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L’ACTIVITÉ PHYSIQUE
Docteur Stéphane CASCUA
Triathlète adepte du cardio-training et de la musculation. Médecin du sport, traumatologue et nutritionniste du sport. Diplômé en entraînement du sportif Rédacteur en chef
D’ENTREPRISE
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DOC DU SPORT EST UNE PUBLICATION DE MÉDIATHLÈTE 294, avenue de la Capelette 13010 Marseille Tél. 09 51 92 77 12 RCS Marseille 844 467 506 au capital de 1000 € E-Mail : contact@docdusport.com ISSN 2649-6615 Directeur de la publication : docteur Bruno Emram Rédacteur en chef : docteur Stéphane Cascua Rédactrice en chef adjointe : Anne Odru Directrice de la publicité et du développement : Muriel Hatem Chef de projet : Juliette Raudrant Comité scientifique : docteur Stéphane Cascua, docteur Marc Rozenblat, docteur Dany-Michel Marcadet, Mikael Bettan, Charles-Antoine Winter Comité de rédaction : docteur Stéphane Cascua, Cyril Blanchard, Anne Odru, docteur Françoise Pariente Ichou, docteur Anthony Raymond, docteur Colette Nordmann, Fédération Française du Sport d’Entreprise, docteur Annie Cheminade Correctrice : Anne Vialletet Les news du Doc : Anne Odru Webmaster : Grégory Herlez Réalisation : Charlotte Calament
Docteur Marc ROZENBLAT
Triathlète aventurière. Journaliste de sport et sportive, formation universitaire en sciences de la nature et de la vie Rédactrice en chef adjointe
Golfeur et cycliste. Président honoraire de la Société française de traumatologie du sport (SFTS) Président du Syndicat national des Médecins du Sport - Santé (SNMS Santé)
Docteur Bruno EMRAM
Professeur François CARRÉ
Anne ODRU
Triathlète, Ironman, boxeur. Médecin ORL et médecin de la plongée Directeur de publication
Mikael BETTAN
Coureur de demi-fond et de trail, triathlète, golfeur et footballeur. D.U. podologie du sport. Membre ANPS Expert Préférences motrices Volodalen
Cyril BLANCHARD
Athlète, préparateur mental Fondateur de l’Institut Santé & Mental Recordman de l’Enduroman (Londres - Paris en triathlon)
Groupe Centrimprim Rue Denis-Papin - Zi « La Molière » 36100 Issoudun Dépôt légal à parution Aucun article publié dans ce magazine ne peut être reproduit sous forme d’imprimé, photocopie, microfilm ou par tout autre procédé sans autorisation expresse des auteurs et de l’éditeur. Les articles de ce magazine sont rédigés sous la responsabilité de leurs auteurs et reflètent leurs opinions. Ils n’engagent en aucune façon la société éditrice. Les articles sont des articles de fond.
Coureur et cycliste Cardiologue et médecin du sport au CHU de Rennes et à la Fédération Française de Cardiologie
Docteur Dany-Michel MARCADET Golfeur, voile en compétition. Consultant FFT et FFG Cardiologue du sport
Docteur Philippe CHADUTEAU
Instructeur de plongée et de Krav Maga Médecin traumatologue du sport
Charles-Antoine WINTER
Grégory HERLEZ
Runner et ultra-trailer Community Manager DR
R E JOIG N E Z L A C OM M U NAU T É
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Muriel HATEM
Triathlète, marathonienne Directrice de la publicité et du développement
Ancien pratiquant de raids, cycliste amateur et passionné de courses d’obstacles Diététicien nutritionniste, consultant et conférencier
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ÉDITO
POURQUOI NE PAS CONSIDÉRER LE SPORT D’ENTREPRISE COMME UN INVESTISSEMENT ? Tous les secteurs traversent actuellement d’importantes difficultés financières et le temps de l’État providence est manifestement derrière nous. Le sport français n’étant pas épargné, il est aujourd’hui indispensable de revoir nos différents modèles et nos méthodes de fonctionnement. Tout doit être reconsidéré de façon drastique, y compris les dépenses des fédérations sportives, même si, à la Fédération Française du Sport d’Entreprise, elles sont déjà très contraintes. Les économistes, les sociologues et toutes les études sérieuses le confirment et la présidente du Comité national olympique et sportif français, Amélie Oudéa-Castéra, tout autant que le président du Medef, Patrick Martin, le rappellent très régulièrement : un euro investi dans le sport correspond à une économie de treize euros. Cela pose ainsi cette question : faut-il considérer le sport, l’incitation ou le financement du sport comme une charge de fonctionnement ou comme une charge d’investissement ? Et c’est là que s’opère la bascule. Nous pensons que chaque poste doit être regardé sous l’angle de ce qui est utile pour le pays en matière de santé publique et de ce qui est utile en matière d’économies substantielles. En particulier en termes de RH dans les entreprises, de réduction de l’absentéisme ou, en tout cas, de raccourcissement de l’arrêt de travail quand quelqu’un est un peu plus sportif, mieux dans son corps et dans sa tête. En effet, tous les observateurs qualifiés le savent et le disent : l’activité physique peut permettre un recul du traitement médical d’au moins cinq ans, par exemple contre le diabète de type 2. Il faut donc aller plus loin dans le sport sur ordonnance, aller plus loin dans la prescription d’activités physiques et sportives pour bénéficier des retombées économiques qui en découleraient. Le sport coche toutes les cases, c’est un message pour les pouvoirs publics et c’est vrai dans tous les pays, quels qu’ils soient.
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PAR ROGER PAOLETTI, PRÉSIDENT DE LA FFSE ET DIDIER BESSEYRE, PRÉSIDENT D’HONNEUR ET SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE LA FFSE, PRÉSIDENT DES FÉDÉRATIONS FRANÇAISE, EUROPÉENNE ET MONDIALE DU SPORT D’ENTREPRISE
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ON S I A R LIV UITE T A R G & UR RETO T R OFFE
PLUS DE 50 000 MODÈLES SPORT
FOOTBALL / RUNNING / TRAIL / TENNIS / BASKET / RUGBY
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8 RENDEZ-VOUS Le syndrome de l’open space 11 BIEN-ÊTRE Qualité de vie au travail, nous sommes tous concernés 12 ÉCLAIRAGE Et si l’entreprise devenait un terrain d’effort… à apprivoiser plutôt qu’à dominer ? 14 SANTÉ MENTALE L’activité physique améliore la santé mentale 16 SANTÉ L’activité physique en entreprise : de la recommandation à l’action 20 ENTRETIEN Xavier Bertrand : « Le sport organisé au sein de l’entreprise est un véritable levier de performance collective » 24 MISE AU POINT Bouger en travaillant : quel intérêt pour la santé ? 26 INTERVIEW Faire du lieu de travail un lieu de santé : l’ambition sport santé du groupe VYV 30 MOBILITÉ Aller au taf à vélo : une mode ou une vraie prise de conscience ? 33 RENCONTRE Hervé Liberman : « Il faut faire venir le sport au travail ! » 34 FOCUS Un ballon pour ballonner 36 CONSEIL Ne négligez pas l’activité physique, même au bureau ! 38 TÉMOIGNAGE Comment Wellpass® démocratise l’activité physique pour tous les salariés
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RENDEZ-VOUS PAR LE DOCTEUR STÉPHANE CASCUA, MÉDECIN DU SPORT ET RÉDACTEUR EN CHEF DE DOC DU SPORT
RUNNING : LE SYNDR Le Doc : En effet, j’ai fait cette course. Elle était un peu difficile. Il faisait chaud ! L’un des premiers week-ends printaniers à tempé rature élevée après quelques mois de footing dans les frimas hivernaux. Mais racontez-moi. Quel est votre programme d’entraîne ment ? Que faites-vous comme sports ? Aurélien : Je fais beaucoup de ski. Au moins deux semaines par an et plusieurs week-ends. En été, je passe mes vacances dans le SudOuest, j’adore le surf. Le Doc : Et dans l’année ? Comment faites-vous pour garder la forme? Aurélien : De temps à autre, je joue au tennis. Mais en période scolaire, impossible de faire plus ! Avec un boulot très prenant… il m’arrive de gérer des courriels le soir… et surtout des enfants en bas âge à emmener et parfois à récupérer à la crèche, je n’ai vraiment pas le temps ! Le Doc : Mais qu’est-ce qui vous a pris d’aller faire les 10 kilomètres de la tour Eiffel ? Aurélien : C’est Thierry, un collègue de bureau qui fait beaucoup de trail, qui m’a enrôlé dans cette histoire. Il m’a dit : « Tout le monde peut faire 10 bornes, c’est la plus petite distance en course sur route. » Le Doc : Vous n’avez décompensé aucune pathologie ! Vous avez juste payé votre manque de préparation ! Votre tableau d’épuisement s’intègre à un « syndrome de l’open space ».
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Aurélien : Un « syndrome de l’open space » ?
Le Doc : C’est l’expression utilisée pour décrire cette récente pression sociale, notamment en provenance du milieu professionnel. Elle banalise les épreuves de course à pied et pousse à la surenchère pour se valoriser dans l’entreprise et sur les réseaux sociaux. Il faut désormais cocher des cases pour exister… Le niveau de ces injonctions ne correspond pas aux capacités naturelles du corps sédentarisé depuis de nombreuses années. La cadence infernale de la progression demandée ne répond pas aux capacités d’adaptation du corps. Bref, on ne fait pas un 10 kilomètres sans entraînement ! On ne fait pas un marathon après 3 mois de préparation ! On ne fait pas un ultra-trail après un an de course à pied ! ON NE FAIT PAS UN 10 KILOMÈTRES SANS ENTRAÎNEMENT ! Ces invectives remplissent mes consultations, nourrissent ma famille et m’emmènent en vacances… et parfois boostent l’activité des services de réanimation cardio-vasculaire ! une séance de sport occasionnelle multiplie par 100 le risque de crise cardiaque à l’effort et par 56 la probabilité de mort subite ! À l’inverse, l’activité physique régulière 3 à 4 fois par semaine divise par 3 la menace d’infarctus… Aurélien : Alors, comment faire ? Le Doc : Le corps a besoin de temps ! … Le turnover du collagène, la protéine fibreuse qui structure l’ensemble de notre appareil locomoteur, est de 3 ans. Cela signifie que l’armature de nos os, nos tendons, nos ligaments, nos cartilages se renouvelle tous les 3 ans… et s’adapte complètement en 3 ans ! J’ai bien l’anecdote des meil leurs pur-sang arabes du monde entraînés aux Émirats pour les grosses compétitions d’endurance équestre de 160 kilomètres… En anatomie comparée, les chevaux courent sur les doigts et disposent d’une VMA de 45 km/h… leurs membres sont donc particulièrement sollicités et fragiles. Là-bas, la tradition, validée par des vétérinaires de haut niveau, consiste à les débourrer à 3 ans. Et de 3 ans à 6 ans, ils marchent dans le sable et les cailloux… Ils font de l’appareil locomoteur ! Pas de trot, pas de galop… pas de cardio qui progresse trop vite !
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Aurélien a 38 ans. Il vient me voir après les 10 kilomètres de la tour Eiffel. Il est désemparé ! Il a fait un malaise. Il a été emmené aux urgences. Les médecins n’ont rien trouvé, l’électrocardiogramme décrivant l’activité électrique du cœur au repos était strictement normal. On lui a juste mentionné une tension artérielle un peu basse et un léger manque de sucre dans le sang. À bien y regarder, le bilan sanguin montre une concentration en sel à la limite supérieure de la normale, évocatrice d’une petite déshydratation. Bref, rien de grave ! Mais que s’est-il passé ? Il est inquiet et interrogateur ! Il veut comprendre !
ROME DE L’OPEN SPACE L’APPAREIL LOCOMOTEUR S’ADAPTE EN 3 ANS LE CARDIO S’ADAPTE EN 6 SEMAINES Je parle de « syndrome du dragster » pour les blessures qui survien nent quand les protocoles de course à pied suivent la progression énergétique. Vous le savez, ces bolides sont constitués d’un énorme moteur posé sur une frêle carrosserie et de toutes petites roues à l’avant ! L’ensemble de ce mécano finit souvent décomposé à l’issue des sprints de 400 mètres proposés en compétition… Chez le sédentaire repenti victime du « syndrome de l’open space », il se produit le même phénomène. Ses muscles, son cœur sont rouges gorgés de sang et traversés par une multitude de vaisseaux. Leur métabolisme est intense, ils progressent très vite ! En 3 à 6 semaines, la VO2max peut progresser de 20 à 30 % ! À l’opposé, ses os, ses tendons, ses cartilages sont gris, mal vascularisés. L’adaptation est laborieuse… et avoisine les fameuses 3 années du turnover du collagène ! Se laisser emballer par l’amélioration de son cardio, c’est à coup sûr malmener son appareil locomoteur et finir blessé dans mon bureau ! Aurélien : Mais moi ! Ce ne sont pas les articulations qui ont coincé ! Le Doc : Bien sûr… Vous avez fait fort ! Vous n’avez attendu ni l’adaptation du cœur, ni celle du métabolisme énergétique muscu laire, ni même celle des vaisseaux pour évacuer la chaleur… ça arrive chez les candidats aux 10 bornes sans entraînement ! De toute façon, nous allons peaufiner votre bilan avec une prise de sang, une échographie cardiaque et une épreuve d’effort incluant la mesure des échanges gazeux. Au-delà, pour finir de nous rassurer concernant votre santé, nous pourrons évaluer votre condition physique et vous proposer un programme d’activité physique individualisé et progressif… Moins présomptueux que celui que vous aviez envisagé mais bien meilleur pour la santé et la forme !
Même si je ne suis pas inquiet pour votre avenir sportif, sachez que certains individus n’auront jamais la possibilité d’enchaîner 42 kilomètres en courant ! Les raisons peuvent être nombreuses. CHACUN SON NIVEAU : COURIR UN MARATHON N’EST PAS NÉCESSAIRE POUR ÊTRE EN FORME… ET ENCORE MOINS POUR EXISTER ! Premièrement : manque de talent énergétique amenant à des durées d’effort déraisonnables… 5 heures, voire 6 heures ou plus… soit 2 à 3 fois plus que l’élite qui, passé ce délai, a déjà profité dans son hôtel d’un massage, d’une collation et d’une sieste ! Deuxièmement : fragilité constitutionnelle avec imperfection morphologique ou subtile anomalie génétique au sein des nombreuses protéines constituant l’appareil locomoteur… En centre de formation au football professionnel… que je connais bien… on parle de « sélection naturelle » pour décrire l’élimina tion progressive des gamins qui accumulent les blessures et n’accéderont jamais au haut niveau ! Mais finalement tout ça n’est pas dramatique ! Inutile de courir un marathon pour être en forme et accéder aux vertus du sport santé ! Inutile de faire de l’ultra-trail pour exister… Aurélien : Alors, que faire en pratique pour la santé et la forme ? Le Doc : Les études scientifiques et la vraie vie nous amènent à proposer 3 séances de cardio par semaine. Classiquement, deux courses à pied auxquelles on ajoute de la salle, de la piscine ou du vélo. La durée est de 30 minutes à 1 heure. L’intensité est telle qu’on peut parler mais pas chanter. Riche de cette préparation, le 10 kilomètres est accessible en toute sérénité après 6 mois d’entraînement. Dans un monde idéal, on complète avec deux sessions de renforcement et une de mobilité… sans oublier le jour de repos hebdomadaire. Ce programme santé est validé par les plus grandes institutions nationales et internationales.
L’ACTIVITÉ PHYSIQUE RÉGULIÈRE 3 À 4 FOIS PAR SEMAINE DIVISE PAR 3 LA MENACE D’INFARCTUS…» SPORT D’ENTREPRISE SANTÉ 9
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QUALITÉ DE VIE AU TRAVAIL
NOUS SOMMES TOUS CONCERNÉS La Fédération Française du Sport d’Entreprise est très impliquée dans la qualité de vie et des conditions de travail (QVCT) grâce à l’activité physique et sportive. Le phénomène a pris de l’ampleur avec l’organisation du 15 au 19 juin de la Semaine de la QVCT. PAR LA FFSE DANS LE MAGAZINE SPORT & ENTREPRISES N°152
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es sigles peuvent agacer mais si on traduit QVCT par « qualité de vie et des conditions de travail », nul ne peut plus se moquer. Le 19 juin 2023, un accord national interprofessionnel a spécifié : « La qualité de vie au travail désigne et regroupe les dispositions récurrentes abordant notamment les modalités de mises en œuvre de l’organisation du travail permettant de concilier les modalités de l’amélioration des conditions de travail et de vie pour les salariés et la performance collective de l’entreprise. » Le sigle n’est pas moins barbare mais la cause et la démarche sont entendues : la QVCT est devenue une nécessité et une obligation. Et ça marche ! Toutes les études le confirment : les salariés se sentent plus motivés au travail quand leur bien-être physique et mental est pris en considération au travail. Les salariés heureux sont plus productifs. La QVCT réduit l’absentéisme. Les salariés heureux sont plus créatifs. Et ce n’est pas à sens unique : la QVCT est un levier de compétitivité reconnu pour rendre les entreprises plus performantes. Dans ce cadre professionnel où tout le monde trouve son compte, la FFSE propose la mise en place d’activités dans les locaux de l’entreprise ou en distanciel via sa plate-forme @work® et son offre de quarante disciplines sportives. De plus, son atelier « Boost ta QVT » est idéal pour sensibiliser les collaborateurs aux bienfaits de l’activité physique et sportive, pour leur apprendre à mieux gérer leur stress et pour gérer l’apparition de troubles musculosquelettiques. ✱
BIEN-ÊTRE
QUELQUES-UNES DES BONNES RAISONS DE SE SENTIR BIEN À SON TRAVAIL
Le fait de se sentir utile ; Le contenu de ses missions ainsi que les perspectives d’évolution ; Les relations de travail, l’esprit d’équipe, l’ambiance, l’entraide, la confiance et le respect ; Les conditions de travail, la charge de travail, l’environnement et la rémunération ; L’équilibre vie personnelle/vie professionnelle ; Le management, la clarté des processes, des rôles, la transparence des prises de décision ; La possibilité de pratiquer une activité physique dans le cadre de son entreprise ; Le sentiment d’appartenance et la fierté de faire partie de l’entreprise.
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ET SI L’ENTREPRISE DEVENAIT UN TERRAIN D’EFFORT… À APPRIVOISER PLUTÔT QU’À DOMINER ? 44
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ÉCLAIRAGE
On croyait qu’il fallait aller vite pour être efficace. On découvre qu’il faut tenir longtemps pour être durable. L’entreprise moderne ressemble de plus en plus à une épreuve d’endurance. Mais pas une de ces courses où l’on s’entraide et l’on souffle ensemble. Non, une course silencieuse, souvent solitaire, où chacun puise dans ses réserves sans toujours comprendre ce qui l’épuise vraiment. PAR CYRIL BLANCHARD, COACH ET ATHLÈTE
L
e manutentionnaire répète des gestes toute la journée, jusqu’à s’user les articulations. L’assistante reste assise huit heures face à un écran, sans voir la lumière du jour. Le cadre enchaîne les réunions, les responsabilités, les décisions, jusqu’à ne plus pouvoir dormir. Tous ces efforts sont réels, profonds, mais rarement reconnus. Et chacun regarde l’autre comme s’il avait « moins mal ». C’est là que les professionnels de la santé mentale peuvent jouer un rôle majeur. Car au fond, les corps souffrent différemment, mais les causes profondes — surcharge, répétition, perte de sens, isolement — sont les mêmes. Et si l’endurance devenait une nouvelle culture du travail ? Non pas « en faire plus », mais apprendre à écouter, adapter, réguler, relâcher. Non pas compartimenter les métiers, mais créer un langage commun de la santé. Un souffle partagé.
LES MÉTIERS SÉDENTAIRES : QUAND L’IMMOBILITÉ DEVIENT EFFORT INVISIBLE Ceux qui passent leur journée assis ne sont pas en pause. Ils fixent des écrans, traitent des flux, absorbent des réunions… et s’enlisent sans bouger. Le corps s’éteint à bas bruit. L’esprit, lui, sature en silence. Ce que montre la recherche : 7 heures de sédentarité quotidienne sont associées à une diminution de la capacité cognitive, une dégradation de la posture et une augmentation des symptômes anxieux et dépressifs. Ce que proposent les professionnels : Des psychologues pour accompagner la gestion attentionnelle et prévenir les effets de l’hyperconnexion ; Des sophrologues dynamiques pour relancer la motricité fine et l’énergie mentale ; Des coachs en hygiène de vie pour instaurer des routines actives adaptées au poste.
LES MÉTIERS PHYSIQUES : QUAND LE CORPS S’ÉPUISE À FORCE DE RÉPÉTER Les métiers physiques sollicitent le corps, souvent sans répit. Porter, lever, visser, pousser… Ce sont des gestes nobles, essentiels. Mais sans récupération ni conscience corporelle, le corps s'use comme une machine qu’on ne graisse plus. Ce que dit la science : les troubles musculosquelettiques sont la première cause de maladie professionnelle en France. Ils trouvent leur origine dans la répétition, le manque de variation posturale et l’absence de gestion de l’effort. Ce que proposent les professionnels de la santé mentale : Des sophrologues pour améliorer la conscience du mouvement, réguler les tensions profondes et reconnecter au souffle ; Des hypnothérapeutes pour reprogrammer des gestes apaisés et mieux vivre les douleurs résiduelles ; Des coachs spécialisés pour intégrer des microrécupérations dans la routine, sans perturber l’efficacité.
LES MANAGERS : QUAND LA PRESSION DEVIENT POISON INVISIBLE Le manager est au centre de tout. Il écoute, décide, oriente, encaisse. Mais à force de tout porter, il ne sait plus s’écouter. Sa charge mentale devient normalité. Jusqu’à la panne. Études à l’appui : surcharge cognitive, décisions sous tension, isolement émotionnel… ces facteurs exposent les managers à l’épuisement professionnel sans signes physiques apparents. Ce que proposent les professionnels : Des coachs pour remettre de l’espace mental, travailler sur la prise de recul et réapprendre à déléguer ; Des hypnothérapeutes pour relâcher les tensions profondes, retrouver du sommeil, clarifier les intentions ; Des psychologues du travail pour poser des limites claires et prévenir le surengagement.
LES TROUBLES MUSCULOSQUELETTIQUES SONT LA PREMIÈRE CAUSE DE MALADIE PROFESSIONNELLE EN FRANCE.
TRAVAILLER ENSEMBLE, ENDURER ENSEMBLE, RESPIRER ENSEMBLE Chaque métier a ses efforts. Ses douleurs. Ses silences. Mais quand on se regarde d’un peu plus près, on réalise que la fatigue nous relie plus qu’elle ne nous oppose. Les professionnels de la santé mentale ont un rôle clé à jouer : non seulement pour aider chacun à se sentir mieux dans son métier, mais aussi pour créer un langage commun du soin, du rythme, de l’équilibre. Ce langage — fait de respiration, d’écoute et de régulation — peut réconcilier les corps fatigués, les esprits tendus, les rythmes dissonants. Une entreprise où l’on prend soin de soi et des autres, ce n’est pas un luxe. C’est une entreprise endurante. Inclusive. Humaine. ✱
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SANTÉ MENTALE
L’ACTIVITÉ PHYSIQUE
AMÉLIORE LA SANTÉ MENTALE La santé mentale a été déclarée Grande Cause nationale en 2025 et la Fédération Française du Sport d’Entreprise est mobilisée pour aider à mettre en place du sport dans les entreprises où l’impact positif de l’activité physique est maintenant reconnu. Annie Cheminade est présidente de la commission médicale de la FFSE. Elle agit afin que les différents dispositifs nécessaires soient déployés pour faire évoluer les choses dans le bon sens. PROPOS RECUEILLIS PAR ANNE ODRU
Comment les entreprises peuvent-elles intégrer l’activité physique dans leur politique de qualité de vie au travail, sans nécessairement disposer de gros moyens ? La FFSE a mis en place une plate-forme qui permet à l’employeur d’acheter des prestations sous forme de cours avec coach ou en visio en fonction des besoins et des possibilités de l’entreprise. Ainsi, il existe un large choix d’activités physiques : yoga, fitness, gym… Des clubs FFSE existent également où chacun peut prendre une licence pour pratiquer du rugby, du foot, du handball, etc. et parti ciper à des compétitions en formant des équipes d’entreprise. La FFSE organise des championnats du monde et autres grands tournois internationaux. 14
Quels bénéfices humains et organisationnels avez-vous pu constater sur le terrain grâce au sport en entreprise ? Nous en sommes encore à étendre la pratique en entreprise dans toute la France, il est trop tôt pour dresser un bilan. Cependant, nous avons remarqué une large diminution de l’absentéisme et l’amélioration des relations entre salariés dans les grandes entreprises nous ayant fait un retour. Ce qui est sûr, c’est que les entreprises reviennent et en redemandent, ce qui prouve qu’il y a des bénéfices ! Quels types d’activités recommandez-vous en priorité pour favoriser le bien-être mental des salariés, notamment dans des contextes de travail très stressants ? Les gens doivent pratiquer l’activité qu’ils désirent. Il faut être à l’écoute de leurs envies. En cas de gros stress, certains vont préférer se défouler en pratiquant du rugby alors que d’autres feront plutôt du yoga. Il faut répondre aux demandes plutôt que d’imposer. J’ai été médecin du travail toute ma vie, c’est en étant à l’écoute des salariés que nous leur faisons du bien. C’est pourquoi la FFSE propose mais n’impose rien. Que souhaiteriez-vous faire évoluer en priorité aujourd’hui ? La pratique du sport dans les toutes petites entreprises. Elles sont encore difficiles à toucher et nous n’avons pas encore trouvé comment les atteindre alors qu’elles ont aussi besoin de nous. ✱ SPORT D’ENTREPRISE SANTÉ
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En quoi l’activité physique peut-elle être considérée comme un véritable levier de prévention face au stress, à l’anxiété ou au burn-out ? L’activité physique est une prévention pour tout le monde au quotidien. Courir dans la nature, faire du vélo, prendre l’air… aident à oublier ses difficultés. Il est important de se concentrer sur son corps afin d’améliorer son état mental. Le sport en entreprise permet de faire tomber les différences entre salariés et supérieurs hiérarchiques. C’est le meilleur moyen d’améliorer la cohésion et d’abolir les différences sociales au bénéfice des relations humaines. Pour cela, il faut trouver le temps de pratiquer et proposer des solutions aux collaborateurs pour pratiquer chez eux en visio par exemple, ou directement dans l’entreprise dans une salle ou en extérieur. Si l’employeur met en place des dispositifs, alors le salarié pourra pratiquer avec moins de contrainte.
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SANTÉ
L’ACTIVITÉ PHYSIQUE EN ENTREPRISE : DE LA RECOMMANDATION À L’ACTION Les entreprises représentent des lieux stratégiques pour agir sur la sédentarité. La réduire est un objectif clé de l’OMS, du ministère de la Santé et des guides de santé au travail. Voici une synthèse des principales recommandations officielles à l’occasion de la sortie de la toute dernière recommandation de l’Anses d’octobre 2025, concernant les adultes et les enfants, plus ambitieuse que la précédente. PAR LE DOCTEUR FRANÇOISE PARIENTE ICHOU, MÉDECIN MICROBIOLOGISTE, RESPONSABLE SCIENTIFIQUE DE LA GREGORY PARIENTE FOUNDATION
I. CONTEXTE ET ENJEUX DE SANTÉ PUBLIQUE
La sédentarité prolongée constitue aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique. En France, selon le ministère de la Santé, plus d’un tiers des adultes passent plus de huit heures par jour en position assise — un niveau considéré comme à risque pour la santé. D’après Santé publique France, plus d’un adulte sur cinq reste assis plus de sept heures quotidiennement, et 3 % passent plus de trois heures d’écran hors travail. Parallèlement, 95 % des adultes français ne pratiquent pas suffisamment d’activité physique pour compenser ces effets. Les conséquences sont bien établies : augmentation du risque de maladies cardio-vasculaires, de diabète de type 2, de certains cancers, de troubles métaboliques et musculosquelettiques, mais aussi d’altérations cognitives et psychologiques. Santé publique France estime par exemple qu’un salarié resté assis neuf heures par jour devrait pratiquer environ 1 h 25 d’activité physique modérée pour en neutraliser les effets. C’est dans ce contexte que l’Anses, en octobre 2025, a actualisé ses recommandations afin de repenser les environnements de travail — y compris le télétravail — pour y intégrer des ruptures actives. Ces orientations s’ajoutent aux recommandations officielles déjà en vigueur et que nous présentons ci-dessous. 16
II. RECOMMANDATIONS OFFICIELLES ET CADRES DE RÉFÉRENCE II.1. RECOMMANDATIONS FRANÇAISES II.1.A. Recommandations de l’Anses (octobre 2025) II.1.A-1. Contexte et objectifs La sédentarité est définie comme une « situation d’éveil en position assise ou allongée, avec dépense énergétique faible (< 1,6 MET) » ; En 2016, l’Anses avait recommandé pour les adultes de « réduire le temps total quotidien assis et d’interrompre les périodes prolongées toutes les 90 à 120 minutes, par une activité de mobilisation musculaire ou marche de quel ques minutes » ; Face à l’évolution des connaissances scientifiques, l’Anses a été saisie en mars 2025 par la Direction générale de la santé (DGS) pour actualiser ces repères : 1• Quelle fréquence de rupture de sédentarité recommander selon le contexte et la population ? 2• Quelles modalités (durée, type d’activité, intensité) pour les ruptures ? II.1.A-2. Méthodologie L’avis se fonde sur une revue systématique de la littérature, couvrant les études entre avril 2016 et avril 2025 ; 76 études ont été retenues pour l’analyse, après filtration stricte d’études randomisées contrôlées ; Les populations couvrent adultes, enfants/adolescents, femmes enceintes, personnes âgées... ; L’évaluation du « poids des preuves » suit un schéma type (faible, modéré, élevé) selon le biais, la concordance, la précision, la généralisabilité. II.1.A-3. Résultats clés II.1.A-3-a) Effets sur les paramètres métaboliques L’interruption de longues périodes assises par une marche de 5 min toutes les 30 min à intensité faible/modérée s’est montrée comme la modalité la plus fréquemment associée à des effets positifs (réduction de la glycémie post-prandiale, l’AUCi : amélioration de l’insulinémie) ; SPORT D’ENTREPRISE SANTÉ
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LA SÉDENTARITÉ PROLONGÉE CONSTITUE AUJOURD’HUI UN ENJEU MAJEUR DE SANTÉ PUBLIQUE.
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SANTÉ
II.1.A-4. Implications pour le milieu professionnel C ette mise à jour renforce l’urgence d’agir dans les environnements de travail très sédentaires (bureaux, télé travail) ; Les entreprises doivent prévoir des ruptures fréquentes de posture assise, idéalement par des marches ou mouvements légers, pour réduire les risques métaboliques ; Priorité à la mise en œuvre de systèmes (rappels, agencements de poste, culture managériale) permettant de respecter cette fréquence « toutes les 30 minutes ». II.1.A-5. Limites et observations Le niveau de confiance pour certaines modalités reste modéré ou faible : la variabilité des études est importante (population, intensité, durée) et certaines interventions ne montrent pas d’effet ; Peu d’études à long-terme évaluent les effets sur morbidité/ mortalité : la majorité porte sur des indicateurs intermédiaires (glycémie, insulinémie) ; Une application pratique dans les milieux professionnels nécessite une adaptation (poste, horaires, type d’activité).
II.1.A-3-b) Modalités recommandées Fréquence : idéalement toutes les 30 minutes pour les adultes sédentaires ; Durée minimum : environ 5 minutes pour la marche ou activité légère ; Intensité : la marche à vitesse modérée ou des mouvements de mobilisation musculaire sont recommandés plutôt que rester debout statique. RECOMMANDATION FORMULÉE
L’Anses formule la recommandation suivante : « Pour les adultes en position assise prolongée, interrompre la sédentarité toutes les 30 minutes par une marche ou une activité de mobilisation de ≈ 5 minutes d’intensité faible à modérée. » « Chez l’enfant, les résultats suggèrent qu’une rupture de sédentarité par de la marche d’intensité élevée pendant 3 minutes toutes les 30 minutes permet une amélioration des paramètres métaboliques relatifs à l’insuline. » Cette recommandation remplace l’ancienne consigne de « se lever toutes les 1 à 2 heures ».
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II..2. RECOMMANDATIONS INTERNATIONALES II.2.A. OMS – Organisation mondiale de la Santé L’OMS recommande aux adultes (18-64 ans) : 150 à 300 minutes/semaine d’activité physique modérée, ou 75 à 150 minutes/semaine d’activité intense, avec renforce ment musculaire 2 jours/semaine ; Réduire le temps assis et intégrer des pauses fréquentes d’activité physique, chaque mouvement comptant pour la santé. II..2.B. UE / recommandations européennes La Commission européenne souligne l’importance de la promo tion de l’activité physique sur le lieu de travail, en particulier pour les travailleurs sédentaires ou en télétravail. Pour le contexte de l’entreprise, cette recommandation européenne indique qu’il faut considérer l’activité physique comme un élément transversal de la politique santé-bienêtre et intégrer des mesures structurelles (mobilité active, aménagement des locaux, pauses actives) plutôt que seulement des « cours de sport ». SPORT D’ENTREPRISE SANTÉ
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À l’inverse, uniquement se lever en posture debout (sans marche) ne produit pas systématiquement d’effet significatif sur la glycémie ou l’insulinémie.
II.1.B. Recommandations du ministère de la Santé En France, la recommandation diffusée par le ministère chargé de la Santé dans le cadre du Programme national nutrition santé (PNNS) est de pratiquer l’équivalent d’au moins 30 minutes de marche rapide par jour au minimum 5 fois par semaine pour les adultes et l’équivalent d’au moins 60 minutes par jour pour les enfants et les adolescents. Concernant la sédentarité, il est recommandé de réduire le temps total quotidien passé assis et de se lever et marcher quelques minutes au moins toutes les 2 heures.
III. OUTILS/BONNES PRATIQUES FRANÇAISES
Trois ressources françaises se complètent parfaitement : Santé publique France apporte la base scientifique et les preuves d’efficacité des interventions ; L’INRS traduit ces connaissances en repères de prévention santé-travail adaptés au cadre réglementaire français ; Le SSTRN fournit un outil concret d’application en entreprise, transformant les principes en actions quotidiennes. III.1. REVUE DE LITTÉRATURE/SYNTHÈSE – SANTÉ PUBLIQUE FRANCE (2023) Publiée en 2023, la revue de Santé publique France dresse un panorama des interventions efficaces pour réduire la sédentarité en milieu professionnel. Elle s’appuie sur l’analyse de nombreuses études internationales et identifie trois leviers d’action principaux : Les aménagements physiques des postes de travail, notamment l’installation de bureaux assis-debout ou de mobilier actif, apparaissent comme la stratégie la plus efficace pour diminuer le temps passé assis, sans impact négatif sur la productivité ; Les changements organisationnels — pauses actives, réunions debout, soutien du management — renforcent l’efficacité des dispositifs matériels lorsqu’ils sont intégrés à une démarche d’entreprise ; Les interventions individuelles (rappels informatiques, sensibilisation, programmes de motivation) complètent utilement les approches structurelles, même si leur impact isolé reste plus variable. Cette synthèse met en avant une idée clé : agir sur l’environnement de travail et la culture organisationnelle est essentiel pour enrayer la sédentarité durablement. La revue constitue ainsi une base scientifique solide pour concevoir des politiques d’entreprise intégrées de prévention. III.2. RECOMMANDATION SPÉCIFIQUE – INRS : POSTURES SÉDENTAIRES AU TRAVAIL L’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) considère désormais la sédentarité prolongée comme un risque professionnel à part entière. Ses recommandations, centrées sur les postures sédentaires, traduisent la problématique en repères concrets pour les acteurs de la santé au travail. L’INRS rappelle qu’il n’existe pas de posture idéale, mais qu’il est essentiel d’alterner les positions et de limiter le temps cumulé passé assis. Deux repères sont proposés :
LIMITER LE CUMUL QUOTIDIEN DE POSTURES SÉDENTAIRES À ENVIRON 5 HEURES.
Rompre la posture assise toutes les 30 minutes ; Limiter le cumul quotidien de postures sédentaires à environ 5 heures. Pour atteindre ces objectifs, l’institut préconise : Une organisation du travail variée, alternant tâches statiques et dynamiques ; Un aménagement ergonomique favorisant le mouvement (bureaux réglables, zones de déplacement, espaces collectifs éloignés des postes fixes) ; Et une sensibilisation régulière des salariés, afin de corriger la perception selon laquelle « rester assis » serait neutre ou sans danger. Les recommandations de l’INRS fournissent ainsi un cadre de prévention applicable immédiatement dans toute démarche santé-sécurité, notamment via l’intégration du risque « posture sédentaire » dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP). III.3. GUIDE OPÉRATIONNEL POUR L’ENTREPRISE – SSTRN (2023) Le Service de Santé au Travail de la Région Nantaise (SSTRN) a publié en 2023 un guide intitulé « La sédentarité – Guide pour l’entreprise », qui traduit les recommandations scientifiques et institutionnelles en outils pratiques de mise en œuvre. Le document propose une approche pragmatique centrée sur la mobilisation de l’ensemble des acteurs de l’entreprise : direction, encadrement, représentants du personnel, services RH et salariés. Il s’articule autour de trois axes : 1• Comprendre et diagnostiquer la sédentarité : repérer les postes à forte inactivité, mesurer le temps passé assis et identifier les facteurs organisationnels qui y contribuent ; 2• Agir au quotidien : favoriser la mobilité interne (réunions debout, déplacements entre services, escaliers plutôt qu’ascen seurs), aménager les espaces, planifier des pauses actives et diffuser des messages incitatifs à bouger ; 3• Soutenir la démarche dans le temps : valoriser les initiatives, impliquer le management de proximité et suivre les indicateurs d’évolution du comportement sédentaire. Le guide insiste sur la dimension collective et participative de la prévention : la réduction de la sédentarité ne se décrète pas, elle se construit avec les salariés, par des actions visibles et cohérentes avec la culture de l’entreprise. SYNTHÈSE/CONCLUSION La lutte contre la sédentarité en entreprise telle que nouvel lement recommandée par l’Anses ne repose pas sur une mesure unique mais sur un écosystème de microchangements : aménagement des espaces, incitations comportementales, nouvelle culture d’entreprise adaptée à sa taille. Á ce jour, il n’y a pas de données publiées sur la faisabilité, la recommandation qui va prévaloir est récente (octobre 2025) et « la documentation sur la mise en œuvre en entreprise reste à étoffer ». ✱
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ENTRETIEN
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SPORT D’ENTREPRISE SANTÉ
XAVIER BERTRAND
« LE SPORT ORGANISÉ AU SEIN DE L’ENTREPRISE EST UN VÉRITABLE LEVIER DE PERFORMANCE COLLECTIVE » En 2026, les prochains Jeux Nationaux du Sport d’Entreprise seront organisés du 13 au 17 mai à Lille Métropole. Xavier Bertrand en attend un héritage bénéfique grâce à une pratique accrue des activités physiques et sportives. En effet, pour le président des Hauts-de-France, le sport d’entreprise est un véritable levier de performance collective qui renforce l’esprit d’équipe et permet, en amenuisant les troubles liés au stress et à la sédentarité, de réduire l’absentéisme et les arrêts de travail. PAR LA FFSE DANS LE MAGAZINE SPORT ET ENTREPRISES 153
Un an après les Jeux olympiques et paralympiques de Paris, quel est votre regard sur la réalité de la pratique sportive des Français ? Tout d’abord, n’oublions pas à quel point ces Jeux olympiques et paralympiques en France ont été un formidable succès pour notre pays et son image dans le monde. Au-delà de la réussite de l’organisation, les résultats des athlètes français ont été à la hauteur des attentes et ont permis d’exprimer une fierté ainsi qu’une cohésion nationale si importantes pour notre pays. Aujourd’hui, les décisions budgétaires prises en matière de sport mettent en péril la dynamique créée par ces Jeux et cela ne sera pas sans conséquences négatives sur la pratique du sport en France.
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Quelles belles images de ces JO gardez-vous en mémoire pour impliquer davantage la jeunesse dans la société d’aujourd’hui ? La première image que je garde est celle d’un pays uni autour de ses athlètes et para-athlètes et qui a montré son meilleur visage au monde. Beaucoup doutaient de la capacité de notre pays à organiser un tel événement et, pourtant, le monde entier a salué ces Jeux. Cela montre à quel point la France peut faire de grandes et belles choses quand nous sommes tous rassemblés. Comment faire pour développer l’esprit sportif dès l’école ? On n’y arrivera pas sans une réforme fondamentale : modifier les rythmes scolaires pour faire du sport une discipline essentielle au même titre que les disciplines de l’esprit mais aussi en l’intégrant aux temps périscolaires. Toutes les études montrent
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ENTRETIEN que cela serait bénéfique : aussi bien pour la réussite scolaire que pour la santé des écoliers, collégiens et lycéens. Cela devrait s’accompagner d’un grand plan « courir-nager » associé au sport scolaire. Ce plan est une nécessité pour tous nos jeunes en danger de noyade, de sédentarité, d’isolement, d’augmentation de l’obésité. À titre d’information, il faut noter qu’entre le 1er juin et la fin juillet de cette année, on a recensé plus de 700 noyades dont près de 200 mortelles. Personne ne peut rester indifférent devant ces chiffres. Il y a une impérieuse nécessité à rapprocher les clubs sportifs de l’école, notamment pour favoriser la mutualisation des équipements. Dans les Hauts-de-France, nous avons lancé un plan « Nager en Hautsde-France » qui s’est concrétisé par le financement de la construction de 45 piscines depuis 2016 avec comme obsession l’apprentissage de la natation. Pourquoi vouloir privilégier la poursuite de la pratique des exercices physiques et sportifs tout au long de la vie ? C’est un enjeu de santé publique et pour les technocrates qui ne raisonnent qu’en chiffres, je leur dis : c’est aussi une vraie manière de réduire les dépenses de santé ! L’espérance de vie étant en progression permanente, faisons en sorte que ces années gagnées soient vécues en bonne santé. Pour cela, la priorité devrait être de créer les meilleures conditions possibles pour un parcours sportif tout au long de la vie. Faut-il faire du sport santé une Grande Cause nationale ? Bien sûr ! Le sport santé doit effectivement être une Grande Cause nationale ! Mais pas seulement pendant une année et vite oubliée. Il faut pérenniser cette Grande Cause et se donner les chances d’avoir ainsi une population globalement en meilleure santé. Êtes-vous favorable à la prise en charge par l’Assurance Maladie du remboursement du sport santé sur ordonnance ? C’est vrai que le déficit de l’Assurance Maladie pourrait inciter à décider de ne pas prendre en charge le remboursement du sport sur ordonnance. Mais quand on se penche précisément sur le sujet, là aussi, les économies faites grâce au sport santé sur de nombreuses pathologies seraient notables et le confort de vie des malades fortement amélioré. L’adage « prévenir plutôt que guérir » prend ici tout son sens. Comment abonder le budget du sport en cette période où la réduction de la dette est une priorité ? Il ne faut pas se mentir : même si je regrette profondément les baisses annoncées par le gouvernement, la réalité de la dette publique rend difficile une augmentation significative des budgets. Il faut donc innover dans les politiques publiques. Dans les Hauts-de-France, nous avons lancé avec l’État et les collectivités locales une grande réflexion sur la mutualisation des équipements scolaires sportifs : sont-ils réellement ouverts aux clubs en dehors des temps scolaires ? Cela paraît évident mais ce n’est pas toujours le cas. Autre piste : mieux valoriser nos espaces naturels. Ils offrent un potentiel énorme, tant pour les clubs que pour la pratique libre, mais restent encore trop peu exploités. Enfin, nous devons développer davantage les partenariats public/privé. Le monde de l’entreprise est déjà un 22
investisseur majeur dans le sport, il peut maintenant aller encore plus loin en encourageant la pratique d’activités au sein même des entreprises. Quels conseils donneriez-vous pour mieux intégrer les bienfaits de la pratique sportive des salariés dans la culture entrepreneuriale ? Je leur dirais tout d’abord que le sport organisé au sein de l’entreprise n’est pas une dépense mais un investissement. C’est un véritable levier de performance collective qui renforce l’esprit d’équipe et permet, en réduisant les troubles liés au stress et à la sédentarité, de réduire l’absentéisme et les arrêts de travail. Une entreprise qui développe une culture sportive renforce aussi sa marque employeur pour mieux attirer et fidéliser ses talents. C’est l’idée par exemple de l’initiative « Du Stade Vers l’Emploi » lancée par Philippe Lamblin, délégué aux emplois en Hauts-de-France et ambassadeur de « la France une chance » auprès du ministère du Travail. Et comme dans le sport, c’est un avantage décisif, surtout dans un contexte de tensions sur le marché du travail. Il y a tellement de bonnes raisons pour convaincre nos entreprises, sans oublier nos collectivités ! Parce que nous devons être exemplaires, la Région Hauts-de-France s’est engagée dans cette voie de façon très concrète et volontariste à travers notamment des ateliers sport santé et bien-être ouverts à l’ensemble de nos agents. Esprit d’équipe renforcé, réduction des troubles liés à la sédentarité, baisse de l’absentéisme et des arrêts de travail, meilleure productivité, meilleure image de l’entreprise dans son environnement… il y a tellement de bonnes raisons pour les convaincre que le sport organisé au sein de l’entreprise ne représente pas un coût mais un investissement ! L’esprit sportif et l’esprit d’entreprise sont-ils, à vos yeux, complémentaires ? Évidemment. Ils sont profondément complémentaires. Tous deux reposent sur la discipline, la persévérance, le goût de l’effort et la capacité à se fixer des objectifs mais aussi à se relever après un échec. Et dans le sport comme dans l’entreprise, on progresse grâce à l’entraînement et au collectif ! À terme, faut-il rendre obligatoire la pratique d’exercices physiques ou sportifs pour améliorer aussi la compétitivité des entreprises ? Je ne crois pas à la politique des obligations mais à celle des volontariats. Les entreprises, notamment les PME et TPE, ont déjà beaucoup trop de contraintes administratives. Il n’est pas question d’alourdir leur gestion avec ce type d’obligations. En revanche, on pourrait créer des incitations. Comment également en finir avec l’empilement des structures (locales, régionales, nationales) et les doublons (ministère, ANS, CNOSF, CROS, CDOS, fédérations, ligues, clubs) qui coûtent cher et peuvent être décourageants ou paralysants pour les dirigeants ? Un maître mot : simple. Faisons simple, sans tergiverser. Je crois que le sport souffre lui aussi du mal français qu’est la suradministration de son organisation et de sa pratique. Il y a, SPORT D’ENTREPRISE SANTÉ
très certainement, des réflexions à mener sur les missions exercées par le ministère et par l’Agence nationale du sport (ANS). C’est parfois – si ce n’est souvent – assez incompréhensible, et cette double structuration génère de la confusion. Je crois qu’il faut surtout faire davantage confiance aux territoires. La solution, c’est bien l’échelon territorial. Les conférences régionales du sport (CRDS) ont suscité beaucoup de déceptions, faute d’un statut clair. Pourtant, l’idée est intéressante : elles réunissent collectivités, entreprises, clubs, mouvements sportifs et l’État. Les véritables experts du sport, ce sont les acteurs des territoires. Quant à l’organisation des mouvements sportifs, je considère qu’il n’appartient pas aux politiques d’en déterminer la forme dans le détail. Mais il est tout aussi évident que trop de structuration tue la structuration. Le plus important aujourd’hui, c’est l’efficacité : efficacité pour les clubs, pour les habitants, et pour toutes celles et ceux qui font vivre le sport au quotidien. En termes de performances futures des entreprises, que peut-on espérer des Jeux Nationaux du Sport d’Entreprise qui auront lieu à Lille en mai prochain ? Tout d’abord une grande adhésion aux Jeux et ensuite une forte mobilisation pour organiser des équipes de salariés pour y participer. C’est une chance pour la Région de continuer à démontrer notre engagement en faveur du sport, que ce soit la pratique ou l’organisation de grands événements. Le succès populaire indescriptible du Grand Départ du Tour de France 2025 dans les Hauts-de-France en est le parfait exemple. La Région est aussi candidate pour accueillir un Grand Départ du Tour de France Femmes dans les toutes prochaines années.
comme des partenariats avec des clubs de sport. L’important, c’est de donner envie et de rendre la pratique accessible à tous, quels que soient l’âge et le niveau. En même temps, comment pallier la crise du bénévolat qui a de moins en moins de volontaires ? C’est sûrement un des grands sujets à venir, celui du bénévolat dans le sport. Je suis convaincu qu’il faut créer un statut officiel dubénévole.Lesportfrançaisamateurreposesurl’investissement des bénévoles et il sera de plus en plus compliqué d’attirer des bénévoles si la fonction n’est pas mieux valorisée. Je suis pour l’ouverture d’un débat sur le sujet et surtout favorable à la mise en place de mesures concrètes qui permettent de les protéger, les motiver, les recruter. Enfin, quelle est votre position face à la multiplication du port de signes religieux pendant les compétitions sportives et quelles solutions préconisez-vous ? Je ne connais qu’un principe : laïcité. L’article 50 de la Charte olympique rappelle ce principe. Dans les Hauts-de-France, nous avons mis en place une charte régionale de la laïcité, signée par tous les clubs de sport financés par la Région, à travers laquelle ils s’engagent à respecter les valeurs de la République. Je soutiens aussi la loi sur l’interdiction du port de signes religieux dans les compétitions de sport présentée par le sénateur Michel Savin et votée au Sénat. Nous attendons maintenant que cette loi arrive à l’Assemblée nationale et j’appelle de tous mes vœux à ce qu’elle soit votée. ✱
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Que vont-ils laisser plus particulièrement en héritage aux entreprises des Hauts-de-France ? Je ne laisserai pas gâcher la chance d’un héritage bénéfique aux entreprises des Hauts-de-France et à leurs salariés grâce à la pratique d’une activité physique et sportive. Les Jeux Nationaux du Sport d’Entreprise doivent servir de déclencheur pour les entreprises qui ne s’y sont pas encore mises et de montée en puissance pour celles qui ont déjà franchi le pas. Ces Jeux doivent aussi être l’occasion d’échanges uniques entre elles et les salariés entre eux, dans un cadre festif qui abolit toutes les frontières sociales et hiérarchiques. L’héritage, c’est bien, mais l’empreinte, la marque profonde et durable, c’est mieux. Sitôt ces Jeux Nationaux du Sport d’Entreprise terminés, les dernières lumières de la cérémonie de clôture éteintes, il faudra se dire : et maintenant, comment fait-on durablement vivre cette culture du Sport d’Entreprise, en Hauts-de-France comme ailleurs ? Cela peut aller d’initiatives qui semblent modestes – comme organiser une marche active, des challenges internes ou aménager un espace de sport – à des dispositifs plus structurés,
DANS LE SPORT COMME DANS L’ENTREPRISE, ON PROGRESSE GRÂCE À L’ENTRAÎNEMENT ET AU COLLECTIF ! SPORT D’ENTREPRISE SANTÉ 23
MISE AU POINT
BOUGER EN TRAVAILLANT : QUEL INTÉRÊT POUR LA SANTÉ ? PAR LE DOCTEUR STÉPHANE CASCUA, MÉDECIN DU SPORT RÉDACTEUR EN CHEF DE DOC DU SPORT
L
a sédentarité envahit nos vies. Même après un entraînement matinal ou une séance vespérale, il arrive que le sportif assidu reste assis 8 heures d’affilée. Comment réagissent son cœur et son métabolisme ? Régénération ? Extinction ? Régression ? Pour introduire l’opportunité du curseur, j’aime citer l’adage des cyclistes professionnels concernant la récupération : « Quand tu marches, arrête-toi ! Quand tu es debout, assieds-toi ! Quand tu es assis, allonge-toi ! Quand tu es allongé… dors ! »
SAPIENS N’ÉTAIT PAS INFORMATICIEN ! Même si, après la chasse, Cro-Magnon récupérait en taillant quelques silex, il ne restait pas recroquevillé pendant 8 heures. Notre métabolisme n’est pas fait pour s’effondrer pendant une longue période. Il est peu probable que nos gènes s’adaptent à la sédentarité car l’oisiveté énergétique tue après l’âge de la procréation ! Autrement dit, les diabétiques et les coronariens qui décèdent prématurément à 50 ans peuvent avoir eu des enfants à 23 ans ! DÈS LA PREMIÈRE HEURE, LA POSITION ASSISE ÉTEINT LE MÉTABOLISME Ces derniers resteront porteurs de la caractéristique physio logique inhérente à une espèce programmée pour bouger ! La position assise prolongée enclenche rapidement ses méfaits métaboliques : Instantanément : diminution de 30 à 40 % de la dépense énergétique ; Après 1 heure : augmentation de la glycémie. Accroissement de la résistance à l’insuline ; la concentration de cette hormone s’élève dans le sang pour forcer le passage du sucre vers les cellules musculaires qui n’en ont pas besoin ! Après 2 heures : réduction de l’activité des enzymes de la combustion des graisses. Augmentation des triglycérides et du mauvais cholestérol ; Après 3 heures : fermeture des petits vaisseaux sanguins. Léger accroissement de la tension artérielle. Perturbation du retour veineux ; 24
Après 4 heures : début d’activation des facteurs de la coagulation laissant entrevoir un risque de phlébite, notamment du fait de la flexion des genoux et des hanches qui plie les vaisseaux. Sur le long terme, ces tendances métaboliques du quotidien s’expriment sur le plan pathologique. Une grosse étude taïwanaise sur 480 sujets suivis pendant 12 ans met en évidence des résultats très significatifs. Rester assis au travail augmente de 16 % le risque de mortalité toutes causes confondues et de 34 % les décès cardio-vasculaires. Ces données sont ajustées en fonction des autres facteurs de risque : obésité, tabac, alcool, niveau de formation. ON NE SAIT PAS SI LE SPORT INTENSIF COMPENSE LA POSITION ASSISE PROLONGÉE La marche quotidienne à raison de 15 à 30 minutes par jour réduit à peine la dangerosité. La pratique assidue d’exercices plus intenses n’a pas été prise en compte. Bref, on ne sait pas si le sport compense la position assise !
SI ON BOUGEAIT ? Une étude canadienne montre que la position debout statique est tout aussi délétère. L’utilisation d’une « assise ballon » n’accroît pas significativement la dépense énergétique. Les auteurs concluent de façon provocatrice : « être assis sur un ballon, c’est être assis ». Toutes les 30 minutes, un petit effort est recommandé. SE LEVER ET MARCHER TOUTES LES 30 MINUTES Classiquement, il suffit d’aller marcher jusqu’aux toilettes ou à la photocopieuse pour relancer le métabolisme. En revanche, l’utilisation d’un tapis de marche se révèle intéressante en provoquant une dépense énergétique de 100 à 115 kcal par heure à vitesse de 2 à 3 km/h. Voilà qui représente 20 % des calories brûlées à l’occasion d’un footing à 10 km/h… ce n’est pas si mal ! Á cette allure, la frappe sur ordinateur et la manipulation simple de la souris ne sont pas affectées. LA COGNITION EST MEILLEURE QUAND VOUS BOUGEZ La cognition est plutôt améliorée car les neuromédiateurs du mouvement sont identiques à ceux de la vigilance. L’impact métabolique à court terme est donc bénéfique. Cependant, ces recherches ont été menées sur des durées limitées et l’efficacité au long cours de cette démarche est soumise à l’incitation de l’entreprise et à l’assiduité du salarié. Les études réalisées autour de l’utilisation d’un vélo sous le bureau ou un module spécifique appelé « vélo bureau » mettent en évidence un intérêt comparable sur le système cardio-vasculaire, le métabolisme, le retour veineux et même sur l’humeur. SPORT D’ENTREPRISE SANTÉ
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Bureau assis-debout, tapis de marche, vélo bureau, Vélotaf : révolution santé ou gadget ? Votre médecin du sport se doit de faire le point pour vous donner des conseils pratiques !
TRAJETS : MARCHE, VÉLO, TRANSPORTS EN COMMUN PLUS QUE VOITURE ! Là encore, l’adhésion des travailleurs est essentielle pour une efficacité dans la durée. La recherche vante aussi les mérites des trajets actifs ou semi-actifs. Les premiers incluent la marche et le vélo ; les seconds, les transports en commun. Une étude écossaise sur 82 297 personnes met en évidence que se rendre au travail à vélo réduit de 47 % le risque de décès prématuré comparativement au trajet en voiture. Cette pratique améliore aussi la santé mentale et réduit le stress. D’autres recherches mentionnent un intérêt comparable pour la marche à pied. L’utilisation des transports publics recèle une efficacité plus réduite mais reste protectrice comparativement aux déplacements automobiles. TAPIS DE MARCHE OU VÉLO SOUS LE BUREAU : LE TOP Néanmoins, la littérature n’oublie pas de mentionner le surrisque d’accident par collision ainsi que l’exposition à la pollution automobile à l’occasion du « Vélotaf ». Ces inconvénients parviennent à être quantifiés. La probabilité de traumatisme est environ 5 à 15 fois plus élevée qu’en voiture. Les cyclistes réalisent 3 % des trajets mondiaux et représentent 7 % des tués sur la route. Une modélisation statistique réalisée à Amsterdam et à Rotterdam donne des chiffres. Bénéfices cardio-vasculaires et métaboliques : + 3 à 14 mois de vie. Confrontation à la pollution : - 1 à 40 jours. Accident : - 5 à 9 jours. Bref, l’avantage théorique est incontestable ! En pratique, En l’absence d’équipement spécifique, se déplacer régulière ment dans la journée se révèle essentiel pour relancer le métabolisme. Votre traumatologue du sport ajoute que le mouvement permet d’éviter l’enraidissement articulaire, l’hyperpression des disques intervertébraux et l’adhérence des fascias. Les poncifs d’usage restent valides. Il est recommandé de se déplacer pour communiquer au lieu d’envoyer un courriel, de discuter debout, de téléphoner en déambulant, d’aller prendre des cafés… sans sucre !
SE DÉPLACER RÉGULIÈREMENT DANS LA JOURNÉE SE RÉVÈLE ESSENTIEL POUR RELANCER LE MÉTABOLISME.
SUR L’ASSISE BALLON : SE PENCHER, SE CAMBRER, S’INCLINER Les « assises ballon » doivent être employées de façon dynamique en modifiant sa posture : dos creux, dos rond et inclinaison latérale. Les bureaux debout sont les bienvenus à l’occasion d’une utilisation ponctuelle pour changer de position. Trop longtemps, ils provoquent une stagnation sanguine et une dilatation des veines. Ils permettent surtout de placer sous le plan de travail un tapis de marche ou un vélo de bureau. ÉQUIPEZ-VOUS ! SURTOUT AU TÉLÉTRAVAIL ! Utilisée plusieurs heures par jour, cette association ergonomique devient pertinente. Elle participe à la santé du salarié sur son lieu de travail. En cas de télétravail, l’hypersédentarité s’installe ! Ces équipements doivent clairement être envisagés afin de compenser au moins l’absence de trajet. ✱
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INTERVIEW
FAIRE DU LIEU DE TRAVAIL UN LIEU DE SANTÉ :
L’AMBITION SPORT SANTÉ DU GROUPE VYV Alors que la sédentarité progresse et pèse sur la santé des collaborateurs, le Groupe VYV fait du sport santé un levier majeur de prévention en milieu professionnel. Responsable du département « conception » au sein de la Direction Prévention, Éducation et Promotion de la santé du Groupe VYV, Amélie Mierral œuvre au croisement de la santé publique et du monde du travail. Elle conçoit des dispositifs innovants pour intégrer durablement l’activité physique dans les environnements professionnels. Dans cet entretien, elle revient sur les leviers, les freins et les perspectives du développement de l’activité et de la pratique sportive dans les organisations au service de la santé globale des salariés. PROPOS RECUEILLIS PAR ANNE ODRU ODRU
Le sport en entreprise est de plus en plus valorisé pour ses bienfaits sur la santé et la cohésion des équipes. Comment le Groupe VYV intègre-t-il cette dimension dans ses actions de prévention en milieu professionnel ? Avant toute chose, une précision sur le terme « sport » ; au sein du Groupe VYV, nous parlons de sport santé au sens d’une activation physique, si possible ludique pour en accroître l’usage, alors même que nos modes de vie sont de plus en plus sédentaires. Un Français sur trois cumule un niveau élevé de sédentarité et un niveau d’activité physique insuffisant. Nous n’accompagnons pas que des sportifs, nous voulons mettre en mouvement nos adhérents, nos patients, nos résidents, y compris les plus sédentaires et éloignés de la pratique, car c’est un déterminant essentiel d’une bonne santé. Le sport santé est une des priorités de la stratégie prévention du Groupe VYV et ses mutuelles. Nous agissons via des dispo sitifs de promotion de l’activité physique et, de plus en plus, par des actions de lutte contre la sédentarité proposées aux employeurs que nous accompagnons, entreprises privées, collectivités territoriales, fonctions publiques, administrations, ministères, etc. (et en interne auprès des collaborateurs du Groupe VYV dans un principe de symétrie des attentions). Le Groupe VYV accompagne ses bénéficiaires, adhérents, patients, résidents et employeurs en mettant en œuvre un programme accessible à tous quels que soient les niveaux de condition physique, par une approche parcours via les lieux de vie collectifs. L’activité physique en milieu professionnel est un véritable atout pour le capital humain qu’est le capital santé des collaborateurs, et pour la performance économique et sociale de la structure. C’est un levier de santé et de qualité de vie au travail. Les programmes sport santé en milieu professionnel peuvent inclure diverses activités telles que des webinaires de 26
sensibilisation, des cours de fitness, des séances de renforcement musculaire en présentiel ou distanciel, des ateliers, des forma tions référents pauses actives, des challenges et compétitions, etc. Le Groupe VYV dispose par ailleurs de 5 Maisons sport santé, et est partenaire de fédérations sportives. En tant que responsable du département « conception », comment élaborez-vous des programmes adaptés aux réalités du monde de l’entreprise, souvent marqué par le manque de temps ou d’espace dédié à l’activité physique ? Notre démarche repose sur le recueil des besoins et attentes des employeurs et de leurs collaborateurs (questionnaire diagnostic) et la constitution d’un comité de suivi de la démarche dans l’entreprise. Ce comité va permettre d’accompagner les collaborateurs dans la durée. Cette démarche s’applique également aux collectivités territoriales et administrations publiques. Les contraintes de chaque structure employeuse sont donc intégrées dès la conception ; le manque de temps ou la permanence des équipes sont pris en compte et trouvent des réponses possibles avec des formats courts et accessibles, faciles à intégrer dans le temps de travail, en amont de la prise de poste ou durant une réunion, en s’appuyant sur des relais/ référents dans l’entreprise ou la structure. L’absence d’espace dédié n’est pas une réelle contrainte, une salle de réunion peut suffire à mettre les collaborateurs en mouvement. Une salle de sport n’est pas nécessaire ; en effet les collaborateurs peuvent pratiquer des activités à proximité de l’entreprise sur le temps méridien, ou emprunter les escaliers pour se déplacer. Des activités telles que la marche sont également accessibles à tous. L’enjeu est de renforcer les aptitudes individuelles en soutenant la motivation, en créant de l’enthousiasme, du plaisir et d’instaurer des routines qui s’intègrent au travail en agissant sur SPORT D’ENTREPRISE SANTÉ
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INTERVIEW
l’environnement pour le rendre plus favorable (nudge, mobilier actif, pauses actives, salle de sport, etc.) tout en s’appuyant sur les ressources de la structure, réelles au niveau des collectivités territoriales (éducateurs sportifs, équipements, etc.). Quels types d’activités ou d’approches avez-vous constatés comme étant les plus efficaces ou les plus plébiscités dans les entreprises accompagnées par le Groupe VYV ? Les ateliers et formations gestes et postures sont les plus plébiscités car adaptés aux contraintes d’activités des structures accompagnées (entreprises, collectivités, adminis trations). Nous agissons sur le réveil musculaire dans les secteurs dans lesquels l’activité physique est subie (manutention, services à la personne, milieu hospitalier, etc.) en proposant des échauffements ; ou encore pour une activité sédentaire devant écran (notamment en télétravail) nécessitant de rompre la sédentarité régulièrement par des pauses actives (se lever 5 min toutes les 30 min). Parmi les formats plébiscités, on peut citer la formation de référents, animée par Mon Stade (MGEN). Des collaborateurs de la structure employeuse apprennent à animer des séquences d’échauffement adaptées avant la prise de poste (réveil musculaire), ou des pauses actives. Cela permet à l’organisation de devenir autonome. Le sport peut-il être aussi un levier de prévention des risques psychosociaux en entreprise ? La pratique d’une activité physique, même modérée, contribue au bien-être psychologique : elle réduit le stress, améliore l’estime de soi et contribue à la motivation ; autant de leviers précieux pour maintenir une bonne santé mentale des collaborateurs (voir encadré). L’activité physique en milieu professionnel, si elle est déployée régulièrement et dans la durée, peut donc participer, associée à une réflexion sur l’organisation du travail, à prévenir les risques psychosociaux. À votre avis, comment faire évoluer les mentalités pour que l’activité physique devienne une composante naturelle et durable de la culture d’entreprise ? Le lieu de travail est un lieu de santé ; engager le monde professionnel est un formidable levier de mobilisation pour lutter contre la sédentarité et promouvoir l’activité physique. Les attentes des collaborateurs sont grandissantes sur le sujet, en attestent ces données : Dans le secteur tertiaire : 65 % des salariés de bureau restent assis plus de la moitié de la journée. Pourtant, la volonté de changer est manifeste : 77 % sont favorables à l’adaptation des espaces de travail pour encourager les déplacements et 71 % aimeraient pouvoir travailler debout ou en marchant (étude Perceptions et comportements des Français face au phénomène de sédentarité - Harmonie Mutuelle - Opinion Way 2025) ; 28
Sur la fonction publique, un guide managérial publié en 2022 par l’observatoire de la MNT, intitulé « Le sport santé, une opportunité pour repenser le rapport au travail » fait apparaître l’intérêt pour les collectivités d’inscrire la démarche de sport santé au cœur de leur stratégie RH. Les entreprises ont toutefois besoin d’être accompagnées par des acteurs de la prévention tels que les mutuelles, les fédérations sportives, etc. pour s’engager dans une démarche sport santé au sein de leur structure ; c’est un investissement durable pour le capital humain des structures afin de prévenir les maladies chroniques, les troubles musculosquelettiques et l’absentéisme. C’est également une responsabilité de l’entreprise qui doit considérer la sédentarité comme un nouveau risque à prendre en compte dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP). Les freins, notamment d’ordre culturel, quant à la prévention santé évoluent lentement : la mobilisation de tous les acteurs, et notamment des employeurs, est nécessaire pour enrayer la croissance prévisible des maladies chroniques (la moitié de la population française pourrait développer une maladie chronique d’ici 2035 sans action préventive selon la présentation du rapport annuel « Charges et Produits pour 2026 » de l’Assurance Maladie) qui ont des conséquences directes sur l’absentéisme dans un contexte d’allongement de la vie professionnelle.✱ Bénéfices des activités physiques et sportives pour les collaborateurs en milieu professionnel :
Du stress pour 85 % des salariés (Baromètre Sport en entreprise – Harmonie Mutuelle – Amaury Sport Organisation (ASO) avec l’institut CSA (harmonie-mutuelle.fr) – 2023) ; Du risque de dépression de 25 % (Sport et maladies chroniques : des bénéfices | Santé.fr (sante.fr)) ; Un salarié physiquement actif est plus concentré, moins souvent malade et plus épanoui : un gain estimé à 20 milliards d’euros auxquels s’ajoutent ceux liés à la réduction des risques de maladies chroniques (cardio-vasculaires, diabète, obésité) et le gain en espérance de vie (16,7 milliards d’euros par an de bénéfices pour la collectivité). (Source : « Chaque kilomètre à pied rapporte plus qu’on ne le croît à la société » - ADEME Infos, 2025)
Retrouvez des initiatives sportsanté accompagnées par le Groupe VYV ici : https://www. groupe-vyv.fr/actualite/sportsante-en-milieu-professionnelresultats-observes-sur-leterrain/ Consultez le guide « Bougeons plus, vivons mieux » SPORT D’ENTREPRISE SANTÉ
EN SOUTIEN À
harmonie-mutuelle.20kmparis.com - #20kmdeparis
MOBILITÉ
ALLER AU TAF À VÉLO UNE MODE OU UNE VRAIE PRISE DE CONSCIENCE ?
PAR LE DOCTEUR COLETTE NORDMANN, MÉDECIN DU SPORT SANTÉ
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V
irginie habite Genas. Sa sédentarité croissante et les quelques kilos en trop commencent à lui peser sérieusement. Bref, ça a été comme une révélation : et si sa motivation pouvait être un levier pour les salariés ? Mais pas question d’arriver au travail en sueur, ou mouillée par les pluies froides lyonnaises… Perfectionniste, elle choisit son équipement comme on fait un business plan. Elle regarde sur Internet celui qui va pouvoir la protéger et la sécuriser. Et miracle ! il y a pléthore de capes, de casques, de gants, de chaussons. Tout pour être protégée et être vue… Reste à cibler le vélo idéal pour parcourir la distance domicile - entreprise qu’elle souhaite au quotidien. Elle hésite entre installer un kit de motorisation sur son vélo ou carrément acheter un vélo à assistance électrique (VAE). Elle verra avec le comité d’entreprise… Virginie ne perd pas de temps. Très organisée, elle fait intervenir un conférencier dont les propos dépassent SPORT D’ENTREPRISE SANTÉ
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À 44 ans, Virginie, directrice RH d’une entreprise internationale à Meyzieu, décide de reprendre sa santé en main. De sa prise de conscience personnelle naît une conviction professionnelle : le mouvement peut devenir un formidable levier de performance pour ses équipes. Équipements, flotte de vélos, sécurité, motivation des salariés : elle transforme son propre défi en véritable stratégie d’entreprise. Car derrière les coups de pédale, ce sont des chiffres qui parlent — baisse de l’absentéisme, salariés plus détendus, image renforcée. Une histoire inspirante qui montre comment, parfois, l’élan d’une personne peut mettre toute une entreprise en mouvement.
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8 à 22 %
de l’absentéisme au travail
18 %
en moins de risque d’arrêts de longue durée (de plus de 10 jours)
jours de congés maladie économisés par salarié chaque année…
ses espérances : des baisses de 8 à 22 % de l’absentéisme au travail, 18 % en moins de risque d’arrêts de longue durée (de plus de 10 jours) et 4,5 jours de congés maladie économisés par salarié chaque année… Pour un budget de 108 milliards d’euros par an, cela représente un coût de 4 059 € par salarié absent…En dehors des bénéfices pour l’entreprise, c’est pouvoir compter sur des employés plus détendus, plus concentrés, plus dynamiques et motivés.
VIRGINIE PASSE À L’ACTION : LE VÉLO COMME SOLUTION Rien de tel pour augmenter la productivité, avec une meilleure cohésion d’équipe et la fidélisation de talents sensibles aux valeurs écologiques et de bien-être. Elle note l’augmentation de l’immunité avec moins de nez bouchés, et des sécrétions d’endorphines augmentées par le mouvement, associées à une baisse du stress au travail. Et qui dit baisse du stress signifie meilleure rentabilité… Elle table aussi sur l’amélioration de l’image d’une entreprise plus dynamique et écoresponsable, plus attractive pour les jeunes générations, sensibles à un mode de vie plus simple et à des comportements vertueux depuis la période COVID. Par contre, et on n’est pas à un paradoxe près, ce sont les mêmes qui ne lâchent pas leurs écrans et qui ont des comportements sédentaires et très souvent inactifs ! Lorsque le conférencier aborde les bienfaits physiques qu’il explique par la production de myokines dès qu’on bouge, elle sait qu’elle va faire remonter les infos à son staff d’entreprise et communiquer largement sur l’intranet : une santé cardio vasculaire améliorée de 24 %, un moindre risque de diabète de type 2, une meilleure répartition de la masse grasse par rapport à la masse maigre musculaire pour réduire l’obésité, mais surtout une limitation des troubles musculosquelettiques (TMS), une vraie plaie pour la médecine du travail et les employés qui en souffrent. Virginie a maintenant son plan d’attaque : elle va proposer une flotte de vélos musculaires et de VAE. Elle a étudié les différents types de cycles : les vélos de ville au cadre confortable, les VAE qui sont plus chers et à recharger mais qui répondent aux exigences (l’assistance électrique ne 32
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Pour un budget de
108 milliards d’euros par an,
cela représente un coût de 4 059 € par
salarié absent…
remplace pas l’entretien de la condition physique, elle y participe), les VTC polyvalents et les classiques vélos musculaires pour les puristes ! En plus, elle est très contente car elle vient de trouver un slogan qui percute : « bouger pour aller travailler, c’est gagner en santé » ou peut-être celui-ci : « des salariés en forme, c’est une entreprise qui performe !! » Aussitôt dit, elle définit les besoins et calcule les coûts. Et elle intègre un bonus d’indemnités kilométriques pour les salariés. Il n’y a pas de raisons que ceux qui se donnent un peu de mal n’aient pas un avantage. Elle en fait maintenant partie ! Il lui faudra communiquer sur la sécurisation : être visible avec des vêtements fluo, des déflecteurs et des optiques efficaces. Créer des traces GPS pour repérer un parcours intégrant des pistes cyclables, rappeler les contraintes du code de la route, le port d’un casque, l’entretien du vélo, des freins, de l’éclairage, des batteries, des pneus…
LA PRÉVENTION EST SON DOMAINE Elle ne veut pas non plus que les salariés se blessent. Elle va diffuser les recommandations du Savoir Rouler à Vélo et du positionnement pour éviter de devoir répondre à des plaintes rotuliennes du fait d’une selle trop basse ou de calmer les téméraires qui oublient de mouliner et mettent trop vite du braquet… L’entreprise est partante, c’est déjà quelque chose d’assez courant sur le sol américain. On lui propose un parking, des vestiaires et des douches… Rude tâche, il va falloir qu’elle maintienne la motivation de ses troupes, et la sienne avec ! Elle a des idées pour challenger les équipes : des bonus, des petits cadeaux offerts par les partenaires… car elle sait que c’est le point faible du dispositif, arriver à maintenir l’intérêt pour le plus grand nombre, et surtout pour ceux dont bouger n’est pas dans leur ADN ! Virginie a eu un petit peu mal aux fesses au début, mais elle vient d’acquérir la selle qui lui convient et elle a trouvé son slogan : « l’entreprise qui avance, c’est celle qui pédale avec ses salariés !! » Alors, moins d’absences, plus de performance ; pour l’entreprise, il suffit de pédaler vers la productivité ! ✱ SPORT D’ENTREPRISE SANTÉ
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Des baisses
RENCONTRE
HERVÉ LIBERMAN : « IL FAUT FAIRE VENIR LE SPORT AU TRAVAIL ! » Ancien judoka de haut niveau, Hervé Liberman est aujourd’hui président du Comité régional olympique et sportif français de la Région Sud-Paca et conseiller régional. Il met son expérience du tatami au service du monde du travail. Habitué à conjuguer exigence, discipline et engagement collectif, il s’appuie sur son passé d’athlète pour illustrer les liens entre effort physique, résilience et performance durable. À travers ses fonctions et ses interventions, il accompagne dirigeants et salariés dans la lutte contre la sédentarité, la prévention des risques et le développement d’une culture d’entreprise plus active, où le mouvement devient un véritable outil de bien-être et d’efficacité collective. PROPOS RECUEILLIS PAR ANNE ODRU
Quel est votre objectif principal en vous engageant pour le développement du sport en entreprise ? J’essaie d’influencer le mouvement sportif dans les entreprises qui ont pris conscience des bienfaits de l’activité physique. Nous vivons dans une société polluée, stressante et où le risque de sédentarité est bien présent. Depuis des années nous nous rendons compte que les salariés pratiquent le sport comme ils peuvent et non pas comme ils veulent. Et pourtant, c’est un facteur important que leur permet d’être en bonne santé et plus productif ! C’est également le moyen de travailler dans une meilleure ambiance avec une meilleure condition physique parfois indispensable dans certains secteurs comme la manutention ou le BTP.
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Quelles solutions innovantes proposez-vous pour faciliter la pratique sportive en entreprise ? J’accompagne les entreprises afin de développer des congrès sur le sport mais également pour organiser des courses ou autres rassemblements sportifs dans des établissements publics. Il existe toujours une formidable marge de progression. Nous avons mis en place un gymnase ambulant avec un camion équipé de casiers vestiaires et de 2 douches qui permet aux entreprises ne disposant pas de douches de s’en servir sur un parking ou en extérieur.
C’est le meilleur moyen de donner le goût de l’activité physique aux salariés. Il faut faire venir le sport au travail ! Une vingtaine d’entreprises utilisent déjà ce camion et peuvent ainsi se servir d’une grande salle de réunion ou d’un open space pour proposer une activité. Nous proposons également des échauffements le matin dans les entreprises du BTP afin de permettre aux salariés d’aller sur les chantiers en étant mieux préparés. Quel message souhaitez-vous adresser aux entreprises pour développer durablement la pratique sportive chez leurs salariés ? Les entreprises doivent donner l’envie de pratiquer une activité physique sur le long terme et pourquoi pas de s’impliquer dans un club. C’est intéressant de développer un réseau et de sensibiliser les salariés à prendre soin de leur santé. L’enjeu est de faire découvrir différentes disciplines et de transformer la France en une nation sportive. L’entreprise doit donner un coup de boost chez les adultes. Pour cela il faut donner les moyens à toutes les entreprises, peu importe leur taille et leur situation. Nous devons leur apporter un minimum de matériel et d’accompagnement afin de leur permettre de développer la pratique de l’activité physique auprès de tous les salariés. ✱
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FOCUS
UN BALLON
POUR BALLONNER L’intérêt santé de l’assise ballon ne semble pas validé par les dernières études. Bien évidemment, ces recherches doivent être interprétées, voire remises en question au travers des connaissances, de l’expérience et du bon sens ! PAR LE DOCTEUR STÉPHANE CASCUA, MÉDECIN DU SPORT RÉDACTEUR EN CHEF DE DOC DU SPORT
L
’analyse de la bibliographie scientifique est toujours complexe et nécessite une réelle expertise. Les plus grands spécialistes, médecins, pharmaciens, statisticiens sont sollicités par l’Agence européenne des médicaments et la Haute Autorité de santé pour « étudier les études ». Afin d’obtenir la mise sur le marché et le remboursement des nouveaux médicaments, les grands laboratoires transmettent les données recueillies à l’occasion de recherches ayant coûté plusieurs millions d’euros. Les protocoles, les résultats, l’équilibre « risques/bénéfices » et surtout les biais sont évalués avec précision. De nombreuses molécules apparemment efficaces sont retoquées. De surcroît, l’enquête se poursuit après utilisation massive. On parle de « phase 4 ». De fait, il arrive qu’à la lumière de son usage, le produit se révèle dangereux et soit retiré du marché. L’ANALYSE DES PROTOCOLES ET DES ÉTUDES NÉCESSITE UNE RÉELLE EXPERTISE Deux immenses études sont emblématiques des erreurs possibles et de leurs conséquences gravissimes. Elles ont servi de référence pendant des années… et les concepts défendus ont répandu leurs effets indésirables sur toute la planète… Les biais sont enfin reconnus et le monde scientifique fait désormais marche arrière !
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ATTENTION AUX ÉTUDES ! La première publication porte le nom d’« étude des 7 pays ». Le cardiologue Ancel Keys a mis en évidence que les pays qui consommaient le plus de graisses présentaient plus de crises cardiaques. Tous les gouvernements ont repris cette information pour enclencher des programmes de prévention anti-lipides et pro-glucides. Á la clé, cinquante ans plus tard, une épidémie mondiale de diabète gravissime ! Premier biais inacceptable, corrélé à la conviction du chercheur, la confusion entre corrélation et causalité ! Les graisses sont associées aux infarctus… mais rien ne prouvait… et rien ne prouve désormais… qu’elles en soient la cause ! Deuxième biais, le cardiologue a choisi les pays qui collaient à son hypothèse. Il a conservé la France comme contre-exemple et a inventé la notion de « paradoxe français ». N’oublions pas que Churchill aimait à répéter : « Je ne crois aux statistiques que lorsque je les ai moimême falsifiées ! ». De façon moins marquée, ce risque existe toujours ! Il est connu sous le nom d’« effet d’allégeance » ou de « biais d’optimisme ». Ainsi, la conviction de l’auteur multiplie par 1,3 la probabilité que son étude soutienne son hypothèse. Et lorsqu’il existe un financement, ce facteur est de 3 à 4 ! LES GRANDES ÉTUDES SONT PARFOIS PRISES À DÉFAUT… ET LES CONSÉQUENCES DÉSASTREUSES L’étude « Women’s Health Initiative » a mis en évidence une maigre augmentation des cancers du sein en cas de traitement hormonal de la ménopause. Elle a été instantanément relayée par les médias américains. Depuis, 15 millions de femmes ont été privées d’un traitement source de santé et de bien-être. Les biais étaient très nombreux : hormones de jument et de synthèse, absence d’individualisation et d’adaptation des doses, traitement trop tardif, beaucoup de patientes obèses. Une étude française menée par une grande mutuelle a dédouané le traitement bien adapté. Les femmes matures ont de nouveau droit au confort physique et émotionnel ! SPORT D’ENTREPRISE SANTÉ
S, E C N A S NAIS N O C , S NCE CE, E N R E É T F É É P R OM C , E C N E EXPÉRI ET BON SENS ! E PATIENC
ASSISE BALLON : ÊTRE ASSIS OU ÊTRE EN MOUVEMENT ? « Être assis, c’est être assis » : c’est l’injonction provocatrice qui conclut l’une des études mettant en évidence l’inefficacité de l’assise ballon sur le mal de dos et sur la dépense éner gétique. Lorsqu’on observe plus attentivement le protocole, les sujets restaient immobiles pour frapper sur l’ordinateur. Pour ces raisons de sécurité et de confort, les ballons destinés à la bureautique sont lestés et agrippants. De fait, ils sont stables et les micromouvements sont quasi inexistants. De fait, l’effi cacité de ce concept ergonomique impose des gestes volontaires de flexion, d’extension et d’inclinaison. Dans ces conditions, ils permettent de changer de position ! En effet, toute bonne posture devient mauvaise quand elle se prolonge ! Les articula tions sont faites pour s’articuler ! Grâce aux variations de pression, le cartilage s’oxygène et se nourrit, le disque inter vertébral se réhydrate et s’assouplit. Les douleurs diminuent. Á l’aide des variations de tension, le muscle pompe le sang, modifie son activation neurologique et limite les contractures. Heureusement, d’autres études réalisées sur un échantillon bien plus large, sur une plus longue durée incluant une période d’adaptation puis d’exploitation de l’équipement montrent une réduction des douleurs et une meilleure activation musculaire. En pratique, il est recommandé d’utiliser le ballon occasionnel lement puis progressivement et pourquoi pas tout au long de la journée… en bougeant sur l’assise ! L’injonction provocatrice validée par la vraie vie et le retour patient deviendrait… « le ballon, oui mais en ballonnant ! » ✱
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TOUTE BONNE POSTURE DEVIENT MAUVAISE QUAND ELLE SE PROLONGE ! SPORT D’ENTREPRISE SANTÉ 35
CONSEIL
NE NÉGLIGEZ PAS L’ACTIVITÉ PHYSIQUE, MÊME AU BUREAU !
QUELQUES CONSEILS POUR OPTIMISER L’ACTIVITÉ PHYSIQUE EN MILIEU PROFESSIONNEL SÉDENTAIRE Travailler devant un bureau implique souvent de passer de longues heures assis, parfois plus de 8 par jour. Pourtant, la sédentarité est un véritable ennemi silencieux pour la santé, reconnue comme un facteur de risque cardio-vasculaire majeur. PAR LE DOCTEUR ANTHONY RAYMOND, CARDIOLOGUE
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uelle est sa définition exacte ? La sédentarité désigne toute situation caractérisée par une très faible dépense d’énergie, en position assise, couchée ou debout sans bouger, hors période de sommeil évidemment. Il n’existe pas à proprement parler de seuil horaire permettant de définir un individu comme sédentaire. Cependant, les risques de la sédentarité augmen tent avec la durée d’inactivité et deviennent significatifs à partir de 6 h par jour selon les études. Et quels sont ces risques ? La sédentarité est un facteur de risque cardio-vasculaire indépendant qui favorise le surpoids, l’hypertension artérielle, le diabète de type 2, les dyslipidémies, la fatigue chronique et des maladies graves comme l’infarctus du myocarde et l’AVC. Des études épidémiologiques montrent que le risque de mortalité globale augmente de 20 à 30 % chez les individus sédentaires.
RISQUE CARDIO-VASCULAIRE
OBÉSITÉ ABDOMINALE
SÉDENTARITÉ
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HYPERTENSION ARTÉRIELLE
TABAGISME
Pour réduire ce risque cardio-vasculaire, l’Organisation mondiale de la Santé recommande chez l’adulte la pratique d’au moins 150 minutes d’activité physique modérée par semaine, soit environ 20 à 25 minutes par jour, associées à des exercices de renforcement musculaire deux fois par semaine. Évidemment, davantage de bénéfices sont retrouvés chez les personnes pratiquant jusqu’à 300 minutes par semaine. Cependant, atteindre ces niveaux de recommandations est un véritable défi pour les travailleurs de bureau. Nous allons donc tenter de les aiguiller pour parvenir à ces objectifs en passant en revue 5 stratégies essentielles qui peuvent être facilement mises en œuvre dans leur vie quotidienne.
HYPERCHOLESTÉROLÉMIE
DIABÈTE
STRESS
FACTEURS HÉRÉDITAIRES
SEXE
ÂGE
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charge sur le bas du dos et diminue les lombalgies. Il est aussi possible d’utiliser un Under Desk Bike®, un petit pédalier qui se place sous le bureau pour travailler tout en se dégourdissant les jambes. Autre technique : opter pour les Walk & Talk : de courts trajets à pied pour réaliser des réunions internes et des appels téléphoniques. Cela accroît l’activité physique sans modifier radicalement l’emploi du temps.
4. UTILISER LA TECHNOLOGIE
Utiliser des outils connectés tels que les podomètres de nos Smartphones® ou de nos montres peut nous aider à nous fixer des objectifs réalistes, à cibler au quotidien, par exemple 500 pas par heure, ce qui équivaut à environ 5 minutes de marche.
5. PROMOUVOIR UNE CULTURE D’ACTIVITÉ PHYSIQUE EN ENTREPRISE
1. INTÉGRER L’ACTIVITÉ DANS LE TRAJET DOMICILE-TRAVAIL Les trajets pour se rendre au bureau représentent une excellente opportunité d’effectuer une activité physique quotidiennement, que ce soit à pied ou à vélo par exemple. Pour les personnes travaillant loin de leur domicile, il est aussi possible d’utiliser une méthode dite « combinée », comme sortir quelques arrêts de métro avant sa destination pour terminer le trajet à pied, ou alors se garer à quelques centaines de mètres pour ceux qui utilisent leur véhicule. Et bien sûr, une fois arrivé au boulot, préférer les escaliers aux ascenseurs autant que possible !
2. FRACTIONNER L’ACTIVITÉ PHYSIQUE SUR LA JOURNÉE
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Plutôt que de faire une session unique de 30-45 minutes après le travail, privilégier des pauses courtes mais régulières. L’important est de fractionner une position assise prolongée avec des micro-pauses de 2 à 5 minutes toutes les heures par exemple. Levez-vous, étirez-vous, marchez, empruntez les escaliers, allez remplir votre bouteille d’eau… et pensez également à vous étirer régulièrement ! Chaque minute d’activité est bonne à prendre, et vous pouvez même mettre un petit post-it sur votre poste de travail pour vous le rappeler.
3. ADAPTER L’ENVIRONNEMENT DE TRAVAIL L’optimisation du poste de travail est une méthode très efficace, notamment avec l’utilisation d’un bureau « assis-debout » permettant donc d’alterner les deux positions et d’augmenter la dépense calorique. Par ailleurs, cette technique réduit la
Le rôle de l’entreprise est central avec notamment la possibilité de mettre en place un environnement favorable et des programmes de bien-être en entreprise tels que des pauses actives encadrées (particulièrement sur la période du déjeuner), l’aménagement d’espaces de marche ou encore l’organisation de challenges de pas entre des employés. Elle peut aussi mettre à disposition des équipements favorisant le mouvement et pouvant augmenter significa tivement le niveau d’activité des employés. La médecine du travail joue également un rôle clé en sensibi lisant les salariés aux bénéfices de ces pratiques sur la santé cardio-vasculaire et mentale. Des études ont montré que les environnements de travail conçus pour favoriser l’activité physique ont un impact positif sur le comportement des travailleurs. Outre les nombreux bénéfices sur leur santé globale, ces recherches ont révélé une amélioration significative de leur motivation, de leur concentration et donc de leur productivité. D’autres études ont même mis en évidence que des programmes d’activité physique en entreprise œuvrent pour réduire l’absentéisme jusqu’à 25 % ! Tout le monde est gagnant ! ✱
EN CONCLUSION
Même dans un contexte professionnel sédentaire, il est non seulement possible mais également crucial d’atteindre les recommandations de l’OMS concernant l’activité physique, qui sont d’au moins 150 minutes par semaine. Cela passe avant tout par une combinaison de stratégies individuelles et organisationnelles à intégrer dans une routine quotidienne. L’objectif n’est pas seulement de « faire du sport » mais aussi de bouger pour réduire significativement les risques cardio-vasculaires majeurs de la sédentarité. Par ailleurs, la participation de l’entreprise est essentielle, et l’amélioration de la santé globale des salariés a des conséquences positives directes sur sa compétitivité ! Donc, faire de l’activité physique au boulot, c’est du gagnantgagnant, alors n’attendons plus !
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TÉMOIGNAGE COMMENT WELLPASS® DÉMOCRATISE L’ACTIVITÉ PHYSIQUE POUR TOUS LES SALARIÉS En première ligne des politiques de prévention en entreprise, Wellpass® (plate-forme dédiée à l’accès au sport et au bien-être pour les salariés) accompagne les RH dans l’intégration du sport au quotidien des salariés. Accessibilité financière, diversité des activités, adaptation au télétravail : l’entreprise déploie des solutions pensées pour lutter contre la sédentarité, renforcer la cohésion et améliorer durablement la qualité de vie au travail. À la tête de la direction commerciale de Wellpass®, Jennifer Sitruk est au cœur des transformations qui redéfinissent la place de l’activité physique dans l’univers professionnel ; elle nous éclaire sur les leviers, les tendances et les défis du sport en entreprise. PROPOS RECUEILLIS PAR ANNE ODRU
Comment Wellpass® contribue-t-elle concrètement à intégrer l’activité physique dans la vie quotidienne des salariés ? Nous proposons des abonnements sans engagement permettant de pratiquer de multiples sports. Nous pensons que c’est ce qu’il y a de mieux pour aider à se faire plaisir afin de bouger au quotidien. Nous possédons une grande diversité d’offres avec plus de 400 activités différentes et plus de 6 000 partenaires. Nous restons toujours à l’affût des nouveautés et des tendances comme le padel ou le Pilates®. En quoi le sport peut-il devenir un levier RH stratégique, notamment en matière de fidélisation ou de qualité de vie au travail ? Le sport permet d’enlever les barrières hiérarchiques au bénéfice du partage sans complexe et sans à priori. C’est un vecteur de cohésion et de communication, ce qui apporte forcément des bénéfices au sein de l’entreprise en termes 38
de productivité. C’est également un moyen de se sentir mieux et moins stressé pour travailler dans de meilleures conditions. Quels freins rencontrez-vous encore dans le développement du sport en entreprise ? Les freins relatifs au développement du sport en entreprise sont majoritairement les croyances limitantes sur le budget que cela représente alors que le sport en entreprise est fiscalement intéressant car il s’agit d’un avantage CSE exonéré de charges sociales et chez Wellpass le prix de la solution est variable en fonction du nombre d’abonnée. Un autre frein concerne le coté inclusif des solutions proposées par le marché. Une salle de sport en entreprise ne permettra pas aux travailleurs remote d’en bénéficier et n’aidera pas les non sportifs à trouver un sport qui leur correspond pour véritablement l’intégrer à leur routine. Wellpass est l’offre la plus inclusive du marché puisqu’elle permet à chacun de construire sa routine personnalisée en fonction de son niveau, ses préférences, sa situation géographique, ses moyens.. Avec la montée en puissance du télétravail et des modèles hybrides, comment adaptez-vous votre offre pour que le sport reste accessible et attractif, même à distance ? Depuis juin 2025, nous proposons une offre fitness illimitée, peu importe la salle. Cela permet aux salariés d’aller dans n’importe quelle enseigne et de changer de lieu sans contrainte afin de rester réguliers dans leur pratique. Les cours en entreprise connaissent une décroissance à cause du télétravail. Il faut donc que le collaborateur puisse faire son sport près de son lieu de travail mais également de son domicile. ✱ Toutes les informations sur fr.egym-wellpass.com SPORT D’ENTREPRISE SANTÉ
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ellpass® se positionne comme un acteur clé du sport en entreprise. Quels sont aujourd’hui les principaux besoins ou attentes des entreprises que vous accompagnez ? On s’adresse aux RH, CSE et dirigeants qui veulent travailler sur la prévention et qui souhaitent s’engager dans ce sens. Nous leur permettons ainsi d’agir sur la santé morale et physique en mettant au sport les salariés, c’est le meilleur moyen de lutter contre la sédentarité. Nous leur permettons également de lever le frein financier avec une offre abordable pour l’entreprise. Il est alors plus facile de générer de la motivation entre les collaborateurs qui pourront partager leur expérience à travers une activité adaptée à chacun.
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