale raison d’être, en cet endroit. Moyen âge finissant, l’église Notre-Dame mérite à plus d’un titre toute notre attention. Côté sud, d’inquiétantes gargouilles dégueulent le plus loin des murs possible l’eau qui tombe sur Carentan depuis plus de Olivier JOUAULT

Samedi 19 et dimanche 20 septembre, passez la journée à Carentan : Découvrez le patrimoine carentanais à l’occasion des JOURNÉES DU PATRIMOINE. Deux occasions de redécouvrir notre cadre de vie : - Pour les adultes : La mairie de Carentan propose deux circuits commentés dits de « lecture urbaine ». Gratuit. Réservation au 02.33.42.74.00. « Carentan médiéval et classique », samedi 19, de 15 h 00 à 16 h 30. Départ square Hervé Mangon. « Quartier du port et passé industriel de Carentan». Dimanche 20, de 10 h 30 à 12 h 00, et de 15 h 00 à 16 h 30. Départ place de la République. - Pour les enfants (à partir de 8 ans) : Samedi 19 et Dimanche 20, de 15 h 00 à 16 h 30, « La cité de Carentan ». Au programme : mini circuit découverte suivi d’un goûter médiéval, jeux d’antan. Départ square Hervé Mangon, 15 h 00. Participation de 1 euro. Réservation au 02.33.42.46.40. Une initiative des Arcades de l’histoire. LA GAZETTE DES ARCADES – Septembre 2009 – Page 6


A LA SOURCE

LA GAZETTE DES ARCADES – Septembre 2009 – Page 6

Dans ce premier numéro de la gazette nous reproduisons la lettre écrite par Marthe Gigareff à son fils Georges, le 1er mars 1942. Cette lettre fait partie des 76 lettres échangées entre Georges Gigareff et sa famille durant sa détention et miraculeusement conservées. Elle est la première d’une série de 13 adressées par Marthe à son fils, transféré à Compiègne alors qu’il était libérable et que son père s’était rendu à la prison de Caen pour le raccompagner au foyer familial, 9 rue du château. Chacun appréciera la gravité de ce document.

Collection privée

Transmettre un document manuscrit ou figuré, d’origine privée ou publique, que l’association juge particulièrement intéressant pour la connaissance du passé de notre communauté, tel est le but de cette rubrique. Carentan le 1er mars 1942 Mon pauvre petit Je t’écris cette lettre à tout hasard, n’étant pas certaine qu’elle te parviendra. Je ne puis te décrire, n’est-ce pas, notre douleur quand ton pauvre père est rentré tout seul le soir du 26, je ne trouve pas de mot, tout le pays est dans la consternation, nous n’arrivons pas à mettre tout cela au-dessus de nous et cette pauvre Jeanne. Nous avons été aux renseignements à droite et à gauche nous n’avons rien su que ce que ton père avait appris à Caen que tu étais à Compiègne et le numéro du camp. J’ai perdu le sommeil, tu es devant mes yeux toutes les nuits et tu ne quittes pas ma pensée tout le jour, nous pensons bien que tu vas te faire beaucoup de peine mais il ne faut pas te laisser aller, il faut réagir et espérer, Dieu va peut-être te prendre en pitié, une messe a été dite ce matin pour toi, pour te protéger, reprend courage et tâche de nous écrire et nous dire ce que tu as besoin. Quand nous pensons que tu t’ais défait de ton linge, pas de pardessus, que tes petites chaussures, dans quel état dois-tu être mon petit Georges. Quel chagrin lorsqu’ils sont venus te chercher le matin, es-tu parti seul, ils n’ont rien voulu dire à Caen. Bien du monde prend part à nos peines et plus d’une pleurent avec nous. Madame Guilloteau, cette pauvre femme, est aussi démoralisée que nous, son Claude qui parle de toi dans toutes ses lettres. Jeanne a mangé avec nous ce midi, c’était bien triste, nous avions même fait des folies pour ton retour, il faut espérer que tu en auras ta part, si nous pouvons t’envoyer un peu de ravitaillement. Nous espérons avoir des nouvelles de toi sous peu. Nous t’embrassons tous trois bien fort, et surtout ne perd pas espoir, tes parents ne t’oublient pas. Encore un baiser de ta maman. » Marthe LA GAZETTE DES ARCADES – Septembre 2009 – Page 7


A LA SOUPE !

La solidarité, l’écoresponsabilité, la santé sont les autres objectifs de « Mange ta soupe ! ».

Pour la première année, l’association « Mange ta soupe ! » organise avec l’aide de nombreux partenaires institutionnels et associatifs la Fête de la soupe à Carentan. Du mercredi 21 au dimanche 25 octobre, les animations se succéderont avec pour point commun la soupe et ses ingrédients. Parmi les objectifs poursuivis par l’association figure la valorisation de notre patrimoine culinaire et naturel. Ces journées seront l’occasion de réveiller nos papilles, de raviver nos souvenirs de soupers familiaux. L’alimentation a une histoire, les goûts également et un tel évènement peut être l’occasion d’y réfléchir.

Collection Jean-Sébastien Griffaton

Vous avez une recette fétiche, vous aimez la soupe ou vous avez tout simplement envie de vous amuser, participez au concours général de soupes. Une condition : ne venez pas seuls. A l’image de la soupe qui est un mélange d’ingrédients, ses cuisiniers amateurs devront s’y mettre à plusieurs pour la réaliser. Associations, groupes d’amis, voisins, collègues, parents, inscrivez-vous auprès de « Mange ta soupe ! ».

Mange ta soupe !

Du 21 au 25 octobre, l’association “Mange ta soupe !” organise des journées consacrées à la SOUPE. Au programme : souper normand, monstrueux de Carentan... toute une histoire !

Indispensable à la traditionnelle soupe à la graisse : le poireau. Dans ce domaine Carentan n’a pas à pâlir d’envie. Si Marmande à sa tomate, Noirmoutier sa pomme de terre, Nantes sa carotte et Plougastel sa fraise, Carentan a son poireau : l’illustre Monstreux de Carentan. Vedette des potagers, le monstrueux est un poireau hâtif et très rustique, aux dimensions redoutables. Une bête de concours en quelque sorte. Et si, dans un vieil ouvrage de jardinage vous lisez que le poireau de Carentan est « glauque », ne prenez pas la mouche (du poireau) et rassurez-vous, c’est signe de bonne forme : cela fait référence à la couleur de son feuillage qui tire sur le bleu. La rédaction

Pour davantage d’informations sur la Fête de la soupe : Mange ta soupe ! 17 rue de l’Yser – CARENTAN mangetasoupe@neuf.fr http://mangetasoupe.over-blog.fr/ LA GAZETTE DES ARCADES – Septembre 2009 – Page 8


GAZETTE DES ARCADES n°1 (Septembre 2009)