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#8 Mars 2020

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Journal étudiant de l’ENSA Paris Val-de-Seine

N°8 // Mars 2020 // Gratuit

Interview

Manuelle Gautrand Ré-enchanter la ville Vie étudiante

Un vent de colère dans les ENSA

Actualités artistiques Le Hip-Hop

Culture architecturale Être femme architecte

D O U B L E HAUTEUR @ValoraBrice


Édito

Petit bureau

Le 8 mars 2019 sortait le premier numéro de Double Hauteur, distribué à l’occasion des portes ouvertes; nous ne pouvions imaginer ce qu’il allait advenir. Effectivement, un an plus tard, Double Hauteur a distribué pas moins de 4 000 journaux, effectué 7 interviews, 9 éditions, et a vu passer dans ses rangs 58 adhérents. Vous n’êtes pas sans savoir que le 8 mars était aussi la journée internationale des droits des femmes et cette date n’est pas sans lien avec nos convictions. Le hasard - et un peu de volonté - nous ont fait rencontrer pour ce numéro, Manuelle Gautrand. Une architecte qui prône poésie, dynamique, formes et couleurs. Elle est, par ailleurs, lauréate d’une vingtaine de prix, dont celui de la Femme architecte 2014. Pourtant, rares sont les étudiants qui ont entendu parler d’elle. Pourquoi ? Ce numéro n’est pas seulement dédié aux femmes, mais aux architectes attentifs et passionnés. Ainsi au delà de la question de la femme et du féminisme, nous sommes tous impliqués dans ces questions d’évolution et d’appréciation de l’architecture d’aujourd’hui. L’architecture se doit d’être représentative de la société dans laquelle elle s’inscrit, le processus créatif devant refléter ses futurs usagers. Pour nous, cette interview est l’occasion d’en savoir plus sur cette volonté qu’a tout architecte de ré-enchanter la ville, comme nous l’enseigne si bien Manuelle Gautrand.

Léa Balmy Présidente

Rodrigo Romero Sastré Vice-président

Antoine Mahier Dir. Graphique

Maud Laurentie Secrétaire

Imane Midafi Trésorière

Rédaction

Aïmen Laïhem

Valora Brice

Sarah Ramzi

Cem Karahan Aydin

Jules Foubet

Yoann Dogbe

Richard du Raphaelle de Priester Vincent Perron

Nadja Salifou

Pauline Colon

Illustrations

Mathilde Brunet

Jules Foubet

Maquette

Théo Maiques

Louise Cousy Barbereau

Photographies

Pasha Muradov

Comm’

Mouna Bahej

Claire Boulongne

Vidéos

Léa Balmy

Ladin Yacizi

Mélis Yurekli

Partenariats

Éva Persechini

Lucia Inza

Manon Fakhoury

Relecture

Minas Garas


Sommaire

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Dossier • Petit inventaire artistique de la ville • Ré-enchanter la ville • Interview : Manuelle Gautrand

p.4 p.6 p.8

Vie étudiante • Un vent de colère dans les ENSA

p.14

Actualité artistique • • • • • • •

Fondation Agnès B. p.16 Tolkien, voyage en terre du Milieu p.16 Le Hip-Hop p.17 Laylow, architecte de la matrice p.18 Rone p.18 Les survivantes p.19 Atmosphères et autres p.19

Culture architecturale • Paris Comme Ma Poche : Front de Seine • Êtra femme architecte • De architectura : Musée des confluences

p.20 p.22 p.23

Jeux • Horoscope des ateliers

p.24

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Petit inventaire artistique de la ville Tati et son Playtime dans lequel il nous fait découvrir un Paris impersonnel et froid, ou bien, comme dans le récent Joker où Joaquim Phœnix évolue dans Gotham City tentaculaire et étouffante. La ville y est dépeinte comme le résultat de tout un système de fonctionnement tortueux et aliénant.

Durant les repas de famille, il y a toujours ce vieil oncle qui nous ressort “Pah! Je comprends pas c’que tu trouves à l’architecture contemporaine, là, les tours à la Courneuve, t’y trouves ça beau toi ? Et pis quoi encore, une piscine sur Notre Dame ? Bah c’est pas cette ville qui me fait rêver moi !” Nous ne pouvons pas nier que depuis quelques temps déjà, l’architecture contemporaine ne fait pas toujours rêver, la ville idéale paraît dissoute dans les méandres d’une mémoire perdue, comme désenchantée. Pourquoi ce constat ? Une réponse parmi d’autres: la ville nous pervertit, la Nature, source innée de l’Homme, nous fait défaut. Finalement, il nous est assez difficile de définir l’imaginaire urbain à travers l’architecture. C’est peut-être à travers l’art, le cinéma, la littérature, ou la philosophie que nous pouvons comprendre comment ces disciplines transversales façonnent notre idéal ou notre désillusion quant à la ville contemporaine.

La ville contemporaine est donc perçue comme une perversion de la nature humaine, faisant naître, dans l’imaginaire collectif, des craintes et des rejets d’un environnement qu’on pense incontrôlée. L’architecte Jean-Jacques Deluz a exprimé, dans son livre “Fantasme et réalités”, son scepticisme vis-àvis des villes futuristes dans lesquelles il “imagine les gens du futur errant entre des tours en forme de tire-bouchon et des musées faits pour être vus de l’extérieur, remplissant des stades où se façonnent les haines raciales et les nationalismes, les gens aliénés et abrutis, peut-être même n’ayant plus besoin de travailler, esclaves d’une société des loisirs dérisoire et anesthésiante.” Aussi, réside-t-il plus que jamais, dans l’imaginaire collectif, cette image nostalgique d’une époque révolue ; le temps où la ville était encore de taille « maîtrisée » et « maîtrisable », à échelle humaine, où la nature avait encore sa place. Divulguée surtout autravers de peintures et de vieilles cartes postales, ces projections “ne représentent pas une ville telle qu’elle était, mais une autre ville qui par hasard portait aussi le nom de cette même ville”qui, selon Italo Calvino dans son livre “Les Villes Invisibles”.

La ville enchantée

La ville désenchantée Dans bon nombre d’œuvres cinématographiques, on dépeint la ville comme un environnement aseptisé, dénué de personnalité et de vie. À l’image de Jacques

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Autant pour trouver des références de villes contemporaines dans son aspect négatif, nous avions de multiples exemples; au contraire, pour trouver des images positives de la ville contemporaine… la tâche fut ardue. Il y a finalement très peu de représentation collective d’une ville contemporaine enchantée.

demander ? À quel point ces images sont présentes dans l’imaginaire collectif, et à quel point l’architecte contribue à les faire évoluer ? Comment l’architecte peut essayer de comprendre les rêves communs ou les références communes aux habitants pour réenchanter la ville d’aujourd’hui ?

De manière étonnante, le domaine qui fait le plus l’éloge de la ville contemporaine est le film fantastique ou d’animation, dédié aux enfants tel que les studios Disney ou Pixar. Le film “A la poursuite de demain” ou encore “Bienvenue chez Robinson”,montrent la ville contemporaine le lieu de tous les possibles. Cependant, restons positifs, grandir ne signifie pas perdre espoir quant à l’avenir de la ville, rassurons nous.

Léa Balmy Aïmen Laïhem

Certains artistes contemporains, peu connus du grand public, font de la ville enchantée leur particularité, comme par exemple les peintures de Benoit Havard. Dans ses tableaux un aspect brumeux, dynamique et coloré nous donnent à voir l’enchantement soudain de la ville contemporaine. Du côté de la littérature, décrit comme le “grand poète de la ville contemporaine”, pour son écriture sensible où les descriptions sont également architecturale, Le Clézio convoque des images urbaines. Dans ses textes la ville n’est pas nostalgique, les personnages en descellent au contraire la poésie contemporaine; la “prose” de la ville, bouillonnante, et agitée. Après ce bref aperçu d’exemples de villes enchantées et désenchantées dans divers arts, que peut-on se

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Ré-enchanter la ville Un équilibre entre poésie du projet et enjeux contemporains C’est avec les yeux pleins de magie que nous appréhendons l’idée d’enchantement. Elle appartient au registre du merveilleux, évoque le bucolique des contes de fées de notre enfance et laisse notre imagination débridée prendre son envol. Le terme est pourtant loin d’être anodin dès lors qu’il concerne les problématiques urbaines. Depuis toujours, la ville concentre les flux de personnes, d’informations et de marchandises. Sa morphologie et son fonctionnement semble être le juste reflet des problématiques qui animent le quotidien de ses habitants. Nous nous interrogeons sur le renouvellement de la morphologie urbaine et sur l’implication du citadin et de l’architecte dans ce processus.

La ville contemporaine Une échelle de ville qui change La ville européenne traditionnelle était déjà vecteur de flux, aujourd’hui ceux-ci se sont accélérés et dématérialisés. De fait, la ville traditionnelle était limitée par les déplacements de ses habitants. Ils s’y déplaçaient principalement à pied, la vie se centrait sur un ou plusieurs points d’intérêt collectifs, tels que la place du marché et de l’église. La ville d’aujourd’hui est en expansion constante, et si ce n’est en terme d’expansion spatiale, ça l’est en termes de densification et de rayonnement culturel. Le développement des réseaux de transports accélère nos déplacements, remet en question les limites et l’échelle d e la ville : on ne raisonne plus en terme de distance mais en terme de temps. Par ailleurs les lieux de vie collectifs se diluent dans l’immensité de la ville. Nous comprenons que l’échelle de la ville se déforme, de même que le rapport au réel : quand la ville traditionnelle s’ancre dans la proximité et le pragmatisme, la ville contemporaine - plus ambitieuse - se déconnecte de ses préoccupations primaires, se soustrait aux distances pour devenir virtuelle et étendre son influence. Le cas de la canopée des Halles La nature profonde de la ville est en mutation. Tel un organisme vivant et sensible, elle possède une histoire, un patrimoine et des temporalités qui constituent son identité. Cependant, elle doit pouvoir continuer à répondre au même besoin essentiel : abriter et accueillir la vie. Elle doit loger, restaurer, soigner, enseigner, divertir ses habitants et aussi

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affirmer son influence à l’échelle de la région, du pays, voire du monde. L’enjeu est donc de créer des infrastructures capables de supporter des fonctions toujours plus lourdes et qui respectent le fonctionnement et l’identité de chaque ville. La complexité du problème peut être illustrée par la Canopée des Halles de Paris. De fait, Patrick Berger et Jacques Anziutti proposent un projet aux allures futuristes, qui se pose tel un OVNI au milieu de la capitale pour recouvrir le fameux « trou des halles ». L’édifice se densifie en sous-sol, afin d’accueillir des commerces, et de connecter le nombre phénoménal de réseaux de transports qui y transitent. Cette canopée souhaite s’affirmer comme l’équivalent 2.0 des anciennes Halles Baltard. Celles-ci étaient représentatives d’une époque, où l’échelle de vie et des échanges permettaient la rencontre et le contact humain. Pouvons-nous en dire autant de la canopée? Pas si sûr, l’espace public y est assailli par les marques internationales, les individus y transitent sans se connaître ni se rencontrer. L’infrastructure impressionne mais ne charme pas. Nombreux sont ceux qui pleurent la perte des Halles Baltard et de leur valeur historique. Les réprobations virulentes peuvent être faciles, mais elles ne seraient pas justes car l’exemple de la canopée ouvre de nouvelles questions assorties de possibilités. Celle de l’identité du lieu, qui même dans un nouveau contexte temporel demande une attention particulière pour son passé. Mais aussi et surtout, la nécessité de canaliser les flux tout en préservant leur qualité - ou en d’autre terme - la vie, la valeur et la force intrinsèques aux interactions humaines.

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De ce fait, la ville mouvante doit relever trois défis : celui de préserver les relations humaines dans des pôles urbains intensifiés, d’affirmer une écriture architecturale contemporaine en veillant à sa cohérence historique et ce tout en tenant compte de l’urgence écologique.

Renouveler notre manière de faire projet La féérie de la ville a tendance à se noyer dans les besoins d’une société pragmatique et ergonomique qui qui a tendance à discréditer son charme. Certains ouvrages certes, fonctionnalistes, négligent parfois la poésie, et l’exaltation que devrait offrir l’architecture. Évidemment, la question du beau reste subjective mais, au-delà des questions fonctionnelles, l’architecte conserve sa mission initiale d’esthète responsable. Ré-insuffler la vie, susciter l’émotion, trouver un équilibre entre concept et problématiques contextuelles se profilent comme les objectifs qui caractérisent cette mission. Les grands projets urbains La ville court et ne s’est jamais arrêtée à l’état d’utopie figée. Ce concept illusoire, est un idéal fantasque irréalisable (littéralement d’un “lieu qui n’existe pas”) dont les tentatives de mise en place s’avèrent parfois désastreuses. L’utopie contemporaine serait - peut-être - de broder un urbain contemporain sur le tissage existant. Faire lieu en se réappropriant les espaces, leur offrir une nouvelle identité sans brusquer l’ancienne. Comme le dit si bien Luigi Snozzi : “rien n’est à inventer, tout est à réinventer”. Or, on observe depuis maintenant quelques années l’apparition des ZAC qui fleurissent dans l’hexagone, en périphérie des villes. Ces nouveaux quartiers viennent se greffer brusquement à l’existant et composent un catalogue architectural hétérogène où chaque projet tente de se démarquer. Ils s’érigent en déployant un urbanisme de

grande consommation ; ces nouveaux quartiers semblent tous semblables car ils sont soumis à des normes rigides. À l’inverse, certaines villes ré-investissent leurs bâtiments abandonnés en leur donnant une nouvelle vie. La ville de Nantes a pris le parti de conserver la structure des quais pour créer le projet des «Mondes Marins» au sein des anciens chantiers navals. Ce lieu ayant pour vocation de réveiller l’art forain avec les différentes machineries, rend compte de l’attachement des Nantais au passé maritime de la ville. Projet spontané des habitants Les habitants prennent également des initiatives en développant des projets participatifs et animent les quartiers. Ce type d’action volontaire illustre aussi l’importance de la petite échelle. L’exemple des Grands Voisins à Paris, mis en place dans un cadre associatif, illustre une réussite en la matière. Ces lieux reposent sur l’investissement des citoyens, l’échange et la sensibilisation à des sujets tels que l’écologie ou la culture. À sa manière, la ville de Détroit (États-Unis) a réussi à se remettre de la crise économique après une période de désertification. Récemment la Maison Blanche a alloué un budget aux habitants organisés au sein d’associations et de fondations. Le résultat est plutôt encourageant : les friches ont été transformées en trames vertes, des projets artistiques, agricoles et éducatifs fleurissent de ces lieux alternatifs. Le succès de ces projets participatifs contribue à faire entendre la voix des citoyens auprès des acteurs décisionnels, qui laissent davantage place aux réflexions et actions collectives. L’architecte comme médiateur Finalement, le rôle de l’architecte consisterait à orchestrer toutes ces actions. Avoir une vision à grande échelle n’est pas indissociable de la création de lieux plus restreints agissant comme des points chauds, attractifs au sein de la ville. S’inspirer de l’implication citoyenne, l’intégrer au projet garantirait la conception de “petits projets bien pensés”. De même, Manuelle Gautrand, avec son projet de logement Edison Lite à Paris, amorce la conception participative, l’habitant a la possibilité de personnaliser son logement via l’application Habbix. Cependant, cette co-projection questionne, d’une part pour les possibilités qu’elle ouvre, d’autre part pour les nouveaux problèmes qu’elle pose. Loin d’être une solution toute faite et idyllique, qui permet d’impliquer l’habitant à la conception, elle interroge sur la possibilité d’appropriation future de ces logements. Cette perception de l’évolution de la ville nous amène à de nouvelles manières de penser l’urbain, le commun et l’individuel. Cela implique de requalifier les rôles de chacun en restant ouvert à de nouvelles alternatives. Des mécanismes sont en marche, l’avenir seul confirmera - ou non - ces conjectures de conception participative... Valora Brice Sarah Ramzi

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Interview Manuelle Gautrand, née en 1961, est l’architecte principale de l’agence MANUELLE GAUTRAND ARCHITECTURE, créée en 1991, assistée par Marc Blaising et Olga Vasiljeva. Elle travaille dans des domaines très variés allant des équipements culturels aux bâtiments résidentiels, commerciaux et des bureaux, en France et à l’étranger. Son architecture se caractérise par la variété de formes et de couleurs utilisées et par la mise en place de modes de conception contemporains. Manuelle Gautrand parle ainsi de “ré-enchanter la ville”, c’est-à-dire émouvoir, réinventer, renouveler, innover et proposer des réponses inattendues aux contraintes actuelles.


Le cinéma d’Alésia DH: L’architecture d’aujourd’hui doit, selon vous poser la question du beau. Au travers de vos projets, comme par exemple le cinéma d’Alésia, quelle a été votre approche du beau ? Manuelle Gautrand: Avant la question du beau, il y a la question des usages. Vous parlez du cinéma d’Alésia, qui est un projet culturel, et ce sont des projets qui, pour moi, doivent être éminemment ouverts sur la ville, dans un premier temps, et véhiculer du symbole dans un second temps. Le cinéma d’Alésia, nous avons vraiment essayé de ne pas le concevoir comme ce qui se faisait il y a une dizaine ou une quinzaine d’année, c’est-à-dire comme un multiplex plutôt en périphérie de la ville et qui n’a aucune porosité vers l’extérieur, un genre de boîte complètement fermée, assez autiste par rapport au contexte. Ce cinéma, du fait de son implantation en centre-ville, en face d’une église inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCOnous a donné envie d’exceller dans cette notion de symbole culturel et de créer une inter-relation entre le dedans et le dehors qui soit extrêmement forte. Cette relation se fait visuellement, avec beaucoup de transparence entre l’intérieur et l’extérieur, mais elle se fait aussi physiquement puisqu’on a gardé une liaison -maintenant fermée à cause de vigipirate- entre la place et la rue d’Alésia. Ensuite, toutes les communications verticales ont été magnifiées, nous voulions que ces circulations soient une sorte d’entre-deux entre les salles plongées dans

le noir et l’extérieur très lumineux. L’essentiel pour nous était que les gens aient plaisir à emprunter ces circulations verticales, que ce soit un moment intermédiaire important entre la promenade sur la place d’Alésia et lorsque l’on est assis dans une salle en train de regarder un film. L’objectif premier était de redonner ses lettres de noblesse au cinéma, de concevoir un énorme projet culturel, et, finalement, la question du beau c’est la résultante de toutes ces décisions prises en amont sur la transparence, les connexions visuelles, c’est ça qui nous a aidé à rendre les choses belles. Parce que si l’on parle beaucoup d’écologie, de contexte, d’environnement, le beau il faut en parler, c’est un objectif qui vient couronner tous les autres objectifs lorsqu’on les a réussis. Le beau vient par-dessus, coiffer tout cela, et c’est quelque chose de très important pour nous à l’agence. DH: Comment un bâtiment peut délivrer un message au travers de sa façade, élément principal impactant l’image de la ville et ses habitants ? M.G : Cette façade, comme nous souhaitions créer une communication visuelle entre le cinéma et la place, est vitrée sur la majeure partie de sa surface. Vitrée plein ouest, l’objectif était de la filtrer avec une sorte de brise soleil. Et la solution choisie a été cet écran de LED, que vous avez dû remarquer. En réalité, il est translucide, c’est une succession de baguettes de LED horizontales avec plus ou moins d’espaces entre chaque : c’est-à-dire que quand on regarde la façade frontalement, au centre les baguettes de LED sont très denses et au fur et à

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mesure que l’on se répand sur les côtés, vers le haut ou vers le bas, elles se délitent et s‘éloignent les unes des autres et les Led sont plus grosses. Cela permet de flouter l’image, de faire en sorte qu’elle soit très lisible et assez détaillé au centre et qu’au fur et à mesure il y ai une sorte de fondue enchaînée vers les bordures de la façade, parce qu’en réalité on ne pouvait pas mettre de LED aux murs mitoyens pour ne pas risquer d’éblouir les riverains. Ainsi, plus il se dégrade et plus l’espace intérieur devient lumineux puisque l’entraxe entre les Led grandit. Il y a une espèce d’inversion, et, ce qui est assez beau c’est lorsque l’on est à l’intérieur de nuit -même si c’est aussi visible de jour- on peut voir le reflet, l’image à l’envers de l’écran, et la place dans le même temps, c’est une sorte de double image.

Ré-enchanter la ville DH: Est-ce que vous pensez que la ville est désenchantée aujourd’hui, et si oui, pourquoi ? M.G: Après avoir beaucoup voyagé, j’ai eu l’idée suivante : les villes européennes restent enchantées. Il y a également d’autres grandes métropoles mondiales qui le sont mais je pense qu’il y a un sens de la cité, de la ville conviviale, avec une histoire, une mémoire, une Atmosphère -avec un grand A-, dans les villes européennes. Par opposition certaines autres grandes métropoles mondiales ne l’ont pas ou ont tendance à la perdre. Ce qui nous sauve dans les villes européennes, c’est qu’il y a une histoire énorme, on sait la garder et au fur et à mesure imprimer de nouvelles couches plus modernes. Je pense que l’on est plus délicat que

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dans d’autres métropoles où l’accroissement devient galopant, et dans lesquels il y a moins de maîtrise et peut-être moins de volonté de garder cette histoire toujours présente aux côtés de l’écriture actuelle. Pour autant il y a un risque, le côté ville-musée. Il faut savoir donner de l’importance à la complémentarité ancien-moderne et une ville doit pouvoir laisser la place à cette architecture contemporaine, tout en le faisant avec intelligence et sensibilité. L’enchantement est là. C’est une ville qui ne fait pas table rase partout, qui sait conserver des pièces maîtresses fondamentales ou les recycler, qui ne démolit pas et ne les laisse pas se détruire par elles-mêmes. Un bâtiment est un être vivant, une ville est un organisme géant qui demande à ce que l’on s’en occupe, à ce qu’on l’étudie constamment et qu’on le guérisse quand il est malade. Malheureusement les villes qui ont le plus de problèmes ce sont les petites villes. Il y a énormément de villes moyennes où les maires n’ont pas jugé suffisamment utile de s’occuper du centre-ville et ont construit, par volonté de facilité, sur des terrains vierges en périphérie, ce qui a généré l’agrandissement de la ville. Comme je l’ai déjà dit une ville est un être vivant, elle nécessite qu’on s’en occupe, et si on ne s’en occupe pas, elle se détériore, cela se ressent et les habitants la quittent. De nombreuses villes souffrent aujourd’hui de mal-logement, d’espaces publics qui ne sont ni chaleureux, ni réhabilités, ni même verts, et qui en deviennent abandonnés… DH: Vous dites que chaque architecte doit préserver sa créativité pour ré-enchanter la ville. Comment

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Aux étudiants DH: Est-ce que le beau doit forcément être “justifié” lors de l’apprentissage du projet d’architecture ? Comment enseigner le beau en architecture ? M.G: Je vais être très provocatrice en vous disant que si vous travaillez en France vous devez justifier le beau. Parce qu’on est un pays où la raison est plus importante, le processus intellectuel qui vous fait concevoir le projet d’une certaine manière est très important. Il est essentiel de pouvoir justifier l’esthétique aux maîtres d’ouvrage, aux instances, aux élus, aux politiques. Quand on crée c’est important d’expliquer ce qu’on créé, pourquoi, comment. En France c’est en expliquant les choses qu’un élu ou un maître d’ouvrage peut faire sien vos idées, votre processus et, au final, votre projet.

fait-on pour ne pas perdre notre créativité face aux multiples urgences auquel nous sommes confrontés (crise économique, sociale et climatique) ? M.G: Toutes les urgences sont autant de contraintes, chaque contrainte étant une chance inespérée d’être créatif. J’ai remarqué qu’à l’agence, quand on a des projets sur des terrains vierges, c’est finalement là que l’on est les moins inventifs. Toutes ces urgences, qu’elles soient climatiques, techniques, sont autant d’occasions de se remettre en cause, de se poser des questions, de dépasser le programme qui nous est donné et d’être encore plus imaginatif. Et je pense que la créativité de l’architecte, particulièrement aujourd’hui, est ce qui va permettre de dépasser les contraintes et de continuer à enchanter les villes. De tout temps, l’enjeux des architectes a été le climat. La prise en compte de l’environnement n’est pas une nouveauté, elle date des années 60-70. Même si c’étaient des années folles et consommatrices, il y avait déjà cette prise de conscience très importante. Il me semble que ça fait déjà presque un demi-siècle que l’architecture est habituée à travailler avec cette matière qui est précieuse et se raréfie : la nature. L’architecture a toujours jonglé avec toutes ces contraintes, elles ont toujours été là, elles ont juste été autrefois posées différemment.

Là où je suis provocatrice c’est que je sais qu’à l’étranger ce côté justificatif est moins important. Et je me permets de vous dire qu’il m’est déjà arrivé de commencer à expliquer un projet en face de maîtres d’ouvrage étrangers, mais de l’expliquer par le détail, par le processus de création ; puis on m’a très vite coupée en me disant « c’est beau, on est sûrs que c’est la réponse, vous avez raison. ». Et j’ai vraiment remarqué ça dans plusieurs pays, qui respectent peutêtre plus le côté intuitif du créateur. En France il faut être créatif et revendiquer son intuition et en même temps il faut, a posteriori, la vérifier, la justifier et prouver qu’elle est arrivée à bon escient. Malgré tout je ne sais pas si le beau s’enseigne. Parce qu’avant tout le beau est subjectif. Même s’il y a un retour d’un certain académisme aujourd’hui, il n’y a pas d’école du beau. J’accepte que l’on n’aime pas mon projet si on ne le trouve pas beau. Il existe mille beautés, ça dépend de la culture, du passé, de son histoire personnelle. Par exemple j’ai été élevée dans le Sud, et peut-être pour cette raison j’aime beaucoup la couleur, la lumière crue et je sais que d’autres ne pensent pas comme moi, et je le respecte. Et quand je visite des lieux, lorsque je voyage, il y a des endroits que je ne trouve pas beaux mais qui m’interpellent, car je sais qu’ils ont une dimension esthétique forte. Le beau ne s’enseigne donc pas facilement. Dans les cours de projet il est important de sensibiliser l’étudiant à l’aspect esthétique de ce qu’il est en train de faire. C’est une dimension très personnelle qu’il faut développer avec chaque étudiant, avec un regard critique. D’une certaine manière ça passe par le fait de rendre « esthète », d’aiguiser son regard, de voir le beau, de cultiver et de savoir ce que l’on trouve beau et ce que l’on trouve moins beau et ainsi se créer une imagerie mentale de la beauté. Un professeur doit

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aider à cela, arriver à pousser chaque étudiant dans sa propre perception du beau. Et le pousser très loin, lui apprendre à être critique. DH: Comment avez-vous vécu vos premières années en tant que femme architecte ? M.G: Si je peux vous donner un conseil : il ne faut pas vous poser ce genre de question. La créativité n’a pas de sexe. La combativité non plus. Même s’il faut une certaine combativité dans ce milieu, il faut savoir la développer de manière naturelle. Il faut s’abstraire de cette forme d’éducation très genrée que l’on a pu avoir. Comme dans tous les métiers. Il faut vraiment mettre sa passion au-dessus de tout. L’architecture est une passion qui demande beaucoup d’investissement, beaucoup de travail et beaucoup de don de soi. Et audelà de cet investissement qu’il faut savoir mettre dans cette création, il ne faut pas se poser la question du genre et il ne faut pas accepter que l’on vous la pose et il faut progressivement que vous vous attachiez à ce que le regard que l’on vous porte soit complètement neutre sur la question du genre. Il ne faut pas accepter d’être mis dans une case. Mis ou mise.

Ce qui caractérise le beau c’est l’émotion qui s’en dégage, et quoi qu’on en dise, lorsque l’on arrive dans un espace et que tout à coup il y a une double hauteur, il y a un effet de surprise, une émotion. Tout d’un coup, on a les yeux qui montent très haut, un rapport au ciel plus important, on a presque l’impression de s’élever. Pour moi vraiment Double Hauteur c’est s’élever, monter le regard, peut-être même s’échapper.

Le mot de la fin DH: En un mot, à quoi vous renvoie le terme Double Hauteur ? M.G: Pour moi Double Hauteur c’est de l’espace. Un espace sans hauteur c’est un espace qui peut être générique, qui ne donne pas suffisamment d’émotions.

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Propos recueillis par Maud Laurentie Léa Balmy Photographies: Valora Brice, Ladin Yacizi et Mélis Yurekli


Un vent de colère dans les ENSA Le 5 mars 2020, étudiants, chercheurs et enseignants de Paris Val-de-Seine, accompagnés des autres écoles nationales d’architecture, se sont joints à la manifestation des universités, de Diderot à la Sorbonne. Afin de clarifier les raisons de cet embrasement restées floues pour certains, Double Hauteur vous propose un état des lieux de l’enseignement et de la recherche architecturale en France. À l’origine de ce vent de révolte se trouve la Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche, ou LPPR. Sous ce nom barbare se cache un projet de loi qui instaurera, selon Antoine Petit, président-directeur général du CNRS, un “darwinisme” [sic] censé sauver la recherche française. Il va sans dire que celle-ci est en berne, non pas à cause de quelques technocrates financiers incapables de comprendre que le savoir et la matière grise ne s’évaluent pas en euros, mais bel et bien en raison de la paresse de nos chercheuses et chercheurs. Pourtant ces fainéants multiplient les tâches pour espérer vivre décemment : communication dans des colloques ou des journées d’étude, intégration à des réseaux de recherche, organisation d’événements académiques, et enseignement. Cette dernière n’est pourtant pas garante de stabilité. En effet, 130 000 enseignants sont des vacataires. C’est-à-dire qu’ils travaillent sous un contrat extrêmement précaire, les privant parfois d’accès aux congés payés et à l’assurance chômage ou maladie. Ils peuvent pourtant se considérer comme chanceux au regard des 14% de docteurs au chômage. Un Bac+7 n’est donc plus garant d’un emploi décent. Il est ainsi nécessaire que nous, étudiantes et étudiants, nous nous approprions cette lutte. D’une part, car la situation des chercheurs et enseignants nous impacte directement mais aussi parce que nous devons faire entendre les revendications qui nous sont propres. En effet, la précarité frappe également à notre échelle. Par ailleurs, chaque année, le coût de la vie étudiante augmente de 3% et près d’un cinquième d’entre nous vivent sous le seuil de pauvreté. Les inégalités qui en découlent sont importantes, car, même si l’école est gratuite pour les boursiers, les loyers, le prix des maquettes ou les coûts d’impressions sont incompressibles. Certains doivent alors travailler sur le peu de temps libre qui leur reste, sacrifiant vie sociale et sommeil. N’en déplaise à quelques réactionnaires, cette situation a un impact indéniable sur la réussite. Un élève obligé d’avoir un emploi à côté de ses études a 43% moins de chance d’obtenir son diplôme qu’un de ses camarades qui n’en éprouve pas le besoin. Face à cette situation pourtant loin d’être nouvelle, l’État fait la sourde oreille. Il y a quelques années, le Ministère de l’Enseignement Supérieur proposait aux ENSA de les prendre partiellement sous son aile. Cela dans le but de faciliter les

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équivalences avec une organisation Licence-Master-Doctorat mais aussi pour déployer davantage de fonds financiers et égaler ceux des autres domaines. Seulement, les dépenses moyennes allouées pour un étudiant d’ENSA sont toujours 35% inférieures à celles d’un universitaire, respectivement 7 597€ contre 11 670€. Ainsi, alors que notre Président veut donner à notre discipline “une place toute particulière”, il nous subventionne toutefois moins qu’un collégien. Ajoutons à cela le recul des aides sociales censées réparer ces injustices, et nous obtenons une situation bien loin des valeurs d’égalité et de fraternité que notre République prétend porter. Cette situation financière a donc un impact sur la qualité de nos enseignements. Alors que l’objectif de l’école est de former des architectes, acteurs majeurs face aux crises sociales et environnementales contemporaines, les SHS s’effacent peu à peu des programmes avec la perte de la sociologie, de la philosophie et des arts plastiques. Le reste de la formation n’en est pas moins impacté. Les travaux pratiques ou dirigés se font rares et beaucoup de professeurs ne sont pas formés aux enjeux contemporains pour les mener à bien. Cette mobilisation est aussi l’occasion de mettre en lumière les problématiques internes à nos écoles. Il est temps que cessent le racisme et le sexisme latent qui gangrènent nos établissements. Nous devons mettre fin à cette culture de la charrette, contreproductive, qui ne sert qu’à trier les élèves sur leur résistance au manque de sommeil. Et pour cela, il est impératif que nous soyons écoutés. Encore trop de CA et de CFVE n’accueillent des étudiants uniquement parce que c’est inscrit dans la loi. Il est nécessaire que nous soyons considérés et que ces instances fassent preuve de plus de transparence. Face à cette situation devenue insoutenable, les étudiants des écoles d’architecture de France exigent d’être considérés par les Ministères de la Culture et de l’Enseignement supérieur, ainsi que par l’État, que les subventions soient revues à la hausse et qu’un plan d’urgence de refonte des aides sociales soit mis en place. Afin de faire entendre leur voix, les étudiants et étudiantes souhaitant se mobiliser sont invités à rejoindre les groupes Facebook “archi révolté·e·s !”, qui rassemble les élèves mobilisés de toute la France. Cette page est ainsi notre outil de mobilisation, par lequel nous souhaitons vous informer de nos rassemblements et étendre nos débats.

Vie étudiante

Théo Maiques Mathilde Brunet


Vie ĂŠtudiante

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Fondation Agnès b. Fondation Agnès b., place Jean-Michel Basquiat, Paris 13e Plein Tarif 7€ // Tarif Réduit (- de 26 ans) 4€ Il s’agit d’un des événements culturels les plus attendus de ce début 2020: l’ouverture de La Fab d’Agnès b. dans le 13° arrondissement. Ce nouveau lieu a pour but de rendre accessible au public la collection d’art contemporain de la créatrice de mode. Située place Jean-Michel Basquiat, jouxtant L’EP7, l’exposition se développe sur deux niveaux au sein d’un bâtiment signé par SOA architectes. Les œuvres présentées sont d’une grande diversité; ainsi Basquiat, Warhol et Man Ray côtoient des artistes contemporains moins connus du grand public tel que Bruno Gadenne. La collection donne à voir un large corpus plastique : dessin, peinture, photographie, vidéo… Afin de maintenir le lieu vivant et dynamique, les expositions temporaires se succèderont permettant au public de revenir pour découvrir de nouvelles œuvres. Par ailleurs, la librairie offre un large choix d’ouvrages de qualité traitant de tous les domaines de l’art contemporain, du design et de l’architecture. En somme un lieu pointu qui promet une riche programmation culturelle. Raphaelle De Priester

Tolkien, voyage en Terre du Milieu Bibliothèque nationale François Mitterrand Du 22.10.2019 au 16.02.2020 9€ en tarif réduit // gratuit pour les enfants Des puristes connaissant tous les livres par cœur, aux profanes ayant à peine vu les films, tous les profils se bousculent à l’exposition Tolkien. Au travers d’ouvrages, de manuscrits et des livres d’origine, l’exposition nous fait découvrir les différents travaux de J. R. R. Tolkien. Il est question du Seigneur des Anneaux, du Hobbit, mais aussi de ses nombreuses traductions et de son poste à l’université d’Oxford. L’exposition se compose de différentes parties, le visiteur peut ainsi apprendre l’alphabet des nains puis découvrir la culture des Ents, ces grands arbres savants gardiens de la Terre du Milieu. C’est une immersion totale dans les pensées de J. R. R. Tolkien, une intrusion dans ses mondes créés de toutes pièces. On y découvre que la Terre du Milieu est un « vrai » pays, car l’œuvre de Tolkien est totale, il a imaginé, pour chaque culture une histoire, des mythes, des légendes… En sortant de l’exposition, ce sont dragons et autres magiciens qui peuplent notre esprit, c’est une leçon d’histoire et une leçon de vie. Un moyen de découvrir le génie d’un écrivain qui n’a pas « juste » couché un récit sur papier, mais bien construit un autre monde et nous a permis de l’y rejoindre. Maud Laurentie

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Le Hip-Hop Chaque semaine, le campus Paris-Diderot propose des activités sportives gratuites aux étudiants permettant de poursuivre la pratique du sport en parallèle aux études. Les cours de Hip-Hop et House ont lieu les mardis de 17h30 à 19h00, sont délivrés par Julien Cebil. Nous avons eu l’occasion de l’interroger sur le hip-hop et sa culture. Julien enseigne à Diderot depuis 2015, et dans d’autres structures comme l’association Ascendanse Hip-Hop. Il a commencé le Hip-Hop dans les années 90’s et a exploré de nombreux styles avant de se spécialiser en 2006 en House et Hip-Hop. Qu’est ce que le Hip-Hop? Le Hip-Hop, apparu dans les années 70 à New-York dans le Bronx est une culture à part entière qui se retrouve dans la musique, la mode et les médias. Il regroupe plusieurs styles de danse: le Popping qui consiste en des contractions musculaires combinées avec des arrêts, le Locking, danse composée de mouvements des articulations des bras et des jambes et le Breakdance, danse caractérisée par des figures au sol. De leur fusion émerge ce que l’on appelle en France, le Hip-Hop New Style.

Le Hip-Hop intègre aussi des danses de club tel que le Voguing et le Waacking, c’est une discipline en perpétuelle évolution. La House, aussi enseignée dans le cours de Julien, est une danse de club mêlant mouvements basiques de jazz, claquettes et salsa à des mouvements de danses traditionnelles africaines ou caribéennes. Lieux et événements À Paris on trouve différents lieux où débutants et confirmés peuvent pratiquer la danse : place du Châtelet, au Centquatre ou Bibliothèque François Mitterrand. Les soirées sont aussi des lieux propices à la progression, le Djoon est un lieu incontournable des soirées House. De nombreuses “battle” de danse sont organisées en Europe : Juste Debout à Paris, le Summer Dance Forever à Amsterdam, le Battle of the Year à Montpellier. Le Hip-Hop regroupe les univers des diverses disciplines qui le compose. Ecouter la musique qui a lancé le mouvement serait, selon Julien, le meilleur moyen de s’initier. Maintenant à vous de danser! Nadja Salifou

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Laylow : architecte de la matrice Alors que la scène rap française est inondé par la trap, le rappeur Laylow vient de sortir un album alternatif, Trinity, qui se présente comme un logiciel de stimulation sensoriel. Fasciné par le monde du digital, il soigne l’esthétique de son univers, tant dans les sonorités que dans les visuels de ses clips. Il nous plonge dans un futur immédiat ou prothèses bioniques et voitures volantes sont devenues la norme. Le titre de l’album fait ainsi référence au personnage de MATRIX, Trinity. A travers le personnage sensible et torturé qu’il incarne, il aborde les thèmes de la dépression, du stress et de la rupture. L’album illustre sa relation avec Laylow, un logiciel de stimulation d’émotion avec lequel il va vivre une histoire d’amour, à la manière d’un Joaquin Phoenix dans “Her”. L’artiste évoque de le rapport au virtuel, la place des intelligences artificielles et les relations humaines. Laylow met en opposition le monde digital où il peut tout contrôler, à la réalité qu’il subit. Les featurings avec Lomepal, Jok’air ou encore Alpha Wann, viennent enrichir le projet en y apportant d’autres styles. On retrouve par exemple, le très bon Wit, dans un story telling original et pluriel. Rare sont les albums qui possèdent une direction artistique aussi soignée et une telle cohérence avec leur sujet. Foncez découvrir “Trinity”, car l’univers singulier qu’il dépeint pousse à la réflexion et parle à notre humanité. Jules Foubet et Yoann Dogbe

Rone C’est depuis sa chambre de bonne à Paris qu’ Erwan Castex alias Rone commence à composer ses premiers morceaux. Il devient vite l’un des compositeurs majeurs de la scène électro française. Se laissant guider par ses émotions et ses expériences, il fusionne l’électronique et l’organique. Il exprime ainsi la mélancolie ou la joie dans ses morceaux qui sont denses et chargés de grain. Ce n’est pas la musique « électronique bien cadrée » qui l’intéresse, il préfère qu’on ressente le chaos et la vie dans ses morceaux. Initialement étudiant en cinéma, il affirme que l’image participe à son processus créatif. Avec la musique, le cinéma s’est éloigné, mais l’image est restée. Au théâtre du Châtelet, du 5 au 14 Mars, c’est avec le Ballet National de Marseille sous la direction de (LA)HORDE que Rone aura l’occasion de présenter une performance unique où vibrations sonores et mouvements de danse collaboreront pour exprimer liberté et rêves. La nuit venue est le premier long-métrage pour lequel Rone qui vient de réaliser la bande son originale, un travail mené en collaboration avec le réalisateur Frédéric Farucci. Le film sortira le premier avril au cinéma et racontera l’histoire de Jin, un ancien DJ chinois venu clandestinement à Paris. Pour Frédéric Farucci la bande son de Rone a autant de présence qu’un acteur. Bien qu’invisible, elle suscite des images et est intrinsèquement cinématographique. Cem Karahan Aydin

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Les survivantes Théâtre 13, Paris 13ème La pièce évoque la prostitution. Sur scène cinq femmes racontent leur quotidien depuis le trottoir où elles guettent les clients, redoutant la police. Qu’elles soient sans papiers, élèvent seules leurs enfants, ou n'aient pas fait d’études, il s’agit avant tout d’un moyen de survie pour ces femmes qui n'ont pas d’autres choix. Elles sont là, sur le trottoir à exercer le « plus vieux métier du monde » . Nous sommes témoin de leurs espoirs, de leurs envies, mais aussi de leurs craintes, si présentes. Les clients passent et les anecdotes intimes se mêlent. Les hommes sont ici tous les mêmes car incarné par un seul acteur. Car ce n’est pas des hommes dont il est question ici, tout tourne autour de ces femmes, de leurs ambitions volées et de leur futur qu’il reste à écrire. Sur fond de mouvement social elles vont chacune tenter de se réinventer. Ces témoignages inspirés des membres de l’association “du nid”, sont ainsi subtilement incarnés dans une scénographie simple et juste, à aller voir ! Pauline Colon

Atmosphères et autres La Galerie d’Architecture de Paris, 11 rue des blancs manteaux, 75004 Paris Du 13.03.2020 au 15.04.2020, du mardi au samedi 11h-19h Gratuit La Galerie d’Architecture de Paris, est un lieu d’exposition dédié à l’architecture contemporaine au coeur du Marais. La galerie propose chaque mois d’exposer la production d’architectes, de paysagistes et de designers, jeunes ou confirmés. Le mois dernier, l’exposition Atmosphère - inspirée du travail de Peter Zumthor “L’atmosphère agit sur notre perception émotionnelle” - proposait un aperçu des productions de Dietrich / Untertrifaller Architectes. De grands panneaux représentant des espaces architecturaux assortis de portraits d’hommes et de femmes, amenaient à s’interroger sur l’histoire des lieux et leur contemplation. L’exposition “Une ville dessinée” présente le travail de Sergei Tchoban, et met en évidence les contrastes forts entre ville historique et ville contemporaine à travers le dessin architectural. Léa Balmy

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Paris Comme Ma Poche Front de Seine

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Le Village Emeriau

Le long de la Seine, sur d’anciennes zones industrielles du quartier de Beaugrenelle, se découpe la silhouette de 16 tours posées sur leur dalle, détachées du sol. C’est dans les années 60 que ce projet de redéveloppement urbain, le “Front de Seine”, est conçu par les architectes Raymond Lopez, Henri Pottier et Michel Proux. Avec une séparation des flux et des fonctions, une mixité programmatique au sein du quartier ainsi qu’un dessin de skyline régulier fixé à une hauteur de 100m, c’est une réelle expérience urbaine qui fait lieu ici. Ce qui marque c’est l’autonomie de l’opération vis-à-vis de son contexte, mais aussi la volonté d’homogénéiser le gabarit des tours afin d’éradiquer tout sentiment de hiérarchie entre elles et d’affirmer leur identité commune. Néanmoins, le tour de force réside dans le caractère unique et distinct de chacune d’entre elles, qui comme dans une grande famille, possède des traits communs et une personnalité différente. L’opération n’échappe pas aux problèmes propres et récurrents à l’urbanisme de dalle, ce qui n’enlève rien à l’intérêt architectural du résultat. Nous allons donc vous faire découvrir dans ce PCMP le fruit d’une utopie moderne savoureuse !

Rénovée en 2015, cette barre résidentielle comprenant 180 logements sociaux et une bibliothèque municipale fut construite en 1972 par Michel Proux et JeanClaude Jallat pour reloger les habitants du secteur. Les architectes s’inspirent des idées de Le Corbusier et de la Cité Radieuse : en effet, le bâtiment possède des « rues centrales » tous les trois étages autour desquels s’organisent des logements mono-orientés et des logements traversants au-dessous et au-dessus. Notons que les premiers niveaux sont occupés par les parkings auxquels succède la bibliothèque : les logements ne sont implantés qu’au 5e étage !

Vincent Clerc Maud Laurentie Valora Brice

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Hôtel Novotel Tour Eiffel Anciennement hôtel Nikko, la Japan Airlines fait construire cette tour par Jean-Claude Le Bail et Julien Penven en 1976 dans l’optique d’y créer un hôtel de luxe. Le bâtiment se distingue par sa façade constituée de 1068 panneaux en aluminium peint de rouge, percée de fenêtres aux allures d’écrans télévisés. C’est avec audace qu’elle défie la règle de la “taille de guêpe” qui impose une base réduite à ses voisines (l'idée initiale étant de réduire l’emprise au sol des tours).

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Tour Cristal Construite en 1990 par Jean Claude Le Bail et Julien Penven, la tour Cristal est la plus récente du Front de Seine. Cet immeuble de bureaux est conçu pour être une « sculpture de verre » dont la couleur des façades varie avec l’ensoleillement. S’affranchissant du gabarit parallélépipédique de ses consoeurs, elle puise son inspiration dans les travaux de Salvator Dali.

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Tour Totem S’inspirant du mouvement métaboliste japonais et reprenant la consigne de la tour avec taille de guêpe, Pierre Parat et Michel Andrault conçoivent, en 1978, une tour composée de 207 logements posées en grappe autour d’un noyau en béton. Autour de cette structure remarquable, les éléments sont inclinés à 45° pour offrir la meilleure vue possible sur la Seine. Pour la petite anecdote, il s’agit de la dernière tour résidentielle construite à Paris.

Centre commercial Beaugrenelle

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A l’origine, un centre commercial ouvre en 1979 et couvre en partie la rue de Linois, il est sombre et difficilement accessible et est ainsi rapidement délaissé. Dans les années 2000, sa destruction est décidée pour redynamiser le Front de Seine, et ce sont les architectes Valode et Pistre qui s’en charge jusqu’en 2013. Là où l’ancien centre et l’ensemble du Front de Seine ignorent le niveau du sol, le nouveau centre commercial dialogue avec la rue de Linois, ses boutiques donnant sur l’extérieur et faisant de cette rue l’axe principal du quartier. Son inauguration signe la « fin » de la dalle isolée comme élément central, avec le retour d’un urbanisme sur rue plus traditionnel et mieux intégré dans le reste de la ville. Malgré tout, la dalle n’est pas abandonnée, elle est elle aussi rénovée, et son espace est aujourd’hui végétalisé. N’hésitez pas non plus à vous rendre sous la dalle pour vous y promener !

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Être femme architecte À l’occasion de la journée de lutte pour le droit des femmes le 8 mars, DH se propose de faire un état des lieux sur ce que signifie être femme architecte aujourd’hui. Nous nous sommes appuyés sur l’enquête statistique Archigraphie, menée par l’Ordre des Architectes, publiée en 2018 et qui pourra enrichir vos réflexions sur notre profession.

les mêmes chances que leurs collègues masculins ? Choisissent-elles sciemment cette position de retrait ou subissent-elles les clichés d’une société, qui quoi qu’on en pense, demeure toujours très patriarcale ?

Aujourd’hui en tant qu’étudiant nous pouvons nous réjouir, les ENSA françaises comptent 46% de femmes, soit une quasi-parité. Au cours des années 2000, un tournant s’est opéré, la proportion d’étudiantes a nettement augmenté. Mais on assiste à l’heure actuelle à un contraste fort entre milieu scolaire et professionnel.

Il va sans dire que l’on compte aujourd’hui un grand nombre de femmes architectes compétentes, qui innovent et conçoivent une architecture de qualité. Celles-ci pratiquent notre métier avec passion et désinvolture, au détriment parfois de leur vie personnelle. Mais nous, étudiants en architecture, combien d’entre elles connaissons-nous réellement ?

Malgré la part croissante de femmes au sein de la profession, le revenu moyen des femmes reste bien inférieur à celui des hommes. En 2016, le revenu moyen des hommes était de 48 745 euros contre 28 734 euros pour les femmes, soit près de la moitié. Cet écart s’explique en partie par le fait que les femmes soit en moyenne plus jeunes et touchent ainsi un revenu plus faible du fait de leur moindre expérience. Mais au delà de cette différence d’âge, celles-ci choisissent de pratiquer l’architecture de façon différente de leurs collègues masculins. Au cours de leur carrière, elles s’orientent vers des postes dans la fonction publique ou en tant qu’auto-entrepreneur qui leurs permettent de concilier vie professionnelle et vie familiale, où elles continuent à porter d’avantage de responsabilités. Ainsi les femmes demeurent peu nombreuses chez les architectes libéraux et associés, qui représentent 90% des architectes et sont aujourd’hui près de 25% dans ces deux catégories d’activités. En minorité, il arrive qu’elles soient reléguées à des postes de second plan, loins des prises de décisions et des chantiers, sur lesquelles elles ne sont pas toujours les bienvenues. Les femmes architectes ont-elles

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Culture architecturale

De ce manque de visibilité sont nés les prix féminins d’architecture, qui visent à les mettre en lumière mais qui demeurent controversés au sein de la profession, certains jugeant que si elles sont dotées d’autant de talent que les hommes alors il ne doit pas y avoir de prix qui leur soit exclusivement réservé. Débat à suivre. Raphaelle De Priester


De architectura

La Permanence de l’Espace, L’Eloge de la Suspension : Quand Reichen & Robert font renaître la « Cité Industrielle » miniature de Tony Garnier

Dans les vitrages à géométrie variable du Musée des Confluences de Coop Himmelb(l)au, se reflètent les ombres des monumentales des lamelles d’acier de la Halle Tony Garnier. Dernier vestige de la grande époque industrielle, devenu un symbole transcendant les générations dès sa réouverture en 1988. Les anciens « Abattoirs de la Mouche », ayant accueilli L’Exposition Internationale de 1914, doivent leur renaissance au militantisme patrimonial des architectes, Philippe Robert et Bernard Reichen. Précurseurs dans la reconversion d’anciens sites industriels s’étant illustré quelques années auparavant avec Les Halles de La Villette, l’agence Reichen & Robert a très vite saisi le potentiel considérable de cette gigantesque nef de métal. Labellisé « Patrimoine Historique » dès 1975 pour son avant-gardisme hygiéniste et de sa finesse constructive, ce vaste complexe industriel est resté pendant dix ans à l’état de friche.

modulable qui fait se confondre en un même pôle culture et mémoire. La véritable intervention des architectes se passe en apesanteur. D’une part, avec la création de deux passerelles, desservant chaque extrémité de la Halle, mettant le visiteur en contact de la matérialité du lieu. D’autre part, avec l’élaboration d’un système d’éclairage artificiel révélant l’élégante enveloppe intérieure de l’armature, telle une véritable ôde au vide. Par sa restauration, ce grand lieu d’architecture a retrouvé ses lettres de noblesses. Entre imaginaire et réalité, passé et présent la halle célèbre aujourd’hui le mouvement sur les rythmes mécaniques et déstructurés des soirs de « Nuit Sonore ». Vincent Richard du Perron

Les architectes, dont l’intervention peut paraître de prime abord minimaliste ont mené un travail en profondeur de compréhension et de réhabilitation, pour faire de cet “espace encombré” un lieu ouvert et fluide. Une réflexion minutieuse sur le programme alliée à une justesse constructive ont fait de la la Halle un gigantesque espace ouvert, transformable et

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L’Horoscope des ateliers

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Bataille - 505

2 4 6

Laurent – 603

Tout va merveilleusement bien pour vous: Séréro vous a abandonné, le coronavirus vous gâche les vacances sous le soleil, vos massiers sont au bout du rouleaux et il pleut.

CMAU - 501

Le soleil brille. Les Scorpions sont de sortie. Les Taureaux seront vos meilleurs alliés. Vous n’avez pas compris ? C’est normal, seuls les Laurentiens savent.

Demonchy – 406

Vous êtes dans une réalité parallèle, virtuelle peutêtre. Le maître du jeu ? Blaise. L’objectif ? Finir la conversation.

Tabet – 305

Vous aviez un poisson. Mais ça c’était avant. Maintenant vous aimerez autre chose, un hamster ou une autruche que sais-je ? Le temps est à la réflexion et à la prise de décisions.

BE - 301

Vous ne connaissez pas encore les paroles du Pompier ? La foudre s’abattra sur vos maquettes. Si vous la chantez à tue-tête tous les midis alors vous serez sacrés par Marco Tabet.

Vous êtes face à un dilemme constant : dormir ou dormir un peu ?

Jacotey – 505 Vous vous rendez compte qu’il est temps de se réorienter. Depuis la L2, vous en êtes convaincu : il faut construire des murs. Terre, Béton, Paille, qu’importe. A l’école, on vous appelle les maçons, ou plus communément les francs-maçons.

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8 9 10 11 12 13 14 Atelier X

Atelier D – 402

C’est encore et toujours un mystère. Non, personne ne sait, personne n’ose, la rumeur perdure pourtant. Un jour peut-être vous changerez de nom d’atelier, une équation à une inconnue.

Le roi Louis a parlé : ce semestre vous allez trouver l’amour (rien à voir avec le fait que je sois au G9 et que j’écrive cet horoscope).

HM

Studio

Vous touchez du (carton) bois pour deux bonnes raisons : ne pas attraper le coronavirus et finir votre maquette qui depuis le début ne ressemble à rien.

Vous êtes d’humeur poète. Dès aujourd’hui vous parlerez en vers et en alexandrins. Vous trouverez ainsi les meilleurs jeux de mots pour les affiches de manifestation.

Studio

La Def – 605

Le deuxième semestre vient à peine de commencer et vous criez déjà sur tous les toits que, cette fois-ci, vous irez à tous les amphis. Ce que vous ne savez pas, c’est que c’est faux. À la place, vous tenterez de ne pas boire la tasse.

On a entendu dire que récemment a eu lieu un gros week-end d’atelier. Un conseil ? Consommer toute forme d’alcool pour oublier. Tout.

Massena – 601

Corbu, Crici, ou Jean Jean. Vous les admirez tous, et pourtant impossible de vous résoudre à afficher quelques citations ou poster au dessus de votre lit. Il est temps de vous reprendre en main.

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#8 Mars 2020 by Double Hauteur - Issuu