DÉCEMBRE 2025 I GUIDE ÉPARGNE ET INVESTISSEMENTS
Vos placements en 2026
Les sommets boursiers vous donnent le vertige? Suivez le guide
OR POURQUOI 2026 POURRAIT ÊTRE UNE NOUVELLE ANNÉE ÉTINCELANTE I TAXE SUR LES PLUS-VALUES TOUT CE QU’IL FAUT SAVOIR AVANT SON ENTRÉE EN VIGUEUR I APRÈS LA RUÉE VERS L’IA COMMENT PROTÉGER VOTRE PORTEFEUILLE?
“Mais comme indépendant, t’es à l’abri à la retraite, non?’’ Pour ces commentaires dans la vraie vie, nous avons des solutions de pension conçues par la vie. Inquiet pour votre pension? En tant qu’indépendant, vous pouvez la constituer de différentes façons: avec une assurance pension ou un autre plan d’épargne. Renseignez-vous sur nos solutions de pension chez votre courtier independent. Baloise. Des assurances conçues par la vie.
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MOT D'ACCUEIL
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ELLEN VERMORGEN JOURNALISTE INVESTIR
En bourse, le vertige n’est pas toujours bon conseiller MAMAN, JE N’OSE PAS! À la piscine, notre fils hésitait
simple cycle. Une nouvelle strate de l’économie émerge.
entre l’attrait et la peur du grand plongeoir. Aujourd’hui,
Nvidia, Microsoft et Alphabet captent l’attention, mais le
beaucoup d’investisseurs ressentent la même tension.
véritable basculement interviendra lorsque les industries
Sommes-nous face à une gigantesque bulle technolo-
traditionnelles récolteront, elles aussi, les fruits de l’intel-
gique ou au début d’un supercycle de l’IA capable de
ligence artificielle. La vague de l’IA que l’on voit poindre
redessiner l’économie pour des décennies?
n’atteint que ses premiers rivages. L’essentiel du potentiel
Le plus grand risque ne vient pas d’un excès d’op-
reste au large.
timisme, en fait, mais bien de la sous-estimation d’une
L’histoire boursière est sévère avec les sceptiques.
révolution à peine sortie des starting-blocks. L’IA ne dope
Ceux qui ont délaissé Amazon après 2001 ont manqué un
pas seulement les bénéfices d’une poignée de géants
rendement inégalé. Ceux qui ont sous-estimé le smart-
technologiques. Elle pousse la productivité dans tous
phone ont vu Apple se transformer sans embarquer dans
les secteurs. Des soins de santé à l’industrie manufactu-
son envol boursier stratosphérique. Ceux qui ont pris les
rière, de la gestion de l’énergie aux services financiers,
logiciels cloud pour une mode se tiennent aujourd’hui en
les entreprises repensent leurs processus en profondeur.
bordure d’une économie qui en dépend totalement.
Résultat: efficacité accrue, baisse des coûts et nouvel échiquier concurrentiel. La question revient pourtant, tenace: et si tout allait
Mon fils? Il a fini par sauter. Après un seul conseil, que je donnerais aussi aux investisseurs: regardez devant vous. À trop fixer le fond, on rate l’élan vers l’avant. Veillez
trop vite? Et si le capital se ruait sur trop peu de noms?
toutefois à ne pas glisser en chemin. Et à ce qu’il y ait
Le danger existe. Mais, contrairement à la bulle dotcom
assez d’eau dans le bassin pour assurer un atterrissage
qui a commencé à éclater début des années 2000, le
en douceur. Un saut calculé, en connaissance de cause,
rendement des investissements en IA est déjà visible: des
l’adrénaline sans plat ventral douloureux, ni maillot
milliards d’économies en R&D et une production plus
perdu.
efficiente. La bourse anticipe toujours la croissance future des bénéfices. Cette fois, toutefois, les attentes dépassent un
C’est précisément les clés de ce saut calculé que nous voulons vous offrir avec ce guide d’investissement. Bonne lecture!
L'ECHO I MON ARGENT ADRESSE RÉDACTION MON ARGENT, TOUR & TAXIS, AVENUE DU PORT 86C, BOÎTE 309, B-1000 BRUXELLES, REDACTION@MONARGENT.BE RÉDACTEUR EN CHEF PAUL GÉRARD NEWS MANAGER MON ARGENT MURIEL MICHEL JOURNALISTES ELLEN VERMORGEN, KOEN LAMBRECHT, EVERT NERINCKX, DIDIER COLLAS, PHILIPPE GALLOY, MANON BRASSEUR, GERT BAKELANTS ÉDITION DENIS LALOY LAY-OUT ILSE JANSSENS INFOGRAPHIE FRANK SCHULPÉ ILLUSTRATION FILIP YSENBAERT PHOTO DIEGO FRANSSENS, ANTONIN WEBER / HANS LUCAS ABONNEMENTS TÉL.: 0800/55.150 E-MAIL: ABO@LECHO.BE PUBLICITÉ: TRUSTMEDIA, TOUR & TAXIS, AVENUE DU PORT 86C BOÎTE 309, 1000 BRUXELLES TÉL.: 02/422.05.11 INFO@TRUSTMEDIA.BE DIRECTRICE DE LA RÉDACTION ISABEL ALBERS ÉDITEUR RESPONSABLE PETER QUAGHEBEUR MON ARGENT EST IMPRIMÉ PAR ROULARTA PRINTING
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VOS PLACEMENTS EN 2026 LES SOMMETS BOURSIERS VOUS DONNENT LE VERTIGE? SUIVEZ LE GUIDE DÉCEMBRE 2025
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Mot d’accueil Sommaire En chiffres En image
12 Interview Après avoir connu une année 2025 volatile, mais fructueuse, les bourses pourraient de nouveau tanguer en 2026. Les stratégistes en chef de Belfius AM et de DPAM restent toutefois positifs sur les actions. Ils voient du potentiel dans la pharma et, en Europe, dans les financières et l’énergie. 20 Actions Les bourses ont de nouveau bien performé en 2025. Mais gare à la correction, voire à l’éclatement d’une bulle spéculative, avertissent maints analystes et gourous boursiers, qui doutent de la rentabilité des investissements colossaux dans l’IA. Voici cinq conseils pour continuer d’investir de façon rentable, même en cas de turbulences. 24 Fonds & trackers L’intelligence artificielle continuera à jouer les premiers rôles en bourse en 2026, selon les analystes. Et avec elle, les quatre autres thèmes phares que sont les marchés émergents, les infrastructures, la défense et les énergies renouvelables. Voici les ETF qui vous permettent d’investir dans ces cinq thèmes. 30 Témoignage Pour Noémie, quand on est jeune et qu’on investit à long terme avec de l’argent dont on n’a pas besoin tout de suite, on prend moins de risques qu’en s’abstenant d’investir...
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33 En pratique: la taxe sur les plus-values Le projet de taxe sur les plus-values ne devrait plus être modifié en profondeur. Voici les réponses aux grandes questions permettant de comprendre cet impôt.
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38 Témoignage Avec le recul de 30 années d’expérience, Gilbert analyse froidement son parcours boursier et relativise les pertes qu’il a pu faire. On ne l’y reprendra plus. 40 Or Après une année riche en records, l’or marque une pause. Temporaire, affirment les spécialistes des matières premières. Le soutien tenace des banques centrales pourrait propulser le cours jusqu’à 5.000 dollars l’once en 2026. 44 Crypto En 2025, le bitcoin aura connu un record historique et une funeste dégringolade. Le marché a-t-il gagné en maturité? Et la cryptomonnaie a-t-elle encore une bouée de sauvetage? 46 Épargne Les bons d’État, la branche 21, les comptes à terme, les bons de caisse, les OLO ou encore les obligations d’autres pays offrent des alternatives aux livrets. 50 Parole à l’expert Pour Gert Bakelants, responsable de la stratégie actions auprès de L’Investisseur, la taxe sur les plus-values est «mortifère pour le marché».
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EN CHIFFRES
21.600 milliards $ La capitalisation boursière totale des «Magnificent 7», les sept plus gros acteurs mondiaux de la tech, a gonflé l’an dernier de quelque 4.000 milliards de dollars, pour atteindre 21.600 milliards de dollars.
382 milliards $
%
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Montants record sur les comptes d’épargne, boom des ETF, explosion des valorisations des géants de la tech... Les tendances actuelles sur les marchés de l'épargne et de l'investissement donnent assurément le tournis.
a
s
o
n
d
152.000
Un nombre toujours croissant de personnes se tournent vers les ETF, ou trackers. Le nombre d’investisseurs belges ayant négocié au moins une fois un ETF a bondi de 56.000 en 2020 à 152.000 en 2024.
En milliards d'euros 310 300 290
Émission du bon d'État “Van Peteghem”, fiscalement avantageux 2022
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2023
2024
2025
Les Américains investissent à hauteur de 78% dans des actions américaines, et les Japonais sont tout aussi attachés à leur marché local: 78% d’entre eux privilégient les actions japonaises. Les Norvégiens et les Britanniques sont, de leur côté, ceux qui investissent le plus à l’échelle mondiale. Le tableau est assez similaire côté obligataire. Actions domestiques
États-Unis Japon Nlle-Zélande Suède Canada Zone euro Danemark Australie Suisse Royaume-Uni Norvège
En milliards de $ 25.000
milliards €
Bien que le rendement actuel ne suffise pas à compenser l’inflation, un montant record dort sur les livrets d’épargne dans notre pays. En octobre, les dépôts sur les livrets d’épargne réglementés ont grimpé pour atteindre un peu moins de 302 milliards d’euros.
78
Apple Amazon Nvidia Microsoft Alphabet
EFFERVESCENCE
Le légendaire investisseur américain Warren Buffett a annoncé le mois dernier qu’il se retirait un peu plus de son véhicule d’investissement, Berkshire Hathaway. Son successeur, Greg Abel, hérite d’ores et déjà d’un trésor de guerre colossal de 382 milliards de dollars.
302
Meta Tesla
78 78 53 50 49 46 40 33 32 19 12
Actions américaines
Reste du monde (hors É.-U.) 19
27 31 45 36 43 37 26 34 48
Obligations domestiques Japon États-Unis Canada Zone euro Suède Danemark Royaume-Uni Australie Suisse Nlle-Zélande Norvège
80 77 69 69 66 65 63 62 54 47 19
Obligations américaines
Reste du monde (hors É.-U.) 14 24 14 10 5 25 5
33 19 28
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Quand votre cerveau s’en mêle Investir semble à première vue une affaire rationnelle: ce sont les chiffres et les rendements qui comptent. Dans la pratique, cependant, les émotions jouent souvent un rôle bien plus important qu’on ne l’imagine. Qu’est-ce que cela implique pour vos décisions? Et comment vous en prémunir? Entretien avec Bart Abeloos, Chief Economist chez Crelan. décider, plus le risque que les émotions s’en mêlent diminue. L’automatisation est un outil puissant: par exemple, un plan d’investissement qui place chaque mois un montant fixe, indépendamment du climat économique, géopolitique ou boursier.”
“Une baisse de 10% fait émotionnellement deux fois plus mal que le plaisir procuré par une hausse de 10%.” BART ABELOOS Chief Economist chez Crelan
Bart Abeloos Céder vos actifs parce que tout le monde semble appuyer sur le bouton “vendre”? Ou devenir trop confiant précisément au moment où il faudrait rester prudent? Pour Bart Abeloos, ce n’est pas une faiblesse, mais le résultat de la manière dont notre cerveau est programmé. “L’argent est chargé d’émotions. Et c’est précisément pour cette raison que nous devenons moins rationnels.”
“L’argent est chargé d’émotions. Et c’est précisément pour cette raison que nous devenons moins rationnels.” BART ABELOOS Chief Economist chez Crelan
Ce phénomène est au cœur d’une discipline entière de la science économique: la finance comportementale (behavioral finance). L’un de ses concepts les plus connus est l’aversion pour la perte. Une
© Hans Aelbrecht
perte pèse environ deux fois plus lourd que le plaisir apporté par un gain. “Une baisse de 10% fait émotionnellement deux fois plus mal que le plaisir procuré par une hausse de 10%”, confirme Bart Abeloos. “Beaucoup de gens n’osent même pas commencer à investir, par peur de voir un chiffre s’afficher temporairement en rouge sur leur écran. Et une fois qu’ils accusent des pertes, les investisseurs ont tendance à prendre davantage de risques pour rattraper rapidement ce qu’ils ont perdu.” Autre piège bien connu: l’illusion que nous pouvons “timer” les marchés. Cela vaut pour les spéculateurs, mais aussi pour les investisseurs très prudents qui se disent: je ne rentre surtout pas maintenant, c’est trop cher. “En réalité, personne ne parvient à prévoir le marché de manière constante”, nuance l’économiste en chef. “Certaines personnes restent beaucoup trop longtemps sur la touche en attendant le ‘bon moment’, et manquent ainsi la meilleure partie du voyage.” LE REGARD EXTÉRIEUR QUI CHANGE TOUT Que faire, dans ce cas? Bart Abeloos recommande de limiter autant que possible le nombre de décisions. “Moins vous devez
offre aux entreprises, organisations et organismes publics l’accès au réseau de L’Echo, pour partager leur vision, leurs idées et leurs solutions avec la communauté de L’Echo. Excluant la responsabilité de la rédaction de L’Echo.
Un sparring-partner fiable est tout aussi essentiel – idéalement, un conseiller en investissement professionnel, et non quelqu’un croisé au détour d’un forum en ligne. Et une personne capable de vous sortir de votre bulle. “Nous sommes sensibles aux belles histoires. Des études montrent que les investissements thématiques peuvent générer de beaux rendements, mais que l’investisseur moyen n’en récolte généralement qu’une fraction à force de vouloir constamment ‘timer’ le marché. Un portefeuille diversifié, parfois un peu ennuyeux, se révèle souvent plus performant à long terme que la poursuite permanente de la dernière mode.” C’est pourquoi Bart Abeloos insiste sur deux points: se concentrer sur ce que vous pouvez contrôler (votre appétence pour le risque, votre horizon d’investissement, vos objectifs) et non sur ce que vous ne contrôlerez jamais (les mouvements de marché à court terme). “L’allocation d’actifs détermine la majeure partie de votre rendement. Ce n’est pas un ETF populaire ni l’histoire dont tout le monde parle qui font la différence, mais bien le choix fondamental entre, par exemple, actions et obligations.” La bonne nouvelle? Notre cerveau n’est pas un obstacle insurmontable. “Avec un peu d’automatisation, un accompagnement solide et une structure simple, chacun peut investir de manière plus rationnelle et plus sereine”, conclut l’expert.
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EN IMAGE
L’empereur en cuir Ils sont inséparables, le fondateur de Nvidia, Jensen Huang, et ses vestes en cuir noir. Depuis plus de 20 ans, ces blousons élégants sont la marque de fabrique de l’empereur de l’industrie des puces. Huang a fait de Nvidia l’entreprise la plus valorisée au monde et le principal baromètre de la santé de tout le secteur de l’IA. Dès lors, quand il prend la parole, on se bouscule au portillon. © BLOOMBERG
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INTERVIEW
L'ECHO MON ARGENT GUIDE ÉPARGNE ET INVESTISSEMENTS
Johan Van Geeteruyen (DPAM) et Maud Reinalter (Belfius AM)
«Il est toujours très risqué d’investir trop peu aux États-Unis» Après avoir connu une année 2025 volatile, mais fructueuse, les bourses pourraient de nouveau tanguer en 2026. Les stratégistes en chef de Belfius AM et de DPAM restent toutefois positifs sur les actions. Ils voient du potentiel dans la pharma et, en Europe, dans les financières et l’énergie.
LES SPÉCIALISTES VOYAIENT une année trébucher les marchés. Ensuite, leur rebond boursière 2025 très volatile. Bien vu. Les QUI: a pris les allures d’un rallye haussier très Maud Reinalter marchés ont néanmoins répondu présents puissant, jusqu’à début novembre. On a et Johan Van Geeteruyen. en termes de performances. À moins de vite compris que le président américain QUOI: deux semaines de la fin de l’année, l’Euro cherchait des compromis avec ses parteStratégistes en chef chez, Stoxx 50 affiche un gain de 15%, et le S&P naires commerciaux. Entre-temps, l’écorespectivement, Belfius Asset 500, en dollar, progresse de 13%. En euro, nomie américaine a tenu bon et la vague Management et DPAM. la performance de l’indice phare de Wall d’investissements dans l’IA a propulsé les Street est bien moindre, à peine 2,5%, la forvaleurs technologiques toujours plus haut. te dépréciation du billet vert étant passée Point d’orgue de la fièvre IA: la capitalisapar là. En cause: les doutes sur la croissance tion boursière de 5.000 milliards de dolaméricaine, l’alourdissement de la dette lars atteinte fin octobre par Nvidia, conpublique et la crainte d’un regain d’inflation lié aux droits de cepteur de puces de calcul puissantes. Du jamais-vu, tous secteurs douane imposés par le président Donald Trump. confondus. Peu après, la crainte d’un emballement des valorisaDébut avril, la menace de tarifs d’importation très lourds a fait tions des valeurs IA a ramené les marchés à plus de prudence.
© DIEGO FRANSSENS
KOEN LAMBRECHT
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INTERVIEW
Nous avons longuement évoqué les faits majeurs de 2025, et surtout les perspectives pour 2026, avec les stratégistes en chef de deux gestionnaires d’actifs de premier plan: Maud Reinalter (Belfius Asset Management) et Johan Van Geeteruyen (DPAM). 2025 s’est finalement révélée de nouveau une bonne année pour les investisseurs, malgré les tarifs de Trump et la volatilité. Vous y attendiez-vous? Maud Reinalter: Nous anticipions une bonne année en termes de performance, mais peut-être pas aussi forte. Nous visions une hausse à deux chiffres, mais pas 15 ou 17% pour l’Europe. Et nous ne nous attendions pas à un tel parcours des marchés émergents qui, en dollar, ont gagné environ 30%. Corrigé du dollar, le return est cependant plus faible pour le client. Même constat pour les États-Unis: bonne performance en devise locale, mais bien moindre en euro. C’est pourquoi, en cours d’année, nous avons couvert une partie du portefeuille contre une baisse du dollar. À quoi attribuez-vous ces bonnes performances? Maud Reinalter: Aux États-Unis, à la solide progression des bénéfices et à des valorisations en hausse. Pour l’Euro Stoxx 50, c’est surtout la revalorisation qui a joué. Les investisseurs ont été rassurés par les plans budgétaires allemands en matière d’infrastructures et de défense. Cela a permis d’anticiper une croissance du bénéfice par action d’environ 10% sur l’année. Les actions financières ont également soutenu la hausse des indices, dans une zone euro en croissance positive, mais encore timide. Nous voyons 1,4% cette année et 1,2% l’an prochain. Positif, sans être flamboyant. Malgré les tarifs de Trump, les marchés émergents ont réussi à afficher une belle performance. Comment l’expliquez-vous?
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Maud Reinalter: Les entreprises technologiques exportatrices en Chine, à Taïwan et en Corée du Sud ont soutenu ces marchés. En Chine, la demande intérieure reste timide, plombée par l’immobilier et une consommation atone. Mais les exportations tiennent, les industriels chinois étant incontournables dans la chaîne de production mondiale. Reste à voir si un accord commercial définitif entre les États-Unis et la Chine suivra l’accord temporaire d’un an. Le 2 avril a été une date clé, que Trump a rebaptisée Liberation Day. Quand il a brandi des droits d’importation exorbitants, les marchés ont encaissé un choc. Johan Van Geeteruyen: Fin 2024, après l’élection de Trump, les marchés avaient déjà pris un dividende sur l’avenir. Ils avaient bien monté dans la perspective de la mise en œuvre de son programme présidentiel: déréglementation, gains d’efficacité, impulsion budgétaire, baisses d’impôts, etc. Il restait à voir l’impact de sa politique tarifaire. Les droits de douane très élevés annoncés le 2 avril ont déclenché une onde de choc. Mais la suite, on la connaît: un rebond en V. Pour l’Europe, nous étions raisonnablement positifs en début d’année: nous attendions un rendement «à un chiffre élevé» (7 à 9%). La France était en difficulté depuis l’été 2024 et, en Allemagne, le gouvernement était tombé, avec de nouvelles élections en vue. Tout le monde était ultra négatif sur l’Europe. Le positionnement des investisseurs touchait un plus bas historique; ils ne juraient plus que par les États-Unis, surtout les valeurs technologiques. Mais quand beaucoup de mauvaises nouvelles sont intégrées, il suffit d’une étincelle pour relancer la machine. C’est ce qui s’est passé. Les éléments décisifs pour l’Europe ont été l’impulsion budgétaire allemande (les investissements de plusieurs milliards annoncés dans l’économie et les infrastructures allemandes, NDLR) et les baisses de taux de la BCE.
INTERVIEW
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© DIEGO FRANSSENS
L'ECHO MON ARGENT GUIDE ÉPARGNE ET INVESTISSEMENTS
«Quand beaucoup de mauvaises nouvelles sont intégrées, il suffit d’une étincelle pour relancer la machine. C’est ce qui s’est passé pour les actions européennes.» JOHAN VAN GEETERUYEN, STRATÉGISTE EN CHEF DE DPAM
Le président Trump a aussi donné un coup de pouce en rappelant à l’Europe son besoin d’autonomie. Quels ont été les moteurs aux États-Unis? Johan Van Geeteruyen: L’IA a tiré la performance des marchés américains. Je pense que près de la moitié de la croissance du PIB cette année vient en fait des investissements IA, qui continuent sans relâche. On attendait beaucoup des économies budgétaires, mais c’est resté, à mon sens, un peu un coup d’épée dans l’eau. Le dollar plus faible a aussi rendu les États-Unis plus compétitifs. Mais à cause de cette faiblesse, on n’affiche que 2,5% de hausse sur le S&P 500 et 8% sur le Nasdaq. Ce qui laisse un goût de trop peu pour les investisseurs européens, majoritairement surpondérés en actions US. Les valorisations ont fortement grimpé. Les actions européen-
nes se paient environ 14 fois les bénéfices, les américaines 23. Est-ce trop élevé? Y a-t-il une bulle technologique liée à la frénésie IA? Johan Van Geeteruyen: Les valorisations sont élevées, mais est-ce un argument pour devenir négatif? La moyenne sur dix ans du S&P 500 tourne autour de 18. En décomposant la performance américaine, environ deux tiers viennent de la croissance des bénéfices, un tiers de la hausse des valorisations, ce que l’on appelle la «multiple expansion». En Europe, 80% de la performance proviennent de la revalorisation, 20% des dividendes. Autrement dit, la hausse ne reflète pas l’amélioration des revenus des entreprises, ce qui rend l’Europe plus vulnérable que les États-Unis. Désormais, des revenus en progression sont nécessaires des deux côtés de l’Atlantique pour justifier les valorisations. C’est le cas aux États-Unis jusqu’ici, pas en Europe. L’écart est donc important entre les deux rives boursières de l’Atlantique. Il est aussi structurel en partie, car les marchés n’ont
INTERVIEW
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«Une correction, c’est sain: ça ramène les pieds sur terre.» JOHAN VAN GEETERUYEN
pas la même composition: plus de technologie et d’innovation aux États-Unis, beaucoup de financières et d’industrielles en Europe, davantage d’actions «value». Maud Reinalter: Je partage ce constat. Chez Belfius AM, nous disons: les États-Unis sont chers, mais pour de bonnes raisons. La croissance et l’innovation y sont structurelles. La croissance technologique se concentre aux États-Unis, portée par des méga-entreprises qui pèsent lourd dans l’indice. La performance est très concentrée. Si un jour il arrive quelque chose à ces mastodontes, la trajectoire des indices peut s’inverser. En Europe, on attend toujours la croissance des bénéfices. On espère que le soutien budgétaire à l’infrastructure et à la défense créera un contexte favorable, mais cela reste à confirmer. D’après les derniers chiffres trimestriels, on est à 5% de hausse en moyenne pour les bénéfices, alors que le marché table sur 10% pour l’ensemble de l’année. La fin d’année sera donc cruciale pour les entreprises européennes. Réaliser 10% de croissance des bénéfices en Europe, c’est ambitieux. Maud Reinalter: Certes, mais l’effet de base favorable joue, et ce sera encore le cas l’an prochain. Certains secteurs, comme le luxe ou la consommation discrétionnaire (biens non essentiels), ont souffert en 2025. L’entrelacement croissant entre Nvidia, fabricant de puces puissantes, et les entreprises qui investissent dans la puissance
de calcul ou dans des applications IA n’est-il pas risqué? Si un domino tombe, entraîne-t-il les autres? Maud Reinalter: C’est à surveiller. Selon nous, tous les ingrédients ne sont pas réunis pour estimer que le marché a atteint le stade de bulle spéculative. Mais des éléments sont déjà présents, comme les spreads de crédit aux États-Unis (l’écart de rendement entre une obligation d’entreprise et l’emprunt d’État américain à 10 ans, NDLR). Nous avons récemment vu une petite hausse du spread pour Oracle. Les entreprises de l’IA devront financer leurs investissements. Les hyperscalers (géants du cloud, NDLR) pourront en couvrir une partie via les cash-flows, mais on estime qu’au moins la moitié devra être trouvée ailleurs: via des émissions notées «investment grade» (obligations d’entreprise de qualité), ces sociétés ayant de bons ratings, et via de la dette privée (prêts). Reste à jauger l’appétit des investisseurs pour ces obligations. Et à vérifier si les investissements IA rapportent et si les applications continuent de croître. Johan Van Geeteruyen: Nous ne sommes pas encore en bulle tant que la croissance perdure et que les entreprises pourront, à terme, dégager une rentabilité sur ces investissements. Les attentes, elles, sont élevées. Au démarrage d’internet, il a fallu dix ans avant de voir les premiers gains d’efficacité et de productivité. Ici, on perçoit déjà l’effet de l’IA. Pas forcément dans les chiffres, mais dans le quotidien: sur certaines tâches, l’IA fait gagner 25 à 30%. Et l’adoption progresse elle aussi bien plus vite. Les valorisations élevées et des doutes sur l’ampleur des investissements IA ont, semble-t-il, enclenché une correction limitée. Johan Van Geeteruyen: Attendons de voir si elle se poursuit ou non, parce que la fin d’année est propice aux prises de bénéfices. Cela pourrait n’être qu’un «soft patch» (faiblesse temporaire). Si les sociétés liées à l’IA montrent qu’elles continuent sur leur lancée, la correction sera vite digérée. Et une correction, c’est sain: ça ramène les pieds sur terre. Il s’est avéré que le mouvement tenait surtout aux doutes sur une éventuelle baisse des taux par la Fed en décembre. Que peut-on attendre des marchés en 2026? Encore beaucoup de volatilité ou est-on désormais un peu habitués à Trump? Maud Reinalter: En novembre prochain, les élections de mi-mandat («midterms») sont importantes pour Trump. Il voudra les gagner, ce qui pourrait se traduire par un supplément de stimulus budgétaire. La nomination d’un nouveau président de la Réserve fédérale pourrait aussi agiter les marchés. Tout comme la trêve dans la guerre commerciale États-Unis–Chine qui arrive à échéance dans un an. Autre source potentielle de volatilité: un décalage entre la BCE et la Fed. La BCE a fortement baissé ses taux cette année et pourrait aller un peu plus loin en cas de nouvelles pressions commerciales, même si ce n’est pas notre scénario central. La Fed devrait, elle, poursuivre les baisses. Nous anticipons deux baisses l’an prochain. En Europe, les dépenses liées au plan d’investissement allemand devraient compenser l’effet des tarifs douaniers. Les droits d’importation américains sur les produits européens
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«Tous les ingrédients ne sont pas réunis pour estimer que le marché a atteint le stade de bulle spéculative. Mais des éléments sont déjà présents.» MAUD REINALTER, STRATÉGISTE EN CHEF DE BELFIUS AM
s’établiront en termes réels à 10%, avec donc un impact moindre qu’escompté. Pour 2026, nous restons constructifs sur les actifs risqués. Les technos pourraient connaître plus de volatilité, mais il faut rester investi, et nous pensons que les marchés américains continueront de progresser. Nous sommes donc légèrement surpondérés en actions, avec une exposition à quasiment toutes les régions. Aux États-Unis, nous avons intégré une protection et restons légèrement surpondérés. Nous gardons aussi un faible pour les marchés émergents, que nous apprécions depuis longtemps. Pour 2026 également, nous surpondérons ces pays, en obligations comme en actions. Johan Van Geeteruyen: Nous sommes aussi positifs pour l’an prochain. Plusieurs facteurs soutiendront les marchés. Aux ÉtatsUnis: les gains d’efficacité liés à l’IA, une politique budgétaire et monétaire stimulante, des conditions financières souples qui, avec les investissements IA, créeront un climat favorable en 2026, tandis
que l’impact négatif des tarifs douaniers diminuera graduellement. S’y ajoutent des rachats d’actions soutenus (surtout par les valeurs de croissance) et des fusions-acquisitions. Le fait que la technologie sorte de plusieurs années fastes et que la performance du marché américain reste très concentrée peut offrir une opportunité d’élargissement du leadership, avec d’autres secteurs qui pourraient mieux s’illustrer que la seule technologie. On perçoit d’ailleurs une forme d’«AI fatigue». Les «marginal buyers» (acheteurs marginaux, NDLR) des actions Mag7 sont plutôt des traders que des investisseurs, ce qui peut créer de la volatilité. J’ai toujours jugé très risqué d’être sous-pondéré aux États-Unis. Nous sommes désormais neutres, en partie à cause des valorisations et du net refroidissement du marché du travail. Mais n’oublions pas que les États-Unis sont un marché très dynamique. Et quand il se passe quelque chose dans le monde, cela reste une valeur refuge. En Europe, l’économie reste en retrait et, à mon sens, le stimulus budgétaire allemand ne sera pas un bazooka.
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En défense, les programmes d’achats gagneront en visibilité en 2026, car les budgets sont désormais connus et approuvés par le Parlement. Le marché a déjà largement anticipé cela dans la défense. Le thème restera néanmoins porteur plusieurs années. Il s’agit d’un secteur délaissé pendant 30 ans, qu’il faut donc reconstituer. Et les investisseurs y sont encore très peu exposés, notamment en raison de contraintes ESG. D’autres secteurs se distinguent-ils? Maud Reinalter: En Europe, nous privilégions les entreprises axées sur les marchés domestiques et les industrielles. Nous avons récemment ajouté la pharma. Le secteur a connu des passages difficiles cette année et ne paraissait pas cher. Les résultats des groupes pharmaceutiques sont d’ailleurs plutôt bons. Johan Van Geeteruyen: La pharma est, je pense, l’opportunité de l’an prochain. Le secteur a subi des pressions toute l’année en raison de l’incertitude autour des projets de Trump sur les prix. L’accord finalement conclu par Pfizer a fait référence et inspiré d’autres groupes. Ils peuvent ainsi lever une part de l’incertitude. Évidemment, avec Trump, qui a montré à plusieurs reprises que la constance n’est pas son fort, on n’est jamais sûr. Il peut vite changer d’avis. Un secteur qui a très bien performé cette année: les financières, surtout les banques. Elles ont comblé une partie de leur retard. Le secteur reste le moins cher de l’indice européen. Et c’est l’un des rares où le ratio cours/bénéfice est inférieur à la moyenne de long terme, ce qui, conjugué au momentum bénéficiaire actuel, laisse penser que la revalorisation n’est pas terminée. Nous voyons aussi du potentiel dans l’immobilier coté. Le secteur a souffert des excès de la pandémie de covid pendant des années. Entre-temps, les fondamentaux se sont améliorés: le coût de l’endettement est passé de 6 à 3,5%, les entreprises ont réduit leur levier financier, ce qui a abaissé la volatilité. En outre, la visibilité sur les loyers (dont la croissance reste plus élevée que l’inflation) est meilleure. La décote sectorielle demeure de 30%. Et puis, les utilities (entreprises de services aux collectivités, NDLR). Malgré une concurrence soutenue, nous anticipons une demande d’énergie robuste. Elle sera notamment portée par le déploiement des data centers. Aux États-Unis, les valorisations l’intègrent déjà en partie; en Europe, non, car le déploiement reste à venir. L’inflation pose-t-elle encore problème? Maud Reinalter: Aux États-Unis, l’inflation a reflué, mais reste autour de 3%. C’est élevé pour les ménages, surtout les plus fragiles. La consommation contribue donc un peu moins au PIB. Ces derniers mois, ce sont surtout les investissements IA qui ont soutenu la croissance. L’inflation reste donc un problème à mes yeux: la banque centrale américaine a un double mandat, emploi et inflation. La Fed veut baisser les taux, car le marché du travail s’affaiblit, mais l’inflation demeure relativement élevée.
INTERVIEW
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«Désormais, des revenus en progression sont nécessaires des deux côtés de l’Atlantique pour justifier les valorisations. C’est le cas aux États-Unis jusqu’ici, pas en Europe.» JOHAN VAN GEETERUYEN
Le prix de l’or a fortement grimpé cette année. Le métal jaune a-t-il sa place dans un portefeuille moyen? Maud Reinalter: Nous intégrons l’or comme diversification et nous renforcerons cette position en 2026, au vu des risques évoqués. Nous utilisons des ETF adossés à de l’or physique. Johan Van Geeteruyen: Si vous voulez vraiment jouer l’or, mieux vaut un ETF or ou de l’or physique. Croire que les actions de mines d’or suivent le cours de l’or est une idée reçue. Ce n’est pas toujours vrai. Les mines sont exposées à des facteurs géopolitiques, à des différences de «cash cost», et à des problèmes opérationnels récurrents qui perturbent la corrélation. Quel poids devrait avoir l’or dans un petit portefeuille? Maud Reinalter: Notre position se situe entre 3 et 5%. À ce stade, après la forte hausse du cours, plutôt 3%, car nous avons pris des bénéfices pour nos clients. Johan Van Geeteruyen: Nous sommes aux alentours de 4%. Quelle est votre position à l’égard des cryptomonnaies? Faut-il intégrer la crypto dans un portefeuille standard? Johan Van Geeteruyen: Je suis un investisseur fondamental. J’achète des actifs financiers dont je comprends les risques et les moteurs. Ce n’est pas le cas pour moi avec la crypto. En outre, les cryptomonnaies sont très sensibles à ce qui se passe sur les marchés d’actions. Lors de la correction, on a constaté que, malgré la forte hausse de l’or, celui-ci n’a pas vu son cours refluer. La crypto, elle, a subi une nette correction. Elle n’offre donc pas une grande valeur de diversification dans un portefeuille. Maud Reinalter: Je reste prudente à l’égard des cryptoactifs. Leur valeur intrinsèque n’est pas claire pour moi, puisqu’ils ne versent pas de dividende. Vous pourriez objecter que l’or ne génère pas de revenus non plus. L’or se distingue toutefois par sa valeur de confiance historique et son rôle de bien reconnu et négociable dans le monde entier. ■
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ACTIONS
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Cinq conseils défensifs pour investisseurs pris de vertige boursier Les bourses ont de nouveau bien performé en 2025. Mais se reposer sur ses deniers serait malavisé. Gare à la correction, voire à l’éclatement d’une bulle spéculative, avertissent maints analystes et gourous boursiers, qui doutent de la rentabilité des investissements colossaux dans l’IA. Voici cinq conseils pour continuer d’investir de façon rentable, même en cas de turbulences. EVERT NERINCKX
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ne bulle spéculative se forme-t-elle sur les marchés d’actions, et plus particulièrement à Wall Street? Il ne se passe désormais plus une semaine sans que l’un ou l’autre grand ponte boursier mette en garde contre un nouvel accès d’exubérance irrationnelle autour de l’intelligence artificielle (IA) et de ses retombées économiques supposées mirifiques. De quoi faire gamberger petits et grands investisseurs: des attentes très élevées sont déjà intégrées dans des cours au plus haut, ce qui alimente, depuis novembre, une volatilité supplémentaire. Voici donc cinq recommandations pour ceux qui, après quelques grands crus boursiers, souhaitent aborder 2026 avec un profil un peu plus défensif, sans quitter pour autant le marché actions. Nous n’aborderons pas ici les obligations, l’or et autres valeurs refuges traditionnelles.
1 PROTÉGEZ-VOUS CONTRE UN ENGOUEMENT EXCESSIF Un premier conseil pour ceux qui ont su surfer ces dernières années sur le thème IA. «Même si le train peut encore rouler un moment, prendre des bénéfices en plein marché haussier n’a rien d’une mauvaise idée», estime Charu Chanana, stratégiste en chef de la maison de bourse Saxo. «L’IA restera un thème majeur», dit-elle. «Mais les actions IA sont chères. Profitez des pics pour prendre une partie des gains, et ne renforcez vos positions qu’en cas de repli.» Elle souligne aussi que les revenus IA
restent à la traîne par rapport aux dépenses. «Selon le cabinet de conseil Bain & Company, les entreprises de l’IA devraient générer environ 2.000 milliards de dollars par an d’ici 2030 (pour justifier le rythme actuel d’investissement, NDLR). Or, elles accusent déjà aujourd’hui un manque de 800 milliards de dollars.» «Élargissez votre spectre», poursuit Charu Chanana. «Vous pouvez continuer d’investir dans les acteurs clés comme Nvidia, Microsoft, AMD et Broadcom. Mais regardez aussi vers ceux qui fournissent l’infrastructure: fabricants de machines pour puces, fonds immobiliers pour centres de données, utilities et gestionnaires de réseaux électriques.» Ces acteurs profitent eux aussi de l’IA, tout en offrant un matelas de sécurité si les choses tournent mal. Dans ses perspectives 2026, le groupe bancaire UBS met également en avant les utilities (entreprises de services aux collectivités). «Aux États-Unis, la plupart des utilities sont, d’une manière ou d’une autre, exposées à la tendance IA, mais le secteur se négocie encore avec une confortable décote de 18% par rapport à l’indice large S&P 500. En prime, le secteur offre un rendement de dividende de 2,7%.»
2 VOUS (RE)PRENDREZ BIEN UN PEU DE DIVIDENDES... Après près de quinze ans de marché haussier, on l’a un peu oublié: historiquement, la performance d’un portefeuille d’investissement – a fortiori s’il a une forte coloration belge – tient pour une large part aux
ACTIONS
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revenus de dividendes, et pas seulement à la hausse des cours. Comme les payeurs de dividendes stables sont souvent des entreprises matures sans perspectives de croissance spectaculaires, une nouvelle génération d’investisseurs les regarde parfois de haut. C’est précisément là que se nichent des opportunités pour qui veut agir à la fois à contre-courant et de manière défensive, alors que les marchés actions tutoient les sommets.
© FILIP YSENBAERT
Le marché anticipe de nouvelles baisses de taux d’intérêt, tant aux États-Unis qu’en Europe. De quoi remettre le secteur immobilier en mouvement. À la Bourse de Bruxelles, les amateurs de dividendes ont l’embarras du choix. La forte présence de sociétés immobilières – où le dividende fait souvent office d’argument de vente numéro un – permet à tout investisseur féru de dividendes de trouver son bonheur. Nous réservons d’ailleurs à ce secteur un éclairage spécifique (voir point trois). Attention toutefois: une solide action de dividende ne se résume pas à la seule hauteur du coupon. Le rythme de croissance
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ACTIONS
du dividende doit au moins coller à l’inflation. Idéalement, le flux de trésorerie disponible doit dépasser les versements aux actionnaires, et l’émetteur doit afficher un bilan en béton. Surveillez aussi le pay-out ratio, soit la part du bénéfice distribuée: il ne peut pas dépasser le dividende lui-même. Qui verse structurellement plus qu’il ne gagne finit par vider ses caisses. À Bruxelles, hors immobilier, des sociétés comme What’s Cooking , Van de Velde et Gimv figurent parmi les entreprises qui versent des dividendes stables et généreux. Proximus verse, elle aussi, un dividende coquet, mais le cash-flow libre ne couvre pas le coupon. Solvay , véritable aristocrate du dividende, s’apprête probablement à verser cette année davantage que ne le permet son flux de trésorerie disponible.
3 ÉCOUTEZ LA BRIQUE QUE VOUS AVEZ DANS LE VENTRE Fin 2025, les maisons de bourse publient, comme de coutume, leurs perspectives pour 2026. Nombre d’entre elles mettent en avant l’immobilier comme option intéressante et plus défensive sur fond de hausse des marchés actions. Plusieurs arguments à l’appui. D’abord, le secteur a quelque peu traîné la patte en 2025. Les investisseurs se montrent plus circonspects depuis la fin de la longue parenthèse des taux d’intérêt quasi nuls – et du financement bon marché de la dette. Il a fallu du temps pour s’ajuster, mais c’est désormais chose faite et, surtout, le consensus anticipe de nouvelles baisses de taux, tant aux États-Unis qu’en Europe. De quoi remettre le secteur en mouvement. S’ajoutent des dividendes généreux, renforcés en Belgique par le statut fiscal avantageux des SIR (sociétés immobilières réglementées). Les dividendes des SIR ne supportent que 15% de précompte mobilier, contre 30% habituellement. Seul le secteur bancaire rivalise en matière de dividendes, mais il a déjà fortement grimpé en bourse cette année: l’indice des banques européennes a gagné 67%. L’immobilier prendra-t-il le relais en 2026?
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«Si le train de la hausse peut encore rouler un moment, prendre une partie de ses bénéfices en plein rallye boursier n’a rien d’une mauvaise idée.» CHARU CHANANA STRATÉGISTE EN CHEF CHEZ SAXO
en général plus calmement. Nous avons fait l’exercice pour la cote bruxelloise. Sur ce dernier semestre, le groupe de blanchisserie Jensen , le préparateur de repas What’s Cooking et la Banque nationale se sont montrés les moins sensibles aux caprices du marché. Le holding Floridienne , le groupe immobilier Inclusio et le groupe d’infrastructures Tinc peuvent également revendiquer cette «sérénité». Inclusio et Tinc combinent en outre cette stabilité avec un dividende solide. À l’inverse, des entreprises comme Melexis, D’Ieteren et Shurgard réagissent vivement aux mouvements du marché au sens large.
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Une solide action de dividende ne se résume pas à la seule hauteur du coupon. Le rythme de croissance du dividende doit au moins coller à l’inflation.
4 ADOPTEZ UN PLAN B, COMME BÊTA Lors d’une correction généralisée, une mise à l’abri de pertes en portefeuille relève de l’utopie. L’enjeu consiste plutôt à détenir des titres qui reculent moins que les autres quand le temps se gâte. C’est là que les actions à faible «bêta» entrent en scène: elles fluctuent, en moyenne, moins violemment que le marché dans son ensemble. Quand la bourse monte ou baisse, elles évoluent
PASSEZ À LA VENTE À DÉCOUVERT (AVEC MODÉRATION) Certes, il est difficile de qualifier la vente à découvert de «défensive». Spéculer sur une baisse est une stratégie audacieuse, exigeant beaucoup de connaissances et d’expérience – sans garantie de succès. Mais les investisseurs convaincus que le marché est sur le point de se retourner peuvent, le cas échéant, mettre en place une stratégie «short» avec une partie de leur portefeuille. «Il existe par exemple des trackers short qui permettent de miser sur une baisse d’un actif sous-jacent. Il s’agit le plus souvent d’un indice boursier, mais cela peut aussi être un indice de matières premières ou un indice obligataire», expliquent les analystes du magazine L’Investisseur. Pour les particuliers, ces ETF «short» sont la voie la plus simple pour parier à la baisse. Avec le tracker Xtrackers S&P 500 Inverse Daily Swap, vous pouvez viser une baisse du S&P 500. L’Amundi MSCI USA Daily prend, lui aussi, une position «short» contre le marché américain. «À court terme, un ETF short peut protéger votre portefeuille, mais le timing est crucial», prévient L’Investisseur. «Et comme personne n’a de boule de cristal, cela peut réussir une fois avec un peu de chance, mais cela s’arrête là. Nous restons donc des fans très circonspects des ETF short.» ■
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“Il est indispensable de disposer d’une réserve d’épargne, mais ce dont vous n’avez pas besoin dans un futur proche, mieux vaut le mettre au travail.” GERD PHILIPPAERTS gestionnaire de fonds chez Argenta Asset Management
Gerd Philippaerts
La société a profondément changé. La pandémie, la guerre en Ukraine et la flambée des prix de l’énergie et de l’alimentation ont mis fin à l’ère des taux d’intérêt et de l’inflation faibles. “Nous évoluons aujourd’hui dans une période volatile, marquée par des taux et une inflation plus élevés dans le monde entier”, constate Gerd Philippaerts, gestionnaire de fonds chez Argenta Asset Management. Face à cette nouvelle réalité, une approche réfléchie s’impose. Dans un environnement volatil, les investisseurs trouveront un certain ancrage dans les fonds à gestion active. Ces derniers peuvent en effet réagir rapidement aux changements abrupts des marchés. Ils offrent par ailleurs à l’investisseur une information détaillée qui lui permet de suivre l’évolution des marchés financiers et de comprendre la situation de ses propres placements. Épargner ne suffit plus depuis longtemps pour préserver son pouvoir d’achat. “Avec une inflation de 2,5% et un taux d’épargne de 1%, votre argent perd 25,1% de pouvoir d’achat en 20 ans”, prévient Gerd Philippaerts. “On ne le ressent pas du jour au lendemain, mais sur le
© Emy Elleboog
long terme, l’impact est considérable. Oui, il est indispensable de disposer d’une réserve d’épargne pour les dépenses imprévues. Mais ce dont vous n’avez pas besoin dans un futur proche, mieux vaut le mettre au travail.” INVESTIR POUR LES GRANDS PATRIMOINES Pour les clients disposant d’un patrimoine d’au moins 200.000 euros, Argenta Asset Management lance de nouveaux fonds d’investissement qui tiennent compte de l’actualité. “Ces fonds s’adressent aux clients qui jouissent d’un solide coussin financier et souhaitent protéger leur argent contre l’inflation tout en recherchant un rendement potentiel plus intéressant”, éclaire Gerd Philippaerts. Ces fonds combinent obligations, actions et actifs alternatifs tels que l’or et les matières premières. La répartition dépend des profils de risque et de rendement. Les fonds prudents privilégient les obligations, tandis que les fonds plus dynamiques accordent davantage de place aux actions. En d’autres termes: plus vous pouvez accepter de risque, plus le rendement potentiel est élevé.
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“Nous ajustons les fonds en fonction de ce qui se passe dans le monde: évolutions géopolitiques, cycles économiques, politique monétaire, attentes en matière d’inflation, etc. Tout en gardant un œil sur l’économie et l’actualité, nous restons concentrés sur des thèmes structurels tels que la digitalisation, le vieillissement démographique et la durabilité.” LES AVANTAGES DE L’ÉCHELLE, AVEC UNE TOUCHE PERSONNELLE Avec plus de 18 milliards d’euros d’actifs sous gestion, Argenta Asset Management s’est imposé dans le paysage belge. “Cela nous donne accès à des marchés et à des frais très compétitifs auxquels le petit investisseur n’a généralement pas accès”, pointe Gerd Philippaerts. “Dans le même temps, la banque reste fidèle à ses valeurs fondamentales: proximité et simplicité.” “L’offre de produits demeure claire, loin de la jungle de fonds dans laquelle on risque de s’égarer. Et grâce au réseau d’agents indépendants, les clients bénéficient d’un interlocuteur de confiance qui connaît leurs objectifs financiers et évolue avec eux. Gérer son patrimoine de manière réfléchie n’a rien d’évident”, conclut Gerd Philippaerts. “Cela nécessite une gestion active, une bonne diversification et la capacité de saisir les occasions qui se présentent. De cette manière, vous pouvez viser avec sérénité un potentiel de rendement réaliste dans un monde incertain.” Vous souhaitez tirer davantage parti de votre patrimoine? Rendez-vous sur argenta.be/grandspatrimoines CONTENU SPONSORISÉ
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FONDS & TRACKERS
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Les meilleurs ETF pour investir dans les cinq thèmes porteurs de 2026 L’intelligence artificielle continuera à jouer les premiers rôles en bourse en 2026, selon les analystes. Et avec elle, les quatre autres thèmes phares que sont les marchés émergents, les infrastructures, la défense et les énergies renouvelables.
C
DIDIER COLLAS
omme à chaque fois à l’aube d’une nouvelle année, courtiers, gestionnaires de fonds et banques dévoilent les thèmes sur lesquels ils misent. Quels sont-ils pour 2026 et comment y investir à travers des ETF à faibles frais?
1 INFRASTRUCTURES Le vaste plan allemand d’infrastructures de 500 milliards d’euros lancé en début d’année illustre l’urgence du renouvellement et de l’extension des réseaux. Gonzalo Garcia, partner chez Global Infrastructure Partners (GIP), spécialiste racheté par BlackRock, identifie quatre moteurs d’une demande accrue d’investissements. Premier levier: la transition énergétique. «En Allemagne, par exemple, la moitié des besoins énergétiques sont déjà couverts par de l’électricité issue de sources renouvelables. Mais l’autre moitié provient – après la fermeture des centrales nucléaires – en grande partie de centrales au charbon (houille et lignite). Celles-ci seront fermées en 2038, ce qui nécessite d’énormes investissements dans les énergies renouvelables et les centrales à gaz.» La révolution de l’IA dope aussi la demande pour des infrastructures numéri-
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ques (centres de données) et pour l’alimentation électrique qui les soutient. La pandémie de covid, elle, a révélé la fragilité des chaînes d’approvisionnement: les entreprises les diversifient et les rapprochent, ce qui suppose de nouvelles infrastructures. Dernier constat: des finances publiques sous pression face à des ouvrages vieillissants. «Les investisseurs privés devront intervenir pour rénover et développer routes, ponts, tunnels, ports et aéroports», explique Gonzalo Garcia. Selon Oxford Economics, les investissements mondiaux dans les infrastructures atteindront 94.000 milliards de dollars entre 2016 et 2040. Si une large part est menée par des investisseurs de private equity, les particuliers peuvent aussi y placer leurs deniers en bourse. Ainsi, à Bruxelles, le holding belge Tinc investit à long terme dans des projets d’infrastructures. Au 30 juin, son portefeuille affichait une valeur réelle de 615 millions d’euros, soit 12,69 euros par action. Il est réparti sur 32 participations dans 4 segments (infrastructures publiques, numériques, sociales et énergétiques). Tinc détient notamment des participations dans l’écluse Princesse Beatrix aux Pays-Bas, les parcs éoliens de Storm en Belgique et en Irlande, des stations d’épuration et des centres de données belges. Le titre se négocie avec une décote de plus de 18% sur la valeur intrinsèque, tandis que le dividende robuste de 0,59 euro a, ces dernières années, été versé en grande partie via une réduction de capital non imposable.
© FILIP YSENBAERT
La majorité des analystes restent optimistes pour les valeurs liées à l’IA, tout en recommandant de privilégier les entreprises aux bilans solides. Au Royaume-Uni, le groupe coté 3i Infrastructure détient un portefeuille de 3,8 milliards de livres. L’entreprise possède notamment des réseaux de fibre optique en Allemagne, du stockage pétrolier à Singapour, des installations de biogaz au Royaume-Uni et des câbles télécom entre l’Europe et l’Asie. Le titre se négocie avec une décote de 11% sur sa valeur intrinsèque et offre un rendement de dividende de 3,6%.
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La plupart des ETF n’investissent pas directement dans les actifs d’infrastructures ou leurs exploitants cotés, mais plutôt dans des utilities et des sociétés de construction. Citons l’ETF de capitalisation non enregistré Xtrackers Global Infrastructure (IE00BYZNF849). Composé à 60% d’entreprises de services publics, il prélève 0,35% de frais annuels.
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LES MARCHÉS ÉMERGENTS, PRINCIPAUX RETARDATAIRES EN BOURSE Base 100= fin novembre 2010 600
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INTELLIGENCE ARTIFICIELLE Faut-il encore le dire? L’IA a dominé la bourse ces dernières années. La montée en puissance de cette technologie déclenche une vague d’investissements sans précédent. Grands groupes technologiques comme start-ups financent des centres de données truffés de puces et les logiciels qui les exploitent. Après une ascension fulgurante, les favoris de l’IA ont toutefois perdu un peu de terrain ces derniers mois, avec de fortes variations de cours. En cause: des valorisations élevées et des investissements colossaux concentrés dans quelques géants. Les rendements pourraient décevoir si le club restreint de start-ups d’IA encore déficitaires, emmené par la maison mère de ChatGPT, OpenAI, ne concrétise pas ses promesses. OpenAI, comme le fabricant de puces d’IA Nvidia , a pris l’habitude d’entrelacer de nombreux acteurs de l’IA – Oracle , AMD , Microsoft – via des accords d’investissement circulaires. Les critiques y voient une tentative de prolonger le boom jusqu’à l’effondrement du château de cartes si les superprofits espérés ne se matérialisent pas. La plupart des analystes ne parlent toutefois pas de bulle. «Il existe de grandes différences avec la bulle internet du début des années 2000. Les grands investissements dans l’IA sont aujourd’hui le fait de géants technologiques très rentables. Et même si leurs actions ne sont pas bon marché, les valorisations boursières ne sont pas déconnectées de la réalité, ce qui était le cas à l’époque», souligne Rudy De Groodt, spécialiste actions chez BNP Paribas Fortis. La majorité des analystes restent donc
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Source: Bloomberg
optimistes, tout en recommandant de privilégier les entreprises aux bilans solides. Le magazine boursier L’Investisseur a sélectionné deux ETF intéressants pour s’exposer à l’IA. «iShares AI Infrastructure (IE000X59ZHE2) présente une diversification très large et une belle répartition entre plusieurs grandes valeurs technologiques comme AMD (6,2%), ASML (5,2%), Micron Technology (5,1%) et Nvidia (4,3%) qui ont notre préférence. Le tracker est négociable sur Euronext Amsterdam et affiche des frais de gestion limités (0,35%)», indique l’analyste Geert Smet.
Aux États-Unis, l’appétit énergétique des centres de données d’IA fait grimper les prix de l’électricité, rendant le courant vert compétitif, même sans subventions. «Amundi MSCI Robotics & AI (LU1861132840) constitue également une belle diversification, avec comme plus grandes pondérations Alphabet (10%),
AMD (6,4%) et Broadcom (4,4%). Ici aussi, les frais annuels (0,4%) sont plutôt limités. Le tracker est négociable à Paris ou Amsterdam.»
3 MARCHÉS ÉMERGENTS Le MSCI Emerging Markets, l’indice des actions des marchés émergents, a progressé d’environ 30% cette année, faisant mieux que Wall Street pour la première fois en huit ans. Reste que ces marchés traînent la patte depuis 15 ans: le rattrapage demeure donc limité. L’effet d’aspiration vers les grandes valeurs tech américaines et un dollar renforcé pendant des années ont détourné les investisseurs des pays émergents. Les autorités et les entreprises locales émettant beaucoup de dette en dollar, l’appréciation du billet vert a alourdi le fardeau et orienté davantage les flux vers les États-Unis. Cette année, la confiance dans «l’exceptionnalisme» américain s’est toutefois fissurée après que le président américain Trump a secoué les marchés avec ses droits de douane. Le dollar en a souffert et les investisseurs en quête d’alternatives redécouvrent les marchés émergents. «La banque centrale américaine (la Fed) entame un cycle de baisses de ses taux directeurs, la situation de l’emploi
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s’étant nettement refroidie, ce qui réduira l’écart de taux entre les États-Unis et le reste du monde», explique Wim Vandenhoeck, gestionnaire de fonds chez Invesco. Des taux américains plus bas rendent les placements en dollar moins attractifs et peuvent déclencher de nouveaux flux vers les marchés émergents, avec, à la clé, une pression supplémentaire sur le billet vert. Parallèlement, les banques centrales de ces pays disposeront de plus de latitude pour baisser leurs propres taux directeurs si l’écart avec les États-Unis se réduit, ce qui devrait donner un coup de fouet à leurs économies. Chez Belfius Asset Management, entre autres, on estime que la dynamique positive des marchés émergents se prolongera en 2026. «Les pays émergents disposent d’une population jeune et en augmentation qui stimule l’activité économique, et grâce à une adoption technologique rapide, la productivité s’améliore. En outre, ces pays disposent abondamment de matières premières», avance Maud Reinalter, stratégiste en chef. «Avec une croissance bénéficiaire attendue de 17%, les pays émergents offrent les meilleures perspectives de bénéfices pour 2026.» Frank De Mol, analyste à L’Investisseur, met en avant le tracker de capitalisation iShares Core MSCI Emerging Markets (IE00BKM4GZ66). «Les frais sont très faibles, à 0,18% par an. De plus, l’ETF n’est pas enregistré en Belgique, ce qui le soumet au taux le plus bas de taxe sur les opérations de bourse de 0,12% à l’achat comme à la vente. Seule réserve: vous investissez principalement en Asie et dans la technologie. Pour contrebalancer cela, vous pourriez aussi prendre une petite position dans Amundi MSCI Emerging Markets Latin America UCITS ETF (LU1681045024)«, souligne Frank De Mol.
4 ÉNERGIES RENOUVELABLES Le secteur des énergies renouvelables connaît un regain cette année, même s’il cote toujours nettement sous son pic de 2021. La remontée des taux a comprimé la ren-
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tabilité de projets exigeant d’importants investissements initiaux pour des flux de trésorerie futurs. L’attitude négative du président Trump envers le secteur a aussi pesé sur les actions. En Europe, la transition énergétique se poursuit néanmoins. La Chine, qui comme l’Europe dispose de ressources limitées en pétrole et en gaz, mise elle aussi à fond sur les renouvelables. Aux États-Unis, l’appétit énergétique des centres de données d’IA fait grimper les prix de l’électricité, rendant le courant vert compétitif, même sans subventions. Les investissements, eux, ne faiblissent pas. Selon Bloomberg, ils ont progressé de 10% au premier semestre 2025 pour atteindre un record de 386 milliards d’euros. Le plus grand ETF dédié aux renouvelables est iShares Global Clean Energy Transition (IE000U58J0M1), avec 0,65% de frais annuels. Sa version de capitalisation est toutefois enregistrée, ce qui porte la taxe sur les opérations de bourse à 1,32%. L&G Clean Energy (IE00BK5BCH80), également de capitalisation, affiche des frais plus bas de 0,49% et n’est pas enregistré: la taxe boursière s’élève dès lors à 0,12%.
restant pourra couvrir notamment des investissements liés à la défense dans des «infrastructures critiques» comme les utilities (entreprises de services aux collectivités), les lignes ferroviaires et la cybersécurité. Les États membres de l’Otan ont jusqu’en 2035 pour atteindre cette nouvelle norme. Depuis que Trump a lancé un plan d’accord de paix pour l’Ukraine, les valeurs européennes de la défense ont toutefois nettement corrigé.
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Des ETF larges permettent d’investir dans des entreprises de défense des pays de l’Otan, comme Future of Defence (NATO, IE000OJ5TQP4), dont les plus grandes positions sont Palentir, Rheinmetall, Safran, BAE Systems et Crowdstrike Holdings. Non enregistré, coté à Amsterdam, ce tracker investit à environ 60% dans des acteurs américains. L’analyste Frank De Mol, de L’Investisseur, préfère un ETF européen. «Autrefois, les deux tiers des investissements des pays européens de l’Otan allaient à des entreprises aux États-Unis, mais à l’avenir, la production sera de plus en plus européenne. Cela profitera davantage aux entreprises européennes de la défense», explique-t-il. Il met en avant WisdomTree Europe Defence (WDEF, IE0002Y8CX98), dont les principales positions sont Rheinmetall, Leonardo, BAE Systems et Thales. Ce tracker de capitalisation non enregistré est coté sur Euronext Paris et affiche 0,4% de frais annuels. ■
DÉFENSE Depuis l’invasion russe en Ukraine, les actions du secteur de la défense ont connu un rallye puissant. Les valeurs européennes, longtemps délaissées, ont été redécouvertes. Depuis la fin de la Guerre froide, les gouvernements européens avaient fait de la défense une variable d’ajustement. La guerre en Ukraine et la réélection du président américain Trump, qui a fait des contributions plus élevées des États membres de l’Otan un cheval de bataille, ont changé la donne. En juin dernier, au sommet de l’Otan à La Haye, les États membres ont décidé de hisser leurs dépenses de défense à 5% de leur PIB. Au moins 3,5% iront à des investissements «purs» de défense: effectifs et matériel (armes, munitions, avions de combat, systèmes de défense aérienne, drones, navires, véhicules militaires). Le 1,5%
«La hausse des dépenses d’armement profitera davantage aux entreprises européennes de la défense.» FRANK DE MOL MAGAZINE L’INVESTISSEUR
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QUI? Noémie Vanneste QUOI? Experte en investissements dans une banque et membre active de Wo.Men in finance
L'ECHO MON ARGENT GUIDE ÉPARGNE ET INVESTISSEMENTS
Pour Noémie, quand on est jeune et qu’on investit à long terme avec de l’argent dont on n’a pas besoin tout de suite, on prend moins de risques qu’en s’abstenant d’investir...
TÉMOIGNAGE
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«Le prochain sommet, j’espère qu’il sera féminin!»
LES MARCHÉS BOURSIERS, Noémie Vanneste, 25 ans, experte en investissements dans une banque et membre active de Wo.Men in finance, s’y est frottée avant même d’en faire ses études puis son métier. Une jeune femme guidée par sa passion et portée par un enthousiasme communicatif. Au point que ceux qui ne la connaissent pas pourraient penser qu’elle ne doute de rien. Les préceptes boursiers de base, elle les a bien intégrés, elle les applique. Elle se lance donc dans le bain sans crainte, avec détermination, jamais à court d’arguments martelés avec aplomb et conviction pour justifier son enthousiasme. «Je suis disciplinée, je suis une stratégie, j’investis périodiquement, je diversifie et je n’achète pas forcément au plus bas pour vendre au plus haut. J’ai toujours du cash disponible pour acheter en cas de correction», pose-t-elle. La volatilité? Elle ne la considère pas comme un risque, mais comme une opportunité. «Quand on a 25 ans et qu’on raisonne à long terme, avec de l’argent dont on n’a pas besoin tout de suite, le risque est minime. Ne pas investir est plus risqué!». Noémie n’est pas non plus du genre à avoir peur des sommets. «Depuis 1950, le S&P a dû battre 1.000 sommets historiques. Les sommets sont faits pour être dépassés. C’est la preuve que l’économie avance. Ceux d’hier nous paraissent dérisoires. Il faut viser toujours plus haut, comme dans la vie.» Aujourd’hui, l’investissement est à la mode. «On en parle sur les réseaux sociaux, des influenceurs se sont lancés. Les jeunes se renseignent et veulent investir dans des ETF, sans
trop savoir de quoi il s’agit. Mais l’IA et les technos ça leur parle, ils connaissent. Ne dit-on pas qu'il faut commencer par investir dans ce qu’on aime et ce qu’on comprend, avant de solidifier son portefeuille en diversifiant?» Et si «en Bourse, quand c’est trop beau pour être vrai, cela fait peur à tout le monde, au final, c’est l’avenir», s’enthousiasme-t-elle. Comprenez qu’il faut y aller coûte que coûte. «Trop de personnes restent sur la touche, car elles attendent le bon moment», déplore la jeune femme dont le discours pourrait convaincre les plus réticents. Et cela tombe bien: le «cœur de sa carrière», c’est d’inciter les femmes à embarquer dans l’aventure boursière. Il y a du boulot, mais elle y croit et le défi la stimule. Trop souvent, les femmes ont une aversion accrue au risque et restent cantonnées à des produits plan-plan. «Il est plus difficile de tirer son épingle du jeu avec une assurance-vie avec capital garanti…» «Les marchés auront atteint leur plein potentiel quand les femmes investiront autant que les hommes», lance-t-elle. «Le prochain sommet, j’espère qu’il sera féminin.» Il faudra donc probablement patienter un peu. En attendant,«il y aura de belles surprises en 2026». Elle en est convaincue... PROPOS RECUEILLIS PAR MURIEL MICHEL
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L'ECHO MON ARGENT GUIDE ÉPARGNE ET INVESTISSEMENTS
EN PRATIQUE
VOICI LES GRANDS PRINCIPES DE LA TAXE SUR LES PLUS-VALUES Le projet de taxe sur les plus-values ne devrait plus être modifié en profondeur. Voici les réponses aux grandes questions permettant de comprendre cet impôt.
PHILIPPE GALLOY
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EN PRATIQUE
hangement de régime fiscal imminent pour les investisseurs. À partir du 1er janvier 2026, la taxe sur les plus-values sur les actifs financiers entrera en vigueur, comme l’a confirmé le cabinet du ministre des Finances, Jan Jambon (N-VA), après l’accord budgétaire au sein du gouvernement fédéral. Les règles applicables à ce tout nouvel impôt devront encore être débattues et votées au Parlement. Mais le texte légal en projet a déjà été avalisé en première lecture au sein de l’exécutif fédéral, si bien que les grands principes de la taxe sur les plus-values ne devraient plus subir de modifications fondamentales lors du processus législatif. Pour les investisseurs, il est important d’avoir une bonne connaissance de la manière dont cette nouvelle fiscalité de placements s’appliquera, car elle pourrait influencer certaines décisions d’achat ou de vente d’actifs financiers. Voici donc les réponses aux principales questions permettant de comprendre les rouages essentiels de la taxe sur les plus-values.
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1. Qu’est-ce qu’une plus-value? La taxe s’applique en cas de plus-value réalisée à l’occasion d’une cession à titre onéreux d’actifs financiers dans le cadre de la gestion normale du patrimoine privé. La plus-value est la différence positive entre le prix reçu en rémunération de l’actif financier cédé et sa valeur lors de l’acquisition.
2. Quels sont les actifs financiers visés? La taxe frappera les instruments financiers, tels que les actions (cotées ou non), les obligations, les produits dérivés, les bons de caisse, les bons d’État, les certificats, les fonds et ETF (exchange-traded funds: fonds indiciels), mais aussi les contrats d’assurance-vie d’épargne et d’investissement (branche 21, branche 23, branche 44, etc.), les cryptoactifs (bitcoin, tokens, etc.), les devises, l’or d’investissement, etc. Les produits d’épargne-pension (qui donnent droit à une réduction d’impôt de 30% ou 25% du montant placé chaque année) échapperont à la taxe.
3. Quand la taxe s’appliquera-t-elle? La taxe frappera les plus-values réalisées à partir du 1er janvier 2026. Mais les plus-values historiques ne seront pas touchées: si un actif financier a été acquis avant 2026, tout l’accroissement de valeur jusqu’au 31 décembre 2025 est immunisé: la plus-value sera, dans ce cas, la différence positive entre le prix reçu en rémunération de l’actif financier cédé et sa valeur au 31 décembre 2025.
4. Quel est le tarif de la taxe? La taxe sera de 10% de l’ensemble des plus-values réalisées au cours de l’année. Mais chaque investisseur bénéficiera d’une exonération de 10.000 euros (voir point 5). Il existe aussi un tarif spécifique pour les «grands investisseurs», c’est-à-dire
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ceux qui réalisent une plus-value lors de la revente d’actions d’une société dont ils détiennent au moins 20% du capital. Ces grands investisseurs bénéficieront quant à eux d’une exonération d’un million d’euros.
5. Comment fonctionnera l’exonération de base? Les plus-values sur actifs financiers sont exonérées à concurrence de 10.000 euros chaque année. La taxe de 10% ne s’applique qu’à ce qui dépasse ce seuil d’exonération. Si l’investisseur n’utilise pas du tout l’exonération au cours d’une année, 1.000 euros d’exonération supplémentaires lui sont accordés l’année suivante, portant le montant exonéré à 11.000 euros. Et ainsi de suite au cours des années ultérieures, jusqu’à un maximum de 15.000 euros exonérés après cinq ans. Si l’investisseur bénéficie d’un report d’exonération au terme d’une année, les éventuelles plus-values qu’il réalisera l’année suivante s’imputeront en priorité sur cette exonération reportée. Si deux conjoints ont investi à partir de leur patrimoine commun, chacun peut prétendre à une exonération de 10.000 euros (voire 15.000 euros après cinq ans sans utilisation de l’exonération), ce qui porte l’exonération totale sur ces investissements à 20.000 euros, voire 30.000 euros. Les «grands investisseurs» (qui détiennent au moins 20% du capital de la société dont les actions font l’objet de la plus-value) bénéficient quant à eux d’une exonération d’un million d’euros sur une période de cinq années consécutives. C’est-à-dire que toutes les plus-values qu’ils réaliseront durant cinq années consécutives seront additionnées pour vérifier s’ils dépassent ou non le seuil d’exonération d’un million d’euros.
6. Comment déterminer la valeur d’acquisition? La valeur d’acquisition est le prix auquel les actifs financiers ont été acquis à titre onéreux. Car si ce prix n’était pas déterminé sur la base de données probantes, la valeur d’acquisition de l’actif financier serait réputée nulle et la plus-value imposable correspondrait à l’intégralité du prix reçu lors de la revente. En cas d’acquisitions multiples d’un même actif financier à différents moments, le principe fifo («first in, first out»: premier entré, premier sorti) s’applique. Si on détient plusieurs actifs financiers identiques acquis successivement, le premier actif financier acquis est censé être le premier actif financier cédé.
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Si le prix de l’actif financier est libellé dans une devise étrangère, le calcul de la plus-value intègre la fluctuation de cette monnaie par rapport à l’euro: le prix d’acquisition et le prix de revente sont convertis en euro sur la base du cours de change respectivement au moment de l’acquisition et au moment de la revente.
7. Comment sera déterminée la valeur au 31 décembre 2025? La valeur des actifs financiers au 31 décembre 2025 est cruciale car elle sera assimilée à la valeur d’acquisition pour les plus-values sur les actifs financiers déjà détenus par les investisseurs (hormis dans le cas où la valeur d’acquisition réelle est supérieure et peut être invoquée: voir point 9). Pour les actifs financiers cotés sur un marché boursier, le dernier cours de clôture de l’année 2025 sera pris en compte. Pour les actifs financiers non cotés, on prendra en compte la valeur la plus élevée parmi les valeurs suivantes: ● La valeur de l’actif au moment d’une cession entre parties indépendantes, d’une augmentation de capital ou de la constitution de la société en 2025; ● La valeur résultant d’une formule d’évaluation prévue dans un contrat ou une offre contractuelle d’option de vente de ces actifs financiers, en vigueur au 1er janvier 2026; ● Si les actifs financiers sont des actions, la valeur obtenue en application d’une méthode d’évaluation forfaitaire, à savoir la valeur des fonds propres augmentée de quatre fois le résultat opérationnel avant dépréciations et amortissements, pour le dernier exercice clôturé avant 2026; ● La valeur prouvée par le contribuable via une évaluation établie, au plus tard fin 2027, par un réviseur d’entreprise ou un expert-comptable certifié indépendant.
8. Quel est le sort des moins-values? Une moins-value est la différence négative entre le prix reçu en rémunération de l’actif financier cédé et sa valeur lors de l’acquisition à titre onéreux. Les moins-values peuvent venir en déduction des plus-values, à condition qu’elles aient été réalisées par le même contribuable et pendant la même période imposable. Il faut aussi qu’elles portent sur des actifs financiers soumis au même régime (un actionnaire détenant au moins 20% d’une société ne peut pas déduire une moins-value sur les actions de
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sa société d’une plus-value sur d’autres actifs financiers soumis à la taxe «ordinaire» de 10%.
9. Quid en cas de moins-value historique? En principe, une moins-value historique n’est pas déductible: en cas de moins-value latente au 1er janvier 2026, c’est-à-dire si la valeur lors de l’acquisition avant 2026 est supérieure à la valeur au 31 décembre 2025, on ne peut pas déduire cette moins-value d’une plus-value obtenue sur un autre actif financier. Par contre, en cas de moins-value latente au 1er janvier 2026 suivie d’une plus-value sur le même actif financier ensuite, pour limiter ou éviter la taxe sur les plus-values, le contribuable peut se prévaloir de la valeur d’acquisition antérieure à la valeur au 31 décembre 2025, à deux conditions: 1. Il faut démontrer la valeur d’acquisition: pour ce faire, on tient compte de la valeur d’acquisition moyenne par actif financier détenu, par exception à la règle «fifo» (voir point 8) afin d’alléger la charge de la preuve (on évite de devoir établir les dates d’acquisition successives: seul le prix d’acquisition doit être prouvé); 2. Il faut que la cession à titre onéreux ait lieu au plus tard le 31 décembre 2030. Autrement dit, pour un actif financier donné, la plus-value calculée sur la base de la valeur au 31 décembre 2025 peut être réduite par la moins-value latente constatée au 1er janvier 2026. En cas de résultat négatif au terme de cette opération, l’excédent de moins-value ne peut pas être reporté sur les plus-values réalisées sur d’autres actifs financiers. Si l’investisseur est en mesure de revendiquer la valeur d’acquisition historique, la taxe sur sa plus-value sera néanmoins prélevée en tenant compte de la valeur au 31 décembre 2025 (voir point 10) et il devra revendiquer la valeur d’acquisition historique dans sa déclaration fiscale pour se faire rembourser le trop-perçu de taxe.
10. Comment la taxe sera-t-elle prélevée? Pour les actifs financiers détenus sur un compte-titres, la taxe sur les plus-values sera, en principe, calculée et prélevée par l’institution financière de l’investisseur. Pour les autres actifs financiers, l’investisseur devra luimême déclarer ses plus-values dans sa déclaration fiscale et
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payer la taxe à la réception de l’avertissement-extrait de rôle. Comme les institutions financières ne peuvent pas savoir si l’investisseur a déjà épuisé ou non son exonération de base de 10.000 euros, ce sera à l’investisseur de réclamer le remboursement de taxes perçues par l’institution financière en invoquant l’application de l’exonération dans sa déclaration fiscale. Il sera alors remboursé du trop-perçu après réception de son avertissement-extrait de rôle. Les institutions financières ne peuvent pas tenir compte des moins-values, étant donné que l’investisseur peut réaliser des plus-values dans une banque et des moins-values dans une autre. Ce sera donc à l’investisseur de déduire ses moins-values de ses plus-values en mentionnant toutes celles-ci dans sa déclaration fiscale. Le trop-perçu sera ainsi remboursé après réception de l’avertissement-extrait de rôle. Pour les actifs financiers acquis avant 2026, les institutions financières se référeront exclusivement à la valeur au 31 décembre 2025. Si la valeur d’acquisition antérieure est plus élevée et permet à l’investisseur de limiter ou de réduire à zéro la plus-value ultérieure, ce sera à celui-ci de déclarer cette valeur d’acquisition historique dans sa déclaration fiscale (en tenant la preuve de cette valeur à disposition de l’administration fiscale), ce qui lui permettra de recevoir un remboursement du trop-perçu après réception de son avertissement-extrait de rôle (voir point 9). Les investisseurs pourront réclamer un «opt-out» à leur institution financière, c’est-à-dire qu’ils pourront lui demander expressément de ne pas retenir la taxe sur les plus-values, à charge alors pour ces investisseurs de déclarer eux-mêmes leurs plus-values dans leur déclaration fiscale, avec un paiement de la taxe après réception de l’avertissement-extrait de rôle. Les institutions financières communiqueront toutes les informations sur les plus-values à l’administration fiscale, de sorte que celle-ci sera en mesure de contrôler la régularité de la déclaration des contribuables ayant recouru à cet «opt-out». En cas de plus-value sur actifs financiers dans le cadre d’une participation d’au moins 20%, la taxe n’est pas prélevée par voie de précompte: c’est à l’investisseur de la mentionner dans sa déclaration fiscale. Les intermédiaires financiers impliqués dans de telles transactions ont l’obligation de déclarer les informations concernant ce type de plus-values.
11. Puis-je déduire mes frais et taxes? Le paiement d’éventuels frais ou de taxes, de quelque nature que ce soit, n’est pas pris en compte dans le calcul de plus-value. Ces frais et taxes ne peuvent donc pas venir en déduction de la plus-value. ■
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QUI? Gilbert Bejjani QUOI? Il a commencé à investir à la fin de ses études de médecine. Aujourd’hui, à 50 ans, après quelques années de pause, il revient prudemment en bourse.
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Avec le recul de 30 années d’expérience, Gilbert analyse froidement son parcours boursier et relativise les pertes qu’il a pu subir. On ne l’y reprendra plus.
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«Le long terme n’est pas une garantie: 20 ans plus tard, mon portefeuille est à -95%»
SI GILBERT BEJJANI, 50 ans, connaît parfaitement ses classiques en matière d’investissement, l’expérience lui a appris que la théorie, aussi maîtrisée soit-elle, ne se vérifie pas forcément. Une leçon magistrale dont il tient humblement compte alors qu’il fait son retour sur les marchés, après quelques années de pause. Rembobinons. «J’ai commencé à investir à 25 ans, à la fin de mes études de médecine, avec mon argent de poche et mes premiers salaires d’assistant. Entre 10.000 et 20.000 euros», se souvient-il. «J’étais à fond: analyse technique et fondamentale, graphes, warrants, options call, put… J’allais dans tous les sens. Je suivais 200 positions au travers d’un portefeuille virtuel. Je lisais beaucoup pour me renseigner». Et il avait plutôt bien fait les choses: «Ce portefeuille virtuel de l’époque a pris 308%, et une action, ASML, a fait 4.150%!» D’un autre côté, dans la vraie vie, «je faisais +6%, +7%,+15%». Puis les crises (dotcom, subprimes) sont arrivées. «Vers 20122013, j’ai quitté la Bourse, mais j’ai laissé mes positions négatives végéter.» Bilan de l’expérience: «On a beau dire qu’il faut voir à long terme, cela ne met pas à l’abri des mauvais choix et ce n’est pas une garantie! J’ai gardé certaines actions de l’époque qui n’ont plus aucune valeur pour me rappeler ça. Fortis, Fountain, Nokia, Petrobras, Thielert, Aware… Vingt ans plus tard, mon portefeuille est à -95%!» Philosophe, Gilbert est «content d’avoir perdu à un moment où il avait peu. Pas l’argent de toute une vie qu’il aurait mis de côté». «Ce qui m’a fait quitter la bourse, ce sont
les bulles. Ce qui me pousse à y revenir, c’est l’inflation qui ronge l’épargne». Dans la dernière ligne droite avant la pension, il a donc décidé de reprendre le chemin de la bourse. Cette fois via des fonds «qui amortissent les chutes et protègent mieux». «Retour à la base, à l’analyse fondamentale et technique, mais avec beaucoup plus de précaution. Je me suis donné un an. Même si ça monte, je ne m’emballe pas. J’ai du cash, j’investis par petites portions, je me laisse du temps, je m’informe. Je suis les indices.» Et, faute de temps, il délègue à des experts. Mais il suit aussi son instinct de vieux briscard. «J’ai la quasi-certitude qu’on est dans une bulle. Je ne vois pas encore le bénéfice, le gain de productivité, la valeur ajoutée de l’IA dans la vie réelle des entreprises. Aujourd’hui, on ne mise que sur la demande potentielle d’autres personnes qui voudraient avoir l’action que je détiens. Mais la valeur de ce que j’achète, je ne la vois pas…», analyse-t-il froidement À cet emballement qui lui semble malsain, il oppose «d’autres secteurs qui sont encore solides». «L’Europe est encore sous-valorisée. L’énergie, la biotech, la santé«, notamment, méritent selon lui plus d’attention. Il faut sans doute avoir connu des krachs boursiers pour mieux appréhender tout cela… PROPOS RECUEILLIS PAR MURIEL MICHEL
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© FILIP YSENBAERT
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Pourquoi 2026 pourrait être une nouvelle année étincelante pour l’or Après une année riche en records, l’or marque une pause. Temporaire, affirment les spécialistes des matières premières. Le soutien tenace des banques centrales pourrait propulser le cours jusqu’à 5.000 dollars l’once en 2026. ELLEN VERMORGEN
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n 2025, le marché de l’or a vécu une année hors norme. Valeur refuge par excellence en temps d’incertitude, le métal précieux a bondi de près de 50% et multiplié les sommets. Le 7 octobre, il a franchi pour la première fois de son histoire le seuil symbolique des 4.000 dollars l’once, seulement sept mois après avoir atteint les 3.000 dollars. Deux semaines plus tard, il subissait une correction brutale de près de 6%, la plus forte baisse quotidienne en treize ans. Malgré ce trou d’air, l’or s’impose, de loin, comme l’un des placements vedettes de l’année: le métal jaune a laissé les actions, et même le bitcoin, à bonne distance.
1 QUE PRÉDISENT LES ANALYSTES POUR LE COURS DE L’OR EN 2026? En apparence, le marché navigue en eaux plus calmes ces dernières semaines. Trompe-l’œil, préviennent les analystes des matières premières. Sous l’écume des transactions quotidiennes, le métal précieux engrangerait de nouvelles forces pour reprendre sa chevauchée haussière, potentiellement vers un inédit 5.000 dollars l’once en 2026. Pour Ewa Manthey, stratégiste matières premières chez ING, la pause actuelle n’a rien d’un essoufflement: c’est un repositionnement sain après une envolée exceptionnelle. Dans son dernier rapport, elle table sur un prix moyen d’environ 4.100 dollars début 2026.
2 POURQUOI LES BANQUES CENTRALES CONTINUENT-ELLES D’ACHETER MASSIVEMENT DE L’OR? Les grands facteurs de soutien devraient rester solidement en place l’an prochain, comme la forte demande des banques centrales et le rôle de l’or, considéré plus que jamais comme une valeur refuge.
Que prédisent les analystes? Les perspectives sont remarquablement convergentes. Les grandes banques d’investissement voient l’or atteindre de nouveaux sommets en 2026: • Goldman Sachs: 4.440 dollars l’once au premier trimestre 2026, puis 5.055 dollars fin 2026. • JP Morgan: une moyenne de 5.055 dollars d’ici fin 2026. • Morgan Stanley: 4.500 dollars à la mi-2026. • Bank of America: prévision relevée à 5.000 dollars l’once. Pratiquement toutes les grandes maisons s’attendent à ce que l’or surperforme à nouveau les actions, les obligations et les cryptomonnaies.
La fièvre de l’or s’intensifie même. Au troisième trimestre 2025, les banques centrales ont acquis quelque 220 tonnes d’or, soit +28% par rapport au trimestre précédent et 6% au-dessus de la moyenne sur cinq ans. Les États réorientent leurs réserves vers l’or. La Corée du Sud envisage son premier achat depuis 2013, tandis que la Serbie prévoit de doubler son stock à 100 tonnes d’ici 2030. La dédollarisation des réserves des banques centrales est désormais bien plus qu’un concept théorique.
3 EN QUOI LA POLITIQUE MONÉTAIRE JOUE-T-ELLE EN FAVEUR DE L’OR? La politique de taux directeurs des banques centrales donne aussi un coup de
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pouce au métal jaune. La Réserve fédérale devrait de nouveau assouplir sa politique monétaire en 2026, ce qui réduira les taux réels – un moteur classique des hausses du cours de l’or. Quand les taux reculent, l’épargne et les obligations rapportent moins. Le principal handicap de l’or – l’absence de rémunération fixe – s’atténue dès lors sensiblement. Les investisseurs privilégient alors des actifs tangibles qui protègent leur pouvoir d’achat, au détriment de produits financiers qui l’érodent.
4 WALL STREET ANTICIPE-T-ELLE UN NOUVEAU RALLYE DE L’OR? Les États ne sont pas les seuls à redécouvrir les vertus du métal précieux. Entre juillet et septembre 2025, les ETF sur l’or, selon le World Gold Council, se sont étoffés de 222 tonnes – leur plus forte progression trimestrielle depuis des années. D’autres grandes banques jugent que la hausse a encore du carburant. HSBC anticipe, en 2026, un prix moyen de 4.600 dollars l’once, avec un pic possible à 5.000 dollars en cas de ralentissement économique ou d’escalade géopolitique. Bank of America attend un prix moyen de 4.400 dollars et voit elle aussi un sommet à 5.000 dollars, porté par une hausse attendue de 14% de la demande d’investissement. Société Générale va plus loin et estime le seuil des 5.000 dollars «de plus en plus inévitable», à mesure que les flux dans les ETF s’accélèrent et que les banques centrales se détachent du dollar américain.
5 CERTAINS FACTEURS PEUVENT-ILS AU CONTRAIRE REFROIDIR LE COURS DE L’OR? L’euphorie n’est pas unanime. Alexander Kuptsikevich, analyste chez le courtier britannique en devises FxPro, estime que le tableau technique s’est fragilisé. Il voit les rendements obligataires américains rester
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obstinément élevés et le dollar regagner en fermeté: autant de freins temporaires. «Les tentatives des vendeurs de pousser le prix sous les 3.900 dollars sont à chaque fois absorbées par de solides acheteurs», observe-t-il. Le momentum s’est toutefois affaibli; le marché pourrait nécessiter une correction plus profonde avant la prochaine vague haussière. Il reconnaît cependant que le socle fondamental demeure: la combinaison de taux réels en baisse, de dettes publiques en hausse et de tensions géopolitiques persistantes crée un environnement propice à un avantage structurel pour l’or.
La dédollarisation des réserves des banques centrales est désormais bien plus qu’un concept théorique. La Banque mondiale adopte elle aussi une posture prudente. L’institution prévoit l’an prochain un repli à 3.375 dollars l’once. Elle juge le rythme fulgurant de 2025 difficile à maintenir et renvoie au rallye de 1979-1980: après une période de forte inflation et de tensions géopolitiques, une phase de stabilisation des prix avait suivi. La situation actuelle présente, selon elle, des similitudes avec cette transition. L’or atteindra-t-il réellement 5.000 dollars l’once en 2026? La question reste donc ouverte. Une chose est sûre: les facteurs structurels de soutien tiennent bon – achats continus des banques centrales, faibles taux réels, tensions géopolitiques durables. Même une correction passagère ne semble pas entamer la confiance: chaque creux est promptement mis à profit par les investisseurs et les banques centrales. En 2025, l’or a prouvé que, malgré les alternatives financières numériques et l’évolution des marchés, il demeure le symbole ultime de la sécurité. Son éclat n’est pas près de s’éteindre. ■
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3 façons d’investir dans l’or 1. OR PHYSIQUE: LINGOTS ET PIÈCES Ceux qui se méfient du système financier privilégient souvent l’or tangible. • Des pièces comme le Krugerrand, la Maple Leaf et le Napoléon contiennent généralement une once (31,1 grammes) d’or, mais existent aussi en formats plus petits. • Les lingots d’or vont de quelques grammes à un kilogramme. L’or physique exige un stockage sécurisé, avec des coûts à la clé — coffre-fort ou établissement spécialisé. Le prix d’achat se situe en général au-dessus du cours en raison de la «prime» (différence entre le cours de l’or et le prix de la pièce ou du lingot).
2. ETC SUR L'OR
3. MINES D'OR
Pour ceux qui ne souhaitent pas conserver d’or physique, les trackers constituent une option simple. Les exchange-traded commodities (ETC) – les équivalents des ETF pour le métal jaune – sont des produits cotés en bourse qui achètent et stockent de l’or physique. Les investisseurs paient des frais de gestion annuels limités. Parmi les produits populaires: Invesco Physical Gold ETC, iShares Physical Gold ETC, WisdomTree Physical Gold ETC. La plupart des trackers sont liquides et répliquent de près le cours de l’or. Le traitement fiscal varie selon le produit, sa structure juridique et d’éventuels rulings fiscaux.
Une exposition indirecte à la hausse du métal via des actions de sociétés d'extraction. Ces titres amplifient souvent les mouvements de l’or: progressions plus marquées en tendance haussière, replis plus rapides en cas de correction. Leur valeur ne dépend pas que du prix de l’or, mais aussi des volumes de production, des coûts, des réserves, de la qualité du management et du risque géopolitique. Choix possible entre titres individuels (Newmont, Agnico Eagle) et ETF répliquant un panier de mines, comme le VanEck Gold Miners ETF.
Quid de l’argent et des autres métaux précieux? L’argent a, lui aussi, signé une année 2025 exceptionnelle, avec un record au-delà de 50 dollars l’once. Et 2026 s’annonce prometteuse. Le marché reste en déficit d’offre, tandis que la demande portée par les technologies vertes — où l’argent joue un rôle clé comme métal industriel — pro-
gresse structurellement. Les analystes anticipent un prix élevé, oscillant entre 40 et 50 dollars selon la croissance économique et les taux d’intérêt américains. D’autres métaux précieux, comme le platine et le palladium, bénéficient également de la transition vers des technologies plus propres et
du redressement de la production industrielle. Leurs marchés demeurent toutefois plus volatils et plus sensibles à la conjoncture que celui de l’or, mais pourraient profiter d’un supplément d’élan en cas de rallye élargi des métaux précieux.
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CRYPTO
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Le bitcoin nous jouerait-il une mauvaise pièce? En 2025, le bitcoin aura connu un record historique et une funeste dégringolade. Le marché a-t-il gagné en maturité? Et la cryptomonnaie a-t-elle encore une bouée de secours? MANON BRASSEUR
A
lors que les actions ont vacillé, un temps, sous la crainte d’une bulle liée à l’IA, la crypto a subi la plus forte vague de liquidations de l’histoire du secteur. Le bitcoin est tombé sous les 85.000 dollars, effaçant quasiment tous ses gains annuels – plus de 30% sous le sommet de 126.000 dollars atteint début octobre. Mis à l’épreuve de sa réputation d’or numérique, censé jouer le rôle de valeur refuge, le bitcoin partage bien avec l’or une offre limitée et l’absence de contrôle étatique. Mais lors des récentes tensions géopolitiques, il s’est comporté comme une action tech volatile. Depuis son pic du 20 octobre, l’or n’a cédé que 8% – une baisse modérée face au recul du bitcoin –, confirmant son statut de valeur refuge reine. De quoi relancer la question: la crypto est-elle un investissement avisé ou surtout un instrument de spéculation?
«Le marché devient mature, avec l’entrée de grands acteurs comme le gestionnaire de patrimoine BlackRock.»
Un marché mieux encadré Peu à peu, la crypto s’installe dans le système financier, estiment en tout cas les experts. «De plus en plus de cryptomonnaies sont acceptées et les obligations de reporting rendent le secteur plus fiable. Le marché devient mature, avec l’entrée de grands acteurs comme le gestionnaire de patrimoine BlackRock», explique Ben Granjé, CEO de la Vlaamse Federatie van Beleggers. Au-delà de l’intérêt institutionnel pour le bitcoin et l’ethereum, un contre-argument émerge face à l’absence supposée de valeur durable intrinsèque des cryptomonnaies: les stablecoins. Cette catégorie plus stable est couverte à 100% par des monnaies étatiques sous-jacentes, le plus souvent le dollar. «Ce sont surtout les stablecoins qui achètent de la dette américaine, et cette
BEN GRANJÉ CEO DE LA VFB
dette, elle, est adossée à des garanties. Cela rend l’écosystème plus stable», souligne Ben Granjé. Autre tendance, le marché des actifs tokenisés prend de l’ampleur: des versions crypto d’instruments financiers existants, comme les obligations d’État, qui font office de pont entre la finance traditionnelle et un univers crypto encore souvent difficile à… décrypter. À la différence des stablecoins, canton-
nés à la blockchain, les actifs tokenisés vivent à la fois dans la sphère financière classique et sur la blockchain. Leur capitalisation est passée de 4 milliards de dollars en 2019 à plus de 331 milliards en 2025. Les grands émetteurs de stablecoins comme Tether investissent massivement dans les obligations américaines. Selon Deutsche Bank, le marché des actifs réels mondiaux tokenisés pourrait atteindre 1.500 à 2.000 milliards de dollars d’ici 2030, et même 4.000 milliards en 2035 – à condition qu’ils soient davantage intégrés au système financier existant et de voir la réglementation clarifiée.
Trump, facteur de marché La cryptosphère évolue ainsi vers un paysage boursier plus classique, où le sentiment pèse moins et où l’on trouve davantage d’actifs en garantie. L’élection de Donald Trump en 2024 a d’abord dopé l’optimisme du secteur. Les capitaux ont afflué vers les ETF américains sur le bitcoin et l’ethereum, des entreprises ont étoffé leurs réserves en crypto et les investisseurs particuliers sont revenus en masse. L’euphorie n’a toutefois pas duré. «Trump a eu un impact, reconnaît Gaetan Jansseune, Managing Director chez Digital Currency Academy, mais le prix est surtout tiré par des facteurs macroéconomiques tels que la politique de taux d’intérêt de la Fed, la liquidité mondiale et les anticipations d’inflation. Un président peut influencer le sentiment, mais il ne peut pas réécrire la politique d’une banque centrale.» Ces tendances détermineront les prix en 2026, selon lui. «Le marché peut effectivement ‘bondir’ à nouveau, mais en raison de baisses de taux attendues de la Fed et d’une tolérance accrue envers la crypto.» ■
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ÉPARGNE
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© FILIP YSENBAERT
Les comptes d’épargne rapportent peu, voici les alternatives
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À nouveau, il faut donc maintenir l’argent en compte pendant au moins douze mois. Ce qui peut compliquer vos calculs, étant donné que le capital a été accumulé au fur et à mesure via des versements mensuels... Quoi qu’il en soit, celles et ceux qui ne jurent que par les comptes d’épargne devraient vérifier ce que proposent les autres banques que la leur en la matière. Les différences de rendement peuvent être élevées d’une institution financière à l’autre. La plupart des banques comptent sur l’inertie des épargnants. Faire jouer la concurrence permet d’éviter d’être parmi ceux que la baisse des taux impacte le plus.
2 Les bons d’État, la branche 21, les comptes à terme, les bons de caisse, les OLO ou encore les obligations d’autres pays offrent des alternatives aux livrets. PHILIPPE GALLOY
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ourquoi ne pas faire bouger votre épargne? En Belgique, les taux d’intérêt des comptes d’épargne ont nettement diminué cette année, dans la foulée de la baisse des taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE), qui influencent directement les rendements des produits financiers de courte durée. En zone euro, les épargnants belges figurent même parmi les plus mal lotis. D’après les statistiques de la BCE, le taux d’intérêt moyen qui rémunère les dépôts d’épargne, inclus dans les chiffres des dépôts à préavis de maximum trois mois, est tombé à 0,74% en septembre en Belgique, contre 1,21% pour l’ensemble de la zone euro. La moyenne belge était encore de plus de 1% en début d’année. D’après les données de Guide-épargne.be, site spécialisé dans la comparaison des conditions financières de divers placements, le meilleur compte d’épargne belge sans condition ne rapporte plus que 1,65%, alors que l’inflation a été mesurée à 2% dans notre pays en octobre. De plus, la majeure partie du rendement provient généralement de la prime de fidélité, ce qui implique que, pour bénéficier de l’intégralité du taux espéré, il faut maintenir son épargne immobile pendant une année complète. Tout retrait fait perdre la prime calculée sur le montant prélevé. En plaçant de l’argent sur des comptes d’épargne classiques, on perd donc du
LES BONS D’ÉTAT pouvoir d’achat. Il est dès lors opportun de s’intéresser aux alternatives aux comptes réglementés traditionnels. Voici celles qui peuvent vous offrir un rendement supérieur pour votre épargne.
1 LES COMPTES D’ÉPARGNE D’ACCROISSEMENT Certains comptes d’épargne rapportent plus de 2% (taux cumulant l’intérêt de base et la prime de fidélité) mais ils sont assortis d’une condition: vous ne pouvez y placer que maximum 500 ou 600 euros par mois, en fonction de la banque choisie. On parle de comptes d’épargne d’accroissement, parce qu’ils permettent à l’épargnant de faire croître le capital via des dépôts mensuels. Vous ne pouvez donc pas déplacer toute votre épargne en une fois vers ces comptes. Ils peuvent tout de même servir à mobiliser une partie de votre épargne. Le meilleur d’entre eux rapporte 2,85%. Attention, dans la plupart des cas, la plus grande part du rendement provient de la prime de fidélité.
Les Belges apprécient les comptes d’épargne pour leur sécurité: jusqu’à 100.000 euros de dépôts, par banque et par personne, sont garantis par l’État. Dès lors, pourquoi ne pas placer cette épargne directement auprès de l’État? La dernière campagne de souscription aux bons d’État s’est clôturée début décembre: elle proposait un bon à un an à 1,40% net et un bon à dix ans à 2,24% net. L’Agence de la Dette devrait organiser de nouvelles campagnes de souscription en 2026, en principe chaque trimestre. Les prochains bons d’État devraient être disponibles vers la fin février. Il est à noter que ces placements directs auprès de l’État belge impliquent en principe de maintenir l’argent immobile pendant la durée de vie du bon d’État. Certes, il est possible de revendre ces bons mais cela implique des frais qui entameront le rendement, et la plus-value pourrait être moins intéressante que le rendement promis à l’échéance, sans compter que cette plus-value devrait aussi être taxée, si le projet de taxe sur les plus-values entre bien en vigueur en 2026, comme attendu.
3 LES ASSURANCES-VIE DE LA BRANCHE 21
Le compte à terme a un inconvénient par rapport aux comptes d’épargne: l’argent y est bloqué pour toute la durée prévue.
Parmi les placements sûrs, les assurances-vie à capital et taux d’intérêt garantis, soit les contrats dits de la branche 21, peuvent offrir des rendements plus élevés et une sécurité grâce à la protection du fonds de garantie jusqu’à 100.000 euros. Mais c’est au détriment de la disponibilité des capitaux: ces investissements sont généralement d’au moins huit ans. Les produits de la branche 21 ne sont pas soumis au précompte mobilier mais à
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une taxe de 2% sur les primes versées (sauf dans le cadre de l’épargne-pension). Il faut aussi être attentif aux frais d’entrée et de gestion, qui peuvent ronger fortement le rendement.
4 LES COMPTES À TERME ET LES BONS DE CAISSE La sécurité est aussi au rendez-vous pour les comptes à terme et les bons de caisse, qui tombent sous le coup de la garantie des dépôts de 100.000 euros. Les rendements de ces placements peuvent dépasser ceux des comptes d’épargne. D’après le site Guide-épargne.be, on trouve des comptes à terme offrant un taux d’intérêt net (après précompte mobilier) de plus de 1,80%, ce qui n’est pas mal en comparaison avec la plupart des livrets. D’autant plus qu’en fonction de leur relation bancaire, des clients peuvent aussi négocier un taux plus élevé. Dans plusieurs banques, ce type de compte est accessible sans frais. Mais le compte à terme a un inconvénient par rapport aux comptes d’épargne: l’argent y est bloqué pour toute la durée prévue, soit au moins cinq ans si on veut atteindre 1,8% net de rendement. Idem pour les bons de caisse, soit les obligations émises par les banques à destination des particuliers. Sur ce marché, on trouve actuellement des bons offrant des rendements comparables à ceux des comptes à terme, mais cela implique de laisser l’argent investi pendant plusieurs années.
5 LES OBLIGATIONS DE L’ÉTAT BELGE Les OLO (obligations linéaires) émises par l’État fédéral sont plutôt destinées aux investisseurs institutionnels, mais les particuliers peuvent les acquérir sur le marché secondaire (là où se négocient les obligations émises dans le passé). Tout comme pour les bons d’État, l’investissement en OLO offre une grande sécurité puisque le débiteur de ces emprunts
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Une des manières de tirer profit des obligations de l’État belge est d’acquérir d’anciennes OLO zéro coupon et de les conserver jusqu’à l’échéance.
obligataires est l’État belge, celui-là même qui garantit les dépôts d’épargne. Les OLO sont aussi un placement très liquide: on peut les revendre à tout moment sur le marché secondaire (mais au risque de perdre le rendement espéré à l’échéance). Les transactions sur les OLO sont exemptées de taxe sur les opérations de bourse (TOB). Une des manières de tirer profit de ces titres de dette de l’État belge est d’acquérir d’anciennes OLO zéro coupon: ces OLO ont été émises il y a quelques années, quand les taux d’intérêt étaient au plancher. Par exemple, en 2020, l’État belge a émis une OLO d’une durée de sept ans, à 0% d’intérêt (d’où la dénomination «zéro coupon»). Mais depuis, les taux d’intérêt ont nettement augmenté sur le marché. Les titres zéro coupon du passé sont donc moins prisés par les investisseurs, qui préfèrent acquérir des obligations récentes rapportant des intérêts. Résultat: sur le marché, la valeur des OLO zéro coupon a beaucoup diminué. L’OLO 0% arrivant à échéance le 22 oc-
2,85%
Le meilleur compte d’épargne assorti de la condition d’un versement mensuel limité rapporte 2,85%.
tobre 2027 est cotée actuellement à un peu plus de 96% de sa valeur nominale. En l’achetant aujourd’hui, vous réaliserez une plus-value à l’échéance puisque l’État devra la rembourser à 100%. Cette opération procure un rendement annuel d’un peu plus de 2% net. Et comme il n’y a pas d’intérêts versés, le précompte mobilier ne s’applique pas. Attention, pour éviter tout précompte, il faut que l’obligation ait été émise «au pair», c’est-à-dire à 100% de sa valeur nominale, valeur qui est censée être rétrocédée à l’investisseur à l’échéance. Quid de la future taxe sur les plus-values? «Si l’investisseur ne cède pas l’obligation, mais attend l’échéance, il n’y a pas de cession à titre onéreux et donc pas de taxe sur les plus-values», explique Denis-Emmanuel Philippe, avocat associé chez Bloom Law. L’avant-projet de loi instituant la taxe prévoit en effet que la plus-value est «la différence positive entre le prix reçu en rémunération de l’actif financier cédé et sa valeur lors de l’acquisition». Or, dans ce cas-ci, l’actif financier n’est pas cédé.
6 LES OBLIGATIONS D’ÉTAT ÉTRANGÈRES Outre les OLO, il est tout à fait possible d’investir dans des titres comparables émis par d’autres pays. Mais il faut alors être attentif au profil de risque de ces États. Le Bund allemand bénéficie d’une grande sécurité. Par contre, les obligations de l’Argentine, par exemple, sont classées dans la catégorie spéculative par les agences de notation, parce que ce pays a régulièrement dû restructurer sa dette, au détriment des investisseurs. En investissant dans des obligations gouvernementales européennes, vous devriez en principe bénéficier d’une exonération de la TOB, tout comme pour les OLO belges. Mais cette exonération est encore en discussion au sein de la fédération financière belge car la législation à ce sujet va seulement être modifiée prochainement dans le but de rendre l’exonération praticable. ■
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PAROLE À L'EXPERT GERT BAKELANTS RESPONSABLE DE LA STRATÉGIE ACTIONS AUPRÈS DE L’INVESTISSEUR
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Pokémon LE MOMENT EST déjà venu de vous souhaiter une bonne et fructueuse année 2026. Nos vœux s’adressent autant à vous, lecteurs, qu’à notre société dans son ensemble. Mais celle-ci n’a, à vrai dire, guère de raisons de se réjouir de l’année nouvelle. Selon une funeste tradition belge, le récent accord budgétaire fédéral est truffé de recettes supplémentaires. Eh oui, il faut bien alimenter un État très vorace. Chacun devrait pourtant garder à l’esprit ce que l’économiste américain et prix Nobel Milton Friedman avait pointé il y a déjà bien longtemps: «Ce que l’État dépense, c’est de l’impôt futur. C’est vous qui payez. Soit directement, soit sous forme d’inflation et/ou de dette plus élevée.» Son appel à moins de prodigalité publique n’est jamais parvenu aux oreilles des hôtes successifs de notre rue de la Loi. À chaque grande opération budgétaire, l’investisseur passe à la caisse. Il s’agit toujours de taxer les prétendus «riches» – catégorie dans laquelle on aime ranger les détenteurs d’actions, petits et grands. Les dirigeants politiques sont trop heureux de ne pas ainsi mécontenter trop de monde. En Belgique, placer son argent en bourse reste réservé malheureusement aux citoyens éclairés, qui cherchent à gagner en bourse ce que leur maigre pension ne leur fournira pas pour maintenir le niveau de vie souhaité. Avec la nouvelle taxe sur les plus-values, nous avons désormais coché toutes les cases imaginables de la fiscalité sur les actions. Comme les cartes Pokémon: collectionnez-les toutes! Impôt des sociétés? C’est fait. Taxe sur les opérations de bourse (TOB)? OK. Précompte sur les dividendes? Oui, et du lourd. Taxe sur les comptes-titres? Cela va de soi. Et maintenant la taxe sur les plus-values: l’impôt qui sanctionne la prise de risque. Cette taxe n’offre aucune garantie de recettes budgétaires plus élevées. Au contraire: il n’est pas exclu que, paralysés par la taxe sur les plus-values, les investisseurs s’acquittent l’an prochain de beaucoup moins de TOB, en
réduisant le volume de leurs transactions. Une source de revenus évaluée à quelque 300 à 400 millions d’euros en 2025 risque de se tarir. On commet inlassablement la même erreur: alourdir les taxes existantes et en créer de nouvelles. C’est mortifère pour le marché. Alors que l’alternative poL’État serait sitive saute aux yeux: faire venir davantage d’invesbien inspiré tisseurs en bourse! d’enseigner Qu’il s’agisse d’obligations, d’actions, d’ETF les rudiments ou de fonds, la TOB et le de l’investisseprécompte mobilier sur les distributions de cash ment dès les rapporteraient davantage bancs de l’école. avec des volumes plus élevés qu’en pressurant encore les investisseurs existants. Si davantage de personnes placent leur épargne dans du capital à risque, plutôt que de le laisser dépérir sur des livrets, c’est bénéfique pour le citoyen, pour l’État et pour l’économie. Pour que chaque citoyen y trouve son compte, il reste à faire son éducation financière. Le Belge moyen – parlementaires compris – considère encore trop souvent la bourse comme un temple réservé aux initiés. C’est une faiblesse de notre société. L’État serait bien inspiré d’enseigner les rudiments de l’investissement dès les bancs de l’école: apprendre ce que sont les intérêts composés, ce que signifie réellement l’inflation, et qu’un compte d’épargne est la voie la plus sûre vers l’appauvrissement. Aider nos jeunes à mieux gérer leurs finances personnelles. Ce Guide de l’épargne et des investissements s’est, une fois encore, employé à y remédier en partie. Il reste à l’État à faire sa part.
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