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SABATO Knokke 2025 FR

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SABATO

EUROPEAN MAGAZINE OF THE YEAR

À CONTRE-COURANT À KNOKKE, ON PEUT S’OFFRIR UN GÂTEAU FERRARI OU PARSEMER SA GLACE DE CAVIAR, MAIS AUSSI (RE)DÉCOUVRIR LE ZWIN EN S’ESSAYANT AU BIKERAFTING

Être modeste, c’est typiquement belge

Emma Moortgat Actrice

Se distinguer aussi

Amani,conceptionarchitecturalepouruneexpérienceultimedelavieenpleinair

Vous rêvez d’un endroit unique, où vous pouvez embrasser la nature dans sa forme la plus pure. Un espace de vie extérieur ultime que vous pouvez personnaliser entièrementselonvotreconfort,goûtsetàvosenvies.Plussophistiqué,pluscompletetplus multifonctionnel que jamais. Découvrez Amani.

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Sommaire

SABATO MAGAZINE fait une pause pour l’été. Rendez-vous le 30 août. D’ici-là, Sabato.be continue à vous informer et à vous inspirer.

À Knokke,on croise aussi bien des coureurs aux jambes toutes blanches que des fashionistas arborant leurs élégants sacs de créateurs ornés de foulards noués avec un chic nonchalant. Tout comme des cubes de verre et de béton sans âme jouxtant parfois de près d’exceptionnelles bâtisses architecturales. C’est justement ce jeu de contrastes qu’explore ce numéro de Sabato,le très attendu spécial Knokke.Car ici aussi,les mondes s’entrechoquent. La discrétion contre la Place m’as-tu vu. On choisit sa visite privée, en mode small, medium, large ou XL. Pour les sportifs, il y a les amateurs de tennis d’un côté et les adeptes de padel de l’autre. Tandis que pour le bikerafting, on fait du tout en un, du kayak, du vélo, tant que le paysage défile, tout est bon!

Récemment, la ville a fait parler d’elle grâce à l’esprit d’entreprise d’une personnalité bien connue,transformant peu à peu Knokke Le Zoute en «Knokke Le Coucke». Pourtant,

VIVE LE CUISTAX!

La nostalgie sur roues anime le dernier constructeur de cuistax d’Europe de l’Ouest.

des dizaines de petits entrepreneurs discrets contribuent à faire vivre cette station balnéaire huppée. On pense notamment à Charlotte Bau et Arnaud De Buysscher, derrière Qarts, le dernier atelier artisanal de cuistax d’Europe de l’Ouest ou à AlineArnouts et Maarten Chudzicki,qui osent marier crèmes glacées et caviar chez Crème à l’aise -après tout,pourquoi pas?

Sabato en profite pour jouer aussi la carte de la création: nous avons confié à l’illustratriceAxelle Rose Zwartjes le soin de dessiner un foulard en soie inspiré de Knokke -l’accessoire incontournable de l’été (et de l’automne). À vos agendas, le carré sera disponible le 1er août en édition limitée à la boutique knokkoise de la maison Natan. C’est une manière pour nous de rester dans tous les esprits, à votre cou peut-être, durant cette pause estivale bien méritée et ce, jusqu’à la rentrée!

AN BOGAERTS, RÉDACTRICE EN CHEF

MANIERA, D’UNE AUTRE MANIÈRE

La galerie de design s’arrête pour mieux recommencer.

PEIRE’S ANGELS

Une team féminine et Edouard Vermeulen revitalisent le Peiremuzee.

QUAND LA TAILLE COMPTE

Du petit appart charmant à l’extra large demeure, visite de quatre résidences à Knokke.

LA SAISON À KNOKKE

SABATO DONNE LE TON, DE LA CÔTE AU COOL ET DE LA BEAUTÉ AUX BULLES

LE MEILLEUR DES MONDES AU ZWIN

On teste le bikerafting: à la découverte de la nature en mode aventure.

GOURMANDISES

CLASSIQUES OU NON, LES BONNES ADRESSES POUR SE RÉGALER CET ÉTÉ

TOPPING AU CAVIAR: CRÈME À L’AISE RÉINVENTE LA CRÈME GLACÉE

Le samedi de la réalisatrice knokkoise Charlotte Verminck: faire des tours assise sur une tondeuse, lâcher prise sur la plage et pratiquer sa routine skincare du soir. Reportage: Eline Broeckx Photo: Alexander D’Hiet

MON SABATO CHARLOTTE VERMINCK

◆ CINÉASTE ◆ SON COURT MÉTRAGE, «MIND OF THOUGHTS», A REMPORTÉ LE PRIX DU MEILLEUR FILM INTERNATIONAL À HOLLYWOOD ◆ NÉE À KNOKKE ◆ CONÇOIT

DES CLIPS VIDÉO ET DES PROJETS NARRATIFS AVEC ABOVE THE NERVE, SA SOCIÉTÉ DE PRODUCTION

«Le samedi, c’est mon jour de repos actif», déclare Charlotte Verminck (25 ans). Ces six derniers mois ont été particulièrement intenses pour la jeune réalisatrice native de Knokke.Après deux ans et demi d’écriture, de réalisation,de production et de montage, son court-métrage psychologique, «Mind ofThoughts»,a été présenté au mois d’avril au 25e Beverly Hills Film Festival. Il a également remporté le prix du Meilleur Film International quelques semaines plus tard,à Hollywood. «Le making-of est devenu un documentaire, «Behind the scenes». Il est aussi repris dans un blog sur Substack», explique la réalisatrice, qui souhaitait montrer l’envers du décor.«Avec ma société de production,Above the Nerve, je crée des clips vidéo pour des musiciens et des labels, ainsi que des projets narratifs qui mettent l’accent sur l’égalité au sein des équipes.»

Le premier film de la Knokkoise aborde ces «struggles»: «À la croisée de la comédie musicale et du drame, des danseurs incarnent les pensées d’une femme réservée,

afin que le public ressente -sans un mot- ce que cela signifie de devoir se battre.J’étais une adolescente timide et la vidéo a été un exutoire pour ma créativité et mon goût du drame.» Elle met cette passion sur pause avant d’y revenir,des années plus tard,en réalisant des clips pour Ozark Henry,entre autres. S’ensuit,un stage chez Rhea Scott,une société de production américaine. «Aux États-Unis, je me suis sentie chez moi et j’ai réalisé que l’on n’avait pas besoin d’Hollywood pour faire du cinéma.»

8H00 - «Malgré le décalage horaire et mes journées bien remplies,mon corps me dit de me lever.Je commence par me reconnecter: pieds nus, je marche dans le jardin et je donne à manger aux animaux.Ce côté attentionné,c’est tout moi, y compris sur les plateaux de tournage.»

8H30 - «J’enchaîne avec une séance de stretching et de Pilates.»

9H30 - «Sous la douche,je pense à mon petit déjeuner: du sarrasin avec du lait de coco, des fruits et des graines de chia.J’adore tellement ça que j’en emmène aux États-Unis.»

10H00 – «Je surfe sur le site poetryfoundation.org pour découvrir le poème du jour. Les mots et le parcours d’une personne peuvent m’inspirer.En tant que fan d’Emily Dickinson,j’ai tiré le nom de ma société d’un de ses poèmes: ‘If your nerve,deny you –go above your nerve’.J’aime cette

idée d’oser dépasser ses limites.»

«Mon carnet ne me quitte jamais. Chaque matin, j’y note mes objectifs sous forme d’affirmations. J’en ai déjà rempli 25.Quand je les relis -du tapis rouge au documentaire «Behind the scenes»- et que je réalise que, cette année, ils se sont tous concrétisés, j’en ai des frissons.»

10H30 – «Assise sur ma tondeuse,j’écoute des podcasts comme «The No Film School» et «Team Deakins», où des professionnels du cinéma partagent leur parcours. C’est à la fois apaisant et stimulant. Comme je n’ai pas été dans une école de cinéma, j’ai parfois l’impression d’avoir du retard à rattraper.Un jour,j’aimerais arriver sur le tapis rouge en tondeuse, pour réunir les paillettes d’Hollywood et la boue de Middelburg.Je tiens à cette mentalité‘la tête dans les nuages et les pieds sur terre’.»

13H30 – «Du café, des muffins et une conversation avec ma grand-mère. Elle va avoir 81 ans, mais elle est hyper moderne et c’est une de mes plus grandes confidentes. Pendant le tournage, elle officiait en tant que styliste sur le plateau.Pourquoi écarter quelqu’un qui s’intéresse autant au cinéma simplement parce qu’elle a dépassé la cinquantaine?

Un jour, j’aimerais:
«ARRIVER SUR LE TAPIS

ROUGE EN TONDEUSE, POUR RÉUNIR LES PAILLETTES

D’HOLLYWOOD ET LA BOUE DE MIDDELBURG.»

Elle m’a confié que, quand j’ai dit coupez! pour la dernière fois, elle a eu l’impression de tomber dans le vide.»

15H00 – «La création,c’est une chose,mais il y a aussi le business. C’est le moment d’ouvrir ma boîte mail et de mettre au point ma stratégie marketing.»

16H00 - «Avec mon chien Zazou qui a 16 ans, nous quittons Middelburg pour une promenade tranquille sur la plage, sans podcast ni musique dans les oreilles. Zazou m’oblige à vraiment lâcher prise. Et si j’ai tout à coup une idée, je m’assieds et je la note dans mon fidèle carnet.»

17H30 - «Mes parents et moi préparons un repas sans gluten ni lactose. J’habite toujours chez eux, ce qui me permet de faire des économies en vue de mon déménagement aux États-Unis. Sans leur aide, «Mind ofThoughts» n’aurait jamais vu le jour.»

19H00 - «Je m’installe avec une camomille et un bouquin, «Domestic Fiction» de Liane Moriarty: si un roman mêle drame, suspense, psychologie et romance, je suis incapable de le lâcher.»

23H00 - «Pendant ma routine skincare, je teste des produits naturels pour mon père, un passionné d’herboristerie.En ce moment,je suis fan d’un baume à la lavande qui m’aide à me détendre avant d’aller dormir. Il m’arrive de savourer un whisky en bonne compagnie dans un bar de jazz, mais je ne sors quasiment jamais à Knokke. Entre les plateaux de tournage,les tapis rouges et les voyages,je préfère me ressourcer chez moi, en bonne introvertie casanière.»

3H00 - «Je me réveille et je note une idée qui m’est venue pendant la nuit. Ce genre de cadeau, ça ne se refuse pas!»

LA PREMIÈRE DE «MIND OF THOUGHTS» AURA LIEU EN BELGIQUE À L’AUTOMNE.

TROIS BONS PLANS

1. NATUR’ELLE

«MALGRÉ L'AGITATION DE KNOKKE, C'EST ICI, DANS CE SALON DE BEAUTÉ, QUE JE ME RESSOURCE.»

BOUDEWIJNLAAN 18. WWW.NATURELLE-KNOKKE.BE

2. VISPALEIS

SCHAPENBRUGGE «UNE CUISINE SANS FIORITURES, PRÉPARÉE AVEC DES PRODUITS DE QUALITÉ. DU FAIT MAISON À L'ÉTAT PUR. C’EST POUR MOI L’UN DES MEILLEURS

RESTAURANTS DE POISSON DE KNOKKE.»

SLUISSTRAAT 61.

3. ROYAL ZOUTE TENNIS CLUB

«QUAND J'ÉTAIS PLUS JEUNE, J'Y AI PASSÉ DES HEURES. MALGRÉ L'INTENSITÉ DE CE SPORT, CE CADRE VERDOYANT ÉTAIT TRÈS APAISANT.»

ASTRIDLAAN 7 ROYALZOUTETENNISCLUB.BE

ÇA & LA MER

À Knokke, l’été se vit au rythme de l’art, des oldtimers, d’un «brain massage» ou d’un Panamarenko dans l’assiette. Sabato dévoile ses coups de cœur: des plus belles boutiques (éphémères ou non) aux expositions les plus intéressantes.

TO SHOP

Chaque été,Knokke se transforme,vibrante et foisonnante d’initiatives.Au cœur de cette effervescence, les adresses éphémères (ou non) fleurissent, apportant une touche de nouveauté et de dynamisme à la côte belge.Voici une sélection de pop-ups, triés sur le volet.

COCO BEACH

La boutique éphémère de Chanel, ouverte cette semaine jusqu’à fin août,est le cadre idéal pour découvrir les collections ‘Coco Beach’. Pour la première fois, un espace entier est consacré aux bijoux et montres, avec en point d’orgue la nouvelle J12 Bleu. (EM) Kustlaan 353

PARURE DE COULEURS Les bijoux colorés ornés de pierres rares de la créatrice et gemmologue gantoise Celine Roelens sont à admirer durant un week-end chez le concepteur d’intérieur Noterman. Du vendredi 15 au dimanche 17 août, de 10h à 17h. Le vendredi soir, à partir de 18h, on peut s’y retrouver autour d’un verre. (EM)

Driehoeksplein 9

BOUQUINER Pendant des années, Karl Daeseleire a géré avec passion la librairie Booxxe, installée dans une superbe maison sur la digue,aujourd’hui démolie pour laisser place à un nouveau bâtiment. Pas d’inquiétude: il a déniché un nouvel emplacement temporaire où il accueillera les lecteurs de plage et les amateurs des beaux livres signés Taschen.(EM) Van Bunnenplein 11

SEA CESAR Pour la sixième année consécutive, le mannequin et entrepreneur Cesar Casier ouvre une boutique éphémère pour présenter sa marque de vêtements,soit des pièces intemporelles pour homme et femme,entièrement fabriquées en Belgique. Nouvelle adresse, à nouveau en collaboration avec les bijoux de O! Jewelry.Ouverture jusqu’à fin septembre. (EM) Kustlaan 23

BIJOUX DE LABORATOIRE Après des boutiques éphémères à Genève, Gstaad et Paris,la marque belge de bijoux Daure s’installe au Zoute. Les fondatrices,Alix Battard et Julie de Cartier,font la preuve que le bling peut aussi être durable et éthique: tous les bijoux sont faits main en or recyclé 18 carats et diamants de synthèse. (EM) Du 1er au 17 août. Emile Verhaerenlaan 10

AVANT-PREMIÈRE Du jaune beurre au bleu ciel, les sacs de Mieke Dierckx portent les couleurs de l’été jusqu’à fin septembre.Lors de la Nuit du Zoute,le 4 août, la collection automne-hiver sera dévoilée en avant-première. (EM) Zeedijk 798

OASIS DE PAIX Ce ‘Mind Oasis’

Rituals propose un hydromassage sans contact ou un ‘brain massage’ (30 minutes) qui induit un état méditatif grâce aux vibrations sonores,aux techniques de respiration, ainsi qu’à la luminothérapie et à l’aromathérapie. La promesse? Un effet aussi réparateur que deux heures de sommeil. (EM) À partir de 24,50 euros, disponible jusqu’à fin août. Kustlaan 271

HEALTHY SPOT Nouveauté de l’été: RR Interieur accueille dans son Health Corner une sélection des marques food les plus en vogue.Un spot parfait pour les amateurs de matcha, de smoothies et de mocktails santé.Les événements sportifs et bien-être seront annoncés sur Instagram. (EM) IG: @rrinterieur, Kustlaan 39

SOUS L’OCÉAN

Les fresques originales de l’artiste Pablo Piatti immergent cette boutique éphémère dans l’univers merveilleux qu’est l’océan. Un cadre idéal pour admirer les créations de la designer belge Salima Thakker, qui y puise son inspiration pour créer des bijoux en nacre, malachite et turquoise. Jusqu’à la mi-octobre. (EM) Duindistelstraat 12

TO VISIT

Au casino, le jubilé d’or de la Knokke Art Fair est à l’honneur, tandis que BMW y fait étape avec la plus grande tournée d’exposition de son histoire.Voici six excellentes raisons de mettre le cap sur Knokke cet été (et à la fin de l’été).

MAGIQUE MÉCANIQUE

Le ‘Panamarenko’s Zoo aan Zee’ de Panamarenko s’inscrit dans le programme ‘Panamarenko 85’, un hommage à l’artiste-inventeur belge. Son univers peuplé de créatures imaginaires s’anime à travers des installations mécaniques: ailes de libellule, êtres hybrides mi naturels mi fantastiques, et plusieurs créations présentées pour la première fois au public. (EB)

Jusqu’au 24 août.

Centre culturel Scharpoord, MaximWillemspad 1

L’ART EN VOYAGE À Knokke, fin de l’été rime traditionnellement avec automobile grâce au Zoute Grand Prix.Cette année, l’événement prend une dimension next level:la BMWArt CarWorldTour y fait étape pour célébrer les cinquante ans des ‘BMW Art Cars’. Après Hong Kong, Shanghai, Dubaï et Stockholm, la plus grande expo itinérante jamais consacrée à cette collection s’installe sur la côte belge. (EB) Du 8 au 12 octobre

LE PASSÉ AU PRÉSENT Au CWART, la galerie bruxelloise Grège investit une ferme historique de 1335 pour y présenter l’exposition collective ‘Timeless Remnants’. À voir, les œuvres des artistes émergents Chidy Wayne (photo), Conrad Willems, Jana Cordenier et Laura Pasquino, qui réinterprètent des fragments du passé pour leur donner une nouvelle vie. (EB) Du 19 juillet au 17 août. Kalfstraat 42

ROI DU SILENCE Pour la première fois, la Buysse Gallery collabore avec une autre galerie, la Modern Shapes Gallery d’Anvers. Résultat: l’exposition duo ‘Resonant Silence’, réunissant les peintures de la CoréenneYeonju Son et les sculptures de la Française Brigitte Marionneau.Cette expo-

sition est orchestrée par l’un des plus jeunes galeristes de Belgique. (EB)

Jusqu’au 27 juillet. Zeedijk-Knokke 700

ART AU CASINO L’édition du jubilé d’or de la Knokke Art Fair retrace les évolutions du monde de l’art au fil des décennies,mêlant art moderne et contemporain,avec un clin d’œil aux débuts de la foire,alors dédiée à l’antiquité. Des chefs-d’œuvre classiques de Lucio Fontana aux valeurs sûres comme Jeff Koons,en passant par l’art contemporain novateur de talents émergents.(EB)

Du 9 au 17 août. Zeedijk-Albertstrand 509

NATHALIE NOMADE Dans son bureau à Knokke,la designer d’intérieur belge Nathalie Deboel profite des congés du bâtiment pour dévoiler les nouveaux prototypes du deuxième volet de sa première collection de mobilier «Nomad», entièrement fabriquée à la main en Belgique.Dans cette série on a spotté des tables d’appoint (voir illustration) et une chaise conçue en collaboration avec l’atelier Atelier Ternier. (EB) Zeewindstraat 8

PLAGE HORAIRE

ON IMAGINE LE SUPPLICE QU’A REPRÉSENTÉ LA PRÉPARATION DE CE LIVRE! LA NEW-YORKAISE

STEFANIE WALDEK S’EST PRÊTÉE AU JEU EN PARCOURANT ET DÉCRIVANT

PAS MOINS DE 200 PLAGES POUR ‘THE WORLD’S BEST BEACHES’.

39,99 EUROS. WWW.LANNOO.BE

PORTES OUVERTES

La Villa Paquebot à Knokke est un des joyaux architecturaux restaurés avec soin par l’entrepreneur et amateur d’art Hubert Bonnet. Le fondateur de la Fondation CAB (à Bruxelles et à Saint-Paul-de-Vence) offre, dans le livre‘TwentyYears Curated Homes’,un aperçu de vingt demeures uniques à travers le monde, dont la moitié peut être louée pour y passer ses vacances.Chaque chapitre reprend aussi des récits d’artistes,d’artisans, d’architectes ou d’habitants qui ont fait de chacune de ces maisons un véritable foyer. (EM)

65 EUROS. WWW.FONDATIONCAB.COM

LÀ-HAUT

TO READ

Partir en vacances, c’est plus un état d’esprit qu’un simple changement de lieu. Cette sélection de livres est une invitation à l’évasion.

Pour toucher les étoiles, mieux vaut viser haut dès le départ. C’est sans doute l’idée qu’ont eue le chef Dimitri Proost et son maître d’hôtel,Randy Degroote,en ouvrant le bien nommé restaurant Haut dans la SkyTower One à Ostende. Fort de son expérience chez ’t Fornuis et Dim Dining à Anvers, Proost propose une cuisine française raffinée, avec des influences asiatiques, notamment japonaises. En moins d’un an, il a décroché un15,5/20 chez Gault&Millau ainsi qu’une première étoile Michelin.Il a également publié un livre (en anglais) dans lequel il révèle quelques recettes secrètes tout en offrant un regard inédit sur les coulisses d’une année hors du commun. (AB)

59 EUROS. WWW.STICHTINGKUNSTBOEK.COM

CÉPAGES DU SUD

LE SOMMELIER ENRICO BERNARDO, CÉLÈBRE POUR SON TRAVAIL

AU RESTAURANT ‘LE V’ DU FOUR SEASONS À PARIS, PARTAGE SES RECOMMANDATIONS DE VOYAGE DANS LA COLLECTION ‘WINE & TRAVEL D’ASSOULINE’. CETTE SAISON, IL MET EN LUMIÈRE LES MEILLEURES ESCAPADES ŒNOLOGIQUES SUR LES ÎLES DU SUD.

120 EUROS. WWW.ASSOULINE.COM

ENTRE ÉLÉGANCE & PERFORMANCE, NE JAMAIS CHOISIR

MASERATI GRECALE FOLGORE ITTURNS YOUON

Depuis 110 ans le coeur de Maserati bat au rythme de la passion et de l’excellence. Nous concevons des voitures sportives et élégantes dont le plaisir de conduite reste l’unique raison d’être. Fidèle à l’ADN de la marque, le SUV Grecale vous apporte une nouvelle vague de technologies et de performances. Combinée à des moteurs puissants, sa construction légère vous garantit les meilleures sensations de conduite. Oubliez les compromis et choisissez la motorisation qui vous convient le mieux : thermique ou 100% électrique.

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TO SHOP

Des sacs à main les plus en vogue aux serviettes de plage les plus moelleuses, Sabato vous dévoile ses indispensables de l’été. À shopper dans les jolies boutiques qui font la renommée de Knokke.

L’HEURE DE L’APÉRO

«Vous passez à la cabine pour l’apéro?» est le message qu’on rêve de recevoir après une journée à la plage. Il faut bien avouer que le rosé a une saveur incomparable au bord de la mer, surtout servi dans un seau à vin en céramique fait main. (LK) Must Have, Kustlaan 15

SAC SOURIRE Avec sa base arrondie qui rappelle un joli sourire, le modèle ‘Le Pin’, icône de Delvaux née en 1972, incarne le sac idéal pour Knokke:à la fois élégant,pratique, joyeux et décontracté. Cette version ‘Le Pin Twist’, d’un orange lumineux, est une exclusivité de la côte.

3.000 euros, Kustlaan 148b

L’HEURE D’ÉTÉ Un simple coup d’œil à la Rado ‘Diastar’ suffit à se faire emporter jusqu’à la mer. Son cadran bleu azur évoque l’été, même sous la drache belge. Avec son boîtier en acier inoxydable, cette montre étanche ne se quitte pas, même à la plage. (LK) Roelandt Juweliers, Lippenslaan 154

RENDEZ-VOUS AU BAR Nouvelle venue à Knokke: la boutique du label de beauté néerlandais Marie-Stella-Maris, qui invite au shopping responsable. Son bar de

recharge permet le refill des flacons vides. Tous les soins sont vegan et chaque achat contribue à financer des projets d’accès à l’eau potable à travers le monde. (EM)

Kustlaan 241

RÉSERVÉ Les habitués du linge de lit raffiné de Marie-Marie ne se contenteront pas d’une serviette de plage fine et rêche. Sous le nom ‘Place Réservée’, la marque dévoile une nouvelle collection estivale de draps de bain et d’accessoires luxueux à mettre sous le parasol. Une collection imaginée en Belgique, confectionnée au Portugal et proposée à partir de 55 euros. (EM)

Kustlaan 231

DES P’TITS TROUS C’est devenu une tradition: en été, la boutique de bijoux Wouters & Hendrix organise des événements et des actions spéciales, comme les journées dédiées aux piercings les 26 juillet et 9 août. Le programme complet est sur le site. (EM)

Kustlaan 325 www.wouters-hendrix.com

CHEZ LOUIS

LouisVuitton a l’art de choisir les plus belles adresses du monde et les flagships signés par des architectes de renom comme Frank Gehry ou Daniel Libeskind.Mais à Knokke,la maison de luxe a choisi de jouer la carte de l’intimité en s’installant dans une charmante boutique nichée dans une villa de la Kustlaan. Réparti sur deux étages, l’espace propose prêt-à-porter, sacs, accessoires et parfums. L’ambiance est chaleureuse et la sélection, locale: on y trouve le célèbre sac ‘Knokke’ et un sac de golf original présenté lors du week-end d’ouverture -une pièce qui n’est normalement disponible que sur commande. (EM) Kustlaan

TO PARTY

Des saveurs iodées aux couchers de soleil dignes des étoiles, cet été, le littoral offre bien plus qu’une simple vue sur mer.Au programme: délices de la mer, concerts au rythme des marées et expériences artistiques qui nous emportent vers des sommets culinaires insoupçonnés. Sabato a sélectionné cinq événements où tous les sens s’offriront, eux aussi, une évasion estivale.

ÉTOILES DE MER

Ce week-end, l’Ostendaise - North Sea Food Fest met les chefs locaux à l’honneur autour des joyaux de la mer du Nord.Nos incontournables? L’huître d’Ostende de Dimitri Proost (Haut), sublimée en tempura croustillante et, pour la première fois au festival, la bisque signature de Willem Hiele. (EB) Les 21 et 22 juin, Zeeheldenplein, Ostende

SOLEIL COUCHANT Dès la mi-août, le festival ‘Down By The Sea’ fait son retour sur la plage de Duinbergen. Le public admire le coucher de soleil sur la mer du Nord en écoutant la musique de l’artiste belgo-américaine de renommée internationale Trixie Whitley, d’Iskander Moon (considéré comme le Bon Iver belge) et la pop entraînante de Judith. (EB) Du 15 au 17 août.

Directeur-GeneraalWillemspark 106

PINCE-MOI À l’occasion de l’événement ‘Panamarenko 85’, la carte du restaurant La Rigue propose un cocktail et un mocktail Panamarenko, ainsi que des plats comme le crabe de la mer du Nord avec du caviar. L’inspiration: l’œuvre ‘Wuivende Krabben’ exposée sur le Zegemeer, visible depuis l’hôtel cinq étoiles La Réserve. (EB) Jusqu’au 24 août. Elizabetlaan 160

BISOU DE KNOKKE Le concept de ‘The French Kiss Club’ est simple: prouver que le vin en canette peut être qualitatif. Cinq ans plus tard, ce pari est gagné. Les canettes sont disponibles dans les plus grands festivals et chez Delhaize. Pour les bars de plage de Knokke, la marque a également lancé des bouteilles en verre. (LK) Disponible au Blue Buddha Beach, River Woods Beach Club et Collins Club

DISCO À GOGO Si le festival WeCanDance de Zeebruges semble trop bondé, trop grand ou trop tape-à-l’œil,Paradisco est l’alternative idéale. Ce festival à plus petite échelle en est déjà à sa septième édition. La musique? Un mélange éclectique de disco et de house. L’ambiance? Paradisiaque. (LK) Du 25 au 27 juillet, plage de Duinbergen

AF FAIRES DE PLA GE

Un cuistax design et une villa service majordome compris, mais aussi le clap de fin pour Maniera et la relance du Peiremuzee: Knokke est la preuve que la station balnéaire est une pouponnière d’idées, d’anecdotes et d’innovations.

UN MAX DE CUISTAX

TOUT LE MONDE A SOUVENIR DE VACANCES À QUATRE ROUES, UNE VOITURETTE À PÉDALES MIEUX CONNUE SOUS LE NOM DE CUISTAX. L’ÉTÉ DERNIER, CHARLOTTE BAU ET ARNAUD DE BUYSSCHER ONT REPRIS T&T QUALITY GO-CARTS À KNOKKE, LE DERNIER FABRICANT ARTISANAL DE CUISTAX D’EUROPE DE L’OUEST, REBAPTISÉ QARTS. CET ÉTÉ, ILS LANCENT UN CUISTAX DESTINÉ AUX PARTICULIERS, UNE PREMIÈRE.

REPORTAGE:

THIJS DEMEULEMEESTER

PHOTO:

ALEXANDER D’HIET

CI-DESSOUS LES CUISTAX

SONT UN SUPER SOUVENIR

D’ENFANCE DE CEUX QUI ONT PASSÉ LEURS VACANCES SUR LA CÔTE BELGE.

Avant de commencer,un peu d’étymologie.Un cuistax est une voiturette à pédales qui a connu le succès dans l’entre-deux-guerres grâce à l’essor du tourisme à la côte belge.«Rouler sur les pavés faisait mal aux cuisses,d’où son nom. Enfin,c’est ce que disent mes collègues à l’atelier. Je ne sais pas si c’est vrai, mais qui suis-je pour les contredire? Jusqu’à l’année dernière,je n’y connaissais rien», déclare Arnaud De Buysscher. L’été dernier, avec son épouse, Charlotte Bau, il a repris l’entreprise T&T Quality Go-Carts à Knokke. La production a été transférée à Oostkamp et l’entreprise, rebaptisée Qarts. «Les cuistax sont des objets ‘made in nostalgie’.Tous les enfants qui ont passé des vacances à la côte belge en ont conduit un»,poursuitArnaud De Buysscher.«Comme nous attendons un enfant pour cet automne, Charlotte et moi avons regardé nos albums photo où se trouvent des dizaines de clichés de moi, enfant, sur un cuistax. Chez ma grandmère à Knokke, on pouvait choisir entre des bonbons, une BD ou un cuistax.Je choisissais toujours la BD ou le cuistax. Charlotte, quand elle était chez sa grand-mère à Ostende, pouvait conduire un triporteur à glaces.»

TRAVAIL MANUEL

Dans le couloir du siège de Qarts,sur des dizaines de photos rétro on voit des touristes sur les cuistax de T&T Quality Go-Carts.Cette entreprise knokkoise était le dernier fabricant de cuistax faits main en Europe de l’Ouest. «Il fallait répondre à tellement de législations et de normes de sécurité que j’ai fini par jeter l’éponge», confie son fondateur, Carl Gies.Nous le retrouvons dans la cabine de peinture,en train d’appliquer un revêtement sur un cadre de cuistax soudé. «Je participe toujours à la production et je transmets mon savoir-faire à Qarts.La jeune génération prend la relève,avec un regard neuf et plein d’ idées. J’ai confiance en l’avenir.»

Pourtant, il n’y avait pas grand monde pour reprendre cette entreprise artisanale. Mais, heureusement, Carl Gies connaissait bien Arnaud De Buysscher, un jeune entrepreneur qui fournissait déjà, via sa société Sourcing Partners, des pièces métalliques àT&T Quality Go-Carts. «Je voulais bien reprendre l’entreprise à condition que Carl reste impliqué. Il détient 49% des parts; Charlotte et moi en avons

CI-DESSOUS CETTE SAISON SERA CRUCIALE POUR CHARLOTTE BAU ET ARNAUD DE BUYSSCHER, REPRENEURS DE L’ENTREPRISE T&T QUALITY GO-CARTS.

«Comme Charlotte, mon épouse, et moi attendons un enfant, nous nous sommes replongés dans nos albums photo: j’ai retrouvé des dizaines de clichés de moi, enfant, sur un cuistax, chez ma grand-mère, à Knokke.»

51 %.Son expertise est cruciale pour assurer la continuité de l’affaire. Même si la maind’œuvre est chère en Belgique,sans ce genre de profils, on n’est rien dans l’industrie. Le pliage des tubes? Une machine dans une usine en Lituanie le fait mieux, plus vite et moins cher.Construire un cuistax demande plus de 30 heures de travail manuel. Nos spécialistes réalisent les étapes les plus importantes,comme la soudure et l’assemblage.Le reste est sous-traité:c’est la seule manière de maintenir une production qui soit concurrentielle sur le sol belge.»

POTENTIEL ÉNORME

À 30 ans à peine,Arnaud De Buysscher sait de quoi il parle. Il a travaillé pendant cinq ans pour Malmar,l’entreprise métallurgique familiale,et il a contribué à installer une unité de production en Lituanie. «Mon frère poursuit ce projet et moi,je sentais qu’il était temps de lancer ma propre aventure. Mon séjour en Lituanie et à Hong Kong, où je suis resté un an et demi après mon Erasmus, m’a permis de développer un réseau dans la métallurgie. C’est ainsi qu’est né Sourcing Partners: c’est un fournisseur de pièces en métal et en plastique pour les fabricants de machines, de meubles et de structures en Belgique, aux Pays-Bas, au Luxembourg et en Allemagne.»

«Les affaires sont bonnes, mais nous restons des sous-traitants. Ce qu’il nous manquait, c’était de pouvoir façonner un produit fini. Et nous l’avons trouvé: c’est le constructeur de cuistax de Knokke.Son histoire touche tout le monde: le potentiel est énorme.Et puis,en tant qu’entrepreneur,je ne peux pas rester sans projet.»

Si c’est Arnaud De Buysscher qui nous fait visiter l’atelier, c’est Charlotte Bau

«Construire un cuistax demande plus de 30 heures de travail manuel. Nos spécialistes effectuent les étapes les plus importantes: la soudure et l’assemblage. Tout le reste est sous-traité.»

ans avec un passionné d’automobile pour mettre au point un nouveau modèle vintage. Si ce premier modèle est un succès, nous devrons mettre les bouchées doubles. Et si c’est un flop,au moins on aura tenté le coup.C’est ça l’entrepreneuriat:on ne peut jamais tout prévoir.»

HARRINGTON

Le premier modèle rétro de Qarts fait penser aux célèbres Harrington Junior Cars: des mini oldtimers pour enfants (de parents fortunés). «Ces voitures miniatures roulent à l’électricité ou à l’essence», précise Arnaud De Buysscher.«Pendant notre voyage de noces auVietnam, nous avons pu visiter l’usine grâce à une de nos connaissances. Ce sont de superbes objets,mais ils coûtent 20.000 euros.Ce n’est pas du tout la direction que nous voulons prendre.»

Les cuistax Qarts atteignent 11km/h. Arnaud De Buysscher déclare vouloir vendre «de la joie, pas de l’adrénaline». «Je ne veux pas faire du ‘tout électrique’: le cuistax, c’est une voiturette à pédales. On nous demande souvent de fabriquer des vélos,mais à part les triporteurs et les tandems, ce n’est pas notre créneau. On se consacre à ce que l’on fait de mieux: les cuistax, les triporteurs et les tandems.»

SECONDE VIE

Même s’il n’y connaissait rien aux cuistax il y a six mois,Arnaud De Buysscher entend bien respecter l’héritage de l’entreprise. Comme son prédécesseur, il mise aussi sur

la remise à neuf de vieux modèles. «Beaucoup de gens veulent donner une seconde vie au cuistax de leur enfance.Le démonter entièrement pour le remettre à neuf coûte environ 1.200 euros, alors qu’un cuistax neuf revient à 1.800 euros. Cela en vaut donc la peine.Il nous arrive de recevoir des modèles de location dont le châssis a près de 50 ans. Une fois que tout le système a été contrôlé,il peut encore rouler pendant des décennies. Ce travail de rénovation représente 30% de notre chiffre d’affaires. On démonte, on soude si besoin, on métallise, on repeint. Et les vieux cuistax sont comme neufs.» CI-CONTRE

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qui assure la gestion quotidienne de Qarts. «T&T Quality Go-Carts construisait un produit haut de gamme, à l’ancienne:le châssis soudé est plus solide que celui de certaines voitures.Ce n’est donc pas étonnant que des cuistax qui ont 50 ans soient déposés chez nous pour y être rénovés.On peut lire l’année de construction sur le numéro du châssis,comme pour une voiture de collection», explique-t-elle.

«Carl et son équipe fournissaient surtout le marché de la location de la côte belge. Nous, nous pensons qu’il y a d’autres débouchés,comme les parcs de vacances,mais aussi le secteur du soin: les maisons de repos et les centres pour personnes en situation de handicap utilisent ces véhicules pour permettre à leurs résidents de profiter de l’extérieur.»

«Les villes et les communes sont aussi des clientes potentielles,pour la collecte des déchets,par exemple.Et le secteur

«Le châssis soudé de nos cuistax est plus robuste que celui de certaines voitures.»

CI-CONTRE LA RÉNOVATION REPRÉSENTE 30% DES VENTES. «NOUS LES DÉMONTONS, LES SOUDONS SI NÉCESSAIRE, LES MÉTALLISONS ET LES PEIGNONS. UNE FOIS CE TRAVAIL TERMINÉ, LES CUISTAX SONT COMME NEUFS.»

de l’événementiel est aussi intéressé: nous sommes en train de construire un triporteur avec une pompe à bière pour une marque de bière belge. Le producteur de snacks Henny’s a commandé cinq cuistax bleu clair sur mesure que l’on pourra croiser cet été sur les digues de Knokke,Wenduine et Coxyde. On adore ce genre de projet sur mesure!»

ÉDITION LIMITÉE

Il y a aussi le marché des particuliers.«La demande est forte», affirme Charlotte Bau. «T&T Quality Go-Carts ne vendait pas aux particuliers, car les cuistax de location sont toujours un peu moins esthétiques -renforcés par de gros pare-chocs et protégés contre la rouille due à l’air marin. Pour les particuliers, ce n’est pas nécessaire, ce qui nous permet de faire des modèles beaucoup plus élégants.»

Cette semaine,Qarts lance son premier cuistax oldtimer: un modèle inspiré de l’Austin Seven Special Monoposto de 1930. «Sur Instagram, j’ai découvert un Ukrainien qui en avait fabriqué un pour sa fille, en polyester rouge, fait à la main. Nous lui avons donc commandé le moule pour faire la carrosserie, mais le châssis en métal est fabriqué dans notre atelier. Prix de vente: environ 2.000 euros. Nous prévoyons d’en construire 50 à 100 exemplaires. Si ça marche, nous envisagerons une collaboration tous les deux ou trois

«Je ne voudrais pas fabriquer de cuistax électriques: ils sont faits pour pédaler.»

CI-CONTRE QARTS VA SE FOCALISER SUR SES

ATOUTS: LES CUISTAX, LES VÉLOS-CARGOS ET LES TANDEMS. L’ENTREPRISE VOIT ÉGALEMENT BEAUCOUP DE POTENTIEL DANS D’AUTRES

MARCHÉS QUE CELUI DE LA LOCATION À LA MER, COMME LES PARCS DE VACANCES, LE SECTEUR DES SOINS, LE MARCHÉ PRIVÉ ET MÊME LES SERVICES MUNICIPAUX.

ZOUTE GRAND PRIX

Cette saison sera déterminante pour Qarts, avec le lancement de sa nouvelle campagne, de son nouveau site internet et de son nouveau cuistax oldtimer.

«Nous avons beaucoup investi et nous espérons que ce projet sera un succès. Et, surtout, nous voudrions qu’il s’inscrive dans la durée - sans pour autant viser une équipe de cent personnes d’ici cinq ans», précise l’entrepreneur.

Et quel est l’objectif alors? Organiser une course de cuistax vintage à l’occasion du week-end du Zoute Grand Prix? Il écarte l’idée en riant: «Quand j’ai eu trente ans, Charlotte et moi avons partagé nos ambitions: avoir un enfant et bâtir ensemble notre propre entreprise. Avec Sourcing Partners et Qarts, cela devrait être réalisable, même si ce sera sans doute un parcours semé d’embûches. Jusqu’à trente ans, il faut chercher ce que l’on veut faire dans la vie. Ensuite, il faut foncer.» ◆

LE MODÈLE RÉTRO EN ÉDITION LIMITÉE EST DISPONIBLE VIA WWW.QARTS-BIKES.COM, WWW.SOURCING-PARTNERS.EU

Informations environnementales (AR 19/03/04) : bmw.be

18,5-23,7 KWH/100 KM • 0 G/KM CO2 (WLTP)

REPORTAGE:

THIJS DEMEULEMEESTER ILLUSTRATIONS:

INGE RYLANT

EST À VOTRE SERVICE

«DIS, JAMES, TU POURRAIS TROUVER UN GÂTEAU D’ANNIVERSAIRE EN FORME DE VOITURE DE SPORT ROUGE?»

POUR JAMES, THE BNB BUTLER, AUCUNE REQUÊTE N’EST TROP EXTRAVAGANTE: CE KNOKKOIS PEUT RÉSERVER UNE NOUNOU, ---UN CHEF PRIVÉ OU UN HÉLICOPTÈRE. LE SERVICE À LA DEMANDE EST AU CŒUR DE SA PLATEFORME DE LOCATION DE VILLAS DE LUXE, DE KNOKKE À VERBIER.

Il préfère garder l’anonymat.«Pour préserver la magie du concept, le client est toujours au centre de l’attention,pas moi.» Pourtant,tout le monde l’appelle simplement James. James, le BnB Butler. Sous cette identité, ce Knokkois a créé une plateforme qui propose une sélection de propriétés somptueuses disponibles à la location aux quatre coins du monde. «Elles sont toutes dotées d’un service complet,pour que les vacances soient vraiment inoubliables», affirme-t-il. Rien qu’à Knokke, il gère quelque 35 villas et appartements, principalement au Zoute. Cependant, la majorité de ses biens sont à l’étranger.

James couvre une trentaine de destinations haut de gamme telles que Paris, Saint-Tropez, Ibiza, Marbella, Marrakech,Verbier, Megève, Courchevel, Gstaad, Bali, Le Cap, Antibes et bien d’autres. Il se targue même d’avoir dans son catalogue le chalet le plus haut d’Europe. «Un bijou à la James Bond, perché à 3.300 mètres d’altitude, à Verbier», précise-t-il. «Ce chalet offre une expérience de sports d’hiver tout à fait extraordinaire,grâce à une équipe complète -majordome, chef privé et guide professionnel. Il n’est accessible qu’en dameuse:on vient vous chercher à la dernière station du dernier télésiège. Le propriétaire est un Suisse, qui lui a raconté comment le chalet a été livré par hélicoptère, ce qui a nécessité plus de 2.000 heures de vol pour sa construction.»

TÉLÉCHARGER SON MAJORDOME

Ce qui distingue James,ce n’est pas seulement son offre de propriétés de luxe,mais aussi son application dédiée,ce qui facilite grandement le processus de réservation: les clients soumettent une demande pour une villa spécifique et le propriétaire l’accepte directement via l’application. «Cette application est conçue pour les propriétaires, les hôtes et les prestataires. Les propriétaires gardent le contrôle sur la location. Les hôtes ont accès à un portefeuille exclusif de villas d’exception, et peuvent faire de leur villégiature en une expérience tout compris.En un clic sur‘Upgrade mon séjour’,ils peuvent commander des services de conciergerie à la demande:ménage quotidien,petit déjeuner,chef privé, nounou ou un vol en hélicoptère pour se rendre à leur restaurant préféré, où nous avons réservé leur table, bien entendu.Tout est prévu pour simplifier la vie des hôtes,du premier au dernier jour.»

GÂTEAU D’ANNIVERSAIRE

Y a-t-il des limites au service? «Pas vraiment. Mes hôtes peuvent me demander pour ainsi dire n’importe quoi. Est-ce que je peux toujours exaucer leurs souhaits? Non, mais la plupart du temps, oui. Grâce à mon réseau, beaucoup de créativité et de volonté, tout devient possible.»

«Mes clients peuvent me demander n’importe quoi. Puis-je répondre à toutes leurs demandes? Non. Mais la plupart du temps, oui.»

CI-CONTRE TOUT EST POSSIBLE OU PRESQUE, IL SUFFIT DE LE DEMANDER. UN GÂTEAU D’ANNIVERSAIRE EN

FORME DE VOITURE DE SPORT

ROUGE? C’EST COMME SI C’ÉTAIT FAIT!

Un exemple? «Un dirigeant d’entreprise transnationale séjournait à Knokke avec son fils de trois ans, qui fêtait son anniversaire.Quelques jours avant la date,il m’a appelé:«Dis, James,pourrais-tu me trouver un gâteau en forme de voiture de sport rouge?» J’ai répondu oui, bien sûr. «Vous aviez un modèle Ferrari à l’esprit?» «Oui, une SF90», a-t-il plaisanté. «C’est faisable?» Moins de 24 heures plus tard, le gâteau Ferrari était livré,confectionné par un pâtissier local enthousiaste, prêt à faire l’effort. Mon hôte se rappelle encore de la joie de son fils devant son gâteau «voiture de sport rouge» personnalisé.Le lendemain,un dimanche,la famille était l’invité d’honneur du CHIO d’Aix-la-Chapelle. J’ai organisé pour elle un transfert en hélicoptère pour assister au spectacle équestre, où elle a été accueillie personnellement -au nom de James- par le CEO de l’événement.»

«Ce petit geste personnalisé rend l’expérience et le souvenir inoubliables.Accueillir ces genres d’hôtes est une grande satisfaction. Ils ont des attentes élevées, mais, pour moi, ce qui compte le plus, c’est leur gratitude sincère pour les efforts que mon équipe et moi fournissons pour rendre leur séjour exceptionnel. Beaucoup d’entre eux reviennent chaque année. Cette confiance et ce lien sont, pour moi, l’essence même de l’hospitalité.Il faut être reconnaissant d’accueillir des hôtes,et pas l’inverse.Certaines adresses donnent l’impression que les hôtes doivent être heureux d’être admis. C’est quelque chose que je ne comprends pas.»

DES DÉBUTS PROMETTEURS

Il y a un peu plus de cinq ans,James a lancé son application après qu’un ami lui a proposé de louer son appartement de vacances à Knokke, car il «n’y venait pas assez souvent».

Juste avant le début de la saison des sports d’hiver, l’application envoie un message: «Est-ce que je vous réserve pour Noël le chalet de Megève où vous étiez l’année dernière avec votre famille?»

CI-DESSUS CE QUI

DISTINGUE JAMES, CE N’EST

PAS SEULEMENT SON OFFRE DE PROPRIÉTÉS DE LUXE, MAIS AUSSI SON APPLICATION

DÉDIÉE, CE QUI FACILITE

GRANDEMENT LE PROCESSUS DE RÉSERVATION.

Le succès est immédiat. Ce premier bien lui permet de rencontrer d’autres propriétaires de villas dans des destinations prisées à l’étranger,ce qui a rapidement étoffé l’offre de James, the BnB Butler.

James explique que si «en principe,tout le monde peut louer une villa en ligne», ce qui les distingue,«c’est l’attention portée aux détails et le service à la carte.Chez nous,un accueil personnalisé à l’arrivée et au départ est la norme, partout dans le monde et à l’heure choisie par le client.Grâce à ce petit plus, les hôtes se sentent tout de suite chez eux. Et les propriétaires savent qu’ils seront bien reçus et que tout ce qui se trouve dans la maison sera passé au peigne fin.»

Il est également possible de faire un court séjour.«À Knokke,on peut louer une villa pour une ou deux nuits,ce qui est quasi impossible ailleurs. Cette offre répond à un besoin, d’autant plus depuis qu’à Knokke plusieurs hôtels ont disparu au cours de ces dernières années. Ce format de séjour est moins rentable, mais c’est une façon de fidéliser la clientèle.»

La stratégie numérique de James s’appuie sur son expérience de marketing en ligne et de développement d’applications. Il maîtrise parfaitement l’art de mettre en valeur les biens qui sont sur sa plateforme. James réalise de longues séries de photos, des reels et des vidéos promotionnelles, souvent filmées par drone. «Tout cela vise à offrir à chaque propriété la visibilité maximale qu’elle mérite»,précise-t-il.«Créer du contenu visuellement attractif est la première étape.Tout est pensé pour générer des clics.Comme la visibilité en ligne et un bon référencement sur Google sont essen-

tiels pour attirer les demandes, la création de contenu est une priorité,pas un simple complément.Nous adaptons nos stratégies SEO selon le pays, la langue et la saison, avec des sites web dédiés.»

Grâce à la plateforme marketing intégrée à l’application, les hôtes reçoivent aussi des notifications personnalisées reprenant des offres sur mesure.Les services additionnels peuvent être réservés directement via l’application.

Un exemple en hiver? Avant le début de la saison de sports d’hiver, l’application envoie un message «Souhaitez-vous que je réserve à nouveau le chalet de Megève pour Noël, où vous étiez venu avec votre famille l’année dernière?» Un exemple en été? «Dans deux semaines,vous serez mon hôte à Ibiza. Dois-je demander à mon chauffeur de venir vous accueillir à l’aéroport?»

«En cliquant sur ces messages,le client peut directement réserver la maison ou le service proposé. Cette application est mon principal atout: elle me permet d’offrir un service premium en connectant les prestataires locaux à mon réseau.»

BOULES DE PÉTANQUE JAMES

Bien que basé à Knokke, James étend sa renommée dans toutes les destinations où il intervient. Le bouche-à-oreille joue un rôle important, mais il va bien au-delà: «Je suis constamment à la recherche de partenariats pour promouvoir la marque James de façon créative et raffinée.Par exemple,j’ai conçu avec la marque de mode haut de gamme Baindoux un sac de plage en édition limitée, introuvable ailleurs, véritable pièce d’art. Sur un terrain de pétanque d’une villa de la Côte d’Azur, on trouve des boules «Team James x Obut». À Knokke, mes invités peuvent siroter mon gin «James». Ces collaborations apportent une touche de glamour à mes clients fidèles, un signe de reconnaissance et une manière concrète d’incarner la qualité que je tiens à leur offrir.»

Jusqu’où ira-t-il? «Probablement très loin», affirme-t-il. «J’ai le sentiment que l’aventure James ne fait que commencer.C’est un cercle vertueux:chaque nouveau projet,chaque destination et même chaque requête «impossible» renforcent mon concept.»

Boutique Messika
Place du Grand Sablon 20, Bruxelles

CI-CONTRE SUR LE TERRAIN DE PÉTANQUE D’UNE VILLA SUR LA CÔTE D’AZUR SE TROUVENT DES BOULES DE PÉTANQUE SIGLÉES «TEAM

JAMES X OBUT», POUR SOULIGNER LA QUALITÉ OFFERTE PAR JAMES.

THE GETAWAY CLUB

Son réseau en pleine expansion et son expérience dans la location de luxe ont donné naissance à sa dernière création, The Getaway Club. «Il s’agit d’un réseau dédié à l’investissement et au développement d’appartements et de villas de luxe dans des destinations de loisirs à travers le monde»,précise James.En d’autres termes:une nouvelle façon de devenir (co)propriétaire de plusieurs résidences d’exception,avec une location «service complet». Cette idée émane de ses clients. «Ils me demandent souvent s’ils peuvent investir quelque part. Par ailleurs, mon réseau me donne de plus en plus accès à des opportunités immobilières hors marché», explique-t-il. «Le rendement de la location courte durée de luxe est intéressant et de plus en plus d’investisseurs ciblent ce marché. Mais beaucoup n’ont pas de réseau local ni de bonnes connexions.La synergie entre ma plateforme de location et ce réseau d’investisseurs est unique: elle attire ceux qui recherchent à la fois rendement financier et expérience client.»

The Getaway Club a fait le choix d’être à taille humaine, mais avec un rayonnement international. «C’est là toute sa force», conclut James. «Qu’il s’agisse d’un projet récent à Anvers destiné aux cavaliers de haut niveau et aux expatriés, d’un appartement chalet à Megève,d’un terrain à bâtir à Ibiza ou d’un appartement à Marbella,les projets sont ambitieux, mais toujours guidés par une seule et même règle:la qualité prime sur la quantité.» ◆

WWW.BNBBUTLER.BE

MANIE RA,

D’UNE AUTRE MANIÈRE

PHOTO: STEFAAN TEMMERMAN MAIS

REPORTAGE: JESSE BROUNS

MANIERA, LA GALERIE DE DESIGN LA PLUS INFLUENTE DU PAYS, CHANGE DE CAP. MAIS, AVANT DE TIRER LEUR RÉVÉRENCE, AMARYLLIS JACOBS ET KWINTEN LAVIGNE, SES FONDATEURS, ORGANISENT UNE DERNIÈRE EXPOSITION À LA VILLA WESTHINDER, À KNOKKE. «NOUS AVONS ACCOMPLI DES CHOSES FORMIDABLES, MAIS LE CHEMIN N’A PAS TOUJOURS ÉTÉ SANS EMBÛCHES. NOUS PRENONS UN NOUVEAU DÉPART.»

En octobre,Amaryllis Jacobs et Kwinten Lavigne feront leurs adieux à l’Hôtel Danckaert, la villa bruxelloise Art déco qui a accueilli pendant des années leur galerie, Maniera. Avant cela, ils proposent une ultime exposition commune, hors les murs: pendant les deux premiers weekends d’août, ils exposeront à la Villa Westhinder, à Knokke, les prototypes de quelques-uns de leurs greatest hits. Ensuite, leurs chemins se sépareront. Elle se consacrera à son rôle de directrice artistique du magazine d’architecture A+. Quant à lui, il poursuivra l’aventure de Maniera, mais sous une forme plus épurée. «Il nous a fallu trois ans»,explique-t-elle dans le jardin baigné de soleil d’une ferme près de Louvain.«Maintenant,tout se met en place. Nous ne sommes plus en couple.Nous préférons ne pas trop nous étendre sur ce point, même si notre séparation a joué un rôle dans cette histoire.»

Depuis son bureau à Bruxelles,Lavigne explique que tout est lié.«Sous cette forme, Maniera était devenu trop complexe. C’est aussi cela qui a pesé sur notre couple.Je suis convaincu que nous aurions dû faire les choses différemment de toute façon,même si nous étions restés ensemble.»

TERRAIN INCONNU

Maniera voit le jour en avril 2014: Lavigne travaillait pour le centre d’artWiels à Bruxelles tandis que Jacobs était responsable de la communication dans le secteur culturel pour Bozar, le KVS et Canvas. «Nous partagions une passion pour l’architecture,l’art et le design et nous avions envie de monter un projet ensemble.»

«Ce qu’est devenue Maniera reste difficile à définir, reconnaît Lavigne: «Je n’aime pas trop employer le terme design. Je préfère dire que nous créons des sculptures.» Jacobs, elle, formule les choses autrement: «Pour moi, le terme le plus juste reste arts appliqués.»

En 12 ans, ils ont développé 32 collections de mobilier, de luminaires et autres objets avec de nombreux architectes et artistes de renom: Office Kersten Geers David Van Severen -leur premier projet-, Studio Mumbai,Jonathan Muecke,Bernard Dubois, Lukas Gschwandtner, Christophe Hefti, Koenraad Dedobbeleer et Junya Ishigami.

«Nous avons souvent travaillé avec des artistes qui n’avaient jamais conçu de mobilier», explique Lavigne. «Nous les avons invités à s’aventurer en terrain inconnu.En même temps,créer une chaise n’est pas si différent que concevoir un immeuble de quinze étages.C’est cela qui,selon moi, fait la singularité de Maniera:nos objets ont été conçus par des personnes qui n’avaient pas l’habitude d’en faire.»

«Nos objets sont souvent une sorte d’esquisse.Davantage l’idée de ce qui pourrait,à terme, devenir un objet fonctionnel plutôt qu’un produit abouti. Ce que nous montrons, c’est une pensée, une expérimentation. Les prototypes que nous présentons à Knokke devraient rendre ce concept encore plus évident.»

SUCCÈS IMMÉDIAT

Maniera est rapidement devenu une référence chez les collectionneurs du monde entier. «Marianne Goebl, alors directrice de Design Miami,a vu notre première collection de meubles avec Office et nous a

CI-DESSUS À LA VILLA

WESTHINDER, AMARYLLIS

JACOBS ET KWINTEN LAVIGNE

PRÉSENTERONT DES PIÈCES DE LEUR COLLECTION, COMME LA «996 STOOL» DE THORBEN GRÖBEL OU LA TABLE «MARU-SANKAKU» DE JUNYA ISHIGAMI.

«Sous cette forme, Maniera était devenu trop complexe.

aussitôt proposé une place au salon. Cela faisait à peine six mois que nous nous étions lancés», se souvient Jacobs. À l’époque, Design Miami était la vitrine la plus prestigieuse du design d’avant-garde.Y participer,c’était jouer dans la cour des grands. Ce qui ne signifie pas pour autant que Maniera soit devenu grand -du moins au sens classique du terme. L’esthétique de Jacobs et Lavigne n’a jamais visé les penthouses fastueux de Dubaï, ni les flagships stores des marques de luxe. «Nos créations sont plus discrètes, moins show off. Radicales, mais simples.» Est-ce typiquement belge? Sans doute. «MaartenVan Severen aussi était comme ça.»

Contrairement à bon nombre de ses puissants concurrents,Maniera n’a jamais vendu de design vintage.Et le duo a toujours financé de sa poche la production de ses collections. La galerie est restée relativement petite:réputée et respectée, culte et cool. «Au plus fort de notre activité, nous étions quatre,plus deux stagiaires.Dans une galerie comme Kreo à Paris,ils sont une vingtaine.Nous avons fait peu de bénéfices, mais nous avons toujours couvert nos frais. Nous n’avons jamais contracté de prêt et nous n’avons jamais connu de revers.Toutefois,nous avons peut-être grandi un peu trop vite.»

«Nous sommes fiers de Maniera»,déclare Jacobs.«Nous avons créé des objets fantastiques et trouvé notre public. Mais continuer à ce niveau était devenu extrêmement fatigant.»

CRISE DE L’ÉNERGIE

Ces dernières années, les affaires ont été moins florissantes. La pandémie a été traversée sans trop de dommages,comme pour la plupart des entreprises de design, mais la crise de l’énergie qui a suivi s’est révélée nettement plus hard.Tout a augmenté:les matières premières,la production,le transport. Les délais de livraison se sont allongés, le chiffre d’affaires a diminué. «On avait l’impression de pédaler avec le frein à main tiré», soupire Lavigne.

Entre-temps, la galerie a quitté son espace du Sablon, à Bruxelles,pour s’installer à l’Hôtel Danckaert,une imposante demeure avec parc attenant construite en 1922 par l’architecte Jean-Baptiste Dewin à Forest,où le couple s’est installé au premier étage. «Financièrement, c’était OK», affirme

CI-CONTRE LE PROTOTYPE EST UNE SORTE D’ESQUISSE DE CE QUI DEVRA ÊTRE UN OBJET FONCTIONNEL À TERME. ICI, LA «ZAISU CHAIR» DE JUNYA ISHIGAMI.

C’est aussi cela qui a pesé sur notre couple.»
«C’est la dernière fois que nous faisons quelque chose ensemble et nous voulons que ce soit bien.»

CI-DESSOUS L’ESTHÉTIQUE

MANIERA N’A JAMAIS

ÉTÉ DESTINÉE AUX

PENTHOUSES DE DUBAI NI

AUX FLAGSHIPSTORES DES LABELS DE LUXE.

CI-CONTRE MANIERA N’EST

PAS OSTENTATOIRE: «NOS

OBJETS SONT À LA FOIS

RADICAUX ET SIMPLES.»

Jacobs. «Mais, dès que la maison a cessé d’être notre domicile familial, c’est devenu plus difficile, bien sûr.»

Il y a trois ans, ils décident de changer de cap. «Nous avons rencontré un consultant,un client qui souhaitait nous aider et il a été très clair:vous devez vous développer, chercher des investisseurs et devenir une grande galerie, car vous en avez le potentiel. Nous y avons réfléchi, mais cela ne nous ressemblait pas. Nous lui avons donc déclaré que non, désolé, nous ne voulons pas grandir. En réalité, nous cherchons à devenir plus petits.»

Jacobs ajoute: «Nous tournons la page d’un chapitre que nous avons écrit ensemble. Kwinten s’apprête maintenant à en écrire un nouveau, le sien.»

Il précise:«Maniera va devenir nomade, sporadique: la galerie va redevenir un laboratoire.»

Elle poursuit:«Et je ne serai plus partie prenante. Je me retire en toute confiance. C’est désormais à Kwinten de donner forme à Maniera, de la manière qui lui ressemble. J’ai trouvé ma place chez A+. J’ai toujours été plus attirée que Kwinten par l’architecture.De la micro architecture que nous faisions avec Maniera, je passe à l’architecture à grande échelle:avec le magazine et notre programme à Bozar. A+ tourne avec une équipe de neuf personnes. Je reste l’agente de Bijoy Jain (le fondateur du cabinet d’architecture Studio Mumbai): il a toujours été mon chouchou.»

MANIERA SOLO

«Au cours des prochaines années,je continuerai seul sous le nom de Maniera Solo», précise Kwinten Lavigne. «Je vais demander à quelques artistes liés à la galerie de créer chacun une pièce que j’exposerai ensuite dans des lieux variés: une librairie, une galerie ou chez un particulier.Au fil du temps, nous avons tissé un réseau international, composé de personnes qui apprécient Maniera. Jusqu’ici, nous avons toujours travaillé sur des collections de cinq à vingt pièces. C’était souvent trop, nous ne pouvions plus l’assumer.»

«Nous avons commencé avec beaucoup

de passion et de conviction, mais notre business plan n’était pas très solide. Nous financions les frais de production et l’artiste recevait toujours 50% du prix de vente: ce modèle pourrait être revu.»

Il y aura une dernière exposition à laVilla Westhinder, où ces deux passionnés présenteront des prototypes issus de leur collection personnelle, y compris des pièces épuisées depuis longtemps.Ce sera leur troisième exposition hors les murs à Knokke et la deuxième dans une maison conçue par l’architecte HenryVan deVelde.

«C’est la dernière fois que nous faisons quelque chose ensemble», déclare Jacobs. «Et nous voulons que ce soit bien. Je clos un chapitre. Pourtant, c’est la satisfaction qui prévaut, Maniera continuera à évoluer. De plus, je poursuivrai ma collaboration avec Bijoy. Si cela devait s’arrêter, je serais encore plus malheureuse. Quelque chose de nouveau est en train de naître, j’y reviendrai plus tard. Après tout, je suis quelqu’un qui aime donner vie aux idées, qui trouve passionnant d’imaginer et de réaliser de nouveaux projets.»

«La présentation des prototypes à la Villa Westhinder se veut comme une rétrospective», conclut Lavigne. «Un statement.» ◆

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DEPUIS CE PRINTEMPS, UN VENT NOUVEAU SOUFFLE SUR LE PEIREMUZEE, LE MUSÉE INSTALLÉ DANS

L’ANCIENNE MAISONATELIER DE L’ARTISTE LUC PEIRE (1916-1994). EN COLLABORATION AVEC LE CRÉATEUR EDOUARD VERMEULEN DE LA MAISON NATAN, UNE ÉQUIPE DE FEMMES PASSIONNÉES

S’EMPLOIE À INSUFFLER UN NOUVEL ÉLAN À CE JOYAU MÉCONNU. «ON SE CROIRAIT DANS UNE MINI FONDATION MAEGHT.»

PEIRE’S ANGELS

REPORTAGE: THIJS DEMEULEMEESTER

PHOTO: TITUS SIMOENS

CI-CONTRE ANN-SOPHIE DE STOOP, BENEDIKTE MORISOD VAN HEESEWIJK ET ELLEN DE SCHEPPER FORMENT LE TRIO QUI INSUFFLE UNE NOUVELLE VIE AU PEIREMUZEE À KNOKKE.

Même les amateurs d’art ignorent son existence: à deux minutes à pied de la place communale de Knokke, derrière une façade hermétique se cache un secret bien gardé: le Peiremuzee. Si vous n’en avez jamais entendu parler et si ce nom ne vous dit rien, cela n’est pas surprenant, car cela s’appelait Fondation Jenny & Luc Peire avant que le Mu.Zee d’Ostende reprenne sa gestion, l’an dernier. Et Benedikte Morisod van Heesewijk aussi compte lui donner un nouvel élan. Depuis quelques mois, cette Limbourgeoise installée à Knokke fait souffler une brise marine revitalisante sur ce lieu. Grâce à elle et Colette Castermans du Mu.Zee, les projets foisonnent: expositions, cycle de conférences, collaboration avec Natan, club, excursions, résidences d’artistes. «C’est petit, mais il y a moyen de faire plein de choses, ce qui était déjà le cas du temps de Jenny et Luc», explique Morisod. «En été, ils venaient vivre et travailler ici. Et ils passaient l’hiver à Paris, où Luc avait d’un atelier et jouissait d’une belle reconnaissance.»

L’an dernier, Dominique Savelkoul (ancienne directrice du Mu.Zee, actuelle directrice de la TEFAF) lui a confié la mission de superviser la relance du Peiremuzee. Cette graphiste de formation a étudié au Fine Art Institute à Londres et a fait carrière dans le monde des galeries, ce qu’elle peut mettre à profit à Knokke. «Luc et Jenny Peire n’ont pas eu d’enfants et voyageaient à travers le monde. Saviez-vous que Luc a eu 26 ateliers au cours de sa vie,de NewYork à Mexico,de Ténérife à Rabat? Knokke était le septième. C’est aussi ici qu’il a vécu et travaillé le plus longtemps, de 1946 jusqu’à sa mort en 1994.»

SCEPTICISME ET BUZZ

De leur vivant,Luc et Jenny Peire avaient déjà créé une fondation pour assurer leur héritage artistique.Après leur décès,cette fondation a racheté la villa Lucia, la maison de vacances des Peire, pour en faire un musée-atelier.Le bureau d’architectes De Bruycker-De Brock s’est attelé à cette tâche avec une grande rigueur: il a conçu des espaces d’exposition empreints de sérénité, des volumes accueillants baignés de lumière naturelle, ainsi qu’une chambre forte où sont conservées les 500 œuvres d’art de la Fondation, principalement des œuvres géométriques abstraites de la période tardive de Peire, beaucoup d’œuvres figuratives de ses débuts, réalisées sous l’influence de Constant Permeke.

Le Mu.Zee d’Ostende assure également la gestion du musée Permeke à Jabbeke. «Au départ, un certain scepticisme régnait au sein de l’administration du Mu.Zee: fallait-il transformer chaque maison d’artiste en musée? Dans le cas

de Peire, c’est pertinent: il y a ici une histoire muséale à raconter», déclare Bruno Verbergt, directeur actuel du Mu.Zee.«Il y a la collection permanente de la Fondation, mais aussi le bâtiment du musée proprement dit, le jardin et l’atelier à l’arrière. Nous souhaitons présenter la figure de Peire de manière muséale. L’ensemble de son œuvre sera examinée avec un regard critique: qu’est-ce qui est toujours pertinent,et qu’est-ce qui ne l’est plus.Beaucoup de jeunes d’aujourd’hui ne connaissent pas le travail de Peire. Ils ont grandi avec l’art figuratif contemporain et doivent réapprendre à regarder l’abstraction. Ce lieu s’y prête parfaitement.D’ailleurs,je constate qu’il y a déjà un certain buzz autour de la rénovation du Peiremuzee. On en parle, et à Knokke, c’est toujours bon signe.»

PEIRE’S LADIES

Benedikte Morisod s’emploie à créer une communauté autour de ce lieu. «Avec le club Peire People, nous souhaitons donner un nouvel élan au Peiremuzee. Ce club ne doit pas être élitiste: le membership revient à 250 euros par an, aussi pour attirer les jeunes. Les Peire People peuvent assister gratuitement aux conférences du dimanche et participer à d’autres activités», détaillet-elle.«Dans le cadre du programme Peire Presents,nous organisons des conférences le dimanche, de 11h à 13h. Le lundi soir, il y aura Peire Profound, un cycle en cinq modules consacrés à des thématiques liées à l’histoire de l’art ou au marché de l’art. Nous souhaitons aussi organiser des concerts, des présentations de livres, des lunchs ou des petits événements. Il faut faire vivre ce lieu. Et l’œuvre de Peire s’y prête admirablement: elle offre une multitude de pistes thématiques passionnantes.»

CI-CONTRE LE JARDIN DU PEIREMUZEE, AVEC SA PIÈCE D’EAU ET LES PINS PLANTÉS PAR LUC PEIRE.

«Le Peiremuzee n’a pas besoin d’attirer des milliers de visiteurs, mais se veut un lieu

que l’on découvre et où l’on aime revenir, parce qu’il y a toujours quelque chose à découvrir.»

La curatrice est également en quête de Peire Partners, soit des entreprises ou des organisations prêtes à soutenir le projet muséal de manière structurelle ou en nature. Avec un objectif commun: favoriser la renaissance de Peire à travers différentes disciplines. «Nos moyens sont limités, mais il faut oser rêver», affirme-t-elle. Un de ses rêves? Créer un think tank. Avant l’ouverture officielle du Peiremuzee, Morisod a convié un cercle de femmes ouvertes sur le monde à une réunion mensuelle pour échanger des idées. «Luc Peire est au cœur de ce projet, mais la Fondation porte aussi le nom de son épouse, JennyVerbruggen. Issue d’une famille aisée, elle s’est entièrement consacrée à son mari et à son art: sans elle, il n’aurait jamais connu une telle renommée.»

GLOBE-TROTTER À KNOKKE

Parmi les femmes conviées à se joindre au groupe de réflexion figure la conseillère en art Ellen De Schepper. Cofondatrice de Fine Art Consult, elle a donné une conférence très appréciée dans le cadre du programme Peire Presents. «Résidante de Knokke, je suis toujours enthousiaste à l’idée de contribuer à des projets artistiques ici. Le Peiremuzee est méconnu, ce qui n’est pas surprenant. Malgré sa profusion de galeries, Knokke n’est pas perçue comme une ville de musées», déplore-t-elle.

La conseillère a des affinités avec le lieu, mais aussi avec le mode de vie et les centres d’intérêt de Peire. «Il a parcouru le monde, mais Knokke est resté son port d’attache. Pour mon travail, je vais régulièrement dans des métropoles pour découvrir de l’art, trouver de l’inspiration et rencontrer des gens, mais je suis toujours heureuse de rentrer à Knokke»,confie-t-elle.«Mais Peire ne s’est jamais laissé enfermer par Knokke. C’était un globe-trotter, un explorateur. Ses voyages transparaissent dans son œuvre: l’abstraction de la figure humaine est inspirée par l’ex Congo belge et le verticalisme géométrique par New York. Ses toiles sont minimalistes, mais jamais impersonnelles. Malgré la rigueur de son langage formel, on ressent ce qu’il a découvert, vécu, traversé: son œuvre est une invitation au voyage.»

IMMERSIF

En traversant les 40 mètres de jardin qui séparent le musée de l’atelier à l’arrière, on comprend pourquoi Luc et Jenny Peire étaient si profondément attachés à ce lieu. La pièce d’eau qu’ils ont conçue, le pin qu’ils ont planté, le petit studio où les meubles design se dressent telles des sculptures: le Peiremuzee est unique. Sans oublier «Environment», installé dans le pavillon à l’arrière, une installation monumentale aux parois réfléchissantes

«Le Peiremuzee n’est pas très connu à Knokke, ce qui n’est pas surprenant. Malgré les galeries d’art, on n’associe pas la station à un musée.»
ELLEN DE SCHEPPER

évoquant l’expérience vertigineuse de Peire sur l’un des gratte-ciel de New York, où il disposait d’un atelier en 1965-1966. «Il n’a jamais réussi à percer à New York, mais l’environnement a eu une influence considérable sur son œuvre», explique Morisod.

L’espace clos tapissé de miroirs, conçu en 1967, est immersif et Instagrammable, mais il est aussi quasi prophétique, à l’heure où la mégalomanie architecturale de Knokke a fait surgir quelques silhouettes démesurées dans sa skyline.

«La première fois que j’ai découvert le Peiremuzee, j’ai eu l’impression d’entrer dans une mini Fondation Maeght, la célèbre Fondation d’art de Saint-Paulde-Vence, dans le sud de la France. L’architecture, l’espace d’exposition, l’atelier authentique, les pièces de design vintage soigneusement sélectionnées qui ornent la maison: tout ici est en parfaite harmonie», lance Ann-Sophie De Stoop.

Elle fait, elle aussi, partie du cercle de réflexion constitué par Morisod pour accompagner la relance du

CI-DESSUS GRÂCE À UNE ÉQUIPE ENTHOUSIASTE ET AU SOUTIEN DU MU.ZEE, UN VENT NOUVEAU
SOUFFLE SUR L’ANCIEN ATELIER DE L’ARTISTE LUC PEIRE.

musée. À l’instar de cette dernière, elle a une maison à Knokke, a étudié l’histoire de l’art et a vécu quelque temps à Londres. Depuis sa résidence en périphérie bruxelloise, elle dirige Authentic and So, une adresse de référence pour les amateurs de vintage, de curiosités, d’art et d’objets de caractère.

Cet été, elle investira le hall du musée, qui fait aussi office de boutique, avec un pop-up réunissant une sélection d’objets de collection en résonance avec le lieu et Peire.

UN AVENIR VIABLE?

Malgré l’enthousiasme des Peire’s Angels, le buzz à Knokke et la profusion d’initiatives, maintenir le Peiremuzee en vie ne sera pas facile. C’est une difficulté bien connue de nombreux musées d’artistes ou d’ateliers ouverts au public: trop souvent, ces lieux finissent par ressembler à des mausolées figés dans le temps.La grande question est donc la suivante: comment rester pertinent? Comment attirer suffisamment de visiteurs et, surtout, comment leur donner envie de revenir?

Le muséeVan Gogh, la maison Rubens et la maison Ensor sont la preuve que, oui, c’est possible, mais pour la plupart des petits musées monographiques, faire vivre un tel lieu n’a rien d’évident, surtout avec des moyens limités et des recettes de billetterie modestes. «Nous devons d’abord démontrer que l’œuvre en vaut la peine et qu’elle touche les visiteurs, surtout ici, à Knokke. Mais j’ai bon espoir», affirmeVerbergt. «Le Peiremuzee n’a pas besoin d’attirer des dizaines de milliers de visiteurs. Cela ne doit pas être un feu de paille, mais un lieu que l’on découvre et où l’on aime revenir, parce qu’il s’y passe toujours quelque chose d’intéressant.»

Soyons honnêtes: Luc Peire n’est certainement pas l’artiste belge majeur des deux derniers siècles. Ce n’est ni un Ensor ni un Spilliaert, mais peu importe: il est une figure particulière de la «deuxième vague abstraite», apparue après la Seconde Guerre mondiale. Peire a connu un certain succès dans les années 1960,1970 et 1980.De nombreux collectionneurs d’art contemporain flamands de l’époque le connaissent ou possèdent certaines de ses œuvres. Il a été très actif à Paris, mais son lien avec la station balnéaire est tout aussi intéressant.À cette époque, Knokke formait un biotope particulier pour l’art expérimental et novateur. Et c’est ce que nous souhaitons poursuivre ici, à notre modeste manière. ◆

EDOUARD VERMEULEN, CURATEUR de l’exposition «Lignes

d’inspiration»

«LIGNES D’INSPIRATION», DU 13 JUILLET AU 4 JANVIER

2026 AU PEIREMUZEE, DE JUDESTRAAT 64, KNOKKE.

WWW.PEIREMUZEE.BE

CI-CONTRE LE CRÉATEUR

EDOUARD VERMEULEN EST LE

CURATEUR DE L’EXPOSITION DE L’ÉTÉ «LIGNES D’INSPIRATION».

Benedikte Morisod et Colette Castermans ont donné carte blanche à EdouardVermeulen pour concevoir l’exposition estivale «Lignes d’inspiration». Le couturier de la maison Natan vit à mi-temps à Knokke, mais ignorait qu’un tel joyau se dissimulait derrière cette façade de la Judestraat. «Je suis davantage fasciné par les combinaisons de couleurs, les proportions, le rythme des silhouettes et les aplats de couleur», confie-t-il alors que nous explorons la chambre forte, ou il a sélectionné les pièces pour «Lignes d’inspiration». «L’expo prend pour point de départ l’œuvre de Peire,mise en dialogue avec des pièces de la collection du Mu.Zee d’Ostende -LucTuymans, Carl Andre,Walter Leblanc, Lili Dujourie, JefVerheyen, Raoul De Keyser,DanVan Severen et Marcel-Louis Baugniet»,explique Morisod.«Inspiré par certaines de ces pièces,Vermeulen présente également quelques silhouettes signées Natan. Il a aussi conçu un sac de plage en lin orné de motifs et de couleurs inspirés du travail de Peire, qui sera disponible cet été, en exclusivité, dans la boutique du musée.»

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ON THE MO VE

Du bikerafting au Zwin ou hésiter entre tennis et padel, courir en suivant toutes les côtes d’Europe jusqu’en... 2035: Knokke a la bougeotte. Sabato rame, pédale, court, smashe et roule. Cela en fait des histoires qui font bouger les lignes!

FOLLOW

THE

REPORTAGE: LAURA KEERSMAEKERS

COAST

Six ans après avoir pris le départ à Knokke et plus de 10.000 kilomètres parcourus, Charles Van Haverbeke et Max Monteyne publient le deuxième tome du projet de course relais «Follow the Coast». «From San Sebastián to Gibraltar» est une ode à la côte européenne et aux sportifs qui la parcourent.

Les lecteurs attentifs de Sabato se souviennent peut-être de «Follow the Coast», la plus longue course relais du monde. En 2019, nous avions rencontré CharlesVan Haverbeke (36 ans) et Max Monteyne, l’initiateur du projet, juste avant son départ de Knokke. Six ans et deux livres plus tard, il est temps de faire le bilan.Ou plutôt,d’enfiler à nouveau ses chaussures de course, car «Follow the Coast» est loin d’avoir franchi la ligne d’arrivée. «La première étape, de Knokke à Dunkerque, a été un cauchemar»,se souvient CharlesVan Haverbeke, ce qui le fait sourire aujourd’hui. «Nous étions sept au départ de ce qui s’appelait encore «Mare Nostrum Relay», mais un seul est arrivé au bout. Même moi j’ai dû abandonner à cause d’une blessure à la hanche.»

GUIDE DE VOYAGE

Dans la vie de tous les jours, ce sportif est chief revenue officer chez Cowboy, une entreprise bruxelloise de vélos électriques. Ce projet, lancé par passion, est devenu un mouvement international. «C’est le premier projet à avoir parcouru plus de 10.000 kilomètres le long de la côte.» Le plan initial, soit courir 100 kilomètres par jour, a été remplacé par un objectif plus réaliste: 6.000 à 7.000 kilomètres par an, au printemps et en

automne, afin d’éviter les mois les plus chauds et les plus froids.

Chaque étape de «Follow the Coast» est bien plus qu’une performance sportive: chaque coureur est mis à l’honneur dans un livre qui accompagne le projet.Le deuxième tome, «From San Sebastián to Gibraltar»,vient de paraître.Les troisième et quatrième tomes sont en préparation.

«Nous voulions produire un beau livre, un objet qui aille au-delà du récit sportif»,explique CharlesVan Haverbeke. «C’est un documentaire photographique de la côte, enrichi de conseils pratiques et ponctué de récits personnels des coureurs qui partagent leur expérience en chemin. Mais, avant tout, il s’agit d’un ouvrage artistique ou photographique, pas d’un classique livre pour coureurs.»

Chaque équipe dispose de sa propre page,et la majorité des pages sont consacrées à des paysages d’une beauté onirique, parfois si idylliques qu’on en oublierait presque les efforts intenses qu’ils ont demandés.

«Max Monteyne, cofondateur du projet, suit chaque coureur avec une équipe photo et vidéo. Sur 100 kilomètres parcourus, ils font environ 300 kilomètres en voiture-balai», précise Charles Van Haverbeke. «Max s’occupe de la logistique, des aspects pratiques et du soutien moral. Son rôle est crucial: beaucoup de coureurs disent qu’ils n’auraient pas réussi sans lui.»

CI-CONTRE APRÈS PLUS DE 10.000 KILOMÈTRES, LA COURSE RELAIS «FOLLOW THE COAST» EST DEVENUE UN MOUVEMENT INTERNATIONAL ET UN BEAU LIVRE.

CI-DESSUS CHAQUE ÉTAPE EST DOCUMENTÉE EN IMAGES. «CE N’EST PAS UNE QUESTION DE TEMPS, MAIS D’EXPÉRIENCE.»

«Au départ, nous étions sept coureurs.
Un seul est arrivé au bout. Même moi, j’ai dû abandonner à cause d’une blessure à la hanche.»

CI-CONTRE «POURQUOI COURIR 100 KILOMÈTRES?

LA PLUPART PENSENT QUE C’EST IMPOSSIBLE, JUSQU’À

CE QU’ILS LE RÉALISENT.

ON NE PARTICIPE PAS À

UNE COURSE, ON VIT UNE EXPÉRIENCE INOUBLIABLE.

EN FAIT, C’EST UN CULTE», TÉMOIGNE CHARLES VAN HAVERBEKE.

CULTE OU RELIGION

CharlesVan Haverbeke est un conteur né.À travers le sport,il souhaite rapprocher les gens et les pays.Il s’est constitué une communauté sur Instagram de près de 10.000 abonnés qui suivent chaque étape en direct.L’Anversois d’adoption parle même d’une religion. «Nous avons un groupe WhatsApp avec tous les «shoreholders» -c’est ainsi que nous appelons nos coureurs côtiers. Si quelqu’un se désiste à la dernière minute à cause d’une maladie ou d’une blessure,un message suffit pour lui trouver un remplaçant.La volonté de participer est incroyable.Certains d’entre eux se sont même fait tatouer le logo.En réalité,c’est un culte!» (rire) «Eh oui,il y a même eu des demandes en mariage en chemin.»

«Certains se sont fait tatouer le logo; d’autres ont fait une demande en mariage en chemin.»

Mais pourquoi courir 100 kilomètres? «Pour la plupart, c’est un rêve à réaliser. Quelque chose qu’ils pensaient impossible jusqu’à ce qu’ils le réalisent.C’est une expérience qui transforme.Ce n’est pas une course,c’est une expérience que l’on n’oubliera jamais.»

Les profils des participants sont étonnamment divers. «Nous n’attirons plus seulement des passionnés de sport», précise l’initiateur du projet. «Le groupe est très diversifié: des participants de 22 ans à plus de 60 ans,des ultramarathoniens et des coureurs amateurs sans préparation particulière. Ce n’est pas la performance qui compte, mais l’aventure.»

Recruter de nouveaux coureurs ne pose plus de problème.«Hier,nous avons publié sur notre site les étapes prévues pour 2025 et 2026, et presque toutes les places sont déjà prises. Ce qui n’était au départ qu’une aventure entre quelques amis coureurs est devenu un mouvement international.»

Quand espère-t-il revenir à Knokke? «Dans dix ans si tout va bien.» La route est encore longue. «Nous n’avons parcouru que 20% du trajet. La Norvège, à elle seule, est deux fois plus longue que tout ce que nous avons accompli jusqu’à présent. Une chose est sûre: notre dernière étape, de la Zélande à Knokke,sera une grande course réunissant tous les coureurs des années précédentes.» ◆

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QUAND LE SOLEIL EST AU ZÉNITH, LE TEMPS

SUSPEND SON VOL, COMME SI LE MONDE ENTIER

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SIESTE. L’AIR DE LA MER, LE CALME PLAT ET L’HORIZON

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NOUS FAUT POUR CE JOUR LE PLUS LONG DE L’ANNÉE.

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Bob
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TENNIS VS

TENNIS CLUB EST UNE INSTITUTION À KNOKKE.

DEPUIS 1910, LE ROYAL ZOUTE

L«e terrain de padel sur lequel nous jouons était un terrain de tennis, réservé aux tournois importants», explique Wout Fierens (28 ans), entrepreneur, en nouant ses lacets. Nous nous préparons pour un match de padel au Royal Zoute Tennis Club. Ou plutôt au Royal ZouteTennis & Padel Club.Car ici aussi, comme ailleurs, les clubs de tennis cèdent progressivement la place aux clubs de padel. Notre mission: découvrir lequel des deux sports est aujourd’hui le plus populaire. Et, si possible, remporter la partie. Même si, soyons honnêtes, nos chances semblent bien minces.

Notre adversaire Fierens est l’organisateur du Buenas Open, un événement de padel à mi-chemin entre tournoi sportif et festival.«C’est une expérience complète.Les gens ne veulent plus se contenter de regarder un tournoi:ils veulent aussi y participer.»

Ce week-end, les 21 et 22 juin, 3.000 joueurs se donnent rendez-vous au festival Padelclub Beerschot à Kontich. Et à la fin du mois d’août, ce sera au tour de Knokke d’accueillir sa propre édition ici même, sur ces terrains.

CI-DESSUS LE PADEL SE JOUE SUR UN TERRAIN PLUS PETIT, ENTOURÉ DE PAROIS EN VERRE QUI RENDENT LE JEU PLUS STRATÉGIQUE, CAR ON SE RENVOIE LA BALLE VIA CES PAROIS.

CI-DESSOUS LE ROYAL

ZOUTE TENNIS CLUB EST

DEVENU LE ROYAL ZOUTE

TENNIS & PADEL CLUB.

Sur le court de tennis, notre adversaire s’appelle NickVerhaeghe (34 ans). Le tennis coule dans ses veines: né à Knokke, il est le fils du directeur sportif du club et le petit-fils de son prédécesseur. NickVerhaeghe incarne en outre une nouvelle génération multi-talents: il est à la fois tennisman,surfeur,skateur,photographe et artiste. Casquette vissée sur la tête, écarteurs aux oreilles, tatouages sur les bras et les jambes, il représente le Knokke d’aujourd’hui. Son atelier est dans l’enceinte du club, dans l’ancien bâtiment des «groundsmen». «À l’époque dorée du tennis, au moins quatre personnes étaient employées à plein temps pour entretenir les terrains.»

ESSOR DU PADEL

Soyons honnêtes: du club de tennis mondain qui brillait encore l’année dernière dans la série «Knokke Off», il ne reste plus grand-chose. En ce début de mois

de juin, les terrains sont déserts, le petit club-house tout comme la grande brasserie Knokke Out sont encore fermés et la nature reprend ses droits. Un constat que notre photographe résume d’un laconique «gloire fanée».

À son apogée,le club alignait 43 courts de tennis; aujourd’hui, ils ne sont plus que 25.En revanche,5 terrains de padel ont fait leur apparition.Détail notable:les 4 terrains de padel devant le club-house ne sont pas recouverts du gazon synthétique bleu ou rose vif que l’on voit partout, mais d’un revêtement de couleur orange, comme la terre battue, en hommage à l’esthétique du tennis. «Le World Padel Tour est déjà passé plusieurs fois par ici.L’élite mondiale a joué à Knokke», témoigne Fierens.

Le padel,un sport hybride entre le tennis et le squash, connaît une ascension fulgurante depuis quelques années.Longtemps perçu comme une simple mode née pendant le covid,il s’est imposé dans le paysage sportif récréatif. La Belgique figure même parmi les leaders sur la scène internationale. Selon les chiffres du Brussels Padel Open, notre pays compte environ 225.000 joueurs de padel, soit plus que de tennismen actifs (210.000).En 2024,on recensait 2.000 terrains de padel en Belgique selon le site Padel Alto.Cinq sont au Zoute;six à Duinbergen. Et l’essor du padel ne s’arrête pas là. Après l’été, un nouveau club ouvrira ses portes àWestkapelle,à deux pas de Knokke. Ce projet est porté par Padelworld -également connu sous le nom d’Arenal- le plus

grand opérateur de padel en Belgique. À la manœuvre, le serial entrepreneur Marc Coucke, l’homme d’affaires brugeois MattiasVan Holm et l’ex-footballeurTom De Sutter. Le Royal ZouteTennis Club s’apprête, lui aussi, à vivre une grande transformation. Selon plusieurs sources, le club deviendra un country club d’ici trois ans.Ce futur club privé comptera moins de courts de tennis,davantage de terrains de padel et offrira probablement une large gamme d’activités sportives et de loisirs.

PLUS FACILE QUE LE TENNIS?

Pourquoi le padel est-il devenu la tendance sportive la plus en vogue du moment? On pose la question à Fierens,juste au moment où une balle fluo file dans notre direction.«La pandémie a tout accéléré.En dehors des activités classiques comme le vélo ou la course, le padel était l’une des rares options possibles en plein air. Et surtout, c’est un sport très accessible: tout le monde peut s’y mettre rapidement. L’avantage? La balle ne sort jamais du jeu. Même si vous ratez votre coup, elle peut rebondir sur les murs.»

«Tout le monde peut jouer au padel,mais tout le monde ne peut pas jouer au tennis»: une formule que je soumets à mes adversaires. «Le tennis, c’est plus technique», explique Verhaeghe.Fierens nuance:«Je ne suis pas d’accord pour dire que tous les tennismen sont bons au padel.C’est vrai,le padel est plus accessible. Les débutants y prennent du plaisir plus vite qu’au tennis. Mais, à haut niveau, il demande autant de technique que de sens tactique.»

Il sait de quoi il parle: il a joué au tennis à haut niveau dans sa jeunesse,même si,à Knokke,ça ne s’est pas toujours bien passé.«Je n’y ai disputé qu’un seul tournoi.Malheureusement, je n’ai pas gagné.»

Alors,qu’est-ce qui distingue le padel du tennis? Ce n’est pas seulement une question de raquette ou de nombre de joueurs.Le terrain est plus petit,entouré de parois vitrées et la raquette, plus courte et sans cordage. Les murs rendent le

«Le tennis repose sur la puissance et la précision; le padel, le placement, le jeu collectif et la maîtrise: à vous de jouer!»

jeu plus stratégique, puisque la balle peut y rebondir.Tandis que le tennis mise surtout sur la puissance, la vitesse et la précision, le padel privilégie le placement, le jeu collectif et la maîtrise pour garder la balle en jeu.

COMMUNAUTÉ WHATSAPP

Le padel est donc plus accessible.Beaucoup jouent simplement pour le plaisir,sans être membres d’un club,en réservant leur terrain grâce à une application comme Playtomic. Le tennis,en revanche,impose souvent d’être membre d’un club.Au Zoute,la situation est un peu plus souple:«La majorité des membres sont des résidents qui ne sont présents qu’en été. Pour les vacanciers, il existe des cartes de dix séances ou des formules à l’heure, très populaires chez les Allemands, Suisses et Luxembourgeois en vacances ici. En juillet et août, c’est plein: il faut réserver bien à l’avance», préciseVerhaeghe.

«Avant,c’était différent»,ajoute-t-il.«Quand mon grandpère dirigeait le club,dès que le soleil brillait,c’était plein.Le tennis était un sport familial.Aujourd’hui, c’est plus individuel: vous ne jouez qu’avec un partenaire, et basta.»

Fierens observe que l’esprit social est plus vivant dans le padel.«Il y a des groupesWhatsApp avec cinquante joueurs. Vous cherchez un partenaire ou une équipe? Un message et ça s’organise.Le padel a sa communauté qui se rencontre entièrement en ligne.» Contrairement au tennis, où les membres plus âgés réservent encore leur court par téléphone.

Le padel séduit toutes les générations à Knokke: «Mon grand-père a plus de 80 ans et il joue toujours»,sourit Fierens.

Nick Verhaeghe joue souvent avec son épouse, Eva. «En été, on essaie de jouer chaque semaine.» Pourquoi le tennis est-il parfait pour les couples? «Parce qu’on s’amuse à deux,on est dehors,en mouvement:c’est bien mieux que la salle de sport.» Le tennis plaît aux couples depuis longtemps, mais qu’en est-il du padel? «Beaucoup considèrent le padel comme un sport d’amis,mais c’est aussi idéal pour un double date», dit Fierens. «Pendant le covid, je jouais souvent avec mon meilleur ami, chacun amenait une fille. C’était parfait pour faire connaissance dans une ambiance détendue.» Et ça a porté ses fruits.«J’ai rencontré ma copine lors de notre festival padel. Pas sur le terrain, mais dans les coulisses, elle aidait à l’organisation.»

UN PEU DE TENUE

«Yes!» s’exclame-t-on enfin en marquant un point au tennis. Mais est-ce vraiment permis de crier ainsi? «Le règlement interdit tout bruit inutile sur et autour des terrains», préciseVerhaeghe.En clair:ni cris ni gémissements exagérés. Il y a aussi des règles vestimentaires. «Avant, seul le blanc était autorisé.Même une bande noire sur un short pouvait poser problème.Mon grand-père n’hésitait pas à interpeller

CI-DESSUS EN CE DÉBUT DU MOIS DE JUIN, À L’HEURE DE L’IMPRESSION DE CE NUMÉRO, LES COURTS DE TENNIS DU CLUB À LA MODE DE LA SÉRIE «KNOKKE OFF» SONT ENCORE DÉSERTS.

«Le padel est plus accessible. Beaucoup jouent simplement pour le plaisir, sans être membres d’un club, et réservent leur terrain grâce à une application.»

les contrevenants,qui étaient alors priés de quitter le club», raconte-t-il.

Aujourd’hui, l’ambiance est plus relax. «Toutes les couleurs sont autorisées,à condition de porter de vraies chaussures de tennis. Les tongs, c’est hors de question», explique Verhaeghe. Même si, l’an dernier, ça a un peu dérapé: «Un groupe de filles est arrivé en bikini, venu tout droit de la plage. On a dû intervenir et elles ont reçu des t-shirts.»

Au padel aussi, la tenue fait partie de l’expérience, selon Fierens. «Au Buenas Open, le dress code est rétro.Tenue de tennis old school obligatoire:polo blanc,jupette plissée, bandeaux... Les marques comme Lacoste ou Björn Borg sont très présentes. Beaucoup achètent une nouvelle tenue juste pour le festival.» De quoi ravir les passionnés de mode:le plus fun dans ces sports? Le look, sans aucun doute.

REFAIRE LE MATCH

Qu’est-ce qui est aussi important que la tenue? L’après-match. «L’après padel est aussi essentiel que le match lui-même. Une Tripel d’Anvers ou une Liefmans, c’est toujours meilleur après avoir transpiré pendant 90 minutes.Vous savez que les clubs qui fonctionnent le mieux sont ceux qui ont beaucoup de terrains de padel?», confie Fierens.

Les joueurs de padel boivent-ils plus que les tennismen? «Ici, au club, on fait la fête depuis cent ans», s’amuse Verhaeghe. «Et beaucoup sont aussi des habitués du Put 19, le bar juste en face de l’église du Zoute. C’est là qu’on refait le match.» Fierens ajoute: «Pendant le Buenas Open, l’after se passe au Knokke Out. Le clubhouse est un lieu mythique. Chaque vendredi et samedi soir d’été, c’est la fête. Cette ambiance,on ne la trouve nulle part ailleurs en Belgique.»

Après mes deux défaites sur le terrain, je pose la question qui me brûle les lèvres: alors padel ou tennis? «Tennis», me répond Verhaeghe sans hésiter.Fierens est plus partagé:«Ma tête dit padel,mais mon cœur dit tennis.» Quant à moi? Puisque je n’ai pas eu de chance au jeu,je parie sur ma chance en amour. ◆

On se sent plus libre quand on est en sécurité.

La sécurité est au cœur de l’ADN de Volvo. À nos yeux, ce n’est pas une option, c’est une condition. Chaque jour, nous innovons pour repousser les limites. Si votre Volvo est élégante et confortable, elle doit avant tout préserver ce qui compte le plus : la vie de ceux qui y prennent place.

L’ALASKA

REPORTAGE: RINGO GOMEZ

PHOTO: NICOLAS DUSSERRE-BRESSON

Knokke ne se résume pas à la digue et à la mer. À l’intérieur des terres s’étend un paysage bucolique de champs paisibles et de canaux sereins. Depuis l’année dernière, il y a une nouvelle manière de découvrir ce sublime paysage: le bikerafting, une combinaison de vélo et de rafting. Aventure ou détente? Sabato a fait le test. «Euh… tu ne vas tout de même pas balancer ce bateau dans l’eau?»

R«egarde, en voilà déjà une!», lance Tony Durnez, de chez Adventure Time, en pointant le ciel. Une cigogne passe au-dessus de nos têtes. Nous nous trouvons à Retranchement, un hameau rattaché à la commune néerlandaise de Sluis,juste de l’autre côté de la frontière des Pays-Bas. Un royaume idyllique, aux portes du Zwin, où les oiseaux sont rois.

Ce n’est pas pour les observer que je suis venu dans l’Oosthoek: je suis ici pour tester le bikerafting.Vous n’en avez jamais entendu parler? Moi non plus, mais comme le mot l’indique, c’est une combinaison de vélo et de rafting. Le principe est le suivant: on part explorer la nature en VTT avec un kayak gonflable rangé dans son sac à dos.En chemin, on alterne entre pistes cyclables et cours d’eau. Lorsqu’on atteint une rivière ou un canal, on fixe le vélo sur le bateau et on se met à pagayer.

PNEUS DE CAMION

La version d’origine du bikerafting n’a pas grand-chose à voir avec Knokke: elle émane de trois frères néo-zélandais un peu zinzin. Dans les années 1980, Paul, Simon et Jonathan Kennett souhaitent explorer une ancienne région agricole de la vallée de Mangapurua. Comme cet endroit n’est plus accessible par la route, les frères décident de parcourir 24 kilomètres sur la rivière Whanganui en s’installant, avec leurs bagages et leurs vélos, sur quatre pneus de camion. Le reste du trajet se fera à vélo.

Un peu plus tôt, en 1952, l’aventurier américain Dick Griffith opte pour une méthode plus rationnelle:un canot de sauvetage militaire gonflable pour explorer une région inaccessible du Mexique, le long de la rivière Urique. L’explorateur parcourt le trajet à pied,posant ainsi les bases du packraft, la randonnée avec une embarcation dans son sac à dos.

C’est un autre Américain, Roman Dial qui, en 1987, combine les deux idées: lors d’une traversée de l’Alaska, il attache son vélo sur un bateau gonflable. Le synopsis d’un documentaire de National Geographic? Tout à fait: en 1996, la chaîne naturaliste le suit dans son périple de plus de 1.200 km à travers le Grand Nord.

OBJECTIF NATURE

Retour au présent: me voici donc au Zwin, prêt pour tester la version knokkoise du concept. «Ici, il n’y a pas de rapides», me rassure Durnez. «Le contre-courant sur le canal est à peine perceptible.» Il me propose de suivre un itinéraire pour débutant: 25 kilomètres à vélo et 3 en kayak. «L’objectif, c’est de découvrir la nature, pas de faire la course.»

Le cours d’eau de Sluis et Retranchement n’a pas grand-choseà voir avec ceux de l’Alaska, mais quand le vent se lève, on peut se la jouer aventurier.

CI-DESSOUS À MARÉE

HAUTE, LES CRIQUES ET LES RAVINS SE REMPLISSENT

D’EAU

DE MER. VU DU CIEL, LE ZWIN EST ENCORE PLUS SPECTACULAIRE.

Pour les amateurs de défi, il y a des parcours nettement plus exigeants. «Tout le monde pense que c’est difficile, mais c’est tout à fait accessible», assure Esther van de Pol, compagne de Durnez et cofondatrice d’Adventure Time. Elle me montre la procédure: gonfler le bateau à l’aide d’une pompe à pied, détacher la roue avant du vélo pour fixer le vélo à l’avant de l’embarcation avec une sangle.

Cela semble simple. «Nous n’avons encore jamais dû secourir quelqu’un!», m’assure-t-elle. «Essayez juste d’effleurer l’eau lorsque vous pagayez», ajoute-t-elle en assemblant les trois sections de la pagaie. «Si vous allez trop en profondeur et que vous relevez trop votre pagaie, vous serez trempé. »

TERRE DE VACANCES

Avec un sac à dos étanche d’environ cinq kilos et un photographe dans mon sillage, je me mets en route vers le Zwin. Mon iPhone fixé au guidon, je suis l’itinéraire via l’application Komoot.À peine une minute plus tard, j’aperçois déjà les talus herbeux du parc naturel, où un troupeau de moutons s’adonne au merveilleux sport du farniente. Je grimpe sur une plateforme circulaire surplombant les criques et les chenaux,que la mer vient remplir à marée haute. L’air iodé me chatouille les narines. «Ah,ces formes géométriques!»,s’exclame le photographe,enthousiaste,en me montrant quelques images prises par drone.Vu du ciel, c’est vrai, le Zwin est encore plus spectaculaire.

Après avoir traversé les vasières et les prés salés,je pénètre dans les dunes.Au loin, la mer se dessine à l’horizon. Un groupe de cavaliers, dont la plupart semblent peu expérimentés, me dépasse, leurs montures manifestement rétives à coopérer.

Jusqu’ici, la balade à vélo est plaisante, mais reste dans l’esprit Flandre, terre de vacances. Lorsque je bifurque vers l’intérieur des terres et traverse un inévitable quartier de villas, l’application m’oriente vers de plus modestes chemins sablonneux. Je comprends alors pourquoi les pneus des vélos sont aussi larges que ceux d’un fat-

bike: pour un cycliste aguerri, ces sentiers sont un jeu d’enfant, mais pour un novice comme moi, c’est déjà une petite aventure.

Le photographe et moi pédalons jusqu’à Sluis, en longeant la Graaf Jansdijk et la Burkeldijk, des routes pavées dignes d’une brochure touristique, sur lesquelles passe une rutilante oldtimer rouge, surgie comme sur commande. Un coin charmant de Knokke, non loin du Hazegras, où l’on peut voir quelques bunkers néerlandais de la Première Guerre mondiale. Ces points d’intérêt sont également signalés sur l’application, mais je choisis de les ignorer, car je n’ai pas envie de passer mon temps le nez collé à l’écran.

POURQUOI EST-CE QU’ON RAME?

Sur les pavés, le sac à dos commence à me scier les épaules et, pour la première fois, je me demande pourquoi je me trimballe une embarcation sur le dos. On n’est pas en Alaska, après tout! Tout est accessible à vélo et pédaler est plutôt agréable. Mais après quelques jolis chemins sablonneux serpentant le long des anciens remparts de Sluis, j’arrive au canal. Là, ma question sur la raison d’avoir un sac à dos trouve sa réponse.

Tout à coup, me voilà au milieu des hautes herbes, devant un petit ponton avec vue sur l’eau. Mon rythme cardiaque ralentit. Je vide le sac à dos commeVan de Pol me l’a montré plus tôt et,malgré mes deux mains gauches, je parviens à gonfler le bateau et à y attacher le vélo. Le fait de sangler tout cela sur la berge me procure même une légère sensation d’aventure, ce qui en dit long sur ma modeste virilité.

«Euh, tu ne vas quand même pas balancer ce bateau à l’eau?»,lance le photographe en me voyant soulever le tout. L’homme au drone a raison:faire glisser l’embarcation dans l’eau depuis la rive semble être un meilleur plan. Sur ce conseil, il s’éloigne pour faire décoller son joujou un peu plus loin. Quand je pousse le bateau, le caoutchouc glisse sur l’eau sans un bruit,comme si la nature avait décidé que désormais, tout allait se dérouler sans accroc.

C’était compter sans mes pieds.En montant dans l’embarcation, mon pied droit prend appui sur le caoutchouc, tandis que le gauche s’enfonce sous la surface de l’eau. C’est donc les pieds trempés que je commence à pagayer. Contre toute attente, la présence du vélo ne gêne pas vraiment mes mouvements.Et très vite,je découvre que le silence,au milieu de l’eau,est étrangement apaisant.Enfin, avant que le vent se lève.

Le vent de face fait brusquement basculer mon paisible reportage lifestyle dans un tout autre registre -plus conforme au nom de la société de Durnez et Van de Pol, Adventure Time. Le vent m’empêche d’avancer et

CI-DESSUS MÊME

UN PARCOURS FACILE

DEMANDE D’ÊTRE EN FORME

PHYSIQUEMENT, SURTOUT S’IL

FAUT ATTACHER SON VÉLO

AU BATEAU PNEUMATIQUE ET, AINSI CHARGÉ, AFFRONTER LES VENTS CONTRAIRES.

mes coups de pagaie ressemblent de plus en plus à des mouvements désespérés. Je décide d’ignorer le conseil de Van de Pol -ramer calmement- et de considérer cette traversée comme le combat d’un journaliste contre les éléments. Tout à coup, ces 3 kilomètres me semblent infranchissables.

TERRE!

Quelques instants plus tard, j’aperçois un ponton, avec un photographe qui dissimule bien son impatience. Je grimpe sur la berge et,ensemble,nous tirons le bateau hors de l’eau. «J’avais le vent de face», lui dis-je,le regard encore un peu hagard.«Le kayak,c’est toujours difficile»,me répondil avec flegme.

«Le vent avait tourné!», note à mon attention Van de Pol quand je le rejoins sur la terrasse d’Adventure Time. Je lui confie que la traversée en kayak n’a pas été de tout repos, mais je préfère passer sous silence la petite crise existentielle que j’ai vécue sur l’eau.Van de Pol et Durnez ont l’air particulièrement entraînés: pour ce genre de sportifs, 3 kilomètres à pagayer, c’est de la rigolade.

Esther Van de Pol nous offre un croque-monsieur et une boisson et nous nous installons en terrasse. Avec une bière, même sans alcool, je fais le point: non, malgré les apparences, ce n’est pas une promenade de santé.Le photographe acquiesce poliment. Même si le bikerafting à Knokke n’a rien à voir avec l’Alaska, cela reste tout de même aventureux. «Je pense que c’est surtout destiné aux sportifs. Mais ceux-là feraient bien de choisir directement l’itinéraire le plus complexe.»

«Le silence qui règne sur le canal me rend méditatif, jusqu’à ce que je réalise que les éléments ont plus de force que moi.»

Vient ensuite la grande question: est-ce que je réitérerais l’expérience? Oui, mais sans le vélo. Je préfère le packraft, que l’on peut également pratiquer ici. Pour une âme simple comme la mienne, attacher un vélo sur une embarcation, c’est déjà bien trop aventureux. Je préfère marcher et voguer sur l’eau. À deux et avec un pique-nique. ◆ WWW.ADVENTURETIME.BE

SUR ME SURE

Le prix du mètre carré à Knokke-Heist est parmi les plus élevés du pays. Ici, la taille compte. Trente ans après «S, M, L, XL», l’ouvrage culte de l’architecte Rem Koolhaas, Sabato présente 4 demeures de vacances inspirantes de toutes tailles, de small à extra large. À Knokke c’est à qui construira la villa la plus grande, la plus haute et la plus extravagante. Est-ce bien raisonnable?

JEAN-PHILIPPE DEMEYER NE TRANSIGE PAS SUR LA COULEUR. DANS CE PIED-À-TERRE COSY INSTALLÉ DANS LE TOUT PREMIER HÔTEL DE GOLF DE KNOKKE, IL A OSÉ LE TOTAL LOOK AVEC DES TISSUS DE PLAGE VINTAGE. «MON RÊVE, C’EST DE POUVOIR AMÉNAGER UN BAR DE PLAGE.»

LE CHARME À RAYURES

REPORTAGE:

IRIS DE FEIJTER

PHOTO:

ALEXANDER D’HIET

Saviez-vous qu’autrefois, chaque bar de plage avait son propre code-barres? Les chaises longues et les pare-vent arboraient un motif unique permettant d’identifier leur propriétaire. Cette combinaison de couleurs et de largeurs de rayures était inimitable. Et tous ces tissus rayés étaient fabriqués parVerlatex à Bissegem, fournisseur officiel de l’horeca à la côte belge. EtVerlatex attribuait en outre à chaque tissu le prénom de l’exploitant du bar ou du restaurant.

Cependant, lors de la pandémie, l’entreprise familiale a dû fermer ses portes, ne pouvant plus concurrencer les produits made in China. Les machines se sont arrêtées et le stock devait être détruit. C’est là que le designer Jean-Philippe Demeyer intervient. «Je ne connaissais pas Verlatex jusqu’à ce qu’une amie m’ait suggéré d’aller les voir: j’ai découvert une entreprise remarquable et j’ai immédiatement fait une offre pour tout le stock. Je suis rentré chez moi avec près de mille mètres de tissu rayé. Un an plus tard,la propriétaire est décédée. Sans mon achat, tout aurait été jeté, et cela aurait été une perte, car c’est un véritable patrimoine belge.»

CARTE BLANCHE

Les rouleaux de tissu ont cependant attendu quelques années avant que Jean-Philippe Demeyer ne leur trouve un projet. Il s’est présenté grâce au pied-à-terre de Knokke de l’entrepreneur Ferdy Lanssens qui, il y a vingt ans, a été son premier client quand il lui avait alors confié la décoration de sa maison.Ferdy Lanssens témoigne:«Quand il m’a suggéré de peindre les portes intérieures en rouge,j’ai hésité,mais je l’ai laissé faire.De fil en aiguille,il a aménagé toute ma maison, vaisselle et couverts compris. J’y vis depuis vingt ans et c’est toujours impeccable.»

Pour Jean-Philippe Demeyer, la liberté créative est essentielle. «Je préfère ne pas travailler pour des maîtres d’ouvrage qui ne savent pas lâcher prise», affirme-t-il. «Il y a un malentendu fréquent, celui de croire que mes intérieurs sont une cacophonie. J’adore la couleur, mais mon talent réside

dans l’équilibre et l’harmonie. Regardez: tous les murs sont blancs et beiges.»

Les tissus rayés ont servi de fil conducteur dans l’aménagement de cet appartement: on les retrouve sur les housses des coussins, les rideaux, une œuvre d’art, le papier peint et le jeté de lit.Jean-Philippe Demeyer explique:«Je ne travaille jamais avec un moodboard, car il rend l’ensemble trop lisse, trop coordonné. Je préfère me demander: qu’est-ce qui ne va pas ensemble, car c’est là que naît l’originalité. Pourtant, chaque intérieur a un thème récurrent.Ici,c’est l’orange,que l’on retrouve sur le plafond de la chambre, le pot de fleurs italien sculptural posé sur le plan de travail de la cuisine, l’œuvre au-dessus du canapé et l’abat-jour.»

MARCEL PROUST

Les tissus rayés sont nostalgiques. Ils invitent à rêver aux parasols et aux chaises longues d’une autre époque,exactement ce que cherchait le décorateur «Ceux qui viennent ici devraient ressentir l’ambiance de la côte belge, un peu à la manière de la madeleine pour Marcel Proust:un petit détail qui déclenche une foule de souvenirs»,explique-t-il.«Oui, il y a une pointe de nostalgie, mais sans être démodé. Je ne supporte pas le style rétro. Mes intérieurs sont avant-gardistes.C’est pour cela que je revisite les éléments historiques à ma manière,systématiquement.Prenez l’œuvre au-dessus du canapé: elle fait référence à la tradition des fleurs de plage, mais je lui ai donné une interprétation personnelle en utilisant des fleurs en plastique. Quant à la chaise que j’ai conçue spécialement pour la salle de bains,elle s’inspire de la cabine de la reineVictoria à l’île deWight.Pour cette chaise ‘Victoria-on-the-beach’, je suis parti d’une chaise victorienne en acajou, je l’ai repeinte en blanc et je l’ai recouverte d’un patchwork de tissus de plage, créant ainsi une pièce unique.»

CI-CONTRE POUR JEANPHILIPPE DEMEYER, LA LIBERTÉ CRÉATIVE EST ESSENTIELLE. «JE PRÉFÈRE

NE PAS TRAVAILLER POUR DES MAÎTRES D’OUVRAGE QUI NE SAVENT PAS LÂCHER PRISE».

CI-CONTRE LE CANAPÉ À

L’AVANT-PLAN A ÉTÉ CONÇU PAR JEAN-PHILIPPE DEMEYER

POUR LA MARQUE DE DESIGN

BELGE COLLETT & VICTOR.

«Je suis rentré chez moi avec au moins mille mètres de tissu rayé.»

Cette référence à la reine Victoria n’est pas anodine: c’est un clin d’œil aux débuts du tourisme à la côte belge, une période clé dans l’histoire de Knokke.Pour Demeyer, il est essentiel de travailler en lien avec le lieu, d’où l’utilisation de tissus de plage locaux et de fleurs typiques. Comme on aperçoit un magnifique pin depuis l’appartement, il a choisi de revêtir le mur de la cuisine de pin et non de chêne.

Le papier peint tressé de la marque belge Arte évoque une cabine de plage. «Par ailleurs, je voulais éviter l’appartement «white cube» que l’on voit fréquemment sur la côte. Je préfère les pièces discrètes, mais qui ont du caractère.Tout ce que vous voyez ici est soit sur mesure, soit vintage.»

STUDIO SOUS LES COMBLES

Cette touche historique correspond parfaitement au propriétaire, Ferdy Lanssens. À la tête de la société qui porte son nom, spécialisée dans la fabrication de fenêtres en bois classiques (notamment pour les boutiques Hermès et Louis Vuitton de Knokke), il recherchait un appartement en ville qui soit authentique, plein de charme et typique de la station balnéaire.

Mission accomplie:l’entrepreneur a trouvé son bonheur dans le tout premier Golf Hôtel à Knokke, un bâtiment de 1913. À cette époque, l’entrée du golf se trouvait en face, du Binnenhof, avant d’être déplacée vers la Sparrendreef. Il avait été conçu par l’architecte bruxellois Adolphe Pirenne, qui a signé de nombreuses villas à Knokke de style cottage anglo-normand avec colombages et bow-windows.

En 1953,l’hôtel a été transformé en résidence d’appartements.Le Golf Hotel est devenu le Golf Résidence,tout en conservant en grande partie son agencement d’origine. On y retrouve les longs couloirs typiques des hôtels,ainsi que les vitraux d’époque représentant des golfeurs. Le bâtiment est classé monument protégé depuis 2013 et l’État a financé la rénovation de la façade.

Il y a trois ans,Ferdy Lanssens a acheté un petit studio au dernier étage, sous les combles. L’année dernière, il a acquis le studio voisin qu’il a raccordé au premier pour créer un pied-à-terre de 80 m².Bientôt,il augmentera cette superficie en intégrant un troisième studio qu’il reliera par un escalier. Ce nouvel espace comprendra une chambre et une salle de bains supplémentaires,ce qui fera trois chambres et trois salles de bains. «Les hauts plafonds compensent la petite surface», précise Ferdy Lanssens. «Je ne voulais pas d’un grand appartement, car je n’y suis pas souvent: je passe la majeure partie de mon temps libre en Espagne, dans ma maison d’Altea, près de Calpe qui,elle aussi,a été décorée par Jean-Philippe. Mon fils Gauthier,qui dirige l’entreprise,vient régulièrement ici avec sa famille.»

«Ça m’agace que tous ces bars de plage essayent de ressembler à ceux de Bali ou d’Ibiza. Un intérieur couleur écru convient à une plage de sable blanc et à un océan bleu turquoise, mais sur la côte belge qui est plutôt grise, ça paraît terne.»

CI-CONTRE DEMEYER

MONTRE COMMENT UNE CARTE BLANCHE DONNE UN INTÉRIEUR ÉQUILIBRÉ ET COLORÉ, LOIN DE L’ESTHÉTIQUE WHITE CUBE ET DE LA CACOPHONIE.

CI-DESSOUS PARCE QUE L’ON APERÇOIT UN MAGNIFIQUE PIN DEPUIS L’APPARTEMENT, DEMEYER A HABILLÉ LE MUR DE LA CUISINE EN PIN ET NON EN CHÊNE.

BAR DE PLAGE

Si Verlatex avait survécu à la pandémie, Jean-Philippe Demeyer aurait certainement été un client fidèle.Il est séduit par l’ambiance des tissus de plage rayés, mais aussi par leur qualité. «On ne fabrique plus ce type de tissu de nos jours. Nous faisons produire nos textiles d’extérieur chez Dickson, dans le nord de la France.C’est une référence mondiale,mais ces tissus ne sont pas aussi qualitatifs que ces tissus anciens. Et c’est précisément cela que j’apprécie, car ça correspond parfaitement à l’esprit de la plage», explique-t-il.

On peut se demander s’il aimerait aménager un bar de plage. «C’est mon rêve. Je suis convaincu que je le ferais très bien.Ce serait une approche totalement différente de l’uniformité que l’on voit aujourd’hui sur la côte. Ça m’agace que tous ces bars de plage essaient de ressembler à ceux de Bali ou d’Ibiza. Un intérieur couleur écru convient à une plage de sable blanc et à un océan bleu azur,mais,sur la côte belge qui est plutôt grise, ça paraît terne. La mer du Nord demande des couleurs vives.»

Alors, quand est-ce que Jean-Philippe Demeyer va-t-il pouvoir déployer son stock de tissus rayés dans un bar de plage à Knokke? Le pari est lancé. ◆

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GRAIN DESIGNOFFICE SIGNE UNE BELLE LEÇON DE DESIGN D’INTÉRIEUR DANS CE DUPLEX TRAVERSANT RAFFINÉ À DUINBERGEN.

REPORTAGE:

THIJS DEMEULEMEESTER

PHOTO:

TIJS VERVECKEN

NON, JE NE REGRETTE

À DROITE ON RETROUVE

NICK DE MOOR ET SANDER

BULLYNCK, LES ESPRITS

CRÉATIFS DERRIÈRE GRAIN DESIGNOFFICE.

Peu avant Noël,les propriétaires ont emménagé dans leur nouvel appartement en duplex à Duinbergen.Ils s’apprêtent à y passer leur premier été. «Nous nous sommes tout de suite sentis chez nous», confient-ils.«Duinbergen nous plaît beaucoup: c’est paisible, chaleureux et familial. L’ambiance est décontractée et l’animation de Knokke est à deux pas.»

Le couple possédait déjà un appartement à Duinbergen,mais sans la vue sur la mer. «Comme beaucoup d’appartements du bord de mer, il était décoré dans des tons de blanc et de beige», résume la propriétaire.

CI-CONTRE LES PROPRIÉTAIRES VOULAIENT

UN APPARTEMENT

APAISÉ, MAIS AVEC DU CARACTÈRE. LES ŒUVRES

CONTEMPORAINES D’ETHEL

COPPIETERS ET DE STAN VAN

STEENDAM JOUENT SUR CE

SUBTIL JEU DE CONTRASTES.

«Pour ce nouvel appartement, nous voulions plus de couleur, de texture et de caractère. Un lieu qui dégage à la fois une ambiance de vacances et le sentiment d’être chez soi.» Le cahier des charges était clair: une atmosphère luxueuse, une table pour dix convives et assez de lits pour leurs enfants vingtenaires.

COSY LOW DINING

Voilà le défi qu’a relevé Grain Designoffice, d’autant plus complexe sur 135 m². «Les propriétaires souhaitaient un espace baigné de lumière du matin et de l’après-midi,

avec vue sur la mer et sur l’arrière-pays. Et quatre chambres, ce qui aurait compromis le confort et la sensation d’espace. Nous avons optimisé l’agencement pour que l’appartement reste fonctionnel et spacieux», explique Nick De Moor, cofondateur de Grain. «Grâce à cette grande table,la cuisine est devenue un espace pour recevoir famille et amis. Et quand ils ne sont que deux, ils occupent le coin repas du salon, une low dining table avec vue sur la mer.»

Si cet appartement était un restaurant, cette table serait la plus convoitée -au petit déjeuner, au déjeuner ou au dîner.

«La low dining table est un peu plus basse qu’une table classique. On l’accompagne de sièges plus proches du fauteuil lounge que de la chaise de salle à manger. Cela crée une dynamique différente autour de la table.Ce coin salon se prêtait parfaitement à ce type de table,que nous intégrons régulièrement dans nos projets résidentiels. C’est au restaurant étoiléThe Jane que j’ai découvert ce concept. Il fonctionne très bien dans l’hôtellerie et la restauration,mais aussi dans un intérieur privé.»

MAISON COLETTE

Grain Designoffice maîtrise, et c’est un euphémisme, l’aménagement d’intérieurs pour le secteur de l’accueil. À Knokke, le studio a signé les très prisés intérieurs de Cuines 33 et Dunas, et son projet le

«Pour cet appartement, nous ne voulions ni blanc ni beige, comme c’est le cas dans tant d’appartements à la mer, mais une palette de couleurs riche et originale.»

CI-CONTRE FORMES ARRONDIES, TEINTES DOUCES ET MATÉRIAUX NATURELS CRÉENT UNE ÉLÉGANCE CLASSIQUE REPOSANTE.

CI-DESSOUS LA FENÊTRE INTÉRIEURE EN ACIER

INOXYDABLE DU DRESSING, FAIT ENTRER LA LUMIÈRE DANS LA SALLE DE BAINS PRINCIPALE.

plus connu dans la station balnéaire reste sans doute le showroom de RR Interieur.

Et c’est avec l’aménagement du restaurant doublement étoilé Maison Colette,àWesterlo,que Grain s’est fait remarquer sur la scène internationale.Malgré ce palmarès impressionnant, les propriétaires de l’appartement à Duinbergen les ont contactés «avec une certaine appréhension» pour une mission globale,qui devait «sortir de l’ordinaire».«Cette crainte s’est avérée infondée»,confie la propriétaire.«Grain a parfaitement compris ce que nous souhaitions.»

Pour éviter les matériaux et couleurs trop convenus, Grain a élaboré un moodboard audacieux, riche en contrastes,mais parfaitement harmonieux:enduit à la chaux (Aardig Gedacht), bois sombre (Dieter Descheemaeker), acier inoxydable, chaises Miyazaki (RR Interieur), travertin veinéTravertino Jurassico (Van DenWeghe),luminaires danois One A, chêne teinté et toile de jute.

«Nous avons choisi une palette qui fonctionne au-delà des seuls mois d’été et cet intérieur fonctionne parfaitement bien en hiver aussi. En effet, les propriétaires souhaitent pouvoir en profiter tout au long de l’année.L’ambiance est chaleureuse et conviviale, en toute saison.»

Avec ses nuances sombres, ses lignes arrondies et ses lambris, l’appartement est comme un subtil clin d’œil à l’Art déco. Et ce n’est pas un hasard: Grain fait souvent référence à ce mouvement artistique de l’entre-deuxguerres.

«Il s’agit ici d’une interprétation plus douce, une sorte d’Art déco revisité.Il y a une foule de détails design intéressants,mais ces courbes dans le bois et la pierre naturelle ont aussi un aspect pratique: elles résistent mieux aux chocs», précise Nick De Moor.

COLLECTION DE DESIGN MAISON

Bien que flambant neuf,l’appartement dégage toutefois une ambiance vintage,teintée de nostalgie.Cela tient à la palette de couleurs feutrées certes mais aussi au choix des meubles et à la combinaison des matériaux.«En tant que bureau de design, nous avons une grande passion pour le vintage», confie Nick De Moor. «Sous le label Grain Collection, nous constituons d’ailleurs notre propre collection de design, principalement des luminaires, ce qui s’avère très

Un subtil jeu de lumière, de lignes et de couches plutôt que des clichés éculés. Un appartement à la mer peut aussi ressembler à cela.

utile pour des projets comme celui-ci.»

Ainsi,les lampes vintage signées HansAgne Jakobsson et Kazuo Motozawa proviennent de leur collection. «Quant à la table basse «Petalas» de Jorge Zalszupin, nous l’avons acquise,avec l’accord des propriétaires, lors d’une vente aux enchères à Paris. Les clients ne sont pas de grands collectionneurs d’art, mais ils souhaitaient intégrer quelques œuvres contemporaines fortes pour enrichir leur intérieur. Demain Art a sélectionné des pièces de Stan Van Steendam et Ethel Coppieters, ce qui donne un complément artistique subtil à l’ensemble.»

BRUGES EN LIGNE DE MIRE

Les plus grands défis pour Grain? Devoir composer avec une surface réduite et une disposition des fenêtres en façade qui ne pouvait être modifiée. «Nous avons dû optimiser l’apport de lumière naturelle», commente Sander Bullynck,cofondateur de Grain Designoffice.«Par exemple,nous avons ajouté une paroi intérieure en acier inoxydable dans le dressing afin de faire entrer la lumière dans la salle de bains située à l’étage. Les trois chambres se trouvent toutes à l’étage, en partie sous la pente du toit».

Un avantage majeur pour Grain: le client avait acheté le duplex avant la livraison de l’immeuble sur la digue. «Quand nous avons eu la mission d’aménagement intérieur, nous avons pu ajuster la disposition des espaces. Nous avons notamment repositionné l’escalier de façon plus logique, ce qui a permis de préserver la perspective visuelle à travers l’appartement», ajoute Nick De Moor.

Cet agencement traversant est d’ailleurs un des atouts du duplex, perché aux 7e et 8e étages: une vue dégagée à la fois sur la mer et sur l’arrière-pays.

«Côté terre, on échappe aux traditionnelles cours disgracieuses ou aux façades d’immeubles voisins. Par temps clair, on peut même apercevoir les clochers de Bruges à l’horizon.» ◆

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BRISE BRÉSILIENNE

REPORTAGE: IRIS DE FEIJTER

PHOTO:
TIJS VERVECKEN

CI-CONTRE LE BRIEFING

DU MAÎTRE D’OUVRAGE AUX

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CHALEUREUSE ET MATÉRIAUX

NOBLES STYLE ART DÉCO.

Les tons sable, la peinture texturée claire et le mortex forment la Sainte Trinité de l’intérieur à la côte. Les appartements qui enfreignent ce dogme sont rares, et ce duplex de caractère en fait partie. «Partout à Knokke, le blanc et le beige dominent.C’est justement ce que nous ne voulions pas»,lance Steven Van Diest, architecte associé chez Linsen Van Diest avec Nico Linsen. Le maître d’ouvrage partageait cet avis et a renvoyé les architectes à leur planche à dessin avec ces mots clés: «Modernisme brésilien avec beaucoup de bois, une ambiance chaleureuse et des matériaux nobles comme l’Art déco.»

Le message est passé. Dès l’entrée, on se trouve dans un cocon chaleureux et somptueux, fait de lambris du sol au plafond, de teintes sombres et de matériaux sensuels. «Je viens à Knokke pour le calme», confie le propriétaire, entrepreneur à Wilrijk. «C’est pour ça que je suis tombé sous le charme de cet appartement, il y a dix ans. Il est un peu éloigné du centre, mais juste à côté du Zwin, où j’aime aller me promener. Et comme le bâtiment est en hauteur par rapport à la digue,on bénéficie d’une intimité exceptionnelle pour un appartement au rez-dejardin avec jardin et vue sur la mer,»

REPÉRÉ DANS SABATO

L’appartement cochait de nombreuses cases, malgré certains défauts: il n’était pas chaleureux et son agencement manquait d’une certaine logique. Le séjour était relativement petit comparé aux quatre spacieuses chambres. Pour remédier à cela, le propriétaire s’est adressé au duo LinsenVan Diest, dont il a découvert le travail dans Sabato.

«Partout à Knokke, on voit du blanc et du beige. C’était précisément ce que nous ne voulions pas.»

Il y a quelques années,un samedi matin,il lit un article sur le come-back de l’Art déco,dans lequel était reprise une de leurs réalisations. Le lundi suivant, coup de fil: «Votre style me plaît. Pouvons-nous nous rencontrer?»

Dans les mois qui suivent, Nico Linsen et Steven Van Diest repensent l’appartement deA à Z,en commençant par sa configuration.La cheminée,qui grignotait l’espace du salon, est supprimée. Même sentence pour l’îlot de cuisine qui bloquait la vue sur la mer. La cuisine migre vers une des chambres, plus en retrait. Et une nouvelle chambre est ajoutée au rez-de-jardin,portant le total à trois chambres. «L’appartement n’est pas très grand:le rez-de-jardin fait 85 m²; l’étage, 55 m². Chaque mètre carré doit être utilisé. Les architectes ont accompli un travail fantastique: toutes les fonctions sont présentes et on a une sensation d’ouverture où que l’on se trouve.On ne s’y sent jamais à l’étroit», ajoute le propriétaire.

JEU DE CACHE-CACHE

Bien que l’appartement bénéficie d’une vue imprenable sur la mer,la côte n’a inspiré le projet que de manière très subtile, précise l’architecte StevenVan Diest. «Principalement pour la palette chromatique. Le vert gris du tapis, des rideaux et du fauteuil est directement emprunté aux teintes des dunes et du Zwin.» Côté matériaux, le choix s’est porté sur une sobriété raffinée: l’ardoise brute, par exemple, habille à la fois le plan de travail et la crédence de la cuisine. «Les carreaux en granit au sol ont subi un traitement supplémentaire pour accentuer leur texture brute. Le lambris en noyer, lui, apporte à l’espace une chaleur enveloppante tout en dissimulant les rangements avec élégance.»

Derrière ces panneaux en bois s’effacent vestiaire, réfrigérateur, télévision et même le bar, spécialement imaginé pour le propriétaire, passionné d’œnologie. Le bar se distingue par une paroi arrière et des étagères en onyx,une pierre naturelle semi-transparente -ici dans une version brute non polie, pour une présence plus organique et authentique.

Ce soin du détail souffle sur tout l’appartement, imprégné du langage élégant et sophistiqué de l’Art déco. La salle de bains, par exemple, est entièrement revêtue de

CI-CONTRE LE BÂTIMENT

SE TROUVANT EN HAUTEUR

PAR RAPPORT À LA

DIGUE, LE PROPRIÉTAIRE

BÉNÉFICIE D’UNE INTIMITÉ

EXCEPTIONNELLE POUR UN

APPARTEMENT AU REZ-DECHAUSSÉE.

CI-CONTRE LES LAMBRIS DU SOL AU PLAFOND

DISSIMULENT LE VESTIAIRE, LE RÉFRIGÉRATEUR, LA TÉLÉVISION ET LE MEUBLEBAR -LE PROPRIÉTAIRE EST UN AMATEUR DE BONS VINS.

pierre de Vals que l’on retrouve dans les thermes de Peter Zumthor. Les parois de la douche sont chauffantes et l’intérieur des placards couverts de miroirs est revêtu de pierre naturelle avec des étagères en bronze. Les robinets, signés par la maison française Volevatch, qui se présente comme «orfèvre du bain»,côtoient les serviettes de toilette siglées Society Limonta.

La chambre est de la même eau: dressing tapissé de textile, rideaux en cachemire Loro Piana et lit en cuir dessiné sur mesure par les architectes et produit en Italie.

L’ensemble de l’intérieur a été confié à Kordekor; PSLab s’est chargé de la conception lumière; Maison Vervloet a fourni la quincaillerie;Van Den Weghe la pierre naturelle:ce casting haut de gamme est assumé par le propriétaire: «Je voulais que cet appartement soit en tous points parfait.Rien ne devait être laissé au hasard. Et, sur ce point, les architectes ont fait un travail remarquable. C’est l’appartement de mes rêves.»

DRIES VAN NOTEN

Ce projet a aussi été un rêve pour les architectes. «Grâce à la confiance et à l’enthousiasme du maître d’ouvrage -et à son budget-,nous avons pu aller jusqu’au bout de nos idées»,confie StevenVan Diest,reconnaissant.Sans ces conditions idéales,ils n’auraient peut-être pas accepté la mission, car Linsen Van Diest n’est pas un bureau d’architecture traditionnel. Pour tout dire,c’est presque leur «seconde vie». Nico Linsen a été le chef privé de Dries Van Noten pendant longtemps. Il

«Je voulais que cet appartement soit en tous points parfait. Rien ne devait être laissé au hasard. C’est l’appartement de mes rêves.»

CI-CONTRE DANS LA SALLE DE BAINS EN PIERRE DE VALS, LA ROBINETTERIE EST SIGNÉE VOLEVATCH.

CI-DESSOUS LA CHAMBRE PRINCIPALE SE DISTINGUE PAR SES ÉLÉGANTS RIDEAUX EN CACHEMIRE D’UN SUBTIL GRIS-VERT.

cuisine aujourd’hui pour son successeur, Julian Klausner. De son côté,Van Diest travaille depuis 25 ans dans un cabinet d’architecture réputé de Gand. «Nico est architecte de formation, mais il est tombé un peu par hasard dans l’univers de la haute couture. C’était un poste formidable, mais il avait besoin de retrouver un lien avec l’architecture. Il y a dix ans, nous avons donc commencé à concevoir des projets ensemble. Faute de temps, nous sommes très sélectifs: ce qui nous motive, c’est la passion pour l’esthétique. C’est notre manière de nous consacrer à la beauté, même en dehors de nos heures de travail», explique StevenVan Diest.

«Lors de la livraison,nous avons offert au maître d’ouvrage une poignée de porte en bronze, une Pebble faite à la main par la Maison Vervloet.» Un cadeau symbolique: l’architecte finlandais Juhani Pallasmaa a écrit que «la poignée de porte est la poignée de main d’un bâtiment». Ce galet poli accueille d’une manière chaleureuse et élégante. ◆

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1.200 M 2

RETENEZ BIEN CE NOM: SIMON DE BURBURE. L’ARCHITECTE DE LATEM A CONÇU UNE VILLA ULTRA ÉQUIPÉE DE 1.200 M 2 JUSTE À CÔTÉ DU GOLF, AVEC UN SOUCI DU DÉTAIL EXCEPTIONNEL. UNE DÉMONSTRATION SAISISSANTE DE LA COEXISTENCE ENTRE LE MASSIF ET L’ÉLÉGANT, LE MINIMALISTE ET LE CHALEUREUX.

VILLA

REPORTAGE:

THIJS DEMEULEMEESTER

PHOTO:

CAFEINE

PLUS ULTRA

Nous pesons nos mots: ce projet à Knokke figure parmi les nouvelles constructions les plus détaillées. «Nous y avons consacré plus de mille heures», précise Simon de Burbure. Le résultat est exceptionnel quant à la surface (1.200 m²), la sensation d’espace, la réalisation et les matériaux choisis jusque dans le raffinement des détails.

JEUNE TALENT À SUIVRE

Les propriétaires, industriels passionnés d’art, ont mis un an et demi pour choisir leur architecte. Plusieurs agences ont été consultées, avant de découvrir le travail de Simon de Burbure (35 ans), qui fait partie des jeunes talents à suivre. Cette maison à Knokke confirme d’ailleurs son potentiel.

De Burbure Architects ne retient que huit projets par an, ne choisissant que des biens d’exception. «Ce projet était particulièrement attrayant», avoue-t-il. «Le point de départ était une ancienne maison signée Viérin, un joli bâtiment bien conçu, mais trop bas selon les standards actuels.»

La maison présentait des éléments typiques de Viérin: toit en tuiles rouges, cour anglaise,rangée de colonnes,terrasses intégrées aux chambres. Son atout? Son emplacement spectaculaire, au bord du Royal Zoute Golf Club. «On voit plus de lapins que de balles», sourit la propriétaire, golfeuse. «Ceux qui jouent près de chez nous ont généralement un bon handicap: ils ne ratent presque jamais leur coup.»

VIÉRIN ÉPURÉ

Depuis le golf, la villa se fond plus discrè-

tement que ses voisines dans l’environnement. Simon De Burbure a choisi une façade arrière sobre, comme une version épurée deViérin.«Notre ancienne maison se trouvait ici même, dans cette rue. Mon mari disait toujours: «Si jamais cette villa au golf se libère, je n’hésiterai pas». Quand nous avons appris le décès de l’ancienne propriétaire, nous avons fait une offre.»

«Ça m’a fait de la peine, mais il a fallu démolir la maison deViérin», explique l’architecte. «Le programme du maître d’ouvrage était trop ambitieux pour rénover l’existant.Il fallait,par exemple,creuser une cave pour y abriter une collection de voitures et organiser des événements.»

Pourtant, le nouveau projet reprend l’esprit de l’original:la rangée de colonnes a été conservée et étendue,rythmant l’ensemble; la cour anglaise a été modernisée; les découpes dans le toit pour les terrasses, typiques deViérin,ont inspiré des terrasses intégrées aux chambres. «Monsieur et madame disposent chacun de leur salle de bains et de leur dressing», précise-t-il.

MANIAQUE DU DÉTAIL

Pour illustrer ce souci du détail,l’architecte nous fait visiter le garage souterrain,un espace où les finitions sont moins poussées et pourtant, «Ici aussi, j’ai pu aller très loin: la cave aussi fourmille de détails», ajoute-t-il. Il nous montre que le rythme des colonnes et des poutres transversales est parfaitement respecté.Il attire aussi notre attention sur le plafond en béton, coffré avec des planches sablées et vernies de 30 cm de large, un format que l’on retrouve dans toute la maison. L’éclairage LED met en valeur la tex-

CI-DESSUS À SITUATION

EXCEPTIONNELLE À

KNOKKE, DÉCORATION

INTÉRIEURE ET EXTÉRIEURE

EXCEPTIONNELLE: LE

MOBILIER OUTDOOR EST SIGNÉ ‘T HUIS VAN OORDEGHEM.

CI-CONTRE VUE DEPUIS LE TERRAIN DU ROYAL ZOUTE GOLF CLUB, LA VILLA PASSE QUASI INAPERÇUE.

PAS DE FANTAISIES, PAS DE FIORITURES, MAIS UNE FAÇADE DISCRÈTE.

«Les golfeurs qui jouent près de chez
nous ont un bon handicap en général: ils ratent rarement leur coup.»

CI-CONTRE SIMON DE BURBURE A INTÉGRÉ UN

MURET EN CHAUX BLANCHE

POUR PRÉSERVER L’INTIMITÉ ET FORMER UNE LIGNE

D’HORIZON ARCHITECTURALE.

CI-DESSOUS LES PIÈCES

AUX PLAFONDS À POUTRES

APPARENTES CONTRASTENT

AVEC LA HAUTEUR DE LA «CHAPELLE» AU PLAFOND EN ARC DE CERCLE.

ture brute du béton pigmenté.Toutes les portes du garage, dont la porte pivotante du local à vélos, ont été réalisées avec une extrême précision pour s’intégrer parfaitement au mur. L’escalier qui relie le garage à la maison a de larges marches en calcaire coquillier. Dans le hall se trouvent une sculpture d’Erwin Wurm et un tableau du collectif Art & Language, qui semble avoir été créé pour la maison: il représente l’intérieur brutaliste de l’ancien Whitney Museum à NewYork,avec son plafond en béton iconique, un clin d’œil au plafond du garage par lequel nous sommes entrés dans la maison.

SYSTÈME D’AXES

Dans le hall, le système d’axes qui traverse la maison est évident.À gauche,le couloir mène à une sorte de chapelle, dont le plafond voûté est revêtu d’un matériau acoustique texturé. «Nous avons eu le luxe de créer ici un espace à double hauteur», explique Simon De Burbure. «Oui, on perd un peu d’espace, mais on gagne en qualité architecturale.Avec une hauteur sous plafond standard, cette pièce ne serait pas aussi agréable.»

«C’est un lieu très inspirant», confirme la propriétaire. «Nous y avons installé une grande table pour les dîners,mais il m’arrive aussi de l’utiliser pour travailler et recevoir mes rendez-vous professionnels.»

L’axe principal mène du hall vers les espaces de vie privés,offrant une vue panoramique sur le golf et la nature.Ici aussi, les plafonds structurent l’architecture de l’ensemble: les parties basses servent à la circulation, tandis que les plafonds plus hauts aux poutres apparentes créent des espaces intimes comme le coin salon, le bar, la cuisine et le coin petit déjeuner.

D’un côté se trouve la cuisine ouverte avec son îlot monumental en pierre muschelkalk et, de l’autre, le bar privé,aux matériaux plus sombres pour créer une ambiance plus feutrée. Entre les deux, le salon doté d’une bibliothèque en acier massif. «Mon mari aime lire son journal au bar; moi, je préfère le coin petit déjeuner baigné de soleil. Cette maison invite à la circulation fluide», confie la propriétaire. «Certes, c’est une grande maison pour deux personnes,mais elle reste intime grâce aux espaces chaleureux. On s’y sent bien.»

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La brillance du diamant « Rose-cut » est imprévisible et vous surprend à chaque fois.

«Cela m’a fait de la peine, mais nous avons dû démolir entièrement la maison de Viérin. Le programme des propriétaires était trop ambitieux pour une rénovation.»

CI-CONTRE À L’EXTRÉMITÉ DE L’AXE DE VUE SE TROUVE

UN ESPACE PLUS INTIME

AVEC UN BAR ET UNE

BIBLIOTHÈQUE EN ACIER

NOIR. LES MATÉRIAUX

SONT ICI PLUS SOMBRES, L’ATMOSPHÈRE PLUS RÉFLÉCHIE.

CI-DESSOUS POINT DÉLAISSÉE, LA CAVE EST AUSSI MINIMALISTE ET DÉTAILLÉE QUE LE RESTE DE LA DEMEURE.

JUSQU’AUBOUTISME

Cet emplacement exceptionnel a demandé une expérience intérieur extérieur hors du commun. Les deux grandes baies vitrées, donnant sur le golf et la piscine, peuvent entièrement disparaître dans le sol.«Ce système a été conçu spécialement pour la maison.Au-dessus de la fenêtre, une bande de pierre naturelle se fond parfaitement avec le sol en muschelkalk», précise Simon De Burbure.

Le même muschelkalk a été utilisé pour la baignoire et l’îlot de cuisine,mais c’est dans son rôle de socle de la maison que la pierre affirme sa présence architecturale. Le bas de la demeure est revêtu de plaques de 8 cm d’épaisseur qui donnent à l’architecture extérieure une impression massive et puissante.«Toutes ces plaques ont été sablées et brossées pour donner encore plus de profondeur et de caractère à la pierre», commente l’architecte.

Même dans le jardin,l’architecte joue avec ce contraste entre massivité et sobriété. Pour créer un «horizon architectural» près du hall,il a prévu un mur bas enduit de blanc. Cette cloison dans le jardin avant contraste joliment avec la végétation environnante.«C’est aussi le parfait arrière-plan pour des arbres plantés stratégiquement», termine Simon De Burbure. «L’ombre d’un arbre m’intéresse parfois presque autant que l’arbre lui-même.» ◆

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EFFET DE MO DE

Une journée à la mer requiert bien plus qu’un maillot de bain et des sandales. On n’oublie pas son foulard, la fashion statement piece de l’été, ni son petit cachemire pour le frisson du soir. Sabato a sélectionné ce que l’on va avoir envie de porter à la plage et sur les terrasses.

FOUS DE

Gucci, Burberry, Prada et Bottega Veneta ont tous mis à l’honneur le foulard lors de leurs derniers défilés.

Dans la rue aussi, le carré retrouve une nouvelle jeunesse, revisité par les hipsters et les fashionistas. Pour Sabato, trois illustrateurs belges ont imaginé un foulard inspiré par la ville de Knokke. L’un d’eux est créé en collaboration avec Natan et sera disponible cet été.

SON PARCOURS

◆ A ÉTUDIÉ LE DESIGN À SINT-LUCAS (GAND).

◆ A TRAVAILLÉ POUR LA MAISON DE PRODUCTION CAVIAR.

◆ EST ILLUSTRATRICE À PLEIN TEMPS DEPUIS 2018.

◆ A COLLABORÉ AVEC PLUSIEURS MARQUES, TELLES QUE ESSENTIEL ANTWERP, BERNADETTE ET ANNELIES TIMMERMANS.

◆ GÈRE STICKY STORY, UNE MARQUE DE STICKERS PERSONNALISÉS.

01. Axelle Rose Zwartjes

NOSTALGIE EN VERT

«Knokke occupe une place importante dans ma famille.Mes arrière-grands-parents avaient une villa,la Golf Lodge,où ils passaient leurs vacances.Mon grand-père y est très attaché et en parle souvent.Il s’agit d’une villa style cottage, construite en 1913 par un architecte bruxellois,avec des briques peintes en blanc et des volets,près du golf.La villa est toujours là,mais hélas, elle n’appartient plus à notre famille depuis plusieurs années. J’ai découvert récemment qu’il était possible de la louer via Airbnb. Les récits de mon grand-père ne sont pas mes souvenirs personnels, mais je ressens malgré tout une certaine nostalgie pour cette époque et ce lieu.Je m’imagine à quel point tout était pur et beau à l’époque:de charmantes villas dans les dunes et des baigneurs élégants. C’est ce sentiment de nostalgie que j’ai voulu illustrer dans mon carré. J’ai volontairement évité les couleurs traditionnelles,le jaune et le bleu,pour privilégier une palette de verts qui évoque le golf et la nature en lien direct avec mon histoire personnelle.»

EN

PYJAMA

DANS LES DUNES

«Même si je n’ai pas connu cette époque,Knokke a marqué mon enfance. J’ai grandi à Bruges et nous allions souvent à la mer. Parfois, en fin de journée, nous montions en voiture en pyjama pour aller nager ou jouer dans les dunes. Je me rappelle aussi les magnifiques compositions florales que ma mère réalisait pour moi et mes deux sœurs, ainsi que

nos après-midi shopping ensemble.Adolescente,j’ai travaillé pendant les vacances d’été dans des boutiques de Knokke, comme Ralph Lauren et Essentiel Antwerp.»

«La mode aussi est un fil conducteur de ma vie. Mon arrière-grand-mère, celle de la Golf Lodge donc, était une grande fan de mode et une fervente lectrice du magazine Vogue français.J’adorais m’y plonger et je faisais des croquis des défilés. La mode continue de m’inspirer énormément, j’ai même envisagé d’intégrer l’Académie de mode, mais je n’ai pas osé passer l’examen d’entrée.»

«Dans mon travail,les imprimés,les couleurs,les tissus et les silhouettes sont un thème récurrent.Je peux être émue par la mode ou être complètement absorbée par l’univers d’un créateur, mais cela ne se traduit pas nécessairement par des pièces audacieuses dans ma garde-robe.Le besoin de dessiner est plus fort que celui d’acheter ou de porter. Pour moi, la mode est une forme d’art.»

RETROUVER SON IDENTITÉ

«En tant qu’illustratrice,j’ai trouvé ma voie l’année dernière. Je dessine depuis toujours,mais ce n’est que depuis quelques années que je m’y consacre pleinement.Pendant longtemps, j’ai eu du mal à lâcher la sécurité d’un emploi.Et puis,l’année dernière, je me suis retrouvée dans une impasse artistique. J’avais beaucoup de commandes,mes clients étaient contents, mais je ne me reconnaissais plus dans ce style mignon.Pour retrouver mon identité, je suis retournée au papier et au crayon.Une révolution,car je ne dessinais qu’en numérique jusque-là.Cette méthode à l’ancienne m’a libérée:je dessinais de manière plus intuitive et j’ai pu lâcher prise sur mon perfectionnisme. Mon enfant intérieur a refait surface: dessiner sans trop réfléchir,créer spontanément.Aujourd’hui,j’aborde mes commandes de cette façon.En parallèle,je continue de créer des œuvres personnelles;j’ai eu ma première exposition le mois dernier. J’ai longtemps douté de mon travail, mais tout cela m’a apporté une réelle fierté.»

FOULARD «SABATO X NATAN X AXELLE ROSE», DISPONIBLE DÈS LE 1ER AOÛT CHEZ NATAN À KNOKKE, ÉDITION LIMITÉE À 50 EXEMPLAIRES, 90CM X 90CM, 295 EUROS, WWW.AXELLEROSEZWARTJES.COM, WWW.NATAN.BE

CI-CONTRE UN FOULARD

COMME UN SOUVENIR:

AXELLE ROSE ZWARTJES

A ILLUSTRÉ SON KNOKKE

D’ANTAN SUR DE LA SOIE.

«C’est un honneur d’avoir pu pouvoir créer un foulard en édition limitée avec Natan et Sabato pour cet été.»

DEUX VISAGES

«Pour moi,Knokke a deux facettes:l’effervescence des mois d’été, avec une cacophonie de gens, d’activités, de couleurs et de sons.Et l’image paisible de la mer du Nord en hiver,le bruissement de la mer et ses vastes plages.C’est cette dualité que j’ai voulu capturer dans mon design.En bas,on ressent la sérénité et,en haut,le côté flamboyant.Je me suis inspirée des phylactères des bandes dessinées et du Pop Art, un courant artistique très présent dans les galeries d’art de Knokke.Pour moi,les onomatopées symbolisent aussi le multilinguisme du public de Knokke. On retrouve aussi des éléments récurrents -fleurs de plage, crèmes glacées, clubs de golf, galeries d’art,rallyes de voitures anciennes,cabines de plage,châteaux

CI-CONTRE DU PHYLACTÈRE

AUX TOMATES-CREVETTES, CHAQUE DÉTAIL ILLUSTRE UN ÉLÉMENT DE KNOKKE.

gonflables,cuistax,moulins à vent,mouettes, tomates-crevettes,le casino,la Place m’as-tuvu et bien plus encore.»

«Je préfère venir en hiver, pour faire une longue balade -peu importe la météo. J’aime beaucoup la mer du Nord. Ce qui me plaît, ce sont les couleurs douces de la mer, du sable et du ciel que je trouve magnifiques. Quand j’étais enfant, je venais de temps en temps avec mes parents, mais pas tous les week-ends ni toutes les vacances, car j’ai grandi à Genval, ce qui rendait le trajet assez long.»

LIBERTÉ ARTISTIQUE

«Le dessin a toujours été mon mode d’expression.Il joue un rôle très important dans ma vie -il m’a sauvée: quand je vais mal, je dessine. C’est ma façon de voir le monde et d’y faire face. Pourtant, je ne me suis jamais sentie à l’aise avec le concept de l’art pour l’art: mes dessins doivent avoir une fonction. En tant qu’illustratrice de livres pour enfants, je stimule l’imagination et je transmets quelque chose aux enfants, car ces livres abordent des thèmes humains profonds. Je suis arrivée dans la mode un peu par hasard,parce qu’une amie m’a suggéré d’utiliser mes dessins pour créer des carrés de soie.Au début, cet accessoire me semblait un peu démodé,mais ma curiosité a été piquée et j’ai voulu essayer -et mes premiers carrés se sont vendus comme des petits pains. C’est comme ça que tout a commencé. J’ai vite compris que les foulards pouvaient être très modernes. C’est un accessoire créatif que l’on peut porter de nombreuses façons, même de manière très rock.En plus,c’est un espace de liberté dans l’univers de la mode,indépendant des tailles et des saisons.»

210 EUROS (60X60CM), 310 EUROS (90X90CM), 130 EUROS (5X90CM).

DISPONIBLE AU STUDIO AVENIDA BY JOERII VAN DE PERRE, SYLVAIN DUPUISSTRAAT 54 À KNOKKE, WWW.ROSELINEDOREYE.COM

SON PARCOURS

◆ A ÉTUDIÉ À SAINT-LUC À LIÈGE.

◆ A TRAVAILLÉ COMME ENSEIGNANTE ET ILLUSTRATRICE JEUNESSE.

◆ A LANCÉ SA PROPRE MARQUE DE FOULARDS EN 2021.

◆ A COLLABORÉ AVEC L’HÔTEL AMIGO, LES MARQUES DE COSMÉTIQUES

SISLEY ET GUERLAIN, AINSI QUE LA MAISON DIOR.

◆ A SA PROPRE BOUTIQUE DANS LES GALERIES ROYALES SAINT-HUBERT À BRUXELLES.

Deutsche Bank élue en Belgique meilleure banque privée internationale et meilleure banque pour les clients UHNW.

Deutsche Bank en Belgique s’est illustrée en remportant deux prix prestigieux lors des Euromoney Awards 2025 décernés à Londres. Ces derniers font partie des 15 récompenses Euromoney obtenues cette année à l’échelle internationale par la banque privée de Deutsche Bank et renforcent son statut d’acteur de premier plan en matière de Private Banking et Wealth Management en Belgique.

Deutsche Bank AG, 12, Taunusanlage, 60325 Francfort-sur-le-Main, Allemagne, RC Francfort-sur-le-Main n° HRB 30000. Deutsche Bank AG Succursale de Bruxelles, 13-15 avenue Marnix, 1000 Bruxelles, Belgique, RPM Bruxelles, TVA BE 0418.371.094, IBAN BE03 6102 0085 7284, IHK D-H0AV-L0HOD-14. E.R. : Olivier Delfosse

BULLE INTEMPORELLE

«C’est à Knokke que s’est déroulée une partie de mon enfance et de mon adolescence. C’est aussi là que j’ai fait mes premiers croquis et que mes rêves ont pris forme.C’est une bulle hors du temps à laquelle je reviens avec plaisir.Une façon d’échapper au quotidien aussi.Les plages au sable doux, presque velouté, m’apportent une paix intérieure.»

«Le point de départ de mon design était la digue et la Place m’as-tu-vu avec sa boule de verre, les jardinières qui bordent la promenade, une cabine de plage, un transat rayé, le drapeau rouge et blanc du Zoute, un cuistax et un polo, clin d’œil au casual chic balnéaire. Le tout dessiné à la main en rouge et blanc,les couleurs de Knokke.Mes dessins sont des collages de souvenirs, d’images mentales et de fiction.»

FASCINATION POUR LES HÔTELS

«Il y a deux ans, j’ai lancé ma marque de foulards, Hotel Louis,née de ma passion pour les hôtels.Chaque foulard en soie représente une partie d’un hôtel imaginaire: la piscine, le bar ou l’ascenseur. On peut en nouer plusieurs pour les porter en top ou en jupe.Je travaille aussi sur une collection de vêtements,qui,comme les carrés,sera graphique,colorée et modulable. Pour moi, la mode est un moyen d’exprimer mon identité et de raconter des histoires. C’est ce qui m’a poussé à étudier à La Cambre à Bruxelles, où j’ai affiné ma vision et mon univers.Après mes études, j’ai emménagé à Paris.Je ne pourrais pas vivre à Knokke,mais je rêve d’y avoir une résidence secondaire.»

PRIX SUR DEMANDE, WWW.HOTEL-LOUIS.COM

SON PARCOURS

A ÉTUDIÉ À LA CAMBRE (MODES) À BRUXELLES.

VIT À PARIS DEPUIS 2019.

A FONDÉ EN 2023 LA MARQUE DE FOULARDS HOTEL LOUIS.

VA PRÉSENTER UNE COLLECTION DE VÊTEMENTS.

TRAVAILLE POUR KENZO, ACNE STUDIOS, Y/PROJECT ET MAISON MARGIELA.

CI-DESSUS LE CARRÉ DE LOUIS APPELMANS MET EN VALEUR LES COULEURS DE KNOKKE, LE ROUGE ET LE BLANC.

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DE LA PISCINE À LA PLAGE, EN PASSANT PAR LA SALLE DE BAINS: SABATO A CHOISI LES INDISPENSABLES DE L’ÉTÉ POUR NE PAS MANQUER DE STYLE TOUT L’ÉTÉ. DU SHAMPOOING AUX MULES, DES LUNETTES SOLAIRES AUX CARAFES À LIMONADE MAISON, PETIT SHOPPING À KNOKKE-LES-BAINS.

PHOTOGRAPHIE ET STYLISME: KARMEN AYVAZYAN

GRAND

BAIN

Carafe Paola C, 365 euros, chez Items by Bea Mombaers, Kustlaan 289.
Eau de Parfum ‘Miami Shake’, Juliette Has A Gun, 100 ml, 140 euros, chez Rêve D’âme, Antoine Bréartstraat 14.

Sac et serviette de plage ‘Neverfull’ édition limitée Knokke, Louis Vuitton, 2.700 euros, chez Louis Vuitton, Kustlaan 114.

Lunettes de soleil Nathalie Vleeschouwer, 179 euros, chez Nathalie Vleeschouwer, Kustlaan 173.

Crème solaire ‘Sunleÿa Soin Solaire Anti-Âge SPF50+’, Sisley, 246 euros, au spa de l’hôtel La Réserve, Elizabetlaan 160.

Petit plat vert, 35 euros, au pop-up Co’s Cabane, Ebbestraat 8.

Porte-clés Monchhichi, 59 euros, chez Must Have, Kustlaan 15.

Jeu de morpion Tic Tac Toe, 650 euros, chez Must Have, Kustlaan 15.

Verre ‘Milano Botanica Lilac Flower’, Ichendorf, 18 euros, chez Daniel Ost, Dumortierlaan 141.

Eau Fraîche ‘Fleur de Vigne’, Caudalie, 29 euros, en pharmacie. Porte-cartes Kaai, 95 euros, au pop-up Kaai, Lippenslaan 301.

Sandales en daim, Chanel, prix sur demande, au pop-up Chanel, Kustlaan 353. Lunettes de soleil ‘Spark-7’, Max Mara, 190 euros, chez Max Mara, Kustlaan 111/113. Eau de Toilette ‘Replica Never Ending Summer’, Maison Margiela Fragrances, 100 ml, 139,90 euros, chez Ici Paris XL, Kustlaan 107/109. Boucles d’oreille ‘Mussel Hoops’, Wouters & Hendrix, 235 euros, chez Wouters & Hendrix, Kustlaan 325.

Bikini, Chantelle, 90 euros, chez Chantelle, Kustlaan 307-309.

Mules ‘Romy’, Morobé, 470 euros, chez Morobé, Kustlaan 255.

Drap de plage ‘Zeste d’Été’, Hermès, 610 euros, chez Hermès, Kustlaan 207.

Lunettes de soleil, Dolce & Gabbana, 200 euros, chez Verso, Kustlaan 121.

Enceinte Beosound A1, Bang & Olufsen, 299 euros, chez Bang & Olufsen, Natiënlaan 226.

Crème solaire ‘All-day SPF 30’, Le Rub, 50 ml, 48 euros, au pop-up

The Corner Shop, Kustlaan 154. Hair & Body Mist ‘The dream collection’, Rituals, 23,90 euros, chez Rituals, Lippenslaan 325.

Lunettes de soleil, Prada, 370 euros, chez Gobert Optics, Lippenslaan 96. Boucles d’oreille, Essentiel Antwerp, 65 euros, chez Essentiel Antwerp, Kustlaan 70.

Rouge à lèvres ‘Silky Shine’, Hermès, 75 euros, chez Hermès, Kustlaan 207. Baume à lèvres ‘Reve de miel’, Nuxe, 14,95 euros, chez Hair & Body Beauty, Dumortierlaan 32.

Mascara ‘MAC Stack Elevated’, Mac Cosmetics, 37 euros, chez MAC Cosmetics, Lippenslaan 334. Sac ‘Hortensia’, Wandler, 795 euros, chez Princess, Zeedijk-Het Zoute 807

Sérum ‘Mist N°1’, Chanel, 50 ml, 110 euros, au pop-up Chanel, Kustlaan 353. Charm ‘classic burgundy’, Clio, 35 euros, au pop-up Clio, Antoine Bréartstraat 13B.

Table d’appoint en béton ‘Altar’, Tacchini, 1.925 euros, chez RR Corner, Kustlaan 66. Boucles d’oreille, Dior, 450 euros, chez Verso, Kustlaan 121.

Verre ‘Eternal Snow’, Bela Silva pour Serax, prix sur demande, chez Maison Estelle, Dumortierlaan 109. Mini-sac ‘Le Pin Swing’, Delvaux, 900 euros, chez Delvaux, Kustlaan 148b.

Livre «Issey Miyake», Taschen, 80 euros, chez Tree Books, Sparrendreef 76. Eau de Parfum ‘Esencia Elixir’, Loewe, 230 euros, chez Must Have, Kustlaan 15.

Schellen Architecten

Maillot de bain Dioriviera, 750 euros, chez Verso, Kustlaan 121.

Palette de fards à paupières YSL, 69 euros, chez Ici Paris XL, Kustlaan 107/109.

Crème pour les mains ‘Miami’, Baobab, 30 euros, chez Must Have, Kustlaan 15.

Escarpins, Essentiel Antwerp, 245 euros, chez Essentiel Antwerp, Kustlaan 70.

Eau de Parfum ‘Les Infusions de Rhubarbe’, Prada, 100 ml, 152 euros, chez Ici Paris XL, Kustlaan 107/109.

Shampooing doux & après-shampooing nourrissant, Deluge 95 euros, chez Must Have, Kustlaan 15. Parfum ‘Afternoon Swim’, Louis Vuitton, 300 euros, chez Louis Vuitton, Kustlaan 114.

BON AP PÉTIT

Les tomates-crevettes n’ont qu’à bien se tenir: voici la crème glacée topping caviar. L’estomac dans les talons? On suit le guide des bonnes tables de Knokke: modernes, classiques, ou nouvelles, car, l’été, c’est fait pour se régaler.

Depuis 2009, sur son compte Instagram très suivi, @lespetitespestes, Barbara Jacops partage ses tables préférées aux quatre coins du monde. Dans son dernier opus, «Guided by Food: Knokke», cette foodista globe-trotteuse compile pour la première fois ses lieux préférés à Knokke, la ville où elle a grandi. «Le vendredi, tout le monde était d’accord d’aller à la mer!»

REPORTAGE:

THIJS DEMEULEMEESTER

PHOTO:

BARBARA JACOPS

KNOKKE SALÉ KNOKKE SUCRÉ

L’été s’annonce prometteur pour Barbara Jacops: Formentera, la Grèce et le sud de la France avant de retrouver Knokke. Sur son blog, Les Petites Pestes, elle partage depuis 2009 des adresses gourmandes dans le monde entier. Elle dirige également un guide,«Guided by Food», dont elle publiera cet été une première version dédiée à Formentera et une seconde à Knokke, où elle a passé la majeure partie de son enfance. «Je viens de Courtrai, mais mes parents allaient chaque week-end dans leur villa de Knokke.Quand ils ont divorcé, j’avais huit ans et j’ai déménagé avec mon frère et ma mère sur la côte.Toute mon enfance s’est déroulée à Knokke.Avec le recul, c’était le meilleur endroit pour grandir.»

Sabato: Qu’est-ce qui faisait de Knokke un endroit si magique?

BARBARA JACOPS: «L’ambiance, ce sentiment de liberté, les possibilités infinies qu’on avait en tant qu’enfant.Chaque jour, je pédalais sur la digue pour aller à l’école. On faisait nos devoirs sur la plage. Parfois, on allait au bowling en face de l’église des Dominicains ou on s’introduisait dans l’ancienne piscine en plein air pour faire des bêtises. Nager et surfer, ça faisait partie de la vie. Le soir, quand on allait danser au Number 1, on mangeait d’abord des frites chez Ritchie’s et on finissait souvent par une partie de foot sur la plage. Nos soirées d’été semblaient interminables, j’en garde des souvenirs magnifiques. Je ressens toujours l’attraction de Knokke, même si je n’y habite plus à temps plein.Avant,je prenais la voiture depuis Anvers en semaine pour aller nager à la piscine près de Lakeside Paradise. Nager en regardant les wakeboarders, c’était tellement apaisant.»

«Récemment, mon mari et moi avons acheté une maison à Retranchement, juste de l’autre côté de la frontière, à vingt minutes à vélo de Knokke. Et dès le vendredi, tout le monde pense la même chose:allons à la mer!»

Votre jeunesse ressemble-t-elle à celles des jeunes de la série télé «Knokke Off»: fêtes,

excès et tutti quanti?

«Honnêtement,non.Je n’ai jamais vécu ce genre de choses et j’ai même été surprise en regardant quelques épisodes.Knokke est caricaturé,comme s’il n’y avait que des enfants gâtés.Tous mes amis étaient passionnés de sport: natation, surf, catamaran, kitesurf. Nos journées étaient rythmées par la mer. Comme on faisait beaucoup de sport,on se couchait en général très tôt,épuisés.Pour un sportif, Knokke est top.»

Le Knokke de votre enfance existe-t-il encore aujourd’hui?

«Pas vraiment, non, mais j’espère que c’est toujours un endroit agréable, relaxant et accueillant pour les jeunes d’aujourd’hui. Et que ce ne soit pas le Knokke que l’on montre dans ‘Knokke Off’.»

Dans votre nouveau livre, «Guided by Food: Knokke», vous recommandez vos lieux favoris pour manger et boire. Est-ce un best of? Comment avez-vous sélectionné ces adresses?

«Ce livre n’est pas juste un annuaire. Mon objectif,c’est que les photos donnent envie de tester certains endroits et de découvrir la ville de Knokke telle que je la vis. Sur mon Instagram (@lespetitespestes) et dans mes précédents livres, j’ai déjà partagé des adresses gourmandes du monde entier, mais jamais je ne m’étais consacrée à ma Knokke adorée. Bien sûr, j’ai mes adresses traditionnelles favorites, on ne va pas se mentir.Quand un nouvel endroit me déçoit,je me dis souvent que j’aurais mieux fait de retourner au Boudin Sauvage,un incontournable où l’assiette et l’ambiance sont toujours impeccables.»

«Dans ce livre,il y a les classiques qui définissent l’ambiance typique de Knokke:les gaufres chez Marie Siska,les croquettes aux crevettes de la Brasserie Rubens, les boules de Berlin vendues à la criée sur la plage, les glaces du Glacier de la Poste qui, grâce à l’investisseur Marc Coucke, deviendront peut-être célèbres dans le monde entier,qui sait? Si Ibiza a ses‘pimientos de padrón’et sa ‘langosta’, Knokke peut très bien revendiquer ses spécialités locales.»

«Mais à côté de ces lieux traditionnels, qui sont là depuis des générations, il y a

CI-CONTRE DANS SES GUIDES PRÉCÉDENTS, BARBARA JACOPS A PARTAGÉ DES ADRESSES GOURMANDES AUX QUATRE COINS DU MONDE, MAIS C’EST LA PREMIÈRE FOIS QU’ELLE LE FAIT POUR KNOKKE, OÙ ELLE A GRANDI.

aussi de plus en plus de nouvelles adresses sympas, comme Rõka, le nouveau traiteur et tapas de Frederik Boussy, le chef de Más Brasa.»

Pensez-vous qu’il y a assez de nouveautés? On a du mal à considérer Knokke comme précurseur en la matière, les tendances internationales mettant du temps à s’imposer ici, comme le café de spécialité ou le pain au levain.

«C’est vrai, Knokke n’est pas le lieu de l’expérimentation culinaire, mais il y a plein de chefs talentueux dans la région.Pensez à Dokkoon Kapueak,la cheffe du restaurant thaï Boo Raan, ou à Nick Bril, qui officie au penthouse de l’hôtel La Réserve depuis le départ de Peter Goossens. Ou le chef étoilé Syrco Bakker, ex de Pure C, qui ouvre un établissement juste de l’autre côté de la frontière,à Retranchement.»

«On trouvait déjà du pain au levain à Knokke,mais Bob Artisan Bakery est devenu mon adresse préférée. Je trouve encourageant que ces établissements de qualité prennent le risque de s’implanter à Knokke,surtout parce qu’ils sont ouverts même hors saison, quand il y a moins de monde: ils font vivre Knokke toute l’année.»

En été, knokke regorge de pop-ups. Les commerçants les qualifient de parasites, car ils profitent des touristes puis disparaissent. Qu’en pensez-vous?

«Je ne partage pas cet avis. Par exemple, pour la première fois, Rambo Burger (Bruxelles) sera à Knokke cet été et je trouve que c’est bon signe.Oui,ces concepts éphémères vont et viennent, mais je les perçois plus comme un enrichissement qu’autre chose.Ils apportent une dynamique sympa, car vacanciers et résidents aiment tester de nouvelles adresses. Ces pop-ups font de Knokke l’endroit où il faut être en juillet et août.»

CI-DESSUS À CÔTÉ DES ADRESSES CLASSIQUES, IL Y EN A DE NOUVELLES, TRÈS SYMPAS, DONT RÕKA, LE NOUVEAU TRAITEUR ET MAGASIN DE TAPAS DE FREDERIK BOUSSY, LE CHEF DE MÁS BRASA.

«Ibiza et les ‘pimientos de padrón’ et la ‘langosta’, mais
Knokke aussi a des spécialités locales qui font sa fierté.»

Venez-vous aussi à Knokke en hiver?

«Bien sûr.Je connais bien la différence entre été et hiver. En basse saison, on est entre locaux et c’est très agréable. Les cabines de plage,pop-up stores et bars éphémères disparaissent; Knokke redevient la ville des Knokkois. Les surfers invétérés viennent prendre des vagues même par temps froid. Moi aussi, j’aime la mer en hiver: bonnet, écharpe, bottes –ça fait un bien fou.»

«Certains de mes endroits préférés prennent une tout autre dimension en hiver. Manger à l’intérieur de la Brasserie Rubens ou du Put 19 est une expérience différente que sur la terrasse en été. Au Coup Vert, le feu ouvert est allumé, j’adore ça.»

Dans la préface de «Guided by Food: Knokke», vous évoquez ce sentiment d’insouciance que Knokke vous procure toujours après toutes ces années.Pourriez-vous convaincre les détracteurs de changer d’avis?

«Imaginez une journée typique d’été à Knokke. Le matin, on fait une longue balade dans les dunes jusqu’au-delà du Zwin.L’après-midi,on s’installe à la plage et on y reste.À l’heure de la fermeture,on passe rapido au supermarché pour acheter de quoi faire un bon apéro. Au coucher du soleil, on s’installe dans sa cabine de plage et des amis viennent passent dire bonjour et s’installent, les pieds dans le sable. On improvise une table avec une planche de surf et on commande des pizzas chez Cicciolina au casino. On se les partage, on boit un coup de vin en trinquant à l’amitié.»

«Et si la pizza n’est pas une option,on enfourche son vélo en direction du club de voile RBSC ou du bar de plage River Woods pour un barbecue d’été convivial. Après le coucher du soleil, on prend une glace au Glacier de la Poste. Ensuite, on s’écroule dans son lit,heureux.Comment ne pas aimer ça?»

CI-CONTRE KNOKKE N’EST PAS PARTICULIÈREMENT

PROPICE À LA CUISINE

AUDACIEUSE, MAIS SA RÉGION FOURMILLE DE CHEFS TALENTUEUX.

«GUIDED BY FOOD: KNOKKE» DE BARBARA JACOPS EST DISPONIBLE VIA @LESPETITESPESTES

GUIDED BY FOOD

La journée gourmande parfaite à Knokke? Voici les (très) bonnes adresses de Barbara Jacops.

8H – MATINÉE

DANS LE FRIGO

«Ma journée commence dans le frigo, rempli de fruits de Tino’s, Blauw Kasteel et Grappe de Raisins (photo ci-dessus). Parfait pour toutes les envies!»

Tino’s, Sluisstraat 55

Blauw Kasteel, Sparrendreef 94

Grappe de Raisins, Emile Verhaerenlaan 20/22

9H – ESPRESSO

AVEC BRISE MARINE

«C’est l’heure de ma promenade matinale, en direction du lièvre de Barry Flanagan, cet endroit magique où Knokke fusionne avec Cadzand.Mais d’abord,un café. Mon spot préféré? Rõka. Oui, c’est une traiteur et un endroit génial pour déjeuner, mais je le considère comme mon bar officieux. Ouvert tôt, tout près de la plage: quand le vent marin caresse mon visage, ce premier espresso a vraiment un goût différent.»

Rõka, Emile Verhaerenlaan 26

12:30 HEURES –DÉJEUNER

SELON LE SOLEIL

«Le lieu où je déjeune dépend de la météo. S’il fait beau, je vais au Coup Vert (photo ci-contre): un endroit où le temps semble s’arrêter.Des pâtes,un verre de vin et basta. Si c’est une journée plage, je prends un pique-nique à emporter chez Bunch, Onest ou Rõka.»

Le Coup Vert, Sparrendreef 92

Bunch, Ebbestraat 8 Onest, Koningslaan 147

17 HEURES –

L’HEURE DE L’APÉRO

«L’apéro? Ça dépend de mon humeur.Soit un Pimm’s chez Put 19 (photo ci-dessous), soit un daiquiri glacé chez Cicciolina,le spot pizza et cocktails du casino. Ce daiquiri est fait avec de la Hierbas de las Dunas, une liqueur aux herbes d’Ibiza. Ce cocktail coloré s’accorde parfaitement à un coucher de soleil rosé.»

Put 19, Sparrendreef 74

Cicciolina, Casino Knokke, Zeedijk 508

20:30 HEURES –

DÎNER AVEC UNE TOUCHE DORÉE

«Mon restaurant préféré pour dîner? Sans aucun doute Le Boudin Sauvage. J’adore l’ambiance chez Jean.Il faut goûter sa fondue. Pour une découverte culinaire juste en dehors de Knokke, essayez De Kruier. Pour un dîner d’été relax sur la terrasse,je choisis la trattoria Studio MCCC où il y a les meilleures vibes estivales italiennes.»

Le Boudin Sauvage, Graaf Jansdijk 270 De Kruier, Ramskapellestraat 66

Studio MCCC, Emile Verhaerenlaan 12

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by mediafin

REPORTAGE: IRIS DE FEIJTER

PHOTO: ALEXANDER D’HIET

Comment allez-vous? «Nous sommes fatigués, mais contents.Le démarrage a été intense.Les vacances de Pâques ont démarré sur les chapeaux de roue. Nous avons eu du mal à suivre le rythme: certains soirs, nous étions encore en train de turbiner la crème glacée à trois heures du matin et quelques heures plus tard,nous étions de nouveau sur le pont. Le 1er mai a été notre journée record: nous avions produit deux fois plus que d’habitude (270 litres de glace, soit 2.200 boules) et en fin de matinée, tout était déjà vendu.»

«Faire de la glace artisanale comme nous le faisons demande énormément de travail et de temps. Comme nous tenons à valoriser cet aspect artisanal, notre atelier est ouvert. Il a fallu faire preuve d’ingéniosité, car le bâtiment est minuscule.»

Qu’est-ce qui fait votre fierté? «Nous avons appris le métier à la Carpigiani Gelato University à Bologne, où nous avons suivi quatre modules d’une semaine. Les matinées étaient consacrées à la théorie et les après-midi,nous devions réaliser nos propres glaces et créer nos propres saveurs.Nous avons fait de la glace au maïs et au croissant. La fabrication de la crème glacée demande une grande précision.Ici,on ne peut pas se fier à son intuition: chaque ingrédient doit être pesé. La moindre erreur, et tout le lot est perdu! Notre spé-

MADE IN KNOKKE

ALINE ARNOUTS ET MAARTEN CHUDZICKI

Dans cette rubrique, nous donnons la parole à ceux qui pratiquent la beauté du geste au quotidien.

Cette semaine, entretien avec Aline Arnouts et Maarten Chudzicki, fondateurs du nouveau glacier Crème à l’aise, à Duinbergen, à propos d’un ancien local poubelles, de glace pour chiens et de topping au caviar.

cialité, c’est le gelato. Contrairement à la crème glacée, il contient plus de lait et moins de crème. Sa texture est plus souple et il est servi moins froid, ce qui permet de mieux apprécier les saveurs.»

Qu’est-ce qui est essentiel pour vous? «L’originalité et la qualité. Outre des classiques comme la stracciatella et le spéculoos, nous proposons des goûts en fonction du moment -matcha,white coffee, nocciola ou sorbet à l’orange sanguine. Nous n’utilisons que les meilleurs ingrédients,comme les gousses de vanille fraîches ou les pistaches du village sicilien de Bronte.»

«En soi, la glace se conserve assez longtemps, mais nous la préparons chaque jour pour qu’elle soit encore meilleure. Notre mélange de base repose au moins 12 heures dans le Pastomaster, une machine à pasteuriser le lait.Techniquement, 4 heures suffisent, mais les tests que nous avons réalisés nous permettent d’affirmer que le goût est nettement meilleur après 12 heures. Cela implique certaines limites: si un parfum est épuisé, nous ne pouvons pas en refaire immédiatement.C’est parfois frustrant de devoir dire non, mais nous préférons ça à proposer un produit dont nous ne sommes pas entièrement satisfaits.»

Quel est votre signe particulier? «Nos toppings, comme huile d’olive et sel de mer, un délice sur une glace au chocolat ou à la vanille. Beaucoup trouvent l’idée surprenante jusqu’à ce qu’ils goûtent. Notre huile d’olive a des notes de banane et le sel agit comme un exhausteur de goût.Notre topping au caviar,lui,s’est fait connaître grâce à Instagram. Cette idée date de l’époque où nous faisions du home cooking. Nous préparions souvent une pomme moscovite et s’il restait un peu de caviar, nous l’ajoutions au dessert, en touche salée sur un moelleux au chocolat. Ça peut paraître déroutant, mais c’est un peu comme le caramel au beurre salé. Les réactions ont toujours été positives, et c’est devenu un succès.»

DES GLACES POUR TOUS *

«NOUS FABRIQUONS ÉGALEMENT DES GLACES POUR CHIENS. BEAUCOUP DE MAÎTRES LAISSENT LEUR COMPAGNON À QUATRE PATTES GOÛTER LEUR BOULE DE GLACE, CE QUI N’EST PAS TOUJOURS BON POUR LEUR SANTÉ. COMME NOUS SOMMES DES AMOUREUX DES CHIENS, NOUS FABRIQUONS À LEUR INTENTION DES GLACES SANS SUCRE NI ÉDULCORANTS COMME LE XYLITOL, MAIS PRÉPARÉES AVEC DES FRUITS ET DES LÉGUMES FRAIS, DES PRODUITS LAITIERS SANS LACTOSE ET UN PEU DE BEURRE DE CACAHUÈTE. CHEZ NOUS, IL Y A TOUJOURS AU MOINS UNE GLACE VÉGANE ET NOUS AVONS AUSSI DES CORNETS SANS GLUTEN.»

«Notre mélange repose au moins 12 heures. Si un parfum est épuisé, tanpis. C’est parfois frustrant, mais nous ne proposons pas un produit dont nous ne sommes pas entièrement satisfaits.»

Quel choix radical avez-vous fait? «Pour lancer Crème à l’aise, j’ai quitté mon poste de conseillère en gestion de patrimoine dans une banque.C’est un projet de passion,un rêve que je caressais depuis longtemps. Maarten est cuisinier et il a une grande affinité pour la pâtisserie. Il travaillé au restaurant De Sonne à Tamise et fait des stages chez The Jane et Verso à Anvers. Et moi, j’adore la gastronomie. Nous avons fait du home cooking ensemble pendant un moment. Aujourd’hui, nous gérons également deux supermarchés: les Carrefour Express de Knokke et de Duinbergen. Cela nous permet de ne pas dépendre uniquement des revenus du glacier.»

Qu’est-ce qui fait votre bonheur? «La création. Gérer un supermarché,c’est sympa,mais en tant que franchisé,le cadre est balisé.Ce que j’ai adoré avec Crème à l’aise,c’est de pouvoir imaginer une marque de A à Z:le nom,le logo,l’aménagement. J’adore inventer de nouvelles saveurs. J’ai créé une glace‘mango sticky rice’pour un restaurant thaï.J’aime aussi m’inspirer d’autres cultures culinaires:j’ai déjà utilisé de l’eau de rose et de la lavande. En ce moment, j’élabore une recette de glace à la cassata siciliana,un gâteau traditionnel à la génoise, pâte d’amandes, fruits confits et chantilly.»

Quels sont vos projets en cours? «Nous venons à peine de démarrer, mais nous avons déjà acheté un second local dans l’idée d’y aménager un atelier plus spacieux afin de pouvoir augmenter la production -aujourd’hui,nous n’arrivons déjà plus à suivre la demande. Il y aura également un bar à crèmes glacées.L’ouverture est prévue pour les vacances de carnaval, l’année prochaine. Pour cet été, ce sera trop juste.»

«Ce nouvel espace nous permettra aussi de concrétiser un autre rêve: réaliser nos propres cornets.À plus court terme, nous allons ouvrir une terrasse à Duinbergen,où nous servirons des coupes originales. Un exemple? Une coupe croissant:un croissant frais ouvert en deux garni de crème glacée au croissant.»

Qu’est-ce qui rend votre lien avec Knokke si particulier? «J’ai passé une grande partie de mon enfance à Knokke et je m’y sens comme chez moi. Maarten et moi avons vécu quelque temps àAnvers avant de nous installer à Heist en 2017. Nous avons toujours un studio à Anvers: c’est notre refuge pour lâcher prise et nous détendre. Nous adorons nous promener dans la ville pour y puiser de l’inspiration. Et toutes ces nouvelles idées, je les emmène avec moi à la côte.Par exemple,du matcha latte et du dirty chai.En ville,c’est tout à fait courant,mais à Heist, nous sommes un des rares établissements à proposer du café de spécialité.» ◆

CI-CONTRE INSTAGRAM A FAIT LE SUCCÈS DU TOPPING AU CAVIAR. «ÇA PEUT PARAÎTRE DÉROUTANT, MAIS C’EST UN PEU COMME LE CARAMEL AU BEURRE SALÉ.»

EYECANDY Carte sur table

REPORTAGE: JAN SCHEIDTWEILER

Jan Scheidtweiler s’attable dans un nouveau restaurant sur la digue dont le chef, Ruben Jan Adriaan, est l’ancien pâtissier de Sergio Herman.

«Chez Eyecandy, manger est bien plus qu’un moment à table: c’est un régal pour l’âme.» C’est par cette envolée lyrique que s’ouvre le menu de Ruben Jan Adriaan. Le chef nous promet que chaque bouchée éveillera nos sens et que «chaque repas deviendra un souvenir précieux.»

Depuis avril, Ruben Jan Adriaan ravit les âmes au sein d’un nouveau bâtiment épuré sur la digue de Knokke, juste à côté du casino. Les baies vitrées donnent sur les cabines de plage et la décoration d’intérieur est aussi maniériste que le menu: formes arrondies, grand bar, banquettes semicirculaires en velours vert et sculpture lumineuse. Ici, tout se veut original.

Le chef affiche un beau parcours professionnel: il a officié comme pâtissier chez Sergio Herman,notamment aux restaurants Air Republic et Pure C. Il a également fait ses armes en Corée du Sud. Un parcours qui transparaît dans une carte éclectique de plats cosmopolites.

D’ailleurs,les mises en bouche donnent le ton: pan con tomate espagnol (15 euros)

et brioche cannibale coréenne (16 euros). Les amateurs de produits de luxe ont le choix: langoustines à la verveine citronnée (36 euros) ou steak tartare sur brioche,agrémenté de foie gras et de truffe (32 euros).

Les entrées aussi font le tour du monde, allant du toast à l’avocat (17 euros) à la salade Caesar (23 euros). La généreuse assiette de tranches de hamachi cru -les portions sont destinées à être partagées–est à mi-chemin entre salade et ceviche (26 euros). Le poisson, mariné dans le jus de citron vert, est accompagné d’oignon rouge, avocat, mangue et arrosé d’une sauce aux herbes aromatiques.Ce n’est pas mauvais, mais on reste un peu sur sa faim. Plus convaincant et plus savoureux, le classique de Flandre revisité que le chef appelle «smashed potato» (38 euros): des pommes de terre écrasées coiffées d’un œuf poché et de crevettes grises. Il en propose une version généreuse, accompagnée de pain grillé croustillant, d’une sauce hollandaise onctueuse et d’herbes fraîches.

D’un ancien pâtissier, on pourrait es-

pérer un feu d’artifice au dessert, mais il n’en est hélas rien. Il propose cinq desserts, mais seulement le café glacé (12 euros) et la dame blanche (14 euros) sont disponibles. La glace comme la sauce de la dame blanche ne sont pas particuliè-

rement originales. Et c’est un peu dommage,car la promesse qui nous a été faite à l’aube de ce repas ne s’est pas concrétisée. CETTE ENSEIGNE A FAIT L’OBJET D’UNE VISITE ANONYME, FINANCÉE PAR SABATO.

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Quand le silence révèle la lumière

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Chez Katharina Roels, la mer n’est pas un lieu — c’est un souffle.

Ses toiles saisissent l’essence du Nord : la lumière mouvante, le calme intérieur, l’espace suspendu.

Mais ces paysages marins ne se limitent pas au littoral. Ils apportent une clarté poétique à chaque intérieur — avec une force discrète, une chaleur diffuse et une joie silencieuse née de la subtilité des couleurs, qui insufflent une énergie douce et lumineuse à l’espace.

À Kathart Gallery, à Knokke, une sélection rigoureuse d’artistes belges dialogue avec cette même sensibilité raffinée.

Peinture, sculpture, abstraction tactile — chaque œuvre est choisie pour sa capacité à apaiser, à révéler, et à éveiller une forme de légèreté lumineuse.

Ici, l’art ne décore pas : il crée une atmosphère. Il révèle. Il élève. Il installe un silence qui vit , un silence qui éclaire et réconforte.

Oil on canvas - 200 x 100cm, Katharina Roels

UNERÉSIDENCE SECONDAIRE SANSLESTRACAS.

CommentAugustréinventeles résidences

secondaires

Villas vides, acheteurs stressés, propriétaires absents : le modèle traditionnel de la résidence secondaire montre ses limites. Pour l’entrepreneure Mélie Dunod, il est temps de proposer une alternative plus intelligente et plus durable.

Avec un œil aiguisé pour le potentiel et une véritable passion des maisons de caractère, la sensibilité de Mélie Dunod pour les lieux et le design est au cœur d’August. La plateforme de copropriété, qu’elle a cofondée avec Nicolai Johan en 2018, révolutionne en toute discrétion la manière dont les Européens possèdent des maisons de vacances.

Tout a commencé par une prise de conscience : acquérir une résidence secondaire est souvent un parcours du combattant. « Le processus est vite accablant : trouver un agent de confiance, comprendre la paperasse dans une langue étrangère, gérer des travaux à distance… C’est vite devenu un cauchemar », confie Mélie, forte d’une longue expérience dans la réalisation de projets immobiliers à travers l’Europe. Elle connaît les pièges: « Les acheteurs internationaux se retrouvent à payer deux fois plus que les locaux », ajoute-t-elle.

Et si une autre voie était possible? Plutôt que d’acheter seul un bien immobilier, pourquoi ne pas partager la propriété d’une collection de maisons soigneusement restaurées — toutes conçues avec exigence, gérées professionnellement et ancrées dans leur territoire? « J’ai compris que ce n’était pas uniquement une affaire de biens immobiliers », explique Mélie. « C’est une question de mode de vie. »

Aujourd’hui, August propose cinq collections, chacune composée de quatre à cinq sublimes résidences à travers l’Europe. Les copropriétaires acquièrent une part, qui leur donne accès à

environ douze semaines de séjour par an, réparties sur l’ensemble des propriétés. Un séjour dans une villa toscane, ensuite dans une maison de village à Majorque, puis un chalet dans les Alpes françaises. « Nos propriétaires ne sont pas attachés à un seul lieu — ils profitent de la diversité, de la qualité, et surtout, sans aucun tracas », précise-t-elle.

Mais au-delà du confort, Mélie défend une vision plus profonde. « Je tenais à préserver l’authenticité. Trop souvent, les résidences de vacances sont de modernes ‘boîtes blanches’ qui pourraient se trouver n’importe où. Nous faisons l’inverse. Nous recherchons des maisons anciennes avec du cachet — murs en pierre, poutres apparentes, sols en terre cuite. Nous les restaurons, bien sûr, mais sans jamais leur enlever leur âme. » L’équipe de design d’August travaille main dans la main avec des artisans locaux pour dénicher des meubles anciens et des matériaux traditionnels, conférant à chaque maison une richesse de textures et une profondeur historique. « L’objectif est de donner l’impression d’arriver dans une maison de famille transmise de génération en génération », dit-elle.

Ce souci du détail a su séduire une clientèle fidèle — non seulement aisée, mais aussi sensible au design et à l’immersion culturelle. « Nos propriétaires veulent vivre comme des locaux, pas comme des touristes. Aller au marché du village, discuter avec le boulanger, découvrir une trattoria cachée », raconte Mélie. « Ils veulent la carte postale — mais aussi l’histoire qu’elle raconte. »

Au fond, notre métier, c’est de créer des souvenirs. Une belle maison n’est que le point de départ.

Surtout, la copropriété répond à un problème croissant en Europe : celui des résidences secondaires sous-utilisées. Dans de nombreuses régions touristiques, des maisons restent vides une grande partie de l’année, ce qui fait grimper les prix pour les habitants tout en n’apportant rien à la vie locale. «Notre modèle garantit une occupation régulière toutel’année», explique Mélie. « Celasoutientlescommerces locaux, maintient les artisans à l’œuvre, et permet de préserver des bâtiments historiques qui, autrement, tomberaient en ruine. »

Et la formule fonctionne : depuis son lancement, August enregistre un taux d’occupation de 75 à 80 % sur ses propriétés. La demande dépasse l’offre, mais Mélie refuse de céder à la tentation de croître trop vite. « Nous ne lançons que quelques collections par an. Pour nous, la qualité primera toujours sur la quantité. Chaque maison doit répondre à nos critères en matière de design, d’emplacement et d’histoire. »

« Au fond, notre métier, c’est de créer des souvenirs », conclut Mélie. « Une belle maison n’est que le point de départ. »

augustcollections.com @august.collections

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PUBLIREPORTAGE - Excluant la responsabilité de la rédaction de

Sabato.

CECIN’ESTPAS

Etsileluxenesetrouvaitplusdanslaprise de hauteur, mais dans l’ancrage ? Nichés dans l’un des quartiers les plus prisés d’Uccle, au cœur d’un cadre verdoyant et préservé, ces rez-de-jardin d’un nouveau genre redéfinissent la notion de prestige. Un art de vivre à fleur de terre, entre lumière, nature et architecture.

LUXURY APARTMENTS

LUXE HORIZONTAL, NATURE VERTICALE

Côtoyant les nuages, le penthouse serait le summum du luxe résidentiel. Et pourtant… Au sein du projet Héritage, des rez-dejardin d’exception viennent bouleverser cette idée reçue. Oubliez les compromis habituels des rez-de-chaussée et laissez-vous séduire par les volumes généreux, l’omniprésence de la lumière naturelle, les vastes terrasses qui se prolongent en jardins privés… et cette sensation rare de ne rien surplomber, mais d’habiter pleinement. Proches de l’essentiel, ces appartements de standing offrent un mode de vie fluide et enraciné, tourné vers un extérieur où la nature est reine. Une vie de plain-pied sans les contraintes d’entretien d’une villa, où tout est à portée de main, dans la continuité d’un luxe qui fait du bien.

Passez du salon à la pelouse comme on ouvre une parenthèse la terrasse glisse vers un jardin paysager privé développé par SKOPE, pensé comme une pièce en plus — intime et apaisé. Sans vis-à-vis, avec des perspectives dégagées sur le parc classé du Manoir Pirenne et ses arbres centenaires, ces jardins mêlent végétation existante et plantations choisies, pour une atmosphère à la fois protectrice et vivante. Le sentiment d’espace est immédiat, la sensation de tranquillité absolue. Vous n’avez plus les pieds sur terre. Vous êtes ailleurs. Vous êtes chez vous.

L’HÉRITAGE DE L’ÉLÉGANCE, LA PURETÉ DU CONTEMPORAIN

L’empreinte de Marc Corbiau, maître incontesté de l’architecture résidentielle en Belgique, se lit dans chaque détail du projet. Les deux petites entités de trois étages mêlent jeux de lignes pures, équilibre des volumes, façades dialoguant avec le paysage et souci permanent du rapport à la lumière et à la nature. Conçus dans un esprit de discrétion et de pérennité, les bâtiments s’intègrent avec subtilité au parc privé de deux hectares, ancienne propriété du manoir Pirenne. Le cadre, le design, l’expérience tout concourt à une esthétique contemporaine, mais intemporelle. À l’intérieur, Iceberg Architecture prolonge cette philosophie et conçoit, en collaboration étroite avec les futurs propriétaires, des espaces et finitions sur mesure, à la fois sobres et sophistiqués, où chaque détail — matériaux, lumière, agencement — exprime un raffinement en harmonie avec l’environnement et les contraintes techniques.

UCCLE, ENTRE RESPIRATION ET CONNEXION

côtoient les écoles internationales, les restaurants étoilés, et les clubs sportifs. Ici, la ville s’efface derrière le bruissement d’une haie, le chant des oiseaux. Le temps ralentit, le quotidien s’allège, l’air circule et la nature donne le rythme. Ici, on ne surplombe pas le monde. On s’y enracine pleinement. Une autre idée du privilège signée e-maprod, développée dans l’élégance de l’excellence, pour une poignée d’élus.

Les Bruxellois le savent l’avenue de Floride, entre le parc Wolvendael, le Bois de la Cambre et la Forêt de Soignes, est une enclave résidentielle rare. Située dans l’un des quartiers les plus convoités de la capitale, elle allie sérénité et proximité. La verdure, les manoirs et les villas de standing Cette publication relève de la responsabilité d’E-maprod.

AVENUE DE LA FLORIDE, UCCLE

Zoute – Villa neuve à emplacement d’exception

Villa neuve exclusive, idéalement située près du Kalfmolen, au cœur du Zoute. Cette propriété élégante allie architecture contemporaine, matériaux nobles et finitions de très haut niveau. Quatre chambres complètes et trois salles de bains luxueuses offrent un équilibre parfait entre espace, confort et discrétion.

Willem Cauwels Real Estate

Natiënlaan 199, Knokke-Heist

050/89.27.70

0477/60.12.16

www.willemcauwels.be

info@willemcauwels.be

R: 9918

CPE: 116

UC: 3126510

Wg-Vg-Gvkr-Gdv-Gvv

Villa d’exception offrant une vue imprenable sur la verdure, à proximité du Zwin et de la place Oosthoek.

R: 9790

CPE: 114

UC: 2128028

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Superbe appartement rez-de-jardin avec terrasse ensoleillée dans un petit sentier au cœur du Zoute.

R: 9915

CPE: 108

UC: EPO14854

Wg-Vg-Gvkr-Gdv-Gvv

Maison jumelée, luxueusement finie, située dans le projet Valkenerf, à proximité de Duinenwater avec 4 chambres.

R: 9932

CPE: 116

UC: 2858922

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Magnifique villa luxueuse avec piscine dans un emplacement privilégié au Zoute.

Belgium@engelvoelkers.com | engelvoelkers.be

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REPORTAGE:

FREEK EVERS

ILLUSTRATION:

STUDIO PONG

Go Go Gadget

FINI LES DISTRACTIONS!

Un gadget peut s’avérer indispensable pour alléger le poids de l’existence.

Cette semaine: le bloqueur d’applications. Ou pourquoi on (n’)a (pas) besoin d’aide pour limiter l’envie de scroller.

UTILITÉ

Oseriez-vous avouer votre temps d’écran moyen? En ayant ces longues minutes (qui se comptent rapidement en heures) en tête, combien de temps passez-vous réellement de manière consciente ou réfléchie sur votre smartphone? Évidemment, personne ne va admettre son accoutumance: on dira juste que l’on a besoin de consulter son smartphone «une minute».

On peut essayer de réduire l’utilisation de ce petit écran, mais la partie n’est pas forcément gagnée,on cède bien trop vite à toutes les tentations.Heureusement,il existe des petits objets,tel que Brick ouTap Out,qui permettent de bloquer certaines applications. Et de reprendre le contrôle.

INNOVATION

La technologie qui se cache derrière ces petits gadgets est d’une simplicité déconcertante. Brick et Tap Out, ces blocs compacts que l’on peut aisément fixer n’importe où à la maison, renferment une puce NFC, qui fait appel à la même technologie qui permet le paiement sans contact. Pas besoin de batterie: la puce communique directement avec une application sur le smartphone.

L’innovation réside dans le concept: en bloquant physiquement des applications, il est plus difficile de consulter Instagram et d’y passer des heures. La plupart des utilisateurs installent en outre Brick ou Tap Out dans le hall d’entrée ou sur le réfrigérateur, pour plus de facilité et d’accessibilité. Ainsi, lorsqu’on touche le bloc avec son smartphone, toutes les applications distrayantes se bloquent. Pour récupérer l’accès à Instagram ou àTikTok, il faut les réactiver par contact et donc, revenir à l’endroit où on a installé le boîtier. Cette barrière physique permet de mieux gérer son temps d’écran.

UTILISATION

Installer ce bloqueur d’applications est un jeu d’enfant: il suffit de télécharger l’application,de rapprocher son smartphone du bloc et de sélectionner les applications que l’on souhaite autoriser ou bloquer.On peut également configurer plusieurs modes: un mode travail, un mode famille ou un mode déplacement.Ainsi,en fonction de la situation,on n’a accès qu’aux applications dont on a réellement besoin. Il faut toutefois noter que la plupart des bloqueurs d’applications sont réservés aux utilisateurs d’iPhone.

PRIX

Il faut compter entre 40 et 60 euros.À ce prix-là, on peut s’en offrir plusieurs: un pour la maison, un pour le bureau et peut-être un dernier pour la voiture. Mais faut-il réellement faire l’investissement quand il suffit de laisser son téléphone dans un tiroir? À vous de voir.

21.06.25

Le paradoxe du quotidien selon Anton Gudim.

COLLABORATEURS:

JESSE BROUNS

IRIS DE FEIJTER

THIJS DEMEULEMEESTER

FREEK EVERS

RINGO GOMEZ

LAURA KEERSMAEKERS

MANON LEYSSENS

VERONICA RUGGERI

JAN SCHEIDTWEILER

PHOTOGRAPHIE:

KARMEN AYVAZYAN

CAFEINE

ALEXANDER D’HIET

NICOLAS DUSSERRE-BRESSON

BARBARA JACOPS

WOUTER MAECKELBERGHE

TITUS SIMOENS

STEFAAN TEMMERMAN

ORIANE VERSTRAETEN

TIJS VERVECKEN

COUVERTURE:

ORIANE VERSTRAETEN

ILLUSTRATIONS:

ANTON GUDIM

INGE RYLANT

STUDIO PONG

RÉDACTION DIGITALE:

ELINE BROECKX

CHEF DIGITAL:

DRIES CEUPPENS

TRADUCTION:

EMILIE VAN DE POEL

REWRITING:

NATACHA BOULVAIN

RÉDACTION PHOTO

AUDE VANLATHEM

RÉDACTION PHOTO & COORDINATION:

NATHALIE WARNY

MISE EN PAGE:

DAVID STEENHUYSE

ART DIRECTOR:

PHILIP VAN BASTELAERE

RÉDACTRICE EN CHEF ADJOINTE: ELS MAES

RÉDACTRICE EN CHEF: AN BOGAERTS

CREATIVE DIRECTOR: GERDA ACKAERT

ABONNEMENTS: TÉL. 0800/55.050

ABONNEMENT@LECHO.BE

ANNONCEURS: TRUSTMEDIA

AVENUE DU PORT 86C, BTE 309

1000 BRUXELLES

TÉL. 02/422.05.11

SABATO@TRUSTMEDIA.BE

ÉDITEUR RESPONSABLE:

PETER QUAGHEBEUR

SABATO EST IMPRIMÉ CHEZ

ROULARTA PRINTING.

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