Emmanuelle Périé-Bardout Ghislain Bardout Photographies de Franck Gazzola Préface de Camille Étienne
SUBANTARCTICA Une expédition à la recherche des forêts animales marines
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AMÉRIQUE DU SUD
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Îles Sandwich du Sud
Géorgie du Sud
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Îles Falkland (Îles Malouines)
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Îles Balleny
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Île Campbell
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AUSTRALIE
Camille Étienne est autrice et activiste pour le climat et la justice sociale. Elle s’est spécialisée sur les questions liées à l’océan dans les instances internationales, notamment à la COP30 avec la délégation française à Belém, qu’elle a rejoint en voilier (Women Wave Project). Elle a participé à la victoire contre l’exploitation minière des fonds marins, où la France, puis 36 pays ont rejoint un moratoire sur son commencement. Pour ce faire, elle a porté la parole scientifique auprès des décideurs, des ministères européens jusqu’au sommet de l’ONU. Lors de sa première mission avec Under The Pole, elle a contribué à faire reconnaître et protéger du chalutage industriel la forêt animale marine de Fourni, en Grèce. Très active sur les questions de santé environnementale, elle a notamment œuvré à la mise en place de la loi en France sur l’interdiction des PFAS. Elle a ensuite travaillé sur l’interdiction du cadmium et de l’acétamipride. Récemment diplômée d’Oxford, son action combine rigueur scientifique, lobbying politique pour obtenir des lois concrètes, sensibilisation du grand public et action de terrain. En Antarctique, Camille a rejoint l’équipe d’Under The Pole pour défendre la création d’une aire marine protégée en péninsule. Leur travail a permis l’adoption par le Parlement européen d’une résolution demandant un moratoire de 5 ans sur la pêche au krill directement inspiré de l’expédition.
Préface Camille Étienne
Il y a des endroits qui laissent en vous une marque indélébile. Lorsqu’Emmanuelle m’a proposé de rejoindre le Why en Antarctique, je ne l’ai d’abord pas cru. J’ai fait semblant de lui demander de m’accorder 24 h pour lui répondre. J’ai tenu deux heures. « Nous avons fait des expéditions incroyables, mais celle-ci est d’une autre dimension, je le sens. » Son SMS était prémonitoire. Lorsque j’ai quitté le port d’Ushuaïa avec quelques articles de loi sur le traité de l’Antarctique et un kit de test d’ADN environnemental, je pensais y passer un mois. Un soir, nous traversions le canal Lemaire, des baleines affluaient autour du bateau dans un spectacle qui nous subjuguait. Si bien que nous prenions du retard, inquiétant presque Ghislain, prisonnier lui aussi des baleines, transformées en sirènes d’Ulysse. Max prenait sa douche, nous entendant nous agiter sur le pont, il cria par le hublot : « Que se passe-t-il ? Ça vaut le coup que je vienne ? » Et Tom de répondre : « Non, non, il y a juste des tonnes de baleines, mais reste sous la douche, ici les douches c’est plus rare que les baleines ! ». Nous ne savions plus quelle heure il était dans ce jour éternel qu’est l’été polaire. Il était en tout cas l’heure de chanter des chansons italiennes sous la voile d’avant avec Lorenzo, en même temps que nous surveillions les icebergs sur la route. Il me traduisait les paroles : « Si tu savais pourquoi la rose sent la rose, alors tu l’aimerais moins ». Il m’a dit aimer beaucoup cette phrase. Ce qui n’a pas manqué de m’étonner car c’est la seule fois que ce scientifique a préféré l’ignorance, niant son propre adage. Le reste du temps, il me répétait : « Camille, la science, c’est d’abord des questions ». À ce moment précis, sur ce pont, Emmanuelle m’a posé une question. La même que Jean-Louis Étienne lui avait posée il y a 21 ans : « Alors, tu restes ? ». Et cette fois j’ai compris plus vite que ce n’était pas une blague mais plutôt une de ces questions qui, dans leur plus grande simplicité, changent votre vie. J’ai donc déployé mon duvet dans le carré, puis prévenu ceux qui m’attendaient que je ne rentrais pas, et commencé studieusement le récit d’expédition de Shackleton. Alors, pendant que se déployait la science, sont venues mes questions. Pourquoi avions-nous le sentiment de rentrer à la maison dans cette baie de Port Lockroy ? Pourquoi cet endroit me manque-t-il comme une terre où je serai née ?
Pourquoi ne reste-t-il pas d’autres endroits au monde comme celui-ci, où les phoques, les baleines, les manchots ne vous fuient pas lorsqu’ils vous voient ? Où nous avons la sensation d’être enfin revenus à notre condition d’une espèce parmi les autres ? « Alors ? Qu’avez-vous vu au fond ? » Celle-ci était pour les plongeurs, qui détestaient que l’on n’attende même pas qu’ils soient remontés à bord réchauffer leurs lèvres blanches, avant de leur arracher les mots de la bouche. Comme pour profiter un peu, nous aussi, qui étions condamnés à voir ce monde en bleu et blanc, de ce qui habitait leur regard. Je n’ai jamais rien vu de semblable à leur regard en sortie de l’eau. Pourquoi n’épargnons-nous rien, pas même l’endroit au monde le plus éloigné de tout humain ? L’Antarctique est aujourd’hui menacé par d’immenses bateaux-usines venant y pêcher le krill. Non pas pour nous nourrir, mais pour en faire des croquettes pour chats, des gélules d’Oméga-3, et de la farine pour les poissons d’aquaculture qui ne verront jamais l’océan. Comment en habitant dans quelques mètres carrés à quinze, sans presque descendre à terre, dans le froid et l’effort physique constant, est-il pourtant possible de découvrir ce qu’il y a de plus beau de la nature humaine ? Enfin, la question que nous nous posions avec Ghislain, durant nos quarts de nuit du Drake retour : « Comment en revenir ? ou comment y revenir ? » Ce livre capture l’essence des instants les plus intenses de ma vie. Et ce n’est pas là qu’une formule. Dans ces images, vous verrez l’exploit scientifique et sportif que ces vrais explorateurs modernes réussissent. Mais ce qu’une image ne pourra vous dire, c’est leur engagement sans faille pour défendre ce qu’ils découvrent, le courage que cela demande, la constance, le soin méticuleux porté à leurs équipiers. J’espère que ces photos sauront vous transporter dans la subjuguante beauté où nous avons eu l’honneur d’habiter durant ces quelques mois : ce livre a pour ambition de vous y embarquer quelques instants, à votre tour. Merci à toute l’équipe de m’avoir accueilli dans leur famille, Emmanuelle pour m’avoir fait et donné confiance, et Ghislain, pour m’avoir montré que l’on peut être exigeant et rigoureux sans pour autant renoncer à la créativité, la joie et l’aventure.
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Sommaire Préface de Camille Étienne p. 8 Avant-propos p. 14
1. 2. 3. 4. 5. 6.
UN AN POUR PRÉPARER
une expédition hors-norme p. 20
LE DRAKE
Porte d’entrée mythique de l’Antarctique p. 38
ANTARCTICA INCOGNITA
Une exploration de la péninsule en plongée p. 62
DEEPLIFE
Un programme scientifique par -1°C jusqu’à 130 m p. 142
PROTÉGER
Avant qu’il ne soit trop tard p. 182
PARTIR AVANT L’HIVER
Quand les étoiles reviennent p. 200 Annexes p. 212
ci-contre : Under The Pole en Antarctique : des plongées jusqu’à 130 m de profondeur pour un programme scientifique sans précédent, à la recherche des forêts animales marines de l’océan Austral.
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PREMIÈRE PLONGÉE À TRINITY ISLAND Trinity Island sera notre abri pour les prochains jours et, surtout, notre premier site de plongée. La baie du sud est parfaitement protégée des vents dominants, mais c’est un piètre mouillage, les berges plongeant rapidement à plus de 100 m. Qu’importe, tout autour de nous, la glace recouvre la roche sur une épaisseur de plusieurs centaines de mètres, nous plaçant aux premières loges de la majestuosité du terrain qui sera le nôtre dans les mois à venir. Au milieu de la baie, un abri argentin domine une petite île rocailleuse colonisée par des manchots papous, qui se disputent le silence avec les craquements du glacier. Plonger dans les régions polaires demande une montée en puissance progressive, fondée sur la pratique. Pour la première plongée, nous plongeons tous les deux avec Lorenzo. Il a déjà l’expérience du Spitzberg, où il avait enchaîné les plongées profondes entre 60 m et 100 m dans des conditions de froid difficile, régulièrement en dessous de -20 °C en surface et -1 °C dans de l’eau. Pour ma part, voilà vingt ans que je mène des expéditions de plongée en région polaire, où j’ai réalisé à de multiples reprises des immersions profondes, été comme hiver. On programme de descendre sur la pente, jusqu’à notre profondeur maximale autorisée, si les conditions sont réunies. En d’autres termes : si nous retrouvons rapidement nos repères, que le matériel fonctionne correctement, et que la visibilité est bonne. Bref, si tout se passe bien, nous descendrons à 100 m. C’est le jour J : petit déjeuner, briefing, préparation des recycleurs, ces scaphandres qui fonctionnent en circuit fermé avec des mélanges de gaz et décuplent notre autonomie… En quelques heures, Lorenzo et moi sommes harnachés dans nos scaphandres. Nous saluons l’équipe en surface, sur le semi-rigide et le Why, et nous immergeons pour la toute première plongée d’Under The Pole en Antarctique. (G. B.)
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3. ANTARCTICA INCOGNITA
100 M SOUS LA SURFACE On retrouve nos habitudes en quelques minutes, tous les feux sont au vert. Je m’enfonce dans la pente et tire Lorenzo derrière moi, tracté par un propulseur que nous partageons. Passé les premiers mètres, la visibilité est bonne, l’eau passe du gris-vert au bleu, c’est grisant. Sans me retourner, je fais un signe OK de la main et Lorenzo me répond par une pression sur les mollets. On continue. OK ? Une pression sur les mollets. On continue : 70 m, 80 m, 90 m. La pente s’arrondit doucement, et je suis surpris par la lumière qui perce jusqu’ici. 100 m, nous y sommes. Il fait sombre, mais l’eau est claire et l’atmosphère teintée de bleu. On prend quelques minutes dans la zone pour découvrir notre nouveau jardin et les espèces qui l’habitent, prendre des repères et faire des images. Pendant notre lente remontée, nous découvrons un monde coloré et vivant, dont nous prélevons les premiers échantillons. Gorgones, impressionnante étoile de mer Labidiaster annulatus (aussi appelée étoile de mer piège à loup) possédant jusqu’à 50 bras, « ice fish »… Partout où porte le regard, le fond est étonnamment riche et couvert d’une multitude d’espèces. Après 2 h 30 de plongée dans une eau à -1 °C, nous émergeons, fatigués, le visage bouffi par le froid, mais heureux. Pour une première, c’est une belle et grosse plongée ! Un choix délibéré, pour donner le ton du programme de notre exploration de la zone mésophotique — du grec meso qui signifie entre deux et photique, lumière —, cet espace entre la surface et les abysses, notre terrain d’étude privilégié, entre 30 et 200 m environ. Ici, chaque plongée se gagne et se paie au prix fort, il convient de profiter de chacune d’entre elles au maximum. Ça y est, nous sommes à 100 m en Antarctique et on plonge ! L’expédition a démarré. (G. B.)
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3. ANTARCTICA INCOGNITA
PLONGÉE POLAIRE PROFONDE Ghislain Bardout
La plongée polaire est dure, éprouvante, nerveusement et physiquement. La plongée profonde est technique et exige rigueur et discipline. La combinaison des deux rend la pratique de la plongée polaire profonde, extrêmement difficile et engagée, et ne peut être envisagée qu’à certaines conditions. D’abord, il faut du matériel, beaucoup de matériel. Pour répondre à la fois aux contraintes de la vie dehors — dans un climat souvent froid, venteux et évidemment humide — et à la spécificité du froid extrême de l’eau et ses conséquences sur les équipements. En règle générale, il doit être d’excellente fabrique — sans quoi sa durée de vie sera courte — robuste et résilient, pour encaisser des conditions d’utilisation hors-normes. Et — bien entendu — il faut, comme toujours, prévoir des pièces de rechange en quantité. En dernier lieu, les configurations matérielles et les procédures de plongée dites normales, dégradées ou d’urgence doivent être simples. L’équipe est constituée pour ses qualités humaines, mais cela ne se substitue pas aux compétences techniques indispensables, nécessaire aux plongeurs pour aborder cette pratique. À bord, tous sont très expérimentés et ont déjà participé à plusieurs expéditions Under The Pole. Tous sont familiers des plongées complexes, en configuration lourde et sont formés et qualifiés en plongée profonde dite hypoxique, soit pour des mélanges respiratoires riches en hélium et avec de faibles taux d’oxygène. Certains ont déjà une expérience de la plongée polaire, d’autres non, mais s’appuient sur de multiples expériences, en tant que plongeur professionnel ou instructeur. Enfin, et c’est important, tous sont en forme, ont eu un contrôle médical approfondi avant le départ et surtout, sont très motivés. Sur ces bases et sous notre accompagnement, le passage à la plongée polaire profonde se fera rapidement, pour tous. Une fois les conditions matérielles et l’équipe réunie à bord du Why, la suite est une histoire de pilotage, le bon déroulement de ces plongées reposant sur leur organisation, au fil de l’expédition. J’ai coutume de dire qu’une grosse partie de la réussite des plongées — c’est-à-dire un travail bien mené, en sécurité — dépend de leur gestion en surface : en répartissant le travail entre tous ; en assistant les plongeurs dans leur longue préparation ; en les libérant le moment venu pour qu’ils rentrent progressivement dans leur séquence finale de préparation ; en instituant un temps de repos post-plongée, nécessaire à la
bonne décompression… D’un jour à l’autre, les plongeurs tournent, alternant ainsi immersions et assistance en surface. L’occasion de se désaturer (laisser l’hélium quitter l’organisme et l’azote revenir à un taux normal), de reposer l’organisme, d’être efficace sur les deux bords, et d’avoir un œil avisé sur ses équipiers : un jour devant, un autre derrière, parfois côte à côte. Au quotidien, il convient d’être à l’écoute, d’observer les signes d’inquiétude, de fatigue ou de crispation. Si nécessaire, il n’est pas rare de changer le programme ou un plongeur, le matin même de la plongée. Chacun le sait et n’hésite pas à confier une difficulté. C’est un contrat moral entre tous. L’ambition d’une telle expédition exige le meilleur de chacun, au quotidien. Toujours, il faut de la volonté pour réaliser ces plongées. Mais autant que possible, elles ne doivent pas se dérouler dans un climat de tension. Pour durer, mieux vaut composer avec les énergies, s’appuyer sur les forces, compenser les faiblesses, s’entraider. Un vrai travail d’équipe. Le briefing plongée, rituel systématique d’avant-plongée, est un moment essentiel. Il concerne en premier lieu les plongeurs et tous ceux qui en assureront le bon déroulement depuis la surface. Parfois, il a lieu en deux temps : un premier briefing général pour l’ensemble du bateau — la plongée impactant toute l’organisation et les horaires à bord — et un second spécifique à l’équipe plongée. Le briefing plongée est un moment de rassemblement, qui vise à préciser les objectifs et l’organisation associée : quelle mission, par qui, selon quel timing, quels mouvements, quel matériel, quelques rappels de sécurité… Pour les plongées les plus difficiles, on les déroule séquence par séquence, depuis le pont, jusqu’à la sortie de l’eau quelques heures plus tard, détaillant les gestes, la position respective des plongeurs dans la palanquée, les points de vigilance… Un bon briefing doit être aussi court que possible, mais aussi long que nécessaire. Il est la dernière pierre avant l’immersion, un moment « focus » pour aligner l’équipe. On termine toujours par un check avec chacun, main dans la main, qui symbolise l’union de l’équipe dans l’exercice difficile que nous menons. En Antarctique, l’équipe s’est avérée soudée, efficace, vigilante et endurante, ce qui a permis de multiplier les plongées scientifiques dans la zone des 100 m et d’en mener deux jusqu’à 130 m, constituant au passage un record de profondeur en milieu polaire. « Good job », team !
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Avec Under The Pole, nous avons acquis depuis vingt ans une expérience de la plongée polaire très large. En 2014 déjà, nous réalisions les premières plongées polaires au-delà de 100 m et réitérions quelques mois plus tard en hiver sous la banquise du Groenland, et en 2022 au Svalbard. C’est cette expérience qui nous a permis d’envisager et de mettre en place cette campagne de plongée profonde en Antarctique, autour du programme scientifique DeepLife.
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3. ANTARCTICA INCOGNITA
DANS LE SILLAGE DE CHARCOT Naviguer vers le sud, c’est emprunter une route connue mais cartographiée sommairement. Un canal large de quelques centaines de mètres à quelques milles, et qui serpente le long de la côte, laissant à l’est les montagnes et les glaciers continentaux, qui produisent inlassablement les icebergs qui nous entourent, et à l’ouest, une myriade d’îles et d’îlots invariablement recouverts de glace et qui forment, si ce n’est des abris, des remparts à la houle du large. Pour nous, les prochains mouillages seront ceux de Jean-Baptiste Charcot, là où il hivernât par deux fois : d’abord avec Le Français en 1903-1904 puis avec le Pourquoi Pas ? en 1908-1909. Curieusement, les abris sont rares en péninsule antarctique. Alors que nous préparions l’expédition, je m’étais imaginé le contraire en me plongeant dans les cartes et les photos satellite, tant la région est clairsemée de baies, de fjords et d’archipels. Pourtant, il n’en est rien. Ici, les fonds
dégringolent rapidement à plusieurs centaines de mètres et là où les profondeurs sont moindres, leur nature rend la tenue des ancres incertaine. À terre, partout ou presque, les berges sont surmontées de véritables murailles de glace, rendant les débarquements délicats voire dangereux et compliquant les amarrages à terres, qu’on aurait pu espérer pratiquer comme nous le faisions au Groenland. En sondant les lieux d’hivernage de Charcot — Port Charcot, puis Port Circoncision— je m’imaginais son regard porté à terre, observant les rochers ou les anfractuosités auxquelles s’amarrer. Je le voyais tourner la tête face au vent dominants, scruter l’horizon d’un regard inquiet et se projeter dans une lutte inégale contre les icebergs qui viendraient inévitablement s’échouer contre son bord et risquer de l’éventrer. Je pensais à lui pesant le pour et le contre, à la recherche du meilleur refuge possible pour son navire, qui lui offrirait néanmoins une possibilité
de débarquement pour mener ses études à terre, et peut-être même un accès aux terres environnantes, en canot ou à pied une fois la banquise refermée. (G. B.)
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3. ANTARCTICA INCOGNITA
TORPILLES AUSTRALES Les manchots sont emblématiques de l’Antarctique, on y trouve de nombreuses espèces dont certaines sont aujourd’hui sérieusement menacées à cause du réchauffement climatique — l’emblématique manchot empereur vient d’être classé dans la liste rouge de l’UICN (Union internationale de conservation de la nature) en grande partie à cause de la disparition de son habitat. On s’est émerveillé de les croiser en haute mer alors que nous approchions des Shetland du Sud, on a fait nos premiers pas à terre en leur compagnie sur la grève de l’île du Roi-George, on les a côtoyés en mer ou sur les icebergs chaque jour de l’expédition. Ils sont partout, mais c’est aux abords de leurs colonies à terre qu’ils sont les plus nombreux. Qu’ils soient Papou, à Jugulaire ou Adélie, les manchots semblent patauds en surface, se dandinant maladroitement de gauche à droite. Cette déambulation caractéristique, leurs rituels protecteurs autour du nid, leurs chamailleries font qu’on ne se lasse jamais de les observer au sein de la manchotière, malgré la cacophonie malodorante qui les caractérise. Quand on les observe en immersion, on comprend que ces oiseaux, qui ne volent pas, sont d’impressionnants nageurs. Très rapides, ils virevoltent dans tous les sens et sont capables de fortes accélérations, pour échapper à leurs prédateurs. Nous avons ainsi pu régulièrement les observer évoluer au-dessus de nos têtes, lors de nos paliers de décompression les moins profonds. (E. P.-B.)
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3. ANTARCTICA INCOGNITA
Certaines zones sont tellement remplies de glaces qu’on les surnomme « cimetière » d’icebergs car ils viennent massivement s’y échouer.
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3. ANTARCTICA INCOGNITA
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LE CALME AVANT L’IMMERSION Les plongeurs sont prêts et s’apprêtent à descendre à 100 m, pour une plongée de collecte d’espèces de 3 heures, dans une eau de -1 °C à 0 °C. Chacun porte sur lui 80 à 100 kg de matériel, auxquels s’ajoute après la mise à l’eau le matériel spécifique, tel qu’un propulseur, des filets, du matériel scientifique ou des caissons de prise de vue. Les flexibles sont branchés, les inflateurs fonctionnent, les pressions sont bonnes, le chauffage est vérifié, les check-lists ont été faites. L’activité intense liée à la préparation a laissé place au calme et à la concentration. Dans quelques instants, le pilote du Why annoncera le décompte avant de les larguer à la côte, à quelques mètres de leur point d’immersion. Les plongeurs ventilent sur leur recycleur pour « chauffer » la chaux — ce filtre à dioxyde de carbone qui rend le mélange de gaz respirable — et vérifient que leur scaphandre fonctionne correctement. Chacun vit ce moment à sa manière, répétant les séquences de la plongée ou mentalisant les gestes à venir et son positionnement dans la palanquée. Ces plongées, répétées quotidiennement, sont extrêmes. Elles exigent rigueur, expérience et technicité. À bord, ce sont elles qui donnent le timing et leur bon déroulement repose sur une excellente planification détaillée lors du briefing, la connaissance du milieu et une coordination rodée au sein de l’équipe.
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4. DEEPLIFE
DES MONDES PARALLÈLES RICHES ET COLORÉS J’aime l’idée que depuis la nuit des temps, les profondeurs abritent des mondes parallèles, présentant une architecture méconnue, une organisation structurée et des habitants singuliers. Si le dragage ou la pêche nous permettent d’en dresser un inventaire grossier, ils ne nous renseignent pas — ou si peu — sur l’orchestration subtile de la vie sous-marine. C’est là l’un des objectifs du programme DeepLife et son étude des forêts animales marines, codirigés par Lorenzo Bramanti et Laetitia Hédouin. Comment les espèces ingénieures telles que les bryozoaires, les gorgones ou les coraux noirs sont-elles implantées sur le fond ? Comment modifient-elles le courant et la lumière, créant ainsi un microclimat propice à l’accueil d’autres espèces en quête d’abris ? Quels poissons et crustacés se nichent en leur sein, en quel nombre et comment tous ces individus interagissent-ils entre eux ?
Et finalement, quels sont leurs liens de dépendance ? La vie sous-marine est mystérieuse. Elle suscite une infinité de questions, auxquelles le temps et le travail apportent quelques réponses. Ici, en survolant le fonds, le concept des forêts marines prend tout son sens. Proches de la surface, les algues forment une véritable jungle. Dès lors qu’on s’en éloigne, elles laissent progressivement la place à d’autres espèces et à partir de 30 à 50 m, les forêts deviennent « animales ». Le monde sous-marin change ainsi continuellement avec la profondeur et la lumière qui y pénètre, la température ambiante ou le courant qui balaie le fond. Ainsi, le plongeur évolue de monde en monde parallèle, à mesure qu’il descend. Ce qui frappe le plus, ici, en Antarctique, c’est la palette des couleurs présentes sous la surface. Le fonds est comme une mosaïque, teintée de jaune, d’ocre, de rouge, de violet, de marron ou d’orange. En se déplaçant à la palme ou en
naviguant au-dessus du fonds en propulseur sur les centaines de mètres requis pour le protocole VME, c’est un défilé continu de reliefs riches et colorés, n’ayant rien à envier à la réputation des récifs tropicaux. En tant que plongeur, je suis toujours saisi du contraste qui s’opère lorsque l’on émerge en surface et que l’on retrouve la mer et les montagnes enneigées. Un monde fait de gris, de noirs et de blancs, sur lequel les marins naviguent depuis toujours, sans entrevoir la magie des formes et des couleurs qui se cachent là, juste en dessous, depuis la nuit des temps. double page suivante : Un jardin. C’est ce qu’évoque le fond tapissé d’espèces du site ANTPEN08. On pourrait facilement se croire dans des eaux tropicales si la température ne venait nous rappeler que c’est bien en Antarctique que nous nous trouvons. Et pourtant, quelles couleurs, quelle richesse et quelle beauté !
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4. DEEPLIFE
LE PROGRAMME SCIENTIFIQUE DEEPLIFE EN ANTARCTIQUE Lorenzo Bramanti (CNRS – Sorbonne Université – LECOB)
La mission en Antarctique s'inscrit dans un programme scientifique plus vaste consacré à l'étude de l'écologie fonctionnelle des forêts animales marines, un axe de recherche développé depuis le début des années 2000 par le CNRS ainsi que par d'autres instituts de recherche et universités internationaux. La collaboration entre le CNRS et Under The Pole, dans le cadre du programme DeepLife, a donné une impulsion décisive à ce programme, contribuant à définir le concept de forêt animale marine et à démontrer son potentiel pour la gestion et la conservation des écosystèmes.
FORÊTS SOUS-MARINES : D’UNE ANALOGIE À UN CONCEPT SCIENTIFIQUE Afin de transformer une analogie à la fois efficace et évocatrice en un concept scientifique standardisable, généralisable et quantifiable, un consortium interdisciplinaire de chercheurs a élaboré un ensemble de protocoles, ensuite adaptés aux spécificités de chaque contexte d'étude. De manière générale, ces protocoles visent à décrire deux aspects fondamentaux de la forêt : 1) la formation d'un microclimat à l'intérieur de la canopée (c'està-dire l'ensemble des conditions physiques et chimiques générées par la structure tridimensionnelle de l'habitat) ; 2) la présence de la biodiversité associée, afin d'évaluer et de quantifier le rôle des forêts animales en tant qu'îlots de biodiversité.
DEEPLIFE EN ANTARCTIQUE En Antarctique, certaines procédures ont dû être profondément modifiées, voire se sont révélées totalement inapplicables, en raison des caractéristiques particulières des forêts locales. Celles-ci se distinguent notamment par une grande diversité taxonomique, avec la coexistence de nombreux groupes systématiques, ainsi que par la domination d'organismes structurants dont la taille empêche la mesure de certains paramètres. Par exemple, les profileurs de courant Doppler nécessitent des structures de canopée dépassant 50 cm de hauteur pour fournir une description fiable de l'effet de la canopée sur les courants.
UNE PREMIÈRE PARTIE D’EXPÉDITION, EXPLORATOIRE, À LA RECHERCHE DES FORÊTS ANIMALES MARINES Comme lors de toutes les autres expéditions du programme DeepLife, la première phase
a été consacrée à la recherche de la « forêt parfaite » : un site offrant des conditions favorables à une mesure fiable des paramètres écologiques et fonctionnels, comparables à ceux obtenus dans les forêts étudiées lors des autres missions. À cette fin, l'équipe de plongeurs a recherché des forêts présentant un développement horizontal, plus faciles à étudier que celles établies sur des parois verticales, ainsi qu'une gamme variée de densités permettant de mettre en relation les valeurs mesurées avec la démographie propre de la forêt. Les premières semaines de la mission ont été consacrées à cette phase exploratoire, au cours de laquelle d'autres protocoles essentiels ont néanmoins été mis en œuvre : 1) la description standardisée du fond marin au moyen de photoquadrats réalisés à différentes profondeurs ; 2) la collecte d'échantillons biologiques destinés à l'identification taxonomique.
PHOTOQUADRATS & ÉCHANTILLONNAGE Le protocole des photoquadrats, déjà introduit lors du projet DeepHope — né de la collaboration entre le CNRS et Under The Pole — trouve son origine dans une observation réalisée pour la première fois en Polynésie : la biodiversité ne diminue pas nécessairement avec la profondeur, mais peut présenter localement des valeurs plus élevées dans la zone mésophotique, c'est-à-dire entre 30 et 200 mètres de profondeur. La standardisation de l'échantillonnage, reposant sur un nombre fixe d'images, des surfaces d'étude identiques et des profondeurs prédéfinies, permet de tester le caractère général de ce phénomène. Si cette hypothèse est confirmée, elle mettrait en évidence un rôle écologique majeur de la zone mésophotique dans le maintien de la biodiversité, avec des implications importantes pour la gestion et la conservation de ces écosystèmes. La collecte d'échantillons biologiques permet également une description plus fine de la diversité taxonomique des milieux mésophotiques, où la présence d'espèces encore inconnues de la science est hautement probable.
UNE SECONDE PARTIE D’EXPÉDITION FOCALISÉE SUR UN SEUL SITE : ANTPEN08 Après 14 plongées sur 10 sites, nous avons identifié une forêt répondant à nos critères et sur laquelle nous avons décidé d'appliquer
l'ensemble de nos protocoles. Cette forêt se caractérisait par une grande diversité taxonomique d'organismes structurants, principalement des gorgones, des hydrozoaires et des bryozoaires.
INTÉRÊT DE LA PLONGÉE SCIENTIFIQUE ET OBJECTIFS DE LA MISSION L'un des aspects les plus remarquables de cette mission réside dans le fait que les échantillonnages ont été réalisés en plongée autonome. Bien que ces environnements aient déjà fait l'objet de campagnes de recherche utilisant des véhicules sous-marins téléopérés (ROV) et des techniques d'échantillonnage depuis la surface, c’est la première fois que des plongées scientifiques en recycleur sont réalisées à de telles profondeurs. Certes, la plongée couvre des surfaces plus limitées que les ROV, mais elle présente un avantage décisif : elle permet de recueillir des informations qui resteraient autrement inaccessibles. Les méthodes traditionnelles permettent en effet de décrire la diversité taxonomique (le nombre et l'identité des espèces présentes), mais elles sont moins performantes lorsqu'il s'agit de reconstituer les relations écologiques entre ces espèces. Or, comprendre le fonctionnement d'une forêt ne consiste pas uniquement à savoir quelles espèces la composent ; il est également nécessaire de comprendre comment elles interagissent, quelles associations reviennent le plus fréquemment et si la présence de certaines espèces est favorisée par les conditions écologiques créées par la canopée. Afin d'obtenir ce type d'informations, nous avons réalisé un échantillonnage ciblé des organismes structurants ainsi que de leur épifaune, c'est-à-dire les petits invertébrés vivant en étroite association avec eux. L'objectif est de comprendre non seulement quels « arbres » constituent la forêt, mais aussi quels organismes vivent sur eux, à l'intérieur d'eux ou à leur proximité. Pour reprendre une analogie avec les forêts terrestres, étudier l'écologie d'une forêt ne consiste pas simplement à recenser les espèces de singes et d'oiseaux présentes ; il faut également savoir si une espèce d'oiseau niche préférentiellement sur un arbre particulier ou si un singe se nourrit exclusivement des fruits d'un nombre limité d'espèces d'arbres. Ce n'est qu'en disposant de ce type d'information que l'on peut comprendre le fonctionnement écologique d'une forêt, qu'elle soit marine ou
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terrestre, animale ou végétale, plutôt que de simplement comptabiliser les espèces qui la composent. Enfin, réaliser ces plongées en recycleur a permis de déployer des instruments destinés à étudier le métabolisme des forêts. Cette approche nous permet de définir les limites de l'analogie entre les forêts terrestres et les forêts animales marines. Si cette analogie est extrêmement utile pour la communication scientifique et la sensibilisation du public, elle ne peut être appliquée sans discernement. Les forêts terrestres fixent le CO₂ grâce à la photosynthèse, tandis que les forêts animales sont constituées d'organismes hétérotrophes qui ne réalisent pas de photosynthèse et sont donc potentiellement producteurs de CO₂ plutôt que puits de carbone. Notre objectif est précisément de définir les limites de cette analogie afin d'approfondir notre compréhension du fonctionnement des forêts animales. Dans cette perspective, la comparaison entre le métabolisme des organismes individuels et celui de l'écosystème dans son ensemble permet d'évaluer dans quelle mesure la structure de la canopée, les interactions entre les organismes et la formation d'un microclimat interne peuvent influencer indirectement le stockage du CO₂. Cette approche pourrait démontrer que la capacité des forêts animales marines à contribuer au piégeage du CO₂ dépend étroitement de leur état de santé et de leur degré de développement, avec des implications importantes pour leur gestion et leur conservation.
UN BILAN POSITIF ET PROMETTEUR En conclusion, la mission scientifique en Antarctique a apporté une double contribution. D'une part, elle a fourni un ensemble de données essentielles au principal objectif du programme : comprendre, généraliser et quantifier le concept de forêt animale marine. D'autre part, elle a constitué une étape majeure dans la compréhension de l'écologie des systèmes mésophotiques antarctiques, en mettant à la disposition de la communauté scientifique un corpus de données qu'il était jusqu'à présent impossible d'acquérir. Ces données ne se contentent pas de combler une lacune géographique : pour la première fois, elles rendent mesurable, même dans l'océan le plus isolé de la planète, un concept né comme une métaphore et aujourd'hui sur le point de devenir un véritable outil scientifique opérationnel.
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4. DEEPLIFE
LA VIE CACHÉE DES FORÊTS ANIMALES ANTARCTIQUES Lorenzo Bramanti (CNRS – Sorbonne Université – LECOB), Francisco Otero-Ferrer (ULPGC), Sandra Navarro-Mayoral (ULPGC) Cette planche présente une sélection de petites espèces animales, vivant au sein des forêts animales mésophotiques de l’Antarctique (jusqu’à 130 m de profondeur). Dans ces habitats benthiques froids et faiblement éclairés, les éponges, les coraux, les bryozoaires et d’autres organismes filtreurs forment des structures tridimensionnelles complexes, qui fonctionnent comme de véritables forêts sous-marines. Leurs ramifications, leurs cavités et leurs surfaces offrent un refuge, des ressources alimentaires et des supports de fixation à de nombreux organismes, notamment des amphipodes, des isopodes, des pycnogonides, des vers, des ophiures, des nudibranches, des gastéropodes et d’autres invertébrés. Souvent méconnues, ces communautés épifauniques (organismes vivant à la surface de ces habitats) révèlent l’extraordinaire biodiversité que soutiennent les forêts animales marines de l’Antarctique. 1 7
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1. Arthropoda. Crustacea. Amphipod. 2. Anellida. Polychete. Worm. 3. Mollusca. Gastropoda. Nudibranch. 4. Arthropoda.
Crustacea. Amphipod. 5. Mollusca. Gastropoda. Nudibranch. 6. Mollusca. Gastropoda. Nudibranch (possible Doris kerguelensis). 7. Anellida. Polychete. Worm. 8. Mollusca. Gastropoda. 9. Arthropoda. Crustacea. Amphipod. 10. Arthropoda. Crustacea. Amphipod. 11. Mollusca. Gastropoda. Nudibranch. 12. Arthropoda. Chelicerata. Pycnogonid (Sea spider). 13. Anellida. Polychete. Worm. 14. Arthropoda. Crustacea. Amphipod. 15. Mollusca. Gastropoda. Nudibranch. 16. Mollusca. Gastropoda. Nudibranch (possible Tritonia sp.). 17. Platyhelminthes. Flatworms. 18. Mullusca. Gastropoda (possible Margarella sp.). 19. Arthropoda. Crustacea. Isopod (possible Antarcturus sp.). 20. Mollusca. Gastropoda. Nudibranch. 21. Arthropoda. Crustacea. Amphipod. 22. Mollusca. Gastropoda. Nudibranch (possible Charcotia sp.) 23. Mollusca. Gastropoda. Nudibranch. 24. Arthropoda. Crustacea. Amphipod (possible
Acanthogammarus sp.). 25. Mollusca. Gastropoda (possible Marseniopsis sp.). 26. Arthropoda. Crustacea. Amphipod (Leucothoe weddellensis). 27. Anellida. Polychete (possible Polynoide sp.). Worm. 28. Arthropoda.Chelicerata. Pycnogonid (Sea spider). 29. Mollusca. Gastropoda. Nudibranch. 30. Arthropoda. Crustacea. Amphipod (possible Epimeria sp.). 31. Arthropoda. Crustacea. Euphasia superba (Krill). 32. Arthropoda. Crustacea. Amphipod. 33. Platyhelminthes. Flatworms. 34. Arthropoda. Crustacea. Amphipod. 35. Anellida. Polychete. Worm. 36. Arthropoda. Crustacea. Amphipod. 37. Mollusca. Gastropoda. Nudibranch. 38. Arthropoda. Crustacea. Amphipod. 39. Arthropoda. Crustacea. Copepod (possible Anthessius antarcticus).
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4. DEEPLIFE
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Terre d’exploration cernée par les glaces et battue par les vents, l’Antarctique, par son isolement et son climat extrême, a longtemps défié les explorateurs des xixe et xxe siècles. Après vingt ans d’expéditions Under The Pole en Arctique, Emmanuelle Périé-Bardout, Ghislain Bardout et leur équipe sont partis à la découverte des profondeurs de l’Antarctique. Durant l’été austral 2025-2026, en collaboration avec le CNRS, ils mènent une campagne de plongée scientifique sans précédent. Ce livre raconte cette aventure hors-norme : les mois de préparation, la tension du passage du Drake, l’engagement des plongées extrêmes jusqu’à 130 mètres, mais aussi la force du collectif, les découvertes scientifiques et les enjeux cruciaux de préservation. Porté par les récits croisés d’Emmanuelle et Ghislain, enrichi de photographies inédites du monde sous-marin antarctique, l’ouvrage propose des éclairages pour comprendre toutes les dimensions — humaines, scientifiques et environnementales — de cette expédition unique.
UNDER THE POLE Emmanuelle Périé-Bardout et Ghislain Bardout ont fondé Under The Pole en 2008 : une organisation qui mène des expéditions scientifiques à travers le monde, pour explorer les océans en plongée, afin de mieux les comprendre, les rendre visibles et contribuer à leur protection. Depuis 2021, dans le cadre de la Décennie des Nations Unies pour les Sciences Océaniques au service du Développement Durable 2021-2030, ils collaborent avec le CNRS et un consortium scientifique international pour mener le programme DeepLife, visant à étudier les forêts animales marines de la zone mésophotique (30-200 mètres), dans le monde entier.
ISBN : 978-2-37922-516-1
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PRIX TTC FRANCE : 35 €