29 nouvelles en trompe-l’œil (titre sur une idée de Marie Cognet)
Dans ce recueil, vous pourrez rire ou pleurer mais, dans tous les cas, vous allez vous amuser à trouver la face cachée de toutes ces nouvelles. Théo Afonso Un homme qui essaie de sortir d’une boîte, un voyageur qui rencontre des populations étrangères, un père de famille qui va se faire tuer s’il n’achète pas une arme… Comiques ou tragiques, les vingt-neuf textes de ce recueil sont truffés de pièges et gare à vous car les apparences sont parfois trompeuses. Gaspard Gineste Que signifie pour vous le mot « chute » ? C’est le fait de tomber par terre ? Ou bien quelque chose qui s’écroule ou encore un échec ? Eh bien, pour nous, le mot chute est synonyme de tromperie, illusion, surprise. Si vous voulez connaître la vraie définition du mot, ouvrez ce recueil de nouvelles « à chute ». Marie Cognet Voulez-vous connaître l’histoire de Ginette, Bastien, Bernadette, Guy ou encore Marie ? Toutes les nouvelles de ce recueil sont différentes et surprenantes : leur chute vous surprendra. Elles sont truffées de pièges ! Bastien Guiard Connaissez-vous Ginette, Armand, Guy ou Bernadette ? Non ? Alors vous avez déjà rencontré un globe-trotter, une orpheline, une danseuse, un grimpeur ou même Louise, Marie, Bastien et Pierre ? Si ce n’est pas le cas, découvrez leurs aventures, leurs émotions, leurs sentiments … et leur face cachée. Rémy Kimbrough Venez découvrir un ensemble d’histoires qui, au fil de la lecture, vont vous faire voyager entre réel et illusion du réel. Que de questions, que de suspense, que de bizarrerie avant de découvrir une réalité bien différente de ce qu’on avait pu imaginer dès les premiers mots ! Sam Barthazon Vous aimez les nouvelles à chute ? N’attendez plus ! Nous, élèves de 4e2, vous présentons un recueil constitué de 29 nouvelles à chute de toute la classe ! Voici des récits joyeux, amusants, dramatiques, historiques… Bonne lecture et laissez-vous surprendre ! Lucile Rouillon
Tout a commencé ainsi… Au terme d’une séquence sur « la nouvelle à chute » et le point de vue du narrateur, les élèves ont dû affronter le redoutable sujet de rédaction suivant : Sujet de rédaction : Imagine une nouvelle « à chute ». La chute surprendra ton lecteur qui comprendra seulement à la fin, à sa grande surprise, que le personnage principal n’était pas celui ou cela qu’il croyait. Tu pourras éventuellement personnifier un objet ou un animal. Ainsi, dans "Cauchemar en gris", le personnage n'est pas, contre toute attente, un jeune amoureux mais un vieillard amnésique. Dans "Cauchemar en rouge", il n'est pas la victime d'un tremblement de terre mais une boule de flipper, etc. Le narrateur adoptera le point de vue du personnage principal : il parlera de lui à la 3e personne du singulier mais il connaîtra ses pensées, ses sentiments et ses sensations (songe à mentionner des odeurs, des bruits, peut-être des goûts). Le récit sera au passé : attention à la concordance des temps, à la conjugaison et au bon emploi de l'imparfait, du passé simple, du plus-que-parfait et du conditionnel présent éventuellement. ♣ Pour que ta nouvelle soit cohérente, tu dois connaître la fin avant de commencer à écrire le premier mot. Tu dois avoir le plan en tête avant de rédiger.
Bibliographie : Avant de passer à l’écriture, les élèves avaient étudié en classe les nouvelles à chute suivantes : • « En sentinelle », « Cauchemar en gris » et « Cauchemar en rouge » de Frederic Brown, in Fantômes et farfafouilles, 1963 • « Iceberg » de Fred Kassak, in Le masque vous donne de ses nouvelles, 1989
Le mot du professeur Piéger le lecteur, le mener en bateau, lancer des fausses pistes pour mieux le surprendre d’un coup de massue à la fin de son texte et le faire tomber de haut : un exercice qui peut se révéler jubilatoire, a fortiori quand le premier lecteur qu’on piège est son professeur. L’écriture de nouvelles « à chute » est un jeu de construction réjouissant, et sa lecture tout autant. Mais c’est un jeu exigeant. Pour en arriver aux textes que vous lisez ici, il aura fallu que chacun (à de rares exceptions près) corrige individuellement son récit au moins trois fois (parfois cinq) … et plusieurs séances de correction collective au cours desquelles chaque histoire fut lue et commentée « publiquement ». Outre les qualités nécessaires à la rédaction de tout récit, le type de nouvelles à chute demandé exigeait de l’élève qu’il sache très précisément où il allait dès le premier mot posé sur le papier : toute la difficulté consistait à faire croire au lecteur à l’identité d’un personnage pour le surprendre à la fin en lui révélant qu’il avait pris un parapluie pour un jeune amoureux ou une tomate pour un aventurier… La chute en elle-même était un exercice périlleux : étaient évidemment proscrits le « coup » du réveil qui sonne (« Ah, ce n'était qu'un cauchemar ! ») ou du jeu vidéo qui se termine. Il fallait révéler à la fin la supercherie mais à demi-mots, presque sous forme de devinette, sans appeler un chat un chat, histoire que le lecteur piégé ne se sente pas pris pour un imbécile mais comprenne que, si on a cherché à le duper, on le tient néanmoins en haute estime. Evidemment, les textes que vous lirez ne sont pas tous aboutis : ils sont parfois un peu bancals ou trop cousus de fil blanc… La baguette magique à transformer les « rédactions », exercice scolaire par excellence, en textes lisibles, n’existe pas. Il aurait fallu que les élèves remettent encore vingt fois sur le métier leur ouvrage. Mais davantage que le résultat, nécessairement perfectible, c’est le chemin parcouru qui importe, depuis le premier jet forcément brouillon rédigé en cours, seul face à sa page blanche, jusqu’au texte publié aujourd’hui, en passant par les corrections une fois le texte tapé avec un traitement de texte. Il aura fallu, à la toute fin, plusieurs séances de travail collectif pendant lesquelles les textes furent projetés au tableau (certains photocopiés) et passés au crible de l’analyse pointilleuse de tous. A noter que les 4 e2 m’ont étonnée et charmée par leur souci de toujours commencer par mettre en valeur avec délicatesse les qualités des textes de leurs camarades avant de critiquer diplomatiquement les points à améliorer. Le but n’est pas ici, j’insiste, de former des écrivains mais des citoyens éclairés qui auront développé des compétences de lecteur en ayant compris quelques stratégies d’écriture. Et je peux vous assurer que, désormais, on ne la leur fait pas ! Ils ont l’œil affûté pour repérer les indices trop faciles et anticiper les pièges : un pas en avant pour déjouer les manipulations du langage. Pour finir, je félicite les 4e2 d’avoir tenu bon jusqu’au bout, d’avoir rendu possibles des séances collectives à 29 (ce qui n’était pas gagné !) même si, mon amour propre dût-il en souffrir, il me faut bien avouer n’avoir réussi à obtenir le texte de deux élèves que le pistolet sur la tempe. Merci à la grande majorité d’avoir réussi à me surprendre, à me piéger parfois. Madame Fournil
Il était quatre heures. Son réveil sonna, il sortit de son lit pour aller travailler. Il alla dans sa cuisine pour déjeuner, quand tout à coup il fut soulevé du sol. Il essaya de se retenir à un meuble mais, rien à faire, il continuait de monter. Et, d'un coup, il fut projeté sur un terrain de foot où se trouvaient des joueurs. Il lui donnèrent des coups de pied. Il sentait une odeur de café. Il avait peur et mal à force de recevoir des coups. Et d'une frappe très puissante un joueur l'envoya dans la cage de but. Il crut que c'était fini mais cela recommença une deuxième fois, une troisième fois... Au bout de la quinzième fois environ, il retomba dans son lit et il entendit dans un silence glacial : « Allez, tout le monde dehors, le café va fermer. Plus de babyfoot ! » Théo Afonso
Chien battu Max était un jeune mâle assez maladroit, timide, mais incroyablement fort. Il avait été capturé une dizaine d’années auparavant. Il était gentil, Max, mais il n’avait pas beaucoup d’amis, à cause de sa maladresse. Quand il fut capturé, il fut vendu à des gens riches. Malheureusement pour lui, ses nouveaux maîtres le maltraitaient et lui donnaient très peu à manger. Ses maîtres le détestaient parce qu’ils le trouvaient trop maladroit. A la moindre maladresse, ses maîtres le frappaient, et ils le frappaient très violemment, tellement violemment que d’énormes hématomes étaient apparus sur la totalité de son corps. Il mourut assez jeune, pauvre Max, mais ses maîtres étaient tellement cruels avec lui ! A sa mort, ils achetèrent un autre esclave, car l'abolition de l’esclavage n'avait pas encore eu lieu à cette époque, malheureusement. Ghiles Arar
Occultant Il se réveilla, regarda par la fenêtre et constata que c'était le printemps. Il le savait car il regardait tous les jours un arbre au milieu d’une colline par la fenêtre. Cela faisait déjà sept cent trente jours qu’il observait cet arbre. Il était très réservé depuis qu’il n’avait plus de famille. Son compagnon de chambre disait qu’il n’était pas assez expressif, qu’il était sombre en quelque sorte. Mais cela allait changer car la femme de ménage avait fait l’acquisition d’un chaton. La femme de ménage ne voulait pas laisser son chaton tout seul chez elle. Du coup, elle l’emmena au travail en pensant que cela les divertirait, son compagnon et lui. Mais son compagnon n’aimait pas trop les chatons. Pendant que les autres étaient en train de faire des caresses au chaton, lui regardait encore son arbre. Il ne voulait pas allez voir le chaton de peur qu’il ne le griffe. Trois jours passèrent, il était encore devant sa fenêtre, il regarda derrière lui et vit le chaton près de lui. Il ne paniqua pas et resta concentré sur son arbre. Mais le chaton monta sur le radiateur, s’agrippa à lui et le fit tomber. La femme de ménage, tout émue, le prit par la tringle et le jeta à la poubelle comme une vulgaire chaussette trouée. Floréal Banos
Le paisible voyage Depuis toujours, il aimait voyager et découvrir différents pays. Il déambulait à travers les villages, les paysages, et se laissait approcher par de nombreuses personnes. Il se montrait toujours disponible et agréable. Au fil du temps, il n’hésitait pas à faire quelques pauses qui lui permettaient de rencontrer tantôt des femmes, tantôt des hommes, tantôt des enfants. Il était très chaleureux avec eux et très serviable. Il était parfois surpris par de mauvais conducteurs et des piétons imprudents qui gênaient son paisible voyage. Dans ces moments-là, il criait très fort pour exprimer son mécontentement. Parfois très agacé, il recommençait plusieurs fois. Il savait attirer l’attention en portant des vêtements voyants, de couleur vive et pleins de motifs différents. Il subissait sans pouvoir se protéger les caprices du temps. Il affrontait alors la pluie, le vent, la neige, la brume et parfois de fortes chaleurs. De plus, l’état des routes et des chemins mal entretenus gênait son parcours. Tout cela le fatiguait beaucoup mais il essayait toujours d’aller au bout de ses aventures. Régulièrement, il avait besoin de reprendre de l’énergie. C’est alors qu’il était conduit à une station d’essence pour remplir son réservoir. Il était enfin prêt pour un nouveau voyage. Sam Barthazon
Le mot de la fin
Il se réveillait toujours avec le chant des oiseaux quand la ville commençait à se lever. Mais ce matin-là il avait eu une idée, il la cherchait depuis plusieurs jours. Il était écrivain depuis qu’il avait vingt-quatre ans et il n’avait jamais eu de panne d’idées. Mais voilà déjà une semaine qu’il cherchait le mot de la fin, celui qui terminerait parfaitement son roman. Et ce matin-là, il l’avait trouvé. Il sortit de son lit en courant, s’habilla et déjeuna en vitesse. Puis prenant ses cahiers, il descendit dans le jardin des plantes au coin de sa rue. Dans ce jardin, coulait une immense fontaine, il aimait le son cristallin de l’eau pour se concentrer et remettre ses idées dans l’ordre. Il enleva son chapeau puis s’installa sur un banc. Il aimait la sensation veloutée du papier, le bruit du grattement que produisait sa plume sur les feuilles, la couleur bleue si particulière de son encre et l’idée de faire partager son imagination à des gens inconnus qui le connaissaient lui, à travers ses livres. Il écrivit quelques pages de son roman sans réussir à trouver ce fameux mot. Puis la main qui le tenait secoua légèrement sa plume, lui aussi avait senti la fin de sa cartouche. L'auteur écrivit plus rapidement, il fallait qu’il ait assez d’encre pour ce dernier mot. Quand il le trouva enfin, ce mot, il l’écrivit fébrilement. L’auteur qui le tenait entre les doigts de sa main droite, écrivit le mot « fin » en le reposant délicatement dans sa trousse en cuir, vieille comme sa plume de vingtquatre ans.
Cerise Brosset-Tellechea
La danseuse étoile C’était un soir d’hiver, un hiver glacial. Elle venait d’entrer dans la salle de danse qui était elle aussi extrêmement froide. La danseuse était paralysée par le froid et aurait sûrement du mal à commencer de danser. Elle aimait beaucoup venir là. Ici elle se sentait chez elle, elle se vidait de sa colère, de sa tristesse et se remplissait de joie. De son sac elle sortit son magnifique justaucorps rose chair qui scintillait dans la grande salle de danse. Puis elle attrapa son tutu, dont le tissu était rugueux, ensuite elle saisit ses guêtres et ses chaussons qui sentaient la douce odeur du talc. Elle alluma le poste de musique et commença à danser. Pour elle, danser était une raison de vivre. Elle virevolta, fit des pirouettes, puis des entrechats. Lorsqu’on la regardait danser, on pouvait croire qu’elle créait la musique. Elle dansait comme une déesse, c’était comme lorsqu’un poète inventait une poésie, tous ses pas étaient cohérents entre eux, comme les rimes d’un poète. Elle fit un magnifique jeté qui la remplit de joie, mais alors qu’elle était en l’air, elle se trompa de pas et tomba brutalement au sol. Le poste de musique, sous le choc, s’arrêta. A cet instant précis, elle entendit des bruits étranges comme des chuchotements, des murmures, pourtant il n’y avait personne dans la salle de danse. Elle devait se tromper, c’était à cause du choc reçu. Elle enclencha le bouton « on » du poste de musique et recommença à danser. Cette fois, elle ne fit pas attention à ses pas, mais à la musique. Quelle magnifique musique ! Elle la trouvait douce, réconfortante, agréable. C’était pour elle comme une berceuse. Voilà une heure qu’elle dansait, ses chaussons devenus tout blancs non pas à cause du talc, mais de la colophane, s’arrêtèrent de glisser sur les cordes. La musique s’étouffa dans ses derniers pas. C’est à ce moment-là, que la soliste, émue et remplie de joie, se fit acclamer par le public dans la salle Pleyel à Paris. Marie Cognet
Le blond doré Une jeune fille nommée Marie avait de très beaux et fidèles amis. Malheureusement, une autre fille, Louise, la critiquait car elle était jalouse. Un jour, le professeur d'histoire demanda aux deux jeunes filles de préparer un
exposé
ensemble. Mais pour Louise il n'était pas question de faire un travail avec Marie. Cette dernière ne comprenait pas pourquoi Louise lui faisait sans arrêt des reproches, des critiques... Louise ne voulait rien lui dire. A chaque fois que Louise voyait sa rivale avec ses amis, elle ne le supportait pas car elle était envieuse. Le lendemain, le professeur dit aux deux collégiennes qu'elles étaient obligées de faire leur exposé ensemble. C'est ainsi que Louise dut accepter. Aussitôt dit, elles se mirent au travail. Marie demanda encore une fois à Louise pourquoi toute cette haine envers elle. Cette dernière en avait assez de lui cacher ce qui n'allait pas alors elle lui dit : « C'est parce que je suis jalouse de tes... » Marie se posa plein de questions mais ne dit rien. Alors Louise continua son explication : « Ils sont tout lisses, tout brillants et d'un blond doré aussi doré que l'or. » Alors Marie se sentit gênée mais aussi flattée, elle regarda les cheveux de Louise et lui dit : « Merci mais je suis sûre qu'avec des soins et quelques produits cosmétiques, on peut arranger les tiens. Tu finiras par avoir des cheveux aussi beaux que les miens. » Anaïs Derangère
Une fin élégante
Elle se sentait vieille. Elle le savait : elle était sur le point de s'éteindre. Mais en attendant, elle se remémora sa vie... Cerise était très coquette : elle portait souvent des bijoux, était parfaitement bien maquillée. Mais sa passion, c'était le parfum. Elle aimait tellement ça ! Il lui était indispensable de toujours sentir bon. Elle aimait la chaleur aussi. Le feu la rassurait. Elle se rappelait que, petite, elle avait été adoptée et qu'elle avait beaucoup de frères et sœurs. Mais bon, elle n'y pensait quasiment jamais, c'était du passé. Elle avait eu une nouvelle famille et beaucoup d'amis. Elle était devenue une adolescente jeune et jolie, débordante d'énergie. Ses meilleures amies étaient Coco et Strawberry et son petit ami s'appelait Apple. Tous les quatre étaient inséparables. Cerise avait mené une vie aventureuse, épanouie et heureuse. Mais elle sentait que sa dernière heure arrivait. Soudain, sous les yeux de Coco, Strawberry et Apple qui eux aussi avaient beaucoup vieilli -, la dernière goutte de cire fondit, la mèche s'éteignit, et ce fut la fin de tout... Hélène Deschamps
La vieillesse
Il était une fois deux amis qui jouaient entre eux, comme à leur habitude. Un des deux amis commençait à se faire vieux : les rides, les jambes qui boitent. Il n’était plus tout jeune, il avait soixante-quinze ans. Il ne mangeait presque plus, n’avait plus d’énergie pour marcher dans les prés. Pour se nourrir, il n’allait plus à la chasse, mais ne mangeait plus que de la nourriture en boîte. Sa passion : dormir. Il en avait beaucoup besoin. Puis ce qui devait arriver arriva : un jour, il ne se réveilla plus. Tous ses proches étaient en deuil, ils le pleurèrent. Ils prirent tous leur voiture pour aller à l’enterrement. Quand l’heure fut venue de faire les adieux, ce fut le moment le plus dur. Ses proches préparèrent tous une petite lettre pour la lui lire. « Je t’aimais, je t’aime et t’aimerai pour toujours mon petit Bernard ; je ne pourrai plus te donner tes pâtés en boîte, ou tes croquettes à la viande, tes préférées. Au revoir. » Une dame insista pour lire sa lettre : « Adieu Bernard, tu ne pourras plus gambader dans les champs pour chasser des pauvres souris. Tu resteras gravé dans ma mémoire à jamais, aucun autre ne te remplacera.» Puis, ils jetèrent tous une fleur sur sa tombe. Guillaume Fournier-Montgieux
La boîte Il se réveilla dans une boîte, se leva, toucha la boîte. Il ressentit des vibrations comme celle d'un moteur ; il avait peur. Il pensait qu'il s'était fait enlever, il se demanda pourquoi, par qui, comment, s'il était dans le coffre d'une voiture… Puis il cria de toutes ses forces mais cela ne servit à rien car il était enfermé. Il essaya d'ouvrir la boîte mais il n'avait pas assez de force. Il commençait à désespérer. Il ne ressentait plus les vibrations du moteur. D'un coup, il fut secoué dans toutes les directions. Au bout d'un moment tout s'arrêta : plus aucun bruit, plus rien, le silence total. Il entendit un bruit assourdissant puis : «C'est pour vous, la quatre fromage ?» Gaspard Gineste
Tuerie de campagne Il avait arrangé ça depuis deux semaines : il allait tuer Bernadette dans la matinée du lendemain. Ils s'étaient rencontrés à la foire et tout de suite, cela avait été le coup de foudre. Quand il lui avait adressé la parole, tous les regards s'étaient tournés vers lui. Elle était magnifiquement vêtue de noir et on pouvait distinguer sur des reflets bleus à la lumière sur ses cheveux. Elle n'avait pas de logement stable et c'est la raison pour laquelle il l'avait accueillie chez lui, dans une petite maison au fond de son jardin où habitait déjà Armand. Mais après coup, il regretta sa décision car elle s'introduisait sans arrêt dans sa maison et grignotait toute la nourriture qu'elle trouvait. Elle s'était même attaquée à Armand qui ne la laissait pas entrer. Alors c'était décidé, il la tuerait. Voilà son plan : il rentrerait de son travail nocturne et, aux environs de huit heures, il l'attendrait devant la porte de la petite maison et lorsqu'elle en sortirait, la hache s'abattrait sur son tout petit cou fragile et il pourrait enfin se débarrasser d'elle. En arrivant le matin, il la vit, par la fenêtre, dans son petit lit. Il l'appela et elle arriva pas plus de trente secondes plus tard. Enfin c'est ce qu'il croyait. Aussitôt, la hache s’abattit de toute ses forces et il se rendit compte que c'était Armand. Mais trop tard malheureusement. Il essaya alors de tuer Bernadette dans son poulailler minuscule avec sa hache gigantesque. Bastien Guiard
L’Histoire de Ginette
Edouard avait la vie belle avec Ginette, elle avait tout pour plaire : du style, du charme, elle surveillait tout ce qui faisait Edouard mais elle ne lui faisait jamais de reproches. Un jour, Edouard la présenta à ses amis à qui elle fit bonne impression. Il la laissa assise dans le café un moment, le temps d’aller commander un verre. Quand il revint, elle n'était plus là, elle s’était enfuie. Cela le rendit aveugle et fou de rage, d’où le dicton : « L’amour rend aveugle ». Il la retrouva quelques minutes plus tard assise sur une autre chaise car le soleil l’éblouissait. Plus tard, Edouard emmena Ginette à l’hôpital pour un contrôle habituel. Sauf que, cette fois-là, le médecin découvrit qu’elle avait la maladie des os de verre. En sortant de l'hôpital, Ginette tomba brusquement par terre, elle se cassa les deux jambes et se creva les deux yeux. Edouard retourna en pleurs chez son opticien pour faire réparer Ginette. Simon Juret-Desforges
Le grand nettoyage Bastien et son frère partageaient le même lit et passaient plus de huit heures ensemble. Son frère était tout sauf mince. Il était enrobé, boudiné et très joufflu. Il était très petit et rond d'où son surnom de boule de neige. Il était très enveloppé et ne bougeait pas beaucoup : il passait ses journées au lit, étalé de tout son long si l'on peut dire. Il était toujours habillé en blanc. Bastien se réveillait chaque matin en sa présence, son frère était témoin de tous ses cauchemars et ses rêves. Sa douceur le rassurait même s'il ne parlait guère. Un soir en allant se coucher, Bastien se cogna la tête contre le chevet en bois du lit et fut surpris que sa mère n’ait pas pensé à refaire son lit après avoir lavé tout le linge de maison ! Simon Kalinowski
Retrouvailles
Depuis que son frère Pierre était parti en vacances, l’ennui s’était installé en lui. Marius ne savait pas quoi faire dans cette grande maison vide, il ne bougeait plus et passait ses longues journées à regarder par la fenêtre, en attendant le jour où son frère serait de retour. Et ce jour arriva, enfin. Il vit par la fenêtre la voiture s’arrêter en bas de l’immeuble, puis Pierre en sortir. Encore quelques minutes, et le voilà enfin à la maison. Quel bonheur de le revoir et d’être ensemble ! Petit à petit, ils reprirent leurs bonnes vieilles habitudes : tous les jours, ils se réveillaient ensemble, allaient à l’école ensemble, revenaient ensemble, et avant de se coucher, Pierre s’assurait toujours que son frère allait bien. Il était tout fier de ce frère que tout le monde lui enviait, de son allure sportive, de son apparence toujours soignée qui attirait tous les regards, de son air simple et sophistiqué à la fois. Pas besoin de demander plus ! Mais, hélas, cela ne dura pas. Avec le temps, Pierre, si aimable, attentionné et fier de lui au début, devenait de plus en plus froid, distant, et parfois même agressif. Tristes, ses parents n’arrêtaient pas de le rappeler à l’ordre, mais en vain. Pierre n’était plus le même. Il promettait de changer, mais les mauvaises habitudes reprenaient le dessus sans tarder. Et il en fut ainsi jusqu’au jour où Marius n’en put plus. Ce jour-là, il tomba gravement malade. Pierre et ses parents l’emmenèrent chez le cordonnier. Celui-ci constata qu’il était très mal en point : une fermeture endommagée, une poche trouée… sans parler des taches et d’autres signes d’usure… Quel dommage ! Ce n’est pas facile d’être le sac d’un collégien ! Marius Keta
Acier et argenterie
Guy Degrenne était un homme simple, strict et ordonné. Il ne changeait jamais, portait toujours son costume noir aux boutons argentés et gardait ses cheveux couleur acier bien lisses. Dans son monde, il y avait trois catégories de personnes : les doux, les fous et les gens comme lui. Les doux ne voulaient faire de mal à personne, et si jamais ils blessaient ou tuaient quelqu'un, c'était toujours par accident. Il y avait aussi les fous. Eux, ils s'amusaient à titiller les autres jusqu'à ce que ces derniers craquent. Des petits coups insignifiants au départ, qui finissaient par laisser une blessure irréversible. Le pire avec ceux-là, c'était que leurs raisons et pensées étaient pleines de trous et d'anomalies. Puis venaient les gens comme lui. Ces personnes-là ne donnaient qu'un seul coup, vif, tranchant et précis, qui faisait se sentir mal la victime. Dans son monde, il y avait aussi les Dieux. Les Dieux étaient ceux qui avaient construit le monde. Ils avaient décidé de beaucoup de choses, la plus impressionnante d'entre elles étant l'obscurité. L'obscurité, c'était l'état habituel de son monde. Mais parfois, pendant quelques secondes, une lumière éblouissante, et, à la fin, la disparition de quelques personnes. Plus tard, ces personnes revenaient mystérieusement, racontant mille et une histoires merveilleuses qui leur seraient arrivées. Degrenne, lui, avait été un des disparus lors du dernier éblouissement, mais ça n'avait rien à voir avec ce qu'il avait entendu dire. Un Dieu le souleva de terre, puis s'exclama : « Quelle arnaque, il est tout émoussé maintenant ! » Et ce fut la fin de Guy Degrenne. Rémy Kimbrough
Histoire d'amitié
Marie était une jeune fille naturelle, elle aimait les choses simples. Quelque temps auparavant, elle avait déménagé dans le sud, pour une cause qu'elle détestait entendre : le travail de son père. Cela fut très difficile de partir car elle ne pouvait se séparer de ses meilleures amies. Elles allaient faire du shopping, discutaient tout en sirotant un café, et plaisantaient à longueur de temps. Mais Marie haïssait son père, si bien qu'il l'obligea encore plus à partir de sa ville natale. Elle n'avait pas le choix ! Arrivée à destination, Marie s'attendait à trouver des gens accueillants, sympathiques, drôles, comme ses anciennes amies. Mais non, personne. Un beau jour, en matinée, à cause d'une solitude insupportable, elle décida d'aller prendre l'air. C'est alors qu'elle rencontra deux amies géniales. Dès le premier regard, ce fut une entente parfaite. Elles discutèrent toutes les trois, assises sur un banc, parlant de tout et de rien. Le lendemain, Marie décida d'inviter ses nouvelles amies pour aller courir et faire un peu de sport. Elles parlèrent tout en trottinant dans un endroit calme où une brise légère venait fouetter leurs visages. Cette nouvelle rencontre l'aidait beaucoup à traverser des obstacles dans sa vie. La veille, il avait plu et des flaques s'étendaient sur le sol boueux. C'est alors que par grande mégarde, courant à toute vitesse, ne regardant pas où elles allaient, elles marchèrent dans une énorme flaque d'eau. Marie s'arrêta brusquement, se baissa et examina sa paire de chaussures qui était bel et bien trempée : le tissu avait absorbé l'eau. Elle éprouva du dégoût et de la tristesse. Elle se mit donc à sangloter en voyant ses nouvelles amies toutes sales. Amandine Lafaix
Poursuite inattendue
Un homme dans café vit des individus vêtus de noirs, ils s’approchèrent de lui, et lui demandèrent de les suivre alors ceux-ci le forcèrent mais l’homme s’enfuit. Ils le poursuivirent mais les hommes mystérieux le perdirent très vite. Ce dernier, une fois rentré chez lui, s’allongea et dormit. A son réveil ses poursuivants étaient tout autour de sa maison : un d’eux pénétra dans la chambre avec une arme à feu. Il tira sur le lit mais ses équipiers à l’extérieur lui tirèrent dessus à leur tour. L’homme continua à courir, il entendait les balles se fracasser contre les parois des maisons voisines. Il courut pour rester en vie, il entendit des sifflements de plus en plus fréquents mais se dit que ce n’était que les balles qui passaient à côté de lui puis il s’assomma contre un poteau. A son réveil, vieux, faible, il rêvait encore de son arrestation quand les hommes du F.B.I l’avaient capturé lors d’un braquage de banque trente-cinq ans auparavant. Les sifflements recommencèrent mais ce n’était que l’eau de la bouilloire qui était chaude, le thé était prêt. Swan Lafond
Souffre Elle m'avait vu, je l'avais vue. Elle était belle, parfaite, brune, grande pour son âge, elle avait de longues jambes, fines et souples. Moi, j'étais déjà plus âgé, abîmé comparé à elle, et j'avais déjà des boutons. Je n'étais pas aussi beau qu'elle. Elle resta plantée là, devant moi, à me regarder, elle devait avoir cinq ou six ans, pas plus. Moi, j'en avais dix, mais … je me voyais avec elle en compétition de gymnastique ou de danse. Car oui, je pratiquais ces sports artistiques, mais je préférais la gymnastique ; c'est vrai que c'était mieux, plus amusant, de faire un salto plutôt que des demis-pointes. Deux ans passèrent, elle avait huit ans et moi douze, je flirtais avec elle, nous nous aimions … beaucoup. Elle faisait de la gymnastique avec moi. Jusqu'au jour où je fus trop vieux, je craquai, cela se passa ainsi : nous rentrâmes dans la salle de gymnastique, nous commençâmes les échauffements. Puis elle se leva d'un bond, trop rapide à mon goût, tous les regards étaient rivés sur elle. Je la suivis comme d'habitude. Elle commença par un pont, suivi d'un équilibre et de saltos, de japonais et de souplesses. Je ne pouvais pas suivre, elle allait trop vite. Elle continua, continua, et finit enfin en beauté par un grand écart parfait, tête haute et mains en l'air. Les autres élèves l'applaudirent sans se rendre compte que j'avais mal, que je souffrais. Je l'avais menée loin, mais c'était fini pour moi. Les autres élèves sortirent, tout joyeux, suivis du professeur. Nous étions seuls. Puis, à son tour, elle se dirigea vers la sortie, et sur le pas de la porte, s'arrêta. Elle passa ses mains sur son postérieur pour enlever les saletés accumulées lors des enchaînements. C'est à ce moment-là qu'elle vit l'étendue des dégâts. Que j'étais craqué, fendu, ouvert. Surprise par cela, elle devint honteuse, et à son tour rentra dans les vestiaires. Elle se changea dans un coin de la pièce et me jeta. Elle ne voulait plus de moi. Romane Lallier
Panique dans l'arène
La veille, une grande journée de jeu s'était déroulée dans les arènes de Rome. Les Romains et les Gaulois se dirigèrent vers le Colisée pour prendre place. Le Colisée était composé de cinquante rangées de gradins qui s'élevaient de façon à ce que chacun puisse avoir une bonne vue sur l'arène. Au total quarante-cinq mille places assises et cinq mille spectateurs debout, principalement des esclaves et des pauvres. Les jeux étaient gratuits pour tous car c'était moi, l'empereur Titus le Grand, qui prenait à ma charge le coût des jeux. Pour les Romains, c'était un lieu symbolique. C'était le symbole de le victoire du bien sur le mal, et de la justice rendue. Une fois tout le monde installé, je pris place et les jeux purent commencer. Le spectacle commençait par un défilé d'animaux : des chameaux, des autruches, des éléphants et un groupe de prisonniers suivi par des gladiateurs. Sous les éclats de rire du public, un homme fut pourchassé par les gladiateurs car il n'avait pas payé son loyer. Puis les choses sérieuses commencèrent. Moi, l'empereur Titus le Grand, j'ordonnai à mes gladiateurs de combattre un groupe de Gaulois qui fut fait prisonnier pour trahison. A chaque coup d'épée, on entendait les cris d'encouragement des spectateurs. Un combat brutal se déroulait sous nos yeux, le sang giclait, plusieurs morts gisaient sur le sol quand j’ordonnai de lâcher les fauves : lions et lionnes qui se précipitent dans l'arène, rugissant, prêts à bondir. Des hurlements de peur se firent entendre du côté des Gaulois alors que nous, les Romains, applaudissions sous des cris d'encouragement. Et c'est alors qu'un coup de fouet retentit afin de calmer les lionnes et de les faire rentrer dans leur cages. Le dresseur et tous les comédiens se placèrent au milieu de l'arène et saluèrent le public. La représentation du Puy du Fou était terminée. Maëva Muller
J'errai dans une ville témoin au milieu du Névada. Je vis une maison orange sans porte. J'entendis des tirs de fusil d'assaut alors je voulus me réfugier dans cette fameuse maison orange. Je montai au deuxième étage et, venue de nulle part, une balle me traversa le crâne. J'entendis quelqu'un crier : « headshot ». Je réapparus devant une maison bleue. Après quelques minutes de réflexion, je compris que je devais éteindre ma console. Je continuerais ma partie le lendemain. Mehdi Messalti
Rêve de célébrité
Bonnie courait. Comme d’habitude, elle avait mis à sonner l’alarme de son téléphone, pris son bain, s’était brossé les cheveux, des cheveux d’un blond cuivré, avait hésité des heures pour choisir sa tenue et son maquillage. Elle avait fini par opter pour une robe dorée toute simple ainsi qu’un fard à paupière de la même couleur. Tout cela, elle l’avait fait avec de la musique. Qui fait quoi que ce soit sans musique ? Et comme d’habitude, elle n’avait pas écouté l’alarme du portable. Donc, maintenant, elle courait pour arriver à l’heure à son concert. Car Bonnie était musicienne. Une toute nouvelle musicienne avec pour pseudonyme : « Sympathie ». Enfin, elle arrivait à la salle de concert. Elle entra dans sa loge, se prépara et s’échauffa. Elle fut la dernière de son groupe à arriver derrière les rideaux, dix minutes avant le début du concert. Ce concert était le plus important de sa vie. Un grand producteur de maison de disque était présent. Son rêve était d’être connue dans le monde entier. Le concert commence. La tension monte. Lever de rideaux. La salle est pleine. Dès ses premiers pas, les spectateurs hurlent de joie. Il fait chaud. Elle commence à jouer. Après deux heures de concert intensif, le producteur vint voir le manageur du groupe de Bonnie. Il lui proposa un contrat qu’il accepta et obtint un rendez-vous pour ses clients et lui. Le rêve de Bonnie et de ses amis allait se réaliser. En rentrant chez elle, Bonnie était ravie : ils avaient réussi leur concert avec brio et obtenu une audition pour le lendemain. Elle partit se coucher et s’endormit aussitôt. Le trompettiste avait fini de jouer. Il prit Bonnie, la rangea dans son étui. Il avait réussi à sortir de son rôle premier et à laisser le saxophone faire son solo. Content de lui, il partit se coucher. Kiéran Pereira
Amour en Sol Majeur Elle l'avait rencontré quand elle avait cinq ans. Oui cinq ans ! Mais cela avait été tout de suite le coup de foudre. Elle lui avait fait un grand sourire, lui ne lui avait pas répondu. Il n'était pas trop son genre mais il avait l'air gentil. Si elle vous le décrivait, vous ne le trouveriez pas parfait mais elle l'aimait comme il était. Il était assez timide, il ne montrait pas trop ses émotions. Mais ils étaient tellement proches ! Ce qui était sûr, c'est qu'il avait une bonne âme, elle le savait. Elle ne pouvait plus vivre sans lui. Il mettait du piment dans sa vie, il lui disait d'avancer toujours plus loin, de partir à l'aventure, elle n'avait plus peur de rien avec lui. Voulez-vous qu'elle vous le décrive ? Ils s'entendaient très bien. Elle aimait quand il lui faisait ses caresses sur le cou, c'était vraiment gracieux. Elle aimait son odeur, un peu boisée. La journée, elle n'arrêtait pas de penser à lui, elle était tellement pressée de rentrer. Et puis, venait le soir et elle lui sautait dessus. Ils s'amusaient beaucoup ensemble. Un jour, elle avait cru qu'ils allaient devoir se séparer mais il la remit dans le droit chemin et ils ne se quittèrent plus jamais. Maintenant, il grandissait avec elle. Mais elle ne va pas vous mentir : en réalité, il était assez petit ! Il avait tellement d'amour à lui donner et il était chaleureux. Pour elle, il était parfait. Il avait une belle peau mate et il savait très bien l'écouter quand elle allait mal. Il avait aussi de grandes oreilles. Mais ça ne la gênait pas. Leur passion commune, c'était la musique, surtout lui. Il adorait aller écouter des concerts, elle aussi, elle aimait bien. Mais à chaque fin de concert, elle ne pouvait pas savoir s'il avait aimé ou pas. Car l'adrénaline descendait, il retournait dans son étui et la couverture posée sur lui, elle refermait sa boîte et pensait au prochain morceau qu'elle interprèterait avec lui.
Oriane Perrin
Chien et chargeur
Depuis quatre ans, nous étions inséparables, ce beau jeune homme rempli de fougue et moi. Notre relation était spéciale car je n'étais pas vraiment sa compagne. Il en avait déjà une : j'étais donc sa maîtresse. Tous les jours, de 07h à 19h, il était avec moi : même pendant le travail, il trouvait du temps à me consacrer. J'ai fait tellement de choses pour lui ! Des choses que certaines personnes qualifieraient de "pas très catholiques". Je suis sûre que vous vous demandez quelles horreurs j'ai pu commettre... J'ai blessé, effrayé, tué : pour tout vous dire, j'étais totalement sous son emprise. Un jour, nous étions dans la voiture et comme je commençais à me plaindre, il augmenta le son de la radio. Le soir, il rentra à la caserne et me laissa au stand de tior comme d'habitude pour aller rejoindre sa vraie compagne. Lucas Risbourg
Seul au monde Il s'appelait Douce. Quel prénom ridicule, surtout pour un garçon ! Il se demandait toujours quelle drôle d'idée était passée à travers la tête de ses parents à ce moment-là. Enfin, ses parents... Il ne savait même pas d'où il venait. D'Amérique, disait-il... Il vivait heureux, à l'époque, avec d'autres personnes familières ou non ( ses parents, peut-être... ), dans une grande maison avec le mur et le sol marron. Par une belle journée de fin d'été, quelqu'un lui tira les cheveux puis plus rien. Il s'était évanoui. A son réveil, il s'était retrouvé ici. A l'orphelinat. Il avait déjà trois mois. Pourtant, personne n'avait voulu l'adopter. Les autres garçons de l'orphelinat se moquaient de lui parce que, tout simplement, il avait la peau marron. Eux aussi, leur peau était marron ; Douce trouvait cela un peu bête de se moquer de quelqu'un qui leur ressemblait. Ils raillaient aussi Douce car il était gros. Dans ce monde, pourtant, les enrobés étaient mieux vus que les tout fins, les tout petits. Un jour où il était désespérément en attente de quelqu'un qui lui tendrait une main, une femme d'une trentaine d'années arriva puis le prit avec elle ainsi que d'autres garçons et filles de l'orphelinat. Douce était tellement heureux ! Il allait avoir une vraie famille ! Une vraie maison ! Puis il s'endormit. Lorsqu'il se réveilla, il était dans un lieu tout autre que l'orphelinat. Son nouveau foyer, peut-être ? La femme était près de lui. Elle cria : « Les garçons, je suis rentrée ! ». Un petit garçon de dix ans environ, déguisé en cow-boy, descendit les escaliers quatre à quatre et cria « Maman !!! J'ai faim !!! ». Quel mauvais garnement, se dit-il. « Bonjour mon poussin !, répondit la femme, où est ton papa ? - Il a trop de travail, il est débordé ! » Maman ( c'était aussi la sienne, maintenant ) alla dans une jolie petite pièce bleue et blanche. Soudain, elle commença à laver Douce. « Ah ! Mais arrête !, cria-til, je ne suis pas sale ! Je ne suis pas ici pour me laver : je déteste ça ! ». Mais Maman ne l'écoutait pas, elle continuait. Douce voulut quitter cette maison de fous, mais Maman le rattrapa, et le jeta dans un jacuzzi. Il s'évanouit. Lorsqu'il sortit réveillé de cet endroit bizarre, il avait froid. Maman cria : « Les garçons, à table ! Aujourd'hui, c'est frites avec les pommes de terre que j'ai achetées ce matin au marché ! » Lucile Rouillon
L’arme Il était 18h29. Il s’avança vers le magasin, il n’avait pas vraiment envie d’y rentrer. Les étagères étaient pleines d’armes, de la plus petite jusqu’à la plus grande. Il était mal à l’aise, il ne savait pas trop s’il devait changer de magasin. Il savait que s’il ne possédait pas une de ces armes, il serait mort dans moins de trois jours. Il mit longtemps à se décider, après tout, il fallait quand même bien choisir, ce n’est pas gratuit, ces armes. Il trouva, pour lui, une perle rare. Elle n’était pas très chère, avait un gros chargeur et n’était pas très lourde. Il s’avança jusqu’à la vendeuse, il la trouvait vulgaire avec sa crête à l’iroquoise et tout ses tatouages. Il paya et sortit du magasin. Il regarda sa montre : 19h14. Il était étonné d’être resté quarante-cinq minutes dans le magasin. Enfin rentré chez lui, il courut discrètement jusqu’à la cave pour y cacher l’arme, remonta, ferma à double tour la porte et pénétra dans la cuisine où il trouva sa femme et son fils. Sa femme mangea peu, il lui demanda si tout allait bien et elle lui répondit : «on parlera plus tard…» Ils finirent de manger, couchèrent l’enfant et montèrent à l’étage. Elle ferma la porte d’un coup sec et lui demanda s’il avait l’arme. Il lui répondit que oui. Soulagée, elle lui dit d’un ton sec : « va préparer l’arme !». Il descendit les escaliers, atteignit la porte de la cave, l’ouvrit et monta l’arme jusqu’à la salle à manger, il la sortit de son carton puis la prépara silencieusement. Le lendemain, leur fils tout excité réveilla ses parents et déchira le papier cadeau de l’arme en plastique au pied du sapin. Bastien Tailhardat
L'ascension
Il sentait les yeux du public braqués sur lui, le stress monta, il se rassura en se disant que s'il arrivait à faire le premier enchaînement, les autres suivraient. Alors il posa ses mains sur la paroi puis commença son ascension ardue. Il fit un mouvement de côté avec sa main droite pour laisser place à la main gauche, il savait que cela était risqué mais il était professionnel tout de même ! Plus il prenait de la hauteur, plus il se sentait soulagé en se disant qu'il n'était plus très loin de la fin, même si parfois il devait redescendre un peu, mais c'était simplement pour reprendre plus facilement. Il pensait sans cesse aux enchaînements, il voyait exactement où il devait placer ses mains. Ses pieds ne lui servaient qu'à soutenir les enchaînements qu'il avait prévus. Il continua à monter non sans peine mais avec plus de facilité qu'il ne l'aurait cru. Il vit la fin arriver, ses tympans se débouchèrent et sa concentration diminua pour laisser place aux applaudissement du public. Il les salua, les lumières s'éteignirent et les techniciens de plateau déplacèrent le piano. Au fond de lui, il savait que le prochain défi serait plus difficile . Fanny Taupin
Une histoire d'amour Ce jour-là était un jour particulier : il était très triste, cela faisait maintenant trente ans qu'ils s'étaient rencontrés et deux ans qu'elle l'avait quitté. Il se remémorait comme ils étaient jeunes, beaux, comme il l'aimait à la folie, comme il l'emmenait partout où il allait, même dans des endroits qu'elle n'aimait pas. Mais ils s'aimaient, elle le lui pardonnait. Les autres enviaient leur bonheur. Certains tentaient de la lui enlever mais comme ils ne se quittaient jamais, il avait toujours un oeil sur elle. Un jour, il avait décidé de l'emmener dans le massif du Puy-de-Dôme. Cela faisait longtemps qu'ils se connaissaient et malgré sa fatigue il savait qu'elle pourrait supporter le voyage. Sur la route du retour, il rata un virage et alla dans le fossé. Elle fut grièvement blessée : ses blessures étaient des blessures mortelles et il dut la conduire à la casse. Il en avait gros sur le cœur de se débarrasser sa vieille Peugeot 205 : trente années de beaux souvenirs partis en fumée.
Benjamin Teyton
Vue en blanc
Il faisait beau, mais froid, nous étions en hiver, mais ce jour-là, elle était sortie avec son compagnon de voyage. Elle était sortie dans un endroit inconnu mais c’était le premier jour des vacances, ça faisait longtemps qu’elle n’en avait pas pris. Après une agréable promenade, elle était arrivée avec son compagnon devant un immense et imposant bâtiment avec beaucoup de gens. Il la prit par la main et l’emmena à l’intérieur, il faisait froid et humide, le bruit de toutes ces personnes résonnait, puis son ami et elle prirent l’avion, le temps s’écoulait et elle se demandait où elle allait mais elle le suivait. Enfin le voyage s’était achevé, mais il faisait blanc et gris, humide et encore plus froid qu’auparavant. Ils se dépêchèrent de rentrer à la maison, puis, une fois rentré, son compagnon, n’ayant plus besoin d’elle maintenant, la plaqua au sol d’un seul coup et ouvrit sa fermeture, fouilla à l’intérieur, prit son manteau et la déposa dans le placard. Adam Viane
Orpheline
Nous n'étions plus qu' une dizaine dans l'orphelinat, car toutes les autres filles étaient déjà adoptées. Cela faisait plus d'un mois que j'étais arrivée, je ne me sentais pas à ma place au milieu de toutes ces filles. Elles se ressemblaient toutes, cheveux lisses comme des bâtons, des yeux fins de couleur bleue, de petites joues et une petite bouche. Elles avaient une silhouette élancée, de grandes jambes. Elles portaient toutes les mêmes habits : une robe à paillettes qui arrivait aux genoux, un collier de perles blanches, des escarpins à talons hauts et un sac à main. J'avais vraiment du mal à me faire une place au milieu de ces groupes si soudés. Mon enfance ne ressemblait pas à celles des autres filles de mon âge. J'avais changé tous les mois d'orphelinat car personne ne voulait m'adopter. Je ne m'étais fait qu'une amie, car je suis très renfermée et timide. Elle s'appellait Lili, elle était vraiment très gentille, simple, sans artifice par rapport aux autres filles de l'orphelinat. Mais elle n'était pas restée bien longtemps, je dirais pas plus d'une semaine. Ça y est, Noël approche : je suis pleine d'espoir car c'est la période où les adoptions sont le splus nombreuses. Nous sommes le quatorze janvier, personne ne m'a adoptée. Je me mets à pleurer à chaudes larmes quand j'entends un couple demander : "Excusez-moi de vous déranger, monsieur, est-ce que ce jouet est en soldes ?" Flavie Vigier