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La lettre du Changement (n° 3 et 4)

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Le PS peut-il perdre Grenoble en 2014 ? (les 5 groupes qui allument la campagne 2014)

N° 02 - octobre 2011 - Lettre indépendante d’information sur l’agglomération grenobloise

La Lettre du Changement 08 novembre 2011 — n°4


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Cinquième enjeu : faire vivre une campagne en dehors des supports institutionnels. En 1983, dans des circonstances assez comparables aux actuelles, le contournement avait été opéré par le support d’informations de masse qu’est l’affichage publicitaire 4 m x 3 m. Pour des raisons de coûts dans un budget plafonné légalement, ce support est peu utilisable, voire même pas du tout. Internet sera-t-il le 4 m x 3 m de 2014 c'est-à-dire le support qui assure la relation directe entre un émetteur et l’opinion sans intermédiaire ? Là aussi, c’est difficile à dire dès à présent. La sociologie de Grenoble assure à Internet une place importante. Mais la fracture numérique existe encore et, à la différence de l’affichage publicitaire, In-

ternet n’a pas encore une efficacité d’accès dans toutes les catégories d’opinion. Même s’il est probable que plus la campagne électorale s’approchera du jour de vote, plus l’équité habituelle s’installera. En revanche, à ce jour et encore probablement pendant de nombreux mois, l’inégalité de traitements est profonde. C’est un sujet important que l’opposition doit traiter avec attention. Sixième enjeu : rendre crédible la victoire de l’opposition. Une partie importante de l’opinion moderne vote d’abord pour des … gagnants. Tant que la victoire virtuelle est impossible, la victoire réelle l’est encore moins. Par conséquent, l’impact de la crédibilité de victoire devient plus important que jamais. Des facteurs nouveaux émergent en ce domaine. La fragilisation de Michel Destot est désormais no-

toire. Un questionnaire en ligne sur le site Internet Grenews le place même en novembre 2011 comme le «problème majeur de Grenoble» pour 25 % des réponses. Quatre changements sont intervenus. Tout d’abord, Michel Destot a beaucoup perdu de défis ces dernières années pour ne pas dire qu’il les a tous perdus. Sa crédibilité est impactée. Ensuite, son engagement aux côtés de DSK puis de Martine Aubry a altéré son image de marque. Dans le premier cas (DSK), il lui est difficile d’expliquer comment il pouvait appeler à voter pour un individu qui connait une telle cascade de révélations toutes plus glauques les unes que les autres. Dans le second cas, il est devenu très militant avec un côté agressif peu coutumier. Dans les deux cas, son image


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Les partis politiques seront-ils «in» ? Dans de nombreuses localités, la préparation des élections locales se fait actuellement sur des bases qui contournent les partis politiques traditionnels. En cette période de forte contestation de la politique, ils deviennent «out». De là à en tirer des conséquences durables, c’est prématuré. Ils peuvent revenir à la mode et faire valoir la force de leurs ancrages historiques. Seront-ils «in» en 2014, c’est une des inconnues nouvelles et majeures dans l’agglomération grenobloise comme dans de nombreuses autres localités françaises ?

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de marque est affaiblie pour des causes différentes. Puis, ces deux échecs (DSK + Aubry) cassent l’envergure nationale qu’il souhaitait manifestement acquérir. Enfin, les échecs locaux dans la vie quotidienne prennent une place nouvelle : impôts, dettes, embouteillages, insécurité … Ces échecs qui concernent des volets importants de la vie quotidienne conduisent à souhaiter le changement.

Les 4 records et la victoire de «Monsieur Autre» Sur le site Internet Grenews, début novembre 2011, figure un questionnaire en ligne. Plus de 1 400 personnes ont répondu à ce questionnaire. La méthode ne donne techniquement aucune garantie de représentativité de l'échantillon des exprimés. Mais plusieurs éléments méritent l'attention : 1) L'intitulé même du questionnaire : la recherche du "problème majeur à Grenoble" : ce choix illustre l'ambiance actuelle dans la Capitale du Dauphiné : l'examen des problèmes.

2) Quand il est question de sélectionner les "problèmes majeurs", la liste est longue. 3) Depuis le début de ce questionnaire, le problème désigné comme majeur est : ... "le Maire actuel" pour 25 % des exprimés. Comment comprendre cette "ambiance" ? Il y a désormais le sentiment de 4 records : 1) Le record des impôts : Grenoble est dans le groupe de tête des impôts locaux élevés, 2) Le record de l'endettement : Grenoble est en même temps dans le

groupe de tête des dettes publiques locales lourdes. 3) Le record de l'immobilisme : la liste des dossiers non réglés est longue. C'est le premier choc avec les deux classements qui précèdent. L'opinion de l'agglomération pourrait accepter une fiscalité locale lourde et un endettement élevé si les investissements d'avenir suivaient : voiries, équipements publics ... Mais non, la dépense publique est lourde sans que les investissements suivent. Bien davantage, des équipements publics deviennent des caricatures de gaspillages (Stade des Alpes vide), des marches


Le PS peut-il perdre Grenoble en 2014 ? en arrière (Rocade Nord), des difficultés de qualité de vie (insécurité). D'où le mécontentement actuel. 4) Le quatrième record, c'est que les trois premiers aient pu prendre naissance et "prospérer" sans même qu'un débat de fond n'intervienne sur les causes de cette situation et surtout sur les facteurs de changements. Ce dernier record est à rapprocher d'un autre questionnaire en ligne intervenu cet été sur le même support sur le thème "quel nouveau maire en 2014 ?". Ce questionnaire a pris fin à mi-août 2011 et le souhait numéro 1 était : "Monsieur Autre". Avec un très large écart, "Monsieur Autre" arrivait en tête devant toute la liste des noms cités de l'actuelle classe politique (Destot, Safar, Noblecourt,Bertrand, membres de l'actuelle opposition grenobloise ...). L'opinion locale n'accepte plus le décrochage entre les problèmes rencontrés et l'absence de réponse attestant la prise de conscience mais aussi donnant la visibilité nécessaire aux contribuables et aux citoyens.

Mieux connaître notre équipe A mi-novembre 2011, sur le seul site Issuu.com, nos documents d'informations référencés (8) vont déjà franchir le nombre des 25 000 lecteurs. Ce chiffre appelle quelques précisions techniques : 1) il repose sur 8 documents hébergés sur Issuu.com dont les 3 premiers numéros de la lettre du Changement, 2) vous pouvez vérifier vousmême ce chiffre de façon simple. Vous vous rendez sur Google, vous tapez issuu.com, puis dans la rubrique recherche, vous dactylographiez "la lettre du changement" et vous avez alors accès par extension à chacun des 8 documents avec les statistiques de fréquentation par document, 3) à ce jour, ces 8 documents totalisent déjà 23 593 lecteurs et 1 430 136 pages vues, 4) pour améliorer cette audience, nous démultiplions actuellement le placement de nos documents d'informations sur divers supports complémentaires à Issuu.com. La ligne éditoriale de nos publications explique ce score. Chaque lettre est engagée mais en sortant des lignes habituelles où les pro-PS écrivent un sujet, un verbe et un compliment tandis que les anti-PS écrivent un sujet, un verbe, une critique. Les lettres du Changement échappent à cette logique binaire, manichéenne. Vos commentaires indiquent une attente de propositions précises, positives, concrètes, possibles. C'est ce volet que nous allons ouvrir à partir du numéro 5.

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C'est ce décrochage qui est nouveau et qui mérite l'attention. La dette locale n'est pas encore le sujet majeur mais le rapprochement avec l'immobilisme crée le mécontentement avec une question simple de bon sens : payer autant aujourd'hui et demain pour quoi en retour ?

Les 5 groupes de l’opposition locale actuelle Pour classer chacun de ces groupes, le critère de l’historique de l’organisation paraît le plus cohérent.

AG3D : Richard Cazenave Le premier groupe est constitué autour de l’association AG3D présidée par M. Richard Cazenave, Député Honoraire. Créée à l’occasion de la candidature de Grenoble pour les JO de 2018, cette association s’est beaucoup engagée pour mettre à disposition un réel pouvoir d’expertise en matière de désenclavement de l’agglomération grenobloise. Elle a multiplié les propositions précises, concrètes. Elle pouvait compter


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sur le sens de la communication de son Président, Richard Cazenave, Député de Grenoble—Meylan de 1988 à 2007 mais aussi doté d’une forte expérience des dossiers locaux par l’exercice de plusieurs mandats d’adjoint au Maire de Grenoble ou de Vice-Président de la Région Rhône—Alpes. Cette association continue ses travaux même si l’échec de la candidature grenobloise aux JO la prive d’une tribune pour exposer ses propositions dans l’attente de l’accélération du calendrier électoral. Pour mieux connaître les propositions de cette association : http://ag3d.fr/

Cette association devrait verser ses propositions au débat public à compter des législatives de juin 2012 et sa participation très active dans la préparation des prochaines élections locales paraît toute naturelle.

Le Renouveau Citoyen : Jean Christophe Ninet Le second groupe est structuré autour de l’association «Renouveau du Citoyen», présidée par M. Jean Christophe Ninet. Lancée en avril 2011, cette association a débuté par des prises de positions sur la situation financière des collectivités

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locales. Elle a adressé une lettre ouverte au Président de la Métro sur la question du Stade des Alpes. Puis, elle a diversifié ses sujets d’examens, passant de l’insécurité aux voies de circulation en évoquant la démocratie locale. Cette association réunit ses membres régulièrement et commence à publier des propositions concrètes sur les principaux sujets de la vie quotidienne. Elle a vocation à représenter une sensibilité de société civile avec des propositions concrètes tout particulièrement


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dans trois domaines : les finances locales, les voies de communication et la sécurité publique : h t t p : / / w w w . r e n o u v e a u citoyen.fr/blog/

UMP 38 : Jean Claude Peyrin Le troisième groupe concerne la formation politique UMP qui, début juillet 2011, est sortie de la tutelle nationale et a mis en place ses nouvelles instances. Pour cette formation politique, l’enjeu est simple mais déterminant : reconstruire sa crédibilité. Son nouveau Président départemental, M. Jean

Claude Peyrin, a choisi le cap du rassemblement pour unifier toutes les tendances longtemps opposées de cette sensibilité. Dans l’agglomération grenobloise, trois personnalités ont en charge la mobilisation pour la présidentielle 2012 : Mme Nathalie Béranger, MM. Matthieu Chamussy et Anthony Péres. Pour le moment, la priorité est manifestement à la politique nationale à l’exemple des informations publiées sur son blog mis en service courant octobre 2011 : http://www.ump38.fr/.

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Grenoble agglo 2014 : Denis Bonzy Le quatrième groupe est l’initiative Grenoble agglo 2014 lancée à mi-juillet 2011 à partir d’un nouveau Club : Club 20. Ce groupe est animé par M. Denis Bonzy et intervient progressivement dans trois domaines privilégiés. Tout d’abord, c’est le groupe qui occupe le plus le créneau des nouvelles technologies. Il représente à ce jour la «puissance de feu» la plus forte avec des supports complémentaires en plus grand nombre (blog, réseaux so-


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aux …). Les chiffres d’audiences comme de volontariat sont en progression forte. Ensuite, le cadre de réflexion est clair : membres de la société civile de toutes les sensibilités qui veulent définir les valeurs essentielles d’une nouvelle gouvernance locale. Enfin, l’enjeu électif est clairement affirmé. Il figure officiellement dès à présent sur le bandeau de présentation de la plateforme Tumblr qui est en cours de finalisation. Les premiers correspondants municipaux devraient être présentés à une date symbolique dès le premier trimestre 2012 : http://grenobleagglo2014.tumblr.com/

Les protestataires : Verts et FN Ce sont les votes bloqués sur des réactions nationales. En ce qui concerne le parti de Martine le Pen, début novembre 2011, il a ouvert sa permanence vers la Place de Verdun à Grenoble. Il peut compter sur la personnalité de sa nouvelle responsable départementale, Mme Mireille d’Ornano, Conseillère Régionale, pour donner une image modérée, sérieuse et combative dans une géographie où le FN a devancé l’UMP dans chaque Canton de l’agglomération en mars 2011.

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En ce qui concerne les Verts, ils veulent faire de Grenoble une des villes tests. Ils peuvent compter sur des leaders locaux de qualité avec une sociologie porteuse. M. Olivier Bertrand, Conseiller Général de Grenoble, incarne l’un de ces leaders avec un ancrage direct emblématique. La course entre ces groupes est lancée pour les élections 2014 dans l’agglomération. Le premier semestre 2012 devrait être la séquence d’un premier changement manifeste de rythme. Editeur : club20@orange.fr


Existe-t-il encore un modèle de développement de l’agglo ?

Pendant longtemps, il a été question d’un «modèle grenoblois», un «laboratoire». Le développement de l’agglomération grenobloise a longtemps été présenté comme une référence. En 1961, Paul Dreyfus, journaliste vedette et remarquable analyste concluait un de ses ouvrages par les lignes suivantes «Grenoble sera une métropole. Pariez vite sur Grenoble. Pariez sans crainte. C’est la ville qui monte.» Existerait-il ce jour encore matière à une telle recommandation ?

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Le PS peut-il perdre Grenoble en 2014 ? N° 02 - octobre 2011 - Lettre indépendante d’information sur l’agglomération grenobloise

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Au pouvoir à Grenoble depuis 1995, soit 16 ans, le Parti Socialiste peut-il être battu en mars 2014 ? Si c’était le cas, c’est l’ensemble de la situation politique qui changerait dans l’agglomération grenobloise.

Les 5 nouveautés 1) En mars 2014, le PS détiendra peut-être tous les pouvoirs sans la moindre exception : Etat, Région, Département, Agglomération et Ville centre. Dans cette hypothèse, il n’a plus la moindre excuse face à des résultats défaillants. Bien davantage, si la victoire en mai 2012 devait reposer sur des promesses difficiles à réaliser, le mécontentement trouverait alors une expression immédiate en mars 2014, comme ce fut le cas dernièrement en mars 2008 pour la majo-

rité présidentielle sortante.

2010 à la succession de Didier Migaud à la tête de la Métro.

2) Grenoble, la «ville fière» n’a pas accroché beaucoup de succès ces dernières années. La candidature aux JO 2018 s’est terminée par une triste troisième place sur 4 candidats. Le sport de haut niveau est en crise inédite (liquidation de la SASP GF 38, affaires concernant le hockey sur glace …). Les embouteillages perturbent la vie quotidienne de façon croissante. Les violences urbaines ont beaucoup altéré l’image de marque externe de la capitale du Dauphiné. Ces dernières années, Grenoble a perdu de sa superbe.

Ces divisions ont gagné en intensité dans le processus de composition de la liste des sénatoriales pour septembre 2011 avec le vote en faveur de Jacques Chiron contre les «recommandations» de Michel Destot engagé aux côtés de Bernard Soulage. Elles s’expriment de façon publique dans les hypothèses des éventualités de succession à la fonction de Maire de Grenoble avec des oppositions personnelles radicales entre plusieurs prétendants à l’exemple de Geneviève Fioraso et Jérôme Safar.

3) Grenoble la «ville jeune imaginative» est perçue comme une ville gérée par une équipe usée, divisée, en bout de souffle. Les divisions sont apparues au grand jour dès la tentative de Michel Destot d’accéder en mai

4) La division entre le PS et les Verts se creuse. Là aussi, les sénatoriales de septembre 2011 ont marqué une étape nouvelle avec le refus d’intégrer sur une liste d’union le moindre candidat émanant des Verts. Les Verts


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Des seniors inquiets pour la sécurité et le cadre de vie Les violences urbaines changent tout particulièrement le regard des seniors sur la Capitale du Dauphiné. Traditionnellement légitimistes, ils sont désormais très réservés sur l’équipe municipale sortante lui reprochant une détérioration de la qualité de vie : embouteillages, insécurité, absence de propreté urbaine … Un clivage nouveau est intervenu manifestement.

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ont indiscutablement pesé sur la politique mise en œuvre depuis 1995 à l’exemple des restrictions considérables subies par les automobiles ces dernières années mais l’accord politique global n’existe plus. Bien davantage, sur plusieurs dossiers importants, les Verts semblent désormais l’opposition la plus radicale dépassant même les différences d’appréciations exprimées plus timidement par l’UMP. 5) L’assiette politique de la majorité municipale grenobloise s’est réduite puisqu’au moment où les divisions avec les Verts sont de plus en plus fortes, l’alternative aux Verts que devait être le Modem a fondu dans les échéances post mai 2007 quand les Verts s’installaient eux durablement dans les formations politiques fortes de l’agglomération grenobloise. Ces 5 facteurs ont donné naissance à fin 2011 à une situation politique grenobloise objectivement nouvelle.

Les 6 enjeux de l’opposition locale Finalement dans ce contexte, l’ultime force de la majorité PS ne résidet-elle pas désormais d’abord dans les faiblesses

structurelles de l’opposition locale UMP ?

position locale reconstituera son socle de base.

Ces faiblesses anciennes sont au nombre de 6 pour l’essentiel. Chacune d’entre elles permet d’identifier l’enjeu pour revenir dans la course de façon performante.

Si la réponse est négative, l’opposition locale se fragilisera encore et toujours de façon déterminante.

Premier enjeu : reconstruire une large union locale. La ligne Maginot du PS face à l’offensive UMP a longtemps été le nom d’Alain Carignon. Ce nom était supposé raviver les tensions locales et les clivages entretenus d’ailleurs avec une grande habileté pendant de nombreuses années. Cette étape est-elle finie ? Si la réponse est positive, l’op-

Or, cette étape est finie sous l’œuvre de trois facteurs. Tout d’abord, les clarifications données par Alain Carignon en personne qui se consacre maintenant exclusivement à la politique nationale dans l’équipe rapprochée de Nicolas Sarkozy s’abstenant de façon ostentatoire de toute expression et de toute intervention sur les sujets grenoblois.


Le PS peut-il perdre Grenoble en 2014 ? C’est ensuite le fait du temps qui produit progressivement son travail naturel habituel en la matière en clarifiant la mémoire quand un arbre ne cache plus la forêt d’un bilan. C’est enfin la volonté des membres de l’opposition locale qui estiment que 20 ans d’opposition constituent une période suffisante pour analyser les raisons des échecs successifs sans continuer à pérenniser les causes de leurs difficultés. Second enjeu : sortir des querelles politiciennes pour s’adresser aux groupes de population qui font la décision sur Grenoble. Ces groupes sont au nombre de trois : les modérés apolitiques, les classes moyennes, les jeunes. Les examens de l’opinion montrent que ces trois groupes ont désormais des attentes proches : «le soir c’est dangereux à Grenoble», «on ne s’est pas assez préoccupé de la qualité de vie en développant l’agglomération», «les gaspillages sont trop nombreux et les impôts trop élevés» … Derrière le partage de reproches, les comportements et les attentes diffèrent.

Mieux connaître notre équipe 4 questions pratiques méritent des précisions : 1) Le nom actuel : Club 20. Il a été considéré que le temps des mots est passé. C'est le temps des chiffres qui s'ouvre. L'actuel débat sur les dettes publiques nationales et locales en est une illustration. Les mots ont été trop galvaudés, détournés, vidés de sens. Nous avons donc fait le choix d'un chiffre. Pourquoi ce chiffre : 20 ? Parce que le chiffre 20 est au coeur de nombreuses réalités à venir. En 2014, ce sera la 20 ème élection municipale depuis 1900. Cette élection sera celle de l'esprit 2.0 avec une place déterminante pour Internet, pour les réseaux sociaux. Le mandat débutera en 2014 pour prendre fin en ... 2020. Pour toutes ces raisons parmi d'autres, le chiffre 20 nous paraissait s'imposer. 2) La date de création : juillet 2011. Le mois de juillet est celui du printemps républicain dans l'Histoire de notre pays et à plus forte raison dans celle du Dauphiné. Comme ce Club doit être le point de rencontres du plus grand nombre de républicains (de droite, de gauche, des écologistes ...), le mois de juillet nous semblait tout destiné pour officialiser cette naissance. 3) L'objectif : des propositions précises, concrètes qui ont vocation à peser en 2014. 4) Une priorité : à l'avenir ! L'attitude innovante, c'est de ne s'occuper que de l'avenir : des actions concrètes, des projets simples. L'innovation ne se décide pas. Elle se vit. Pour davantage d’informations :

club20@orange.fr

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Des groupes qualitatifs montrent que pour les «modérés apolitiques», ils sont très sensibles à l’ordre. L’insécurité est le facteur de divorce avec la majorité sortante. Il en est de même d’une ville jugée «sale». Les modérés apolitiques ont acté leur mécontentement mais ils se détermineront en fonction des candidats. Ils sont prêts à quitter la majorité sortante si un candidat sait leur parler de façon concrète refusant les thèmes politiques qui leur paraissent éloignés des réalités. Le second groupe, «les classes moyennes», a une priorité majeure : les impôts et les gaspillages. Ce groupe veut que la Ville vive en fonction de ses moyens «raisonnables» et qu’elle mette fin à une fiscalité trop élevée et encore davantage à un endettement non sécurisé. C’est une catégorie qui est animée par des objectifs parfois contraires. Ce groupe aspire à une administration économe mais, dans le même temps, exprime toujours une fierté pour les ambitions de la Ville. Ces ambitions concernent peu l’idée de capitale des nanotechnologies ou autre thème trop scientifique, intellectuel ou abstrait.


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Elles sont relatives à des éléments du cadre de vie, de l’emploi … Ce groupe fera son choix sur le thème des économies et de la fiscalité. Pour ce qui concerne les jeunes, c’est le besoin de fête qui prime, l’aspiration à l’innovation. L’appréciation qui revient le plus souvent est : «la vie quotidienne est monotone à Grenoble». Cet examen laisse apparaître que deux des trois groupes décisifs sont sur des thématiques plutôt favorables à la droite habituellement : la sécurité et la rigueur de gestion. Troisième enjeu : incar-

ner une vision pour Grenoble. Là encore, les groupes qualitatifs apportent des précisions importantes. Désormais, le sort de Grenoble est lié à celui de l’agglomération grenobloise. Il y a une identité de devenirs. La grande nouveauté pour 2014, c’est la probable existence d’un débat d’agglomération et ce pour la première fois.

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ver à la fois. L’opinion a besoin de repli et d’ouverture. Toute la difficulté va résider dans la capacité à concilier des attentes contraires. Sous cet angle, la situation de 2014 est très différente de celle de 1983.

L’agglomération grenobloise comme cadre de vie commun partagé est née. C’est donc une vision d’agglomération portée par la Ville centre qu’il faut présenter.

En 1983, pour les premières élections de la décentralisation, l’opinion attendait du neuf, de l’énergie, du mouvement. A cette époque, l’opposition d’alors réunissait objectivement les atouts attendus par l’opinion dont la jeunesse de son leader en pleine mode des «nouveaux Maires».

Cette vision d’agglomération doit rassurer et moti-

Aujourd’hui, l’opinion a besoin d’être sécurisée.


Le PS peut-il perdre Grenoble en 2014 ?

La majorité locale sortante est handicapée par son bilan mais, dans ce contexte, son ancienneté ne devient pas aussi mécaniquement qu’hier un phénomène d’usure. Le besoin d’expérience est attendu. Quatrième enjeu : gagner d’abord en crédibilité. Pour gagner en crédibilité, l’opposition doit montrer par ses propositions qu’elle est capable de gérer plus efficacement que l’équipe sortante. Elle doit éviter une politisation qui donnerait une image militante de nature à l’éloigner des seuls enjeux locaux. Cette étape de la crédibilité va techni-

quement poser deux arbitrages essentiels. D’une part, il s’agit de déterminer le bon calendrier de campagne. La construction de la crédibilité demande du temps. Par conséquent, cette première contrainte plaide pour une campagne longue. On ne devient pas crédible du jour au lendemain. Il faut du temps pour permettre le jugement dans la durée. D’autre part, pour tester cette crédibilité, il parait probable que la mise en œuvre de primaires lui permettrait d’occuper le terrain dans la durée et d’assurer une meilleure connaissance progressive de ses personnalités.

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Les primaires 2011 du PS ont bien rempli cette fonction sur le plan national. Un dispositif de ce type est-il transposable sur le plan local ? Cela reste à vérifier car il y a de nombreuses difficultés techniques. En 1983, ce «tour de chauffe» avait été assuré par les cantonales de mars 1982 au lendemain desquelles la donne locale était entièrement changée. Pour 2014, il n’y a pas de tremplin institutionnel de ce type. Comment en trouver un autre ? (suite et fin dans notre prochain numéro)

Editeur : club20@orange.fr www.denisbonzy.com


Le PS peut-il perdre Grenoble en 2014 ?

Dans une agglomération en perte de vitesse, le PS peut-il perdre la collectivité la plus importante : la Ville de Grenoble ? Au pouvoir depuis 1995, c’est la première fois qu’il enregistre des divisions internes aussi profondes et publiques. La poussée des Verts altère l’unité de la gauche. Le mandat en cours a connu des échecs perceptibles. La compétition pour 2014 s’engage-t-elle sur des bases réellement nouvelles ?

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