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Cahier Affaires

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LA RELÈVE ENTREPRENEURIALE

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Déjouer les statistiques

Alors que le Gala du mérite économique de Sorel-Tracy, désormais bisannuel, n’a pas lieu cette année et que de nombreux signaux pointent vers un recul de l’entrepreneuriat au Québec, nous sommes allés à la rencontre de la relève entrepreneuriale, là où les idées et les ambitions prennent leur envol, afin de prendre le pouls du terrain.

Le 1er avril dernier, Les 2 Rives était présent au gala local de la 28e édition du Défi OSEntreprendre. Nous y avons rencontré une nouvelle cohorte d’entrepreneurs inspirants et porteurs d’espoir.

Dès l’entrée, il y avait de nombreux kiosques tenus par des candidats en lice pour faire découvrir leurs produits, services et innovations. Du jus d’hibiscus africain, fusionné avec une touche d’érable par l’entreprise Bissap du Québec, à la bière de la microbrasserie Le Cheptel (qui est maintenant lauréate au niveau régional et qualifiée

pour la finale nationale du 10 juin!), la diversité était au rendez-vous! Tous affichaient un même regard brillant de fierté.

La présidente d’honneur de la soirée, Magalie Rajotte, jeune entrepreneure inspirante reconnue pour ses délicieuses fraises de serre, a livré un vibrant témoignage sur la résilience entrepreneuriale, thème central de la soirée. Son parcours rappelle que l’entrepreneuriat est tout sauf un long fleuve tranquille. Mais, comme elle l’affirme, avec persévérance et en sachant rester à l’écoute de ses limites, il est possible de tirer son épingle du jeu.

Entreprendre, c’est un plongeon dans l’inconnu qui exige audace, adaptation, ténacité et dur labeur. Au-delà de « l’idée de

génie », il faut, bien avant la première transaction, tout bâtir, apprendre en avançant, en temps réel, et cumuler plusieurs rôles (gestion, opérations, comptabilité, marketing, ressources humaines), souvent sans équipe ni réseau de contacts professionnels encore bien établi.

Dans le contexte économique difficile et imprévisible actuel, les entrepreneurs font face à des défis majeurs. Selon des données provenant de sources variées, plus de 50 000 entreprises au Québec devront trouver un repreneur d’ici cinq ans, tandis que le nombre d’entrepreneurs a fondu de plus d’un tiers au cours des 20 dernières années. À peine une entreprise sur deux franchit le cap des cinq ans. Ces nouveaux entrepre-

Ces nouveaux entrepreneurs ne sont pas des statistiques : ils ont un impact concret sur l’économie locale, l’emploi et le savoir-faire régional, et doivent être soutenus.

neurs ne sont pas des statistiques : ils ont un impact concret sur l’économie locale, l’emploi et le savoir-faire régional, et doivent d’être soutenus.

Heureusement, la région dispose d’une panoplie de ressources pour les accompagner, que ce soit au niveau du financement, des subventions, de la formation, du recrutement, du coaching ou du réseautage. Ils doivent donc aller chercher tout le soutien disponible et, bien sûr, pouvoir compter sur nous pour les appuyer. Car nous faisons tous partie de l’équation pour déjouer la tendance!

Dans le cadre de cette édition Les 2 Rives AFFAIRES, notre équipe a rencontré les lauréats et candidats du Défi OSEntreprendre local, afin de brosser un portrait de cette relève bien vivante (pages 4 à 20). Vous y découvrirez des entrepreneurs passionnés, qui nous partagent leurs réalités et leurs ambitions, mais aussi les défis et la résilience qu’exige l’entrepreneuriat d’aujourd’hui. Nous y aborderons également plusieurs nouvelles économiques de la région (pages 21 à 26).

Chapeau à tous les entrepreneurs, piliers de notre économie!

Bonne lecture! « »

Lauréats du Défi OSEntreprendre de la Montérégie

Et si vos plantes pouvaient vous parler?

Pour la première fois, une équipe du Cégep de Sorel-Tracy est lauréate régionale du Défi OSEntreprendre au volet étudiant. Lors du gala régional de la Montérégie, le 23 avril, Zachari Lavallée et Gabriel Laroche ont conquis le jury et le public avec leur projet Plantagoshi.

« Si on avait eu des pots à vendre, la grande majorité des gens en auraient acheté un », nous dit Zachari au lendemain du gala. Uniquement par le nom Plantagoshi, on peut déduire le concept créé par les deux étudiants en Techniques de l’informatique. Inspiré par les appareils Tamagotchi, que Zachari, 20 ans, et Gabriel, 21 ans, avouent ne pas avoir connus, le duo a créé « un pot connecté intelligent avec une âme IA [intelligence artificielle] ».

Ce n’est pas donné à tous d’avoir le pouce vert. Leur solution sert à la fois à aider à la maintenance d’une plante et à rendre le tout plus ludique. « En gros, le principe, c’est un réservoir d’eau avec une pompe dans un pot de plante qui a plusieurs capteurs pour superviser les données de santé de la plante, comme la qualité, l’humidité et la température de l’air, puis l’humidité du sol, la lumière ambiante, etc. », explique Zachari.

À l’aide de toutes ces données, la plante transmet son humeur via un écran connecté au pot et son propriétaire peut interagir avec elle. Les jeunes développeurs ont également

du programme Développement logiciel et intelligence artificielle a permis aux étudiants de bénéficier d’un accompagnement professionnel afin de s’assurer de comprendre le besoin à répondre avant de développer le produit.

Même s’ils n’avaient jamais travaillé ensemble, les deux amis connaissaient les forces de chacun. « Zachari, il est plus niveau hardware, donc l’appareil physique, alors que moi, je suis plus dans le software, tout ce qui est logiciel », relate Gabriel. Ces aptitudes se voient aussi dans leurs aspirations futures. Gabriel va étudier en administration des affaires à l’université l’an prochain, tandis que Zachari vise des études en génie robotique après ses années collégiales.

conçu une application mobile qui permet de consulter les données de la plante.

Un projet multidisciplinaire

Pour Mario Ledoux, directeur adjoint des études, Plantagoshi a mis à contribution plusieurs forces du Cégep de Sorel-Tracy. « Je veux souligner la collaboration entre le HUB informatique et le LabIDEA, notre laboratoire d’innovation qui permet à nos étudiants de développer, pas juste des connaissances, et des compétences en informatique, mais aussi tout le volet complémentaire en génie », commente-t-il.

Zachari et Gabriel ont dû apprendre des concepts de génie électrique pour la connexion des capteurs, de génie mécanique pour la conception 3D du pot et, bien sûr, de génie informatique pour le développement logiciel.

Il ne fallait pas négliger l’aspect entrepreneurial d’un tel projet. Le Parcours startup

Et Plantagoshi dans tout ça? « Le projet nous tient à cœur. C’est pour ça qu’on essaie de le pousser plus loin, notamment avec le volet entrepreneurial. Le Défi OSEntreprendre nous a permis de voir que le projet est viable, donc on s’est dit : pourquoi pas continuer? On serait perdant de ne pas essayer », répond Gabriel. Ils poursuivent donc le développement de leur pot de plante intelligent, rêvant de pouvoir, un jour, le commercialiser.

En route vers le gala national Déjà à l’échelon local, la compétition était forte : deux autres équipes formées d’étudiants du Cégep de Sorel-Tracy avaient présenté des projets novateurs. Samuel Arseneault et Oualid Kiram ont conçu Moonitoring, un collier intelligent qui mesure le comportement des vaches, alors que Brice Steve Tchagam Youatchui a développé son projet LaughTube, une plateforme de vidéo en ligne ciblée pour la relève humoristique.

Après avoir remporté aux échelons local et régional, l’équipe de Plantagoshi peut maintenant espérer atteindre le gala national du Défi OSEntreprendre le 10 juin. Zachari et Gabriel devront d’abord passer le processus de sélection. À la suite d’entrevues, le jury choisira les cinq finalistes qui assisteront à la soirée à Québec.

Timothy Farley | Les 2 Rives
Gabriel Laroche et Zachari Lavallée sont lauréats du 28e Gala OSEntreprendre Montérégie – volet étudiant, grâce à leur projet Plantagoshi. Photo Timothy Farley | Les 2 Rives ©
Les deux acolytes ont convaincu le jury autant au volet local qu’au volet régional. Photo Simon Ménard

Le Cheptel : de SainteVictoire-de-Sorel vers les sommets du Québec

Benjamin Mathieu et Yanic Savard sont fiers d’avoir non seulement remporté un prix à l’échelon local, mais aussi au régional du Défi OSEntreprendre. Ils ont reçu leur prix local des mains du directeur de la Chambre de commerce et d’industrie de Sorel-Tracy, Luc

La fusée est lancée et rien ne semble pouvoir l’arrêter. Après avoir conquis le jury local pour la catégorie Exploitation, transformation et production, la microbrasserie Le Cheptel vient de rafler les honneurs lors de la finale régionale du Défi OSEntreprendre en Montérégie.

Le 11 juin prochain, Benjamin Mathieu et Yanic Savard représenteront fièrement la MRC de Pierre-De Saurel et la Montérégie lors de la grande finale provinciale à Québec. Pour cette jeune entreprise née dans l’adversité, ce n’est pas seulement une victoire, c’est une consécration.

Le parcours du Cheptel est marqué par une résilience hors du commun. Le 2 avril 2023, à peine trois jours avant la visite cruciale de la Régie des alcools, un incendie ravageait complètement leurs installations. « Le lendemain de l’incendie, j’apprenais que j’allais être papa pour une deuxième fois. On s’est dit : on y va! » se remémore Benjamin Mathieu. Plutôt que d’abandonner, les partenaires ont reconstruit à partir de zéro, ouvrant officiellement leurs portes le 31 mai 2025.

Situé sur le site de l’ancien garage du grand-père de Benjamin, Le Cheptel se définit comme une « petite microbrasserie » qui mise sur l’authenticité radicale. Ici, pas de produits éclaircissants ni de filtration. On brasse avec quatre ingrédients : l’eau, les céréales, le houblon et la levure.

Pour se distinguer, Benjamin n’hésite pas à importer des grains de qualité supérieure d’Allemagne ou de Tchéquie. « On ne veut pas les ingrédients de base les moins chers. Moi, en tant que brasseur, je trouve que ça goûte dans la bière », affirme-t-il. Cette quête de perfection l’a d’ailleurs mené jusqu’en Europe pour s’inspirer des meilleures pratiques brassicoles mondiales.

Le nom, « Le Cheptel », est un hommage aux racines agricoles de Benjamin et à la volonté de créer une « gang » inclusive. Que vous arriviez avec vos enfants ou votre chien, l’idée est de se sentir chez soi.

Si l’hiver a servi de période de rodage, l’été 2026 s’annonce électrisant. Dès la mi-mai, la microbrasserie bonifiera son offre avec un menu de nourriture élaboré avec des traiteurs locaux pour accompagner ses 11 bières régulières et ses nombreuses recettes saisonnières.

L’aventure provinciale qui attend les deux entrepreneurs est une opportunité de visibilité inespérée. « On va rayonner en dehors de notre MRC. Le but, c’est d’amener des gens de l’extérieur dans notre coin », explique Benjamin, encore un peu surpris par la vitesse à laquelle les étapes se franchissent.

Le Défi OSEntreprendre a permis aux propriétaires de raffiner leur plan d’affaires et de se faire « challenger » par leurs pairs, les propulsant aujourd’hui au plus haut niveau de la compétition entrepreneuriale au Québec. Entre le développement de bières barriquées, le projet de cultiver leur propre orge brassicole et la maximisation de l’espace de terrasse, Le Cheptel prouve que la passion, quand elle est bien brassée, n’a pas de limites.

Céryce Coutu | Les 2 Rives
Le Cheptel se démarque par ses recettes authentiques. Photo gracieuseté
Martel. Photo Simon Ménard

La résilience au cœur de l’entrepreneuriat pour Magalie Rajotte

Pour Magalie Rajotte, propriétaire des Serres de la Vallière et présidente d’honneur du 28e Défi OSEntreprendre local, le succès n’est pas une ligne droite, mais un parcours de persévérance. Après avoir traversé une année 2025 éprouvante qui aurait pu en décourager plus d’un, la jeune entrepreneure a livré un message empreint de réalisme aux nouveaux lauréats : l’important n’est pas de ne jamais tomber, mais de savoir se relever.

« C’est pas seulement rose le démarrage d’une entreprise. Oui, ça peut bien aller, mais des fois on a l’impression de reculer et au final on a avancé de quelques pas », raconte la jeune entrepreneure, très heureuse de pouvoir partager son expérience.

L’an dernier, un champignon avait décimé sa production de fraises, forçant la fermeture de son kiosque pour la saison complète. Dans un milieu fermé comme une serre, les dégâts sont rapides et les solutions sont complexes. « L’an passé a été une année difficile, mais cette année, ça va super bien », confie celle qui a repris le collier avec détermination l’automne dernier.

Ce n’est pas un hasard si la SADC PierreDe Saurel et Développement économique Pierre-De Saurel l’ont choisie pour ce rôle, puisque son parcours incarne la thématique de la soirée : la résilience.

Lauréate locale en 2024, Magalie voit cette présidence d’honneur comme une marque de reconnaissance majeure. « C’est le fun que ça parle encore de moi après avoir démarré l’entreprise il y a quatre ans », confie-t-elle. Elle apprécie également d’être perçue comme une certaine référence dans le milieu. « Surtout que je suis dans le domaine de l’agriculture… je suis une fille. Alors, oui, je le vois comme une valorisation », dit Magalie avec humour.

Sur le plan des affaires, la résilience rime aussi avec innovation. Magalie a profité des

dernières années pour optimiser son espace de production. Elle a notamment introduit la culture de la laitue, une initiative ingénieuse qui lui permet de récupérer l’eau de lessivage de ses fraises.

Bien qu’elle ait atteint sa capacité maximale en production de fraises, elle se dit heureuse de constater que, malgré les problèmes rencontrés l’an passé, la clientèle locale est demeurée fidèle au poste. « Quand je suis revenue, j’ai été contente de voir que ma clientèle est encore toute là. Elle me suit. Alors, c’est vraiment encourageant. »

Aux Serres de la Vallière, la capacité maximale en production de fraises est atteinte et la clientèle est toujours au rendez-vous.

Photo gracieuseté

Pour les deux prochaines années, Magalie Rajotte compte stabiliser ses opérations pour se concentrer sur des projets personnels de nature familiale. « Dans mon avenir rapproché, c’est plus les projets personnels », lance Magalie.

« On verra dans cinq ans pour un éventuel agrandissement ou une nouvelle production », conclut-elle.

Céryce Coutu | Les 2 Rives
Magalie Rajotte se dit fière d’être la présidente d’honneur de la 28e édition locale du Défi OSEntreprendre.
Photo Simon Ménard

Les Peintures 13mm inc. : une touche féminine sur les chantiers

Bien que le milieu de la construction soit encore largement masculin, Audrey Potvin n’a pas eu peur d’y plonger tête première. Lauréate dans la catégorie Services aux entreprises du Volet Création d’entreprise – échelon local du Gala OSEntreprendre, son entreprise, Les Peintures 13mm inc., démontre que l’audace et un service à la clientèle irréprochable sont les meilleurs pinceaux pour peindre son propre succès.

Au départ, rien ne destinait Audrey à la peinture en bâtiment. « J’ai étudié en agriculture pour reprendre la ferme de mes parents », confie l’entrepreneure.

C’est sa fibre artistique et une recherche fortuite sur le Web qui l’ont menée vers un DEP à Québec. Après sept ans à parfaire sa technique comme employée, c’est la conciliation travail-famille qui a servi de bougie d’allumage à ses projets. Pour s’adapter aux horaires de sa fille à la maternelle, elle a choisi de devenir sa propre patronne en avril 2025.

Audrey n’est pas seule dans cette aventure. La jeune entrepreneure fait équipe avec Danielle Lampron, son « bras droit », une complice de longue date rencontrée chez un précédent employeur. Ensemble, elles couvrent tout : du résidentiel au commercial, du neuf à la rénovation. C’est cette complicité qui fait la différence : « On est deux filles », lance Audrey tout de go.

« On est tout le temps enjouées, toujours là pour les clients. […] On essaie de trouver les meilleures solutions… je pense que tout ça, ça joue », mentionne-t-elle en parlant de leur touche féminine bien appréciée quand il s’agit de servir des clients et de collaborer avec les autres entrepreneurs des chantiers.

Le nom de l’entreprise est un clin d’œil technique à la longueur idéale des fibres d’un rouleau à peinture. « C’est pour faire allusion aux rouleaux. […] Les petits poils… il y a différentes longueurs pour le fini sur les murs et le 13mm, c’est celui qui va le mieux », mentionne la jeune femme avec humour.

Les débuts de l’entreprise, en juillet dernier lors de la grande période des déménagements, ont principalement reposé sur le bouche-à-oreille. « Ça a commencé avec du monde qu’on connaissait », confie Audrey.

Mais, depuis le début de l’année 2026, la machine s’est emballée. « Depuis janvier, on est débordées, lance-t-elle en riant. On n’a plus à chercher nos clients, ce sont eux qui nous appellent. »

Le passage au Défi OSEntreprendre, bien que « stressant », apporte aujourd’hui une reconnaissance certaine, ainsi qu’une belle vitrine. Et Audrey Potvin ne compte pas s’arrêter là. « Moi, je suis toujours partante pour des projets! » lance la jeune femme enjouée.

« Là, j’ai ma compagnie depuis même pas un an encore… pis j’ai déjà d’autres projets de partir une autre entreprise… J’arrête jamais! »

Audrey Potvin a reçu son prix au gala local du Défi OSEntreprendre le 1er avril dernier. Elle est entourée des directrices générales de DEPS et de la SADC, Julie Gagnon et Annie Belhumeur.

Photo Simon Ménard

Pour l’avenir, elle envisage d’embaucher deux employés supplémentaires pour répondre à la demande croissante, mais souhaite avant tout garder une structure à

échelle humaine. « Je ne veux pas devenir une entreprise de 20 employés », précise-telle en parlant de la charge que demanderait une telle gestion.

Céryce Coutu | Les 2 Rives

Institut SK’ Secrets dévoile les secrets de Sylvie Kangah

Arrivée de la Côte d’Ivoire il y a 11 ans, Sylvie Kangah a transformé un talent naturel en une entreprise florissante qui célèbre la diversité. Lauréate dans la catégorie Services aux individus au plus récent Défi OSEntreprendre local, Institut SK’ Secrets est bien plus qu’un salon de coiffure, c’est un pont entre les savoirs ancestraux et les normes de santé canadiennes, en plein cœur de Sorel-Tracy.

Rien ne laissait présager que cette ancienne secrétaire de direction allait un jour diriger sa propre entreprise. Tout a commencé par une passion, développée à l’adolescence, pour tresser les cheveux de sa famille et de son entourage. En 2023, après son dernier accouchement, elle se fait proposer par ses amis d’en faire un commerce.

Encouragée par ses proches, elle installe un simple miroir et une chaise au sous-sol. « Je ne savais même pas comment fixer les prix. J’ai juste envie de faire ça parce que ça me plaît », se remémore-t-elle avec humilité.

Aujourd’hui, avec l’aide des réseaux sociaux, le passe-temps a grandi au point de devenir une boutique complète doublée d’un espace de soins esthétiques. Le mari de Sylvie, entrepreneur également depuis 2016 en télécommunication, l’a soutenue et aidée depuis le tout premier jour.

SK’ Secrets se distingue par son approche inclusive. Si la clientèle afro-américaine et

latine y trouve des produits spécifiquement adaptés à ses besoins, Sylvie Kangah insiste

sur le fait que tout le monde est le bienvenu. « Il n’y a pas d’exclusion chez nous », affirme-t-elle.

Cette expertise, elle l’a bâtie en combinant des formations suivies en Afrique et au Québec, s’assurant que les cosmétiques naturels qu’elle fabrique soient reconnus et approuvés par Santé Canada. « Parce que quand je suis arrivée ici au Québec, j’ai eu du mal à trouver quelque chose qui m’allait vraiment. Donc, je me suis intéressée aux cosmétiques », se rappelle-t-elle.

Après cinq ans à Longueuil, Sylvie et son mari ont eu le coup de foudre pour SorelTracy en 2020. « On est tombé amoureux parce que c’était calme et tranquille. On a vu que les enfants avaient des avantages pour grandir paisiblement. On a posé nos bagages et on ne compte pas partir », confie la lauréate dans un éclat de rire.

Le Défi OSEntreprendre a agi comme un miroir pour Sylvie, lui permettant de mesurer le chemin parcouru depuis ses débuts. Forte de cette nouvelle notoriété, elle voit grand. Très grand. Tout d’abord, elle est retournée sur les bancs d’école pour devenir esthéticiennemédicale. « Donc en plus de faire des tresses, j’ai envie de savoir faire d’autres soins pour la beauté et l’entretien de la peau. »

Et elle rêve de voir l’enseigne SK’ Secrets se multiplier. « Mon objectif est d’avoir des franchises partout au Québec, au Canada et même à l’international », lance-t-elle avec une détermination contagieuse.

Céryce Coutu | Les 2 Rives
Sylvie Sangah, récipiendaire d’un prix dans la catégorie Services aux individus, entourée de la présidente d’honneur Magalie Rajotte et du préfet de la MRC de Pierre-De Saurel Vincent Deguise. Photo Simon Ménard

Astérion Solutions : l’intelligence logicielle au service des « shops » d’ici

Dans le monde de l’usinage, une pièce livrée sans son rapport d’inspection ne vaut souvent rien. Pourtant, cette étape cruciale est l’un des angles morts de la productivité en usine. C’est ce « grain de sable » que Pierre Séré, fondateur d’Astérion Solutions, a décidé d’éliminer. Lauréat dans la catégorie Innovations technologiques et techniques du Gala local d’OSEntreprendre, cet autodidacte de la programmation propose un outil qui pourrait bien redéfinir la compétitivité des PME de la région.

Coordinateur-inspecteur qualité de métier, Pierre connaît la réalité des planchers de production par cœur. « Souvent, l’inspecteur, plutôt que d’inspecter des pièces dans la shop, est à son bureau en train de mettre un rapport au propre », explique-t-il.

Cette transition entre la mesure manuelle et le document final est une zone grise coûteuse et souvent sous-estimée par les entreprises. Le logiciel développé par Astérion réduit ce temps au minimum, transformant une corvée administrative en un flux numérique fluide et certifié.

Contrairement aux logiciels lourds et onéreux conçus pour les géants de l’aéro-

nautique, la solution de Pierre Séré se veut agile et abordable. Mais son ambition ne s’arrête pas à un simple générateur de rapports. Il bâtit un véritable écosystème d’applications reliées entre elles : gestion de l’outillage, calibration, contrôle qualité. « Le but, c’est de faire un ERP (progiciel de gestion intégré) dédié à des problèmes extrêmement précis, mais adapté aux budgets et à la réalité des PME », précise celui qui a déjà investi des centaines d’heures dans le développement de sa structure.

Pour le fondateur d’Astérion, l’enjeu dépasse largement le cadre technique. C’est une question de survie économique. En éliminant les « frictions » inutiles dans les processus de travail, il souhaite aider le Québec à rester compétitif face aux marchés internationaux. « C’est mettre à profit les gens qui sont déjà là, les revaloriser et faire en sorte que tout le monde soit mieux avec la même équipe », lance-t-il avec conviction. Sa vision à long terme? Déployer ce modèle dans d’autres secteurs comme la maintenance, la restauration ou même la santé. « Moi, j’aime régler un problème. Je ne veux pas révolutionner le monde. Mais il y a des frictions partout. »

Venu d’Europe en 2012, ce passionné de génie mécanique a appris le codage de façon autodidacte, utilisant même l’intelli-

gence artificielle pour optimiser ses propres processus. Le Défi OSEntreprendre a été pour lui un puissant catalyseur. « Ça m’a forcé à mettre un contexte sur mes ambitions : les échéances, les cibles, le seuil de rentabilité », admet celui qui se décrit avec humour comme un « geek » plus à l’aise avec un algorithme qu’avec un discours de vendeur.

La visibilité du concours porte déjà ses fruits. Des entreprises locales testent actuellement l’application, offrant à Pierre la validation dont il a besoin pour passer à la prochaine étape : l’exportation.

Céryce Coutu | Les 2 Rives
Pierre Séré est récipiendaire d’un prix dans la catégorie Innovations technologiques et techniques au Gala local d’OSEntreprendre, le 1er avril dernier.
Photo Simon Ménard

Lise Gauthier, 25 ans à soutenir la jeunesse en entrepreneuriat

Le 9 avril 2001, Lise Gauthier entrait en poste comme conseillère Fonds Stratégie jeunesse à la SADC Pierre-De Saurel. Un quart de siècle plus tard, elle continue d’accompagner la relève entrepreneuriale avec le même dévouement.

« J’ai encore la passion. Après 25 ans, c’est ça que je réalise. Je me réénergise avec les entrepreneurs », exprime-t-elle. Pour elle, son travail d’accompagnement est un échange avec les entrepreneurs de 18 à 39 ans. « J’apprends énormément d’eux aussi, ce qui fait en sorte que je ne me sens pas dépassée et que je reste dans le courant », témoigne Mme Gauthier.

Dans son quotidien de conseillère Fonds Stratégie jeunesse, elle aide les jeunes pousses pour du financement, de l’accompagnement technique et des suivis personnalisés, ce qui nourrit son désir de se rendre utile et de rendre les autres meilleurs. « Ma reconnaissance suprême, c’est que les autres rayonnent », affirme-t-elle avec humilité.

En discutant avec Mme Gauthier, cette volonté est indéniable. Elle énumère et louange les nombreux projets entrepreneuriaux qu’elle a vu grandir durant sa carrière. Que ce soit le démarrage de l’Agence Caza, l’acquisition du Laboratoire Julien Paul ou l’expansion de Sortrac, pour ne nommer que ceux-là, la conseillère a accompagné des projets à toutes les phases de leur démarche entrepreneuriale.

Elle a aussi fait briller de nombreux projets via le Défi OSEntreprendre, qu’elle décrit comme son bébé qu’elle porte depuis ses débuts. « Lise, c’est une personne très

engagée et dévouée dans son travail envers la cause de l’entrepreneuriat jeunesse, exprime Annie Belhumeur, directrice générale de la SADC Pierre-De-Saurel. Elle offre un accompagnement personnalisé et surtout très humain. »

Sa collègue, Michèle Gauthier, agente de communication et de développement à la SADC Pierre-De Saurel depuis 23 ans, salue également le travail de Lise. « Son engagement, son impact et la passion qu’elle a pour l’entrepreneuriat, c’est vraiment ce qui la caractérise dans les 25 dernières années », dit-elle, tout en soulignant son petit côté gaffeur qui donne le sourire à toute son équipe.

Forger sa propre identité

Lise Gauthier a elle-même baigné dans l’entrepreneuriat dès son enfance. À 12 ans, elle triait déjà les papiers pour la concession automobile de son père, Marcel Gauthier. Elle a grandi durant plusieurs années au sein de l’entreprise familiale, Gauthier Ford. Une expérience qu’elle chérit et qui l’habite encore aujourd’hui, mais elle avait un désir de se faire son propre nom.

« À un moment donné, j’ai eu besoin de sortir et d’avoir ma propre identité », confie Mme Gauthier. Détentrice d’un baccalauréat en administration des affaires en spécialisation finance et marketing, elle s’est lancée à la recherche d’un emploi dans la région de Sorel-Tracy. Et c’est en feuilletant le journal Les 2 Rives que l’offre de conseillère Fonds Stratégie jeunesse à la SADC Pierre-De Saurel lui est apparue comme une étoile tombée du ciel.

« Je l’ai sentie. J’ai dit ça, c’est pour moi. Puis, le lendemain, je vais au club de recherche d’emploi et Francine Généreux-Hardy

[sa conseillère] arrive avec l’offre d’emploi dans les mains. Elle dit : “Lise, c’est pour toi.” », se souvient la Soreloise. Après 25 ans à occuper ce poste, ce sentiment ne l’a jamais quitté. « Je sens que je suis sur mon X. » Commerce de détail, restauration, agriculture ou industrie; les secteurs d’activité sont multiples dans la région et c’est ce qui fait vibrer la conseillère.

« On a de tout ici, à Sorel-Tracy. Il s’agit de le mettre dans l’avant-plan et d’en être fier », lance-t-elle, affirmant avoir sa ville natale tatouée sur le cœur. Un attachement qu’elle doit à son père, qui a été maire de Sorel pendant 21 ans, jusqu’à la fusion avec Tracy en 2000. « Mon père, il avait un amour incroyable pour sa ville. »

S’adapter aux changements

Bien des choses ont évolué depuis 2001. Évidemment, d’un point de vue technologique, mais aussi dans l’accompagnement entrepreneurial. Le plan d’affaires d’une centaine de pages se résume maintenant à la matrice d’affaires (business model canvas).

Lise Gauthier voit aussi un changement dans les motifs des entrepreneurs de se lancer en affaires. « Au début de ma carrière, si tu ne te trouvais pas d’emploi, tu démarrais ton entreprise. Maintenant, ils ont du choix et ils se lancent en affaires parce que c’est ça qui leur convient », remarque-t-elle. Il y a aussi le concept de flexipreneur qui gagne en popularité, où des entrepreneurs lancent leur projet, en parallèle d’un emploi qu’ils poursuivent.

Mme Gauthier a su s’adapter et rester à l’affût tout au long de sa carrière. Son travail est d’ailleurs reconnu à travers le réseau des SADC du Québec. Entre autres, son taux de perte de financement très faible de 1,36 %, l’un des meilleurs de la province, en impressionne plusieurs.

Après un quart de siècle, Lise Gauthier poursuit sa mission, en mettant sa bienveillance et sa rigueur au profit de la jeunesse. De nouvelles entreprises qui feront, à leur tour, perdurer son impact sur le développement économique local.

J3P 1G3

(Québec)

Tél. : 450 742-9408 redaction@les2rives.com www.les2rives.com

Éditeur : Benoit Chartier

Directeur général : Marcel Rainville

Rédacteur en chef :

Martin Bourassa

Directeur de production :

Alex Carrière

Directeur de l’information :

Jean-Philippe Morin

Journalistes :

Stéphane Fortier

Timothy Farley

Chroniqueur :

Daniel Lequin

Photographes : Pascal Cournoyer

Steve Gauthier

Caricaturiste : Gilles Marcotte

Contrôleur : Monique Laliberté

Publicitaires : Carole Pettigrew

Kevin Arseneault

Linda Bourdua

Coordonnatrices aux ventes : Mélissa Giard

Marie-Pier Robidoux

Journalistes pigistes : Céryce Coutu

Jean-François Lacerte

Julie Lambert

Stéphane Martin

Timothy Farley | Les 2 Rives

Des logements abordables et écoénergétiques

Le pari de Charles Robitaille et Amélie Salvas avec Ultra-Habitations S.E.N.C.

Malgré la hausse marquée du coût des loyers, Charles Robitaille a fait un choix qui va à contre-courant en construisant des logements neufs tout en maintenant une portion abordable. Un pari qu’il mène avec sa conjointe et partenaire d’affaires, Amélie Salvas, à la tête d’UltraHabitations S.E.N.C.

L’entreprise, lancée en 2014, mais réellement active depuis 2025, se spécialise dans la construction d’habitations qui dépassent les standards en efficacité énergétique et en abordabilité. Leur projet a d’ailleurs été reconnu dans le cadre du Défi OSEntreprendre, lors du gala local de la MRC de Marguerite-D’Youville, où ils ont remporté un prix dans la catégorie Exploitation, transformation, production.

« On va chercher les points pour l’abordabilité et l’efficacité énergétique, mais on va au-delà des exigences. Ça ne me donne pas nécessairement plus financièrement, mais ça me donne une fierté personnelle de repousser les limites. Le modèle repose sur un programme précis qui impose certains critères, notamment un pourcentage de logements à

prix réduit. Dans mon cas, je devais offrir environ 15 % des logements à un prix abordable, ce qui représente autour de 900 $ par mois », explique Charles Robitaille.

Dans un contexte où les prix ont explosé sur le marché immobilier, il reconnaît que l’approche peut sembler contre-intuitive. « C’est notamment grâce à l’utilisation des subventions et à une planification précise des projets qu’on parvient à atteindre cet équilibre. Pour nous, c’est important de réussir à offrir des logements accessibles, même dans du neuf. Ça me permet d’ajuster mes coûts, d’étirer mon financement et de rentrer dans mes chiffres tout en offrant des loyers plus bas », explique-t-il.

Au-delà du projet immobilier, l’entrepreneur mise sur une vision à long terme. « Si j’arrive dans une municipalité avec ce type de projet-là, je pense que l’accueil est différent. On n’a pas les mêmes valeurs que quelqu’un qui construit sans se soucier de ces aspects-là. »

Un premier immeuble de six logements a été construit à Sorel-Tracy et d’autres projets sont déjà en préparation en collaboration avec la Ville. « On parle de concepts encore plus poussés intégrant des bassins de rétention, des toits blancs et des aména-

gements communautaires. On veut aller encore plus loin en étant constamment audessus des standards de l’efficacité énergétique. En optimisant les performances des bâtiments, l’objectif, c’est que les locataires aient aussi des économies à long terme, notamment sur les coûts d’électricité », ajoute M. Robitaille.

Sans prétendre révolutionner l’industrie, Charles Robitaille et Amélie Salvas espèrent que leur approche puisse inspirer d’autres acteurs du milieu. « Si je suis capable de le faire et que ça fonctionne, peut-être que d’autres vont vouloir suivre. Si chacun augmente un peu les standards, ça finit par faire une différence », conclut l’entrepreneur.

Stéphane Martin | Les 2 Rives
Amélie Salvas et Charles Robitaille (au centre) ont remporté un prix au Défi local OSEntreprendre de la MRC de Marguerite-D’Youville. On les voit ici en compagnie de Nancy Pilotte du Quartier des affaires et de Maud Allaire, mairesse de Contrecœur.
Photo Simon Lanciault

Wesma Café né d’une passion d’enfance

Entre nature, café et produits d’ici, un nouveau lieu s’ajoute au Domaine de l’Archipel, à Sainte-Anne-de-Sorel. Wesma Café, qui a ouvert ses portes le 29 avril, propose une formule qui réunit bistro, boutique et ambiance familiale. Pensé comme une halte pour les visiteurs de passage comme pour les gens du coin, l’endroit mise sur la simplicité et l’envie de ralentir.

Le projet est porté par Marie-Jade Tremblay, qui nourrit l’idée d’ouvrir un café depuis l’enfance. Issue d’une famille d’entrepreneurs et formée en hôtellerie, elle a d’abord travaillé en ressources humaines, tout en gardant l’envie de créer. Après son deuxième congé de maternité, elle a toutefois décidé de se lancer. « Je me suis dit que si je ne le faisais pas maintenant, je le regretterais », confie l’entrepreneure.

Derrière le nom, elle voulait surtout créer une adresse chaleureuse, où l’on peut s’arrêter pour un café, prendre une bouchée et repartir avec un produit coup de cœur. Le concept s’est construit autour de son quotidien de jeune mère et de son goût pour l’entrepreneuriat : offrir un service attentionné, sans prétention, dans un cadre qui laisse de la place aux rencontres et aux pauses improvisées.

« J’ai toujours eu plusieurs passions : l’accueil, la bouffe, le café, mais aussi l’envie de mettre en valeur ce qu’on fait ici. Je vou-

« Quand les gens arrivent ici, ils ont l’impression d’être ailleurs et ils décrochent », souligne-t-elle.

Au menu : cafés et autres breuvages, options bistro (sandwichs, fromages, charcuteries) et une sélection de vins et de bières de microbrasseries, dont une bière du Domaine. Une crèmerie s’ajoutera en été.

Pour sa première saison, Wesma Café prévoit accueillir la clientèle du mercredi au dimanche. En mai, l’horaire annoncé est de 9 h à 16 h 30, avec une prolongation possi-

Nouvelle clinique vétérinaire à Sainte-Victoire-de-Sorel

Deux praticiennes misent

Ouverte le 16 mars, la Clinique vétérinaire Sainte-Victoire (CVSV) veut répondre à la forte demande de soins pour animaux dans la région. Les vétérinaires Isabelle Perron et Catherine Bergeron misent sur une clinique à échelle humaine, axée sur l’accessibilité, la continuité et une relation de confiance avec la clientèle.

S’étant rencontrées il y a près de 10 ans dans une clinique du secteur, les deux praticiennes ont vu leur quotidien changer après l’adhésion de leur employeur à un regroupement, dans la foulée de la pandémie. Horaires morcelés, baisse d’heures et moindre disponibilité pour la clientèle ont fini par les convaincre de partir.

« Je n’étais plus capable d’offrir le même service à mes clients », résume Isabelle Perron, vétérinaire depuis près de 31 ans, surtout dans la région de Sorel-Tracy.

Elles sont ensuite allées pratiquer à l’extérieur, sans renoncer à l’idée de revenir s’installer « chez elles » dans un milieu de travail à leur image. Une idée restée en

les alentours. Des boîtes pique-nique seront proposées pour encourager les gens à prolonger la sortie et savourer le site à leur rythme.

Entraide locale

La boutique complètera l’expérience avec une sélection de produits québécois (articles bien-être, accessoires, idées cadeaux et items pratiques pour les visiteurs). La fondatrice dit vouloir mettre en valeur des entreprises de la région et bâtir des collaborations dura-

sur la proximité

tête, jusqu’au moment où une porte s’est enfin ouverte.

Occasion en or

Après des démarches restées sans suite, une « occasion en or » s’est présentée à l’automne 2025. Sur la route du retour à la maison, Catherine repère une ancienne caisse populaire à vendre depuis un moment : sa configuration et sa localisation séduisent rapidement le duo.

« À 53 ans, je me disais que ce n’était plus le temps de me lancer, et Catherine avait deux jeunes enfants. Puis, un soir, j’ai lancé en riant qu’on devrait ouvrir; elle m’a parlé du bâtiment, et on s’est dit : pourquoi pas? », raconte Dre Perron.

Vide et retiré du marché depuis peu, l’ancien bâtiment de la Caisse Desjardins est visité avec un courtier et c’est le coup de cœur. Deux entrées, une bonne isolation et beaucoup de lumière guident l’aménagement. « On se retenait pour ne pas trop montrer notre enthousiasme », dit la vétérinaire. L’acte notarié est signé le 30 octobre, puis les travaux démarrent dès le lundi suivant. « On a ouvert à la mimars », souligne-t-elle.

et l’écoute

Un choix gagnant

La CVSV compte aujourd’hui neuf employés (vétérinaires, techniciennes, soutien administratif et réception), et une stagiaire doit se joindre à l’équipe. Dans les premières semaines, les rendez-vous se sont remplis rapidement. Le volume de demandes confirme, selon la propriétaire, que l’ouverture tombe à point.

« La région a connu plusieurs fermetures de cliniques, et les propriétaires doivent parfois aller loin. Ma clientèle m’a même suivie quand je pratiquais à Drummondville. Ici, les gens sont soulagés d’avoir des services près de chez eux, et certains viennent à pied », note-t-elle.

Sans se risquer à des projections, les fondatrices disent déjà sentir les effets du virage sur leur qualité de vie et sur l’expérience client. L’enjeu immédiat reste de consolider l’équipe pour répondre à la demande, tout en préparant la relève (stagiaires, formation et, un jour, transmission).

« C’est une réussite, au niveau du bonheur, définitivement. L’aventure continue avec une équipe extraordinaire », lance avec joie Isabelle Perron.

bles, même si cela demande plus de coordination. La sélection devrait évoluer au fil des saisons, avec l’objectif de faire découvrir des Wesma a aussi été pensé pour les familles puisqu’un coin enfants y a été aménagé et le Domaine invite à prolonger la visite en plein air. « Il manque d’endroits où les familles se sentent réellement les bienvenues. Ici, les gens peuvent se déposer », dit-elle.

Marie-Jade Tremblay souhaite faire grandir Wesma tout en conservant un caractère humain. « Je veux que ça reste à taille humaine… un projet de cœur avant tout », conclut celle qui a été finaliste au plus récent Défi OSEntreprendre local de la MRC de Pierre-De Saurel dans la catégorie Services aux individus.

Les vétérinaires Isabelle Perron et Catherine Bergeron sont heureuses d’avoir osé devenir propriétaires de leur propre clinique indépendante, située sur le chemin des Patriotes, à SainteVictoire-de-Sorel. Photo Julie Lambert

L’entreprise a été finaliste dans la catégorie Services aux individus du plus récent Défi OSEntreprendre de la MRC de Pierre-De Saurel.

Julie Lambert | Les 2 Rives
Julie Lambert | Les 2 Rives
Marie-Jade Tremblay a concrétisé son rêve d’enfance en ouvrant Wesma Café à Sainte-Anne-de-Sorel. Photo gracieuseté

Nuances MJ : d’une ancienne prison jusqu’au sommet du marché canadien

Passer de la transformation laitière à celle du cannabis pourrait sembler un saut dans le vide, mais pour RollandPierre Chalifoux, c’est une suite logique dictée par la rigueur et le flair. Cinq ans après sa première participation au Défi OSEntreprendre, son entreprise

Nuances MJ ne se contente plus de « faire sa place » : elle se bat pour la première position au Canada. Établie dans l’ancienne prison de Sorel-Tracy, l’entreprise est devenue le symbole d’une industrie manufacturière émergente et ultra-performante.

L’histoire de Nuances MJ est parsemée de clins d’œil au destin. Propriétaire de l’ancienne prison provinciale depuis 2019, Rolland-Pierre a dû naviguer dans les eaux complexes des licences fédérales avant de lancer ses premiers produits en 2021. La première marque maison de l’entreprise, « Irony », porte bien son nom.

« Faire du cannabis dans une prison, c’est l’ironie de la situation », lance le PDG avec humour. Ce qui n’était au départ qu’une idée née de l’analyse méticuleuse des lois boursières est aujourd’hui une machine de guerre industrielle.

Issu d’une famille ancrée dans l’agroalimentaire, Rolland-Pierre a appliqué les

principes de la transformation à grande échelle au cannabis. Plutôt que de se lancer dans la culture, il a misé sur l’automatisa-

tion de la fabrication des pré-roulés. « On est dans les plus automatisés au pays. Ça nous donne un avantage concurrentiel

énorme », explique-t-il. Cette efficacité permet à Nuances MJ d’offrir des produits de haute qualité à prix compétitif, tout en dominant le marché québécois avec des succès comme le « Blueberry Muffin » ou le « P’tit Pétard ».

En cinq ans, Nuances MJ a franchi le cap de la PME locale pour devenir une entreprise d’envergure nationale. Ses trois marques — « Irony » (accessible), « Pixel » (produits nichés, plus pour le marché ontarien) et « Melt » (haut de gamme) — sont désormais présentes dans presque toutes les provinces, du Nouveau-Brunswick à la Saskatchewan, avec une percée imminente en Alberta. Pour Rolland-Pierre, minimiser le risque passe par la connaissance : « Lire, s’instruire, savoir ce qui se passe autour de toi… prendre un risque bien étudié n’en est plus vraiment un. »

Malgré une croissance phénoménale, le PDG garde les pieds sur terre et les yeux tournés vers l’avenir. Son objectif? Stabiliser ses processus internes pour préparer la prochaine phase d’expansion, tout en offrant à ses employés des conditions de travail dignes des plus grands fleurons industriels de la région. Et l’ambition ne s’arrête pas aux frontières canadiennes : avec la décriminalisation qui pointe le bout de son nez aux États-Unis, Nuances MJ se tient prête à exporter son expertise québécoise chez nos voisins du Sud.

Innovagaz : l’art de pivoter vers l’énergie verte avec succès

Céryce Coutu | Les 2 Rives

Cinq ans après avoir fait ses premiers pas au Défi OSEntreprendre, l’entreprise Innovagaz ne se contente pas de souffler ses bougies : elle redessine son avenir. Sous la direction de Marie-Pierre Boucher et Martin Berthiaume, cette petite entreprise agile, qui a bâti sa réputation sur le chauffage au gaz, entame aujourd’hui une transformation profonde vers les énergies renouvelables. Un bilan de parcours qui prouve qu’en affaires, la pérennité passe par la capacité de se réinventer.

Si le nom de l’entreprise prend ses origines dans le gaz naturel et le propane, la réalité sur le terrain a bien changé. Portée par les subventions gouvernementales et une conscience écologique croissante, la demande pour les thermopompes a littéralement explosé, surpassant désormais les installations fossiles.

« Le gaz est vraiment en train de chuter. On fait encore des réparations, mais le virage vers les thermopompes a été une excellente décision », explique Marie-Pierre Boucher. Pour Innovagaz, l’innovation n’est pas qu’un mot dans le nom de l’entreprise, c’est une stratégie de survie et de croissance.

L’histoire d’Innovagaz, c’est aussi celle d’un duo complémentaire. Martin, l’homme de terrain fort d’une longue expérience dans le domaine, assure la prospection et les installations, tandis que Marie-Pierre, véritable « femme à tout faire » au parcours éclectique — on se souviendra d’elle comme propriétaire des Gourmandises du Roi pendant sept ans — , gère la complexe machine administrative de la construction. Entre les licences de la RBQ et de la CMMTQ, elle navigue dans un secteur ultra-réglementé avec une efficacité qui permet à l’entreprise de se démarquer par sa rapidité d’exécution.

Fait rare dans le monde des affaires actuel : Innovagaz n’a jamais eu recours à la publicité traditionnelle. Leur carnet de commandes est plein grâce aux références de clients satisfaits. Leur recette? « L’honnêteté. C’est facile de vendre pour vendre, mais on va vous vendre ce dont vous avez réellement besoin », soutient MariePierre. Ce lien de confiance avec la communauté de Pierre-De Saurel est le socle de leur réussite.

Participer au volet Réussite Inc. a permis au couple de faire un arrêt sur image nécessaire. Après avoir couvert de vastes territoires comme la Rive-Nord et Montréal à leurs débuts, ils ont choisi de se

recentrer sur leur région. « On a éliminé Montréal au complet. On a désormais la possibilité de choisir notre clientèle plus près de chez nous », confie l’entrepreneure. Ce recentrage géographique permet non seulement une meilleure qualité de vie, mais aussi un service encore plus rapide pour les gens d’ici.

L’avenir d’Innovagaz s’annonce tout aussi dynamique. Toujours à l’affût des nouvelles tendances, le duo regarde déjà vers l’énergie solaire et la géothermie pour compléter son offre. En participant à nouveau au Défi OSEntreprendre, MariePierre et Martin ne cherchent pas seulement la visibilité, mais souhaitent inspirer la relève en montrant qu’après cinq ans, on peut encore apprendre, se questionner et, surtout, continuer d’innover pour le bien de sa communauté.

Martin Berthiaume et Marie-Pierre Boucher étaient inscrits au Volet Réussite inc. à l’échelon régional du Défi OSEntreprendre. Photo Simon Ménard
Céryce Coutu | Les 2 Rives
Rolland-Pierre Chalifoux a reçu, en janvier dernier, un financement de 150 000 $ grâce à Développement économique Pierre-De Saurel afin de stimuler la croissance de son entreprise.
Photo tirée de Facebook

Quand le jus d’hibiscus séché africain se marie à l’érable québécois

Vivre un déplacement géographique permanent pour se bâtir une nouvelle vie dans un autre pays où rien de son nouveau quotidien n’a de rapport avec le quotidien que l’on a quitté est souvent très difficile sur le plan humain. Personne ne naît pour devenir un immigrant (et encore moins un réfugié) : on le devient généralement par la force des choses. Inlassablement.

Et imaginons alors les émotions ressenties par ces populations qui ont quitté, par exemple, les chauds pays africains pour s’enraciner dans un nouveau pays où tout le monde chante : « Mon pays, ce n’est pas un pays, c’est l’hiver! »

L’immigration est la réalité vécue par une Soreloise d’adoption, Jeanine Aiko, son mari et le premier de leurs quatre enfants. Arrivée à Sorel-Tracy il y a quelques années, Mme Aiko décide de réaliser un rêve qu’elle caresse depuis plusieurs années : créer son entreprise de bissap, un nectar traditionnel sub-saharien qui est simplement un jus de feuilles séchées d’hibiscus aromatisé avec de nombreuses saveurs souvent exotiques.

L’entreprise a vu le jour officiellement en 2025 et porte le nom de Bissap du Québec. Notre nouvelle entrepreneure le dit ellemême : « j’ai fondé une entreprise née

d’un mélange d’émotions, de souvenirs et d’espoir. Comme plusieurs personnes immigrantes, mon arrivée au Québec a été remplie de défis, mais aussi de découvertes. En quittant mon pays d’origine, la Côte d’Ivoire, j’ai laissé derrière moi une partie de mon identité, notamment toutes ces saveurs culinaires dans lesquelles j’ai grandi. Parmi elles, il y a le bissap. »

Pour faire court avec une riche histoire plus que millénaire, le bissap a des racines de plus de 4000 ans au cœur de la vallée du Nil. Les feuilles d’hibiscus y étaient cultivées pour ses graines avant qu’une boisson rouge qui en a découlé ne devienne prisée. On prétend même que le bissap a été servi à la cour des pharaons. Le bissap est aujourd’hui consommé en Égypte, au Mexique, au Cameroun, au Sénégal, en Côte d’Ivoire et dans plusieurs autres pays sous des noms parfois différents. À cette liste, on peut maintenant ajouter le Québec.

Le bissap restait pratiquement introuvable ici, même dans la grande région multiculturelle de Montréal. L’émotion et les expériences humaines figurant parmi les plus grandes sources d’inspiration, Mme Aiko prit alors son courage à deux mains et se décida à plonger. De cette carence est donc venue l’idée de créer un bissac fabriqué au Québec. Elle le voulait avec une forte empreinte québécoise, d’où l’idée d’intégrer l’érable (eau et sirop) à sa recette de fabrica-

Jeanine Aiko a choisi de créer son entreprise de bissap à Sorel-Tracy.

tion. « Parce que ce produit, explique-t-elle, je ne le vois pas comme une simple boisson, mais plutôt comme un pont entre les cultures, une invitation au voyage gustatif et à la découverte, tout en valorisant les richesses locales.

Il faudra bien attendre encore un peu pour déguster ses premières bouteilles de bissap québécois, car les procédures administratives sont longues, surtout en matière

de produits agroalimentaires. Mais ce travail avance bien, dit-elle.

« Mon parcours est celui d’une femme qui ose croire qu’un souvenir peut devenir un projet, et qu’un projet peut se transformer en une entreprise. » C’est d’ailleurs pourquoi elle a décidé de s’inscrire au volet local du Défi OSEntreprendre, où elle a été finaliste dans la catégorie Exploitation, transformation et production.

Photo Simon Ménard

Une nouvelle entreprise soreloise bien en selle vers le succès

Jean-François Lacerte | Les 2 Rives

Il y en a pour qui, parfois énormément, parfois à la folie, l’amour envers les animaux, leur présence ou encore leur bien-être, a un côté inconditionnel. C’est le cas de la Soreloise d’adoption Edina Couthino, qui voue une immense passion aux chevaux. Elle a grandi avec cette passion, et cette passion l’a aussi fait grandir depuis qu’elle est toute petite.

Elle explique : « j’ai commencé comme cavalière western et, au fil du temps, je me suis intéressée avec passion à explorer différents horizons de l’équitation : le dressage, le saut, avant d’exercer le rôle de guide équestre et entraîneur/palefrenière certifiée Blue Bonnet. Avec cette expérience qui s’enrichissait petit à petit, j’ai compris les vrais besoins des cavaliers et de leurs chevaux. »

Pour cette nouvelle entrepreneure d’ici, ses deux principaux soucis étaient l’hygiène

Edina Couthino a présenté ses produits lors du 28e Gala du Défi OSEntreprendre – échelon local pour la MRC de Pierre-De Saurel, le 1er avril dernier. On la voit ici avec son conjoint André Lemire. Photo Simon Ménard

d’une part, et ensuite le confort de l’animal d’équitation. Et à cet égard, selon elle, il y avait un élément important de l’attirail du parfait cavalier qui devait être amélioré, dont premièrement la composition du « tapis de selle ».

Pour les non-initiés, un tapis de selle est un équipement équestre parfois en tissu, matelassé ou non, placé directement sur le dos du cheval, sous la selle. Ses fonctions principales sont d’amortir les pressions de la charge sur le dos du cheval et ainsi d’offrir un confort fondamental à l’animal, de protéger la selle de la sueur et de la saleté, d’absorber l’humidité. La santé de l’animal pourrait être compromise sans cet équipement.

Elle précise ici son projet : « cela faisait longtemps que j’avais identifié différents problèmes avec les tapis de selle du marché : ils étaient lourds, encombrants, difficiles à entretenir et nettoyer, et surtout très longs à sécher. De plus, la nombreuse concurrence existante offre des produits peu malléables, en formats uniques (qui conviennent à tous) pour tous les chevaux, sans égard à la morphologie de l’animal. »

La seule au Québec

Les produits Grispoil sont composés de matériaux beaucoup plus écologiques que ceux utilisés par sa concurrence. « J’utilise presque exclusivement deux matériaux,

avance Mme Couthino, soit un mélange développé de laine et de coton. » Grispoil et la seule entreprise québécoise à fabriquer ses tapis de selle de cette façon. Les avantages sont multiples, selon l’entrepreneure. « La composition de nos tapis les rend extrêmement légers, contrairement à la plupart de nos concurrents qui sont difficiles à manipuler, à laver et à sécher, poursuitelle. Les tapis Grispoil prennent en moyenne trois heures à laver et sécher, car ils peuvent être entretenus en laveuse-sécheuse ordinaires, contrairement aux concurrents traditionnels qui prennent en moyenne quatre jours pour sécher. Chaque tapis de selle Grispoil est fabriqué sur mesure selon les morphologies spécifiques des chevaux, ce qui est rarement le cas des concurrents. » « Nos matériaux sont durables et permettent à la peau du cheval de bien respirer. Notre service après vente est apprécié et le fait que nous soyons une entreprise québécoise plaît à notre clientèle très nichée », conclut celle qui a été finaliste au Défi OSEntreprendre local de la MRC de PierreDe Saurel dans la catégorie Exploitation, transformation et production. L’entreprise sera présente dans plusieurs marchés publics de la région ainsi que dans plusieurs événements équestres tout au long des prochains mois. Le calendrier est disponible au https://grispoil.ca.

DEPS et SADC : deux organismes collaborent pour accompagner les entreprises

Voisins de locaux au 26, place Charlesde-Montmagny, Développement économique Pierre-De Saurel (DEPS) et la SADC Pierre-De Saurel partagent bien plus qu’un espace physique, ils collaborent quotidiennement dans l’accompagnement d’entreprises de la région.

Les deux organismes invitent les entrepreneurs à faire appel à leurs services, quel que soit le parcours.

« Selon vos besoins, vous pouvez bénéficier d’un accompagnement stratégique pour structurer votre démarche, valider vos choix ou planifier vos prochaines étapes. Vous

pouvez également accéder à des solutions de financement adaptées », souligne le DÉPS et la SADC via communiqué.

Tous deux ont changé de direction dans la dernière année, à la suite des départs de David Plasse (DEPS) et de Sylvie Pouliot (SADC). Rapidement, les nouvelles directrices, Julie Gagnon (DEPS) et Annie Belhumeur (SADC), se sont donné pour mission de « simplifier le parcours des entreprises et de mieux arrimer les services offerts sur le territoire ».

Pour en savoir plus sur les différents services offerts au DEPS et à la SADC, on visite leur site web respectif. T.F.

Julie Gagnon et Annie Belhumeur, respectivement directrices générales de DEPS et de la SADC. Photo Simon Ménard

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VOS

NOUVELLES

ÉCONOMIQUES RÉGIONALES

Pages 21 à 28

Les besoins en relève entrepreneuriale sont grands dans la MRC

La relève entrepreneuriale est un enjeu partout au Québec et la MRC de PierreDe Saurel ne fait pas exception. Comme ailleurs, plusieurs entrepreneurs sont plus près de la retraite et peinent à trouver un repreneur pour leur entreprise.

Le gouvernement au Québec a mis en place Repreneuriat Québec, un service d’accompagnement pour ceux qui veulent vendre ou acheter une entreprise et Développement économique Pierre-De Saurel (DEPS) y collabore tout naturellement en ayant une équipe dédiée à cet aspect important de notre économie locale.

« Nos conseillers jouissent maintenant d’une formation plus poussée en matière de repreneuriat afin de toujours mieux accompagner nos entreprises », soutient Julie Gagnon, directrice générale de DEPS.

Un des aspects primordiaux d’une reprise entrepreneuriale est le financement et c’est justement l’une des spécialités de DEPS.

« Nous sommes en mesure d’aider les entreprises dans des projets de relève au niveau du financement et de l’accompagnement. Nos programmes de financement sont très attractifs pour les projets de relève. Bien sûr, on accompagne autant les cédants que les releveurs », précise Julie Gagnon.

« Mais vous savez, un processus de repreneuriat ne se réalise pas en claquant des doigts. Il peut prendre entre 5 à 10 ans avant de compléter une reprise », fait remarquer Mme Gagnon. En effet, juste tout l’aspect fiscal du processus prend du temps.

Julie Gagnon, directrice générale de Développement économique PierreDe Saurel. Photo Simon Ménard

Tout cela tombe bien parce que les besoins de plusieurs entreprises dans la MRC sont en lien avec le repreneuriat. Un obstacle peut toutefois ralentir cet exercice. Les entreprises d’ici sont aux prises avec un retard au niveau de l’optimisation des affaires, de l’automatisation, de la robotisation. Il y encore une forte dépendance à la main-d’œuvre. « Cela peut contribuer à ralentir un processus de repreneuriat », selon Mme Gagnon.

Fonds d’aide aux commerçants DEPS a été récemment été mandaté par la Ville de Sorel-Tracy afin de gérer les fonds qui serviront à soutenir les commerçants

touchés par les travaux qui débuteront bientôt sur la rue George et qui dureront tout l‘été.

« C’est la version 2 de ce qui se faisait l’année dernière. Nous sommes en train d’établir les modalités de ce programme et elles seront connues bientôt. La politique d’investissement n’a pas encore été approuvée », nous dit Julie Gagnon.

Il est fort probable que les demandes d’aide des commerçants, cette année, seront en lien avec une compensation pour la perte de clientèle durant les travaux. Les commerçants seront invités à proposer leur projet au cours des prochaines semaines.

Ambassadrice

En plus de ses responsabilités de gestion chez DEPS, Julie Gagnon, avec différents partenaires comme la Ville de Sorel-Tracy ou le Centre de services scolaire de SorelTracy, se fait un devoir de représenter la MRC dans divers événements susceptibles d’apporter un plus à l’économie locale, comme les différents rendez-vous avec Naval Québec, par exemple.

« La représentativité est importante. Il faut s’assurer que nous soyons vus et entendus et que nous puissions parler de notre région. Assurer une présence dans divers événements économiques, cela montre que nous sommes actifs et proactifs. Il est important d’avoir une écoute active, recueillir de nouvelles idées et les adapter, le cas échéant, à notre réalité à nous », croit Julie Gagnon.

Cette dernière pense qu’il ne faut jamais être une région en dormance, qu’il faut se faire voir, autrement… « Autrement, c’est loin des yeux, loin du cœur. Il faut qu’on entende parler de nous, montrer que nous sommes une référence au niveau économique. Et d’ailleurs, nous devenons une référence en développement économique. Bien sûr, on ne peut être partout. Il convient de choisir les événements et le milieu avec justesse, être sélectif, être stratégique », indique la directrice générale de DEPS.

Rappelons que DEPS, qui compte 11 employés, regroupe différents services comme le financement et le soutien aux entreprises, le tourisme, l’agricole et les communications (notamment pour assurer le rayonnement de la MRC).

Stéphane Fortier | Les 2 Rives

Le gouvernement du Canada investit plus de 700 000 $ auprès des Entreprises Canepta

Le gouvernement du Canada, la ministre fédérale Mélanie Joly en tête, a annoncé un investissement de 64 M$ pour aider une centaine de PME québécoises du secteur de l’acier, affectées par les droits de douane, à relever les défis actuels alors que des conditions du marché sont incertaines et changeantes. Parmi ces investissements, on compte une entreprise de Contrecœur, Les Entreprises Canepta ltée, qui bénéficie d’un montant de 702 711 $.

Selon son site Web, Canepta est un chef de file québécois dans le domaine de valorisation des produits à haute teneur en carbone. Depuis plus de 50 ans, l’entreprise contrecœuroise propose des solutions innovantes

ainsi que des processus techniques et logistiques de pointe.

« Face à des droits de douane injustifiés et injustifiables qui touchent durement les entreprises canadiennes, notre gouvernement agit de façon concrète pour appuyer les PME québécoises. En misant sur la productivité, l’innovation et la diversification des marchés, nous leur donnons les moyens de renforcer leurs chaînes d’approvisionnement et de demeurer concurrentielles dans un contexte commercial incertain. Grâce à l’Initiative régionale de réponse tarifaire, nous investissons dans le secteur de l’acier, qui revêt une importance stratégique pour l’économie canadienne et dans la résilience de nos régions », a déclaré Mélanie Joly.

Deux lauréates de la région aux Prix PDG Vert

Le Prix PDG Vert a dévoilé, lors du Jour de la Terre du 22 avril, les lauréats de son édition 2026, soulignant des dirigeants québécois qui font du développement durable un véritable moteur de transformation au sein de leur organisation et de l’économie. Parmi les sept lauréats, on compte deux présidentes-directrices générales (PDG) d’entreprises de Sorel-Tracy.

D’abord, Claude Maheux-Picard, du Centre de transfert technologique en écologie industrielle (CTTEI), a été sacrée lauréate dans la catégorie des leaders d’OBNL de moins de 50 employés. Le CTTEI est un centre de recherche appliquée reconnu comme leader de l’économie circulaire au Québec comme au Canada. « Chaque projet que l’on fait nous permet d’aider les entreprises à être plus compétitives par une meilleure gestion de leurs résidus », a-t-elle souligné.

Aussi, Cristine Laforest, de Groupe Bel Canada, a été lauréate dans la catégorie des leaders de moyennes entreprises de 50 à 299 employés. Groupe Bel Canada, dont l’usine de production est à Sorel-

Tracy, un acteur majeur du snacking sain laitier et fruitier en portion. « Chez Bel Canada, entreprise à mission, l’engagement repose sur une conviction forte : permettre à tous les canadiens d’accéder à une alimentation plus saine et plus durable », a-t-elle mentionné.

Selon le fondateur du Prix PDG Vert, Robert Dubé, ces leaders se démarquent par leur capacité à traduire leurs engagements en actions concrètes, mesurables et durables : « Le leadership en développement durable n’est plus une option : il est attendu, évalué et déterminant. Les lauréats du Prix PDG Vert démontrent qu’il est possible de concilier performance économique, innovation et impact positif sur la société. »

Les candidatures ont été évaluées par un jury indépendant composé de personnalités reconnues issues des milieux des affaires, du développement durable, de la gouvernance et de l’innovation. Les initiatives mises de l’avant couvrent un large éventail d’enjeux, allant de la réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’économie circulaire, en passant par l’innovation responsable et l’impact social. J.-P.M.

Une nouvelle entreprise locale portée par la relève à Sorel-Tracy

Deux jeunes de la région, Édouard Manègre et Justine Coll, ont démarré une nouvelle entreprise à Sorel-Tracy, Nora, qui se spécialise dans le lavage de vitres destiné aux résidences et aux commerces d’ici.

« Derrière cette initiative, on retrouve une volonté de bâtir une entreprise à échelle humaine, axée sur la qualité du service, la rigueur et la proximité avec la clientèle. Les deux entrepreneurs souhaitent offrir un service fiable et soigné, tout en développant un projet bien ancré dans leur milieu », indiquent les entrepreneurs dans un communiqué de presse. Les deux sont animés par une passion commune pour l’entrepreneuriat. « On voulait créer quelque chose qui nous ressemble, avec des standards élevés et une vraie attention portée aux clients », souligne Justine Coll.

En choisissant de démarrer leur entreprise dans la région, les fondateurs participent à ce

mouvement qui valorise l’achat local et le développement de services de proximité. Nora est désormais en activité à SorelTracy et dans les environs. J.-P.M.

Justin Coll et Édouard Manègre, deux jeunes et nouveaux entrepreneurs, ont lancé une entreprise de lavage de vitres. Photo gracieuseté
L’annonce a été faite à Repentigny, le 7 avril, en présence de la ministre Mélanie Joly. Photo gracieuseté

Le Domaine Clovis, quand deux camionneurs réinventent leur parcours

Après plusieurs années sur la route dans le domaine du camionnage, Guy Cloutier et sa conjointe Francine Garvis ont choisi de ralentir le rythme, sans pour autant cesser d’entreprendre. En 2021, le duo acquiert une ferme à Sainte-Anne-de-Sorel. C’est la naissance du Domaine Clovis, un projet qui combine aujourd’hui acériculture, culture de sapins et de cèdres, ainsi qu’une initiative environnementale.

Ils se sont rencontrés au fil des kilomètres, alors qu’ils géraient chacun leur entreprise.

« On était rendus à une étape où on voulait autre chose. Après 35 ans sur la route, on s’est dit qu’on allait préparer une préretraite, mais finalement, ça s’est transformé en nouveau projet », raconte Guy Cloutier.

L’idée prend forme rapidement. En l’espace d’un week-end, ils s’intéressent à la culture de cèdres, puis commencent à chercher une terre à acquérir. Leur choix s’arrête sur une propriété agricole déjà bien établie, située sur le chemin du Chenal-du-Moine. On y trouve notamment une érablière et une plantation de sapins de Noël. « On a vu le potentiel tout de suite. On a décidé de

poursuivre ce qui était déjà en place, mais aussi d’y ajouter notre couleur », explique Francine Garvis.

Dès leur arrivée, en pleine pandémie, ils plongent dans l’acériculture. « On a acheté en février, en plein temps des sucres. On travaillait encore avec nos camions, on dormait peu, mais on venait ici entailler. Quand tu veux quelque chose, tu travailles », résume M. Cloutier.

Au fil des saisons, le projet prend de l’ampleur et se diversifie. En plus de la production de sirop d’érable et de la vente de sapins, le couple développe des produits dérivés, comme l’huile essentielle et l’hydrolat de sapin baumier. « Rien ne se perd. Les sapins invendus sont transformés. C’est important pour nous de maximiser ce qu’on produit, tout en restant dans une approche naturelle », souligne Mme Garvis, qui précise qu’aucun produit chimique n’est utilisé sur l’exploitation.

Récupération de tubulure

C’est aussi en découvrant les réalités du milieu acéricole qu’un nouveau besoin émerge. « Il y avait un manque de services dans la région, notamment pour l’approvisionnement en matériel et la récupération de la tubulure. Il fallait se déplacer loin pour trouver ce qu’on avait besoin. On s’est dit qu’il y avait quelque chose à faire ici », explique M. Cloutier.

Ils ouvrent ainsi une boutique spécialisée sur le boulevard Fiset à Sorel-Tracy et mettent en place un point de dépôt pour la récupération de tubulure acéricole en collaboration avec AgriRÉCUP. « Dans le sec-

teur, on compte environ 400 érablières, majoritairement des exploitations familiales ou artisanales. Les producteurs paient des écofrais, mais il n’y avait pas d’endroit accessible pour récupérer le matériel. On a voulu offrir une solution concrète », précise-t-il. Au-delà de leurs activités, les deux entrepreneurs souhaitent faire de leur entreprise un lieu rassembleur. « Notre boutique sert aussi de vitrine pour d’autres producteurs locaux. L’idée, c’est d’aider les gens d’ici. Il y a beaucoup de producteurs qui travaillent fort, mais qui manquent de visibilité », explique Mme Garvis.

« On ne vient pas d’ici à la base, mais on s’est attachés à la région. On veut bâtir quelque chose qui a du sens, autant pour nous que pour la communauté », conclut Guy Cloutier.

Un bilan positif pour la première année de Talents Région Sorel-Tracy

Lancée en mars 2025, la plateforme web Talents Région Sorel-Tracy a répondu aux attentes pour sa première année, selon Développement économique Pierre-De Saurel (DEPS).

Cette initiative, qui a pour objectif de soutenir l’installation de talents sur le territoire de la MRC de Pierre-De Saurel, a bénéficié à une soixantaine de personnes depuis son lancement. Elles ont notamment été accompagnées pour la recherche d’un emploi, d’un logement ou encore d’une garderie.

« Le bilan est positif parce qu’on a réussi à mettre en place l’outil, puis à générer des résultats concrets », décrit Emanuèle Roux, cheffe des communications de DEPS. Elle se réjouit notamment de l’inscription de plus d’une centaine d’entreprises, de plus de 200 offres d’emplois et de près de 300 personnes en recherche d’emploi. Mme Roux souligne que le milieu corporatif a rapidement adopté la plateforme, mais elle rappelle que du côté des citoyens,

il est plus difficile de s’ancrer dans les habitudes dès la première année. « Les citoyens qui embarquent le plus, ce sont les gens de l’extérieur, puis ça adonne bien parce que c’est notre public cible », nous dit-elle. Le

lancement de la plateforme avait d’ailleurs été suivi d’une vaste campagne numérique pour attirer les talents dans la région.

« L’attraction de talents, c’est un travail collectif, autant par l’offre des entreprises

que par l’offre de services dans la région », conclut Emanuèle Roux.

Assurer la pérennité

Développée dans le cadre du projet Signature Innovation, qui s’est conclue à la fin de l’année 2025, la plateforme Talents Région Sorel-Tracy est maintenant entre les mains de DEPS. L’organisme a créé le poste de conseillère intégration des talents et des familles pour assurer un accompagnement optimal et bien référer les personnes vers les différentes ressources, comme L’Orienthèque et le Carrefour Jeunesse Emploi (CJE).

Pour la suite, le comité de marketing territorial s’affaire à définir la place que prendra la plateforme web au sein de la future stratégie de la marque Région Sorel-Tracy. Rappelons que le projet Signature Innovation a été rendu possible grâce à la contribution financière du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (1 423 165 $) dans le cadre du Fonds régions et ruralité et de la MRC de PierreDe Saurel (284 633 $).

Stéphane Martin | Les 2 Rives
Guy Cloutier et Francine Garvis gèrent le Domaine Clovis.
Photo Stéphane Martin | Les 2 Rives ©
Le couple récupère une grande quantité de tubulure d’érablière.
Photo Stéphane Martin | Les 2 Rives ©
Timothy Farley | Les 2 Rives
La plateforme web Talents Région Sorel-Tracy a été lancée le 27 mars 2025. Photo Lisa Stock

Éloïse et Sophie Paquin, copropriétaires de Botanix Comptoir Richelieu, sont fières de la progression de leur entreprise.

Botanix Comptoir Richelieu, une passion qui fleurit de génération en génération

à faire évoluer l’entreprise vers un centrejardin complet.

En 1982, Jean Paquin s’associe à trois autres entrepreneurs québécois pour fonder la bannière Botanix, premier regroupement de jardineries au Canada, qui compte aujourd’hui plus de 40 membres.

L’héritage vivant transmis par Jean Paquin et Louisette Gélinas continue d’inspirer Sophie et Éloïse, qui perpétuent à leur tour l’histoire familiale au sein d’un réseau de jardineries indépendantes bien établi au Québec.

Sophie et Éloïse Paquin représentent la troisième génération à la tête de Botanix Comptoir Richelieu. Une relève qui s’est imposée naturellement pour celles qui ont grandi dans cet univers.

« On n’a jamais été forcées. Nos parents nous ont toujours laissées libres. Quand on travaillait ici, c’était par choix. On avait ça dans le sang. On a grandi là-dedans, entre

les balades en forêt, les fleurs et les livres pour identifier les plantes et les oiseaux. Tout cela faisait partie de notre quotidien depuis l’enfance », résume Sophie. Pour sa part, Éloïse se souvient des étés passés à travailler aux côtés de leurs parents. « Dès que l’on a su écrire, on aidait à faire les étiquettes. À l’époque, tout se faisait à la main. Empotage, ensachage et préparation des plantes faisaient partie des tâches. Selon la saison, il y avait toujours quelque chose à faire. Ça ne nous a jamais empêché de voir

nos amis, au contraire, ils venaient même nous aider. »

L’histoire de l’entreprise familiale remonte aux années 1930, avec JosephAdélard Paquin, qui pose les premières bases d’un commerce appelé à évoluer au fil des générations. En 1955, la famille fait l’acquisition de Comptoir Richelieu, un tournant majeur qui marque le début du développement structuré de l’entreprise. Son fils Jean Paquin poursuit ensuite l’expansion du volet horticole et contribue

« Notre père nous a transmis que quand tu es en groupe, tu es plus fort. Cette philosophie de collaboration reste au cœur de notre vision et nous permet encore aujourd’hui de partager des connaissances, d’acheter en groupe et de sélectionner des plantes auprès de producteurs parmi les meilleurs au monde », souligne Éloïse.

La passion se transmet déjà à la quatrième génération, alors que Sophie et Éloïse voient leurs enfants s’impliquer dans l’entreprise à leur tour, chacun à leur façon. « Comme nos parents l’ont fait avec nous, on ne force rien », soulignent-elles.

Malgré les longues journées et les défis du commerce de détail spécialisé, les deux femmes disent trouver leur motivation dans le contact avec la clientèle. « Ce que j’aime le plus, c’est quand les gens nous disent qu’ils aiment venir chez vous. Il y en a qui passent beaucoup de temps ici, qui se promènent, qui regardent tout », confie Sophie.

« C’est un endroit où les gens viennent rêver, s’inspirer et se reconnecter à quelque chose de plus simple. Quand on voit leurs yeux briller, c’est ça qui nous motive », conclut Éloïse.

Un virage vers le véhicule récréatif après 18 ans dans le domaine de la clôture commerciale

Après plus de 15 ans dans le domaine de la clôture commerciale, Sylvain Salvas a récemment tourné la page pour se lancer dans l’industrie du véhicule récréatif, un changement de cap majeur motivé autant par des enjeux de gestion que par un désir de se rapprocher de la clientèle.

L’entrepreneur, qui avait notamment fait l’acquisition de Clôture Sorel-Tracy en 2008 avant d’acheter Clôture Sécuribec à Varennes en 2019, gérait des projets d’envergure partout au Québec. « C’est une belle croissance, on avait des contrats jusque dans le Nord, mais la gestion était devenue de plus en plus lourde. Les délais, la logistique, les comptes à recevoir amenaient une pression constante. En 2024, quand l’occasion s’est présentée de trouver une relève solide et sérieuse pour l’entreprise, j’ai décidé de la saisir », explique-t-il. Il a d’ailleurs partagé cette aventure entrepreneuriale avec sa partenaire d’affaires, Cyndia St-Germain, qui l’a accompagné dans l’évolution et la transition de ses entreprises. « Elle travaille avec moi depuis 2016. Au fil des années, Cyndia s’est impo-

sée comme une collaboratrice essentielle. Elle est entrée comme adjointe administrative, a poursuivi sa formation pour devenir CPA, puis est devenue contrôleure. En 2020, elle a acquis 25 % des parts de l’entreprise dans le domaine de la clôture. Aujourd’hui, elle poursuit l’aventure à mes côtés dans le secteur du véhicule récréatif. »

C’est ainsi qu’ils sont devenus, en novembre 2025, les nouveaux propriétaires de Roulottes Boisvert de Saint-Robert. « J’avais le goût de relever de nouveaux défis. Le monde récréatif m’intéresse depuis longtemps. Dans la clôture, on vend un règlement, une obligation, une dépense, parfois même une solution à des conflits de voisinage. Dans le VR, on vend du rêve, du loisir. Les gens arrivent ici de bonne humeur, avec un projet déjà en tête. Ils ont prévu le budget. C’est une approche complètement différente et très valorisante », explique M. Salvas.

Une vision axée sur l’expérience

Depuis l’acquisition de Roulottes Boisvert, des investissements importants ont été réalisés pour moderniser les installations et améliorer l’expérience client. « On veut que les gens vivent quelque chose quand ils

viennent ici. Pas juste acheter, mais se projeter dans leur projet. Notre clientèle, c’est la famille. Ce sont des gens qui veulent voyager localement, profiter de leur été. On veut les accompagner là-dedans. C’est ça notre philosophie. » Sylvain Salvas affirme avoir retrouvé un équilibre qui lui convient davantage. « C’est un nouveau domaine et je n’hésite pas à demeurer à jour sur les produits afin de bien comprendre les tendances et les

besoins de notre clientèle. J’aime le contact avec les gens, je retrouve cet aspect-là que j’avais moins dans la construction », dit-il. « Une autre fierté pour moi, c’est de poursuivre l’aventure de Gaétan Boisvert, qui a fondé cette entreprise il y a 34 ans. C’est important pour moi que les intérêts demeurent locaux, à Saint-Robert. Il sait que Cyndia et moi allons continuer dans l’esprit de ce qu’il a bâti », conclut Sylvain Salvas.

Stéphane Martin | Les 2 Rives
L’entreprise Roulottes Boisvert est située au 4121, route Marie-Victorin à Saint-Robert.
Photo gracieuseté
Stéphane Martin | Les 2 Rives
Photo Stéphane Martin | Les 2 Rives ©

La stratégie économique rapportera des dividendes à Sorel-Tracy, assure le maire

Plusieurs partenaires économiques travaillent sans relâche, particulièrement depuis trois ans, afin de raviver la fibre maritime à Sorel-Tracy. Selon le maire, Patrick Péloquin, il ne fait aucun doute que tous ces efforts ne pourront faire autrement que de rapporter des dividendes.

« On voit déjà les résultats de cette symbiose, lance le maire d’entrée de jeu. Grâce à nos démarches auprès du milieu maritime, personne n’ignore notre potentiel. Les infrastructures, on les a déjà. »

Ce dernier déplore que SorelTracy ait été trop souvent absente des rendez-vous maritimes depuis des années et il considère important de rattraper le temps perdu. « Il est temps que nous redevenions un acteur clé et, actuellement, nous nous positionnons extrêmement et exceptionnellement bien », selon le premier citoyen de Sorel-Tracy.

Les représentations faites par la Ville et ses différents partenaires ont été efficaces puisque maintenant, le secteur maritime s’intéresse à elle. « Actuellement tous les chantiers au Québec sont pleins, mais si

l’un d’eux veut augmenter sa capacité de production, les opportunités sont là à Sorel-Tracy », fait savoir le maire.

La capacité soreloise en matière maritime s’inscrit bien dans la stratégie industrielle du gouvernement du Canada, en défense ou autrement, plaide Patrick Péloquin. « On s’inscrit parfaitement dans cet axe. On coche à tous les points », assure-t-il.

« Et puis, l’arrivée du port de Montréal à Contrecœur arrive également à point nommé. Cela nous positionne extrêmement bien », ajoute Dominic Brassard qui, en plus d’être directeur des communications, agit à titre de directeur du développement des partenariats stratégiques.

Des entreprises telles que TDF et Machinex, installées dans le parc LudgerSimard, se veulent des industries complémentaires. « Nous voulons devenir une plaque tournante dans l’industrie maritime, un acteur clé, et les pions que l’on a placés rapportent aujourd’hui », persiste le maire.

Se réinventer dans le commercial Si la symbiose au niveau du maritime fonctionne fort bien et promet d’engendrer des résultats prometteurs, le maire de SorelTracy entend bien travailler à développer une stratégie afin de stimuler le milieu commercial. « Il faut se réinventer à ce niveau,

soutient Patrick Péloquin. Il faudra réfléchir et s’unir pour développer une stratégie commerciale gagnante, faire en sorte que plus de gens consomment chez nous », fait remarquer le maire.

Mais cela ne se fera pas tout seul. « Comme pour la question de l’industrie maritime, il faut développer un partenariat avec les acteurs du secteur commercial. Tous doivent travailler ensemble, se donner la main. Cela prend un leadership fort pour développer cette stratégie », fait remarquer le maire de Sorel-Tracy.

La cure de jeunesse que vit le centreville fait justement partie de cette stratégie. « Le commerce de proximité pour les gens qui résident à une plus grande distance du centre-ville, c’est bien, mais pourquoi ne pas profiter de tout de ce que le centreville offre? » demande justement le maire.

« Il faut intégrer les commerces dans l’offre des restaurants, par exemple. À la conclusion des travaux, nous offrirons une septième terrasse aux citoyens, aux visiteurs », rappelle le maire de Sorel-Tracy.

Ce dernier rappelle qu’en matière d’économie, l’agroalimentaire est loin d’être négligé. « Si nous travaillons activement sur le naval, la transformation agroalimentaire est également importante pour nous », assure Patrick Péloquin en conclusion.

Stéphane Fortier | Les 2 Rives
Patrick Péloquin croit fermement que tous les efforts déployés afin de raviver l’industrie maritime à Sorel-Tracy rapporteront assurément des dividendes.
Photo Jean-Philippe Morin | Les 2 Rives ©

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