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Via n°1 au 23 novembre

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FICHE D'IDENTITÉ Nom officiel : République du Togo Chef de l’Etat : Faure Essozimna Gnassingbé Superficie : 56 785 km² Capitale : Lomé Langue officielle : Français Langues courantes : ewé, mina Monnaie : Franc CFA (100 FCFA = 0,15 euro) Fête nationale : 27 avril (proclamation de l’indépendance en 1960) Population : 6,2 millions d’habitants (recensement national novembre 2010) Croissance démographique : 2,08 % (2011, Banque mondiale) Espérance de vie : 57 ans (2011, PNUD) Taux d’alphabétisation : 56,9% (2011, PNUD) Religions : animisme, christianisme, islam Indice de développement humain : 162ème sur 187 pays (2011, PNUD) PIB par habitant : 772 $ (2011 estimation PNUD) Taux de croissance : 3,9% (2011, Banque Mondiale)


À LA

DÉCOUVERTE

TOGO

DU

ET À LA RENCONTRE DE SES

HABITANTS


COULEURS

VIE TOGOLAISES ET


1. Le Seigneur veille sur le tableau de bord et nous protège de la circulation très dense et fourmiliante. 2. L’actuel président togolais orne une chemise.


3. Une jeune togolaise. 4. Des enfants sucent ds sachets d’eau citronnée glacée dans les rues de Lomé, ils en raffolent !


SUR LA

PLAGE LOMÉ DE


LES MARCHÉS, une composante essentielle et colorÊe de la vie


LE FOOT, une seconde religion 1. Une sortie de stade. 2. De jeunes spectateurs sur le bord d’un terrain. 3. A Amoussoukopé, où il n’y a pas d’électricité, un groupe eléctrogène fait tourner un télévision dans l’arrière cour d’un bar pour suivre Emmanuel Adebayor, le compatriote et idole d’un peuple évoluant en première division anglaise.


LA CASCADE DE KPALIMÉ


1. Du haut du pic d’Agou, le toit du Togo 2. Rencontre avec un ami de Fabrice qui cultive des saldes


PORTRAITS

D’ENFANTS Les jeunes Togolais de moins de 18 ans représentaient en 2011 près de 46% de la population totale. Ils sont l'avenir du pays, ont la joie de vivre et aiment à se faire photographier. Rencontres et portraits dans les rues des villes et villages (I) et à l'orphelinat (II).


EN MISSION À L'ORPHELINAT "DIEU EST GRAND" DU VILLAGE

D'AMOUSSOUKOPÉ

Me voilà à Amoussoukopé, un grand village togolais situé à environ 80 km au Nord de Lomé, il compte plusieurs miliers d’habitants dont une soixantaine d’enfants résidant à l’orphelinat «Dieu est grand», créé en 2005. Une fois la présence déclarée auprès de la gendarmerie et les honneurs présentés au chef du village, je débarque les bras chargés à l’orphelinat et m’installe dans le logement de l’association accollé à celui-ci. Finies les petites habitudes occidentales conservées à Lomé, ici c’est : pas d’électricité, un seau pour se doucher et un trou à la pelle en guise de WC. C’est parti pour près de trois semaines d’immersion dans ce village, à la rencontre des gens qui l’habitent, l’animent, le structurent, dans le but de réaliser mon projet journalistique, mais surtout pour l’échange, la chaleur humaine, le lien social et interculturel. Et ce notamment avec les enfants de l’orphelinat, avec lesquels je vais passer le plus clair de mon temps en les aidant scolairement, en participant à leurs soins, mais également en travaillant, jouant, courant, puisant de l’eau, discutant, vivant avec eux.. Je vais tisser des liens, m’attacher, enseigner un peu, mais apprendre beaucoup en ces quelques semaines...


INSTANTS

DE VIE À

L’ORPHELINAT Réunion démocratique à l'orphelinat Tous les enfants et adultes de l’orphelinat ainsi que les membres d’A2VA-Togo sont rassemblés pour une réunion démocratique à l’initiative de l’association. Une première, à laquelle j’ai la chance d’assister et durant laquelle, les enfants énumèreront leurs droits et leurs devoirs avant de procéder à l’élection du comité de gestion de l’orphelinat, mis en place à cette occasion. Il est constitué d’adultes (le Papa et la Mama, membres de l’association) et de 4 enfants élus par leurs pairs. Son but est d’organiser et d’améliorer la gestion et la vie à l’orphelinat.


A la pompe de l’orphelinat


A table !


Au travail !


1. Des enfants devant un livre d’anatomie. 2. Les leçons sont dispensées pour les petits, mais les plus grands participent aussi. 3. Willy dispensant des cours. 4. Les leçons de Loïc ne semblent pas plaire à tout le monde. 5. Des enfants studieux.


ENTRETIEN AVEC LA

YAÏRA

MAMA DE L’ORPHELINAT

Interview réalisée avec Fabrice (secrétaire général A2VA-Togo) qui traduit et complète.


Comment tout cela a débuté ? Quand l'orphelinat a-t-il été fondé ?

peut-être, en fonction de la difficulté dans laquelle se trouve l’enfant, se serrer pour trouver quelques places.

J’ai toujours adoré les enfants, mais je ne pouvais en avoir. Tout a débuté en 1981, j’ai commencé par recueillir les enfants de mes frères, décédés ou qui n’avaient pas les moyens de s’en occuper. Puis j’ai recueilli, au fur et à mesure, d’autres enfants et je m’en occupais. En 2005, mon mari, pasteur, a été affecté à Amoussoukopé, à cette époque, nous avions à notre charge seize enfants. Nous avons acheté un terrain et construit les premiers bâtiments, puis, le responsable des affaires sociales m’a aidé à officialiser la chose au niveau de l’État en rédigeant les statuts, etc. C’est comme ça qu’a été fondé l’orphelinat « Dieu est grand ». En 2011, l’ONG américaine Cleanwater a construit les autres bâtiments dans lesquels les enfants dorment aujourd’hui.

Ça fait beaucoup de bouches à nourrir ! Comment cela se passe-t-il au niveau logistique, qui finance ?

Combien y a-t-il d'enfants à l'orphelinat en ce moment ? Et combien de nouveaux arrivants chaque année ? Il y a 56 enfants sur l’orphelinat, et 64 en tout, car certains sont encore dans leur famille, après la perte d’un parent, mais sont soutenus et accompagnés par l’orphelinat pour les frais de scolarité par exemple. Cette année 14 nouveaux sont arrivés, mais nous ne pouvons en accueillir plus, même si nous pourrons

Avec nos propres moyens, plus le soutien d’associations ou d’ONG de bonne volonté comme A2VA-Togo, qui donne des fournitures scolaires, assiste les enfants sur le plan sanitaire avec la venue de volontaires français travaillant dans le domaine de la santé, et le don de médicaments. Cleanwater fait beaucoup également, en matière d’alimentation. Les enfants travaillent aussi un peu dans les champs de l’orphelinat, Kodjo les initie au travail de la terre et cela permet de ramener un peu à manger. Il n’y a pas de fond ni de budget alloué à l’orphelinat chaque année pour la santé, l’éducation, l’alimentation, nous composons avec ce que nous avons.

Quel est exactement le lien entretenu avec A2VA-Togo ? C’est un début de partenariat, depuis l’été 2011, quand Espoir (le président d’A2VA, ndlr) est arrivé dans le village avec des volontaires pour faire du soutien scolaire, c’est là qu’il a découvert l’orphelinat, et à partir de là, un partenariat a commencé à être tissé.


En quoi consiste-il ? Il consiste surtout en un soutien matériel, et humain avec la venue de volontaires français, porteurs de projets, qui viennent aider les enfants au niveau scolaire, sanitaire, faire de l’animation, ou encore pour l’amélioration de la qualité de vie à l’orphelinat. Ces volontaires français peuvent également, ensuite, envoyer de l’argent pour l’orphelinat, ce qui constitue un soutien financier.

J'ai vu que vous regardiez l'autre jour avec Kossigan, son contrat d'apprentissage en mécanique pour la rentrée prochaine, les enfants sont donc accompagnés scolairement mais qui finance ? C’est l’orphelinat qui finance, si, comme dans le cas de Kossigan, un enfant se désintéresse de l’école, on trouve les moyens de lui financer une formation professionnelle, si un autre veut poursuivre et aller au lycée, on fait de même comme Nadège par exemple qui est en première.

Des enfants m'ont parlé de leurs « grands frères », qui sont-ils ? Que font-ils ? Ce sont des jeunes que j’ai également accueillis et qui maintenant volent de leurs propres ailes. Il y a Paul, dont la maman est décédé quand il était très jeune, il est devenu agriculteur dans un village voisin. Il y a Minyanou, très intelligent, qui est maintenant à l’université de Lomé, en deuxième année d’anglais. Il y en a d’autres plus âgés, devenus pasteur ou juriste.

Est-ce qu'ils viennent parfois à l'orphelinat, voir les enfants ? Oui, bien sûr, de temps en temps, ils reviennent, pour servir d’exemple à ceux qui sont ici, ces grands frères sont importants. Ils leur expliquent qu’eux avaient de moins bonnes conditions et ont réussi tout de même.

Au niveau de la vie en communauté, comment cela se passet-il ? Tous les enfants participent aux tâches, sans distinction de sexe.

Pour finir, tous les enfants reçoivent-ils une éducation religieuse ? Que sont ces réunions nocturnes devant le grand bâtiment pendant lesquelles vous parlez, chantez, marchez en implorant à voix haute ? Oui, c’est très important pour nous, les enfants grandissent dans la foi chrétienne évangélique. C’est la prière que nous faisons souvent le soir devant l’orphelinat. Durant celle-ci j’interviens si il y a des comportements qui ne vont pas, nous parlons de notre vie ensemble, de la vie en général, et célébrons le Seigneur.


TÉMOIGNAGE

KOSSIVI 5 14 DE

ANS, CLASSE DE

ÈME

Depuis quand es-tu à l'orphelinat ? Depuis 1 an à peu près.

Où étais-tu avant ? Comment es-tu arrivé ici ? J'habitais à Kpovénou (préfecture d'Agou) avec mes parents et mes frères et soeurs puis mon père et ma mère sont morts de maladie, l'un après l'autre en un mois. On nous a emmenés ici avec Kossigan, Atsou, Dado, et Atsoupui. (ses frères et soeurs, ndlr)

Comment te sens-tu à l'orphelinat depuis ton arrivée ? Comment cela se passe -t-il ?

Bien, j'aime qu'on soit beaucoup pour s'amuser et aller à l'école. Tout le monde travaille, met la main à la pâte pour que ça fonctionne bien. Nous sommes ensemble, nous jouons ensemble, nous travaillons ensemble et nous sommes en joie. Si la maman nous dit de faire quelque chose, on le fait, si on nous dit d'aller quelque part, on y va. Aussi, nous prions, et nous discutons ensemble.

Justement, de quoi parlez-vous lors de vos réunions-prières le soir ? On parle de la vie à l'orphelinat, on nous dit de ne pas faire telle chose, de marcher comme ça, parce que la vie est difficile, ils nous conseillent quoi, et surtout , nous prions.

Pour avancer dans cette « vie difficile », êtes-vous bien entourés ici ? Oui, même si on est au nombre de 64, et que les tout-petits ont plus de besoins, le Papa ou la Mama sont toujours là pour nous si on a besoin.


RÉCIT DE VIE D’UN ORPHELIN :

Frédéric est le plu 18 juillet 2012 à Frédéric Kokou Kpeli ses jeunes paren femmes) étant parti à Lomé, et sa mère a pleurs dans la chambre le soir au retour mère d'un nourrisson, pour qu'elle lui don deux semaines durant. Il maigrit et maigr os. Désespérés, il l'emmenèrent chez son Celui-ci, qui avait entendu parler de l'orp mena le dimanche 12 août 2012. Arrivé ra à l'hôpital où lui furent prescrits des méd il commença à se réalimenter ce jour là. « de l'orphelinat qui me conte cette histoir à son enfant prétendit une « grossesse gâ par Reine et la Grand Ma' de l'orphelinat cement du poids.


us jeune de tous les enfants de l'orphelinat. Né le Todomé via Notsé, Frédéric est abandonné par nts 3 jours plus tard. Son père (marié à d'autres au Niger selon certains dires. On le retrouva en des champs. Confié à la femme du grand père, nne le sein, celui-ci refusa et n'avala ni lait, ni eau rit encore jusqu'à n'avoir plus que la peau sur les n grand père maternel habitant un village voisin. phelinat « Dieu est grand » d'Amoussoukopé l'y achitique, et dans un état critique, on le conduisit dicaments et vitamines. De retour à l'orphelinat « Dieu est grand » conclut Peter, le papa-pasteur re. Retrouvée au Niger, la mère interrogée quant âtée », c'est-à-dire, une fausse couche. Pouponné t, Frédéric va mieux aujourd'hui et reprend dou-


DANS LE

UN TOUR

VILLAGE

D’AMOU SSOUKOPÉ


1. (page précedente) Une petite place du village 2. Une biquette s’essaye à l’escalade entre les cocotiers 3 et 5. Prévention 4. La façade du dispensaire construit par les Français en 1947 est aujourd’hui en piteux état.


1. Emmanuel, le tisserand voisin de l’orphelinat 2. Et sa femme Adjépé (à droite), couturière. 4. La façade du dispensaire construit par les Français en 1947 est aujourd’hui en piteux état.


3. Jour de marché 4. Une couturière sur le marché 5. Sculpteur et musicien ivoirien d’Amoussoukopé


ENTRETIEN AVEC

ROSE,

L’ACCOUCHEUSE

Le dispensaire d’Amoussoukopé a été créé en 1949 par l’administration française, il est actuellement financé par le gouvernement togolais. 5 fonctionnaires (un major-infirmier, une accoucheuse, une pharmacienne, un laborantin et un assistant d’hygiène font tourner ce centre et sont responsables de la santé des 7500 potentiels patients du village et ses environs. Parmi eux, aucun médecin. Le Togo fait partie des pays où le ratio nombre de médecins, unité de soins / nombre d’habitants est le plus faible. Rose, l’accoucheuse nous fait le tableau d’un domaine de la santé manquant cruellement de moyens face à de graves problèmes sanitaires. En tête, le paludisme, mal d’un peuple. Entretien.


Quels sont les problèmes sanitaires que vous rencontrez le plus fréquemment ?

exemple, il est impossible de les conserver au frais sans réfrigérateur ce qui nous cause des problèmes de manutention.

Il y a un peu de tout, mais le problème le plus grave qu’on a souvent à traiter, c’est le paludisme. Les gens consultent pour des crises, des accès palustres. La parasitose, due à l’insalubrité des eaux consommées, au manque d’eau potable est aussi un sérieux problème.

Y a-t-il un obstacle à la consultation pour les gens du village ?

Quels moyens avez-vous pour faire face à cela ? Nous avons des médicaments et nos compétences. Pour le palu, par exemple, on fait immédiatement un test rapide avant de traiter. On dispose aussi, depuis peu, d’un laboratoire, financé par une ONG.

Quels manques rencontrez vous ? Manque de médicaments, manque de matériel. L’électricité manque cruellement au dispensaire, pour les vaccins par

Le Togo étant un pays en sous développement, l’argent ou plutôt son manque est évidemment un obstacle à la consultation. Quand on est malade, on commence par les tisanes, puis quand ça ne va vraiment pas, on trouve l’argent pour venir. Mais certains n’ont vraiment pas les moyens. La consultation coûte 200CFA (soit 0,3 € ndlr) plus le prix des soins ou médicaments administrés.

Et pour que les plus démunis puissent se soigner, il n'existe pas de système de sécurité sociale au Togo ? Non, seuls les fonctionnaires bénéficient d'une sécurité sociale.


Combien de patients rencontrez-vous en moyenne ? On va jusqu’à 1000 consultations par mois. C’est pendant la saison des pluies (d’avril à octobre) qu’il y en a le plus, avec de nombreux cas de palu chaque jour.

Y a-t-il un suivi des enfants de l'orphelinat par le dispensaire ? Non il n’existe pas de suivi à proprement parler, cela coûterait cher en consultations. Ils ont là-bas des calmants et quelques médicaments, mais on en voit certains quand ça ne va vraiment pas.

Au niveau des vaccinations comment cela se passe-t-il ? Les vaccinations pour les enfants de 0 à 4 ans contre les six maladies les plus meurtrières (tuberculose, coqueluche, diphtérie, tétanos, rougeole, poliomyélite) sont gratuites, financées par le gouvernement dans le cadre du PEV (Programme Élargi de Vaccination) ce qui permet de renforcer la couverture vaccinale. Cependant, les vaccins sont chers pour le reste de la population et les mères amènent rarement leurs enfants à la bonne date pour les rappels.

/ Dans la salle de consultation du dispensaire


Pour terminer, au niveau général du Togo, quel état pourriez-vous faire du domaine de la santé ? Au niveau du paludisme, pour reprendre cet exemple, le gouvernement a fait des efforts (en distribuant notamment des moustiquaires imprégnées, ou du Fansidar aux femmes enceintes) mais ça reste insuffisant. L’action de l’OMS sur l’ensemble du territoire est aussi importante, mais ce ne sera jamais trop. On a besoin d’une aide humanitaire plus grande pour freiner ces problèmes sanitaires.

/ Un panneau indiquant le siège national de l’OMS à Lomé

LES CHIFFRES DE LA SANTÉ AU TOGO (source OMS, UNICEF)

Espérance de vie : 57/61 ans (H/F) Dépenses totales consacrées à la santé en % du PIB (2009): 5,9% Paludisme : enfants de moins de 5 ans atteints de fièvre et recevant des médicaments antipaludiques : 34% Mortalité infantile (avant 5 ans) : 103‰ Nombre estimatif de personnes vivant avec le VIH : 120 000 Ménages possédant au moins une moustiquaire imprégnée d’insecticide : 56% Enfants de moins de 5 ans souffrant de retard de croissance modéré et grave : 30% Population utilisant des sources d’eau potable améliorées en milieu rural : 41%


RENCONTRE ET

PROMENADE

AVEC LE

GEPAA L’agriculture emploie au Togo près de deux tiers de la population et constitue à elle seule 45% du PIB. Découverte de ce secteur dominant à l’échelle du village.


Le GEPAA (Groupement d’Éleveurs et de Producteurs Agricoles d’Amoussoukopé) est un groupement de 12 agriculteurs du village. Grâce à cette association, couplée à un soutien d’organismes gouvernementaux le groupement permet à ces agriculteurs d’améliorer leurs techniques de production et par la même leur productivité et leurs revenus.

1. Une membre du GEPAA montrant un panier d’aubergines. 2.De petits sentiers permettent de silloner entre les champs.


1. Travail dans un champ de maïs 2. Champ d’ignames, une racine à la base de l’alimentation togolaise et notamment du traditionnel fufu 3. La récolte du manioc, la seconde racine à la base de l’alimentation. On en fait également de la pâte, mangée avec une sauce relevée.


AVEC LE

ENTRETIEN

PRÉSIDENT ET LE

SECRÉTAIRE

DU

CVD


A partir des années 1965 et sur l’initiative du service des Affaires Sociales, l’idée de créer une structure de liaison entre la structure étatique est la communauté villageoise donne naissance aux Comités Villageois de Développement, organes locaux et participatifs, censés prendre le relais des actions des structures d’appui (ONG, Associations et Etat). Rencontre avec les président et secrétaire du CVD d’Amoussoukopé, élus sur la place du village.


Quel rôle joue le CVD à Amoussoukopé et en général dans les villages togolais ? Le CVD s'occupe de tout ce qui concerne de près ou de loin le développement du village. Il l'organise pour la mobilisation des ressources et le développement en incitant la participation de toute la communauté.

Comment fonctionne-t-il ? On se réunit deux fois par mois pour envisager et prendre des décisions pour le développement du village, tout le monde peut y participer. Quand un problème se pose, on rencontre le chef du village et on se concerte pour résoudre ce problème et agir dans l'intérêt du village. Pour les projets, nous nous chargeons du financement, organisons les travaux, mais les villageois contribuent aussi en donnant un coup de main lors de constructions par exemple.

Quels projets ont été menés à bien récemment ou sont en cours ? Nous avons construit l'école catholique, en ce moment, nous travaillons sur l'électrification du village : nous avons fait les demandes et dossiers, et les villageois participe pour la main d'œuvre (transport des poteaux, etc).

Quels sont vos sources de financement ?

Pour l'école catholique, le financement était associatif et venait d'Europe, c'est l'évêché qui nous l'a transmis. Pour l'électrification, ça se passe avec l'Etat, dans le cadre d'un projet national d'électrification, le CVD organise ça localement. Sinon, nous n'avons pratiquement pas de financement pour porter des projets nous-même, il n'y a pas de subvention. Des parrainages pourraient être intéressants pour nous donner plus de moyens d'agir...

Avez vous d'autres projets prévus, qui sont freinés par le manque d'argent ? Oui, principalement un projet d'addition d'eau. L'eau potable est un problème ici. Il y a seulement 3 forages pour tout le village (5712 habitants) qui parfois tombent en panne, c'est parfois difficile de se fournir en eau, et il faut marcher beaucoup... Nous aimerions aussi remédier à l'absence de latrines, sinon, nous n'avons ni bibliothèque, ni centre pour les loisirs, un centre communautaire qui raseemblerait ça et un lieu de spectacle serait l'idéal pour notre village.

Que pensez-vous de la situation politique actuelle de votre pays, après les récentes manifestations du collectif « Sauvons le Togo » qui durcit le ton depuis la réforme du cadre électoral avant les législatives ? Ces manifestations, cette révolte sont normales parce que quand vous voyez la population, que ce soit dans les fermes ou dans les villes, nous


souffrons de tout et le gouvernement ne fait absolument rien. Dans tout pays démocratique, il faut une alternance. Si Monsieur A ne fait pas bien, Monsieur B doit pouvoir arriver, et peut-être qu'il fera mieux, puis Monsieur C arrivera et il continuera. Mais si on voit toujours Monsieur A, on n'évolue pas. Parce que Dieu nous a donné différents dons, peut-être B ou C peuvent faire mieux que A, peut-être pas, mais ceux qui gouvernent ne veulent pas le changement. Dans les pays démocratiques il y a des changements de président, là ça fait depuis près de 50 ans que les mêmes personnes sont au pouvoir. Le nouveau découpage électoral pour les législatives, c'est pour éviter le changement et garder le pouvoir, pour leur intérêt et non celui de la population.

Beaucoup de gens pensent comme vous ?

si vous demandez quelque chose on vous refoulera.

Pensez vous qu'il existe une solution à cette situation ? Que les Togolais peuvent « s’organiser pour faire échec à l’autorité illégitime », selon les mots de la constitution, et espérer un gouvernement qui œuvrerait davantage au développement et au bien-être des populations ? La solution c'est un changement, une alternance. Ceux qui participent aux manifestations permettent d'exprimer les problèmes, le mécontentement mais en face ils ont la force, les armes grâce auxquelles ils peuvent truquer les élections et on n'y peut rien, car on ne veut pas de guerre civile. Il faut continuer à les dénoncer, pour que l'opinion internationale sache ce qu'il se passe.

Enormément !!

Vous pensez que la communauté internationale à un rôle à jouer ?

Pourquoi restent-ils au pouvoir alors ?

Oui, et notamment la France, qui était notre métropole. Si l'opinion et le gouvernement français savent que les Togolais crient, peut-être qu'ils pourront venir à leur secours et faire pression sur nos dirigeants. Ils pourront veiller à ce que les élections ne soient plus truquées avec des appareils sophistiqués, les satellites là, bon, ils voient clair quoi ! Mais parfois on accuse la France parce que quelque part, ils sont complices, ils ont leurs histoires d'argent avec le gouvernement et ils ne pensent pas à nous, la population.

(Rires...) Les élections sont toujours truquées, et pendant ce temps la population crie.

Au niveau du CVD vous ressentez des difficultés vis à vis de ce pouvoir ? Avec ce pouvoir, on a pas de moyens pour le développement, il est difficile de mettre en place des choses et si ils savent que vous ne les soutenez pas,


L'épervier (oiseau symbolique du Togo, les joueurs de l'équipe nationale sont surnommés ai mere de la tortue est décédée. La tortue le raconte à l'épervier et le convie à aux fun monie avec son ami. Après deux ou trois mois la mère de lui demander son ami. "Je vais venir, je vais venir, ne t'en fais et l'épervier revient voir son ami et lui redemande si il est à nouveau la tortue. "Tu vas partir et je te devancerai, je vais venir là haut aux funérailles. Par contre, je veux bien "Pas de problème" lui répond l'épervier. L'épervier emaccroche sous lui, alors que la tortue s'y glisse discrètement. belle chambre pour son bon ami où il dépose les affaires, puis sort des bagages et s'installe sur une chaise, tranquillement, les l'épervier demande à sa femme : "Tu n'as pas vu mon amie a quelqu'un dans la chambre là bas." L'épervier s'y rend et "mais comment as-tu fait ?!" Tu sais, pour aller au ciel, c'est heureux d'avoir son amie pour être à ses côtés pour les fula tortue le moment de rentrer chez elle, sur terre. "Je vais

FOLKLOR

N CO TRADITI

UN

PAR

PA

sur une place d’Amousso et raccourci, mais à écout avec les rires de l’auditoire langage particuliers s


insi, ndlr) et la tortue sont deux amis, de vrais amis. Il fut un moment où la nérailles. Le jour venu, l'épervier descend du ciel, se pose et assiste à la cérél'épervier décède aussi ! "Comment vas tu faire pour venir ?" vient pas" lui répond la tortue assurée. Le jour des funérailles est arrivé sûr de pouvoir venir. "Je vais venir, je vais venir !" lui répond sais que je n'ai pas les ailes pour voler, mais je sais que je que tu prennes mes bagages, ça me rendrait service." paquète les affaires de son ami dans un foulard, qu'il Une fois arrivé chez lui, au ciel, l'épervier trouve une très occupé, il retourne aux préparatifs. Alors, la tortue pattes derrière la tête. L'heure des funérailles approche et la tortue ?" "Non je ne sais pas, mais il me semble qu'il y la voit, étendue : "Mon amie tu es venue !!" s'exclame-t-il, affaire d'intelligence." lui répond la tortue. L'épervier est nérailles, celles-ci se passent, et le lendemain, vient pour te devancer" lui dit-elle, "mais n'oublie pas mes bagages."

RE :

NTIONTENEL

AUL

oukopé. (texte arrangé ter en version originale e ainsi que l’accent et le sur le site de Via.)


L’ASSOCIATION

A2VA-TOGO


PRÉSEN TATION

Créée à Lomé en 2007 par Espoir Komla KISSODE, son actuel président, A2VA-TOGO (Association Volontaires Vie Afrique – Togo) est une association apolitique, à but non lucratif et composée d'une dizaine de jeunes togolais bénévoles désireux d'aider la jeunesse défavorisée et les populations démunies en milieu rural. Elle travaille en partenariat avec des écoles et deux orphelinats et fait partie d’un collectif de 15 associations de volontariat au TOGO (CAVO-TOGO). Elle réalise des projets de développement et des missions de solidarité internationale dans les domaines de l'éducation, de la santé et de l'environnement à travers l'accueil de volontaires internationaux (en simples missions ou en stages d'étude) porteurs de projets, pierres angulaires des actions de l'association. Par ailleurs, A2VA Togo oeuvre pour mettre en place des animations socio-culturelles, de sensibilisation (environnementale, sanitaire), mais aussi sportives destinées essentiellement à la jeunesse togolaise dans le but de cultiver et de promouvoir la connaissokance, l'échange, et l'épanouissement de ces jeunes défavorisés. L'association a également mis en place un système de parrainage d'enfants ou de projets. Aujourd'hui, les lieux d'action de l'association se concentrent à Amoussoukopé où se situe l'orphelinat "Dieu est grand" et à Djikamé, village d'origine d'Espoir, le président de l'association. Parallèlement, A2VA-France, l'antenne française de l'association a été créée en 2011 pour faire connaître davantage A2VA-Togo sur notre territoire et réaliser le travail nécessaire en amont de la réalisation des projets : promotion de l'association, recherche de volontaires, recherches de financements, collecte de dons, organisation d'évènements caritatifs (expositions de photos, vente d'artisanat togolais, etc). Elle a été créée par, et est constituée d'anciens volontaires français partis, ayant vécu au sein d'A2VA-Togo une expérience tant inoubliable et ayant


Vous êtes intéressés par les actions d’A2VA et désirez en savoir plus ? Vous souhaitez contacter, rejoindre l’association ou partir comme volontaire ? N’attendez pas, et rendez-vous sur le site

www.a2vatogo.fr


ET

MISSIONS

PROJETS

RÉALISÉS

- Construction de WC publics dans deux villages et réalisation d’un jardin communautaire dans le village de Huizimé situé à 180 km de Lomé (double-projet mené avec des étudiants canadiens) - Nombreuses missions de soutien scolaire, d’animation, d’alphabétisation dans des villages, écoles et orphelinats ainsi que dans un centre pour enfants handicapés. - Projet de reboisement à Djikamé avec des étudiants en stage de l’Université de La Réunion et sensibilisation à l’environnement auprès d'élèves de plusieurs écoles de Lomé. - Mise en place d’un cours d’alphabétisation tout au long de l’année à Lomé, dans le bureau qu’A2VA met à disposition deux fois par semaine. - Organisation avec d’autres associations de solidarité de la Semaine de Solidarité Internationale à Lomé, avec des rencontres, des tournées de sensibilisation, de médiatisation, opérations de salubrité publique, une journée spéciale consacrée aux personnes atteintes d’un handicap, des activités sportives solidaires, et enfin un concert de solidarité. - Soutien continu à l'orphelinat d'Amoussoukopé : participation au financement, construction de latrines, soutien scolaire, animation, missions sanitaires. - Construction d'une aire de jeux dans le village de Djikamé (projet mené par des étudiants belges et un lycéen français)


À Djikamé : finalisation du projet d'électrification par le photo-voltaïque (voir l'interview de Loïc, volontaire français porteur du projet en p.

À Amoussoukopé :

PROJETS À VENIR

Rénovation du centre social Mise en place d’une bibliothèque, (Nous avons commencé à récolter des livres) Création d'un centre de formation en informatique Construction de toilettes dans dans le complexe scolaire du village Création d’un espace culturel composé entre autre de la bibliothèque, ainsi qu'un centre d’apprentissage Projet d’élevage qui permettra à terme l’autofinancement des projets dans les années à venir.


ENTRETIEN

AVEC

LVOLONTAIRE OÏC ET

FRANÇAIS

PORTEUR

DE

PROJET


Peux-tu expliquer en quoi consiste ton projet mené avec Combien de temps y as-tu consacré et quelles difficultés as A2VA ? tu rencontré pour le mettre en place ? Robin Seven et moi même sommes les deux personnes à l'initiative du projet, respectivement en Master « Ingénieur Ecologique » et en Master « Systèmes Energétiques et Energies Renouvelables » nous nous sommes rencontrés à la fac. Un stage de fin de master dans le domaine humanitaire nous motivait et Robin, quiconnaissait déjà A2VA témoignait de leur sérieuse et réelle envie de venir en aide à la population Togolaise. Ainsi, en partenariat avec A2VA Togo nous avons conçu notre projet qui s'intitule, « Electrification d’un village Togolais via l’énergie solaire ». Il consiste à apporter l’électricité par l’intermédiaire de l’énergie photovoltaïque dans un village se situant à plusieurs dizaines de kilomètres du réseau électrique Togolais. Concrètement notre objectif est d'y installer la lumière, une station de charge de téléphone, une télévision avec lecteur DVD à but à la fois pédagogique et ludique pour visionner des documentaires, des dessins animées, etc… La taille du projet était directement liée au montant du financement que nous réussirions à récolter.

L’étape de recherche d’un village éligible au projet n’a pas été difficile. Espoir, le responsable de l’association, est originaire d’un petit village (Djikamé) qui correspondait parfaitement aux critères que nous recherchions, de plus la communication était rendue facile avec les membres du village. Nous avons cependant rencontré un problème de taille qui nous a beaucoup freiné dans notre élan : la recherche de financement. Nous avions monté un dossier complet expliquant notre projet de A à Z afin de le faire parvenir à plusieurs organismes financeurs tel que le Fond Social de Développement (FSD) du Togo, la fondation Poweo, La fondation Veolia, etc… Mais aucune de nos demandes n’a été retenue. Je pense que le souci majeur venait du fait qu’une association Togolaise n’est, à leurs yeux, pas digne de confiance. Ils préfèrent financer des projets à des associations ou ONG déjà reconnues. Si c'était à refaire, nous commencerions par chercher une organisation française qui aurait pu devenir partenaire de l’association A2VA. Nous avons très à cœur d’aller jusqu’au bout de notre projet, le village nous fait confiance et croit beaucoup en l’association. Nous retournons donc au Togo d'octobre 2013 à janvier 2014 pour réaliser le projet que nous allons financer nous même à hauteur de 1 000 €. Nous allons consacrer cette enveloppe à l’école en y instal-


lant 2 lampes, une télévision avec lecteur DVD et une station de charge de téléphone.

Comment résumerais-tu ton expérience togolaise au sein d'A2VA Togo ? - Une anecdote, un moment particulier que tu aurais envie de partager ? L’expérience du Togo avec l’association A2VA se résume en un seul mot : Inoubliable. J’ai déjà pas mal voyagé dans différents pays et j’en ai toujours gardé de formidables souvenirs mais je dois avouer que ce voyage est celui qui m’a le plus marqué. On a été accueilli à bras ouverts, je me suis beaucoup attaché aux membres d'A2VA qui sont devenus comme une famille pour moi. On ne s’est jamais sentis perdus, ils donnaient l’impression d’être des parents qui veillaient sur leurs enfants. Pour y être resté 6 mois, j’ai vu passer beaucoup de volontaires âgés de 17 à 60 ans et tous sont repartis la larme à l’œil, beaucoup reviennent. Découvrir une culture, un environnement, des personnes, une façon de vivre aussi différents est tellement enrichissant personnellement qu’on en revient changé. J’ai plus de recul sur les choses, je me rends davantage compte des privilèges que l’on a en France. On assiste forcément à des choses malheureuses dûes à la pauvreté mais en somme on se dit que donner un peu de soi est aussi enrichissant pour eux que pour nous. Je trouve dommage qu’on entende parler de l’Afrique souvent pour les mêmes choses : la famine, les maladies, la guerre, les

prises d’otages, etc. On finit par se forger une idée de l’Afrique qui est fausse et qui fait peur. En général les gens ne sont pas attirés par l’idée de venir en Afrique, moi-même j’avais de l’appréhension mais au contact de la réalité, je me suis rendu compte que beaucoup de clichés sont véhiculés quant au continent africain. Une expérience qui m’a marqué particulièrement ? Je pense à l'accueil que l'on a reçu une nuit, Robin et moi pendant le tour du Togo que l’on faisait en moto Nous avions passé une soirée bien arrosée dans une ville, nous ne savions pas encore où dormir, et il était tard. Nous avons frappé au hasard à la porte d’une maison pour demander si on pouvait dormir chez eux, ils ne parlaient pas français et en nous voyant toute la famille s’est réveillée pour nous amener dans une chambre, nous installer des nattes et une moustiquaire pour dormir. Le lendemain matin ils sont venus nous demander ce qu’on voulait manger et sont partis au marché exprès pour nous acheter de quoi nous cuisiner un bon repas. Ça aurait pu être la même chose en frappant à une autre porte, c’est incroyable de voir une telle chaleur humaine, nous avons beaucoup à apprendre d’eux. Pour finir, j'ai envie d’inciter fortement les personnes qui sont attirées par l’humanitaire, qui ont envie de voyager en Afrique mais qui n’osent pas forcément « passer le cap » à contacter l’association A2VA. Pas besoin d’être dans un cursus universitaire pour réaliser un projet, tout le monde peut le faire, lancez-vous !


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