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Pdf ja 2872 du 24 au 30012016 plus bénin

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Gbagbo Les secrets du procès

Hebdomadaire international indépendant • 56e année • no 2872 • du 24 au 30 janvier 2016

jeuneafrique.com

Économie La dette dans le sac Gabon Jean Ping, sabre au clair

bénin

Paysage avant

l’alternance • Le dernier coup de Boni Yayi • 2006-2016 : le vrai bilan • À la conquête du palais de la Marina… Spécial 22 pages édition BÉNIN France 3,80 € • Algérie 220 DA • Allemagne 4,80 € • Autriche 4,80 € • Belgique 3,80 € • Canada 6,50 $ CAN • Espagne 4,30 € • Éthiopie 67 birrs • Grèce 4,80 € Guadeloupe 4,60 € • Guyane 5,80 € • Italie 4,30 € • Maroc 25 DH • Martinique 4,60 € • Mauritanie 1200 MRO • Mayotte 4,30 € • Norvège 48 NK • Pays-Bas 4,80 € Portugal cont. 4,30 € • Réunion 4,60 € • RD Congo 6,10 $ US • Royaume-Uni 3,60 £ • Suisse 6,50 FS • Tunisie 3,50 DT • USA 6,90 $ US • Zone CFA 1900 F CFA • ISSN 1950-1285


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Le pLus

de Jeune Afrique

Panorama Le dernier coup de BoniYayi

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Élection Des candidats au-dessus des partis Économie La locomotive Bolloré rattrapée par la concurrence ? SociÉtÉ Au pays des créatifs

Bénin

Les jeux sont ouverts

jeune afrique

JEAN-PIERRE dE mANN/RobERt hARdINg/AfP

Entre un chef de l’État sortant qui ne se représente pas mais qui compte garder la main jusqu’au bout et la multiplication des candidatures, la présidentielle des 28 février et 13 mars s’annonce pleine de surprises.

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Le Plus de Jeune Afrique

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Prélude François SOUDAN

Cirque électoral

D

«

u Bénin vient toujours quelque chose de nouveau », aurait pu dire Aristote s’il avait connu l’existence de la terre du vodoun. Au pays des alternances pacifiques, celle qui s’annonce ne devrait pas déroger à la règle : l’ancien Dahomey est décidément une démocratie vivace et novatrice, un laboratoire politique à ciel ouvert. Précisons tout de suite, puisque ce n’est pas si fréquent, que la transparence du scrutin est quasi assurée à l’avance. La Cena (Commission électorale nationale autonome) qui l’organise n’a pas d’autonome que le nom ; c’est une structure pérenne acceptée par tous les candidats, lesquels peuvent en outre compter sur la vigilance de la société civile et des observateurs indépendants.

béninois au beau milieu duquel il a atterri tel un ovni il y a un peu plus de sept mois, Lionel Zinsou est l’homme à abattre. Parce que le Premier ministre est donné favori pas les bailleurs de fonds et les chefs d’État de la région ? Pas seulement. Compétent, intelligent, doté d’un impressionnant carnet d’adresses économique et surtout étranger au marigot local, Zinsou dérange et inquiète. Ses adversaires pointent son « parachutage » depuis Paris, sa double nationalité (pourtant fréquente au sein de la classe politique béninoise), voire, à mots couverts, son métissage. Arguments souvent malsains mais qui, dans un pays où la période socialo-nationaliste des années 1970 et 1980 a laissé plus de traces qu’on ne le croit dans les mentalités, ne sont pas sans rencontrer un certain écho.

Ajoutons que, sauf improbable miracle, les Béninois iront voter deux fois, On saura dans un mois si l’ancien banle 28 février et le 13 mars, tant l’électorat quier d’affaires talentueux a su parler aux semble émietté, ce qui somme toute est Béninois et compenser son déficit initial bon pour l’exercice démocratique puisque les deux qualifiés L’électorat semble émietté, pour le second tour se devront ce qui est somme toute de nouer des alliances et de faire bon pour l’exercice démocratique. consensus. Même si le jeu demeure très ouvert, un quintet se détache, avec dans le d’ancrage local, et si le soutien ostensible désordre d’arrivée : Lionel Zinsou, Patrice que lui apporte le président sortant aura Talon, Sébastien Ajavon, Abdoulaye Bio été pour lui un atout ou un handicap. Tchané et Pascal Koupaki. À l’exception Contrairement aux élections précédentes, de Bio Tchané, il s’agit de primo-candidats les coalitions et partis dominants du paydont l’apparition coïncide avec la retraite sage politique béninois (PRD, PSD, RB, politique obligée des grands leaders de alliances UN, FCBE…) ne présentent en parti de ces deux dernières décennies 2016 aucun candidat issu de leurs rangs : (Bruno Amoussou, Adrien Houngbédji, signe de mauvaise santé de ces formaNicéphore Soglo…). Parmi eux, deux tions à bout de souffle, sans doute, mais milliardaires (en francs CFA) issus d’une aussi symptôme d’une personnalisation classe d’entrepreneurs locaux plus habià l’extrême du débat, avec tous les risques tués jusqu’ici à financer le monde politicode dérapages ad hominem que comporte médiatique qu’à rouler pour leur propre ce type d’exercice. compte : Talon le roi du coton et Ajavon Les jeux sont ouverts, certes, et qui s’en l’empereur du poulet. plaindra ? Mais attention tout de même à Pour ces deux derniers, comme pour une ne pas confondre une présidentielle avec bonne partie de l’establishment politique une piste de cirque. ● jeune afrique

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Panorama Le dernier coup de Boni Yayi

p. 70

TriBune oswald Padonou, chargé de mission auprès du Médiateur de la République p. 77 PrésidenTieLLe des candidats au-dessus des partis p. 80 décrYPTage malheureusement, ça patine

p. 88

LogisTique Trafics allégés au port de cotonou

p. 90

TransPorTs La locomotive Bolloré rattrapée par la concurrence ? p. 93 reconversions ganiou soglo mise sur le bio et Jimmy adjovi-Boco lance un réseau de garages solidaires p. 96 sociéTé au pays des créatifs

p. 101

Suivez la campagne électorale et l’actualité du Bénin


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Le Plus de Jeune Afrique

BÉNIN

Le dernier coup de Boni Yayi Le chef de l’État a brouillé les cartes en désignant un dauphin que personne n’attendait, son Premier ministre, Lionel Zinsou. Et à un mois du scrutin, il est plus actif que jamais.

VINCeNt DUHeM, envoyé spécial

Rapport des forces parlementaires les législatives d’avril 2015)

Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE) : 33 Union pour le Bénin (UB) : 2 Alliance Éclaireur : 2 Alliance nationale pour la démocratie et le développement (AND) : 5 L’Union fait la nation (UN) : 13 Parti du renouveau démocratique (PRD) : 10 Alliance Renaissance du Bénin-Réveil patriotique (RB-RP) : 7 Alliance Soleil : 4 Forces démocratiques unies (FDU) : 4 Alliance pour un Bénin triomphant (ABT) : 2 Réso Atao : 1 Le groupe parlementaire République et Unité, qui soutient Boni Yayi, est constitué de de l’UB et de l’Alliance Éclaireur,

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L

cet homme atypique, excentrique et lunatique s’est voulu tantôt bâtisseur, tantôt refondateur, et a beaucoup promis. Six mois après sa réélection, en septembre 2011, il évoquait son second mandat lors d’un discours devant les notables de Parakou et déclarait avec une pointe d’humour : « Je vais donc terminer la veste que j’ai commencé de coudre au peuple béninois en 2006. » L’a-t-il convenablement rhabillé ?

e 12 décembre, sous un soleil de plomb,lesplushautespersonnalités de l’État, du monde des affaires et CONFUSION. Boni Yayi aura indéniablement des médias se sont rassemblées apporté un certain nombre de réformes, en dans le stade de Natitingou (nordparticulier dans le domaine social, comme la ouest du pays) pour rendre un dergratuité de l’enseignement primaire et de la nier hommage à Mathieu Kérékou, décédé césarienne, le Régime d’assurance-maladie deux mois plus tôt. Le président togolais, Faure universelle (Ramu) et le programme de microGnassingbé, dont le père considérait l’ancien crédit. Les avancées en matière d’infrastructures chef de l’État béninois comme son frère, a tenu sont également saluées par tous. Pourtant, son à être présent. La tribune et les bilan laisse un goût amer (lire gradins sont bondés, la piste pp. 73-74). en faisant de autour du terrain également. La plupart des observateurs Zinsou le candidat Le temps semble s’être arrêté. s’accordent pour dire que des de l’alliance Jusqu’à ce que le président, efforts ont été faits mais que présidentielle, il a Thomas Boni Yayi, s’avance Boni Yayi a voulu aller trop derrière le pupitre pour clore la vite, qu’il a eu de l’ambition pris de court ses longue cérémonie. Au moment pour son pays mais pas foradversaires… et d’achever son discours, il lève cément les bonnes méthodes. froissé quelques les yeux de son texte, se courbe Son élection avait soulevé légèrement, sourit et improbeaucoup d’enthousiasme et fidèles. vise. « Mon général, toi tu es d’espoir. Le nouveau président resté vingt-sept ans au pouvoir, moi ça en fera était notamment très présent dans la lutte contre seulement dix dans quelques semaines. Et je la corruption. Le problème est que certains compte les jours ! » La foule glousse. dossiers ont créé la confusion. Comme il l’assure depuis des mois, respecLe plus emblématique reste celui de l’affaire tueux de la limitation du nombre de mandats ICC Services, du nom de l’une des sociétés de inscrite dans la Constitution, celui qui succéda placement qui ont floué des centaines de milà Mathieu Kérékou en 2006 ne se présente pas à liers de petits épargnants pour plus de 100 milla présidentielle de février et prépare sa sortie. liards de F CFA (environ 150 millions d’euros) Arrivé sans étiquette et presque par hasard dans en 2010, et dont certaines ont profité de leurs la vie politique béninoise, l’ancien fonctionnaire entrées au palais de la Marina. « Tout le monde international aura dirigé le pays pendant dix avait averti le pouvoir que c’était une bombe à ans. Deux quinquennats au cours desquels retardement, explique un bon connaisseur ● ● ● jeune afrique


p Avec son Premier ministre, Lionel Zinsou (à g.), à Cotonou, le 1er août 2015, pour les 55 ans de l’indépendance.

Cesar GaBa/eaHOUNOU

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Le Plus de J.A. Bénin ● ● ● du dossier, mais rien n’a été fait et, à partir de ce moment, l’État n’ayant pas montré l’exemple, la corruption s’est généralisée. » Globalement, beaucoup regrettent que les bonnes résolutions de la première heure n’aient pas perduré. « Quand Boni Yayi est arrivé aux affaires et a dit qu’il fallait se mettre au boulot à 8 heures du matin, il fallait voir les embouteillages à Cotonou! Mais désormais, lui-même est en retard », résume une spécialiste en communication. Un autre événement est venu perturber le second quinquennat du président : l’affaire Patrice Talon. Actionnaire majoritaire dans les usines d’égrenage de la Société de développement du coton (Sodeco, réquisitionnées depuis la fin de 2013), cet ex-proche de Boni Yayi avait le monopole sur les importations d’engrais et de semences de la filière coton. Mais en avril 2012, l’État rompt les contrats qui le lient à ses entreprises, reprochant à l’homme une mauvaise gestion des subventions publiques aux intrants agricoles. Au mois d’octobre suivant, soupçonné d’avoir voulu faire empoisonner le chef de l’État, Patrice Talon fait l’objet d’un premier mandat d’arrêt, suivi d’un second, en février 2013, pour sa participation présumée à une tentative de coup d’État contre Boni Yayi. Ce dernier, après médiation de la Francophonie, lui accordera un pardon forcé en mai 2014. Le Bénin a cependant décidé, le 19 janvier dernier, de se constituer partie civile dans le cadre d’une procédure judiciaire pour tentative d’assassinat ouverte en juin 2014 par la justice française. Rentré à Cotonou en octobre 2015 après trois années d’exil en France, l’ancien magnat du coton est aujourd’hui candidat à la présidentielle. Mais la brouille entre les deux hommes a eu de lourdes conséquences dans le monde politique comme dans celui des affaires. « Tout a été bloqué pendant plusieurs mois, les banques qui accueillaient les actifs de Talon ont vacillé, et l’ensemble des activités liées au coton en ont pris un coup », explique un homme d’affaires béninois. Pendant des mois, le chef de l’État a été hanté par cette histoire, il a resserré son staff et renforcé sa sécurité. Pendant des mois, les grèves ont paralysé le pays.

redoutable. À l’heure du bilan, Thomas Boni Yayi

s’est engagé dans une course contre la montre pour lancer de nouveaux chantiers et tenter de mener à leur terme les projets entamés sous sa présidence et encore inachevés, les fameux éléphants blancs… « Le président est à la fin de son mandat et il s’agite comme s’il venait d’être élu. On le voit partout, très volontaire, comme s’il voulait déplacer des montagnes », fait remarquer un représentant de l’opposition. Boni Yayi multiplie en effet les initiatives à l’intérieur et à l’extérieur du pays, avec plus ou moins de réussite. Ainsi, son implication dans la préparation de la COP21, qui s’est tenue fin 2015 à Paris, a été saluée, mais sa gestion du coup n o 2872 • du 24 au 30 janvier 2016

l’alternance en marche 19-28 février 1990 Conférence nationale des forces vives de la nation à Cotonou. En décembre 1989, Mathieu Kérékou, au pouvoir depuis 1972, avait annoncé le renoncement du pays à l’idéologie marxiste-léniniste. 1er mars 1990 Le pays devient la République du Bénin. Le 9 mars, création du Haut Conseil pour la République, qui nomme, le 12, Nicéphore Soglo Premier ministre de la transition. 2 décembre 1990 Adoption par référendum du projet de Constitution, qui instaure un régime présidentiel et le multipartisme. 24 mars 1991 Victoire à la présidentielle de Nicéphore Soglo, sous la bannière de l’Union pour le triomphe du renouveau démocratique, face à Mathieu Kérékou. 18 mars 1996 Mathieu Kérékou remporte la présidentielle face à Nicéphore Soglo. Il est réélu le 18 mars 2001. 19 mars 2006 Thomas Boni Yayi, candidat indépendant, est élu avec 74,5 % des votes au second tour de la présidentielle face à Adrien Houngbédji, leader du Parti du renouveau démocratique. Le 13 mars 2011, il est réélu dès le premier tour (53,1 %) devant Adrien Houngbédji, candidat unique de l’Union fait la nation (35,6 %).

d’État manqué de septembre dernier au Burkina Faso – où il a mené la médiation pour la Cedeao avec le Sénégalais Macky Sall – n’a pas laissé un souvenir impérissable aux Burkinabè. Un échec qui ne doit pas faire oublier son activisme dans la crise malienne fin 2012-début 2013, lorsqu’il présidait l’Union africaine. Passé maître dans l’art de créer la surprise, Boni Yayi a plus d’un tour dans son sac. Alors qu’il était dans une position particulièrement délicate à la fin de son premier mandat, il est parvenu à se faire rééliredèslepremiertourenmars2011(avecplusde 53 % des suffrages exprimés) grâce à une campagne de proximité, montrant combien, poussé dans ses retranchements, il pouvait être redoutable et prouvant, surtout, que sa popularité n’avait pas pris une ride. « À l’époque, nous avions dénoncé des fraudes, se souvient un ancien responsable de l’opposition. Mais nos propres sondages réalisés avant le scrutin le donnaient largement vainqueur… » foudres. Une fois encore, alors que sa cote décli-

nait, il a surpris tout le monde en nommant le financier franco-béninois Lionel Zinsou au poste de Premier ministre le 18 juin dernier. Un mois plus tôt, malgré leur victoire aux législatives, où elles ont remporté 33 des 83 sièges de l’hémicycle (contre 41 en 2011), les Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE, alliance présidentielle) avaient perdu la présidence de l’Assemblée nationale au profit d’Adrien Houngbédji, leader du Parti du renouveau démocratique (PRD). Jusqu’à l’élection de ce dernier au perchoir, le climat était délétère. De violents affrontements ont même éclaté début mai entre les forces de police et des partisans du député d’opposition Candide Azannaï (ancien de la mouvance présidentielle, aujourd’hui proche de Patrice Talon), après que des gendarmes se sont rendus au domicile de l’élu pour lui signifier une convocation. « Sur le moment, beaucoup ont vu dans cet incident le signe que les partisans de Talon voulaient prendre le contrôle de la rue et faire partir le régime avant la fin de son mandat », relève un membre du gouvernement. En réussissant à convaincre Lionel Zinsou, une personnalité extérieure au marigot politique béninois, d’intégrer son équipe, « Boni Yayi a pris de court tous ses adversaires », se réjouit un proche du chef de l’État, soulignant la satisfaction de ce dernier devant la couverture médiatique qui a suivi la nomination de son ancien conseiller économique spécial (à titre gratuit) entre 2006 et 2011. En faisant de Zinsou le candidat des FCBE à la présidentielle, il s’est en revanche attiré les foudres de ceux qui, depuis des mois, voire des années, espéraient endosserlerôledudauphin.Maiscechoixinattendu permet aussi au chef de l’État de rester le maître du jeu jusqu’au bout. « Et s’il parvient à faire élire un président du Sud, il aura réussi sa sortie ! » conclut un cadre de l’opposition. ● jeune afrique


Les jeux sont ouverts

Jacques Torregano/divergence pour J.a.

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Top et flops

! élargissement de la route côtière entre Cotonou et Ouidah.

direction du nord (l’un vers Niamey, l’autre vers Ouagadougou et Bamako), En dix ans, Boni Yayi a mis une bonne partie du pays en trois selon un axe est-ouest, permetchantier. À l’heure du bilan, que lui laisse-t-il en matière tant de mieux connecter le pays à ses voisins togolais et nigérian. La desserte d’infrastructures routières, énergétiques et économiques ? de Cotonou et la circulation dans la capitale économique ont été considéson arrivée au pouvoir, en et des Transports. Alors que le président rablement améliorées, avec notamment 2006, Boni Yayi avait donné Yayi met la pression sur les opérateurs la construction de trois échangeurs et le ton. « Mon ambition est pour que les principaux axes soient d’un troisième pont. de faire du Bénin un pays achevés avant la fin de son mandat, Beaucoup fustigent cependant les de services », avait-il assuré. Deux quinplus de 950 km de chaussées bitumées conditions d’attribution de certains marquennats plus tard, tout le monde reconont en effet été construits entre 2006 et chés et leur coût. Par exemple, celui de la naît, y compris ses détracteurs, qu’il a route Akassato-Bohicon été le chef de l’État le plus ambitieux que (desserte de l’hinterland), principale critique : le retard de le Bénin ait connu en matière d’infraqui a été « réévalué » de livraison de certains ouvrages, tels structures. Reste que, pour beaucoup 52 milliards à 107 milde Béninois, en voulant trop embrasser liards de F CFA, soulevant que le nouveau siège du parlement. Boni Yayi a mal étreint. de virulentes critiques de C’est sur le volet routier qu’il a été le 2015 (pour un montant total de 395 milla part du Syndicat national des travailplus actif. « En dix ans, le président aura liards de F CFA, soit plus de 600 millions leurs de l’administration des transports contribué à étendre le réseau routier d’euros), et 675 km ont été réhabilités, et des travaux publics (Syntra-TTP). national de 1 000 km, contre seulement modernisés ou élargis (pour 458 mil1 820 km en quarante-cinq ans pour ses liards de F CFA), en particulier autour des d’arrache-pied. L’autre grande faiprédécesseurs », souligne ainsi Gustave principaux corridors qui relient Cotonou blesse de la politique de grands travaux Sonon, le ministre des Travaux publics aux capitales sous-régionales : deux en de Boni Yayi est le retard pris dans la

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jeune afrique

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Le Plus de J.A. Bénin livraison de nombreux ouvrages, comme la route Godomey-Pahou, qui devait être achevée en 2013 et ne l’est toujours pas, des axes Pahou-Tori-Allada, AkassatoBohicon, Pahou-Hillacondji, etc. Le chantier le plus critiqué en matière de BTP reste cependant celui du nouveau siège de l’Assemblée nationale, toujours en cours de construction, à l’entrée de Porto-Novo, sur la berge de l’Ouémé. Lancé en 2009, il a été suspendu fin 2012 à la suite de la découverte de faits de corruption, qui ont engendré une crise politico-judiciaire et la résiliation du contrat passé avec l’un des principaux entrepreneurs. Les travaux ont repris depuis un an. Plus de 540 ouvriers y travaillent d’arrache-pied, et le chef de l’État ou des membres du gouvernement viennent constater leur avancée presque chaque semaine. Mais, malgré cette mobilisation aux allures de course contre la montre, les bâtiments ne seront pas terminés avant la fin du mandat du président Yayi. trop cher. En matière d’électricité, le bilan est aussi mitigé que les délestages sont récurrents. L’interconnexion Nigeria-Bénin à Sakété, mise en service en 2007 et qui devait fournir 200 mégawatts (MW) au Bénin, n’est pas effective à cause, entre autres, des difficultés du Nigeria à couvrir ses propres besoins. Quand à la centrale de Maria-Gléta, construite par la société américaine Combustion Associates Inc. à Abomey-Calavi, près de Cotonou, elle a non seulement été livrée avec quatre ans de retard, en 2013, mais elle ne tourne toujours pas. Ou si peu. Entièrement financée par l’État sur fonds propres pour 40 milliards de F CFA, cette centrale thermique mixte (carburant-gaz) dispose d’une puissance installée de 80 MW. Sauf que le Bénin n’est pas producteur de gaz, et que le projet de gazoduc ouest-africain qui permettrait d’approvisionner le site stagne. La centrale doit donc fonctionner principalement au Jet A-1 (kérosène),

ce qui rend le coût de production du kWh trop élevé. Un nouveau projet, lancé en partenariat avec le Togo, pourrait changer la donne. Le 26 décembre, Boni Yayi a procédé avec son homologue togolais, Faure Gnassingbé, à la pose de la première pierre du complexe hydroélectrique d’Adjarala, sur le fleuve Mono. Entièrement financés par l’Exim Bank de Chine, pour un coût estimé de 266 milliards de F CFA, et confiés à Sinohydro Africa, les travaux commenceront en février, pour une livraison prévue au premier trimestre de 2018. Ils comprennent la construction d’un barrage et d’une centrale d’une puissance de 150 MW, la réalisation de quelque 400 km de lignes à très haute tension, ainsi que des aménagements irrigués à vocation agricole et piscicole sur 40 000 ha. Reconnaissant que le déficit énergétique du pays était loin d’être comblé, le président Boni Yayi a cependant tenu à le relativiser, en juin dernier (après avoir reçu les responsables du groupe chinois Sinohydro), en précisant que le Bénin était au-dessus de la moyenne de ses voisins avec 23 kW pour 1 000 habi-

les infrastructures qui font l’actualité sont celles qui posent un problème. À commencer par l’aéroport international de Tourou, près de Parakou, qui reliera la métropole du nord du pays aux grands centres économiques du continent. Lancé en 2007, le chantier devrait être terminé dans les prochains mois… alors qu’il aurait dû être livré fin 2015. Ce qui a rendu furieux Boni Yayi. De même que la décision de justice rendue en appel en faveur de Petrolin, ordonnant à l’État et à son partenaire, Bolloré Africa Logistics, de suspendre tous les travaux relatifs à la ligne de chemin de fer Cotonou-Niamey (lire pp. 93-94). INceNdIe. Le Programme de promotion

de la mécanisation agricole (PPMA) laisse également les Béninois sur leur faim. Les quatre usines de tracteurs prévues ont été construites (à Ouidah, Banikoara, Aplahoué et Cobly), mais aucune n’est encore opérationnelle, et la fabrication (promise) de quelque 10 000 tracteurs par an n’est pas pour demain. De même, pour le moment, aucune des unités construites dans le cadre de la diversification agricole (transformation de tomates à Kpomassè, d’ananas à Livrée en 2013, la centrale de Allada et de mangues à Maria-Gléta ne tourne presque pas, Parakou) ne tourne. Enfin, comme un derfaute de gaz pour l’approvisionner. nier défi lancé à Boni Yayi, tants, « contre 8 kW pour 1 000 habidans la nuit du 30 au 31 octobre 2015, tants dans l’UEMOA et 20 kW pour un incendie a ravagé une bonne par1 000 au Nigeria », et que son nouvel tie de l’immense marché international objectif était d’« atteindre 150 kW pour Dantokpa, à Cotonou, vers lequel plus de 1 000 habitants », notamment grâce aux 1 million d’acheteurs de toute la région énergies renouvelables. Dans ce cadre, convergent chaque jour, et qui est un le gouvernement Zinsou a lancé le progros pourvoyeur de recettes pour l’État. gramme « Lumière pour tous », qui préLe gouvernement a débloqué 3,5 milliards de F CFA pour la reconstruction voit l’installation de lampadaires et de et la modernisation du marché par les kits d’électricité fonctionnant à l’énergie solaire dans une centaine de localités. équipes du génie militaire, et s’est engagé Pour développer l’économie, des proà reconstruire en deux mois plus de grès incontestables ont été accomplis 600 hangars. Selon les techniciens, tout début janvier, 70 % des travaux étaient dans le domaine des transports et de la logistique, notamment au port de réalisés. ● Cotonou (lire p. 90). Mais, là encore, FIacre VIdJINGNINoU, à Cotonou


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Bénin Le Plus de J.A.

Tribune

Ce qu’il faut attendre du futur élu Oswald PadOnOu Chargé de mission auprès du Médiateur de la République du Bénin, directeur du think tank Espace, dialogue et stratégies

u

ne élection présidentielle, c’est la rencontre entre un homme ou une femme et le peuple de son pays. Un mandat, c’est celle de l’élu avec l’histoire de son pays. Si les projets de société des candidats, quand ils en ont, ne sont pas nécessairement décisifs dans le choix des électeurs (notamment parce qu’ils se ressemblent bien souvent), ils constituent tout de même un élément de crédibilité et induisent des attentes de la part des citoyens. Et l’élu pourra choisir soit de s’inscrire dans les pages de la grande Histoire en devenant l’homme ou la femme d’État qui a saisi les enjeux du moment et les attentes de ses mandants, soit de rester un politicien se contentant, au mieux, d’assurer ses fonctions de représentation et un fonctionnement minimum de l’État. Dans le Bénin de 2016, presque tout est urgent, mais tout ne peut être prioritaire. Les défis sectoriels sont connus: la mécanisation et la diversification agricoles, l’emploi des jeunes à travers la promotion des filières de formation professionnelle et technique, l’accélération des investissements publics et privés, qu’ils soient nationaux ou étrangers, l’amélioration de la couverture sanitaire, l’exploitation d’une véritable économie numérique, etc. Mais ce qui devrait davantage exiger l’attention du futur président et transparaître dans le programme de gouvernement qu’il entend exécuter pour rendre concrète la vision « Bénin Alafia 2025 » (c’est-à-dire pour faire du Bénin « un pays phare, un pays bien gouverné, uni et de paix, à économie prospère et compétitive, de rayonnement culturel et de bien-être social »), c’est d’édicter et, surtout, de respecter et de faire respecter les principes qui devront orienter l’action publique.

Cette fois, il s’agirait de dépasser la quête de réussite individuelle et l’indifférence à l’échec collectif, pour (re)placer l’intérêt général au-dessus de tout, y compris de l’ego du chef de l’État. Quelques priorités du prochain président peuvent être avancées dans cet esprit. La première sera de réformer l’administration en bannissant les gaspillages et en privilégiant la culture de l’excellence, du mérite et de la transparence. La deuxième, de favoriser la production et la distribution à bas coût d’énergie pour accélérer l’industrialisation du pays. La troisième, de réduire la part de l’informel dans l’économie afin d’accroître les ressources de l’État et de mieux assurer la « sécurité humaine » de chaque citoyen. La quatrième consistera à mettre en place un mécanisme de financement public des partis politiques, assorti d’obligations, pour mettre un terme à la « clochardisation » des partis, si préjudiciable à la vitalité démocratique.

Dans le Bénin de 2016, presque tout est urgent, mais tout ne peut être prioritaire.

Il ne faudrait pas reproduire ce qui nous vaut aujourd’hui la réputation peu glorieuse d’hommes et de femmes qui, pris individuellement, ont une capacité conceptuelle élevée, mais qui, collectivement, sont quasi incapables de mettre en pratique leurs idées ou de réaliser dans des délais raisonnables les objectifs qu’ils se sont eux-mêmes fixés. jeune afrique

Enfin, si le futur président et sa majorité jugent utile d’amender la Constitution de 1990 – ce qui semble tout à fait secondaire, car nous avons une bonne Constitution –, il serait salutaire qu’ils envisagent de supprimer la Haute Cour de justice, qui est chargée de juger le chef de l’État et les ministres pour des infractions commises dans l’exercice de leurs fonctions, mais qui s’est jusqu’à présent contentée d’engloutir des budgets de plusieurs centaines de millions de francs CFA par an pour un rendement nul… Alors qu’on pourrait parfaitement mandater les juridictions de droit commun pour ces infractions, qui sont criminelles bien plus que politiques. Ils sont peu nombreux à soutenir cette proposition radicale. Par précaution sans doute, car les procédures de saisine et de comparution sont si complexes que, même en cas d’acte de corruption avéré, aucun dirigeant ne risque d’être jugé par cette Haute Cour. Mais avant tout cela, pour aller vers ce Bénin meilleur que les Béninois appellent de tous leurs vœux, il aura fallu rassembler le pays et le mettre résolument au travail. ● n o 2872 • du 24 au 30 janvier 2016

77


Les Douanes béninoises en marche vers la modernisation

BONI YAYI, PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE ACCOMPAGNÉ DU PREMIER MINISTRE LIONEL ZINSOU, DES MEMBRES DU GOUVERNEMENT ET DU GÉNÉRAL SEZAN INAUGURANT LE GUICHET UNIQUE DES OPÉRATIONS DU COMMERCE EXTERIEUR (GUOCE). 

L

a Direction Générale des Douanes et Droits Indirects est s o u s l a t u te l l e d u Ministère de l’Économie, des Finances et des Programmes de Dénationalisation. L’ensemble des services douaniers est placé sous l’autorité du Directeur Général, le Général Charles Sourou SEZAN assisté d’un Adjoint, le Général Raoul Idohou AFOUDAH. À l’instar des autres administrations douanières modernes, elle accomplit trois missions à savoir une mission fiscale, une mission économique et une mission de surveillance et de sécurisation de la chaîne logistique internationale.

La Douane béninoise est une régie entièrement informatisée et dont tous les services sont interconnectés à la Direction Générale. Elle contribue à la consolidation du cadre macroéconomique à travers le renforcement et le suivi des mécanismes et stratégies de recouvrement des recettes douanières. Cette prépondérante mission fiscale lui confère depuis plus de dix (10) ans la première place parmi les régies financière de l’État béninois car elle mobilise plus de 50 % des ressources intérieures budgétaires pour le compte du Trésor Public. Aujourd’hui, sous l’impulsion du Président de la République, le Dr BONI YAYI et du Ministre d’État chargé de l’Économie, des

Finances et des Programmes de Dénationalisation Komi Koutché, les douanes béninoises sont en pleine mutation. Cette modernisation déclinée en un plan stratégique triennal, se traduit par l’accélération des actions de réforme pour une douane moderne, ef ficace et transparente.Dans cette dynamique, les douanes béninoises disposent d’un nouveau Code des Douanes, d’un site web rénové (www.douanes-benin.net) doté d’un système de gestion des plaintes et d’une revue trimestrielle d’informations. Dans ce processus de modernisation amorcé par la Douane béninoise, quelle est notre vision et que priorisons nous pour être au rendez-vous ?


Notre vision : faire des Douanes béninoises une administration fiscale de développement Le défi qui s’impose à la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects, est d’améliorer sa gestion administrative, le contrôle aux frontières terrestres et la simplification des procédures en relation avec les indicateurs du Doing Business. Ainsi, grâce à l’impact positif de la dématérialisation des opérations de pré-dédouanement au Port de Cotonou qui est l’une des réformes phares de l’administration des Douanes, le Bénin a connu un bond qualitatif dans le classement du Doing business.Les Douanes béninoises se positionnent pour être une véritable administration fiscale au service du développement du Bénin.

Notre priorité : nos réformes Dans le cadre de la modernisation de l’administration des douanes du Bénin, il a été conçu et mis en

place, en collaboration avec le Fonds Monétaire International (FMI), un plan stratégique couvrant la période 2013-2016 et reconduit pour la période 2016-2018. Ces réformes qui commencent par prendre corps, visent à renforcer les fonctions essentielles des douanes béninoises à travers (1) la mise en place d’une analyse de risque efficace, (2) le renforcement des contrôles avant dédouanement (3) la certification des poids des marchandises (4) la mise en place et l’exploitation des scanners (6) le suivi électronique des marchandises en transit (7) le développement des capacités de contrôle après dédouanement avec le Programme de Certification des Valeurs (PCV). La version SYDONIA Word pour les opérations de dédouanement à la Recette des douanes Cotonou-Port est déjà une réalité. Par ailleurs, pour satisfaire davantage sa clientèle et répondre aux standards internationaux, les Douanes béninoises se sont engagées depuis quelques mois dans une démarche qualité pour la certification aux normes ISO. 

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 LES GÉNÉRAUX SEZAN ET AFOUDAH AVEC LES CHEFS D’UNITÉ POUR LA RÉUNION DU BILAN DE L’ANNÉE 2015.

DIFCOM/DF - PHOTOS : DR.

PUBLI-INFORMATION


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Le Plus de J.A. Bénin Présidentielle

Au-dessus des partis Qu’ils bénéficient de soutiens politiques ou qu’ils concourent sous la bannière d’une coalition, la plupart des principaux prétendants se présentent sans étiquette.

À

un mois du premier tour, la présidentielle béninoise promet d’être la plus ouverte des élections à la magistrature suprême programmées cette année sur le continent. D’une part parce que le chef de l’État sortant, après deux quinquennats, ne se présente pas. Mais surtout parce que, face à la notoriété, la stature et les profils éclectiques des principaux candidats en lice, rien n’est joué d’avance. Entre le banquier d’affaires et actuel Premier ministre Lionel Zinsou, l’économiste et ex-chef du gouvernement Pascal Irénée Koupaki, le financier Abdoulaye Bio Tchané, le général et désormais député Robert Gbian, le patron des patrons Sébastien Ajavon, ou encore l’homme d’affaires Patrice Talon, difficile de dire qui se détachera du peloton ou de pronostiquer comment les alliances entre les uns et les autres s’organiseront dans le cas d’un second tour. D’autant que, même s’ils bénéficient de soutiens dans les milieux politiques et au sein de la société civile, la plupart de ces prétendants au palais de la Marina se présentent en candidats indépendants. PAGAIL LE. Pendant des mois, la

une alternative patriotique) et ancien ministre du Développement (jusqu’en juin), fraîchement élu député. Nombre de cadors des Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE, alliance soutenant Boni Yayi) ont espéré que le chef de l’État porte son choix sur leur per-

principale inconnue fut l’identité du dauphin de Boni Yayi. Les noms d’une bonne dizaine Deux des plus riches hommes de proches du chef de l’État d’affaires du pays sont entrés ont circulé, parmi lesquels dans la compétition. ceux de fidèles, comme François Abiola, président du sonne. En vain. C’est le Premier ministre, Mouvement Espoir du Bénin (MESB) et vice-Premier ministre chargé de l’EnseiLionel Zinsou, qui portera finalement les couleurs des FCBE. Un choix que le gnement supérieur et de la Recherche président a fait, fin novembre, parmi dix scientifique, et Marcel de Souza, ami candidats, au terme d’un processus aussi de longue date et beau-frère du chef de l’État, président du Front républicain du novateur qu’opaque et qui aura semé une Bénin (FRB, ex-Front républicain pour sacrée pagaille au sein de la majorité. n o 2872 • du 24 au 30 janvier 2016

Résultat, plusieurs anciens ministres et proches collaborateurs du chef de l’État sortant ont finalement déclarés leur candidature, comme Marcel de Souza, Issifou Kogui N’Douro (ex-ministre de la Défense), Nassirou Arifari Bako (Affaires étrangères) et Jean-Alexandre Hountondji (ancien conseiller politique de Boni Yayi et ex-porte-parole du gouvernement). Aux yeux de ses détracteurs, Lionel Zinsou ne correspond à aucun des critères établis par l’alliance présidentielle : à savoir être membre des FCBE, détenir un mandat électif et posséder une base électorale bien définie. « Ce n’étaient que des critères d’appréciation, aucun n’était éliminatoire, justifie un proche du chef de l’État. Le Premier ministre est considéré comme un militant du parti en tant jeune afrique


Les jeux sont ouverts

Candidats et dates Dépôt des dossiers

entre le 9 et le 12 janvier,

48 candidatures ont été enregistrées par la Commission électorale nationale autonome (Cena) Examen par la Cour constitutionnelle

du 13 au 24 janvier

Publication de la liste des candidats

25 janvier

Ordre des candidats sur le bulletin unique (par tirage au sort)

1er février

Campagne électorale

du 12 au 26 février à minuit

pour le premier tour, et

du 6 au 12 mars à minuit

en cas de second tour Scrutin

28 février

pour le premier tour, et

13 mars

en cas de second tour

que personnalité, car il a été conseiller spécial du président [de 2006 à 2011] et a participé activement à la table ronde de Paris » organisée en juin 2014 avec les investisseurs béninois et internationaux pour financer le développement du pays. « La candidature de Lionel Zinsou était la moins “clivante” et, surtout, la meilleure », résume un cadre des FCBE. Passés ces obstacles internes, Lionel Zinsou devra encore relever plusieurs défis. À 61 ans, le brillant banquier d’affaires franco-béninois (depuis 2009, il dirigeait l’un des plus gros fonds d’investissement d’Europe, PAI Partners, après être passé par la banque Rothschild), qui est aussi le neveu de l’ex-président Émile Derlin Zinsou, devra d’abord gommer cette image de « candidat de l’étranger » – de la France en particulier –, que jeune afrique

l’opposition se fait un plaisir d’alimenter. Ensuite, il devra se faire accepter dans le Nord, lui dont la famille est très implantée dans le Sud – raison pour laquelle les tracts des FCBE présentent systématiquement Zinsou au côté de Boni Yayi, dont la mère était bariba,

béninois, où le régionalisme reste particulièrement vivace. NOUVEAU VENU. Plusieurs personna-

lités comptent bien profiter d’un possible rejet de Zinsou dans le Nord. À commencer par Robert Gbian, 63 ans, « entré en politique » avec succès lors des législatives Lionel Zinsou devra gommer son d’avril 2015 et désormais image de « candidat de l’étranger », vice-président de l’Assemet de la France en particulier. blée nationale. Directeur du service de l’intendance des Forces armées béninoises de 2001 à l’ethnie majoritaire dans le Nord. Car 2006, puis du cabinet militaire de Boni si le Premier ministre bénéficiera du Yayi jusqu’à sa retraite, en avril 2012, « le soutien de la machine des FCBE, qui général » compte en effet s’appuyer sur ont été en tête de toutes les élections sa popularité dans le septentrion bénidepuis l’arrivée de Boni Yayi au pouvoir, beaucoup se demandent comment va se nois et sur sa posture de nouveau venu en politique. Natif de Bembèrèkè, ● ● ● comporter l’électorat dans le septentrion n o 2872 • du 24 au 30 janvier 2016

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Le Plus de J.A. Bénin

E. AHOUNOU

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p Le Premier ministre Lionel Zinsou (au second plan, au centre) lors du dépôt de sa candidature, dans la soirée du 12 janvier. ● ● ● dans le Borgou (Centre), l’ancien intendant militaire est issu de l’ethnie bariba. Élu aux législatives de 2015 sous l’étiquette de l’Alliance Soleil (formée fin 2014 par des députés du Nord dissidents de la majorité), il s’est cependant opposé au choix fait par cette coalition de soutenir Patrice Talon. À 63 ans, Abdoulaye Bio Tchané, surnommé ABT – qui est aussi l’acronyme de son mouvement, l’Alliance pour un Bénin triomphant –, participera quant

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à lui à sa deuxième présidentielle. Il s’est lancé en politique lors du scrutin de 2011, où il est arrivé troisième, avec 6,14 % des suffrages exprimés, derrière Boni Yayi et Adrien Houngbédji. Ministre des Finances sous Mathieu Kérékou (1998-2002), directeur du département Afrique du FMI (2002-2008), puis de la BOAD (2008-2011), il est désormais président du cabinet de conseil Alindaou Consulting International et du conseil d’administration du Fonds africain de

garantie, créé par la BAD pour soutenir les PME. Un autre éminent économiste, Pascal Irénée Koupaki (PIK), 64 ans, sera lui aussi de la partie. Premier ministre de mai 2011 à août 2013, il a un temps espéré être adoubé par Boni Yayi, lequel, selon l’un de ses proches, n’a en fait jamais envisagé d’en faire son dauphin. Après une carrière à la BCEAO et au FMI, Koupaki a fait partie de tous les gouvernements depuis 2006, d’abord ● ● ●

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Le Plus de J.A. Bénin d’affaires parmi les principaux financiers du monde politique ont décidé d’entrer dans la compétition. patrons. Natif de Ouidah (Sud),

ADEWOLE/EAHOUNOU

p Patrice Talon n’est rentré au pays qu’en octobre, après trois ans d’exil.

à l’Économie, puis à la Prospective. En campagne depuis qu’il a quitté la primature, en août 2013, il a multiplié les déplacements en province afin d’expliquer son engagement pour l’émergence d’une « nouvelle conscience », la naissance d’un Béninois nouveau. ●●●

Un savant mélange de justification de son bilan au gouvernement et de programme politique, qu’il présentait déjà dans deux petits livrets bleus publiés en octobre 2013 et en juin 2014. Si l’élection de fin février est si particulière, c’est aussi parce que deux hommes

Patrice Talon, 57 ans, a longtemps régné sur l’économie béninoise, en particulier sur la filière coton et le secteur de la logistique. Il fut pendant presque aussi longtemps un proche de Boni Yayi. Jusqu’à ce que, peu après que lui fut confiée la gestion du Programme de vérification des importations du Port autonome de Cotonou, en 2011, ses relations avec le chef de l’État se délitent, sur fond de scandale (lire pp. 70-72). Tour à tour soupçonné de malversations financières, de tentative d’empoisonnement du président puis de participation à un complot contre l’État, il s’est exilé pendant trois ans et n’est rentré au Bénin qu’en octobre dernier. Compétiteur né, Patrice Talon souhaite aujourd’hui prendre sa revanche en mettant ses affaires au service de la politique et d’un combat « contre un système » auquel il a lui-même participé. S’il fait preuve d’une habile communication, favorisée par une force de frappe financière ● ● ●

q Sébastien Ajavon s’est officiellement déclaré candidat le 3 janvier lors d’un meeting au stade Mathieu-Kérékou, à Cotonou.

FRANCKAHO/EAHOUNOU

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Le Plus de J.A. Bénin importante, et qu’il bénéficie du soutien de la majorité des producteurs de coton, sa candidature est de loin la plus « clivante ». Celle d’un autre grand patron, Sébastien Ajavon, officiellement déclarée le 3 janvier à l’occasion d’un grand meeting organisé à Cotonou, pourrait bien lui faire de l’ombre. Le PDG fondateur du groupe Cajaf-Comon et président du patronat béninois a lui aussi financé la vie politique pendant des années. Et lui aussi a eu maille à partir avec Boni Yayi : un redressement fiscal de 32 milliards de F CFA (près de 49 millions d’euros) a créé des frictions entre les deux hommes en 2012, avant qu’un accord intervienne entre l’État et Comon SA. Il n’est pas pour autant un « opposant affirmé au régime de Boni Yayi », ainsi que le confie un membre de son équipe de campagne, et son ambition est de « tisser la nouvelle corde sur l’ancienne ». Sébastien Ajavon bénéficie de soutiens politiques, notamment ceux de Valentin Aditi Houdé et son Alliance nationale pour la démocratie et le développement (AND), de Sévérin Adjovi, le maire de Ouidah, de Claudine

© Vincent Fournier/J.A.

●●●

p Léhady Soglo, président de la RB, s’est finalement rallié à Zinsou…

Afiavi Prudencio, députée, présidente de l’Union pour le développement du Bénin nouveau (UDBN) et nièce de l’ancien président béninois Émile Derlin Zinsou, ou encore, contre toute attente, de Rachidi Gbadamassi, l’influent député FCBE de Parakou. Le patron des patrons béninois est par ailleurs soutenu par un autre poids lourd de l’économie, Samuel Dossou-Aworet, l’influent PDG du groupe Petrolin, par ailleurs époux de Claudine Prudencio. COALITION. Les candidatures de ces

© Vincent Fournier/J.A.

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personnalités ont poussé les principaux partis d’opposition à attendre le dernier moment, c’est-à-dire la fin du délai de dépôt des candidatures, le 12 janvier, pour décider de désigner un candidat en interne ou d’en soutenir un à l’extérieur de leur formation. C’est le cas de la Renaissance du Bénin (RB), présidée par Léhady Soglo, mais aussi de la coalition l’Union fait la nation (UN), qui réunit notamment le Parti socialdémocrate (PSD) d’Emmanuel Golou, le Parti du renouveau démocratique (PRD) d’Adrien Houngbédji, président de l’Assemblée nationale, et le mouvement Force clé, d’Éric Houndété, premier vice-président de l’Assemblée. Léhady Soglo a finalement annoncé que la RB se ralliait au panache de Lionel t … tout comme Adrien Houngbédji, président de l’Assemblée nationale.

Zinsou. Lui qui a succédé à sa mère, Rosine, à la tête du parti en 2010, et à son père, Nicéphore, à la mairie de Cotonou en 2015, dit avoir agi « pour préserver la stabilité et la paix ». Faute de candidat en interne, il a aussi décidé de suivre la majorité des élus locaux de la RB qui avaient opté pour soutenir la candidature du Premier ministre. Mais, dès le 15 janvier, Nicéphore et Rosine Soglo se sont empressés de désavouer ce choix. Après avoir rompu avec l’UN au lendemain de la présidentielle de 2011, puis s’être retirée de la majorité FCBE début 2015, la RB semblait en perte de vitesse. L’autorité de Léhady Soglo pourrait-elle aujourd’hui être remise en cause ? Adrien Houngbédji, qui a rassemblé 35,6 % des votes à la présidentielle de 2011 et plus de 25 % en 2006, soutient également la candidature de Zinsou. Pour lui, le choix était plus simple puisque, à 73 ans, il n’est plus éligible. Il a en tout cas fait éclater une UN incapable de s’accorder sur une candidature unique entre le président du PSD, Emmanuel Golou, qui a jeté l’éponge (et a appelé à voter pour Ajavon), et le progressiste Éric Houndété, qui a finalement présenté sa candidature, sans le soutien, donc, des autres composantes de l’UN. La décision du leader du PRD pourrait surtout faire basculer le rapport des forces en faveur du candidat des FCBE, puisqu’elle donne naissance à une coalition ratissant au sud, au centre et au nord. ● VINCeNT DUHeM jeune afrique


La Fondation MTN Bénin investit dans l’éducation numérique. A l’heure où la révolution industrielle laisse place à celle du savoir, notre transmission des connaissances se transforme avec la combinaison du numérique et de l’éducatif.

Au-delà de la seule promotion des ordinateurs à l’école, la vraie révolution éducative est celle de « l’enseignant assisté par ordinateur ». Des idées de programmes éducatifs se développent avec le concours des différents partenaires (Collectivités locales, ministère de l’éducation, etc) et la Fondation MTN au Bénin est un acteur majeur dans l’éducation nationale qui investit une grande partie de ses ressources dans l’éducation numérique. Le projet School Connectivity, Connectivity, par exemple, a contribué à l’amélioration des conditions d’études de près de cent-cinquante mille (150 000) étudiants dans les universités d’Abomey- Calavi et Parakou.

Le numérique est une véritable opportunité pour l'école parce qu'il ouvre de nouvelles perspectives. Il est un moyen précieux pour aider à répondre aux défis majeurs que l'École rencontre aujourd'hui : la réduction des inégalités scolaires, l'ouverture de l'École sur le monde. Par ailleurs, il faut noter que le projet Génération Numérique constitue la prochaine étape et vise les lycées et collèges. Le projet est dans sa phase active d’appropriation par les bénéficiaires et vise à équiper en classes numériques cent (100) lycées et collèges sur toute l’étendue du territoire du Bénin.

Ce programme vise à équiper les écoles en classes numériques en vue d'atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement en matière d'éducation au Bénin.

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Le Plus de J.A. Bénin décryptAge Alain Faujas

Malheureusement, ça patine !

C

e n’est pas que le Bénin aille mal. avec une croissance de 5,2 % en 2015 et peut-être de 5,5 % en 2016, selon les estimations du Fmi, son économie progresse enfin au rythme du reste de l’afrique subsaharienne. il y a du mieux un peu partout. les routes s’améliorent vers le togo, vers le nigeria et vers le nord du pays. la gratuité de l’éducation pour les filles et de la césarienne représente un réel progrès. la dette publique est mieux gérée, et le déficit budgétaire maîtrisé. le programme « lumière pour tous », lancé par le premier ministre lionel Zinsou, devrait changer le quotidien des 75 % de la population toujours plongés dans le noir grâce à ses kits solaires et aux 105 mini-centrales prévues.

Reste que le Bénin patine. la pauvreté ne recule pas. la diversification des productions ne se concrétise pas, comme le prouve l’absence de mise en route des six usines de transformation de produits agricoles en chantier. les réformes avancent à la vitesse de l’escargot : la meilleure gestion informatisée du port de Cotonou (lire p. 90) n’est pas suffisante pour attirer les bateaux ; et la reprivatisation de l’égrenage et de la commercialisation du coton n’est toujours pas réalisée, ce qui continue à pénaliser une filière où le prix du kilogramme de la meilleure qualité a encore reculé de 265 à 250 F CFa (moins de 0,40 euro). la voie ferrée vers le niger, chère au groupe Bolloré, affronte des embûches judiciaires (lire pp. 93-94). quoique achevée et réceptionnée, la centrale électrique de maria-Gléta n’est pas opérationnelle faute de gaz. On ne compte plus les chantiers d’infrastructures en retard.

la faute à qui ? au président Boni Yayi, dont le côté brouillon et impulsif compliquerait la gestion d’innombrables projets lancés à la va-vite ? Daniel ndoye, économiste à la Banque africaine de développement (BaD), penche plutôt pour un mauvais fonctionnement de l’administration : « Celle-ci dispose de moins en moins d’effectifs, car les départs à la retraite ne sont pas remplacés et cela freine la mise en œuvre des réformes programmées. » D’autres experts sont plus sévères et incriminent notamment la faible compétence des services des finances. Ces errements font du Bénin le jouet des événements. la baisse du tarif extérieur commun de la Cedeao, en vigueur depuis le 1er janvier 2015, pourrait faciliter les exportations béninoises vers le nigeria… à condition d’avoir quelque chose à y exporter. Faute de quoi les caisses de l’état connaîtront une chute des recettes douanières. La baisse du prix du baril de pétrole est bienvenue, mais si le nigeria en profite pour réduire une fois de plus ses subventions en faveur des produits pétroliers, c’est tout le secteur informel béninois de l’importation fraudu-

Certes, il y a du mieux un peu partout. Mais la pauvreté ne recule pas, les réformes avancent à la vitesse d’un escargot et les infrastructures sont en retard.

Du côté des finances aussi, on peut s’inquiéter d’une précipitation certaine, et le Fmi a tiré la sonnette d’alarme au sujet de la dette dans un rapport rendu public le 7 janvier. en décembre, le Bénin a placé sur le marché financier régional des obligations d’une durée de sept ans pour 250 milliards de F CFa, soit 5 % de son piB. avec un taux de 6,5 %, ce n’est pas donné, et le fardeau pourrait s’alourdir avec la remontée mondiale des taux d’intérêt sous la pression de la Réserve fédérale américaine. enfin, le Danemark et les pays-Bas ont suspendu leur aide en 2015 après avoir découvert qu’une partie de l’argent destiné à des programmes pour l’amélioration de la distribution d’eau potable disparaissait dans des poches privées ! n o 2872 • du 24 au 30 janvier 2016

leuse (80 % de la consommation béninoise !) de carburants qui sera en péril, même si l’état y trouvera son compte par le biais d’une hausse des ventes légales, et donc des taxes. la dépendance vis-à-vis du nigeria se paiera aussi au niveau de la croissance, car 1 % de croissance nigériane en moins signifie une amputation de 0,3 % de la croissance béninoise. et le grand voisin connaît en ce moment un recul de deux ou trois points de son dynamisme, que la chute continue du baril de pétrole devrait encore aggraver. en l’absence de volontarisme pour gagner en indépendance par rapport à lagos et faire reculer la part du secteur informel, il ne reste qu’à se féliciter, avec Jean-François almanza, économiste à l’agence française de développement (aFD), de l’absence de tensions politiques à Cotonou. « le Bénin reste un pays apaisé, conclut-il, et c’est une de ses chances. » C’est bien, mais c’est peu. ● jeune afrique


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Le Plus de J.A. Bénin puis d’une convention. Une opération pilote a été lancée en février 2011. Il a cependant fallu attendre décembre 2013 pour que la STTB puisse démarrer ses activités. « La volonté politique est souFini la fraude et les embouteillages. Sur le port de cotonou, vent confrontée à la lourdeur adminisun système informatisé gère la circulation des camions et trative dans notre pays, confie Jimmy les suit à la trace. Afouhouncho. Et, malgré la volonté du président de la République de faire accéléepuis que la société Solutions rerledossier,nousn’yavonspaséchappé.» Les services de la STTB permettent technologiques des transports Sans compter les mois de négociations de suivre les camions dans l’enceinte du Bénin (STTB) a fait son portuaire, mais aussi sur le tronçon qu’ils nécessaires pour que le gouvernement, entrée au Port autonome de empruntent à leur sortie. « Ce afin d’éviter les transporteurs et les autorités porCotonou (PAC) avec pour mission de qu’ils changent de destination en cours de tuaires tombent d’accord sur le montant fluidifier et de sécuriser le trafic routier route – pour tenter de frauder les douanes, de la redevance d’entrée des camions. En dans la zone portuaire et la capitale éconotamment – ou qu’ils empruntent des vigueur depuis mars 2014, le tarif unique nomique, la vie des usagers du port et itinéraires fantaisistes », explique retenu est de 10000 F CFA (envide ses riverains a bien changé. « Avant, Benjamin Sénou, agent transiron 15,25 euros) payables à la l’enlèvement de nos conteneurs prenait taire au port de Cotonou. STTB : 1 500 F CFA sont reverdeux à trois semaines. Avec le système sés au PAC, le reste étant censé de gestion de la STTB, les marchandises couvrir les frais de prestations reDevance. « La compétitivité de la société. quittent le port en quarante-huit heures au de la plateforme portuaire de des échanges plus, c’est une vraie révolution! » se réjouit Outre son quartier général et Cotonou constituait une quête Alioum Diata, un commerçant nigérien obsessionnelle des mandats du de marchandises son centre de contrôle installés avec l’étranger sur le port de Cotonou, la STTB rencontré à l’entrée du PAC. président Boni Yayi. Elle exigeait passent par La société béninoise assure depuis deux le désengorgement du trafic roudispose de trois centres relais : le PAC ans la gestion informatisée des entrées et tier. C’était notre lettre de misle premier gère l’axe est (Igolosorties et du trafic de poids lourds, ainsi Sèmè-Kraké) avec le Nigeria, le deuxième sion, il fallait que ça passe ! » résume de que leur traçabilité, grâce aux balises l’axe ouest (Ouidah-Hillacondji) avec le son côté Jimmy Lassissi Afouhouncho, GPS (boîtes noires reliées par système PDG de la STTB, qui compte désormais Togo, le troisième l’axe central avec le nord satellitaire au centre de contrôle) dont 200 employés. et les pays de l’hinterland. Ces centres elle équipe chaque camion travaillant Le partenariat entre l’entreprise bénisont dotés de parkings de grande capaau PAC. Une géolocalisation qui permet cité, d’équipements de services (toilettes, noise et le PAC s’est concrétisé le 17 mars aux opérateurs et aux autorités portuaires boutiques, stations essence) et d’aires 2010 après une recommandation du de suivre en temps réel les véhicules et Conseil des ministres, et a été scellé le dévolues aux formalités douanières. ● leur cargaison. mêmemoisparlasignatured’unagrément, Fiacre viDJinGninOU Logistique

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Lire aussi « Boucle ferroviaire : Vincent Bolloré confirme la suspension des travaux »

p Inauguration de la gare centrale rénovée, en janvier 2015, dans la capitale économique. TransporTs

La locomotive Bolloré rattrapée par la concurrence? Le groupe français avait repris les chemins de fer, mais la justice a donné raison en appel à son rival béninois, Petrolin. Et ordonné la suspension des travaux.

«

E

ntre l’État, qui dit ne pas vouloir respecter la décision de justice, et la crainte de voir les travaux de réhabilitation suspendus, nous vivons une situation très pénible », confie Benoît Gandaho, conducteur de train. Depuis l’annonce de la reprise de l’Organisation commune Bénin-Niger (OCBN) des chemins de fer par le groupe français Bolloré Africa Logistics (BAL), les cheminots béninois avaient pourtant repris espoir. Mi-août 2015, l’industriel français et les États du Bénin et du Niger ont en effet jeune afrique

signé les conventions de concession, de construction et d’exploitation (pour une durée de trente ans) de la ligne ferroviaire Cotonou-Niamey, donnant naissance

Bénin et le Niger (10 % chacun) prévoit l’entrée au capital d’investisseurs privés des deux pays que les États devront proposer dans un délai de deux ans – à défaut, la participation de BAL pourrait être portée à 80 %. Le coût du chantier La ligne Cotonou-Niamey de la ligne Cotonou-Niamey nécessite la rénovation de s’élève à 1 milliard d’euros. 430 km de voies entre Cotonou et Parakou, ainsi que la construcà Bénirail, la société de gestion créée tion de 630 km de rails entre Parakou et pour remplacer l’OCBN, au capital de Niamey. Un investissement hautement 106 millions d’euros. Le pacte d’actionstratégique pour BAL, qui s’est engagé naires entre BAL (qui détient 40 %), le à financer 100 % du projet. En effet, n o 2872 • du 24 au 30 janvier 2016


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Le Plus de J.A. Bénin le tronçon entre Cotonou et Niamey représente 1 060 km sur les 2 700 km de la boucle ferroviaire qui reliera à terme la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Niger, le Bénin et le Togo. Et le coût de ces travaux de rénovation-construction est estimé à 1 milliard d’euros, sur un montant global de 2,5 milliards d’euros pour l’ensemble de la boucle reliant Abidjan à Lomé. Pour les opérateurs économiques de ces pays, notamment les industriels ivoiriens exportant vers l’hinterland, le train représente le moyen de transport le moins coûteux et le plus fiable. Il est aussi la principale voie d’accès à la façade maritime pour les pays enclavés de la région (Mali, Niger et Burkina Faso). Les salariés de l’entreprise publique OCBN, en déshérence depuis 2005, ont vécu l’arrivée du groupe Bolloré avec soulagement : Bénirail a repris l’ensemble des 629 employés de l’OCBN et, fin septembre 2015, comme il s’y était engagé, BAL a payé à ces derniers, ainsi qu’à une centaine de retraités, les vingt mois d’arriérés de salaires et pensions qui leur étaient dus, soit quelque 6 millions d’euros. Épine. Mais pour les cheminots, le répit

a été de courte durée. Dans une interview au magazine français Challenges, publiée le 14 janvier, Vincent Bolloré a confirmé la suspension des travaux. BAL avait en effet engagé des travaux dans les gares et sur les voies en avril 2014, alors qu’il n’en détenait pas encore la concession puisqu’il n’a signé un accord avec les États qu’un an plus tard. Les partenaires se sont-ils emballés trop vite ? Ont-ils commencé les chantiers trop tôt ? Difficile à dire. Toujours est-il que

de fer de nos pays et nous le ferons quoi qu’il en coûte. Nous invitons le groupe Petrolin à dialoguer. Il est impensable de laisser tous ces pères de famille continuer de végéter dans le dénuement total et sans salaire », a confié le chef de l’État à Jeune Afrique au sortir d’une réunion avec les cheminots, au lendemain de la publication de l’arrêt de la cour d’appel. « On ne peut pas nous déposséder de la sorte et croire que nous allons continuer à nous taire. Le droit est dit, il faut que tous s’exécutent. Il n’y aura pas de retour en arrière. Bolloré nous a spolié notre projet, il va le payer cher. Ces agissements d’un autre siècle, c’est fini ! » s’insurge Claudine Afiavi Prudencio, députée, « il est impensable de laisser membre du conseil d’admitous ces pères de famille végéter nistration et épouse du PDG de Petrolin. dans le dénuement total. » Le groupe béninois BOni YaYi affirme par ailleurs détenir un « contrat de confidentiale 19 novembre 2015, la cour d’appel lité » signé en janvier 2014 par Philippe de Cotonou a jugé que « les travaux Labonne. Le directeur général de BAL entrepris par BAL et les agissements de s’y engagerait à ne pas entrer en concurl’État béninois sont constitutifs de voie rence sur le projet ferroviaire et à assister de fait ». Elle a ordonné « la cessation par Petrolin sur le plan technique. BAL de tous travaux entrepris sur le site Les conventions signées entre BAL, le de l’OCBN à Cotonou, sous astreinte de Bénin et le Niger sont également contes100 millions de F CFA [152 000 euros] par tées par la société d’ingénierie française jour de résistance » et à l’État béninois Geftarail qui, de son côté, revendique comme à BAL de « s’abstenir de tous la paternité du projet et estime détenir travaux sur les composantes du projet des droits sur la boucle ferroviaire allant Épine dorsale, sous astreinte de 100 milde Cotonou au Burkina depuis 2002. lions de F CFA par jour de résistance ». Le 5 novembre 2015, elle a déposé une requête auprès de la cour internationale d’arbitrage de la Chambre de commerce SpOLiÉ. Une décision que le président béninois Boni Yayi ne semble pas disinternationale (CCI) contre BAL, l’État posé à exécuter. « Il nous est impossible du Bénin et celui du Niger, et a demandé de revenir en arrière. Nous avons pris l’arrêt des travaux dans les deux pays. ● l’engagement de ressusciter les chemins Fiacre ViDJinGninOU

Petrolin, le groupe dirigé par l’homme d’affaires béninois Samuel DossouAworet, a porté plainte, estimant détenir des droits sur ce chantier de construction et d’exploitation ferroviaire. D’une part dans le cadre du projet Épine dorsale (qui porte sur le développement des infrastructures de transport et de logistique du Bénin, dont le rail), d’autre part en vertu d’une notification d’attribution de concession que son pays et le Niger lui avaient accordée en 2010 à la suite d’un appel d’offres. Un an après avoir été débouté de ses demandes en première instance, Petrolin a gagné en appel. Dans un arrêt rendu

Au cœur des élections présidentielles au Bénin : 95.2 FM et frissonsradiocotonou.com


Le Plus de J.A. Bénin ReconveRsion

Un homme de culture Depuis qu’il a quitté la politique, l’ancien ministre Ganiou Soglo s’est lancé dans l’agriculture bio. Reportage dans son exploitation, près de Lanzron, à 30 km de Cotonou.

A

près avoir parcouru une trentaine de kilomètres sur une route en terre battue depuis la sortie nord de Cotonou, on arrive au village de Lanzron, aux confins de la vallée de l’Ouémé. C’est ici que Ganiou Soglo a posé ses valises en avril 2013, deux ans après avoir quitté le gouvernement. À l’époque, les 50 ha de terre argileuse du domaine n’étaient encore que broussailles et herbe grasse. « On n’y croyait pas. Qu’un citadin de cette trempe, fils d’un ancien président, vienne s’installer dans ce coin perdu… confie Gabriel, qui travaille désormais sur l’exploitation de l’ex-ministre. Ici, il sème l’espoir. » Baptisée Compagnie du Bénin, la ferme biologique de Ganiou Soglo est aujourd’hui en pleine activité, sous le contrôle des experts de l’Institut national des recherches agricoles, associés dès le départ au projet. Au pied de la tour érigée à l’entrée du vaste domaine, chaussé de bottes et coiffé d’un chapeau de paysan, fiches de travail en main, un homme donne ses instructions à trois jeunes g ens. C ’e st Ganiou Soglo. Quelques longues séances de sarclage et

d’arrosage plus tard, de retour à la tour de plantation qu’il s’est fait construire en guise de studio (un bureau et une chambre), l’ancien député paraît épanoui et serein. « Tout homme politique doit aller à la terre, car l’agriculture est le gage du développement : c’est de cette exhortation de l’ancien président ivoirien Houphouët-Boigny que je tiens ma motivation », explique-t-il. AFFRANCHI. À tout juste 55 ans, le fils

cadet de l’ex-chef de l’État béninois Nicéphore Soglo se plaît à dire qu’il s’est « affranchi de l’ombre tutélaire de [son] géniteur ». Exclu de la Renaissance du Bénin (RB), le parti fondé par « Maman Rosine » et désormais dirigé par son frère Léhady (lire p. 86), pour avoir accepté de rejoindre le gouvernement, Ganiou reste cependant solidaire et très proche du clan familial. Et ne s’abstient pas de commenter la vie politique, même s’il ne semble pas envisager d’y reprendre part. « Pour les Soglo, la politique est une passion, et ma mère est le ciment de cette famille, dit-il en souriant. Mon rêve aujourd’hui est de montrer que l’agriculture biologique est l’avenir de l’agriculture en Afrique, surtout aux jeunes. » Le gentleman-farmer en emploie une quarantaine sur son exploitation. Il estime que l’emploi des jeunes est un problème majeur, et que ce n’est pas en multipliant les agences et les fonds de soutien qu’on va le résoudre, mais sur le terrain. Et que l’État doit aider les jeunes à s’implanter sur les milliers d’hectares de terres arables inexploités dans le pays. Sur la plantation de la Compagnie du Bénin, divisée en zones qui chacune porte le nom d’un roi ou d’un

En « bio » express 1961 Naissance à Paris 1987 Master en sciences économiques à l’université de Montréal 1988-1990 Trader chez Prudential Insurance (Washington) dr

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1990-1992 DESS en finance à l’université Paris-Dauphine

2006 Candidat à la présidentielle (0,17 % des voix)

1990-1994 Cambiste à la banque San Paolo (Paris)

2007-2008 Ministre de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs

2003 Élu député de la Renaissance du Bénin (RB). Réélu en 2007

2008-2011 Ministre de la Culture

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Les jeux sont ouverts

Fiacre ViDJiNGNiNOU

DR

leader politique du pays (Bio Guerra, Béhanzin, Nicéphore Soglo, Rosine Vieyra-Soglo…), poussent les fruits et légumes les plus variés : tomates, oignons, piments, concombres, poivrons, pastèques, carottes, laitues, choux, gombos, vernonias… « On ne peut pas baser son économie sur un seul produit », explique le maraîcher. Qui souhaiterait que toutes les filières agricoles bénéficient d’autant d’attention que celle du coton, pour générer autant de ressources et d’emplois, et pour que le pays cesse d’importer une grande partie de ses fruits et légumes du Burkina Faso et du Niger. En attendant, les siens sont commercialisés dans la plupart des grandes surfaces et des hôtels de Cotonou. « Ses produits sont de bonne qualité, ce qui relève de l’exploit au moment où l’on constate une forte propension à utiliser des OGM dans l’agriculture locale », souligne Ludovic Gandaho, ingénieur agronome et consommateur des produits de la Compagnie. ●

p Piments, poivrons, laitues, tomates… Le fils cadet de l’ex-chef de l’État Nicéphore Soglo a diversifié sa production.

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Belle mécanique L’ex-footballeur Jimmy Adjovi-Boco vient d’ouvrir en France son premier garage solidaire. Un concept original qui permet aux clients d’apprendre à réparer leur voiture.

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Deuxième objectif affiché : encourager l’entraide et le partage. Installé dans un quartier « sensible » de Compiègne, le garage des frères Adjovi-Boco est équipé, sur 1 200 m2, de dix ponts, d’une salle de formation et d’un espace pour discuter et échanger des conseils. « Des repas y sont régulièrement organisés afin de permettre aux clients de se rencontrer, car tous ne viennent pas des mêmes milieux sociaux », précise le chef d’entreprise. Une formule d’abonnement, à 100 euros

n ne l’attendait pas forcément étude de marché qui a révélé qu’une sur ce terrain. La plupart des majorité de Français avait tendance à footballeurs retraités entafaire appel à des proches pour effectuer ment leur seconde vie en des réparations, explique l’ancien footbaldevenant entraîneur, directeur sportif, leur, sorti diplômé de l’École agent ou consultant dans les médias. Plus supérieure de commerce le centre a déjà dépanné des rares sont ceux qui choisissent de s’oriende Lille en 1999. La voiture centaines d’automobilistes et est très importante pour la ter vers des secteurs radicalement difféplupart des gens : on en a rents, comme la restauration, l’hôtellerie compte plus de 100 abonnés. besoin pour se déplacer, ou la gestion de patrimoine. Jean-Marc certains lui vouent même une véritable par an, permet d’accéder aux différents « Jimmy » Adjovi-Boco, 52 ans, est à lui espaces. Déjà, une petite communauté seul un mélange des genres. passion… Mais faire réparer un véhicule s’est formée au sein de l’atelier, comÀ la fin des années 1990, après plusieurs peut coûter cher, et tout le monde n’a pas posée notamment de collectionneurs années passées à jouer sous les couleurs les moyens de le faire. Dans notre Centre Auto Repair, la facture est moins élevée, et d’étudiants de l’université technique du RC Lens puis une dernière saison à de 30 % à 40 %, que chez un garagiste l’Hibernian FC écossais, l’ex-défenseur et de Compiègne. Les plus doués en mécatraditionnel. » capitaine des Écureuils imagine d’abord, nique partagent leur expérience avec avec les internationaux franles néophytes. Le garage a çais Bernard Lama et Patrick également racheté, pour Vieira et le Sénégalais Saer 300 euros, une voiture qui, Seck, un institut de formation après avoir été remise en pour les jeunes footballeurs, état, est désormais en locaDiambars. L’école, dont il est tion au tarif de 10 euros par le directeur général, accueille jour. Ce service s’adresse en sa première promotion au priorité aux personnes en Sénégal en 2003 et est devedifficulté, dans l’incapacité nue depuis une référence. de se rendre à un entretien Là où la reconversion de d’embauche, par exemple. À terme, une dizaine de Jimmy Adjovi-Boco se révèle plus étonnante, c’est dans le voitures devraient ainsi être second projet qu’il mène avec mises en location. son frère Guy, mécanicien Six mois seulement après professionnel. Ensemble, son ouverture, le Centre Auto ils ouvrent en juillet 2015, à Repair de Compiègne a déjà Compiègne (à 80 km au nord dépanné des centaines de clients et compte plus de de Paris), un garage solidaire 100 abonnés. « Nous espébaptisé Centre Auto Repair. Un projet à 200 000 euros rons atteindre les 1200 adhéd’investissement, dont rents d’ici à la fin de l’année et développer le concept 40 000 euros levés en finanailleurs en France. Nous cement participatif. voudrions aussi créer une Le principe est à la fois auto-école solidaire. Et simple et original : il s’agit nous nous intéressons égad’un garage où l’on peut soit déposer sa voiture pour la lement au marché africain, faire réparer… soit apprendre pour les pièces détachées notamment », annonce à le faire soi-même, grâce au Jimmy Adjovi-Boco, qui, si matériel mis à disposition et aux conseils des trois mécal’affaire se révèle viable, enviniciens employés. Premier sage même de la développer objectif, évident : faire des sous forme de franchise. ● p L’ex-capitaine des Écureuils (à g.) s’est associé à son frère Guy (à dr.), mécanicien professionnel. Alexis BilleBAUlT économies. « J’ai réalisé une © dr

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Un nouvel investissement de

Salif Ouédraogo

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remier hôtel en Afrique francophone de la chaîne internationale Best Western Plus, l’établissement de Cotonou a pour Président-directeur général un quadragénaire, Salif Ouédraogo. API Holding, le groupe qu’il a fondé au Bénin, compte de nombreuses filiales dont certaines sont très familières pour les Béninois. C’est notamment le cas de APS Petroleum, dont les stations-services rouges et flambant neuves se distinguent dans le paysage routier. APS Petroleum a obtenu du gouvernement béninois l’autorisation d’importation et de distribution de produits pétroliers sur tout le territoire. Sous le nom de APS Bénin, elle est également le représentant exclusif de Petro China International dans plusieurs pays, notamment le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Togo. APS Phyto société spécialisée dans les intrants agricoles, est l’un des principaux fournisseurs de la Société Nationale Pour la Promotion Agricole (SONAPRA) du Bénin. Elle répond aux

marchés publics, aussi bien au Bénin que dans la sous-région. APS Construction, autre filiale d’API Holding, est pour sa part spécialisée dans la construction d’infrastructures routières. Elle a obtenu plusieurs marchés au Bénin, en particulier la réalisation de la route longue de 77 km allant de N’Dali, au nord-est de Parakou, jusqu’à la frontière avec le Nigeria. Ce chantier était soutenu par China Railway et la Banque Africaine de Développement (BAD). Dans un domaine moins mercantile, néanmoins hautement symbolique, Salif Ouédraogo est aussi sponsor des « Trophées Aské ». Cet événement unique et original distingue désormais chaque année les mérites de femmes inspiratrices du leadership féminin en Afrique. La deuxième édition s’est achevée le 21 novembre dernier par la remise de trophées à dix femmes originaires de huit pays (Afrique du Sud, Bénin, Burundi, Congo, Côte d’Ivoire, Guinée, Sénégal, Togo). Salif OUEDRAOGO a également reçu le prix du développement du tourisme du Forum des Opérateurs pour la Garantie et l’Émergence Économique en Afrique (FOGECA) en présence du Chef de l’État béninois le Dr Boni YAYI et de son Gouvernement.

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Bénin Le Plus de J.A. Société

au pays des créatifs On parle beaucoup des traditions du Bénin, surtout en ce mois de fête nationale vaudoue. C’est aussi un fief d’innovations technologiques et artistiques. Portraits.

adetoye aguessy es multinationales du secteur ont fait une véritable cour à Adetoye Aguessy pour le recruter quand il est sorti major de sa promotion à Télécom SaintÉtienne (France), en 2005. Le jeune ingénieur a refusé leurs offres, préférant un poste dans une PME qui lui a fait confiance pour développer un nouveau service téléphonique de voix sur IP. En 2012, il crée sa société, RightCom, pour lancer son propre produit, RightQ. « Cette plateforme basée sur le cloud nous permet d’apporter des solutions innovantes et abordables aux entreprises soucieuses d’améliorer leur service clients », explique le

chef d’entreprise. Installée à Cotonou et à Accra, et travaillant aussi avec une équipe en France, RightCom développe des applications pour les secteurs de la finance, des télécommunications, du commerce et de la santé. La société a déjà des clients dans une dizaine de pays du continent, parmi lesquels Bank of Africa (BOA) Ghana, A&C Mall (numéro un ghanéen des centres commerciaux) et Orange, qui a choisi RightQ pour améliorer son service clients dans tout son réseau de distribution en Afrique et au Moyen-Orient. Adetoye Aguessy, qui a notamment enseigné à Télécom Saint-Étienne et à l’EM Lyon Business School, consacre toujours à la formation une part importante de son temps et de ses moyens. Son entreprise a ainsi offert du matériel informatique à l’Alliance française d’Accra pour mettre en place une classe numérique et apporte également son soutien à des communes béninoises pour créer des salles informatique. C’est le cas d’AkproMissérété, dans le sud-est du pays, qui a été équipé en ordinateurs et où 300 personnes ont bénéficié d’un programme de formation. ● EC AHOUNOU pOUr J.A.

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Fiacre ViDJiNGNiNOU

EC AHOUNOU pOUr J.A.

33 ans, fondateur et directeur général de RightCom

Malick Gomina

44 ans, directeur général du groupe de presse Fraternité

e

x-juriste d’affaires et ancien vice-président de la Fédération béninoise de football, Malick Seibou Idrissou Gomina s’est converti au management des médias en 1999 en créant le groupe de presse Fraternité, qui compte désormais un quotidien (Fraternité), une radio (Fraternité FM) et une télévision (Canal 3, qui diffuse également au Niger et a été élue meilleure fréquence d’Afrique de l’Ouest par CFI en 2014). « Lorsque nous avons ouvert Canal 3, en 2005, tout le monde disait qu’on allait fermer en quelques mois. Mais nous nous sommes entêtés et les résultats sont là », fait remarquer Malick Gomina, qui est par ailleurs président du Conseil national du patronat de la presse et de l’audiovisuel du Bénin (CNPA-Bénin). La chaîne a pour credo l’information, et son plus grand succès est sans aucun doute la mise en place d’une matinale quotidienne, Actu Matin (de 7 heures à 9 heures), dans laquelle intervient « le patron », Malick Gomina. Rapidement devenue une référence pour sa pertinence et son impertinence, elle est l’une des émissions phares de Canal 3. ● F.V. N O 2872 • dU 24 AU 30 JANviEr 2016

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Le Plus de J.A. Bénin

Michèle « Weni » Ologoudou 38 ans, styliste-modéliste, fondatrice du festival Mode Is Art

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ncienne élève de l’École supérieure des arts et techniques de la mode (Esmod) de Paris, où elle a étudié de 1998 à 2001, Michèle Ologoudou a mis ses talents au service de plusieurs maisons de prêtà-porter de la capitale française, notamment Suzanne Ermann, Naf Naf-Chevignon, Etam ou encore Sonia Rykiel, en 2014, pour la ligne Sonia By. Parallèlement, en 2008, elle a créé sa propre marque, Weni. En patchwork de tissu-pagne ou en taffetas (elle aime particulièrement travailler la soie « pour sa légèreté et sa fraîcheur »), colorés et raffinés, ses modèles aux structures originales et impeccablement coupés sont de véritables petits chefs-d’œuvre. De là à joindre à son métier sa passion pour l’art et pour « son » Afrique, il n’y avait qu’un pas. Que la styliste parisienne a franchi en 2012 en créant à Cotonou le festival Mode Is Art (MIA), dont la quatrième édition s’est tenue du 5 au 7 novembre 2015. Ce rendez-vous annuel, apprécié des professionnels, a aussi su mobiliser les médias et trouver son public. Il est organisé sur trois jours, en trois lieux et en trois temps : défilés de mode (de Weni, de ses compatriotes Sêmiliko et Ethnical’Z, et du Québécois d’origine haïtienne Helmer Joseph, pour l’édition 2015), expositions (des plasticiens franco-togolais Yao Metsoko et béninois Syl Pâris Kouton) et concerts (de la Béninoise Faty et de la Congolaise jazzy Gasandji). ● F.V.

OSI phOtOgraphe

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p Le 7 novembre, dans les coulisses de Mode Is Art.

Didier Fabrice 46 ans, couturier et styliste

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é en mai 1969 à Cotonou, Didier Mensah s’est très tôt passionné pour l’univers de la mode. Dès la fin de sa formation de couturier, en 1990, il crée sa propre marque, Didier Fabrice, et ouvre sa boutique dans la capitale économique. En à peine trois ans, ses collections de prêt-à-porter masculin et féminin conquièrent les professionnels et les amateurs de mode africaine. À moins de 25 ans, le créateur devient le symbole d’un nouveau style, alliant l’élégance citadine des grandes métropoles n o 2872 • du 24 au 30 janvier 2016

aux fibres et aux couleurs béninoises. Depuis, il a participé à de nombreux défilés (à Cotonou, Ouagadougou, Paris, Marseille, etc.) et suivi plusieurs formations, notamment à l’École supérieure des arts et techniques de la mode (Esmod) de Paris, en 1998, et à Maurice, en 2005. Il possède désormais plusieurs boutiques au Bénin, dont deux à Cotonou, et dans la sous-région, où ses créations (en particulier ses chemises) sont très prisées. ● F.V. jeune afrique


Le Port autonome de Cotonou

Au service des échanges internationaux d’Afrique de l’Ouest Grâce à des infrastructures et des technologies en constante amélioration, le Port de Cotonou, au Bénin, offre aux armateurs et chargeurs une solution logistique combinant qualité, sécurité et écocitoyenneté.

La situation géographique de Cotonou lui permet d’être le port naturel du Niger, mais aussi le port de desserte le plus proche du Burkina Faso, du nord du Mali et du Tchad.

Naomie Azaria Hounhoui, Directrice générale du Port Autonome de Cotonou

Port Autonome de Cotonou BP 927, Cotonou, Bénin Tél. : (+229) 21 31 28 90 / 21 31 52 80 Fax : (+229) 21 31 28 91 E-mail : pac@leland.bj

Le guichet unique portuaire est opérationnel : il permet la mise en conformité de la plateforme portuaire de Cotonou avec les normes internationales en matière de facilitation et de sécurisation du commerce international. Chaque acteur du port, ou le responsable de la marchandise, peut désormais gérer l’ensemble du processus administratif sans se déplacer, depuis l’annonce du navire jusqu’à la sortie des marchandises du port. L’outil entièrement informatisé gère également le paiement des frais, y compris les droits de douane, qui se fait en une seule fois au guichet d’une banque désignée. Un processus informatisé pour la gestion des entrées et des sorties. Cette solution technologique mise en œuvre par la société STTB permet de suivre les mouvements des camions par GPS/ GPRS grâce à un centre de contrôle équipé d’outils

performants basé au Port de Cotonou. Il permet d’assurer la fluidité des opérations portuaires et d’éviter l’engorgement des espaces portuaires. Axé sur la satisfaction client, le port de Cotonou a mis en place un management participatif caractérisé par l’existence de plusieurs cadres de concertation des acteurs portuaires et des dispositifs de représentation dans les pays de l’hinterland. Le Port de Cotonou est déclaré conforme au Code ISPS par les gardescôtes américains : la sécurité des biens, des marchandises et des personnes est garantie et est en perpétuelle amélioration. Doté d’un Département de Gestion de l’Environnement, le Port de Cotonou est une entreprise responsable et citoyenne axée sur la promotion du développement durable. Tout ceci répond à la vision de l’Autorité Portuaire : « Faire du Port de Cotonou la plateforme logistique éco citoyenne la plus sûre et la plus compétitive de la sous–région. » En pleine certification ISO, le Port de Cotonou œuvre au renforcement de son dispositif de sécurité et santé au travail Instrument de promotion du développement durable axé sur l’intégration socio-économique sous-régionale, 80 % des marchandises qui passent par le Port de Cotonou sont destinées aux pays de l’hinterland. De plus, le trafic du port est en constante augmentation. n

PUBLI-INFORMATION

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apacité d’accueil fortement accrue : la mise en exploitation du nouveau terminal à conteneurs en eau profonde porte la capacité du Port de Cotonou au niveau des meilleurs standards internationaux. Géré par Bénin Terminal, du groupe Bolloré Africa Logistics, ce terminal à conteneurs dispose de quatre portiques dont les deux derniers ont été réceptionnés en 2015. Il peut accueillir des navires d’un fort tirant d’eau (14 m).


Le Plus de J.A. Bénin

Landu Jah 38 ans, plasticien

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EC AHOUNOU pOUr J.A.

epuis qu’il y a posé ses valises en 2008, alors qu’il voyageait en Afrique de l’Ouest en quête de nouvelles rencontres artistiques, Landu Jah n’a plus quitté Cotonou. À part pour aller exposer ou discuter art et philosophie dans d’autres pays de la région (Togo, Burkina, Ghana…). Sa vocation est née très tôt, à Kinshasa, sa ville natale. Autodidacte, il a commencé à dessiner « en grattant les murs des ghettos de la ville avec un simple morceau de charbon », raconte-t-il. Ces graffitis immortalisant des personnages de BD lui ont permis de forger son style, qu’il cultive en reproduisant des affiches de ses films préférés. Après le décès de sa mère, qui espérait le voir devenir médecin, Landu Jah abandonne ses études. Il réalise des enseignes de boutique et côtoie des artistes kinois, comme Lo Lotutala ou Francis Mampuya, au contact duquel il découvre le librisme (mouvement né en 1996 à l’école des Beaux-Arts de Kinshasa). Un courant qui l’influence encore, notamment dans les techniques qu’il utilise : peinture à l’huile ou acrylique, collage, papier mâché et matériaux de récupération auxquels il donne une seconde vie à coups de pinceaux et de ciseaux. « C’est un appel pour que les gens prennent conscience de ce qu’ils jettent et pensent à l’environnement », explique-t-il. S’il s’inspire de thèmes universels (la nature, la femme, etc.), Landu Jah aborde aussi les problématiques sociopolitiques actuelles. Sa toile Economic Slave présente l’argent sous l’angle de l’esclavage, Zanzibar est une réflexion sur le problème de l’immigration, et Voter pour un appel à la maturité électorale. ● F.V.

Tchif 42 ans, plasticien

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rancis Nicaise Tchiakpè, alias Tchif, est l’un des plus célèbres plasticiens du continent. Ses œuvres sont exposées à Lagos, Dakar, Abidjan, Paris, Lyon, Marseille, Genève, Bruxelles, Francfort, Dubaï, Los Angeles, São Paulo, Caracas… Il est aussi l’un des rares artistes africains à figurer dans la collection permanente du Smithsonian, à Washington. Dessinateur de presse et auteur de bandes dessinées, le Cotonois s’est tourné vers la peinture au milieu des années 1990. Il a développé un rapport physique avec la toile. À l’œuvre, face au tapa (son support fétiche) posé à même le sol, il ressemble à un guerrier : il peint par couches et taches

N O 2872 • dU 24 AU 30 JANviEr 2016

successives, tourne autour de la toile, la cerne, gratte, racle, colle… Un corps-àcorps fascinant, jusqu’à la touche finale, qui vient « fixer les solutions » aux bouleversements du monde. Tchif s’insurge contre tout ce qui avilit l’homme et s’est forgé une réputation de rebelle – « l’artiste ne pense pas comme tout le monde, il pense contre tout le monde », aime-t-il à rappeler. Depuis mai 2007, il tient à Cotonou l’espace Tchif, une galerie spécialisée dans l’art moderne et contemporain, qu’il veut « ouverte à toutes les formes d’expression artistique et culturelle locales et internationales, avec une couleur panafricaine clairement affichée ». ● F.V.

EC AHOUNOU pOUr J.A.

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