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CGTA_S20260611_COMPLET

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Jeudi 11 juin 2026 | Volume 44 | 2 e Numéro

Jeudi 11 juin 2026 | Volume 51 | 6 e Numéro la réussite

CULTIVER

CULTIVER la réussite

FEMMES EN AGRICULTURE

Si c’était à refaire, que ferais-je diféremment?

AUSSI DANS CETTE ÉDITION :

Entrevue avec Véronique Guizier, présidente des Agricultrices du Québec

La lutte biologique contre l’altise à tête rouge, selon l’IQDHO ...................................................................................

Le MAPAQ parle des drones et de la santé des sols

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LA PROMOTION DE

L’AGRICULTURE EN MONTÉRÉGIE ET AU CENTRE-DU-QUÉBEC

FEMMES EN AGRICULTURE

L’année de plusieurs possibilités pour Agricultrices du Québec

Proclamée par l’ONU, l’Année internationale des agricultrices 2026 vise à souligner le rôle essentiel, souvent sous-évalué, des femmes dans les systèmes agroalimentaires. Cette initiative célèbre leur contribution à la sécurité alimentaire et met en lumière les défis liés aux droits fonciers et à l’accès aux ressources. Véronique Guizier en sait quelque chose puisqu’elle mène plusieurs combats visant l’avancement de la cause en tant que présidente des Agricultrices du Québec.

GTA : En cette année dédiée à la cause des femmes en agriculture, sentezvous un contexte particulier, un momentum politique ou social permettant de faire avancer certains dossiers?

Véronique Guizier : Oui. Nous sommes davantage invitées aux différents

galas et AGA, et on remarque plusieurs initiatives, dont une à Saint-Bruno-deMontarville, qui décrit le parcours et les réalités de 14 agricultrices. L’UPA contribue aussi à la reconnaissance de plusieurs femmes en agriculture à travers différents canaux. Cela dit, au niveau politique, le MAPAQ et l’organisme fédéral Femmes et Égalité des genres Canada ont demandé à nous rencontrer. Il importe aussi de souligner que notre taux d’adhésion est en hausse depuis les derniers 18 mois, se situant actuellement à près de 800 membres. On note aussi une conscientisation grandissante du côté de l’entrepreneuriat et du repreneuriat agricoles féminins. Des rencontres ont aussi été tenues avec des députés. Le message passe : l’union fait la force.

GTA : Sur tous les dossiers en cours, lequel vous apparaît le plus important pour le quotidien des agricultrices?

ÉDITEUR :

Benoit Chartier

RÉDACTEUR EN CHEF : Martin Bourassa

ADJOINTE À LA RÉDACTION : Annie Blanchette

TEXTES ET COORDINATION :

Yves Rivard

CONTRÔLEUR :

Monique Laliberté

DIRECTEUR DU TIRAGE :

Éric Archambault

DIRECTEUR DE LA PUBLICITÉ :

Guillaume Bédard

ADJOINT AU DIRECTEUR

DE LA PUBLICITÉ : Simon Cusson

DIRECTEUR DE LA PRODUCTION : Alex Carrière

V.G. : Celui des heures de travail invisibles. Grâce à notre outil de calcul, on a maintenant des chiffres, on peut modéliser. Selon les données recueillies sur la base des 500 agricultrices ayant participé à cette initiative, on parle de 49 heures hebdomadaires de travail invisible, soit faiblement rémunéré ou non rémunéré. Cela inclut souvent la comptabilité, les réseaux sociaux, la proche aidance envers les parents, etc. Ces

PUBLICITAIRES : Louise Beauregard Karine-Isabelle Bockus

Linda Douville

Michel Marot

Brigitte O’Connor

Isabelle St-Sauveur

PUBLIÉ PAR:

TÉL. : 450 773-6028

TÉLÉCOPIEUR : 450 773-3115 SITE WEB : www.dbc.ca COURRIEL : admin@dbc.ca

chiffres font réagir. L’UPA prépare aussi des conférences sur le sujet.

GTA : Quel serait le second dossier d’importance?

V.G. : La copropriété. Le plus récent recensement devrait nous fournir des données intéressantes, notamment au niveau de la copropriété des entreprises. Je mise sur le fait que le taux de copropriété féminine devrait augmenter par rapport aux 27 % actuels. Atteindra-t-on les 30 %, comme dans le reste du Canada? C’est ce que l’on souhaite. Je constate que, pour la jeune génération, c’est devenu un automatisme : il faut des parts et être protégée juridiquement.

Financement, financement toujours

GTA : Et le troisième?

V.G. : Le dossier du financement visant les femmes de 40 ans et plus est sur notre table de travail. Évidemment, on ne veut rien enlever aux femmes de la relève, mais on aimerait que les femmes de 40 ans et plus qui désirent démarrer une entreprise puissent bénéficier d’aides spécifiques pour le faire.

GTA : Ce serait par l’entremise d’un nouveau fonds ou d’un volet dédié au sein d’un programme existant?

V.G. : Comme la plupart des programmes existants ne visent que les 40 ans et moins, un nouveau programme serait pertinent. Peut-être serait-il intégré à une offre visant les PME agricoles. J’ai pu aborder ce sujet avec Christine Fréchette, première ministre du Québec, lors de son dernier passage à l’UPA. Le concept n’est pas nouveau, mais nous reprenons le flambeau.

Publié 12 fois par année par DBC Communications inc. 655, avenue Sainte-Anne, Saint-Hyacinthe, Québec J2S 5G4 Imprimé par Imprimerie Transcontinental SENC division Transmag, 10807, rue Mirabeau, Ville d’Anjou Québec H1J 1T7. Dépôt légal Bibliothèque nationale du Canada Copyright® Tous droits réservés sur les textes et les photos. Les articles sont la responsabilité exclusive des auteurs. Prix d’abonnement : 1 an (taxes incluses)...............40 00$ Poste publication - convention : PP40051633

Véronique Guizier, présidente des Agricultrices du Québec.

Photo : gracieuseté

GTA : Une autre cause à l’agenda des prochains mois?

V.G. : Oui, celle des haltes-garderies atypiques, qui avance un peu plus vite. Il existe un projet pilote dans le BasSaint-Laurent, mené conjointement par l’Association des haltes-garderies du Québec et la présidente des Agricultrices du Bas-Saint-Laurent, Jessie Rioux. Le financement demeure le principal enjeu. Les dossiers avancent lentement, mais sûrement.

GTA : Le projet est-il envisagé selon une formule où les parents pourraient déposer les enfants dans une garderie locale ou selon un mode où une personne se déplacerait à la ferme pour veiller sur les jeunes pousses pendant que les adultes travaillent?

V.G. : Le concept vise davantage le modèle halte-garderie que celui du CPE, et selon des horaires atypiques, c’est-àdire seulement selon les jours et les heures nécessaires. Le sujet fait réagir. L’Année internationale des agricultrices nous offre une vitrine permettant une belle représentation. Cette année sera suivie en 2027 par le 50e anniversaire de fondation des Agricultrices du Québec, ce qui devrait générer une belle continuité et contribuer à l’avancement des dossiers.

27 000 exemplaires distribués dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe et par Postes Canada aux producteurs agricoles dans les régions suivantes :

Montérégie-Est Montérégie-Ouest Centre-du-Québec

Prochaine édition 16 juillet 2026

Spécial EXPO agricole de Saint-Hyacinthe

Yves Rivard

Agricultrices, si c’était à refaire, que feriez-

Dans le cadre de notre thématique, maintenant annuelle, il convenait de sonder l’opinion d’agricultrices, cette fois âgées de plus de 45 ans, question de savoir si elles feraient certaines choses de manière différente à la lumière de leur bagage actuel. Quatre d’entre elles ont répondu à notre invitation et livré ces propos sentis et ressentis portant sur trois thèmes précis : famille, gestion et production.

Lise Tremblay

Ferme Fatran (production avicole), Saint-Liboire Prix Rayonnement Perspective+ 2025 des Agricultrices du Québec

Famille : « Votre sujet m’interpelle beaucoup. Il me permet de revisiter mon bilan de vie sous cet angle. J’ai connu beaucoup de changements et ils m’ont tous permis d’évoluer. J’ai 60 ans et j’ai donc connu l’époque où la femme était au service de l’homme. Donc, lorsque je me suis lancée en agriculture avec mon conjoint, je partais avec la tâche des responsabilités familiales. Cela ne m’enlevait rien au niveau du travail. Si c’était à refaire, j’en prendrais moins lourd sur les épaules, je déléguerais certaines tâches. »

Gestion : « J’ai débuté en agriculture avec mon conjoint en 1980 et suis devenue copropriétaire en 1995, lorsque l’association entre lui et son frère a été

dissoute. Notre fils est associé avec nous depuis 2014 et il s’occupe aujourd’hui de plus en plus de la gestion avec moi. Tout au long de mon parcours, j’ai porté plusieurs chapeaux : mère, cuisinière, enseignante, planificatrice, etc.

En tant que gestionnaire, j’ai apporté plusieurs changements, notamment au niveau des employés, et suivi plusieurs formations. Je continue à effectuer des changements, à proposer des solutions. Cela dit, à l’époque, mon conjoint était très impliqué à l’extérieur, notamment à l’UPA et au conseil municipal. Je ne pouvais pas faire la même chose au même moment. Ce n’est qu’en 2003, alors que mes deux

Lise Tremblay. Photo : gracieuseté

enfants étaient autonomes, que j’ai pu le faire, entre autres à titre d’ambassadrice à l’UPA pour les producteurs d’œufs d’incubation, de commissaire et de vice-présidente du CA du Cégep de Saint-Hyacinthe. Si c’était à refaire, je m’impliquerais de la sorte beaucoup plus tôt. C’est très valorisant. » Production : « J’ai modifié des protocoles et des suivis afin d’optimiser nos productions en matière d’environnement et de bien-être animal. On a agrandi des bâtiments, ajouté des poules

et des dindons. Les changements ont toujours suivi l’identification de besoins. On a engagé beaucoup de personnel et j’ai conçu différents projets, notamment Agriculteurs d’un jour, dans le cadre duquel la ferme a accueilli beaucoup d’étudiants et de professeurs. L’objectif : faire connaître ma production d’œufs d’incubation. Ferais-je les choses différemment aujourd’hui? Peut-être feraisje connaître plus tôt et davantage notre rôle, notre mission, plus précisément à titre de femme en agriculture. »

Mari-Lou Provost Ferme Chayane (production laitière et grandes cultures), Saint-Dominique Administratrice du syndicat Agricultrices de la Montérégie-Est

Famille : « Lorsque j’ai rencontré mon conjoint en 2002, le transfert familial était déjà débuté. J’ai eu la grande chance d’être bien accueillie par ma belle-famille. Je n’ai jamais ressenti d’exclusion ou de sentiment de ce genre. Au contraire, j’ai été incluse dans le processus et j’ai reçu 20 % des parts, soit la même proportion que mon conjoint. La famille était bien entourée au niveau professionnel afin de réussir la transaction. Des solutions ont été trouvées pour chaque détail posant problème. De plus, mon beaupère est demeuré à titre de mentor pendant plusieurs années, ce que j’ai bien apprécié. J’aurais peut-être aussi apprécié que le frère de mon conjoint se joigne à l’entreprise, mais il n’était pas prêt. Mais, dans l’ensemble, je ne changerais rien. »

Gestion : « Je ne viens pas d’une famille agricole : mon père était banquier et ma mère, comptable. J’ai été chimiste dans un labo pharmaceutique, rien ne me destinait à cette vie, à cette vocation agricole. Des adaptations ont été nécessaires pour gérer cette nouvelle vie, notamment les soupers de famille, rendus impossibles par la traite quotidienne, et qui sont devenus des brunchs. Du côté de ma vie familiale, j’ai la chance d’avoir quatre enfants, nés de manière très rapprochée, ce qui a été difficile pour mon corps. Peut-être espacerais-je davantage les naissances, mais d’un autre côté, c’est tellement fantastique

de les voir vivre ensemble, de voir leur relation, qu’il n’y a pas de regret là. Cela dit, nous avons adapté l’horaire des tâches selon les besoins des enfants, ce qui a certainement été une bonne solution. »

Production : « Lorsque le processus de transfert a été amorcé, mon conjoint a entrepris de grands travaux de rénovation afin d’agrandir le troupeau de vaches. Il y a 25 ans, les robots de traite n’étaient pas d’utilisation courante. Mon conjoint a été tenté par cette technologie qui aurait changé la donne, mais on disait alors que cela convenait à de bien plus grosses productions. Un jour, lorsqu’un des enfants prendra la relève, la robotique sera probablement intégrée aux méthodes et pratiques. »

Mari-Lou Provost. Photo : gracieuseté
Yves Rivard GTA

vous différemment?

Nathalie Payette

Ferme Les kiwis à Nathalie (production de mini-kiwis), Saint-Paul-d’Abbotsford Enseignante en production animale à l’École professionnelle de Saint-Hyacinthe et administratrice du Syndicat de l’UPA de Rouville Prix Coup de cœur de la 28e édition du Défi Osentreprendre de la MRC de Rouville

Famille : « À ce sujet, je ne changerais rien, car je considère qu’une ferme est le meilleur endroit pour élever des enfants, que j’ai au nombre de six. Étant enseignante, j’observe que les enfants issus du milieu agricole sont souvent beaucoup plus responsables. Cela dit, le fait de travailler en étroite collaboration avec son conjoint peut faire en sorte que les problèmes nous suivent jusque sur l’oreiller. Je suis sûre qu’un grand nombre d’agricultrices seront d’accord pour dire que cela peut parfois être moins facile. La dynamique est bien différente de celle d’un travail extérieur. C’est une belle vie,

mais elle nous accapare beaucoup, tous les jours. C’est vraiment une vocation. » Gestion : « Le volet gestion est celui que j’aime moins. Toute cette paperasse! Mais, pas le choix. Pour faciliter le tout, il faut que chaque agricultrice soit rapide, très bien organisée et capable de faire deux ou trois choses en même temps, car la famille nécessite aussi beaucoup d’attention. Bien sûr, être bien encadrée et en mesure de déléguer allègerait le tout, mais ce n’est pas toujours possible. Je crois que tant qu’on ne se pose pas trop de questions, on découvre que c’est possible de tout faire. »

Sophie Gendron

Ferme Gendron-Benoît (acériculture, serriculture, gingembre), Bromont

Administratrice du syndicat Agricultrices de la Montérégie Est et administratrice du syndicat UPA Brome-Missisquoi

Famille : « Je n’ai pas vraiment de regrets. Quand les regrets prennent le dessus sur les rêves, c’est qu’on vieillit. J’ai 60 ans, j’exploite une ferme depuis 15 ans, et j’y vis à temps plein depuis seulement 5 ans. Mon conjoint et moi avons tout démarré de zéro. Difficile d’identifier ce que j’aurais fait différemment puisque tous les obstacles et défis mis sur ma route m’ont permis d’apprendre et d’évoluer. Pour réaliser le projet de serre, nous avons attendu que le plus jeune entre à l’université. Les autres projets ont été entrepris avant. »

Gestion : « Lorsque nous avons acquis un terrain qui n’était pas vraiment exploité en 2011, les enfants ont progressivement commencé à nous aider, selon leurs envies et leurs disponibilités. Un des objectifs derrière l’acquisition était justement de créer une expérience commune, un lieu de rassemblement. Je ne vois pas ce que j’aurais pu faire différemment. Plusieurs projets ont permis de balancer entre le collectif et le personnel. Par exemple, mon gendre a entamé une production de houblon sur notre terre, ce qui lui a valu l’aide de tous. En ce moment, ma fille cultive de l’ail, assez pour nourrir toute la famille. Les possibilités sont nombreuses. »

Production : « Nous avons obtenu notre premier contingent acéricole en 2015. Dès le début de la collecte d’eau d’érable, nous avions établi un partenariat avec une érablière dotée d’une bouilloire, ce qui s’est avéré une formule gagnante. Je ne changerais rien de ce côté, sinon que ça aurait été vraiment productif d’obtenir ce contingent avant, car nous avons en quelque sorte perdu cinq ans à attendre. Pour

ce qui est de la serre, mon objectif a toujours été de fournir une alternative locale aux produits importés. Ma première production, des courgettes bio, s’est avérée très énergivore en matière de temps et d’attention. J’étais devenue l’esclave de ma serre! Je ne regrette rien, mais j’ai opté pour le gingembre jeune, virtuellement introuvable dans le marché, car ce dernier ne se conserve pas longtemps. Nous avons développé des partenariats de commercialisation avec des marchés locaux et montréalais. Depuis l’an dernier, ça va vraiment bien. Donc, rien à changer de ce côté. »

Production : « Chaque production nécessite des aptitudes différentes. Par exemple, en production laitière, il importe d’être très efficace et de tout surveiller les protocoles, alors que pour la production de kiwis, il faut surtout surveiller la météo.

Changerais-je quelque chose? Je ne crois pas, car lorsque je suis dans mon champ de kiwis, je suis heureuse. Qu’on soit dans l’élevage de porc, de volaille ou de légumes, si l’on est passionnée et travaillante, cette vie nous procure beaucoup.

Sophie Gendron. Photo : gracieuseté
Nathalie Payette. Photo : gracieuseté

Lutter de manière bio contre l’altise à tête rouge dans les cultures en pots

L’altise à tête rouge (Systena frontalis) est un ravageur bien connu par les pépiniéristes et qui représente un important défi pour les producteurs de plantes ornementales en pots au Québec. Cet insecte ravageur cause des dommages esthétiques importants sur le feuillage des arbustes cultivés en pots, ce qui affecte la qualité commerciale des végétaux. Depuis quelques années, l’utilisation de nématodes entomophages suscite un intérêt grandissant comme solution de lutte alternative aux insecticides traditionnels.

Le cycle de vie de l’altise explique pourquoi les traitements dans le terreau peuvent être particulièrement efficaces. Les adultes émergent généralement à partir de la mi-juin et pondent leurs œufs dans les contenants au cours de l’été. Les œufs passent ensuite l’hiver dans le terreau et les larves se développent au printemps suivant dans le terreau avant de devenir adultes.

Ce sont précisément ces stades larvaires qui sont visés par les nématodes entomophages.

L’efficacité éprouvée des nématodes

Les essais réalisés par l’IQDHO ont démontré l’efficacité de cette méthode. Parmi les espèces testées, Heterorhabditis bacteriophora a donné les meilleurs résultats. Lors d’essais réalisés en pépinière expérimentale, une seule application bien effectuée a permis de réduire l’émergence des adultes de 85 à 94 %. Une autre espèce, Steinernema carpocapsae, peut aussi être utilisée lorsque H. bacteriophora n’est pas disponible, bien que son efficacité soit légèrement inférieure.

Les appliquer au bon moment

Le moment d’application est essentiel pour obtenir de bons résultats. Les larves de troisième stade ainsi que les nymphes sont les plus sensibles aux nématodes. Comme la rapidité de développement de l’altise varie selon les régions et les conditions climatiques, les producteurs sont encouragés à suivre l’accumulation de degrés-jour sur le site Agrométéo Québec afin de cibler la meilleure période d’intervention. Au Québec, la fenêtre optimale se situe généralement entre

335 et 427 degrés-jour accumulés en base 10 °C à partir du 1er mars.

Des conditions favorables au succès Puisque les nématodes sont des organismes vivants, plusieurs précautions doivent être prises afin d’assurer leur survie et leur efficacité. Les applications devraient être réalisées par temps frais, nuageux ou lors d’une faible pluie, car les rayons UV du soleil endommagent rapidement les nématodes. La température de l’eau et du matériel ne doit pas dépasser 30 à 35 °C. Il est également important d’éviter les vents forts afin de limiter la dérive.

Avant l’application, les pots doivent être bien irrigués afin de créer des conditions favorables au déplacement des nématodes. Après le traitement, le terreau doit demeurer humide pendant quelques semaines, sans toutefois provoquer de lessivage excessif.

La préparation de la bouillie demande aussi certaines attentions. Les nématodes doivent être tempérés avant leur utilisation et mélangés dans une eau fraîche, idéalement entre 15 et 20 °C. Une agitation constante est nécessaire pendant toute l’application afin de garder les nématodes en suspension.

Différentes méthodes d’application Plusieurs méthodes d’application ont été testées et validées par l’IQDHO. Les nématodes peuvent être appliqués à l’aide d’un pulvérisateur, par bassinage ou arrosage, ou encore injectés directement dans un système d’irrigation par aspersion. Pour en savoir plus, consulter la fiche technique et la vidéo du RAP présentées en référence à la fin de l’article.

Les coûts de ces applications varient selon la méthode choisie, la superficie traitée et la quantité de nématodes utilisée. Dans les essais réalisés en pépinière, le bassinage et l’aspersion se sont révélés

parmi les méthodes les plus avantageuses sur le plan économique.

L’utilisation de nématodes entomophages constitue donc une solution durable pour intégrer davantage de lutte biologique dans les pépinières ornementales. En ciblant les larves directement dans le substrat, cette stratégie permet de réduire fortement les populations d’altises à tête rouge tout en diminuant le recours aux insecticides foliaires. Avec une bonne planification et des conditions d’application adéquates, les nématodes représentent aujourd’hui un outil efficace et adapté aux réalités de la production en contenants.

Ll’IQDHO vous invite à visiter son compte YouTube (IQDHO IQDHO) pour visionner la vidéo du RAP Pépinières ornementales qui présente l’information détaillée sur les cinq façons d’appliquer les nématodes.

Avec un pulvérisateur

• Par bassinage avec un boyau d’arrosage

• Par arrosage avec un boyau d’arrosage

• À l’aide d’une rampe manuelle munie de buses

Par les asperseurs rotatifs

• À l’aide d’un injecteur

• À l’aide d’un siphon à effet Venturi

De plus, vous trouverez le rapport final du projet Évaluation de différentes méthodes d’application de nématodes entomophages à grande échelle en contexte de production en contenants en pépinière sur le site Web de l’IQDHO https://iqdho.com/ dans la section Projets. Finalement le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) - Pépinières ornementales a rédigé une fiche technique : Culture en pots : lutte contre l’altise à tête rouge à l’aide de nématodes, disponible sur la plateforme collaborative du (CRAAQ), Agri-Réseau.

Crédit photo : Fiche technique, RAP Pépinières ornementales, 13 avril 2026

Drone et santé des sols, y a-t-il un lien à faire?

Marie-Eve Bernard

M. Sc., agronome, conseillère en santé des sols, Direction régionale de la Montérégie, Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ)

Les technologies ont toujours fasciné les humains, et l’agriculture n’y échappe pas. Depuis quelques décennies, les innovations se multiplient à grande vitesse. Bien que certaines améliorent l’efficacité des opérations, d’autres peuvent avoir un effet moins positif sur la santé des sols, notamment en raison de l’augmentation constante du poids des équipements agricoles. Les drones représentent une technologie intéressante pour éviter la compaction – l’un des principaux facteurs de dégradation des sols agricoles – et élargir les périodes propices aux interventions. Ils peuvent être utilisés notamment pour l’implantation des cultures de couverture, un atout important pour la santé et la résilience des systèmes agricoles.

Essais de semis de trèfle intercalaire

L’augmentation des superficies de céréales d’automne a favorisé la réalisation d’essais de semis de trèfle intercalaire au printemps. Plusieurs producteurs ont tenté l’expérience et partagé leurs connaissances. La petite capacité de stockage des drones dans les premières années n’avait pas trop d’incidence puisque la semence du trèfle est très petite et que le taux de semis est bas (moins de 10 kg/ha). Le principal frein à l’implantation du trèfle dans le blé d’automne était la période propice pour le faire, souvent trop courte au printemps. Avec le drone, il n’est plus nécessaire d’attendre LE bon moment au printemps. En effet, l’appareil permet une implantation à une période de l’année où le sol est humide et sa capacité de portance réduite. C’est donc dire que, dès la fonte des neiges, il est possible de semer du trèfle sans causer de compaction.

Les conseillers agricoles ont suivi ces essais avec intérêt. Quelques observations en sont ressorties. De façon générale, la levée était assez uniforme dans les champs (voir photo 1).

pour se développer. Il forme alors une couverture dense, efficace pour lutter contre les mauvaises herbes annuelles. À la fin de l’automne, la couverture de trèfle est assez impressionnante (voir photo 3).

Cela indique que la répartition de la semence de trèfle avec le drone s’est faite de façon adéquate. Cette culture reste normalement assez basse et ne compétitionne pas avec le blé durant la saison de croissance. Une fois le blé récolté, le trèfle peut prendre toute la place (voir photo 2) et bénéficier des rayons du soleil

De plus, comme le trèfle est une légumineuse, il fixe l’azote atmosphérique à l’aide de ses nodules. Il agit alors comme source d’azote pour la culture qui sera semée la saison suivante. La méthode de gestion du trèfle doit en revanche être décidée par le producteur en fonction de l’équipement à sa disposition et de sa tolérance à gérer de la biomasse vivante au printemps suivant.

Seigle dans le maïs-grain : des défis à relever

Quelques tests de semis intercalaire par drone ont également été réalisés dans le maïs-grain avec des semences de seigle. De ce côté, les premiers résultats étaient plutôt variables. Premièrement, le seigle a une semence de calibre moyen. Pour atteindre le taux de semis ciblé (60-80 kg/ha), deux passages de drone étaient parfois nécessaires. Par conséquent, les coûts d’implantation étaient plus élevés.

Deuxièmement, le problème le plus souvent rencontré était que la semence avait de la difficulté à atteindre le sol. En effet, les feuilles du maïs-grain arrêtaient sa chute, diminuant de façon importante le taux de germination. Comme le sol est assez sec au début et à la mi-septembre, sauf après une pluie, il y avait peu d’humidité pour permettre une bonne germination. Le taux de réussite était ainsi intimement lié à la météo.

Pour le moment, le semis intercalaire dans le maïs-grain à cette période de l’année ne peut être effectué à l’aide d’autres équipements agricoles que les drones. Il faut rester optimistes : les prochaines générations de drones parviendront peut-être à régler ce problème de taux de semis et à générer plus de vent près du plant pour permettre à la semence de tomber au sol.

Limites du drone

Le semis au semoir reste encore la façon la plus efficace pour assurer un meilleur contact de la semence avec le sol. Il permet également de semer des semences de plus gros calibre (radis, féverole, pois) à la bonne profondeur pour s’assurer de leur germination, ce que le drone fait difficilement.

Le drone ne remplacera pas à court terme tous les équipements traditionnels, mais il pourrait devenir un outil stratégique pour sécuriser l’implantation des cultures de couverture dans un contexte climatique de plus en plus imprévisible. Pour réussir l’implantation des cultures de couverture, il faut être prêt à ajuster sa stratégie selon la période de semis, la météo, l’état du sol et les espèces à implanter. Chose certaine, seul le drone permet de faire un semis sans compaction, et ça, c’est un argument assez fort pour le garder dans notre boîte à outils en santé des sols!

Photo 1. Photo: MAPAQ
Photo 2. Photo : MAPAQ
Photo 3. Photo : MAPAQ

Lutte contre les thrips en serre : comment garder le contrôle

Isabelle Fréchette

Agr., conseillère en serriculture et en agriculture urbaine, Direction régionale de la Montérégie, ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ)

Les thrips sont de redoutables ennemis des cultures ornementales et maraîchères en serre. Ces petits insectes, qui font moins de 2 mm de longueur, peuvent causer de grands dommages. Ils laissent souvent sur les feuilles des zones blanches ou argentées parsemées de points noirs qui sont en fait leurs excréments. En plus d’abîmer le feuillage, les thrips peuvent causer des déformations et des décolorations aux fleurs et aux fruits. C’est notamment le cas chez les concombres, qui sont particulièrement sensibles à cet effet de déformation. Les thrips sont aussi des vecteurs de virus, dont la maladie bronzée de la tomate et le virus de la tache nécrotique de l’impatiente.

Au cours de leur vie, les thrips passent à travers différents stades physiologiques qui déterminent leur emplacement dans l’environnement de culture. Les œufs des thrips sont pondus à l’intérieur des tissus végétaux. Les larves qui émergent des œufs et les thrips adultes se promènent sur les feuilles, les fleurs et les fruits. Cependant, durant la pupaison, soit le stade entre la larve et l’adulte, ils se trouvent généralement dans le sol ou le terreau. Bien que les thrips se développent à des températures se situant entre 10 et 35 °C, ils peuvent hiverner dans des serres non chauffées. Si les serres ne sont pas utilisées pendant l’hiver, il est recommandé de les nettoyer et de les désinfecter.

Attention aux différentes espèces de thrips

Les deux espèces les plus fréquemment rencontrées dans les serres sont le thrips des petits fruits et le thrips de l’oignon. Plusieurs agents de lutte peuvent être introduits pour les contrer, dont les acariens Neoseiulus cucumeris et Amblyseius swirskii ainsi que la punaise Orius

sp. Si la méthode utilisée habituellement ne fonctionne pas, c’est peut-être le signe de la présence d’une autre espèce de thrips exotique comme Thrips setosus, Echinothrips americanus (aussi appelé « thrips de l’impatiens ») ou Thrips parvispinus. Présent au Québec depuis quelques années, ce ravageur est introduit dans nos serres lorsque des boutures de plantes ornementales arrivent de l’étranger, en particulier de la Floride. Mettre les boutures de ces plantes en quarantaine et procéder à un trempage dans du savon insecticide, de l’huile minérale ou avec un produit à base de Beauveria bassiana diminue les risques de prolifération. Il est important de respecter les indications des étiquettes des produits pour éviter tout dommage à la culture et des usages non conformes. Cette nouvelle espèce est particulièrement agressive pour la culture des poivrons en serre. Les dommages causés par Thrips parvispinus peuvent être confondus avec ceux du tarsonème des serres (déformations et cicatrices liégeuses).

En raison de la petite taille de ces insectes, il est très difficile de distinguer

les espèces de thrips. Cependant, une méthode pour savoir si on est en présence des thrips des petits fruits et des thrips de l’oignon est de vérifier la couleur des ailes des adultes. Ces derniers ont des ailes de couleur pâle. Ainsi, si les ailes sont foncées, il s’agit probablement d’une espèce exotique qui mérite une identification formelle par un envoi au Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection du MAPAQ. Cela pourrait indiquer la nécessité de choisir une stratégie de lutte différente, soit augmenter les doses des agents de lutte déjà utilisés ou en introduire des nouveaux.

Une punaise prédatrice et sa plante accompagnatrice

Un des agents de lutte de ces insectes, dont Thrips parvispinus, est la punaise prédatrice Dicyphus hesperus, également reconnue comme une arme contre les aleurodes (mouches blanches). Cet insecte peut aussi se nourrir de pucerons, d’acariens ainsi que d’œufs et de chenilles de papillons. Toutefois, s’il manque de nourriture, il peut s’attaquer à la culture. C’est pourquoi, en accompagnement de cette punaise, il est recommandé d’utiliser la molène comme plante réservoir. Celle-ci pourra lui servir de repas lorsque la quantité de ses proies diminuera et elle pourra s’y reproduire. Cette stratégie empêche la punaise de s’attaquer aux cultures en serre, tout en assurant le maintien d’une population adéquate. L’établissement d’une population stable peut prendre de 3 à 10 mois. En attendant d’y parvenir, les producteurs doivent réintroduire l’insecte régulièrement.

La molène doit être semée trois mois avant d’atteindre la hauteur souhaitée de 30 cm. En plus d’en faire la culture, les producteurs peuvent se la procurer à l’extérieur. Elle se trouve naturellement au bord des routes ainsi que le long des

Plant de molène Verbascum thapsus L

: Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection, MAPAQ.

chemins de fer, dans les pâturages et dans les champs non cultivés. Elle se développe dans un terreau pauvre, demande un arrosage modéré et est peu sujette aux maladies, si ce n’est parfois à l’oïdium (aussi appelé le « blanc »). L’installation d’un plant de molène par 100 m2 est une pratique peu coûteuse et peu exigeante qui permet de soutenir une lutte biologique plus pérenne et d’ainsi diminuer les frais d’introduction de la punaise et le recours aux insecticides. De plus, les plants de molène avec Dicyphus hesperus peuvent être gardés dans un coin de serre minimalement chauffée pendant l’hiver en vue de les réinstaller au printemps suivant. Dicyphus hesperus est l’un des nombreux agents de lutte disponibles contre les thrips. Contactez votre conseiller et votre fournisseur d’auxiliaires de lutte pour définir la stratégie optimale pour votre entreprise.

Pour suivre l’évolution des ennemis des cultures et les meilleurs moyens pour y faire face, abonnez-vous gratuitement aux Réseaux d’avertissements phytosanitaires des cultures maraîchères et fruitières en serre et des cultures ornementales en serre.

Thrips aux ailes de couleur pâle appartenant probablement à l’espèce des thrips des petits fruits ou des thrips de l’oignon.
Photo : Isabelle Fréchette, MAPAQ.
A : Thrips tabaci (thrips de l’oignon); B : Frankliniella occidentalis (thrips des petits fruits); C : Thrips setosus; D : Echinothrips americanus (thrips de l’impatiens); E : Thrips parvispinus Photo : Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection, MAPAQ.
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La place des femmes en agriculture

Il n’y a pas si longtemps, soit autour de la fin des années 70, les femmes luttaient pour faire reconnaître leur activité professionnelle au sein des fermes afin que le Québec prenne conscience de leur importance. Auparavant, la porte d’entrée des femmes en agricultures était le mariage, et cela imposait un statut de femme d’agriculteur qui les consignait à des travaux domestiques et des travaux agricoles sur la ferme sans rémunération ni statut de propriétaire. C’est à l’aube des années 2000 que les agricultrices furent plus nombreuses à créer leur entreprise en démarrant des exploitations à petite échelle en productions diversifiées. Pour soutenir leurs ambitions, toute une gamme de formations est offerte pour les outiller sur le démarrage d’une entreprise. « Élaborez un plan d’affaires en entreprise » est disponible en tout temps et est bien adaptée à la réalité des femmes qui doivent jongler entre la vie familiale, le travail à l’extérieur et leur projet de lancement d’entreprise agricole. Par ailleurs, à l’automne, le Cégep de Victoriaville lancera une nouvelle cohorte d’entrepreneuriat et gestion d’entreprise agricole qui mène vers une attestation d’études collégiales. Elle sera offerte en ligne à raison de deux heures par semaine sur un peu moins de deux ans. Si ça vous intéresse, visitez notre catalogue de formation pour avoir les détails du cursus et pour vous inscrire : www.upa.qc.ca/producteur/formations/ detail/entrepreneuriat-et-gestiondentreprise-agricole-attestation-detudescollegiales-aec-nouveau

Reconnaissance des acquis, svp Pour celles qui ont déjà de l’expérience dans le domaine de l’agriculture, il leur est possible de faire reconnaître leur dur labeur à la ferme en lien avec un domaine d’études. Selon la région où vous habitez en Montérégie, vous pouvez soit contacter le service de la reconnaissance des acquis de l’École professionnelle de Saint-Hyacinthe ou celui du Centre de formation professionnelle du Suroît dans le secteur de Salaberryde-Valleyfield. Faire reconnaître son expérience peut mener à l’obtention de davantage de subventions disponibles à la relève agricole.

Afin d’inspirer les productrices agricoles, les Agricultrices du Québec ont offert, en partenariat avec les Éleveurs de porcs du Québec, un webinaire intitulé « Leadership au féminin ». Mettant

en vedette Danièle Henkel, entrepreneure et figure inspirante, cette conférence a eu lieu le 27 mars dernier. Cette initiative a permis à environ 70 participantes d’explorer avec elle les défis, les opportunités et les stratégies concrètes pour faire progresser la place des femmes aux postes d’influence.

Mentorat

Enfin, saviez-vous qu’il existe du mentorat pour les femmes désirant siéger à des postes politiques, notamment aux conseils d’administration des syndicats agricoles québécois?

Les Agricultrices du Québec ont mis sur place le programme « Perspective+ » qui consiste à former et mentorer les femmes souhaitant obtenir un poste électif. Il arrive souvent que celles désirant occuper des postes dans des instances officielles manquent de confiance, hésitent ou bien ont peur de ne pas maîtriser les rouages du syndicalisme. Grâce à ce service, elles peuvent bénéficier de l’expérience d’autres femmes et oser se lancer en politique.

Les détails se retrouvent sur le site des Agricultrices du Québec si vous voulez en savoir davantage : agricultrices. com/perspective/

Pour avoir plus d’information sur l’offre variée en formations agricoles en Montérégie, consultez le catalogue des formations U+ sur le site www.upa.qc.ca/ producteur/formations ou Valérie Plante au 450 454-5115 au poste 6286 ou par courriel : vplante@upa.qc.ca.

Valérie

Marché public : quoi faire pour réussir son kiosque?

Katherine Ducharme

B.A.A., conseillère experte en transformation alimentaire, en agrotourisme et en mise en marché de proximité, Direction régionale de la Montérégie, ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ)

Les marchés publics sont des lieux privilégiés pour rencontrer directement sa clientèle, tester ses produits et bâtir une notoriété. La réussite d’un kiosque repose sur un équilibre entre plusieurs éléments clés : le choix d’un marché adapté à sa clientèle, une offre claire, une conformité irréprochable, un kiosque à l’apparence soignée et un service humain et chaleureux. Lorsque ces composantes sont alignées, elles créent une expérience complète et mémorable qui renforce la confiance et fidélise les clients.

Bien choisir son marché public

Bien qu’ils constituent un mode de mise en marché de proximité, les marchés publics ne sont pas tous identiques. Chacun attire une clientèle qui lui est propre et il est primordial de bien la connaître avant de faire un choix. S’agit-il de familles, de touristes ou de personnes retraitées? Chacun de ces groupes présente un pouvoir d’achat et des habitudes de consommation distincts.

Par exemple, une famille pourrait visiter le marché pour faire des provisions en vue de l’automne, notamment en achetant des petits fruits à congeler. Elle cherchera alors des prix avantageux et de grands formats. À l’inverse, un couple de jeunes retraités pourrait s’y rendre pour découvrir et déguster des produits fins ou explorer de nouvelles saveurs.

Discutez avec le gestionnaire du marché public afin d’obtenir des renseignements sur le niveau de fréquentation, les périodes d’achalandage, l’ambiance générale du lieu ainsi que son emplacement. Certains marchés misent sur une atmosphère touristique, alors que d’autres privilégient une approche gourmande ou encore urbaine. L’objectif est de choisir un marché public en adéquation avec votre entreprise et la nature de vos produits.

Adapter son offre

Une fois le marché ciblé, adaptez votre offre pour qu’elle soit attrayante et cohérente avec le lieu de vente. Mieux vaut proposer une sélection restreinte de produits qu’une gamme trop large, qui peut rendre le choix difficile pour les clients. La sélection de vos produits doit aussi refléter les habitudes d’achat selon le

Mohammed Adli MBA, conseiller en agrotourisme et en commercialisation, Direction régionale de la Montérégie, MAPAQ

type de marché. Par exemple, dans les marchés plus touristiques, les visiteurs peuvent provenir d’un peu partout en région. Par conséquent, il leur est difficile de conserver des produits congelés à la bonne température après l’achat. Les produits qui exigent une chaîne de froid stricte sont donc généralement moins adaptés à eux.

L’offre doit également tenir compte des besoins de la clientèle. Les familles privilégient souvent des formats économiques ou des offres groupées, tandis que les touristes cherchent des produits faciles à transporter, prêts à emporter ou présentés comme cadeaux. Quant aux amateurs de gastronomie, ils sont attirés par des produits spécialisés, des nouveautés et des recettes exclusives offrant une expérience distinctive.

Enfin, la mise en valeur des produits phares joue un rôle clé pour attirer l’attention et stimuler les ventes. Les échantillons favorisent la découverte, et la mise en avant d’un « produit du jour » contribue à dynamiser l’offre.

Détenir un kiosque conforme

Le respect des normes et des exigences réglementaires est indispensable. Selon le type de produits offerts, différents permis peuvent être requis, notamment ceux délivrés par le MAPAQ. Dans certains cas, un permis de vente de produits alcoolisés est également nécessaire. Pour en savoir davantage, consultez le document d’information Marchés publics : exigences de commercialisation (www.québec.ca/agrotourisme)

Le respect des règles entourant la dégustation est essentiel afin de garantir une manipulation sécuritaire des aliments. Consultez la page Dégustations et démonstrations culinaires au www.quebec.ca/sante/alimentation/salubrite-aliments-prevention-risques/etablissemen ts-alimentaires/degustations.

Rendre son kiosque irrésistible

Un kiosque est une véritable mini-boutique, et son apparence joue un rôle déterminant dans l’attraction et la décision d’achat. Voici quelques astuces pour capter rapidement l’attention de l’acheteur :

• Varier la hauteur des produits dynamise l’espace;

• Épurer la table met davantage les produits en valeur.

L’ambiance générale et l’image de marque renforcent la crédibilité du kiosque. L’utilisation des couleurs de l’entreprise crée une identité visuelle reconnaissable. Le port d’un uniforme, d’un tablier ou de badges permet d’identifier facilement les vendeurs et inspire confiance. Des éléments décoratifs simples, comme des paniers ou une nappe propre, ajoutent du caractère sans nuire à la clarté.

Un affichage clair et efficace permet d’informer rapidement les visiteurs des prix, des formats offerts et des ingrédients. Mettre de l’avant des messages clés tels que « local », « fait maison », « sans allergènes » ou « nouveauté » facilite le choix et renforce l’attrait du kiosque. Pour en savoir plus, consultez l’aide-mémoire sur le marchandisage (https://gardemangerduquebec.ca/wpcontent/uploads/2025/07/AideMemoireTechniquesMarchandisage_VF.pdf).

Offrir une expérience qui fidélise Être accueillant et proactif est essentiel pour créer une première impression

positive. Un sourire sincère et un contact visuel naturel invitent à l’échange. Saluer les passants sans pression ouvre la conversation tout en respectant leur rythme, ce qui rend l’approche à la fois chaleureuse et professionnelle.

Pour donner du sens à l’achat, rien de mieux que de raconter l’histoire derrière les produits. En effet, expliquer pourquoi le produit a été créé, comment il est fabriqué et d’où proviennent les ingrédients met en valeur le savoir-faire et l’authenticité. Les marchés publics ne sont pas seulement des lieux de vente : ce sont aussi des espaces de rencontres humaines où le dialogue renforce la confiance. Poser des questions au client, par exemple lui demander s’il a apprécié un produit lors d’une visite précédente, montre une attention personnalisée et encourage la rétroaction.

Un lien durable favorise la fidélisation. Pour maintenir la communication après la visite au marché, il est possible d’offrir des cartes professionnelles, de proposer une infolettre présentant les nouveautés ou d’afficher un code QR qui mène vers le site de l’entreprise.

Marché public de Valleyfield. Crédit : Audrey Mc Mahon
Bonne saison!

La migration du ver-gris noir étudiée selon les rétrotrajectoires des vents

Le vers gris noir est un papillon nocturne migrateur, dont les larves causent des dommages significatifs aux cultures de maïs, soya, tomate, choux, oignon, etc. Cette espèce produit d’une à deux générations par année et migre du sud (États-Unis) vers le nord au printemps et du nord vers le sud à l’automne. Les femelles sont attirées dans les champs par les mauvaises herbes et les résidus de culture. En particulier, elles apprécient la patience crépue, le chénopode blanc, la barbarée vulgaire, le tabouret des champs. Afin d’appuyer les producteurs dans la gestion de ce ravageur, l’équipe d’entomologie maraîchère de l’IRDA étudie la migration du ver-gris noir en s’appuyant sur les données de rétro-trajectoires des vents.

Les données de captures des papillons couvrant la période de 2010 à 2024, provenant de 61 sites de piégeage situés principalement dans le sud du Québec, ont été utilisées. Les trajectoires des vents ont été modélisées à l’aide du modèle HYSPLIT, en tenant compte de plusieurs contraintes biologiques propres au papillon: période de vol nocturne, tolérance limitée à la pluie et à la température, et incapacité à se poser sur l’eau.

Ces rétro-trajectoires ont été calculées pour différentes altitudes (200 à 700 m) afin de refléter les conditions de transport dans le courant-jet de basse altitude. Ces données ont ensuite été croisées avec les captures de papillons et les conditions météorologiques associées.

L’analyse des rétro-trajectoires des vents a permis d’identifier deux prin-cipales régions associées à des captures de papillon élevées: le sudest des États-Unis et la région de la Côte-Nord/Terre-Neuve-et-Labrador. Les vents provenant du sud sont plus chauds et favorisent le transport des ver gris noir sur de longues distances, tandis que les vents du nord-est pourraient être liés à des zones de convergence atmosphérique provoquant l’atterrissage des papillons.

Le modèle présente certaines limites : il explique environ 35 % de la variation observée, ce qui indique qu’une grande part des facteurs influençant les captures demeure inconnue.

En conclusion, cette étude constitue une avancée importante dans la compréhension de la migration du ver-gris noir au Canada et viendront améliorer les informations pour les Réseaux d’Avertissement Phytosanitaire du MAPAQ.

Cette recherche est soutenue par le programme Agri-science dans le cadre du Partenariat canadien pour une agriculture durable d’Agriculture et Agroalimentaire Canada dans le cadre de la grappe scientifique biologique 4.

Captures historiques de vers gris noir de 2010 à 2024 par date et en fonction de l’altitude des rétro-trajectoire.

Photo
Maxime Lefebvre
Ph.D. Chercheur en entomologie maraichère
Mick Wu Ph. D., Biostatisticien
Photo : IRDA

Les arbres isolés : phares de la biodiversité en milieu agricole

Pierre Chouinard

Agronome, conseiller en agroenvironnement, Direction régionale du Centre-du-Québec, ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ)

On en voit ici et là dans nos campagnes… de grands arbres solitaires qui émergent comme des phares dans de vastes étendues cultivées. Quelques grands ormes d’Amérique, épargnés par la maladie, en sont de dignes représentants. Certains ont plus de cent ans, tout comme des chênes, des érables, des pins, des tilleuls et d’autres espèces. En plus de permettre à plusieurs générations d’apprécier leur présence dans le paysage, ces arbres exercent plusieurs fonctions et rôles essentiels dans les écosystèmes. On réalise de plus en plus l’importance de les conserver, de les protéger et d’en réintroduire.

Fonctions et rôles

Les arbres isolés constituent des habitats pour différents organismes utiles comme des insectes, des oiseaux et des chauvessouris. La plupart fleurissent très tôt au printemps et fournissent du pollen et du nectar aux pollinisateurs ainsi qu’aux insectes auxiliaires lorsque peu de plantes sont encore en floraison. Certains oiseaux les fréquentent régulièrement et

le guet et la prédation d’oiseaux et de rongeurs nuisibles. Les cavités et les fissures d’arbres sains, et aussi d’arbres morts (chicots), servent d’abris, de nids et de sites d’hivernage pour différentes espèces bénéfiques. Certains insectes auxiliaires, comme les coccinelles, passent l’hiver sous les feuilles tombées au sol. Le système racinaire des arbres isolés constitue un écosystème en soi et abrite une multitude de micro-organismes.

Dans des paysages agricoles ouverts et uniformes, les arbres isolés améliorent la connectivité écologique. Ils offrent des abris ainsi que des points de repos et d’orientation pour la faune lors de ses activités et de ses déplacements. Ils créent des zones d’ombrage dans les champs, où les animaux d’élevage et les humains peuvent se rafraîchir. Ces végétaux contribuent à la séquestration de carbone et à la lutte contre les changements climatiques. Ils embellissent les paysages et renforcent l’image d’une agriculture respectueuse de l’environnement.

Conserver, protéger et valoriser

Les arbres isolés constituent une richesse, et il est souvent facile de les préserver et d’éviter leur abattage. Les mesures suivantes y contribuent :

• Tailler les branches susceptibles de nuire au passage de la machinerie. S’assurer de réaliser des coupes qui favoriseront une bonne cicatrisation. Au besoin, recourir à des ressources spécialisées.

• Protéger les arbres des dommages de la machinerie et des animaux. Empê-

• Conserver les chicots qui ne nuisent pas : ils servent de nichoirs et de perchoirs. Pour ceux qui présentent des risques de chute et de nuisance, réduire leur hauteur ou les éliminer.

• Éviter de faucher, autant que possible, la végétation herbacée sous les arbres. Elle peut héberger et protéger différents insectes utiles, notamment lors de la période hivernale.

• Maintenir, voire ajouter de petits amas de pierre, de sol ou de débris végétaux près de certains arbres pour créer des habitats encore plus diversifiés.

Réintroduire

La plantation de nouveaux arbres isolés est relativement facile et requiert peu de travail et d’investissements. Elle représente une option simple et intéressante pour améliorer la biodiversité en milieu agricole.

Les modalités de plantation sont semblables à celles de la plupart des aménagements végétaux. Il faut toutefois porter une attention particulière aux éléments suivants :

• Sélectionner des espèces parmi celles recommandées pour les haies agroforestières, mais privilégier celles ayant un port plus étroit (à proximité des champs), des branches faciles à tailler, un système racinaire profond et une bonne espérance de vie. Diversifier les espèces dans un même champ pour réduire les risques de perte associés au climat, aux insectes et aux maladies.

• Implanter les arbres le long des con-

buttes, friches, etc.). S’assurer que les arbres, une fois taillés, ne nuiront pas au passage de la machinerie ni à l’entretien des cours d’eau et des fossés. Les planter suffisamment loin du talus (1 m et plus) pour réduire les risques de déracinement par le vent et d’incidence sur la stabilité des talus.

• Planter les arbres en petits groupes pour constituer des îlots (ex. : quelques arbres espacés de 3 à 6 m) et ainsi créer des habitats encore plus diversifiés et attrayants.

• Favoriser un espacement maximum de 25 à 100 m entre deux arbres isolés ou deux îlots pour une meilleure connectivité et une présence accrue des insectes et autres organismes qui se déplacent sur de courtes distances. Un espacement supérieur est cependant envisageable, car chaque arbre apporte différents avantages à lui seul.

• Utiliser des paillis individuels de grande taille, durables et bien ancrés au sol. Au besoin, installer des protections contre les cervidés et les rongeurs.

• Protéger les arbres des dommages par la machinerie, les animaux d’élevage ou les applications de pesticides.

• Procéder à l’entretien et à la taille lorsque requis.

En conclusion, les arbres isolés méritent davantage notre attention. Ensemble, et sur tout un territoire, ils contribuent à enrichir la biodiversité et les paysages de nos milieux agricoles. Assurons-nous de les préserver et d’en réintroduire. La plantation d’un seul arbre aujourd’hui entraînera plusieurs

Photo : Éric Labonté, MAPAQ

Prix Mérite Terre-Eau 2026 : trois entreprises agricoles récompensées

La MRC de La Vallée-du-Richelieu (MRCVR) annonce les lauréats des Prix Mérite Terre-Eau 2026, remis à trois entreprises agricoles du territoire qui se sont démarquées par la réalisation d’aménagements durables en milieu agricole.

• Le 1er prix, d’une valeur de 3500 $, a été remis à André Charbonneau, de la Ferme Belmark, pour l’aménagement d’îlots boisés en bandes riveraines, comprenant 225 végétaux plantés sur 340 mètres.

• Le 2e prix, d’une valeur de 2500 $, a été remis à Marc-Antoine Handfield, de la Ferme 9010-9653 Québec inc. (Ferme Handfield), à Saint-Marc-sur-Richelieu, pour l’implantation d’une bande rive-

raine élargie composée de 144 végétaux sur une longueur de 215 mètres, en plus de travaux de stabilisation de berges.

• Le 3e prix, d’une valeur de 1500 $, a été remis à Martin Brodeur-Choquette, de la Bergerie Marovine, à Saint-Charlessur-Richelieu, pour l’implantation d’une haie arbustive en bande riveraine sur 704 mètres.

La prochaine période d’appel à projets ouvrira en octobre 2026.

Marilyn Nadeau (préfète de la MRCVR) , Marc-Antoine Handfield (propriétaire de la Ferme Handfield) et Alain Lavallée (maire de Saint-Marc-sur-Richelieu).
Photo : gracieuseté
Marilyn Nadeau (préfète de la MRCVR), André Charbonneau (propriétaire de la Ferme Belmark) et Alain Lavallée (maire de Saint-Marc-sur-Richelieu). Photo : gracieuseté
Julie Lussier (mairesse de St-Charles-sur-Richelieu), Sonia Mercier du réseau Agriconseils Montérégie, Martin Choquette et Joanne Cameron (propriétaires de la Bergerie Marovine), et Marilyn Nadeau (préfète de la MRCVR). Photo : gracieuseté

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