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Ja 2838 du 31 mai au 060615 plus guinee conakry

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Politique sos cemac

dossier énergie très chère électricité

Hebdomadaire international indépendant • 55e année • n° 2838 • du 31 mai au 6 juin 2015

jeuneafrique.com

bad ce qui attend akinwumi adesina algérie grand ménage de printemps

Spécial 28 pages

maroc

Dans la tête de Benkirane

qui aurait parié, lors de sa nomination par le roi en janvier 2012, sur un tel parcours? malgré les écueils, et l’adversité, le Premier ministre s’est parfaitement adapté au poste le plus compliqué du pays. enquête sur un funambule. édition internationale France3,80€•Algérie220DA•Allemagne4,80€•Autriche4,80€•Belgique3,80€•Canada6,50$CAN•Espagne4,30€•Éthiopie67birrs•Grèce4,80€•Guadeloupe4,60€ • Guyane 5,80 € • Italie 4,30 € • Maroc 25 DH • Martinique 4,60 € • Mauritanie 1100 MRO • Mayotte 4,30 € • Norvège 48 NK • Pays-Bas 4,80 € • Portugal cont. 4,30 € • Réunion 4,60 € • RD Congo 6,10 $ US • Royaume-Uni 3,60 £ • Suisse 6,50 FS • Tunisie 3,50 DT • USA 6,90 $ US • Zone CFA 1900 F CFA • ISSN 1950-1285


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Le pLus

de Jeune Afrique

POLITIQUE Une note d’espoir

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INTERVIEW Ibrahima Kassory Fofana, ministre de l’Investissement SOCIÉTÉ Conakry côté glam FOOTBALL Quand les businessmen s’en mêlent

GuINée

Le pays de tous les combats

© zBrendan SMIaLOWSKI/afp

Alors que la lutte contre Ebola se poursuit et à moins de cinq mois de la présidentielle, sur quel bilan Alpha Condé va-t-il faire campagne ? Comment l’opposition s’organise-t-elle ? Et qu’en pensent les Guinéens ? Décryptage.

jeune afrique

n o 2838 • du 31 mai au 6 juin 2015


Le Plus de Jeune Afrique

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Prélude François Soudan

Raison et sentiments automatiquement, faute de moyens suffisants, un report de l’élection à la magistrature suprême, relèverait de l’irresponsabilité. Alpha Condé, dont on connaît l’investissement personnel et passionnel, parfois au-delà du raisonnable, dans la construction d’un pays dont il ne cesse de plaider le dossier aux quatre coins du monde, ne déviera donc pasde la voie qu’il s’est tracée.C’esttout au moins le signal qu’il envoie, ne varietur, depuis des semaines, tant aux Guinéens qu’à la communauté internationale. Face à cette posture constante, l’opposition a le choix entre négocier ou affronter. Le problème est que si ses principaux leaders, qui tous ont occupé de hautes fonctions au sein de l’État, n’ont rien d’irresponsables à titreindividuel,leurunitén’estquedefaçade. Cellou Dalein Diallo est surveillé par l’aile radicale de son propre parti, prompte à dénoncer toute volonté de compromission, et marqué de près par Sidya Touré, qui lui conteste le rôle de leader de l’opposition et se verrait bien en candidat unique de celleci à la présidentielle, parce qu’issu d’une petite communauté moins « clivante ».

En invitant le chef de file de l’opposition, Cellou Dalein Diallo, à le rencontrer le 20 mai, puis en demandant à son Premier ministre d’ouvrir des négociations avec cette dernière, le redoutable animal politique qu’est Condé a certes tenté un coup de poker. Puisque l’opposition exige que les élections locales précèdent la présidentielle et les législatives Le climat de méfiance réciproque sous prétexte que les exécutifs entre opposants fait hélas communaux, non renouvelés depuis dix ans, sont dirigés par le lit des solutions extrêmes. des fonctionnaires suspects de partialité, et puisque cette même opposition Ce climat de méfiance réciproque entre demande avec insistance que la compoopposants, au sein duquel chacun soupsition d’une Ceni sur laquelle elle a peu à çonne l’autre de vouloir jouer son propre peu perdu la main soit revue, autant en jeu, fait hélas le lit des solutions extrêmes. discuter dès aujourd’hui et parvenir à un En l’occurrence, le choix de la rue, avec compromis. Le but: maintenir le calendrier tout ce que cela implique, quand des polifixé par les accords du 3 juillet 2013 (préciers inaptes au maintien démocratique de sidentielle et législatives en octobre 2015, l’ordre font face à des émeutiers déguisés en communales en mars 2016), sans tenir manifestants. Est-il trop tard pour retrouver compte de l’annexe non signée par les deux la raison ? parties, qui recommande son inversion. Alpha Condé, qui a effectué fin mai une tournée quasi triomphale en Guinée Coup politique donc, mais pas seuleforestière – histoire, aussi, de démontrer la ment. Pour un pays sinistré qui peine à vacuité de la candidature du fantasque et s’extraire de la calamité Ebola, assumer inquiétant Dadis Camara –, n’a pas attendu le risque de glissement dans l’illégalité la réponse à cette question pour entrer de constitutionnelle qu’impliquerait presque plain-pied en campagne… ● JeUne AfriqUe

n o 2838 • dU 31 mAi AU 6 JUin 2015

Politique une note d’espoir

p. 60

Majorité la dream team alpha p. 64 ConfidenCes de sidya touré, président de l’UFR (opposition) p. 66 Crise sanitaire Héros contre ebola

p. 68

interview ibrahima Kassory fofana, ministre chargé des Questions d’investissement p. 72 Bauxite transport en commun pour les miniers p. 76 PêCHe les gros trichent, les petits trinquent

p. 84

soCiété Conakry côté glam

p. 89

YoUri lenqUette poUr J.A.

U

ne fois de plus, une fois de trop, la Guinée est en proie à ses démons, alors que se profile une échéance électorale qui sous d’autres cieux ne serait qu’un rendez-vous ordinaire avec la démocratie. Entre, d’un côté, un président élu il y a cinq ans et qui entend bien renouveler son bail avec le palais de Sékhoutouréya pour terminer ses chantiers contrariés par les crispations politiques et l’épidémie d’Ebola et, de l’autre, une opposition dont le seul objectif est de l’en expulser, le dialogue apparaît presque impossible. La chance ténue de ne pas basculer à nouveau dans le cycle suicidaire de la violence, Alpha Condé l’a pourtant saisie, et de sa concrétisation dépend l’organisation, le 11 octobre prochain, d’une élection présidentielle apaisée.

triBune sansy Kaba diakité, directeur de L’Harmattan Guinée p. 94 Médias de grandes gueules sans langue de bois p. 96 footBall quand les businessmen s’en mêlent p. 99


Le plus de Jeune afrique

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© CELLOU BINANI/Afp

Guinée

Quel scénario choisiront-ils? À quelques mois de la présidentielle, les tensions entre majorité et opposition se ravivent. Avec leur lot de contestations, d’invectives et de violences. alpha, Cellou, Sidya et les autres parviendront-ils à s’entendre, comme lors des législatives de 2013 ? Tout espoir n’est pas perdu…

L

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épidémied’Ebolal’andernier,lacrise politique cette année… La Guinée souffre, et la présidentielle, dont le premier tour est fixé au 11 octobre, risque d’être très tendue. À l’origine du bras de fer entre le pouvoir et l’opposition, il y a bien sûr ce vieux conflit entre les deux ethnies dominantes du pays – les Malinkés et les Peuls. Mais aussi l’incroyable scénario de la dernière présidentielle. En juin 2010, au premier tour, Cellou Dalein Diallo, le candidat de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), n o 2838 • du 31 mai au 6 juin 2015

ChriStophe BoiSBouvier

arrive largement en tête, avec plus de 43,6 % des suffrages exprimés. Alpha Condé, le candidat du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), est loin derrière, avec 18,25 %. Mais, en novembre, au second tour, c’est « Alpha » qui gagne, avec plus de 52,5 % des voix. Depuis, « Cellou » est persuadé, à tort ou à raison, qu’on lui a volé sa victoire. neutraLité. « Les responsables de la mouvance

présidentielle et de l’opposition ne se considèrent plus comme des frères, mais comme des ennemis », viennent de déclarer ensemble les deux principaux jeune afrique


Pouvoir-opposition, les cinq pommes de discorde patronymes des ressortissants de [sa] communauté [peule], présumés automatiquement militants de l’opposition, pour les jeter à la poubelle ». Réplique d’Alpha Condé dans sa dernière interview à Jeune Afrique (voir J.A. nº 2835) : « Le nouveau code électoral a exclu toute participation des maires ou délégations au processus électoral. » Toutefois, le chef de l’État se dit ouvert « à une discussion complémentaire sur ce point ». Selon Cellou Dalein Diallo et son allié Sidya Touré, le président de l’Union des forces républicaines (UFR, lire p. 66), la solution la plus simple serait d’élire très vite de nouveaux conseils communaux, avant la présidentielle. Mais le pouvoir refused’inverserle calendrierélectoral.Pourobtenir satisfaction,l’oppositionmultiplielesmanifestations musclées. Auxquelles les forces de l’ordre réagissent avec brutalité. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme déplore la mort de six personnes depuis le 13 avril. Un médecin de la clinique Jean-Paul-II, à Conakry, affirme avoir opéré plusieurs manifestants blessés par des tirs à balles réelles. BONS OFFICES. Est-on dans une impasse? A priori,

chefs religieux du pays, l’imam ratib et l’archevêque de Conakry. Leur parole, rare, témoigne de leur inquiétude. Au cœur de la crise actuelle, il y a la question de la neutralité des exécutifs des 304 communes rurales et des 38 communes urbaines du pays. Des conseils communaux ont été élus en décembre 2005. Mais, depuis l’expiration de leur mandat, ils sont remplacés par des délégations spéciales nommées par le pouvoir. Pour l’opposition, ces exécutifs provisoires risquent d’être les agents d’une fraude massive, notamment lors de la distribution des cartes d’électeur en vue de la prochaine présidentielle. Cellou Dalein Diallo affirme que, lors des législatives de 2013, dans sa circonscription de Conakry, les chefs de quartier désignés par les autorités « ont extrait toutes les cartes d’électeur qui portaient des jeune afrique

p Cellou Dalein Diallo lors d’une manifestation antigouvernementale, le 14 avril, à Conakry.

Présidentielle Premier tour le 11 octobre 2015. Second tour deux semaines après la proclamation des résultats définitifs du premier.

oui. Dans les deux camps, les mots sont durs. Cellou traite Alpha de « Sékou Touré du XXIe siècle ». Alpha accuse Cellou de « jeter des jeunes gens dans la rue en espérant qu’il y ait des morts afin de déclencher un coup d’État militaire ». Cela dit, il y a deux ans, avant les législatives de septembre 2013, les deux camps s’étaient violemment affrontés en début d’année (près de 60 morts) et avaient fini par s’entendre pour recenser les électeurs. Ce 20 mai, au palais présidentiel de Conakry, les frères ennemis Cellou et Alpha se sont rencontrés pendant une heure. Une première depuis trois ans. De ce tête-à-tête, il n’est rien sorti dans l’immédiat, mais, selon son porte-parole, Kiridi Bangoura (lire p. 65), le président guinéen s’est engagé à « écouter chacune des parties afin de trouver un consensus ». Si le dialogue n’avance pas, le Ghanéen Mohammed Ibn Chambas, représentant spécial de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest, pourrait offrir ses bons offices, comme l’avait fait il y a deux ans son prédécesseur, l’Algérien Saïd Djinnit. Où va la Guinée ? À la suite du drame d’Ebola, dont il n’est pas encore débarrassé, le pays risque d’entrer en récession (lire p. 71). Le grand banditisme progresse. En témoignent les assassinats, en pleine rue de Conakry, d’Aïssatou Boiro, la directrice du Trésor public, en novembre 2012, et de Thierno Aliou Diaouné, coordonnateur d’un fonds onusien, en février dernier. « J’ai hérité d’un pays, pas d’un État », aime à dire le président Condé. S’ils ne veulent pas revivre le cauchemar de l’année 2009, sous le régime du capitaine Dadis Camara, Alpha, Cellou, Sidya et les autres vont devoir se considérer comme des frères et non comme des ennemis. ● n o 2838 • du 31 mai au 6 juin 2015

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Le Plus de J.A. Guinée

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Majorité

Les mousquetaires du président Les uns préfèrent les coulisses de Sékhoutouréya, les autres montent en première ligne, tous sont derrière Alpha Condé. Et constituent la dream team du chef de l’état sortant.

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oins de cinq mois avant la présidentielle, Alpha Condé se prépare au combat avec une équipe de choc. Au palais Sékhoutouréya, il s’appuie d’abord sur Mohamed Diané, le fidèle parmi les fidèles (lire portrait). Le ministre directeur de cabinet à la présidence n’est pas seulement le filtre par lequel passent toutes les demandes des membres du gouvernement au « chef ». C’est aussi l’homme des rencontres secrètes. Avec le jeune Ibrahim Khalil Kaba, le ministre chef

de cabinet à la présidence (lire portrait), il vise tous les dossiers du « patron » tout en restant dans l’ombre. Kiridi Bangoura, le ministre secrétaire général de la présidence (lire portrait), est, lui, beaucoup plus visible. Il a mis ses talents d’orateur au service d’Alpha Condé, auquel il est rallié seulement depuis 2010. En tant que porte-parole de la présidence, il est autorisé à parler au nom du chef. De lapartd’unprésidentquiveuttoutfaireluimême,c’estunevraiemarquedeconfiance. Quant à la communication du Palais, elle

est pilotée par Rachid N’Diaye, journaliste chevronné et directeur de publication du mensuel panafricain Matalana. rescapé. Dans le domaine de la sécurité,

Alpha Condé, qui a essuyé une tentative de coup d’État en juillet 2011, s’est attribué le ministère de la Défense et a nommé l’un de ses anciens avocats, Me Abdoul Kabèlè Camara, au poste de ministre délégué. Dans l’armée, trois hommes, au moins, ont son oreille: le général Aboubacar Sidiki Camara, un ancien de l’école militaire françaisedeSaint-Cyr,surnomméIdiAmin à cause de sa stature imposante, qui est directeur de cabinet du ministre délégué; le général Namory Traoré, chef d’étatmajor général des armées ; et le général

Ibrahim Khalil Kaba Ministre chef de cabinet à la présidence

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© Youri Lenquette pour J.A.

ils d’une grande figure politique du pays – Hadja Daraba Saran Kaba, la secrétaire exécutive de l’Union du fleuve Mano –, ce quadragénaire a d’abord fait une belle carrière de mathématicien aux États-Unis. À Sékhoutouréya, c’est lui qui gère les dossiers, répond aux courriers, reçoit les visiteurs et écarte les importuns. Ses combats : la lutte contre les emplois fictifs et en faveur d’une meilleure rentrée des recettes douanières. Souvent excédé par les lenteurs de l’administration, il est proche d’Alpha Mohamed Condé, le fils unique du président, qui, au Palais, suit certains partenariats de la Guinée avec l’Afrique du Sud et le Brésil. ●

Mohamed Diané Ministre directeur de cabinet à la présidence

a © Youri Lenquette pour J.A.

u Palais, on l’appelle le Docteur, en raison de son passé de biologiste. Mais il est surtout une sentinelle : depuis toujours, il veille sur le fondateur du RPG. Pendant les deux ans et demi de prison d’Alpha Condé (décembre 1998-mai 2001), il est courageusement resté à Conakry pour s’occuper du détenu et mobiliser l’opinion en sa faveur, en liaison permanente avec le professeur de droit Albert Bourgi, à Paris. Aujourd’hui, il est incontournable. Confident d’Alpha Condé, il voit ce dernier tous les matins. Quand un ministre souhaite changer un membre de son cabinet ou proposer un décret à la signature du président, c’est lui qui examine d’abord la requête et donne son avis. Quand le « chef » n’a pas le temps, il arbitre à sa place. Taiseux, un brin taciturne, il est partout, sauf à la radio et à la télévision. Aux yeux des Guinéens, il incarne le pouvoir invisible. ●

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le pays de tous les combats Ibrahima Baldé, chef d’état-major de la gendarmerie.Lesrênesdel’Administration territoriale sont quant à elles aux mains d’un rescapé du régime Dadis Camara, le général Bourema Condé (qui fut un temps le chef d’état-major particulier du président), et celles de la police nationale sont tenues par Mohamed Garé. Depuis plus de quatre ans, la primature est confiée à un gros travailleur, Mohamed Saïd Fofana – un homme discret et peu politisé, qui a l’avantage de ne pas faire d’ombre au chef de l’État. Les Affaires étrangères sont orchestrées par l’infatigable François Lounceny Fall, qui a rallié le candidat du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) entre les deux tours de la présidentielle de 2010. Depuis, par deux fois, ce diplomate expérimenté a été sollicité par une grande organisation internationale. Deux fois, le président lui a dit : « Non, je te garde. »

Le portefeuille des Mines est lui aussi aux mains d’un négociateur hors pair, Kerfalla Yansané (lire portrait) – « un ministre pour lequel Alpha a beaucoup de respect », confie un proche du chef de l’État –, et celui des Finances, géré par Mohamed Diaré, un homme d’une fidélité à toute épreuve. Au Palais, le Conseil présidentiel de l’investissement (CPI) est présidé par Kassory Fofana, ancien ministre des Finances (lire interview pp. 72-73), et les grands projets présidentiels sont conduits par Mamadi Condé, dit Thalès, du nom du philosophe et mathématicien grec. Par ailleurs, Mama Kanny Diallo, ancienne épouse du chef de l’État, qui était haut fonctionnaire à la Banque africaine de développement (BAD), vient d’être recrutée comme conseillère économique principale avec rang de ministre. Dans ce « pack pour la gagne », Alpha Condé compte aussi

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sur la première ligne du RPG : Saloum Cissé, le secrétaire général du parti, Kory Kondiano, le président de l’Assemblée nationale, Amadou Damaro Camara, le chef du groupe RPG à l’Assemblée, et Nanténin Chérif Konaté, une députée au verbe haut. BRUTAlITÉ. De cette formation de combat, deux hommes se démarquent. Le ministre de la Justice, Cheikh Sacko, un avocatquivientdubarreaudeMontpellier, en France, et le ministre des Droits de l’homme, Kalifa Gassama Diaby, un juriste issu de la société civile, qui n’approuvent pas les mesures prises par l’exécutif et dénoncent parfois la brutalité des forces de l’ordre face aux manifestants. Il arrive même que le ministre Gassama Diaby aille dans les postes de police pour faire libérer certains opposants. Alpha Condé laisse faire. ● ChRIsTophe BoIsBoUvIeR

Kerfalla Yansané Ministre des Mines et de l’Énergie es régimes passent, Kerfalla reste. D’abord gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée, de 1985 à 1996, ce diplômé de la faculté de droit de Dakar devient ministre des Finances sous le régime de transition du général Sékouba Konaté. Il se bâtit alors une réputation d’incorruptible. À l’arrivée au pouvoir d’Alpha Condé, en décembre 2010, il est reconduit aux Finances et permet à la Guinée d’atteindre le point d’achèvement de l’initiative pour les pays pauvres très endettés (PPTE) – ce qui allège la dette du pays de plus de 2 milliards de dollars (1,8 milliard d’euros). Aujourd’hui à la tête des Mines, il fait face aux multinationales du secteur et à certains conseillers à la présidence qui tentent de négocier des contrats dans son dos. S’il se sent désavoué, le « Monsieur Anticorruption » du régime peut aller jusqu’à mettre sa démission dans la balance. ●

© Youri Lenquette pour J.A.

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Kiridi Bangoura Ministre secrétaire général de la présidence

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© Vincent Fournier/J.A.

omancier à ses heures – il a entre autres publié La Source d’ébène chez L’Harmattan (1991) –, ce diplômé en sociologie crée une ONG, puis devient l’un des jeunes cadres du régime finissant du général-président Lansana Conté. Lors des dernières communales, en 2005, ce manœuvrier hors pair est ministre de l’Administration du territoire et fait le choix, contre les durs du régime Conté, de laisser le RPG d’Alpha Condé s’emparer de la mairie de Kankan. On n’insulte pas l’avenir… En 2010, il est recruté par le candidat du RPG, qui voit tout de suite l’intérêt d’intégrer dans son équipe de campagne un si fin tacticien et un tel connaisseur de la carte électorale du pays. Brillant orateur, Kiridi Bangoura est l’une des voix de la présidence. ●

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Le Plus de J.A. Guinée Confidences de Sidya Touré Président de l’Union des forces républicaines (UFR)

« Alpha Condé bafoue les lois » L’ex-Premier ministre est formel: les communales doivent se tenir avant la présidentielle, et l’opposition a intérêt à faire front commun. Mais est-ce possible?

D

epuis que la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a annoncé que le premier tour de la présidentielle était fixé au 11 octobre et les communales reportées à mars 2016, les leaders de l’opposition réclament à cor et à cri une inversion du calendrier électoral. Ce que refuse catégoriquement Alpha Condé – « Vous me voyez accepter de devenir un chef d’État hors délais constitutionnels ? Le piège est un peu grossier… », confiait-il début mai à JeuneAfrique (nº 2835, pp. 24-31). Pour le député et ancien Premier ministre Sidya Touré, président de l’Union des forces républicaines (UFR) – deuxième formation d’opposition à l’Assemblée nationale (10 sièges sur 114) après l’Union des forces démocratiques de Guinée de Cellou Dalein Diallo (37 sièges) –, seule une intervention de la communauté internationale pourrait, peut-être, faire bouger les lignes.

pas organiser les communales, tout en faisant passer l’opposition pour irresponsable parce qu’elle ne veut pas aller à la présidentielle. Y a-t-il une chance de renouer le dialogue ?

Nous avons rencontré différents acteurs de la communauté internationale, parmi lesquels le représen-

tant spécial de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest, Mohammed Ibn Chambas, dont nous attendons des propositions. En juillet 2013, cette même communauté

JEUNE AFRIQUE : Pourquoi rejetezvous le choix de la Ceni et du chef de l’État de maintenir la présidentielle en octobre afin de respecter les délais fixés par la Constitution ? SIDYATOURÉ: D’un côté, le pouvoir

bafoue les lois et, de l’autre, quand ça l’arrange, il demande qu’on les respecte. Alpha Condé sait qu’il doit organiser les élections communales depuis cinq ans ! Les dernières datent de 2005. Fin 2010, le mandat des élus locaux a été prorogé sans que la Cour suprême, seule habilitée à le faire, ait été saisie. Puis ces élus ont été remplacés par des délégations spéciales nommées par le pouvoir, au sujet desquelles la loi est très claire : leur mandat ne doit pas excéder six mois. Les communales doivent donc se tenir rapidement. En réalité, le pouvoir ne veut pas discuter de cette question. Il essaie de gagner du temps pour qu’on ne puisse n o 2838 • du 31 mai au 6 juin 2015

internationale nous avait fait signer un accord qui recommandait justement dans son annexe une inversion du calendrier électoral. Nous espérons qu’elle ne restera pas aveugle en constatant que rien n’a été fait. L’opposition présentera-t-elle un candidat unique à la présidentielle? Autour de qui pourrait-elle se rassembler ?

Dadis est un fils de ce pays. S’il veut être candidat, je n’y vois pas d’inconvénient. Les discussions sont en cours. Si rassemblement il y a, il doit être mûrement réfléchi et crédible afin de permettre une alternance en 2015, dont le pays a absolument besoin.Y parviendrons-nous? On verra. Pour le moment, il ne faut pas personnaliser le débat. Le tout est de savoir si nous pouvons obtenir un large consensus pour battre Alpha Condé. Si la réponse est oui, alors la question de la personne censée incarner ce consensus se posera. Ce n’est pas encore le cas. Que pensez-vous de la candidature, annoncée début mai, de Moussa Dadis Camara, l’ex-président de la transition ?

© Youri LENQuETTE

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Dadis est un fils de ce pays. S’il a envie d’être candidat nonobstant les enquêtes judiciaires en cours sur le dossier du 28 septembre [2009], je n’y vois pas d’inconvénient ; les Guinéens trancheront. En revanche, si la justice le met en cause, la question se posera différemment. Quoi qu’on en pense, Dadis a un réel poids politique dans sa région natale, la Guinée forestière. Il faudra voir de quelle manière il peut contribuer à l’apaisement et l’inclure dans ce processus de consensus national que nous appelons de nos vœux afin de battre Alpha Condé. ● Propos recueillis par HAbY NIAKATÉ jeune afrique


Le Plus de J.A. Guinée Crise sanitaire

Héros face au virus Médecins, infirmiers ou simples bénévoles, des centaines d’anonymes mènent la lutte contre Ebola. Leur dévouement est immense, leur modestie aussi.

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ême au plus fort de l’épidémie d’Ebola qui s’est abattue sur une partie de l’Afrique de l’Ouest il y a plus d’un an, lorsque l’attention du monde entier se fixait sur le pays, ils n’ont jamais réclamé le moindre geste de gratitude. À peine certains ont-ils osé demander, en octobre dernier, qu’on leur verse tout de même leurs mois de salaire en retard. Eux, ce sont tous les héros anonymes de la lutte contre Ebola. Coordinateurs, professionnels de santé ou simples bénévoles, ils ont mené au quotidien, sur

le terrain, le combat contre ce virus dont ils ne connaissaient pour la plupart absolument rien. Et ont payé un lourd tribut. En Guinée, au Liberia et en Sierra Leone, près de 900 agents de santé ont été contaminés, dont plus de 500 sont morts. Alors que le Liberia a été déclaré Ebola free (« débarrassé d’Ebola ») le 9 mai et que l’épidémie, ici, n’est pas encore vaincue, rencontre avec quelques-uns de ces héros si discrets. ● HABY NiAkAté, envoyée spéciale, et DiAwo BArrY, à Conakry

oumou Bah 31 ans, infirmière superviseur au CTE de Donka, à Conakry

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’apporte des soins aux patients [traitement, hygiène, alimentation…] et, en tant que superviseur, je coordonne et prépare tous les produits que les médecins utilisent lors des opérations d’isolement. » Affectée au centre de traitement Ebola (CTE) du CHU de Donka, Oumou Bah est une infirmière exemplaire. Son engagement contre le virus n’a pourtant pas été simple. « Quand Médecins sans frontières m’a appelée, j’ai eu peur. Mais j’ai été formée pour sauver… » Sa confidente et consœur, elle, a décliné l’appel en lui conseillant d’en faire de même. Et sa mère a parcouru 690 km depuis Kankan pour la sommer de refuser. « Elle m’a dit de ne pas travailler, que l’argent d’Ebola, elle n’en voulait pas. » Oumou a passé outre, sans en informer ses voisins: « Certains de mes collègues ont été mis à la porte par leurs bailleurs… » Aujourd’hui, elle n’a plus peur. Elle se réjouit même de pouvoir inscrire cette expérience sur son CV. « Le jour où l’on a annoncé la guérison du premier patient, c’était vraiment la fête ! » se souvient-elle. Le malheur aussi est inoubliable, mais Oumou Bah, émue, préfère ne pas en parler. ● D.B. n o 2838 • du 31 mai au 6 juin 2015

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dr Sakoba Keïta

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61 ans, coordinateur national de la lutte contre Ebola, chef de la division Prévention et Lutte contre la maladie au ministère de la Santé

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epuis que l’épidémie d’Ebola a été officiellement déclarée, le 21 mars 2014, le Dr Sakoba Keïta reçoit 400 coups de fil et autant d’e-mails chaque jour. Tous les matins, il quitte sa maison de Sonfonia (dans l’est de Conakry) à 6h30, pour

arriver une heure plus tard à son bureau, au 6e étage de l’immeuble Pita (cité Cheminde-Fer), à Kaloum, centre administratif de la capitale. À 8 heures, c’est la réunion de la coordination. Le début d’une journée de travail qui ne se terminera parfois qu’à

22 heures. Depuis un an, son équipe n’a pas eu de congés et a rarement pris un week-end. La coordination nationale de lutte contre Ebola a été créée en septembre dernier pour éviter les « lenteurs administratives et les retards d’exécution des directives sur le terrain », explique le docteur, qui confie aussi recevoir quelques projets et factures fantaisistes. « Un jour, quelqu’un m’a déposé une note de carburant de 5 millions de francs [guinéens, soit plus de 600 euros] pour 40 km… On ne se lave pas avec du carburant, tout de même! » s’indigne-t-il. De retour à Conakry en 1980 après des études de médecine à Cuba, Sakoba Keïta a débuté sa carrière administrative dans trois des quatre régions naturelles du pays – Guinée forestière exceptée. En 2000, il est nommé coordinateur du « programme lèpre » et en 2008 chef de la

division Prévention et Lutte contre la maladie au ministère de la Santé. Après la méningite, le choléra, la rougeole et autres gracieusetés, Ebola est la vingt-cinquième épidémie qu’il a eu à gérer en quinze ans. Aucune ne se ressemble. « Nous sommes toujours en apprentissage pour mieux adapter notre stratégie à la spécificité de l’épidémie en cours, explique Sakoba Keïta. Ebola nous a fortement éprouvés, tant par sa létalité que par son ampleur : 26 préfectures sur 33 ont déclaré des cas. Jamais nous n’avions mis plus d’un an à contrôler une épidémie. Et jamais aucune n’avait tué plus de 60 % des sujets contaminés. » Des caractéristiques que le Dr Keïta n’oubliera pas. Tout comme il n’oubliera pas que, « pour vaincre un tel fléau, une participation communautaire intense et rapide » est indispensable. ● d.B.

dr Ibrahima Kalil Savané 63 ans, directeur par intérim de l’hôpital de Macenta, en Guinée forestière

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édecin chef en pédiatrie depuis les années 1980, il en a vu passer des directeurs, dont il assurait l’intérim lorsqu’ils s’absentaient ! Mais il n’avait jamais rêvé de diriger un hôpital. Pourtant, début 2014, sa vie bascule. On murmure qu’une « étrange fièvre » sévit dans la région. Le directeur de l’hôpital de Macenta est l’un des premiers touchés. Il mourra peu après. Ibrahima Savané, qui, comme nombre de ses confrères, a veillé le malade, n’apprendra que quelques jours plus tard que ce dernier est mort de la fièvre hémorragique à virus Ebola. « Nous avons eu beaucoup de chance de ne pas être contaminés », confie-t-il aujourd’hui. Depuis, le Dr Savané assure l’intérim du directeur, cette fois-ci pour une durée indéterminée. Un centre de transit pour malades d’Ebola a rapidement été installé dans la cour de son hôpital. Les patients atteints d’autres pathologies ont fui l’établissement. Dans le combat contre le virus, 7 agents hospitaliers ont été contaminés, 6 sont morts… Pourtant, jamais le médecin n’a été tenté de baisser les bras, s’accrochant aux nouvelles connaissances qu’il a pu acquérir sur la maladie et sur sa prise en charge médicale et sociale. Aujourd’hui, il attend avec impatience l’arrivée en renfort des agents de santé promis par le gouvernement, « pour que la vie redevienne normale ». ● H.N. n o 2838 • du 31 mai au 6 juin 2015


Le Plus de J.A. Guinée

Finda Angéline Tinguiano 35 ans, promotrice de santé, agent psychosocial au CTE de Donka, à Conakry

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u centre de traitement Ebola (CTE) du CHU de Donka, Finda Angéline Tinguiano calme un patient qui vient d’être diagnostiqué positif et lui explique la conduite à adopter. « On ne lui ment pas, on ne lui dit pas que forcément il guérira, on lui donne espoir. » Bien manger, boire beaucoup, écouter de la musique, jouer aux cartes, parler au téléphone avec la famille… L’objectif est de tout faire pour que le malade renoue avec son environnement habituel. Les messages de ceux qui ont guéri sont aussi là pour rassurer. En plus d’Ebola, Angéline combat « les rumeurs et la stigmatisation dont est victime le personnel soignant, même de la part des patients guéris ». Agent psychosocial auprès de personnes atteintes du sida, elle s’est engagée sans hésiter dans la lutte

contre Ebola en mars 2014. « Peu après, lors d’une fête de Pâques, tout le monde m’a fui en apprenant ce que je faisais », raconte-t-elle. Depuis, elle s’est souvent rendue dans des familles hostiles et a reçu des menaces, avant d’être acceptée. « Alors qu’il faut chaque jour contrôler leur température, les convalescents ne voulaient plus qu’on leur rende visite ! Quand les voisins voyaient passer des voitures de l’OMS ou de MSF, ils croyaient à l’apparition de nouveaux cas… Certains me connaissaient et me disaient que je pouvais partir, mais mes collègues, eux, étaient menacés de lapidation. » À force de patience et de pédagogie, Angéline Tinguiano a fait reculer les préjugés. Et permis à chacun de dépasser ses peurs. ● DiAwo BArry

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Le pays de tous les combats DÉCRYPTAGE Alain Faujas

Le pessimisme, c’est contagieux

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ésormais, si l’on en croit les autorités sanitaires, les nouveaux cas d’Ebola se compteraient sur les doigts des deux mains, et c’est une très bonne nouvelle pour la Guinée. En revanche, on peut redouter que le pire soit à venir en matière d’économie. Certes, tout n’est pas noir. En dépit de l’épidémie, les réserves du pays se maintiennent au niveau de trois mois d’importations, et le taux officiel d’inflation est revenu de 15,2 % en 2012 à 8,5 % au mois de mars dernier. Reste que la croissance, qui n’était déjà pas très fringante, décline inexorablement – fruit du cocktail funeste que forment Ebola, la chute des cours des matières premières et la perspective de l’élection présidentielle. Selon le FMI, elle est tombée de 2,3 % en 2013 à 0,4 % en 2014, et la récession semble inévitable (– 0,3 %) cette année. Comment aurait-il pu en être autrement dans un pays figé, où déplacements et échanges sont paralysés par les risques de propagation du virus ? Une situation qui a gravement déséquilibré les comptes de l’État, puisqu’elle a entraîné une hausse rapide des dépenses de santé (surcoût: 348 millions de dollars, soit 316,8 millions d’euros) au moment où les recettes diminuaient sous l’effet du ralentissement de l’activité économique et du tarissement des investissements. Le trou atteint 13 % du PIB, ce qui est énorme. L’effondrement des cours du fer, la médiocre tenue de ceux de l’alumine et de l’or ont poussé à différer les opérations d’exploration et d’exploitation de nouveaux gisements. L’extraction annoncée de 100 000 tonnes/an du minerai de fer d’exceptionnelle qualité de Simandou, les 670 km de voies ferrées destinées à les transporter vers le littoral, la vingtaine de milliards de dollars nécessaires à la réalisation de ce projet et les 45 000 emplois induits…Tous ces objectifs ne se concrétiseront pas avant 2018, au mieux. Pas étonnant, dans ces conditions, que la balance des paiements du pays ait accusé un déficit de 444 millions de dollars en 2014. Seule l’aide internationale a permis de le combler, pour moitié sous forme de dons et pour moitié sous forme de prêts.

de la moitié vit avec moins de 2,25 dollars par jour ; la croissance démographique annuelle, de 2,5 %, est supérieure à la croissance économique, ce qui aggrave encore cette pauvreté endémique. Enfin, le climat des affaires décourage l’investissement privé et entrave la création de richesses sans quoi il est illusoire d’espérer une amélioration du sort des 12 millions de Guinéens… On comprend dès lors qu’Alpha Condé ait poussé un cri d’alarme en avril à Washington, aux côtés de ses pairs libérien et sierra-léonais, lors des assemblées du FMI et de la Banque mondiale. Ensemble, ils évaluent à 8 milliards de dollars l’aide nécessaire pour relancer l’économie de leurs trois pays et y éradiquer la maladie. Cet appel au secours serait plus crédible si la Guinée n’avait à organiser une élection présidentielle avant la fin de l’année dans un pays fracturé en une myriade de partis (quinze sont représentés à l’Assemblée nationale), formations de type ethnique dont la qualité première n’est pas la défense de l’intérêt collectif. Et l’on peut craindre qu’une agitation sporadique à Conakry comme dans les grandes agglomérations ne conduise le pouvoir à réprimer plus ou moins durement une opposition qui l’accuse de ne pas respecter ses promesses de transparence et d’honnêteté. Rien de tel pour rebuter les investisseurs étrangers.

Ebola, chute des cours des matières premières, climat politique tendu… Funeste cocktail !

Les défis que doit affronter le président Condé sont colossaux. Il faudrait pas moins de 1,3 milliard de dollars pour réhabiliter un système de santé dont les carences sont largement responsables de la propagation d’Ebola. Les infrastructures routières sont en piteux état ; les coupures d’électricité exaspèrent une population dont plus jeune afrique

On peut aussi redouter que le gouvernement ne cède à la tentation d’ouvrir les vannes budgétaires pour se concilier les bonnes grâces du corps électoral. La mission du FMI en Guinée, dont les conclusions ont été publiées le 8 mai, s’inquiète de cette démagogie déjà à l’œuvre. « L’augmentation récente des salaires du secteur public et la réduction significative des prix de l’essence à la pompe vont compliquer la réalisation du programme d’investissement public ambitieux » élaboré par le gouvernement pour améliorer les conditions de vie, peut-on y lire. Cela explique la prudence d’Ousmane Diagana, directeur des opérations de la Banque mondiale pour la Guinée. « Si la maîtrise d’Ebola se poursuit, l’économie se rétablira, mais pas au rythme qui était le sien avant l’épidémie, souligne-t-il. La Guinée demeure un pays fragile où les espoirs de décollage se concrétiseront seulement lorsque la situation politique, sanitaire, juridique et sociale sera stabilisée. Peut-être en 2016. Il va falloir encore l’aider. » Le patient guinéen n’en a pas fini avec les perfusions. ● n o 2838 • du 31 mai au 6 juin 2015

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Le Plus de J.A. Guinée IntervIew

Ibrahima Kassory Fofana « Je suis un ministre sans ministère » La mission de ce nouveau venu au gouvernement : stimuler les investissements, favoriser les partenariats publics et privés. Et, avec une équipe d’experts, faire avancer les dossiers en souffrance.

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l semble déjà loin le temps où Ibrahima Kassory Fofana, 60 ans, président du parti Guinée pour tous (GPT), critiquait avec virulence la gouvernance d’Alpha Condé. Éliminé au premier tour de la présidentielle de 2010, l’ex-tout-puissant ministre des Finances de Lansana Conté a soutenu le candidat Condé pour le second tour du scrutin au sein de l’Alliance Arc-en-Ciel et attendait un retour d’ascenseur… qui ne viendra pas. Il bascule alors dans l’opposition, multipliant les attaques contre l’exécutif et soutenant les marches du printemps 2013 qui dénonçaient les conditions d’organisation des législatives. Scrutin à l’issue duquel, au mois de septembre suivant, l’ancien grand argentier de l’État est élu député. Seul représentant de son parti au sein de l’hémicycle, il rejoint finalement les rangs de la mouvance présidentielle après le début de la nouvelle législature, l’année dernière. En octobre, après que de récurrentes rumeurs l’eurent donné favori pour le poste de Premier ministre, Ibrahima

JEUNE AFRIQUE : À quoi sert votre ministère et quels sont ses moyens ? IbRAhImA KAssoRy FoFANA : Il s’agit

d’un département d’appui à l’action du chef de l’État. Je suis un ministre sans ministère : entouré d’une équipe de conseillers techniques et économiques mise en place par le président de la République, je joue un rôle de catalyseur sur un certain nombre de dossiers bloqués ou à la traîne. Et ce dans trois principaux domaines d’intervention : l’investissement privé, via l’Agence de promotion des investissements privés [Apip] ; l’investissement public, qu’il faut dynamiser, notamment grâce à l’Administration et contrôle des grands projets [ACGP]; enfin, l’orientation économique, à travers ma fonction de conseiller auprès du président de la République. C’est donc un rôle très transversal. Quelles ont été vos priorités depuis votre nomination ?

Depuis le changement de régime, en 2010, beaucoup de mesures ont été prises sur le plan économique. Simplement,

Mes priorités: réformer l’administration et améliorer le climat des affaires. Kassory Fofana a été nommé ministre d’État chargé des Questions d’investissements et des Partenariats publics et privés. Depuis, dans son grand bureau du Petit Palais de Kaloum, le docteur en économie savoure son retour aux affaires. Il n’apprécie guère qu’on lui rappelle ses prises de position de ces dernières années et préfère parler de la mission que le président Condé, dont il défend désormais l’action, lui a confiée : encourager les investissements et relancer l’économie. n o 2838 • du 31 mai au 6 juin 2015

elles ne se traduisent pas encore en termes de taux de croissance, de création d’emplois, de pouvoir d’achat ou d’amélioration des conditions de vie. Ce décalage est dû en premier lieu à la culture administrative du pays, héritée de son long passé socialo-communiste et militaire, qui constitue un frein à son développement. Ma première action a donc été d’encourager l’émergence d’une nouvelle culture et de nouveaux réflexes au sein de l’administration, afin d’accélérer le traitement des dossiers et de changer

l’image du service public. C’est un aspect non quantifiable de mon action, mais qui aura une incidence certaine sur l’avenir. La seconde raison de ce décalage tient aux choix de politique économique qui ont été faits lors de la première partie de ce mandat présidentiel. Le régime actuel a réussi à améliorer les indicateurs macroéconomiques mais pas à régler les problèmes au niveau microéconomique, c’est-à-dire à s’attaquer aux difficultés que rencontrent les entreprises privées et les consommateurs. Vous y êtes-vous attelé ?

Au sein de mon ministère, nous travaillons à rééquilibrer cette situation. Il nous faut d’abord améliorer le climat des affaires pour attirer les investisseurs privés, étrangers comme guinéens, en demandant aux banques des bonifications de taux d’intérêt, de faciliter l’accès au crédit, etc. Il faut aussi stimuler le développement des PME, à travers des programmes très jeune afrique


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t Le chef du parti Guinée pour tous, passé dans l’opposition en 2011, a intégré le gouvernement en octobre 2014.

c’est que l’OMS déclare le pays « Ebolafree », débarrassé de ce virus, et que les projets qui ont dû être arrêtés puissent redémarrer.

© Youri Lenquette pour J.A.

Avec les nouveaux programmes de logements, d’hôtels et de zones résidentielles, comme la Cité internationale inaugurée en février (lire pp. 89-91), l’immobilier semble avoir été épargné par la crise…

concrets qui consistent à leur accorder prioritairement certains marchés publics – par exemple, la réfection des écoles, des centres de santé, des routes… L’objectif est d’aider les citoyens à renouer avec la politique gouvernementale, à se sentir impliqués et, surtout, « cela permet à l’argent de circuler », comme on dit.

étaient employés dans ces secteurs ont perdu leur emploi, et les prestataires de services liés à ces emplois – agents immobiliers, services de location de voitures, etc. – ont eux aussi été frappés de plein fouet. Cette épidémie a donc suscité une réaction négative en chaîne dont on n’a pas encore pris toute la mesure.

Quel est l’impact de l’épidémie d’Ebola sur l’économie et en particulier sur les investissements ?

Cela signifie-t-il que l’embellie économique n’est pas pour demain ?

Personne n’en a encore fait une évaluation complète, et il faudra du temps pour collecter toutes les données. Néanmoins, on peut déjà en dire deux choses. Tout d’abord, la baisse de l’activité économique, liée notamment à la réduction de nos exportations et de nos importations, a entraîné une baisse dramatique des recettes budgétaires de l’État. Ensuite, le tourisme a quasiment disparu, et les grands projets en chantier, principalement les prospections minières, sont à l’arrêt. Tous ceux qui jeune afrique

Quand un pays pâtit d’une image négative sur la scène internationale à cause d’un problème aussi grave qu’Ebola, les répercussions risquent de se faire sentir durant plus d’une décennie. Tout simplement parce que cette crise a un impact sur la psychologie des investisseurs étrangers. Certains n’ont entendu parler de la Guinée qu’avec l’apparition de cette épidémie… Lorsqu’on leur demandera d’investir dans ce pays, il y a fort à parier qu’ils détourneront la tête. On mettra donc beaucoup de temps à s’en remettre. Ce que l’on peut espérer,

Nous comptons beaucoup sur ce secteur. La Cité internationale Plaza Diamant, à Conakry, est en effet une réussite car elle vient moderniser une ville qui a encore des airs de gros village ! Mais elle vise une catégorie très aisée de la population. Il faut aussi penser aux Guinéens de la classe moyenne et leur faciliter l’accès à la propriété. Dans les trois mois qui viennent, nous allons donc lancer un programme immobilier d’envergure, qui porte sur la construction de 40000 logements sociaux, pour les revenus faibles, et économiques, pour les revenus moyens, à Kassoya, près de Coyah, à moins de 50 km de Conakry. Les chantiers de ce projet seront assurés en partie par une entreprise publique, la Société nationale de promotion immobilière [Sonapi], et par des sociétés privées marocaines, chinoises et guinéennes. Quels en seront les premiers bénéficiaires ?

Les premiers visés par ce programme de logement sont les fonctionnaires [professeurs, agents de santé, employés de l’administration, etc.], puis les militaires et les ouvriers des sociétés privées aux revenus faibles et moyens. Bien entendu, il faudra faciliter l’accès au crédit à ces ménages afin qu’ils puissent devenir propriétaires. Comme je l’ai dit, nous négocions déjà avec les banques afin d’améliorer les conditions d’emprunt. Pour les fonctionnaires, un système de prélèvement à la source, donc directement sur les salaires, afin de rembourser les prêts, devrait par ailleurs être mis en place. ● Propos recueillis à Conakry par HAby NiAkAté n o 2838 • du 31 mai au 6 juin 2015


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Le Plus de J.A. Guinée INDUSTRIES EXTRACTIVES

Qui veut monter dans le train du progrès? Grâce à l’exploitation de nouveaux sites, dans le Nord-Ouest, la production de bauxite devrait doubler. Les miniers CBG, GAC et Rusal ont donc tout intérêt à utiliser et à moderniser la ligne de chemin de fer qui relie la région au port minéralier de Kamsar. Et, pour cela, à mutualiser leurs moyens.

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est la principale ressource du pays. La bauxite. Le sous-sol guinéen abrite un tiers de ce minerai dont est issu l’aluminium. Et, sur les trois grandes sociétés à la manœuvre dans l’ouest du pays (voir carte p. 78), deux dirigent des projets en phase de développement. L’enjeu ? Faire rapidement doubler la production et passer ainsi de 19 millions de tonnes par an en 2014 à 38 millions en 2022. Un objectif d’autant plus stratégique que le pays s’efforce de maintenir son rythme de croissance malgré l’épidémie d’Ebola, lourde de conséquences sur le plan économique, et la chute du cours mondial des matières premières, qui a contraint certaines compagnies minières à revoir leurs investissements à la baisse. Afin d’assurer le développement du secteur et de le rationaliser, le gouvernement souhaite que ces groupes mettent en commun leurs moyens financiers pour moderniser la voie ferrée de 135 km qui relie le plateau de Sangarédi (région de Boké) au port minéralier de Kamsar. Des infrastructures appartenant à l’État et dont la concession a été confiée à la Compagnie des bauxites de Guinée (CBG). Depuis les années 1970, cette dernière exploite le gisement de Sangarédi, où elle produit environ 15 millions de tonnes/an (15,24 millions en 2014). Elle est détenue à 49 % par l’État guinéen et à 51 % par la coentreprise Halco Mining (Alcoa, 23 % ; Rio Tinto Alcan, 23 % ; Dadco, 5 %). Autre acteur de poids de la filière dans la région, Guinea Alumina Corporation (GAC) appartient au groupe Emirates Global Aluminium (EGA), formé par Investment Corporation of Dubai et Mubadala Development Co. Cette société développe une nouvelle mine de bauxite sur son site de Sangarédi et un terminal minéralier à Kamsar, qui devraient tous deux entrer en service à la fin de 2017, conformément à l’accord passé avec le gouvernement guinéen en novembre 2013. Une seconde phase

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Le pays de tous les combats

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p Travaux de dragage réalisés par GAC pour l’extension du port de Kamsar.

supplémentaires, de GAC et de Rusal notamment, il faudra augmenter ses capacités ainsi que celles du port de Kamsar, dont les installations actuelles répondent aux besoins de la CBG. Les futurs utilisateurs devront prendre en charge les investissements y afférents afin de sécuriser les voies d’exportation de leurs productions futures. » Lamine Cissé, le directeur général de l’Anaim, évalue le projet à 1 milliard de dollars, à réaliser en deux phases. « Suivant le chronogramme de son projet d’extension 2017-2021, la CBG envisage de porter sa Le plus grand gisement de la production de 15 à 22,5 milplanète se trouve dans la région lions de t/an puis, dans un second temps, à 27,5 milde Boké, au nord de Sangarédi. lions », souligne Lamine 2015-début 2016, avec une capacité Cissé. Soit un volume global qui pourrait de production de 3 millions de t/an atteindre 50 millions de t/an dans une qui devrait doubler dans une seconde quinzaine d’années, lorsque GAC et la phase, d’ici à 2019 – phase au cours de Cobad seront en pleine production. laquelle Rusal s’est engagé à construire « Voilà pourquoi nous avons introduit une raffinerie. le principe de mutualisation de l’ensemble des infrastructures dans l’accord chronogramme. « L’État fait tout de concession entre la CBG et l’Anaim, pour favoriser l’essor de l’exploitation précise Lamine Cissé. Cela permettra à minière dans le Nord-Ouest, explique GAC de réaliser son projet de mine de Mamady Youla, le directeur général bauxite destinée au marché asiatique de GAC. Il y dispose d’infrastructures pour la période 2018-2022, et à la Cobad d’utiliser la ligne de chemin de fer exisferroviaires et portuaires relevant de l’Agence nationale d’aménagement des tante pour transporter ses minerais », infrastructures minières (Anaim) et qui une fois que Rusal aura construit les sont sous concession de la CBG. Le gou25 km de route qui séparent sa mine de vernement souhaite mutualiser les efforts la jonction ferroviaire Sangarédi-Kamsar. afin de rationaliser le développement Tout le monde semble satisfait. et l’usage des infrastructures minières Cependant, « pour une cohérence glodans le “corridor nord”, où CBG, GAC bale des accords passés ou à venir », et Rusal, entre autres, exploitent des une révision du dispositif contractuel projets dans la filière bauxite-alumine. avec GAC sera nécessaire « afin d’éviter Aujourd’hui, poursuit-il, le chemin de d’éventuels chevauchements des droits fer est utilisé et géré par la CBG. S’il accordés à chaque entité », reconnaît faut demain y faire passer des tonnages Lamine Cissé. jeune afrique

Échaudé par les mésaventures de la raffinerie de Rusal, qui ont fait de Fria une ville fantôme, le directeur de l’Anaim veut aussi miser sur la diversification : « Si un jour on ne produit plus de bauxite, que fera-t-on de toutes ces infrastructures? Il faut impérativement songer à créer des activités annexes à celles des mines, en particulier des activités commerciales, et réfléchir à l’établissement d’une zone franche, y compris au sein du port de Kamsar. » ● Diawo BarrY, à Conakry

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prévoit l’extension de la production de bauxite et des infrastructures de transport – en particulier la voie ferrée existante, gérée par la CBG –, ainsi qu’une usine d’alumine qui devrait être opérationnelle à la fin de 2022. Toujours en Guinée maritime, mais plus au sud, Rusal, le géant russe de l’aluminium, exploite quant à lui des gisements près de Kindia (3,2 millions de t/an) et de Friguia (2 millions de t/ an), dans la région de Fria, où il a racheté, en 2003, la seule raffinerie d’alumine du pays. Mais l’usine est à l’arrêt depuis avril 2012 à la suite d’un mouvement syndical pourtant jugé illégal par le tribunal du travail de Mafanco (à Conakry). Selon les estimations du groupe, fin 2013, il faudrait 50 millions de dollars (45,5 millions d’euros) pour la remettre en état de marche. Via la Compagnie de bauxite et d’alumine de Dian-Dian (Cobad), dans la région de Boké, au nord de Sangarédi, Rusal a cependant lancé mi-2014 le développement du plus grand gisement de bauxite de la planète (564 millions de tonnes de réserves prouvées). Le groupe table sur une mise en exploitation fin

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Kamsarmax Ce terme désigne les vraquiers spécialement conçus pour charger la bauxite au terminal minéralier de Kamsar. L’agencement du bassin limite leur longueur à 229 m et leur port en lourd (charge maximale) à 82 000 tonnes. Le doublement attendu de la production de bauxite d’ici à 2022 implique que Kamsar devra se mettre à niveau pour accueillir des bâtiments capables de charger jusqu’à 100 000 t… Une nouvelle génération de kamsarmax.

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Le Plus de J.A. Guinée petits bout d’empire du Milieu : potager de légumes du pays, mobilier chinois, tableaux de la Grande Muraille… « Près de 600 Chinois et 2500 Guinéens Chantier phare du quinquennat, le barrage et la centrale ont travaillé vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour faire sortir de terre de Kaléta viennent d’entrer en service. Et devraient bientôt cet ouvrage. Nous en avons aussi profité combler la moitié du déficit national en électricité. pour former 1000 jeunes, s’enthousiasme aléta est partout. Dans les disà la radio ni à la télévision! Vous avez bien Cheick Taliby Sylla, le ministre guinéen cours, dans les médias, sur les compris? C’est une instruction de l’État », de l’Énergie et de l’Hydraulique. Nous affiches… Trois ans après le lance sur un ton cordial mais ferme Elhadj sommes satisfaits du travail accompli lancement du chantier, désorLansana Fofana, le directeur général du en trois ans et fiers de savoir que, grâce mais presque achevé, le barrage de Kaléta projet, au seul autre journaliste présent, un à Kaléta, il n’y aura plus de délestages à est devenu l’emblème du quinquennat. reporter de la Radio télévision guinéenne Conakry ni dans les préfectures de Coyah, Situé à 150 km au nord-est de la capi(RTG). Dans cette dernière ligne droite, Dubréka, Forecariah, Kindia, Mamou, tale, sur le fleuve Konkouré, ce complexe il faut éviter toute précipitation dans la Dalaba, Pita et Labé. Dès le mois de juillet, communication. hydroélectrique, doté d’une puissance de nous devrions même avoir des excédents 240 MW, devrait permettre de résorber La visite est assurée par des ingénieurs (sur la zone) qui, plus tard, pourront aliune bonne partie du déficit énergétique du bureau français Coyne et Bellier, filiale menter trois États de l’Organisation pour la du pays, estimé à 400 MW. La première d’Engie (ex-GDF Suez), et des cadres mise en valeur du fleuve Sénégal [OMVS]: turbine devait commencer à tourner le le Sénégal, la Gambie et la 31 mai, la deuxième le 30 juin et la troiGuinée-Bissau. » Coût total de l’ouvrage : sième le 31 août – à peine plus d’un mois Des diplomates britan446 millions de dollars, financés avant le premier tour de la présidentielle. niques et américains participaient aussi à la visite. Les à 75 % par China exim bank. potager. À quelques jours de sa mise en premiers pour évaluer l’avanservice, le site était donc surveillé tel le lait chinois de China International Water cement des travaux, l’un d’eux expliquant sur le feu. Comme le 23 avril, où le chantier que « l’énergie est la première préoccu& Electric (CWE), qui réalise l’ouvrage. pation des entreprises et des investisde Kaléta accueillait une délégation du Son coût total, 446,2 millions de dollars ministère de l’Énergie pour une étape (406,2 millions d’euros), est financé à 25 % seurs étrangers désireux de s’installer en aussi cruciale que spectaculaire : la mise par l’État guinéen et à 75 % par China Exim Guinée ». Les seconds, plus préoccupés en eau du barrage. « Aucune communicaBank. À l’extérieur comme à l’intérieur par l’impact social et environnemental de tion sur cette journée pour le moment, ni l’ouvrage, que l’État affirme être minime, du complexe, on retrouve çà et là des assurant que 280 ha de terres ont déjà été reboisés et que 500 familles déplacées de Grande puissance contre petites coupures trois villages ont été relogées. SÉNÉGAL Sur le terrain, la situation est pourtant MALI plus complexe. Au pied du barrage, un GUINÉEancien village ressemble aujourd’hui à un BISSAU Moyenne champ de ruines. À quelques dizaines de Bouméhoun Guinée Sériba mètres, on remarque en effet des maisons Gaoual Tougué individuelles flambant neuves dont une Labé Haute Sangarédi partie de la population a pu bénéficier. Les Guinée Siguiri Boké Pita Guinée autres construisent eux-mêmes des abris maritime Kamsar Diabola de fortune… Au grand dam des cadres du Kouroussa Fria ministère de l’Énergie, qui demandent Mamou Mandiana Kaléta aux autorités militaires d’employer une Boffa Kindia Kankan Faranah méthode plus musclée pour les chasser Dubréka définitivement. « Ce ne sont pas des gens Coyah CONAKRY d’ici… Ils viennent, car ils pensent que le Forécariah barrage créera des emplois, mais ce n’est SIERRA Kérouané Kissidougou LEONE Océan pas le cas ! » Guinée Atlantique De fait, dans un premier temps, le forestière Beyla complexe sera exploité par CWE, avec Macenta une équipe restreinte d’une vingtaine Centrales Sérédou thermiques de personnes. Mais les pouvoirs publics précisent qu’« un appel d’offres sera rapiLola Centrales hydroélectriques Nzérékoré dement lancé » pour la gestion future du LIBERIA complexe. ● CÔTE Routes principales énergie

La turbine met le turbo

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Voies de chemin de fer n o 2838 • du 31 mai au 6 juin 2015

200 km

D'IVOIRE

Haby NIaKatÉ jeune afrique


COMMUNIQUÉ MMUNIQUÉ

Le partenaire de la filière bâtiment et travaux publics

G

roupe industriel créé en 1989, Guinée Industries (GI) est le leader sur le marché des tôles et accessoires pour le BTP et depuis 2013, le deuxième cimentier du pays. Groupe de production et de commercialisation de produits métallurgiques et de ciments, Guinée Industries propose un ensemble de solutions pour les principaux acteurs de la filière bâtiment et travaux publics. Guinée Industries est surtout connue pour être un partenaire compétent et de confiance qui livre des produits de qualité supérieure et assure l’amélioration continue de ses produits et services.

GI CIMENTS L’usine de la SARL GI CIMENTS située à Kagbélen (Préfecture de Dubréka, à proximité de Conakry) dont les travaux ont été achevés en janvier 2013, a été inaugurée en février de la même année par le Président de la République, S.E.M. Alpha Condé. Dotée d’une capacité de production annuelle d’un million de tonnes, Guinée Industries Ciments emploie 304 personnes, dont une trentaine de cadres et d’expatriés.

GI TÔLES Leader de la commercialisation de tôles pour le bâtiment en Guinée, GI Tôles est une SARL dont l’usine est implantée à Conakry sis à Kissosso dans la commune de Matoto. Cette usine a démarré sa production en 1989. GI Tôles commercialise plusieurs gammes de tôles, ainsi que de nombreux accessoires associés (gouttières, faîtières...). GI Tôles emploie 213 personnes.

GI Ciments produit et commercialise trois types de ciments (CPA 42.5N, CPJ 42.5 N et CPJ 32.5 N), ainsi que d’autres sur commande.

www.guineeindustries.com

BP 3835 Conakry/Kissosso, Guinée Tél : (+224) 622 21 21 91 E-mail : groupegi@guineeindustries.com

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i a m e d âtissons

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PUBLI-INFORMATION Remise officielle des équipements à la SEG par le Président de la République.

AC T I O N S R É A L I S É E S O U E N G AG É E S , E N T R E 2010 E T 2015, PA R L E G O U V E R N E M E N T D U P R O F E S S E U R A L P H A CO N D É, P O U R L’A M É L I O R AT I O N D E L A D E S S E R T E E N E AU P OTA B L E D E CO N A K RY E T D E S V I L L E S D E L’ I N T É R I E U R. CONAKRY

VILLES DE L’INTÉRIEUR

• Kobaya (2ème phase) : Construction de 3 nouveaux forages et d’une station de reprise d’eau traitée avec un impact de 1 700 m3/jour ; financement : SEG–Budget National de Développement (BND) ; en exploitation. • Kaporo Démoudoula : Construction de 3 nouveaux forages et d’une station de reprise d’eau traitée avec un impact de 1 500 m3/j ; financement : BND–SEG ; en exploitation. • 12 Forages de Kakoulima : Construction, équipement et raccordement de 12 forages industriels au pied du mont Kakoulima avec un impact de 12 000m3/j ; financement BND–SEG ; en exploitation. • Actions d’urgence Conakry : Amélioration arrivée d’eau brute à Yessouloun et fourniture de matériels et équipements de production, réseau et de chantier y compris produits de traitement d’eau avec un impact de 15 000 m3/j ; financement : BND–SEG ; travaux en cours.

• Labé : Remplacement des 3 pompes de reprise d’eau traitée et de la pompe de reprise d’eau décantée avec un impact de 2 400m3/j ; financement : BND–SEG ; en exploitation. • Boké : Renforcement des capacités de production et de distribution d’eau Potable de la ville avec un impact de 2 000 m3/j ; financement : BADEA-BND ; travaux achevés en mars 2015. • Télimélé : Adduction d’eau potable de la ville avec un impact de 500 m3/j ; financement : BADEA – BND ; travaux en cours d’achèvement.

8 Station de traitement d’eau du lac de Sonfonia.

• Projet de renforcement de l’AEP de Conakry : Réhabilitation des ouvrages de production, de transport, de distribution et renforcement de la production avec un impact de 28 000 m3/j ; financement : BID – BND ; travaux en cours. • 4ème Projet eau de Conakry (1ère phase) : Important renforcement de la production, de transport, de stockage et de distribution y compris un important programme de branchements particuliers de type social avec un impact de 170 000 m3/j ; financement EXIMBANK de Chine – BND ; recherche de financement en cours. • Adduction d’eau potable des villes de Lola, Yomou, Tougué, Lélouma et Gaoual : Réalisation des systèmes d’adduction d’eau potable de ces 5 villes secondaires du pays avec un impact de 5 117 m3/j ; financement : BADEA-OFID–BND ; financement déjà obtenu.

SOCIÉTÉ DES EAUX DE GUINÉE

SOCIÉTÉ ANONYME À PARTICIPATION PUBLIQUE

SIÈGE SOCIAL

Almamya - BP : 150 - Conakry, République de Guinée Tél. : (+224) 657 22 00 58 - E-mail : info@segguinee.com

www.segguinee.com

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8 Visite à la SEG de l’Ambassadeur de France et du Représentant de l’AFD.

ACTIONS A COURT ET MOYEN TERMES (2013 à 2017) DONT LES FINANCEMENTS SONT AQUIS OU EN VOIE DE L’ÊTRE


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portraits

Ils ont craqué pour Conakry Issus de la diaspora, multidiplômés, ils ont sauté le pas et se sont installés dans la capitale. Zoom sur trois cadres dynamiques qui ont misé sur la Guinée.

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onakry et ses problèmes d’électricité ; Conakry et ses loyers exorbitants ; Conakry et sa monnaie très encombrante (100 000 francs guinéens font environ 10 euros)… A priori, la capitale n’est pas l’endroit le plus couru ni le point de chute le plus attrayant pour les « repats » – ces Africains souvent multidiplômés, établis depuis longtemps en Europe ou en Amérique du Nord (quand ils n’y sont pas nés) et qui décident de venir s’installer

dans leur pays d’origine ou celui de leurs parents. Pourtant, à l’instar de Lagos, Abidjan ou Accra, Conakry n’échappe pas au phénomène. Entre le manque de perspective de carrière, la crise économique en Europe comme aux États-Unis et l’envie de participer au développement d’un continent aux taux de croissance très prometteurs, ils sont de plus en plus nombreux à construire désormais leur avenir « au pays ». Portraits de quelques-uns de ces « repats » qui ont choisi la Guinée. ●

Gabriel Curtis

41 ans, directeur général de l’Agence de promotion des investissements privés (Apip-Guinée) miratsarabesunis,République tchèque, États-Unis… Difficile de localiser le pigeon voyageur Gabriel Curtis. Depuis qu’il a pris la tête de l’Agence de promotion des investissements privés (Apip-Guinée), en mars 2014, cet Américano-Guinéen multiplie les déplacements à l’étranger. Né en Guinée, diplômé des prestigieuses universités McGill (Montréal) et Columbia (New York), il a commencé sa carrière aux États-Unis au sein de la banque d’affaires américaine Sterling Merchant Finance Ltd (1997-2004) avant de rejoindre la Bank of New York Mellon (BNY Mellon) en 2007, puis de s’envoler pour Londres, où il est devenu senior manager et vice-président de BNY Mellon, responsable de la gestion des risques, jusqu’à sa nomination à la direction de l’Apip. Rompu aux codes de la finance internationale et spécialiste des pays émergents, Gabriel Curtis a été confronté à un défi imprévu, celui de l’épidémie d’Ebola, quelques jours après sa prise de fonctions. Depuis, il se fixe pour objectif de combattre les conséquences désastreuses de cette crise sanitaire sur l’économie guinéenne et d’améliorer l’image du pays à l’étranger pour mobiliser les investisseurs. ● Haby NIaKaTÉ jeune afrique

© Youri Lenquette pour J.A.

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Le Plus de J.A. Guinée

Bintou Diabaté

39 ans, cadre à la Banque internationale pour le commerce et l’industrie en Guinée (Bicigui, groupe BNP Paribas) ans la famille de plus en plus nombreuse des « repats », Bintou Diabaté a joué la carte de la prudence. Cette Franco-Malienne a toujours voulu tenter l’aventure du retour en Afrique de l’Ouest, non sans avoir d’abord assuré ses arrières. « Tant que je n’avais pas une promesse d’emploi à la clé, je n’osais pas franchir le pas », explique la jeune femme, aujourd’hui responsable de l’organisation bancaire à la Bicigui. Bintou Diabaté a grandi en Seine-Saint-Denis, dans la banlieue parisienne, avant de poursuivre ses études d’économie et de finance à l’université du Connecticut, aux ÉtatsUnis, entre 1997 et 2000. Parfaitement bilingue, elle est rapidement embauchée par BNP Paribas, où elle devient chef de projet informatique. Mariée entre-temps à un Guinéen, en 2010, elle demande à son groupe de la muter à Conakry, ce qu’elle obtient deux ans

plus tard, mais sans le statut d’expatriée ni les avantages qui y sont liés. Qu’importe, elle accepte de signer un contrat local, qui réduit considérablement son salaire, et débarque dans la capitale guinéenne en 2012. « Cela n’a pas été facile, car il a fallu s’adapter aux relations sociales, aussi bien sur le lieu de travail qu’en dehors, et convaincre, résume-t-elle en souriant. En tant que jeune, femme et étrangère accédant tout de suite à un poste à responsabilité, je peux vous dire qu’on ne m’a pas fait de cadeau ! » Trois ans plus tard, cette mère d’un enfant a fini par obtenir son statut d’expatriée et dresse un bilan plus que positif de son expérience: « L’équipe que je dirige est composée d’excellents éléments et m’a beaucoup appris. Aujourd’hui, je suis très fière d’eux et nous sommes chaque année félicités par notre hiérarchie. » ● Haby NIaKaTÉ

Mountaga Keïta 38 ans, PDG de Tulip

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l avait quitté la Guinée à l’âge de 13 ans afin de poursuivre ses études secondaires en France. Après son bac, il entame un cursus de droit à l’université ParisDescartes mais s’y ennuie et décide de rentrer… pour mieux repartir. Direction l’université du Maryland, aux États-Unis. Mountaga Keïta devient alors personal banker (« conseiller personnel ») au sein de plusieurs banques américaines (Bank of America, Wachovia Bank, etc.) et, en 2012, intègre un programme annuel au sein de la prestigieuse faculté de droit de l’université Harvard – « Le rêve ! » – à l’issue duquel il obtient un diplôme en négociation et en résolution des conflits. « Six mois plus tard, je rassemblais mes affaires, mes projets, et je pliais bagage, dit-il. J’avais atteint mon objectif : avoir de bons diplômes et quelques années d’expérience professionnelle. Il était temps de rentrer chez moi. » Depuis, Mountaga Keïta travaille au développement de Tulip, l’entreprise qu’il a fondée à Conakry, spécialisée dans la fourniture de kiosques internet aux universités et aux écoles. Serviette estampillée Harvard sous le bras, costume bien coupé, montre volumineuse… Mountaga Keïta cultive son côté businessman débarquant des États-Unis, tout en fustigeant « ces diaspos » qui restent en France pour « profiter d’un certain assistanat ». Pour lui, l’aventure entrepreneuriale conakryka ne fait que commencer, grâce notamment à ses « réserves personnelles et familiales ». Il espère bientôt créer une trentaine d’emplois. ● Haby NIaKaTÉ jeune afrique


Le Plus de J.A. Guinée harengs, etc., indispensables à l’alimentation des populations côtières), alors qu’il leur était conseillé de partager ce tonnage avec la Guinée-Bissau, la Sierra Leone et le Liberia. Ces sanctions décidées par l’UE ont des conséquences désastreuses pour Taxé de laxisme dans la lutte contre la pêche illégale, le pays les pêcheurs artisanaux. « Auparavant, ne peut plus exporter son poisson vers l’Europe. En attendant la ils capturaient à la fois des poissons levée des sanctions, les artisans de la mer trouvent la pilule amère. très consommés en Guinée, comme le mâchoiron, et beaucoup d’autres espèces ort de Kamsar, dans le Norddestinées aux marchés étrangers, comme plusieurs avertissements, l’UE a sancOuest. Casquette, uniforme bleu la sole, qu’ils exportaient via des reventionné la Guinée, à l’instar de Belize et deurs. Aujourd’hui, leur activité et leurs azur et marine, le commandant du Cambodge, pour son manque d’engaAmirou Mansané présente fiègement dans la lutte contre la pêche revenus se trouvent sérieusement ampurement les quatorze membres de son illicite, non déclarée et non réglementée tés », explique Barry Hadja Mama Yawa équipage et Moussaya, leur vedette. « Avec (INN). Les trois contrevenants se sont vu Sandouno, cadre au ministère de la Pêche. ses deux moteurs, elle peut atteindre une fermer le marché européen du poisson et « En luttant contre la pêche illégale, qui vitessede22nœuds»,soit40km/h.Donde exclure de tout accord de pêche, tandis est principalement le fait de navires étranl’Union européenne (UE) dans les années gers, notamment chinois, 1990, c’est aujourd’hui la seule vedette ce sont surtout les petits Devant les prises exposées sur le civile du pays affectée à la surveillance pêcheurs guinéens que l’on sol, on se raconte sa journée, on fait souffrir », déplore-t-elle. hauturière. Depuis le port de Conakry, Dans son ministère, on c’est la marine nationale qui s’en charge. tâte la marchandise, on négocie… « Au quotidien, nous sommes aidés par assure que des mesures des inspecteurs de pêche, qui traquent que les navires battant pavillon d’un État sont en passe d’être prises pour obtenir le moindre délit, notamment grâce à un membre de l’UE n’ont plus le droit de la levée des sanctions : réforme du code de la pêche maritime, inspection des système de suivi satellitaire des navires pêcher dans leurs eaux. et à des survols aériens, explique Amirou navires en quête de licence, suivi des Mansané. Lorsqu’il y a infraction [le plus Pélagiques. Coupables, selon les activités des bâtiments, renforcement des capacités de surveillance côtière et souvent la nuit], nous organisons une Européens, d’avoir fermé les yeux sur la mission et rejoignons le navire incriminé, pêche illégale et encouragé la surpêche, hauturière, notamment dans les six bases qui peut être verbalisé ou arraisonné. » les pouvoirs publics guinéens ont partidisséminées sur le littoral… Reste aussi Las, depuis le début de l’année, Moussaya, culièrement irrité l’UE lorsqu’en 2013 ils à utiliser pleinement les moyens dont victime d’avaries, est privée de sortie. ont autorisé, dans leur zone économique le pays dispose, comme le sémaphore construit en 2013 sur l’île de Tamara Or l’enjeu est de taille. Car depuis le exclusive, la capture de 100 000 tonnes (lire p. 88) avec l’aide de la France. Ou 24 mars 2014, après lui avoir adressé de petits pélagiques (sardines, anchois, Halieutique

les gros trichent, les petits trinquent

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t Port de Boulbinet, à Conakry.

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jeune afrique


Le pays de tous les combats

Mensonges. À Koba comme à Kamsar,

la plupart des infractions sont commises par des navires étrangers, en particulier coréens, qui pêchent souvent trop près des côtes. Quant aux bateaux chinois, soupçonnés de surpêche, ils ont interdiction d’opérer dans les eaux guinéennes (lire interview ci-contre) depuis le début de l’année. Dans un rapport publié le 6 mai, l’ONG Greenpeace dénonce leurs mensonges portant sur la quantité réelle des captures : sur les 28 navires chinois qui ont jeté leurs filets dans les eaux guinéennes en 2014, 13 auraient présenté de fausses déclarations. Un manque à gagner pour la Guinée, notamment fiscal, estimé à près de 100 000 euros pour les quatre derniers mois de 2014. Dans les ports conakrykas de Boulbinet et de Kaporo, tout le monde connaît « les Chinois », qui feraient appel aux pêcheurs artisanaux en les équipant de meilleurs filets, pour acheter ensuite leurs captures ou les payer comme des salariés. « Ceux qui veulent contourner cette interdiction font appel à des adolescents pauvres qui, du coup, abandonnent leur scolarité, tempête Yari, armatrice et fumeuse de poisson à Kaporo. C’est un retour en arrière pour leurs parents, pêcheurs, souvent illettrés, qui ont tout fait pour que leurs enfants soient scolarisés… Sanctions de l’UE ou sanctions du gouvernement, finalement, c’est toujours le petit pêcheur qui trinque ! » ● Haby niakaté jeune afrique

questions à Lounceny camara Ministre de la Ville et de l’Aménagement du territoire, ancien ministre de la Pêche

« on veille 24 heures sur 24 »

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résident de la Commission électorale nationale indépendante en 2011-2012, Lounceny Camara a ensuite été ministre du Tourisme, avant d’hériter du portefeuille de la Pêche et de l’Aquaculture du 31 mars 2014 jusqu’au remaniement du 29 avril dernier, à l’issue duquel il s’est vu confier le ministère de la Ville. Alors qu’il passait le relais à son successeur, Jean-René Camara, il est revenu sur le dossier chaud de la pêche illégale.

Toure BaBacar/PaNaPreSS/MaXPPP

comme les 10 millions de dollars que la Banque mondiale a octroyés à la Guinée, le 16 mars, pour « renforcer les institutions et activités liées à la pêche, améliorer les moyens de subsistance des pêcheurs et lutter contre la pêche illégale ». Sur les côtes, les changements ne sont pas encore tangibles. À quelques kilomètres de Kamsar, la nuit tombe sur le petit port de Koba. Les pêcheurs sont rentrés, et les mareyeuses ont pris le relais. Leurs prises sont exposées sur des filets ou des bouts de papier, à même le sol. On racontesajournée, on tâtelamarchandise, on négocie… Dans sa modeste vedette à peineplusgrandequ’unepirogue,l’équipe de surveillance côtière est encore là, elle aussi, qui veille. Ici, c’est le système de communication par radio qui ne fonctionne pas. Et le registre des missions est clairsemé. Toute l’année dernière, la vedette était en panne. Elle vient de reprendre du service, avec 7 patrouilles en janvier, 5 en février, 6 en mars…

jeune afrique: où en est la réforme du secteur ? Lounceny caMara : Avec l’aide

de nos partenaires nationaux et étrangers, nous nous sommes d’abord attaqués à la refonte des codes de la pêche maritime, continentale et de l’aquaculture. Ces différents projets ont été transmis pour examen en Conseil des ministres, et nous espérons qu’ils seront soumis à l’Assemblée nationale avant la clôture de la session, fin juin. Il faudra ensuite beaucoup plus de temps pour changer les comportements des professionnels comme de l’administration. Par le passé, il y a eu un certain laisseraller… qui a laissé des traces dans les mentalités.

avec la base de surveillance maritime française de Toulouse et l’ONG britannique Environmental Justice Foundation. Nous échangeons régulièrement des informations avec ces partenaires, qui nous informent parfois des agissements de certains navires, même quand ces derniers ne sont pas dans nos registres ou ont quitté nos eaux. Pourquoi la guinée interdit-elle désormais aux bateaux battant pavillon chinois de pêcher dans ses eaux ?

Les bateaux en infraction nous narguaient tout près de nos côtes. C’est fini. De quels moyens de surveillance disposez-vous ?

Par le passé, certains bateaux venaient pêcher illégalement à moins de 50 miles [environ 90 km] de nos côtes, sous nos yeux, en toute impunité. Ce n’est plus le cas. Notre système de surveillance par satellite est opérationnel. Il est passé de huit heures de fonctionnement par jour à 24 heures sur 24, et nous pouvons savoir en temps réel qui se trouve dans nos eaux. Nous coopérons aussi

Après avoir pris mes fonctions, j’avais suspendu les négociations entamées par mon prédécesseur en vue d’un accord de pêche, car elles engageaient une entreprise publique chinoise et non le ministère chinois de la Pêche. J’ai donc posé comme condition de pouvoir négocier avec mon homologue, ce qui n’a pas été tout de suite compris ni accepté. Les discussions ont repris, mais nous sommes encore loin de nous entendre, notamment sur la question des contreparties financières. ● Propos recueillis à Conakry par Haby niakaté n o 2838 • du 31 mai au 6 juin 2015

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MINISTÈRE DE L’ÉCONOMIE ET DES FINANCES RÉPUBLIQUE DE GUINÉE

Un gouvernement de réforme pour la Guinée Depuis 2011, il a entrepris l’assainissement économique et financier du pays. Chômage, besoins primaires, croissance, inflation… le nouveau gouvernement guinéen a hérité en 2011 d’une situation économique et sociale désastreuse. À travers des mesures et des réformes appropriées, il s’est attaché, depuis, avec l’appui de ses partenaires, à redresser la barre.

2010 : UN HÉRITAGE CATASTROPHIQUE Le premier président de la République de Guinée démocratiquement élu, le Professeur Alpha Condé, a hérité lors de sa prise de fonctions, en décembre 2010, d’une situation économique et sociale extrêmement défaillante. Celle-ci résultait fondamentalement de la mal gouvernance politique et d’un système de gestion économique et financière déficient.

PUBLI-INFORMATION

■ Une situation macroéconomique désastreuse Au plan macroéconomique, la situation était caractérisée par une croissance négative, une inflation galopante estimée à 21%, un niveau de déficit budgétaire insoutenable, situé à -12,6% du PIB, et par un niveau des réserves internationales de la Banque centrale de la république de Guinée (BCRG) qui frôlait l’épuisement, ne pouvant couvrir que quelques semaines d’importations. ■ Des besoins primaires insatisfaits, vecteurs de conflits sociaux En plus de ces déséquilibres macroéconomiques profonds, la non satisfaction des besoins primaires en fourniture de services sociaux - eau, électricité, routes, services sanitaires et scolaires… - avait entraîné de graves troubles sociopolitiques au cours des cinq précédentes années, aggravant les déséquilibres économiques et financiers. ■ Un chômage généralisé Le pays était dans une situation de surendettement, avec un ratio du stock de la dette extérieure par rap-

port au PIB supérieur à 80%. Tous ces facteurs négatifs ont produit un chômage massif, en particulier chez les jeunes, et une paupérisation accélérée des paysans et des populations urbaines affectées par la baisse drastique de leur pouvoir d’achat.

DES SOLUTIONS APPROPRIÉES C’est dans ce contexte que le gouvernement de la 3e République a entrepris et mis en œuvre une politique macroéconomique adéquate et des réformes structurelles appropriées. Ces mesures d’assainissement ont consisté pour l’essentiel dans l’élaboration et la mise en œuvre d’une politique budgétaire et d’une politique monétaire prudentes, dont les effets positifs sur le cadre macroéconomique vont êtres appréciés dans le cadre d’un programme de référence suivi en 2011 par le FMI, à la demande du gouvernement. ■ Un programme économique et financier (2012-2014) concluant Dès février 2012, le gouvernement a élaboré un programme économique et financier (2012-2014) soutenu par le FMI dans le cadre de la Facilité élargie de crédit. Les résultats appréciables de la mise en œuvre de ce programme sont notamment : • la réduction du déficit budgétaire de base à -2,6% du PIB en 2012 et 2013 et à -2,5% en 2015, • le renforcement des réserves de la BCRG à plus de trois mois d’importation, • le taux d’inflation ramené en dessous de 10% en 2014,


www.finances.gov.gn Monsieur Mohamed Diaré, Ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances

Monsieur Ansoumane Condé, Ministre délégué au Budget

• le renforcement et la stabilité du Franc Guinéen par rapport aux principales devises. ■ Assainissement des finances publiques Pour parvenir à ces résultats, des mesures urgentes d’assainissement des finances publiques ont été mises en œuvre. Ses axes dominants ont été l’exécution du budget sur base caisse, la meilleure maîtrise des dépenses et une forte mobilisation des recettes publiques. Le principe de l’unicité de la trésorerie publique et l’allocation des ressources publiques en fonction des priorités de développement définies par le Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP) a aussi été appliqué. ■ Une pratique financière désormais alignée sur les standards internationaux Au titre des réformes financières, des avancées significatives ont été réalisées. Elles ont permis d’élaborer et de faire adopter les textes de lois et de règlements suivants : • une nouvelle loi organique relative aux lois de Finances (LORF) en 2012, • un règlement général de gestion budgétaire et de comptabilité publique (RGGBCP) en 2013, • un décret sur la gouvernance des finances publiques en 2014, • une loi sur la gouvernance financière des entreprises et établissements publics en 2015, • un nouveau Code minier, • une nouvelle nomenclature budgétaire de l’État en 2014, suivie d’un nouveau plan comptable en 2015, • la réforme du Code général des impôts et du Code des douanes,

• un nouveau Code des marchés publics, avec à la clé la création d’une Agence de régulation des marchés publics en 2014, • un nouveau Code des collectivités locales en 2015, • une nouvelle loi bancaire en 2014, • un nouveau Code des assurances en 2015. Ces réformes ont permis à la Guinée d’aligner ses normes de gestion budgétaire, comptable, économique, monétaire et financière sur les meilleures pratiques internationales.

DES RÉFORMES DÉTERMINANTES À VENIR Les efforts du gouvernement ont bénéficié de l’appui de ses partenaires techniques et financiers. Ceux-ci continuent à accompagner la Guinée pour la réussite de ses programmes économiques et financiers et de ses plans de réformes structurelles. Cet accompagnement doit s’inscrire aujourd’hui sur plusieurs axes : • la mise en œuvre de la stratégie de relance et de résilience socio-économique post- Ebola (2015-2017), • le plan d’action triennal de la réforme des finances publiques (2015-2017) et du programme de réforme de l’Etat et de la modernisation de l’administration (PRÉMA), • le programme de réforme des forces de défense et de sécurité, • le futur Document de stratégie de réduction de la pauvreté 2016-2020, en ligne avec le prochain plan quinquennal de développement, • le plan national de réforme de la justice.

Ministère de l’Économie et des Finances B.P. 579 - Boulevard du Commerce, Kaloum Conakry - République de Guinée www.finances.gov.gn

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• le taux de croissance de l’économie, négatif en 2009 (-0,3%) et de 1,9% en 2010, ramené à 3,9% en 2011, 3,8% en 2012 et 2,5% en 2013, avant de retomber à 1,1% en 2014 en raison de l’impact négatif de l’épidémie Ebola,


Le Plus de J.A. Guinée Carnet de route

Confettis de paradis À quelques kilomètres au large de la capitale, l’archipel des îles de Loos attire de plus en plus de Conakrykas. Au programme, sports nautiques, nature et farniente.

«

L

’archipel des îles de Loos peut constituer pour nous un formidable bastion, à condition toutefois d’y dépenser un respectable nombre de millions. L’escarpement de ces îles et leur hauteur les rendront imprenables et elles commanderont au loin l’Océan, pendant que, bien abritée derrière leurs forts, l’opulente ville de Conakry continuera de vaquer à ses affaires », écrivait le 16 mai 1904 Lucien-Auguste Aspe-Fleurimont, conseiller du Commerce extérieur français, dans Questions diplomatiques et coloniales. Un mois plus tôt, dans le cadre de l’Entente cordiale, la Couronne britannique avait cédé ces stratégiques « confettis d’empire » à la France en échange de l’abandon d’une partie de ses droits de pêche à Terre-Neuve (actuel Canada). Un siècle plus tard, force est de constater que les « respectables millions » n’ont jamais atteint l’archipel, ni pendant la colonisation ni sous les différents régimes que la Guinée a connus depuis son indépendance, en 1958. IDOLES. Situé à 7 km au large du port de Boulbinet, soit à 30 minutes de Conakry en pirogue, l’archipel est constitué d’îlots restés sauvages (Cabri, Blanche, Corail, Fousset) et de trois îles principales – Tamara, Roume et Kassa –, dont la disposition circulaire a longtemps fait croire qu’elles étaient d’origine volcanique. Elles ont gardé, sous forme contractée, le nom que leur avaient donné les navigateurs portugais du XVe siècle (Islas de los Idolos, « îles des idoles »), héritant aussi d’un lourd passé, puisqu’elles servirent de dépôt d’esclaves jusque vers 1850. n o 2838 • du 31 mai au 6 juin 2015

Français et des Canadiens, qui exploitèrent son sous-sol riche en bauxite dans les années 1950. CONCERTS IMPROVISÉS. Ce n’est que

récemment que le formidable potentiel touristique de l’archipel s’est révélé. Ses eaux tièdes, ses plages de sable blond bordant la forêt et ses villas avec vue sur la mer en font un havre de paix. Du moins en semaine. Car, chaque weekend, ses îles sont prises d’assaut par des Conakrykas plutôt aisés, des expatriés et quelques touristes qui fuient l’agitation et le désordre de la capitale.

Sur Roume, qui aurait inspiré le décor de L’Île au trésor (1883) au romancier écossais Robert Louis Stevenson, les Britanniques établirent un fortin au début du XIXe siècle, à partir duquel ils lançaient des opérations contre les négriers. En 1884, la conférence de Berlin leur attribua Eaux tièdes, plages l’archipel. de sable blond bordant la forêt, Sur Tamara, on peut aussi villas avec vue sur la mer… visiter les ruines du tristement célèbre pénitencier de Fotoba, Sports nautiques, pêche, visites de où furent emprisonnés des criminels et des opposants politiques venus de toute vestiges, petits concerts improvisés, feux l’Afrique occidentale française. Quant de camp sur la plage et barbecues entre à l’île de Kassa, elle fut très prisée des amis à la nuit tombée… « Ce que les gens apprécient le plus, c’est le côté sauvage et naturel des lieux », explique Abou Samaké, propriétaire de l’hôtel-club Bamana, à Kassa – raison pour laquelle il interdit la musique et toute forme de mendicité dans son établissement. Celui-ci est constitué de seize grandes cases (à 400000 francs guinéens, soit environ 48 euros la nuit) donnant directement sur la plage et bordées de manguiers. Roume, que certains surnomment Beyrouth en raison de son grand nombre de villas appartenant à des Libanais, compte aussi plusieurs hôtels, comme la résidence MilleFeuilles. Construits en bois, ses quatre bungalows (également à 400000 GNF la nuit) se fondent dans la forêt. « Depuis un an, avec l’épidémie d’Ebola, le nombre de touristes étrangers a sensiblement baissé, explique Araphan Soumah, son cogérant. Dorénavant, nous misons sur la clientèle locale et essayons de faire découvrir aux Guinéens cette partie de leur patrimoine qu’ils ont longtemps délaissée. » ● p Roume aurait inspiré le décor de L’Île au trésor © Youri Lenquette

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à Robert Louis Stevenson.

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Le pays de tous les combats

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t La cité Plaza Diamant, en avril.

Société

Coquette capitale pas assez glamour, Conakry ? erreur. Depuis quelque temps, elle se relooke. Nouveaux lotissements, ouverture d’hôtels chics et d’un premier centre commercial… La ville sort le grand jeu.

d

epuis quelques mois, sur le littoral nord de Conakry, Kipper s’est doté d’une nouvelle cité aux jardins fleuris, coupant le quartier en deux mondes, que l’écrivain camerounais Mongo Beti, dans son roman Ville cruelle, aurait qualifiés de Tanga-Nord et Tanga-Sud, pour en souligner les contrastes. Il suffit en effet de traverser une chaussée secondaire pour changer d’univers. D’un côté, friperies, échoppes de vendeuses de bananes grillées, cireurs de chaussures et rabatteurs de passagers pour taxis symbolisent la misère d’une population qui vit avec moins de 2 dollars par jour (plus de 72 % des Guinéens, selon la Banque mondiale). De l’autre, la coquette Cité internationale, baptisée Plaza Diamant, s’ouvre sur une vaste esplanade pavée et arborée, plantée de jets d’eau et de parasols, menant à un grand bâtiment vitré. Ce dernier abrite le centre de vente et les bureaux de Guinea Mar Grandioso, filiale locale du géant immobilier China jeune afrique

Dreal Group. Dans le hall d’accueil, le tapis rouge, les fauteuils moelleux, le fond sonore, et, à travers les vitres, la vue sur les jardins et sur quelques villas mitoyennes au style anglais : tout donne au visiteur l’impression d’être ailleurs qu’en Guinée. Jusqu’au thé servi, tout vient de Chine, « comme 90 % du matériel utilisé pour la construction », explique une jeune femme en tenue d’ouvrier. C’est Elsa Zhang, la directrice du marketing. en grande pompe. Après avoir déve-

loppé des programmes immobiliers en Angola, en Namibie, puis au Ghana, China Dreal Group a été introduit en Guinée en 2013 par Yao Tianping, un proche du président chinois, Xi Jinping. Avec déjà près de 100 millions de dollars (plus de 85 millions d’euros) investis depuis le début des travaux, en octobre 2013, la Cité internationale de Conakry, qui s’étend sur 20 ha, constitue le plus grand projet sino-guinéen

en cinquante-cinq ans de coopération bilatérale. Et c’est donc en grande pompe que, le 4 février dernier, Alpha Condé, le chef de l’État, et Yao Tianping, le PDG de China Dreal Group, l’ont inauguré, au moment de la commercialisation des premières unités. « Plaza Diamant est un projet privé, il a été entièrement financé par China Dreal Group [l’État s’est borné à céder le terrain] et s’adresse à une population très aisée… non mélangée, contrairement à celle des autres quartiers. Le prix des villas va de 700 000 à 1,5 million de dollars [entre 645 000 et 1,3 million d’euros], voire un peu plus selon les prestations, et celui des appartements de 150 000 à 450 000 dollars », souligne Elsa Zhang, qui précise que les produits sont « livrés avec leur titre de propriété ». Des logements très chers comparés au pouvoir d’achat moyen des Guinéens, mais qui trouvent preneurs. À preuve, début avril, la directrice du marketing confie avoir déjà réalisé plus de 20 millions de dollars de ventes auprès d’une clientèle composée principalement de patrons et de cadres. En attendant la « mixité sociale » et des logements plus économiques, ceux qui ne peuvent devenir propriétaires à la Cité internationale viennent volontiers y faire des selfies qui alimentent les réseaux sociaux. n o 2838 • du 31 mai au 6 juin 2015


Le Plus de J.A. Guinée Bordée au nord par l’Atlantique, la cité Plaza Diamant s’étend, vers l’est, jusqu’à l’École nationale des postes et télécommunications et, vers l’ouest, jusqu’à la Brigade de recherche et l’agence Ecobank de Kipé, qui, bientôt, céderont leur place à une nouvelle phase du projet. « Celle-ci comprendra un centre commercial de 6000 m2 et un immeuble d’appartements de quinze étages », explique Oumou Baldé, consultante immobilière. style anglais. Sur la maquette qu’elle

présente, on retrouve le bâtiment central, la vingtaine de lots déjà construits, composés de villas individuelles (dont certaines avec piscine), de maisons mitoyennes de style anglais et d’immeubles de standing. Et l’on découvre les prochains aménagements de la Cité internationale : des « villas littorales » au design ultramoderne donnant sur la mer, de nouveaux lotissements à l’anglaise, des p L’hôtel Millenium Suites, sur la corniche nord. immeubles résidentiels et de bureaux, une grande rue commerçante, une piscine s’étendre à la Côte d’Ivoire, au Ghana, publique et même un night-club. et la presqu’île de Kaloum (centre admiUn peu plus à l’est, toujours dans la nistratif et des affaires), le complexe est au Cameroun… Et il a choisi la Guinée facile d’accès. Il va en outre disposer d’un commune de Ratoma, Mar Grandioso comme pays pilote pour son premier prépare déjà les plans de nouveaux proparking de 4 000 m2 et de 1 km de voirie, hypermarché africain. » jets. Dans le quartier de Lambangny, le dont le chantier est presque terminé. Michel Saadi croit à l’amélioration du groupe s’apprête à construire une ville Le Prima Center comprend un hyperpouvoird’achatdesGuinéens.Selonlui,les nouvelle de 650 ha (six fois plus étendue marché de 2 000 m2 et 90 boutiques : consommateurs se rabattent sur le marché que Plaza Diamant), pour extérieur faute d’offre locale, mais ils sont un investissement global bien là: « Aujourd’hui, le pays voit émerger objectif : toucher la classe de l’ordre de 10 milliards de une classe moyenne, avec des codes de moyenne émergente, qui rêve de dollars, dont les premiers consommation qui sont les mêmes que lotissements devraient ceux des Européens ou des Américains. loisirs et de sorties au restaurant. De plus en plus de Guinéens ont besoin être livrés d’ici à 2018. Le programme comprendra environ 30 000 magasins de prêt-à-porter, de décoration, de loisirs, ont envie d’aller dépenser leur logements sociaux et intermédiaires, d’électroménager, librairies, pharmacies, argent dans des restos… Notre objectif est ainsi que des espaces commerciaux et agences bancaires, cafés, restaurants, sans de toucher ces gens-là. » Et de donner un des équipements publics (école primaire, oublier une garderie, des espaces pour petit conseil à ses futurs locataires : « Le lycée, etc.). Plus au sud, sur le plateau de consommateur n’est pas bête, il est averti. les enfants et une salle polyvalente de Koloma, en face de l’ambassade des États900 m2 (avec terrasse de 300 m2)… « De Chacun a son smartphone, un parent à Unis, le promoteur prévoit de développer quoi enfin répondre aux besoins des Abidjan, Dakar ou Paris, et compare les un projet qui accueillera lui aussi des Conakrykas », s’enthousiasme Michel étiquettes. Donc, s’il y a une grande diflogements de haut et moyen standing, Saadi, le directeur du centre. férence de prix, il achètera ailleurs. Pour Ce dernier a hâte d’être à la fin de l’anqu’un commerce tienne, il faut qu’il vende ainsi qu’une vingtaine de ministères. et, donc, que ses prix soient en rapport née pour voir les enfants et leurs parents avec ce que les consommateurs locaux consommateur averti. À quelques arpenter le Prima Center (l’ouverture sont prêts à payer. » kilomètres au sud-ouest de Plaza étant inenvisageable pendant la période Diamant, dans le quartier Kaporo-Rails, très pluvieuse de juillet-août). « Nous s’achèvent les travaux du premier grand cinQ Étoiles. Autre secteur en plein sommes à 50 % de taux d’occupation, centre commercial du pays : le Prima essor dans la capitale, celui de l’hôtelindique Saadi. L’hypermarché va ouvrir Center Conakry. Un investissement de lerie d’affaires – le tourisme d’agrément sous l’enseigne Citydia, du groupe Dia, plus de 15 millions d’euros réalisé par qui est le troisième plus grand franchirestant minoritaire dans le pays, a fortiori le groupe familial ivoirien Hyjazi. Par sa seur du secteur alimentaire en Europe. depuis le début de l’épidémie d’Ebola. situation en périphérie du centre-ville, Ce distributeur possède déjà 40 superPropriété de l’État, entièrement rénové hors des énormes embouteillages qui par le groupe espagnol Unicon, qui y a marchés et points de vente au Sénégal. paralysent le grand marché de Madina Il veut se développer sur le continent, investi environ 16 millions d’euros et en © Youri Lenquette pour j.a.

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p L’esplanade de la Cité internationale : les plus aisés y achètent un logement, les autres viennent y faire des selfies.

assure la gestion, le Palm Camayenne (exHôtel Camayenne), ouvert en mai 2013, est le premier établissement cinq étoiles du pays. « Il couvre désormais une part importante de la demande des visiteurs dans le créneau de l’hôtellerie haut de gamme, se réjouit Leonardo Vaquero, directeur général de l’établissement. Mais compte tenu de la phase de développement que connaît le pays, une fois la crise sanitaire passée, il est sûr qu’on aura besoin de plus d’hôtels. Heureusement, ils sont en construction ! » Également situé dans la commune de Dixinn, dans le quartier Landréah, l’hôtel Millenium (70 suites) a ouvert début 2014. Et ce sera bientôt le tour du Noom Hotel Conakry (187 chambres et suites), enseigne haut de gamme du

groupe espagnol Mangalis, sur la corniche est, ou du Sheraton Conakry (plus de 280 chambres), autre cinq-étoiles, que l’américain Starwood Hotels & Resorts prévoit d’inaugurer en mars 2016, dans le quartier de Kipé. « Avec ces nouveaux projets, le parc hôtelier de la capitale va augmenter de 300 %, constate Leonardo Vaquero. Mais au lieu de se concentrer sur les établissements de milieu de gamme, on se positionnera clairement sur le marché des quatre-étoiles et cinq-étoiles, avec une augmentation de l’offre et de la qualité des prestations. » Il faudra aussi satisfaire les exigences de cette clientèle de luxe. « Outre des conditions de logement et de restauration haut de gamme, nos visiteurs souhaitent que leur soient aussi proposés des loisirs:

théâtre, concerts, shopping… Des offres dont nous ne disposons malheureusement pas en Guinée, ou très rarement, déplore Leonardo Vaquero. Pourtant, avec le développement des activités économiques, les choses commencent à bouger, comme on le voit avec l’ouverture prochaine du premier centre commercial à Conakry. En attendant, on essaie de compenser le manque de lieux culturels en organisant quelques manifestations en interne. » Comme le grand concert donné par l’artiste guinéen Sékouba Bambino au Palm Camayenne, avec le concours des pouvoirs publics, pour le réveillon du nouvel an… Une exception et l’un des très rares événements organisés à Conakry depuis le début de l’épidémie d’Ebola. ● Diawo BaRRY


CAISSE NATIONALE DE SÉCURITÉ SOCIALE DE GUINÉE

Des services améliorés pour des assurés mieux protégés La Caisse nationale de sécurité sociale de Guinée ne cesse d’améliorer la formation et l’engagement de ses agents, de même que ses outils de travail. Elle a pour cela institué la gestion axée sur les résultats et la prestation de serment. Une façon de parfaire ses relations avec ses assurés et ses partenaires sociaux.

PUBLI-INFORMATION

L

a Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) de Guinée a fêté en février dernier ses 55 ans. Elle administre depuis sa création quatre branches : les pensions, les risques professionnels, les prestations familiales et les maladies, de même qu’elle gère un fonds d’action sanitaire et sociale. Son régime couvre tous les travailleurs soumis au code du travail, les salariés de l’État et des collectivités publiques qui ne relèvent pas du statut général de la fonction publique (les fonctionnaires sont couverts par une régie de l’État), les élèves des écoles professionnelles et des centres de formations, de réadaptation et de rééducation professionnelle, voire d’autres catégories en cas de création de régimes spéciaux. Héritière de 55 années d’acquis, la nouvelle équipe di-

rigeante, menée par M. Malick Sankhon, n’a de cesse de développer son réseau d’agences et d’améliorer ses services depuis son installation en 2011.

MODERNISATION ET ÉTHIQUE > Biométrique et partage de l’information en temps réel La direction générale de la CNSS s’est fixé l’objectif d’assurer à ses usagers un niveau minimum de garantie de revenu et un accès aux soins de santé plus efficace. Elle s’efforce pour cela d’étendre la couverture de la sécurité sociale. Elle a entrepris des réformes, telles que l’enrôlement biométrique des assurés sociaux, mais aussi la mise en place d’un outil

Caisse nationale de sécurité sociale de Guinée • BP : 138, Conakry • +224 30 43 14 19 / 30 41 21 16 • infocnss@cnssguinee.org


www.cnssguinee.org

> Responsabilisation des agents Le 7 mai 2014, la direction de la CNSS a signé un accord de performance avec ses directeurs départementaux. Le nouveau système de gestion, qui comporte quatre phases - planification, engagement, mise en œuvre et évaluation – est axé sur les résultats. Dans la même veine, la nouvelle direction a institué la prestation de serment de ses agents, contrôleursemployeurs et autres contrôleurs de recouvrement, devant les tribunaux. Les agents assermentés doivent ainsi êtres amenés à mieux respecter les règles de déontologie imposées par leurs fonctions en direction des assurés et des partenaires sociaux. > Diversification des revenus et des partenariats La nouvelle direction de la CNSS n’a pas hésité à casser les habitudes et à lancer la construction d’un hôtel, le Rio Nunez, du nom du fleuve qu’il jouxte, dans la ville de Boké, pour diversifier ses revenus. La CNSS souhaite ainsi diversifier ses actions et devenir, en plus d’une caisse de recouvrement des cotisations et de paiements des prestations, une caisse de développement. ■

Un accord Guinée-Maroc Une convention a été signée le 12 décembre dernier, à Casablanca, entre la Guinée et le Maroc. Elle concerne les soins médicaux que dispensent les polycliniques de la CNSS du Maroc aux travailleurs de la CNSS de Guinée, dans le cadre d’évacuations sanitaires vers ce pays. Elle souligne que la prise en charge délivrée par la CNSS de Guinée est valable pour toutes les polycliniques relevant de la CNSS du Maroc. Renouvelable par tacite reconduction, elle est valable pour une durée d’un an. ■

Malick Sankhon,

Directeur général de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale de Guinée

« La sécurité sociale est un droit fondamental » La CNSS a beaucoup changé depuis 2011. Quelle est votre vision de son rôle ? La Sécurité sociale n’est pas seulement un moyen de réduction de la pauvreté et de la vulnérabilité. C’est aussi un droit humain fondamental, une nécessité sociale et économique. Les systèmes nationaux de sécurité sociale permettent d’assurer la sécurité du revenu pour prévenir et réduire la pauvreté et les inégalités. Nous devons expliquer aux assurés sociaux et aux partenaires, en plus du fonctionnement de la CNSS, les différentes mutations opérées par la nouvelle autorité dans le cadre de l’amélioration des conditions de vie des populations guinéennes. C’est dans cette perspective que vous avez institué les contrats de performance ? C’est en partie le cas. Ce programme va permettre aujourd’hui à nos cadres d’atteindre des résultats précis, de mesurer notre travail et de confronter nos acquis. Il va aussi nous permettre de développer une culture de haute performance à tous les niveaux de l’organisation à travers des mécanismes d’incitation. Quid de la nouvelle prestation de serment des agents de la CNSS ? Ceci n’est pas une innovation, ce n’est qu’une application stricte de nos lois. Les contrôleursemployeurs, après avoir suivi une formation et avoir été sélectionnés par un cabinet indépendant, doivent prêter serment afin d’exercer en toute liberté et dans un climat de confiance leurs nouvelles fonctions. Alors sur ce point, je n’ai pas innové, je n’ai fait qu’appliquer la loi. ■

Caisse nationale de sécurité sociale de Guinée • BP : 138, Conakry • +224 30 43 14 19 / 30 41 21 16 • infocnss@cnssguinee.org

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informatique efficace de gestion qui intègre toutes les données de l’Agence comptable et du recouvrement. Celui-ci permet un partage en temps réel de l’information. Le fichier de la CNSS, croisé à celui des fonctionnaires à la fin de l’année 2014, a ainsi permis de détecter 11 000 agents fictifs qui coûtent 26 millions d’euros par an à l’État.


Le Plus de J.A. Guinée

Tribune SanSy Kaba DiaKiTé Directeur de l’Harmattan Guinée, créateur et organisateur des 72 heures du livre

q Dans sa librairie, à Conakry.

Ville à la page

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amara Laye et L’Enfant noir (1953), Djibril Tamsir Niane et Soundiata ou l’épopée mandingue (1960), Williams Sassine et Saint Monsieur Baly (1973), Tierno monénembo, son Roi de Kahel (prix renaudot 2008) et son Terroriste noir (prix ahmadou-Kourouma 2013)… La Guinée est depuis bien longtemps un pays de grande tradition littéraire. L’engagement et la candidature de Conakry, aujourd’hui, pour être Capitale mondiale du livre 2017 de l’Unesco ne sont donc ni un hasard ni une banalité. Cette ville est l’une des rares métropoles africaines à célébrer la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur (chaque 23 avril) et à lui consacrer depuis sept ans un événement spécifique: Les 72 heures du livre. La dernière édition de cette manifestation a réuni, du 23 au 25 avril, près de 300 auteurs et présenté 450 titres – du jamais-vu à Conakry! elle a accueilli 50 000 visiteurs (contre à peine un millier lors de la première édition) venus de toute la Guinée et de nombreux pays étrangers, notamment de Côte d’Ivoire, invité d’honneur cette année. Une mobilisation qui prouve, une fois encore, que ce rendez-vous littéraire s’est installé dans les esprits et les agendas. au-delà même des échanges et rencontres qu’elles permettent entre auteurs et lecteurs, éditeurs et libraires ou journalistes, Les 72 heures du livre constituent désormais un réel moyen, pour tous les professionnels du secteur, de vendre des ouvrages. Certains lecteurs économisent même toute l’année pour y acheter des livres, dont les prix sont généralement cassés pour l’occasion.

Un engouement de la part de nombreux bénévoles, citoyens et, dans une certaine mesure, des pouvoirs publics, qui prouve, une fois encore, que les Guinéens veulent et peuvent se mettre à la lecture. accorder le statut de Capitale mondiale du livre 2017 à Conakry serait donc d’abord une récompense, une reconnaissance de cette implication affichée depuis plusieurs années à remettre le livre au cœur des préoccupations des Guinéens. Plusieurs villes sont candidates, chacune avec ses atouts. À Conakry, nous avons d’abord la volonté, l’ambition et le besoin. et nous sommes convaincus de la qualité du travail

Conakry, Capitale mondiale du livre 2017 ? Ce serait mérité.

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que nous pourrons fournir pendant cette annéelà. Un travail d’équipe, qui mobilisera les écrivains, les bibliothécaires, les libraires, les médias, ainsi que les nombreux partenaires que nous avons fédérés ces dernières années. Depuis la création de cette distinction par l’Unesco en 1996, Conakry serait la troisième ville africaine à remporter ce titre, après alexandrie (Égypte), en 2002, et Port-Harcourt (Nigeria), en 2014. Certes, le développement du livre reste confronté à de nombreux défis dans notre pays. Il n’y a, par exemple, pas encore de véritable politique nationale autour de la question. en l’absence d’imprimerie de qualité, nous sommes contraints, encore aujourd’hui, de faire imprimer nos ouvrages à l’étranger. Nous manquons aussi de centres de lecture, de bibliothèques, de médiathèques, etc. Si Conakry était élue Capitale du livre 2017, ce serait une formidable occasion, pour le gouvernement notamment, d’investir, de construire les infrastructures dont le pays à besoin, afin d’accueillir dignement les différents événements et leurs invités. Des infrastructures qui, évidemment, profiteront d’abord aux jeunes Guinéens et, donc, au développement futur de notre pays. Ce serait aussi une formidable occasion de nous rassembler autour d’un projet commun, qu’importe notre ethnie ou notre parti politique, et de faire rayonner Conakry sur le continent, voire au-delà. ● jeune afrique


Le Plus de J.A. Guinée

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Médias

De grandes gueules sans langue de bois Des chroniqueurs impertinents, des auditeurs ayant leur franc-parler et des invités qui se bousculent pour être malmenés… Depuis sept ans, le talk-show matinal d’espace FM commente l’actualité. Au vitriol. Coca-Cola, je ne sais pas si la générosité est toujours d’actualité ici », plaisante le député, qui semble familier de ce brouhaha permanent. Alors que les chroniqueurs les interviewent énergiquement, l’un des invités répondant un peu longuement se fait fraîchement couper la parole : « Vous n’êtes pas là pour jouer au robinet, ni nous au seau percé ! » Lamine Guirassy s’en expliquera plus tard : « Ce sont des élus du peuple et ils doivent parler au La galaxie peuple, lui dire la vérité. S’ils Hadafo Médias ne font que tourner autour du pot, ils nous font perdre notre Lancée en 2007, Espace FM fait partie du groupe temps, sachant que la durée Hadafo Médias, créé en de l’émission est limitée. »

© Youri Lenquette pour J.A.

2009 par Lamine Guirassy. Il comprend aussi Sweet FM (radio pour les jeunes), ainsi qu’Espace TV (diffusée dans 44 pays africains), et emploie une centaine de personnes.

p Lamine Guirassy, animateur de l’émission Les Grandes Gueules, en avril.

R

arement la popularité d’une émission de radio aura fait ainsi l’unanimité. Ministres, députés, simples militants politiques ou associatifs, hommes et femmes d’affaires, employés, chauffeurs de taxi, étudiants… À Conakry, tout le monde est d’accord : Les Grandes Gueules, dites les GG, sont le programme le plus écouté du pays. Diffusées du lundi au vendredi de 9 heures à 10 h 30 (jusqu’à 11 heures le jeudi) sur Espace FM, ces GG sont depuis sept ans indissociables du quotidien des Guinéens. Vie des institutions, crise politique, voyages du chef de l’État ou épidémie d’Ebola, tous les sujets d’actualité y sont décryptés. Un talk-show classique inspiré des émissions de radio françaises ou canadiennes du même nom, pourraiton penser de prime abord… À un détail près : l’extrême liberté de ton. Car dire que l’animateur, Lamine Guirassy (un n o 2838 • du 31 mai au 6 juin 2015

journaliste de 35 ans, qui est aussi le fondateur et le patron d’Espace FM), et ses cinq chroniqueurs réguliers (Moussa Yéro Bah, Ahmed Camara, Aboubacar Diallo, Mohamed Djibril Camara et Moussa Moïse Sylla) ont leur franc-parler serait un doux euphémisme. Ce jour-là, dans son studio d’enregistrement de Matoto (commune populaire de Conakry), l’équipe reçoit un cadre de la mouvance présidentielle et un député de l’opposition. La veille, cette dernière est encore sortie dans les rues et, pour les GG, c’est l’heure du débriefing. Les uns dénoncent « le business de la crise », d’autres disent le pouvoir « acculé ». « Ce gouvernement joue avec le feu ! Il faut arrêter un peu. C’est pour cela que l’on n’avance pas dans ce pays! » attise Guirassy. Le débat s’enflamme et ne s’arrête jamais, même pendant les pauses. Rapidement, les invités entrent en piste. « J’ai apporté mon propre

textos. Pourtant, les poli-

tiques de tous bords en redemandent. « C’est devenu un passage obligé pour se faire entendre. Il n’y a pas d’alternative si l’on veut faire passer un message au plus grand nombre. Mais pour y aller, mieux vaut avoir un peu de répondant », reconnaît un ministre. Au grand dam de certains journalistes guinéens, qui, discrètement, critiquent « le manque de professionnalisme » de certaines interviews. « Ce n’est pas du journalisme, affirme un patron de presse. Les invités n’ont pas le temps de s’exprimer, les informations ne sont pas recoupées ou ne sont données dans leur intégralité qu’en plusieurs émissions. Ce n’est pas très sérieux… Mais c’est très écouté ! » Après la célèbre minute « oui ou non », au cours de laquelle les interviewés n’ont d’autre choix pour répondre à une rafale de questions, vient la lecture de textos d’auditeurs, reçus parfois directement sur le portable de l’animateur et filtrés a minima (« M. le député est un tocard », « Dites aux invités de s’écouter ! »…). Puis, pour clore l’émission, le bilan de la matinée est livré en direct. « C’était un débat de caniveau! » lance Guirassy. « Organisé par nous-mêmes ! » réplique l’un des chroniqueurs. Fou rire général. ● Haby Niakaté jeune afrique


PUBLI-INFORMATION

Banque Centrale de la République de Guinée née

Résultats des réformes monétaires et de change de 2011 et état d’avancement du projet des systèmes des paiements.

Les défis sont-ils relevés ?

À cet effet, le cœfficient des réserves obligatoires et le taux directeur sont relevés, le marché interbancaire de devises est mis en place et les réserves de change sont reconstituées pour passer à plus de trois mois de réserves en mois d’importations. Un document de politique d’investissements est élaboré et adopté. Ces réformes ont permis, entre autres, de ramener le rythme de croissance de la masse monétaire à un niveau compatible avec l’objectif d’inflation et de croissance économique. L’inflation en glissement annuel passe de 20,8 % en décembre 2010 à 9 % en décembre 2014, puis à 8,5 % en mars 2015.

Évolution de l’inflation DÉCEMBRE 2010 - DÉCEMBRE 2014

Le taux de change se stabilise au tour de GNF 7000 pour 1 dollar US et de GNF 8450 pour 1 Euro à fin 2014. La prime de change du marché parallèle s’établie à 1,5 % pour le dollar américain et 0,9 % pour l’Euro contre 17,2 % et 14,5 % respectivement à fin 2010. Sur les quatre dernières années, les crédits à l’économie sont multipliés par environ 2,7 et l’État se désengage auprès de la Banque Centrale à hauteur de 20 %. Dans le cadre du projet de développement des systèmes de paiement des pays membres de la ZMAO, la BCRG a procédé depuis le 3 mars 2014, au démarrage de son système interbancaire de télé compensation dit « ACP/ACH » destiné à remplacer le système de compensation manuelle des chèques et valeurs. Cette innovation avait pour objectifs d’autoriser et de faciliter les échanges automatisés en continu, de garantir la sécurité du fonctionnement du système, de réduire le délai d’acheminement des opérations et de permettre aux banques de garantir un délai maximum de règlement de J+1 au lieu de J+3 auparavant et de réduire à terme le coût des échanges interbancaires. Depuis son lancement, ce système traite en moyenne 1 200 opérations par jour pour un total de transactions de GNF 110 milliards. Dans un proche avenir, la BCRG entend finaliser la deuxième composante du projet dite de « Règlement Brut en Temps Réel (RBTR) » et mettre en œuvre un Switch national pouvant recevoir les paiements du commerce de détail par des canaux multiples qui nécessitent des opérations de transfert transfrontaliers. Ce projet structurant dont la mise en œuvre est rendue possible grâce aux concours financiers des partenaires au développement (BAD et banque Mondiale), devrait permettre de doter l’économie guinéenne d’infrastructures de marché financier robustes à même de garantir la résilience du secteur financier aux chocs et renforcer sa stabilité.

Banque Centrale de la République de Guinée 12, boulevard du Commerce - Commune de Kaloum BP : N°692 - Conakry, Guinée - Tél.: (+224) 664 77 77 77 secretariat.gouv@bcrg-guinee.org - www.bcrg-guinee.org

à

Louncény NABE

Gouverneur de la BCRG.

DIFCOM/DF - PHOTO : DR

A

près les dérapages économiques des années de la transition (2009-2010), la BCRG actionne avec rigueur dès le premier trimestre de 2011, tous les instruments de politique monétaire et de change à sa disposition, pour stopper le rythme de croissance de la masse monétaire et reconstituer les réserves de change. À cela s’ajoute un vaste programme de modernisation du système des paiements pour faciliter et sécuriser les transactions bancaires.


PUBLI-INFORMATION

SOGEAC

AÉROPORT DE CONAKRY

L’AÉROPORT INTERNATIONAL DE CONAKRY ET GESTION DE LA CRISE SANITAIRE DANS LA SOUS REGION

Ces dernières années, dans le cadre de la politique d’ouverture du Président de la République, le Professeur Alpha Condé et son Gouvernement, ont engagé des programmes de rénovation, portant notamment sur l’augmentation de la capacité de l’aérogare internationale de 600 000 à 1 100 000 passagers.

À

ce jour les nouvelles installations et équipements réalisés par la SOGEAC (Société de Gestion et d’Exploitation de l’Aéroport de Conakry) ont permis aux compagnies aériennes de développer leurs trafics sur Conakry.

L’année 2014 a été marquée par l’apparition dès le mois de mars de la fièvre hémorragique à virus Ebola, alors que le trafic passagers était en pleine croissance (+6,5% au 31/03/2014), l’annonce de l’arrivée prochaine de nouvelles compagnies aériennes (dont Turkish Airlines) et la fin des travaux de rénovation de l’aérogare internationale. C’est dans ce contexte que les frontières terrestres et aériennes ont été fermées par certains pays voisins ainsi que la suppression des visas pour le Hadj 2014, ce qui a entrainé une chute significative du trafic (-17%).

JMCREATION /FOTOLIA

Pour gérer la crise sanitaire les dispositions avaient été prises en amont dès le 09/04/2014, en concertation avec le Ministère de la Santé, la Direction Nationale de l’Aviation Civile, l’OMS, Médecins Sans Frontières (MSF), EPRUS France, CDC Atlanta, les Compagnies Aériennes et la SOGEAC, par la mise en place d’un dispositif de contrôle sanitaire à l’aéroport de Conakry afin d’empêcher le départ d’un passager dit « au contact ».

SOGEAC AÉROPORT DE CONAKRY

Néanmoins, les récents travaux de modernisation de l’aéroport de Conakry ont été réalisés et portent principalement sur l’amélioration du confort des passagers dans l’ensemble des zones « arrivée » et « départ », ainsi que l’aménagement d’une zone d’attente et de rencontre (passagers et public accompagnant et attendant, au niveau du parking voitures). Au-delà de ces travaux, pour encourager et soutenir la desserte de l’aéroport de Conakry, la SOGEAC s’engage à continuer le développement de l’aéroport à court et moyen terme : • En développant de nouveaux commerces et espaces conviviaux ; • En encourageant la desserte de la Guinée avec pour objectif de devenir un hub régional à moyen terme. Nous voulons exprimer notre reconnaissance et nos remerciements à Monsieur le Président de la République, le Professeur Alpha Condé et son Gouvernement, pour leur soutien durant la crise que traverse la Guinée. Nous exprimons aussi notre reconnaissance à Air France, Brussels Airlines, Royal Air Maroc et DHL pour le maintien de leur desserte durant cette période difficile.

SOCIÉTÉ DE GESTION ET D’EXPLOITATION DE L’AÉROPORT DE CONAKRY BP 3126 – Conakry, République de Guinée Tél. : (+224) 656 99 90 10 - E-mail : contact@sogeac-conakry.com www.aeroportdeconakry.com

En partenariat avec :

DIFCOM/DF - PHOTOS : DR SAUF MENTION.

MODERNISATION DE


Le Plus de J.A. Guinée

© DR

99

© DR

© YOURI LENQUETTE

p Kerfalla Person Camara, patron du Hafia FC (à g.) ; Antonio Souaré, de l’Horoya AC (ci-dessus) et Aboubacar Sampil, de l’AS Kaloum (ci-dessous).

Football

les barons du ballon Trois hommes d’affaires ont décidé d’investir une partie de leur argent et de leur temps dans trois grands clubs de Conakry. Vaine compétition ou saine émulation ?

D

e l’argent, des ambitions et du temps : ce sont les trois incontournables pour durer dans le milieu du football, où l’on a coutume de dire que, « pour devenir millionnaire, il faut arriver milliardaire ». Ce sport, qui fait tourner les têtes au point d’en ruiner certains, continue d’attirer des investisseurs, prêts à prendre tous les risques pour assouvir leur passion et, accessoirement, assurer leur notoriété. En Guinée, trois hommes se livrent une compétition acharnée, qui sert aussi les intérêts du football local. « Quand trois des plus grosses fortunes du pays décident d’acheter des clubs, cela rejaillit sur l’ensemble du foot guinéen et crée une émulation intéressante. Mais il faudra juger sur la durée », résume Michel Dussuyer, sélectionneur de l’équipe nationale entre 2010 et février 2015 jeune afrique

et témoin privilégié de cette petite révolution. Antonio Souaré, le PDG de Guinée Games, a ouvert le bal en 2011 en s’offrant l’Horoya AC, l’un des plus grands clubs du pays. Son initiative a donné des idées à Aboubacar Sampil, le patron de Nimba Holding (qui regroupe une dizaine de sociétés), devenu propriétaire de l’AS

voir le triple champion d’Afrique des clubs (1972, 1975, 1977), formation la plus titrée du pays (15 titres nationaux, dont le dernier en 1985), végéter dans les eaux troubles du classement. salaires attrayants. « Tous trois

veulent d’abord dominer le football guinéen, puis rayonner en Afrique. Sampil a même l’ambition de voir l’AS Kaloum develeur rêve : dominer le foot nir, à moyen terme, le club guinéen, puis briller en afrique. numéro un du continent », explique Pascal Janin, qui leur modèle : le tP Mazembe. a entraîné ce club d’août à Kaloum. Puis ce fut au tour de Kerfalla décembre 2014. « Pour eux, le modèle Person Camara (alias KPC), le dirigeant à suivre est celui du TP Mazembe [de de la Guinéenne de construction et de Lubumbashi, en RD Congo, présidé prestation (GuiCoPres), de se laisser par l’homme d’affaires Moïse Katumbi tenter par l’aventure. Début 2013, il a Chapwe], poursuit l’entraîneur franracheté le mythique Hafia FC, lassé de çais. Les trois présidents proposent ● ● ● n o 2838 • du 31 mai au 6 juin 2015


Le Plus de J.A. Guinée questions à Luis fernandez Sélectionneur de l’équipe nationale de football

« L’afrique m’a toujours intéressé »

L

e Sily national a son nouveau sélectionneur. Fin avril, luis Fernandez, ancien international français, s’est en effet engagé pour deux ans avec l’équipe de Guinée. il succède à son compatriote Michel Dussuyer, qui a démissionné en février. luis Fernandez, 55 ans, s’était illustré dans l’équipe de France des années 1980, avec 60 sélections entre 1982 et 1992. l’ex-joueur du PSG a ensuite entamé une carrière d’entraîneur qui l’a mené en France, en espagne, au Qatar et en israël (2010-2011), son dernier poste en tant que sélectionneur. Homme de médias, il anime depuis 2003 une émission sur la radio RMC (Luis Attaque) et, depuis 2013, est consultant sur Bein Sports. jeune afrique : Votre nomination, que l’on tenait pour quasi certaine en mars, n’a été officialisée que fin avril. Pourquoi ? Luis fernandez : on est venu me

chercher, il me fallait donc réfléchir. J’ai toujours fait cela avant de m’engager dans une nouvelle aventure. il fallait prendre le temps de bien évaluer la situation. Je me suis rendu à Conakry, j’ai rencontré à plusieurs reprises Salifou Camara, le président de la Fédération nationale… et puis l’on devait s’entendre sur les objectifs et les conditions de travail, le choix de mes adjoints [Kaba Diawara, l’ancien international guinéen, et amara Simba, ancien international français d’origine guinéenne]. qu’est-ce qui vous a convaincu ?

Je n’avais jamais entraîné en afrique, un continent qui m’a toujours intéressé. la Guinée fait partie des bonnes sélections, et je pense même qu’elle a le potentiel pour figurer parmi les meilleures. C’est ce qui m’a motivé. J’avais envie de retrouver le terrain. Je suis un passionné, c’est aussi ce qui me guide. J’aurais pu gagner beaucoup plus d’argent ailleurs. J’avais reçu n o 2838 • du 31 mai au 6 juin 2015

Laurent Guerin/e Press Photo

100

● ● ● des salaires attrayants et ont fait revenir des internationaux guinéens qui évoluaient à l’étranger pour dynamiser le championnat. Cela prendra du temps, mais ces trois présidents ont la même volonté de professionnaliser les clubs à tous les niveaux, notamment leurs structures sportives et administratives. Pour le moment, Horoya est en avance, mais Kaloum et Hafia progressent. » Début novembre 2014, Aboubacar Sampil a ainsi revendu son club à Bouba Sampil Management (BSM), l’une de ses entreprises, pour lui permettre de se professionnaliser en passant du statut de club associatif à celui de société commerciale.

enGoueMent. Si certains fins

non, nous en avons discuté avec le président Camara. Quand j’étais en israël, j’animais mon émission sur RMC. C’est juste une question d’organisation. il est vrai qu’en France j’ai désormais surtout l’image d’un homme de médias, mais je suis toujours autant passionné par le terrain, et mes activités pour RMC et Bein Sports ne seront pas un obstacle à ma mission en Guinée. ●

connaisseurs du contexte local émettent quelques réserves, cette triple initiative est globalement bien accueillie en Guinée. « Sur la forme, c’est positif. Le niveau du championnat s’améliore, cela crée un engouement du public et on peut espérer qu’à court terme des équipes guinéennes rejoueront un rôle au sein des compétitions entre clubs sur le continent », souligne Morlaye Soumah, l’ancien capitaine du Sily National, qui se réjouit de voir que les joueurs de ces trois clubs ont aussi vu leur niveau de vie s’améliorer. Mais pour cet ancien défenseur guinéen, qui a fait l’essentiel de sa carrière à Bastia (1991-1993 et 19942004), « Souaré, Sampil et Camara, très occupés, ne s’entourent pas toujours de personnes compétentes. Certes, ils achètent des joueurs et les rémunèrent bien. Il n’empêche : on se retrouve avec des effectifs pléthoriques et, surtout, les équipes ne s’entraînent pas dans de bonnes conditions ». Même s’il existe des projets, à Horoya et à Kaloum, pour que les clubs disposent de leur propre centre d’entraînement, les équipes de Conakry doivent en effet se partager le terrain du stade national du 28-Septembre. « Enfin, si trois clubs bénéficient désormais de moyens importants, les autres sont quasi démunis. La Fédération ne les aide pas, et un écart très important se creuse », regrette Soumah. ●

Propos recueillis par a. BiLLeBauLt

aLexis BiLLeBauLt

pLe Français succède à son compatriote Michel Dussuyer.

une intéressante proposition du Kazakhstan, entre autres. Vous ne résiderez pas en Guinée. Comment allez-vous vous organiser?

Je serai régulièrement à Conakry. Sur place, j’aurai quelqu’un en permanence pour suivre le championnat, où trois clubs [aS Kaloum, Horoya et Hafia FC] font de gros efforts d’investissement. Presque tous les internationaux évoluent en europe, sans parler de ceux qui pourraient porter le maillot de la Guinée et que nous commençons à repérer. nous avons des objectifs à atteindre : la qualification pour la Can 2017 et pour la Coupe du monde 2018. Vous conservez vos activités médiatiques à rMC et Bein sports. Cela ne risque-t-il pas de poser des problèmes ?

jeune afrique


PUBLI-INFORMATION

La plus grande et la plus ancienne université privée de Guinée

UKAG

L’ambition de l’excellence et de la modernité ■ Un établissement ayant la triple ambition : • de proposer des formations aussi bien générales que professionnelles ; • de moderniser ses méthodes d’enseignement et sa gestion (NTIC) ; • de contribuer au développement du pays. ■ La seule université privée véritablement pluridisciplinaire de Guinée, offrant une large palette de formations : >>> Cinq Facultés : • Lettres et Sciences humaines (Anglais, Arabe, Français, Journalisme/Communication, Sociologie) ; • Sciences (Sciences informatiques, Techniciens de laboratoire) ; • Sciences économiques et de gestion ; • Sciences juridiques et politiques ; • Sciences médicales et paramédicales (Médecine, Pharmacie, Infirmiers d’Etat, Sagesfemmes) ;

>>> Une Ecole polytechnique formant en cinq ans des ingénieurs de conception (Génie civil, Génie électrique, Génie minéral et Télécommunications) ; >>> Un Institut professionnel préparant à des licences professionnelles et à des BTS du secteur tertiaire ; >>> Un Service des Etudes avancées proposant des mastères de : Droit et Gestion des Collectivités territoriales ; Comptabilité, Contrôle, Audit ; Gestion des Entreprises et des Organisations ; Méthodes informatiques appliquées à la gestion des entreprises ; Science politique. ■ Une université ouverte aux cultures du monde, offrant au sein de sa Maison des langues, en partenariat avec des instituts officiels étrangers, des enseignements

Dr Ousmane KABA Président-Fondateur Docteur d’État ès Sciences économiques, Université de Paris I (Panthéon-Sorbonne), Diplômé de l’Université de Harvard (Boston).

d’allemand (Institut Goethe), chinois (Institut Confucius), espagnol (Institut Cervantès), français (Institut français)… ■ Un établissement inséré dans le milieu économique et social guinéen et ayant noué des relations de coopération interuniversitaire au niveau national, régional (université Cheikh Anta Diop de Dakar…) et international (université de Coimbra, Portugal…). ■ Une université en forte expansion, soucieuse de répondre aux attentes de ses étudiants : • en améliorant la qualité de la formation ; • en développant ses capacités d’accueil, tant physiques (constructions, bibliothèque « papier ») que « virtuelles » (services numériques aux usagers : site institutionnel avec bibliothèque et cours en ligne, équipements informatiques à la disposition des étudiants, Intranet, bibliothèque virtuelle…).

Pr Daniel GOUADAIN Recteur HEC (Paris), Docteur ès Sciences de gestion, Agrégé des Facultés de Droit et des Sciences économiques et de gestion.

Le mot du Président-Fondateur, Bâtiment principal

Dr Ousmane KABA

« Mon objectif est de m’assurer que les Jeunes que nous formons seront prêts à affronter la révolution technologique du 21e siècle en s’appuyant sur des connaissances universelles solides tout en gardant leurs racines culturelles. » « En conjuguant Africanité et Modernité, l’Université participe efficacement au développement et au renouvellement qualitatif de la société dont elle est l’émanation. Cette quête n’est réalisable que si les acteurs et les partenaires du système éducatif croient en la vertu de l’honnêteté et de l’effort intellectuel, en toute occasion. »

Salle Malick Condé

Université Kofi ANNAN de Guinée, BP 1367 Kipé - Conakry - République de Guinée Tél. : (224) 664 45 58 54 ou (224) 664 87 23 88 - Site : http///univ-kag.education


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Ja 2838 du 31 mai au 060615 plus guinee conakry by Régie Difcom - Issuu