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L E M A G A Z I N E D U W E E K - E N D D E L’ E C H O

SABATO

EUR OPEAN MAGA ZI NE OF TH E YEAR

The 100 DESIGN

SABATO The 100 D ES I G N THE 100 PEOPLE, PLACES AND PRODUCTS

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DESIGN AWARDS 2025

25 10 25

LE MAGAZINE DU WEEK-END DE

L’ECHO


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E CRÉDIT: PROFIRS T INTL .

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THE 100 DESIGN

La nature des délibérations du jury des «Sabato Design Awards» demeurera confidentielle. Néanmoins, je me permettrai de lever une partie du voile. J’anticipais, je l’avoue, que la plus prestigieuse des distinctions –le «Sabato Lifetime Achievement Award»– générerait assurément des échanges passionnés. Il n’en fut rien, puisqu’un seul nom fut prononcé et unanimement acclamé. Un membre du jury m’a confié a posteriori: «Ma liste de candidats était posée devant moi, mes arguments prêts. Puis, quelqu’un a mentionné Claire Bataille. Évidemment, Claire Bataille! J’ai plié ma feuille et l’ai rangée, avec la plus grande discrétion. Un peu irritée contre moi-même de ne pas y avoir songé immédiatement.» Avec son regretté compagnon, Paul Ibens, Claire Bataille a joué un rôle essentiel dans l’établissement de la profession d’architecte d’intérieur en Belgique. Ensemble, ils ont imposé une nouvelle approche de l’architecture intérieure. Un minimalisme –terme qu’elle abhorre– d’une clarté absolue: sobre en décoration, mais riche en matériaux nobles. Il se trouve d’ailleurs que le tout premier ouvrage consacré au design que j’ai acquis, il y a de cela bien des années, était d’elle. Il trône toujours dans ma bibliothèque, légèrement gondolé et froissé, témoignage d’une époque où l’on recourait encore aux photocopies pour partager une image ou composer un «moodboard» d’intérieur. La table sur laquelle j’écris cet édito est également l’une de ses créations: la célèbre «H2O», désormais incontour-

DI TO 25.10.25

nable. Mon plus grand regret en matière de non-acquisition? La table-banquette «Bench» qu’elle a conçue. D’une telle beauté, d’une telle pureté, d’une telle justesse. Parfaite, tant pour l’intérieur que pour l’extérieur. Toutefois quelque peu inadaptée aux longues soirées d’été. Et, selon ma mère, elle était un peu trop onéreuse pour être laissée aux éléments. «The 100 Design» est né des nominations soumises par le jury, parmi lesquelles furent ensuite sélectionnés les lauréats des «Sabato Design Awards 2025». Cette première édition est d’emblée couronnée de succès. La salle était comble lors de la cérémonie de remise des prix, et nous avons enregistré près de 3.000 votes pour le prix du public. Oui, le design est bel et bien vivant. Mais on ne peut s’empêcher de penser que les designers ne bénéficient pas de l’attention qu’ils méritent. La meilleure preuve en est, encore une fois: Claire Bataille. Son nom est apparu fréquemment dans «Sabato». La première fois –il y a treize ans– au sein du même paragraphe que l’artiste Luc Tuymans et le duo de créateurs de mode A.F. Vandevorst. Mais un entretien approfondi sur sa vie et son œuvre? Il n’y en a jamais eu. Ce numéro corrige cette omission grâce à une interview que j’ai lue avec des sentiments partagés: à la fois émue par l’énergie et la sagesse de cette grande dame, mais aussi un peu irritée contre moi-même. Sabato aurait dû lui rendre hommage bien plus tôt.

Gerda Ackaert, Creative Director


JU 12

THE 100 DESIGN

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YOKO CHOY est rédactrice en chef pour la Chine du magazine de design Wallpaper* et cofondatrice de «Collective Contemporist», une agence de conseil créatif implantée à Pékin, Hong Kong et Amsterdam. En tant qu’autrice et curatrice, elle jette également avec aisance des ponts entre les mondes de la culture et du design de l’Orient et de l’Occident. Graphiste de formation, elle voue une admiration particulière à Otl Aicher, qu’elle considère comme l’un des plus grands graphistes de l’histoire. 01.

DIMITRI JEURISSEN s’est fait un nom en tant que directeur artistique pour des marques telles que Loewe et Delvaux. Il est cofondateur de l’agence de communication et de branding Base Design, implantée à Bruxelles, New York, Genève et Melbourne. Celle-ci a signé des campagnes pour le musée Dior à Paris, le Meatpacking District et le New York Times Food Festival à Manhattan, le Kanal -Centre Pompidou à Bruxelles ainsi que le club de football d’Anderlecht. Pour lui, un design réussi n’est pas purement décoratif: il doit aussi être fonctionnel. «Je dois pouvoir vivre avec, m’y asseoir, m’y allonger et y créer des souvenirs.»

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03. KATRIEN LAPORTE est directrice du Design Museum Gent depuis 2013. Dans sa ville, elle promeut avec enthousiasme l’impact que peut avoir le design, notamment en tant que fondatrice de la biennale Design Fest Gent et en initiant le lancement du Vlaams Expertisecentrum Design. Son musée rouvrira l’an prochain au terme d’une vaste rénovation qui permettra d’agrandir l’espace muséal. Avec toujours, une bonne dose d’humour en guise de contrepoids face à tous ceux -et tout ce- qu’on prend aujourd’hui trop au sérieux. Elle observe néanmoins que la jeune génération de designers renoue avec une certaine légèreté.

ROBBE et NIK VANDEWYNGAERDE sont -avec Oskar Eryatmaz- les fondateurs d’Objects With Narratives: une galerie de design contemporain située sur la place du Sablon à Bruxelles. Robbe a étudié l’architecture à l’Accademia di Architettura di Mendrisio en Suisse. Nik, ingénieur civil de formation, a achevé sa formation en architecture à Louvain au Politecnico di Milano. Leurs voyages nourrissent en permanence leur regard sur le design mais leur fascination pour l’artisanat reste une constante. «En Asie, on consacre parfois vingt ans à maîtriser un savoir-faire avant de se lancer dans une première collection, ce qui explique la grande qualité et le raffinement du design là-bas.»

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SA BATO

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KATE STOCKMAN est «business & brand strategist» ainsi que coach en innovation. À travers de Future Business Studio Kate Stockman, elle accompagne des marques (inter)nationales dans l’identification de leurs angles morts et les guide vers une croissance durable. Depuis 2012, elle est professeure invitée en «trend implemention» à l’Erasmushogeschool Brussel où elle a également cofondé la formation de bachelier en «idea & innovation management». Elle a un faible pour le design excentrique et n’hésite pas à retrousser ses manches pour repeindre elle-même sa «Table Blanche» signée Ann Demeulemeester lorsque le temps, les taches de café et les griffonnages lui ont donné un peu trop de patine.

05.

06. MAX FRASER est directeur éditorial de Dezeen, un influent magazine en ligne consacré au design et à l’architecture. Il est également très sollicité en tant qu’auteur et commissaire d’exposition. Son travail de curation pour le London Design Festival (2012-2015) a contribué à donner à l’événement une portée internationale. Son talisman -en matière de design- est son ours en peluche «Boo Boo» qu’il emmène partout avec lui. Il préfère les designs forts qui mettent de bonne humeur, qui embellissent avec le temps et qui racontent une histoire qui survivra à leur propriétaire.

SIEGRID DEMYTTENAERE est surtout connue en tant qu’éditrice de Damn°, un magazine indépendant consacré à l’art, à l’architecture et au design. Elle enseigne également au Kask-School of Arts et au Conservatoire de Gand, et assure le commissariat de plusieurs expositions de design. Elle affectionne un design aux usages multiples, des objets teintés d’un léger surréalisme, sans résister au charme cool des années 1980. 07.

GERDA ACKAERT est la fondatrice de Sabato et son actuelle «Creative Director» de Sabato. Elle donne aujourd’hui une nouvelle dimension au magazine avec les premiers Sabato Design Awards. Elle souscrit à la philosophie du designer Bijoy Jain de Studio Mumbai: «making as thinking». Reste que son tabouret DIY «Bamboo Study I» attend toujours d’être assemblé et ce... depuis quatre ans. Après les Sabato Design Awards, il sera grand temps d’enfin s’y mettre.

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PALMA RES 2025 14

THE 100 DESIGN

De l’étoile montante à l’icône vivante, voici six figures qui incarnent la puissance du design. Découvrez les grands gagnants des «Sabato Design Awards 2025».

25.10.25


LA GAGNANTE

L I FETIME AC HIEVEMENT C L A I R E B ATA I L L E LE S MOTS DU JURY

CRÉDIT: PROFIRS T INTL .

«UNE PIONNIÈRE QUI A INTRODUIT UNE NOUVELLE APPROCHE DE L’ARCHITECTURE D’INTÉRIEUR EN BELGIQUE. GRÂCE À SA VISION INTEMPORELLE ET SON EMPREINTE DURABLE, ELLE A VÉRITABLEMENT MARQUÉ LE DESIGN D’INTÉRIEUR BELGE. CINQUANTE ANS D’INFLUENCE SANS DISCONTINUER.»


LE GAGNANT

BEST I NTERNATIONAL PR ODUCT AT E L I E R K A N A L X O P E N S T R U C T U R E S P O U R S Y S T E M K A N A L LES MOT S D U JURY

C I - C ON TRE CH RIS TIA NE H Ö G N E R, L’ES PRIT C R É AT IF D ERRIÈRE « O PE N S TRU CTU RES », E T L E S TAL ENTU EU S ES A R C H IT E CTES A N FONTEYNE E T F R A N CES CA M A RTEL LONO D E « N OA A RCH ITECTEN».

CRÉDIT: PRO FIRST INTL .

«LES MEUBLES DU «SYSTEM KANAL» SONT ADAPTABLES, RÉUTILISABLES ET ÉPOUSENT PARFAITEMENT LES PRINCIPES DE L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE. ICI, LA DURABILITÉ N’EST PAS UN CONCEPT CREUX . UN EXEMPLE VISIONNAIRE ET INSPIRANT, AUSSI BIEN POUR LES DESIGNERS QUE POUR LES INSTITUTIONS.»


LE GAGNANT

LE S MOTS DU J U RY

«AVEC DES MOYENS SIMPLES, IL PARVIENT À CRÉER UN EFFET PERSISTANT. IL PROUVE QUE L’ARCHITECTURE PUBLIQUE PEUT ÊTRE À LA FOIS INTEMPORELLE ET RÉSOLUMENT CONTEMPORAINE. SA MANIÈRE ATYPIQUE ET HOLISTIQUE DE TRAVAILLER DONNE NAISSANCE À UNE ARCHITECTURE PROFONDE ET ANCRÉE DANS SON CONTEXTE.»

BEST I NTER NATIONAL PUBLIC PLACE

CRÉDIT: PROFIRS T INTL .

S T U D I O A N N E H O LT R O P P O U R S I Y A D I P E A R L M U S E U M


LA GAGNANTE

BEST BELGIAN PR IVATE PLAC E É L I S E VA N T H U Y N E P O U R W H E R E WAT E R U N W I N D S

L E S M OT S DU JURY

CRÉDIT: PRO FIRST INTL .

«ELLE PRÊTE UNE OREILLE AT TENTIVE À L’ÂME DE CHAQUE DEMEURE, INSUFFLANT UNE NOUVELLE VIE AUX BÂTIMENTS ANCIENS AVEC UNE RESPECTUEUSE DÉLICATESSE. LÀ OÙ LA FORCE RENCONTRE L’É LÉGANCE, ELLE OPÈRE UNE MÉTAMORPHOSE. SON APPROCHE DE L’ARCHITECTURE D’INTÉRIEUR EST UNE DANSE INTIMISTE ET POÉTIQUE, UN VÉRITABLE ART DE LA TRANSFORMATION.»


LE GAGNANT

B E S T BELGI AN YOUNG TALENT / JURY AWA R D ARNAUD EUBELEN

LES MOT S D U JURY

CRÉDIT: PRO FIRST INTL .

«UN REGARD POÉTIQUE PORTÉ SUR LE DESIGN. SA VISION DE L’UPCYCLING MÊLE AUTHENTICITÉ BRUTE ET PRÉCISION ÉPURÉE, DANS DE PETITS OBJETS COMME DANS D’IMPRESSIONNANTES INSTALLATIONS. UNE FORCE TRANQUILLE AU STYLE UNIQUE ET UNE MATURITÉ CRÉATIVE DES PLUS PROMET TEUSES.»


LE GAGNANT

BES T B ELGI AN YO UNG TALENT / PUBLIC AWA R D VICTOR VERHELST

L ES MOT S D U JURY

CRÉDIT: PRO FIRST INTL .

«UN ALCHIMISTE DANS LE MONDE NUMÉRIQUE. SES COULEURS AUDACIEUSES, SA VISION FUTURISTE ET SA CAPACITÉ À MÊLER LE MONDE PHYSIQUE ET LE MONDE VIRTUEL FONT DE LUI UN PIONNIER DOTÉ D’UN RÉEL POTENTIEL INTERNATIONAL .»


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Les designers les plus inspirants de l’année, ce sont ces créateurs audacieux qui bousculent les codes et réinventent les normes. Du jeu avec des matériaux de récupération à l’artisanat élevé au rang d’art, sans oublier une grande dame qui reçoit enfin la reconnaissance qu’elle mérite. Reportage: Els De Pauw et Natalie Helsen


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BELGIAN YOUNG TALENT


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ALICE PANDOLFO

CRÉDIT: HAROLD LEC HIE N.

BONHEUR RÉUTILISABLE

Elle réalise des assemblages à partir de matériaux de récupération. Une illustration de la surconsommation dans le secteur du bâtiment. «En réalité, j’ai du mal à me qualifier de designer», avoue Alice Pandolfo. «Je me situe à mi-chemin entre artiste plasticienne, artisane et conceptrice.» Elle a commencé à explorer des objets provenant de la sphère domestique car elle considère le design reproductible comme une forme de consommation absurde. «En tant qu’éternelle optimiste, je rêve de remédier à notre surconsommation débridée.» SUR Q UO I T RAVAILLEZ -VOUS ACTUELLEMEN T? «Mes sculptures lumineuses réalisées à partir de câbles électriques font partie de la Design Parade à la Villa Noailles. Je travaille aussi sur une installation textile: des sculptures qui occupent tout l’espace et qu’on peut expérimenter physiquement.» VOT RE RÉ AL I SATION LA PLUS CON N UE? «Dans la série «Twisted Excess», des sculptures lumineuses et des assemblages nés d’objets existants.» VO S S O U RCE S D’INSPIRATION? «La ville, les mouvements qu’elle génère et la façon dont je l’expérimente au quotidien: du biomimétisme dans l’architecture et ses ornements, à la nature qui reprend parfois ses droits dans des espaces abandonnés.» VOT RE SI GNATURE? «Je valorise tout ce qui est destiné à la poubelle ou à la décharge.» CE Q UE VO US AURIEZ AIMÉ CONCEVOIR VOUS-M ÊME? «Une œuvre de «Jeanne-Claude et Christo».» CE Q UI N’AU RAIT JAMAIS DÛ ÊTRE CRÉÉ? «Tout ce qui accélère, globalise et normalise la surconsommation. Tout ce qui commence par «fast» est un problème.» @alice.pandolfo


«LES DÉCHETS PEUVENT ÊTRE BIEN PLUS QUE DE SIMPLES REBUTS»

BEST BELGIAN YOUNG TALENT JURY AWARD ARNAUD EUBELEN


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SA BATO

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LE GAGNANT

À D ROITE DANS S ON AT E L I E R NICHÉ À MOLE NB E E K , ARN AU D E UBE LE N INS UFFLE UN E NOUVE LLE VIE AUX DÉ BRI S DE CONS T RUCT ION.

CRÉDIT: PROFIRS T INTL .

A R N A U D E U B E L E N C O N S I D È R E B R U X E L L E S C O M M E U N E « M AT É R I O T H È Q U E » : U N E B I B L I O T H È Q U E D E M AT É R I A U X . D A N S U N R A Y O N D ’ À P E I N E U N K I L O M È T R E , I L T R O U V E TOUT CE DONT IL A BESOIN POUR CRÉER SES OBJETS DESIGN UNIQUES.

Dans son atelier situé à Molenbeek, quartier à la réputation bien connue, plaques de métal, béton, câbles et chutes de bois sont empilés un peu partout. Pour le visiteur peu attentif, cela ressemble à un tas de gravats, de déchets, de matériaux voués à disparaître. Mais pour Arnaud Eubelen (1991), ce sont des matières premières précieuses dans lesquelles il puise au gré de ses besoins. Avec ce que d’autres jettent, il construit des meubles et des installations à la croisée du design, de l’art et de l’archéologie urbaine. Sa vision des choses -et du design en particulierest radicalement contemporaine. Dans son travail, il recontextualise les matériaux glanés au fil de ses

recherches. Il travaille de manière «low-tech» grâce à des assemblages et des empilements simples et soignés qui laissent le processus visible. Sa méthode est à mille lieues du processus habituel, entre laboratoires high-tech et ateliers ultra-équipés. Cependant, ses objets design ne sont pas un appel engagé à la réutilisation ou à l’«upcycling». Eubelen ne cherche pas à faire passer un message écologique explicite: «Je m’adapte simplement au contexte. Tout est déjà là, je n’ai pas besoin de chercher plus loin.» Son travail est plutôt une invitation à porter un autre regard sur des fragments urbains, apparemment dénués de valeur.


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THE 100 DESIGN

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«EN TRANSFORMANT DES DÉBRIS URBAINS EN O BJETS PORTEURS DE SENS, JE RENDS QUELQUE CHOSE À LA VILLE.»

À redécouvrir leur puissance cachée. «En transformant des restes urbains en objets porteurs de sens, je rends quelque chose à la ville. Les déchets peuvent être plus que de simples rebuts. Ils acquièrent une nouvelle cohérence et une autre valeur esthétique», explique Eubelen.

C I - D E SSU S A RNAU D E UB E LEN A U NE A PPROCH E D U M OND E, ET D U D ES IGN E N PA RTICU L IER, Q U I ES T R É S O LU M ENT A NCRÉE DA NS N OT R E ÉPOQ U E.

CRÉDIT: PRO FIRST INTL .

TENDRESSE CACHÉE

Les objets issus de la démarche de l’artiste sont à la fois bruts et délicats, fonctionnels et sculpturaux. Malgré leur esthétique dystopique et industrielle, tous dégagent une certaine tendresse et poésie. Chaises, lampes ou tables: ses pièces semblent à la fois rugueuses et fragiles. «Chaque création est composée de matières premières diverses mais, ce qui les relie, c’est mon intention esthétique: la clarté et la transparence. Il en émane souvent un sentiment de légèreté et de vulnérabilité.»


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«JE DÉTESTE TRAVAILLER SOUS PRESSION. J’AI BESOIN DE TEMPS POUR BIEN FAIRE LES CHOSES.»

Les inspirations d’Arnaud Eubelen sont multiples: l’utilisation brute des matériaux dans l’«arte povera», les dessins «Alien» d’Hans Ruedi Giger ou encore Eileen Gray, Jean Prouvé et Charles Vandenhove. «Ce que j’admire surtout chez Prouvé, c’est la manière dont ses objets s’embellissent avec le temps. Vandenhove, lui, utilisait la géométrie pour moderniser des formes anciennes, tout en dialoguant avec des artistes tels que Daniel Buren ou Sol LeWitt. L’arte povera m’a fortement influencé par son approche honnête et poétique de la matière et son regard critique sur la société.» PROCESSUS DE DÉCONSTRUCTION

Se considère-t-il comme un artiste ou un designer? «Je ne me définis pas comme un designer au sens strict du terme», explique-t-il. «J’apprécie le flou et l’ouverture qu’offre le statut d’artiste». Le parcours d’Eubelen a commencé à Saint-Luc, à Liège, puis l’a conduit à La Cambre à Bruxelles, où il a suivi une formation en design industriel. «C’était enrichissant de passer par deux écoles différentes. On se rend compte qu’il existe autant de manières d’aborder le design qu’il y a d’écoles. J’y ai acquis une bonne base technique ainsi que la motivation nécessaire pour approfondir mes recherches. Mais après mes études, j’ai délibérément entamé un processus de déconstruction afin de me libérer de toutes les contraintes qui me freinaient.» Cette déconstruction -ou remise en question des processus établis dans le monde du design- était nécessaire pour pouvoir penser et construire à partir de «rien» ou d’un matériau ayant déjà eu une vie. L’évolution de son travail s’est faite de manière tout aussi organique, expliquet-il. «Chaque exposition ajoute une pierre à l’édifice. Cela se fait petit à petit.» Cette lenteur est caractéristique de sa démarche: observer, découvrir, évaluer, construire et façonner progressivement. C’est une quête de liberté et d’authenticité et une approche intuitive de la matière, de l’espace et de l’objet. Cette liberté et ce temps sont essentiels à sa pratique. «Je n’aime pas travailler sous pression. Les délais serrés sont mon plus gros problème. J’ai besoin de temps et de liberté de mouvement. J’espère ne jamais devoir y renoncer.»

À GAU C H E L A M É T H O D E D E T R AVA IL D’A R N AUD E UB E L E N S ’ É LO IG N E R A D ICA L E M E N T D E S PR O C E SS US D E D E S IG N T R A D IT IO N N E LS .

CRÉDIT: PRO FIRST INTL .

W W W. A R N AU D EU B EL EN . B E


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ARNO DECLERCQ BEAUTÉ BRUTALE

C I - D ESS OU S LA S IGNATU RE D’A RNO D E C L E R C Q S E D IS TINGU E PA R S O N O R IG IN A L ITÉ: D ES M EU B L ES S C UL PTUR AUX FAÇONNÉS EN B OIS D’ « IR O KO » B R Û L É ET EN ACIER, PUIS A N T L E UR INS PIRATION DA NS L ES O B J E T S A F R ICAINS ET L’A RCH ITECTU RE B R UTA L IS T E .

CRÉDIT: VICTO R RO BYN .

Il brûle le bois, dompte l’acier et construit un univers où design et rituel se rencontrent. «La vraie école: c’est celle de la vie», déclare Arno Declercq. Après avoir suivi des études secondaires en architecture et arts de l’intérieur, il se lance comme indépendant à l’âge de 19 ans. Depuis, il développe une signature très reconnaissable: des meubles sculpturaux en bois d’«iroko» brûlé et en acier, inspirés à la fois des objets africains et de l’architecture brutaliste. S U R Q U O I T RAVA I L L EZ-VOUS ACTUELLEMEN T? «Sur de nouvelles collections et de nombreux projets uniques, des États-Unis à l’Asie.» VOS MATÉRIAUX DE PRÉDILECTION? «Des bois massifs comme le chêne français ou l’«afrormosia» et l’acier. Ce sont des matériaux authentiques, avec du caractère et jamais identiques.» VO S GRANDE S SO URCES D’INSPIRATION? «Mes parents, pour leur amour de la mode avant-gardiste. Ensuite, je préfère m’inspirer de certaines périodes, comme la première moitié du 20e siècle ou de certains styles, comme ceux d’Ann Demeulemeester ou de Martin Margiela.» O Ù VO U S P R O J E T E Z - VO U S DA N S C I N Q A N S ? «Je vois mon studio comme un cabinet international, indépendant des galeries ou des points de vente. Ce qui compte pour moi, c’est de pouvoir présenter mes pièces dans mes propres espaces. Je ne rêve pas uniquement de design, mais d’un véritable univers.» www.arnodeclercq.com


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SA BATO

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ARTHUR VANDERGUCHT MÉTALLURGIE RÉPÉTITIVE

Son travail est le reflet de son univers: ses années «punk» et «skate», son adolescence passée dans le garage de son père, ainsi que sa fascination pour la beauté fonctionnelle de structures utilitaires comme les ponts ou les éoliennes. S A S I G N ATU R E ? Les rivets apparents qui maintiennent ensemble les différentes pièces de ses créations artisanales et génèrent un rythme visuel très affirmé. Selon ses propres termes, son travail reflète ses deux facettes. «La série en aluminium incarne mon apparence extérieure: audacieuse et affirmée. La série «Flower Rivet» offre un aperçu de mon monde intérieur: coloré, positif, ludique et un peu enfantin.» F O R M AT I O N A C A D É M I Q U E O U PA R C O U R S A UTO D I D A CT E ?

«Après une formation en métallurgie avec une spécialisation en soudure, j’ai étudié le design d’intérieur à la Luca School of Arts à Gand.» VOS SOURCES D’INSPIRATION? «Je suis avant tout mon propre modèle. Chaque projet fait germer de nouvelles idées.» «L’une de mes sources d’inspiration est mon ami Simon Bonte. Sa discipline et sa persévérance pour exceller en tant que musicien forcent l’admiration.» O Ù VO U S P R O J E T E Z - VO U S DA N S C I N Q A N S ? «J’espère vivre dans un lieu empreint de beauté et de sérénité, entouré de ma famille et à la tête d’une entreprise florissante.» www.arthurvandergucht.com

AXELLE VERTOMMEN

CRÉDIT: PROFIRS T INTL ., KAATJE V ERSCH OREN.

ANNONCER LA COULEUR

En ajoutant une touche de fantaisie au fonctionnel,Vertommen prouve que le design peut être ludique. «Ce que j’aime dans mon travail, c’est la diversité», expliquet-elle. «Je consacre la majeure partie de mon temps à la conception d’intérieurs; cela fait presque dix ans que je collabore avec Dries Otten. Je viens également de lancer, avec «Redopapers», un organiseur de bureau entièrement conçu à partir de chutes de carton. Et plus récemment, la «Rotunda Stool» avec une transition ludique entre assise horizontale et verticale. En ce moment, on est aussi en train de souffler les prototypes d’un verre à boire qui fait également office de verre doseur.» VOT R E R ÉAL I S AT I ON L A PLU S C O NNUE ? «Mes griffoirs «Gattore» ont reçu une attention internationale. À Anvers, la librairie/ bar à vin «Luddites» abrite un intérieur imaginé par Dries Otten et moi-même.» VOS S OU R C ES D’ I N S PI R AT I ON ? «Le mouvement «Memphis» ou l’art de déconstruire pour réinventer. Achille Castiglioni et Jasper Morrison, pour leurs créations novatrices d’une grande simplicité. Et chez nous, le travail d’Emiel Veranneman, Pieter De Bruyne et Huib Hoste.» L A PLU S G R AN D E I D ÉE R EÇ U E S U R L E D E SI G N D’ I NTÉ R I E UR ?

«Le design d’intérieur ne se limite pas à choisir une couleur de mur ou des rideaux: il est essentiel au confort de l’utilisateur.» www.axellevertommen.be


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THE 100 DESIGN

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BRAM VANDERBEKE Tel un maître de l’empilement à l’âme de musicien, Bram Vanderbeke agence les éléments de manière rythmique, créant ainsi des structures nouvelles. Son travail respire le rythme et la poésie, oscillant avec aisance entre sculpture et fonctionnalité. De loin, les compositions de Vanderbeke confèrent à l’espace une identité nouvelle. De près, elles révèlent un jeu de lumière et d’ombre sur les surfaces brutes, les nuances subtiles de la pierre naturelle et la présence dense de l’acier massif. Il aime laisser les éléments naturels y ajouter leur propre empreinte. FORMAT I O N ACA DÉ MIQUE OU PARCOURS AUTODIDACTE? «J’ai terminé mes études à la Design Academy d’Eindhoven en 2016. Avant cela, j’avais étudié le design d’intérieur, avec une spécialisation en mobilier et design au Kask à Gand. Et en secondaire, j’avais suivi une formation en menuiserie et construction.» C E Q U I RE ND VOT RE TRAVAIL UNIQUE? «En plus de la matérialité brute du béton et de l’aluminium, je travaille souvent avec le rythme, la répétition et l’empilement. Pour «Brick Cast», j’utilise des briques empilées comme moules. Mes pièces «Intersect» reposent sur la répétition et la superposition de formes. Quant aux sculptures «Alucast», elles sont sculptées à la meuleuse: les traces laissées créent un rythme propre à chaque pièce.» C E QU E VO US AU RI E Z AIMÉ CONCEVOIR VOUS-MÊME? «Le tabouret en bois tout simple de Juliaan Lampens ou la «LC95A Low Chair» de Maarten Van Severen.» www.bramvanderbeke.com

CRÉDIT: FRANÇO IS DE VOGELAE R / PROFIRST INTL .

ENTRE MONUMENT ET MOMENT


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SA BATO

25.10.25

ELIAS VAN ORSAEGHEN PARFAITEMENT IMPARFAIT

Des sculptures en bois et béton aux assiettes en aluminium moulé, Elias Van Orsaeghen cultive volontiers la pluralité. «Je viens de collaborer avec le nouveau restaurant «The Jane» du chef Nick Bril. Une occasion idéale pour montrer ma polyvalence.» VOT R E R É A L I S AT I O N L A P LU S C O N N U E ? «La série «Soona», fabriquée en béton. En voyage au Mexique, j’ai découvert lors d’une exposition que le poète Edward James avait construit un jardin d’Eden en béton: «Las Pozas». Ses moules étaient taillés à la machette. Cette approche m’a inspiré et j’ai mis au point ma propre méthode de travail. Cette série comprend des tables, des bancs, des sculptures et même un îlot de cuisine.» VOS S OU R C ES D’ I N S PI R AT I ON ? «Les voyages de Josef et Anni Albers sont fascinants, tout comme l’absence de voyage chez Rinus Van de Velde qui explore son monde intérieur. Je suis touché par l’architecture monumentale d’Anne Holtrop mais aussi par le mobilier conceptuel de Gaetano Pesce ou d’Andrea Branzi ou encore la perfection sculpturale de Brancusi et Noguchi.» C E Q U E VO U S AU R I E Z A I M É C O N C E VO I R VO U S - M Ê M E ? «Le «Self Portrait Shelf» de Gaetano Pesce.» C E QU I R EN D VOT R E T R AVAI L U N I Q UE ? «Une certaine monumentalité traverse en tout cas ma pratique; la tactilité et la texture sont importantes, tout comme le juste équilibre entre l’imperfection et une forme de pureté élémentaire.» www.eliasvo.com

EMMA COGNÉ

CRÉDIT: ANTO N FAYLE , AN NE-EMMAN UELLE THION .

PLASTIC IS FANTASTIC

Elle tisse avec ce qui, d’ordinaire, disparaît dans les murs: tuyaux, films plastiques et matériaux synthétiques. «Né d’un regard critique sur la prolifération des chantiers à Bruxelles, «Système T» interroge notre rapport à la transformation urbaine.», explique Emma Cogné. «Je me suis intéressée aux plastiques dissimulés dans les murs et j’ai commencé à les utiliser comme textile pour inventer de nouveaux espaces.» VOT R E PA R C O U R S ? «Après un diplôme en «métiers d’art textile» aux «Beaux-Arts» de Lyon, j’ai étudié le design textile à La Cambre.» POURQUOI ÊTES-VOUS DEVENUE DESIGNER? «Parce que c’est un métier qu’il faut sans cesse réinventer; il y a toujours quelque chose à apprendre. On y joue à la fois le rôle d’interprète et de médiateur, en réunissant des pratiques encore trop souvent cloisonnées.» VOT R E C ON S EI L AUX J EU N ES D E SI G NE R S? «Ne vous laissez pas impressionner. Restez calme.» CE QUI REND VOTRE TRAVAIL UNIQUE? «La recherche presque sociologique que je mène sur les matériaux utilisés. Ce qui caractérise mon travail, c’est la manière dont je les transforme et les assemble, en les associant à des techniques artisanales.» VOS MATÉRIAUX DE PRÉDILECTION? «J’aime traiter des matériaux banals avec le même soin que celui habituellement réservé aux matériaux nobles.» www.emmacogne.com


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25.10.25

ERASED STUDIO L’ARCHITECTURE AU-DELÀ DE L’ARCHITECTURE

CRÉDIT: PRO FIRST INTL , ELINE WILLAERT.

Elliott Housiaux et Paul-Emile De Smedt développent leurs espaces comme des expériences qui laissent une empreinte durable. On les connaît notamment pour l’aménagement intérieur de Batch, une brasserie ixelloise aux multiples ambiances ou encore pour l’installation lumineuse au cœur de l’arène centrale du Wintercircus à Gand. Pour «Oken», un bar situé dans le soussol du club privé bruxellois «The Merode», ils ont transformé l’ancien parking en un intérieur composé de volumes, de panneaux lumineux et d’un bar monolithique aux lignes épurées. Leur démarche part d’une idée abstraite, qui prend forme à travers la matière puis s’efface peu à peu. D’où leur nom, «Erased». POURQUOI ÊTES-VOUS DEVENUS DESIGNERS? «Nous sommes d’abord devenus architectes pour travailler à la fois sur sur l’architecture, l’architecture d’intérieur, la scénographie et le design. Dans l’autre sens, c’est souvent impossible.» VO S S O U R C E S D’ I N S P I R AT I O N ? «Elles sont très variées mais «Superstudio», le collectif italien des années 1960, nous stimule particulièrement.» C E Q U E VO U S AU R I E Z A I M É C O N C E VO I R VO U S - M Ê M E ? «Le pavillon allemand de Ludwig Mies van der Rohe pour l’Exposition universelle de 1929.» CE QUI N’AURAIT JAMAIS DÛ ÊTRE CRÉÉ? «La perche à selfie.» O Ù VO U S P RO JE T E Z-VOUS DANS CINQ AN S? «Notre objectif est de faire rayonner notre studio à l’international.» @erasedstudio


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25.10.25

ESPACE AYGO LE DESIGN EN COLOC

Sept jeunes designers partagent un même toit: Espace Aygo prouve que le design n’a pas besoin d’un «white cube» pour exister. «Notre force, c’est le collectif», expliquent-ils. «Chaque projet devient une création partagée, née de la confiance et de l’improvisation.» Comment vous êtes-vous retrouvés à Bruxelles? «Étudiants à la Design Academy d’Eindhoven, on s’est installés à Bruxelles après le confinement.» L A PLUS GRA NDE I DÉE REÇUE SUR LE DESIGN? «Qu’il serait réservé à l’élite. Surtout à Bruxelles, où tant de choses sont à notre portée.» VOT RE P RO JE T L E P LUS CON N U? «Notre maison «Marteau», Espace Aygo Experiment No. 1. C’était notre première collaboration à grande échelle.» VOT R E C O N S E I L AUX J E U N E S D E S I G N E R S ? «Nous sommes nous-mêmes de jeunes designers!» C E QU I RE ND VOT RE TRAVAIL UN IQUE? «Nos objets ont déjà vécu avant d’arriver chez un client; testés et éprouvés par la vie à sept.» CE QUE VOUS AURIEZ AIMÉ CONCEVOIR VOUS-MÊMES?

«Si nous avions été constructeurs automobiles, la «Fiat Multipla» serait probablement sortie de notre garage.» @espaceaygo

JOE STERCK Un livre sur les sièges a changé sa vie. Depuis, Joe Sterck conçoit des meubles à la fois fonctionnels et sculpturaux. «Un jour, un camarade d’études m’a prêté «Exercises in Seating», un ouvrage de Max Lamb illustrant le processus de fabrication de sièges expérimentaux», raconte Joe Sterck. «J’ai été tellement impressionné que j’ai fabriqué l’un de ses sièges DIY. C’était ça que je voulais faire.» Sterck crée désormais des pièces conceptuelles dont la rareté et la recherche font grimper les prix. «C’est pour cela que j’ai fondé Studio Sterck avec Mattiece Vantyghem. Il gère l’aspect commercial et moi la partie créative. Cela nous permet de produire des objets en plus grande série et de les vendre en ligne -sans passer par des galeries- afin qu’ils soient plus abordables.» VOT R E R É A L I S AT I O N L A P LU S C O N N U E ? «Conçue pendant mes études, «Speculum» se mue d’un geste en sculpture réfléchissante. Elle questionne l’art-design en alternant fonction et forme.» CE QUE VOUS AURIEZ AIMÉ CONCEVOIR VOUS-MÊME?

«La «Cabbage Chair» de Nendo pour Issey Miyake.» C E Q U I N ’AU R A I T JA M A I S D Û Ê T R E C R É É ? «Les lampadaires de l’Operaplein à Anvers.» COMMENT VOTRE PERSONNALITÉ SE REFLÈTE-T-ELLE DANS VOT R E T RAVA I L? «J’ai un TDAH. Dans mon travail, j’aime passer

du coq à l’âne. Rien ne m’ennuie plus qu’un travail prévisible et cohérent.» www.joesterck.com

CRÉDIT: EVA DON CKERS, C OU RTESY OF JOE STERC K .

UNE CHAISE COMME MANIFESTE


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25.10.25

JUMANDIE SEYS LE GOÛT DE LA ZONE GRISE

C I - D ESS OU S JU M A ND IE S EYS FUS IO N N E L E S CONTRA S TES AV EC U NE M A ÎT R IS E Q UI LES FA IT S ’H A RM ONIS ER N ATUR E L L E M E NT.

CRÉDIT: TIJS VE RVE CKEN.

Il a trouvé sa voie en cessant d’opposer art et design. Jumandie Seys explore justement cette zone grise où les deux se rencontrent. «L’art et le design m’ont toujours inspiré mais je ne me retrouvais vraiment dans aucun des deux; jusqu’à ce que je découvre les artistes du collectif Brut. J’ai compris qu’il existait une zone grise où l’art et le design peuvent dialoguer. C’est là que j’ai eu envie d’évoluer.» VOT RE PA RCO U RS ? «Après des études en design d’intérieur à la Luca School of Arts de Gand, j’ai brièvement poursuivi en design produit à la Willem de Kooning Academie à Rotterdam.» VOT RE RÉ AL I S AT I O N LA PLUS CONNUE? «La «Fragment Side Table», première pièce de la série, résume l’esprit de la collection: formes sculpturales, finition artisanale et alliance de matériaux bruts et épurés.» VO S S O U R C E S D’ I N S P I R AT I O N ? «J’ai un immense respect pour des designers comme Ben Storms,Vladimir Slavov de «Dim Atelier» ou encore Marius Ritiu. Ils constituent un bel exemple de ce que je vise avec mon propre studio. J’ai d’ailleurs la chance d’être représenté par la même galerie Objects With Narratives.» VOTRE MATÉRIAU PRÉFÉRÉ? «Le cuir tanné végétal, que je patine à la main, ce qui me distingue d’ailleurs de nombreux autres designers. J’aime aussi travailler l’acier inoxydable: une fois poli ou satiné, il contraste idéalement avec le caractère brut du cuir.» www.jumandieseys.com


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25.10.25

MAAK & TRANSMETTRE FILS ET FORCE DE TRANSMISSION

Alice Emery, Mathilde Pecqueur et Salomé Corvalan, réunies au sein de «Maak & Transmettre», tissent un lien étroit entre design et engagement. «On nous a d’abord remarquées pour la dimension sociale et la transmission», résume Mathilde Pecqueur. «Comme dans «Le tapis comme langage», un atelier d’alphabétisation mené avec des femmes.» Alice Emery ajoute: «C’est dans le contexte des mouvements féministes et décoloniaux qu’a vu le jour la série «Celles qui font le design».» C E Q U I R E N D VOT R E T R AVA I L U N I Q U E ? Mathilde Pecqueur: «Notre manière de jouer avec les codes de la tapisserie, de renouer avec le savoir-faire flamand et bruxellois mais dans un style contemporain. On y trouve toujours de la poésie, une touche de surréalisme et des couleurs inattendues.» L A PLU S G R AN D E I D ÉE R EÇ U E S U R L E D E SI G N D’ I NTÉ R I E UR ?

Salomé Corvalan: «Qu’il s’agirait d’une discipline «féminine», secondaire et cantonnée à la sphère domestique, alors qu’il est tout aussi important que l’architecture.Trop souvent, les bâtiments sont conçus par des hommes et les intérieurs par des femmes.» CE QUI N’AURAIT JAMAIS DÛ ÊTRE CRÉÉ? Corvalan: «La mondialisation, dans la mesure où elle a pu effacer des savoir-faire et des identités locales, entraînant ainsi la perte d’une part importante de la richesse culturelle mondiale.» Pecqueur: «Les trottinettes électriques!» www.maaktransmettre.com

MATHILDE WITTOCK UNE BELLE RÉCOLTE DE DESIGN

Des balles de tennis aux racines de plantes: Mathilde Wittock crée à partir de ce que d’autres jettent ou laissent de côté. Elle a étudié le design industriel et obtenu un master en biodesign, tous deux à Central Saint Martins à Londres. «C’est là que j’ai compris que les designers pouvaient aussi faire partie du problème», confie Mathilde Wittock. «Je me suis alors tournée vers un design circulaire et éthique, fondé sur des matériaux locaux, renouvelables ou issus de déchets.» Jusqu’au 14 décembre, elle participe à l’exposition «Woven Whispers», consacrée aux textiles belges innovants. En décembre, elle habillera à Hong Kong un monolithe de 28m2 d’un textile végétal. VOT R E R É A L I S AT I O N L A P LU S C O N N U E ? «Issu du recyclage de balles de tennis, le matériau baptisé «Soundbounce» allie performance acoustique et démarche durable.», explique-t-elle. «Le design se concentre trop sur le visuel en oubliant l’ouïe. Pendant la pandémie, j’ai voulu répondre à la pollution sonore avec un système modulaire et circulaire: les balles sont découpées, nettoyées, colorées puis assemblées sans colle pour être recyclées à nouveau.» VOTRE MATÉRIAU PRÉFÉRÉ? «Les racines des plantes. Cultiver sa propre matière première, la voir pousser en une semaine et la récolter soi-même, c’est génial! C’est merveilleux de pouvoir dire: «Notre récolte de ce matin va devenir une chaise, une lampe ou un panneau.» www.mwodesign.com

CRÉDIT: LYDIE N ESVADBA , RODO LPHE DE BRAB AN DERE, RODOLPHE DE BRABAN DERE.

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25.10.25

NICOLAS ERAUW Ses vases naissent dans les arbres, ses sculptures dans la cire fondue avant d’être coulées dans le bronze. Nicolas Erauw aime les matériaux qui ont une vie propre. Il s’est fait connaître avec la série «Phytotelma»: des vases soufflés à l’intérieur de troncs creux. «En ce moment, je travaille à l’élargissement de cette série, avec des coupelles et peut-être aussi des appliques murales», explique-t-il. «J’utilise souvent des matériaux éphémères que je rends durables: la cire devient bronze ou aluminium, les arbres creux se transforment en vases de verre.» P OU RQ UO I Ê T E S -VO US DEVEN U DESIGNER? «Ce n’était pas prémédité. Après la menuiserie et un détour par le journalisme, rien ne me convenait. Au KASK, l’architecture d’intérieur me paraissait trop lisse. Puis un stage chez Anton Alvarez a tout changé: j’ai découvert qu’on pouvait créer autrement, de façon plus brute et artistique.» VOS MATÉRIAUX DE PRÉDILECTION? «Le verre soufflé, l’aluminium et le bronze coulés: tous sont liés à des techniques artisanales mais qui demandent aussi un peu plus d’efforts. C’est pourquoi le bois est aussi l’un de mes matériaux préférés car il est plus facile à travailler.» C OMME NT VOT RE P ERSONNALITÉ SE REFLÈTE-T-ELLE DAN S VOT R E T R AVAI L? «Par l’indécision. Je laisse souvent une part au hasard dans mes créations.» www.nicolaserauw.be

CRÉDIT: YU RI ANDRIES, DIE GO FRANSSEN S.

BEAUTÉ DE L’ÉPHÉMÉRITÉ


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THE 100 DESIGN

25.10.25

NICOLAS ZANONI IDÉE BRÛLANTE

À QUEL MOMENT UN PROJET EST-IL TERMINÉ, SELON VOUS?

«Quand je le signe: «NZ». C’est ma partie préférée; pas pour le geste, mais pour ce qu’il signifie: c’est terminé. Et maintenant?» @nicolas.zanoni

C I - D ESS OU S D’U N M ATÉRIAU À L’AUT R E , N IC O L A S Z A NONI PA SS E D U F E U E T D U PO LYS TYRÈNE À L’A LU M INIU M E T AU L A ITO N . CH AQ U E EXPÉRIENCE E S T UN E PR O M ESS E D E D ÉCOUV ERTE, UN E É TA PE V E RS L’INAT TEND U. À D R OI T E R OXA NE L A H ID J I Q U I M A NIE L E S E L AV E C L A D ÉL ICATESS E D’U NE PIE R R E PR É C IEU S E. GRÂCE À S ON « S E L M A R B R É » , «L IT S TU D IO» ( M IL A N A D O N N É N A ISSA NCE À CES CH A IS ES UN IQ UE S .

CRÉDIT: AN TOINE GRENEZ.

Les chaises de Nicolas Zanoni semblent se liquéfier, légères et énigmatiques, façonnées dans du polystyrène qu’il sculpte au feu. Il s’est fait connaître avec la «Chair Brûlée», l’une de ses toutes premières créations. «Je m’étais lancé un défi: fabriquer trente chaises en deux semaines. En brûlant du polystyrène, j’ai découvert une matière solide, légère et pleine de mystère. C’est ainsi que tout a commencé.» C O M M E N T Ê T E S - VO U S A R R I V É L À? «J’ai quitté Paris pour venir étudier le design industriel à La Cambre. Grandir à Paris a été formidable mais je suis heureux d’être parti: Bruxelles m’a donné l’occasion de développer ma sensibilité et de faire mon «coming-out».» S U R Q UO I T RAVAI L L EZ-VOUS ACTUELLEMEN T? «J’explore le tissage de l’aluminium et poursuis mes recherches autour du laiton. Le mois dernier, j’ai présenté une nouvelle collection à la Max Radford Gallery à Londres. Je travaille aussi sur une commande privée qui me pousse à me dépasser.» C E QUI RE ND VOT RE TRAVAIL UNIQUE? «Mes projets sont très variés, au point qu’il est difficile de croire qu’ils proviennent de la même personne.»


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SA BATO

25.10.25

ROXANE LAHIDJI CRÉDIT: ROXANE LAHIDJI: LUCILE DIZIE R, LORENZO PIOV ELLA .

QUELQU’UN VEUT DU SEL?

Elle travaille le sel comme une pierre précieuse. Roxane Lahidji privilégie les matériaux capables de surprendre et de se transformer. Sa réalisation la plus connue a vu le jour pendant son master à la Design Academy d’Eindhoven, lors d’une collaboration avec la «Fondation Luma», où elle a découvert le sel comme matériau de design. «J’ai été instantanément séduite par son esthétique brute, la façon dont il absorbe et reflète la lumière. Les tables basses avec lesquelles j’ai obtenu mon diplôme ont remporté -notamment- un Wallpaper Award et un Bolia Award et mes lampes sont installées au «Mix» à Bruxelles.» Aujourd’hui, elle divise sa pratique en deux volets: un consacré à des pièces purement artistiques et collectibles; et l’autre, sous le nom de Marbled Salts Studio, dédié à ses objets en sel marbré. VOS SOURCES D’INSPIRATION? «Des designers comme Tokujin Yoshioka, Issey Miyake, Iris van Herpen,Vivienne Westwood ou encore des cinéastes comme Hayao Miyazaki et Tim Burton. Leur point commun? Une forme de mélancolie, peut-être.» CE Q UI RE ND VOTRE TRAVAIL UNIQUE? «Il y a sans doute un lien avec la marche ou l’errance dans la nature.» VO S MAT É RI AUX DE PRÉDILECTION? «Les matériaux composites comme les pierres ou les minéraux mais aussi le verre, la résine et les métaux.» L E S E S PACE S QUI VOUS IN SPIREN T? «Les églises, les bibliothèques, les temples: tout ce qui est ancien et doté de hauts plafonds.» www.roxanelahidji.com


BEST BELGIAN YOUNG TALENT PUBLIC AWARD VICTOR VERHELST

«JE PRÉFÈRE ME DÉFINIR COMME UN «VISUAL ARTIST» PLUTÔT QUE COMME UN DESIGNER»


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SA BATO

25.10.25

LE GAGNANT

CI- CONTRE DE S DÉ B UT S AVE C « MS -DOS » AUX É CL AT S DE NÉ ON: VICTOR VE R H E LST RAVIVE LA MAGIE DE NOT RE NOSTA LGIE NUMÉ RIQUE .

CRÉDIT: PROFIRS T INTL .

PA R S O N TA L E N T À C R É E R À PA R T I R D E M AT I È R E S P R E M I È R E S N U M É R I Q U E S , VICTOR VERHELST S’EST IMPOSÉ COMME LE FAVORI DES LECTEURS, QUI LUI AT T R I B U E N T L E « S A B AT O Y O U N G TA L E N T A W A R D » . S O N U N I V E R S V I R T U E L - R É E L PROVOQUE QUELQUE CHOSE DE SINGULIER CHEZ CELUI QUI S’Y CONFRONTE.

Avec son sens aigu de l’image et de la forme, Victor Verhelst (1997) explore de nouvelles façons de traduire la technologie numérique dans l’espace physique. Ce qui le distingue, sa capacité à jeter des ponts: entre l’imperfection des anciens logiciels et la culture visuelle contemporaine, entre les disciplines et entre ce qui se passe dans sa tête et celle du spectateur. Car le travail de Verhelst est un univers merveilleux dans lequel on entre comme dans un monde à part. Il préfère se qualifier de «visual artist» plutôt que de designer afin d’englober la nature hybride de sa pratique. Il a étudié le «graphic design» à la Luca School of Arts de Gand, où il enseigne aujourd’hui. Son principal outil

est son ordinateur portable avec lequel il transforme ses expérimentations numériques en installations concrètes, en meubles ou en tapis. Pour ce faire, il utilise d’anciens programmes «MS-DOS» qu’il a réussi à réinstaller sur son ordinateur. «J’avais lu qu’Andy Warhol s’était déjà essayé à l’impression numérique et j’ai voulu savoir avec quels programmes. Ces derniers ont pour moi un côté joliment naïf, avec leurs pixels visibles et leurs petits effets presque magiques. Lorsqu’on transfère ces dessins dans un logiciel Adobe, on transporte un fragment d’histoire dans le présent.» Pour lui, la valeur de cette archéologie numérique


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THE 100 DESIGN

25.10.25

«SI LÉONARD DE VINCI VIVAIT À NOTRE ÉPOQUE, IL AURAIT SANS DOUTE AUSSI CONÇU UN JEU VIDÉO.»

DU NUMÉRIQUE AU TACTILE

L’approche artistique deVictorVerhelst est kaléidoscopique, multidisciplinaire et expérimentale. Dans son travail, l’expérience humaine occupe une place centrale. Pour cela, il utilise une grande variété de supports. Son univers est un monde captivant, regorgeant de couleurs néon, de «glitches» et d’éléments architecturaux aux accents surréalistes. La culture du jeu vidéo n’est jamais loin: «Si Léonard de Vinci vivait aujourd’hui, il aurait sans doute aussi conçu un jeu vidéo. C’est une sorte d’œuvre d’art totale. Beaucoup considèrent les jeux vidéo comme un simple divertissement

mais, pour moi, c’est l’une des formes d’art les plus complètes de notre époque.» CRÉER AVEC SINCÉRITÉ

Quels sont ses projets pour les mois et années à venir? En plus de son travail en solo, il souhaite continuer à collaborer avec Corbin Mahieu et Niels Raoul Boone, avec lesquels il conçoit du mobilier. «Ces collaborations sont empreintes d’authenticité. Nous continuons à chercher comment chacun d’entre nous peut faire entendre sa voix et l’objet que nous créons devient ainsi lui-même symbole de dialogue.» VictorVerhelst tient aussi à rester solidement ancré à Gand et encourage de jeunes designers à rester fidèles à leur univers: «J’espère pouvoir continuer à inspirer les étudiants à ne pas créer en fonction des attentes extérieures. Mon «credo» est le suivant: partez de ce qui vous intéresse. Croyez en ce que vous ressentez. Ne vous laissez pas guider par des attentes.Tout peut être de l’art, à condition que ce soit sincère.»

C I - C ONTRE L’ORD INATEU R D E V ICTOR V ERH ELS T E S T S O N A L L IÉ L E PLU S PR É C I EUX . GRÂCE À LUI, IL M ÉTA M ORPH OS E S E S E XPÉRIM ENTATIONS N UM É RIQ U ES EN Œ UV RES TA N G I B L ES .

CRÉDIT: PRO FIRST INTL .

réside dans la quête d’une sorte d’imperfection. Alors que les logiciels contemporains donnent souvent un rendu trop lisse, les dessins réalisés avec d’anciens programmes se parent d’une étrange magie. «L’enjeu est d’y ajouter de la valeur par des interventions manuelles, d’intégrer une touche humaine dans la technologie.»


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THE 100 DESIGN

20.15.25

Reportage: Els De Pauw

LIFETIME ACHIE VEMENT


CRÉDIT: PROFIRS XX XXX T INTL .

CLAIRE BATAILLE


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THE 100 DESIGN

25.10.25

AVEC LA REMISE DU «LIFETIME ACHIEVEMENT AWARD», N O U S R E N D O N S À C É S A R C E Q U I A P PA R T I E N T À C É S A R . O U P L U T Ô T À C L A I R E B ATA I L L E , C O N S I D É R É É C O M M E L ’ U N E D E S P L U S I M P O R TA N T E S A R C H I T E C T E S D ’ I N T É R I E U R B E L G E S . A V E C S O N R E G R E T T É C O M PA G N O N , PA U L I B E N S , C L A I R E B ATA I L L E A INTRODUIT UNE NOUVELLE APPROCHE DE L’ARCHITECTURE INTÉRIEURE. EN BELGIQUE, ILS FURENT LES PIONNIERS DU DESIGN MINIMALISTE. MÊME SI, LE TERME «MINIMALISME» RESTE UN MOT QU’ELLE N’APPRÉCIE GUÈRE.

S

ur le minimalisme, il y a matière à débattre, surtout avec une femme dynamique comme Claire Bataille. «Non, je n’ai jamais qualifié mon propre travail de minimaliste», insiste-t-elle. «Plutôt épuré. Ou tout bonnement simple. Je n’étais certainement pas une minimaliste radicale. Je n’ai jamais caché des interrupteurs dans des armoires.» Son rire est généreux, tout comme sa capacité à relativiser. Mais il y a du vrai: le minimalisme est devenu un cliché creux. L’œuvre qu’elle a construite avec Paul Ibens dépasse celle d’autres minimalistes belges avec une sobriété totalement affranchie des modes et des tendances. La question reste: qu’est-ce qui rend leur travail si fort, encore aujourd’hui? Ensemble, Bataille et Ibens ont franchi des frontières. Ils ont brisé des règles. En pleine révolution culturelle -à la fin des années 1960- quand les bouleversements sociaux conduisaient alors à de nouvelles façons d’habiter, de travailler et de consommer, le duo a introduit en Belgique un nouveau type d’architecture intérieure. Leurs projets sont marqués par un équilibre spatial rigoureux et une clarté absolue qu’ils traduisaient eux-mêmes par «sobre en décoration, mais riche en matériaux nobles». Leurs intérieurs pour des habitations, des boutiques et des bureaux montraient que l’architecture d’intérieur n’avait pas à être une simple dérivée de l’architecture, mais bien une discipline à part entière. Leur travail a toujours été guidé par une clarté fascinante.Pour eux, c’était une quête incessante de l’essence, de la relation de l’humain à l’espace et de l’impact positif qu’un lieu bien pensé pouvait avoir sur son existence.

«JE ME SUIS TOUJOURS SENTIE BIEN PARMI LES HOMMES.» Aujourd’hui, Claire Bataille jette un regard satisfait sur sa vie bien remplie. Sur une carrière de pionnière portée par l’art, l’audace et le plaisir collégial. Elle se souvient qu’une bouteille de champagne s’ouvrait souvent: d’abord quand un projet coinçait, puis de nouveau quand le problème était résolu. Sa mémoire flanche parfois et elle se fatigue plus vite; mais face à nous, se tient une femme de 85 ans qui respire la joie de vivre et la plénitude. Elle partage aujourd’hui son temps entre Bruxelles et Ibiza, où elle a rénové une maison dans laquelle elle aime passer l’hiver. Mais la voici, à Bruxelles, face à une majestueuse avenue bordée d’arbres.

CRÉDIT: PRO FIRST INTL .

DESSINER SUR LA MÊME FEUILLE

Par la fenêtre de la cuisine ouverte, le vacarme d’un chantier voisin entre en grondant. «Cela ne me dérange pas, je suis habituée aux bruits de chantier.» A-t-elle été victime de préjugés, en tant que femme, dans un milieu essentiellement masculin? Nous parlons un peu en français, un peu en néerlandais. Parfois, les deux langues se mêlent dans une même phrase. Elle me souffle le mot que je cherche, et vice versa. Un moment de «Belgitude» partagé autour d’un café. Et beaucoup de rires! Le soleil danse dans la pièce et caresse les œuvres d’art qu’elle chérit tant. «Des préjugés parce que j’étais une femme? Pas du tout!» Elle sourit en s’imaginant à nouveau sur un chantier. «Je me suis toujours sentie bien parmi les hommes. Au début, il y avait parfois une légère méfiance mais après deux réunions, c’était terminé. Après la découverte de mon travail, je recevais, au contraire, énormément de respect.»


CI- CONTRE P OU R CL AI RE BATAI L L E , L’INT É RIE UR VA BI E N AU -DE L À D’U N S IMPLE DÉ CO R; C’ E ST U N E VÉ RI TABL E PHILOS OPHIE DE VI E . E L L E P RÔN E LA S IMPLICITÉ COMME U N E FO RME DE LUX E E T CON SI DÈ RE L E SI L E N CE COMME UNE P U I SSAN T E DÉ CL ARAT I ON .


CI-CO N TRE L’ICONIQUE COM MO DE JAU N E «MODÈ LE 1 01 » A MA RQU É SON ÉP O QUE . LE TOUT PRE MI E R EXEM P LA IRE A T ROUVÉ PRE NEU R E N L A P ER SON NE DE LUC DE LE U, A RT I ST E E T AR C HI TECT E VISIONNAIRE .


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SA BATO

Travailler avec Paul Ibens s’est toujours fait sur un pied d’égalité, raconte-t-elle. Il n’y avait jamais de répartition stricte des rôles, ni d’attribution des projets. Ils travaillaient littéralement ensemble: «Nous étions assis face à face à une grande table. Nous retournions sans cesse le calque, nous dessinions ensemble sur le même plan. Et si, exceptionnellement, l’un de nous travaillait seul sur un projet, il était toujours revu à deux.» Qu’est-ce qui a contribué à la longévité de leur relation professionnelle? Elle raconte qu’ils se sont rencontrés à l’Académie d’Anvers: «J’y suis entrée à seize ans. Je voulais faire architecture mais je n’étais pas assez forte en mathématiques. C’est l’architecte anversois Jul De Roover, qui venait d’ouvrir la section, qui m’a convaincue que l’architecture d’intérieur était tout aussi importante que l’architecture. Paul Ibens était dans la même classe que moi. Nous étions tous les deux extrêmement curieux et sur la même longueur d’onde. Après nos études, Paul a commencé à travailler chez l’architecte Renaat Braem. Un jour, il m’a appelée pour l’aider à dessiner des perspectives pour un projet de cinéma à Merksem. À partir de là, nous avons travaillé ensemble. Et en 1968, nous avons fondé notre propre bureau.Très vite, nous avons senti que nous nous complétions parfaitement.» UNE CERTAINE AMPLITUDE

Leur amitié et leur collaboration reposaient sur une sensibilité commune. La recherche de simplicité dans leurs projets n’était pas un choix stylistique mais une «philosophie de vie», explique Bataille. Il ne s’agissait pas de sobriété à tout prix, mais de créer de l’espace pour l’humain.Telle était, à ses yeux, la véritable vocation de l’architecture d’intérieur: embellir la vie des gens. L’objectif poursuivi n’était pas un minimalisme formel mais plutôt l’acte de dépouiller l’espace de tout élément superflu, afin d’y faire entrer autre chose: «un sentiment de liberté, de calme et de la lumière.» Le même sentiment qu’elle avait éprouvé enfant -lors de voyages en France avec sa mère- en visitant de petites églises romanes. «C’était une expérience particulière. Les églises semblaient petites de l’extérieur mais, une fois à l’intérieur, elles devenaient immenses et vous donnaient comme un souffle supplémentaire. Je me demandais ce qui causait cette amplitude.» Dans leurs projets, Bataille et Ibens visaient une expérience spatiale harmonieuse fondée sur l’étude des proportions, notamment celles du «nombre d’or» et du «Modulor» de Le Corbusier. «Je concevais toujours à l’instinct. Le nombre d’or était un outil de correction, la base de tous nos projets: architecture, intérieurs, meubles, objets. C’était un moyen de vérifier les proportions. Avec le temps, on finit par savoir l’appliquer les yeux fermés.» Quand a-t-elle réellement pris conscience de la magie que peuvent créer les proportions idéales? Elle se souvient avoir été impressionnée par un tabernacle, que le frère d’Ibens avait conçu selon le «nombre d’or». «Je crois que c’était la première fois que je le voyais utilisé concrètement, pourtant il existe bel et bien depuis des siècles. Il s’agit d’une règle de proportion que l’on retrouve aussi dans la nature. Prenez la chapelle Ronchamp de Le Corbusier: deux rectangles au rez-de-chaussée, un au-dessus. Ce n’est rien, vraiment; et pourtant, dès qu’on y entre, on se met spontanément à prier même sans être religieux. C’est très curieux. Cette règle d’or a une influence directe et profonde sur ce que l’on ressent.»

CRÉDIT: CITY-FURNITU RE.

DESIGN EN MARGE

Bataille et Ibens ont transformé les intérieurs de maisons, de magasins et de bureaux, non seulement en Belgique mais aussi progressivement à l’étranger. Chaque fois, ils y intégraient du sur mesure: depuis la poignée de porte jusqu’à l’armoire, du plan d’éclairage jusqu’au sol. Souvent, le mobilier naissait «ad hoc», en fonction d’un projet. Claire Bataille: «Pour les meubles aussi, nous partions souvent de la fonctionnalité en tant que telle. Elle se suffisait à elle-même et n’avait besoin de rien de plus.» Leur commode iconique (1966), réalisée dans des couleurs primaires, en est un exemple. «L’architecte/artiste Luc Deleu a acheté le premier exemplaire. Et en 1969, Spectrum a intégré ce meuble dans sa collection.» Pour Bataille et Ibens, ce fut une percée internationale. Plus tard dans leur carrière, la table «H2O» pour Bulo est même devenue une icône du design. Pourtant, leur véritable cheval de bataille restait le design intégré: «Pour nos projets, nous concevions toujours tout: des tables, chaises, canapés et armoires jusqu’aux luminaires, poignées et tapis compris. Tout était dessiné en détail au bureau et exécuté par des artisans. Le design de meubles n’était pourtant pas notre priorité. Mais nous réalisions simplement les projets de A à Z. Nous aurions aussi bien pu commander un meuble ailleurs, mais le faire nous-mêmes avait quelque chose de plus audacieux»

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PA RCO U RS 1 9 4 0 : NA ISS A NCE À A NV ERS 1 9 56 : COM M ENCE L A NOUV EL L E FO R M ATION D’A RCH ITECTU RE D’ IN T É RIEU R À L’ACA D ÉM IE D ES B EAUXA RT S D’A NV ERS 1 9 58 : VIS ITE D E L’EXPO ’5 8 1 9 6 0 : S U IT U NE A NNÉE D’A RT M O N UM ENTA L À L’ACA D ÉM IE 1 9 6 1 – 1 9 65 : ENTREPREND D ES VOYAGES D’A R C H ITECTU RE, NOTA M M ENT AUX É TAT S -U NIS 1 9 6 6 : RÉA L IS E S ON PREM IER M EU B L E: UN E C OM M OD E ENS U ITE PROD U ITE PA R S PE CT R U M ( NL ) EN 19 6 9 1 9 6 8 : FONDATION D E «B ATA IL L E & IB E N S D ES IGN». PLU S D E 470 PROJ ETS R É A L ISÉS ET 27 7 M EU B L ES ET OB J ETS C O N Ç US . B ATA IL L E ES T RECONNU E PO UR S ES INTÉRIEU RS S OB RES ET É PUR É S, S ON AT TENTION AUX D ÉTA ILS , À L A LUM IÈRE ET À L’EXPÉRIENCE S PAT IA L E F I N D ES ANNÉES 198 0: D É V E LOPPEM ENT AV EC IB ENS D U «78 + »: UN M O D U L E D E J ONCTION CONÇU PO UR REL IER D ES S TRU CTU RES EN B O IS 1 9 9 4 : C OL L ECTION «H 2O» D E TA B L ES , C H A IS ES ET A RM OIRES D E B U REAU PO UR «B U LO» 1 9 9 6 : COM M A ND E POU R «S L EGTEN & TO E GEM A NN», V ERRES POU R « VA L - S A INT-L A M B ERT», COUV ERTS PO UR «WIS K EM A NN», CA NA PÉS POU R « D UR L ET», CU IS INES ET CH A IS ES POU R « O B UM EX» 1 9 9 8 : TA B L E ET B A NC POU R «A PPA RT» 2 0 0 1 : B OLS , LU M INA IRES ET AC C E SS OIRES POU R «WH EN OB J ECTS WO R K » A RT I S TES FAVO RI S: J EF V ERH EYEN, B R A M BOGA RT, LU CIO FONTA NA , D O N A LD J U D D, GUY M EES , S OL L E W IT T, LU C D EL EU, B ERND LOH AU S , DAV ID CL A ERB OUT, M A RTH E WÉRY, J UA N MU ÑOZ, PETER D OWNS B ROU GH , DA N VA N S EV EREN, A NN V ERONICA JA N SS ENS 2 0 1 2 : REPRIS E D U B U REAU «B ATA IL L E & IB E NS D ES IGN» PA R L’A RCH ITECTE L AUR E NCE VA ND ER ELS T, S OU S L E NOM D E « WAV E»


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Le minimalisme dans leurs projets a parfois été décrit par les critiques comme une «dématérialisation» ou une «absence présente». Comment? «J’ai toujours eu cette impulsion de débarrasser un espace de tout ce qui l’encombre», sourit Bataille. «De tout dépouiller. Plus l’espace s’allège et les circulations se libèrent, plus c’est l’espace lui-même qui s’exprime.» D’où venait ce besoin d’ôter les choses? D’une préoccupation personnelle peutêtre? Elle réfléchit. «C’est difficile à expliquer. Je n’aime tout simplement pas le bruit visuel. Pour moi, c’est le même principe universel que le «Less is More» de Mies van der Rohe. Il faut bien choisir ses matériaux et en tirer le maximum. Il ne faut pas surcharger. Aujourd’hui, le bruit visuel est encore plus présent qu’autrefois. Dans nos choix pour le contrer, nous veillions toujours à maintenir la matérialité tactile. Si l’on crée du vide, il faut aussi pouvoir y amener de la chaleur. J’aime la chaleur du bois et surtout du béton qui peut être très doux, je trouve.Tout dépend de ce qu’on en fait. Regardez comment Tadao Ando l’utilise.» L’ART COMME CONTREPOIDS

Ce qui rendait les intérieurs de Bataille et Ibens d’autant plus remarquables, c’était leur dialogue constant avec l’art. Après ses études d’architecture d’intérieur, Claire Bataille a suivi une année de cours d’art monumental. «J’ai toujours eu une forte attirance pour les arts plastiques. Avec mon père, j’ai visité une exposition de Rothko au Palais des Beaux-Arts en 1960. Ensuite, j’ai découvert Vasarely, Warhol et des galeries à Anvers telles qu’Ad Libitum de John Trouillard et la Wide White Space Gallery d’Annie De Decker, l’épouse de Bernd Lohaus. J’ai découvert Beuys et tout le groupe Zero dont Jef Verheyen était le protagoniste en Belgique.Verheyen est devenu un de nos meilleurs camarades. Nous avions un cercle d’amis libres d’esprit où j’ai pu m’épanouir. Intégrer l’art à nos projets a toujours été un réflexe instinctif.» L’art, dans son imperfection et sa brutalité, était-il alors pour elle un contrepoids nécessaire à la sobriété épurée de ses intérieurs? «Oui, tout à fait. C’était la situation idéale, celle que nous cherchions toujours à encourager.» Pour conclure, quels souhaits nourrit-elle pour l’avenir? «J’aimerais encore partager quelques belles années avec Yves, mon mari. Quand j’ai arrêté de travailler, j’ai tourné la page. Nous avons toujours envie de voyager bien sûr, mais ma santé décline. Je ne marche plus aussi bien qu’avant. C’est plus difficile et plus fatigant de visiter une ville, d’aller dans un musée, de découvrir de nouvelles transformations de bâtiments, comme nous le faisions autrefois. » A-t-elle un conseil en or pour les jeunes créateurs qui veulent suivre ses pas? Déterminée, elle répond: «Mon message serait: cherchez et découvrez par vous-mêmes! Évitez la mode et les tendances. Et travaillez! Travaillez dur, sinon vous n’arriverez à rien c’est certain. Vous rencontrerez beaucoup d’obstacles, de règles et de lois, mais continuez à chercher jusqu’à obtenir un résultat auquel vous croyez. Un résultat où l’homme est au centre et où l’expérience humaine de l’espace prime.»

V ÉR I TABLE B OUSS OLE DE « B ATAI L L E & I BEN S» , GUIDE CHAQUE CRÉAT I O N . C ES P R OPORT IONS HA RMONIE U SE S S’I M P OSENT D’E LLE S -MÊ ME S , COMME SI L’ESPACE AVAIT UNE INTUITI ON N ATU R EL LE DU JUST E É QUILIB RE .

CRÉDIT: RO FIRST INTL

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Des sofas tout moelleux, des lampes flottant comme des nuages, du bois recyclé et des textiles empreints de poésie: voici les créations design qui illumineront 2025. Et devinez quoi? Le lauréat est belge. Reportage: Iris De Feijter


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DAVID COLLINS STUDIO LOVESEAT KEW Q UO I? Un croisement entre une causeuse et un canapé romain avec, à chaque extrémité, un dossier d’angle et un coussin de section ovale. Ce meuble peut s’utiliser des deux côtés: idéal pour un hall d’entrée ou un dressing. Il fait partie de la London Collection-Act II, une série de neuf pièces comprenant également un ensemble de salle à manger, un bureau, une armoire et une chaise longue. L’ensemble de la série mêle influences italiennes et anglaises, tout comme éléments classiques et contemporains, avec une attention particulière portée au savoir-faire. Q UI? David Collins Studio a été fondé en 1988 par le designer du même nom. Décédé prématurément en 2013, il laisse derrière lui un studio toujours actif, actuellement placé sous la direction artistique de Lewis Taylor. Le studio est notamment connu pour ses projets dans le secteur horeca londonien, tels que The Wolseley, Bob Bob Ricard, The Artesian ou The Connaught Bar. Son portefolio comprend également des boutiques pour Jimmy Choo, Alexander McQueen et Vivienne Westwood. S IN GUL IER? Chaque meuble de la collection porte le nom d’un pont de Londres, comme Battersea, Hammersmith ou pour cette œuvre: Kew. C ITAT IO N ? Cette collection prolonge celle du même nom lancée en 2015. Nous y faisons référence, tout en y intégrant des idées nouvelles et des évolutions récentes. Kew, Promemoria, 2025, à partir de 11.250 euros. www.davidcollins.studio

DESTROYERS/BUILDERS Q U O I ? Une collection de trois tapis aux formes irrégulières, dans lesquels Linde Freya Tangelder -derrière Destroyers/Builders- associe fils de laine et jute. Née d’un jeu de papier et de ruban adhésif, la technique intuitive du collage donne vie à des tapis tissés à la main en Inde. Q U I? Linde Freya Tangelder s’est fait un nom avec des meubles sculpturaux en matériaux bruts. La designer néerlandaise -installée depuis plus de dix ans en Belgique- est l’un des visages les plus connus de notre pays en matière de design collectible, avec des expositions dans des galeries internationales et de renom telles qu’Aequo et Nilufar. R ÉF É RE NCE S ? Tangelder collabore également avec des marques de mobilier. Première designer «du pays» (néerlandaise, elle est installée en Belgique) à créer pour Cassina, qui a accompagné son exposition et sa monographie via le programme Patronage. Parallèlement, Dior lui a demandé de concevoir une chaise. Si vous avez déjà mangé chez Blueness, vous avez peut-être remarqué son imposant comptoir en bois, ses panneaux muraux en aluminium et ses seaux à glace. L’an dernier, Sabato a consacré un reportage à la maison-atelier brutaliste de Tangeler à Asse. SINGULIER? Le passage de Tangelder au textile n’est pas aussi radical qu’il n’y paraît car elle adopte une approche également très tactile pour ses objets en bois et en métal. C I TAT I O N ? «C’était ma première création en deux dimensions. Mais à mon sens, la texture du tapis en ajoute une troisième.» Monograph, CC Tapis, 2025, à partir de 3.385 euros. www.destroyersbuilders.com

CRÉDIT: DANIEL CO RTESE, ELINE WILLAERT.

TAPIS MONOGRAPH


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DUPLEX

CRÉDIT: COU RTESY OF DUPLEX .

COLLECTION DE MEUBLES WD 01 Q U O I ? Une collection de neuf meubles réalisés à partir de chutes de chêne provenant d’un fabricant de parquet. Chaque année, 4000 mètres de bois destinés à être jetés sont ainsi récupérés. Grâce à des formes basiques et des assemblages métalliques simples, les pièces de la collection peuvent être montées, démontées et réparées facilement, ce qui prolonge leur durée de vie tout en réduisant leur impact environnemental. La production est actuellement suspendue car le fournisseur a optimisé son flux de déchets. Q U I ? Un studio bruxellois fondé en 2020 par Aldo dalla Palma,Arnaud de la Haye, Gaston Golstein et Hippolyte Reverchon. D’abord actif en tant qu’agence de design produit et de communication, le quatuor a cessé cette activité en 2023 pour lancer sa propre marque de mobilier circulaire. Leur matière première: les flux résiduels et les rebuts industriels. Outre le bois, ils travaillent également le métal et le stratifié. Leur collection comprend notamment des lampes, des tables, des chaises, des bancs et des tabourets. Ils privilégient les collaborations B2B avec des architectes, des designers d’intérieur et des promoteurs, notamment pour des projets horeca et de bureaux. Les particuliers peuvent découvrir leurs créations dans quelques points de vente triés sur le volet, comme chez Merci à Paris. RÉ F É RE NCE S ? Leurs créations sont présentes dans divers établissements horeca, tels que le Wolf Food Market à Anvers, Wide Awake Coffee sur la place Flagey ou Alphonse à Uccle. CI TAT I O N? «Les designers traditionnels imaginent d’abord un concept puis cherchent les matériaux nécessaires. Nous faisons l’inverse: nous concevons à partir des flux résiduels industriels que nous trouvons et recherchons des matériaux dont les excédents sont significatifs.» WD 01, Duplex Studio, 2024, à partir de 235 euros. @duplex.studio


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ERWAN BOUROULLEC APPLIQUE MURALE MAAP

C I - D ESS OU S GRÂCE À L’A PPL IQ U E M UR A L E « M A A P», CONÇU E PA R ERWA N B O UR O UL L E C, IL FAUT IM AGINER U N N UAG E D E T E X TIL E Q U E L’ON PEUT M O D E L E R À S A GU IS E, S IM PL EM ENT AV E C S E S M A INS . U NE V ÉRITA B L E Œ UV R E D’A RT Q U I TRA NS FORM E VOTRE E S PAC E E N UN COCON CH A L EU REUX E T UN IQ UE . À D R OI T E L E CA NA PÉ «B UT TER» D E FAY E TO O G O O D S E PRÉS ENTE COM M E UN E S C UL PTURE V IVA NTE. IL CÉL ÈB RE AV E C É L É GA N CE L A S IM PL ICITÉ D’UN E PL AQ UE T TE D E B EU RRE F E R M IE R V E N UE TOUT D ROIT D ES C O R N O UA IL L E S.

CRÉDIT: PHILIPPE THIBAU LT.

Q U O I ? Une lampe murale en forme de nuage que l’on peut modeler soi-même grâce à une armature métallique rigide, recouverte d’un textile à l’aspect papier. Il s’agit d’une applique de très grande taille, mais étonnamment légère. Sa dualité: une forme libre que l’on façonne à la main et une géométrie stricte. La lumière diffusée à travers le tissu évoque celle d’une fenêtre ou d’une softbox de studio photo. Q U I? Le designer français Erwan Bouroullec a travaillé pendant des années en duo avec son frère Ronan, de cinq ans son aîné. Le New York Times les a salués comme «les designers français les plus influents depuis Philippe Starck». Après 25 années de collaboration, ils ont décidé, l’année dernière, de poursuivre leur parcours en solo et travaillent désormais chacun sous leur propre nom. Fait notable: ils font tous deux leurs débuts individuels chez la marque italienne d’éclairage Flos. R ÉF É RE NCE S ? Le canapé Ploum pour Ligne Roset, une pièce radicale composée uniquement de deux matériaux: une mousse ultra-souple et un tissu stretch.Avec leur élégante télévision Serif pour Samsung, ils ont libéré le salon de l’inesthétique masse noire traditionnelle. Ils ont également fait sensation chez Vitra, notamment avec leur séparateur d’espace Feather en plastique. Leurs créations figurent aujourd’hui dans la collection du MoMA à New York. CITATION? «Dans ma tête, c’était une lampe en papier. Malheureusement, le papier s’est révélé trop fragile. J’ai donc opté pour le Tyvek qui offre la même apparence, mais sans se déchirer.» Maap, Flos, 2025, disponible à partir de 2026, prix non communiqué.


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FAYE TOOGOOD

CRÉDIT: CO URTESY O F FAYE TOO GO O D.

SOFA BUTTER Q U O I ? Un canapé modulaire à la silhouette douce, surdimensionnée et sculpturale. Composé de sept éléments, il s’assemble selon les envies. Le sofa fait partie de la collection Bread and Butter, qui comprend également une table basse et une console. Q U I ? Si vous n’avez jamais entendu parler de Faye Toogood, c’est que vous avez probablement vécu dans une grotte ces dix dernières années. La designer londonienne -figure de l’avant-garde- touche à tout: intérieurs (magasins et habitations), mobilier, objets et même vêtements. Sa prédilection pour les formes sculpturales et son sens artistique font d’elle une voix innovante et anticonformiste qui fait de nombreux émules dans le monde du design. RÉ F É RE NCE S ? Sa création la plus célèbre est la Roly Poly Chair: un fauteuil corpulent, en forme de bol, reposant sur quatre pieds massifs entièrement réalisé en fibre de verre. S I N G U L I E R ? Aussi étonnant que cela puisse paraître, Toogood a réalisé les premières maquettes du canapé en utilisant du beurre fermier de Cornouailles. CI TAT I O N? «Je voulais créer un canapé aussi confortable et sensoriel que du beurre tendre. C’est en le modelant avec les doigts glissants de matière grasse que le sofa modulaire «Butter» a vu le jour. Pour moi, la beauté se trouve dans les choses simples du quotidien. Il suffit parfois de porter un autre regard sur la table du petit déjeuner: quelques tranches de mon pain au levain fait maison et une plaquette de beurre suffisent.» Butter, Tacchini, 2025, à partir de 11.700 euros pour un modèle à trois modules. www.fayetoogood.com


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FRANCISCO GOMEZ PAZ SALON D’EXTÉRIEUR ALMA Q U O I ? Bien qu’il ressemble à première vue à un salon d’extérieur ordinaire, il cache un ingénieux savoir-faire technologique. Des algorithmes auto-apprenants et des machines pilotées par ordinateur remplacent l’utilisation de moules coûteux. Résultat: un système flexible d’éléments modulaires en inox permettant de construire la structure. Le tissu en mesh élastique assure soutien et confort rendant tout rembourrage superflu. On peut cependant ajouter des coussins, confectionnés dans une fibre de polyester recyclée et biodégradable sans polyuréthane. Q U I ? Le designer argentin Francisco Gomez Paz vit et travaille à Milan depuis plus de 25 ans. Il collabore notamment avec Artemide, Driade, Danese, Lensvelt, Luceplan et Olivetti. Sa pratique du design s’appuie sur une excellente connaissance des matériaux et des technologies. S IN GU L I E R? Les meubles sont proposés en ivoire et gris foncé, mais les coussins peuvent être choisis dans toute la palette de couleurs et de tissus emblématique de Paola Lenti. C ITAT I O N? «Il y a huit ans, je voyais beaucoup d’architecture générée par algorithme et je me suis demandé si ce principe pouvait également s’appliquer au mobilier industriel. Quand on a une idée aussi peu conventionnelle, il faut collaborer avec une entreprise qui a du cran.» Alma, Paola Lenti, 2025, à partir de 4.535 euros. www.gomezpaz.com

GROND STUDIO Q U O I ? Ceci n’est pas un tabouret. En d’autres termes: ce n’est pas un simple meuble. Il fait en effet partie d’un projet artistique qui explore notre passé colonial et interroge la complexité de la notion de propriété culturelle. Il s’agit d’une réplique contemporaine d’un tabouret antique originaire du Bénin, arrivé en Belgique dans les années 1970. La pièce soulève des questions sur la manière dont les objets véhiculent des récits de pouvoir, de commerce et de patrimoine culturel. Elle nous invite à réfléchir à la signification et à la valeur des objets qui nous entourent. Q U I? Pieter Van Bruyssel a fondé Grond Studio en 2020. Spécialisé dans la terre crue et les enduits à base d’argile, il crée aussi bien des objets et du mobilier que des sols et des murs.Van Bruyssel associe des techniques séculaires à une connaissance nouvelle des matériaux et à une esthétique contemporaine. Il travaille en étroite collaboration avec des architectes, artistes, designers et scientifiques, dont de grands noms tels que Lionel Jadot et BC Materials. S IN GU L I E R? Baptist fait partie d’une collection croissante de tabourets similaires, tous moulés en plâtre de chaux et déclinés en 45 coloris. L’édition est illimitée: plus l’objet circule, plus l’histoire qu’il porte se diffuse. C I TAT I O N ? «Afin de souligner l’histoire qui se cache derrière chaque pièce, tous les tabourets reçoivent un prénom belge, voire catholique.» Baptist, Grond Studio, 2024, 840 euros. www.grond-studio.be

CRÉDIT: SE RGIO CH IMEN TI, ALE XANDER D’H IET.

TABOURET BAPTIST


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HANNES PEER FAUTEUIL EMMI

C I - D ESS OU S AV EC L E FAUTEU IL « E M M I» , H A N N ES PEER OUV RE U N N O UV E AU C H A PITRE POU R M INOT TI, L’ E M B L É M AT IQ UE M A IS ON D E D ES IGN ITA L IE N N E .

CRÉDIT: PAO LA PAN SIN I, ALEXANDER D’HIET.

Q U O I ? Un fauteuil généreux, inspiré des années 1970, avec de larges coussins accueillants et des pieds massifs. Un repose-pieds assorti est également disponible. Q U I? L’architecte italien Hannes Peer, originaire du Tyrol du Sud, a fondé son studio en 2009 à Milan, où il a également étudié au Politecnico. Il a travaillé notamment pour l’architecte Rem Koolhaas à Rotterdam. Il réalise aussi bien des intérieurs, comme récemment The Manner Hotel à NewYork, que des habitations privées. Parallèlement, il conçoit des meubles pour des marques, telles que Minotti, Baxter et La Chance, ainsi que des pièces exclusives diffusées via des galeries de design, comme Nilufar à Milan. R ÉF É RE NCE S ? Il y a deux ans, il a exposé en collaboration avec l’entreprise belge de pierre naturelleVan Den Weghe pendant la Milan Design Week. Sous le nom The Clearing, il a présenté 18 colonnes en travertin évoquant des paysages, des éléments architecturaux et même un buste. S IN GU L I E R? Ce fauteuil fait partie d’une première collection de vingt pièces que Peer a créée pour Minotti. Cette collaboration signe la renaissance de Minotti après la disparition de Rodolfo Dordoni. Peer -sans titre officiel- en est devenu l’un des piliers créatifs. C ITAT I O N? «Pour cette pièce, nous avons réalisé vingt prototypes. C’est vraiment fou mais c’était indispensable pour atteindre le résultat parfait, tant pour Minotti que pour moi. C’est devenu ma pièce préférée de la collection, je l’ai donc nommée d’après ma grand-mère Emmi.» Emmi, Minotti, 2024, 8.300 euros. www.hannespeer.com


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BEST INTERNATIONAL PRODUCT AT E L I E R K A N A L X O P E N S T R U C T U R E S P O U R S Y S T E M K A N A L

«CECI N’EST PAS UN PRODUIT, MAIS UNE INVITATION.»


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LE GAGNANT

À D ROITE LE S ME UBL E S DU NOUVE AU KA NA L-CE N T RE POMPIDOU NE SONT JAMAI S VÉ RITABLE ME NT ACHE VÉ S. I LS S E T RA NS FORME NT, SE DÉ MONT E NT E T SE RÉ ASSE MB LE NT À L’IN F I N I , ADOPTANT À CHAQUE FOI S UNE NOUVE LLE FONCT I ON . À GAUCHE CHRIST IA N E HÖGNE R (À GAUCHE ), FIGURE DE PROUE D’OPE NST RUCTURE S, AI N SI QU’AN FONT E YNE (AU MI L I E U ) E T FRA NCE SCA MA RTE L LO N O (À DROIT E ), ARCHIT E CT E S DE NOAARCHIT E CT E N, A P P O RT E N T UNE VISION INNOVANTE E T AUDACIE US E À LE URS PROJE T S.

CRÉDIT: PROFIRS T INTL .

L E S A B AT O D E S I G N A W A R D D A N S L A C AT É G O R I E « P R O D U I T I N T E R N AT I O N A L » EST DÉCERNÉ À SYSTEM KANAL: UN CONCEPT DE MOBILIER MODULAIRE. DÉVELOPPÉ PA R AT E L I E R K A N A L - L E S A R C H I T E C T E S E N C H A R G E D E K A N A L - C E N T R E P O M P I D O U E N C O L L A B O R AT I O N A V E C O P E N S T R U C T U R E S . E N T R E T I E N A V E C L ’ A R C H I T E C T E AN FONTEYNE ET LA DESIGNER CHRISTIANE HÖGNER À PROPOS DE MEUBLES EN «WORK IN PROGRESS», DE GARAGE DÉMESURÉ ET DE DÉCHETS.

Dans un an, ce sera chose faite: le 28 novembre 2026, KanalCentre Pompidou ouvrira ses portes à Bruxelles. Plus qu’un musée classique, l’ancien garage Citroën ambitionne de devenir une extension de la ville, un lieu où toutes les formes d’art et toutes les composantes de la population se rencontrent. Le potentiel est énorme: avec une superficie de près de 45.000 m2, ce sera l’un des plus grands bâtiments publics de Belgique. Les architectes chargés de la transformation: Atelier Kanal, composé des bureaux noAarchitecten (Bruxelles), Sergison Bates (Londres) et EM2N (Zurich), conçoivent également le mobilier des espaces publics. Pour cette mission, ils collaborent avec OpenStructures, une initiative bruxelloise qui a développé un

système de conception modulaire et collaboratif. Félicitations! Votre projet System Kanal est élu meilleur produit du moment. C H RIS TIANE HÖ GNER: «Nous sommes très honorés. Mais pour être honnête, ce que nous avons créé n’est pas un produit. Nous n’avons pas conçu du mobilier à proprement parler, mais une collection d’éléments que l’on peut assembler pour former des meubles évolutifs qui peuvent constamment changer de forme et donc de fonction. Les meubles sont toujours «in progress» et s’adaptent à de nouvelles situations. Ils ne sont donc pas seulement «du moment» mais plutôt un point de départ, une impulsion, une invitation au changement.»


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«CO N Ç U C OM M E U N A LPHABET, SYST EM KANAL OFFR E LA L I B E RT É D’IN V E N TE R S ANS C ESSE DE NOUVEAUX M OTS ET D E N OUVELLES PHRASES.»

H ÖGN E R : «Tel un alphabet, «System Kanal» permet de composer sans fin de nouveaux mots et de nouvelles phrases. Vous voulez une table de ping-pong? C’est possible. Un boulanger s’installe? On fabrique le comptoir. C’est un système ouvert et non fermé. Les meubles spécifiques deviennent vite obsolètes, et donc des déchets. Si dans deux ans, tout le monde achète ses billets en ligne, les guichets pourront être transformés en bancs ou en tables hautes, par exemple.» Où avez-vous trouvé votre inspiration? FO N T E Y N E : «Nous avons beaucoup appris du bâtiment existant: l’immense garage est composé de petits éléments en acier, un peu comme un «Meccano» à échelle réelle. Avec un minimum de matériaux, on a construit un bâtiment vaste et robuste. Cette philosophie nous a également inspirés pour System Kanal. Cela semble simple mais c’est une conception très poussée dans laquelle les matériaux et le travail sont optimisés.» @ AT EL I ER K A N A L , W W W. N OA A R C H I T ECT EN . N ET

C I - C ONTRE L ES M EU B L ES D E SYS TEM K A NA L T R A N S FORM ENT CH AQ U E V IS IT EU R EN ACTEU R D U M US É E.

CRÉDIT: PRO FIRST INTL .

Pour qui concevez-vous? AN FONTEYNE: «Pour nous, la question n’est pas tant de savoir «comment les gens visiteront le musée» mais plutôt «comment leur permettre de s’approprier le bâtiment», par exemple en déplaçant les meubles là où ils en ont besoin ou même en les adaptant à leurs souhaits. Le premier ensemble de meubles est une amorce. En collaboration avec le maître d’ouvrage, nous avons défini ce qui était nécessaire à ce stade: des bibliothèques, des comptoirs, des panneaux de signalisation, des lampes, des tables, des bancs, une boulangerie et un bar. Nous savons que ces besoins évolueront avec le temps. Ce système permet alors de démonter les meubles et de recomposer autre chose à partir des différents éléments indépendants.» Quelle est la philosophie du design qui sous-tend ce système? FO NTEYNE: «Nous voulons créer un espace public fort pour Bruxelles, un lieu ouvert à une transformation permanente. D’un point de vue philosophique, nous voulons célébrer l’inachèvement, l’incomplétude.»


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THE 100 DESIGN

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HARRY THALER CHAISES, TABLE ET LAMPES PRINTED NATURE

CRÉDIT: SAMU EL RO SPORT.

Q U O I ? Une collection de meubles en bois imprimés en 3D: deux fauteuils, une table et trois luminaires. Ils sont fabriqués en «econitWood»: un matériau zéro déchet composé de résidus de bois de scierie. Les meubles sont donc totalement neutres en CO2, mais ce matériau présente aussi d’autres qualités: il est insonorisant, isolant thermique et ignifuge. Q U I? Le designer italien Harry Thaler allie savoir-faire et innovation dans des créations où technologie et nature dialoguent harmonieusement. Après une formation d’orfèvre, il a étudié le design produit à Londres. Il s’est fait connaître en 2011 avec la «Pressed Chair», une chaise empilable ultralégère réalisée à partir d’une seule feuille d’aluminium emboutie et pliée. Il vit et travaille dans le Tyrol du Sud. R ÉF É RE NCE S ? Il collabore avec des labels de design internationaux dont les marques d’éclairage Pulpo et Davide Groppi. Parallèlement, il développe des projets d’architecture et d’intérieur, dont plusieurs chambres pour le Miramonti Boutique Hotel dans le nord de l’Italie. C ITAT I O N? «J’ai déjà conçu un vélo, un camping et un pont. Ce qui m’intéresse, c’est de créer des choses nouvelles. Si un constructeur automobile m’appelle demain, je dirai oui sans hésiter.» Printed Nature, Harry Thaler en collaboration avec econitWood, 2024, prix sur demande. www.harrythaler.it


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SA BATO

25.10.25

JONATHAN MUECKE TABLE ET CHAISES MUECKE WOOD COLLECTION QUOI? Une collection composée d’une table en bois et de chaises, avec ou sans accoudoirs. Elles semblent construites à partir de bâtons cylindriques et sont assemblées sans vis ni fixations apparentes. Les pièces sont proposées en chêne, noyer et frêne teinté noir. QU I ? Jonathan Muecke est un artiste américain dont le travail se situe à la croisée de l’art, du design et de l’architecture. Ses sculptures font référence à des archétypes du mobilier, tels que la table, la chaise et le banc, mais dont il interroge la forme et la fonction en jouant sur l’échelle et la proportion. Une approche à la fois conceptuelle et expérimentale. Formé à l’architecture, il a travaillé un temps pour le célèbre bureau suisse Herzog & de Meuron. R É F É R E N C E S ? En 2014, il a conçu pour la galerie bruxelloise Maniera une collection de mobilier inspirée de laVillaVan Wassenhove, une maison brutaliste en béton de Juliaan Lampens à Laethem-SaintMartin. Plus récemment, il a présenté une table d’appoint en bois chez Hay, sa première pièce pour la marque danoise. S I N G U L I ER ? Bien que le mobilier occupe une place centrale dans le travail de Muecke, cette collection pour Knoll marque sa toute première collaboration avec un éditeur. C I TAT I ON ? «Pour moi, une chaise ou une table n’est pas un simple objet utilitaire. Ce sont des formes qui rendent visibles l’échelle humaine et notre manière d’habiter physiquement l’espace.» Muecke Wood Collection, Knoll International, 2025, chaises à partir de 932 euros, tables à partir de 5.276 euros. www.jonathanmuecke.com

KONSTANTIN GRCIC

CRÉDIT: CO URTESY O F KNO LL , CO URTESY O F KONS TAN TIN GRCIC.

FAUTEUIL D’EXTÉRIEUR THING 02 Q U O I ? Un meuble polyvalent, libre et asymétrique, conçu pour être plusieurs choses à la fois: un fauteuil ou un banc, pour une ou deux personnes, mais aussi une table d’appoint ou simplement un endroit pour s’asseoir, travailler ou faire une pause. Le designer s’est inspiré d’un garde-corps de balcon pour concevoir l’accoudoir en acier galvanisé. L’assise, elle, est en pierre de lave de l’Etna. QU I ? Le designer allemand Konstantin Grcic, d’origine serbe, a étudié auprès du designer minimaliste Jasper Morrison pour lequel il a ensuite travaillé un certain temps. Le travail de Grcic partage l’esthétique épurée de son maître, mais avec une approche plus radicale et sans compromis. R É F É R E N C E S ? Sa «Chair One» (éditée par Magis), reconnaissable à sa coque ajourée et sa base en béton, est devenue une icône du design. Sa lampe «Mayday» (pour Flos) jouit d’un statut similaire. S I N G U L I E R ? Ce fauteuil marque le début de Grcic en tant qu’éditeur. En avril dernier, il a lancé son propre label de mobilier, baptisé 25KG, à l’occasion du salon de Milan. C I TAT I ON ? «Ce label est pour moi un moyen de concrétiser -et de vendre- des idées radicales qui ne quitteraient sinon jamais mon atelier. Je souhaite également lancer un débat sur le design, et peut-être même susciter la controverse.» Thing 02, 25KG, 2025, 3.100 euros. www.konstantin-grcic.com


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THE 100 DESIGN

25.10.25

KRIS VAN PUYVELDE PARASOL ANAMON Q U O I ? Anamon redéfinit entièrement ce que peut être un parasol. Contrairement aux modèles classiques, la toile disparaît complètement dans le pied donnant à l’objet l’apparence d’une sculpture. Mais il remplit aussi une double fonction: pendant la journée, le parasol s’ouvre comme une fleur ou une anémone de mer. Le soir venu, une fois refermé, il se transforme en lampe sur pied. Ce design innovant a déjà remporté deux Red Dot Awards. Son nom évoque l’anémone, mais aussi une contraction du mot grec «an» («contre») et du nom du dieu égyptien du soleil Amon. Q U I? Le designer Kris Van Puyvelde a fondé Royal Botania en 1992 avec un associé. À l’origine spécialisée dans l’importation de meubles en teck, la marque belge est devenue un acteur mondial de l’outdoor innovant. Ses créations se retrouvent sur des yachts de luxe, dans des hôtels étoilés et de prestigieux jardins privés. Parmi ses clients figurent Miley Cyrus, Bruce Springsteen ou encore le roi du Maroc. La formation d’ingénieur de Van Puyvelde se reflète dans ses produits innovants comme sa table de jardin intégrant un élément chauffant. C ITAT I O N? «L’idée m’est venue en observant des anémones de mer s’ouvrir et se refermer, lors d’une plongée. À peine sorti de l’eau, j’ai commencé à dessiner.» Anamon, Royal Botania, 2025, 2.995 euros, disponible à partir de novembre. www.royalbotania.com

C I - D ESS OU S DE J OU R, PA RA S OL ; D E N UIT, Œ UV R E D’A RT LU M INEU S E: « A N A M O N » , L A CRÉATION D U D ES IGNER K R IS VA N PUY V EL D E, RED ÉFINIT AV EC AUDAC E L E S C OD ES D U D ES IGN

CRÉDIT: COU RTESY OF ROYAL BOTAN IA .

E X T É R IE UR.


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SA BATO

MICHAËL VERHEYDEN

CRÉDIT: CAFEINE.

LAMPE DE TABLE TIBU Q U O I ? Une lampe de table composée d’un pied en bronze et d’un abat-jour tressé. Elle fait partie d’une collection de huit pièces dessinées par MichaëlVerheyden à la demande du domaine de Bokrijk. Pour chaque objet de la collection, il a collaboré avec un artisan local: ici, l’atelier de vannerie De Ratelaar. Jeanny Bouwen et son fils Jefke Geysels ont réalisé l’abat-jour selon une technique de tressage traditionnelle pour un résultat résolument contemporain. Q U I ? Le designer belge MichaëlVerheyden a commencé par créer des sacs à main mais s’est rapidement orienté vers l’univers de la maison. Cela fait plus de vingt ans qu’il trace sa route avec une approche singulière, puisqu’il est non seulement designer mais aussi éditeur de ses propres créations. Il décrit celles-ci comme «des objets hors du commun pour des rituels communs». Dans son travail, il privilégie la simplicité, le savoir-faire et des matériaux durables comme le bronze, le marbre ou le cuir. RÉ F É RE NCE S ? Il est surtout connu pour ses petits objets décoratifs comme ses photophores en albâtre ou en marbre ou encore ses ustensiles de cuisine. Il conçoit également des lampes et du mobilier. CITATION? «L’échange d’idées et de techniques est l’un des aspects les plus intéressants de notre métier. Créer avec des artisans locaux quelque chose de nouveau, qui soit à la fois innovant et porteur de sens, c’est pour moi l’essence même du design.» Tibu, VAKlab x Michael Verheyden, 2025, 3.500 euros. www.michaelverheyden.be

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THE 100 DESIGN

25.10.25

MULLER VAN SEVEREN MOBILIER DE JARDIN COSIMO DE’ MEDICI QUOI? Une collection de mobilier d’extérieur conçue pour le jardin des agrumes de laVilla Médicis à Rome. Ce lieu chargé d’histoire -qui abrite l’Académie française- fait l’objet depuis quelques années d’une rénovation d’envergure. L’architecte-paysagiste belge Bas Smets signe la nouvelle conception du jardin. Les tables et les chaises (longues) de Muller Van Severen ne sont toutefois pas exclusivement destinées à ce jardin; elles sont également éditées par la marque française de mobilier d’extérieur Tectona et donc disponibles à la vente. QU I ? Impossible de ne pas connaître Muller Van Severen. Depuis leur première collection de meubles en 2011 pour la galerie Valerie Traan, le duo belge formé par Fien Muller et Hannes Van Severen s’est imposé avec brio sur la scène du design. Ils collaborent aujourd’hui avec de grandes marques de meubles, telles que Hay, Zanotta, BD Barcelona, Bitossi ou encore CC Tapis. L’an dernier, ils ont exposé chez le galeriste TimVan Laere. Leur style? Beaucoup de couleurs, des formes ludiques et des lignes épurées. R É F É R E N C E S ? Le polyéthylène coloré traverse leur œuvre comme un fil rouge. Leur set de planches à découper -à accrocher comme un tableau mural- est iconique. Mais on retrouve aussi ce matériau sous forme d’assise, de dossier et d’étagère. Leurs meubles multifonctionnels, tels qu’une table avec lampe intégrée ou une bibliothèque avec fauteuil, sont également marquants. C I TAT I ON ? Pour ce projet, nous nous sommes directement inspirés du lieu. Les extrémités pointues des lattes métalliques font écho aux formes triangulaires du jardin et aux motifs en losange de la Villa Médicis.» Cosimo de’ Medici, Info, Tectona, 2024, à partir de 490 euros. www.tectona.net

PATRICIA URQUIOLA RÉFRIGÉRATEUR MANTLE QU OI ? Un réfrigérateur qui n’en a pas l’air, c’est ainsi qu’on pourrait décrire cette création signée Patricia Urquiola. Avec son habillage en carreaux de céramique, il évoque davantage un buffet. Ce design s’inscrit dans l’idée que les espaces de vie revêtent plusieurs fonctions. Le réfrigérateur devient donc un meuble indépendant, qui peut tout aussi bien trôner dans le salon ou à côté du lit. Il s’invite même dans la salle de bains, parfait pour les produits de soin et le maquillage. Chaque tiroir peut être réglé à une température différente. Outre cette version en céramique, le modèle existe aussi en finition bois. Trois modèles sont proposés, dont un conçu pour s’intégrer sous un plan de travail de cuisine standard. Q U I ? Patricia Urquiola est une designer, architecte et décoratrice d’intérieur espagnole qui vit et travaille en Italie. Figure majeure du monde du design contemporain, elle dirige un studio d’envergure internationale. Outre des meubles pour des marques, telles que B&B Italia, Cassina et Kettal, elle conçoit également des projets d’architecture intérieure, dont l’hôtel Six Senses qui vient d’ouvrir ses portes à Rome. Son style éclectique et coloré est immédiatement reconnaissable. CITATION? «Je suis fascinée par une société en perpétuelle transformation, qui invente de nouveaux modes de vie. Je questionne les idées classiques sur le lit, le canapé ou, ici, le réfrigérateur. J’explore comment ces objets peuvent rendre la vie plus facile.» Mantle, Signature Kitchen Suite, 2024, à partir de 15.730 euros. www.patriciaurquiola.com

CRÉDIT: COU RTESY OF MU LLER VAN SEV ERE N, CO URTESY OF PATRICIA U RQU IO LA / SKS .

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CRÉDIT: BENN IN G & GLADKOVA , NEVILLE S UKH IA , C OU RTESY O F JAIPU R RU GS.

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SA BATO

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RICHARD HUTTEN TAPIS PLAYING WITH TRADITION Q U O I ? Une collection de neuf tapis qui marient motifs ancestraux et savoir-faire traditionnel avec un design contemporain et une touche d’humour. On y retrouve des motifs floraux ou géométriques classiques, mêlés à des confettis ou des bananes cartoonesques. Les tapis en laine et en soie sont tissés de manière traditionnelle dans l’État indien du Rajasthan. Q U I ? Le designer néerlandais Richard Hutten est l’une des figures majeures du Dutch Design, un courant révolutionnaire et conceptuel qui a bouleversé la scène du design au début des années 1990. En 1993, il a cofondé le label néerlandais Droog, vitrine emblématique de ce mouvement. RÉ F É RE NCE S ? Son travail est résolument ludique. Bon nombre de ses créations sont devenues iconiques, comme sa «Table Chair» créée pour Droog Design ou encore son mug pour enfant en plastique «Dombo» et sa lampe «Blossom» pour Moooi. PA RT I CU L ARI TÉ? En 2007, Hutten avait déjà créé une collection de tapis du même nom, où des motifs figuratifs classiques se fondaient progressivement en rayures abstraites. CI TAT I O N? «Pour moi, jouer c’est expérimenter, agir sans réfléchir. Mais c’est aussi une source de plaisir, de bonheur et d’optimisme. C’est dans le véritable jeu que naît l’innovation. Et si l’on y ajoute la tradition, on obtient quelque chose qui rend hommage à l’histoire tout en regardant vers l’avenir.» Playing with Tradition, Jaipur Rugs, 2025, à partir de 6.020 euros. www.jaipurrugs.com


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THE 100 DESIGN

25.10.25

SABINE MARCELIS Q U O I ? Un canapé lisse (comme son nom l’indique) composé de plusieurs éléments indépendants, tels qu’un dossier, une assise en îlot et un pouf. Tous les éléments arborent des formes organiques et peuvent être combinés à l’infini, selon le contexte. La flexibilité est au cœur de ce design. Q U I? Sabine Marcelis est une designer néerlandaise qui a grandi en Nouvelle-Zélande. Elle est aujourd’hui l’une des figures majeures du design contemporain. R ÉF É RE NCE S ? Il y a quelques mois, elle était rédactrice en chef invitée de Sabato. Elle est principalement connue pour son travail en résine synthétique. Elle s’est fait connaître, il y a une dizaine d’années, grâce à ses Candy Cubes -des cubes en résine synthétique sans jointure et aux couleurs acidulées- qui font désormais partie de la collection du MoMA à New York. S IN GU L I E R? Il s’agit du tout premier canapé commercial de Marcelis. Il s’inscrit dans le prolongement d’un fauteuil qu’elle avait conçu, deux ans plus tôt, pour le stand de la luxueuse marque de beauté La Prairie à Art Basel Miami. C ITAT I O N? «Mon premier sofa m’a obligée à utiliser des matériaux que je n’avais jamais employés auparavant. J’utilise généralement des matières dures mais, cette fois, je voulais allier souplesse et ergonomie dans une même forme fluide.» Sofa Lisse, La Cividina, 2025, à partir de 6.072 euros. www.sabinemarcelis.com

CRÉDIT: CLEO GO OSSENS , TITIA H AHNE.

SOFA LISSE


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SA BATO

25.10.25

STUDIO DAVID/NICOLAS FAUTEUIL À BASCULE LOULOU ROCK QU OI ? Ce fauteuil à bascule, initialement lancé en 2014 en édition limitée à douze exemplaires, est désormais produit en série. Ce meuble aux lignes géométriques épurées associe une structure en métal laqué noir, des détails en laiton et des accoudoirs en noyer. Q U I ? Le Libanais Nicolas Moussallem et le franco-libanais David Raffoul ont fondé ensemble leur studio David/Nicolas en 2011, avec des bureaux à Beyrouth et à Milan. Leur travail comprend aussi bien des objets -allant de pièces pour des galeries de design telles que Nilufar et Carpenters à des collections pour des marques comme Tacchini et CC Tapis- que des intérieurs résidentiels, commerciaux et horeca. Leur signature? Un style rétrofuturiste inspiré notamment de l’architecture locale traditionnelle, de la photographie, de la musique électronique et du grand répertoire du design italien. S I N G U L I ER ? La chaise portait à l’origine le nom de Loulou/ Hoda, un hommage à leurs deux grands-mères. C I TAT I ON ? «Un fauteuil à bascule comme celui-là toutes les grands-mères libanaises en ont un. Nous l’avons réinterprété pour notre génération: il est légèrement plus bas et se rapproche davantage d’un fauteuil que d’une chaise à bascule traditionnelle.» Loulou, Gallotti e Radice, 2025, 2 330 euros. www.davidandnicolas.com

STUDIO HABITS

CRÉDIT: CO URTESY O F DAVID / N ICO LAS, DIEGO LAU RINO.

LAMPE GRAMMOLUCE QU OI ? Une lampe de table sans interrupteur. Pour l’allumer ou l’éteindre, il suffit de poser des sphères en verre sur sa surface supérieure élastique. Le lycra extensible fait office à la fois d’interrupteur et de variateur. Les trois sphères fournies permettent de moduler la lumière: la plus petite diffuse une lumière douce et chaleureuse tandis que la plus grande produit un éclairage plus froid et plus intense. L’objectif? Dépasser la simple fonction utilitaire de l’éclairage pour proposer une expérience sensorielle flirtant avec l’alchimie. QUI? Le designer chinois Min Dong a étudié à la célèbre école de design Politecnico à Milan. Il travaille sous la bannière du studio italien de design Studio Habits réputé pour son approche technologique du design. S I N G U L I ER ? Le poids des sphères correspond exactement à l’intensité lumineuse en lumens: chaque gramme correspond à un lumen. La plus petite pèse 300 grammes, la moyenne 750 grammes et la plus grande 1,3 kilos. C I TAT I ON ? «Que se passerait-il si la lumière avait un poids? En associant ces deux concepts en apparence indépendants, on crée une expérience poétique et une esthétique unique.» Grammoluce, Martinelli Luce, 2025, 1.560 euros, disponible dès cet automne. www.habits.it


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THE 100 DESIGN

25.10.25

STUDIO TOOJ COLLECTION DE TABLES DUK

CRÉDIT: COU RTESY OF STU DIO TOO J.

QUOI? Une série de trois tables en bois recouvertes de «reishi», un matériau semblable au cuir, dérivé du mycélium. D’où leur nom: «Duk» signifie nappe en suédois. La collection comprend une table d’angle suspendue mais aussi une table basse et un socle, tous dans le même style surréaliste créant l’illusion des plis d’une nappe. La texture naturelle et la souplesse du «reishi» rappellent le textile, ce qui renforce encore l’illusion. Q U I? Studio Tooj est porté par Ashley et Johan Wilén-Jong, un couple international: lui est originaire de Suède, elle de Hong Kong. En tant que spécialiste de l’ébénisterie scandinave traditionnelle, il apporte à leur collaboration un savoir-faire artisanal. Elle, issue du monde du design, se charge de la dimension conceptuelle, narrative et engagée de leur travail. Ils vivent et travaillent ensemble à Stockholm. S I N G U L I E R ? La source d’inspiration de cette collection est le tableau de Salvador Dalí sur lequel une montre molle fond comme un camembert. C ITAT I O N? «Adolescent, j’étais fasciné par le surréalisme, en particulier par la façon dont Dalí pouvait rendre les objets du quotidien étranges et oniriques. Des années plus tard, cette série a vu le jour, animée par la même curiosité: comment transformer la dureté et la solidité en une sensation fluide et douce? Nous cherchons à créer une ambiguïté visuelle captivante.» Duk, Studio Tooj, 2024, prix sur demande. www.studio-tooj.com


CRÉDIT: CO URTESY O F VINCENZO DE COTIIS / CARPEN TERS WORKSHO P GALLERY.

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VINCENZO DE COTIIS TABLE DC2333 Q U O I ? Il serait presque irrespectueux de qualifier ceci de simple table. Avec ses quatre mètres de long, cette pièce flirte avec le statut de sculpture. Par sa forme, ses dimensions et ses matériaux: bronze patiné, onyx noir et fibre de verre recyclée peinte à la main. La table fait partie de la collection Archaeology of Consciousness. Pour cette série, De Cotiis s’est inspiré de l’architecture historique -et en particulier des arcs en plein cintre des bâtiments romains et Renaissance- qu’il déconstruit pour créer son propre langage formel. Q U I ? Vincenzo de Cotiis est un designer italien connu pour ses meubles aux patines picturales réalisés à partir de fibre de verre recyclée et de matériaux comme la pierre naturelle. Il ne produit que des pièces uniques, vendues par la Carpenters Workshop Gallery qui possède des succursales notamment à Londres, Paris, New York et Los Angeles. La galerie qualifie son travail d’artefacts d’une archéologie du futur. RÉ F É RE NCE S ? Les amateurs de mode connaissent peut-être la célèbre boutique Antonia. En plus des deux adresses milanaises, il a également signé les trois implantations chinoises. C I TAT I O N ? «Avec Archaeology of Consciousness, c’est un véritable voyage dans le temps qui commence. D’un côté, la collection redécouvre le passé en exhumant des formes et structures historiques. De l’autre, en projetant ces éléments classiques sur des idées contemporaines, elle regarde résolument vers le futur.» DC2333, Carpentersworkshop Gallery, 2023, prix sur demande. www.decotiis.it


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ACERBIS ACERBIS ALIAS ALIAS ////ARCO ARCO // ARPER ARPER // ARTEMIDE ARTEMIDE // ARTEK ARTEK B&B B&B ITALIA ITALIA ITALIA ////BROKIS BROKIS ALIAS ALIAS // //ARCO ARCO ARPER ARPER // ARTEMIDE ARTEMIDE // ARTEK ARTEK // //B&B B&B ITALIA BROKIS BROKIS CAPPELLINI CAPPELLINI CARL CARL HANSEN HANSEN /ARTEMIDE /ARTEMIDE CASALIS CASALIS /// CECCOTTI CECCOTTI CLASSICON CLASSICON CRUSO ALIAS ALIAS // ARCO ARCO // HANSEN ARPER ARPER ARTEK ARTEK // //B&B B&B ITALIA ITALIA /// BROKIS BROKIS CAPPELLINI CAPPELLINI ////CARL CARL HANSEN ////CASALIS CASALIS //CASSINA CASSINA //CECCOTTI CECCOTTI //CLASSICON CLASSICON /CRUSO /CRUSO CRUSO ACERBIS ALIAS ////ARCO / ARTEMIDE ARTEK ///B&B ITALIA DESALTO DESALTO DECLIC DECLIC ///HANSEN EMECO EMECO //////EXTREMIS FERMOB /////FIAM FIAM //B&B FLEXFORM /BROKIS /BROKIS FLOS CAPPELLINI CAPPELLINI // /CARL HANSEN CASALIS CASALIS ///////CASSINA CASSINA CLASSICON /ITALIA / COEDITION COEDITION ALIAS ALIAS // ////ARCO ARPER ARPER /EXTREMIS ARTEMIDE ARTEMIDE // /ARTEK 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TR H U BE R1 I0E0K D E S I G N

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De Courtrai à Taipei, de Bruxelles à Séoul: des lieux émergent, révélant la puissance émotionnelle de l’architecture et du design. Qu’ils soient enfouis, réinventés ou réaffectés, ces espaces témoignent d’une beauté et d’une durabilité remarquables. Reportage: Veerle Helsen et Thijs Demeulemeester


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SA BATO

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25.10.25

INTERNA TIONAL PUBLIC PLACES

CRÉDIT: XXX XX

Reportage: Veerle Helsen


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ANDRÉ FU STUDIO

CRÉDIT: CO URTESY O F CAPELLA TAIPEI.

HÔTEL CAPELLA TAIPEI, TAÏWAN Q U O I ? Taipei peut enfin se targuer d’avoir l’hôtel cinq étoiles qu’elle mérite: Capella Taipei, un établissement luxueux aux allures de maison de maître contemporaine. Les chambres sont signées André Fu, maître de la sophistication sereine. Du lobby, orné de portes en bronze et de paysages taïwanais; au Plume, un salon où l’on peut s’abandonner des heures à la lecture d’un journal ou d’un magazine, tout évoque ici une atmosphère résidentielle. Au-dessus, un escalier s’enroule, inspiré de la courbe d’un «arum» avec un fût central composé de 800 blocs de bois. L’enregistrement ne se fait pas dans le lobby mais dans le Living Room, au 14e étage. Un espace doté d’une piscine, bordée de parasols aux couleurs aubergine et orange, évoquant davantage une maison de vacances qu’un hôtel urbain. Même les plus petites chambres sont en réalité spacieuses: 48m2, panneaux de soie peints à la main, salle de bain en marbre et baies vitrées du sol au plafond avec vue sur la Taipei 101, l’ancienne plus haute tour du monde. Q U I ? André Fu, architecte et designer d’intérieur hongkongais, connu pour son style dit Relaxed Luxury: sobre mais riche en détails, alliant héritage asiatique et luxe contemporain. Il dirige son propre bureau: André Fu Studio. RÉ AL I S AT I O NS? La Villa La Coste en Provence, le Waldorf Astoria à Osaka et bientôt, le Claridge’s Spa à Londres. Il conçoit également des installations pour la marque de luxe Louis Vuitton. PA RT I CU L ARI TÉ? La fresque murale du salon -peinte par l’artiste française Elsa Jeandedieu- montre une pie bleue en plein vol, l’un des symboles nationaux de Taïwan. www.capellahotels.com


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SA BATO

25.10.25

AW ARCHITECTES

CRÉDIT: JEAN-PIERRE GABRIEL .

CENTRE D’ACCUEIL DE L’ARBORETUM, MARCHE-EN-FAMENNE Q U O I ? Outre la bière, Philippe de Spoelberch -héritier du groupe AB InBev- nourrit une autre passion: les arbres. Son nouveau terrain de jeu? Un arboretum de 73 hectares situé à Marche-en-Famenne, avec un centre d’accueil signé AW Architectes. Le bâtiment est enfoui dans une colline, avec un toit végétalisé si naturel qu’on le distingue à peine. Pourtant, il abrite tout un univers: un auditorium, un café, des bureaux et même une serre. Ce lieu pourrait figurer sans peine dans le prochain volet du Seigneur des Anneaux. Ici, la nature tient le rôle principal et l’architecture s’harmonise avec elle. Le toit, dissimulé sous une épaisse couche de terre et de pierre volcanique, devient une sorte de micro-paysage. Le jardin, tel un balcon suspendu, offre un panorama sur la vallée de la Famenne, jusqu’au bout des champs en contrebas. La collection muséale n’est pas en reste: le domaine abrite des milliers d’espèces d’arbres, de plantes, de fleurs et d’arbustes. Q U I ? Le bureau AW Architectes a conçu un projet qui s’intègre naturellement dans le paysage car il attire le regard sans jamais s’imposer. Une approche saluée cette année par un Wallpaper Design Award. PA RT I CU L ARI TÉ? Fraîchement implanté, le bâtiment attend encore que la nature l’enveloppe. Quelques saisons suffiront. www.arboretumdemarche.be


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THE 100 DESIGN

25.10.25

ATELIER KEMPE THILL X ANNO X BARO X SUMPROJECT X ALTU CENTRE DE RENCONTRE WINTERCIRCUS, GAND Q U O I ? Le Wintercircus denla ville de Gand (1894) a connu plusieurs vies: d’abord cirque, il a ensuite accueilli le Garage Mahy. Dans les années 1970, le rideau tombe et le bâtiment se retrouve à l’abandon. Depuis 2024, il renaît enfin de ses cendres, après de longues années de restauration. La célèbre rampe en spirale pour automobiles a été préservée et sert désormais de parcours de circulation. La coupole en fonte et le sol rouge du garage ont eux aussi retrouvé tout leur éclat. Le mot d’ordre des travaux: ne pas chercher à lisser mais à garder la rugosité, l’âme brute du lieu. Ne pas détruire en rénovant. Aujourd’hui, le Wintercircus est redevenu un espace ouvert et accueillant. Et quel espace! Les visiteurs s’y pressent pour ses restaurants branchés, sa boulangerie, sa terrasse sur le toit et ses événements. Le projet visait une intégration totale dans le paysage urbain: mission pleinement accomplie! Q U I ? Le concept architectural est signé Atelier Kempe Thill et aNNo, tandis que la réalisation a été confiée à Baro et SumProject. Oyo a assuré l’aménagement intérieur et la création du campus technologique, tandis qu’ altu et Studio Stories ont imaginé une décoration glamour pour le Bar Bassie. PA RT I C U L A R I T É ? Mention spéciale à NO4MAD et Erased Studio: le premier a imaginé le concept lumineux, le second a donné vie aux lettres. www.wintercircus.be

AXEL VERVOORDT Q U O I ? À Munich, le Bayerischer Hof est considéré comme la grande dame des hôtels. Parmi ses illustres hôtes? Michael Jackson, le Dalaï Lama et Lenny Kravitz, entre autres célébrités. Autrefois temple des lustres en cristal et de la démesure baroque, l’adresse respire aujourd’hui une zénitude apaisante depuis qu’Axel Vervoordt y a apposé sa signature discrète. Le maître belge du «wabi-sabi» (un concept esthétique japonais) y a imaginé des chambres où les tons terreux et le bois patiné remplacent l’or, où le lin et la lumière occupent le devant de la scène et où la sérénité s’impose naturellement. Q U I? Axel Vervoordt est designer, marchand d’art, curateur et l’un des esthètes belges les plus influents de ces dernières décennies. Son univers: un minimalisme empreint d’âme. R É A L I S AT I O N S ? Son site Kanaal à Wijnegem, son livre Wabi Inspirations ou encore les intérieurs qu’il a conçus pour des célébrités telles que Robert De Niro, Calvin Klein ou Kim Kardashian. PARTICULARITÉ? La Penthouse Garden Suite occupe tout le huitième étage. Le cadre: des murs aux nuances terreuses, des textiles en lin, des meubles en bois marqués par le temps et des baies ouvertes sur la ville, comme un tableau vivant. Dans un entretien accordé au Financial Times,Vervoordt confiait que l’hôtel avait même rédigé un guide «How to live here», destiné à expliquer aux hôtes que le luxe peut aussi se passer d’or et de paillettes. www.bayerischerhof.de

CRÉDIT: ELINE W ILLAERT, DANIEL SCHVARCZ.

HÔTEL BAYERISCHER HOF, MUNICH


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BAROZZI VEIGA X TAB ARCHITECTS MUSÉE ABBY, COURTRAI

CRÉDIT: STAD KORTRIJK , SIMONE MARCO LIN.

Q U O I ? Abby est le nouveau musée d’arts plastiques de Courtrai. L’ancienne abbaye de Groeninghe a été métamorphosée en un site ouvert agrémenté d’un parc urbain. Le nouveau pavillon attire tous les regards: une pyramide aplatie en brique foncée s’insère entre les murs historiques. Sous l’abbaye se déploient deux vastes salles d’exposition souterraines. À la fois sobre et audacieux, le musée Abby s’impose comme une présence singulière et rafraîchissante dans le paysage muséal. L’art y est exposé de manière accessible. Un peu comme le sentiment d’entrer librement chez un ami. Q U I ? Abby est une création des bureaux BarozziVeiga à Barcelone et Tab Architects à Gand. Ils ont insufflé une part d’émerveillement au musée et donné au site une touche contemporaine. Pendant le projet, ils ont également pu compter sur la collaboration de Koplamp Architecten. RÉ AL I S AT I O NS? BarozziVeiga a remporté en 2015 le prestigieux Prix Mies van der Rohe pour le compte de la Philharmonie de Szczecin, en Pologne. En partenariat avec Tab Architects, il a également remporté le concours pour le futur casino de Knokke-Heist. PA RT I CU L ARI TÉ? Le living du musée est un espace d’habitation imaginé par l’artiste Rinus Van de Velde, qui y a aménagé un décor fantasque, animé de meubles colorés et insolites où chacun est invité à s’attarder.Tous les deux ans, un nouvel artiste sera amené à réinventer l’espace. www.abbykortrijk.be

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BC ARCHITECTS X ASSEMBLE STUDIO CENTRE CULTUREL MAGASIN ÉLECTRIQUE, ARLES

CRÉDIT: MO RGANE REN OU.

Q U O I ? Ce bâtiment était à l’origine un atelier de maintenance pour les trains électriques de la SNCF, d’où son nom. Aujourd’hui, Magasin Électrique fait partie du Parc des Ateliers du centre culturel Luma, à Arles. Le bâtiment abrite l’Atelier Luma, un laboratoire de recherche dédié au design et à la durabilité. Sa rénovation est un manifeste d’architecture biorégionale: presque tous les matériaux proviennent des environs immédiats d’Arles et de la Camargue. Il s’agit souvent de produits recyclés ou de déchets industriels locaux. En d’autres termes, le bâtiment devient lui-même un prototype à part entière. Des fibres de tournesol de la plaine de la Crau ont été transformées en panneaux acoustiques, certains murs sont en pisé et des fragments des anciennes tuiles en terre cuite ont été employées comme revêtement mural. À ne pas manquer: le hall central, l’Agora, ouvert au public. Q U I? La rénovation est le fruit d’une collaboration entre Assemble Studio et BC Architects. Le premier est un studio londonien qui s’est notamment fait remarquer avec la rétrospective consacrée à Charlotte Perriand au Design Museum de Londres et fait également partie de l’équipe d’architectes chargée de rénover Mu.Zee à Ostende. Le second -l’un des trois piliers aux côtés de BC Studies et BC Materials- est pour sa part un bureau belge: BC signifiant Brussels Cooperation. Spécialistes de l’architecture biorégionale, ils explorent une autre manière de concevoir l’art de bâtir. PA RT I CU L ARI T É ? Littéralement chaque matériau utilisé ici constitue une particularité. www.luma.org/fr/arles


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BERNARD DUBOIS X VERENA HALLER HÔTEL THE STANDARD, BRUXELLES

CRÉDIT: SE NNE VAN DER VEN & EEFJE DE CO NINCK , CO URTESY O F THE STANDARD.

Q U O I ? The Standard débarque à Bruxelles. Son adresse? Les anciennes tours du WTC, près de la gare du Nord. Un emplacement peu vendeur sur le papier mais c’est justement tout le concept The Standard. Tout comme dans le Meatpacking District à New York ou à King’s Cross à Londres: les pionniers d’abord, les autres ensuite. L’architecte belge Bernard Dubois y a insufflé un subtil mélange de glamour des années 1930 et d’esthétique rétro des années 1980, assisté par Verena Haller, directrice du design du groupe The Standard. Au programme: bois laqué et murs mats, un bar rooftop d’inspiration Miami et une moquette tout droit sortie des eighties. Résultat: un hôtel à la fois bruxellois dans l’âme et résolument international dans le style. Q U I? Bernard Dubois a d’abord fait ses armes au sein du cabinet d’architecture OMA, avant de se faire remarquer à la Biennale d’architecture de Venise en 2014 avec un pavillon salué par la critique. Aujourd’hui, son portfolio comprend des projets résidentiels, des établissements horeca et des magasins pour des marques de luxe telles qu’Aesop ou Lanvin. R ÉAL I S AT I O NS? Le nouveau flagship store de Courrèges à Paris, la boutique Aesop à Bruxelles ou encore la collection d’objets qu’il a développée pour la galerie Maniera. PA RT I CU L ARI T É ? Détail ingénieux: les étages hôteliers alternent avec des niveaux de bureaux avec pour conséquence des plateaux vides la nuit et un silence garanti. www.standardhotels.com/brussels


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CAKE ARCHITECTURE

CRÉDIT: CO URTESY O F CAKE ARCHITECTU RE.

WELLNESS ARC, LONDRES Q U O I ? À Londres, le sauna est devenu le nouveau bar. Situé à Canary Wharf,Arc est un centre de bien-être urbain qui abrite le plus grand sauna collectif du Royaume-Uni (il peut accueillir plus de 65 corps en sueur). Ici, le soin du corps se vit comme une sortie en club: on transpire, on plonge dans des bains de glace et on se détend sur des banquettes en cuir rouge dans un chill-out pit. L’ambiance? Entre thermes romains et dancefloor londonien, avec des mocktails à la place des gin tonics. L’un des cofondateurs est Chris Miller, ancien directeur de Soho House, qui sait mieux que quiconque comment créer un esprit de communauté. Q U I ? Le cabinet londonien Cake Architecture se distingue par des projets conceptuels qui n’hésitent pas à bousculer les conventions. R ÉAL I S AT I ON S ? L’un de leurs projets les plus célèbres est Kricket Canary Wharf, un restaurant à l’atmosphère feutrée et théâtrale digne d’un tableau d’Edward Hopper. PA RT I C U L A R I T É ? Le salon, en forme d’amphithéâtre, présente des gradins encerclant une table monolithique en cèdre signée Simon Gaiger. Des miroirs bordés de LED et des luminaires dissimulés renforcent l’atmosphère mystérieuse du lieu. On se croirait presque sur une piste de danse. www.arc-community.com


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CHENG CHUNG DESIGN HÔTEL MANDARIN ORIENTAL QIANMEN, PÉKIN Q U O I ? Le Mandarin Oriental Qianmen à Pékin a été édifié sur les fondations d’un ancien «hutong», un petit quartier urbain constitué de ruelles étroites entre des habitations dotées d’une cour intérieure et qui forment le cœur de la capitale chinoise. L’agence Cheng Chung Design (CCD) a transformé 42 maisons historiques d’un hutong en un hôtel de luxe. Chaque maison conserve sa propre cour intérieure, avec chaises à bascule, cages à oiseaux et arbres centenaires. Presque chaque pierre, tuile et poutre a été préservée, renforcée et intégrée à nouveau. Chaque chambre est ainsi une petite maison à part entière, avec sa propre cour intérieure et sa propre histoire. Comme si l’on déambulait dans les ruelles de Pékin, en entrant à chaque fois dans un nouvel univers. Q U I? Fondée par Joe Cheng, CCD est un poids lourd international du design hôtelier, avec des bureaux de Shenzhen à New York. Sa signature: l’esthétique orientale en dialogue avec le luxe moderne. L’agence collabore avec de grands noms comme Hilton, Shangri-La ou Sofitel. PA RT I CU L ARI T É ? Le lobby s’ouvre sur un jardin miniature doté d’un bassin d’eau noire miroitante, de caillebotis en bois et de deux vieux arbres qui se dédoublent dans leur reflet. Un paysage d’encre mouvant, taillé pour la photographie. www.mandarinoriental.com

CIGUË X GEORGES BATZIOS ARCHITECTS QUOI? Ace Hotel redonne vie à l’ancien hôtel Fenix sur la Riviera athénienne. Son mot d’ordre: «from street to pool», avec un rez-dechaussée qui vous entraîne littéralement de la rue jusqu’à la piscine. À l’intérieur, on se croirait dans une galerie design: les espaces regorgent de pièces vintage rares: des luminaires Harvey Guzzini, des lampes «Mezzachimera» en verre opalin de Vico Magistretti ou encore des lampes de table «Eco» en métal de Luciano Annichini. L’inspiration et la surprise se dévoilent à chaque détour. Quant à la piscine, c’est l’endroit où il faut être et être vu. Q U I? Le design est le fruit d’une collaboration entre le studio français Ciguë et l’agence grecque Georges Batzios Architects. Le collectif local Back to the Future, chargé de dénicher des trésors vintage, mérite également d’être mentionné. R ÉAL I S AT I O NS? Basé à Montreuil, Ciguë travaille à la croisée de l’architecture, du design et de l’installation artistique. Son style conjugue une esthétique expérimentale et épurée, une forme de collage maîtrisée, sans l’effet de collage. Le studio a déjà signé des projets pour Aesop, Isabel Marant et Caudalie, et apporte ici cette même coolitude internationale sur la Riviera athénienne. PA RT I CU L ARI T É ? Des artistes locaux ont investi les chambres, le lobby et la piscine, insufflant à chaque espace une touche singulière. Le comptoir en marbre Dionysos de la réception est une œuvre d’Ilias Lefas, tandis que la façade principale arbore une oeuvre murale de Claire Manent. www.acehotel.com/athens

CRÉDIT: COU RTESY OF MO QIANMEN HOTE L , DE PASQ UALE & MAFFIN I.

ACE HOTEL ET SWIM CLUB, ATHÈNES


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CONTEKST CHOCOLATIER THE CHOCOLATE MAKER, GAND QU OI ? Dans la célèbre ruelle aux graffitis de Gand se cache une chocolaterie –mais sansWillyWonka. C’est là que Jannes Deduytschaever, sacré meilleur chocolatier de Flandre par Gault&Millau, a installé sa boutique-atelier. Le studio de design Contekst a transformé le rezde-chaussée, autrefois semblable à un bunker, en un espace désormais baigné de lumière. Au centre, la machine à torréfier trône telle une installation d’art contemporain. On y suit tout le parcours; de la fève à la praline. Béton et verre confèrent au lieu un aspect épuré. Le regard est aussitôt attiré par le comptoir en pierre naturelle sombre, posé sur une plinthe rouge vif, mêlant rudesse et élégance. Les pralines ne sont pas seulement exposées: elles s’offrent au regard comme de délicates œuvres d’art. Même la caisse –un iPad posé sur une sculpture- reste dans le ton. QU I ? Le studio anversois Contekst est connu pour l’hôtel Pilar à Anvers et l’ancien B&B Paloma à Ostende. Avec sa cuisine en inox, son carrelage de salle de bain rose et ses armoires laquées bleu vif, cet intérieur avait fait sensation sur Instagram. PARTICULARITÉ? La porte pliante d’origine, marquée par ses graffitis, a été conservée telle quelle. www.thechocolatemaker.be

DIMORESTUDIO

CRÉDIT: TIJS VERVECKEN .

TRAIN DE LUXE LA DOLCE VITA ORIENT EXPRESS, ITALIE QU OI ? Si vous aimez rêver, un détour par le compte Instagram de La Dolce Vita Orient Express s’impose. Ce nouveau train de luxe propose huit itinéraires à travers l’Italie, avec des haltes en Toscane, à Venise et à Portofino. Le velours, le laiton poli et les couleurs profondes diffusent une atmosphère de luxe feutré. Bois laqué, noyer, verre fumé et miroirs évoquent, quant à eux, le faste des trains d’antan. Conçu par le studio milanais Dimorestudio, le projet rend hommage aux grands maîtres du design italien du 20e siècle. On s’attendrait presque à croiser Giò Ponti ou Gae Aulenti au détour d’un couloir. Ici, l’intérieur n’invite pas seulement au voyage, mais aussi à la décélération. Q U I ? Dimorestudio s’est fait connaître avec la boutique Aesop de Milan, devenue virale, mais a également conçu des espaces pour Dior et Fendi. Outre ses projets résidentiels, commerciaux et hôteliers, Britt Moran et Emiliano Salci -le duo fondateur- créent également des meubles, des tissus et des luminaires. Ils se définissent comme des storytellers & experience builders, et la formule leur va à ravir. PA RT I C U L A R I T É ? En italien, Dimore signifie demeure mais évoque aussi de majestueux palazzi ou villas. C’est précisément ce sentiment de nostalgie et de racines historiques que Salci et Moran insufflent à leurs projets, avant d’y ajouter une touche résolument contemporaine. www.orient-express.com


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DOROTHÉE MEILICHZON HÔTEL COWLEY MANOR, COTSWOLDS

CRÉDIT: MR. TRIPP ER.

Q U O I ? Entrer au Cowley Manor, dans les Cotswolds britanniques, c’est comme plonger dans un conte de fées. Dorothée Meilichzon, designer française, a transformé ce manoir du XVIIe siècle en un univers onirique inspiré d’«Alice au pays des merveilles». Le célèbre motif en damier est omniprésent. La signature de Meilichzon est immédiatement reconnaissable: rotin aux couleurs vives, laques brillantes, tissus aux motifs géométriques dans des tons chauds et fer forgé sinueux pour les chaises et les tables. C’est -comme elle le dit elle-même- un «joyeux bordel»: une explosion de joie qui donne le sourire. En conservant portes, boiseries et fenêtres d’origine, elle a su préserver l’âme du lieu. À l’extérieur, un étang ovale s’étend, entouré d’arbres majestueux et de pelouses qui ondulent au vent. Selon la légende locale, c’est ici même que Lewis Carroll -en compagnie d’Alice Liddell- aurait vu un lapin blanc disparaître sous une haie. Q U I ? Dorothée Meilichzon est la fondatrice du studio parisien CHZON et partenaire attitrée d’Experimental Group, la chaîne visionnaire à l’origine du Cowley Manor. Elle a déjà conçu les intérieurs de plusieurs de leurs hôtels. R É A L I S AT I O N S ? Le Montesol Experimental à Ibiza ou l’hôtel Regina à Biarritz. House & Garden l’a élue Hotel Designer of theYear en 2023 et le site web Dezeen l’a couronnée Best Interior Designer of the Year l’année dernière. PA RT I C U L A R I T É ? Les tapis d’escalier sont parsemés de cœurs, un clin d’œil supplémentaire au Pays des merveilles d’Alice. www.cowleymanorexperimental.com


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25.10.25

FESTEN

CRÉDIT: CO URTESY O F HOTEL DU COUVEN T / FES TEN.

HÔTEL DU COUVENT, NICE QU OI ? Un couvent qui n’en est plus un. En plein cœur duVieuxNice, le Couvent de la Visitation, édifié au XVIIe siècle, renaît après quinze ans de restauration pour devenir un hôtel cinq étoiles. Le bâtiment en U -autrefois à l’abandon- a été complété par une aile contemporaine, harmonieusement intégrée à la structure d’origine. Aujourd’hui, on y déambule entre cloîtres et jardins intérieurs, parmi des meubles anciens et des canapés en velours vert foncé. Sous le couvent, un bain romain. En hauteur, trois piscines et un jardin d’herbes aromatiques que vous fera découvrir l’herboriste des lieux. Une boulangerie y fait cuire le pain, comme le faisaient autrefois les sœurs. Il n’y a pas de télévision et le silence est au rendez-vous. QU I ? L’hôtelier Valéry Grégo a dirigé la restauration architecturale en collaboration avec Studio Mumbai et Studio Méditerranée. Le studio d’architecture d’intérieur Festen a signé un intérieur d’une grandeur sobre: tables façonnées à partir de poutres vieilles de 400 ans, sols en terre cuite, teintes profondes et mobilier sur-mesure. Festen est également derrière des lieux emblématiques comme l’Hôtel Balzac à Paris ou Les Roches Rouges sur la Côte d’Azur. PA RT I C U L A R I T É ? Certains bureaux ont été fabriqués à partir de poutres vieilles de 400 ans qui soutenaient jadis le couvent. www.hotelducouvent.com


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THE 100 DESIGN

25.10.25

HERZOG & DE MEURON FLAGSHIP TOTEME, PÉKIN

CRÉDIT: COU RTESY OF TOTEME.

Q U O I ? Le flagship de la marque de mode Toteme à Pékin ressemble à une jupe plissée figée dans la pierre. La façade est un jeu de plis rythmé, comme si Herzog & de Meuron avaient traduit ce vêtement en langage architectural. À l’intérieur, le théâtre géométrique se prolonge: l’escalier -véritable sculpture- ne se contente pas de mener à l’étage; il insuffle du mouvement à l’espace.Tout semble animé, alors que rien ne bouge. Un univers graphique et audacieux, tel qu’on peut l’attendre des maîtres suisses de l’architecture. Q U I? Herzog & de Meuron ne sont pas des inconnus. Lauréats du prix Pritzker, ils dirigent une équipe de plus de 500 créatifs répartis entre Bâle, New York et Hong Kong. Leur portfolio est rempli d’une collection de chefs-d’œuvre de l’architecture contemporaine: musées, stades, temples de la culture et hôpitaux. R ÉAL I S AT I O NS? La Tate Modern à Londres, l’Elbphilharmonie à Hambourg ou encore le stade national Bird’s Nest à Pékin, autant de lieux qui contribuent à définir une ville. https://int.toteme.com


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SA BATO

25.10.25

JUNYA ISHIGAMI ZAISHUI ART MUSEUM, CHINE

CI- DESS US AU Z AISH U I ART MU SE U M, JUNYA IS HIGAMI ORCH E ST RE U N E FUSION AUDACIE US E E N T RE L’ E AU E T

CRÉDIT: ARCH-EXIST.

LE B É TON. À GAUCHE HE R ZOG & DE ME U RO N T RANS FORME NT LE MOT I F D’U N E J U P E PLISSÉ E E N UNE Œ UVRE DE P I E RRE POUR LA B OUT IQUE P H ARE DE TOT E ME À PÉ KIN.

QU OI ? Un bâtiment qui se laisse littéralement envahir par l’eau: le Zaishui Art Museum, signé Junya Ishigami, est un serpent de béton d’un kilomètre de long qui sinue à travers un lac artificiel situé dans la province chinoise du Shandong. L’architecte laisse l’eau pénétrer à l’intérieur, formant ainsi un paysage intérieur unique dans l’univers muséal. Ishigami décrit le musée comme un «gentle giant» avec une architecture à la fois imposante et apaisante. Pour concevoir ce musée, il s’est inspiré des canaux deVenise et des villages d’eau traditionnels chinois. QUI? L’architecte Japonais Junya Ishigami est connu pour ses projets éthérés, presque irréels, où nature et architecture se mêlent avec fluidité. Il a travaillé chez Sanaa, lauréat du prix Pritzker, avant de fonder sa propre agence. R ÉAL I S AT I ON S ? Le Serpentine Pavilion à Londres (2019) ou encore le pavillon japonais à la Biennale de Venise (2008). PA RT I C U L A R I T É ? Un chemin de béton, suspendu à quelques centimètres à peine au-dessus de l’eau, serpente à travers le bâtiment tel une ligne laissée par la montée des eaux. www.architecturelab.net/ zaishui-art-museum-junya-ishigami-plus-associates


THE 100 DESIGN

25.10.25

LAURA GONZALEZ HÔTEL CASA MONTI, ROME Q U O I ? À la Casa Monti, aucun détail n’est laissé au hasard. Ce charmant boutique-hôtel mêle la signature de la designer parisienne Laura Gonzalez à l’âme bohème du quartier Monti, à Rome. Gonzalez joue d’ailleurs avec les superpositions: motif sur motif, tissu sur tissu, mais sans jamais en faire trop. Le lobby est un tourbillon de couleurs, on peut compter sur des fresques peintes à la main, des fauteuils enveloppés de matières douces et une composition maximaliste mêlant antiquités et mobilier italien sur-mesure, pour donner le ton. Pourtant, jamais l’ensemble ne semble excessif ni surchargé. Murs d’escalier ornés de hiéroglyphes et tapis peuplés d’oiseaux: Gonzalez manie l’audace avec aisance. Avec son jacuzzi en marbre jaune, même le spa devient un décor théâtral. L’art est omniprésent, comme des personnages qui déambuleraient dans l’hôtel. L’ensemble respire la «sprezzatura», cette facilité feinte qui cache une maîtrise absolue. QU I ? Laura Gonzalez est réputée pour ses intérieurs exubérants obsédés par les motifs, où couleurs et textures s’entrechoquent avec panache. Pour ceux qui ne connaissent pas son travail, elle a publié l’an dernier une monographie de 256 pages chez Rizzoli, avev tout son univers condensé sur papier glacé. R ÉAL I S AT I ON S ? Des projets hôteliers français iconiques, comme l’hôtel Saint James Paris et le restaurant Lapérouse où elle revisite la grandeur classique avec un twist contemporain. PART I C U L AR I T É? Les vrais connaisseurs reconnaîtront à la Casa Monti les pièces de sa propre ligne de mobilier : des tabourets de bar aux canapés. Des pièces à la fois décoratives et affirmées, qui confèrent aux espaces une personnalité marquée. www.casamontiroma.com

LIONEL JADOT PROJET COLLECTIF MIX, BRUXELLES QUOI? Mix Brussels est situé dans l’ancien siège social de la compagnie d’assurances Royale Belge à Watermael-Boitsfort. Ce mastodonte brutaliste de 40.000m2 a été transformé en un lieu hybride mêlant hôtel, coworking, sport, bien-être, restaurants et food market. Là où les employés de la compagnie d’assurances passaient jadis leurs journées, on peut désormais organiser une réunion, nager, boxer, prendre l’apéro et même passer la nuit. La rénovation de cet iconique bâtiment cruciforme a été confiée aux architectes de Caruso St. John (Londres) et de Bovenbouw Architectuur (Anvers), tandis que Lionel Jadot en a façonné l’âme intérieure. QU I ? Le Bruxellois Jadot est connu pour son esthétique upcycling radicale. Il a fait du Mix un véritable projet collectif réunissant 52 créateurs -dont de nombreux jeunes talents belges- qui, pour la première fois, ont pu produire à grande échelle. R ÉAL I S AT I ON S ? Les hôtels Jam à Bruxelles, Lisbonne et, plus récemment, Gand. Lionel Jadot est aussi à l’origine de Zaventem Ateliers, une ancienne papeterie transformée en lieu de création partagé où plus de trente designers et artistes louent un espace de travail. PART I C U L AR I T É? Deux piscines, un club de sport avec salle en tatami, saunas et bains glacés vous attendent au sous-sol. Et bien sûr, le Fox Food Market où des stands culinaires mêlent saveurs bruxelloises et exotiques dans une ambiance résolument décontractée. www.mix.brussels

CRÉDIT: IN ÊS SILVA SÁ , COU RTE SY O F MIX , M R. TRIPPER.

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SA BATO

25.10.25

LOVERS UNITE

CRÉDIT: KORT HAVENS.

RESTAURANT BAR ÉTOILE, LOS ANGELES Q U O I ? Une esthétique scandi-chic, subtilement infusée d’influences californiennes; c’est ainsi que les designers de Lovers Unite décrivent leur création pour le restaurant Bar Étoile à L.A. L’intérieur, imaginé par ces créatifs locaux du design, s’inspire des bistrots français des années 1970, sans pour autant tomber dans le rétro. En point d’ancrage, un bar en forme de U en zinc brillant qui s’étend jusqu’au plafond, tandis que des panneaux de bois sur les murs apportent une chaleur équilibrante. Du design intérieur au branding, Lovers Unite s’est chargé de tout: la façade en mosaïque de verre, les menus, les enseignes lumineuses et l’identité visuelle, tout appartient au même univers cool. La nuit tombée, la façade s’illumine comme une invitation. QU I ? L’intérieur est signé Karen Spector (directrice artistique) et Alan Koch (architecte), duo à la tête de Lovers Unite -un collectif basé à L.A.- qui a conçu plusieurs restaurants dans la région. R ÉAL I S AT I ON S ? Ils sont surtout connus pour leurs projets dans l’hospitality et le résidentiel en Californie. Leur travail a été repéré dans Architectural Digest, Milk magazine,Vogue et Wallpaper. PART I C U L AR I T É? L’un des murs est entièrement orné de petites œuvres en céramique. En les regardant de plus près, on découvre des étiquettes de vin en trompe-l’œil minutieusement réalisées par l’artiste Anthony Dominici. Avec la lumière des bougies et les murs en bois, l’ensemble dégage un charme résolument cinématographique. www.baretoile.com


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25.10.25

LOW ARCHITECTEN HÔTEL TEDDY PICKER, BRUXELLES

CRÉDIT: SE VERIN MALAU.

Q U O I ? Que se passe-t-il lorsqu’on empile des blocs de béton pour en faire un hôtel? Ajoutez-y de larges fenêtres carrées, des terrasses envahies de verdure, et vous obtenez Teddy Picker, un joyau brut au cœur de Bruxelles. Réalisé en plusieurs phases et achevé l’an dernier, l’ensemble déploie ses chambres façon loft brutaliste dans le quartier Dansaert, incarnation même de la coolitude bruxelloise. Q U I? Avec Teddy Picker, le bureau anversois Low Architecten signe un véritable manifeste de béton; le brutalisme d’aujourd’hui. L’agence a conçu à la fois le bâtiment et son intérieur tandis que les designers de jardins «Janenlies» ont imaginé la végétation luxuriante des terrasses. L’équipe de Milk & Cookies a, quant à elle, orchestré l’aménagement des chambres et du restaurant. À l’extérieur, les volumes empilés ne passent pas inaperçus: l’immeuble d’angle semble littéralement se plier avec une présence sculpturale impossible à ignorer. R ÉAL I S AT I O NS? Low Architecten fait régulièrement parler de lui dans la presse pour ses projets résidentiels et bâtiments scolaires à forte personnalité. L’agence fait aussi partie de l’équipe qui assurera prochainement la rénovation du siège de la Banque nationale de Belgique. PA RT I C U L A R I T É ? Au rez-de-chaussée, le restaurant Kline attire la moitié de Bruxelles avec sa cuisine sans prétention mais regorgeant de personnalité. www.teddy-picker.com


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SA BATO

25.10.25

MAD ARCHITECTS

CRÉDIT: COU RTESY OF H UF TO N+CROW.

MUSÉE FENIX, ROTTERDAM

CI- DESS US LE S PE CTACU L AI RE MUSÉ E FE NIX À ROT TE RDAM E ST DOT É D’UNE DOUBLE HÉ LICE E N ACI E R E T SURNOMMÉ PAR LE S H ABI TAN T S: L A TORNA DE .

Q U O I ? Rotterdam s’est dotée d’un nouveau lieu spectaculaire: Fenix, un musée consacré à la migration, installé dans un ancien entrepôt portuaire. En son cœur, une double hélice en acier -une sorte de toboggan qui est en réalité un escalier- traverse le bâtiment et jaillit à travers le toit. Les habitants de la ville l’ont déjà surnommé la Tornade. On y grimpe en spirale sur 550 mètres jusqu’à une plateforme située à 24 mètres de haut, d’où l’on embrasse du regard la ville et la Meuse. Une architecture spectaculaire, imaginée par MaYansong et son agence Mad Architects. Plus qu’un escalier, c’est une sculpture narrative, une métaphore du mouvement, du choix, du voyage. Le musée s’élève dans le quartier de Katendrecht, là même où des millions d’Européens embarquèrent autrefois à bord des navires de la Holland America Line. Un pan d’histoire mondiale à l’ombre d’un escalier flamboyant. Q U I ? Ma Yansong est le fondateur du cabinet chinois Mad Architects. Ses bâtiments ondulent, se courbent et s’élèvent, comme s’il trouvait les lignes droites trop ennuyeuses. Sa signature? Une architecture futuriste et poétique d’acier et de verre. R ÉAL I S AT I ON S ? Les Absolute Towers au Canada -surnommées les Marilyn Monroe Towers- ou encore le Harbin Opera House en Chine. Et bientôt, le George Lucas’ Museum of Narrative à Los Angeles. PART I C U L AR I T É? La rampe et la plateforme sont recouverts de bois Kebony norvégien, évoquant le pont d’un paquebot. On imagine sans peine la scène: mouchoirs agités, derniers baisers, regards vers le quai qui s’éloigne. www.fenix.nl


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25.10.25

NICEMAKERS THE BRECON, ADELBODEN

CRÉDIT: MICH AE L SINC LAIR.

Q U O I ? The Brecon, situé dans le village de ski suisse d’Adelboden, ne ressemble en rien à un hôtel de montagne classique mais offre une relecture rafraîchissante du chic alpin. Installé dans un chalet des années 1960 entièrement rénové, l’hôtel tient plus du refuge design que de l’adresse montagnarde classique. Fauteuils Jean Gillon, canapés Vitra en bouclé, tapis noués à la main de la maison Layered, sols en pierre, plafond en bois et œuvres d’art sélectionnées par la galerie Bisou d’Amsterdam: chaque détail est bien pensé. Ce projet signé Nicemakers exprime presque littéralement le passé, tout en s’inscrivant pleinement dans son époque. Il y a toujours une touche vintage dans notre travail mais sans être rétro, ont récemment confié les fondateurs récemment dans les pages de Sabato.The Brecon est un hôtel culte pour lequel on fait volontiers un détour rien que pour en admirer l’intérieur. Q U I? Le projet est signé Nicemakers, le studio fondé à Amsterdam par Joyce et Dax Roll. Leur signature? Des intérieurs chaleureux et à plusieurs niveaux de lecture, où ancien et contemporain dialoguent avec naturel. R ÉAL I S AT I O NS? Nicemakers a déjà signé deux hôtels Hoxton à Amsterdam et est apparu dans la série Netflix «Amazing Interiors» avec un penthouse de 650m2 inspiré de Mad Men. Leurs projets font régulièrement la Une des médias internationaux consacrés au design et leur nom est devenu synonyme d’intérieurs sophistiqués et singuliers, mais dans lesquels on se sent immédiatement chez soi. PA RT I CU L ARI T É ? The Brecon fonctionne en formule tout compris: même le champagne du minibar est inclus. L’hôtel figure parmi les World’s Greatest Places 2025, la prestigieuse liste du Time Magazine. www.thebrecon.com


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25.10.25

OFFHAND PRACTICE

CRÉDIT: CO URTESY O F OFFHAND PRACTICE.

MEI YUAN CAFÉ, SHANGHAI

CI- DESS US DÉ COUVR E Z L E CAF É L E PLUS É COLOGIQUE DE SH AN G H AI : LE ME I YUAN CAFÉ , SI G N É OF F H AN D PRACT ICE . À GAUCHE T HE BRE CON , N I CH É DA NS LE CHARMANT VI L L AG E DE SKI D’ADE LB ODE N E N SUISSE , É VO QU E DAVANTAGE UNE RE T R AI T E DE SI G N QU’UN SIMPLE HÔT E L .

QU OI ? À Shanghai, la volonté de rendre les parcs plus accessibles s’incarne dans le Mei Yuan Café. Le pavillon, situé à l’angle nord-est du parc Meiyuan, a été construit autour d’arbres existants. De grandes baies vitrées s’étendant du sol au plafond prolongent visuellement la forêt à l’intérieur. Ici, tout s’articule autour de la brique grise brute et de la peinture texturée. L’idée: offrir un refuge où les visiteurs peuvent s’immerger dans la nature. QUI? Offhand Practice est une agence chinoise qui conçoit l’architecture en dialogue avec son environnement. Sa marque de fabrique: des structures légères et une attention constante portée à tout ce qui pousse, vit ou existe tout autour. R ÉAL I S AT I ON S ? Peut-être connaissez-vous le Déjà Vu Recycle Store à Shanghai, un grand magasin branché proposant vêtements et livres de seconde main. PART I C U L AR I T É? Ici, la nature est le véritable architecte. Le café offre une authentique exposition en plein air du cycle des saisons: les architectes ont planté dans la verdure environnante des plantes et fleurs qui s’épanouissent à différentes périodes de l’année. Lupins et sauge au printemps, agapanthes et marguerites en été, aralias en automne et fougères persistantes en hiver. www.offhandpractice.com


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25.10.25

OFFICE KERSTEN GEERS DAVID VAN SEVEREN ESPACE D’EXPOSITION KIN GALLERY, BRUXELLES

CRÉDIT: BAS P RINCE N.

Q U O I ? L’idée est aussi simple que surprenante: un carré posé au centre d’un espace aux parois courbes. Lignes droites et fluides se croisent créant ainsi deux zones d’exposition distinctes. La Kin Gallery, à Bruxelles, est un white cube à double lecture où les artistes peuvent jouer avec les contours ou s’en affranchir. Q U I? Office Kersten Geers David Van Severen porte le nom de ses deux fondateurs. Le duo s’est imposé sur la scène internationale, il y a près de vingt ans, en remportant un Lion d’argent à la Biennale de Venise dans la catégorie jeunes architectes prometteurs. R É A L I S AT I O N S ? L’iconique Solo House en Espagne, une structure circulaire intégrée dans le paysage montagneux et boisé; ou plus récemment, l’Aerospacelab Megafactory à Charleroi et le futur siège de la VRT (encore en construction). PARTICULARITÉ? La boîte n’est pas seulement un espace d’exposition: elle dissimule aussi tous les éléments techniques derrière ses parois blanches afin que l’art bénéficie de toute l’attention. www.officekgdvs.com


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25.10.25

OMA

CRÉDIT: BENO IT FLO RE NÇO N.

BOUTIQUE JACQUEMUS, LONDRES

Q U O I ? La maison de mode française Jacquemus et le cabinet d’architectes OMA ont recréé un petit coin du sud de la France au cœur de Londres. La boutique de New Bond Street –autrefois galerie d’art– ressemble à une maison de maître estivale. Sols en pierre beige façon place de village provençale, élégantes balustrades en fer forgé... le tout dans un bâtiment victorien. Des fauteuils de Josef Hoffmann aux céramiques signées Astier de Villatte, près de cinquante œuvres d’art et pièces de design transforment la boutique en mini-musée. Le jaune banane emblématique de Jacquemus apparaît ici et là dans les détails et les tissus, un clin d’œil ensoleillé parmi les tons neutres. Q U I ? OMA, créé en 1975, est un bureau d’architecture dont le cofondateur le plus célèbre est Rem Koolhaas. L’acronyme signifie Office for Metropolitan Architecture. Basé à Rotterdam, le cabinet est une voix influente dans les débats mondiaux autour de l’architecture et de l’urbanisme. RÉ AL I S AT I O NS? Le Kunsthal à Rotterdam, qui les a révélés à l’international; la Fondazione Prada à Milan, avec sa boîte dorée; ou encore l’hôtel Nhow à Amsterdam, reconnaissable à sa tour à trois volumes. www.oma.com


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25.10.25

PHILIPPE STARCK Q U O I ? À Metz, Philippe Starck a signé un trompe-l’œil architectural pour le moins surprenant: sur le toit d’une tour assez sobre, il a tout simplement posé une maison de maître classique, à l’image d’une demeure typique de l’architecture lorraine du 19e siècle. Une idée que seul Starck pouvait concevoir avec, bien sûr, l’histoire qui l’accompagne. Il a baptisé l’hôtel Maison Heler, du nom d’un résident imaginaire: Manfred Heler, qui, selon lui, hante les couloirs. Les visiteurs, -même non-résidents- peuvent rejoindre le restaurant (et bar) La Maison de Manfred en empruntant l’ascenseur jusqu’au sommet.À l’intérieur: murs vert foncé, fauteuils en cuir et atmosphère chaleureuse et intime, en contraste total avec la base abstraite du bâtiment. Aussi, bon à savoir, la Maison Heler se situe à quelques pas du Centre Pompidou-Metz. Q U I? Philippe Starck, aujourd’hui âgé de 76 ans, a conçu cet hôtel pour la Curio Collection by Hilton. Ara Starck, sa fille, a imaginé les surprenants vitraux qui baignent le restaurant dans une lumière de cathédrale. R ÉAL I S AT I O NS? Sans conteste, Philippe Starck est l’un des architectes (d’intérieur) et designers français les plus influents. Il a conçu l’iconique hôtel Delano à Miami dans les années 1990 ainsi que des classiques du design tels que la Louis Ghost Chair pour Kartell ou le presse-agrumes Juicy Salif pour Alessi. PA RT I CU L ARI T É ? Pour ce projet, Starck a lui-même écrit un roman: «La vie minutieuse de Manfred Heler» publié chez Allary Éditions. Un récit poétique qui donne vie à ce personnage imaginaire devenu le fil rouge de l’ensemble du concept hôtelier. www.starck.com

CRÉDIT: JU LIU S HIRTZBERGER.

HÔTEL-RESTAURANT MAISON HELER, METZ


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25.10.25

SHER MAKER BOUTIQUE AESOP, BANGKOK QUOI? Une boutique Aesop n’est jamais une simple boutique mais un récit taillé dans la brique, le bois ou le béton.À Bangkok, la marque skincare a ouvert sa toute première implantation indépendante en Thaïlande. L’agence locale Sher Maker a opté pour une palette de matériaux limitée comme le teck contre un enduit blanc brut, à la fois frais et doux. L’ensemble respire la sérénité et la spiritualité discrète. Chez Aesop, aucune boutique ne se ressemble: chaque projet est confié à des architectes locaux chargés d’ancrer l’espace dans son environnement, une forme de storytelling architectural. Q U I ? Aesop est connue autant pour ses produits que pour ses boutiques, qui sont souvent de véritables manifestes architecturaux. À Bangkok, la marque a délibérément fait appel à Sher Maker, le studio de Thongchai Chansamak et Patcharada Inplang, basé à Chiang Mai. Leur style d’une simplicité presque monacale puise dans les traditions et matériaux locaux. PA RT I C U L A R I T É ? Au centre de la boutique trône un lavabo à quatre bassins, taillés dans du granit. Le design fait référence aux krabadin, les foyers traditionnels thaïlandais qui servaient autrefois de point de rassemblement aux villageois. Ici, ce sentiment de communauté se réinvente autour d’un rituel de lavage des mains et de découverte de parfums. www.shermaker.com

STUDIO KO BAR À COCKTAILS ET RESTAURANT BAR DES PRÉS

CRÉDIT: COU RTESY OF AESO P BY STU DIO PERIP HERY, YANN DERET.

MONTAIGNE, PARIS Q U O I ? Après le succès de son premier Bar des Prés à SaintGermain des Prés, le chef Cyril Lignac a ouvert l’année dernière une seconde adresse rue Bayard, dans le huitième arrondissement de Paris. Non pas une copie mais une relecture: plus élégante, plus lumineuse, mais toujours avec ce mélange de chic parisien et de fantaisie qui fait du lieu un véritable point de ralliement. Pour Montaigne, Studio KO a opté pour un décor théâtral et chaleureux où le glamour du marbre italien côtoie boiseries en acajou, suspensions en rotin et tissus ornés de motifs de paon. Q U I ? Le duo parisien Studio KO collabore avec Cyril Lignac depuis vingt ans. Ils ont conçu son premier Bar des Prés, ses pâtisseries et même son appartement. R ÉAL I S AT I ON S ? Le musée Yves Saint Laurent à Marrakech dont la façade en brique travaillée en moucharabieh avait fait les gros titres de la presse internationale. PA RT I C U L A R I T É ? Ajoutez à cela une façade bleu nuit et vous comprendrez pourquoi les Parisiens s’y rendent avec empressement. www.bardespres.com


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25.10.25

STUDIO LUCA GUADAGNINO Q U O I ? Luca Guadagnino, cinéaste italien et architecte d’intérieur, prouve qu’il sait aussi ensorceler loin des plateaux de tournage. À Rome, il a transformé un palais du 16e siècle en boutique-hôtel. La grandeur du lieu a été soigneusement préservée: dans le monumental Magna Hall, des fresques du 18e siècle signées Gaspare Serenario resplendissent en dialogue avec un tapis spectaculaire conçu sur mesure par l’artiste Nigel Peake. Guadagnino a créé les espaces publics uniquement tandis que les chambres ont été confiées à Marianna Lubrano Lavadera (Mia Home Design Gallery) et Laura Feroldi Studio. Le résultat? Un hôtel à l’atmosphère résolument cinématographique. Q U I? Luca Guadagnino, réalisateur de «Call Me byYour Name» et, plus récemment, «Challengers», a fondé le Studio Luca Guadagnino en 2017. Sa signature? Des espaces qui dégagent une atmosphère particulière. Le Palazzo Talìa est, en outre, son premier projet hôtelier. PA RT I CU L ARI T É ? Le Magna Hall lui-même: fresques, proportions monumentales et cet immense tapis sur-mesure qui -tel un tapis rouge- mène à l’escalier central. Une entrée pensée comme une scène d’ouverture. www.palazzotalia.com

CRÉDIT: COU RTESY OF PALA ZZO TALIA .

HÔTEL PALAZZO TALÌA, ROME


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25.10.25


BEST INTERNATIONAL PUBLIC PLACE STU DIO A N N E H OLT R O P P O U R S I YA D I P E A R L M U S E U M

«LES MURS SE MÉTAMORPHOSENT DOUCEMENT, PASSANT DE L’ARGEN TÉ À UNE TEINTE DORÉE.»


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25.10.25

LE GAGNANT

CI- CONTRE LA FAÇA DE DU MUSÉ E E ST UNE INVITAT I O N AU TOUCHE R. E LLE SE DIS T INGUE PAR S E S RE L I E F S E T T E X TURE S , OFFRA N T U N E I NT E RPRÉ TAT ION VIVA N T E DE LA CULTURE LOCALE .

CRÉDIT: PROFIRS T INTL , CO URTESY OF STUDIO A NNE HOLTRO P.

À MUHARRAQ, VILLE ANCIENNE DE BAHREÏN, L’ARCHITECTE ANNE HOLTROP A TRANSFORMÉ PLUSIEURS BÂTIMENTS HISTORIQUES POUR CRÉER LE NOUVEAU SIYADI P E A R L M U S E U M . L E M U S É E E X P O S E D E S P E R L E S E T D E S B I J O U X , M A I S L E V É R I TA B L E JOYAU EST PEUT-ÊTRE LE BÂTIMENT LUI-MÊME.

Installé aujourd’hui à Bahreïn, le néerlandais Anne Holtrop a travaillé pendant huit ans sur ce projet. La façade porte déjà sa signature: pas de surface lisse mais une peau en relief. On aurait envie d’y passer la main. Le musée présente une architecture qui réfléchit autant aux matériaux qu’à la forme. Pour la restauration, Holtrop a utilisé une technique d’enduit en deux couches: l’une assez brute, l’autre appliquée à la spatule en tant que fine couche de finition. On pourrait parler de dessins aléatoires contrôlés. L’interaction entre les deux strates confère à la façade son propre ornement. «Je vois cela comme un geste matériel», explique Holtrop. «Nous cherchons comment les matériaux peuvent déborder

du cadre en les réinventant et en les appliquant de façon intuitive.» Les nouveaux murs font écho aux pierres de corail et aux enduits à la chaux de la structure historique, mais font revivre cette tradition d’une manière résolument contemporaine. L’ARGENT DEVIENT OR

À l’intérieur, l’expérimentation se poursuit. Dans la grande salle d’exposition, certains murs sont recouverts de feuilles d’argent qui réagissent à l’humidité et au sel présents dans l’air. Une manière, pour l’architecte, d’intégrer l’empreinte du lieu. «Les murs passent lentement de l’argent à l’or. Comme si le bâtiment témoignait lui aussi du temps qui passe.»


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25.10.25

«LES MATÉRIAUX LOCAUX SONT TRANSFORMÉS EN UN LANGAGE ARCHITECTURAL MODERNE ET VIBRANT.»

ITINÉRAIRE PATRIMONIAL

Le musée s’inscrit dans le Pearling Path: un itinéraire patrimonial retraçant l’histoire du commerce de la perle à Bahreïn. Tout au long de ce parcours, on découvre non seulement des bâtiments mais aussi des places, des points d’eau ou du mobilier urbain. Holtrop a participé à la conception et à la réalisation de cette promenade tout comme l’architecte paysagiste belge Bas Smets, d’ailleurs. OUVERT ET MULTICONFESSIONNEL

Le Siyadi Pearl Museum a reçu plusieurs distinctions dont le Monocle Best New Museum Award. Pour Holtrop, cette reconnaissance n’a pas seulement attiré des visiteurs, elle a aussi apporté de la nuance. «Je pense qu’il existe en Occident beaucoup d’idées fausses sur les pays arabes. Bahreïn est étonnamment ouvert, multiconfessionnel et progressiste.

Les femmes y occupent des postes élevés. Quand on visite ce pays, on est surpris car la réalité ne correspond pas aux idées reçues», explique-t-il. «Vivre et travailler ici a élargi ma vision du monde. Bahreïn accueille le changement. L’architecture est souvent tournée vers l’avenir et c’est formidable de pouvoir y contribuer.» TRANSPOSITION

Ce qui a convaincu le jury des Sabato Design Awards, c’est la manière dont les matériaux locaux sont transposés dans un langage architectural contemporain. Le travail d’Anne Holtrop est certainementy non conventionnel mais pourtant profondément ancré dans son contexte. Le Siyadi Pearl Museum est un bâtiment qui se patine lentement, qui évolue et respire avec son environnement. «Ce n’est pas un instantané», explique l’architecte. «C’est une architecture inscrite dans une temporalité continue.» Holtrop ne recherche pas la beauté dans la perfection mais dans la capacité des matériaux à évoluer avec le temps. W W W. PEA R L I N G PAT H . B H / EN

C I - C ONTRE À L’ IN T ÉRIEU R, L’A RGENTÉ S E M É TA MORPH OS E L ENTEM ENT E N D O RÉ, RÉV ÉL A NT A INS I L E T E MPS Q U I PA SS E D’U NE M A N IÈRE S U BTIL E E T É L ÉGA NTE.

CRÉDIT: CO URTESY O F STUDIO ANN E HO LTRO P..

Un détail à ne pas manquer: le matériau vitré de la lourde porte d’entrée. Le verre a été «moulé» sur un lit de sable, ce qui donne une nouvelle fois une texture et une matérialité singulières. Il laisse passer la lumière mais pas le regard.


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TAO LIBRAIRIE NUJIANG GRAND CANYON BOOKSTORE, CHINE

CRÉDIT: CRÉDIT: NU JIANG GRAND CANYO N BO O KSTO RE / AO GV ISION .

Q U O I ? La librairie Nujiang Grand Canyon Bookstore, dans le village chinois de Yangpo, occupe un site insolite: une plateforme d’observation inachevée. Trace Architecture Office y a installé une librairie sur trois niveaux en équilibre sur une pente abrupte.À l’intérieur, on circule le long d’un chemin en béton tandis que le canyon s’ouvre tout autour, sur trois points cardinaux.Véritable point de repère avant-gardiste, la librairie surgit au cœur des montagnes Gaoligong, dans le sud-ouest de la Chine. Flâner dans le bâtiment est une mini-expédition: passages étroits, volumes vertigineux, recoins inattendus puis soudain, une vue panoramique aérienne. À l’intérieur, on lit des romans parmi les nuages; à l’extérieur, la rivière compose la bande-son. Q U I? TAO est basé à Pékin. Leur approche: concevoir des bâtiments qui ne s’imposent pas comme des objets mais s’inscrivent en dialogue avec le paysage. Leur nouveau projet, la Dameiyong Winery, qui déploie une architecture monumentale dans un décor tout aussi spectaculaire, vient d’ouvrir ses portes au Tibet. PA RT I C U L A R I T É ? Deux lourdes portes en bois de camphrier, hautes de six mètres, s’ouvrent et se referment chaque jour, comme un rituel. www.t-a-o.cn


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TEO YANG STUDIO BOUTIQUE BIRCKENSTOCK, SÉOUL Q U O I ? La toute première boutique Birkenstock à Séoul ne se trouve pas dans un centre commercial clinquant mais dans un «hanok» traditionnel des années 1970. Le designer Teo Yang a épuré cette maison en bois jusqu’à l’essentiel puis y a apposé sa propre touche sereine. Poutres en bois, pierre naturelle et jeux de perspectives: le «comfort first» allemand s’intègre parfaitement dans ce décor coréen inspiré du zen. QU I ? Teo Yang travaille sur des projets variés, allant de musées à des restaurations résidentielles, tout en dirigeant un studio multidisciplinaire. C’est là que naissent aussi ses propres marques, comme Eastern Edition Furniture ou la ligne skincare Earth Library. Il possède également un label de parfums générés par l’IA. RÉALISATIONS? Sélectionné en 2022 dans la prestigieuse liste AD100 du magazine Architectural Digest, il a également été nominé aux Dezeen Awards 2025 en tant qu’interior designer of the year. www.teoyangstudio.com

VARIOUS ASSOCIATES

CRÉDIT: CO URTESY O F BIRKEN STOCK , SFA P ARCHITECTU RAL PH OTOGRAPH Y.

FLAGSHIP STORE DJI, SHENZHEN Q U O I ? Une architecture aussi brillante qu’un diamant: voici le flagship store de DJI, leader mondial des drones. Installé en bord de baie à Shenzhen, près de la frontière hongkongaise, le bâtiment de 4.000m2 sur quatre niveaux comprend un parc dédié aux tests de drones.Une façade géométrique où triangles et zigzags guident les visiteurs jusqu’au deuxième étage.À l’intérieur, un enrobage de lamelles en inox -imaginé parVarious Associates- filtre la lumière tout en formant un plafond futuriste façon origami. Des tables d’exposition inspirées des pales de rotor à l’éclairage, tout ici évoque le monde du drone. Au troisième étage se trouve la Hasselblad Experience Station, un espace partagé par DJI et une marque suédoise d’appareils photo, qui évoque davantage une galerie qu’une boutique. QU I ? Various Associates, fondée par Dongzi Yang et Qianyi Lin, est une agence chinoise à l’approche «out of the box» et au style résolument contemporain et expérimental qui conçoit des boutiques, des expositions, des espaces publics et des écoles. R É A L I S AT I O N S ? Leur nom vous est peut-être inconnu mais si vous souhaitez en savoir plus: recherchez sur Google J1M5 à Qingdao: un concept store pensé comme une valise avec un agencement sur rails entièrement modulable. PA RT I C U L A R I T É ? Le Horizon Hall est une salle géométrique de quinze mètres de haut conçue pour accueillir des événements, et dont l’architecture guide naturellement le regard vers le haut, comme lorsqu’on suit un drone qui prend son envol. www.various-associates.com


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TR H U BE R1 I0E0K D E S I G N

25.10.25

BELGIAN PRIVATE PLACES

CRÉDIT: XXX XX

Reportage: Thijs Demeulemeester


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25.10.25

AE ARCHITECTEN SL HOUSE, GAND Q U O I ? Une maison individuelle radicalement transformée, à Gand. À NOT E R? Les briques émaillées jaunes et la structure en béton brut coffré. Q U I ? Le bureau AE Architecten.

CRÉDIT: TIM VAN DE VELDE

CO NNU P O U R? Lauréats du Prix d’Architecture de Gand l’an dernier pour leurs habitations robustes. GE NI U S LO CI ? Dans les années 1980, cette maison individuelle avait été subdivisée en deux appartements. AE Architecten a été mandaté pour repenser cette transformation. «La construction s’étant avérée moins solide que prévu, nous avons érigé une nouvelle structure en béton», explique Jan Baes, cofondateur d’AE Architecten. «Cela nous a permis de créer un grand espace de vie ouvert, que nous avons structuré en différentes fonctions à l’aide de mobilier sur-mesure, comme un canapé, un îlot de cuisine et un bureau.Afin de renforcer le lien avec le jardin, nous avons percé de nouvelles ouvertures dans la façade, dont un angle composé de portes coulissantes vitrées.» Plutôt que de considérer l’intervention comme une révision complète, les architectes la voient comme une nouvelle strate ajoutée à la maison. Cela se lit clairement sur la façade, où les anciennes ouvertures ont été comblées avec des briques jaunes émaillées. «Nous considérons cette maison comme un «palimpseste»: un texte dont des passages originaux ont été réécrits, mais dont les qualités existantes ont été préservées.» www.ae-architecten.be


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25.10.25

AE STUDIO KB, GAND Q U O I ? Une villa des années 80 habillée d’une nouvelle enveloppe. À NOT E R? Le savoir-faire d’ateliers belges d’exception. Q U I? AE Studio. CONNU POUR? Les boutiques Café Costume,Wouters & Hendrix

et Lore Van Keer. G E N I U S LO C I ? «Ce qui rend ce projet unique? C’est que l’organisation même de la maison est restée inchangée. La maison a été construite en 1981 par Jean Zerck et Claire Mulder, un couple d’architectes qui s’est inspiré de l’architecture californienne», explique Arno Broeckhoven, cofondateur d’AE Studio. «Habituellement, notre agence d’architecture d’intérieur se distingue par une relecture complète de la circulation et de l’organisation des espaces. Mais ici, ce n’était pas nécessaire. Nous avons concentré notre intervention sur l’atmosphère, les matériaux et la tactilité.» Concrètement, AE Studio a joué avec brio sur les contrastes de structures et de textures, mêlant matériaux industriels et éléments naturels. Les façades de la cuisine, par exemple, ont été habillées de cuir encadré d’inox. «Grâce au maître d’ouvrage, nous avons eu la possibilité de collaborer avec les meilleurs artisans belges. La robinetterie en nickel brossé est signée RVB, la baignoire en céramique vient de Studio Loho, la finition des murs a été assurée par Aardig Gedacht et les carreaux sur-mesure proviennent de l’Atelier Franssens.» www.estudio.be

ANVERSA KA LODGE, CHIMAY

À NOT E R? La sérénité relevée de quelques touches cosmopolites à l’intérieur. Q U I? Anversa. C ONNU P O U R? La bijouterie Slaets sur le Meir, à Anvers. GENIUS LOCI? Pour un couple de globe-trotteurs,Anversa a transformé un pavillon de chasse isolé, situé près de Chimay. Inspiré par la série «Twin Peaks», le bureau anversois a évité tous les clichés du chalet ardennais: pas de plafonds à lattes ni de trophées de chasse mais un minimalisme chaleureux, agrémenté de touches design venues d’ailleurs, reflet du goût de la propriétaire. «Je l’appelle Ardennes 2.0», explique Kristof Goossens d’Anversa. «L’inspiration est locale mais le projet emprunte aussi aux cabanes canadiennes ou scandinaves.» De l’extérieur, le «lodge» noir apparaît comme une boîte sculpturale introspective. Mais à l’intérieur, tout est axé sur l’hospitalité, la générosité et la décontraction. Cette maison de vacances sereine peut accueillir et héberger plus de quinze personnes mais elle sert également de refuge privé pour ses propriétaires, qui viennent y profiter de la beauté de la nature et du calme. @anversa.architecture

CRÉDIT: TIJS VE RVE CKEN

Q U O I ? Un pavillon de chasse épuré à Chimay.


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25.10.25

ARJAAN DE FEYTER THE GREEN, ANVERS Q U O I ? L’appartement sur-mesure The Green. À NOT E R? Les nuances de rouge omniprésentes. Q U I ? Arjaan De Feyter, en collaboration avec Bold Architecten.

CRÉDIT: TIJS VE RVE CKEN.

CO NNU P O UR? Son minimalisme sur-mesure appliqué à l’architecture résidentielle haut de gamme, notamment pour les projets de VDD Development. GE NI U S LO CI ? Lorsque l’architecte d’intérieur Arjaan De Feyter a visité cet appartement neuf à Anvers, il l’a trouvé trop cloisonné. «De simples interventions cosmétiques n’auraient pas suffi à optimiser l’intérieur. Je commence toujours par travailler la répartition des volumes et la circulation. Ce n’est qu’une fois que ceux-ci sont adéquats que je passe aux matériaux», explique-t-il. «Comme le client a des liens avec le Portugal et l’Afrique, j’ai eu l’idée de décliner murs et sols dans des tons terracotta chauds. Un choix audacieux, qui a heureusement d’emblée enthousiasmé mon client.» Heureusement, l’intérieur ne repose pas uniquement sur les matériaux ou les couleurs. En ouvrant le plan d’origine, De Feyter a créé de nouvelles perspectives; c’est là qu’est le véritable upgrade de l’appartement. «Le maître d’ouvrage souhaitait également une chambre d’amis. Mais dans la pratique, ce type d’espace finit souvent en débarras ou en buanderie. J’ai donc conçu une bibliothèque avec un canapé-lit escamotable: une manière plus durable d’exploiter la surface disponible.» Avouez-le: quoi de plus agréable que de s’endormir entouré de livres? www.arjaandefeyter.be

C I - D ESSO U S A RJA A N D E F EYTER C O M M ENCE TOU J OU RS PA R IM AGINER L’AG E NCEM ENT D E L’ES PACE ET L A F LUID ITÉ D E L A CIRCU L ATION. CE N ’ E S T Q U’A PRÈS Q U’IL S E PENCH E S UR L E CH OIX D ES M ATÉRIAUX ET D E S C OU L EU RS . CET TE A PPROCH E A É GA L EM ENT ÉTÉ A D OPTÉE POU R L E PR O J E T «TH E GREEN» À A NV ERS .


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25.10.25

BENOÎT VIAENE WHERE MATTER INVITES TOUCH, KNOKKE Q U O I ? Une villa côtière à Knokke, pensée pour recevoir. À NOTER? La cuisine double face, habillée d’un «patchwork» de cuir. Q U I? L’architecte d’intérieur gantois Benoît Viaene. C ONNU P O UR? Sa récente collection de mobilier chez «Objects

With Narratives». G E N I U S LO C I ? «Les propriétaires aiment recevoir, et tout a été conçu en ce sens avec la cuisine comme élément central», explique BenoîtViaene, architecte d’intérieur et designer de mobilier. «Ce n’est pas seulement un endroit où l’on cuisine mais aussi où l’on partage un apéritif. C’est un élément d’intérieur chaleureux et convivial, notamment grâce à sa finition cuir.» Viaene a ouvert le plan d’origine de la villa cotière sans pour autant en faire un seul grand espace ouvert. Il a préféré créer des percées visuelles. «Il y a de l’ouverture, sans pour autant renoncer au sentiment d’intimité», explique Viaene. Son projet se distingue par le choix des matériaux: une cuisine habillée de cuir, un bureau en liège mais aussi un meuble-lavabo réalisé en carreaux sur-mesure signés «Atelier Franssens». Et dans le coin repas, les armoires intégrées sont revêtues de tapis turcs décolorés. Quant aux portes en bois,Viaene les sculpte lui-même dans son propre atelier. «Un intérieur doit gagner en beauté avec les années car tout se patine. C’est, pour moi, la clé d’un intérieur chaleureux.» www.benoitviaene.be

BORIS VERVOORDT PENTHOUSE, SITE KANAAL, WIJNEGEM Q U O I ? Un penthouse à Wijnegem. À NOT E R? Palazzo meets industrial chic. C ONNU P O U R? Le site Kanaal, des résidences privées pour Sting et Calvin Klein, des expositions collectives à Venise et une présence à des foires d’art comme la Tefaf. G E N I U S LO C I ? Déménager d’un appartement patiné de 400 ans au cœur d’Anvers vers un penthouse «casco» à Wijnegem: même pour Boris Vervoordt et son partenaire Michael Gardner, le changement a été de taille. L’agence Stéphane Beel Architecten a transformé les silos à grains d’une ancienne malterie, située au bord du canal Albert, en un complexe résidentiel dont Vervoordt et Gardner occupent l’intégralité du dixième étage. Ce penthouse unique de près de 500m2 -où se tiennent régulièrement réceptions et dîners- se déploie en une succession rythmée d’espaces publics et privés, de volumes ronds et rectangulaires, de salons sombres et lumineux, d’espaces muséaux et domestiques. «L’idée de vivre et de travailler sur un site où l’on est entouré d’art, de culture et de nature me stimule», explique Vervoordt. À l’aide d’œuvres d’art, d’objets singuliers et de matériaux riches en textures, Vervoordt et son équipe ont recréé l’atmosphère d’un palais vénitien... sur un ancien site industriel à Wijnegem. Pari relevé avec brio! @borisvervoordt

CRÉDIT: TIJS VERVECKEN , FREDE RIK VERCRUYSSE.

QUI? AxelVervoordt, en collaboration avec Stéphane Beel Architecten.


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25.10.25

AURELIE PENNEMAN MARTYRS, GAND QU OI ? Une maison de maître néoclassique «Martyrs» à Gand. À N OT ER ? La salle de bains aux détails ultra-sophistiqués.

CRÉDIT: DANIELLE SIO BH AN / STYLIN G DOO R STU DIO COLLECTED.

QU I ? L’architecte d’intérieur Aurélie Penneman.

CI- DESS US À GA ND, L’ARCH I T E CT E D’INT É RIE UR AURÉ LIE P E N N E MAN A SU MARIE R AVE C BRIO L E S É L É ME N T S ORIGINAUX E T LE S TO U CH E S CONT E MPORAINE S DA N S L E P RO J E T « MA RT YRS » . LE TOUT S’ H ARMON I SE PARFA IT E ME NT, S ANS L A MO I N DRE FAUSSE NOT E .

C ON N U E POU R ? La rénovation de la Villa Westhinder de Henry Van de Velde à Knokke et une collection de mobilier pour Obumex. G E N I U S LO C I ? S’il est quelqu’un capable d’allier luxe, confort et originalité, c’est bien Aurélie Penneman. Elle s’impose peu à peu, comme en témoigne sa première publication cet automne dans le magazine «Architectural Digest». Pour ce projet baptisé «Martyrs», le point de départ était une maison mitoyenne de style néoclassique datant de 1865. «Nous avons combiné les éléments d’intérieur d’origine avec des accents contemporains, sans créer de clash», explique Penneman. «Les occupants sont des jeunes qui ne voulaient pas d’une maison de maître classique mais un cocon chaleureux et élégant où se retirer.» Avec un respect sincère pour l’histoire du lieu, Penneman a conçu un intérieur dominé par le bois, les détails artisanaux, les formes organiques et les teintes «moody». Le point culminant? La salle de bains, véritable hommage à l’artisanat. www.aurelie-penneman.com


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25.10.25

DECANCQ VERCRUYSSE ARCHITECTS À TABLE, LAETHEM-SAINT-MARTIN

C I - D ESS OU S AV EC S ES PIERRES R É C UPÉ R É E S , C ET TE NOUV EL L E M A IS O N M O D E RNIS TE À L A ETH EM S A IN T - M A RT IN S EM B L E AVOIR TO UJ O UR S FA IT PA RTIE D U PAYS AGE. À D R OI T E À B RUXEL L ES , POU R L E C H ÂT E AU V D L F, L’A RCH ITECTE D IETER VA N D E R V E L PE N A S U D ONNER U NE N O UV E L L E V IE AU S TYL E B EAUX-A RTS E N L’ IN T E R PR É TA NT AV EC U NE TOU CH E C O N T E M PO R A INE.

CRÉDIT: PIET-ALBERT GOE THALS.

Q U O I ? Une construction neuve d’inspiration moderniste à Laethem-Saint-Martin. À NOTER? Les briques patinées de 300 ans, provenant d’une station d’épuration néerlandaise. Q U I? Le bureau Decancq Vercruysse Architects. C ONNU P O U R? Une architecture résidentielle haut de gamme. G E N I U S LO C I ? Les maisons nichées dans les bois de LaethemSaint-Martin peuvent parfois être sombres, sauf à la fin de l’automne et en hiver.Avec cette nouvelle construction, Decancq Vercruysse Architects prouve qu’il est possible de vivre en pleine nature tout en bénéficiant d’un intérieur baigné de lumière. Leur pavillon indépendant, aux accents japonais et américains, évoque même Frank Lloyd Wright avec son toit plat et ses auvents expressifs. Et ce n’est pas un hasard: l’un des maîtres d’ouvrage est d’origine américaine. La nouvelle maison a été construite en briques patinées âgées de 300 ans, récupérées dans une station d’épuration des eaux aux Pays-Bas. «Ces briques ont déjà connu toute une vie, et ça se ressent.», explique Emiel Vercruysse de Decancq Vercruysse Architects, un jeune bureau courtraisien déjà considéré comme l’un des grands noms de l’architecture résidentielle haut de gamme de Belgique. Ce projet à LaethemSaint-Martin était l’une de leurs premières grosses commandes et leur a ouvert les portes des cercles idoines. www.decancq-vercruysse.com


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25.10.25

DIETER VANDER VELPEN ARCHITECTS

CRÉDIT: PATRICIA GOIJE NS.

CHÂTEAU VDLF, BRUXELLES QU OI ? Une villa du 18e siècle en périphérie bruxelloise, entièrement réinventée. QU I ? Dieter Vander Velpen Architects. C O N N U P O U R ? Une architecture haut de gamme aux accents cosmopolites, avec une touche hôtelière. À NOTER? La réinterprétation contemporaine du «style Beaux-Arts». G E N I U S LO C I ? Château VDLF, une villa située en périphérie bruxelloise, constitue une exception dans l’œuvre de Dieter Vander Velpen Architects. Il ne s’agit pas d’une nouvelle construction haut de gamme regorgeant de détails minimalistes mais d’un bâtiment historique à la fois restauré et réinventé. L’architecte anversois a insufflé une touche de raffinement sans trahir le passé du lieu. La rénovation s’est révélée être un exercice d’équilibre entre préservation et remplacement. Les parquets et les moulures d’origine ont été restaurés avec soin, tandis que des matériaux nobles tels que marbre, bronze, daim et lin apportent une touche de luxe contemporain. Le ton est donné dès le hall d’entrée avec ses vitraux colorés; une maison accueillante, conçue pour recevoir. Les nuances vert-doré du salon, dominé par le portrait du premier maître des lieux, contrastent avec la sculpturale cuisine contemporaine en marbre Calacatta Vagli.À l’étage, des sols en chêne sombre, une bibliothèque intimiste et une suite parentale généreuse renforcent cette impression de luxe discret. www.dietervandervelpen.com


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25.10.25

DRIEARCHITECTEN MAISON B:O, COURTRAI

C I - C ON T R E « MA IS ON B :O» À C O URT R A I: « D R IEA RCH ITECTEN» A S U T R A N S FO R M E R U NE H A B ITATION D E R A N G É E C L A SSIQ U E EN Y A J OUTA NT UN É TAG E E N V ERRE S PECTACU L A IRE, C R É A N T A IN S I U N CONTRA S TE S A IS ISS A N T E T M OD ERNE.

CRÉDIT: KLAAS V ERDRU.

QUOI? Dans une maison de ville à Courtrai dont la toiture inclinée a été remplacée par un nouvel étage vitré. À N OT E R? Côté rue, la surélévation est à peine visible, mais sur les façades latérales et arrière, le volume s’avance de manière spectaculaire, créant un contraste saisissant avec l’église voisine. Q U I? Driearchitecten: le bureau fondé par Christophe Keirsbilck, Barbara Ostyn et Jan Tyvaert, basé à Roulers et à Gand. C O N N U P O U R ? Leur bureau est installé dans l’ancienne église désacralisée Saint-Joseph à Roulers. GENIUS LOCI? À l’ombre de l’église Saint-Michel de Courtrai, une maison mitoyenne classique a subi une transformation radicale. Le toit à deux versants a été retiré pour faire place à un nouvel étage entièrement vitré, accompagné de deux vastes terrasses sur le toit. «Nous avons créé un nouvel univers sur une histoire déjà riche», explique Driearchitecten. «Nous avons conservé le caractère intime de la maison historique tandis que le nouvel étage apporte vue, lumière et sensation d’ouverture. Il s’agit d’une harmonie soigneusement orchestrée entre conservation et innovation.» Comme chez Le Corbusier, le rez-de-chaussée est conçu comme un «niveau de service»: il regroupe notamment garage, buanderie, arrière-cuisine, débarras et hall d’entrée.Au premier étage se trouvent les chambres et salles de bains. Et tout en haut, au deuxième étage flambant neuf s’ouvre un grand espace de vie ouvert, bordé de deux généreuses terrasses. ,www.driearchitecten.be


BEST BELGI AN PRIVATE PLACE ÉLI S E VA N T HUY NE

«JE N’AVAIS NI FORMATION NI BUSINESS PLAN, MAIS J’AI IMMÉDIATEMENT SU QUE C’ÉTAIT MA VOIE.»


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LA GAGNANTE

CI- CONTRE LE PROJ E T « WHE RE WAT E R UNW IN DS», À B RUGE S, INCA RNE À ME RVE ILLE LE ST YLE D’ É L I SE VAN T HUYNE . E NT IÈ REME N T RÉ NOVÉ , CE B ÂT IME N T DE S ANNÉ E S 1 920 RE T ROUVE U N E NOUVE LLE ÂME , MÊ LAN T SÉ RÉ NIT É E T É CLAT D E S COULE URS.

CRÉDIT: HENRI DOYEN / PRO FIRST IN TL , FILIP DUJARDIN.

S O N N O M N ’ A J A M A I S F I G U R É D A N S L E S PA G E S D E S A B AT O . E L L E N ’ E S T PA S N O N P L U S U N E S TA R S U R I N S TA G R A M . P O U R TA N T , E L L E R E M P O R T E - À J U S T E T I T R E L E P R I X « B E S T B E L G I A N P R I V AT E P L A C E » . É L I S E V A N T H U Y N E , A U T O D I D A C T E , M A R I E L A P O É S I E E T L A S U R P R I S E , À L A L U M I È R E E T À L ’ E S PA C E . « J E S O U H A I T E H O N O R E R N O T R E H É R I TA G E A R C H I T E C T U R A L E T L ’ I N S C R I R E D A N S L E P R É S E N T . »

Enfin un prix, oserait-on dire. Élise Van Thuyne -lauréate du prix «Best Belgian Private Place»- mérite une reconnaissance bien plus large que celle que lui accordent les initiés. La Gantoise apporte une touche unique au monde du design d’intérieur, pour mille raisons, mais surtout pour deux. D’abord, par l’écoute empathique unique qu’elle accorde à chaque bâtiment qu’elle rénove. Ensuite, par la façon particulièrement raffinée dont elle insuffle poésie, confort et lumière. Certains parleraient même d’hypersensibilité: elle «lit» et «décortique» les bâtiments anciens avec un tel respect que ses interventions, tout en délicatesse, renferment plusieurs niveaux de lecture. Rien de surprenant de la part d’une linguiste qui, sur les conseils d’un mentor, a changé de carrière à 32 ans pour se tourner vers l’architecture d’intérieur. «Je n’avais ni formation ni business plan», raconte-t-elle, «mais j’ai immédiatement su que c’était ma voie.»

Votre projet sélectionné, «Where Water Unwinds», incarne à merveille votre style. Qu’a-t-il de si particulier à vos yeux? É LISE VAN T H UYNE: «Le point de départ était un bâtiment historique des années 1920, à Bruges.À l’origine, le maître d’ouvrage envisageait d’en faire une résidence de vacances mais, une fois la rénovation terminée, il la trouvait si belle qu’il décida d’y vivre à plein temps. Cette maison est unique car nous avons choisi de placer le carreau au cœur du projet.Tous les carreaux ont été fabriqués sur mesure par l’Atelier Franssen à Beernem. En plus d’être facile d’entretien, le carreau apporte couleur, chaleur et luminosité à la maison; une composante essentielle de mes projets. J’ai joué avec les couleurs, les motifs, les compositions et les finitions. Nous avons conçu des parois en carreaux mais aussi un canapé, des meubles, des étagères, un «claustra» et même ma toute première fontaine: un élément architectural classique qui sert de


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«TROP D’HARMONIE ENGENDRE L’ENNUI; L’ENSEMBLE DOIT RESTER VIBRANT.» une façon de regarder et de décortiquer. C’est un processus très intuitif. Je sens immédiatement quand je ne vais pas pouvoir répondre aux attentes du maître d’ouvrage. Dans ce cas, je préfère décliner la mission. Mon temps est compté. Je privilégie les projets d’envergure où je reçois une confiance totale. Je suis très exigeante envers mes maîtres d’ouvrage, mes sous-traitants et mes artisans que je choisis sur mesure pour chaque projet. Néanmoins, après coup, ils sont toujours contents que je sois allée si loin dans ma liberté créative. Après mon intervention, mes clients envisagent différemment la beauté et l’habitat.» Quelles sont vos ambitions? VA N T H UY N E : «Depuis quelques années, je travaille avec deux collaborateurs.Avant, je faisais tout moi-même. Je viens de fêter mes 55 ans. Je crois que mes plus belles créations sont encore à venir car mes connaissances et ma créativité sont désormais intimement liées. Avec les maîtres d’ouvrage, je repousse les limites de chacun de mes projets. Aussi, l’aménagement paysager fait désormais partie intégrante de notre approche. Celle-ci reflète ma personnalité en strates. Je suis née à Dublin, j’ai un lien étroit avec l’Italie depuis l’enfance, je parle couramment quatre langues et j’ai fait le tour du monde. Par conséquent, la Belgique n’est pas le seul pays qui me tient à cœur. Des bâtiments remarquables m’attendent dans d’autres régions du monde. J’aspire à repousser mes propres frontières. Je souhaite également ouvrir mes missions et leur donner une autre envergure. Par exemple, en travaillant dans un hôtel où je pourrais partager l’expérience que j’ai créée avec un public plus large.» W W W. EL I S EVA N T H UY N E. B E

C I - C ONTRE ICI, L E CA RREAU E S T AU CŒ U R D U PROJ ET: D E S PA ROIS AU CA NA PÉ EN PA SS ANT PA R L E «CL AU S TRA » E T L A FONTA INE.

CRÉDIT: FILIP DU JARDIN .

sculpture extérieure rafraîchissante, de source d’eau, de pataugeoire et de lieu de détente.» Quelle est votre mission? VA N T H UY N E : «Quelle place pour les bâtiments d’hier dans le monde d’aujourd’hui? Quelle réponse puis-je apporter pour offrir un avenir à ces bâtiments et éviter qu’ils ne disparaissent? Je souhaite honorer notre héritage architectural et l’inscrire dans le présent.» Vous préférez les bâtiments anciens aux nouvelles constructions mais vos interventions dépassent le simple cadre de la restauration. Qu’est-ce qui rend votre travail si contemporain? VAN THUY N E : «Mon style n’a rien de rétro, il est ancré dans le présent. J’ose casser les styles. J’apprécie travailler des matériaux classiques mais je les réinterprète dans une perspective contemporaine. J’aime aussi les matériaux industriels «nouveaux» comme le «volkern» (une tôle composée de couches de papier kraft imprégné, renforcées avec des fibres de cellulose, NDLR.) ou l’inox. Je mêle le chaud et le froid, le laid et le beau, le masculin et le féminin. Cet équilibre entre l’ancien et le nouveau est le fil conducteur de chacun de mes projets. Trop d’harmonie engendre l’ennui, l’ensemble doit rester vibrant.» Qui sont vos clients idéaux? VA N T H UY N E : «Je reçois des missions magnifiques pour des habitations où je demande carte blanche, et je la reçois. Souvent, mes clients ne connaissent aucun de mes projets antérieurs, mais veulent être surpris. Ils me disent: «Élise, nous ne savons pas ce que vous ferez de notre bien mais nous sommes convaincus que vous dépasserez nos attentes.» Je n’ai pas de signature mais plutôt


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GLENN SESTIG ARCHITECTS RESIDENCE NORAH, DEURLE

C I - D ESS OU S À D EU RL E, L A RÉS ID ENCE N O R A H IN CA R NE L’ÉL ÉGA NCE D IS CRÈTE D E L’A R C H IT E CTE GL ENN S ES TIG. DA NS C E T T E M A IS O N FORES TIÈRE ICONIQ U E, IL A PPO RT E UNE TOU CH E S U BTIL E ET R A F F IN É E , R E S PECTA NT L’ES PRIT D U L IE U TO UT E N LU I INS U FF L A NT U NE N O UV E L L E V IE . À D R OI T E PO UR CE PENTH OU S E À A N V E R S , L E S A RCH ITECTES D E «GOING E A S T » O N T PUIS É L EU R INS PIRATION DA N S L’A M B IA NCE ENS OL EIL L ÉE D E L A CA L IFO R N IE .

CRÉDIT: CAFE IN E.

QUOI? Une intervention dans la Residence Norah, la maison dans la forêt d’Eddy François à Deurle. À NOT E R? La monumentalité tout en finesse. Q U I? Glenn Sestig Architects. C O N N U P O U R ? Les boutiques d’accessoires Morobé, l’hôtel La Réserve et le restaurant Bartholomeus à Knokke, l’appartement de Luc Tuymans ainsi que des créations pour Giobagnara, Cea ou Obumex. GENIUS LOCI? Glenn Sestig a été invité à intervenir dans une autre demeure d’exception dans le village d’artistes: la maison dans la forêt d’Eddy François, construite entre 2000 et 2002. Une mission délicate car, depuis le décès de François, cette villa en briques a acquis un statut iconique. Sestig a mis à nu certains espaces, jusqu’à leur structure de béton. Cette enveloppe intérieure brute est devenue le point de départ de son architecture caractéristique, que l’on pourrait qualifier de «monumentalisme raffiné». Pour le client -un investisseur immobilier gantois- Sestig a composé une palette de matériaux texturés qui ajoutent profondeur et contrastes aux volumes conservés. Bien que la signature de François soit encore très présente dans la maison, Sestig y a inscrit la sienne avec délicatesse. Une preuve que sa vision architecturale ne s’exprime pas seulement dans les projets neufs «full-option» mais aussi dans des habitations modernes et contemporaines ayant une véritable valeur patrimoniale. www.glennsestigarchitects.com


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GOING EAST TOWNHOUSE PIETER VANOVERMEIRE ET MATTIAS DE LEEUW, ANVERS Q U O I ? Un penthouse cosmopolite niché dans une maison de maître anversoise classique. À N OT ER ? Des accents brésiliens mêlant bois foncé, béton brut et piscine sur le toit. QU I ? Le bureau d’architecture et d’aménagement intérieur anversois Going East. CONNU POUR? Les espaces de coworking Fosbury & Sons à Boitsfort et Grand-Bigard. GENIUS LOCI? «Créez une véritable ambiance de vacances.» C’est avec cette consigne que les propriétaires ont sollicité leurs architectes d’intérieur. Mission accomplie avec brio. «Lors de la conception, nous avions en tête un «moodboard» ensoleillé, à la californienne. La piscine nous a servi de source d’inspiration», explique Anaïs Torfs de «Going East». «En général, lorsque nous rénovons, nous nous appuyons sur les éléments déjà présents. Mais ici -à part la façade «néoclassique» et l’imposant hall d’entrée- il n’en restait pas grand-chose.» Tous les projets de Going East témoignent d’un amour du savoir-faire et des matériaux naturels.Torfs: «Nos intérieurs ne semblent peut-être pas très flamands mais ils cherchent toujours un lien avec le lieu. L’idée n’est pas de se croire à Bali. C’est pourquoi il était pour nous essentiel que depuis l’intérieur, on puisse voir les silhouettes historiques de la ville.» www.goingeast.be

GRAIN DESIGN OFFICE RÉSIDENCE HV, WAARDAMME

CRÉDIT: SENN E VAN DER VEN & E EFJE DE CON INCK , TIJS V ERV ECKEN .

QU OI ? Une résidence privée à Waardamme. À N OT ER ? Le contraste entre le sol en dalles rétro conservé et la nouvelle palette de matériaux. QU I ? Grain Design Office. CONNU POUR? Des restaurants tels que Maison Colette et Cuines, mais aussi le siège de RR Interieur et Ex Terra, le nouveau projet hybride de RR Interieur à Knokke. G EN I U S LOC I ? Grain Design Office ne ressemble à aucun autre. C’est l’un des rares bureaux en Belgique à concevoir aussi bien des maisons et des magasins que des identités visuelles, des sites web et des concepts de marque. Basé à Knokke, le bureau propose également une sélection d’objets vintage sous le nom Grain Collection: des pièces qui trouvent régulièrement leur place dans leurs projets d’intérieur. Cette rénovation à Waardamme en est un excellent exemple car plusieurs luminaires vintage issus de la collection y ont été intégrés. «Les propriétaires vivaient dans cette maison depuis vingt ans. Elle était devenue un peu trop stérile et manquait de chaleur. Le vrai défi, c’était de conserver le sol en pierre naturelle», explique Sander Bullynck, cofondateur de Grain Design Office. Finalement, les dalles carrées sont devenues le point de départ d’une palette de matériaux chaleureux, de textures contrastées et de détails d’intérieur sophistiqués. La cuisine, la bibliothèque et le «pool house» avec bar sont désormais de véritables chefs-d’œuvre en termes d’artisanat. «Cette maison est repartie pour vingt ans.» www.grain-office.be


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THE 100 DESIGN

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JAN LEFEVERE OL6, COURTRAI QUOI? Un ancien cabinet dentaire transformé en maison familiale. À NOT E R? L’ouverture circulaire au-dessus de la cuisine. Q U I? L’architecte Jan Lefevere. C ONNU P O UR? Ses maisons privées radicales et ses créations de

mobilier.

CRÉDIT: LUC ROYMANS.

GENIUS LOCI? Ce bâtiment de 1962 a d’abord accueilli un cabinet dentaire avant de devenir un entrepôt sombre et fermé. L’architecte courtraisien Jan Lefevere l’a transformé avec panache en une maison familiale lumineuse et accueillante. La grande ouverture circulaire au-dessus de l’îlot de cuisine est particulièrement frappante. Une intervention radicale -qui a certes nécessité de renoncer à une partie de l’étage supérieur- mais qui a aussi apporté beaucoup de charme au projet. L’ouverture révèle la structure porteuse en béton et laisse pénétrer la lumière jusqu’au cœur de la maison. Lefevere a combiné cette intervention radicale dans l’esprit de Gordon Matta-Clark avec une réelle attention pour l’architecture existante: l’escalier, les luminaires, les dalles de verre et les façades des armoires ont été soigneusement conservés ou réutilisés dans le nouveau projet. L’architecte a veillé à ce que les nouveaux ajouts en béton coffré s’harmonisent parfaitement avec la structure existante. En somme, un dialogue subtil entre ancien et nouveau dans cette maison familiale remarquée à l’international et récemment mise à l’honneur en couverture du livre «Creative Homes» publié aux éditions «Gestalten». www.janlefevere.be


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SA BATO

LEONET HOANG VLEURGAT, BRUXELLES QUOI? Un studio compact situé dans le quartier Louise à Bruxelles. À NOT E R? L’optimisation de l’espace limité. Q U I ? Le bureau bruxellois Leonet Hoang. C O N N U P O U R ? Sa galerie de design à Bruxelles et son pop-up

CRÉDIT: SENN E VAN DER VEN & E EFJE DE CON INCK .

estival à Knokke. G E N I U S LO C I ? «Le vrai défi de ce projet, c’était de composer avec un budget limité et une surface très réduite», explique Ngoc Hoang, cofondatrice de Leonet Hoang. «Nous devions intégrer toutes les fonctions d’habitation dans un seul volume. Nous avons transformé le studio en paysage domestique, dans lequel les fonctions peuvent se transformer. La cuisine, le salon et la chambre à coucher fusionnent de manière organique. Sur le plan sensoriel, les zones fonctionnelles sont délimitées par un jeu de textures chaudes et de différences de niveau.» Leonet Hoang se définit comme un duo d’architectes et d’antiquaires: un bureau qui conçoit des projets globaux en mettant l’accent sur un mobilier et un design choisis avec soin, souvent conçus par des architectes. Dans ce projet spécifique, ils ont intégré des meubles de Pierre Chapo et des chaises de Robert Mallet-Stevens. Leur bureau à Bruxelles abrite également un espace d’exposition pour leurs trouvailles en matière de design et d’art. L’été, une sélection est présentée à Knokke, dans une galerie éphémère. www.leonethoang.com

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SA BATO

MAMOUT ARCHITECTS DAILLY, SCHAERBEEK Q U O I ? Une annexe arrière circulaire à Schaerbeek.

CRÉDIT: SÉVE RIN MALAUD.

À NOT E R? La réutilisation de matériaux de construction. Q U I ? Mamout Architects, le bureau d’architectes fondé par Matthieu Busana et Sébastien Dachy. CO NNU P O UR? Le projet Charles Malis, la transformation d’une ancienne fabrique de cigarettes devenue la maison communale de Molenbeek, la bijouterie/horlogerie Prosper rue Dansaert à Bruxelles. GE NI U S LO CI ? Parler de réemploi prend ici tout son sens: plutôt que de démolir entièrement l’entrepôt qui se trouvait sur ce terrain difficile d’accès, les architectes du bureau bruxellois Mamout ont décidé de réutiliser un maximum de matériaux pour cette remarquable maison avec patio. Et ils sont allés très loin dans cette logique: les briques, les sols et la structure en acier ont été récupérés dans le nouveau projet. Cette philosophie a même été poussée encore plus loin: via «Rotor», ils ont également intégré des briques émaillées et des fragments de marbre d’occasion. Cette approche pragmatique de la construction, ancrée dans le site et fondée sur la circularité, caractérise la vision architecturale de «Mamout». Pour eux, l’habitabilité et la durabilité priment sur les effets de style. Un souffle d’air frais sur la scène architecturale belge, où les gestes spectaculaires sont encore trop souvent applaudis. www.mamout.be

25.10.25


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THE 100 DESIGN

25.10.25

MERIJN DEGRAEVE HOUSE/POOL HOUSE OF JACKO, WILRIJK Q U O I ? Deux maisons des années 1970 réunies et transformées en une demeure familiale audacieuse et hédoniste.

Qui? Merijn Degraeve. C ONNU P O U R? Le nouvel intérieur de la boutique de mode Enes à Anvers. G E N I U S LO CI ? Insolente. Séductrice. Robuste. Hédoniste. Sensuelle. Clubby. Merijn Degraeve a réussi à transformer cette double maison seventies à Wilrijk en une résidence familiale à laquelle nous osons associer des adjectifs pour le moins inhabituels. Encore peu connu du grand public, Degraeve impose pourtant déjà une signature affirmée. Dans ce projet, il joue une fois de plus avec les reflets et les contrastes extrêmes de matériaux qu’il parvient néanmoins à maintenir en équilibre: béton versus travertin, verre versus velours, acier inoxydable versus bois; éléments naturels et industriels entrent ici en dialogue. Degraeve organise la maison autour de quelques éléments phares, tels qu’une cheminée en verre noir et une cuisine en inox. La nature environnante pénètre dans la maison de manière sensuelle. Et le «pool house», un écrin kinky en marbre «Verde Patricia» avec une boule à facettes assumée, en est le joyau. La maison devient ainsi une véritable chorégraphie de regards, entre voir et être vu. Voix nouvelle de la scène belge de la décoration d’intérieur, Degraeve intègre les codes de la boutique et de la culture club dans l’univers résidentiel. Une bouffée d’air frais dans un domaine où des mots comme «sérénité» et «repos visuel» deviennent peu à peu des clichés soporifiques. www.merijndegraeve.com

CRÉDIT: TIJS VERVECKEN .

À NOT E R? La combinaison de matériaux glossy, sexy et opulents.


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SA BATO

25.10.25

NICOLAS SCHUYBROEK ARCHITECTS H HOUSE, ANVERS QU OI ? Une maison qui tient à la fois du musée, de la sculpture et de l’espace contemplatif. À N OT ER ? La façade en «pisé». QU I ? L’architecte bruxellois Nicolas Schuybroek. C ON N U POU R ? « The Jane» à Anvers, la boutique «Aesop» à Lyon. GENIUS LOCI? «H House» à Anvers est sans aucun doute l’une des habitations les plus radicales du travail récent de Nicolas Schuybroek. Plusieurs fois repris dans la prestigieuse liste «AD100», l’architecte bruxellois est salué pour son architecture sereine et apaisante, à la fois monastique et chaleureuse. Dans cette maison privée, la signature de Schuybroek reste discrète à l’exception des façades sculpturales en «pisé» stabilisé. À l’intérieur de cette enveloppe brute, Schuybroek a conçu une base sophistiquée mais chaleureuse pour accueillir l’importante collection d’art et de design du maître d’ouvrage. «Le défi consistait à trouver un équilibre entre sculpture et habitabilité, entre l’idée d’une sculpture de terre façonnée à la main et la réalité d’une maison qui vit et respire avec son environnement», explique Schuybroek. Ces dernières années, Schuybroek enchaîne les projets résidentiels de très haut niveau à l’international. Pourquoi ce projet anversois se distingue-t-il à ses yeux? «Ce projet marque un tournant: c’est la première fois que la matière elle-même devient le vecteur d’émotions et de temporalité. C’est peut-être notre projet le plus spirituel à ce jour.» www.ns-architects.com

OBJEKT ARCHITECTEN

CRÉDIT: MAT THIEU SALVAIN G, YPSILO N BUS INE SS PHOTO GRAPH Y.

LAMAT HOUSE, WICHELEN Q U O I ? Un intérieur contemporain dans une maison traditionnelle en briques à Wichelen. À N OT ER ? Le séjour à double hauteur avec mezzanine en forme de disque. QU I ? Objekt Architecten basé à Alost. C ON N U POU R ? Un bungalow composé de treize pièces carrées, parfaitement identiques. G EN I U S LOC I ? «Never judge a book by its cover». Côté rue, cette maison peut sembler tout à fait ordinaire mais, à l’intérieur, Objekt Architecten a réalisé un aménagement spectaculaire. Pour remédier aux problèmes typiques d’une maison ancienne -à savoir manque de lumière et faible connexion avec l’extérieur-, les architectes ont opté pour une série d’interventions contemporaines: une baie verticale double hauteur, un vide traversant et une mezzanine. Les transformations les plus radicales se trouvent principalement dans la cuisine, où le plafond a été supprimé afin de créer une double hauteur spectaculaire. L’intérieur regorge d’idées astucieuses. La «mezzanine», une plateforme en béton circulaire qui domine le séjour et prolonge visuellement le jardin mérite également une mention spéciale. L’utilisation des couleurs est également frappante: on trouve de nombreuses touches de rouge, notamment dans les menuiseries, les poutres porteuses, le garde-corps, la charpente et les colonnes en acier soutenant la mezzanine. www.objektarchitecten.be


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25.10.25

OYO ARCHITECTS HOUSE LYCO, PEPINGEN QUOI? Une ferme du Pajottenland revisitée par une incision architecturale. À NOT E R? Le cube qui vient littéralement traverser la ferme

d’origine.

Q U I? Oyo Architects.

CRÉDIT: OYO / KAREN VAN DER BIEST.

C ONNU P O U R? Le Wintercircus à Gand, des bâtiments d’entreprise pour Agristo et Leiedal ainsi que de nombreuses écoles et bâtiments publics. G E N I U S LO CI ? À partir d’une ferme isolée dans le Pajottenland, le bureau Oyo a conçu une maison familiale contemporaine. La façade en briques a été conservée comme enveloppe extérieure avec de nouvelles ouvertures créées pour offrir une vue sur le paysage breughélien. Lorsque les propriétaires ont acheté le bien, la ferme d’origine était encore ouverte jusqu’au faîte. Oyo a préservé cette expérience spatiale dans le nouveau projet.À la demande du maître d’ouvrage, la façade avant de la ferme est restée très discrète. Le génie se révèle dans la façade arrière où un volume rectangulaire semble avoir été inséré en biais. «Nous voulions créer un espace intermédiaire: un «patio» qui protège des regards, du vent et du soleil», explique l’architecte Xander Denduyver. «À l’intérieur, nous avons inséré une nouvelle structure en ossature bois. Nous avons considéré cette ferme vieille de 120 ans comme une ruine, que nous avons ramenée à la vie.» www.oyo.eu


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25.10.25

PETER IVENS B-AD HOUSE, KNOKKE Q U O I ? La rigueur allemande à Knokke. CRÉDIT: EEFJE DE CON INCK & SENN E VAN DER VE N.

Q U I ? Peter Ivens. CO NNU P O U R? L’hôtel Julien et sa collaboration de longue date avec Bea Mombaers. À NOT E R? Le souci extrême du détail. GE NI U S LO CI ? «Those who know, they know»: cet adage s’applique parfaitement à Peter Ivens. Architecte de haut niveau en Belgique, il préfère pourtant travailler dans l’ombre pour une clientèle qui apprécie cette discrétion. Ivens est souvent cité dans le même souffle que Bea Mombaers, décoratrice et figure de style à Knokke, avec laquelle il collabore depuis des années. Pour ce projet, situé à proximité du Royal Zoute Golf Club, il s’est inspiré d’une précédente collaboration avec le maître d’ouvrage, un entrepreneur allemand. «Sa maison à Cologne est très symétrique, avec une circulation claire. Il souhaitait retrouver cette structure et cette rigueur allemande à Knokke», explique Ivens. La maison dégage une ambiance de vacances détendue, tout en affirmant un caractère majestueux et patiné grâce à sa palette de matériaux: cannage japonais, noyer français et planchers centenaires. «Le maître d’ouvrage est collectionneur d’art contemporain et sa collection change très souvent. Il aime le mouvement, y compris dans son intérieur. Passionné d’architecture, il a des idées très précises sur l’habitat: il tient par exemple à avoir des toilettes séparées pour les hommes et les femmes.» www.peterivens.be


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25.10.25

SIMON DE BURBURE ARCHITECTS DO HOUSE, ZWEVEGEM Q U O I ? Une maison exceptionnelle en briques, sur pilotis. Q U I? Simon de Burbure Architects.

CRÉDIT: CAFEINE.

C ONNU P O U R? Des résidences privées haut de gamme, sobres et d’un raffinement maniaque dans les détails. À N OT E R? Ici, on vit littéralement le nez dans les cimes des arbres. G E N I U S LO CI ? Sur une colline argileuse près de Courtrai, Simon de Burbure a conçu une maison entièrement tournée vers la nature environnante. «Les parents du maître d’ouvrage vivent sur le même terrain dans une maison singulière, conçue par Ivan Van Mossevelde», explique l’architecte. «Mon client ne voulait pas de jardin mais préférait vivre au plus près des forêts de sapins environnantes, le paysage de son enfance.» De Burbure a dessiné une maison indépendante, construite en briques locales dont la couleur rouge-brun rappelle celle des arbres environnants. Les espaces de vie et la cuisine sont délibérément situées à l’étage avec une terrasse qui fait office de poste d’observation sur la forêt. La piscine intérieure prolonge visuellement l’étang existant. «Ce n’est pas moi qui ai défini la maison, ce sont les arbres et le terrain qui l’ont fait pour moi», explique De Burbure. «L’horizontalité, l’architecture en briques et les larges auvents rappellent Frank Lloyd Wright. L’architecture était ici primordiale. Les intérieurs ont été délibérément maintenus très sobres afin de laisser toute la place aux volumes et à la spatialité.» www.simondeburbure.be


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25.10.25

STUDIO JACOBSEN ARQUITETURA MAISON ENGELS, LOKEREN QU OI ? Une construction neuve mâtinée de modernisme tropical. À N OT ER ? Les auvents ultrafins qui relient extérieur et intérieur. QU I ? Le bureau brésilien Studio Jacobsen Arquitetura. C ON N U POU R ? Ses maisons haut de gamme dans le style moder-

nisme tropical. GENIUS LOCI? Un ouvrage publié aux éditions Taschen sur l’architecture contemporaine en bois a incité Didier Engels, CEO des châssis Engels, à faire appel non pas à un architecte belge pour concevoir sa maison familiale près de Lokeren mais à un architecte brésilien. En l’occurrence Studio Jacobsen Arquitetura, un bureau mondialement réputé pour son modernisme tropical haut de gamme. Ils conçoivent des résidences privées des États-Unis à Dubaï, toujours marquées par une porosité entre intérieur et extérieur. Pour cette première réalisation en Belgique, une approche spécifique et un choix de matériaux adaptés s’imposaient. D’où la façade en pierres brutes des Ardennes, qui s’intègre harmonieusement dans l’environnement naturel. Avec l’utilisation du bois, les auvents extrêmement fins sont les éléments caractéristiques de Studio Jacobsen Arquitetura. Le bureau a conçu la Maison Engels comme un «écosystème entre environnement, humain et architecture». Une démarche unique en Belgique. www.jacobsenarquitetura.com

STUDIO MOTO MAISON + ATELIER, VARSENARE QU OI ? Une maison-atelier simple et directe aux couleurs vives. À N OT ER ? La structure porteuse en grille et les cloisons flexibles.

CRÉDIT: FERNANDO GUERRA / FG+SG, STIJN BO LLAERT.

QU I ? Le bureau de design Studio Moto. CONNU POUR? «Stack», un système de mobilier modulaire en aluminium; et «Westerpunt», l’escalier circulaire en béton qui surplombe la mer entre La Panne et Bray-Dunes. GENIUS LOCI? « Le concept de cette maison-atelier àVarsenare est très simple: une structure en grille porte le bâtiment tandis que toutes les cloisons peuvent être retirées ou déplacées sans gros travaux structurels. Nous ne visons jamais la complexité mais toujours la simplicité», explique Mo Vandenberghe de Studio Moto. Cette approche a donné naissance à un bâtiment honnête et polyvalent, actuellement divisé en trois unités. Deux modules sont des maisons de vacances attenantes, le troisième est l’atelier d’une créatrice de mode. «Le maître d’ouvrage souhaitait expressément que la maison soit très facilement adaptable. On pourrait, par exemple, en faire une grande maison unique ou deux appartements superposés. Il suffit pour cela de déplacer les cloisons puisqu’elles ne sont pas porteuses.» La maison-atelier est l’interprétation contemporaine de Studio Moto des «Case Study Houses» américaines, façon Richard Neutra ou Charles et Ray Eames. «Tout part d’une grille rigoureuse. Mais pour y ajouter du peps, nous avons travaillé avec des matériaux aux couleurs vives, à l’intérieur comme à l’extérieur.» Croyez-nous sur parole: un vrai bonheur pour les vacances! www.studiomoto.be


THE 100 DESIGN

25.10.25

VINCENT VAN DUYSEN DH RESIDENCE, KNOKKE QUOI? Un spectaculaire appartement de vacances avec vue sur mer. À N OT E R ? Les volumes sur-mesure en bois de châtaignier qui dissimulent toutes les fonctions. Q U I ? Le bureau d’architecture de renommée internationale Vincent Van Duysen, basé à Anvers. C ON N U POU R ? Entre autres, l’hôtel «August» à Anvers mais aussi ses collections pour Zara, Serax et Molteni&C. GENIUS LOCI? «Un jeu de dissimulation et de révélation»: c’est ainsi que le célèbre architecte belgeVincentVan Duysen décrit l’intérieur de ce spacieux appartement de la côte, avec vue sur mer. Pour créer l’espace serein souhaité, les éléments fonctionnels ont été dissimulés dans des volumes en châtaignier sur-mesure, qui structurent le lieu et guident la circulation. L’agencement suit les différents rythmes de la vie familiale en bord de mer: des moments de convivialité alternant avec des instants de calme et d’intimité. C’est pourquoi les espaces sociaux donnent sur la mer. Les matériaux font référence à la côte sans tomber dans les clichés bleu et blanc. «Le sol en grès clair fait référence à la plage voisine», explique l’architecte.Van Duysen s’est également inspiré des maisons de vacances scandinaves du milieu du 20e siècle, où «les matériaux naturels et la fluidité spatiale priment sur la décoration». Cet appartement respire le luxe discret: les espaces murmurent la qualité des matériaux et du savoir-faire, au lieu de les clamer haut et fort. www.vincentvanduysen.com

CRÉDIT: PIET-ALBERT GOETHALS, FRANÇO IS HALARD.

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AE Architecten AE Studio Altu André Fu Studio aNNo Anversa Assemble Studio Atelier Kanal Atelier Kempe Thill AW Architectes Baro Barozzi Veiga Bataille, Claire BC Architects Bouroullec, Erwan Cake Architecture Cheng Chung Design Ciguë Cogné, Emma Contekst David Collins Studio De Cotiis,Vincenzo de Feyter, Arjaan Decancq Vercruysse Architects Declercq, Arno Degraeve, Merijn Destroyers/Builders Dieter Vander Velpen Architects Dimorestudio Driearchitecten Dubois, Bernard Duplex Erased Studio Erauw, Nicolas Espace Aygo Eubelen, Arnaud Festen Georges Batzios Architects Glenn Sestig Architects Going East Gomez Paz, Francisco Gonzalez, Laura Grain Design Office

THE 100 INDEX

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ND 123 124 98 89 98 124 102 16,72 92 91 98 93 15, 54 94 66 97 98 98 37 99 64 85 125 128 34 142 64 129 99 130 96 65 38 46 40 20, 28 101 106 136 137 68 104 137

Grcic, Konstantin 77 Grond Studio 68 Haller,Verena 104 Herzog & de Meuron 102 Hutten, Richard 81 Ishigami, Junya 103 Ivens, Peter 145 Jadot, Lionel 104 Lahidji, Roxane 49 Lefevere, Jan 138 Leonet Hoang 139 Lovers Unite 105 Low Architecten 106 Maak & Transmettre 44 Mad Architects 107 Mamout Architects 141 Marcelis, Sabine 82 Meilichzon, Dorothée 100 Muecke, Jonathan 77 Muller Van Severen 80 Nicemakers 108 Nicolas Schuybroek Architects 143 Objekt Architecten 143 Offhand Practice 109 Office Kersten Geers David Van Severen 110 OMA 111 OpenStructures 16, 76 Oyo Architects 144 Pandolfo, Alice 27 Peer, Hannes 70 Penneman, Aurelie 127 Seys, Jumandie 42 Sher Maker 113 Simon de Burbure Architects 146 Starck, Philippe 112 Sterck, Joe 40 Studio Anne Holtrop 17, 116 Studio David/Nicolas 83 Studio Habits 83 Studio Jacobsen Arquitetura 147 Studio KO 113 Studio Luca Guadagnino 114 Studio Moto 147

EX Studio Tooj SumProject Tab Architects TAO Teo Yang Studio Thaler, Harry Toogood, Faye Urquiola, Patricia Van Duysen,Vincent Van Orsaeghen, Elias Van Puyvelde, Kris Van Thuyne, Élise Vanderbeke, Bram Vandergucht, Arthur Various Associates Verhelst,Victor Verheyden, Michaël Vertommen, Axelle Vervoordt, Axel Vervoordt, Boris Viaene, Benoît Wittock, Mathilde Zanoni, Nicolas

CO LLA B ORATEURS : IRIS DE F E I JT E R, E LS DE PAUW, T H I J S DE ME U L E M E E S T E R, N ATA L IE H E LS E N , V E E R L E H E LS E N , L AUR A K E E R S M A E K E R S P H OTO GRAPHE: PROFIRS T INT L C O UVE RTUR E : SFAP ARCH I T E CTU RA L PH OTO G R A PH Y J OU R N A L I S T E D I G I TA L : E L IN E B R O E C K X CH E F DI GITAL: DRIE S CE UPPE N S T R A DUCT I O N: COL I N G UA . BE R E L ECTU R E F I N A L E: M A R IE - N O Ë L L E V E K E M A N S R ÉDACT I ON PH OTO & CO O RDINATION: NAT HA LIE WARN Y M I SE E N PAG E : DAVI D ST E E N H UYS E , C H R IS T IN E D UB O IS A RT D I R ECTOR : PH IL IP VA N B A S T E L A E R E RÉ DACTRICE EN CHEF ADJO I NT E : E LS MAE S R É DACT R I C E E N C H EF : A N B O GA E RT S C R EAT I V E D I R ECTOR : G E R DA AC K A E RT A BO N N EMENTS : T É L . 0800/55.150, ABON N E ME N T @L E CH O. BE A NNO N C EU R S : T R US T M E D IA , AV E N UE D U PO RT 8 6C, BT E 30 9, 1 0 0 0 B R UX E L L E S , TÉL . 02 / 422.05.1 1 SA BATO@T R U ST ME DI A . BE É DI T E UR R E SP O NSA B L E: PE T E R Q UAG H E B E UR SA BATO ES T IMPRIMÉ CHEZ R O UL A RTA P R I NT I NG.

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