N°2
Avril 2019
interview
Philippe Madec dossier l’éco-quartier
vie étudiante
pfe du mois : la fondation Massa
actualité artistique Fabrice Luchini
culture architecturale
Budapest Comme Ma Poche
le journal étudiant de l’ENSAPVS
Les écologistes ont sans doute une vision stéréotypée de l’architecte: le critérium derrière l’oreille, les plans enroulés sous le bras et les cheveux plaqués vers l’arrière. Réciproquement, l’architecte a une vision de l’écologiste en tenue de safari, jumelles au cou, bob sur un crâne chétif, et filet à papillon en main. Tel l’écologiste sur les traces du Marsupilami, le bon architecte guette, observe et étudie les conditions de l’environnement de ses habitants. Il mesure, prend note, trace. L’écologie, du grec ancien « oikos », la maison, et « logos », le savoir, est la science qui étudie les milieux et habitats des êtres vivants. Finalement l’écologiste et l’architecte ont cette même volonté, celle d’étudier les habitats pour mieux les préserver, les reconstituer et les créer. Et si l’architecte de demain était écologiste ?
edito
Dans ce journal nous tenterons de répondre à toutes ces questions d’actualité, en nous concentrant plus particulièrement sur les éco-quartiers, véritables symboles de la ville de demain mêlant architecture, urbanisme et paysage. Grâce au père de l’architecture écologique Philippe Madec, nous, futurs architectes, pourrons dire haut et fort que « Oui, en école d’architecture nous pensons à l’écologie et à un monde où il fait bon vivre.»
illustrateurs
petit bureau
Léa Balmy, rédactrice en chef
Antoine Mahier Rodrigo dir. graphique Roméro Sastré illustrateur vice pré dir. graphique
Maud Laurentie Pauline Galateau secrétaire trésorière
Sarah Ramzi
Jad Sadaaoui
Lucia Inza
Zoé Habert
Anna Raulin
Dimitar Pavel Muradov Marine Bréard Bogdantcaliev
Omer Furkan Ipek
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Morgane Monard Louise Cousy Barbereau
Pauline Colon Antoine Viney Vincent Richard Raphaël De Priester
Anna Catgiu
Agathe Ballèvre Clément Eygun
partenariat
Jules Foubet
communication
photographe
maquettistes
rédacteurs
Léa Balmy présidente rédactrice en chef
Claire Boulongne
Valora Brice
édito
Lucie Melot
Eva Persechini
sommaire dossier p.4
culture architecturale p.22
Val-de-Reuil, l’éco-quartier modèle pour l’urbanisme durable du XIXe siècle p.4-5 débat : faire de l’architecture écologique p.6-7 interview de Philippe Madec p.8-13
Budapest Comme Ma Poche p.22-23 prolongement du RER E p.24 de architectura : Prouvé, Lods, Beaudouin &
Bodiansky : Levé de (Mur)-Rideaux sur la Maison du Peuple p.25
jeu p.26 post it p.27
vie étudiante p.16 le pfe du mois : la fondation Massa par Nicolas Deniel Luque p.14-15 bd : maquette vs wild p.16 fab lab p.17
actualité artistique p.18 Giovanni « Gio » Ponti ou Le Corbusier italien ? p.18 critique de l’exposition sur la fondation Courtauld p.19 Fabrice Luchini, une histoire d’argent p.20 le lac des cygnes un ballet intemporel à l’opéra bastille p.21
sommaire
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Val-de-Reuil, l’éco-quartier modèle pour l’urbanisme durable du XXIe siècle
Une centaine d’années après la construction des premières cités-jardins théorisées par Ebenezer Howard, Philippe Madec s’illustre comme le nouveau précurseur d’une urbanité plus proche de la nature avec la livraison de l’éco-village des Noés à Val-deReuil (27), à une vingtaine de kilomètres de Rouen.
Philippe Madec est un architecte fils d’ostréiculteur formé par Ciriani à l’Up7 Grand Palais à Paris de 1972 à 1979. Il tire sa manière de concevoir de la fusion de son apprentissage moderniste avec une conscience environnementale héritée de sa culture bretonne. Dans tous les travaux de Madec, une part importante est laissée à la théorie pour préparer les réponses aux questions futures de dérèglement climatique et de crise de l’énergie. Il cherche également à poser les bases d’une envie de créer un autre établissement humain, équitable et durable, pour faire collaborer en symbiose la terre et les siens. Ses projets sont souvent le fruit de discussions et
Le programme du quartier comprend 100 logements individuels, intermédiaires et collectifs zéro énergie, en basse consommation passive pour les logements locatifs, et BBC (bâtiment basse consommation) pour les logements en accession. Le programme comprend également une halle avec un magasin bio et une blanchisserie coopérative, une crèche Mon engagement relève d’un héritage, municipale, une maison de jardiniers, des la Bretagne aux bords battus de mer jardins familiaux bio et une exploitation transmet aux siens, par sa culture d’horticulture bio, les créations, le fermet trempée, la force d’une accointance du parc des rives de l’Eure et une frayère à intime entre une société qui aime être brochets. La gestion très fine des inondations ainsi que du compost en local font partie ensemble et des éléments naturels qui intégrante du projet comme la mise en place expriment toute leur force avec une d’un compost, d’un réseau de chaleur et la régularité obstinée. mise à disposition de véhicules en autopartage.
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dossier
de confrontations entre riverains, paysagistes, ingénieurs, sociologues, écologues, médiateurs… Pour donner du sens aux volontés locales. Il parle de «genius loci» et pense ambiance et matérialité de ses édifices en fonction du lieu. Les matières doivent être en majorité locales et respectueuses de l’environnement ; leur emploi est souvent inspiré d’une culture constructive locale et on retrouve toujours une grande économie de matières et une grande justesse d’emplois. Les matériaux sont choisis pour leurs qualités techniques et esthétiques.
démarche passive. Philippe Madec refuse le greenwashing romantique au profit d’une architecture plus sensée et réfléchie selon les usages plutôt que peinte en vert. Toutes les pièces, y compris les salles de bains, sont éclairées naturellement. Chaque logement possède obligatoirement des ouvertures sur deux façades opposées pour permettre une ventilation naturelle. Une grande générosité de conception permet aussi d’offrir à budget réduit pour chaque logement un prolongement extérieur de manière à profiter de ce nouveau paysage urbain apaisé.
Dans le projet de Val-de-Reuil, l’architecte est chargé de faire le lien entre l’urbanité du quartier de la gare à l’ouest et la vallée verte et bleue à l’est, il doit composer sa proposition architecturale en prenant en compte la proximité de l’Eure, capable d’inonder une partie du site. Cette contrainte d’inondabilité est assumée dans un projet paysager se transformant au fil des fluctuations de l’eau.
Le plan masse du quartier a été dimensionné de manière à profiter d’un ensoleillement naturel important permettant d’atteindre les objectifs de consommation zéro. La voiture reste en périphérie et le quartier tisse un réseau de circulations douces (piétons et cycle) qui confère une grande porosité à ce site. Des espaces publics sont dégagés ponctuellement pour créer des espaces de rencontres. La relative proximité des bâtiments et leur basse altimétrie permet de garder une dimension humaine à ce quartier qui aurait pu se trouver vite distendu sur une parcelle aussi vaste.
Village à part entière, l’éco-quartier propose une grande variété de logements, allant du logement simple au logement collectif, et également des équipements permettant une vie économique et sociale (magasin bio et jardins, crèche, jardin d’enfant…). A cette variété programmatique, s’ajoute une variété formelle avec une architecture de volumes simples mais variée par ses couleurs et ses matières organisées de manière à profiter de l’apport solaire sud dans la continuité d’une
A lire sur le même sujet : Manifeste pour une frugalité heureuse Philippe Madec D’A, avril 2018, « Architectes technocritiques », par Stéphane Berthier
par AntoineViney illustration Pasha Muradov
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débat
l’ère de l’anthropocène* À ce jour, les dangers encourus par notre planète poussent à une remise en question urgente de la manière dont l’homme impacte l’environnement à travers ses modes de vie et sa consommation de masse. Dans la sphère architecturale, le bilan énergétique des bâtiments, ou le degré de pollution de la mise en œuvre de certains matériaux engendrent des incidences considérables sur l’environnement. L’activité humaine qui vise la construction émet environ 40 % de l’ensemble des gaz à effet de serre produits sur la planète. Afin de remédier à cette architecture non-respectueuse de l’environnement, certains architectes et politiques prennent le parti de mettre en place une architecture passive, verte.
faire une archi tecture éco logique
l’architecture écologique et social : une lutte ?
De nos jours, le monde connaît des transitions tant urbaines, démographiques, économiques, sociales, qu’écologiques. La transition écologique est une évolution vers un nouveau modèle économique et social qui mène à une idée de développement durable. Ce dernier vise à renouveler les façons de produire, de vivre ensemble, de travailler et de consommer des individus afin de répondre aux besoins des sociétés actuelles sans compromettre ceux des générations futures. Depuis quelques années, l’écologie est au cœur des débats en architecture. De nombreux architectes et urbanistes s’emparent de ces questionnements afin de développer une architecture éco-responsable.
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La difficulté principale est de rendre cette architecture accessible à tous. En effet, il demeure certaines « luttes des classes » à ce sujet, ne rendant l’architecture écologique accessible qu’à une élite sociale. Tout d’abord, il est nécessaire d’insuffler une conscience écologique dans l’esprit des sociétés. Certains pays (notamment les pays du Nord) intègrent la sphère de l’écologie dans les programmes scolaires dès le plus jeune âge afin que les nouvelles générations soient - d’entrée - sensibilisées aux questions environnementales. On peut dire que l’architecture écologique n’est réservée qu’à une certaine élite dans la mesure où il faut avoir accès à un certain degré d’éducation pour réellement avoir connaissance de cette cause et s’y investir. D’autre part, l’architecture écologique reste encore peu accessible du fait des coûts qu’elle entraîne : les techniques utilisées donnent naissance à une architecture onéreuse (en terme de procédés, de matérialité), en bref, qui peut s’avérer encore inabordable pour grand nombre d’individus et encore réservée aux « bobos ». En revanche, malgré sa difficulté d’accès, l’architecture éco-responsable semble coûteuse aux premiers abords, mais peut rapidement être rentabilisée grâce à la réduction des dépenses énergétiques quotidiennes. Cette économie s’explique notamment par le choix de la disposition des pièces dans une habitation, ou encore celui des méthodes d’apports énergétiques.
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une architecture qui se démocratise
HQE quoi ?
Certains crédos relèveraient que l’architecture écologique est encore réservée à une certaine classe sociale, mais il est important de souligner qu’elle se démocratise de plus en plus. L’architecture verte peut être accessible à tous dans la mesure où certains architectes, urbanistes, associations et politiques prennent le parti de bâtir une architecture passive (notamment des logements sociaux) en faisant usage des matériaux ou ressources locaux. Avant l’époque de la consommation de masse, on construisait avec des matériaux tels que le bois, la pierre, la terre, comme l’illustre parfaitement l’exemple de certains pays d’Afrique ou d’Asie avec leur architecture vernaculaire. L’Homme construit avec des ressources déjà présentes dans son environnement depuis la nuit des temps. C’est avec le temps et toutes ses avancées techniques que l’on a commencé à réaliser une architecture qui s’avère désastreuse pour l’écologie.
Il est nécessaire d’insuffler une conscience écologique dans l’esprit des sociétés. Aujourd’hui, moults architectes s’engagent en faveur de l’architecture écologique et de logements peu coûteux. Par ailleurs, d’autres architectes font usage de techniques de construction ancestrales, qui se révèlent anachroniques du fait de leur efficacité. Par exemple, en 2013-2014 le duo bâlois Herzog & De Meuron réalise l’usine Ricola en Suisse. L’un des bâtiments de l’usine, « La maison des Herbes » en collaboration avec le spécialiste de la construction en terre cuite Martin Rauch, est le plus grand bâtiment d’argile d’Europe. Le bon compromis est de se lancer dans la réalisation de projets d’architecture moderne tournée vers l’écologie par le biais de mise en place de procédés visant à réduire l’empreinte écologique du bâtiment !
Nous sommes à l’époque de la fin du divorce entre construction et environnement. Aujourd’hui, l’architecture est de plus en plus tournée vers l’écologie, avec comme stratégie d’atteindre un bilan énergétique neutre : c’est-à-dire que la production et la consommation d’énergie doivent se compenser. À l’aide des prouesses techniques, l’on a appris à mettre en œuvre des pratiques au service d’une architecture infrangible et moins polluante. L’objectif premier étant de modi fier les comportements des individus sans contrarier leurs modes de vie : l’architecture écologique est une position visant à transformer nos habitudes d’affectation des ressources en architecture. La problématique est de taille et la solution ne relève pas seulement de mettre en forme des bâtiments aux façades végétalisées mais de réellement intégrer les démarches écologiques dans les étapes de conception du bâtiment. Pour le moment, l’architecture écologique est en plein essor avec la réalisation de BBC (bâtiments basse consommation) et, notamment, de programmes de certifications écologique tels que le LEED, ou le Breeam. qui intègrent les enjeux de la HQE (haute qualité environnementale) à la construction. En ce sens, la polyvalence d’un architecte ou architecte en devenir est primordiale, par l’acte de son parti pris architectural, de sa capacité à structurer l’espace pour son bon fonctionnement, et par le respect de l’environnement et des normes qui le protègent. Et vous, comment envisagez-vous l’architecture de demain? par Sarah Ramzi
Anthropocène* : période géologique durant laquelle l’action de l’homme a de fortes incidences sur l’évolution de la planète
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in ter in view ter view Arionsequia dolenest volupta erioria aut officia pos doluptatium estium rerum qui ut od evelis dicab inus eaque porescientis niet el illabo. Itas del iminimagnis senis rera necte exerum nus enis quid ut prest, et ut voluptatia accae. Omnisquid ea diat. Agnatur? Dolorer feratatate sequi corumet doluptaqui ut fugiatur mo magnihil il incid elitius, a nonsera dessus.
Né en Bretagne en 1954, Philippe Madec est un des pionnier de l’architeture durable. De 1972 à 1979, il sera formé par Ciriani à l’architecture moderne. Après 10 ans de questionnements, de découvertes et de rencontres, notamment Kenneth Frampton, Madec adopte une approche écologique du projet, et crée son agence en 1989. Membre de l’Académie d’Architecture et ayant reçu la Légion d’honneur pour l’écologie, il reçoit en 2012 le Global Award for Sustainable Architecture.
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àdepropos l’écoquartier
Je ne les trouve même pas assez exigeantes. Souvent mes confrères, ou même des maîtres d’ouvrages, les voient comme des contraintes, alors que ce ne sont que des incitations à faire mieux. Nous avons l’habitude de faire en sorte que nos projets soient plus engagés que ce que demande la loi. C’est d’ailleurs au cœur du manifeste (« pour une architecture frugale » ) qui dit que pour faire avancer la loi il faut se mettre hors-la-loi, au-delà ou devant la loi. C’est une manière de montrer qu’il est possible de faire autrement; et que cette possibilité est légitime. Les lois devraient aller plus vite et plus loin.
DH : Selon vous, en quoi les éco-quartiers sont-ils des éléments essentiels de l’espace urbain? P.M : C’est un outil indispensable mais ça n’est pas un objet en soit. Un éco-quartier est à la fois une pièce d’une ville durable et un symptôme de ce qu’il faut faire. On ne peut pas faire autrement lorsque l’on construit quelque chose, mais il faut aussi s’intéresser à la ville existante, voir comment elle peut s’approcher des conditions environnementales, sociales, culturelles et économiques d’un écoquartier. DH : Et comment viennent-ils s’insérer dans l’espace urbain existant? P.M : On essaye de rester bienveillant, oui. Et d’ailleurs avec l’éco quartier de Val-de-Reuil il y a eu une contamination positive puisque les maisons voisines, qui sont des maisons phénix industrialisés charpentes en béton et acier des années 80, sont en cours de réhabilitation; pour qu’il n’y ai pas une trop grande différence entre la qualité de vie et l’économie du Val-de-Reuil et ce qu’il se passe dans le quartier voisin. L’effet de la contagion est indispensable et est liée à l’exemplarité d’un quartier réussi. Tous les gens savent, à Val-de-Reuil, qu’habiter dans l’éco-village est une vraie aisance que l’on n’a pas dans d’autres quartiers. DH : Au vue des nouvelles normes et réglementations concernant l’écologie, de plus en plus exigeantes, comment concevoir un éco-quartier sans qu’il ne devienne obsolète? P.M : En réalité, je n’ai jamais considéré que les lois qui nous arrivent aujourd’hui, toute frappée au sein du développement durable, étaient exigeante.
vers une architecture durable
DH : Quels sont, selon vous, les réflexes primordiaux que tout architecte se doit d’avoir lors de la conception d’un projet respectueux de l’environnement? P.M : La première des chose est de comprendre le contexte dans lequel il travaille. Il s’agit d’un contexte physique et d’un contexte humain. Il faut absolument entendre ces deux environnements là, et voir comment ils n’en font qu’un seul finalement. Pour pouvoir travailler le contexte physique, c’est à la fois le climat, les saisons mais aussi les matières qui sont disponibles sur place et le fonctionnement urbain ou rural qui nous concernent. Le contexte humain également, pour qui on travaille, avec qui on a envie de travailler et quels sont les savoirs-faire locaux qui accompagnent les ressources locales. Dès que l’on arrive quelque part, on va chercher les ressources naturelles locales, et on sait que, chaque fois qu’on trouve la ressource, il y a l’homme ou la femme qui sait l’utiliser et qui a le savoir-faire le faire. Trouver toutes les conditions du contexte permet de ne pas lui porter atteinte et d’agir avec lui. Nous on utilise le mot de bienveillance depuis longtemps. Dans les années 90 j’ai défini l’architecture, pour moi, comme étant l’installation de la vie par une matière disposée avec bienveillance.
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DH : Comment imaginez-vous l’architecture de la ville de demain? P.M : Forcément frugale! Utilisant moins de ressource et offrant deux fois plus de bien être. La notion de frugalité est une notion positive. L’étymologie de frugale vient du latin frux qui veut dire le fruit. La frugalité, c’est la récolte des fruits de la terre, et donc quand la frugalité est réussie, quand elle est heureuse, on sait qu’on ne porte pas atteinte à la planète et qu’on rassasi la personne qui récolte. Notre ambition est de faire ces récoltes intelligemment, toujours situées et toujours avec les gens. Pour faire en sorte que cette ville soit frugale c’est-à-dire qu’elle consomme moins de ressources, qu’elle consomme moins d’énergie, moins de technologies et qu’elle importe un bien être meilleur pour tous.
message aux étudiants
DH : Comment votre vision de l’architecture, liée à l’environnement a-t-elle évoluée depuis vos débuts? P.M : J’ai fais mes études au grand palais, j’ai découvert toute la question de la modernité, du modernisme et de l’urbain. Je venais d’un petit village breton, la relation à la nature je l’ai dans mon bagage. La Bretagne m’a rendu écologique depuis longtemps. La découverte de l’abstraction, que ce soit dans l’âme ou dans la pensée, est une valeur extrêmement puissante du matérialisme qu’il ne faut pas mettre à la poubelle. Pendant tout ce temps où je ne savais pas quoi faire , j’ai fait des recherches et je suis tombé sur la publication d’un colombien qui m’a donné toutes les clés pour revenir à la relation au climat, et à tout ce qui agit dans le développement durable. Et quand je suis rentrer en France , une école d’architecture était intéressée par mes propos sur l’écologie et sur le vivant, donc j’ai était invité à enseigner les paysages à Versailles. J’ai découvert le paysage, mais j’ai surtout retrouvé tout ce qui m’intéressait autour du vivant.
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Quelques années plus tard, les gens de Harvard ont crus que j’étais paysagiste, j’ai donc enseigné à Harvard pendant 4 ans et j’y ai découvert le développement durable. J’ai continué mon travail sur le paysage et le développement durable pour faire une transition vers l’architecture. J’ai été titularisé très tôt et j’ai commencé a enseigner a l’ENSA de Lyon en 2000. Ensuite, je suis parti à l’ENSA de Rennes. Je pense avoir permit à la question de l’écologie d’évoluer au cours de mes années d’enseignement: en 2000 les professeurs qui sensibilisaient au développement durable pouvaient se compter sur les doigts d’une main, aujourd’hui il y a un réseau, qui s’appelle ENSAECO* qui est extrêmement actif au sujet de tout ce qui touche à l’écologie. La différence qu’il y a entre vous et moi, c’est que j’ai une notion d’avance et que, grâce à elle, je peux faire un développement profitable, et être votre professeur, si il n’y a pas la notion d’avance ce n’est pas la peine. Du point de vue écologique, il y a souvent cette notion d’avance. Il y a donc ce statut compliqué pour beaucoup de professeurs aujourd’hui, qui ont commencé à enseigner en 1986, à un moment où la thématique écologique n’était pas encore présente. Mais, ces trois dernières années, ces valeurs ont été très fortement appuyées dans les écoles, et cette notion de partage est essentielle pour se développer dans tous les projets. Rappelons que tous ceux qui intègrent les écoles aujourd’hui sont nés au 20e siècle, et ceux qui ne sont pas à l’école sont dans la rue, et sont beaucoup plus sensibles à ces questions. J’ai toujours imaginé qu’il y avait un angle générationnel fort.
DH : La perspective écologique ne semble pas assez mise en avant dans les cours de projet, sauf si les étudiants font eux-mêmes la démarche de s’y intéresser. Souvent, quand nous disons que nous sommes en école d’architecture, certaines personnes nous interrogent sur ce qui relève du questionnement écologique. Nous essayons de les rassurer en répondant que nous y sommes sensibles et sensibilisés, alors qu’au fond, nous savons que c’est faux. P.M : Commencez par regarder qui dans votre école est lié au réseau ENSAECO, votre école y est forcément représentée. Renseignez-vou et constituez un groupe pour échanger. Aujourd’hui, on voit bien que l’enjeu de la demande citoyenne, comme la vôtre, peut changer de manière de faire , et que la demande actuelle est une demande pressante, d’une grande force. Il ne faut pas vous excuser, il faut dire “malheureusement pas assez et on y travaille”.
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Trouver toutes les conditions du contexte permet de ne pas lui porter atteinte et d’agir avec lui.
lemot de la fin DH : En un mot, à quoi vous renvoi le terme de “Double Hauteur”? P.M : Je dirais déjà prendre plus de hauteur, prendre plus de distance par rapport au plancher et essayer de regarder ce qui s’y passe, disons que c’est la position humaine. Du point de vue de l’architecture, ce serait l’aisance, et comment la lumière, l’air et la chaleur sont. Parce que lorsque vous êtes en Double Hauteur, l’air chaud est en haut et l’air froid est en bas. Il faut donc qu’il y est une chaleur équitable, pour ceux qui sont en haut comme pour ceux qui sont en bas. interview assuré par Léa Balmy propos receuillis par Antoine Vianey et Jules Foubet photographies par Nathan Kouassi, Jules Foubet et Omer Furkan Ipek projet de l’interview : l’École Régionale du Premier Degré, La Verrière (78) projet de la Une : 18 logements sociaux, Paris 8e tous nos remerciements à Philippe Madec
* ENSAECO est un réseau de l’enseignement de la transition écologique dans les ENSA qui est impulsé par le Ministère de la Culture et de la Communication. Il a pour objectif d’initier et poursuivre une réflexion autour de l’enseignement de la thématique de la transition écologique dans les écoles d’architecture; tout en fédérant les enseignants intéressés par cette thématique.
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le pfe du mois la fondation Massa par Nicolas Deniel Luque une maison des arts scéniques et de séjour pour les artistes
un site, une histoire Ce mois-ci, nous avons décidé de nous intéresser à un Projet de Fin d’Étude portant sur la question de la réhabilitation. En effet, Nicolas DENIEL LUQUE s’est interrogé sur les caractéristiques et enjeux du domaine de Carnelle, situé à 25km au nord de l’Ile de France. Nous pouvons ainsi retrouver un contexte initial : le village de Saint Martin du Tertre, Val d’oise, 2500 habitants un massif forestier de 975 Ha au sein de la forêt de Carnelle
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un parc de 90 Ha le château de Franconville, inspiré de de Maisons Lafitte une orangerie reprenant les caractéristiques de celle de Versailles. Lieu éteint et chargé de mélancolie, ce site génère très peu d’échanges avec l’extérieur, alors qu’il fut, à la fin du XIX siècle, l’un des plus rayonnant. L’ensemble de son travail s’oriente alors sur la reconstitution de cette vitalité perdue, d’un lieu ouvert au public, permettant d’accueillir réceptions, représentations prestigieuses et grandes festivités.
vie étudiante
un domaine d’etude : Faire
le projet Nicolas ne se contente pas seulement d’une réhabilitation mais il envisage également ce projet au travers «la conception d’un espace de représentation contemporaine supplémentaire, qui permettrait de jouer les arts de la scène de façon nouvelle». Ce qui implique la mise en place d’infrastructures adéquates, nécessitant des dispositifs scénographiques, technologies modernes et adaptés.
La Fondation Massa, Une Maison des Arts Scéniques et de Séjours pour Artistes est un projet réalisé dans le cadre du DE4 Faire, encadré par Stéphane THOMASSON. Ce DE mèle à la fois Poiesis (Le faire artistique) et Teknè (le savoir-faire), dispositif pédagogique propre à l’architecture et au métier d’architecte au cœur de son dispositif pédagogique. Il ne s’enferme pas dans un corps théorique, au contraire, il en fait le moteur de recherche. Faire entend former des architectes aptes à la conception et à la construction. Une grande variété de sujets, de sites, de contraintes formelles, typologiques, préparent les futurs architectes à un métier en constante quête de sens et qui ne cesse d’évoluer.
Il conclut alors sur le fait que La fondation Massa deviendrait par ce biais «un lieu culturel, constitué d’une résidence pour artistes, d’un grand espace de formation mettant à disposition bibliothèque, salles de travail et de répétition, d’un théâtre, d’un second équipement contemporain, permettant de recevoir tout type de spectacle , complétés par des espaces scéniques extérieurs, d’une partie administrative, ainsi que d’un pôle accueil et d’un salon de thé.»
par Lucie Melot
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maquette versus wild
scénario : Jules Foubet et Lucia Inza illustration : Zoé Habert
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As-tu déjà fait connaissance avec ce lieu incontournable de ton école ? Le FABLAB, une mine d’or pour les étudiants en quête d’originalité et de singularité ! Développe tes idées, expérimente tes projets, partage tes compétences et fais la différrence. L’association est un espace collaboratif où tous les membres sont libres de venir pour échanger et étudier. Les bénévoles ont un libre accès à toutes les machines après une petite formation gratuite. A l’heure où les agences d’architecture demandent à avoir des compétences avant-gardistes, le FABLAB est le lieu parfait pour s’autoformer. Créé par des étudiants de l’école, il est déjà possible d’y inventer tes projets à l’aide de la réalité virtuelle, l’impression 3D, le fraisage numérique ainsi que des logiciels pour réaliser du paramétrique.Par exemple, grâce aux logiciels Rhinocéros et Grasshopper, enseignés avec le FABLAB, tu sauras en quelques minutes inventer des formes complexes à ton goût. Par la suite, ces formes irréalisables à la main pourront être matérialisées grâce aux imprimantes 3D, qui déposent de la matière couche par couche.Tu pourras ainsi présenter tes projets avec une autre façon de penser. Toute l’équipe de l’asso t’attend déjà les bras ouverts. Et si, par la suite, tu souhaites t’investir dans cette communauté, une adhésion de 20€ sera ton ticket d’entrée pour l’aventure. Alors rendez-vous en salle 202 pour faire exploser ta créativité et découvrir l’architecte qui sommeille en toi !
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Giovanni « Gio » Ponti ou Le Corbusier italien ? Jusqu’au 5 mai 2019, la rétrospective Gio Ponti au MAD (Musée des Arts décoratifs de Paris) retrace de façon quasi-exhaustive la carrière prolifique de l’un des archidesigner les plus influents de son temps.
L’exposition s’organise en 3 séquences : une séquence
qui signe la fin de l’exposition. Elle met en avant tout le travail qu’il a pu réaliser dans les aménagements et les designs intérieurs, dans cette logique une suite de reconstitutions sont mises en scène. La nef majeure se trouve au centre, elle fait le lien entre son travail d’architecte et son sens du design. Des petits îlots meublent le centre de la nef et présentent une nouvelle étendue du design italien. Les périphéries sont complètement dédiées à l’architecture. On y retrouve la tour Pirelli et l’église San Francesco d’Assisi al Fopponino. Un véritable couteau suisse créatif, Giovanni Ponti touche à tout, allant de l’architecture à des œuvres soufflées en verre ou encore du design de mobilier. Il bouleverse l’architecture d’après-guerre et redéfinit le rôle de l’architecte dans un projet.
à droite qui vient retracer tout son travail aux beaux arts. Elle comporte aussi la véritable expression de sa créativité, notamment dans le travail du design d’objet. On commence dans la céramique avec un véritable rappel aux théories de l’architecture ainsi que des projets cousus. On retrouve en parfaite symétrie, une séquence à gauche
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actualité artistique
par Jules Foubet
Critique de l’exposition sur la fondation Courtauld La Fondation Louis Vuitton n’a ouvert ses portes qu’en 2014, mais accueille à chacune de ses expositions plus d’un million de visiteurs. Pourquoi un tel succès ? Je m’y suis rendu pour l’exposition sur la Collection Courtauld. Vaut-elle le coup? Les trois expositions précédentes avaient été très bien accueillies: la collection Chtchoukine en 2017, les œuvres du Moma en 2018 ou encore Egon Schiele et Jean-Michel Basquiat jusqu’en Janvier 2019. La fondation Louis Vuitton, dont la Direction artistique est assurée par Suzanne Pagé (ancienne directrice du Musée d’Art Moderne de la ville de Paris), semble toujours faire un sans faute. L’exposition dont nous parlons porte sur la collection de Samuel Courtauld (1876-1947). Il était un industriel et mécène anglais possédant la plus grande collection d’art du Royaume Unis. Féru d’art Français et surtout d’impressionnisme (1874-1886) celui qui à fondé en 1932, le Courtauld Institute of Art, un collège d’Histoire de l’Art de l’université de Londres, était un avant-gardiste. Parmi la centaine de tableaux présents, les plus grands noms du mouvement impressionniste et postimpressionniste : Monet, Manet, Cézanne, Renoir, Gauguin et bien d’autres. Malgré la foule présente dans les salles qui empêche, parfois, d’être tout à fait à l’aise, le visiteur reste absorbé par les tableaux. C’est un plaisir de pouvoir approcher ces oeuvres majeures qui ont changé le
Du 20 février au 17 juin 2019 Fondation Louis Vuitton 8 Avenue du Mahatma Gandhi 75116 Paris
cours de l’Histoire de l’Art. Il y a une douceur propre aux impressionnistes qui envoûte, et cela malgré les murs très colorés de la salle d’exposition qui saturent l’espace. On se laisse volontiers porter vers une autre époque, au moment où Aubervilliers était encore un village de campagne, dans lequel poussaient les fameux Coquelicots de Monet, où les îles Marquises de Gauguin étaient encore sauvages et que le fameux bar des Folies Bergères était un café-concert très prisé. C’est aussi formidable de voir la “Vue sur l’estaque et le château d’If ” de Cézanne, l’Estaque étant de ses thèmes de prédilection, une douceur l’un que Braque, Derain ou Macke propre aux reprendront souvent après lui. On impression peut aussi y voir du Turner (17751851), peintre anglais romantique nistes qui considéré comme précurseur de l’impressionnisme, reconnu pour envoûte sa maîtrise du paysage. Et au cas où l’impressionnisme ne serait pas votre courant préféré, vous pouvez toujours vous balader dans la collection d’Art Contemporain de la Fondation qui met en valeur des artistes tels que Gerhard Richter, Christian Boltanski, Pierre Soulages, Joan Mitchell, entre autres. Ou même simplement au sein de la Fondation elle même, signée Frank Gehry qui offre de très belles vues sur le Bois de Boulogne. par Pauline Colon
Champ de blé avec cyprès, Vincent Van Gogh, 1889 actualité artistique
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Fabrice Luchini,
une histoire d’argent Tu es au boulot. Tu dois partir tôt. Tes collègues te demandent pourquoi. Tu réponds d’un ton snob que tu vas voir Luchini au théâtre Saint-Martin et que tu as payé ta place seulement 30€, en plus, c’était la dernière. Tu cours, tu arrives, tu t’assoies sur ton siège en sueur. Et là, Luchini sur scène ! Il commence, sans transition, avec Les manuscrits de 1844 de Marx « l’argent c’est l’harmonisation universelle des contraires. » Tu t’enfonces dans ton siège, ton visage s’illumine, dans ton regard reflète un semblant d’intelligence. Aller voir Fabrice Luchini au théâtre après une journée difficile, c’est un peu comme Personnage extravagant, théâtral, passionné et passionnant, Luchini a ce don de te faire comprendre n’importe quel texte de littérature bien que la seule chose que t’aies lu de ta vie c’est le dos de ta boite de Miel Pops. Sur scène, une chaise, une table avec des livres. Il prend l’Argent de Charles Péguy, le livre de référence, cent pages datant d’il y a cent ans qui sont pourtant toujours d’actualité. Charles Péguy écrit: « Pour la première fois dans l’histoire du monde toutes les puissances spirituelles (…) ont été refoulées par une seule puissance matérielle qui est la puissance de l’argent. ».
Des retardataires tentent de s’installer discrètement, mais Luchini guette. « Toi t’es venu parce que ta femme veut que tu te cultives. Ne t’inquiète pas, je suis là. Quand tu vas sortir, elle va te demander ce que tu en as pensé. Là, il faut que tu regardes au loin, sans dire un mot, pour lui faire croire que tu es dans un débat intérieur… » Pleins d’autres extraits de livres sont lus entre temps. Il faut avouer que celui de Emile Zola m’a particulièrement touché, notamment par le titre de son livre : l’Argent , très original. Dix-huitième volume des Rougon-Macquart, ce roman est une description à la Zola de la société bourgeoise embrigadée dans les mécanismes spéculatifs : « A cette heure, il se sentait cette misère d’être, sur le pavé, moins qu’un débutant, qu’auraient soutenu l’illusion et l’espoir. Et une fièvre le prenait de tout recommencer pour tout reconquérir, de monter plus haut qu’il n’était jamais monté, de poser enfin le pied sur la cité conquise. Non plus la richesse menteuse de la façade, mais l’édifice solide de la fortune, la vraie royauté de l’or trônant sur des sacs pleins ! »
Entre la vie de son compte en banque, les toilettes de Kim Kardashian, et des échanges de répliques entre lui et le public, Luchini sait trouver les mots pour ne pas nous ennuyer. A la fin, lumière et applaudissement. Toi t’es venu parce que Un fan belge vient lui offrir un cadeau sur scène, ta femme veut que tu te après un bref échange il lui dit : cultives. Ne t’inquiète pas, je « J’adore la Belgique, je suis connu là-bas ? ».
suis là. Quand tu vas sortir, elle va te demander ce que tu en as pensé. Là, il faut que tu regardes au loin, sans dire un mot, pour lui faire croire que tu es dans un débat intérieur…
En quelques mots, Péguy dénonce le rapport à l’argent comme une peste, dans une période d’industrialisation et de spéculation financière, qui se mondialise petit à petit. Il explique que, jadis, un paysan pauvre vivait avec très peu, mais ses ressources agricoles, la proximité avec les gens de son village et le fait d’être satisfait avec peu de besoins matériels faisait qu’il n’était pas dans la misère. De notre temps, il y a de plus en plus de misérables, c’est-à-dire de personnes qui, en plus de n’avoir que peu d’argent, n’ont rien d’autre. Le monde capitalisé est froid, laisse les gens indifférents à la souffrance, et peuple tous les esprits de désirs non nécessaires.
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actualité artistique
par Léa Balmy illustration Antoine Mahier
le lac des cygnes un ballet intemporel à l’opéra bastille Dès l’ouverture du rideau, apparaît sur scène un oiseau doté d’ailes majestueuses. Il s’envole en emportant avec lui une jeune femme, qu’il transforme en cygne sous la musique majestueuse de Tchaikovsky. Le ton est donné, il s’agit du Lac des Cygnes d’après Rodolf Roureev qui vient enchanter l’Opéra Bastille du 16 février au 19 mars 2019. Tout d’abord, faisons un petit rappel de l’histoire ; Siegfried, un prince en âge de se marier tombe amoureux d’Odette. Elle est cependant victime d’un sort jeté par le sorcier Rothbart (qui est également le conseiller du prince) et est contrainte de vivre comme un cygne blanc le jour, et de reprendre forme humaine la nuit. Pour ma part, j’ai été totalement séduite par le duo formé par Paul Marque et Miriam Ould Brahm. En effet, Paul Marque nous livre une interprétation à la fois émouvante et mélancolique de son personnage due à sa complexité et son destin dramatique. Quant à Miriam Ould Brahm, elle réussit à s’affirmer autant dans son rôle, romantique, de cygne blanc que lorsqu’elle joue le cygne noir. Dans un deuxième temps, le corps du ballet m’a subjugué du fait des danseuses cygnes qui sont un emblème de ce ballet. Elles investissent l’immensité de la scène, donnent un effet harmonieux, et nous offrent
de nombreux moment de poésie, notamment lors de la lamentation des cygnes. Enfin, c’est lors de l’affrontement final entre le prince Siegfried et Rothbart que j’ai pu découvrir les performances de Alex Magliano qui interprète ce dernier. J’ai alors été impressionnée par la justesse de ses mouvements ainsi que par l’intensité dont il pourvoit le personnage qu’il incarne. En ce qui me concerne, le Lac des Cygnes fait un triomphe, bien qu’il soit un classique, la magie opère toujours et d’autant plus.
actualité artistique
par Agathe Ballevre crédit photo Julien Benhamou
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Budapest
comme ma poche
#1
Parlement Hon-
grois
Suite à la fondation de la ville de Budapest, un concours fut organisé pour trouver l’architecte du nouveau Parlement hongrois, qui représenterait la souveraineté de la nation. Le lauréat fut l’architecte hongrois Imre Steidl qui s’inspira des Chambres du Parlement de Londres pour concevoir ce bâtiment Néo-gothique. Il est est organisé autour d’un dôme central de 96m de haut et fut achevé en 1906.
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La construction d’un premier château royal de style Gothique a été entreprise par le roi Béla IV en 1247. Par la suite, le roi Mathias Corvin lui donna un style Renaissance. Mais en 1686, il fut détruit, puis reconstruit, cette fois dans un style Baroque, et s’est vu agrandir au fil des années. Durant la Seconde Guerre Mondiale ce dernier fut endommagé. Il a été reconstruit dans les années soixante dans une version plus épurée. Il abrite aujourd’hui le musée historique de Budapest et la Galerie Nationale Hongroise.
Dans ce numéro, nous avons choisis de présenter l’architecture de Budapest à travers six bâtiments iconiques. Cette ville au riche patrimoine historique fut fondée en 1873 par l’union de Buda, Pest et Obuda. On peut y admirer un mélange architectural éclectique: les styles Baroque, Art Nouveau et Néo-classique se mêlent dans les différents quartiers de la ville. Toutefois elle est aujourd’hui le lieu d’une création architecturale.
#4
Müpa Budapest
#3
Immeuble de logement Práter utca
Le Müpa Budapest est un bâtiment construit par Zoboky, Demeter and Partners Architectural Office et inauguré en 2005. Il a pour vocation de valoriser une approche transdisciplinaire des Arts, mêlant musique, arts visuels et arts du spectacle. Le Müpa Budapest et le Théâtre National situé à côté s’inscrivent dans le nouveau Millennium City Center créé à Budapest. Il a reçu le Prix d’excellence de la FIABCI en 2006.
L’immeuble Práter utca a été construit dans le cadre du programme de réaménagement urbain Corvin-Szigony, réalisé par PLANT - Atelier Peter Kis en 2008. L’immeuble a été construit en tenant compte de l’existant et en se distinguant de part sa façade en briques noires. Une grande Budapest, Komor Marcell u. 1, importance a été accordée 1095 Hongrie aux espaces extérieurs; jardins, terrasses et passerelles ainsi qu’à l’usage de matériaux durables. Budapest, Prater utca 30-32
culture architecturale
#5
Marché Central
Le Marché Central fut construit afin de résoudre les problème sanitaires dont souffrait la population de Budapest. L’architecte Samu Pecz a été chargé de sa conception et l’édifice ouvra ses portes en 1897.De l’extérieur, le grand marché ressemble à une gare de la fin du XIXe siècle avec son entrée monumentale, dans un mélange de style Art Nouveau et Néo-gothique. La surface de 10 000 m2 est couverte d’une charpente métallique surmontée de céramiques jaune et verte.
#6
CET- New Budapest Gallery
Ce complexe, en forme de baleine échoué sur le Danube, a été construit en 2011 par ONL. Il héberge la nouvelle galerie de Budapest, un espace moderne, accueillant à la fois des expositions changeantes d'artistes contemporains de la ville et des commerces. À la pointe de la technologie en matière de conception architecturale et de techniques de construction, l’objectif de ce projet est de recréer du lien entre les deux rives du Danube.
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1194 Budapest, Fővám tér 11–12. par Raphaëlle De Priester illustrationDimitar Bogdantcaliev
culture architecturale
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2024 : Un prolongement du RER E En 2013, la SCNF commande un prolongement de 55 km du RER E jusqu’à Mantes-la-Jolie. Trois nouvelles gares seront construites. Ici, je vous propose de nous pencher sur la construction de la gare de La Défense-CNIT, actuellement en cours de réalisation. La fin des travaux est prévue pour 2024. Cette gare sera située sous le Centre des Nouvelles Industries et Technologies (CNIT). Ce lieu de forte activité accueille 25 000 travailleurs et promeneurs chaque jour. Le défi est de construire une gare sous cette immense infrastructure sans interrompre les activités constantes. Jusqu’à maintenant, sous le parking du CNIT, il n’y avait rien, si ce n’est les fondations du bâtiment. Il a donc fallu réaliser une reprise en sous œuvre. Cela implique de transférer les charges des anciennes fondations sur de nouvelles fondations, plus importantes. On peut ensuite construire les lignes de RER en dessous.
Etape 3 : On coule de nouvelles fondations. Elles seront les nouveaux piliers de la gare et soutiendront le CNIT. Etape 4 : Une fois les fondations coulées, il faut creuser sur 15 mètres de profondeur afin de créer l’espace de la gare. Les poteaux sont alors révélés. Les travaux se terminent avec la création d’une nouvelle dalle au-dessus des poteaux.
Mise en oeuvre du projet : Etape 1 : La première chose à faire est d’entourer les fondations existantes du CNIT avec une structure de reprise. Cela permet de creuser sans que le bâtiment du CNIT s’écroule. Etape 2 : Il faut creuser des puits de 20 mètres de profondeur sur 3 mètres de diamètre. Ils serviront de moules pour couler les piliers.
Etape 5 : La gare est ouverte au public. Les premiers trains circulent (2024).
La réalisation d’un projet d’une telle ampleur est très délicate à mettre en place. Le souci de ne pas engendrer de nuisances complique le processus de construction. De plus, il y a une multitude de précautions liées à la sécurité afin de ne pas subir un effondrement du CNIT. Avant d’avoir suivi ce chantier, il ne me serait jamais venu à l’esprit d’imaginer qu’un ouvrage de cette envergure était en train d’être construit sous la Défense : Qui sait ce qui se passe sous nos pieds en ce moment même ? par Anna Raulin
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culture architecturale
de architectura Prouvé, Lods, Beaudouin & Bodiansky : Levé de (Mur)-Rideaux sur la Maison du Peuple Au sein du vaste patrimoine architectural des années 3040 encore existant de la « ceinture rouge » de Paris, constituée d’HBM et d’équipements publics avant-gardistes et novateurs, la Maison du Peuple reste sûrement un des plus singulier chef d’œuvre de cette période. Avec sa charpente métallique, son ossature discrète et ses façades enveloppées de verre et d’acier, ce « petit bijou mécanique » réalisé entre 1935 et 1939 par les architectes Jean Prouvé, Marcel Lods, Eugène Baudouin et l’ingénieur Vladimir Bodiansky, qui prend ses fondations entre une petite place publique et un ensemble d’îlots de logements dense du centre-ville de Clichy-La Garenne, est le premier bâtiment préfabriqué à mur-rideau édifié en France. « Un Bâtiment d’esprit tout à fait nouveau… » Un véritable hymne au métal et à la tôle pliée empreint d’une grande Modernité, qui, sous couvert d’une forme simple, régulière et parallélépipédique, répond ingénieusement au programme architectural complexe d’origine qui comprenait un marché couvert, des locaux syndicaux, des bureaux, une salle de conférence et une salle de cinéma. Ce monument du fonctionnalisme basé sur une recherche expérimentale de « rentabilisation maximum de l’espace » tire son caractère unique, social et révolutionnaire par une pluralité d’innovations mêlant ingénierie et architecture. Tout d’abord de par son rez-de-chaussé et ses façades
totalement libres qui épousent, grâce aux qualités de l’acier, les préceptes novateurs du Mouvement Moderne. De même, de par son plancher et ses cloisons mobiles et coulissantes composées de panneaux articulés, la Maison du Peuple devient à l’étage une « machine à partitionner » les espaces selon les différentes fonctions de la journée. Enfin, c’est un bâtiment modulable et totalement transformable où la lumière inonde constamment l’espace grâce à une toiture vitrée mobile, magnifiant ainsi la technique avant-gardiste de l’époque. Au moment où la Maison du Peuple fête ses 80 ans d’existence et ne cesse de toujours susciter l’émerveillement de nombres d’architectes internationaux, une polémique fait pourtant couler l’encre sur cet icône du XXème siècle avec l’implantation prochaine, dans le cadre du projet du Grand Paris, de la nouvelle tour hôtelière de l’architecte Rudy Ricciotti. Si les signataires affluent de part et d’autre du globe (Rogers, Ito, Kuma, Botta) pour empêcher la dénaturation de cette relique de l’ancienne gloire du Front Populaire, pour l’instant notre Patrimoine Architectural National devrait se contenter, pour voir sa parure d’argent, de jaune et de rouge à nouveau redorée, de voir s’entrechoquer le béton précontraint et l’acier, dans l’attente peut être utopique de l’arrivée de « Jours Meilleurs ».
par Vincent Richard du Perron
illustration Pasha Muradov
culture architecturale
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JEU A RELIER : si tu sais pas dessiner tu peux toujours relier !
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S I J E TE FAI S U N C R O Q U I S , TU D EVI N E S ? PRENDS TOI AU JEU ET POSE TA CULTURE!
POSE TA CULTURE si je te fais un croquis, tu devines ? prends toi au jeu et pose ta culture !
MAISON LEMOINE REM KOOLHAAS, FLOIRAC BORDEAUX.
LEARNING CENTER SANAA, LAUSANNE SUISSE.
CENTRE CULTUREL HEYDAR - ALIYEV ZAHA HADID, BAKOU AZERBAIDJAN.
PHILARMOINIE JEAN NOUVEL, PARIS LA VILLETTE.
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jeu
P O S T- I T receuil de poème
Un an déjà que l’ENSAPVS et ses étudiants ont contribué au projet du recueil de poèmes de Larry TCHOGNINOU. “L’Exil”,paru aux Editions du Panthéons le 9 novembre dernier, relate en vers, avec une verve revigorante, les joies et le peines des déracinés. Ce livre est toujours disponible sur toutes les plateformes (Amazon, Fnac…) ainsi que dans certaines librairies de la capitale dont le Merle Moqueur.
rdv avec l’asso musique
Le 10 mai l’Association Musique organise un deuxième opus de l’Open Mic au bar ESS’PACE à partir de 21h. Une musique live de l’AM, et des nouvelles règles : on t’attend pour le rap de tenders.
amour
Si toi aussi tu cherches l’amour, envoie POUTRE par sms au 6 12 12
BDE x Berlin
ENVOYEZ NOUS VOS POST-IT !
post-it !
N’oublie pas que Berlin te tend les bras ! Il ne reste qu’une dizaine de place pour rejoindre ton BDE au cœur de la capitale allemande ! Ton frangin, ta cousine et ton ami d’enfance sont jaloux ? Ramène les avec toi ! Les extés sont les bienvenus parmi nous pour + de monde + d’amour + de fun
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DH est-il écologique ?
DH est-il écologique? Double Hauteur.
La ligne éditoriale de DH met en valeur le fait d'être un journal papier de qualité qui puisse donner envie d'être garder dans le temps, notamment par ses interviews et ses rubriques intemporelles tel que "de architectura". Cela encourage les lecteurs à considérer ce journal non pas comme un périodique jettable, mais tel un bel objet d'édition.
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Feuilles A3 par journal
3500
Total de feuilles A3
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Feuilles A4 produites par 1 arbre
nos solu t i on s
soit
le papier. le papier. 7000 0,07
Nb d’arbres utilisés 500 Journaux produits par Feuilles A4 l’internet. par DH par mois mois l’internet. le papier. l’internet. l’internet. 2%. 1h. 8 millions le papier 8 millions 2%.l’internet 1h. de tonnes.de tonnes. 2%. 2%. 1h.1h. 64%. 0,7%.
La lecture de DH est non seulement enrichissante mais aussi «éco-consciente» !
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sources.
Production annuelle de papier en France.
- Site internet de l’INSEE (Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques)
- Site internet de Greenpeace - Etude “Click Clean“ de 2016
doublehauteur@ gmail.com
de l’industrie du papier.
de papier en France.
- Site internet “Un truc par jour“ - Article
@doublehauteur
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Consommation de papier
En euros le chiffre d’affaire de l’industrie du papier.