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Le pLus
de Jeune Afrique
Hebdomadaire international indépendant • 55e année • n° 2842 • du 28 juin au 4 juillet 2015
fraNcE-libyE qUAnD mIttERRAnD sE PRéPARAIt à AttAqUER kADhAfI…
Bye-bye Katanga
Une interview de l’amiral Jacques Lanxade
Spécial 24 pages
séNégal VIEUx chEfs cOntRE jEUnEs fROnDEURs
Au cœur de
Daesh Un an après la proclamation d’un « califat », la coalition censée le détruire n’a pas atteint son objectif. Pourquoi l’état islamique résiste, recrute et continue d’armer le bras des assassins du jihad, en france, en Tunisie, en libye et partout ailleurs. édition INTERNATIONALE France3,80€•Algérie220DA•Allemagne4,80€•Autriche4,80€•Belgique3,80€•Canada6,50$CAN•Espagne4,30€•Éthiopie67birrs•Grèce4,80€•Guadeloupe4,60€ Guyane 5,80 € • Italie 4,30 € • Maroc 25 DH • Martinique 4,60 € • Mauritanie 1100 MRO • Mayotte 4,30 € • Norvège 48 NK • Pays-Bas 4,80 € • Portugal cont. 4,30 € Réunion 4,60 € • RD Congo 6,10 $ US • Royaume-Uni 3,60 £ • Suisse 6,50 FS • Tunisie 3,50 DT • USA 6,90 $ US • Zone CFA 1900 F CFA • ISSN 1950-1285
de Jeune Afrique
Politique Katumbi, Kyungu, Muyambo, fronde commune économie Cuivre et dépendances rePortage Dans la chaleur de Kamalondo
Bye-bye Katanga jeune afrique
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p Le square George-Forrest, à Lubumbashi (statue de l’artiste lushois Daddy Tshikaya). n o 2842 • du 28 juin au 4 juillet 2015
© Gwenn Dubourthoumieu pour J.A.
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Prélude François Soudan
Bye-bye Katanga
Cut and rule*
P
our ses détracteurs – et ils sont nombreux –, la cause est entendue: le nouveau découpage de la rd congo en 26 provinces censé entrer en vigueur le 30 juin est une mauvaise action politique. Précipitée, improvisée et par-dessus tout suspecte car destinée essentiellement à réduire, si ce n’est annihiler, l’influence grandissante d’une poignée de politiciens locaux – et, par conséquent, à y rétablir celle du président Kabila – dans cet état dans l’état qu’était devenue la plus riche de toutes : le Katanga. diviser pour mieux régner, en quelque sorte, voilà à quoi se résumerait le démembrement de l’ex-shaba de Mobutu en quatre baronnies distinctes. développé non sans arguments dans les pages qui suivent, ce réquisitoire mérite cependant d’être fortement nuancé.
provinces, lesquelles existent donc déjà de jure si ce n’est de facto. enfin, l’accélération du programme de décentralisation est l’une des recommandations clés de l’accord-cadre d’addisabeba de février 2013, dont toute la classe politique congolaise réclame l’application. Quant au déficit d’infrastructures d’accueil pour les nouvelles autorités provinciales, c’est à la fois un problème réel et un faux problème. Lors du redécoupage du Kivu en trois entités il y a vingt-sept ans, la même question s’était posée, et le mouvement s’est, depuis, fait en marchant. Reste l’argument de fond, celui qui veut que le Katanga et son très emblématique ex-gouverneur Moïse Katumbi soient la cible unique et inavouée de ce grand déménagement. Lequel, soit dit en passant, concerne d’autres poids lourds comme l’équateur, la Province-orientale, les deux Kasaïs et le Bandundu, sans pour autant déclencher lesmêmes cris d’orfraie. s’il n’est pas exclu, loin de là, que la mise en place du découpage serve les intérêts de ceux pour qui Katumbi ten-
Techniquement, ce découpage n’est pas le premier. La rd congo en a déjà connu quatre depuis 1924, passant de 4 à 6 provinces en 1935, à 21 en 1963, puis à 8 en 1966 et, enfin, à 11 « régions » en 1988 (qui reprirent le nom de « provinces » en 1997). La conférence nationale souveraine du début des années Ce grand déménagement 1990 avait même un moment concerne d’autres poids lourds, caressé une option à… 46 prosans déclencher de cris d’orfraie. vinces, avant de l’abandonner. À l’époque, comme lors de la commission constitutionnelle de dait à devenir une sorte d’ovni incontrôLuluabourg, en 1964, sous la houlette lable – saisir les opportunités n’est pas la du tandem Kasavubu-tshombé, l’idée moindre des manœuvres en politique –, était la même qu’aujourd’hui : déléguer prétendre que le ver était dans le fruit dès le pouvoir décisionnel au pays profond et l’origine ne résiste pas à l’examen des faits. faciliter la participation des populations en décembre 2005, lors du référendum rurales à la gouvernance du pays. constitutionnel approuvé par 84 % des congolais et décisif pour l’adoption du Rien de très nouveau sous le soleil, projet des 26 provinces, Moïse Katumbi donc. encore moins d’effet de surprise : fut l’un des fervents propagandistes du l’actuel découpage figure en toutes lettres « oui », et nul n’imaginait encore qu’il dans la constitution adoptée par réféallait être, treize mois plus tard, élu gourendum en décembre 2005, il y a près verneur. Ici comme ailleurs, l’Histoire de dix ans, et les circonscriptions élecne repasse jamais les mêmes plats… ● torales des sénateurs élus en 2007 sont directement issues des 26 nouvelles * Découper pour gouverner. jeune afrique
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Décentralisation la province s’éclate p. 64 tribune Par balthazar ngoy Kimplwa, chef du département des sciences politiques de l’Unilu p. 69 Politique le dernier gouverneur p. 70 Katumbi, Kyungu, Muyambo : fronde commune p. 74 sécurité le triangle de la mort p. 76 éconoMie cuivre et dépendances p. 81 tenke-Fungurume, gisements high-tech p. 84
le grand troupeau
p. 86
Korongo va piano mais sano
p. 88
aMbiance Dans la chaleur de Kamalondo
p. 93
théâtre chapeau bas Monsieur Mufwankolo ! p. 96
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Le Plus de Jeune Afrique
u Sur un marché de Lubumbashi. La carte de la province sera bientôt reléguée au rayon « souvenirs ».
© Gwenn Dubourthoumieu pour J.A.
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décentralIsatIon
Un géant démembré
Le 30 juin, le Katanga doit officiellement disparaître, partagé en quatre « provincettes ». Un découpage prévu de longue date, mais auquel personne ne semble prêt. trésor KIbangUla,
m
envoyé spécial
idiàLubumbashi,lacapitale du Katanga. Presque 35 °C à l’ombre. À l’extérieur du Bâtiment du 30-Juin, siège de l’Assemblée provinciale, un « Parlement debout » s’improvise sous les manguiers. Le débat porte sur l’un des sujets qui monopolisent les conversations des Congolais depuis le début de l’année : le découpage. À partir du 30 juin, jour de la fête nationale congolaise, la RD Congo est en effet divisée en 26 provinces, contre 11 actuellement. Celles de Kinshasa, du Bas-Congo, du Nord-Kivu, du SudKivu et du Maniema n’étant pas démembrées, cette réorganisation territoriale consacrée par la Constitution de 2006 change surtout la donne pour les six provinces « découpées ». Parmi elles, le Katanga, scindé en quatre « provincettes » : Tanganyika et Haut-Lomami au nord, Lualaba et Haut-Katanga au sud. Autour de Kasongo Mukeya, coordonnateur du bureau d’études de l’Assemblée provinciale, de jeunes assistants parlementaires et agents administratifs discutent du processus d’installation des nouvelles entités. Des préoccupations d’ordre technique, financier, voire politique sont soulevées, auxquelles chacun donne ses éléments de réponse. « Le chambardement approche, nous serons bientôt appelés à piloter la mise en place des institutions dans l’une ou l’autre future province issue du Katanga », s’enorgueillit l’un d’entre eux. Chambardement ? Ou plutôt retour d’une géopolitique à la sauce congolaise, selon laquelle les « originaires » doivent avoir la primauté sur leur sol? Kinshasa aux Kinois, le Katanga au Katangais, jeune afrique
etc. Ainsi, en un même réflexe, la plupart des agents administratifs de l’Assemblée provinciale ont déjà fait leurs valises, prêts à rentrer dans leur district d’origine, espérant se voir attribuer des postes clés au sein des nouvelles institutions provinciales. Comme siun Tanganyikaiscompétent ne pouvait travailler dans les services de la future Assemblée du Lualaba ! IrréversIble. Par ailleurs, étant donné que le
nouveau découpage doit être effectif le 30 juin mais que les élections provinciales ne seront organisées que le 25 octobre, « gare à l’interprétation erronée de la loi! prévient Kasongo Mukeya. Seuls les députés provinciaux en cours de mandat sont membres de droit des nouvelles assemblées provinciales », rappelle l’expert. Concrètement, sitôt que la naissance des quatre provinces (et la aux urnes, mort du Katanga) sera effective, les enfin ! institutions provinciales actuelles Les élections provinciales, disparaîtront, l’exécutif (gouverinitialement prévues au premier neur, vice-gouverneur et ministres) semestre de 2012, devraient finalement comme le législatif. Chacun des se tenir le 25 octobre. Le mandat des 102 élus actuels, suivant sa circonsassemblées provinciales, élues fin cription électorale, devra rejoindre 2006, comme celui des gouverneurs l’une des quatre nouvelles assem(janvier 2007), est donc prorogé blées provinciales. depuis plus de trois ans. Le problème est que l’installation des nouvelles entités n’a pas été préparée et que, pour le Tanganyika et le Haut-Lomami, réputés pauvres comparés à leurs homologues du Sud, les infrastructures et les moyens risquent de manquer cruellement. Mais, pour Kinshasa, le processus enclenché est irréversible. « Maintenant qu’il a quitté la gare, rien ne pourra plus arrêter le traindudécoupage»,répèteSalomonBanamuhere, le ministre d’État chargé de la Décentralisation. Tout le monde l’a compris. Même au sein de ● ● ● n o 2842 • du 28 juin au 4 juillet 2015
Les nouvelles provinces KASAÏ ORIENTAL
SUDKIVU
MANIEMA
Lac Tanganyika
Kongolo
LOMAMI
Kalemie
LULUA
Manono
Kaniama
TANZANIE
TANGANYIKA Moba
HAUT-LOMAMI
Pweto
Kapanga Kamina
ANGOLA
LUALABA
Mitwaba
Lac Moero
Bukama
HAUT-KATANGA
Dilolo
ZAMBIE
Kasenga Kolwezi
RD CONGO Kinshasa
400 km
Likasi
Kasumbalesa ZAMBIE
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Sakania
180 km
la rebelle province du cuivre, épicentre de la campagne antidécoupage, les détracteurs du démembrement ont fini par rendre les armes. Mais ce n’est que partie remise, à en croire l’un des plus actifs meneurs du mouvement, Antoine Gabriel Kyungu wa Kumwanza, président de l’Assemblée provinciale. « Après l’éclatement effectif du Katanga, nous comptons bien, conformément à la Constitution, introduire notre requête en vue du remembrement », explique-t-il, avant de préciser que la pétition contre le découpage lancée par son parti, l’Union nationale des fédéralistes du Congo (Unafec, membre de la majorité), a déjà récolté plus de 1 million de signatures. « Nous attendons le bon moment pour la déposer », promet-il. D’autres, pour qui la pilule de la réorganisation territoriale a encore du mal à passer, estiment que « ce découpage précipité » n’a d’autre but que d’affaiblir les autorités katangaises. « Certes, le démembrement de certaines provinces est prévu par la Constitution de 2006 et devait même être effectif dans un délai de trois ans. Or, près de dix ans après, rien n’a été fait pour installer les nouvelles provinces », rappelle Ngandu Diemo, président de la commission politique, administrative et juridique de l’Assemblée du Katanga. L’élu dit comprendre ceux qui, aujourd’hui, considèrent que le découpage est mis en place à la va-vite dans le but de « supprimer proprement certaines têtes » dans la province, notamment celle du gouverneur Moïse Katumbi (lire pp. 70-72). D’autant que, selon le député de Bukama, ce processus de réorganisation territoriale n’a été prévu ni dans le budget national ni dans celui des provinces pour l’année 2015.
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Voie ferrée RN 1
Lubumbashi
p Avec 496 871 km2, soit plus de 21 % de la RD Congo, le Katanga est plus étendu que la plupart des pays du continent, comme le Cameroun (475 440 km2), le Congo (342 000 km2) ou la Côte d’Ivoire (322 460 km2).
Des recettes pas très équilibrées
Projection des recettes des futures provinces, basées sur celles réalisées en 2014, en millions de dollars Haut-Katanga
25,3 Lualaba
2,1
Tanganyika
0,6
Haut-Lomami
0,1
SourceS : Direction DeS recetteS Du Katanga, MiniStère provincial DeS FinanceS
Les partisans du découpage rétorquent que sa mise en œuvre a, au contraire, été trop longtemps retardée. En effet, dans l’histoire récente de la RD Congo, la question est souvent revenue sur la table. Kasongo Mukeya rappelle que « déjà, en 1988, le pays, qui est 80 fois plus vaste que la Belgique, son ancienne métropole, avait décidé de tenter l’expérience pour rapprocher l’administration de l’administré ». C’était le temps du Mouvement populaire de la révolution (MPR), de Mobutu Sese Seko. Le Kivu natal de Kithima bin Ramazani, alors secrétaire général du parti-État, est désigné pour servir de cobaye et se voit découpé en trois provinces : le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et le Maniema. « Les deux premières, grâce à leur position géographique frontalière, étaient réputées viables, contrairement à la troisième. Le but était de voir si, avec cette réorganisation, le Maniema pouvait enfin se développer », explique Kasongo Mukeya, regrettant qu’aucun état des lieux n’ait été fait par la suite pour savoir s’il fallait poursuivre ou non le processus. La perestroïka et son terrible vent sont passés par là en 1990, obligeant le président Mobutu à se concentrer d’abord sur sa survie politique. Du moins jusqu’à l’organisation de la Conférence nationale souveraine, qui, dans ses résolutions, préconisa de nouveau le découpage du pays en 26 provinces. « La Constitution de 2006 n’a donc rien inventé », conclut Kasongo Mukeya. ENVOL. L’expérience du Kivu peut-elle rassurer les
Katangais ? Vingt-sept ans plus tard, ce nouveau découpage ne pourrait-il pas être l’occasion pour les territoires du Haut-Lomami et du Tanganyika, considérés comme pauvres malgré leur potentiel agropastoral (lire pp. 86-87), de prendre enfin leur envol et de se développer indépendamment de leurs voisins du Sud, le Haut-Katanga et le Lualaba, réputés riches parce que disposant d’immenses ressources minières ? « Le découpage ne peut donner les résultats escomptés que si le pouvoir central se montre suffisamment responsable. Mais Kinshasa n’a jamais tenu ses engagements, maugrée le député Ngandu Diemo. S’il n’a pas pu respecter la retenue à la source des 40 % des recettes [lire p. 81] pour les onze provinces actuelles, qui dit que, demain, son comportement va changer ? » Dieudonné Bamoïna, cadre de l’Unafec et proche de Gabriel Kyungu, se montre plus expéditif : « Le découpage du Kivu, en 1988, n’a pas apporté le progrès espéré, mais un cycle de violences qui dure depuis vingt ans. Au lieu de foncer tête baissée vers un morcellement qui, financièrement, coûte cher à l’État, les autorités devraient se pencher sur les vrais problèmes des Congolais, lesquels ne demandent qu’à manger à leur faim, scolariser leurs enfants et se soigner dans de bonnes conditions. » Au Katanga, le scepticisme reste de rigueur. ● jeune afrique
Le Plus de J.A. Bye-bye Katanga
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Tribune © Trésor Kibangula/J.a.
Jeu de cartes balThazar ngoy Kimpulwa Chef du département des sciences politiques et administratives de l’Université de Lubumbashi
À
l’instar des autres provinces de la RD Congo, le Katanga se trouve actuellement mobilisé par deux événements majeurs qui, l’un et l’autre, suscitent des inquiétudes : les préparatifs des élections générales et le découpage du territoire national. Sans vouloir minimiser la question électorale, attardons-nous sur celle du découpage, dont l’application intervient neuf ans après son adoption par le constituant congolais. Curieusement, pendant tout ce temps, aucune initiative ni même la moindre intention de mettre en œuvre cette réforme n’a été envisagée. Aucune étude de faisabilité n’a été réalisée. Aucune action préparatoire des infrastructures d’accueil des nouvelles provinces n’a été posée. Pire, les ressources financières censées accompagner ces dernières n’ont pas été inscrites au budget 2015. Ce qui, pour parler sans ambages, revient à dire que ce chantier a été lancé dans l’impréparation la plus manifeste, sinon dans la précipitation. Certes, la volonté de redimensionner les territoires demeure en soi louable et positive, ne serait-ce que pour rendre tangible la présence de l’administration sur l’ensemble d’un espace quasi ingouverné comme l’est la RD Congo. Ainsi, au Katanga, il existe nombre de collectivités rurales non regroupées (donc, en clair, non administrées), comme dans le territoire de Bukama, à 400 km au nord de Lubumbashi. Quoi de plus normal que de vouloir rapprocher ces petites collectivités d’institutions et administrations provinciales de proximité pour qu’elles soient effectivement prises en charge? Cependant, les pesanteurs politiciennes entament inévitablement l’efficacité d’une telle réforme en tant qu’action essentiellement administrative. C’est ce qui a en grande partie expliqué l’échec de l’expérience de 1961 en la matière, chaque acteur politique voulant, par exemple, faire de son village un chef-lieu ou rattacher des ressources potentielles du sous-sol à sa province. Hier comme aujourd’hui, cette situation divise certaines communautés et alimente les germes de
futures tensions sociales au sein de plusieurs provinces filles du Katanga. La présence de forces négatives comme les Bakata Katanga [indépendantistes katangais], la remise en question du découpage territorial et le rejet par certains leaders politiques katangais de tout projet d’amendement des dispositions constitutionnelles verrouillées figurent parmi les motivations politiques qui ont conduit l’État à précipiter la mise en application du démembrement du Katanga. Le hasard n’ayant pas de crédit en politique, l’engagement de ce chantier justement au cours d’une année électorale peut aussi laisser supposer d’autres objectifs. Dans ce pays, plus d’une réforme administrative et territoriale s’opère pour atténuer ou absorber des tensions politiques qui menacent l’intégrité nationale. Ainsi, les sécessions du Katanga et du SudKasaï ont en partie justifié la réforme territoriale de 1961. Et l’on considère que les guerres du Shaba, sous Mobutu, ont motivé les réformes entamées en 1977, avec, en point d’orgue, le redimensionnement de quelques provinces. Il y eut une première expérience avec le Kivu, en 1988. C’est le tour, entre autres, du Katanga aujourd’hui. Dans ce contexte, il y a lieu de se
Les ressources financières censées accompagner la réforme n’ont pas été inscrites au budget 2015.
jeune afrique
demander si l’empressement manifesté autour de cette question ne vise pas à calmer les agitations, qui, souvent en Afrique, caractérisent les périodes électorales. Ce qu’il faut retenir, en définitive, c’est que réitérer une expérience malheureuse ne constitue pas un péché, mais que ne pas prendre en considération ses leçons, c’est faire preuve d’immaturité politique. Ne dit-on pas que les mêmes causes engendrent les mêmes effets ? Le succès de cette entreprise demeure donc lié à plusieurs paramètres, dont les plus déterminants restent l’effective autonomie de gestion et l’affectation régulière, suffisante et adéquate des ressources nécessaires aux collectivités. Et, sur ces points, Kinshasa n’offre encore aucune garantie. ● n o 2842 • du 28 juin au 4 juillet 2015
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Le Plus de J.A. Bye-bye Katanga politique
le dernier gouverneur Moïse Katumbi quitte la scène politique provinciale et prépare un grand tour du pays à la rencontre des Congolais. À moins qu’il ne soit contraint de revoir ses plans.
A
lors que certains croyaient leurréconciliationencorepossible, il semble que le divorce soit consommé entre Kabila et Katumbi. Le 23 juin, le chef de l’État a en effet fait déposer auprès du procureur général de la République une plainte pour corruption ou malversation visant quatre gouverneurs, dont, sur des soupçons de fraude douanière, celui du Katanga. À la tête de la province depuis huit ans, MoïseKatumbiChapwe,50ans,aannoncé il y a plusieurs mois déjà qu’il quitterait le gouvernorat dès que les nouvelles provincesseraientinstallées.Soitofficiellement le 30 juin, avant les élections provinciales prévues le 25 octobre. Dans les rues de Lubumbashi, la nouvelle a du mal à passer. Beaucoup estiment que leur gouverneur, cet homme d’affairesqui afait fortune dans le privé avant de s’engager en politique, est poussé vers la sortie parce qu’il est devenu encombrant. Fini l’époque où les ténors de la majorité lui faisaient les yeux doux pour qu’il rejoigne le camp de Joseph Kabila. « C’était avant la présidentielle de 2006 », se souvient un proche de Katumbi. À l’en croire,c’estunautreKatangais,feuAugustin
Katumba Mwanke, l’ancien conseiller spécial du chef de l’État, qui l’avait convaincu de se présenter aux élections provinciales, sous les couleurs du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD, au pouvoir). Mais aujourd’hui, le mariage Kabila-Katumbi traverse une zone de turbulences. Que leur est-il arrivé?
décision du gouverneur d’interdire aux compagnies d’exporter les minerais brutsa contraint les industriels à construire leurs unitésdetransformationauKatanga,générant plus de recettes et d’emplois locaux. Résultat: le budget de la province a quintuplé en un an, de 21 millions de dollars en 2006 à 113 millions en 2007. « Mais il n’y a jamais eu de mesure de renforcement Depuis un an, ses relations du potentiel électrique pour avec Joseph Kabila n’ont cessé industrialiser véritablede se détériorer. ment le secteur minier au Katanga, regrette un expert « La popularité du gouverneur et surtout des questions de développement basé à son bilan ont fini par éclipser le chef de Lubumbashi. Seules les compagnies qui l’État dans son propre fief, explique un transformaient déjà localement les minemembredelasociétécivilelocale.L’Histoire rais bruts ont continué à le faire, les autres retiendra que c’est Katumbi, et non Kabila, n’ont pas pu sauter le pas. » Conséquence: qui a multiplié par plus de 50 les recettes le gouvernorat a multiplié les « mesures provinciales, redonnant au Katanga le d’exception » afin de permettre aux entrerang de premier contributeur au budget prises d’exporter des minerais bruts. national qu’il avait jadis! » L’un des principaux moteurs de cette plébiscite. Qu’à cela ne tienne: au sein croissance est la relance spectaculaire de de l’Assemblée provinciale, qui vit ses derla production de cuivre, de 18000 tonnes nières heures avantd’être éclatée en quatre en 2007 (année de son élection) à plus de hémicycles, les élus, eux aussi, plébiscitent 1 million en 2014. Dès son investiture, la Katumbi. Ceux du Haut-Katanga vont jusqu’àluiproposerdeseprésenteràlatête de leur future province, lui promettant de l’élire massivement. « Il faut savoir partir », bAl Des prétenDAnts chez les bAlubAKAt répètel’intéressé,quiseditfierd’avoirremis hez les Baluba du le Katanga sur les rails, mais « frustré » de Katangais membres du Daniel Ngoy Mulunda : Katanga, les n’avoir pas eu les moyens nécessaires à sa gouvernement central Lushois de naissance, ce politique, le gouvernement central n’ayant prétendants aux postes pourraient aussi être pasteur méthodiste est jusqu’à présent rétrocédé qu’une infime de gouverneurs des tentés de briguer un proche des Kabila. Quant partie (6 %) des 40 % de recettes censés futures provinces du mandat à la tête d’un à l’influent Jean-Claude revenir aux provinces dans le cadre de Tanganyika et du exécutif provincial, Masangu Mulongo, à la décentralisation… Tout au long de son Haut-Lomami sont déjà comme Aimé Ngoy défaut de se présenter mandat, Moïse Katumbi a réclamé que nombreux. Élu député Mukena, ministre de la lui-même (il serait plus cetterétrocessionsoitpleinementeffective. national en 2011 pour la Défense natif du Hautintéressé par un mandat Kinshasa l’a toujours refusé. circonscription de Lomami, qui fut d’envergure nationale), Un manque à gagner énorme pour le Manono, son village gouverneur du Katanga il aura certainement un Katanga (lire p. 81), certes, mais aussi un d’origine, Zoé Kabila, le de 2001 à 2004, ou Félix rôle de faiseur de rois échec pour Katumbi dans son bras de fer frère cadet du chef de Kabange Numbi, actuel dans le Nord-Katanga. Né avec le pouvoir central. Pour ses détracl’État, se verrait bien ministre de la Santé à Likasi, cet économiste teurs, le gouverneur n’a pas réussi à créer gouverneur du après avoir été ministre qui a dirigé la Banque une synergie avec les autres autorités proTanganyika.Tout comme provincial des Sports de centrale du Congo de vinciales du pays pour imposer l’implantaChristian Mwando 2010 à 2012. Sans oublier 1997 à 2013 aura son mot tion des mécanismes de décentralisation. Nsimba, 50 ans, actuel l’ancien président de la à dire sur les candidats Ce qui fait dire à certains qu’en dehors de ministre provincial des Commission électorale de la majorité. ● trésor KibAngulA son charme et de son charisme, Katumbi Finances. Quelques nationale indépendante,
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jeune afrique
Lire aussi Kabila poursuit Katumbi pour « fraude douanière »
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t Le 21 février, lors d’une visite au collège technique Mwapusukeni, à Lubumbashi. Un établissement qu’il a lui-même financé.
magistrats ne pouvaient plus continuer de rendre justice dans un bâtiment aussi délabré, souligne un conseiller du gouvernement provincial. Il fallait intervenir pour leur permettre de travailler dans la sérénité et pour que la pluie n’interrompe plus le déroulement des procès! » « Intervenir » : ç’aura été la marque de fabrique du gouverneur Katumbi. Outrepassant souvent ses attributions, il n’hésite pas à payer de sa poche les droits de diffuser les matchs internationaux à la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC) et met son jet privé à la disposition des Léopards (l’équipe nationale de football), d’un ministre ou de la première dame lors de leurs déplacements dans la province. Sans compter les « cadeaux »: bateaux, bus, matériel scolaire, équipements sportifs, maïs… « Et l’on s’étonne, à Kinshasa, que le peuple le lui rende? » lance le député Ngandu Diemo.
© zzGwenn Dubourthoumieu pour J.a.
campagne. Une fois libéré de ses fonc-
n’aura pas laissé un grand héritage au niveau national. Ngandu Diemo, président de la commission politique, administrative et juridique de l’Assemblée du Katanga, pointe de son côté la « mauvaise foi » de Kinshasa : « Les promesses non tenues par le gouvernement central n’ont pas permis de concrétiser certains projets. Le gouverneur pouvait prévoir de construire une école ou de réhabiliter une route à Mitwaba et finalement y renoncer parce que la rétrocession attendue de Kinshasa ne couvrait pas les sommes escomptées… À qui la faute ? » jeune afrique
À quelques jours de quitter le gouvernorat, Moïse Katumbi lui-même semble partagé entre la certitude qu’il aurait pu mieux faire et le sentiment du devoir accompli, malgré tout. En ce début d’après-midi ensoleillé, le gouverneur regagne rapidement son bureau après la brève cérémonie d’inauguration du palais de justice de Lubumbashi, nouvellement rénové. Ce jour-là, il n’a pas fait de discours. Il s’est déplacé pour couper le ruban et apprécier le travail réalisé « sur fonds propres du gouvernorat ». La réhabilitation de l’édifice incombait normalement à l’État, « mais les
tions de gouverneur, Katumbi compte d’ailleurs aller à la rencontre de tous les Congolais. Une perspective que les caciques de la majorité, à Kinshasa, ne voient pas d’un bon œil. « Ce tour de la RD Congo qu’il a annoncé ressemble à une campagne pour la présidentielle avant l’heure », maugrée un cadre du PPRD. Comme pour rassurer, Katumbi précise que « l’objectif de ce grand tour est de vendre l’image de la RD Congo, de montrer ses potentialités afin d’attirer d’éventuels investisseurs »; et que « tout le monde », politiques et simples citoyens, est invité à l’accompagner dans ce périple. « C’est un voyage pour voir et pour écouter le peuple », explique-t-on dans son entourage. D’ailleurs, aucun meeting n’est prévu. Pas sûr que de tels gages calment les esprits à Kinshasa, où l’aile radicale du PPRD « considère désormais Katumbi comme un homme à abattre », confie un conseiller du gouverneur. Surtout depuis son retour triomphal à Lubumbashi, le 23 décembre dernier, après trois mois passés à l’étranger pour raisons de santé. Ce jour-là, des milliers de Katangais sont venus ovationner celui qui est aussi président du Tout-Puissant Mazembe, le plus prestigieux club de foot du pays. Face à la foule, Katumbi s’est ● ● ● n o 2842 • du 28 juin au 4 juillet 2015
Le Plus de J.A. Bye-bye Katanga
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p Le 4 mars, à Lubumbashi, devant les joueurs du Tout-Puissant Mazembe, le club de football qu’il préside. ● ● ● alors demandé si, après deux « faux penalties » contre l’équipe nationale, ses supporters n’envahiraient pas le terrain au casoùuntroisièmeseraitsifflé…Unemétaphore, soigneusement choisie, qui sonne comme une mise en garde. Attention aux débordements que risquerait de susciter une révision constitutionnelle visant à permettre au chef de l’État de briguer un troisième mandat!
bras de fer. La riposte de Kabila ne s’est
pasfaitattendre.Le5janvier,àLubumbashi, le président est venu recadrer ses troupes, personnalités politiques, de l’économie et de la société civile du Katanga, en l’absence deKatumbi(quiavaitprétextésonmauvais état de santé) et d’Antoine Gabriel Kyungu waKumwanza, le président de l’Assemblée provinciale (lire pp. 74-75). Il est resté plusieurs jours dans la province, où lui aussi sait rassembler les foules. Ce n’est qu’à la fin du mois de février, à Kinshasa, que Kabila et Katumbi se sont vus. De cet entretien d’une heure, rien n’a filtré. Pas même un mois plus tard lorsque, de retour à Lubumbashi, le gouverneur reçoit Jeune Afrique. Dans le vaste salon de sa résidence privée du quartier du Golf, un silence de marbre s’installe dès lors n o 2842 • du 28 juin au 4 juillet 2015
que l’on aborde la question. Le terrain est glissant, et le bras de fer entre les deux hommes un jeu d’échecs. Chacun avance prudemment ses pièces, prenant soin d’assurer ses arrières à chaque mouvement, à chaque prise de parole. Kabila ne peut plus, en l’état actuel de la Constitution, briguer un nouveau mandat. Le chef de l’État joue donc la montre pour débusquer les lieutenants pressés qui voudraient – trop rapidement à son goût – lui succéder alors qu’il n’a pas encore décidé de son avenir. Katumbi, à qui l’on prête
considérée à sa juste valeur au sein de la majorité ? « En tout cas, Kabila avait tout intérêt à faire de Katumbi son dauphin pour la présidentielle de 2016 », répond un habitué des arcanes du pouvoir, déplorant la stratégie suivie par la majorité, laquelle, selon lui, consiste à « vouloir tuer sa poule aux œufs d’or ». Pour l’instant, le dernier gouverneur du Katanga annonce qu’il compte avant tout « prendre une pause ». Un repos auprès des siens, de sa famille, pour se ressourcer et réfléchir. Même si, dans les officines de certains partis – de la majoritécommedel’opposition–, d’un côté, le sentiment du devoir sonnomcirculedéjàcomme accompli. de l’autre, la certitude celuiducandidatidéalàsoutenirpourlaprésidentiellede qu’il aurait pu faire mieux. 2016.Àl’Unionnationaledes des ambitions présidentielles, l’a compris. fédéralistes du Congo (Unafec), de Gabriel Désormais, il temporise, en attendant le Kyungu, fer de lance des « frondeurs » bonmoment.Maispense-t-ilsérieusement au sein de la Majorité présidentielle, il à se présenter en 2016? « Dans une famille semble qu’on n’attende désormais plus politique, on devrait savoir analyser le que le « oui, j’y vais » de Katumbi pour charisme de chacun de ses membres et s’aligner derrière lui. Mais Moïse ira-t-il se demander pourquoi untel ou untel est jusque-là? Lorsqu’on lui pose la question, toujours suivi par la population lorsqu’il il n’esquisse qu’un sourire. Et la plainte improvise des meetings. Et en tirer les qui le vise depuis le 23 juin pourrait bien conséquences », se contente-t-il de lâcher. contrarier ses projets. ● Insinuerait-il que sa popularité n’est pas Trésor Kibangula jeune afrique
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Le Plus de J.A. Bye-bye Katanga
Fronde commune Outre Moïse Katumbi, deux personnalités locales s’opposent à un nouveau mandat de Kabila : l’avocat Jean-Claude muyambo et le président de l’Assemblée provinciale, Gabriel Kyungu.
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est l’histoire de trois Katangais qui n’ont pas toujours été d’accord, mais partagent aujourd’hui un même combat. Chacun à sa manière, chacun selon sa stratégie. Le premier à dégainer fut Jean-Claude Muyambo Kyassa, 49 ans. Le président du parti Solidarité congolaise pour la démocratie et le développement (Scode), ex-bâtonnier de Lubumbashi et ancien ministre des Affaires sociales (20072008), a commencé à prendre ses distances avec la majorité au lendemain des législatives de novembre 2011, à l’issue desquelles il a perdu son mandat de député national. « Il n’a pas été réélu parce que certaines personnes très influentes auprès du chef en avaient décidé ainsi », accuse l’un des proches de l’avocat. Parmi ces personnes que Muyambo soupçonne d’avoir manœuvré contre lui, un homme en particulier : Augustin Katumba Mwanke, décédé en février 2012 dans un accident d’avion à Bukavu. Député national et ancien gouverneur du Katanga, ce cofondateur du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD, au pouvoir) était l’éminence grise du chef de l’État. Il était aussi le mentor de l’homme d’affaires Moïse Katumbi Chapwe, dont il a accompagné l’entrée en politique. Une proximité qui, pour Muyambo, a ipso facto expédié son ex-ami Katumbi dans le camp de ses ennemis. histoire anCienne. Pendant près de
cinq ans, les deux fortes personnalités se sont livré une guerre sans merci dans la province, ne cessant de ferrailler à travers leurs radios et télévisions respectives (Nyota pour Katumbi, Jua pour Muyambo), surtout après les législatives de 2011. L’avocat a même adressé au gouverneur quatorze « lettres ouvertes » sur la situation au Katanga et sa mauvaise gestion de l’exécutif provincial, l’accusant n o 2842 • du 28 juin au 4 juillet 2015
u De g. à dr. : Muyambo et Kyungu, prêts à faire la courte échelle à Katumbi ?
des pires maux… « C’est de l’histoire ancienne ! Depuis, nous avons changé notre fusil d’épaule », affirme aujourd’hui un collaborateur de l’avocat en brandissant la Constitution congolaise. Début 2014, les deux hommes se sont en effet rapprochés sur le terrain du respect des dispositions constitutionnelles contre un troisième mandat du chef de l’État. Désormais Muyambo, qui a claqué la porte de la Majorité présidentielle en avril 2012, et Katumbi, qui en fait encore officiellement partie, se retrouvent dans le même camp. Lors d’un point presse donné à son domicile lushois le 8 janvier, Muyambo a réitéré son rejet d’une nouvelle candidature de Joseph Kabila et dit s’être « trompé de cible » en s’en prenant à « Moïse ». Et d’ajouter : « La Majorité présidentielle serait très mal
inspirée d’utiliser mes écrits contre Moïse Katumbi. » menaCe de divorCe. Deux semaines
plus tard, alors qu’il était à Kinshasa pour participer à des réunions et manifestations organisées par l’opposition et la société civile contre le projet controversé de loi électorale (dont une disposition, finalement retirée du texte adopté par le Parlement, subordonnait l’organisation des législatives et de la présidentielle de 2016 au recensement de la population), Muyambo a été arrêté à sa résidence de Ngaliema. Poursuivi, selon la justice congolaise, pour « des faits de droit commun », il serait soupçonné d’avoir vendu un immeuble qui ne lui appartenait pas. Depuis le 20 janvier, il est en détention à Kinshasa. jeune afrique
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Moins frontal, peut-être, mais tout aussi clair dans son message, le 23 décembre, lors de son retour à Lubumbashi après trois mois d’absence, Moïse Katumbi a mis en garde la majorité contre un troisième « faux penalty ». Et fait planer comme une menace de divorce avec Kabila… Témoin privilégié de cet acte : le doyen Antoine Gabriel Kyungu wa Kumwanza, 76 ans, président de l’Assemblée provinciale et de l’Union nationale des fédéralistes du Congo (Unafec). Celui que les Katangais appellent « Baba » (« le père », en swahili) était ce jour-là au côté du gouverneur. « Sa présence n’était pas un hasard, confirme un cadre de l’Unafec. En tant que membre du bureau politique de la Majorité présidentielle, il était venu soutenir et partager la prise de position du gouverneur Katumbi. » jeune afrique
Quelques mois plus tard, « Baba » confie que lui-même ne supportait plus l’absence de débat sur l’éventuel troisième mandat du président Kabila. Et que cette sortie de Katumbi l’a convaincu de passer à son tour à l’offensive. Mais pas question de quitter pour autant la majorité, c’est de l’intérieur qu’il va mener la fronde. Comme il l’avait fait avec douze autres parlementaires, le 1 er novembre 1980, en écrivant une longue lettre ouverte à Mobutu Sese Seko, alors président du Zaïre, pour l’alerter sur la « crise profonde de confiance » qui risquait d’entraîner le pays dans le chaos politique et social. deux lettres. Pour son nouveau com-
bat contre un troisième mandat, Kyungu est entouré de six autres cadres de la
Majorité présidentielle, avec lequel il constitue « le G7 des frondeurs ». Le groupe a déjà envoyé deux lettres au président de la République, l’une fin février, l’autre début mars, pour le mettre en garde contre l’imminence d’une « crise politique grave et difficilement maîtrisable » si la majorité persistait à vouloir maintenir son chef au pouvoir. La voix des frondeurs sera-t-elle entendue? Dans tous les cas, le parti de « Baba » compte bien présenter « son » candidat à la présidentielle de 2016, même s’il est encore trop tôt pour le désigner. En coulisses, Kyungu, qui prend régulièrement des nouvelles de Jean-Claude Muyambo, semble pour l’heure avoir jeté son dévolu sur Moïse Katumbi. Lequel ne s’est pas encore prononcé sur ses intentions. ● trésor Kibangula n o 2842 • du 28 juin au 4 juillet 2015
Le Plus de J.A. Bye-bye Katanga aux rebelles des Éléments katangais, une milice luba. Cette dernière affronte régulièrement des miliciens pygmées, qu’elle accuse de commettre des exactions contre les civils de sa communauté. Le 24 mars, des Éléments katangais ont même réussi à mettre la main sur le « général » autoproclamé Nyumba-Isha, « considéré comme le commandant le plus agressif de la milice pygmée au nord-est du territoire de Manono », selon la Monusco.
sécurité
Dans le triangle de la mort Combattants maï-maï, miliciens luba, rebelles pygmées… Les FARDC ont fort à faire pour neutraliser les groupes armés qui sévissent entre Mitwaba, Manono et Pweto, dans le nord-est de la province.
IMBROGLIO. Pour mettre fin à cet
u Un Casque bleu de la Monusco surveillant les abords d’un village du territoire de Manono, en octobre 2014.
a
bstractionfaitedesdeuxKivus, le Katanga est la province la plus instable de RD Congo. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU, entre 2012 et 2014, plus de 500 000 personnesyontétécontraintesdequitterleurs villages pour fuir l’insécurité. Depuis 2010, des miliciens maï-maï sèment la terreur dans le nord-est de la province, principalement sur les territoires de Mitwaba, Manono et Pweto ; une zone désormais surnommée le « triangle de la mort ». Contrairement aux trois contingents de la brigade d’intervention des Nations unies, qui, aux côtés des Forces armées de la RD Congo (FARDC), traquent les groupes armés dans le Nord-Kivu et dans le Sud-Kivu, les quelque 400 Casques bleus présents au Katanga sont dépourvus de mandat offensif. « Nous apportons toutefois un soutien logistique à l’armée », précise Nana Rosine Ngangoue, porteparole de la Monusco à Lubumbashi. Mais c’est aux FARDC qu’il appartient de « faire le job » : traquer et neutraliser les groupes armés locaux. Le général Philémon Yav se veut rassurant. « La situation est désormais calme et n o 2842 • du 28 juin au 4 juillet 2015
© MONUSCO
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sous contrôle » dans le nord du Katanga, affirme l’officier dans son bureau du quartier lushois du Golf. Depuis son arrivée à la tête de l’état-major de la XXIIe région militaire des FARDC – après quelques faits d’armes dans le Kivu, où il a notamment combattu le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) en 2007 et le Mouvement du 23-Mars (M23) en 2013 –, le général Yav s’attaque aux combattants maï-maï Bakata Katanga (« détacher le Katanga », en swahili) et
imbroglio sécuritaire, les FARDC ont multiplié les patrouilles. Les services de renseignements, mis à contribution, procèdent à des interpellations de civils soupçonnés d’appuyer les groupes armés. Cette présence de plus en plus visible des soldats congolais rassure les déplacés, qui commencent à regagner leurs villages. Les miliciens, eux, se retranchent dans la brousse. S’achemine-t-on vers la pacification du nord de la province ? La Monusco veut y croire. « À titre expérimental », la mission onusienne a même désigné Manono comme « îlot de stabilité », où elle compte déployer de manière permanente sa police, l’Unpol, et des effectifs civils pour tenter de rassurer la population et de relancer les activités sur le territoire. Ainsi, début avril ont commencé les travaux de construction de l’état-major et de réhabilitation du commissariat local de la police nationale congolaise, dont 138 fonctionnaires sont formés par l’Unpol. Des centres de santé et des écoles doivent également être remis en état. Objectif : que la paix s’installe durablement. ● TRésOR KIBanGuLa
Où est Gédéon?
a
rrêté en 2006, condamné à mort trois ans plus tard pour crimes contre l’humanité, Gédéon, de son vrai nom Kyungu Mutanga, s’est évadé de la prison de Lubumbashi en septembre 2011. Commande-t-il toujours ses miliciens dans la brousse? Est-il toujours en vie? Mystère. Depuis deux ans, personne n’a vu le chef de guerre maïmaï. Pas même lors de la brève incursion dans Lubumbashi de ses combattants Bakata Katanga, fin mars 2013. C’est
l’un de ses proches, Ferdinand Kazadi Ntanda Imena, qui avait alors piloté l’opération. « Depuis son évasion, il a dû bénéficier de complicités au sein de l’armée, parce que, pendant un temps, celle-ci a utilisé ses troupes comme des éléments supplétifs », accuse un membre de la société civile katangaise. Mais où est-il passé ? Certaines sources humanitaires croient en l’hypothèse de sa mort, qui aurait été gardée secrète pour entretenir le mythe. ● T.K. jeune afrique
PUBLI-INFORMATION
Mutanda Mining Leader industriel africain du cuivre et du cobalt
Mutanda Mining est l’opérateur de mines à ciel ouvert et d’usines de traitement de minerais de cuivre et de cobalt. Il est basé dans la province du Katanga, en République Démocratique du Congo.
Mutanda Mining s’engage dans de grands projets sociaux Mutanda Mining est présent aux côtés des autorités et de la population pour valoriser au mieux les richesses naturelles du pays. À ce jour, ses actionnaires ont investi plus de 1,8 milliard de dollars dans le site, créant plus de 4 500 emplois. Un tel engagement offrira des retombées économiques à la RD Congo pendant les 20 prochaines années. « Nous avons favorisé le transfert des récentes technologies dans le pays. »
À propos de Mutanda Mining • Mutanda Mining est l’opérateur de plusieurs sites miniers et industriels, comprenant notamment trois mines à ciel ouvert et des usines d’extraction par solvant ou par électrolyse. • En 2014, Mutanda Mining a produit 197 100 tonnes de cuivre et près de 14 400 tonnes de cobalt.
PUBLI-INFORMATION
Dans la santé Hôpital de Kisangani • Achevé en novembre 2011 • 102 lits • Centre de vaccination des enfants • Spécialités : neurologie, cardiologie, oncologie, urologie, maternité • 2 salles d’opérations, 2 équipements de dialyse, unités de soins intensifs adultes et enfants
Kurhan - Fotolia
• Participation financière : 4,3 millions de dollars
Hôpital de Pweto • Achevé en mars 2012 • 75 lits spécialisés • 3 salles d’opérations (orthopédie, urgences abdominales et petite chirurgie) • Tomodensimètre et équipements de diagnostic de dernière génération • Spécialités : physiothérapie, orthopédie, neurologie, cardiologie, oncologie, urologie • 2 équipements de dialyse, unités de soins intensifs adultes et enfants • Participation financière : 4,9 millions de dollars
Aux côtés des populations Éducation • Réhabilitation du mobilier de l’école de Mwongo • 70 pupitres construits pour l’école de Kando • Don de matériels pédagogiques dans 5 écoles élémentaires Agriculture • Assistance de chefs de villages • Assistance de 13 coopératives (formation et finance) • Participation au programme provincial pour l’agriculture Eau potable • 10 forages à Kando et Lualaba Infrastructures • Réhabilitation de la piste d’atterrissage de Kolwezi (avec Kamoto Copper
Ruticar - Fotolia
Company) • Participation à la construction du second pont sur la rivière Lualaba river (avec Kamoto Copper Company)
Mutanda Mining 33 Avenue Kapwassa - C/Kampemba Lubumbashi – République Démocratique du Congo PUBLI-INFORMATION
©LaszLo Bencze/TFM
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p TFM emploie 3 500 salariés et fait appel à 3 800 sous-traitants. mines
TFM, gisements high-tech Avec son système d’information dernier cri, le complexe de cuivre et de cobalt de Tenke Fungurume Mining est le plus moderne du pays. Visite d’une concession XXL.
l
e QG de Kwatebala est le centre névralgique du gigantesque complexe de cuivre et cobalt de Tenke Fungurume Mining (TFM). Depuis ce bâtiment-tour de contrôle posé au sommet d’une colline, le visiteur peut embrasser du regard le gisement le plus proche, ainsi que son usine hydrométallurgique, entrés tous deux en exploitation en mars 2009 sous la houlette de FreeportMcMoRan. C’est en 2007 que le groupe américain a repris cette immense concession qui s’étend sur près de 1 600 km2 de collines et de vallons, entre 1 000 et 1400 mètres d’altitude, à environ 180 km au nord-ouest de Lubumbashi. Freeport-McMoRan a mis en place une exploitation mécanisée reposant sur un système moderne de transmission des informations de production. Grâce aux capteursinstalléssurlesenginsminiers,ces données sur l’état des opérations d’extractionremontententempsréelsurlesgrands écrans des quatre contrôleurs en poste au QG. « Ce système est unique en RD Congo. NousavonsétéenvoyésàSierra-Verde,une mine de Freeport-McMoRan située près d’Arequipa, dans le sud du Pérou, pour être formés à son utilisation », raconte Célestin MatukaTshinguz,unanciendelaGénérale des carrières et des mines (Gécamines), n o 2842 • du 28 juin au 4 juillet 2015
exploitation sur la concession. Certains d’entreeuxsontprochesdel’usine,comme celui de Kwatebala, mais d’autres en sont éloignés de près de 20 km, comme celui de Fungurume, le dernier à être entré en exploitation, en 2012.
CRATÈRE. Initialement, chacun de ces chargé de faire visiter le site de TFM, où il gisements correspondait à une colline a commencé à travailler en 2007. choisie par les géologues pour sa forte « Depuis leur poste, les contrôleurs teneur en cuivre. Mais à Kwatebala comme orientent conducteurs et opérateurs sur tous les sites exploités, la colline s’est d’engins de façon à optimiser la promuée en un immense cratère, à l’intérieur duction en fonction de la position, de duquel hommes et engins ont sculpté des l’état mécanique et des caractéristiques gradins de dix mètres de largeur, espacés des cargaisons de minerai. Un système les uns des autres par un dénivelé de huit d’alerte s’appuyant sur des capteurs et des mètres. Au fil des semaines, les gradins caméras permet de réagir au plus vite, par deviennentplusnombreuxetlecratère exemple si un chauffeur dépasse plus profond, grignoté par les la limite de vitesse autorisée, explosifs, les pelleteuses et En 2014, s’il menace de s’endormir, les draglines, ces grues TFM a produit si une benne s’écarte de d’excavation utilisées pour charger les son itinéraire… », précise Célestin Matuka bennes. Tshinguz. « Ici, contrairetonnes de cathodes de cuivre Un suivi électroment aux mines (– 3,4 % sur un an) souterraines de nique permet aussi de Kolwezi [à 100 km « marquer » chaque typedecargaisonselon plus à l’ouest], plus tonnes de cobalt métal son origine, sa teneur chères à exploiter, il (+ 4,6 % sur un an) n’y a qu’à se baisser et sa granularité, afin de source : TFM mieux organiser le stockage pour ramasser un minerai dumineraibrutavantqu’ilpasse contenant environ 2,5 % de dans les broyeurs, à l’entrée de l’usine cuivre, soit une teneur parmi les de concentration. Chaque jour, d’énormes plus riches de la planète », s’enthousiasme camions de 32 tonnes y acheminent plus Célestin Matuka Tshinguz en montrant, de 18 000 tonnes de roches brutes riches sur une pierre ramassée au hasard, la en cuivre et en cobalt, depuis les huit coloration verte caractéristique du cuivre gisements à ciel ouvert actuellement en oxydé à l’air libre.
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FORÊT. Le long des pistes comme aux
(24 %), qui a mené la phase d’exploration, et la Gécamines (20 %), qui représente les intérêts publics congolais. « Les gens de la région pensaient que nous allions créer davantage d’emplois, mais TFM a adopté une exploitation très mécanisée qui requiert donc moins de salariés,expliqueuncadredelasociété.Les postes sont en revanche plus qualifiés que sur des sites comme ceux de la Gécamines ilyaunedizained’années.»«TFMemploie tout de même plus de 3500 salariés directs [permanents], parmi lesquels seulement une soixantaine d’expatriés, et 3800 soustraitants[contractuels],souligneBillHarris.
cause principale de la baisse de 3,4 % de sa production de cathodes de cuivre entre 2013 et 2014. « Au lieu d’une puissance de 125 MW que doit nous fournir la Snel [Société nationale d’électricité], nous n’en avons eu que 94 en moyenne en 2014, se plaint Christian Kabange, l’ingénieur métallurgiste responsable du processus d’électrolyse.Aprèschaquecoupured’électricité, il faut presque deux heures avant de pouvoir relancer l’activité, et, au-delà de la perte de la production, cela endommage les équipements. » À Tenke Fungurume comme ailleurs dans la province, l’autre grand défi est celui de la logistique. L’état des routes, qui s’était amélioré Grâce aux capteurs installés sur au moment du démarrage les engins, les données remontent du projet, se dégrade de en temps réel à la tour de contrôle. nouveau sur l’axe KolweziLubumbashi, très fréquenté Notre présence a entraîné le développepar les camions des nombreux projets ment de la région: la ville de Fungurume, miniers. Quant à la possibilité d’utiliser le située sur l’axe Likasi-Kolwezi, est ainsi chemindeferjusqu’àBenguela,enAngola, passée de 40 000 à 150 000 habitants, et pour rallier l’Atlantique, « la perspective celle de Tenke, légèrement plus excensemble encore lointaine » à Bill Harris. trée, de 10000 à 50 000. » Et de vanter les Dernier écueil pour les miniers en programmes de développement comgénéral et TFM en particulier, celui de munautaire, auquel TFM participe en l’exploitation illégale. « Il nous est difficile matièred’infrastructures,d’aménagement, d’empêcher les mouvements de minerais de formation, d’éducation et de santé. extraits clandestinement », reconnaît un cadre du groupe, qui explique qu’une « COUPURES ». Si Tenke Fungurume reste filière de revente a été identifiée et que la plus importante exploitation cuprifère ces derniers mois, en dépit des contrôles de RD Congo (en superficie comme en routiers à l’entrée comme à la sortie de la volumes produits), TFM se trouve cepenconcession, le trafic progresse. La technodant confronté, comme tous les induslogie ne résout pas tout. ● triels du Katanga, à la pénurie d’électricité, ChRiSTOPhE LE BEC
abords des sites, le groupe veille à respecter la végétation. Çà et là, de petits champs sont cultivés par les habitants de la région. Ailleurs, on a laissé la forêt se développer. C’est le résultat des mesures de gestion environnementale et de surveillance prises par TFM dans le cadre de son « plan d’action de biodiversité », afin d’atténuer les impacts négatifs de ses activités sur la faune et la flore locales, la qualité et la conservation des sols, l’eau, etc. « D’après les prévisions de nos géologues, nous 2 millions sommes là pour au moins de microprocesseurs cinquante ans, avec une productionmoyennede500 300 000 appareils photos à 600 tonnes de cathodes numériques de cuivre chaque jour », annonce l’Américain Bill 250 000 Harris, président Afrique smartphones de Freeport-McMoRan, qui passesontempsentreTenke 3 000 Fungurume et Phoenix, en ordinateurs Arizona,oùestétablilesiège 2 000 de la compagnie. Cette derpoignées de porte antimicrobiennes nière détient 56 % du capital du projet. Le reste est réparti entre la junior canadienne Lundin Mining Corporation jeune afrique
tonne de cuivre permet de fabriquer (au choix) 1 transformateur industriel
10
gros moteurs industriels
50
chaudières
125
climatiseurs
1 000
réfrigérateurs
450 000
cordes de guitare n o 2842 • du 28 juin au 4 juillet 2015
source : european copper institute
Les minerais bruts sont concassés, puis broyés avant d’entrer dans l’usine, où une première série de traitements chimiques et mécaniques va séparer les impuretés des différents composants. Ces derniers sont ensuite raffinés via un processus d’extraction par solvant et par électrolyse, à la sortie duquel on obtient des cathodes (feuilles) de cuivre et de l’hydroxyde de cobalt quasi purs (à 99,9 %). Actuellement, la capacité de production de cathodes de cuivre du concentrateur de Kwatebala est de 800 tonnes par jour. Entre ses différents gisements et l’usine, TFM entretient un réseau d’une centaine de kilomètres de larges pistes, sur lesquelles s’orchestre l’incessant ballet des engins miniers, et que des camionsciternes arrosent régulièrement (l’eau est ici présente en abondance) en saison sèche pour limiter les aveuglants nuages de poussière. Afin d’éviter les accidents, les voitures doivent porter des fanions de couleur vive pour être repérées de loin par les chauffeurs des énormes camions bennes, dont l’habitacle est à plus de quatre mètres du sol.
Le Plus de J.A. Bye-bye Katanga
© Jean-Dominique Burton/Grelka
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p Le bétail se nourrit exclusivement de l’herbe des hauts plateaux.
Élevage
le grand troupeau Avec 35 000 têtes, la société Grelka réunit le plus important cheptel bovin de rd Congo. Issues de races africaines et européennes, ses vaches sont particulièrement bien adaptées au terrain katangais.
J
adis, la plupart des grands ranchs katangais étaient situés dans l’est de la province, à proximité du lac Tanganyika (Moba) et de la frontière avec la Zambie (Pweto). Mais leurs troupeaux ont été décimés par les conflits armés qui se sont succédé entre 1998 et 2002. Aujourd’hui, loin des troubles qui persistent dans le « triangle de la mort » (lire p. 76), et profitant de la savane herbeuse des plateaux du centre du Katanga, les deux principales sociétés de ranching qui ont tenu le coup tentent de relancer la filière. Avec près de 35 000 têtes, les Grands élevages de Katongola (Grelka) réunissent le plus important cheptel bovin de RD Congo, réparti sur deux ranchs qui sont les plus modernes et les mieux équipés de la province. Le premier, celui n o 2842 • du 28 juin au 4 juillet 2015
de Katongola, s’étend sur 350000 hectares Le tycoon provincial, président du Groupe près de Kamina, dans le Haut-Lomami, Forrest International (GFI, actif depuis et le second couvre 100 000 hectares sur 1922 en Afrique centrale dans le BTP, le le plateau des Biano, dans le district de ciment, les services miniers et les planKolwezi. tations), était alors un nouveau venu dans le domaine de l’élevage. Et il a voulu Deuxième plus gros éleveur de la province après Grelka, la Pastorale du Haut-Lomami les bêtes sont suivies et compte quant à elle plus de soignées par quelque 800 salariés, 18000 têtes et dispose d’une dont 24 vétérinaires congolais. concession de 212 000 hectares située à environ 20 km de Kamina. redonner à Grelka son lustre d’antan, celui des années 1970-1980, quand les lustre d’antan. Fondée dans les ranchs de la société approvisionnaient années 1930, pendant la colonisation, en viande rouge la quasi-totalité de la par le baron et banquier bruxellois Henri clientèle du Katanga et de la province Lambert, la société Grelka a été rachetée voisine du Kasaï-Oriental. en 2006 par George Forrest, qui en est « Depuis qu’il a repris le projet, George l’actionnaire majoritaire (93 % du capital). Forrest s’est beaucoup impliqué. Il a jeune afrique
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a déraillé, le 22 avril 2014, faisant 74 morts Katongola du ranch des Biano. De là, investi pour enrichir le cheptel par des selon les autorités, plus d’une centaine chaque mois, d’autres font une marche croisements avec la race sud-africaine selon la Croix-Rouge. de 150 km pour rejoindre Fungurume, bonsmara, parfaitement adappremière ville accessible par route bitutée au climat local. Il vient au « treKs ». « Avec les difficulmée, sur l’axe Kolwezi-Lubumbashi. Les moins quatre fois par an tés de l’industrie diamanacheteurs y viennent en camion chercher dans le ranch des Biano C’est le nombre tifère et l’absence totale le bétail qu’ils ont commandé et payé pour se rendre compte de têtes que compte le d’entretien des routes au depuis Lubumbashi (où est établi le siège par lui-même de l’évolucheptel bovin katangais, Kasaï-Oriental, qui était de Grelka) sur la base de son poids au tion de Grelka », souligne contre 300 000 Olivier Nienhaus, le direcauparavant notre principal départ des Biano (actuellement au prix en 1995 teur général de la société, débouché, nos acheteurs de 3,30 dollars, soit 3 euros le kilo). un Belge installé au Katanga se trouvent désormais quasi « La logistique est notre premier souci. depuis 1987. Son patron lui a exclusivement dans le sud du Si l’état des routes le permettait, nous donné pour mission de faire enverrions des camions jusqu’au Kasaï Katanga, dans les villes minières grossir le cheptel jusqu’à de Lubumbashi, Kolwezi et et à Kinshasa. Comme c’est impossible, 40 000 têtes d’ici à 2018. Likasi, où l’activité a repris nous nous en tenons aux méthodes C’est le nombre « C’est le maximum que traditionnelles du trek, auxquelles nos depuis la stabilisation d’hectares de pâturages nous puissions faire, en politique, indique Olivier bêtes sont habituées », conclut Olivier naturels dont dispose élevage extensif, avec la Nienhaus. Faute de routes Nienhaus. Une contrainte logistique qui le Katanga, soit 10 % superficie dont nous dispraticables, il est impossible limite le marché. Cependant, afin de tenir de son territoire posons », explique-t-il. de rallier ces villes par camion son objectif et de faire passer le cheptel depuis nos exploitations, donc de 35 000 à 40 000 têtes d’ici à trois ans, « plus résistante ». Olivier nous organisons des treks. » Grelka veille aussi à plafonner ses ventes Nienhaus n’est pas peu fier de son bétail. Six fois par an, bouviers et bêtes parà 4 000 bêtes par an pour le moment. ● Nourri exclusivement en pâturant sur les courent donc les 300 km qui séparent Christophe le BeC plateaux et hauts plateaux katangais, le troupeau est suivi et soigné par quelque 800 salariés, dont 24 vétérinaires congolais formés sur place. « C’est l’élevage le plus moderne de la province. Nous travaillons avec les universités de Liège et de Lubumbashi pour améliorer la qualité, année après année », s’enorgueillit-il. Chaque bête, imposante, pèse entre 460 et 500 kg une fois arrivée à maturité. « Au départ, la race Grelka est un mélange de zébus africains et de vaches européennes simmental et sussex, poursuit le directeur. Mais le croisement avec la bonsmara a permis de lui donner une peau plus résistante aux insectes ainsi qu’une ossature adaptée à la marche. » Ce dernier détail n’est pas négligeable en terre katangaise, en particulier dans le Haut-Lomami et le nord du district de Kolwezi. À défaut de routes praticables en camion et compte tenu de la vétusté p Un croisement entre le zébu et les races simmental, sussex et bonsmara. de la ligne de chemin de fer comme de son matériel roulant, le bétail élevé à Katongola doit en effet parcourir des Vachement naturelles centaines de kilomètres à pied pour être acheminé vers les grossistes et les COMMe CeLLeS de La Pastorale du Haut-Lomami, les vaches des ranchs centres de consommation. Kamina est Grelka mangent exclusivement l’herbe de leurs pâturages. en témoignent pourtant un carrefour ferroviaire, d’où la belle couleur bordeaux de leur viande et la réputation d’excellente qualité partent trois lignes de chemin de fer, dont celle-ci bénéficie auprès des consommateurs en Afrique centrale (et mais la ville ne voit plus guère passer au-delà). Grelka travaille actuellement pour que la viande issue de ses ranchs de trains. obtienne un label bio. Une certification qui permettrait à la société de mieux C’est d’ailleurs sur la portion Katongolarivaliser avec les élevages industriels zambiens et sud-africains, qui nourKamina qu’un train de la Société natiorissent leurs bovins de compléments alimentaires bien moins naturels que nale des chemins de fer du Congo (SNCC) la savane herbeuse du plateau katangais. ● C.l.B.
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Jean-Dominique Burton
1,8 million
Le Plus de J.A. Bye-bye Katanga
AÉRIEN
Korongo va piano mais sano Trois ans après son envol, la compagnie lushoise ne dispose que d’un appareil, ce qui limite le nombre de rotations. En revanche, elle a fait ses preuves en matière de sécurité.
E
ntre 2000 et 2011, la RD Congo a connu 83 crashs, qui ont fait 468 victimes et ont conféré au pays une fort mauvaise image en matière de sécurité aérienne. Pour faire mentir cette réputation, les belges Brussels Airlines et Groupe Forrest International ont créé Korongo Airlines (« oiseau migrateur », en swahili), à Lubumbashi. Assurant qu’elle veillerait au respect des normes contraignantes en matière de maintenance et de formation des personnels avec l’appui de sa maison mère européenne, la nouvelle compagnie s’est lancée à la conquête d’une clientèle d’affaires et de particuliers aisés ou issus de la classe moyenne katangaise (notamment les employés des groupes miniers internationaux et leurs familles). Elle a effectué son premier vol commercial vers Johannesburg (via Kinshasa) en avril 2012. Trois ans plus tard, Korongo n’a connu aucun incident, mais a réduit sa flotte à un appareil, contre trois en 2012. Piloté par un équipage de Brussels Airlines, son Boeing 737-300 de 124 places assure donc seul l’ensemble des rotations LubumbashiKinshasa (en direct ou via Mbuji-Mayi, dans le Kasaï-Oriental) et LubumbashiJohannesburg (une destination qui représente 25 % des 74 412 passagers transportés en 2014). « Nous disposions de deux autres avions plus petits en location, des BAE 146-200, peu adaptés au climat et dont les coûts d’entretien étaient prohibitifs. C’est pourquoi nous les avons
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p Le Boeing 737-300 est piloté par un équipage de Brussels Airlines.
ajoute Jean-Michel Zitu, un employé lushois qui passe actuellement les divers examens de certification nécessaires à l’obtention d’une licence de l’Agence européenne de la sécurité aérienne (Aesa). Avant de préciser que « pour les opérations dites “de grand entretien”, qui interviennent après chaque passage d’un palier d’heures de vol déterminé par les BOÎTES NOIRES. Pour tenir ses engagenormes de l’Aesa, l’avion est envoyé en ments en matière de sécurité, la compaBelgique ou en France dans des centres gnie a investi dans les équipements et la capables de les assurer ». Ainsi, en février, formation. À l’aéroport de Lubumbashi, le Boeing de Korongo était à Perpignan. Justice Mununga, son responsable logisDe l’avis des experts en sécurité tique, fait visiter le hangar de maintenance aérienne, les seuls efforts de la compade 1500 m2 et ses cinq entrepôts de pièces gnie ne sont cependant pas suffisants détachées. Blocs de frein, jauges de carbupour réduire les risques. De fait, les rant, ordinateurs de bord et 34 transporteurs aériens Répartition jusqu’aux fameuses boîtes détenteurs d’une licence du capital noires: il y a là de quoi remd’exploitation congolaise, placer la plupart des petits Korongo compris, restent éléments susceptibles de tous automatiquement Investisseurs s’user. « Nous bénéficions inscrits sur la liste noire de Groupe Forrest congolais du système logistique de l’Union européenne – qui International 30 % 34,65 % Brussels Airlines, avec ne juge pas les compagnies laquelle nous organisons mais l’organisation natioBrussels nos approvisionnements, nale de l’aviation civile. Airlines et nous nous assurons de La récente nomination de 35,35 % la date de validité et de techniciens reconnus à la bonne conservation de tous tête de la Régie des voies les équipements, notamment électroaériennes semble aller dans la bonne niques », souligne Justice Mununga, qui direction. Tout comme la rénovation travaillait auparavant dans la logistique de la piste de l’aéroport international de d’une ONG humanitaire et a suivi trois la Luano, à Lubumbashi, et sa nouvelle mois de formation à Bruxelles. tour de contrôle, déjà construite mais « Ici, nous pouvons effectuer toutes pas encore opérationnelle. ● les opérations d’entretien de routine », ChRISTOphE LE BEC
rendus. Un seul appareil, bien entretenu, suffit », explique Edmond Kitenge, l’un des quatre techniciens congolais de maintenance aéronautique. Côté effectifs, à part les pilotes et quelques techniciens, 97 % du personnel est congolais. Pour le moment, l’encadrement est européen, mais, à terme, il pourrait être remplacé.
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airportal.hu
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RÉÉ PUBLIQUE RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO Située au Sud-Est de la République Démocratique du Congo, la Province du Katanga fait partie de la ceinture dite de « COPPERBELT » qui s’étend de la Zambie au Congo et qui possède à elle seule les plus grandes réserves mondiales de cuivre.
© G. DUBOURTHOUMIEU / JA
Disposant de nombreuses autres ressources minérales dont le cobalt, le coltan, le fer, la cassitérite, le manganèse, l’étain, le charbon, le cadmium et le zinc, le Katanga reste incontestablement l’empire des ressources minérales diversifiées. Ses immenses richesses contribuent à près de 40 % au revenu national de la République Démocratique du Congo. PUBLI-INFORMATION
KATANGA
DE TOUS LES SUPERLATIFS
La province est redevenue un centre minier mondial, pour son bien et celui du Congo.
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DE TOUS LES SUPERLATIFS
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lu Gouverneur de la Province du Katanga en 2007, Moïse KATUMBI avait, au début de son mandat, hérité de 12 000 Km de routes dans un mauvais état. En 8 ans, il a pu réhabiliter 3 200 Km de routes en terre et 1 300 Km de routes asphaltées. De l’avis unanime des observateurs avisés, le Katanga possède l’une de plus belles voiries de la RDC.
La province du Katanga a également fourni des efforts considérables dans la construction des écoles et de grands hôpitaux de référence ainsi que dans la construction et/ou la réhabilitation du réseau de desserte en eau potable et de distribution de l’énergie électrique. Avant 2007, le Katanga importait 70 % de ses besoins en maïs, principal aliment de base de sa population. Dès son investiture le 9 mai 2007, le Gouvernement Provincial a mis en place une politique de production de cette denrée alimentaire de première nécessité. Cette politique s’articule autour des axes suivants : - L’acquisition des tracteurs ; - L’encadrement des agriculteurs ainsi que leur accompagnement dansdifférentesdémarchestendant à obtenir du pouvoir central des
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facilités d’ordre fiscal ; - La réhabilitation des routes de desserte agricole ; - L’obligation pour les entreprises minières de réaliser au moins 500 hectares de culture de maïs. PlusieursentreprisesayantadhéréàcettepolitiqueduGouvernement Provincial, le Katanga est aujourd’hui parsemé de champs à perte de vue, de fermes et de minoteries. L’exemple venant d’en haut, Moïse KATUMBI CHAPWE a mis la Moïse KATUMBI CHAPWE, gouverneur de la province minière du Katanga.
Institut médical de Kamalondo.
Faire du Katanga la locomotive du développement économique de la République Démocratique du Congo
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main à la pâte en érigeant la ferme Futuka. Plus qu’une ferme, ce lieu devenu touristique, attire des milliers de touristes. Toutes ces performances réalisées en ce laps de temps par le Gouverneur de la Province du Katanga, sont dues à sa personnalité imposante, sa notoriété et son sens de véritable manager qui lui ont permis de faire de sa Province une école d’innovation et un modèle de référence.
année entraînant une forte croissance de l’économie de la Province.
Par ailleurs, depuis son avènement à la tête de la Province du Katanga, il a réussi à réorganiser les finances qui se sont améliorées de manière considérable d’année en
Cette croissance est le fruit de l’instauration de la culture du travail imposée par l’administration KATUMBI. La bonne gestion des ressources du Katanga a donné à la
Le Katanga possède l’une des plus belles voiries de la RDC
DES CHIFFRES EN HAUSSE Depuis 2007, le budget de la Province du Katanga est en constante progression. C’est ce qui explique la réalisation de nombreux projets en 8 ans seulement. A titre d’exemple, voici comment le budget du Katanga a évolué depuis 2007 : 2006 : 21 millions de dollars(avant l’avènement de Moïse KATUMBI)
2007 : 113 millions de dollars 2008 : 205 millions de dollars 2009 : 359 millions de dollars
2011 : 374 millions de dollars 2012 : 533 millions de dollars 2013 : 646 millions de dollars 2014 : 973 millions de dollars 2015 : 1 milliard 113 millions de dollars
2010 : 355 millions de dollars (retombées de la crise internationale de 2008)
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DE TOUS LES SUPERLATIFS province une puissance de frappe financière colossale et une grandeur sans égale. Ces avancées fulgurantes du Katanga sur le plan économique et sur tant d’autres ont fait des émules dans d’autres provinces. Pour les katangais, Moïse KATUMBI restera longtemps le symbole d’une réussite flamboyante. Il a gardé pendant son mandat la capacité d’initier de nouveaux projets, de les gérer et d’en assurer le suivi afin de les parfaire. Cette capacité est doublée d’une connaissance parfaite du terrain et d’une immersion totale dans les ancrages de la population.
© G. DUBOURTHOUMIEU / JA
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Dopés par un environnement favorable aux affaires entretenu par le Gouvernement KATUMBI, les investisseurs n’hésitent plus à s’établir dans la province du Katanga dont le climat des affaires s’est sensiblement amélioré. La protection ainsi que l’encadrement dont ils jouissent désormais les rassurent. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils ont décidé d’accompagner le GouvernementProvincialduKatanga
dans la réalisation de certains projets à caractère social. Tous les efforts déployés par Moïse KATUMBI en 8 ans à la tête du Katanga ont été motivés par une seule obsession : faire du Katanga la locomotive du développement économiquedelaRépubliqueDémocratique du Congo et le porter en première ligne des partenaires incontournables sur tous les échiquiers.
LES INDUSTRIELS MINIERS
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Deuxième sous station électrique de Lubumbashi.
DIFCOM/DF - © PHOTOS : DR SAUF MENTION.
De 2007 à 2015, les investissements dans le secteur minier sont passés de 1 à 10 milliards de dollars. La production de cuivre a dépassé celle réalisée en 1986 par la Générale des Carrières et des Mines (GCM), année où cette société a atteint une production record de 476 033 tonnes. Cette production a, par la suite, chuté jusqu’à atteindre 7 689 tonnes en 2004 avant de remonter à 24 025 tonnes en 2007. Aujourd’hui, la production de cuivre dépasse 1 000 000 de tonnes par an.
Hôtel du gouvernement provincial.
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ambiance
dans la chaleur de Kamalondo Fans de football et buveurs de bière le jour, amateurs de musique et « junte » féminine la nuit… Cette commune de Lubumbashi ne dort jamais. Reportage.
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outesproportionsgardées,visiter Lubumbashi sans passer par Kamalondo, c’est comme se rendre à New York sans s’arrêter à Times Square. Située dans le sud du centre-ville, « la cité de l’ambiance », comme l’appellent les Lushois, revendique d’ailleurs le statut de wa ntanshi (« la première de toutes », en lamba) : c’est-à-dire la première des sept communes de la capitale provinciale. Elle est la moins étendue, mais c’est celle qui bouge et compte le plus, celle où l’on va dès qu’il s’agit de célébrer quelque chose. Elle est surtout la plus ancienne des communes. Lubumbashi l’a précédée, certes, mais c’était la commune des Européens, pas une cité indigène. Créée en 1911 par les tout premiers « évolués » (Congolais considérés comme « civilisés » par les colons belges), qui y ouvrirent leurs premiers bars, Kamalondo n’a rien perdu de sa réputation. « C’est the place to
be à Lubumbashi! » jure Pitchen Katumba en posant les deux mains sur le comptoir de son magasin de prêt-à-porter. Au cœur de la commune, l’avenue Karavia n’est que succession de boutiques devêtements,étalsdiversetvariés,malewa (petits restaurants), cafés, night-clubs… Autant d’établissements dont s’échappe une bonne dose de musique. Kamalondo est bruyante, très bruyante. « Ici, qu’il soit diurne ou nocturne, le tapage est devenu la règle », se plaint Joseph Kasikosa, 72 ans. Père d’une grande famille (deux femmes et treize enfants), il vit dans la commune « depuis bientôt quarante piges » et, à l’écouter, la cité de l’ambiance n’a jamais aussi bien porté son nom que ces dix dernières années. « Autrefois, nous buvions des verres le soir après le boulot, mais aujourd’hui, de l’aube jusque tard dans la nuit, la bière coule à flots », peste-t-il en regardant un groupe de jeunes sirotant leurs bouteilles de Simba (« lion », en
swahili) sous une paillote improvisée. Il n’est pas encore midi. Juste à côté, Maman Agnès dispose des chaises blanches en plastique dans le hangar en bois qui lui sert de restaurant. Au milieu de la cour, ses deux filles surveillent de grandes casseroles sur le feu. L’eau bout, elles y ajoutent progressivement la farine de maïs. Puis elles malaxent, malaxent, malaxent. Jusqu’à obtenir une pâte presque élastique : le bukari, incontournable foufou des assiettes katangaises. Les premiers clients patientent, Primus à la main – concurrente belge de la blonde Simba produite à Lubumbashi par Brasimba, filiale du groupe Castel. Le soleil, lui, est déjà au rendez-vous, écrasant la rue de chaleur. Il fait près de 35 °C. derby. Dans la rue d’en face, un groupe
d’amoureux du ballon rond parle foot. Visiblement tous supporters du ToutPuissant Mazembe, puisqu’ils portent les maillots noir et blanc des « Badiangena » («mangeursdecrocodiles»).Ilsreviennent surles performancesdeleur clubaulendemainduderbykatangaisremporté,unefois de plus, par l’équipe du gouverneur ● ● ●
© Gwenn Dubourthoumieu pour J.A.
u Pour les fêtards, c’est « the place to be ».
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Le Plus de J.A. Bye-bye Katanga
p Avec ses 35 000 places, le stade du Tout-Puissant Mazembe est le plus grand du pays.
Moïse Katumbi, propriétaire du club depuis1997,faceàsonéternelrivallushois, le FC Saint-Éloi Lupopo. « À Kamalondo plus que partout ailleurs dans la ville, nous sommes fiers de soutenir Mazembe, parce que c’est chez nous qu’a été construit le stade », explique Jean-Claude Benga, fervent supporteur du club résident. Avec ses 35 000 places, sa billetterie électronique, ses grands écrans et ses salons VIP, le stade du TP Mazembe est un motif de fierté d’autant plus légitime pour les habitants qu’il est le plus grand et le seul du pays à répondre aux normes requises pour accueillir un match international. Depuis son homologation par la Confédération africaine de football, en 2012, cette arène moderne accueille d’ailleurs sur sa pelouse synthétique certaines rencontres des Léopards, la sélection nationale. ●●●
décibelS. L’heure avançant, le débat sportif cède la place à l’ambiance typique de Kamalondo. À partir de 18 heures, tous les bars semblent se livrer à une compétition, haussant le son de quelques décibels les uns après les autres. Ici les derniers morceaux en vogue à Kinshasa, là les chansons locales du moment, plus loin des airs rythmés de brakka katangais et de karindula à la sauce lushoise, ailleurs les tubes zambiens, tanzaniens voire nigérians… « Chez nous, la rumba congolaise n’est plus la reine des soirées, commente Félix, DJ au Ngwasuma. Les n o 2842 • du 28 juin au 4 juillet 2015
peuvent multiplier les clients et donc gagner un peu plus, étant donné qu’à Kamalondo les filles sont payées cinq fois moins cher que dans le centre-ville », explique le très pragmatique gérant des lieux. Du sexe au rabais, sur des matelas posés à même le sol. « Dans ces conditions, il est impossible d’exiger plus des clients », reconnaît Suzana, 21 ans. Comme la plupart de ses copines de la nuit, elle habite à Kamalondo. Elle est dans le métier depuis que sa mère est morte, il y a trois ans, et qu’elle doit se débrouiller seule. Elle n’a pas pu passer il est 20 heures. des commandos son diplôme d’État, l’équide filles court vêtues prennent valent du baccalauréat. « Je n’ai pas choisi cette vie, elle d’assaut les pistes de danse. m’a été imposée, dit-elle. Et je Il est 20 heures, la « junte » féminine fais avec. » Alors, comme ses consœurs, débarque. Tenue de rigueur plus déshaSuzana écume les bars et boîtes de billée qu’habillée pour ces commandos Kamalondo du crépuscule à l’aube. de filles qui prennent d’assaut les pistes Ainsi va le rythme de Kamalondo, qui de danse à la recherche de leur proie. jamais ne dort ni ne se tait. « J’ai fini par Dès qu’elles aperçoivent une cible, elles déménager dans un autre quartier parce demandent à se faire payer une bière. que ma femme et mes enfants n’en pouUne fois le poisson ferré, la transaction vaient plus… Il y avait trop de bruit, sans peut commencer… Ce sera entre 50 et arrêt! Même dans les quartiers chauds de Kinshasa, les riverains ont un semblant de 100 dollars. Juste en face du night-club, une maison tranquillité », se rappelle Danny Vangu, de passe où hôtesses et clients vont et un Kinois muté à Lubumbashi. Pourtant, viennent à un rythme soutenu, sous la surselon un conseiller du bourgmestre, perveillance d’une petite équipe qui perçoit sonne ne se plaindrait vraiment du tapage pour chaque couple entre 10 et 20 dollars, nocturne à Kamalando. En choisissant de selon le temps « passé » dans la maison. venir vivre dans la cité de l’ambiance, on « C’est pratique pour les prostituées, qui doit s’y attendre. ● TréSor Kibangula gens me réclament de plus en plus des sons bien rythmés venus d’ailleurs. » Devant la boîte de nuit, deux agents en uniforme surveillent les entrées et les sorties. Même si ici personne n’est recalé. Contrairement aux night-clubs du centre-ville où il faut débourser une dizaine de dollars avant de franchir la porte, rien n’est exigé à l’entrée, que vous veniez seul ou accompagné, habillé en tenue de ville, décontracté ou guindé. « À Kamalondo, on vient comme on est », résume Gaston, un habitué.
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© Gwenn Dubourthoumieu pour J.A.
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Affiliate of Freeport-McMoRan
Un investissement dans l’avenir de la République Démocratique du Congo Tenke Fungurume Mining (TFM), une entreprise minière de classe mondiale, a investi plus de 3 milliards de dollars américains pour son exploitation de cuivre et de cobalt dans la province du Katanga, en République Démocratique du Congo (RDC). C’est le plus grand investissement privé dans l’histoire du pays et un investissement dans l’avenir de la RDC. TFM est beaucoup plus qu’une mine. Notre investissement en RDC comprend la construction des infrastructures dans nos communautés hôtes. Il s’agit entre autres d’écoles, de cliniques, de production d’électricité, d’eau potable, de routes et de marchés. TFM investit également dans la formation d’une main-d’œuvre qualifiée et de la promotion de l’entreprenariat local. Notre investissement crée des opportunités.
Tenke Fungurume Mining sarl Luano City, Route de l’Aéroport Lubumbashi, Katanga - RDC
TFMCommunications@fmi.com www.fcx.com
Le Plus de J.A. Bye-bye Katanga théâtre
Chapeau bas, monsieur mufwankolo! À bientôt 80 ans, le dramaturge et comédien continue d’écrire et de jouer. Rencontre avec une icône transgénérationnelle de la culture katangaise.
S
i sa frêle silhouette et son élégante démarche sont quelque peu déstabilisées par le poids des ans, Odilon Kyembe Kaswili, alias Mufwankolo, n’a pas perdu son inébranlable réputation de « monument de la culture katangaise ». Le comédien, qui s’apprête à célébrer ses 80 printemps et 59 ans de carrière, « reste “la” référence du théâtre populaire katangais, y compris pour les plus jeunes », confirme Robert Aaron Tshibang,coordonnateur provincial de la Fédération nationale du théâtre. « C’est une véritable star, qui a traversé bien des époques », ajoute Gulda El Magambo, photographe et vidéaste lushois qui suit le travail de l’artiste depuis plusieurs années. Ce soir-là, Mufwankolo est convié à l’hôteldevilledeLubumbashipourassister aux festivités de la Journée mondiale duthéâtre.Commeàsonhabitude,il est tiré à quatre épingles. Alors qu’il fait son entrée dans la mairie à (très) petits pas, tout le monde se bouscule pour le saluer. Confrères comédiens, artistes, personnalités locales, fans de tous âges… La star n’en a que plus de peine à gravir, l’une après l’autre, les marches de l’escalier qui mène à la salle de réception. Et, une fois au sommet, c’est la désormais incontournable séance de selfies qui l’attend. Tout le monde veut sa photo avec « le vieux ».
« engouement ». Pour Julie Kyungu, une étudiante en communication, « cet engouement tient au charismedeMufwankolo,maisaussi à la qualité de son œuvre ». Enfant, comme bien d’autres, elle a « été bercéeparsespiècesetsketchesdiffusés sur les radios locales ». Aujourd’hui encore, avec les comédiens du GroupeMufwanko,ilditsespiècesen swahilisurRadioMwangazadeuxfois par semaine et joue régulièrement pour la télévision lushoise. Aîné d’une fratrie de six garçons « plus une fille », Odilon Kyembe a commencé ses farces dès son plus n o 2842 • du 28 juin au 4 juillet 2015
à créer des personnages, à leur attribuer des rôles, des paroles… » Il finit par être convoqué auprès du père supérieur. À la lecture de ses textes, ce dernier, surpris et séduit, lui remet des documents sur la biographie de Don Bosco en lui demandant d’en faire une pièce. Kyembe s’exécute, recrute des acteurs parmi ses camarades, distribue les rôles et met en scène la vie du prêtre italien. Un succès. Les religieux lui conseillent d’abandonner la menuiserie
jeune âge. « Ma mère n’est jamais parvenue à me gifler, se souvient-il. Chaque fois qu’elle essayait, j’esquivais et tout le monde se mettait à rire, elle la première. » Né en 1935 à Kaluwa, un village des environs de Likasi, ce fils d’un agent de la Générale des carrières et des mines (Gécamines) est Deux fois par semaine, envoyé tout jeune auprès de il dit ses pièces en swahili son oncle, à Lubumbashi, pour sur radio mwangaza. ses études. Après le primaire, il choisit d’apprendre la menuisepour se concentrer sur le théâtre. « C’est rie à l’école des Salésiens de Don Bosco. votre voie et elle vous mènera très loin », Maislenaturelrevientaugalop.Souvent, lui dira le père supérieur. pendant les heures de cours, l’esprit de l’apprenti vagabonde. « Au lieu de suivre À la mort de son oncle, Odilon Kyembe les explications techniques, je griffonnais est recruté par la Compagnie du chedes scènes de théâtre sur mon carnet de min de fer du Bas-Congo au Katanga. notes, raconte Mufwankolo. Je m’évertuais Mais un accident de travail le renvoie rapidement vers ses premières amours : l’écriture, le jeu… et le théâtre! S’inspirant du quotidien de ses concitoyens, il écrit des spectacles et les met en scène chez lui, avec ses amis. En 1958, il s’envole pour la première fois vers l’Europe, invité avec sa troupe à Anvers par un groupe d’architectes belges. L’année suivante, c’est à Bruxelles, devant le roi Baudouin, que jouera le Groupe Mufwankolo. « C’était magique de voir toutes ces personnalitésbelgesapplaudirnotre prestation », se souvient-il. Le patriarche (il a quatorze enfants et « une quarantaine » de petits-enfants) est toujours aussi passionnéenracontantlestemps forts de sa vie d’artiste: les répétitions avec le groupe, les succès sur scène ou à la radio… En témoignent les nombreux honneurs et récompenses exposés dans sa maison de Lubumbashi, dont les titres de propriété lui ont été offerts en octobre 2014 par le gouvernorat lors d’une cérémonie donnée pour ses cinp En bembe, son nom de scène signifie quante-huit ans de carrière. ● © Gwenn Dubourthoumieu pour J.A.
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« celui qui porte toujours une cravate ».
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