Skip to main content

#1 Mars 2019

Page 1

N°1

Mars 2019

dossier

l’histoire des ENSA et de l’ENSAPVS l’interview de Frédéric Borel

vie étudiante présentation d’un PFE portrait d’étudiant

actualité artistique jazz 2.0 danse contemporaine

culture architecturale Paris Comme Ma Poche de architectura

Le nouveau journal étudiant de l’ENSAPVS


Un éditorial a pour fonction principale de refléter le point de vue de la rédaction sur un sujet, plutôt d’actualité, abordé dans le journal. Voyons les choses un peu différemment. Pour ce premier édito, il s’agira de raconter une histoire.

edito Léa Balmy, rédactrice en chef

On pourrait s’imaginer, telle une série américaine, un groupe d’amis dans une université, des vies parfaites ou presque, une intrigue, une happy end … En réalité, nous sommes en France dans une école d’architecture. Croyez-moi, ce n’est pas si terrible que ça. On s’imagine toujours un scénario du type mélodrame à la française, mais la réalité est beaucoup moins tragique. C’est l’histoire d’un groupe d’amis, d’une nouvelle année, pour certains, du jamais vu, pour d’autres un début de routine. Mais laissons place à une des scènes que l’on affectionne tout par ticulièrement : celle où les rencontres se font. Un début de conversation, une blague pour mettre à l’aise, un regard, des occasions, des sor ties, des « charrettes », des moments pas toujours faciles, il faut se l’avouer. On a tous des parcours, des origines, des âges, des expériences totalement différents et pour tant nous voilà réunis autour d’une même passion : l’Architecture. Nous serons ceux qui se confronteront aux réalités et aux problématiques parfois millénaires, avec cette question : Comment faire l’Architecture ? En vérité, personne n’a la réponse exacte, mais cette école pourra peut-être nous apporter beaucoup. C’est ici que l’on développe notre créativité, notre curiosité mais aussi notre pragmatisme. Quelle est notre par ticularité, notre force ? C’est l’entraide, l’esprit de groupe, et avant tout l’échange. Venons-en aux faits. Pourquoi vouloir créer ce journal ? Si nous avons l’ambition d’écrire, c’est pour développer notre curiosité, notre observation et notre sens critique de l’Architecture. C’est pour cela que nous souhaitons, dans un domaine qui reste malgré tout difficilement accessible, engager une critique, qui reflète une réflexion, un point de vue, sans pour autant être par tisane à un courant architectural. A vrai dire, il est difficile de se souvenir comment l’idée de créer un journal nous est venue à l’esprit. Nous sommes dans ce genre de situation où plus on essaie de se souvenir, plus le doute essaye de nous distraire. Une conversation ? Une lecture ? Un cours ? Une conférence ? Un rêve ? Seulement quelques mots nous reviennent à l’esprit : Si l’on observe bien, les idées qui ont traversées l’histoire de l’architecture sont celles qui ont été immor talisées à jamais sur le papier, sur la pierre, sur le sol. Le point commun entre les plus grands architectes, tels que Vitruve, Palladio, Le Corbusier, ou Rem Koolhaas ? Ils ont écrit, et ils ont fait rayonner leur savoir à travers l’histoire jusqu’à nous. Et si c’était ça, après tout ? Chers étudiants, il est temps de s’exprimer ! On vous attend, à bras ouverts.


sommaire 3 1

dossier p.4

l’ENSA, la fille cachée de la Fac et des Beaux-Arts p.4-5 Paris Val de Seine, une histoire p.6 Borel, plusieurs écoles p.7-8 Interview p.9-15

2 vie étudiante le pfe du mois p.16 post-it ! p.17 portrait p.18

actualité artistique p.19

jazz 2.0 p.19 DAU p.20 Cherkaoui, Goeck, Lindberg p.21

4 culture architecturale

p.22 Paris Comme Ma Poche p.22-23 de architectura p.25

5 jeu

p.26

p.16

sommaire

3


l’ensa,

la fille cachée et des

de la

Fac

Beaux-Arts

« Je suis en école d’archi » : on a tous pu observer (non sans fierté) l’effet qu’a cette phrase sur toute personne qui nous demande ce que l’on fait dans la vie. Dans l’imaginaire collectif, l’école d’architecture c’est la version stylée de l’école d’ingénieur, et les étudiants sont tous des jeunes “Ted Mosby“ (je vous laisse chercher la référence) ou des “Gaelle et Karine“ de la maison France 5 qui dessinent comme des dieux et regardent à l’horizon avec un critérium derrière l’oreille. Voilà la vérité…

l’histoire « École Nationale Supérieure d’Architecture » : derrière ce nom plutôt pompeux se cache une histoire assez récente puisque que la formation n’apparaît sous ce nom qu’en 2005. Pour comprendre d’où viennent ces formations académiques, il faut remonter à l’ancien régime : en 1671, Louis XIV crée à l’initiative de JeanBaptiste Colber t l’Académie Royale d’Architecture. Cette académie n’est alors pas une école à proprement parler et fonctionne comme l’Académie Française en réunissant des personnalités reconnues du monde de l’architecture pour discuter des sujets d’actualité et des dernières réalisations françaises. En 1793, l’Académie Royale est dissoute à l’initiative, notamment, d’un certain Jacques-Louis David (peintre du Sacre de Napoléon). Elle intègre en fait le prestigieux Institut de France (qui se trouve dans le célèbre Collège des Quatre Nations, un bâtiment de Louis Le Vau, quai de Conti) pour devenir en 1795 une simple section de l’Académie des Beaux-Ar ts de l’Institut de France. En 1968, la période d’insurrection universitaire touche aussi les étudiants en architecture qui réclament le rattachement à l’université pour rompre l’académisme. Le ministre de la culture de l’époque, André Malraux, crée alors les UPA (Unités Pédagogique d’Architecture) dans la plupart des grandes villes de France . Le rapprochement à l’Université ne se fait pas d’un coup mais au travers de plusieurs réformes universitaires, jusqu’en 2005 où les UPA deviennent les ENSA.

Les études d’architecture s’organisent en trois cycles, Licence en 3 ans, Master en 2 ans et Doctorat qui correspond à l’HMONP en 1 an, qui permet légalement d’exercer le métier d’architecte en son nom. Dans ce système la formation est une sor te d’hybridation puisque coexistent deux pédagogies héritées de l’Université et des Beaux-Ar ts: d’une par t, un système classique de cours magistraux et travaux dirigés; le même système que dans la quasi totalité des formations universitaires. De l’autre, deux jours par semaine consacrés au cours de projet d’architecture, système hérité des ateliers des Beaux-Arts, où l’on apprend la conception architecturale. Paris Val-de-Seine est organisée d’une manière assez spéciale comme vous le savez sûrement : en ateliers. Ce sont des formations qui regroupent des élèves des cinq années du cursus dans de grands espaces (les ateliers), l’idée étant que les plus vieux transmettent leurs savoirs aux plus jeunes qui font le ménage et la vaisselle (en gros).

les études aujourd’hui Ce qu’il faut savoir avant même de considérer faire des études d’architecture, c’est que cette formation est pluridisciplinaire, des sciences humaines aux domaines des ar ts, en passant par l’aspect technique.

4

dossier


les moins

les plus

Étant étudiant à l’ENSA PVS, je ne parlerai donc que des problèmes que j’ai pu observer et rencontrer au cours de ma scolarité, et malheureusement il y en a. Premièrement, comme à l’université, il n’y a pas vraiment d’équipe pédagogique et donc un manque de passerelles éventuelles entre les disciplines. Par exemple, en première année, malgré de nombreuses heures de cours de construction, mathématiques et structure, les exigences techniques en rendu de projets sont très limitées. Pourquoi les professeurs de projet ne communiquentils pas plus avec le reste du corps enseignant pour que les Cours Magistraux soient un réel appor t théorique et technique à l’enseignement du projet ? De plus, la correction du projet est pour de nombreux étudiants en architecture une période traumatique, et non sans raison. En effet, en plus du fait que le rythme de travail est soutenu, trop souvent les étudiants expriment leur incompréhension face à leurs notes. La raison est assez simple, l’immense majorité des professeurs de projet ne notent pas selon un barème rationnel, sans même aucune appréciation. Une dernière chose qui a attiré mon attention récemment, les différences fondamentales qui existent entre les ateliers. En effet, d’abord il y a de for tes distinctions en terme de mouvement architecturaux, de Alvar Aalto à Le Corbusier, de Shigeru Ban à Tadao Ando, ou encore de Venturi à Rossi, et j’en passe. Puis au niveau de la manière de concevoir la vie en atelier, cer tains obligent à une hiérarchie très stricte entre les élèves, ou au contraire cer tains invitent à l’entraide entre tous niveaux d’études.

Le caractère pluridisciplinaire est très positif, car nous touchons quasiment à tous les domaines, tournés vers l’aspect architectural (histoire de l’architecture, anthropologie urbaine, géométrie, ar t plastique mise en espace, design, informatique image 3D, paysage etc.). Ces études sont donc une por te ouver te sur le monde, c’est pour cela que bien qu’il y ait une per te d’effectif d’une année à l’autre, c’est souvent pour s’orienter vers un domaine étudié en architecture. Le système de projet tend finalement à reproduire la situation de concours en architecture, nous préparant à la réalité du métier en nous mettant dans toutes les conditions liées à son exercice. Le fait que les professeurs soient architectes rapproche encore plus ce processus de la réalité et permet d’obtenir un avis, résultat de l’expérience de la profession. Les ateliers sont une spécificité de Val-de-Seine. Ils offrent une ambiance unique de camaraderie et d’entraide dans des études qui ne sont pas faciles. Ces lieux deviennent comme une extension de chez soi, et ces gens deviennent une sor te de nouvelle famille qu’on aurait choisie. Dans le même esprit, Val de Seine est très active dans sa vie associative (on compte une vingtaine d’associations) et dans sa vie étudiante, notamment par de nombreuses conférences et expositions. De plus, elle compte des dizaines de par tenariats avec des écoles et universités dans le monde entier. Bon vous l’avez compris, les études d’architecture ne sont pas parfaites. Mais en même temps, le métier d’architecte n’est pas le plus simple et gratifiant au monde, il a pour autant la par ticularité d’être passionnant. Si vous cherchez la reconnaissance et la for tune, passez votre chemin ! Si vous cherchez des études et une profession inscrite dans l’histoire de l’art, au service d’êtres humains dont vous allez penser et concevoir les habitats, les lieux d’apprentissages, de culture, de soins, de début et de fin de vie, alors bienvenue en architecture. Bienvenue à l’École Nationale Supérieur d’Architecture de Paris Val-de-Seine ! Clément Eygun

dossier

5


une histoire Paris Val de Seine,

une ancienne usine En 1879, un projet fou est lancé par l’ingénieur autrichien Victor Popp: construire une usine à air comprimé permettant d’ajuster toutes les horloges de Paris à la même heure. Ce procédé est basé sur un réseau de distribution lié aux égouts. Le projet est accepté, la SUDAC voit le jour. A la tête du chantier, l’architecte Guy Le Bus. A ses côtés, l’ingénieur Joseph Leclaire. Ils sortent de terre une carcasse de briques et d’aciers renfermant une machinerie complexe. Le bâtiment est édifié en 1881. En 1994, l’usine ferme et le 19 juin de la même année, elle est inscrite au patrimoine des monuments historiques.

la naissance d’une école L’École Nationale Supérieure d’Architecture Paris Val de Seine ou ENSA PVS est née d’une curieuse alchimie administrative. Elle est la réunion de quatre anciennes ENSA, celles de Paris-Villemin, Paris La Défense, Paris Conflans et Paris La Seine. Il faudra attendre 2007 pour la voir émerger en pleine ZAC du Paris Rive Gauche dans le 13ème arrondissement. Mais l’ENSA PVS est aussi une alchimie architecturale, et le savant fou n’est autre que Frédéric Borel, un homme au grand cœur donnant une deuxième vie à cette usine. Sur les bases de la friche SUDAC, le projet de l’école est lancé. Borel va ainsi donner un peu de renfort à cette dernière en construisant un bâtiment de plus de sept étages, créant un rapport temporel entre les deux bâtiments. La cheminée, élément symbolique, relie les deux édifices qui n’en font plus qu’un. Aujourd’hui, l’école accueille plus de 2000 étudiants, faisant partie des plus jeunes écoles d’architecture de France. Jules Foubet

6

dossier


Borel, plusieurs écoles

L’ENSA Paris Val-de-Seine, conçue par l’architecte Frédéric Borel, a été à l’origine de nombreuses controverses. Son style déconstruit et radical accompagnant la mise en œuvre de ses fonctionnalités a suscité de nombreuses interrogations et critiques de la part d’architectes et néophytes. Néanmoins, de fervents défenseurs du «style Borel», maintiennent leur position et vantent les mérites de cette architecture de micro-ville dans la ville.

dossier

7


L’ENSAPVS, nécessaire ?

une

remise

en

question

Afin d’aborder l’entrevue avec Frédéric Borel, nous avons décidé de confronter différentes opinions au sujet de la conception de l’ENSAPVS. La question que nous nous posons est celle-ci : les critiques soulevées sont-elles des crédos superficiels, du « poteau mal placé en 603 », ou émanent-elles d’une réelle analyse aiguisée et réfléchie de la manière dont a été pensé le bâtiment ? Le principal reproche concerne le manque de finitions, tel que l’emplacement des prises au sol, la détérioration des faux plafonds, des sols et des murs, la difficulté à chauffer; en bref, le vieillissement prématuré des lieux. Ces éléments laissent à penser que notre qualité de vie au sein de l’école se dégrade petit à petit. Mais le problème relève-t-il réellement du rôle de l’architecte ? Tout d’abord, nous souhaitons répondre aux remarques concernant les poteaux. Ces derniers semblent être placés de façon aléatoire. En réalité, ils s’érigent en fonction d’une trame bien précise. Les cloisons délimitant les différentes salles peuvent être facilement modifiables, disposées de diverses façons, voire supprimées (telle que la salle 217). Tout architecte doit parfois admettre qu’il n’existe pas de solutions à tous les problèmes posés, et établir une hiérarchie entre ce qu’il souhaite mettre en valeur, faute de budget. Ce que l’Histoire retiendra, ce n’est pas la prise au sol de la 201 mais l’audace architecturale proposée, le mariage de l’industriel et des formes nouvelles, la maîtrise de la lumière naturelle, les percements décalés créant un jeu de cache-cache sur la façade, les divers cadrages et ouvertures qu’offrent les baies vitrées, qui, finalement accueillent le paysage urbain au sein de l’établissement. Cela n’enlève rien au fait qu’il faille avant tout rechercher un équilibre, sans concessions, entre la forme, l’esthétique et la fonction.

Un débat de styles ? Il existe deux réactions face à la complexité et à l’hétérogénéité du plan de l’école. D’un côté, l’impression d’être constamment perdu, d’avoir du mal à se repérer dans les étages en raison de la centralisation de l’espace distributif dans un bâtiment immense. Également, la multiplicité des formes, des avancées, fenêtres, décrochés, qui sont jugés comme superficiels, ne servant uniquement l’image que renvoie la façade et non l’espace intérieur. De l’autre, on peut voir cette complexité du plan au contraire comme toute la force et le génie de cet édifice, dans la mesure où, poussant à la dérive de l’imagination et de la découverte, elle est fortement inspirante par ses formes et ses espaces et donne l’impression d’être dans un labyrinthe ou un château avec de multiples espaces, recoins, interstices qu’on ne finit jamais de découvrir. Bien que Borel affirme ne pas être un architecte de la déconstruction, il est en revanche évident qu’il ne fait pas partie du courant moderne. Si un débat de style est présent c’est bien celui-ci : une forte identité du mouvement néomoderne dans l’équipe enseignante et dans l’opinion étudiante qui contredit totalement ce « chaos contrôlé » étant jugé comme purement formelle dans la conception de l’école. L’ENSA PVS ne peut pas être consensuelle en raison des positions stylistiques fortes qui en font un bâtiment phare dans le quartier. Mais il est certain que son usage se plie à son image puisqu’il permet à l’école d’acquérir une très forte identité visuelle. Une chose est sûre, étant dans une école d’architecture nous avons plus que le droit d’exprimer un avis critique sur le sujet. Faut-il cependant seulement stigmatiser sur l’aspect purement fonctionnel (comme savent très bien le faire de nombreuses personnes) ? Ne serait-il pas justement dans notre devoir de futurs architectes, d’avoir une critique autre, une critique engagée et constructive, qui puisse élargir notre vision de l’Architecture et ses questionnements ? Léa Balmy Sarah Ramzi

8

dossier


in ter view

Frédéric Borel est diplômé de l’ESA en 1982 où il y rencontre Christian de Portzamparc. Il crée son agence FBA (Frédéric Borel & Associés) en 1985. Son style se caractérise par des bâtiments aux volumes éclatés, dématérialisés. On peut trouver le palais de Justice de Narbonne, ou encore L’ENSA PVS parmi ses réalisations. Il remporte le Grand Prix National d’Architecture de 2010.


DH :

UNE

ÉCOLE D’ARCHITECTURE

Après avoir lu votre livre sur l’ENSA PVS, on se rend compte que vous abordez un travail de conception par la volumétrie externe (par le biais de maquettes de figures), pour ensuite en constituer l’organisation interne. Comment avez-vous abordé le processus de conception de ce projet ?

F.B. : DH :

Étiez-vous dubitatif sur le fait de vous engager dans la réalisation non seulement d’une école, et, plus particulièrement, d’une école d’architecture, où la critique peut être encore plus accrue que dans n’importe quel autre programme ?

F.B. :

Quand vous exercez le métier d’architecte vous êtes appelé à répondre à différents questionnements, différents programmes, et avec mon équipe, à réfléchir sur des programmes variés comme vous l’avez justement dit, sur des palais de justice, des écoles, des logements, des centres des impôts, des sujets très variés. Faire un projet et répondre à un programme, trouver des solutions fait partie de l’exercice quotidien de l’architecte, comme une gymnastique. C’est un questionnement différent mais pas, à mon sens, plus inquiétant qu’autre chose. Faire une maison peut être plus compliqué que faire une école. C’est un exercice parmi d’autres. En fonction du contexte, du programme, des enjeux et aussi de la confrontation avec mes collègues puisque c’était un concours, c’était un choix arbitré par le Ministère de la Culture et par un jury, ça a fait l’école dans laquelle vous étudiez aujourd’hui.

L’école a comme particularité d’être l’association de deux bâtiments, un bâtiment nouveau et un bâtiment lié au patrimoine industriel qu’était l’usine de la SUDAC. Comme beaucoup de bâtiment de ce type il fallait lui trouver un nouveau devenir. On a tenté de mettre en valeur la partie existante parce que c’est la mémoire des Parisiens, la mémoire d’un territoire. Les règles de construction et d’usages ont changé en 1 siècle, et les règles même du site puisqu’il a été inondé en 1910. Cette zone particulièrement inondable a amenée à une architecture qui tient compte de ces éléments. C’est pour ça qu’on a créé cette plateforme offshore. On a fait ce projet comme la cristallisation en un lieu de différentes énergies, c’est

On a tenté de mettre en valeur la partie existante parce que c’est la mémoire des Parisiens, la mémoire d’un territoire.

10

une petite ville où les écoles viennent se rassembler dans des volumes et se poser sur cette grande plateforme qui a pour mérite de régler le problème de l’inondabilité. C’était un terrain très ingrat, et c’est souvent comme ça, vous arrivez sur des terrains qui sont délaissés, très compressés sur le périphérique, avec la Seine, un bâtiment industriel qui n’était pas très gracieux, une fosse à charbon, une cheminée. C’était un environnement assez compliqué mais en même temps un emplacement de choix pour une école d’architecture puisque c’est à l’entrée de Paris, un des premiers bâtiments qu’on voit en arrivant à Paris en venant de l’est.

interview


DH :

Quel est le parti pris de ce projet et le message qu’il porte aux étudiants en architecture ? La recherche sur une promenade architecturale, l’hétérogénéité des formes et des matériaux serait-il un moyen de faire découvrir à l’étudiant toutes les possibilités qui s’offrent à lui ?

Ce programme on l’a réfléchi comme une boite à outil F.B. :

C’est une très jolie question. En fait, comme je vous l’ai dit au début, on fait un projet d’école d’architecture comme on ferait un autre projet mais avec notre sensibilité et un message. On fait ça aussi pour des logements ou un palais de justice. Ce message pour moi il est dans une certaine forme de liberté d’expression des volumes mais en tenant compte du contexte, des questions qui nous sont données. L’idée au coeur du projet de l’école c’est d’y faire vivre 2000 personnes au quotidien. Comment les faire vivre ensemble de manière agréable pour qu’elles puissent être à la fois ensemble, à la fois s’isoler, à la fois apprendre, à la fois travailler ? Ce programme on l’a réfléchi comme une boite à outil, que ce soit au delà des questions de forme, d’architecture, un outil, très fonctionnel, très pratique pour la direction de l’école, pour les étudiants bien sûr et pour les enseignants. Il est certainement améliorable, puisqu’en fait un projet comme celui-là, vous y répondez en deux mois pour toute la vie du bâtiment, j’espère qu’elle sera longue (rires). Il y a eu un comité d’accompagnement pour mieux répondre sur certains sujets, on ne l’a pas fait seul puisque ce sont des délais très courts qui appellent des corrections, des compléments pour que dans le temps, le bâtiment réponde le mieux possible aux usages qu’attendent les étudiants et leurs professeurs.

LA

VISION ARCHITECTURALE

DH :

Aujourd’hui dans l’espace public nous rencontrons de nombreuses personnes qui ont une vision rétrograde vis-à-vis de l’architecture contemporaine. Vous qui parlez de récit architectural, pensez-vous qu’aujourd’hui il y a une perte de sens et une incompréhension de l’architecture contemporaine ?

F.B. :

C’est difficile de me mettre à la place du grand public parce que nous sommes trop savants dans ce domaine. Le regard des utilisateurs est devenu critique ou réservé et c’est bien dommage, je pense qu’il y a aussi en France des gens qui sont attentifs, enthousiastes et demandeurs d’architecture, il y a un vrai désir d’architecture. Souvent il peut y avoir des ratés et il faut se révolter contre la médiocrité. Mais, lorsque l’on est devant le fait accompli, il est parfois trop tard, du fait de la manière dont l’architecture a été produite, bien qu’aujourd’hui les choses aient progressé. Il y a des moyens d’accompagnement qui font que l’on pourrait mieux contrôler ce que l’on produit, ce que l’on construit. Je pense qu’il y a un vrai désir pour l’architecture, cependant, il faut de bonnes architectures. Il faut des architectures qui soient attentives à leurs quartiers, qui soient émancipées, puisque ceux qui bâtissent les villes sont souvent des bâtisseurs de grands groupes avec des produits éthérés, sans saveurs, disons. Et on a un peu oublié, et vous avez tout à fait raison, la dimension humaine.

interview

11


DH :

DH :

F.B. :

La complexité en soi n’est pas une chose qu’on cherche a priori. Mais ce n’est pas une chose qu’on s’interdit non plus.

On nous parle des matériaux/couleurs comme des éléments essentiels pour faire appel à une architecture plus sensorielle (la vue, le toucher, l’odorat, l’ouïe…). Pourtant, on ne rentre pas véritablement dans le vif du sujet, il est difficile d’apprendre à les utiliser ou à les mettre en valeur dans le projet. Dans vos projets, notamment celui de l’école, telle une sculpture cubiste, vous travaillez la forme, les matière et la couleur en parallèle. Comment abordezvous cela ? Les choses s’apprennent. J’ai été comme vous, je ne savais pas, j’ai découvert, après il faut avoir le désir ou le goût effectivement de travailler la matière de tout se permettre de ne pas être dogmatique, de parler de matière, de couleur, moi je parle de récits, de formes. En fait dans l’agence on ne s’interdit pas grand chose mais il y a la rigueur d’un budget. Il faut être attentif et respectueux de l’argent qu’on nous donne pour construire un projet. Mais au delà de ça il faut que vous gardiez toujours votre liberté, pour produire ce que vous avez rêvé, la chose qui peut apporter quelque chose au quartier, aux habitants et bien au-delà du simple usage qui est attendu par le programme ou le maître d’ouvrage. L’architecture est au delà de l’acte de construire, elle doit donner plus. Vous allez être architecte, inventer ces réponses la enrichir le quotidien c’est pas juste quantifier les mètres carrés avec tel budget donné du mètre carré, on vous demande beaucoup plus. Il faut être en capacité de proposer.

DH :

Expérimenter pour ne rien s’interdire au final ?

F.B. :

Tout à fait. L’architecture c’est une aventure. Les conditions ne sont jamais les mêmes, vous prenez la route, vous allez ailleurs, et vous rencontrez des circonstances, un contexte, des difficultés, des obstacles qui ne sont jamais semblables. Pour parler de la partie heureuse, c’est-à-dire la conception et la réalisation du projet, il faut toujours rester en éveil, ouvert et aussi faire confiance à une part d’intuition qui est en vous, parce que votre institution naît à la fois de votre réflexion, de vos pensés et de vos rêves. Pour nous c’est important aussi, à un moment donné, que l’idée du projet se cristallise en fonction de ce qu’on a pu prendre, appréhender, comprendre. Et c’est cet instant là qui est magique. On ne fait pas d’architecture avec un tableau Excel. Ce n’est pas en remplissant des cases, en pensant qu’au bout il y a un ordinateur qui va vous créer un objet. Cela ne marche pas comme ça.

12

interview

Vous parlez de vos projets comme développant une complexité, une hétérogénéité dans leur conception, est-ce que pour vous ce sont des notions qui s’opposent au minimalisme actuel ?

F.B. :

On peut faire des bâtiments comme ça, très beaux, parce que vous avez pensez qu’à cet endroit ce silence, cette sagesse, c’est la chose qui était nécessaire ou peut-être parce que vous répondiez à un programme précis qui appelait cette réponse. Mais la complexité en soi n’est pas une chose qu’on cherche a priori. Mais ce n’est pas une chose qu’on s’interdit non plus. La complexité à laquelle on arrive pour certains projets même des logements, c’est une réponse qui peut être singulière, qui parfois est faite avec du béton, un matériau qui est simple par nature. La complexité doit être pensée comme une oeuvre globale. Comme un sujet d’enrichissement. Par contre il faut toujours le faire à pas mesurés et à budgets mesurés. C’est ce que je m’attache à faire. Je ne demande pas des budgets différents de ceux de mes confrères. C’est important que vous preniez les mêmes règles que tout le monde. C’est aussi dans l’accompagnement c’est être proche des compagnons qui sont sur les chantiers, c’est être dans la proximité. Et là, les portes sont grandes ouvertes, vous pouvez quand même inventer des choses mêmes si, sur le logement notamment, les règles sont très contraignantes, un peu trop drastiques même.


L’architecture est au delà de l’acte de construire, elle doit donner plus.


DEVENIR A R C H I T E C T E DH :

A quel moment vous vous êtes rendu-compte que l’architecture allait être votre vocation, et vous passionnera toute votre vie ?

F.B. :

En fait je pense que c’est un métier qui a la chance avant tout d’être au coeur de la vie, à la croisée de beaucoup de préoccupations tout en gardant une certaine capacité à être toujours dans le futur, puisque vous construisez en anticipant et avoir un esprit visionnaire, et je le dis modestement bien sûr. Cette projection là je trouve qu’elle est passionnante. Elle naît de ce que vous donne la vie et de ce que vous allez en traduire en faisant le projet. C’est à la fois être dans le concret, proche des gens, savoir comment ils vont construire, avoir l’esprit bâtisseur, en métal, en bois, en béton, en pâte à modeler, c’est la même chose. C’est construire des espaces qui vont vous protéger, vous accueillir, qui vont vous accompagner de la naissance à la mort. On ne peut pas ouvrir les yeux sans voir l’architecture ! Et puis vous avez besoin d’elle puisqu’elle vous protège quotidiennement. Et comment en suis-je arrivé là ? Je pense qu’il y avait à la fois ce désir de bâtir et de le faire en pensant aux autres. On a aussi trop souvent tendance à dire qu’il faut éliminer la question de plaisir mais ’être architecte c’est aussi avoir envie de faire plaisir, aux autres d’abord. On dit souvent “l’architecte s’est fait plaisir”; tant mieux, c’est formidable ! Il faut surtout qu’il le fasse avec talent et parfois concertation, c’est une chose importante. Pour moi chaques sujets, chaques lieux, chaques circonstances, chaques programmes peuvent appeler une résonance particulière, un rêve nouveau, une vision.

14

interview

c’est un métier qui a la chance avant tout d’être au coeur de la vie, à la croisée de beaucoup de préoccupations DH :

En parlant de vision, vous avez rencontrez Christian de Portzamparc, et quelle a été la vision différente qu’il vous a apporté en tant que jeune architecte ?

F.B. :

Une vision différente je ne sais pas, parce que quand vous êtes un jeune architecte vous êtes très réceptif à tout, vous écoutez. Quand vous travaillez avec quelqu’un d’important, de créatif, d’un peu libre par ses idées et son architecture, c’est un moment important dans votre vie. Donc je pense que j’ai appris à avoir un certain regard sur les choses, une certaine forme d’humanisme, et puis la façon de réfléchir autant sur le programme que sur la lumière. J’ai eu d’autres influences, mais surtout, on apprend les choses seul. Il faut aller dans le questionnement, dans la confrontation, donc la solitude est une chose qui fait partie du métier d’architecte. Aujourd’hui beaucoup de gens travaillent aussi en équipe, donc je pense que chacun trouve la façon qui lui convient le mieux pour oeuvrer, il n’y a pas une solution, une seule façon de faire.


DH :

Qu’espérez-vous concernant la future génération d’architectes et les différentes problématiques qui nous concernent et nous concerneront ?

F.B. :

Je pense que cette nouvelle attention à l’écologie produira des architectures nouvelles, et c’est très heureux. Le terrain fertile de la question écologique produira peut-être des architectures nouvelles qui en feront avancer d’autres. Mais je pense que l’essentiel de l’architecture est aussi ailleurs. Il ne faut pas penser que la technique ou que la technologie vont aller seules créer des architectures nouvelles. Ce sont les architectes qui vont les créer. Mon message aux jeunes architectes est le même qu’il y a trente ans : Rigueur et Imagination. Rigueur parce que vous allez pratiquer, oeuvrer dans un monde où elle est indispensable, et que l’on attend de vous un grand esprit de synthèse. Ce que l’on attend de l’architecte c’est de résoudre des questions qui se croisent, indépendantes, dans des domaines très variés. L’Imagination c’est d’être toujours en capacité, avec vos savoirs nouveaux, avec des questions nouvelles, de proposer aux autres des schémas nouveaux, leur montrer qu’il peuvent vivre mieux et peut-être autrement. Alors moi, j’ai souvent fait avec des moyens modestes, je n’ai pas révolutionné les choses. Mais si vous pouvez apporter un autre regard, proposer une autre fenêtre ouverte sur le monde pour les gens qui vivent dans votre immeuble, pour les gens qui passent dans le quartier ou vous construisez, et bien ça c’est formidable. C’est toujours enrichir le quotidien, inventer ce qui n’existe pas à cet endroit là, offrir un jardin là ou il n’y en a pas. C’est ça, faire architecture, c’est aussi offrir à la collectivité des choses dont elle est souvent privée. Parfois vous avez le droit de répondre de manière surréaliste parce que les conditions qu’on vous présente sont parfois surréalistes. On vous donne le sujet d’un quartier à problème, à mélanger avec un programme de palais de justice, avec un terrain en pente et des problèmes de trafic aérien.

interview

On vous met un peu tout sur la table, comme un grand rébus, et on vous dit « monsieur l’architecte, faites moi un beau projet ». Donc c’est à vous d’inventer le récit du projet, le film de cette architecture, le scénario de la vie des gens. Alors quand on me demande ça, ça me fait envie, c‘est une invitation ! DH : En un mot, à quoi vous renvoie le terme « double hauteur » ? F.B. : C’est vrai que c’est un joli binôme « double hauteur » ! Double hauteur ça appelle forcément à la surdimension, dans les deux sens du terme, mais j’aurais envie de bénéficier d’un monde agrandi, d’un monde d’espaces démultipliés, on a envie parfois d’être le petit Poucet qui passe dans les grands espaces. La double hauteur renvoie un peu au rêve en fait, à la question aussi du recul et de la mise en apesanteur, de la hauteur quoi. C’est généreux double hauteur. On prend du recul quand on prend de la hauteur, et on offre une nouvelle dimension. C’est un mot qui me plait !

interview assurée par Léa Balmy, propos retranscris par Clément Eygun

15


s 1/500

le pfe du mois l’académie de musique de Didier Lockwood, par Romain Caba présentation du projet Ce mois-ci, nous avons décidé de vous présenter le projet de fin d’étude de Romain Caba, diplômé de l’ENSAPVS en 2016. Ce projet se situe à la rencontre de quatre problématiques différentes : - Une réflexion autour de 130 ha de friche industrielle désaffectée à Melun, en bord de Seine et qui relierait la ville à ses berges - La relocalisation de l’ancienne école de musique, étroite et inadaptée - L’édification d’une salle de concert de 1000 places dans le cadre de l’agrandissement de l’aire culturelle musicale de la ville - La création d’une infrastructure permettant la réception et la promotion du festival de Jazz « Violons croisés » initié par Didier Lockwood L’ensemble constitue donc en une cité de la musique dont les éléments communiquent entre eux de manière osmotique autour de la question, tel qu’il nous le décrit, «de l’intégration de zones naturelles à la ville comme un véritable élément programmatique utilisable [et non comme] une trouée verte dans le maillage urbain comme on aime trop l’enseigner aux étudiants.»

un projet qui ne fait pas unanimité

1/100

1/100

16

1/200

Ce projet est un travail qui se caractérise par sa forme et son caractère expérimental. Or celui-ci fut l’objet de débats, Romain nous l’explique : «On tente depuis des années de former les étudiants à être des Alvaro Siza du geste minimal, des Zumthor de la symbolique ou des Renzo Piano du détail alors même que la formation basique ne leur permet même pas de savoir comment réaliser des fondations pour la plus basique des maisons.» Pour son projet de fin d’étude il a alors décidé de briser les barrières de la «respectabilité calme» d’un projet de diplôme au profit de l’expérimentation, aussi bien formelle que technique, et d’aboutir à un travail qui puisse avoir une personnalité propre et existera comme identité visuelle dans un paysage urbain, qu’il décrit comme étant “de plus en plus uniforme”. A travers Coupe Transversale AA’ce projet, nous nous questionnons pour comprendre les véritables enjeux d’un étudiant. Sa capacité à réagir face au sujet, à la «doctrine pédagogique » qu’on nous empêche de remettre en cause. C’est alors le moment ou jamais d’explorer les domaines de l’expérimentation et de la créativité, puisque ce sont des projets qui restent pour l’instant au stade de conception.

Coupe Transversale BB’

vie étudiante Coupe Longitudinale CC’

propos recueillis par Lucie Melot


post it! Pour le dernier voyage de l’année ton Bde t’emmène à Berlin ! Ça se passe du 27 au 29 avril et on attends plus que toi pour aller visiter la capitale allemande, y découvrir la culture et les traditions. Sur place vous serez libres de vos mouvements mais on organisera bien évidemment des visites dans des musées et autres monuments, sans oublier les soirées où on vous dégotera les meilleurs plans pour vivre votre meilleure vie. PRIX ADHERENT : 139 € PRIX NON ADHERENT : 149€ Le prix comprends le logement, le transport ainsi que les petits déjeuners sur place pour un total de 3 jours et de 2 nuits à Berlin ! Le nombre de places est assez limité donc n’hésite pas trop et passe au BDE prendre ta place de 12h à 14h durant toute la semaine. La bise.

Appel aux bénévoles La COOP recrute ! La COOP cherche de nouveaux bénévoles dans son équipe! Si tu es intéressé(e) par la vie associative de ton école et par la COOP plus particulièrement, n’hésite pas !

vie étudiante

17


p o r t r a i t valentin bonvarlet

Architecte préféré ? Philippe Madec Rêve de gosse ? Pilote moto Grand Prix Livre favori ? Faut-il pendre les architectes ? de Philippe Trétiack Musique de prédiléction ? Mongoose - Fu Manchu Une personne qui a marqué ta vie ? Napoléon Bonaparte Président - Association Musique Ensapvs Responsable Commande et Logistique - K’fet Ensapvs Représentant étudiant - Conseil d’administration Ensapvs 2017-2018 propos recueillis par Léa Balmy

18

vie étudiante


jazz 2.0 En pleine guerre mondiale, Paris accueille les américains, et avec eux le jazz qui fit irruption dans de nombreux cafés populaires, faisant de la ville lumière une capitale de la blue note. Le jazz, cette musique qui au début des années 20 était marquée d’incompréhension, totalement nouvelle, une musique populaire détachée de toute « musique classique » était en vérité avant-gardiste. Bien que le terme «jazz» a toujours été extrêmement difficile à définir vu tous les sous-genres associés: ragtime, blues, swing, bebop… On vous propose de s’intéresser également au jazz que l’on connait moins, celui des post année 50: cool jazz, hard bop, jazz modal, free jazz, third Stream, jazz fusion, smooth jazz, nu jazz jazz rap, électro jazz et jazz contemporain. Bref. Le but n’étant pas de vous perdre, on aimerait parler plus particulièrement du jazz à Paris en 2019. Car non, le jazz n’est pas mort, bien au contraire. Nous avons réuni, rien que pour vous une liste non exhaustive des 5 meilleurs adresses pour écouter et danser sur du jazz à Paris.

« Le Jazz est la seule musique dans laquelle la même note peut être jouée nuit après nuit tout en étant différente à chaque fois » (Ornette Coleman, précurseur du “free Jazz“)

UN. La Gare / 1 Avenue Corentin DEUX Cariou, 75019 Paris Un lieu longtemps considéré comme “underground“ qui s’ouvre petit à petit à tous les curieux. La programmation est de très bonne qualité et souvent originale ce qui montre la pluralité des courants du jazz. L’entrée y est gratuite et la pinte pas chère. (attention cependant à respecter un silence religieux pendant les performances, c’est la coutume, comme le petit discours pré-concert)

TROIS

Les Disquaires / 4-6 rue des Taillandiers, 75011 Paris Sans doute la bar de jazz qui a le public le plus jeune. La raison : une scène très créative, innovante et expérimentale qui jongle entre jazz, soul et funk avec brio. L’entrée est généralement à 5€ mais les consos sont à des prix raisonnables. (les Disquaires proposent deux salles, un bar et un club, pour deux ambiances différentes, très sympa)

CINQ

La Petite Halle / 211 Avenue Jean Jaurès, 75019 Paris Vous connaissiez la Grande Halle, allez découvrir la petite halle, plus intimiste qui organise des concerts de modern jazz entre autres. De la bonne musique dans la superbe halle de la Villette c’est parfait ! ( il FAUT goûter leurs pizzas au feu de bois)

actualité artistique

. Le Caveau de La Huchette / 5 Rue de la Huchette, 75005 Paris De plus en plus fréquenté depuis sa brève apparition dans le film La La Land, ce bar souterrain est une référence française et même mondiale, et ce depuis les années 60. On y boit et on y danse dans un dédale formé par une dizaine de caves interconnectées. Claustrophobes s’abstenir. C’est cool donc c’est cher : entrée a 10€ et pinte a 11€. (ne soyez pas découragé par les 10 touristes qui viendront seulement 20 minutes le temps de faire une story insta, ils vous laisseront vite la place)

QUATRE

Les Grands Voisins / 74 Avenue Denfert-Rochereau, 75014 Paris Cette association éphémère devenue célèbre pour occuper illégalement (au moins au début) l’hôpital st Vincent de Paul qui attend une réhabilitation, propose milles et une activités différentes et compte plusieurs concerts de jazz alternatifs dans le cadre étonnant de l’ancien hôpital. (profitez-en pour découvrir les nombreuses animations, boutiques, cafés et brocantes qui animent le lieux toute l’année) Léa Balmy Clément Eygun

19


DAU En prenant ma place sur le site du théâtre de la Ville, une vidéo faisait office d’explication : Entre 2009 et 2011, un cinéaste russe, Ilya Khrzhanovsky, décide d’enfermer 400 personnes dans un studio de cinéma en Russie reproduisant les décors de L’URSS. Plongées dans le monde communiste des années 1938-1968 pendant trois ans, ces personnes vivent comme à l’époque : appartements communautaires, police locale. Ils sont chercheurs, artistes, criminels; ils représentent à eux seuls une petite société. Ils vivent leurs vies, tombent amoureux, expérimentent, et sont filmés 24h sur 24, 7 jours sur 7. À la suite de l'expérience, 13 films sont montés et plus de 700 heures de rush sont disponibles. On nous propose de replonger dans ce monde le temps de 6 heures, 24 heures ou en illimité selon nos souhaits (et notre budget). De la cave au plafond, tout est visitable. J’ai découvert ces endroits mythiques sous un autre oeil. A l'intérieur, aucune horloge, les portables doivent être déposés à l’entrée, ainsi, aucun contact avec l'extérieur n’est possible. Les fenêtres sont noircies, impossible de savoir s’il est 2h du matin ou de l’après midi. Le bâtiment est une sorte de carte mentale, chaque zone arborant un thème: guerre, peur, amour, corps, sexe, drogue, alcool, orgasme, rêve, utopie. Dans chaque zone, des expériences corporelles, spirituelles ou intellectuelles sont proposées. Chacun expérimente le DAU à sa manière. Le but, si toutefois il y en a un, est de se perdre dans ce lieu clos, hors du temps, de visiter les locaux, de rencontrer des gens, d'expérimenter.

J’ai participé au projet DAU organisé du 24 janvier au 17 février 2019 par le théâtre du Châtelet, le Théâtre de la ville et le Centre George Pompidou.

J’avais pris un Visa de 24h, c’est-à-dire que j'étais autorisée à rester au DAU de 9h du matin le samedi 2 février jusqu’à 9h du matin le dimanche 3 février tout en pouvant sortir et revenir selon mes souhaits. J'étais seule dans un premier temps, avant de rencontrer des gens, et cette solitude m’a beaucoup servie pour sortir de ma zone de confort. J’ai eu la chance d'être là aux bons moments, là où il se passait des choses. J'ai pu être « chamanisée », écouter de la musique hypnotisante, voir une performance de danse, un concert de piano, les nombreux films réalisés pendant l'expérience et tous les rushs. J'ai rencontré des gens aussi, plein, que j’ai beaucoup recroisés, et deux personnes avec qui je suis restée une bonne partie de la nuit, on a bu, on a rigolé. J’ai fais deux fois les actifs listener. Dans une petite cabine, grande comme un photomaton, deux personnes s’assoient en face l’une de l’autre et peuvent se raconter ce qu'elles veulent pendant le temps qu’elles veulent. Une personne écoute, l’autre parle. De sa vie, du beau temps; le sujet de la conversation revient à celui qui parle. C’est un moment fort, j’en suis partie déboussolée (comme beaucoup) en pleurs la première fois, euphorique la seconde fois. Il se passe beaucoup de choses en 24h et je pense que le but était d'être ouvert à ce qui se présentait. J’ai trouvé cette expérience très intéressante et enrichissante de par l'esthétique de l’endroit, qui nous plonge directement dans un autre monde, mais aussi pour le concept, la création d’un lieu où les gens sont coupés du monde et voient des choses hors du commun, où le temps passe lentement. J’ai passé de bons moments. Je pense que la promesse est tenue pour le Théâtre de la ville et du Châtelet. Pauline Colon

20

actualité artistique


Ce mois-ci, la critique d’un spectacle de danse contemporaine, qui se compose de trois créations. Trois vision singulières, ont pour seul point commun d’être des relectures de ballets russes. Il a eut lieu à l'Opéra Garnier jusqu’au 3 mars 2019. Si vous l’avez raté, on vous fait un petit récap’ rien que pour vous !

Cherkaoui

La première partie s’ouvre avec le Faune, une chorégraphie signée Cherkaoui. Tout commence par une scène munie d’un unique fond de forêt sombre et mystérieuse qui accueille le faune, puis la nymphe. Chacun leur tour, les corps s’animent, ondulent suivant des mélodies de flûte sur la musique de Claude Debussy. On est subjugué tout au long du ballet par une grande sensualité qui atteint son paroxysme lorsque les deux corps se rencontrent pour ne finir par n’en former plus qu’un.

Goeck

La deuxième partie intitulée Dogs Sleep, de Goecke, est une réflexion sur la thématique du rêve. Elle débute dans le noir, animée par une fumée blanche qui recouvre les jambes des danseurs. L’effet qui se poursuit durant toute la représentation nous donne l’impression que les mouvements finissent par se noyer dans l’espace. La danse se caractérise alors par un travail sur les bras de manière très haché, saccadé. Cette révolution gestuelle finit par en devenir lassante, mais elle est apaisées par le splendide mélange des musiques de Takemitsu, Ravel, Debussy et Vaughan.

Lindberg

La troisième partie vient clôturer le spectacle par une touche colorée, remplie de légèreté et de fluidité. Il s’agit des noces selon Ponctus de Lindberg. Le chorégraphe a voulu pour cette relecture du ballet de Bronislava Nijinska, s’interroger sur le mariage à notre époque. La scène est envahie par 18 danseurs qui s’étreignent, se repoussent, se font, se défont dans l’espoir de ne jamais finir seuls. La scénographie nous conquiert avec des panneaux noirs qui bougent au gré des danseurs, les cachant ou les mettant en valeur. Seul bémol, le contraste trop marqué entre la musique et le ballet donne un effet peu harmonieux. Agathe Ballèvre

actualité artistique

21


PC M Poche a ri s

omme

a

Dans cette rubrique, vous retrouverez chaque mois un ou ­plusieurs parcours dans ou autour de Paris, dans une recherche de lieux et d’architectures remarquables, voire insolites. Pour ce premier PCMP nous vous présentons deux parcours, dans le 13°arrondissement de Paris. Sûrement avez-vous déjà vu les bâtiments que vous trouverez ici, peut-être même passez-vous devant tous les jours !

Jusque dans les années 1980, le quartier de l’actuel Paris Rive Gauche était un espace excentré de Paris malgré sa relative proximité du centre. C’était un site industriel, avec des voies ferroviaires et des entrepôts ; appartenant principalement à la SNCF. A partir des années 1980, la zone est en déclin. C’est pourquoi, au début des années 1990, un projet de grande envergure y est lancé. La volonté est de créer un nouveau quartier pour un Paris à grande échelle qui ne néglige pas l’homme et le piéton. Aujourd’hui la ZAC de Bercy comprend de nombreux sous ensembles. Cette mixité assez rare est une qualité de ce nouveau quartier. Le patrimoine y est conservé, et l’innovation recherchée. Ainsi, on y trouve des projets originaux qui marquent l’identité du quartier.

Les bureaux Pushed Slab, construits en 2014 par l’agence MVRDV, semblent s’ouvrir en une arche grandiose au centre de ­ ­l’édifice.

1

C’est en 1991 que les architectes Jean Dubus et Jean-Pierre Lott livrent ce spectaculaire édifice, les immeubles - villas, rendant hommage à Le Corbusier.

2

C’est à l’occasion du centième anniversaire de l­’architecte que le concours fut lancé pour, enfin, les concevoir. Les deux architectes lauréats sont restés très fidèles à la vision de Le Corbusier, soit de petites villas superposées, disposant chacune d’une terrasse et d’une entrée propre.

22

culture architecturale

Les anciennes Usines Panhard et Levassor, dans lesquelles étaient autrefois construites des automobiles, sont rachetées en 1967 par Citroën, les bâtiments sont alors abandonnés et détruits. Le seul édifice encore existant se voit réhabilité à partir de 2007 en immeuble de bureau par l’agence d’architecture AREP.

3

4

Le Ministère Français de l’Education Nationale est un bâtiment aux teintes verdâtres et à l’étrange forme d’accordéon qui a été conçu en 1970 par l’architecte Jacques de Brauer.

1


Autrefois gare frigorifique, ce lieu laissé à l’abandon pendant une quinzaine d’années est très vite devenu le terrain de jeu de tagueurs et grapheurs en tous genres. En 1985, une agence de gestion immobilière prend la relève pour la SNCF, les locaux sont loués et réaménagés par des artistes qui investissent les lieux en y créant une vie associative effervescente, toujours d’actualité aujourd’hui : les frigos.

1

Héritée du Paris industriel, la halle Freyssinet est conçue en 1927 par Eugène Freyssinet. Outre son élégance remarquable, ce bâtiment est un condensé d’innovation technique : utilisation du béton précontraint et du compactage du béton, béton armé et grande verrière sont au rendez-vous. L’espace intérieur, monumental, abrite désormais un immense espace de restauration, mais aussi - et surtout - le plus grand incubateur de startups du monde.

2

Construit dans le cadre du projet Paris Rive Gauche, cet immeuble de bureaux de sept étages ­ est dénommé A ­ irtime, par l’opérateur immobilier Icade. Les vues offertes sur Paris et le rythme de façade du bâtiment lui confèrent son caractère/ identité.

3

La Cité du refuge est un immeuble construit en 1933. C’est un établissement de l’Armée du salut destiné à l’accueil, à l’hébergement et à la réinsertion sociale. Ce bâtiment aux allures de paquebot, arbore les couleurs rouge, jaune et bleu, signature de Le Corbusier.

4

3 2

1

4

ENSA PVS

4 3 Maud Laurentie Valora Brice

2 culture architecturale

23


Un arc tendu

se dresse

sans repis

repeint

la vue

vue de haut

par des ailes oÚ le vent se lève.


de architectura Le Parlement Écossais de Enric Miralles et Benedetta Tagliabue

Quand l’international contemporain rencontre le patrimonial traditionnel : « Le Déconstructivisme Critique »­ Vu du ciel, il apparaît comme une immense masse organique et feuilletée, comme un objet de verre et d’acier aux lamelles multiples et fragmentées par le tracé des voiries. Le Parlement Écossais dessiné par le duo d’architectes italohispanique Enric Miralles et Benedetta Tagliabue a réussi son pari, par-delà les vives polémiques, à devenir en l’espace de quelques années seulement le nouvel emblème de la nation écossaise. Incrusté harmonieusement dans la topographie rude et sinueuse de la capitale historique Edinbourg et de son quartier Holyrood, ce nouveau joyau d’architecture contemporaine a été inauguré en 2004 après des travaux au coût titanesque (414,000,000 £) et une attente de près de 5 ans sans lieu de représentation démocratique. Une attente récompensée l’année suivante pour les architectes et leurs commanditaires par la plus haute distinction architecturale du Royaume Uni : le Prix Sterling. Cette récompense suprême n’a pas manqué de faire ressortir de l’eau sombre et trouble des « lochs » la polémique sur ce bâtiment à peine sorti de tourbe. En effet, si l’on ne s’arrête pas au seul aspect financier, le Parlement Écossais à su résister aux différents cris de révolte de la « vox populi ». Tout d’abord quant au style architectural prononcé de l’édifice: Oscillant entre un déconstructivisme affirmé et un post-modernisme de façade,

il n’a pas manqué de susciter l’incompréhension, par le conservatisme encore présent de l’élite intellectuelle très soucieuse de la préservation de son patrimoine médiéval historique et de ses rues ondulées et pavées de gris suie. Une critique qui aurait pu être totalement fondée aux vues de notre époque où l’architecture déconstructiviste s’évertue à l’excès à une « totale rupture historique » en négligeant des notions fondamentales telles que la « mémoire » et la « particularité/identité » du lieu. Néanmoins, le Parlement Ecossais de Miralles fait ici figure d’exception. En effet, en plus de révéler l’unicité du lieu, d’en marquer la continuité et d’en épouser avec ses formes abstraites et arrondies les détails topo-morphiques, le Parlement se fend d’une vue séquencée mais panoramique sur l’environnement urbain verdoyant et irrégulier propre à la ville. Comme on le sait l’Ecosse est une nation qui, durant des siècles, n’a cessé de se révolter contre la Couronne pour réclamer son indépendance. Cette autre polémique réside donc à propos du site choisi pour ce nouveau symbole national de l’Ecosse qui s’implante à proximité de la Royal Mile : l'artère principale d’Edimbourg qui relie le château d'Holyrood (résidence officielle d’Elizabeth II) et le château d'Edimbourg (longtemps occupé par les rois anglais). L’on comprend donc aisément que le rapport populaire vis-àvis de l’establishment monarchique soit sujet sensible et d’autant plus actuel à l’heure du Brexit. Il n’en reste pas moins que ce bâtiment, par un jeu de questions-réponses continu, exprime un dialogue complexe mais lisible avec le « topos » environnant. Par le choix de son positionnement et de sa forme déstructurée, ce Parlement Écossais flambant neuf se veut être dans les prochaines années un témoignage que «l'architecture contemporaine internationale» a encore (peut être) quelque chose à exprimer. Le « Deconstructivisme Critique », un possible remède à l’« Anti-Esthétique » ? Vincent Richard du Perron Matias Herras

culture architecturale

25


4

9 2 8

1

14

3

B

5

A

11 12

10

L

M

13

M

15

A 19

16

18 P

7

T 20

17

Ver t i c a l

7 . E n vel o p p e d e c a na l i s a t i o ns

1. Va i s s e a u fe r m é qui perm it d 'éc ha ppe r a ux e aux du D éluge

1 9 . Arm e b l a nc he f a i t e d ' u ne lame ai g u ë e t d ro i t e

2. Os ci l l a t i o n o u vibration p rod ui t e pa r un choc ou un e sec ous s e

H o r i zontal

3. Élé m e nt q ui re c ouvre un e su r fa ce , po ur l a protéger, la c onso l i de r

6

S

8 . Prot u b e r a nc e ma s q u a nt u n toit pla t 9 . Porti o n d e c o u r b e l i mi t é e par deu x p o i nt s .

4. Reg i s t re pub l i c où figuren t le s re n s e i g n e m e n ts sur la su r fa ce e t l a va l e u r des p rop r i é t é s fo nci è res

1 0 . J uli e t t e s’ y a c c o u d e

5. P ièce de b o i s d e petite sec t i o n s e r v a n t à souten ir u ne a ut re pi è ce

1 2 . Ch a c u ne d e s c ho s e s q u i en tren t d a ns l a c o mp o s i t i o n d e quelq u e c ho s e d ’a u t re p o u r con stit u e r u n e ns e mb l e

6. P la ce s i t ué e devan t un e faç ade

26

1 1 . D is p o s i t i f s’o p p o s a nt à tout ef f e t d e d é f o r ma t i o n

1 3 . E xp re s s i o ns f i d è l e s d e quelq u e c ho s e

jeu

E S

L

T

1 4 . Pa v i l l o n o u v e r t d e t o u s c ô t é s , i ns t a l l é d a ns l e s j a rd i n s 1 5 . O rd re g re c c a r a c t é r i s é p a r u n c ha p i t e a u d o nt l a c o rb ei l l e c o mp o r t e d e u x r a ng s d e f eu i l l es d ’a c a nt e s 1 6 . I ns t r u me nt e n f o r m e d e t r i a ng l e re c t a ng l e 1 7 . E l e me nt d e c o f f r a g e p o u r mu r s d e b é t o n 1 8 . E l é me nt d e c o ns t r u c ti o n d o nt l a l o ng u e u r e s t t rès s u p é r i e u re à s e s a u t re s d i m en s i o ns 2 0 . C o nt r a i nt e mé c a ni q u e p a r a l l è l e o u t a ng e nt i e l l e à u n e f a c e d ' u n ma t é r i a u


ours

Antoine Mahier co-directeur graphique photographe, illustrateur, maquettiste

Agathe Ballèvre rédactrice

Claire Boulongne responsable réseaux-sociaux

Jules Foubet rédacteur

Clément Eygun co-rédacteur en chef

Lucie Melot rédactrice, dessinatrice (p.21), cocommunity manager

Léa Balmy présidente, rédactrice en chef, maquettiste

Maud Laurentie rédactrice secrétaire

Matias Heras rédacteur

Rodrigo Roméro Sastré vice-président co-directeur graphique

Pauline Galateau trésorière responsable des partenariats

Valora Brice Rédactrice co- community manager

Zoé Habert dessinatrice (p.25)

Vincent Richard du Perron rédacteur

Pauline Colon Rédactrice

Sarah Ramzi rédactrice

Nos remerciements aux contributeurs cameramans pour l’interview: Clélia Chemin, Félix Laforge, et Lucie Nouvellon. Nos remerciements à Monsieur Frédéric Borel pour avoir accepté notre interview et à Juan Buenfil pour sa communication. Nos remerciements au directeur Phillipe Bach, et à l’équipe administrative pour leur réactivité et leur soutien.


Double Hauteur recrute !

Vous savez écrire, dessiner, faire de belles mises en pages ou vous avez un talent pour la vidéo ? CONTACTEZ-NOUS !

double hauteur @doublehauteur doublehauteur@gmail.com


Turn static files into dynamic content formats.

Create a flipbook
#1 Mars 2019 by Double Hauteur - Issuu