Skip to main content

Pdf 2914 du 13 au 191116 dossier télécom

Page 1

Sénégal Que prépare Karim Wade au Qatar ? N° 2914 • du 13 au 19 novembre 2016

jeuneafrique.com

HEBDOMADAIRE INTERNATIONAL INDÉPENDANT •

COP22 Dix cauchemars à conjurer d’urgence DOSSIER TÉLÉCOMS La guerre des satellites

États-Unis

TRUMP ! Ce que l’Afrique doit attendre du nouveau président.

SPÉCIAL 12 PAGES

ÉDITION INTERNATIONALE France 3,80 € • Algérie 250 DA • Allemagne 4,80 € • Autriche 4,80 € • Belgique 3,80 € • Canada 6,50 $ CAN • Espagne 4,30 € • Éthiopie 67 birrs • Grèce 4,80 € • Guadeloupe 4,60 € Guyane 5,80 € • Italie 4,30 € • Luxembourg 4,80 € • Maroc 25 DH • Martinique 4,60 € • Mauritanie 1200 MRO • Mayotte 4,60 € • Norvège 48 NK • Pays-Bas 4,80 € Portugal cont. 4,30 € • Réunion 4,60 € • RD Congo 6,10 $ US • Royaume-Uni 3,60 £ • Suisse 6,50 FS • Tunisie 3,50 DT • USA 6,90 $ US • Zone CFA 1900 F CFA • ISSN 1950-1285


5e

ÉDITION

20-21 mars 2017, Genève

Shaping the future of Africa

LE PLUS GRAND RENDEZ-VOUS INTERNATIONAL DES DÉCIDEURS ET FINANCIERS DU SECTEUR PRIVÉ AFRICAIN

RENCONTREZ de nouveaux partenaires financiers

Avec plus de 600 CEOs africains et internationaux et près de 300 membres de la communauté financière investissant en Afrique, le AFRICA CEO FORUM est aujourd’hui le plus grand rassemblement annuel consacré aux enjeux de développement de l’Afrique et de ses entreprises.

MULTIPLIEZ les contacts opérationnels et stratégiques

En participant au AFRICA CEO FORUM les 20 et 21 mars 2017 à Genève, saisissez une occasion exceptionnelle de prendre part à la dynamique de croissance de l’Afrique et de promouvoir la compétitivité de votre entreprise.

ACCÉLÉREZ le développement de vos activités

AFRICA CEO FORUM @africaceoforum #ACF2017 www.theafricaceoforum.com

CO-HOST

ORGANISATEURS


Dossier

Télécoms et internet

SUSAN SCHULMAN

108

L

JULIEN CLÉMENÇOT

’

explosion, le 1er septembre, sur la base de lancement de Cap Canaveral (Floride), de la fusée Falcon 9 de SpaceX, qui devait mettre en orbite le satellite Amos-6, n’aura pas soulagé longtemps les concurrents d’Eutelsat. Le 27 octobre, le groupe français annonçait un accord avec l’émirati Yahsat pour la location de ressources sur deux satellites afin de permettre à sa filiale Konnect Africa de fournir des services haut débit en Afrique subsaharienne dès 2017. Si les opérateurs satellitaires ne voient plus d’un mauvais œil les échecs de leurs pairs, c’est parce que la compétition se fait de plus en plus forte sur le continent. « L’an dernier, en me rendant en Angola, je me suis retrouvé dans le même avion que deux de mes N 0 2914 • DU 13 AU 19 NOVEMBRE 2016

Cette surcapacité accélère la dégringolade du prix du mégabit.

concurrents. Le lendemain, nous étions tous les trois dans la même salle d’attente, illustre un ex-directeur commercial, sorti du circuit il y a quelques semaines. Les clients sérieux, capables de prendre de la capacité et de payer, ne sont pas si nombreux. » Le secteur répond à quatre principaux types de besoins : ceux des gouvernements, auxquels sont vendues des liaisons pour des usages militaires et sécuritaires ; des télévisions, dont la demande explose avec l’arrivée des chaînes en haute définition, l’essor des bouquets payants et le déploiement de la TNT ; des opérateurs de télécoms, qui utilisent des ressources spatiales pour compléter leurs réseaux terrestres ou assurer leurs redondances ; et enfin de tous les groupes, qu’ils soient miniers, pétroliers ou bancaires, qui ont besoin de connecter des sites isolés ou de créer des réseaux sécurisés. JEUNE AFRIQUE


INTERVIEW

Nizar Bouguila PDG deTunisieTélécom

PORTRAIT

Veronica Ogeto, des idées plein la tête

TENDANCE

Objets connectés : le futur est déjà là

HAUT DÉBIT

Les satellites revoient leurs positions

Entre l’arrivée de nouveaux concurrents et le déploiement des câbles sous-marins et de la fibre optique, la compétition fait rage. Contraints de se réinventer, les leaders mondiaux organisent leur contre-attaque.

Avec la prolifération des câbles sous-marins et des boucles terrestres en fibre optique, l’industrie du satellite est contrainte de repenser son modèle. « En investissant des milliards de dollars au sol, les opérateurs de téléphonie mobile ont mis la pression sur le secteur tout entier », confirme notre ex-directeur commercial. « Du jour au lendemain, avec l’arrivée du câble sous-marin [en 2012], le Congo a arrêté son contrat [de liaison par satellite] », illustre le directeur commercial d’un opérateur satellitaire. Et les pays enclavés ne font pas exception. Maroc Télécom et Orange ont ainsi construit de grands réseaux permettant de connecter le Mali ou le Burkina Faso. En Afrique de l’Est, Liquid Telecom a installé plus de 18 000 km de fibre optique en cinq ans. MTN, Etisalat, Millicom, Vodafone, Airtel… Tous continuent de mailler de plus en plus finement les zones les plus denses. JEUNE AFRIQUE

Les opérateurs de téléphonie mobile maillent de plus en plus finement le continent, comme ici à Numbi, ville isolée de l’est de la RD Congo, où Vodacom a installé une antenne-relais en avril 2015.

En parallèle, les acteurs historiques comme Eutelsat, Intelsat ou SES ont dû faire face à l’arrivée de concurrents. « Après la crise de 2008, il y a eu un afflux de capitaux qui a aidé à faire émerger de nouveaux acteurs nationaux [l’émirati Yahsat] et internationaux [le hongkongais ABS], tandis que les coûts de production des satellites ont chuté, explique l’ex-directeur commercial. La propulsion électrique, par exemple, a permis, en allégeant les engins, de réduire de manière significative le coût des lancements. » Résultat, on compte aujourd’hui plus de vingt-cinq opérateurs satellitaires, contre dix au milieu des années 2000. MALAISE. Cette surcapacité accélère la dégringo-

lade du prix de labande passante. Une connexion de 1mégabitparseconde,vendue2000dollars(environ 1460 euros) il y a cinq ans, coûte aujourd’hui moins de 500 dollars. « La chute du cours des opérateurs N 0 2914 • DU 13 AU 19 NOVEMBRE 2016

109


110

Dossier Télécoms et internet est la parfaite illustration de la reconfiguration du secteur », estime un observateur. Le malaise est profond. Il y a quelques années, les leaders du marché auraient sûrement tenté de racheter leurs concurrents plus petits. Aujourd’hui, cela ne suffirait plus. Ils doivent se réinventer. Au siège parisien d’Eutelsat, on pense battre les challengers à leur propre jeu en misant sur la bande Ka, en plus de la vingtaine d’engins, équipés en bande C, qui couvrent déjà l’Afrique. Depuis le lancement, en 2010, du satellite Ka-Sat pour couvrir l’Europe, le groupe est un pionnier dans ce domaine. Plus puissants, les nouveaux satellites HTS (High Throughput Satellites) sont désormais capables d’utiliser ces fréquences, qui offrent de très hauts débits mais étaient jusqu’ici délaissées en raison de leur forte sensibilité aux conditions atmosphériques. « La technologie ne cesse de s’améliorer. Il y a dix ans, les satellites avaient une capacité de 10 gigabits par seconde ; en 2010, ils atteignaient environ 80 gigabits et en 2021 ils pourraient franchir la barrière du térabit [1 000 gigabits]. C’est un peu comme quand les téléphones mobiles sont passés de la 2G à la 3G, puis à la 4G », explique François Boullete. En 2019, Eutelsat devrait disposer de son premier satellite couvrant l’Afrique. Dès l’an prochain, en partenariat avec Yahsat, l’objectif est de développer le portefeuille de clients, via des revendeurs, parmi les PME ainsi que chez les particuliers de la classe moyenne et dans les zones rurales, grâce à l’installation de bornes wifi. « Auparavant, les connexions satellitaires, trop coûteuses, restaient réservées aux grandes entreprises, mais ce n’est plus le cas », juge François Boullete. « Le risque, c’est que la bande Ka, moins chère, cannibalise l’offre classique », estime un concurrent. EXCLUSIVITÉ. Chez l’américain Intelsat, dont

la moitié de la flotte (soit 25 satellites) couvre l’Afrique, on mise plutôt sur les bandes de fréquences traditionnelles Ku et C. Le progrès technologique a là aussi permis d’augmenter la capacité des satellites tout en conservant des signaux plus robustes, adaptés aux exigences des opérateurs télécoms. « Parce que nos nouveaux satellites Epic sont plus puissants, ils permettent à nos clients [dont Orange] de faire des économies au sol grâce à l’utilisation d’équipements, comme les modems, moins gourmands en énergie. C’est important pour les opérateurs car l’alimentation en énergie représente jusqu’à 40 % de la dépense opérationnelle d’une tour de télécoms », explique Jean-Philippe Gillet, vice-président chargé des ventes en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique. Le premier exemplaire de cette nouvelle génération de satellites a été lancé en août et devrait atteindre sa position définitive en janvier, en attendant un second lancement en 2017. N 0 2914 • DU 13 AU 19 NOVEMBRE 2016

Toujours plus de TV La diffusion des bouquets de télévision est l’autre pilier du développement des opérateurs satellitaires en Afrique subsaharienne. Selon le cabinet Euroconsult,

2 649 chaînes utilisent des liaisons spatiales ; en 2025, elles devraient être

4 600

environ. Une progression menée par le marché des chaînes payantes

SpeedCast avale CapRock Touché par la crise du secteur pétrolier et la baisse du marché maritime, le spécialiste des solutions de communication satellitaire CapRock, très actif en Afrique, a été vendu par sa maison mère Harris au groupe SpeedCast pour

425 millions de dollars

(environ 388 millions d’euros). Ce dernier, établi à Hong Kong, devient le leader mondial sur son marché

Intelsat fait par ailleurs le pari de l’innovation en investissant 25 millions de dollars dans le projet de constellation en orbite basse OneWeb. Ce programme, qui regroupe notamment Airbus, Bharti, Hughes Network Systems, Qualcomm et Coca-Cola, a nécessité une mise de départ de 500 millions de dollars. En 2020, sa flotte de 640 satellites devrait offrir un accès très haut débit en bande Ku. Une première phase comprenant dix engins sera réalisée en 2018. Intelsat a négocié une exclusivité pour fournir des services à certains secteurs, notamment l’industrie pétrolière et l’aérien. Mais de nombreux défis techniques demeurent, comme la capacité des constructeurs et des lanceurs à tenir la cadence, la question du devenir des satellites en fin de vie ou le risque d’interférence au sol avec les autres systèmes satellitaires. CROISIÈRES. Le luxembourgeois SES investit

quant à lui dans une flotte de satellites offrant un accès haut débit en bande Ka, mais en orbite circulaire intermédiaire. Le groupe contrôle depuis peu l’intégralité du capital de l’américain O3b, qu’il a acquis pour 730 millions de dollars. Douze satellites sont déjà positionnés, et huit nouveaux sont prévus en 2018-2019. À cette orbite, les temps de transmission de données sont là aussi réduits, avec des débits allant jusqu’à 1 gigabit par seconde. Mais, pour certains observateurs, le projet imaginé en 2007 par Greg Wyler – parti depuis développer OneWeb – pour connecter les zones privées d’internet a perdu de son intérêt avec l’extension très rapide des câbles sous-marins et des réseaux terrestres en fibre. « En plus des opérateurs de télécoms, qu’O3b compte déjà parmi ses clients, les cibles porteuses de croissance sont entre autres les activités de mobilité, comme les croisières et le cargo maritime », précise Laurent Petit, responsable Afrique de SES. En parallèle, l’opérateur continue d’offrir des services sur continent grâce à huit satellites géostationnaires classiques. En dépit de divergences sur leurs stratégies, les leaders mondiaux des télécommunications par satellite restent persuadés de la pertinence de leurs services. « En Afrique comme ailleurs, la généralisation de l’accès à internet passe par un mix technologique où vont cohabiter fibre optique, technologies radio, sans-fil et liaisons spatiales », estime Jean-Philippe Gillet. D’autant que seulement 70 % des territoires sont actuellement couverts et que la pénétration des smartphones est encore faible (environ 20 %). Mais ils savent aussi que les niveaux de rentabilité de leurs groupes devraient encore baisser, en même temps que le prix de la bande passante. Tous attendent beaucoup du développement de champs d’application comme la mobilité, avec l’ambition de connecter des milliers de bateaux et d’avions de ligne, avant de s’attaquer au marché automobile. JEUNE AFRIQUE


112

Dossier Télécoms & internet INTERVIEW

Nizar Bouguila

PDG de Tunisie Télécom

« Nous voulons devenir un groupe régional » Nommé il y a un an et demi, le patron de l’opérateur historique ne manque pas d’ambition. Rachat du maltais GO, apaisement des tensions sociales et passage à la 4G : il fait le point sur les dossiers en cours.

D

iplômé de l’École polytechnique et de Télécom ParisTech, Nizar Bouguila a été nommé aux commandes de l’opérateur historique tunisien en août 2015, après en avoir été pendant huit ans le directeur technique. À son nouveau poste, il tente de redonner du souffle à un groupe public miné depuis la révolution de 2011 par les conflits sociaux et l’absence de volonté politique. Cette année, il a signé avec le syndicat UGTT un accord ouvrant la voie à une refonte des contrats de travail, acquis une licence 4G et relancé le développement international du groupe, à l’arrêt depuis 2000. Pour JA, l’ex-cadre d’Orange revient sur ces dossiers stratégiques, parfois polémiques, et s’exprime aussi sur la situation de la filiale mauritanienne et sur la compétition avec Ooredoo. Tunisie Télécom vient d’acquérir 65,4 % de l’opérateur maltais GO, également présent à Chypre, via sa filiale Cablenet. Quel est le sens de cette opération ?

En tant qu’opérateur historique, Tunisie Télécom était dimensionné à la taille d’un pays. Avec l’ouverture du marché à la concurrence, nous avons besoin de nous développer à l’international pour assurer la pérennité de l’entreprise. Nous l’avons déjà fait en Mauritanie, où nous sommes présents depuis 2000. Il s’agit donc de relancer un processus interrompu pendant plusieurs années. Dans un secteur où les coûts fixes N 0 2914 • DU 13 AU 19 NOVEMBRE 2016

sont très élevés, l’acquisition de GO doit nous permettre de réaliser des économies d’échelle et des synergies. Malte est un pays de 500 000 habitants, et Chypre en compte 1,2 million. Qu’attendez-vous de ces petits marchés ?

Il était naturel de redémarrer avec une acquisition à notre portée [195 millions d’euros], qui ne comporte pas un risque financier trop important et nous permette d’aller de l’avant. GO est dans notre voisinage immédiat, et un certain nombre de synergies, par exemple pour la vente de bande passante à l’international [GO possède un

C’est une acquisition à notre portée, qui nous permet d’entrer en Europe. câble sous-marin reliant Malte à la Sicile], la fibre optique, le cloud et les data centers, sont possibles. Cette acquisition nous permet également d’augmenter notre pouvoir de négociation lorsque nous achetons des équipements. Par ailleurs, GO nous offre une présence au sein du marché européen, qui va se révéler très utile dans le cadre de la transformation de Tunisie Télécom en fournisseur de services numériques [vente de contenus et d’applications]. Ce rachat a déclenché une levée de boucliers en Tunisie, notamment

concernant l’avantage que retirerait de l’opération Emirates International Telecommunications (EIT), actionnaire de Tunisie Télécom et de GO…

Il est tout à fait normal que l’on questionne les projets des sociétés à capitaux publics. EIT, partenaire stratégique de Tunisie Télécom [35 % du capital], était aussi actionnaire à 60 % de GO. Il est également exact que cette société, propriété de Dubai Holding, a annoncé il y a trois ans sa volonté de se concentrer sur d’autres secteurs que celui des télécommunications. C’est dans ce contexte que GO a été cédé. Mais il s’agit de l’une des meilleures filiales d’EIT. C’est donc une réelle opportunité pour Tunisie Télécom. Nous avons d’un côté un opérateur maltais mature qui génère des bénéfices [14,7 millions d’euros en 2014 et 25,3 millions d’euros en 2015], et de l’autre une filiale chypriote qui offre un profil de croissance de son chiffre d’affaires [14 % en 2015] et de sa marge [26 % entre 2013 et 2015] intéressant pour le groupe. EIT a-t‑il influencé la décision de Tunisie Télécom ?

Le processus de vente a débuté avec la convocation d’une assemblée générale extraordinaire de GO en octobre 2015, qui a permis à son conseil d’administration d’effectuer une recherche d’offres pour l’intégralité du capital. Notre candidature a été jugé la plus compétitive. Nous avons donc lancé une offre publique d’achat. Les représentants d’EIT au sein du conseil d’administration de Tunisie Télécom se sont abstenus de toute participation. Que peut espérer Tunisie Télécom en Europe, où le secteur est dominé par de grands groupes ?

Tunisie Télécom ne vise pas le marché des services d’accès classiques mais de nouveaux services de contenus et d’applications, pour les particuliers comme pour les entreprises. Par exemple dans le

JEUNE AFRIQUE


ONS ABID POUR JA

cloud, où GO réalise déjà 10 % de son chiffre d’affaires, ce qui est exceptionnel. Les services « machine to machine » [M2M], qui permettent à deux appareils d’échanger des informations, peuvent en outre constituer une future source de revenus. EIT cherche aussi à céder sa part (35 %) du capital de Tunisie Télécom. Le groupe émirati a-t‑il trouvé un acquéreur acceptant de prendre une part minoritaire d’un groupe public ?

La volonté d’EIT de vendre est officielle. Un processus a été lancé en 2014, mais il n’a pas abouti, vraisemblablement pour la raison que vous évoquez. Je ne suis pas au courant d’autres évolutions. Cela JEUNE AFRIQUE

n’a aucun impact sur nos projets. Tunisie Télécom est financièrement autonome par rapport à ses actionnaires. Vous qualifiez votre expérience en Mauritanie de succès. Ces dernières années, Mattel, votre filiale à Nouakchott, a pourtant rencontré d’importantes difficultés…

Cela reste un succès si l’on considère le développement de Mattel sur la durée. Mais il est vrai que nous avons connu des difficultés ces dernières années, liées à des divergences de stratégie avec l’un de nos partenaires locaux [Mohamed Ould Bouamatou]. Du côté tunisien, nous souhaitions rester, alors que l’autre actionnaire voulait vendre. Nous avons fini


114

Dossier Télécoms & internet par nous entendre pour céder Mattel. Le processus est en cours. En attendant, nous travaillons ensemble et cette année, pour la première fois depuis cinq ans, nous allons afficher une croissance du chiffre d’affaires de 7 %. Nous récupérons également des parts de marché [20 % actuellement, contre environ 35 % avant les divergences]. Mattel est reconnu aujourd’hui comme étant le meilleur réseau 3G en Mauritanie, et nous gagnons de plus en plus de clients. Au début de l’année, Mattel a néanmoins reçu, comme ses deux concurrents, une amende du régulateur mauritanien en raison du manque de qualité de son réseau. Avez-vous payé ?

Le régulateur a constaté que les trois opérateurs étaient défaillants dans certaines régions du pays. Nous avons réglé l’amende de 8 millions de dollars [environ 7,4 millions d’euros] et nous avons assuré les investissements nécessaires. Certes, en raison des problèmes de gouvernance, Mattel avait réduit temporairement ses investissements, mais la reprise a été amorcée en 2015. Actuellement, nous investissons 17,8 millions de dollars dans plusieurs régions du pays en vue d’améliorer la qualité de notre réseau. En mars, vous avez acquis une licence 4G en Tunisie. Le gouvernement a-t‑il fait payer le prix fort aux opérateurs ?

Une étude commandée par le régulateur montre, semble-t-il, que le prix [155 millions de dinars, soit environ 68 millions d’euros] était dans la fourchette des montants réclamés à l’international… À mon avis, il se situe dans le haut de la fourchette. Ce qui est difficile, pour les opérateurs, c’est que nous n’avions pas encore amorti les investissements réalisés sur la 3G, à cause du retard pris par notre pays dans l’adoption de cette technologie. Néanmoins, différer l’adoption de la 4G aurait été une erreur préjudiciable au développement économique de la Tunisie. N 0 2914 • DU 13 AU 19 NOVEMBRE 2016

Après la révolution, le climat social au sein de l’entreprise s’était beaucoup dégradé. La situation s’est-elle améliorée ?

Oui, depuis dix-huit mois, grâce au dialogue continu que nous entretenons avec l’Union générale tunisienne du travail [UGTT]. En mars, nous avons signé un accord important, qui définit une feuille de route pour deux ans. L’une des priorités, c’est l’évolution du type de contrat de notre personnel, qui est assimilé à celui de la fonction publique – en face, les opérateurs privés ont la pleine maîtrise de leurs ressources humaines, ce qui n’est pas notre cas. Nous avons commencé un travail pour faire évoluer les contrats tout en conservant les acquis existants. Cela nous permettra d’introduire de nouveaux outils de gestion, comme les primes. Le projet est validé par le gouvernement, et nous négocions avec le partenaire social. L’objectif est de pouvoir recruter avec des contrats de droit privé à la mi-2017, en donnant en outre la possibilité à tous les salariés de choisir entre l’ancien et le nouveau statut.

En 2015, Tunisie Télécom a réalisé un chiffre d’affaires de

550

millions d’euros et un Ebitda (bénéfice avant intérêts, impôts et amortissement) de

204

millions d’euros, soit une marge de

38 %

La croissance future? C’est dans l’internet mobile qu’elle se trouve. Vous souffriez aussi d’un sur­ effectif patent…

En effet, mais nous avons réduit le nombre de salariés, de 8 000 à 6 000 environ, grâce à un plan de départs volontaires commencé en octobre 2015, auquel se sont ajoutés des départs en retraite. Nous allons pour le moment stabiliser les effectifs à ce niveau. Tunisie Télécom peut-il rêver d’un développement similaire à celui de l’opérateur historique marocain ?

C’est vrai que Maroc Télécom connaît de réels succès en matière de développement national et international. C’est le fruit d’une

transformation réussie, notamment au niveau de ses ressources humaines au début des années 2000. Tunisie Télécom n’entame sa mutation que maintenant, mais nous avons l’ambition de devenir un opérateur de taille régionale dans la zone méditerranéenne. En Tunisie, si nous sommes numéro deux sur le mobile, notre part de marché [36,5 %] est très proche de celle de notre concurrent Ooredoo, et nous repassons numéro un si l’on considère également l’activité fixe et les services aux entreprises. Ooredoo vient désormais vous attaquer sur le segment de l’internet fixe avec le lancement d’une box 4G, ce qui vous oblige à casser vos tarifs…

La guerre des prix a déjà eu lieu sur le mobile, et nous y avons participé pleinement pour défendre notre part de marché. Mais je ne pense pas que ce soit une bonne chose pour le pays, car si nous perdons nos capacités d’investissement, c’est tout le secteur qui va en pâtir. Nous serons contraints de limiter nos investissements dans la 4G, dans la fibre optique et demain dans la 5G.

Le marché tunisien est un marché mature, avec un taux de pénétration de plus de 130 %. Où se trouve la croissance future ?

La marge se trouve dans l’internet mobile. Au cours des six premiers mois de 2016, la consommation a grimpé de 50 % environ. Pour développer ce segment, nous devons augmenter la pénétration des smartphones, qui est de 35 % pour les terminaux 3G, et de beaucoup moins pour les téléphones 4G. Pour y parvenir, nous vendons des packs comprenant un abonnement et un smartphone en partie subventionné. Il s’agit de forfaits hybrides, avec un abonnement de 20 à 30 dinars, qui peut être complété à l’aide de recharges prépayées en fonction des besoins. Cette politique fonctionne bien, et nous permet en outre de faire migrer nos clients vers des forfaits. JULIEN CLÉMENÇOT JEUNE AFRIQUE


SAP apporte la transformation numérique aux villes africaines De nombreuses villes à travers le continent africain, tirent parti de la technologie pour s’engager dans un développement urbain durable. Le secteur des services publics est traditionnellement considéré comme complexe et bureaucratique. Des changements fondamentaux majeurs dont la mondialisation modifient les villes où nous vivons. Le nombre de citoyens avec une expérience numérique croît. La sécurité ainsi que des sujets tels que les infrastructures et les services demeurent les préoccupations principales des habitants.

MESSAGE

villes numériques plus innovantes, plus efficaces, et plus sûres. SAP S4/HANA® est la seule solution technologique qui couvre de bout en bout tous les processus d’une entreprise, et qui répond également à toutes les exigences numériques d’une ville organisée.

Enfin, les villes en avance sur le plan dunumériquegagnentaussilaloyauté de leurs citoyens et contribuent à leur croissance économique.

Cette innovation permet aux villes de recueillir des données à partir de périphériques, de les analyser en temps réel et de les utiliser pour développer une visibilité très importante sur les événements et les activités qu’elles mettent en place. Les informations obtenues peuvent être utilisées par exemple, pour aviser les autorités sur des éventuels actes criminels, des menaces sécuritaires, des cyber-attaques, ainsi que pour la prévention du terrorisme.

SAP® le leader mondial du marché des logiciels d’entreprise, offre des solutions, qui sont conçues spécifiquement pour l’économie numérique d’aujourd’hui.

En collaborant avec SAP, les autorités peuvent commencer à mieux répondre aux besoins des citoyens, sur la base d’événements prévisibles et connus.

SAP S4/HANA® avec sa technologie inégalée in-memory, répond à toutes les questions relatives à la transformation numérique.

La connaissance riche du secteur public que détient SAP à travers le monde permet aux gouvernements et aux villes de bénéficier d’une expérience inégalée pour les rendre plus efficaces et plus réactives. ■

Les citoyens et les entreprises sont de plus en plus informés. Ils exigent de la part de leur gouvernement des services mieux organisés et plus réactifs qui se traduisent par des

Pour plus d’informations : Tullia Capovilla, SAP Africa Email : tullia.capovilla@sap.com

Visitez notre site www.sap.com/africa


Dossier Télécoms et internet PORTRAIT

Des idées plein la tête Veronica Ogeto ne craint pas les défis. Le dernier en date : redynamiser le leader kényan en misant sur les start-up locales. Rencontre avec la « Madame Innovation » de Safaricom.

B

eaucoup angoissent à l’idée de voir leur société changer de mains. Veronica Ogeto n’est pas de ceux-là. La directrice de l’innovation de l’opérateur kényan Safaricom a toujours envisagé l’arrivée d’un nouvel actionnaire comme une opportunité. Une positive attitude qui l’a aidée à progresser dans le secteur des télécoms. En 2001, elle démarre sa carrière chez l’opérateur Kencell, rapidement racheté par le groupe panafricain Celtel, lui-même avalé en 2005 par le koweïtien MTC (devenu Zain en 2008)… avant que ce dernier ne cède la majorité de ses filiales africaines à l’indien Bharti Airtel au bout de cinq ans. Chaque fois, la native de Nairobi, diplômée en informatique mais rapidement convertie au marketing, a su saisir sa chance. « À l’arrivée de Celtel, j’ai eu la possibilité d’aller travailler aux Pays-Bas. C’était fantastique », embraie d’emblée cette femme souriante qui nous reçoit au siège de Safaricom, sur la bruyante Waiyaki Way, la grande voie rapide qui traverse la capitale. L’occasion de découvrir de nouvelles cultures, en Europe du Nord, mais aussi en Afrique : « J’étais responsable du marketing pour seize pays, anglophones et francophones. C’est un travail passionnant car d’un pays à l’autre un produit ne rencontre pas le même succès. J’ai rapidement compris que la clé de notre industrie, c'est le consommateur. » Avec Zain, Veronica Ogeto découvre le Bahreïn et ajoute à son portefeuille africain les marchés arabes. « L’expérience a été très différente, N 0 2914 • DU 13 AU 19 NOVEMBRE 2016

Avant de rentrer à Nairobi, cette diplômée en informatique a travaillé aux Pays-Bas et à Bahreïn.

SAFARICOM

116

se souvient-elle. Les consommateurs arabes ont un pouvoir d’achat qui leur donne tout de suite accès aux smartphones, à la différence de la majorité des Africains. Cela m’a appris à faire le grand écart. » FEMMES. En 2010, lorsque Airtel,

dont le siège africain est à Nairobi, lui propose de rentrer au Kenya, Veronica Ogeto n’hésite pas : « Je voulais avoir un impact dans mon pays. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à rechercher

Sur les murs de l’open space, des injonctions – conceive, invent… – à penser hors des cadres établis. un projet plus local. » Elle veut « transformer les vies ». L’idée de rejoindre Safaricom, leader incontesté du marché local devant Airtel et Telkom Kenya, s’impose alors. D’autant que le groupe favorise l’accession des femmes à des postes de direction, dans un secteur resté très masculin, assure cette mère de deux enfants. « Cela tient à la

fois à la personnalité du directeur général, Bob Collymore, et à la politique de la maison mère, Vodafone. Hommes et femmes voient les choses sous un angle différent, et, quand on combine les deux points de vue, les bénéfices sont visibles. Ce processus est très naturel ici », salue-t-elle, avant de signaler que les locaux abritent une crèche et une salle mise à la disposition des mères de famille. Ouvert, moderne, le groupe attend en contrepartie un surcroît de créativité de la part de ses 4 500 salariés. La directrice incite ses équipes, issues de cette classe moyenne qui constitue le cœur de sa cible, à « penser innovation », insiste-t-elle. Sur les murs de l’open space, digne d’une start-up californienne, des injonctions – conceive, invent, pioneer – à penser hors des cadres établis. De nouvelles idées qui naîtront peut-être dans les grands canapés ou devant les consoles de jeux de la salle de repos… Pour Safaricom, cette priorité donnée à l’innovation est d’autant plus JEUNE AFRIQUE


117

importante que l’opérateur s’est un peu endormi sur ses lauriers après le succès considérable de M-Pesa, son application de transfert d’argent par téléphonie mobile (lire encadré). Popularisée lors de la crise postélectorale de 20072008, cette « appli » a fait du Kenya le leader mondial des transactions sur mobile (plus de 20 millions d’utilisateurs). « M-Pesa nous a beaucoup appris, mais nous nous sommes un peu laissé aller », admet-elle. ACADÉMIE. Paradoxalement, l’implication du leader du marché dans la bouillonnante économie mobile kényane est très récente. Son département innovation n’est créé qu’en 2013, à l’arrivée de Veronica Ogeto. Safaricom lance l’année suivante le Spark Venture Fund, pour soutenir les start-up kényanes. La cible : des sociétés de moins de deux ans utilisant si possible les services M-Pesa et présentant un potentiel commercial important. En deux ans, le fonds a investi le million de dollars (plus de 900 000 euros) dont il était doté dans quatre jeunes entreprises, actives dans la livraison à moto (Sendy), l’éducation (Eneza), les sondages en temps réel (mSurvey) et la recherche d’emplois de courte durée (Link). Au iHub, temple de l’innovation locale où sont hébergés une quarantaine de start-up et un Fablab, certains se méfient de l’intérêt que leur porte le mastodonte. « Ce n’est

M-AKIBA : LES BONS DU TRÉSOR SUR MOBILE Après M-Pesa (système de paiement mobile) et M-Shwari (microcrédit), place à M-Akiba (« épargne », en swahili). Une nouvelle étape dans la révolution bancaire dont le Kenya a fait sa spécialité. Cette application permettra d’acquérir, uniquement sur téléphone portable, des bons duTrésor pour un minimum de

3000 shillings (environ 26 euros), contre 50 000 shillings dans le système classique. Soit un montant beaucoup plus accessible aux petits épargnants. Le gouvernement, qui avait annoncé un lancement en octobre, espère récolter quelque 5 milliards de shillings grâce à cette solution mise en place avec Safaricom et la

pas si facile de travailler avec eux, il faut être attentif aux copyrights. Ils ont tendance à vouloir dominer le marché. Leur modèle, c’est de dénicher les meilleures idées pour les avaler », confie un habitué des lieux. Longtemps, Safaricom est resté réticent à ouvrir ses API (interfaces de programmation), des codes qui permettent à un entrepreneur d’intégrer à son produit un paiement via M-Pesa ou d’autres services comme les microprêts (M-Shwari). Le tournant est en train de s’opérer. Depuis huit mois, l’opérateur commence à ouvrir son système, pas à pas. « C’est tout nouveau pour nous, reconnaît Veronica Ogeto. Cela répond à la question suivante : comment Safaricom peut-il rendre son expertise accessible aux partenaires de l’innovation ? »

Banque centrale. Une source de financement non négligeable pour les autorités, confrontées à d’importantes dépenses avec le programme Vision 2030, dans un contexte de faible rémunération des emprunts obligataires. Le taux d’intérêt de M-Akiba sera d’ailleurs une clé de son succès. Il n’a pas encore été dévoilé. M.D.

Outre les API, l’un de ses « grands projets », Veronica Ogeto espère monter un second fonds d’investissement. « J’ai plus de 200 candidats dans les tuyaux », sourit-elle, optimiste. Et de plaider : « Nous ne donnons pas uniquement de l’argent, nous offrons l’accès à nos savoirs, à nos capacités techniques, à nos équipes et à des programmes d’accompagnement. » Safaricom a également créé une académie, hébergée sur le campus de la Strathmore University, l’une des plus prestigieuses du Kenya. Mais sur ce terrain il n’est pas seul. De nombreux groupes liés aux nouvelles technologies ont monté des structures similaires, comme Oracle ou IBM, désireux eux aussi de capter leur part de l’innovation MARION DOUET, kényane. envoyée spéciale à Nairobi


118

Dossier Télécoms et internet TENDANCE

Le futur est déjà là Le marché des objets connectés pourrait représenter 500 milliards de dollars en 2025 sur le continent. Pour les opérateurs de télécoms, la compétition a commencé.

C

onnecterlesobjets:pour la plupart des gens, l’idée paraît futuriste. Elle est pourtant déjà solidement ancrée dans le présent. Selon de nombreux experts en télécommunications, il s’agit même de la révolution technologique la plus importante de ces cinq dernières années. Un objet connecté, c’est quoi ? Un matériel électronique capable de communiquer avec un smartphone, une tablette tactile ou un ordinateur. Il peut emmagasiner des informations (température, déplacements…) grâce à des capteurs, traiter ces données, puis les envoyer via une liaison sans fil, Bluetooth ou wifi ; il peut aussi être piloté à distance. Santé, sport, sécurité, économies d’énergie… Loin d’être de simples gadgets, ces technologies ouvrent un vaste champ d’application. Dans un rapport de 2015, Deloitte cite parmi les principaux bénéficiaires les secteurs minier, pétrolier, agricole, médical, des transports, des télécoms ou de l’industrie. Et le continent n’est pas en reste. « Les objets connectés représentent un énorme potentiel pour les entreprises africaines », estime Habib Bamba, directeur conseil de Deloitte Côte d’Ivoire, croisé en marge du salon Africa Telecom People, organisé en octobre à Abidjan. Selon une étude de Cisco, le marché de l’internet des objets en Afrique devrait atteindre environ 500 milliards de dollars (plus de 450 milliards d’euros) d’ici à 2025 ; et les connexions « machine to machine » (M2M), croître de 25 % en 2020 au sud du Sahara. Les opérateurs de télécoms entendent profiter de cette tendance. En juillet, Vodacom a ainsi N 0 2914 • DU 13 AU 19 NOVEMBRE 2016

pris le contrôle de 100 % du capital de la société sud-africaine XLink, pionnière, il y a dix ans, de la gestion des transferts d’argent sur les réseaux 2G+ (GPRS). Ces dernières années, XLink a diversifié son activité, en créant par exemple des compteurs « intelligents », qui permettentàl’utilisateurdesuivreetde gérer à distance sa consommation

d’eau et d’électricité. Elle offre actuellement ses services à près de 70 000 entreprises africaines, et son chiffre d’affaires dépassait en 2014 les 150 millions de rands (près de 11 millions d’euros). QUOTIDIEN. Il reste néanmoins énormémentd’obstaclesàsurmonter avant que les objets connectés fassent partie du quotidien des Africains, notamment dans les pays francophones. Il faut d’abord impliquer les pouvoirs publics, tant dans l’accompagnement des

structures que dans l’établissement d’un cadre législatif. Puis créer les outils nécessaires au traitement des données, à l’image du data center inauguré cette année par Orange à Abidjan. « Leur installation permet de stocker, de sauvegarder, de traiter et de transmettre rapidement de vastes quantités de données informatiques au niveau local, mais également d’offrir une meilleure connexion aux réseaux internet et intranet… et de garantir l’utilité des objets connectés », expliquait récemment Ange Kacou Diagou, le directeur général de NSIA Technologies, dans une tribune publiée dans Jeune Afrique. La filiale du groupe ivoirien de bancassurance a d’ailleurs signé début octobre un accord de partenariat avec Nutanix, le leader mondial de « l’hyperconvergence », un type d’architecture informatique qui permet de stocker et de traiter des données dématérialisées. La sécurisation des données est un autre enjeu majeur : qui dit objet connecté dit échange d’informations, et donc risque d’interception ou de détournement. Le sujet est récemment revenu sur le devant de la scène après une puissante cyberattaque qui a paralysé une partie du web, principalement aux États-Unis. Une partie des connexions qui ont fait tomber certains des plus importants sites du monde provenait d’un réseau d’objets connectés piratés. Le développement de l’internet des objets sur le continent est « un grand chantier, conclut Habib Bamba. Mais c’est devenu une réalité. Les Africains sont d’ores et déjà concernés ». VINCENT DUHEM, envoyé spécial à Abidjan JEUNE AFRIQUE


Turn static files into dynamic content formats.

Create a flipbook
Pdf 2914 du 13 au 191116 dossier télécom by Régie Difcom - Issuu