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Habillé Habité

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Habillé Habité

CARPREAU Cyrillus 1


Travail de fin d’étude, «En et sur l’architecture» Année académique 2017-2018 Promoteur: Weiss Emmanuelle

é d'architecture, d'ingénierie architecturale, d'urbanisme

faculté d'architec

saint-luc tournai

adam billiet

U PROFESSIONNEL - BUREAU D’ÉTUDES (ÉTÉ 2017) stage évalué pour l’année académique 2017-2018

STAGE EN MILIEU PROF

stage év


Un merci tout particulier à ma directrice de TFE, madame Weiss, pour son soutien, son écoute attentive et ses conseils avisés. Merci également à mon entourage proche qui m’a encouragé à rester concentré et à fixer mon objectif. Un dernier merci à l’ensemble des professeurs que j’ai côtoyé durant mon cursus qui ont participé à ma formation. Merci à vous qui lisez ces mots.


Sommaire


Introduction

8

Fonction

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Protection

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Eléments climatiques

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Coups, Reliefs extérieurs

22

Pudeur

27

Parure

43

Langage

44

Identité

52

Construction/Expérimentation

56

Tissage

60

Patron

70

Archi tension

72

Vêtement compression

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Projet

85

Conclusion

101

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Il est important de prendre en considération que l’habillé renvoie dans cet exposé, au terme vêtement dans son concept de tenue, de vêture dans son ensemble. L’habité renvoie à l’architecture, manifestation de l’espace pensé pour l’homme.

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Introduction

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Le thème « habillé-habité » s’inscrit dans un processus de recherche, basé sur une interrogation : peut-on s’inspirer du vêtement pour faire de l’architecture ? « Au commencement était le vêtement » nous dit Adolph LOOS1 , « l’homme cherchait à se protéger et à se réchauffer pendant son sommeil. Il cherchait à se couvrir, la couverture est le plus ancien élément architectural. Originellement, elle se consistait en fourrures ou en tissages. On connait encore cette signification du mot dans nos langages germaniques2. Il fallait bien attacher la couverture, si on voulait qu’elle puisse protéger une famille. De là les murs sont nés, qui permettaient de se protéger latéralement. Et c’est ainsi que s’est développée la pensée architecturale, dans l’humanité comme dans l’individu ». L’architecture serait donc issue du vêtement. Cette hypothèse nous conforte dans l’idée que des qualités de l’un puissent être extraites pour nourrir l’autre. Cependant, la relation directe entre les domaines du vêtement et de l’architecture n’est pas aisée à établir. Via quelques exemples, ils paraissent même opposables. Leurs échelles sont différentes par la taille, le volume. Le vêtement est individuel, l’architecture est plus collective. Le vêtement est construction éphémère, l’architecture s’inscrit dans la durée. Le vêtement se porte, l’architecture se tient par elle-même. De ce fait l’un est mobile, l’autre est statique, fixé dans un site.

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Mais en creusant, on peut constater qu’ils sont art de l’espace, des créations de l’humain, construites autour de lui, indispensables à sa vie et remplissant des rôles identiques. Ils renvoient à des fonctions principales qui seront développées dans ce document, celles de nous protéger, de générer des espaces liés à l’intimité, d’inter réagir de manière symbolique avec notre environnement. Différents vocables sont utilisés en fonction des auteurs mais nous reprendrons la terminologie de Marc-Alain Descamps 3: protection, pudeur, parure. Un autre architecte se sert du vêtement pour parler d’architecture. Hans Van Der Laan4 se sert de la semelle de chaussure pour parler de la maison. Il explique que la semelle a pour rôle de protéger nos pieds du sol dur et rugueux, et que pour ce faire, la semelle doit être plus tendre que le sol, mais plus dure que le pied. Elle devient ainsi prolongement du corps et « sol assoupli », présentant un intérieur et un extérieur. La maison elle, n’est pas un « sol assoupli » mais « une portion d’espace rendu habitable au sein de l’environnement naturel ». Elle possède également un intérieur, une « portion de l’environnement rendu habitable » et un extérieur protecteur, représentant « une existence humaine rendue invulnérable ». La semelle comme la maison ne sont pas perçues comme frontières brutales mais comme des « agents réconciliateurs » entre homme et nature. C’est dans cette optique que nous considérons l’habillé et l’habité, comme une portion d’environnement rendu habitable. Vêtement et architecture deviennent alors série de couches, une continuité, succession de peaux, sous-vêtements, vêtements, filtres, parois, murs. Cette gradation des éléments engendre des vides entre chaque couche qui deviennent espace en soi. L’individu passe d’un espace à l’autre, traverse des frontières multiples et presque floues entre extérieur et intérieur, en se concentrant sur l’humain comme point central. Nous allons donc considérer vêtement et architecture comme physiquement différents, mais conceptuellement identiques pour les fonctions auxquelles ils répondent. Nous irons même jusqu’à proposer de les voir comme une suite, un tout au service de l’homme. Nous visiterons ces visions, fonctions et croisements pour mieux les comprendre et nous inspirer. Ensuite, au travers de ces différentes réflexions théoriques développées, nous établirons des hypothèses et une proposition de projet.

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Chalayan 2012

1 Adolf LOOS, « Comment doit-on s’habiller ? » les carnets rouges, Grasse 2 Couverture et plafond se disent [decke] 3 Descamps «Psychososiologie des vêtements»

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L’ espace comme la possibilitÊ de mouvement du corps, ou la projection mentale de ce corps en mouvement.

Issey Miyake-dress 1980

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Isabel Toledo - Packing dress printemps/ete 1998

Issey Miyake - APOC (a piece of clothe) un vĂŞtement pour plusieurs 1998

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Fonction

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Un fil conducteur commun à l’habillé habité se dégage à travers 3 thématiques décrites selon les auteurs cités sous différents vocables mais que nous synthétiserons dans les fonctions de : protection, pudeur et parure. Ces fonctions ne sont pas hiérarchisées, elles s’articulent se combinent, s’imbriquent et s’influencent. Ces apports nous permettent de dégager des liens entre vêtement et architecture, de suggérer comment l’architecture peut s’inspirer du vêtement. Ces liens évoqués dans les fonctions seront développées de manière plus détaillée dans des propositions architecturales au niveau des chapitres constructions et hypothèse bâtie. C’est donc une méthode pour nourrir la réflexion et proposer différentes pistes applicables en architecture.

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PROTECTION

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Comme l’exposent Bologne, ou Semper, le vêtement et l’architecture ont une origine commune : un rôle protecteur, d’une part lié au climat : froid, pluies, vent, soleil …. Et d’autre part, vis-à-vis des coups, reçus par l’environnement physique ou par autrui. Aujourd’hui encore, vêtement et architecture sont nos moyens pour nous protéger de ces éléments extérieurs.

Eléments extérieurs climatiques A 28 degrés Celsius, ni vêtement, ni architecture ne sont physiquement nécessaires. C’est la température du jardin d’Eden où se promènent Adam et Eve, nus. C’est ce que nous dit Philippe Rahm dans son ouvrage « architecture météorologique » 5. Mais nous ne vivons pas dans un tel monde. Nos années sont rythmées par les saisons, et ces saisons le sont par une météo plus ou moins variable selon la position géographique où nous nous situons. Nous devons donc couvrir nos corps et nos espaces, d‘isolants, de protections solaires et de membranes étanches. Ces dispositifs, hormis leur rôle de protection, nous permettent de rendre une portion d’espace naturel habitable. Cette portion d’espace peut nous suivre, plus particulièrement dans le cas du vêtement, ou nous accueillir. Nous nous mouvons dans le monde extérieur, couvert de différentes pièces vestimentaires (sous-vêtements, t-shirt, pull, pantalon, veste, chaussettes et chaussures,….) Cette variété du vestiaire, composé de pièces nous permet de nous en défaire par partie et ainsi adapter notre ‘espace proche’ aux besoins créés par notre environnement. Aussi, nous ne nous habillons pas de la même façon en été ou en hiver et vivons de ce fait, ces périodes très différemment. Pour Rham, les solutions de thermie, même si elles ont une multitude de paramètres et de solutions, elles, relèvent de l’architecture. Ainsi pour se rafraichir, il établit au départ, différentes solutions ; une solution atmosphérique, en réduisant la température de la pièce ; une solution sociale, en retirant une couche de vêtement ; une solution physiologique, en buvant ; une solution physique, en se reposant ; une solution psychologique, en simulant un sentiment de rafraichissement. Au final ; il estime que c’est l’architecture qui doit synthétiser cet ensemble. 18


corps au repos, peu vêtus t° 16

Philippe Rahm – architecture météorologique pg 19

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Lacaton- conference «inventre l’espace» 08.02.2018

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Pierre Yves Balut- La théorie du Vêtement, pg 128

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C’est l’esprit de cycles, de diversités, d’adaptation qui rythme nos vies que nous devrions appliquer à l’architecture. Tirer un maximum de qualités des éléments climatiques. Il serait fantastique dans une habitation par exemple, que peu importe la saison, ou la météo, il y ait toujours au moins un espace enrichi de ces conditions. On peut tout de suite penser aux jardins d’hiver, qui sont agréables dans l’entre-saison. On peut pour ce faire prendre l’exemple de Lacaton et Vassal, qui pour la maison Latapie, ajoutent une grande serre à l’arrière de la maison, créant de cette façon une sorte de micro climat « qui rappelle les vacances en Espagne 6 » que les habitants s’approprient comme ils le souhaitent. Mais on pourrait aussi imaginer un ‘pluvarium’ qui recueillerait la pluie au cœur d’une cour intérieure, créant ainsi un mur d’eau modifiant l’espace, ou encore une grande baie zénithale sur un espace vaste et très bas sous plafond, créant un espace très lumineux même par ciel couvert. Il serait aussi envisageable de disposer une chambre à la limite du soussol, assurant des températures fraiches tout l’été. C’est aussi dans ce sens que Pierre Yves BALUT évoque « la sollicitation de l’appétit ». «L’habitué des saisons tempérées désespère qu’il fasse toujours beau et rêve de retrouver les contrastes successifs de la pluie et du beau temps, des hivers et des printemps. L’alternance de ces états si divers réactive constamment les plaisirs autant que les déplaisirs contrastifs et redonne le goût des choses. »7 . Cette constatation est basée sur un besoin humain, un réflexe naturel originellement alimentaire, où pour être en meilleure santé, il faut manger varié, exciter l’appétit. Apporter de la diversité, c’est rendre la vie plus surprenante, perturber la routine et empêcher la lassitude.

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C’est dans cette visée que nous proposons une réflexion sur les architectures passives à la température homogène de 21°, sur-isolées, au climat constant, informatisé où dans l’idée de préserver l’environnement on en vient à s’en couper presque totalement. Il ne s’agit pas de s’exposer et de subir les éléments extérieurs, mais comme un vêtement, l’architecture pourrait adoucir le rapport au monde. Et inversement, un bâtiment pourrait être moins isolé mais c’est le vêtement qui permettrait de régler la carte thermique. Mets un pull, tu chaufferas moins. Par analyse et interprétation, l’architecte peut voir des jeux de couches, de zones, d’ouvertures, de recouvrements ou de débordements, liés aux parties du corps, du vêtement et directement applicables à l’architecture. Ces zones nous parlent de protection mais aussi d’intimité (évoquée plus loin). Pour offrir à un édifice des qualités spatiales liées au climat, aux saisons et créer ainsi un vécu toujours en changement, l’architecte peut imaginer une architecture flexible. Usage mobile d’espaces intermédiaires, dans lesquels l’occupant viendrait se placer de façon ponctuelle selon les éléments extérieurs ou dispositifs mobiles actionnables par l’homme pour profiter au mieux du climat et adapter sa façon de vivre. Ces dispositifs et méthodes se doivent de permettre une utilisation maximale des énergies offertes par leur environnement. Nouvelle Guinée photo : Chris Rainier

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Lacaton Vassal-maison Latapie Floriac, France 1993

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Coups, reliefs extérieurs. Se protéger, c’est aussi défendre son corps, sa peau ou ses organes des ‘reliefs’ de notre monde et des autres habitants de ce dernier. La grande majorité d’entre nous n’est plus vraiment exposée aux ‘reliefs bruts’, en effet la population vivant en milieu rural dans nos pays européens est minime (25% en Europe, 20% en France, 2% en Belgique) 8 et même ceux qui y vivent, sont connectés et vivent dans une nature généralement maitrisée. Face à un monde de plus en plus domestiqué et aménagé, nos tenues de tous les jours se sont affinées. Elles varient tout de même d’épaisseur selon nos actions ou métiers ; on ne portera pas la même tenue pour travailler dans un bureau que dans les bois : le degré de défense dépend donc de l’action et du lieu où elle est menée Il est presque compliqué de tirer de ces paramètres autre chose que des évidences. On peut tout à fait concevoir que l’architecture sera différente selon l’action ou le programme qu’elle accueille. Ainsi une gare n’apportera pas le même niveau de protection, aussi bien thermique, météorologique et physique, qu’un logement. Nous pouvons ici nous inspirer des propos de Van Der Laan, reprendre l’image d’architecture en tant que semelle, pour expliquer que l’architecture doit être plus tendre que le monde extérieur, mais plus dure que l’être humain. C’est le medium entre les deux. Ce medium ne doit pas forcément être un mur, créant un intérieur en opposition avec un extérieur, mais une série de limites ou de couches qui adouciraient l’espace du dehors. Mais si nous devons seulement nous protéger des aléas du climat, pourquoi ne vivons-nous pas tous dans des boites de verre, étanches et chaudes ? Pourquoi ne somme nous pas tous juste couvert au niveau où nous perdons le plus de chaleur, et couvert d’un imperméable transparent ?

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https://donnees.banquemondiale.org

Cote de mailles Entremêlement d’anaux


Car nous ne sommes pas seuls ! Et pendant très longtemps, peuples, groupes et individus se sont battus pour obtenir, le plus souvent, les terres et/ou leurs fruits. Il fallait donc de se défendre des attaques, par des armures, des côtes de mailles et autre murs épais. Heureusement, aujourd’hui nous vivons dans une société composée de règles, de lois et de bon sens commun, nous permettant de nous défaire de la plupart des protections physiques contre l’autre. En architecture non plus, nous ne devons plus faire face à des vagues d’envahisseurs, nous n’avons plus besoin de bastions, ni de murs fortifiés mais seulement de quoi empêcher les intrusions.

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Néanmoins, certains individus ressentent toujours le besoin de se sentir à l’abri dans son rapport à l’autre. Ils expriment par leur comportement une protection symbolique, psychologique de protection. Ce rapport particulier, parfois trouble de la relation à autrui, peut s’illustrer par ce besoin d’avoir une couverture ou un drap fin pour dormir même par une nuit des plus chaudes, pour se sentir protégé. Nous pouvons aussi prendre l’exemple plus particulier de la petite Caroline, 5 ans, enfant aux troubles envahissants du développement qui hors de chez elle, peu importe la température ou le lieu, refusait d’enlever son manteau. Ce manteau était son rempart, sa protection contre tout autre individu qui n’était pas digne de confiance.9 A défaut de devoir se protéger soi, il reste important de protéger les autres, ou du moins de ne pas leur causer de tort par nos choix. L’architecte doit concevoir des endroits où l’on se sent protégé, défendu, en confiance ; il semble important de créer des lieux enveloppants, et d’offrir au minimum une barrière physique permettant à notre inconscient de relâcher sa garde. La protection existe justement parce que nous ne sommes pas seuls, et qu’il existe le rapport à l’autre, ce rapport se manifeste aussi sous la forme de la pudeur.

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témoignage de Mm Wallez, orthophoniste, travaillant en centre de réadaptation concernant sa petite patiente.

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Pudeur

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Marc-Alain Descamps rapporte la pudeur à la notion de sexualité. Il explique que le vêtement a pour rôle de cacher le sexe, d’éviter les convoitises. Mais c’est une notion finalement assez peu fiable, puisque la pudeur crée aussi l’érotisme, faisant travailler l’imaginaire et créant la tentation. BOLOGNE confirme cette idée d’érotisme et d’attractivité par le caché. Il évoque également les origines selon la religion, une question de Pudeur sans érotisme : « la main de dieu qui tend des peaux de bêtes à Adam et Eve, le vêtement simplement arrivé pour vêtir la nudité » PIERRE YVES BALUT, lui, dira « L’emboitement, la hiérarchie, des liens fait qu’on doit souvent cacher aux uns ce qu’on montre ou plutôt partage avec d’autres » 10. C’est l’idée du dévoilé caché, dans une question du rapport aux autres, par des notions de limites mais aussi d’échanges, de partage. BALUT dira aussi « Les dessous dit ‘intimes’ ne sont qu’un mode de restriction ultime, dans un processus qui joue constamment sur l’empilement de dessous et de dessus correspondant à la diversité des frontières de moi et de l’autre, qui s’instaure par le vêtement et qui se négocient de toutes les façons. » 11 Cette série de dessus et de dessous dont il nous parle est donc une panoplie de couches, ici vestimentaire, où chacune représente un niveau d’intimité. Ceci nous amène donc à proposer que la pudeur, l’intimité est donc une histoire de cacher, mais aussi de suggérer et de partager.

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Pierre Yves BALUT – Théorie du vêtement pg 78 Ibid pg78 Jean-Charles Depaule, Jean-Luc Arnaud, A travers le mur, éditions Parenthèses, Marseille 2014 13 La cour est le cœur symbolique de la maison, passage entre extérieur et intérieur, lieu de distribution des différentes pièces de la maison, lieu central pour les activités des femmes. Ses parois sont tapissées de moucharabiehs. 10 11 12


Ralph Rucci - suspension dress Laine

Au travers d’un exemple, au sujet des maisons à cour syrienne et le voile des femmes qui ne peuvent s’exposer au regard, Jean-Charles Depaule 12 établit une analogie entre le rôle du vêtement et l’architecture, le dévoiler/cacher : Le visiteur se présente à la porte extérieure, annonce oralement sa présence et confirme son identité. La porte lui est ouverte à distance par l’occupant de la maison. Cette rencontre différée permet aux femmes de la maison (non voilées dans leur demeure) de prendre leur disposition. En fonction du code (convention établie par la famille) permettant la distinction homme/femme. Les femmes quittent la cour et se couvrent. Le visiteur est accueilli dans la cour13 hors présence féminine. Mais, les femmes peuvent le voir sans être vues, au travers des moucharabiehs. Ensuite le visiteur est orienté vers la pièce qui convient et se déchausse avant de passer le seuil. Cet exemple culturel renvoie au filtre du moucharabieh qui permet de garantir la pudeur au même titre que le voile. L’élément d’architecture se substitue au voile, et inversement, « le voile est un fragment détaché du mur de la maison » De même, le passage du seuil conditionne le fait de se déchausser et donc de changer de « vêtement ». Par cette notion du dévoiler/cacher, l’architecte peut amener à suggérer plutôt qu’à montrer au moyen, de filtres, cloisons qui masquent partiellement les espaces intérieurs, extérieurs, par des transparences qui suggèrent ou encore par des effets de lumières qui attirent. Un concept intéressant se dégage de cet exemple, c’est le relais que prend l’architecture sur le vêtement. Dans l’esprit de couche, on peut imaginer que plus l’individu se déshabille, plus il s’expose et se trouve en situation d’intimité, et plus l’architecture le couvre de ses couches.

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Edward Hall14 a étudié la question des rapports à l’autre, et des distances qui séparent selon le rapport entre individus. Il a appelé ces rapports de distances la « proxémie » 15. Il établit quatre distances « prolongations de l’homme » 16. La première distance appelée intime, va du contact physique jusqu’à 45 cm. C’est la «distance de l’acte sexuel ou de la lutte, celle où l’on réconforte ou on protège» 17. Dans cette distance, tous les sens sont très stimulés, et un vif inconfort peut être ressenti si quelqu’un se trouve aussi proche de nous. La deuxième est dite personnelle, d’environ 45cm à 1m25. C’est la distance où le contact physique est possible par un simple mouvement. On accepte généralement les gens proches dans ces mesures, idéales pour des conversations personnelles, mais où la présence d’un inconnu nous est désagréable. La troisième est sociale, c’est «la limite du pouvoir sur autrui»18. Elle s’étend de 1m20 jusqu’à 3m60. Il s’agit d’une distance pour des échanges moins personnels, comme des échanges professionnels. Il explique aussi, que par exemple, 3 mètres est une distance ou l’on ne se sent pas obligé de converser même avec quelqu’un que l’on connait bien. La quatrième est publique, elle commence à 3m60. C’est une distance où l’on a une possibilité de fuite. Passé 9 mètres, il faut hausser la voix et accentuer les mouvements pour être bien perçu. Selon T Hall, ces distances varient selon le contexte Ainsi, les distances intimes et personnelles peuvent être envahies sans causer de réelles gênes en des circonstances particulières, comme dans les transports en commun et les ascenseurs.

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Il précise que ses études se basent sur des américains de classe moyenne, et que les distances de proxémie n’ont pas de valeur universelle. Il confronte sa vision avec des pays européens, assez proche de culture mais aux notions d’intimité un peu différentes. Les anglais sont moins dérangés par le contact des autres dans des situations de travail, les allemands ont une notion de l’espace personnel très forte. Hall cite les japonais, dont la notion d’intimité est très éloignée de la nôtre, leur permettant de vivre en groupe dans des maisons aux parois de papier. Il explore ensuite le monde Arabe où selon lui l’intimité est surtout intérieure à l’humain, et la « distance intime presque inexistante » 19

14 Edward T Hall15 Ibid pg 85 16 Ibid pg 110 17 Ibid pg 81 18 Ibid pg 85 19 Ibid pg 110

dimension cachée pg 81

Joachim Bandau-’Black aquarelle’ 2005 152 x 101 cm

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Ces distances de proxémie de Hall sont des paramètres à prendre en compte par l’architecte, lors de la création des espaces de type public, privé et partagé. L’architecte ne doit pas se contenter d’une vision intérieure/ extérieure «l’homme n’est pas contenu dans les limites de sa peau»20 et veiller à ne pas produire des limites qui sont des ruptures avec : les amis à l’intérieur et les hostiles à l’extérieur. Au même titre, «l’empilement dessus dessous du vêtement» de Pierre-Yves Balut21 nous renvoie à l’idée de couches. L’architecte va créer une panoplie de couches pour construire des espaces pour tous types d’échanges, et ce en fonction des relations intimes, personnelles, sociales ou publiques. Affecter des espaces pour des moments d’échanges plus personnels ou publics. Il sera également important d’être conscient du type d’espace et de l’intimité nécessaire à sa fonction. Dans le cadre plus personnel, d’une maison pour un particulier, il est nécessaire de bien connaitre l’habitant, pour cerner sa propre vision de l’intimité. Dans le cadre d’espace public, l’élaboration d’espace d’intimité est beaucoup plus globale car établie pour des inconnus variables et la réflexion doit se porter sur la sensation d’intimité au moyen de filtres. Dans le cadre d’espaces partagés (colocation, auberge), les espaces intimes doivent être conçus soit assez larges pour se croiser sans trop de contacts, ou permettre plusieurs accès et circulations possibles afin d’éviter de croiser d’autres individus lors de situations d’expositions. L’intimité peut varier selon les dimensions d’un espace ou sa forme, un espace plus bas ou plus condensé paraitra généralement plus intime, tout comme un espace courbe Edward T Hall- dimension cachée pg 80 Pierre-Yves Balut, théorie du vêtement, pg 78 Cf filtre évoqué par les moucharabiehs des maisons syriennes

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aura le plus souvent un aspect enrobant. Mais l’espace intime est aussi un espace de sens, entendre, voir, sentir , toucher. Pour l’audition, percevoir la présence de l’autre, son éloignement, le silence aussi. La vue, dans un dévoilé caché, voir sans être vu22, ou ne voir personne. L’odorat pour s’approprier l’espace, le faire sien en le personnalisant par des fragrances, des senteurs. Le toucher par la douceur des matières des sols, murs pour permettre et rechercher un contact agréable, feutré assurant dès lors une position plus intime. La notion d’intimité est variable, c’est une question de culture, de personnalité, de psychologie et même d’humeur. Il faut donc offrir des espaces où chacun peut se sentir bien, avec lui-même et/ou avec les autres ; Il est donc important d’offrir des espaces d’intimité variés, du lieu le plus exposé au lieu le plus caché, du lieu le plus partagé au lieu le plus intime, de transformer l’environnement fabriqué en environnement vécu.

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Renzo Piano - Maison HermĂŠs Tokyo TOKYO, JAPON, 1998-2001

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Le filtre, outil du dévoilé caché

Farming Architects - KOI Cafe Láng Thoong, Vietnam, 2017

MAISON-DE-VERRE-Chareau

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Travail de la couche

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Gucci fw 2017-18

Guerrini, La Padula, Romano - Palazzo della CiviltĂ Italiana Rome, Italie, 1940

Ryo Matsui architects -Hotel Nikko Kumamoto Kumamoto Japon, 2013

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Le contrôle sur l’habitat L’aspect qui se modifie selon l’usage

Howeler & Yoon - Möbius Dress 2004 Concept Clothing

Ludloff Ludloff Architekten Neubau für SOS-Kinderdorf Berlin Berlin, Allemagne, 2017

Pas d’information

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Parure

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La parure, relève du langage et révèle l’identité. Langage Selon Descamps, le vêtement (qu’il appelle costume) est un discours muet de ce que nous sommes et de ce que nous aimons, une communication du sexe, de l’âge et de la classe sociale. Il est donc à ses yeux une forme de linguistique. Selon Balut, le vêtement est vestignomonie, «il peut faire penser à»23, Bologne24 explique que la parure est une des autres possibles origines du vêtement. Il fut tatouage, peintures de guerre qui effraient et donnent de la force, ou encore des peaux d’animaux, trophées de chasse qui expriment l’habilité et la victoire, comme d’Hercule et de sa peau de lion. Il s’intéresse principalement au langage du vêtement, selon les apports du linguiste Ferdinand De Saussure qui établit dans le langage une distinction entre langue (code commun) et parole (manifestation orale personnelle). Roland Barthès transpose ce modèle dans le langage vestimentaire en considérant le costume comme vecteur du code commun et l’habit (vêtement) comme une adaptation du code à la personne elle-même. De ce fait, le vêtement devient source de communication en véhiculant des messages conscients et inconscients.

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23 Vestignomonie : connaissance par la mise pg55 Idée que l’habit fait le moine 24 Jean-Claude Bologne, conférence « le langage du vêtement »


OFFICE Architecture - CENTRES FOR TRADITIONAL MUSIC Riffa, Muharraq, Barhain 2017

Mayer Katja - Mask 2017

Le message conscient. Il peut exprimer la fonction exercée (vêtement d’état, de partenariat,…ou bâtiments commerciaux) ; un message d’accueil ou de refus (style vestimentaire hippie, édifice à entrée marquée) ; la détente (vêtements amples et lâches, des chaussures légères,). Mais, il peut aussi signifier le pouvoir (bâtiment massif, qui aborde des signes de richesse et de grandeur, comme un palais royal ou un parlement). Mais, c’est aussi la question de l’utilisation du vêtement ou de l’architecture pour transmettre un message sur autre chose que sur l’individu ou l’objet. Dans ce contexte, il devient support d’une idée forte, et de là perd le caractère originel (de vêtement ou d’architecture) pour devenir Art. La frontière entre objet d’art et objet de vie est très floue. Pour le vêtement, on peut prendre l’exemple de défilé où le thème décrit la société ou la culture. Le styliste Chalayan, fait une collection de ‘vêtements mobilier’, exprimant ainsi l’idée de la migration, de devoir quitter son pays en ne prenant que ses habits, qu’il transforme en meuble. Il ne s’agit pas de véritables vêtements, dans le sens ou, bien qu’enfilables et portables, ils ne peuvent être portés dans la vie de tous les jours. 45


On peut aussi prendre l’exemple d’Iris Van Herpen, qui inclut dans ses vêtements de nombreuses technologies (robe en 3D, création de nouveaux tissus) En architecture, ce principe de transmette une idée, peut être projeté sur des monuments. On peut se référer à l’exemple de l’Atomium, qui représente un atome de fer, à la fois symbole de l’acier belge et des prouesses techniques. De même, l’exemple des pavillons d’exposition universelle, qui sont démonstration de savoir-faire, d’idées ou de représentation du pays. Vêtement et architecture gardent leur aspect technique, transmettent un message mais perdent leur fonction principale pour devenir objets sculpturaux, presque œuvres d’art.

Hussein Chalayan – Collection « After Words » – Automne 2009 – Robe table encastrable

25 Gottefried Semper, Du style et de l’architecture, écrits, 1834-1869, Editions parenthèses, collection eupalinos.

Herzog and de Meuron - Toggenburg Mountain Restaurant Saint Johann, Suisse, 2015

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Reiach and Hall Architects - Dundee House Dundee City, UK, 2011

Le message inconscient Bologne explique qu’étant obligé de s’habiller, pour les raisons de protection et de pudeur, nous devons faire des choix. Il nous dit que tout choix entraine un message, et que même en voulant être le plus neutre possible, le choix des vêtements, de leurs matières, couleurs et textures seront forcément vecteur d’un message. On peut parler de langage mais pas de parole, car ces choix étant inconscients, ils ne sont pas lisibles mais interprétables. Ceci nous amène au rôle de l’architecte, qui pour un édifice doit poser des choix selon les paramètres de ce qu’il conçoit. Ces choix portent notamment sur le programme, la spatialité, ou encore la structure et la matérialité. Semper25 se penche sur l’histoire. Il établit quatre éléments originels, le foyer, le terrassement, le toit et la paroi. C’est son regard sur la paroi qui nous intéresse ici. Il explique que la paroi est issue de la technique du tressage et du tissage, car elle était à l’origine une clôture de rameaux tressés, devenu mur tapis. C’est la protection verticale du foyer. Elle démarque la propriété personnelle, protège des rayons du soleil, du froid et limite l’espace. Il fait cependant la différence entre la paroi [wand] et le mur porteur [Mauern] arrivé plus tard, qui a selon lui des rôles secondaires : porter, défendre, durer. Le mur [mauern] sera à travers l’histoire, recouvert par des tapis rappelant le symbole de la paroi souple originelle. 47


Plus tard, les murs seront toujours couverts par plaquage de matière, ou peints, un habillage qui transmet l’idée de la paroi. Loos exprime que l’architecte, pour son bâti, veut faire passer un effet, une impression : la gaité, la piété, le sentiment d’être chez soi, … et que c’est par les matériaux et la forme que l’architecte doit faire naitre cet effet. « Chaque matériau parle son propre langage formel, et aucun ne peut s’attribuer les formes d’un autre  ». Il ne s’oppose donc pas à l’idée de l’habillage, qu’il juge normal, et qu’il projette même à la nature, prenant l’exemple de la peau humaine ou de l’écorce des arbres. Il établit cependant une loi : « nous devons faire en sorte qu’il soit impossible de confondre le revêtement avec le matériau qu’il recouvre. » En revanche, dans son ouvrage «  Ornement et 26 crime », Loos s’oppose vivement à l’ornementation qui n’est à ses yeux que décor, gaspillage total de temps, d’efforts et de moyens. IL juge que l’ornementation fut pendant des siècles créatrice de styles, et il prône le dépouillement, l’absence d’ornementation, pour faire table rase du passé et signifier la grandeur d’une nouvelle époque. Mais se débarrasser des styles et des ornementations est un style en soi. Marc Wigley parle ainsi des modernistes, et considère que même ceux qui prônent une architecture complètement dépouillée, habillent leurs murs en béton brut d’une « robe blanche »27 faite de peinture, forme en soi d’ornementation. Mais qu’est-ce que l’ornementation ? C’est un sujet qui a déjà fait couler beaucoup d’encre, mais que nous nous devions d’aborder.

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Kengo Kuma - FUJIYA GINZAN Yamagata, Japan, 2012


AZita Merényi -Provo-CUT 2014 Thermo sealed synthetics 26 Adolf

Loos, Ornement et crime : et autres textes, Payot et Rivages, collections Rivages poche. Wigley white wall designer dress-The fashioning of modern architecture 28 Oleg Grabar, De l’ornement et de ses définitions 27 Mark

Oleg Grabar propose deux définitions. : « la première définition remonte à la Renaissance et qui est toujours opératoire, l’ornement est un ensemble de techniques et de motifs, souvent regroupés en listes et associés principalement – mais pas exclusivement – avec les arts industriels ou bien recouvrant des surfaces architecturales » Il ajoute qu’ils sont souvent porteurs de sens, de symboles, et parfois dérivent et ne sont plus que décor. « Un deuxième sens du mot « ornement » est beaucoup moins clair, mais peut-être plus intéressant. La spécificité des motifs et des techniques n’y joue qu’un rôle secondaire. L’essentiel est l’effet produit – car il s’agit de la reconnaissance de la qualité de ce que l’on voit ou que l’on regarde –, mais aussi et surtout du plaisir qu’offrent aux sens les compositions, couleurs, proportions, expressions et autres catégories analytiques des œuvres d’art, des œuvres complexes comme les peintures de Michel-Ange ou brutalement simples comme celles d’un Rothko ». Comme dit précédemment, nous faisons des choix, qui sont vecteurs de sens. Nous ne pouvons donc éviter l’ornementation. Elle ne prend plus la forme d’un bas-relief, mais est la conséquence de chacun des actes que pose l’architecte.

Archi Union Architects - AU Office and Exhibition Space Jungong Road, Shanghai, China, 2010

La parure, c’est l’ensemble des messages véhiculés par l’apparence, causée par les choix de l’architecte. Elle inclut donc l’habillage et l’ornementation, dans le sens où ils produisent des effets sensibles. Cette parure doit utiliser le langage pour affirmer la parole, c’est à dire se servir des codes pour affirmer son identité.

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Identité En fonction des différents auteurs consultés, nous la subdivis en 5 points : identité de l’individu, identité de la fonction, identité de l’objet, identité culturelle et identité du site. L’identité de l’individu. Pour Balut, le vêtement est investiture 27 : il touche à l’être, il peut révéler le rôle ou les liens (vêtement d’état, civil, de partenariat,…). Cette répartition de savoir et de compétence sont dévolues à produire de l’identité sociale 28. L’individu utilise ses vêtements pour exprimer son identité propre par des choix conscients et inconscients. Il contrôle son habillement, dans sa composition et sa disposition. Ainsi, il compose un pantalon jogging avec chemise ou jeans ou pantalon classique. Ensuite, il peut disposer de ses habits en relevant les manches, mettant son pantalon dans ses chaussettes…. L’architecture peut également permettre l’expression de l’identité des habitants ou des usagers. Il faut éviter l’expression de vanité, de ségrégations marquées, d’expressions de richesse prétentieuse ou de provocation à autrui. Il est préférable de connaitre l’identité des personnes qui occuperont l’espace bâti. Tant dans la construction pour le particulier que pour des édifices publics, d’immeubles d’habitations ou d’habitats de passage. Si il ce n’est pas possible, l’architecte doit permettre au maximum l’appropriation et la personnalisation des lieux. En regard des hollandais, qui s’exposent en « vitrine », et aiment disposer devant chez eux une multitude d’objets, de mobiliers. On peut utiliser des surfaces ou espaces personnalisés, imaginer bien des techniques, mais l’idée serait que l’utilisateur puisse disposer de l’architecture pour exprimer sa personne.

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Do Ho Suh-Home Within Home 2011 Pollyester

26 Adolf

Loos, Ornement et crime : et autres textes, Payot et Rivages, collections Rivages poche. Oleg Grabar, De l’ornement et de ses définitions Pierre-Yves Balut, théorie du vêtement Robert Venturi « learning from las Vegas ». Dans un but mercantile et afin de se faire remarquer au maximum, le bâtiment devient message, non pas artistique mais commercial. L’expression canard de venturi vient d’une rôtisserie qui a la forme d’un canard 27 28 29


L’identité de la fonction En fonction du vêtement porté, l’individu peut nous informer de sa fonction (ordre religieux, militaire, magistrature, médical,…) L’architecture peut et doit aussi offrir une lecture de sa fonction, de son rôle. Sans tomber dans un canard de Venturi29 , elle doit permettre de rendre nos villes plus lisibles et renvoie à l’analyse des écritures et des codes de nos bâtis.

Vêtement de la dynastie Jin Teok Corée du Sud

L’identité de l’objet. Le vêtement est lisible en tant que tel, et relativement facile à comprendre. Il est fait de tissus de fibres naturelles ou synthétiques, de tricots, mailles, assemblés en un ensemble plus ou moins cohérent, adapté (autant que possible) à la taille à la morphologie. Même sa confection (dans le sens vêtement fini), peut être lisible en observant ses découpes, ses coutures. Dans l’architecture, Loos, nous dit que « l’habillage d’un matériau ne peut se confondre avec celui qu’il recouvre.» C’est l’idée de l’identité de la matière et de la construction. Le bâtiment doit permettre à son visiteur d’appréhender son fonctionnement interne et technique. L’identité culturelle 51


Pour Semper 30, étudier l’architecture et les vêtements d’un peuple, est un excellent moyen de comprendre sa culture. Pour les ornements du vêtement, il détermine 3 catégories qui renvoient à différentes valeurs. L’utilisation de l’ornement de pendentif qui extériorise le caractère de celui qui le porte. L’ornement d’anneau qui met en valeur les proportions du corps. L’ornement de direction qui reflète la grâce, le mouvement. Ces manifestations se retrouvent également au niveau des matériaux et des structures. De ce fait, tout détail signifie que rien, dans un bâtiment comme dans la vie quotidienne, n’est accessoire ou indifférent.

Jean Nouvel-Institut du monde arabe, Paris France,1987

Le vêtement pris dans sa globalité est aussi le reflet de son passage dans l’histoire. Pour Barthès , les phénomènes évolutifs du vêtement sont réguliers pour une période historique longue mais irréguliers pour quelques années. Ce qui nous renvoie à la perception éphémère du vêtement. Car, le vêtement évolue rapidement, il induit la nécessité de passer toujours à autre chose, de créer d’autres styles. Il présente ainsi un côté éphémère. Actuellement, le vêtement de sport n’est plus uniquement dédié à la pratique mais envahit le quotidien (jogging, basket, …). L’utilisation de cette panoplie marque des signes d’attention accrue au rapport au corps, à la santé mais surtout à l’image, véhiculée entre autres par les réseaux sociaux. Parallèlement, les salles de sports se démultiplient. Il y a donc imbrication dans l’évolution et révolutions survenues dans les apparences en rapport avec les apports techniques et technologiques. En architecture, les bâtiments ont un caractère pé-

De Vylder Vinck Taillieu - DE VERBRANDE BRUG Willebroek, Belgique, 2016

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Comme des garçon - Dress meet body, body meet dress printemps 1997

renne et sont moins soumis à l’évolution galopante de style. Mais suivre davantage les changements culturels, s’ouvrir à des pratiques plus éphémères pourrait être une démarche intéressante. Elle permettrait peutêtre plus de libertés, d’audace, d’essais techniques et d’esthétique au niveau architectural, le bâtiment n’ayant pas vocation de « rester ». Cependant, la disparition relativement rapide du bâtiment desservirait la culture puisqu’il n’y aurait plus de trace des phénomènes évolutifs. L’architecte doit donc se positionner dans un espace de liberté de création pour servir au mieux son époque. L’identité du site. Elle ne concerne pas le vêtement. Il s’agit là d’une identité propre à l’architecture. C’est donc un paramètre qui ajoute une toute autre dimension à l’architecture face au vêtement. L’architecture naît de la rencontre du corps humain avec celle du site, créant ainsi l’unicité. L’architecture doit donc rendre compte de cette rencontre, et révéler le lieu où elle s’installe.

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MICHAEL RAKOWITZ- para-Site NY USA 1998

plastique portable qui se branches au sorties d’aérations de bâtiments pour tenir les sans Abris au sec et au chaud

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Sibling - Walking Shelter 2013

Dispositif de tente sans structure qui se range dans un filet à l’arrière des chaussures

Lucy Orta-Habitent 1993

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construction experimentation

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Confection –Construction La question de la confection construction est inévitable aussi bien pour le vêtement que l’architecture. C’est par la construction que se matérialise la conception du projet par les idées, les visions ou les fonctions32. C’est par la construction que se mettent en synergie les moyens techniques et les intervenants. Il ne s’agit pas de pure ingénierie mais de produire un filtre entre l’être et son environnement et un élément physique répondant aux 3 fonctions protection, pudeur et parure. Pierre-Yves Balut nous précise « la différence entre le vêtement et la production du vêtement : Filage, tissage, patron : faire une trousse, un rideau, une architecture ou une route : aucune technique n’est propre au vêtement » 33 Semper nous dit « L’histoire générale de la culture humaine confirme le fait suivant important, à savoir que l’histoire de l’architecture ne coïncide pas avec celle de la construction et de l’ingénierie. »34 L’objet de cette partie ne sera donc pas d’entrer dans le détail constructif ou de pousser l’étude de façon approfondie sur la matière, mais d’observer différente manifestations de mode constructif lié au vêtement,et d’exposer différentes recherches que nous avons produit dans cette question de l’habillé habité.

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32 33 34

Protection, pudeur, parure Pierre Yves Balut :ThĂŠorie du vĂŞtement, page 34 Gottefried Semper

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Inspirations de la technique Le tissage. C’est un entremêlement de fibres, généralement fait de fils de chaines entrecroisés de files de trames. Selon la méthode de croisement, le tissage peut offrir des textures, des effets et des touchés différents. Il peut être composé de fibres textiles, végétales ou animales, et de calibre plus ou moins épais. Cette technique n’est pas propre au vêtement, comme le précise Balut, filage, tissage, patron : faire une trousse, un rideau, une architecture ou une route : aucune technique n’est propre au vêtement. Semper nous le confirme, quand il prend l’exemple des premières barricades de l’homme faite de rameaux tressés.

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Caminada Gion A. - Aussichtsturm Reussdelta, delta de Reuss, Altdorf, Suisse 2011 Acier & bois

Recherche construction vêtements Production personnelle 2017

ssm Architekten - Kunsthaus Art House Extension Grenchen, Switzerland 2008

Autre technique de production, le tricot, où les fibres sont entremêlées par un système de maillage, sorte de nœuds continus jamais finis. L’avantage d’une telle technique est de produire la forme au fur et à mesure de la construction.

Andrea Fiore, Daniele Lancia -t Pavillion for Naples School of Architecture courtyard Naples, Italie, 2012

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Nous avons créé un tissage, remplaçant les fils de chaine par des tiges de bambou rigide, en laissant les fils de trame en cordage de chanvre. Il en résulte un matériau mi souple mi rigide. Il peut se torde dans une certaine limite, ou se rouler sur lui-même pour être rangé. Il est intéressant de remarquer que le ‘fil de trame’ a en fait un rôle structurel important. On peut dès lors voir cet objet comme une ouverture, comme un moyen de recherche, lui faisant prendre toute sorte de formes et de positions. Il peut être perçu à plusieurs échelles. Il peut être imaginé comme étant un bardage d’une construction, ou encore comme paroi souple dans l’espace, qui créerait une limite d’intimité pouvant être levée. On peut également y voir une sorte de tente, ou tout au moins un abri à la forme dynamique.

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Entre tissage et tricot. Ce dispositif a été réalisé en deux temps. La première phase fut le tissage du matériau, là aussi, en remplaçant les fils de chaine par des tiges de bois rigides. Cette paroi semi rigide est alors croisée avec elle-même, les fibres rigides s’entremêlent et sont ensuite immobilisées par le cordage, qui prend alors des allures de tricot, entourant et immobilisant le tout. Il en résulte une sorte d’abri très rigide, uniquement fait de bois et de corde, sans attaches ni colle. L’objet semble presque dynamique, il parait accueillant et protecteur. On le voit sous différentes échelles, une tente, un pavillon, une halle ou encore une robe.

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Toujours dans le même système, ou 13 Tiges de bois sont liées par des fils, mais cette fois en des points stratégiques. Le tissage des fibres permet de n’avoir que trois appuis au sol, libérant plus d’espace. Dispositif pouvant être couvert d’une toile perméable, permettant ainsi d’abriter une scène de représentation ou autre abri.

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Le vêtement peut être réalisé au fur et à mesure, à la façon du tricot, mais bien souvent, il est composé d’élément plans, découpés et assemblés afin de former un ensemble qui enrobe le corps et lui permet le mouvement. Pour ce faire, les couturiers élaborent un patron, sorte de plan à l’échelle 1:1 qu’ils projettent sur la matière. Ce procédé pourrait tout à fait s’appliquer à des architectures de plus petites dimensions. Il pourrait être notamment utilisé pour des situations critiques, en cas de séismes violents par exemple, où beaucoup de personnes se retrouveraient sans abri. Il pourrait s’agir de grands feuilles plastiques imprimées, à appliquer sur différents types de matériaux, qu’il faudrait appliquer, coller à la matière indiquant les points de découpes et de liaisons, assurant ainsi par la même occasion l’étanchéité. Ou alors pourrait-il s’agir de plaques de carton plastifiées, de plaques de pvc ou autre matériaux relativement souples qui seraient pré-découpées et qu’il suffirait de mettre en tension, pour obtenir un abri plus résistant et confortable qu’une simple tente. Ce procédé pourrait tout à fait servir à des installations démontables et facile à ranger, idéales pour des marchés où autres évènements plus ponctuels.

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Yoshiki Hishinuma nous propose ici un patron d’une extrême simplicité. C’est dans cet esprit qu’il serait pertinent de réaliser des plans d’abris d’urgence.

Yoshiki Hishinuma -Clothes 1986

Recherches sur le patron Productions personnelle 2017

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Architecture en tension

Frei Otto-Olympic stadium 1972

Arata Isozaki + Anish Kapoor salle de concert mobile 2012

Frei Otto-Recherches (droite)

MOOM Tensegritic Membrane Structure (Noda) Kazuhiro Kojima 2012 tokyo

Quand on pense aux vêtements et à l’architecture, on peut penser aux bâtiments en « tension ». Très vite vient l’image des grandes structures de Frei Otto, ou l’on trouve une esthétique de finesse et de transparence. C’est là de très belles prouesses techniques, où ces membranes semblent suivre parfaitement le chemin des forces, permettant une grande économie de matière et un espace au sol extrêmement dégagé. Frei Otto l’utilise de façon tout à fait pertinente, dans le cadre d’un stade ; sa structure lui permet de couvrir les gradins sans en perturber la vue sur le terrain. On peut cependant reprocher à un tel mode constructif de nous leurrer, en effet, malgré son aspect de légèreté qui semble effleurer le plancher se cache un énorme travail de fondations. Les toiles, étant vastes et très légères sont très sensibles à l’effet du vent, et doivent être solidement attachées au sol. Un autre type d’architecture de peau tendue est l’architecture gonflable. C’est l’air pulsé qui permet à la membrane de se maintenir en tension, créant ainsi l’espace. Ce type de construction fut surtout expérimenté dans les années 60-70. Elle a elle aussi l’avantage d’être peu coûteuse et de ne demander que très peu de matériaux. Mais ce type de structure demande énormément d’entretien, et doit la plupart du temps être continuellement approvisionnée en air. Ici, l’architecte Arata Isozaki et l’artiste Anish Kaport ont créé une salle de concert gonflable éphémère, qui fut installée dans toutes les zones du Japon dévastées par le tsunami de 2011. Un autre cas de peau structure, moins fréquent, peutêtre plus anecdotique mais tout à fait intéressant est celle développé par Kazuhiro Kojima dans le cadre d’un workshop. Il s’agit d’une membrane dans laquelle sont bloquées des tiges de métal, assurant par le principe de la structure tenségrité, un volume spécial.

Ces Modes d’architecture répondent très bien à certains programmes d’architecture mais ne sont pas applicables à tous. Il nous paraissait important de les évoquer. 73


Quand on évoque l’habillé, on pense très rapidement au tissu. L’essence même du tissu est d’être souple, il suit le mouvement, il l’accompagne. Autre avantage, il est pliable, rangeable, rétractable. Pour l’habité, la paroi textile peut être protectrice du soleil, de la pluie ou du vent, mais elle est avant tout la matérialisation d’une limite symbolique. Souvent la paroi textile est en lien avec une structure, comme l’exprime Loos dans son exemple de la maison confortable faite de tapis.

Hertl Architekten -aichinger house Kronstorf Australie 2012 photo : kurt hoerbst

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Brandlhuber+ Emde-Antivilla Potsdam, Allemagne 2014

Atelier Amont-Summer pavillion HASSELT-GENK, Belgique 2014

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Alexander McQueen - Coiled corcet 1999 Aluminium

Architecture en tension, vêtement en compression ?

On se rapproche de l’idée de l’armure, sans pour autant que l’objet remplisse cette fonction. Il s’en dégage un léger sentiment de malaise, le vêtement semble devenir contrainte, ne permettant plus le mouvement, et perdant ainsi sa qualité d’espace.

Hussein Chalayan - Wooden corset 1996

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Ici, on peut observer un corset de plastique qui imite la peau. Plus que contrainte, il s’agit d’un non respect de la loi de LOOS «L’habillage d’un matériau ne peut se confondre avec celui qu’il recouvre». Marina Hoermanseder- plastic corcet 2015

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Expérimentation sur les couches de nos vêtements. La tenue d’été et celle d’hiver sont ici projetées en plan puis en maquette de façon assez figurative. Il en ressort un résultat amusant, où l’on peut imaginer que chaque couche devenue paroi sert de protection thermique, créant un gradient de températures. On peu aussi percevoir un idée d’intimité, où chaque couche nous sépare un peu plus du monde extérieur. Cette projection fait aussi ressortir les jeux de débordement, de superposition et d’articulation. On pourrait tout à fait imaginer y projeter une salle de concert, un lieu de médiation ou d’exposition.

Projection- travail personnel 11/2017

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Ebauche d’une habitation sur un site imaginaire. L’habitation reprend le langage formel de la maison toiture pignon, mais diffère d’une habitation traditionnelle classique. C’est une approche du travail en couche et en seuil, où une première membrane tendue créerait la première limite de l’habitation, créant un seuil, un espace tampon. Ensuite viendrait une deuxième peau isolante, posée sur un cœur massif. Ce cœur créerait les espaces tout en leur offrant une certaine inertie thermique.

«Maison de l’homme araignée» production personnelle 11/17

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Une fois de plus cette hypothèse prend place sur un site abstrait mais orienté. Le travail s’est ici concentré sur les questions d’intimité et de seuils. Les espaces intimes sont donc surélevés, et leur espace est prolongé par une continuité de rideaux qui s’étendent à l’extérieur. Plus l’espace est intime, plus sa prolongation extérieure est réduite, et son filtre épais. De plus les filtres extérieurs font une hauteur qui permet de voir par-dessus depuis l’intérieur des espaces intimes (qui sont surélevés) mais ne permet pas la vue depuis l’extérieur sur ces espaces intérieurs.

A.R.O. 18

Carpreau Cyrillus

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Projet habitat ‘garage’. Ce projet s’inscrit dans la réflexion sur la modularité et le contrôle sur l’habitat. Il s’agit de modules de trois mètres sur six, qui peuvent être assemblés sur leur long coté à un autre module ou fermé par une paroi. L’idée est que la toiture soit faite d’une porte de garage, contrôlée par l’habitant ou l’utilisateur. Le module doit être orienté plein sud, ainsi, par jour de fort ensoleillement, la toiture ‘s’ouvre’ et devient pare soleil au sud, ouvrant la vue vers le nord.

plans 1/50

coupes 1/50

plans 1/50

coupes 1/50

Hiver

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Projet

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Ce projet concentre des idées, des dispositifs trouvés au cours des recherches effectuées. Il n’est pas démonstration complète des possibles, ni représentation parfaite. Il s’agit avant tout d’une expérimentation plus poussée. Le projet s’inscrit dans le contexte de la nouvelle implantation de l’école LOCI Tournai et propose la réalisation d’un logement pour une dizaine d’étudiants Erasmus. Précédemment, l’école Saint-Luc, section architecture, se situait à Ramegnies-Chin , dans une école lasallienne de style néo-gothique implantée dans un parc de 10 hectares. L’école d’architecture disposait de deux logements pour étudiants d’une capacité de 14 à 15personnes chacun. L’un des logements était connecté à des ateliers, l’autre était plus éloigné dans la propriété au bord du parc de l’institut SaintLuc. Suite au déménagement de l’école vers la ville de Tournai, ces logements n’ont pas été réintégrés. L’occasion de créer un nouvel espace de logement destiné à des étudiants Erasmus, était le bon prétexte à développer le projet, hypothèse s’inscrivant dans le cadre de ce TFE. Le nouveau site se situe donc à Tournai, quartier SaintJean, ancien quartier industriel sur la rive droite de l’Escaut, dans l’îlot Haignes-Glategnies et en occupe la majeure partie. Sur cet ilot se côtoient hôtel de maître classé, maisons mitoyennes, constructions datant du 20ème siècle, ancienne filature Philippart, bâtiment de type hangar et les nouveaux corps réalisés par Aires Mateus spécialement pour l’école.

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Le choix s’est logiquement imposé d’implanter le logement dans l’enceinte de l’école. Plusieurs relevés ont été réalisés pour explorer les nombreuses possibilités d’implantation sur les anciens bâtiments. Le site retenu s’est concentré sur le toit du bâtiment Philippart, au-dessus des ateliers des étudiants master. La toiture plate n’est pas exploitée et possède un accès sous le château d’eau et un autre est réalisable au niveau du « clocheton (monte-charge)». Ce lieu offre une vue incroyable à 360°, dont vont bénéficier les étudiants Erasmus pour une appréhension presque totale de la ville. Mais également des élèves de l’école puisqu’une salle de dessin est intégrée au programme. Dans l’optique de l’habillé-habité et des différentes réflexions théoriques, nous développons dans ce projet les concepts de couches ainsi que les fonctions protection, pudeur et parure.

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Protection Le logement va bénéficier d’une succession de paliers de protection; quartier, enceinte de l’école et toit. Le bâtiment existant étant déjà imposant, le logement installé sur la plate-forme est mis en recul des bords, afin de ne pas écraser le voisinage et s’imposer aux riverains1. Ce recul crée un espace tout autour du logement, mis entre autre à disposition des cours de dessins. De par sa protection au sein de l’école, sa position surélevée et sa vue panoramique, les façades sont entièrement vitrées. Pour libérer au maximum ces façades, le toit porte sur quatre appuis en son centre, qui sont le prolongement des colonnes de la structure des ateliers. Pour que la toiture du logement soit la plus fine possible, elle n’est pas plate mais concave, ce qui la rend plus rigide. Cette toiture accueille dans le prolongement des appuis, la salle de dessin. Des câbles relient et connectent les pans de toiture au sol pour offrir une résistance à l’arrachement en cas de grand vent. Le contreventement est assuré par un tissage de câbles au niveau des deux angles du toit où se font les accès. Ce tissage marque une limite et offre une protection supplémentaire. Les baies vitrées sont en recul au sud et la toiture y est prolongée pour assurer une protection solaire en été. En hiver, l’inclinaison du toit permet à un maximum des rayons solaires de pénétrer dans le logement.

1 Protéger, c’est tenir compte des occupants de l’édifice mais aussi de ceux qui vivent dans l’espace environnant.

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Pudeur L’intimité est un cheminement extérieur intérieur en succession de seuils du quartier à la douche. Pour rappel, le quartier n’est quasiment fréquenté que par les riverains et les étudiants de l’école. Il offre donc une dimension plus intime même s’il est espace public. Le parvis de l’école est d’ailleurs un endroit très agréable où élèves et professeurs aiment passer du temps. Le parvis donne accès aux escaliers menant aux ateliers et à la plate-forme où se trouve le logement. A partir de là, les Erasmus logés croiseront uniquement d’autres étudiants ou membres de l’école et évoluent dans une sphère plus sociale. Le toit du logement étant fréquenté par des élèves du cours de dessin, des dispositifs de rideaux sont mis en place pour assurer une intimité modulable. Deux types de rideaux sont placés. Un premier est un voilage fin, qui laisse passer la lumière et filtre la vue. Il est pendu à un rail fixé au plafond et qui en suit la déclivité. Ainsi, la hauteur du rideau se modifie en fonction de l’endroit où il se situe ; plus il s’éloigne du centre du logement, plus il s’élève du sol. Ce voilage est présent tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Il crée des continuités spatiales internes externes, et marque une limite symbolique de l’intimité pour les visiteurs extérieurs. Le deuxième rideau est plus épais de type drap de laine, il bloque la vue et étouffe le son. Il est monté sur un rail parallèle au sol à hauteur . Il ne couvre pas donc pas l’espace du sol au plafond, laissant entrer la lumière. Il est constitué de petits pans, pour moduler différentes positions, créer des jeux d’ouverture et de fermeture. Ces rideaux permettent également de se protéger des rayons du soleil ou de se protéger de la sensation de parois froides. Le grand espace hyper ouvert du logement de 250 m2 est cloisonable par les deux dispositifs des rideaux. Ils permettent une modulation des espaces en fonction des usages et du souhait de ses occupants pour mettre en place des intimités différentes.

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Le logement dispose d’une cuisine principale et d’une petite kitchenette secondaire. La cuisine principale est le lieu le plus utilisé du logement. Elle est lieu d’ouverture, de partage, de rencontre et même de jeu. La petite cuisine secondaire est présente pour permettre de limiter le contact si nécessaire (par exemple pour prendre son café le matin tranquille). Les chambres sont des espaces de forte intimité qui relève de la sphère privée, le véritable chez soi. Pour permettre une intimité maximale, les chambres sont des boites isolées, barrières physiques, visuelles, acoustiques et thermiques. Elles sont de petites dimensions mais surtout sont mobiles, montées sur roulettes. Ces chambres mobiles offrent à chaque occupant un espace intime et personnel qu’il peut s’approprier. Ces éléments proposent une flexibilité d’utilisation individuelle pour les étudiants : ils peuvent s’isoler, se rapprocher du centre du logement, se positionner près des baies vitrées ou même sortir à l’extérieur bénéficiant de la protection du toit. Ces dispositifs mobiles permettent un autre champ de possibilité pour des mouvements de groupe : se regrouper, dégager l’espace au maximum par exemple, pour travailler, s’amuser, ou juste changer le quotidien. Il est imaginable que les mobiles finissent par se figer2 , mais ces positions changeront chaque année, avec l’arrivée de nouveaux étudiants. Les espaces sanitaires se trouvent au centre du logement. Dans ce lieu le toit est le plus bas, mais la lumière y pénètre grâce à l’inclinaison du toit. L’espace est composé de volumes aux formes enrobantes. Les espaces pour se laver sont cylindriques, ils contiennent les douches et les espaces pour se déshabiller. En fonction de la disposition des cylindres, l’usager peut prendre différentes sorties et préserver son intimité. 240/240cm

2 Il serait intéressant de relever les positions figées pour constater l’appropriation de l’espace et les limites de la flexibilité.

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La parure Elle est message du logement au service de l’identité de l’école d’architecture. Elle s’exprime dans ses éléments constitutifs. La rambarde est en léger recul du bord de la plateforme, inclinée à l’opposé du vide. Elle est la plus neutre possible. La toiture du logement répond à la forme de la plateforme des ateliers. Son léger débord au sud est visible du sol et s’inscrit dans un dévoilé/caché. Les contreventements sont entremêlés comme un tissage de satin, ils jouent leur rôle de protection et de structure. Mais leur amplification crée un effet de transparence, de filtres. Les baies vitrées couvrant les façades sont message d’ouverture et d’accueil pour les occupants. Les rideaux forment un tout pour créer un effet sensible. Le plus fin marque des mouvements et des effets poétiques. Le plus épais évoque l’ouverture et/ou la fermeture. Les chambres mobiles expriment la possibilité de distordre les rythmes journaliers ou saisonniers, d’entretenir l’appétit en jouant des espaces, en les modifiant en se les appropriant. Ce logement destiné à des élèves en architecture se veut ouverture, expérimentation. Le logement Erasmus, par son aspect architectural expérimental souligne l’identité de l’école d’architecture et révèle le lieu où il s’installe. Il dialogue avec les bâtiments existants, d’époques et styles diffèrents. Il reflète l’aspect objet posé sur le toit et s’inscrit parmi ceux déjà présents, le château d’eau et le clocheton.

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conclusion

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L’objet de ce TFE habillé-habité porte sur une interrogation : peut-on s’inspirer du vêtement pour faire de l’architecture ? La réponse est oui. Ce sont nos recherches théoriques, expérimentations et réflexions sur les moyens de faire de l’architecture en lien avec le vêtement qui nous ont permis de cheminer vers cette réponse affirmative. Pour nos recherches théoriques, nous avons consulté des architectes ayant eu un lien avec le vêtement. Nous avons examiné leur perception de l’architecture et la façon dont ils utilisaient le vêtement pour étayer leur propos. Pour le vêtement, nous avons évité le sujet de la mode qui ne nous semblait peu pertinent, pour nous concentrer sur différents théoriciens du vêtement, afin de mieux comprendre sa spécificité. Dès le début, nous avons pu considérer vêtement et architecture comme des arts de l’espace, constructions de l’homme autour de lui-même pour répondre à des besoins. De ces besoins ont été extraits des rôles et visions que nous avons croisées. Il s’agit de la question de la protection, de la pudeur et de la parure.

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Le risque d’un tel sujet ‘habillé habité’ serait de se contenter de s’intéresser à un rapport peaux structures. Ce rapport relève finalement de la technique, non spécifique au vêtement ni à l’architecture mais est au service de ces derniers et de leur rôles. C’est notamment pour cette raison qu’ont été développées les trois fonctions communes au vêtement et à l’architecture, pour nous permettre de les analyser plus en profondeur et de pouvoir s’en nourrir de façon plus pertinente. Protection Protection nous parle du rapport aux éléments climatiques. Il est question de s’en défendre mais comme le vêtement qui change selon les saisons, nous pouvons envisager que l’architecture nous permette de nous ouvrir, de vivre chaque saison différemment, rythmant ainsi nos vies et ses cycles. En architecture le climat, les saisons doivent être générateur de qualités spatiales. Qu’il s’agisse d’espaces fixes du bâtiment ou de dispositifs mobiles, ils doivent offrir une flexibilité d’utilisation aux usagers. Par cette proposition, ils peuvent être plus en symbiose avec leur environnement et être acteur de la diversité et du changement.Les éléments climatiques extérieurs deviennent composants de l’architecture et du chez soi. C’est aussi se défendre physiquement des autres. Autrefois par des armures, aujourd’hui dépassées par le simple fait que nous vivons dans une société munie de lois. L’architecture ne nous défend plus des attaques mais toujours de la pénétration involontaire et mal intentionnée d’individus. L’architecte doit concevoir des endroits où l’on se sent protégé, défendu, en confiance. Il semble important de créer des lieux enveloppants, et d’offrir au minimum une barrière physique solide permettant à notre inconscient de relâcher sa garde. La protection existe justement parce que nous ne sommes pas seuls, et qu’il existe le rapport à l’autre, ce rapport se manifeste aussi sous la forme de la pudeur.

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Pudeur Pudeur nous parle d’intimité. S’il y a vêtement, c’est aussi parce qu’il y a nudité, et conscience de cette nudité. C’est aussi le rapport à la sexualité, présente dans toutes les cultures. En revanche, les notions d’intimité, de pudeur varient selon les peuples, les groupes et les individus. C’est une question de personnalité, de psychologie et même d’humeur. De ce fait, l’architecture doit être attentive au type d’espace et de l’intimité nécessaire à sa fonction. Il est donc important d’offrir des espaces d’intimité variés, du lieu le plus exposé au lieu le plus caché, du lieu le plus partagé au lieu le plus intime. Davantage que de question de fermeture, il s’agit aussi d’ouverture à l’autre, dans un dévoilé caché où l’architecture n’est pas binaire mais prend en compte toutes les couches de l’homme, physiques comme psychologiques pour produire une architecture plus transparente, aux limites moins palpables. C’est à ce moment que nous pouvons aussi imaginer vêtement et architecture comme une suite, où l’un prendrait le relais sur l’autre. Parure C’est la question du langage et de l’identité. Chacun de nos choix exprime un message, de façon consciente ou inconsciente. Le message conscient peut être simple information ou transmettre un caractère plus explicite qui va au-delà de sa fonction habillé habité. Dans ce cas, vêtement et architecture ne sont plus décodés en tant que tels mais deviennent œuvres et transmettent un message artistique.

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Mais les messages peuvent aussi être inconscients. C’est pourquoi, l’ornementation, si mal perçue, ne peut être supprimée tout comme l’habillage. En effet, l’architecte en posant des choix, crée forcement du décoratif. Ses choix ne peuvent être purement de l’ordre de la raison. La simple décision de ne pas mettre d’ornementation en est une en soi. La parure regroupe donc l’idée de choix et de messages émis par l’architecture, notamment par l’habillage et l’ornementation. Cette parure doit exprimer l’identité. Plusieurs identités peuvent et doivent être révélées, qu’il s’agisse de celle de l’édifice en lui-même, de ses occupants, de la culture où il prend place ou celle du site où il s’installe. Dans la partie construction expérimentation, nous avons développés aspects techniques, et différentes expérimentations. Par exemple par le tissage, qui pourrait produire une architecture plus sensible, par l’utilisation de textiles, comme matérialisation et symbolique des limites spatiales. Ou encore des techniques de réalisation, comme celle du patron qui nous ouvre des pistes d’habitats d’urgence. Facile à concevoir, envoyer, transporter et déployer. Nous avons également expérimenté d’autres propositions d’architecture presque abstraites et non situées. Suite à ces recherches, expérimentations, nous avons posé l’hypothèse d’un logement étudiant Erasmus. Ce projet n’est qu’une concentration d’idées, de dispositifs trouvés au cours des recherches effectuées, et n’est pas une démonstration complète des possibles ni représentation parfaite. Le logement est intégré dans l’enceinte de l’école d’architecture LOCI Tournai dans le quartier SaintJean. Il s’installe sur la plate-forme du bâtiment Philippart. Selon des ‘principes’ extraits de la recherche de l’habillé habité, nous y avons joué sur la protection, la pudeur et la parure.

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Le logement se veut ouvert et joue de flexibilité, permettant aux étudiants qui y vivent de s’approprier l’espace. Ils trouvent leur place dans les couches intimes du logement, exerçant un contrôle sur l’espace qu’ils peuvent modifier selon leurs usages, de façon individuelle ou groupée. Le bâtiment pourrait se concevoir comme une expérience. On pourrait étudier les déplacements des ‘mobiles’ et leurs éventuelles immobilisations chaque année. Cette étude pourrait donner des indications sur les limites du contrôle et de la flexibilité offerte à l’usager. On peut se poser la question de savoir s’il revient à l’architecte de mettre en place de tels dispositifs. Finalement, son rôle ne serait-il pas de n’offrir que des installations fixes, un strict minimum, une portion de territoire aménagé ? Quelles sont les limites de création de l’architecte ? Toutes ces recherches n’ont finalement produit que des ouvertures et des pistes de réflexions.

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