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#9 Novembre 2020

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Journal étudiant de l’ENSA Paris Val-de-Seine

interview

N°9 // novembre - décembre 2020 // Gratuit

Cyril Rheims Habiter les petits espaces vie étudiante

PFE : Marion Ville actualité artistique

Exposition Sarah Moon culture architecturale

Changer le monde après 2020 in memoriam

Les mots de Philippe Bach sur Marco Tabet


Édito Pour cette nouvelle édition, Double Hauteur ne chôme pas. Après le départ de votre rédactrice en chef préférée, c’est avec plaisir que je prends la relève. Ne vous inquiétez pas, le journal reste le même, avec toujours plus d’interviews et d’actualités sur l’Art et l’Architecture. Ce début d’année n’a pas été chose facile pour vous et pour nous, entre les récentes disparitions d’un professeur et d’un membre du personnel de l’école pour lesquelles nous avons consacré quelques pages, en leur hommage. De la part de toute l’équipe de DH, je tiens à apporter tout notre soutien aux familles et aux amis des défunts, tout particulièrement Aimée/Maëlle, qui était étudiant en deuxième année à l’ENSAPVS et nous a quitté tragiquement début octobre. Nos sincères condoléances. Suite à la crise sanitaire, qui s’annonce être le nouvel enjeu de l’ère 2020, le confinement a mis à rude épreuve nos modèles de logements, que ce soit en ville ou en campagne. Cette situation a permis de révéler les réalités du mal logement mais aussi le manque de souplesse des habitats du XXIème siècle. Naturellement, notre équipe s’est intéressée à la question des petits logements. De l’unité d’habitation de Le Corbusier aux émissions Américaines sur les Tiny Houses, l’architecture nous montre à nouveau que ces problèmes ne datent pas d’hier. Ingéniosité et Flexibilité deviennent les maîtres mots de ces petits habitats.

Petit Bureau

Maud Laurentie

Rodrigo Romero S.

Thomas Gendrot

Imane Midafi

Présidente

Vice-président Co-directeur graphique

Rédacteur chef

Trésoriere

Et :

Anas Zeghari Co-directeur graphique

Pour ce numéro :

Pauline Colon

Valora Brice

Sarah Ramzi

Vincent Richard du Perron

Léa Balmy

Jules Foubet

Pasha Muradov

Dimitar Bogdancaliev

Raphaëlle de Priester

Lucia Inza Et :

Alors préparez-vous à être bluffés par ces petits espaces si bien pensés qui, parfois, rivalisent même avec les logements plus conventionnels.

Baptiste du Laurent de la Barre Eléonore Lévy Hélène Bocquet Paul Priel Melis Yürekli

Bonne Lecture,

Thomas Gendrot

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édito


Sommaire

1 2 3 4 5

Dossier Les architectes face aux petits logements

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Débat : Et demain, qu’en sera-t-il ?

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Interview : Cyril Rheims

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Vie étudiante PFE du mois : Marion VILLE

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BD

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Actualité artistique Château de Versailles

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Film Drunk

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Exposition Sarah Moon

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Film Tenet

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Culture archi Venice comme ma poche

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Changer le monde après 2020?

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De architectura

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In memoriam Marco Tabet

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Gilbert

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Les architectes face aux petits logements La question du petit logement peut prendre plusieurs dimensions, qu’elle soit sociale, culturelle, technique, économique ou relative au design, les architectes ne manquent pas d’ingéniosité pour la réinventer!

Une architecture sociale De prime abord, les petits logements peuvent être perçus comme la marque d’une architecture sociale et humanitaire. Ils seraient destinés aux hommes qui se retrouvent à la merci des systèmes et des villes qui ne peuvent pas les abriter de manière adéquate. Ils sont également nécessaires lors des catastrophes naturelles. Leur taille réduite permet efficacité et rapidité. L’architecte doit trouver un moyen de faire de ces espaces restreints un véritable habitat optimisé et fonctionnel, garantissant un réel confort dans ces situations souvent précaires. La préfabrication et la production de masse sont deux clés du logement social. Ainsi la « S-House » de l’architecte Vo Trong Nghia est un projet répondant

à la crise du logement au Vietnam. En plus d’être durable, très peu coûteuse et régulière, cette structure manufacturée peut être assemblée en moins de trois heures, et est pensée pour limiter les difficultés d’exportation, en cas de catastrophe naturelle. Les Maisons-S sont également faites pour être flexibles et adaptables à l’expansion familiale ou utilitaire, et sont en voie de devenir plus respectueuses de l’environnement. En seulement 30m², la Maison-Pour-Tous de Shelter Architecture à Rikuzentakata a permis aux habitants sinistrés de retrouver un espace sûr après le tsunami qui a frappé le Japon en 2011. Ce logement collectif a été construit par et en accord avec la communauté.

Une culture de la proportion? Historiquement, les classes sociales se trouvent souvent associées à une ou des typologies de logements ; la masure du paysan, le manoir du seigneur, le château du roi… Ce lien entre statut social et surface habitée se retrouve de manière plus marquée encore dans les logiques de l’habitat traditionnel chinois. Le modèle architectural est celui d’une maison à cours, que l’on soit paysan ou empereur.

S house

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Maison pour tous La seule différence réside dans le nombre de cours de la demeure : plus la richesse et le rang social sont élevés, plus le nombre de cours est important. Cette dimension socio-économique reste d’une relative actualité mais est largement modifiée par la législation et le poids du marché du logement. La surface par personne dans un logement est par ailleurs considérée comme un indicateur de confort. En Europe, la moyenne est - malgré de réelles disparités de 42,56m2 par habitant. La France s’inscrit dans cette moyenne avec une surface de 40,3m2 par personne, loin derrière le Luxembourg avec ces 64,3m2 par personne. Le chiffre qui surprend est la moyenne de 33m2 par habitant en Angleterre, soit à peine plus de la moitié des moyennes luxembourgeoises. Ces statistiques peuvent en partie être expliquées par des logiques législatives différentes. Notons par ailleurs que la question du sous ou sur peuplement des logements offre une perspective différente à ces chiffres... Si légalement, le confort du logement est régi par des données physiques telles que la surface, l’isolation ou les équipements l’architecte s’emploie à dessiner des espaces. Au-delà de la surface texte, l’importance réside dans le dimensionnement, la proportion juste. Quelque part, la taille d’un logement est subjective, la surface habitée, grande ou petite, n’a de sens en terme de confort que si elle est adaptée, cohérente avec les usages et les occupants.

Petites architectures, grands architectes Parmi des architectes de renom, nombreux, comme Frank Gehry ou Tadao Ando ont commencé leur carrière en créant des petites architectures, résultat d’un manque de moyen ou d’une volonté d’expérimentation. Lorsque nous vivons dans le petit, l’espace se doit d’être optimisé à son maximum afin de ne pas sentir de manque. L’intelligence et la créativité doivent coopérer afin de créer un espace utile et esthétique. Un espace “design”. Les grands sujets s’écartent parfois de ces deux notions lorsqu’ils sont soumis à de trop nombreuses contraintes de programme. En réfléchissant les petits espaces la notion d’espace dédié est remise en question. Pour satisfaire les besoins de l’habitant, il faut définir précisément les usages et la manière dont ils peuvent être mis en place de manière efficace, quitte à rassembler la satisfaction de plusieurs besoins en une seule solution. Achevé en 1957, le Cabanon du Cap Martin de Le Corbusier illustre parfaitement ce propos. La cellule de 3m66 de côté et 2m26 de hauteur satisfait tous les besoins d’une personne dans une surface totale de 15m2. Le cabanon dispose d’un coin de repos, un coin travail, un espace WC, un lavabo, et une table servant à la fois de bureau et de table à manger. L’agencement et le dessin du mobilier sont pensés pour optimiser l’espace tout en répondant au mieux à toutes les fonctions nécessaires au quotidien de l’habitant.

Par ailleurs, la petite architecture séduit de part son caractère, elle peut être investie comme lieu de loisir ou d’habitat principal : loft, cabane, tiny house… dossier

Pauline COLON, Eléonore LÉVY & Valora BRICE Illu. Helène BOCQUET

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Débat

Et demain, qu’en sera-t-il ? A l’heure où le monde traverse la crise sanitaire du COVID-19, des nombreux questionnements jaillissent dans les esprits. Il demeure une problématique de taille : et demain, qu’en sera-t-il ? Que deviendront les secteurs économiques, sanitaires, politiques, urbains et architecturaux ? Comment s’organisera la ville post-épidémie ? Comment le logement, aujourd’hui devenu un refuge aux menaces extérieures, sera-t-il pensé et repensé ? Ce monde nouveau chargé de transitions et d’événements inattendus ne seraitil pas l’opportunité de reconsidérer ces questions latentes, concernant nos manières de vivre, d’habiter et plus encore, de cohabiter ? Et si justement, cette scène du drame qu’est 2020 devenait le point de départ de nouvelles réflexions ?

Le confinement : un catalyseur des faiblesses du logement ? « Restez chez vous ! » disent-ils. Mais que faire pour ceux qui ne peuvent pas ? Qui aurait cru que rester enfermé chez soi durant un laps de temps indéterminé révèlerait les dysfonctionnements du logement ? Quand on évoque le logement comme un refuge protecteur de l’extérieur et de la diffusion de la pandémie n’est-il pas paradoxal de ne pas s’y sentir à l’aise ? De se rendre compte que ces espaces que l’on connaît si bien peuvent être anxiogènes ? Que des fonctions simples telles que travailler, se reposer, dormir et manger ne peuvent pas coexister sur le long terme ? Nous entrons dans une nouvelle ère, l’ère post-COVID où il est – fondamental – de repenser la manière de tricoter la ville et le logement. La problématique est aussi générale que la pandémie ; ses ravages atteignent les personnes plus précaires avec plus de force mais concerne en réalité tout le monde. C’est un problème à l’échelle de la société. Le problème s’enracine dans le fait que le logement ne soit plus considéré comme un « bien vital non négociable»1, un bien de première nécessité, en d’autres termes, mais comme un bien économique. Dans un monde régi par un capitalisme sans limites, le logement et la question

Je n’ai pas pu empêcher de me sentir seul, sur certaines soirs et quelques jours. Les murs m’opressent parfois, mais ils disent, que je suis en sécurite - « Isolement » Rodrigo Romero

de l’habiter s’inscrivent automatiquement dans cette logique financière où seuls ceux qui en ont les moyens peuvent y accéder. La solution serait-elle de détacher le logement de ce système économique? Replacer l’Homme au centre des préoccupations plutôt que de penser à faire toujours plus de chiffre.

Un refuge pathogène Certains aspects du mal logement peuvent directement impacter les conditions psychiques et sanitaires de l’Homme. Certaines familles vivant dans la précarité et l’insalubrité se retrouvent confrontées à un état de santé dommageable dû à l’humidité, au manque de confort, de ventilation, d’aération de leur logement. On n’en finirait pas de recenser le nombre de personnes vivant aux limites de l’incarcération avec des logements contenant peu d’ouvertures et d’entrées

1 Pascal Rollet (Mai 2020), Il est temps de considérer le logement comme un bien de première nécessité, https://www.pavillon-arsenal.com/fr/et-demain-on-faitquoi/11665-il-est-temps-de-considerer-le-logement-comme-un-bien-de-premiere-necessite.html

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de lumière, d’un manque ou d’absence de perspectives et prolongements sur l’extérieur, de la présence de balcons aux proportions ne permettant pas d’y placer une table et deux chaises. Sans parler des problèmes d’intimité, lorsque des ménages se retrouvent à vivre en nombre dans des surfaces extrêmement restreintes du fait du prix explosif de la location ou de l’accession à un bien décent. Bref, nous voilà confrontés à la définition exacte de l’espace anxiogène. L’exemple de la ville de Paris témoigne parfaitement des faiblesses que renferme la conception du logement. Certains ménages quittent leur logement parisien pour s’offrir un exode à la campagne car « là-bas, on respire mieux ». Il est vrai. Quitter le cauchemar urbain pour la province, la nature, le grand air ! L’occasion de profiter d’un meilleur cadre vie, d’avoir un peu plus PANDEMIE ET de ISLOLEMENT d’espace, l’occasion d’avoir au sein de sa demeure, un

habité pour sa localisation, éventuellement sa praticité mais pas pour son confort intrinsèque…Comment surmonter ce paradoxe et repenser nos logements urbains pour qu’ils deviennent plus viables ? Réellement habitables ?

Le logement, comme lieu d’appropriation Comment dessiner des logements adéquats, appropriables par leurs habitants ? Comment réussir à moduler l’espace du logement pour lui attribuer de nombreuses fonctions pouvant coexister en toute harmonie ? Le logement est une « substance » évolutive un lieu d’expression des envies, humeurs, goûts et désirs complètement mouvants de ces habitants. In fine, nos habitats futurs doivent s’organiser différemment, on doit pouvoir y travailler, y conserver notre intimité tout en délimitant clairement la frontière de chaque espace. Aussi l’architecte devrait laisser un panel de possibilités à l’habitant pour y exprimer sa marge de liberté. Avec la prédominance du secteur tertiaire, les nouveaux logements doivent se plier à cette forme « nouvelle» du (télé)travail en permettant de se tenir à l’écart du bruit, des nuisances sonores et du mouvement des autres. Ils doivent, entre autres, réattribuer toute sa symbolique à la paroi comme potentiel élément de l’intimité. Les étudiants de TEMA.ARCHI 2 en sont un très bon exemple. Ceux-ci repensent leur logement et rendent compte graphiquement des possibilités spatiales vers lesquelles pourraient se mouvoir leur habitat initial en un lieu plus ou moins adéquat mais en tout cas approprié.

Quelles solutions pour demain ? Cette ère de changements, de transitions et de transformations nous oblige à reconsidérer les espaces Nous voilà dans nos maisons, avec nos pensées tout le temps. J’ai habités et la ville afin d’assurer un environnement plus de pensées que je pensais. Elle ne sont pas toutes intéressantes. sain, équilibré et protecteur pour l’ensemble de la Voilà une chose que j’ai appris aujourd’hui ‘’Ton tonton thonds ton biodiversité et des populations. Il faudrait, à ce jour, ton’’ - « Isolement » Dimitar Bogdantcaliev DIMITAR BOGDANTCALIEV penser la ville et le logement comme éléments Nous voilà dans nos maison, avec nos pensées sources de bien-être pour l’Homme. Pourquoi ne pas espace dédié au travail, un autre à la détente ou à la toutpause-café. le temps. J'ai plus de pensées que je penréorganiser les villes par le vide ? 3 Penser l’extérieur L’individu fuit face au risque sanitaire, à la comme un prolongement du logement et non pas promiscuité la ville, il fuit son enfermement. La ville sais. Elle de sont pas toute intéressantes. comme sa limite. Comment repenser un tissu urbain offre une tant d’activités que lej'ai logement ne aujourd'hui devient plus Voilà chose que appris optimisé qui éviteraient les flux inutiles et donc la qu’un lieu de transit entre le travail et les loisirs, un ''Ton tonton thonds ton ton'' transmission rapide des maladies ? Quelles solutions lieu ne servant qu’à dormir, manger, et éventuellement pour une ville qui respire ? Une ville plus saine ? s’abriter du mauvais temps. Cet exode de masse, ce rejet du centre urbain, reflète l’intérêt que perd la ville Sarah RAMZI dès lors qu’on ne peut plus la parcourir. Il montre plus encore le manque de souplesse d’un logement-transit, illu. Rodrigo ROMERO S. et Dimitar BOGDANCALIEV 2 Marie Crabié, (Avril 2020), Comment nos logements s’adaptent au confinement : vos témoignages en plan, http://tema.archi/articles/plan-releve-habite-exerciceetudiant-architecture-confinement ; 3 Mélanie Gasté, (Juin 2020), Conférence habitat, vide et postmodernité ; rencontre autour de « Et demain on fait quoi ? », https://www.pavillon-arsenal.com/fr/et-demain-on-fait-quoi/,

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Interview

Cyril Rheims Dans ce nouveau numéro de DH, nous avons pour vous, interrogé Cyril Reims, architecte DPLG et co-fondateur du labo créatif «Waste is more». Exerçant à Paris et Montpellier, Cyril Reims effectue divers types de projets mais l’optimisation de petites surfaces et la création d’intérieur restent cependant ses grandes spécialités. L’enseigne « L’agence d’architecture pop et contemporaine » laisse deviner quelque peu l’univers de Reims, coloré, où le jeu et l’ingéniosité intègrent sa manière de concevoir les espaces, où l’architecture, mélange d’audace et de confort, vise ainsi le bien-être de ses utilisateurs. C’est en plein confinement que Cyril Rheims nous a accordé cette interview via zoom. Une discussion dans laquelle nous évoquons avec lui, sa philosophie de conception, son approche vis-à-vis des demandes de ses clients, et les quelques anecdotes sur son passé d’étudiant.

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Optimiser l’espace est essentiel en architecture aujourd’hui, on peut le voir au travers de vos projets comme votre projet numéro 59, un projet de réaménagement d’un ancien trois pièce de 45 m2. Quels sont selon vous, les éléments essentiels à la conception de petits espaces intérieurs ? Il faut que l’espace de vie soit agréable à vivre. On pourrait avoir tendance à poser un maximum de blocs de rangements ; c’est ce que va demander en majorité le client, pour pouvoir ranger un maximum. Mais il faut trouver un juste milieu entre le plein et le vide.

Comment alors caractériser un espace afin de refléter la personnalité de ses habitants et la particularité du lieu ? Il y a plusieurs composantes au projet. Il y a l’espace, le cahier des charges du client, son style de vie, de déco. Il faut être habile, on n’a pas le choix, c’est ce qui rend notre métier intéressant. A contrario du logement social, je sais pour qui je travaille, je sais qui va habiter dedans. C’est de la customisation d’espace pour une personne et pas pour un homme et une femme type, on va vraiment faire quelque chose de Projet 59 (45m2) dédié. En fait, il y a toutes ces composantes et il faut faire avec tout ça en même temps. Je ne me dis pas : « tiens, je vais d’abord travailler les espaces, puis les couleurs et puis après les transparences ! ». Tout ça « J’essaie de décloisonner vient en même temps. En général j’essaie de faire en sorte qu’il y ait beaucoup de transparence. J’essaie de décloisonner un maximum, pour un maximum, pour qu’en qu’en tout point du projet, notre œil puisse quasiment voir l’intégralité tout point du projet, notre du volume. Je travaille sur des espaces qui font parfois 9 m2 ; c’est œil puisse quasiment voir extrême mais ça m’est arrivé ! On a intérêt à avoir la possibilité de l’intégralité du volume » donner un champ de vision le plus large possible. Je commence alors à décloisonner un maximum, et après je vais repositionner les cloisons là où elles sont nécessaires – en général c’est les toilettes. La salle de bain du projet 59 est toute ouverte sur le séjour, c’est vitré. C’est vraiment propre à l’habitant, je ne peux pas proposer ça à n’importe qui. Si je fais 45 logements dans un immeuble, je ne vais pas en faire 45 avec une salle de bain ouverte sur le séjour. Il faut vraiment prendre en considération les besoins et les envies du client, et puis voir avec lui jusqu’où il est prêt à aller. Si au 59 l’habitant était un peu pudique, je n’aurai pas proposé une douche vitrée. Par contre il aurait perdu un gain d’espace visuel, il aurait eu une cloison opaque en face des yeux. C’est les contraintes qui vont structurer le projet, il faut les voir comme un atout.

Projet 21 (19m2) interview

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Le confinement a changé nos habitudes et notre manière d’habiter l’espace. Estce que le confinement et cette remise en question de la notion d’habiter dans de petits espaces a apporté un changement dans votre conception ? Quand je conçois des petits espaces, je le fais en pensant optimisation. Je fais de mon mieux à chaque fois pour que la personne puisse vivre son lieu de la manière la plus sympathique. Le confinement va la contraindre à y rester un peu plus longtemps, et ça tombe bien parce que j’aurais tout fait pour qu’elle s’y sente bien. Ça pourrait changer quelque chose, sur la bureautique par exemple. Avant, je faisais des petits bureaux minimalistes, pour ouvrir un ordinateur portable. Aujourd’hui, on va demander aux gens d’avoir un peu plus de matériel chez eux ; avoir une imprimante, de quoi ranger des dossiers. C’est ce qui risque de changer la part des choses. Il y aura peut-être plus de part dédiée à la bureautique qu’au rangement personnel ou la réception des amis. Il faudra faire des choix, malheureusement ça reste des petits espaces. Mais d’une manière générale j’ai toujours conçu les espaces comme ça : je vais faire en sorte que ce soit optimal. Avant ce n’était pas une demande des clients, même si j’ai déjà eu des demandes spécifiques. Ça reste minimaliste mais un peu plus contraint. Il faut que les éléments concrets – c’est-à-dire le mobilier sur mesure – soient multifonctionnels. Il faut qu’on puisse le retourner pour que tout disparaisse, que ça devienne du mobilier pour recevoir des amis. C’est important cette notion de multifonction des objets qu’on créée dans les petits espaces. Je prends toujours l’exemple d’un cube de 45x45x45 que j’utilise beaucoup dans mes projets. Quarante-cinq centimètres c’est la hauteur d’une assise, donc ça va être une assise, un volume de rangement ; c’est aussi la dernière hauteur acceptable à franchir pour faire un marchepied, pour atteindre les éléments les plus hauts perchés dans l’appartement, et puis aussi potentiellement une petite table basse pour pouvoir manger. Avec un seul objet, on remplit quatre fonctions, et ça c’est quelque chose que j’essaye de faire pour chaque projet.

« Je trouve plus intéressant de construire pour la personne, que de construire pour un prototype d’humain qui n’existe pas » 10

Projet 65 (14,85 m2)

Vous dites que vous vous amusez à dessiner et construire avec vos clients une “architecture audacieuse maligne et colorée”. Comment y parvenir malgré toutes les contraintes que peut présenter un projet d’architecture ? Déjà si on ne prend pas de plaisir à faire de l’architecture, il faut faire autre chose *rires*. Mais s’il y a quelque chose qui a changé la donne dans ma vie professionnelle, c’est que j’ai eu un appartement, le 59, qui était assez médiatisé. À partir du moment où j’ai eu des publications, les gens ont commencé à m’appeler pour ce qu’ils voyaient. Ça change complètement la donne ! Tout à coup on vous laisse un peu plus de liberté, on vous fait confiance : « J’adore votre style, faites-moi un truc comme ça ». Alors qu’avant on me disait : « Oh mais ce que vous m’avez montré, ce n’est pas pour ça que je vous appelle, moi je veux quelque chose de rustique… ». À partir du moment où les gens vous font confiance, ils vous laissent carte blanche sur le style mais jamais sur le budget. Il ne faut pas hésiter à se mettre un petit coup de pieds aux fesses à chaque nouveau projet, pour éviter de faire à chaque fois la même chose. Quand je peux, j’essaie de me renouveler ; ce n’est pas simple, on prend des risques avec des artisans. Par exemple, je travaille avec des artisans qui connaissent mon niveau de détail, d’exigence. Donc je leur demande un nouveau truc, et s’ils le loupent, votre client va vous taper sur la tête, il va falloir entrer en négociation. On marche toujours un peu sur des œufs en essayant des nouvelles choses, mais il ne faut pas s’arrêter.

interview


À l’école, certains professeurs ne tiennent pas en grande estime l’architecture d’intérieure. Qu’est-ce que vous leur diriez si vous étiez face à face? Moi je suis architecte DPLG, je me suis tourné vers cette branche parce que justement je ne comprenais pas le logement. Je ne comprenais pas comment on arrivait à construire des trucs uniformes, comme si on était tous les mêmes, comme si on avait le même fonctionnement, comme si on avait les mêmes habitudes, et je n’ai pas trouvé de réponses dans l’architecture « traditionnelle », plus générale. Je l’ai trouvé dans l’architecture intérieure, parce qu’ici, je m’adresse à un client, je réponds à sa demande. Si le gars a envie de se laver en regardant la télévision avec une jambe en l’air, je vais concevoir son espace comme ça. Je trouve ça plus intéressant de construire pour la personne, que de construire pour un prototype humain qui n’existe pas. Ce n’est vraiment pas un regret de m’être orienté dans cette branche-là, je ne vois pas comment faire de l’architecture sans prendre en compte l’habitant. C’est d’ailleurs un peu antinomique faire du logement social : est-ce que ça veut dire que tous les gens qui vivent dans des logements sociaux vivent de la même façon ?

Projet 30 (30 m2)

Projet 7 (28 m2)

Et vous, pourriez-vous nous en dire plus sur votre parcours en tant qu’étudiant d’architecture? C’est des études que j’ai adoré, vous les vivez aussi. C’est des études où la créativité est soumise à rude épreuve et c’est ça qui est marrant. J’ai de très bons souvenirs de projets. Quand on commence à travailler on se demande pourquoi nos professeurs ne nous ont pas dit que dans la « vraie vie » il fallait jouer avec l’argent, avec les normes. Mais heureusement qu’ils ne l’ont pas fait pendant les deux premières années, sinon cela aurait bridé notre créativité. J’ai fait tomber des barrières pour être le plus créatif possible. Alors je ne suis pas un génie, mais j’ai tellement appris depuis, qu’en deux années j’avais déjà énormément changé. C’est la créativité avant tout que j’adorais, et cette pluridisciplinarité. On faisait de la sculpture, du design, de la peinture, j’aimais beaucoup cet aspectlà. Des fois ça ne menait à rien, mais justement cette confrontation, ces discussions, qui sont parfois en désaccord avec ce que l’on apprend, forgent notre perception de l’architecture. On se rend compte que comme on a tous vécu dans l’architecture, même si on n’est pas architecte, on a notre mot à dire, et on a du feeling, on ressent des choses. C’était de chouettes années d’études, que je ne recommencerais pas, parce que c’était long. Je suis aussi parti un an à Londres. Je devais aller dans une école d’architecture là-bas, j’y suis allé mais j’étais nul en anglais, j’étais vraiment perdu. Finalement, j’ai trouvé un job dans un cabinet d’architecture dans lequel on parlait français […] c’était un cabinet qui s’appelait Design International, dans lequel il y avait des gens de tous les pays. C’était super enrichissant de parler avec des architectes australiens, indiens, sud-africains. On ne parlait pas que d’architecture mais on sentait les influences des uns et des autres.

interview

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« L’architecture n’est pas que dans la pierre, dans le bâtiment, c’est aussi le design. Elle est partout, il faut juste «éclore» à un moment donné, personne ne part avec un handicap. »

La première année de licence peut être un véritable challenge pour de nouveaux étudiants, en particulier cette année. Auriezvous des conseils à donner à nos chers L1 ? Il ne faut pas que les étudiants se disent qu’ils n’y connaissent rien. On est tous imprégné d’architecture, c’est des références qu’on a tous. On se ballade tous dans une ville, on regarde, et même si on n’y pense pas, on a vu plein de choses. C’est juste que la focale n’est pas faite pour l’instant, sur les éléments architecturaux, mais ils sont déjà intégrés. Il faut se dire qu’on part un peu avec les mêmes armes que les autres, il faut juste apprendre à faire la focale sur les choses architecturales. L’architecture n’est pas que dans la pierre, dans le bâtiment, c’est aussi le design. Elle est partout, il faut juste « éclore » à un moment donné, personne ne part avec un handicap. Tout est architecture et ça devient même un peu lassant des fois, on regarde tous les détails de la vie, une plante, une agrafeuse… Mais la curiosité reste importante il faut savoir la développer.

À quoi vous renvoie le terme de Double hauteur ? Double Hauteur… Je me suis dit architecture, vide sur séjour, mais aussi que cela peut être deux niveaux de lecture, et les niveaux de lecture en architecture sont multiples. Il en faut, la lecture microscopique, macroscopique […] quand on fait du logement il y a de l’architecture, mais aussi de l’urbanisme dans un sens plus large, l’aménagement du territoire. Tout ça c’est des niveaux de lecture… Projet 7bis (120 m2)

Propos récuillis par Anas ZEGHARI photographies : Cyril RHEIMS

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PFE du mois

Un Nouveau Chapitre à Aubusson Cheminer entre paysage et patrimoine par Marion VILLE Ce mois-ci, on vous propose de partir à Aubusson, petite ville d’environ 3500 habitants au cœur de la Creuse ; où s’inscrit dans un territoire isolé, fortement vallonné et agricole, le PFE 2020 de Marion VILLE. La cité, marquée par son passé médiéval, présente un site exceptionnel perché sur un éperon rocheux dominant la ville, le Chapitre, sur lequel se trouve des vestiges d’un ancien château, détruit en 1632. Un lieu stratégique qui offre une vue panoramique remarquable sur Aubusson, et apparaît comme un véritable espace de pause, de repos, de méditation, avec une certaine dimension poétique, crée par la fusion des vestiges avec le paysage. L’analyse du territoire a permis de faire ressortir des problématiques fortes qui ont guidé le projet: le Chapitre possède actuellement des accès compliqués et mal indiqués, qui demandent à être mis en valeur ; la ville quant à elle est fragmentée, et ne possède pas de réel lieu de rassemblement alors même que le site présente une situation idéale mais inexploité.

Enfin, on constate une certaine perte d’identité de la part des habitants, qui ont oublié les atouts et les richesses de leur territoire. C’est un projet amené à valoriser le patrimoine et les richesses locales autour des vestiges dans le but de créer un nouveau lieu permettant de fédérer l’ensemble de la population

Aubussonnaise. L’idée est de recréer un véritable signal dans la ville, comme le château l’a été autrefois. Ces stratégies s’articulent également autour d’une logique de circuitcourt, mettant en avant des matériaux locaux tels que le mélèze et le granit, mais également les savoir-faire ancestraux des artisans tels que

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vie étudiante


la taille de pierre. Un premier travail a d’abord été de revaloriser les cheminements existants permettant d’accéder au site, en rétablissant une signalétique, mais également des espaces de pause et des marquages de points de vue afin d’accompagner les visiteurs dans leurascension. Deux nouveaux sentiers sont également créés, permettant d’offrir des accès plus directs à l’introduction du projet. Après la découverte progressive du paysage jusqu’au

site, le projet apparaît en déclinant différentes entités programmatiques, tournées autour de la gastronomie, du terroir, du territoire et des richesses locales. Ainsi, se développe tout d’abord un pavillon d’accueil, visant à orienter les visiteurs autour des ruines et du projet ; des ateliers pédagogiques s’articulent ensuiteavec des jardins et des cultures aux

thématiques différentes, implantés en terrasses à différents niveaux, et permettent d’enseigner et sensibiliser la population. L’hôtel-restaurant, bâti sur les traces de l’ancienne église du château, est l’aboutissement du parcours, et offre la possibilité d’un hébergement sur le site. Il s’agit dans ce projet de revaloriser un plateau historique, en développant un programme et des interventions ancrées dans le territoire, le fil conducteur étant de recréer un espace derassemblement avec un regard constant sur les traces et l’identité originel du site. Je me suis attachée à développer une architecture en continuité avec les éléments du passé, tout en s’inscrivant tout de même dans une certaine écriture contemporaine. Ici les ruines ont servi de catalyseur au projet et sont pensées non seulement comme un objet figé dans le passé mais plutôt comme une base pour redévelopper des espaces de vie et de partage sur ce site exceptionnel qu’est le Chapitre.

Marion VILLE Licence / Master: Atelier Jacotey-Laroche. Diplômée en 2020, Elle travaille aujourd’hui en agence.

vie étudiante

Thomas Gendrot

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« en prison »

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DIimitar BONGDANCALIEV

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vie étudiante


Si tu fais de la peinture, sculpture, dance, musique, écriture créative ou photographie et tu es étudiant en archi, ne sois pas timide ! Envoi nous tes travaux et nous te publierons sur nos reseaux sociaux :) Profite de cette oportunité!


Château de Versailles Dans cette deuxième phase de confinement, les bols d’air frais sont restreints et l’envie de liberté se fait plus grande. Je vous propose – pour plus tard, lorsque nous serons déconfinés ! – une échappée au château de Versailles. Imaginez une journée dans ce magnifique domaine possiblement déserté par les touristes. Votre matinée commence dans les appartements royaux comprenant salles somptueuses dont l’incontournable galerie des glaces, peintures géantes et parquets d’époque. Puis, étendu sur la pelouse du grand canal silencieux, savourez votre pause déjeuner avant de prendre la direction du domaine de la reine. Vous y visitez le petit Trianon ainsi que les fabuleux jardins à l’anglaise peints par diverses essences végétales aux couleurs de saison, au fil des cours d’eau. Enfin, admirez les sublimes bassins sculptés, entourés de bosquets parfaitement taillés, lors d’une dernière promenade dans les jardins du grand château. S’il vous reste de l’énergie, terminez la journée dans la sympathique galerie des carrosses autrefois écuries du roi. Grand air, couleurs et images plein la tête, somme toute, une belle escapade pleine de poésie !

Pour l’été prochain... En période estivale, déambulez entre «  Jardins musicaux » et « Grandes eaux musicales », deux spectacles animant bosquets et fontaines sur des airs de classique. Pour les noctambules, je vous recommande vivement les « Grandes eaux nocturnes », où dans une atmosphère hors du temps, se déroule une scénographie magistrale mêlant jeux de lumière, jets d’eau et symphonie ; la nuit se termine alors par un joli bouquet final. Serez-vous tenté par un voyage temporel à destination du Château de Versailles, année 1700 ? Allez ! C’est la porte à côté ! Visite du château de Versailles, jardins et domaine du Trianon : gratuit -26 ans résident UE Spectacles Grandes eaux musicales / Jardins musicaux : tarif réduit 10€ (juin à novembre) Spectacle Grandes eaux nocturnes : tarif réduit 24€, plein tarif 28€ (juin à octobre)

Affoué Lucia INZA

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actualité artistique


DRUNK de Thomas Vinterberg Suite à la lecture d’une étude du psychologue norvégien Finn Skårderud selon laquelle il manquerait 0,5l d’alcool à l’Homme dans le sang pour être heureux, quatre amis professeurs de lycée tentent l’expérience de boire chaque jour de 8h à 20h, du lundi au vendredi afin de vérifier la théorie par la pratique. Dans les vapeurs d’alcool et sur la bande originale What A Life du groupe Scarlet Pleasure, nous apprenons à connaître les protagonistes,à comprendre leurs réussites, leurs problèmes et les changements qui s’imposent à leurs vies à la fois professionnelles, amoureuses et familiales. L’alcool qui balaye l’immobilisme de leur quotidien leur redonne confiance. A travers les yeux des jeunes à qui ils enseignent, ils se renouvellent et se sentent plus appréciés, drôles, spontanés. Plus euxmêmes ? Cependant le jeu de l’alcool est dangereux et les doses augmentent aussi vite que le point de non-retour approche. Face à ce “nouvel ami” arrivé dans leurs vies, réprimer leurs envies demande plus d’efforts que de se laisser porter. Quand les états extrêmes, les situations dangereuses et les crises apparaissent, à quoi se raccrocher ? Quand l’amour fuit par peur, comment continuer ? Quand on trouve son bonheur dans chaque gorgée pourquoi s’arrêter ?

Réalisé par Thomas Vinterberg Durée :1h55 Avec Mads Mikkelsen, Thomas Bo Larsen, Lars Ranthe .

Pauline COLON actualité artistique

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Le passé au présent Exposition Sarah Moon au MAM “PasséPrésent” est une exposition imaginée par la photographe Sarah Moon présentée au Musée d’Art Moderne de Paris jusqu’au 10 janvier. Au travers de cette installation on découvre les photographies et films de cette artiste singulière, qui développa un univers lugubre, à la frontière du fragile et du sombre. Mêlant “passé et présent” les oeuvres se croisent et se répondent pour acquérir une dimension immuable. Sarah Moon débuta sa carrière en tant que mannequin dans les années soixante sous le nom de Marielle Hadengue mais ce n’est que dans les années soixantedix qu’elle se tourna de façon autodidacte et spontanée vers la photographie. Toujours en lien avec le milieu de la mode, elle devient alors célèbre pour la campagne de publicité qu’elle réalisa pour la marque Cacharel. Tout au long de sa carrière elle développera ses recherches photographiques puis filmiques mettant en scène des femmes dans des décors sinistres, créant une ambiance sensible et floue. Ses personnages semblent se dissoudre, tels des spectres, sur sa pellicule. Cette exposition permet d’appréhender l’ampleur de son travail et s’articule autour de cinq courtmétrages, la plupart adaptations de contes populaire : Circuss(2002), Le fil rouge (2005), Le Petit Chaperon noir (2010), L’Effraie (2004) et Où va le blanc… (2013). Le travail de Sarah Moon a bouleversé le monde de la photographie, son esthétique, ses personnages, et ses ambiances nous transportent dans un voyage entre force et fragilité, entre réel et imaginaire, entre vie et mort.

Sarah Moon, “PasséPrésent”, Exposition au Musée d’Art Moderne de Paris jusqu’au 10 janvier 2021 Gratuit pour les étudiants en école d’art et d’architecture.

Raphaelle DE PRIESTER

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actualité artistique


TENET de Christopher Nolan Pour beaucoup, le confinement est l’occasion de revoir les films que l’on connait déjà par cœur. Que diriezvous plutôt de partir à la découverte d’une nouveauté ? Le dernier film de Christopher Nolan,Tenet, mériterait bien d’être vu et revu. Dans ce film, Nolan explore un thème qu’il ne fait qu’effleurer dans ses précédents films : notre capacité d’adaptation. Comme à son habitude, il soumet le spectateur à des contradictions temporelles et capte son attention en lui soufflant qu’il sortira de la salle étourdit, sans savoir s’il a compris ou même apprécié le film.

par couche en fonction du niveau de rêve ; dans Dunkerque en divisant l’action sous trois temporalités différentes ; ou dans Le Prestige en mêlant savamment présent, passé et futur au service d’une même histoire. Comme dans presque tous ses films, on se sent perdu, dupé, à la merci de ce réalisateur de talent. Allez donc voir Tenet pour vous faire votre avis, c’est le seul conseil que je puisse vous donner ! 26 août 2020 / 2h 30min / Action, Science fiction De Christopher Nolan Avec John David Washington, Kenneth Branagh, Robert Pattinson Nationalité : Américain

Si la question de la temporalité est centrale dans le travail de Nolan, on peut dire que Tenet est une sorte de bouquet final pour le réalisateur. Il a toujours joué avec le temps ; dans Inception en le modulant

Maud LAURENTIE actualité artistique

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Venice comme

ma

Poche

Ce mois-ci, Double-Hauteur t’emmène à Venise, ville aux 400 ponts, aux 150 canaux, aux magnifiques palaces et aux milliers de petites ruelles biscornues. Rien de mieux pour découvrir la ville que de s’enfoncer dans ses dédales d’îlots où prolifèrent merveilles et curiosités. Venise est une ville où il est bon de se perdre. Alors éloigne toi des lieux touristiques (après les avoir, bien entendu, visités) et promène-toi dans les quartiers de San Polo, Cannaregio et Dorsoduro où cohabitent locaux et étudiants. Nichée dans une petite rue peu fréquentée du quartier San Marco au bord d’un canal, la Libreria Acqua Alta est un lieu étonnant et inhabituel. Elle porte le nom d’un phénomène typiquement vénitien. Plusieurs fois dans l’année, l’eau de la lagune monte et envahit les rues de Venise, c’est l’aqua alta. Lors de ces épisodes, la librairie est inondée. Pour pallier ce problème et protéger les livres, les propriétaires ont décidé de les placer dans une baignoire ou une gondole au sein même de la boutique. Les livres sont ainsi toujours au sec.

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Libreria Acqua Alta

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Église Santa Maria dei Miracoli

Cette petite église du quartier Cannaregio représente l’un des plus admirables exemples de l’art de la Renaissance à Venise. Ses quatre façades de marbre adoptent un style de renaissance simple mais sont richement décorées. Elle est d’ailleurs l’une des rares églises de Venise visibles de tous les côtés. L’architecte utilise le trompe l’œil pour susciter une sensation de hauteur et de grandeur.

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En 1957, Carlo Scarpa, célèbre architecte et designer italien, dessina une “vitrine” pour présenter les machines à écrire de la marque italienne Olivetti. Ce concept est alors totalement inédit. Le magasin Olivetti, place Saint Marc, s’articule autour d’un imposant et emblématique escalier qui vaudra la renommée actuelle de l’architecte. Son asymétrie et sa taille importante réorganisent l’espace. A l’étage, le plancher se décolle du mur afin d’offrir légèreté et élégance au visiteur. Enfin, le mobilier d’exposition en bois et métal doré, dessiné par Scarpa, complète la composition.

actualité architecturale

Magasin Olivetti, #3 Place Saint Marc


Scala Contarini del Bovolo

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Ce petit palais de la Renaissance italienne offre un bon point de vue sur les toits de la ville, et plus particulièrement sur le quartier de San Marco. Son nom signifie en français “l’escalier de l’escargot”. Il fait référence à l’étonnant escalier hélicoïdal qui dessert chaque étage du palais. Construit en pierre d’Istrie et en brique, il adopte un style typiquement vénitien, mi-renaissance mi-byzantin.

#5 Palazzo Querini Stampalia Ce palais du XVIe siècle témoigne des modes de vies de l’aristocratie vénitienne jusqu’à la fin du XIXe siècle. Il est l’un des rares palais à avoir conservé son mobilier d’époque, une collection de tableaux de maîtres et de grands miroirs de Murano (île à côté de Venise célèbre pour son verre). Le musée s’inscrit également dans une démarche culturelle contemporaine. Plusieurs architectes de renom sont intervenus dans le bâtiment : Carlo Scarpa dans les jardins et Mario Botta pour une extension. Rénové en 2009 par l’architecte Tadao Ando, le musée de la Punta della Dogana est devenu un écrin minimaliste où découvrir la collection de François Pinault. Béton, acier, brique rouge et bois se mélangent harmonieusement afin d’accueillir le visiteur au sein du centre d’art contemporain tout en respectant l’âme de l’ancienne douane maritime, construite en 1682. A l’extérieur, derrière le musée, au bout de la pointe, une vue saisissante sur la ville t’attend.

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Punta della Dogana

Baptiste DU LAURENT DE LA BARRE illu. Paul PRIEL actualité architecturale

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Changer le monde après 2020 ? en gros L’année 2020 fut mouvementée, certes, mais également riche en conférences, podcasts, livres et expositions qui m’ont permis de réfléchir sur le monde de demain et surtout, m’ont redonné espoir. « Je m’éveille, frais et dispos, entre les murs de paille de l’appartement où j’ai élu domicile avec ma famille. Construit il y a quinze ans dans le cadre d’une initiative locale d’urbanisation durable, le complexe de trois étages présente de nombreux avantages. (…) avec la hausse du nombre de cyclistes et le déclin des voitures, la qualité de l’air s’est nettement améliorée, de même que la santé publique. » LECTURE : « Et si... on libérait notre imagination pour créer le futur que nous voulons ? » de Rob Hopkins Les premières pages de ce livre sont un récit totalement fictif, une balade dans le futur imaginé par Rob Hopkins, le scénario idéal. Après plusieurs chapitres, nous comprenons que grâce à notre imagination nous pouvons exercer un regard décalé, nous permettant de dépasser les situations les plus dramatiques pour trouver de nouvelles solutions. Requestionner la ville, requestionner notre rapport à l’éducation, à la créativité, aux écrans, à l’écologie, au vivre ensemble, à la santé … Lors de ma lecture, j’ai d’abord été effrayée car j’ai réalisé certains enjeux qui m’avaient totalement échappés. Mais ces découvertes m’ont avant tout donné envie d’écrire cet article, afin de vous donner envie de découvrir les solutions qu’il expose. L’enseignement majeur que j’ai pu tirer de cette lecture est que nous ne consacrons plus assez de temps à notre imagination. Alors allons donc flâner, et penser aux idées les plus folles. Nous pouvons être, pour un temps, des idéalistes. DEBAT / CONFERENCE « Et demain, on fait quoi ? » Pavillon de l’Arsenal Maintenant, comment peut-on agir en France ? Le 16 avril 2020, en pleine période de confinement, le pavillon de l’arsenal lançait le forum « et demain, on fait quoi ? », une plateforme où 198 contributeurs ont pu s’exprimer sur leur vision de la ville de demain. Vaste sujet, pour cela ont eu lieu des rencontres sur quatre

thème principaux1. « Stocker, inclure et anticiper », « Frugalité, ruralité et participation », « Habitat, vide et postmodernité », enfin « Environnement, résilience et réemploi ». Ces textes et rencontres, pleins d’espoirs et de poésies, nous proposent plusieurs visions nous permettant d’agir. WEBINAIRE : La frugalité heureuse et créative Mais à quel point pouvons-nous agir, chez nous, dans nos territoires urbains et ruraux ? “La frugalité heureuse et créative” est un manifeste lancé par Philippe Madec2, Dominique Gauzin-Muller, et Alain Bornarel, qui compte aujourd’hui près de 10 000 signataires, avec la volonté de métamorphoser l’acte de construire. Depuis septembre et durant 4 mois s’enchainent chaque semaine des conférences en libre accès sur Zoom3 qui donnent la parole à des professionnels, architectes, bâtisseurs, urbanistes sur la ville de demain. Chaque sujet expose une approche low-tech de l’aménagement et de la construction, sur de multiples thèmes : « la permanence pour un urbanisme vivrier », « construire pour apprendre, ou apprendre à construire »... Bien qu’à distance, ces échanges n’en sont pas moins chaleureux et participatifs, après tout, c’est la façon qui s’est imposé à nous en ces temps troublés, à nous de nous en saisir pour dessiner le monde d’après. Cette sélection reste entièrement subjective, basée sur un idéal tourné vers la résilience et la frugalité. Il est important de souligner que cette vision est loin d’être unanime aux quatre coins du globe. À mon avis, ce sont dans les écoles, où la créativité est encore bouillonnante, que l’on peut trouver de belles solutions. J’aime me balader sur les pages Instagram des écoles d’architectures les plus actives4. Avant d’entrer réellement dans le monde professionnel, nous pouvons commencer à changer le monde en rencontrant les étudiants, dans notre école, dans les autres écoles, partout. Echangez, inventez, créez de nouveaux projets.

Léa BALMY

1 (entièrement retransmises et accessibles gratuitement sur le site internet du pavillon de l’Arsenal, dans la rubrique conférence/débat, en format vidéo et/ou podcast) ; 2 (cf interview DH avril 2019) ; 3 (tous les mardis de 19h à 21h, retransmises sur la chaine Youtube Frugalité heureuse et créative ; 4 @harvardgsd @aaschool @yalearchitecture @mitarchitecture @columbiagsapp @bartlettarchucl

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de architectura Sous le Soleil (Jaune)1  de Schoeller2 : Quand les Lilas célébraient l’arrivée des Tournesols d’eau et de métal  Si son nom, comme celui de sa ville d’implantation, évoque à nos esprits confinés les célèbres peintures botaniques de l’artiste Vincent Van Gogh3, ce n’est pourtant pas de florescence, à la teinte mauve ou citronnée, dont nous allons ici esquisser le portrait, mais bien de l’architecture pop art et futuriste de la piscine « tournesol ». Prenant racine aux Lilas, sur une parcelle triangulaire à proximité du Grand Ensemble des Sentes, le complexe Raymond-Mulinghausen construit en 1976 par l’architecte Bernard Schoeller (1929-2020) reste l’un des plus emblématiques témoins de l’architecture industrielle et préfabriquée de la seconde moitié du XXème siècle. Ce prototype innovant de centre nautique est le produit d’une vaste opération économique lancée par l’Etat à l’échelle nationale à la fin des années 604 qui s’était fixé pour objectif de démocratisé « l’art de la baignade » à toutes les classes sociales. Une politique du « sport pour tous » qui s’est matérialisée en France par la création de plus 700 piscines, dont 183 sont issues du modèle type5 conçu par l’architecte des Tours Blanche et Esso de la Défense. D’un diamètre de 35 mètres au sol, cette piscine à la forme héliotropique comprends un bassin de 25m x 10m et ses annexes (hall, vestiaire) enveloppés d’une coupole jaune escamotable et autoporteuse de 6 mètres de haut en tuiles de plastique inaltérable, recouvrant l’ensemble de l’édifice. Une structure novatrice et reproductible en série, ingénieusement

mise au point par T. Constandinis, qui se compose plus spécifiquement d’une charpente métallique (structure tridimensionnelle en treillis soudés) comportant 36 arcs, ou les percements en forme de hublots de sa coque « oursin » permettent ainsi un apport constant en lumière naturelle. Cette singularité technique confère alors à cet équipement léger la capacité d’ouvrir à 120° sa paroi mobile afin de s’adapter aux différents rythmes climatiques et valsant des saisons et de se métamorphosé, l’été venu, en une plage artificielle en plein air. Réparties à la manière de « nautes » de musique sur une partition de forme hexagonale, les centres aquatiques de l’architecte avant-gardiste décédé le 5 avril dernier, représentent encore de nos jours un chef-d’œuvre d’architecture amovible et standardisée. Véritable ovni de métal et de plastique coloré dans le paysage de nos banlieues bétonnées d’asphalte, les piscines « Tournesol », dont cinq d’entre elles ont reçu le prestigieux label « Patrimoine XXème siècle », nous plongent à leur vue dans une fine bulle de nostalgie et d’évasion. Un univers cinématographique sixties, léger et décalé ou aurait pu s’entrecroiser, le temps d’un reposant bain de vagues et de soleil, le regard romanesque et sexappeal d’un Alain Delon, d’une Romy Schneider ou autre Jane Birkin6.

Vincent RICHARD DU PERRON illu. Pasha MURADOV

1 Maurice Pialat, « Sous le Soleil de Satan », 1987, Sandrine Bonnaire, Gérard Depardieu & Maurice Pialat (Palme d’Or Festival Cannes 87’) ; 2 Richard Fleischer, « Soleil Vert », 1973,Charlton Heston & Leigh Taylor-Young; 3 Vincent Van Gogh, « Le Lilas », 1889, la série « Les Tournesols », 1888-1889, Arles - Saint Rémy de Provence; 4 L’opération « 1000 piscines », 1960-80 ; 5 Premier prototype réalisé à Nangis (Seine-et-Marne), 1972 ; 6 Jacques Deray, « La Piscine », 1969 avec Alain Delon.

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In memoriam MARCO TABET J’ai découvert Marco en septembre 2014 à mon arrivée à l’école. Je n’y connaissais à vrai dire pas grand monde. Une polémique faisait rage sur les messageries courriels -quand elles marchaient-   à propos du déploiement d’une réforme du cycle master. Quelques enseignants, le verbe haut, menaient la charge ; Marco était de ceux-là, debout dans des amphithéâtres de rentrée houleux; Marco haranguait, avec la passion qui était la sienne, à propos des quatre Domaines d’Etudes qui venaient d’être initiés :  “ Pourquoi cloisonner l’enseignement du projet entre quatre cloisons imparfaites ? ”

Marco, combattant ! Quelques mois plus tard, en janvier 2015, j’ai été invité à la remise des prix d’un concours réputé destiné aux étudiant.e.s en architecture: le  Trophée Béton. Deux de ses étudiant.e.s, fraîchement diplômé.e.s de son atelier, y étaient nommés premier prix.

Marco, pédagogue légitimement fier de ses élèves ! En deux évènements, je venais de faire connaissance avec lui : débatteur passionné, attaché à ses étudiants, amoureux de sa mission.

Marco, homme de passions qui jamais ne furent tristes ! Je prends le risque de vous proposer un détour, un regard peut être “décalé” - à-vous qui le connaissez souvent mieux que moi ; digression sur le titre d’un ouvrage dans lequel il livre, peut-être, une part de sa complexité. Il s’agit d’un livre ; l’édition de sa thèse en 1996. Il en avait fait significativement évoluer le titre initial : «L’Idée d’abstraction en Architecture, Rem Koolhaas et Jean Nouvel», recherche sur l’influence de l’abstraction dans le mouvement moderne et dans l’œuvre de Jean Nouvel et de Rem Koolhaas”.

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A la place, il propose : « Terrifiante beauté de la Beauté; naturalisme et abstraction dans l’architecture de Jean Nouvel et Rem Koolhaas ».  Qu’il accompagne de cette note : “Le rationalisme a ôté à l’architecture moderne la notion de plaisir ; penser la beauté en architecture doit donc se faire autrement.” C’était il y a trente ans. Je formule une hypothèse - et c’est pourquoi je vous invite à ce chemin de traverse - qui veut que l’on ne renomme pas une thèse sur l’abstraction sans vouloir faire à sa façon manifeste :  “Terrifiante beauté de la beauté”, appel à la redécouverte du “plaisir en architecture”. En revendiquant le plaisir comme valeur de l’architecture, Marco avait, par avance en quelque sorte répondu à cette question.  Il ne pouvait, (l’a-t-il fait ?) que se retrouver dans cette définition de la Beauté par Annie Lebrun:  “Pouvoir d’éclairement, pouvoir d’ébranlement, pouvoir d’embrasement, voilà que, en dehors de toute transcendance, la beauté ouvrirait sur

in memoriam


l’ailleurs au cœur de nous-mêmes, elle nous montrerait ce que nous ignorons de nous-mêmes, elle révélerait la forme toujours autre du feu qui nous habite”. Lui qui aimait la philosophie, il ne pouvait qu’entrer en résonance avec Edmund Burke à propos du sublime : « La terreur est en effet dans tous les cas possibles, d’une façon plus ou moins manifeste ou implicite, le principe qui gouverne le sublime ».

Marco amoureux de philosophie ! La place du sublime en architecture a été maintes fois développé; il y a quelques années, en particulier, par un chercheur -Bernard Hamburger- à propos de la confrontation du Marco, un parcours : de Sao Paulo à Paris en passant par Grenoble et Rennes :  ° Diplôme d’architecte délivré par l’Université de Sao Paulo, Brésil 1979. ° Diplôme de « Docteur ès-sciences » délivré par l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne, 1994 ° Enseignant Vacataire à l’École d’Architecture de Grenoble (1986 – 1992) ° Maître-assistant à l’Ecole d’Architecture de Grenoble (1992 – 1994) ° Enseignant Vacataire à l’École d’Architecture de Bretagne (1996-2001) ° Maître-assistant puis Maitre de Conférence à l’École d’Architecture Paris Val de Seine (1994 – 2020) ° Membre du Groupe d’Experts des Écoles d’Architecture, Ministère de la Culture, 2015-2017 °Responsable d’Atelier nommé par le Conseil d’Administration de l’ENSA PVS, juin 2000 ° Membre de la Commission de la Pédagogie et de la Recherche (divers mandats, 2014-2017) puis de la CFVE

sublime et du pittoresque ; il cite Le Corbusier qui sans le vouloir -et à l’inverse de l’objectif de son propos- aura rendu un bel hommage à la “Maison” :  “La maison provoque une véritable hystérie sentimentale; faire sa maison, c’est à peu près faire son testament ...Quand je ferai ma maison...je mettrai ma statue dans le vestibule et mon petit chien Quetty aura son salon...Lorsqu’a sonné l’heure de bâtir cette maison, ce n’est pas l’heure du maçon ou du technicien, c’est l’heure où tout homme fait au moins un poème dans sa vie. Alors nous avons depuis quarante ans, dans les villes et les périphéries, non pas des maisons mais des poèmes”. Marco aimait à dire que :  “l’atelier est un vaisseau qui traverse le temps”. Voilà là donc ce que je vous propose comme hommage pour Marco : Marco, à sa manière si singulière, tour à tour : combattant, pédagogue avec toute la noblesse du terme  : “celui qui élève”, chercheur, philosophe, esthète, architecte et poète,  Marco, capitaine d’un vaisseau qui traverse notre mémoire.

in memoriam

Philippe BACH

Directeur de l’Ecole Nationale d’Architecture Paris Val de Seine

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In memoriam Gilbert On vous a demandé, via Instagram, de nous envoyer vos derniers hommages pour Gilbert, en voici quelquesuns :

Vous, étudiants en première année, vous, nouvôs de tous horizons, vous, futurs étudiants à l’ENSAPVS, et vous qui êtes extérieurs à notre école, à vous tous, nous voulons raconter un grand homme, que vous n’aurez plus le plaisir de connaître. Nous voulons vous raconter Gilbert. L’homme de l’ombre, notre régisseur d’amphi, notre ami, collègue, camarade. Gilbert n’était pas que cet homme qui vous tendait le micro à la fin d’une conférence où celui à qui les professeurs demandaient en permanence de changer la luminosité de la salle. Non, Gilbert était aussi un homme qui prenait en note tous les cours d’amphis et toutes les conférences à l’ENSAPVS durant toutes ces années à l’ENSAPVS. Qui peut sérieusement en dire autant ? Lorsque nous arrivions en retard, il nous accueillait, plein de bienveillance, un café à la main, et nous racontait volontiers le début du cours que nous avions manqué. Caché dans sa loge tout en haut de nos amphis, il était le témoin de tout ; de nos parties de cartes en cours de Théorie, aux blagues, parfois graveleuses, de certains professeurs ; et rien n’égalait son talent pour nous raconter les anecdotes des amphis des années précédentes ! Il savait tout, ou presque, nous connaissait tous comme nous le connaissions tous. Pour nous, étudiants, il était notre ange gardien, toujours à apparaître aux bons moments, lorsque l’on en avait le plus besoin ; lorsque nous étions en charrette, en stress, en partiel ; mais aussi simplement pour nous partager sa bonne humeur quotidienne et nous prêter l’oreille pour écouter la notre. C’est une petite partie de l’âme de Val de Seine qui s’est éteinte avec Gilbert. Nos salles d’amphis nous paraîtront bien vides désormais.

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in memoriam

Maud LAURENTIE


quelle année celle là alors ! Mais ! Nous avons réussi à faire pour vous, trois journaux avec un contenu très varié :) (tous nos journaux sont consultables en ligne sur issuu)

N°5

octobre 2019

interview

projet PULSE vers une architecture bois

vie étudiante

le pfe du mois : Un nouveau phare en la Paz et El Alto

actualité artistique Bacon à Pompidou

culture architecturale

Paris Comme ma Poche - Le Quartier Latin

Et pas mal de lives sur des thémathiques culturelles... (à visionner sur youtube)

et en

beaucoup plus de surprises!

Le contenu de ce numéro a été redigé par les membres de l’association Double Hauteur de l’ENSA Paris Val de Seine ou des collaborateur à celle ci. Les images ont été réalisées par les illustrateurs et photographes de cette association pour la pluplart, les autres sont libres de droits. Icônes par : Icons8, Vaporisateur mortel icon, Masque de protection icon, Main ver la gauche icon, Deux mains icon, instagram icon, facebook icon , youtube icon.


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#9 Novembre 2020 by Double Hauteur - Issuu