Skip to main content

Extrait Palmiers

Page 1

CEDRIC POLLET

PALMIERS Au cœur de l’écorce


AMÉRIQUES p. 16

OCÉANIE p. 76


ASIE p. 122

AFRIQUE p. 180


Ancrage des racines échasses. Socratea exorrhiza.

Cône racinaire géant du Socratea exorrhiza.

LYON ARBORETUM (HAWAII, USA)

LYON ARBORETUM (HAWAII, USA)

Pneumatophores épineux.

Départs des racines échasses.

Base du manchon foliaire bleu.

LYON ARBORETUM (HAWAII, USA)

PALMAHOUTOFF (LA RÉUNION, FRANCE)

HAMAKUA CHOCOLATE FARM (HAWAII, USA)

66

amériques


Manchon foliaire bleu ciel d’un jeune Socratea exorrhiza. ANDERSEN GARDEN (HAWAII, USA)

Socratea exorrhiza PALMIER MARCHEUR

Avec ses étonnantes racines aériennes qui semblent soulever son tronc vers le ciel, le palmier marcheur fascine depuis longtemps aussi bien les scientifiques que les peuples d’Amérique centrale et du bassin amazonien. Son nom d’espèce, qui vient du grec exo (« à l’extérieur ») et rhiza (« racine »), rappelle l’imposant cône racinaire qui lui donne parfois l’allure d’un palmier en marche. Il ne s’agit pourtant que d’un mythe. Les racines échasses servent avant tout à l’ancrer sur des sols pentus, instables ou détrempés. Elles sont couvertes de petits cônes épineux et poreux, probablement dotés d’une double fonction, défensive et respiratoire. Mais s’il ne marche pas, ce palmier fait preuve d’une remarquable capacité d’adaptation. Lorsqu’un accident couche son tronc au sol, il peut se redresser en produisant de nouvelles racines échasses qui s’implantent quelques pas plus loin, tandis que les anciennes se détachent, donnant l’illusion d’avoir parcouru quelques mètres. Il doit d’ailleurs son nom au grec Socrate, sans doute en raison de cette étonnante résilience qui rappelle la sagesse du philosophe.

67


Carpoxylon macrospermum CARPOXYLON À GROSSES GRAINES

L’histoire du Carpoxylon est pour le moins rocambolesque. Dans les années 1850, lors de son voyage dans le Pacifique Sud, le naturaliste écossais John MacGillivray collecte les fruits et les graines d’un nouveau palmier sur l’île d’Aneityum. Il faut attendre 1875 que ce dernier soit enfin formellement décrit, mais uniquement à partir de ces maigres échantillons, le reste de la plante demeurant inconnu. Il est alors nommé Carpoxylon, du grec karpos (« fruit ») et xylon (« bois »), en référence à son noyau dur, tandis que l’épithète macrospermum souligne la grande taille de sa graine. Pendant de longues décennies, ce palmier « fantôme » reste un mystère, perdu dans l’herbier du British Museum et introuvable dans la nature, au point d’être considéré comme éteint. Il faudra attendre plus d’un siècle, pour qu’en 1987, le botaniste australien John L. Dowe le retrouve par hasard lors d’une mission botanique au Vanuatu. Aujourd’hui, l’espèce n’est connue à l’état sauvage que sur les îles d’Aneityum, de Tanna et de Futuna, au sud de l’archipel, où une trentaine d’individus adultes à peine a été recensée. Bien que classé en danger critique d’extinction à l’état sauvage, ce joyau a trouvé, dans les jardins tropicaux du monde entier, le refuge qui assure aujourd’hui sa survie.

↑ → D’abord vert, lisse et annelé, le stipe se fissure et grise avec l’âge pour former des motifs calligraphiques originaux. Carpoxylon macrospermum. PARC DES PALMIERS (LA RÉUNION, FRANCE)

104

océanie


105


Metroxylon warburgii. R. KELLEY’S GARDEN (HAWAII, USA)

Metroxylon sagu. PALMETUM DE GUYANE (FRANCE)

Metroxylon warburgii.

Metroxylon sagu.

Metroxylon amicarum.

Metroxylon salomonense.

R. KELLEY’S GARDEN (HAWAII, USA)

PALMETUM DE GUYANE (FRANCE)

LYON ARBORETUM (HAWAII, USA)

ANDERSEN GARDEN (HAWAII, USA)

108

océanie


Metroxylon amicarum. LYON ARBORETUM (HAWAII, USA)

Metroxylon salomonense. SINGAPORE BOTANIC GARDENS (SINGAPOUR)

METROXYLON Les sagoutiers sont des palmiers tropicaux inféodés aux milieux humides et marécageux. Le plus commun d’entre eux, M. sagu, forme d’immenses peuplements naturels couvrant plusieurs millions d’hectares aux Moluques et en Nouvelle-Guinée. Les 4 autres espèces sont limitées à quelques îles du Pacifique, de l’archipel des Carolines, au nord, jusqu’au Vanuatu, plus au sud. Hormis M. amicarum, toutes les espèces de Metroxylon suivent le même cycle de floraison atypique : pendant une quinzaine d’années, elles accumulent dans leur tronc des réserves d’amidon considérables, qu’elles mobilisent ensuite pour produire une unique inflorescence monumentale, avant de fructifier puis mourir. Chez M. sagu, toutefois, la plante persiste grâce à ses nombreux rejets.

La farine de sagou est extraite de sa moelle juste avant le début de la floraison. Exploitée depuis plus de 5 000 ans, cette ressource constitue encore un aliment de base pour des millions d’insulaires. L’examen attentif des épines sur les palmes aide à identifier plus facilement les espèces. Pour M. salomonense et surtout M. vitiense, elles forment des crêtes qui s’organisent en lignes régulières et largement espacées, dessinant des motifs en chevron caractéristiques. Chez M. amicarum, ces lignes ondulantes sont irrégulières et discontinues, tandis que pour M. warburgii, elles sont très serrées, nombreuses et finement morcelées sur les côtés. Chez M. sagu, les épines s’ordonnent le plus souvent en groupes de petits peignes, de tailles variables ou même totalement absents suivant les individus.

109


↑ → Areca macrocalyx ‘Maria’. FLORIBUNDA PALMS (HAWAII, USA)

Areca macrocalyx ‘Maria’ ARÉQUIER DE MARIA

L’aréquier à gros calice, comme l’évoque son nom latin macrocalyx, est originaire des Moluques, de Nouvelle-Guinée et des Îles Salomon. On le rencontre dans les forêts tropicales du littoral jusqu’à 1 600 m d’altitude. Il est cultivé pour ses fruits qui servent de substitut à la noix d’arec, ingrédient indispensable à la préparation du bétel, masticatoire très populaire en Asie tropicale. Suivant les individus, son manchon foliaire a la particularité de prendre différentes couleurs, allant du vert au rouge. Dans les années 1970, Maria Boggs, une Australienne passionnée de palmiers, découvre une forme à manchon rouge vif très spectaculaire et l’introduit en culture pour le plus grand bonheur des collectionneurs. Sa belle robe écarlate reste cependant éphémère. En réalité, elle n’apparaît qu’une fois la dernière palme tombée au sol puis s’estompe progressivement au bout d’une quinzaine de jours. Heureusement, cet aréquier renouvelle le spectacle régulièrement car il se sépare de ses anciennes palmes en moyenne 4 à 5 fois par an suivant les conditions de culture.

110

océanie


111


↑ ↗→ Pinanga speciosa. M. B. COHEN’S GARDEN (HAWAII, USA)

Pinanga speciosa PINANG ÉLÉGANT

Endémique de l’île de Mindanao, au sud des Philippines, cet élégant palmier s’épanouit dans la fraîcheur des forêts pluviales d’altitude, jusqu’à 1 200 m. Son stipe vert chlorophyllien est rythmé par de larges cicatrices foliaires formant des anneaux clairs plus ou moins réguliers. Il est surmonté d’un manchon légèrement bombé à la base et remarquablement coloré, aux nuances allant du vert profond au bleu lavande. La teinte vert-jaune du pétiole, qui se prolonge délicatement sur la partie supérieure de la gaine foliaire, attire particulièrement l’attention. L’ensemble est ponctué de nombreuses écailles brunes, fréquemment observées chez les Pinanga. Sa floraison, en grappes retombantes d’un rose pâle lumineux, est d’une grande beauté. Rare et recherchée, cette espèce s’impose comme une plante ornementale d’exception, prisée des collectionneurs pour son élégance singulière. Son nom d’espèce speciosa, qui signifie en latin « beau, élégant, remarquable », lui sied à merveille. À la fois gracieux et majestueux, ce palmier domine le genre Pinanga et peut atteindre jusqu’à 10 m, alors que la plupart de ses proches parents demeurent de taille modeste.

128

asie


129


↑ ↗ ­­Chrysalidocarpus mananjarensis. MANA MAUKA (HAWAII, USA)

Chrysalidocarpus mananjarensis PALMIER DE MANANJARY

Originaire de la côte est de Madagascar, Chrysalidocarpus mananjarensis ne compte plus à l’état sauvage que quelques centaines d’individus, menacés par la déforestation, les cultures sur brûlis et les prélèvements excessifs. Son chou palmiste est en effet consommé — ce qui entraîne la mort du palmier — tandis que son bois dur est exploité et ses graines récoltées à des fins horticoles. Autrefois, les fibres issues du rachis étaient très utilisées par le peuple Betsimisaraka. Son nom fait référence au district de Mananjary, où l’espèce a été récoltée et décrite pour la première fois en 1913. On le surnomme parfois « palmier à cochenilles farineuses » car la plante produit de curieuses excroissances cireuses aux bords festonnés, qui évoquent la silhouette de ces petits insectes. Ces étonnantes écailles blanches recouvrent le rachis, le pétiole et la gaine des jeunes feuilles. Elles peuvent atteindre près de 3 cm de longueur et restent encore très mystérieuses. Certains scientifiques pensent qu’elles pourraient agir comme un lubrifiant naturel, facilitant le déploiement de la feuille lorsqu’elle émerge du cœur du palmier. Une fois la palme complètement ouverte, ces structures deviennent inutiles, se dessèchent puis disparaissent.

→ Écailles géantes. 212

afrique

JARDIN D’AMA (LA RÉUNION, FRANCE)


213


234


Phoenix canariensis. BARRANCO DE MASCA (CANARIES, ESPAGNE)

235


CICATRICES FOLIAIRES ANNULAIRES

STIPES

Pinanga batanensis

Areca catechu

Pinanga speciosa

Basselinia humboltiana

Pinanga insignis

Burretiokentia vieillardii

Dictyocaryum lamarckianum

Burretiokentia hapala

Coccothrinax fragrans

Rhopalostylis baueri

Chrysalidocarpus decipiens

Areca catechu ‘Dwarf’

Borassodendron machadonis

Chrysalidocarpus carlsmithii

Saribus rotundifolius ‘Black Trunk’

Livistona rigida

238


CICATRICES FOLIAIRES ANNULAIRES

TRONCS

Cyphosperma balansae

Physokentia petiolata

Howea forsteriana

Phytelephas tenuicaulis

Nephrosperma vanhoutteanum

Allagoptera caudescens

Copernicia rigida

Laccospadix australasicus

Clinostigma warburgii

Attalea x teixeirana

Acanthophoenix rousselii

Ravenea madagascariensis

Corypha utan

Beccariophoenix madagascariensis

Trachycarpus fortunei

Cocos nucifera 239


Rares sont les arbres qui recèlent une telle diversité de formes, de textures et de couleurs. Surnommés les princes du règne végétal, les palmiers déploient depuis des millions d’années une prodigieuse inventivité. Souvent réduits à leur image exotique, ils révèlent pourtant, sous l’œil du photographe Cédric Pollet, une diversité insoupçonnée d’écorces, d’une rare beauté. Fruit de plus de trois années de voyages et de recherches dans les plus grandes collections de palmiers du monde, cet ouvrage réunit près de 340 espèces et variétés à travers 800 photographies d’une remarquable puissance graphique, où science et art dialoguent en parfaite harmonie. À la fois œuvre photographique, référence botanique et source inépuisable d’inspiration, Palmiers révèle toute la splendeur de cette famille végétale emblématique. Ingénieur paysagiste de formation, Cédric Pollet, photographe spécialiste des arbres, est fasciné par l’incroyable beauté des arbres et de leurs écorces, et il a fait le pari fou de leur consacrer sa vie professionnelle. Son travail a été publié dans plusieurs centaines de médias français et internationaux, et admiré dans plus de 80 expositions personnelles. Il est l’auteur d’une trilogie de référence aux Éditions Ulmer, maintes fois primée et traduite en quatre langues.

ISBN : 978-2-37922-402-7

PRIX TTC FRANCE : 39,90 €

,!7IC3H9-cceach! éditeur du vivant


Turn static files into dynamic content formats.

Create a flipbook
Extrait Palmiers by Éditions Ulmer - Issuu