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LVS Décembre 2018

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DOSSIEr SPÉCIAL :

ISRAËL FÊTE SES 70 ANS 2E PARTIE

46e année volume 3 – Décembre 2018 – Kislev 5779

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« J’ai décidé de faire un stage au Centre Cummings pour me permettre d’explorer les possibilités de carrière, d’enrichir mes compétences professionnelles, d’obtenir des lettres de références et de trouver des opportunités adaptées à mon domaine d’études et à mon emploi du temps. Ce stage m’a permis d’avoir une meilleure orientation dans mon choix de carrière. » – Brandon, étudiant universitaire

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SERVICES AUX SURVIVANTS DE L'HOLOCAUSTE La Claims Conference se réjouit d’annoncer l’élargissement récent de son Hardship Fund. Les Juifs qui résidaient en Algérie entre juillet 1940 et novembre 1942 et ont été victimes des persécutions antisémites du régime de Vichy pourraient maintenant éventuellement obtenir un versement de la part du Hardship Fund de la Claims Conference. Les personnes éligibles sont en droit de percevoir un versement unique de 2   556,46 €. Cette indemnisation destinée aux Juifs Algériens survivants de l’Holocauste, représentait un objectif visé depuis longtemps par la Claims Conference dans le cadre de ses négociations avec

le gouvernement allemand, afin qu’il soit rendu justice aux victimes juives des nazis qui n’avaient encore perçu aucune indemnisation. Les mêmes critères s’appliquent pour les Juifs du Maroc à l’exception de ceux originaires du Maroc Espagnol et ce, depuis l’introduction du Hardship Fund en 2011. Le seul changement pour les Juifs du Maroc est que les personnes nées d’une mère victime de la persécution susmentionnée alors qu’elle était enceinte desdites personnes peuvent également soumettre une demande correspondante. Par ailleurs, le requérant du Hardship Fund

doit satisfaire aux critères d’éligibilité généraux du Hardship Fund. L’envoi ou la soumission d’une demande d’indemnisation de la part de la Claims Conference sont totalement gratuits. Seules les personnes ayant été persécutées par le régime nazi ou ses collabos peuvent demander une indemnisation. Les héritiers de ces personnes ne sont pas en droit de poser de demande. Vous n'avez pas besoin de solliciter l'aide d'un avocat pour poser votre demande. Vous avez des questions? Contactez l’équipe d’accueil du Centre Cummings au 514-342-1234 ou socialservices@cummingscentre.org

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ÉDITORIAL page 17

MOT DU PRÉSIDENT page 15 PAGE 18

DOSSIER SPÉCIAL

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israËl fÊte ses 70 ans

De Yerushalaim shel Zahav à Netta : tour d’horizon de la chanson israélienne    Par AgnèsTiano Israël, le 7e art en 70 ans Par Rudy Abecassis Tour d’horizon de la littérature israélienne : entretien avec l’écrivaine et traductrice Esther Orner Du football et du basketball en Israël Par Amnon J. Suissa Israël – Québec, influences et échanges culturels Par Annie Ousset-Krief Israël, le laboratoire du mieux-vivre ensemble Par Sylvie Halpern Enjeux et conséquences de la loi de l’« l’État-nation juif » : les points de vue   des politologues israéliens Denis charbit et Emmanuel Navon

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Par Elias Levy

Voyage au bout de l’antisionisme : BDS ou l’échec de la paix Par Bernard Bohbot

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coup de projecteur sur nous autres Yolande Amzallag et Évelyne Abitbol, article et entretien Par Annie Ousset-Krief

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Monde juif

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Hommage à Francis Weil   Par David Bensoussan

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CULTURE SÉPHARADE

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Par Sonia Sarah Lipsyc

La littérature maghrébine sépharade au Québec. Entrevue avec le poète Georges Amsellem

Par Elias Levy

Vie communautaire

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L’appropriation culturelle en débat Par Annie Ousset-Krief Projets département Jeunesse Projets de la Communauté Sépharade Unifiée du Québec Elles et ils ont publié et enregistré Par Sonia Sarah Lipsyc Carnet de famille

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DOSSIER SPÉCIAL Monde juif VIE JUIVE CANADIENNE ITINÉRAIRES DE JEUNES SÉPHARADES D'ICI ET D'AILLEURS CULTURE JUIVE ET ISRAÉLIENNE DÉCOUVERTE DES FIGURES DU MONDE SÉPHARADE JUDAÏSME Vie communautaire Coup de projecteur sur nous autres culture sÉpharade RECETTES DE CUISINE ELLES ET ILS ONT PUBLIÉ

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MAGAZINE LVS

dÉcembre 2018


MOT DU PRÉSIDENT

« N’utilisez pas l’esprit d’hier pour percevoir les événements d’aujourd’hui. » Tchouang Tseu

Il y a quelques mois à peine, j’ai entrepris mes fonctions à la présidence de la cSUQ (communauté Sépharade Unifiée du Québec). J’avais pris des engagements sur deux fronts : rétablir des relations saines, harmonieuses et efficaces avec la Fédération cJA, et préparer notre relève à prendre le flambeau de notre magnifique organisation, en planifiant des états généraux visant à une large réflexion communautaire sur l’avenir de la cSUQ et de sa mission. Voici où nous en sommes rendus. relations entre la CSuQ et la fédération CjA À la suite de nos rencontres, David Amiel et Yair Szlak, respectivement président et directeur général de la Fédération cJA, ont adressé à notre conseil d’administration une lettre qui a été chaleureusement accueillie. Ils y expriment notamment leur intention de développer des liens de confiance entre nos organisations respectives à tous les niveaux et leur volonté d’encourager une cSUQ forte et rayonnante, pour le bien de l’ensemble de la communauté juive. Je tiens une copie de cette lettre à la disposition de tous ceux qui désireraient en prendre connaissance. ces mots ont été suivis d’actions. Nous avons déjà entrepris de revoir ensemble nos modes de financement. Les priorités que j’ai exprimées sont les suivantes : premièrement, maintenir la capacité administrative et organisationnelle de la cSUQ; deuxièmement, procéder conjointement à l’évaluation des activités de la cSUQ pour les faire progresser, en les offrant à l’ensemble de la communauté juive, par exemple; troisièmement, éviter les dédoublements en s’abstenant de créer des programmes déjà offerts par l’une des organisations; quatrièmement, considérer que les activités culturelles sont rarement rentables, mais néanmoins essentielles, et qu’il convient donc de les soutenir. Les représentants de la Fédération cJA souscrivent sans réserve à ces priorités. ces volontés réelles de collaboration sont emballantes. États généraux sur l’avenir de la CSuQ Nous sommes heureux d’annoncer que les personnes suivantes ont accepté avec enthousiasme de constituer le comité de pilotage sous la direction des coprésidents, Pascale Déry et Daniel Amar. Karen Aflalo (qui agira comme porte-parole du comité auprès du conseil d’administration de la cSUQ), Raymonde Abénaim, maurice Amar, Yoan Amar, Laurent Amram, David Bensoussan, Benjamin Bitton, Agnès castiel, michel chokron, Katia Dahan, Ilana Edery, Saadia

Elhadad, Jo Gabay, Ariel Ifergan, Esther Krauze et Rosy Simon Schwartz. D’autres noms s’ajouteront entre le moment où j’écris ces lignes et celui où vous les lirez. Je tiens à remercier très chaleureusement toute cette équipe de son dévouement et de son engagement à la cause commune : une judaïté forte de sa fierté et de ses solidarités. ce comité est représentatif de notre communauté (écoles, institutions affiliées, jeunes et personnes incarnant la mémoire de notre institution, hommes et femmes, etc.). Dans une prochaine communication, je vous informerai du plan de travail qui aura été arrêté, mais dont l’objectif ultime sera la consultation la plus vaste possible de notre communauté. c’est la communauté qui doit faire la cSUQ et non le contraire. ces états généraux se tiendront au printemps 2019. Soutien à Israël L’une des grandes missions de notre organisation est le soutien à Israël. Dans ce cadre, j’ai participé à un débat organisé par le théâtre Jean-Duceppe sur Oslo, une pièce que la troupe a montée à l’occasion du 25e anniversaire des Accords d’Oslo. Je tiens à remercier particulièrement David Ouellet, de cIJA, et Sonia Sarah Lipsyc, notre éditrice en chef du LVS/ La Voix Sépharade, de leur aide précieuse pour la préparation de ce débat. L’espace limité dont je dispose dans ces colonnes m’empêche d’aborder une foule d’autres sujets que je couvrirai plus tard. Je fais référence à l’initiative « Justice for Jews from Arab countries » dont j’ai parlé dans notre dernier numéro de LVS, au Réseau mondial du Judaïsme d’Afrique du Nord David-Amar (une initiative qui en est à ses balbutiements, mais qui mérite d’être examinée), etc. 2019, déjà! Nous nous sommes souhaités une excellente année 5779. Pourquoi ne pas le faire aussi pour 2019 ? Souhaiter le bien ne fait jamais de mal. mes meilleurs vœux à vous tous. En particulier, que l’hiver ne soit pas trop long. Que la Floride soit clémente pour nos « snowbirds ». Que nos voitures résistent aux nids de poule. mais surtout, que chaque coucher de soleil soit un moment de sérénité; que chaque lever de soleil soit un moment d’espoir. Et qu’entre les deux, vous soyez heureux. Je vous rappelle que si vous avez des suggestions, des commentaires ou des questions, je suis toujours personnellement à votre disposition. Hon. Jacques Saada saadaj@videotron.ca

MaGaZine lVs

DÉcEmBRE 2018

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PRÉSIDENT CSUQ Jacques Saada

DIRECTEUR GÉNÉRAL Benjamin Bitton

RÉDACTRICE EN CHEF Sonia Sarah Lipsyc

GRAPHISTE-ILLUSTRATRICE Élodie Borel

COLLABORATEURS

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Rudy Abecassis David Bensoussan Sylvie Halpern Amnon J. Suissa Elias Levy Annie Ousset-Krief Agnès Tiano

Trois numéros par an expédiés chez vous ! L'abonnement LVS c'est seulement 6 $ au Québec, (soit 1 $ par numéro + 1 $ de frais de port = 2 $ x 3 numéros = 6 $),

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COTISATIOn AnnuELLE

EXPÉDITION POSTALE TP Express Les textes publiés n’engagent que leurs auteurs. La rédaction n’est pas responsable du contenu des annonces publicitaires. Toute reproduction, par quelque procédé que ce soit, en tout ou en partie, du présent magazine, sans l’autorisation écrite de l’éditeur, est strictement interdite. Reproduction in whole or in part, by any means, is strictly prohibited unless authorized in writing by the editor. convention postale 40011565 Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée à : 5151, Côte-Sainte-Catherine, bureau 216 Montréal, Québec, Canada H3W 1M6 Le présent numéro est tiré à 5 500 exemplaires et acheminé par voie postale au Québec, en Ontario et aux États-Unis. Des exemplaires sont également déposés dans différents endroits stratégiques à montréal.

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Édito

«  Qui a dit qu'il ne se passait rien à la CSUQ n'a jamais lu le LVS de sa vie... »

Chose promise, chose due... Voici la 2e partie de notre dossier « Israël fête ses 70 ans » consacré cette fois-ci au volet culturel et au sport. Vous y trouverez des articles de Agnes Tiano sur les talents de la chanson israélienne, de Rudy Abecassis sur le rayonnement du cinéma israélien, et je signe un entretien sur la littérature israélienne avec l’auteure Esther Orner. Un passionné de sport, Amnon Suissa, nous livre un texte sur le football et le basketball en Israël, Sylvie Halpern nous fait connaître deux initiatives israéliennes qui font le tour du monde (en sport la création de Mamanet et les chorales de Koolulam) et Annie Ousset-Krief met en valeur les échanges culturels entre le Québec et Israël, notamment dans le domaine de la danse. Il eût été difficile pour notre compréhension de l’actualité de ne pas revenir sur ce vote à la Knesset, en juillet dernier, sur la loi dite fondamentale, en langage juridique, de l’État-nation juif. Nous publions ainsi un entretien de Elias Levy avec deux personnalités israéliennes francophones que notre communauté connaît bien, car ils ont déjà eu tous deux l’occasion de donner des conférences à Montréal : les universitaires Denis Charbit et Emmanuel Navon. Ils ont, comme vous vous en apercevrez vite, tous les deux, des opinions diamétralement opposées sur le sujet. De quoi vous faire une idée des débats qui agitent l'État d'Israël et de vous forger votre propre avis sur la question. Enfin, Bernard Bohbot, nous livre une analyse de l’échec, au regard de solutions de paix, de BDS, l’organisme qui tente de boycotter Israël. Deux femmes sont sous « les coups de projecteurs » dans la rubrique qui porte ce titre, Yolande Amzallag de la Fondation Samy Elmaghribi et Évelyne Abitbol de la Fondation Raif Badawi pour la Liberté, entretiens menés par Annie Ousset Krief. Notre collaboratrice nous a également relaté les débats de l’événement organisé par ALEPH, « Influences ou appropriations culturelles », dernier du genre du programme « Pour une citoyenneté réussie entre Juifs, Musulmans, Arabes et Berbères » qui s’est déroulé avec succès durant plus de deux ans1.

Pour la rubrique « Culture sépharade », Elias Levy s’est entretenu avec le poète Georges Amsellem qui habite notre cité. Nous attirons votre attention sur le fait que certains de ces articles sont exclusivement accessibles en ligne sur notre site2. « Vie communautaire » vous donne un aperçu de la riche activité que charrie notre communauté sépharade. Qui a dit qu'il ne se passait rien à la CSUQ n'a jamais lu le LVS de sa vie... Je plagie là à ma manière et on me le pardonnera, un adage talmudique au sujet d’une fête juive3. D'ailleurs, au sujet du LVS, je voudrais vous informer chères lectrices et chers lecteurs du fait que ce magazine que vous avez l’habitude de recevoir gracieusement depuis des décades changera de formule etdeviendra progressivement payant… En effet, pour être admissibles à des subventions, sans quoi il est difficile d’assurer une parution régulière de notre magazine, nous devons nous justifier d’abonnés payants. C’est pourquoi nous vous proposons pour 6 $ seulement un abonnement pour l’année et, à ce jour, pour trois numéros. « 6 $, mais ce n’est rien ! » Effectivement. Alors, pourquoi ne pas commencer l'année civile avec la résolution de s’abonner au LVS? Nous espérons que vous la prendrez, puisque vous êtes nombreux à nous faire part de votre satisfaction et que nous avons à plusieurs reprises souligné l’importance de votre soutien pour la pérennité de cet outil médiatique et rassembleur. Pour tous les détails concernant les modalités d’abonnement, je vous renvoie à lapage 16 de notre présent magazine ainsi qu’au lien sur notre site pour vous abonner en ligne4. Je vous en remercie d’avance. Bien cordialement à vous. Sonia Sarah Lipsyc

1 Voir l’article avec vidéos « Pour une citoyenneté » sur le site de ALEPH :

http://alephetudesjuives.ca/category/une-citoyennete-reussie/ 2 http://lvsmagazine.com 3 Traité de Michna Soucca, chapitre 5 : « Celui qui n’a pas vu la joie de sim’hat beit

hashoeva (fête de puisage de l’eau), n’a jamais vu de joie de sa vie. » 4 http://lvsmagazine.com/donation-abonnement/

INFORMATIONS ET ABONNEMENT LVS PAGE 16

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DOSSIER SPÉCIAL

ISRAËL FÊTE SES 70 ANS

De « Yerushalaim shel Zahav » à Netta : tour d’horizon de la chanson israélienne

Agnès Tiano

Par Agnès Tiano

Journaliste à RCJ (Radio communauté juive) à Paris, et productrice de l’émission la « Scène israélienne » (émission bimensuelle), elle nous offre ici un tour d’horizon de la chanson israélienne. 12 mai 2018, une date historique pour cette jeune fille de 25 ans née à Hod Hasharon banlieue de Tel-Aviv, Netta nom de scène de Netta Barzilai et vainqueur de l’Eurovision avec son titre « Toy ». Surprenante, de par son look, sa tenue, ses postures et sa voix entre l’électronique et le beat box, l’art d’imiter des percussions, des instruments et des bruits avec sa bouche. Adulée par certains qui la considèrent comme la représentante de la nouvelle tendance de la musique israélienne, controversée par d’autres qui pensaient que son physique la désavantagerait, car… elle n’aurait rien d’une diva télégénique! Le jury de Hakokhav Haba, télé-crochet de la chaîne de télévision Keshet, composé de Harel Skaat, de Keren Peles et d’Asaf Amdursky et du binôme Benel et Static Tavori, tous chanteurs, auteurs et interprètes israéliens ne s’y sont pas trompés en amenant Netta à la victoire. « Toy » a voulu dans ce contexte plutôt festif, représenter le combat des femmes. I am not your Toy : « Je ne suis pas ton objet » s’est inspiré du mouvement #metoo qui dénonce le harcèlement sexuel dans le milieu du travail. Un message universel et d’actualité qui a su convaincre. Il est intéressant de rappeler qu’Israël avait gagné ce concours trois fois auparavant avec des registres très différents sur un plan musical, mais toujours novateur : la chanson « Abanibi » et son langage jouant sur l’onomatopée de la lettre « beth » de l’alphabet hébraïque, interprétée en 1978 par Izhar Cohen accompagnée du groupe Alephabeta; « Alléluia » en 1979 interprété par Gali Atari, chanteuse populaire dans le pays entourée du groupe Milk and Honey (référence au pays où coule le Lait et le Miel) titre plus en phase avec la tradition avec ses paroles de paix et enfin « Diva » en 1998 de la transgenre Dana International. La musique en Israël est à l’instar du pays diverse, multiple, variée et précurseur. Sarit Hadad

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Zohar Argov

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Idan Rachel

Que reste-t-il des chanteurs qui ont accompagné certains durant leurs expériences en kibboutz ou leurs tiyoulims, randonnées dans les sentiers du pays ? Que sont devenus Yaffa Yarkoni, Naomi Shemer, Arik Einstein, Ofra Haza ou encore Shlomo Carlebach, tous aujourd’hui disparus ? Ils ont à une époque marqué l’histoire de la chanson populaire juive et israélienne. Ils sont pour beaucoup incontournables, car rattachés au moyen de leurs chansons à des faits historiques du pays. Naomi Shemer, disparue en 2004, nous laisse un titre emblématique avec « Yerushalayim shel zahav », littéralement « Jérusalem d’or », interprété en Israël pour la première fois par Shuli Nathan. Cette chanson écrite peu de jours avant la Guerre des Six Jours est rentrée dans le patrimoine musical. Son auteure compositrice recevra en 1983 le prestigieux Prix d’Israël. Shlomo Carlebach, rabbin, auteur, compositeur et interprète né à Berlin s’est inspiré des textes bibliques tout au long de son répertoire. Il a influencé dans ce registre des chanteurs israéliens tels que Mordechai Ben David ou Avraham Fried qui continuent de lui rendre hommage durant leurs tournées. Plus récemment Arik Einstein nous a quittés en 2013. Il est considéré comme l’un des plus grands chanteurs, auteurs compositeurs israéliens. Sa popularité est et restera à jamais à la fois parmi la population et surtout dans le monde musical pour qui il a composé et avec qui il s’est souvent produit. Il est considéré comme le précurseur du rock israélien. Du fondateur du rock israélien au fondateur du métal oriental, il n’y a qu’un pas à faire avec l’arrivée sur le « marché » international de la musique métal du groupe Orphaned Land. Ce groupe a débuté il y a près de 27 ans alors que les membres de cette formation étaient encore adolescents. Leur influence musicale est multiple, mais surtout surprenante. Comment peut-on imaginer associer les rythmiques du métal et de la musique yéménite ou ladino. Surprenant ! Mais une vraie réussite ! Vivant à Jaffa, le leader Kobi Farhi s’inspire à la fois de l’environnement de cette ville mixte et de ses origines familiales bercées par les airs chantés par ses grands-mères originaires de Salonique. D’ailleurs comme il le dit « son mentor musical n’est autre que le célèbre Yehuda Poliker, un des chanteurs incontournables dans le panel des artistes israéliens. Né à Kyriat Bialik, banlieue de Haïfa,Yehuda Poliker tire son inspiration de ses origines grecques et de l’histoire vécue par sa famille durant la Seconde Guerre mondiale. Après des débuts au sein du groupe rock Benzin, son style musical évolue entre le son du bouzouki et la modernité de la guitare, un exemple pour Kobi Farhi. Je vous invite vivement à découvrir ces artistes et surtout ne soyez pas effrayé par son look, car Kobi est juste la parfaite illustration de la tradition et de la modernité. Israël, composé d’originaires de pays variés est un véritable kaléidoscope musical, du yiddish, du russe à l’orient, il n’y a qu’un pas à franchir pour souvent arriver à une véritable fusion des sonorités.


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Netta Barzilai, vainqueur de l’Eurovision

Un exemple est celui de Giora Feidman, originaire d’Argentine. Il fut pendant vingt ans clarinettiste à l’Orchestre Philharmonique d’Israël avant de se lancer dans une carrière de soliste klezmer (musique juive d’Europe centrale et de l’Est). Partie initialement des États-Unis, cette vague klezmer n’a pas tardé à rejoindre Israël. Mais dans ce panel, la musique orientale ou mizrahi actuelle a pris une place considérable en rassemblant sans diviser. Elle a réussi à se faire apprécier de tous avec l’arrivée de jeunes artistes, qui se sont, d’après Eli Grunfeld, directeur artistique de festival et consultant, inspirés « de nombreuses reprises de titres internationaux et qui ont ainsi réussi à être reconnus ». Du légendaire Haim Moshé à Lior Narkis, Moshé Peretz ou encore Sarit Hadad, certaines de leurs chansons ont été inspirées par les airs populaires de compositeurs turcs, grecs ou encore libanais. Eli Grunfeld de compléter : « De nombreux jeunes sont revenus aux sources et chantent des chansons marocaines ou tirées du Maghreb comme par exemple le groupe Gusto qui interprète les œuvres de Maurice Medioni, pianiste juif algérien qui interprète les musiques andalouses et le raï ou encore la célèbre Zahava Ben qui a fait une tournée avec les titres de Oum Khaltoum, chanteuse égyptienne considérée toujours après sa mort, comme la plus grande chanteuse du monde arabe[...]. D’autres, comme Yasmine Levy se sont inspirés du répertoire ladino judéo-espagnol et ont redonné vie à un passé que l’on aurait pu oublier ». L’inventaire ne peut être complet si nous ne mentionnons Shlomo Bar. Ce chanteur engagé, né à Rabat, au Maroc, en 1943, a immigré quelques années plus tard en Israël. Il joue de la darbouka et d’autres instruments. Ses influences musicales sont larges, de Bob Dylan à Miles Davis en passant par la musique classique indienne et celle de la liturgie juive. Il a à ce jour enregistré plus d’une dizaine d’albums avec son groupe Habrera Hativit, et des centaines de chansons à succès depuis son premier disque. Connu sur la scène internationale, il devient un des représentants d’une forme engagée de la chanson israélienne influencée par l’Orient. En 2018, la scène musicale israélienne a dépassé ses propres frontières ! Si nous nous souvenons à une certaine époque de Rika Zarai ou de Mike Brant, aujourd’hui Asaf Avidan s’est hissé parmi les plus grands du folk rock sur la scène internationale. Né à Jérusalem, sa carrière lui fait croiser les chemins de célèbres DJ et se produire sur des scènes comme le Carnegie Hall de New York ou encore faire la première partie de Bob Dylan à Tel-Aviv en 2011. La liste pourrait s’étendre à d’autres noms comme The Angelcy, groupe aux influences blues, rock, folk, mais également de musique traditionnelle du Moyen-Orient avec son leader chanteur guitariste, Rotem Bar Or, de Mika Hary, jeune découverte aux frontières du jazz ou Aveva Dese qui exporte sa culture éthiopienne.

La jeunesse israélienne n’a rien de différent de la jeunesse dans le monde. Elle est naturellement influencée par le modèle américain… mais avec néanmoins l’inspiration de l’orient qui souvent n’est pas loin ! Ce qui est certain c’est que la musique fait partie intégrante de la société israélienne et qu’au-delà d’être divertissante, elle est aussi politique en rassemblant. Zohar Argov avait à son époque fait sauter les barrières qui réduisaient l’accès aux radios de la musique orientale. Il est ainsi l’un des premiers chanteurs israéliens à obtenir un succès commercial et national dans le domaine de la musique de style oriental. Sa popularité grandissante, au côté d’autres vedettes comme Haim Moshé ou Avihou Medina participe à la reconnaissance des juifs orientaux sur les ondes. Heureusement, aujourd’hui des chanteurs de tous les horizons, ashkénazes ou rockeurs mêlent l’orient à leurs créations. Si l’on a l’habitude de dire « la musique adoucit les mœurs » en Israël elle rassemble aussi des personnes d’horizons divers et la créativité ne cesse de nous faire découvrir de nouvelles générations ! Idan Raichel en fait partie après de nombreuses années dans le monde de la musique, il « explose » sur la scène israélienne et à l’international avec en 2002 son « Idan Raichel Project ». Représentant indéniable de la musique fusion, il associe l’électronique, le folk israélien et la musique africaine. Au-delà du rassemblement des musiques, Idan Raichel a su créer une véritable communauté d’échanges culturels et artistiques dépassant les frontières. Comment enfin ne pas évoquer le Rap ! Subliminal est un de ceux qui ont dès 1995 importé ce style musical. Pantalon large, chaînes en or, textes engagés, mais textes engagés « sionistes ». Issu d’une famille originaire d’Iran et de Tunisie, Subliminal, de son vrai nom Yaakov Shimoni, est né en Israël et tient à défendre son pays. Après s’être produit dans des clubs, il est très vite identifié par la jeunesse écoutant du Hip Hop comme le créateur du « hip-hop sioniste ». Dès ses débuts de concert, Subliminal harangue le public au son de « qui est fier d’être sioniste dans l’État d’Israël, levez vos mains en l’air ». La liste des artistes en Israël est encore longue qu’il s’agisse des plus anciens comme Yehudith Ravitz, Noa, Aviv Gefen ou encore d’Eyal Golan. Chacun dans son registre contribuant à la pérennisation de la musique israélienne, mais surtout à l’image d’un pays avec ses pluralités et ses différences. La créativité reste leur identité et leur lien. À nous de les découvrir et de les faire découvrir par-delà les frontières ! Bonne écoute ! Il est difficile dans le cadre d’un article de mentionner tout le monde tant l’art musical est développé en Israël. Pour le mélange réussi de hip hop, rapp et de la musique arabo israélienne, citons encore le musicien Michaël Greisalmer (ndr). MAGAZINE LVS

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Israël, le 7e art en 70 ans

RUDY ABECASSIS

Par Rudy Abecassis

Rudy Abecassis, vidéaste, reporter vidéo et scénariste, originaire de Marseille, il a immigré en Israël en 2015. Il nous livre ici un panorama des performances du cinéma israélien.

70 ans. C’est le 70e anniversaire de l’État d’Israël. Et dans 70, on retrouve le chiffre 7. Comme le 7e art, le cinéma. Israël, malgré son jeune âge, n’a pas délaissé sa dimension artistique, bien au contraire, et a ainsi pu apparaître dans le monde autrement qu’au travers des nombreux conflits auxquels le pays est confronté. Aux côtés d’autres arts, le cinéma a pris une place certaine dans la culture israélienne. Les Israéliens ne se contentent pas de remplir les salles diffusant des films étrangers toujours majoritairement présents sur les écrans, mais ils découvrent aussi avec fierté et parfois patriotisme des talents révélés par les caméras de cinéastes israéliens. Des films israéliens nominés aux Oscars dès les années soixante Pour illustrer ces talents, il est important de noter qu’Israël est le pays du Moyen-Orient qui a été nominé le plus souvent aux Oscars pour la catégorie « Meilleur film en langue étrangère ». Le premier d’entre eux fut l’œuvre de deux réalisateurs israéliens, Menahem Golan et Ephraim Kishon (qui avait également écrit le film), avec la comédie classique « Sallah Shabbati ». C’était en 1964, et ce film inaugurait en quelque sorte le genre « bourekas », le nom donné à ces films influencés par la vague d’immigration sépharade en Israël1. La même année, Uri Zohar, un humoriste et cinéaste, devenu plus tard rabbin orthodoxe, réalisa « Un trou dans la lune », pour lequel le français Michel Colombier composa la musique. Si ces deux films ont suscité à l’époque des contestations politiques, car ils ne véhiculaient pas la meilleure image d’Israël, le talent des artistes qui les portaient commençait à être reconnu. Les années 1970, 1972 et 1973 virent à nouveau des films israéliens dans la liste des nominés de la prestigieuse cérémonie américaine : respectivement « Matzor », avec encore Ephraim Kishon, puis « The Policeman » (titre original : « Hashoter Azoulay ») et « I Love You Rosa » (titre original : « Ani Ohev Otach Rosa ») du même Moshé Mizrahi. En 1978, Menahem Golan était encore nominé pour « Mivtza Yonatan», un film racontant la prise d’otages d’Entebbe.

la critique internationale, et a également été nominé pour les Oscars en 1985. Dans cette période de développement du 7e art, Israël créait en 1982 les Ophirs du Cinéma, modestes homologues des Césars français ou des Oscars américains. Sont ainsi récompensées toutes les catégories correspondant aux corps de métier du cinéma. Toutefois, il a fallu attendre 1990 pour voir cette cérémonie se dérouler annuellement et devenir ainsi un évènement incontournable de la culture israélienne.

La Nouvelle Vague israélienne des années quatre-vingt L’arrivée de la droite au pouvoir en 1977 créa un paradoxe. Certains films furent censurés comme par exemple « Hirbeth Hizaa » de Ram Loevi, mais le cinéma israélien s’est exporté davantage à partir de cette période. Il sera de plus marqué par l’émergence d’une Nouvelle Vague israélienne, à l’image de ce qu’a connu le Cinéma français. D’ailleurs, en 1978, le cinéma d’auteur va être valorisé, avec la création du Fonds d’aide au cinéma « de qualité ». Et en 1984, au cours du Festival de Venise, le film « Au-delà des murs » de Uri Barbash obtint le Prix de 20

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C’est réellement à partir de la fin des années 1990 et au début des années 2000 que le Cinéma israélien va connaître son plus grand succès, notamment en Europe. Le réalisateur Amos Gitaï, largement aujourd’hui connu dans le Vieux Continent, s’est notamment fait connaître grâce à son film « Kadosh », sélectionné pour le Festival de Cannes lors de l’édition 1999, et qui met en scène l’actrice israélienne francophone Yaël Abecassis. Il a ensuite élargi sa filmographie en réalisant successivement « Kippour » (en 2000), Eden (en 2001), « Kedma » (en 2002). Il a participé au film collectif « September 11 » sur les attentats du 11 septembre 2001 à New York, et a réalisé un film-choc sur la traite des femmes blanches avec « Terre promise », sorti en 2005. Et sa création prolifique se poursuit jusqu’à maintenant, il compte à son actif une bonne cinquantaine de longs et courts métrages, de fictions et de documentaires. Entretemps, d’autres talents israéliens étaient mis à l’honneur puisqu’en 2004 le film « Mon trésor » de la réalisatrice Keren Yedaya obtenait la Caméra d’Or lors du Festival de Cannes. Ce film mettait en


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« Israël est le pays du Moyen-Orient qui a été nommé le plus souvent aux Oscars pour la catégorie « Meilleur film en langue étrangère »

avant la talentueuse (et regrettée) actrice Ronit Elkabetz, francophone et native du Maroc. D’ailleurs, il est important de noter que les personnalités du cinéma israélien qui étaient (et qui sont) francophones ont largement contribué à l’exportation des films israéliens dans les pays et régions francophones. Le petit clin d’œil à cette contribution est l’origine de certains de ces artistes, à savoir le Maroc, dont la communauté dévoile son talent sur tous les continents et pays où ils sont présents en grand nombre, comme la France et le Canada. L’expansion du Cinéma israélien se poursuit dans les années 2000 avec le film d’animation très remarqué mondialement du réalisateur Ari Folman, « Valse avec Bachir ». Nominé aux Bafta Awards par deux fois, nominé aux Oscars, c’est finalement en France qu’il va décrocher un César en 2009 dans la catégorie « Meilleur film étranger ». À noter tout de même ses huit nominations au Festival de Cannes 2008, ainsi que son Golden Globe en 2009 dans la catégorie « Meilleur film en langue étrangère ». Au-delà des œuvres et créations, l’illustration du développement du cinéma en Israël s’est déployée de plusieurs manières. En 2000, par exemple, le gouvernement israélien décide de voter la « Loi du Cinéma » afin d’augmenter le budget alloué au cinéma. Résultat direct de cette loi : le cinéma israélien produit désormais en moyenne une quinzaine de longs-métrages par an, ainsi qu’une bonne centaine de documentaires. Il y a depuis 2002, par exemple, avec la France des accords de coproduction, élaborés par le Centre National de la Cinématographie (aujourd’hui appelé Centre national du cinéma et de l'image animée) et le Conseil israélien du Cinéma, signés conjointement par les ministres de la Culture des deux pays. Ces accords, qui renouvellent en fait un texte daté de 1972, déterminent que chaque coproduction francoisraélienne, dès lors qu’elle remplit les exigences de l’accord, est reconnue en tant que production nationale. Ils favorisent ainsi l’agrément d’une coproduction franco-israélienne comme film français, pouvant à ce titre bénéficier des différents systèmes d’aide à la production et à la distribution existants en France. Les futurs talents, quant à eux, peuvent désormais se former parmi la bonne vingtaine d’écoles de cinéma du pays, comme Sam Spiegel de Jérusalem, ou encore l’Université de Tel-Aviv . Le courant plus religieux n’est pas en reste puisqu’au cœur de Jérusalem, l’école religieuse Maaleh permet aux plus pratiquants du judaïsme de se former également aux métiers du cinéma2. Aujourd’hui, les 70 ans d’existence d’Israël peuvent se vanter d’une vraie réussite en termes de développement du cinéma dans un pays si jeune.

gouvernementactuel–denepas(re)venirenIsraëlpourrecevoirleprixGénésis (prix récompensant des personnalités en général, sans lien exclusif avec le Cinéma) a fait débat. Et bien sûr, Gal Gadot, qui incarne avec brio la célèbre « Wonder Woman », blockbuster hollywoodien, et qui met, elle aussi, fièrement en avant ses origines et sa nationalité israélienne. Les talents israéliens en devenir vont très certainement occuper les devants de la scène internationale, toute proportion gardée devant des pays qui ont de l’avance dans ce domaine. Ils peuvent notamment compter sur les différents festivals du film israélien qui sont organisés dans beaucoup de pays. On a ainsi pu découvrir celui de Paris avec sa dernière édition en mars 2018, ainsi que celui de Montréal en mai 2018, et qui y fêtait sa 13e édition. En Israël, un pays pas comme les autres, ses arts se développent au moins aussi vite que sa société. En 70 ans d’existence, et même si le cinéma israélien est logiquement associé à son actualité politique, et même souvent idéologique, il n’en reste pas moins des œuvres qui ont accroché le public international, et qui font d’Israël, dans ce domaine encore, une véritable puissance. On ne peut que lui souhaiter une aussi bonne réussite dans les 70 ans à venir, en voyant se développer des œuvres plus personnelles, intimistes, et qui démontreraient comme c’est déjà le cas que l’État d’Israël n’est pas seulement un pays lié aux conflits et à la controverse, mais que ses richesses multiculturelles et multiethniques sont une vraie force pour en faire un pays décidément bien unique, tant sur le fond, que sur la forme. Et en la matière, le 7e art a des ressources remarquables.

1 Voir à ce sujet, Serge Ankri, « Le personnage du Juif sépharade

dans le cinéma israélien », LVS, 1re partie décembre 2016 et 2e partie mars 2017. http://lvsmagazine.com/2015/12/le-personnage-du-juif-sefaradedans-le-cinema-israelien-1re-partie/ 2 Signalons que le Festival du Cinéma israélien de Montréal (FCIM) projette régulièrement des courts métrages de l’École Maalé au cours de son évènement annuel.

On n’ignore plus la judéité et la double nationalité israélo-américaine de l’actrice internationalement reconnue Natalie Portman, même si sa décision récente – pour des raisons politiques de critique du MAGAZINE LVS

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Tour d’horizon de la littérature israélienne : entretien avec l’écrivaine et traductrice Esther Orner

Sonia Sarah Lipsyc

Par Sonia Sarah Lipsyc

L’auteure israélienne Esther Orner, – elle a notamment écrit « Autobiographie de Personne » et «  De si petites fêlures  »1 - est également traductrice de l’hébreu au français. Elle nous a accordé un entretien sur la littérature israélienne. Qu’elle soit ici remerciée de s’être prêtée à cet exercice qui, tout en proposant un panorama, ne peut être que sélectif 2. Dr Sonia Sarah Lipsyc est rédactrice en chef du LVS et directrice de Aleph - Centre d'études juives contemporaines.

Vous faites partie de l’Association des écrivains israéliens de langue française et du comité de rédaction de Continuum3, très belle revue des écrivains israéliens d’origine francophone. Qu’est-ce qui donne envie à des auteurs israéliens de continuer à s’exprimer dans leur langue d’origine ou une autre langue que l’hébreu ? Dès le premier numéro de Continuum (2002-2003), nous avons posé la question sur le choix du français. Tous les auteurs ont un lien avec la langue française. Soit c’est leur langue maternelle ou presque maternelle, soit ils ont choisi d’en faire leur langue d’écriture. Certains sont même des hébraïsants. Nous sommes dans un entre-deux. L’hébreu oui, mais... Le français, oui, mais… Je citerai quelques noms d'écrivains et de poètes israéliens vivant en Israël et écrivant en français, Bluma Finkelstein, Ami Bouganim, Marlèna Braester, Raphael Jerusalmy Francine Kaufmann, Colette Leinman, Betty Rojtman, Rachel Samoul, Sophie Stern. Ils sont tous publiés dans des maisons d'édition en France, en Belgique et en Suisse. Par exemple, Rachel Samoul tient depuis dix ans un blogue en français, Kef Israel, lu dans le monde entier. Elle a écrit un recueil de nouvelles Bouquet de Coriandre, avec une lettre-préface d’Albert Memmi, aux Éditions Complexe (2007). Le prix du Président de l’État d'Israël pour la littérature en langue française (2002) a été décerné à Bluma Finkelstein pour l'ensemble de son œuvre poétique4. Marlèna Braester, rédactrice en chef de la revue Continuum a reçu de nombreux prix littéraires pour sa poésie dont le prix Ilarie Voronca pour Oublier en avant, Éditions Jacques Brémond, 2016. La littérature israélienne s’exprime dans tous les genres : romans, nouvelles, science-fiction, policier, poésie, théâtre, bandes dessinées, littérature pour enfants, etc. Est-ce que les Israéliens lisent beaucoup ? Et quels sont, par exemple, les livres en hébreu qui ont le mieux marché ces dernières années ? Les Israéliens sont d'immenses lecteurs. Au mois de juin, dans toutes les villes, on fête La semaine du livre hébreu qui inclut également la littérature religieuse comme des commentaires sur la Torah et le Talmud représentant d’ailleurs 27 % de l'édition israélienne. La place Rabin à Tel-Aviv ne désemplit pas. L’auteur qui a eu le plus de succès récemment est sans conteste David Grossman grâce à ses nombreux prix. Il a été récipiendaire cette année du fameux prix anglais Man Booker pour Un cheval entre dans un bar, Éditions du Seuil (2015). Il est également lauréat du Prix d'Israël 2018. Aharon Appelfeld (1932- 2018), sa mort a suscité un énorme intérêt pour ses livres habituellement plus lus à l'extérieur d’Israël5. Edgar Keret traduit dans 45 langues, l’auteure Zeruya Shalev, Shimon Adaf sont toujours en bonne place. Dorith Rabinian à la suite du 22

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scandale suscité par le ministre de l'Éducation qui voulait interdire au programme scolaire Sous la même étoile, Les Escales Éditions (2017) racontant une histoire d'amour entre une Israélienne et un Palestinien, qui d'ailleurs se termine mal, est devenu un best-seller israélien et international. Sous votre direction a été publiée une anthologie de traduction de poésies de l’hébreu, Chacune a un nom. Femmes poètes et artistes d’Israël, Éditions Caractères, 2008. On y trouve de grands noms de la poésie hébraïque comme ceux de Rachel (1890-1931), Léah Goldberg (1911-1970), Zelda (1914-1984) ou Haviva Pedaya dont nous avons récemment publié un entretien sur son lien à la Kabbale6. Quelle est la place, en général, de la poésie dans la société israélienne ? La poésie comme le roman tient une place très importante. En 2015, le Prix d'Israël, le plus prestigieux, a été décerné dans la catégorie littérature au poète Erez Bitton, au préalable lauréat des prix Bialik comme le fut Yehudah Amichai. Les journaux du Shabbat, en fin de semaine publient un ou plusieurs poèmes dans leurs pages consacrées à la littérature. Les femmes y tiennent une belle place, notamment Maya Bejerano, Agui Micheol. D'autres plus jeunes, moins connues telles que Anat Zecharya ou Yaara Ben-David née en Irak. Deux nouveaux billets de banque circulent à l’effigie des poétesses Rachel pour celui des 20 shekels, et Léah Goldberg7 pour les 100 shekels. C'est une première. La littérature hébraïque contemporaine date de la fin du 19e siècle avant même la création de l’État hébreu… Quels sont les noms de ces principaux pionniers et quel a été leur apport dans ce renouveau de la langue hébraïque ? Comment sont-ils passés de cette langue de l’étude de la Torah à celle de tous les jours et de la création littéraire ? La Haskala, le mouvement des lumières, qui semblait ouvrir toutes les portes aux écrivains en Europe de l'Est est à la base dès le 18e siècle de cette nouvelle littérature. Ce désir de modernité s'ancrait dans la tradition juive même si cette dernière était critiquée pour certains de ses aspects figés. J'habite, par hasard ou pas, un quartier à Tel-Aviv, où ses écrivains écrivant en yiddish ou en hébreu ont des rues à leurs noms - Shalom Aleichem, Mapou, Mendelei Mocher Sefarim. On les surnommait pour certains Les amants de Sion (Hovevei Tsion). Ce terme aussi a sa rue. Un peu plus loin du Coté d'Allenby, Dov Brenner et bien sûr l'incontournable Haim Nahman Bialik. Leur but était de redonner vie à l'hébreu dans le quotidien et dans la littérature sur la terre d'Israël.


ISRAËL FÊTE SES 70 ANS En 1966, Shmuel Yosef Agnon (1888-1970) reçoit le Prix Nobel de littérature. C’est le seul écrivain israélien, jusqu’à présent, à avoir été gratifié de ce prix. Quelle est son influence dans la littérature hébraïque? Je ne parlerais pas d'influence directe. Il est unique comme Proust l'est. Il a été et est toujours une référence pour beaucoup d'écrivains israéliens qui sont à travers leurs œuvres en dialogue avec lui. Je pense à Amos Oz, Nourit Zarchi, Aharon Apelfeld, Zeruya Shalev. D’autres auteurs comme Haim Beer, Shimeon Adaf, Dan-Benaya Seri, Almog Behar, Haim Sabato, Ruth Almog se revendiquent clairement d'Agnon. Ils font des allusions à des textes d'Agnon dans leurs livres. Une jeune écrivaine, Adi Sorek, pas encore traduite en français, écrit son doctorat sur Agnon et l’auteur français Georges Perec. Et dans son roman Nathan qui sortira au mois d'octobre, elle ne se prive pas de paraphraser du Agnon, en le revendiquant, bien sûr. La littérature israélienne compte de grands noms dont les œuvres sont majoritairement traduites en français, n’est-ce pas ? On peut citer David Shahar, A. B. Yehoshua, Amoz Oz pour les plus anciens et bien sûr Aaron Appelfeld. Comment qualifieriez-vous, en quelques mots, ces géants de la littérature hébraïque ? Je suis contente que vous citiez David Shahar plus célèbre en France qu'ici. Aux écrivains A.B Yoshua et Amos Oz, je rajouterai l'immense écrivain et traducteur francophile Yehoshua Kenaz. On les citait ensemble. Je dirais qu'ils sont parmi ceux qui donnent les lettres de noblesse à la littérature israélienne, qui grâce à eux, bénéficie d'une reconnaissance internationale. Nous attendons toujours un second prix Nobel !

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Parmi ces auteurs, certains sont d’origine sépharade, mais il y en a d’autres ? Lesquels citeriez-vous ? J’ajouterai alors Ronith Matalon, Samy Michael, Eli Amir. Tous parlent à la fois de leurs origines, de leur intégration en Israël et de divers sujets. Aucune contradiction d'ailleurs. N'est-ce pas en allant au plus profond du singulier que l'on atteint l'universel ? Quels seraient les cinq livres que vous conseilleriez pour s’initier à la littérature hébraïque israélienne ? Samuel Joseph Agnon - Au cœur des mers traduit par Emmanuel Moses, Gallimard 2008. (Et tous les autres livres d’Agnon...) Yehoshua Kenaz, Infiltration, trad. par Rosie Pinhas-Delpuech, 10/18, 2006 Amos Oz, Une histoire d’amour et de ténèbres trad. par Sylvie Cohen, Gallimard, 2004, Folio n°4265, 2005 Aharon Appelfeld, Histoire d’une vie, roman, trad. par Valérie Zenatti, L’Olivier, 2004, Points poche, 2008 Gabriela Avigur-Rotem, Canicule et oiseaux fous, roman, trad. par Ziva Avran et Arlette Pierrot, Actes Sud, 2006 Zeruya Shalev, La douleur, trad. par Laurence Sandrowicz - Gallimard 2017 8

Esther Orner

On peut également citer Meir Shalev , Orly Castel-Bloom ou Amir Gutfreund. Voyez-vous un fil conducteur parmi tous ces auteurs et d’autres plus jeunes déjà mentionnés par vous ? Et quelles sont les tendances actuelles de la littérature israélienne ? Eux aussi participent de la reconnaissance d'une littérature vivante. Le fil conducteur ? À la fois postmoderniste, retour aux sources, aux racines et à l'identité juive, voire, Orly Castel-Bloom et l'histoire de sa famille égyptienne. Leurs aînés étaient plus dans l'israélité, c’est-à-dire le sabra, l'homme nouveau, le rejet de la diaspora, le pays en construction, les guerres d'Israël, et un registre plus politique. Mais j'ai à peine écrit ces mots que je me dois de nuancer mon propos, car eux aussi se posent des questions sur leur appartenance à différentes cultures. Le livre d'Amos Oz Une histoire d’amour et de ténèbres a peutêtre été un tournant et un exemple pour ses cadets. Lui le sabra essaye de comprendre d'où il vient. De même Yoram Kaniuk faisant partie de « la génération de l'État », dor Hamedina, célèbre pour ses romans sur la guerre de 1948 (Adam fils de chien) a écrit plusieurs livres qui traitent de l'identité juive dont Le dernier berlinois, Le dernier Juif. Presque. Dans la même mouvance citons Haim Gouri écrivain et poète.

1 Respectivement aux Éditions Métropolis, Genève 1999 et aux Éditions Caractères, Paris, 2016. 2 Les lecteurs du LVS pourront se référer aux autres articles d’Elias Levy sur la littérature israélienne notammentxxxxxxxxx sur Zeruya Shalev, Orly Castel-Bloom, Eshkol Nevo et

Michal Govrin. Voir http://lvsmagazine.com/nos-contributeurs/. Toutes les notes de bas de page de cet article sont de la rédaction. 3 Voir quelques numéros en ligne de cette revue sur http://kefisrael.com/continuum-revue-ecrivains-israeliens-de-langue-francaise/ 4 Voir l’un de ses derniers ouvrages, Il vient un temps où même Dieu doit faire pénitence, éditions Diabase, 2017. 5 Survivant de la Shoah, son œuvre est immense. Il reçut notamment en 2004 le prix Médicis étranger pour Histoire d’une vie, éd. L’olivier et le Prix Israël en 1983. 6 Voir Sylvie Halpern, « Deux enseignantes en kabbale en Israël : Haviva Pedaya et Nadine Shenkar », LVS, avril 2018. http://lvsmagazine.com/2018/04/deux-enseignantes-

en-kabbale-en-israel-haviva-pedaya-et-nadine-shenkar/. 7 Signalons de cet auteur « Alors vient la lumière, traduit par Olivier Boisseau à paraître en 2019 aux Éditions H & O 8 Voir également Anthologie d'écrivaines israéliennes au nombre de 13 choisies et traduites par Ziva Avran aux Éditions Métropolis, 2008.

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Du football et du basketball en Israël

AMNON J. SUISSA

Par Amnon J. Suissa

Amnon J. Suissa est professeur associé à l'UQAM,, formé en thérapie familiale et docteur en sociologie, il s'intéresse au phénomène des dépendances et de l'intervention auprès des familles1. Passionné de sport, notamment de ballons, nous lui avons demandé un article sur ces disciplines dont la ferveur est partagée par d’autres parmi nos lectrices et nos lecteurs.

Il faut avant tout, souligner les limites de cet exercice de tracer en deux pages les réalisations sportives des 70 dernières années en Israël. Il s’agit donc d’un survol, nécessairement subjectif, voire personnel de quelques sports, principalement les deux plus populaires au pays : le football et le basketball. La popularité du football, par exemple, se mesure au nombre de clubs disséminés partout dans le pays, et d’adhérents. De plus, il représente une activité commune d’appartenance aux divers citoyens qui ont côtoyé ce sport dans leur pays d’origine. Si le sport de raquettes (matkot) est une activité qui a pris son envol depuis 1920 sur les plages israéliennes et est considéré comme un véritable sport national populaire, on ne peut passer sous silence ces dernières années, l’avancée d’Israël sur le plan sportif international. Israël a accompli de grands progrès aux Jeux olympiques et s’impose également dans d’autres disciplines grâce notamment, mais pas seulement, à l’immigration de Juifs venant de l’ex-URSS2.

dans la zone Océanie et perdre un match de barrage en Colombie 1 à 0. L’ambiance au stade était explosive et l’équipe israélienne fut fortement protégée par des centaines de militaires à cause des violences prévues en cas de défaite de la Colombie. Un match mémorable fut celui d’Israël contre la France, au Parc des Princes, à Paris pour les qualifications de la coupe du monde aux États-Unis en 1994. N’étant pas qualifié et n’ayant plus rien à perdre, Israël élimine la France 3 à 2 avec une merveilleuse équipe composée de Ronny Rosenthal (fameux joueur de Liverpool), Reouven Atar du Maccabi Haifa, etc. Les joueurs français ont été alors éliminés pour une rare fois de la coupe du monde. Fortement frustrés par cet échec, plusieurs joueurs refusent même de saluer les joueurs israéliens à la fin du match. Israël ayant bloqué concrètement leur participation à la coupe du monde, ce qui n’est pas rien !

Le football : vers un talent de l’équipe nationale Les premières équipes ont été créées sous le mandat britannique : Maccabi Haifa, en 1913, premier club, composé d’un groupe d’ouvriers, Hapoel Tel Aviv fondé en 1923 par la Fédération des travailleurs (Histadrout). En 1928, l’Association israélienne de football voit le jour à Ramat Gan et en 1948, après la création de l’État d’Israël, l’équipe nationale va disputer officiellement son premier match international contre les États-Unis qui se solde par une victoire américaine de 3 buts à 1. Avraham Nudelmann devient ainsi le premier footballeur à avoir marqué un but en compétition internationale sous les drapeaux du jeune État. Dès 1954, Israël participe aux matchs de la Confédération asiatique des Nations et après deux défaites en finale contre la Corée du Sud en 1956 et 1960, remporte en 1964, à domicile, sa première Coupe d’Asie des Nations. Cependant cédant aux pressions politiques des pays arabes et de l’Iran qui refusent de jouer avec Israël, l’État hébreu est exclu en 1974 de cette Confédération. Il rejoint alors l’Association européenne de football (UEFA) d’abord comme membre associé en 1992, puis deux ans plus tard, comme membre à part entière. Depuis, Israël participe pleinement en Europe (UEFA) ainsi qu’aux éliminatoires pour la grande Coupe du monde (FIFA). C’est en 1970, au Mexique, qu‘Israël participe à sa première coupe du monde avec ses fameux joueurs Spiegel, Spiegler, etc. Cette expérience se solde par deux matchs nuls contre l’Italie et la Suède et une défaite contre l’Uruguay. Faut-il rappeler que ces trois nations ont été soit championnes du monde ou finalistes. Ce résultat est et reste, jusqu’à présent, le meilleur au plan international. Il faut attendre 1990 pour voir Israël terminer en première position

Depuis, plusieurs joueurs israéliens ont brillé dans leurs clubs respectifs dans le monde. On peut penser au gardien de but Dudu Aouate, à Mordechai Spiegler (plus grand buteur avec l’équipe nationale avec 33 buts), Giyora Spiegel, Yossi Benayoun (102 participations avec l’équipe nationale), Eyal Bercovic, Haim Revivo, Éli Ohana, Tal Ben Haim, Tomer Hemed, Elyaniv Barda, Nir Bitton, Eran Zahavi, etc. Parmi les autres clubs israéliens, mentionnons le Beitar de Jérusalem, l’un des clubs les plus populaires, mais aussi le plus controversé d’Israël3, et des clubs issus davantage des régions comme Hapoel Beer Sheva et Kiriat Shmona qui ont, non seulement déjà remporté le championnat national, mais représenté Israël dans les tournois européens. On s’explique mal toutefois le manque de stabilité de l’équipe nationale qui n’arrive pas à briller alors qu’elle possède un bassin de joueurs de bonne qualité. Peut-être faudrait-il, comme toute bonne équipe gagnante, les deux ingrédients suivants pour assurer la victoire : une plus grande chimie et cohésion entre les joueurs en les combinant à un entraîneur qui installe un système de jeu et des objectifs précis. En s’inspirant des grandes nations du football, une philosophie de gagnant n’est pas juste la somme de ses joueurs, c’est la dynamique et la force mentale qui rejoignent le même objectif, la victoire à tout prix. Aujourd’hui le défi de l’équipe israélienne est sa participation à la coupe d’Europe des Nations en 2020 ainsi qu’à la prochaine coupe du monde en 2022 au Qatar. Enfin, relevons la belle performance des jeunes espoirs en 2013 au Championnat d’Europe des moins de 21 ans qui a eulieu en Israël. Après une défaite en finale contre l’Italie, Israël a battu l’Angleterre, et a fini à la troisième place, ce qui laisse présager, espérons-le, un futur prometteur.

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« Toute proportion gardée, Israël plus préoccupé par sa survie dans un environnement hostile a tout de même réalisé de merveilleuses performances sportives, le meilleur est encore à venir »

Basketball : les jeunes prodiges, ça promet! Extrêmement populaire en Israël, son équipe nationale des moins de 20 ans vient de remporter pour la première fois de son histoire le Championnat d’Europe de l’été 2018. Des victoires imposantes contre la France en demi-finale, 83 à 57, et la finale pour la médaille d’or contre la Croatie avec un score de 80 à 66. Derrière ce grand succès, il y a le joueur vedette de 17 ans, Deni Avidja avec son 2,05 mètres et ses habiletés hors du commun. Refusant des propositions de grandes équipes universitaires américaines comme Duke et Michigan, il préfère jouer pour le plus grand club du pays, le Maccabi Tel-Aviv. Selon les grands experts de la NBA (National Basketball Association), Deni est un candidat qui pourra compter parmi la crème de la crème des joueurs et est déjà considéré comme le meilleur joueur de toute l’Europe. En 1952, Israël participe pour la première fois aux Jeux olympiques et se classe 20e sur 23 nations. Toutefois en 1953 à Moscou, Israël fait ses débuts de manière respectable avec 7 victoires et 4 défaites. En 1979, l’équipe nationale obtient sa première médaille d’argent suivie du championnat mondial (FIBA) en 1986 où elle termine 7e sur 24 pays. Dans les jeux asiatiques, Israël brille avec des performances en terminant premier en 1966 et en 1974, deuxième en 1970 et est en compétition avec l’Iran qu’elle bat 97 à 55 en 1966. Refusant de jouer contre Israël, le Liban et l’Égypte déclarent alors forfait. Mais en 2017, Israël termine 21e sur 24 pays européens (Eurobasket). Quand on inclut l’équipe des moins de 20 ans avec sa merveilleuse performance en 2018, on ne peut que se projeter vers un monde plein d’espoir pour le futur de ce grand sport national. En ce qui a trait aux clubs israéliens et leur représentation dans le monde, les performances sont plus solides, voire exceptionnelles pour ce petit pays. Fondé en 1932, le club Maccabi Tel-Aviv est le club le plus décoré du pays en ayant été 43 fois vainqueurs de la Coupe d’Israël. Il est de surcroît le plus primé également des clubs israéliens au sein de la Ligue européenne en ayant gagné à six reprises. Ce qui fait de ce club, le plus grand ambassadeur du sport professionnel d’Israël à travers le monde. Sous la direction de leur meilleur joueur Tal Brody, et malgré les tensions politiques avec l’ex-URSS dans les années 70, Maccabi réussit, envers et contre tout, à battre en finale le club et favori de la compétition, le CSKA de Moscou. Je me rappelle encore aujourd’hui d’avoir suivi personnellement les grandes victoires lors des finales contre le Réal Madrid et le club italien Mobilgirgi Varese. Aujourd’hui encore, Maccabi Tel Aviv est et reste le club à battre autant en Israël qu’en Europe.

Quelques réalisations mondiales dans les Jeux olympiques En judo, dans le cadre des Jeux olympiques, Israël se démarque en ayant gagné en 1992, à Barcelone, sa première médaille d’argent avec Yael Arad suivi d’une médaille de bronze pour Oren Smadja. En 2004 à Athènes, dans cette même discipline, Ariel Zeevi remporte la médaille de bronze et Gal Fridman obtient la seule et unique médaille d’or dans la discipline de la voile. En 2016 à Rio de Janeiro, Or Sasson décroche, en judo, la médaille de bronze contre un Égyptien qui refuse de lui serrer la main. On ne peut, en la matière, passer outre le massacre de onze athlètes israéliens à Munich par des terroristes palestiniens en 1972. Durant ces mêmes jeux, Mark Spitz un juif américain fracasse les records mondiaux de natation avec 7 médailles d’or. Plus jeune, à l’âge de 15 ans, il avait participé aux jeux des Maccabiades en Israël en 1965 où il remporta 4 médailles d’or. Rappelons que la première édition des Maccabiades a été inaugurée en 1932 avec 390 athlètes juifs du monde entier. Aujourd’hui, ces Jeux olympiques regroupant les juifs de partout au monde en Israël mobilisent plus de 7 500 athlètes juifs, une aventure exemplaire de sport et de solidarité. Toute proportion gardée, Israël plus préoccupé par sa survie dans un environnement hostile a tout de même réalisé de merveilleuses performances sportives, le meilleur est encore à venir.

1 Voir www.amnonsuissa.com 2 Par exemple, en août 2018, la jeune israélienne Linoy Ashram a récolté

2 médailles d’or et une de bronze lors de la coupe du monde de gymnastique rythmique à Minsk. 3 Fondé en 1936, le Beitar est réputé pour n’avoir jamais intégré dans son équipe de joueur arabe sauf durant la saison 2012/2013 où l’oligarque et propriétaire russo-israélien du Beitar engagea pour la saison deux Tchétchènes musulmans. Ce contexte créa un tollé chez les fans purs et durs et un film documentaire de « Forever pure (Tehora Laad) » dénote cette attitude discriminative et le rapport paradoxal entre identité sportive et politique. Pour avoir dépeint le problème de manière constructive, ce film disponible sur Netflix a reçu un prix Emmy qui a été remis dernièrement à la jeune réalisatrice israélienne Maya Zinshtein (Zurich Flim Festival). Aujourd’hui, le nouveau propriétaire conçoit tout à fait normalement l’inclusion de joueurs arabes et musulmans si l’occasion se présentait.

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Israël – Québec, influences et échanges culturels

Annie Ousset-Krief

Par Annie Ousset-Krief

Annie Ousset-Krief était maître de conférences en civilisation américaine à l’Université Sorbonne Nouvelle à Paris. Elle réside maintenant à Montréal. Dans cet article, elle nous montre les échanges artistiques prolifiques entre le Québec et Israël.

Israël et le Québec ont établi des relations privilégiées depuis longtemps. Ainsi, le 11 décembre 2007, le Consul général d’Israël, Yoram Elron, et la ministre des Relations internationales, Monique Gagnon-Tremblay, signèrent l’Entente de coopération entre les gouvernements du Québec et d’Israël : c’était le renouvellement et l’élargissement d’une entente déjà conclue en 1997 qui s’appliquaient aux domaines commerciaux, scientifiques, et culturels. Les ententes bilatérales entre villes viennent renforcer la coopération : par exemple, une « Entente d’amitié et de coopération entre Tel-Aviv et Montréal » fut signée en octobre 20161. Le Centre consultatif des relations juives et israéliennes (CIJA) a joué un rôle important dans l’élaboration de partenariats. Le consulat israélien à Montréal joue un rôle primordial dans ces échanges. Jonathan Burnham, le jeune et dynamique directeur des affaires culturelles du consulat depuis trois ans, revient sur les multiples projets aboutis et en cours. Sa mission est, me dit-il, de « faire connaître la culture israélienne sous toutes ses formes ». Son rôle consiste, entre autres, à inviter des artistes israéliens au Québec, à faire connaître ici la culture israélienne et à faciliter les contacts entre artistes, amorçant des projets en collaboration. Il organise également des missions pour des Québécois en Israël, financées partiellement grâce à l’entente entre les gouvernements québécois et israélien. Le cinéma est au cœur des échanges artistiques. Il existe une entente de coproduction cinématographique entre Israël et le Canada depuis les années 1980 et Jonathan Burnham entend s’appuyer sur cette entente pour bâtir des projets, en particulier en lien avec le Festival international du Film de Haïfa. Ce Festival, qui se tient chaque année à l’automne depuis 1983, est une référence dans le monde du 7e art. Le film « Tel Aviv on Fire » réalisé par Sameh Zoabi, qui a emporté la compétition à Haïfa dans la catégorie Longs métrages, a été d’ailleurs présenté en octobre de cette année au Festival du nouveau cinéma (FNC) de Montréal. Le Consulat est partenaire de ce Festival montréalais depuis longtemps, car l’une de ses missions culturelles est de toucher un public plus large. Cette année, le Consulat a fait venir cinq réalisateurs israéliens de courts métrages de réalité virtuelle : Amir Feldman, Eran Shapira, Yair Agmon, Netalie Braun et Nimrod Shapira ont pu présenter leurs films devant le public nombreux du FNC. Le réalisateur israélien porteur du projet de coopération avec le FNC, Tal Michael Haring, a souligné l’importance de l’événement, qui a permis des prises de contact avec des responsables canadiens de l’industrie cinématographique et d’établir des liens avec l’Office national du film du Canada (ONF) et le Canada Media Fund (Fonds des médias du Canada).

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Le Festival du Cinéma israélien de Montréal (FCIM) est un moment important dans le calendrier de l’art israélien à Montréal2. Il est organisé par la Communauté Sépharade Unifiée du Québec (CSUQ) et se déroule depuis deux ans dans des salles du centre-ville. Ce changement de lieux a permis d’accroître la visibilité du festival et d’élargir son public. Son comité est présidé par Chantal et Gérard Buzaglo. Le festival rassemble chaque année depuis treize ans des milliers de cinéphiles impatients de visionner le meilleur du cinéma israélien. Une douzaine de longs métrages et autant de courts métrages sont présentés « en première » à Montréal et souvent exclusivement dans le cadre du FCIM. La plupart ont déjà été primés en Israël ou à l’étranger. Des acteurs et réalisateurs israéliens viennent ici présenter leur production. Cette année, l’ancien ministre Bernard Landry était le président d’honneur de ce festival unanimement salué pour sa qualité3. Depuis neuf ans, le FCIM est aussi l’occasion de décerner le prix de la Fondation de Jérusalem du Canada4 à de jeunes étudiants en cinéma, réalisateurs de courts métrages, après une compétition organisée dans plusieurs écoles de cinéma en Israël. Les lauréats de 2018 étaient Einat Gaulan (Sam Spiegel Film and Television School), pour son film Next Stop, et Boris Haimov (Bezalel Academy of Arts and Design), pour son film Parallels. Le prix leur a été remis lors de la cérémonie d’ouverture et leurs films ont été projetés lors du festival5. Dans le domaine artistique, la danse occupe une place de choix. Jonathan Burnham inclut dans ses projets un soutien à la danse contemporaine. Il m’explique qu’aujourd’hui, on considère que tout ce qui compte dans le domaine de la danse se crée dans le triangle Tel-Aviv – Berlin – Bruxelles. Tel-Aviv a lancé il y a 23 ans l’International Exposure, un programme financé par le ministère des Affaires étrangères et le ministère de la Culture, qui est une plate-forme essentielle pour la danse. Tel-Aviv accueille et prend en charge financièrement des directeurs étrangers qui feront directement l’expérience de la danse israélienne. Cette année Marie-Hélène Julien, directrice générale adjointe du Groupe Danse Partout pour La Rotonde, à Québec, Dena Davida, cofondatrice de la compagnie Tangente, et Stéphane Labbé, directeur général et artistique de Tangente ont été choisis pour faire le voyage en Israël. Généralement, les participants reviennent avec des idées de spectacles. La biennale du CINARS, Conférence Internationale des Arts de la Scène6, qui se tient en novembre, a d’ailleurs accueilli quatre chorégraphes et le directeur artistique de la compagnie de danse c.a.t.a.m.o.n de Jérusalem qui travaille avec la compagnie montréalaise Tangente. Depuis quelques années, la Batsheva Dance Company est le meilleur ambassadeur de la culture israélienne. Sous la houlette du chorégraphe Ohad Naharin depuis 1990, cette compagnie se produit dans le monde


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xxxxxx Ohed Naharin

entier et rencontre un succès exceptionnel. Elle s’est déjà produite trois fois à Montréal (dernière tournée en 2017) et sera de retour en 2019. Les Grands Ballets canadiens ont acheté les droits d’un spectacle de la Batsheva, « Minus One », et l’ont présenté en mars 2017. Ohad Naharin était resté quelques semaines avec les Grands Ballets pour les coacher. Comme le souligne Jonathan Burnham, la danse israélienne a été réellement mise à l’honneur – c’est une véritable force culturelle du pays. Ohad Naharin a révolutionné l’approche chorégraphique en créant une méthode spécifique, la méthode Gaga, un langage gestuel qui vise à libérer le mouvement et à redonner au corps sa spontanéité et son énergie. D’abord conçue pour les danseurs de sa troupe, il a mis au point une formation destinée à des danseurs professionnels qui l’enseigneraient eux-mêmes à d’autres. Ainsi Laura Toma7 dirige un atelier Gaga à Montréal depuis cinq ans. Elle a été la première professeure certifiée au Canada – ils sont deux aujourd’hui, bientôt trois. Venus de tous les pays, les étudiants sélectionnés pour enseigner la méthode Gaga, reçoivent pendant un an à Tel-Aviv les enseignements des danseurs de la Batsheva et d’Ohad Naharin lui-même. Laura Toma m’explique à quel point sa pratique chorégraphique en a été transformée et loue la richesse culturelle de Tel-Aviv, une ville de possibilités, de liberté, où chacun s’assume et s’affirme. Le « hub » israélien, avec cette effervescence artistique, n’a pas son équivalent au Canada. Grâce à la formation de ces enseignants, Ohad Naharin parvient à transmettre sa technique et sa philosophie de la danse hors des frontières d’Israël. Laura Toma, ici à Montréal, est un vecteur d’une transmission culturelle particulièrement signifiante8. Le gouvernement israélien mise également sur la musique, avec des festivals consacrés au jazz et à la musique rock : c’est l’International Music Showcase Festival, qui permet d’introduire la musique israélienne aux représentants de l’industrie de la musique dans le monde. L’un des directeurs du Festival international de Jazz de Montréal a été ainsi invité en Israël. Le Festival international de Jazz de Montréal est l’un des plus grands partenariats entre le Consulat et la ville. Cette année, par exemple, deux artistes israéliens étaient au programme du Festival : le guitariste Gilad Hekselman et le pianiste Shai Maestro. Le consulat a aussi commandité le concert du Guy Mintus Trio à l’Upstairs Jazz Bar. Dans le domaine de la littérature, la collaboration est importante et précieuse. Le Consulat travaille étroitement avec le festival Metropolis Bleu qui se tient en avril-mai à Montréal. Des auteurs majeurs, comme le poète Amir Or9, Ruby Namdar10, ou Ayelet Gundar-Goshen11, ont donné lectures de leurs œuvres et conférences.

Le Festival Sefarad de Montréal, sous la présidence actuelle de Dave Dadoun, est l’un des moments phares de la vie culturelle de la communauté juive francophone, et aussi un événement artistique important dans la cité montréalaise. Organisé depuis trente-huit ans par la CSUQ, le Festival est aussi une vitrine pour la culture israélienne. Le spectacle d’ouverture de cette année 2018 a vu se produire le musicien et acteur israélien Tsahi Halevi, qui a notamment joué dans la série Fauda, et s’est achevé sur un concert de musique arabo-andalouse, avec la chanteuse israélienne Neta Elkayam et la chanteuse marocaine Abir El Abed12. À travers l’ensemble des échanges, la culture israélienne est très présente à Montréal13. « La culture est l’une de nos meilleures vitrines », affirme Jonathan Burnham, qui a commencé à travailler sous le précédent Consul général d’Israël, Ziv Nevo Kulman, et œuvre actuellement sous l’égide de David Levy. Ces dernières décennies, Israël a acquis une place prééminente dans les domaines scientifique et technologique. Aujourd’hui, son rayonnement culturel ne cesse de croître. Montréal, métropole remarquable par son effervescence artistique, multiplie projets et collaborations avec Israël. Cette inflexion vers encore plus de coopération ne peut qu’être saluée par tous les amoureux d’Israël et du Québec.

1 Entente d’amitié et de coopération entre Tel-Aviv et Montréal, article 4.

https://archivesdemontreal.ica-atom.org . Voir également, David Ouellette, « Israël a 70 ans : des relations plus étroites que jamais entre le Canada, le Québec et Israël », LVS, septembre 2017. 2 Voir http://fcim.ca/ 3 Voir FCIM, LVS, septembre 2018 p. 54 et Sylvie Halpern, « Une si belle histoire d’amour israélienne », LVS, Sept 2017, p. 58-59. 4 La Fondation de Jérusalem du Canada se définit comme « une organisation indépendante apolitique dédiée à la collecte de fonds pour Jérusalem, ville unique et sainte ». https://www.jerusalemfoudation.org 5 Fcim.ca/short-films/ 6 Le CINARS est un organisme québécois de services dédié au soutien des arts. 7 Laura Toma, École de danse contemporaine de Montréal. https://www.edcm.ca/fr/lecole/equipe/laura-toma 8 Voir aussi le documentaire de Tomer & Barak Heymann, Mister Gaga, Israël (2015) diffusé par le FCIM en 2017 : http://fcim.ca/en/events/120/mister-gaga-fr/ 9 Amir Or, auteur de Le musée du temps, éditions de L’Amandier, janvier 2014. 10 Ruby Namdar, auteur de La maison de ruines (Belfond, septembre 2018). Conférence donnée au Musée du Montréal Juif, le 28 avril 2018. 11 « Hear the desert roar - a revealing journey through Israel's backyard », conférence donnée le 22 avril 2018 à La Jewish Public Library. 12 Festivalsefarad.ca/ 13 Nous n’avons pas couvert dans le cadre de cet article le domaine des arts plastiques et du théâtre. Signalons toutefois des projets de coopérations avec des directeurs de festivals de théâtre.

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Israël, le laboratoire du mieux-vivre ensemble

Sylvie Halpern

Par Sylvie Halpern

Sylvie Halpern a été toute sa vie journaliste en presse magazine. Elle a créé Mémoire vive, une entreprise de rédaction d’histoires de vie en publication privée. Voilà déjà deux belles trouvailles israéliennes dans le domaine du sport, du chant et de la mémoire, mais il y aurait facilement pu en avoir 67 autres ! Car des Israéliens ont aussi l’art d’inventer de meilleures façons de se rapprocher. Et elles inspirent le monde entier.

Mamanet ou quand les mères s’amusent ensemble Elle avait l’air radieuse, Ofra Abramovich, quand au printemps dernier, elle est venue d’Israël donner au Y (YM-YWHA) le coup d’envoi de la nouvelle antenne montréalaise de Mamanet! Il faut dire que si ce jeu social d’un autre type connaît ici le même succès qu’en Israël, il y a fort à parier qu’on en entende parler dans les chroniques sportives québécoises. Car on le sait toutes : c’est merveilleux d’être une mère, mais ce n’est pas facile tous les jours ! Les repas, les devoirs, les douches, le mari (la belle-mère), les activités des enfants, toutes les obligations… Faux ! dit Ofra Abramovich : « Quand on veut vraiment trouver du temps pour soi, on le trouve ! » Pourtant heureuse, à Kfar Saba, dans sa vie de « mère débordée » au foyer, elle a vu la lumière il y a 13 ans, un soir où elle accompagnait une de ses filles à son cours de danse : « Une maman m’a proposé de l’accompagner à une partie de « cachibol ». Évidemment, j’ai refusé – cachi-quoi ? Je n’avais vraiment pas le temps pour ça ! » Mais quand Ofra a quand même fini par aller voir, elle a adoré. Tout : sentir son corps et jouer tout simplement, sans esprit de compétition, partager une heure de plaisir et se retrouver en équipe comme quand elle avait 16 ans. Échanger, sefaire de nouvelles copines – des femmes qui habitaient à 100 mètres de chez elle et à qui elle n’avait jamais parlé. Sortir de son traintrain et rire ! « Alors moi, une mère lambda, je me suis dit que beaucoup de femmes aimeraient ça ! » 28

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Bien vu. Car aujourd’hui, dans 1 400 équipes d’Israël où le cachibol est devenu le plus gros sport amateur féminin, elles sont plus de 16 000 « mères débordées » à faire partie de MAMANET – une appellation astucieuse qui fait autant allusion aux mères qu’au filet de volleyball qu’au réseautage. Au début, à Kfar Saba, elles étaient une poignée à se retrouver le dimanche pour ces parties de volleyball d’un nouveau type où, contrairement aux règles traditionnelles, les joueuses peuvent tout à fait rattraper le ballon avant de le relancer à leur tour. Du coup, pas besoin d’être une athlète : les petites, les grosses, les sportives comme les plus intellectuelles peuvent s’en donner à cœur joie dans ces joutes amicales de six contre six où le score final compte moins que le plaisir de se faire du bien et de passer un bon moment ensemble. À sa création en 2005, Mamanet était réservé aux mères, aujourd’hui la ligue s’est ouverte à toutes les femmes de plus de 30 ans : « Aucune importance qui gagne, qui perd, dit Ofra. Après la partie, on danse et on rit ensemble, l’ambiance n’a rien à voir avec celle du sport professionnel ! »1. Le cachibol de Mamanet est maintenant reconnu par la Fédération internationale du sport amateur. Mais le coup de génie d’Ofra a été de lier son réseau à celui des écoles où les mères se côtoient rarement, en dehors des présentations de début d’année et des voyages de classe de la fin. Si toutes les joueuses portent le même T-shirt, c’est chacune à l’effigie de l’école de ses enfants. Aujourd’hui, à travers tout Israël, les écoles – arabes, bédouines ou orthodoxes comprises – soutiennent fièrement leur équipe. Et, première pour un sport uniquement pratiqué par des femmes, une quinzaine de pays ont repris l’idée : aussi loin qu’en Inde, en Italie, aux Pays-Bas, en Suisse, à Chypre, en Autriche, en Espagne ou aux États-Unis, des mères s’affrontent joyeusement sur le terrain, sous les vivats de leur progéniture et de leurs maris. « Les mères, c’est bien connu, dit Ofra, ce sont les meilleurs supporters, celles qui encouragent leurs champions qui doutent, qui les accompagnent religieusement aux entraînements, qui portent leurs sacs et ne manquent pas un seul de leurs matchs. Et si c’était elles les super-athlètes à bichonner, celles devant qui tout le monde fait la ola ? Pour une fois, c’est nous les stars à féliciter ! Et non seulement ça nous apporte un plus dans nos vies de mères, mais ça rejaillit sur toute la famille, sur toute la communauté alentour ! Car c’est une chose d’être vautrée sur le canapé et d’insister pour que les enfants délaissent leur console et aillent faire du sport. C’en est une autre de leur servir de modèle en leur montrant l’exemple – un rôle habituellement dévolu aux pères. Un exemple de dépassement et d’engagement qui va bien plus loin que la tension des muscles au gymnase. Au fond, Mamanet est plus qu’une activité sportive, c’est un état d’esprit, presque une philosophie de vie. Et la conviction qu’à l’heure du village global, on peut améliorer son quotidien et celui des autres en se connaissant, en communiquant, et en jouant ensemble… Du coup, gagnant du terrain, Mamanet est devenu un Facebook non virtuel. Et un véritable outil


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« Au fond, Mamanet est plus qu’une activité sportive, c’est un état d’esprit, presque une philosophie de vie  »

d’intervention sociale. En Israël, les membres accueillent des enfants en difficulté, jouent dans les prisons ou des foyers pour femmes battues. Font se rencontrer Juives et Palestiniennes pour se démystifier les unes les autres. Tout comme par exemple en Autriche où Mamanet a réuni dans la même ligue, locales et Syriennes réfugiées pour qu’elles apprennent à se regarder d’un œil différent. C’est cet état d’esprit qui, en première canadienne, a commencé à gagner Montréal2. Déjà pendant tout l’automne, des rencontres libres ont attiré un dimanche soir sur deux au Y des joueuses de plus en plus nombreuses. À l’invitation du Consulat d’Israël, Ofra Abramovich est revenue faire son tour début novembre, sérieusement flanquée cette fois de deux entraîneurs israéliens chargés d’en former d’autres ici. Et en janvier prochain, tout sera bien en place pour former une première ligue québécoise dont Mamanet espère bien qu’elle suscitera des émules dans les écoles – juives comme non juives – de la province. KOOLULAM ou l’émotion musicale en partage Créer du lien, de la fraternité, du vivre-ensemble. Partager des moments forts ! C’est exactement aussi ce que fait KOOLULAM, le nouveau phénomène qu’Israël connaît depuis deux ans et qui, abondamment relayé par les réseaux sociaux, est en train de séduire la planète. Ici, pas question de sport, on parle musique ! Chaque occasion chargée d’émotion et bien ciblée est bonne – comme le jour de la commémoration de la Shoah ou au printemps dernier, les célébrations entourant le 70e anniversaire de l’État. Et devient un formidable prétexte pour réunir en un rien de temps des milliers de personnes qui ne se connaissent pas et les faire chanter ensemble. Car les participants à ces vastes chorales improvisées arrivent de tous les horizons – hommes, femmes, enfants, jeunes ou vieux – et ont en règle générale moins d’une heure pour apprendre le morceau choisi. Et quand on regarde attentivement les vidéos qui en sont captées sur Internet, qu’on voit tous ces visages graves ou radieux, on est ému jusqu’à vouloir faire aller, comme eux, sa propre voix le plus loin possible. Avec autant de ferveur qu’une prière3. Une bonne chanson partagée dans les bonnes circonstances peut facilement mener à la communion. Alors pourquoi ne pas rassembler des milliers d’inconnus et entendre s’élancer sur tous les tons la voix de la condition humaine? C’est sans doute ce que se sont dit il y a deux

ans à Jérusalem Or Taicher, Michal Shahaf Schneiderman et Ben Yefet, les trois fondateurs de Koolulam. En un rien de temps, la mayonnaise a pris et le pari fou de faire chanter avec le minimum de préparation – donc le maximum d’authenticité – des gens qui ne se connaissent ni d’Ève ni d’Adam – a formidablement réussi. Il suffit maintenant que Koolulam – une combinaison réussie des trois mots hébraïques koolam (chacun), kol (la voix) et olam (le monde) – cible un événement et l’annonce sur ses réseaux pour qu’en quelques minutes, tous les billets de participation à la chorale soient vendus (pour moins de 40 shekels, soit environ 15 $ canadiens). Ainsi, pour Yom Haatzmaout, l’anniversaire d’Israël, sa journée d’indépendance, les organisateurs ont réussi à faire surgir en un rien de temps à Tel-Aviv leur plus gros concert improvisé : quelque 12 000 chanteurs spontanés ont interprété Al Kol Eleh (Pour toutes ces choses), une chanson-culte pour tous les Israéliens composée par Naomie Shemer4… Et à l’événement que Koolulam a organisé pour Yom Hashoah (journée commémorative de l’Holocauste) – de concert avec Zicharon BaSalon, La mémoire dans le salon, une autre initiative israélienne5 – ce sont des survivants accompagnés de leurs enfants et de leurs petits-enfants qui ont chanté ensemble Ani Od Chai (Je suis toujours vivant) au Centre Beit Avi Chai de Jérusalem. Peu importe, à la limite, que les participants chantent bien ou pas. L’idée n’est pas de découvrir des vedettes, mais de ne plus faire qu’un. Parce qu’ils livrent tous les jours le même combat, Koolulam a par exemple rassemblé dans un même élan les médecins, les infirmières, les patients et leurs familles du plus gros hôpital d’Israël, l’hôpital pour enfants Shneider de Petah Tikva. Et dans le port de Haïfa, en février dernier, ses organisateurs ont fait entonner à 3 000 participants juifs, chrétiens et musulmans, One Day du chanteur hassidique reggae Matishyahou… Un choix réussi qui souligne à quel point la chanson retenue est essentielle. Non seulement parce qu’il faut la réorchestrer pour faire alterner trois groupes de voix, mais pour qu’elle fasse vibrer tout le monde. La voix de Koolulam commence déjà à porter jusqu’à Montréal. Le 17 mai dernier, près de 400 personnes se sont réunies en primeur à la synagogue Beth Tikvah de Dollard-des-Ormeaux. Comme en Israël, ils ont eu à peine plus d’une demi-heure pour apprendre les paroles de la chanson Hallelujah. Mais leurs visages radieux qui circulent maintenant sur YouTube en disent bien plus long que tous les mots.

1 Pour avoir une meilleure idée de ce à quoi ressemble le cachibol, voir la vidéo : https://youtu.be/zOwDBZqBGvQ; CBerlin@ymywha.com 2 Pour jouer – et créer du lien ! -, il vous suffit de contacter Carly Berlin au Y : 514 737-6551, poste 215 ou cberlin@ymywha.com. Nous remercions Julie Cohen-Bacri d’avoir attiré

notre attention sur la création de Mamanet à Montréal. 3 Regardez par exemple https://youtu.be/TZzK29_V8jQ 4 Voir https://youtu.be/oxzR9Z-kG6Q 5 Initiée en 2010 par une jeune entrepreneure sociale israélienne, Adi Altschuler, cette initiative réunie pour Yom Hashoah des milliers de personnes qui se rassemblent par

petits groupes dans des maisons privées. Non seulement en Israël, mais aux États-Unis, en Angleterre, en Allemagne ou au Kenya. Ils parlent, questionnent, lisent un poème, chantent ou prient. Et écoutent surtout attentivement, humainement – de la bouche à l’oreille, de toi à moi – un témoignage sur cette époque maudite.

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DOSSIER SPÉCIAL

ISRAËL FÊTE SES 70 ANS

Enjeux et conséquences de la loi de l’« État-nation juif » :

les points de vue des politologues israéliens Denis Charbit et Emmanuel Navon.

ELIAS LEVY

Par Elias Levy

La loi dite de l’« État-nation juif », adoptée par la Knesset le 19 juillet dernier, continue de susciter de vives controverses en Israël. Cette législation est-elle « raciste » et « discriminatoire », comme l’affirment les Arabes d’Israël et ses autres contestataires ? Deux politologues israéliens chevronnés, Denis Charbit, professeur à l’Open University d’Israël, et Emmanuel Navon, professeur à l’Université de Tel-Aviv et au Centre interdisciplinaire Herzliya, nous ont donné leurs points de vue différents sur cette loi décriée.

Quel regard portez-vous sur la loi de l’ « État-nation juif » ? Denis Charbit : Pour moi, le problème majeur de cette loi est qu’elle ne met l’emphase que sur l’État du peuple juif. Or, Israël repose sur deux piliers : un État juif et un État démocratique. Il n’y a pas d’État démocratique sans État juif, et il n’y a pas d’État juif sans démocratie. Là, vous avez une loi fondamentale*, qui aborde frontalement la question complexe de l’identité d’Israël, dans laquelle seul l’État juif est mentionné et où les notions de démocratie et d’égalité n’apparaissent pas. C’est ce qui a troublé un grand nombre d’Israéliens. Pour moi, le vice de cette loi réside dans cette omission. De surcroît, pour la première fois dans la législation d’Israël, on promulgue un texte fondamental qui établit explicitement une hiérarchie entre les Juifs et les non-Juifs. Bien entendu que cette hiérarchie existe de fait, quand vous avez 80 % des Israéliens qui sont Juifs et parlent l’hébreu et 20 % de la population qui sont Arabes et parlent l’arabe palestinien. Mais, jusqu’ici, parce qu’Israël est une démocratie, cette hiérarchie n’apparaissait dans aucune loi. Emmanuel Navon : Cette loi n’est pas tombée de la dernière pluie ! Son adoption répond concrètement à une question fondamentale qui se posait jusqu’ici avec acuité : pourquoi, depuis 70 ans, Israël n’a pas une constitution écrite ? Il est vrai qu’il y a des lois fondamentales* qui font office de constitution, sauf que celles-ci n’étaient pas complètes. La Cour suprême d’Israël a conféré un statut constitutionnel à ces lois fondamentales. Mais quand on compare ce que couvrent ces lois fondamentales et ce que couvre en général une constitution, on s’aperçoit vite qu’il manquait à ces législations de nombreux éléments. La loi de l’« État-nation juif » est venue remplacer ce vide. Par ailleurs, ceux qui fustigent cette nouvelle loi en la qualifiant sans ambages de « législation d’extrême droite » sont totalement dans l’erreur. Ce n’est certainement pas une position d’extrême droite d’affirmer que l’hébreu est la langue officielle d’Israël, que le drapeau national porte comme emblème l’étoile de David et que le Shabbat est le jour hebdomadaire de repos national. La plupart des constitutions de pays souverains réaffirment la primauté des principaux symboles nationaux. Un des articles les plus controversés de cette loi est celui ayant trait au « statut spécial » conféré à la langue arabe. D. Charbit : Légalement, l’arabe avait la même importance que l’hébreu. C’était une langue officielle d’Israël non en vertu d’une loi 30

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votée par la Knesset après 1949, mais parce que lors de la création de l’État d’Israël, David Ben Gourion a adopté toutes les dispositions du mandat britannique, à l’exception de deux qui ont été abolies : l’interdiction aux Juifs d’émigrer en Palestine et le statut de l’anglais, qui, avant la fondation d’Israël, était, avec l’arabe et l’hébreu, l’une des trois langues officielles. C’était une mesure honorant l’arabe, alors même qu’elle était une langue minoritaire, que l’État d'Israël a respectée et n’a jamais remise en cause. La nouvelle loi confère désormais un « statut spécial » à la langue arabe. Dans notre histoire, des pouvoirs qui se sont targués de promulguer des « statuts spéciaux » pour les Juifs rappellent des souvenirs de sinistre mémoire. Donner un « statut particulier » à l’arabe parce que ce n’est pas la langue de la majorité, ça me fait frémir! Benyamin Netanyahou prétend qu’il y a beaucoup de pays qui ont décrété une seule langue officielle, alors qu’on y parle plusieurs langues. Il a raison. Mais, à ma connaissance, c’est la première fois qu’un pays ayant deux langues officielles décide de reléguer l’une d’elles à un statut inférieur. Je suis inquiet, car cette nouvelle disposition, même si elle ne change rien dans les faits, est une manière de faire comprendre aux Arabes israéliens que leur sort dépend désormais de la volonté de la majorité juive. Aujourd'hui, c’est leur langue qui est mise en cause; demain, ce sera autre chose, la religion, leurs droits politiques... Cela est nuisible à la coexistence entre les deux communautés, et c’est surtout moralement détestable. E. Navon : L’arabe n’a jamais été une langue officielle en Israël. Donc, elle n’a pas perdu son statut officiel. Sous le droit mandataire britannique, il y avait trois langues officielles : l’anglais, l’arabe et l’hébreu. Le conseil provisoire de l’État d’Israël, après l’indépendance en 1948, a statué que le droit mandataire britannique continuerait de s’appliquer tant qu’il ne serait pas remplacé par une législation israélienne. Quelques années plus tard, la législation israélienne en matière de langues a conféré à la langue arabe un statut particulier, mais pas officiel. La Cour suprême d’Israël a obligé des villes et des localités à utiliser l’arabe sur les signes de circulation et dans l’administration publique, mais ce même tribunal a refusé de rendre ses avis juridiques en langue arabe. La loi de l’ « État-nation juif » ne fait que formaliser le fait que l’hébreu est la langue officielle d’Israël et que l’arabe a un statut spécial. L’arabe n’est pas une langue officielle tout simplement parce que contrairement au Canada ou à la Belgique, Israël n’est pas un État binational, mais un État-nation.


ISRAËL FÊTE SES 70 ANS Un autre article très controversé de cette loi, qui a soulevé l’ire des communautés arabe et druze d’Israël : celui définissant le développement de « localités juives » comme une « priorité nationale ». Même le président d’Israël, Reuven Rivlin, pourtant membre du Likoud, a vivement critiqué cette clause juridique. D. Charbit : Dans le projet initial de la loi, qui n’a pas été voté finalement, il y avait une clause qui autorisait toute communauté ethnique ou religieuse à créer des localités conformes à son identité. Finalement, on n’a retenu qu’une clause encourageant la création d’implantations juives dans le pays, celles-ci étant considérées comme une « valeur nationale ». Avec l’adoption de la loi de l’« État-nation juif », la Knesset, appuyée par le gouvernement Netanyahou, déclare : ce qu’on a fait pendant 70 ans concrètement, on le transforme maintenant en loi. Dans la Déclaration d’indépendance d’Israël, il est écrit clairement que le développement du pays se fera au bénéfice de tous sans distinction de sexe, de langue, de religion ou d’ethnie. Il est vrai qu’au cours des 70 dernières années, l’immigration de centaines de milliers de Juifs a incité les gouvernements israéliens successifs à créer près de 700 communes agricoles, villages et villes où des Juifs ont été logés. Pendant cette période, pas une seule ville arabe nouvelle n’a été créée. On voit donc bien que le développement ne s’est pas fait au bénéfice de tous. Or, aujourd’hui, on transforme cette norme, pratiquée depuis plusieurs décennies, en loi. On privilégie légalement le développement de la population juive au détriment des communautés non juives. Imaginez-vous une loi semblable au Canada qui viendrait privilégier la communauté anglophone au détriment de la communauté francophone ? E. Navon : L’article 7 de la loi, auquel s’est opposé vigoureusement le président Reuven Rivlin, stipulait que l’État pouvait permettre à une communauté ethnique ou religieuse de créer des villages. Dans les faits, c’est une réalité qui existe déjà depuis longtemps. En effet, en Israël, il y a des villages druzes, arabes, bédouins… Par exemple, il y a une communauté chrétienne araméenne qui, il y a quelques années, a été reconnue par le gouvernement israélien comme un groupe ethno-religieux. Aujourd’hui, les dirigeants de cette communauté araméenne veulent créer leur propre village. L’article 7 de la loi, qui a été modifié, le permettait. Le président Rivlin s’est opposé à cet article arguant que son application exclurait les communautés non juives. Il se trompe complètement car l’article 7 de la loi permettait aussi l’établissement de nouveaux villages non juifs.

DOSSIER SPÉCIAL

Un bon nombre d’Israéliens, et aussi de Juifs de la Diaspora, notamment aux États-Unis, considèrent l’adoption de la loi de l’« État-nation juif » comme un signe de régression démocratique. Partagezvous ce point de vue ? D. Charbit : Depuis quarante ans que le Likoud est au pouvoir (sauf durant les années 1992-1995 (Rabin) et 1999-2001 (Barak)), la droite a respecté l’évolution libérale de la démocratie israélienne. Ce parti n’était pas toujours satisfait de cette évolution, mais il estimait qu’il y avait un équilibre acceptable entre d’un côté, la politique des implantations en Cisjordanie et à Gaza qu’il favorisait, et d’un autre côté, un Israël beaucoup plus pluraliste et libéral qu’autrefois. Aujourd’hui, le Likoud de Netanyahou est passé à une phase où il entend gagner sur le terrain idéologique. Ce parti est en train d’additionner au clivage traditionnel faucons/colombes, annexion/retrait des Territoires occupés, un nouveau clivage : une démocratie libérale versus une démocratie souverainiste, où l’élément juif sera prédominant. Depuis trois ans, on a au pouvoir un gouvernement résolu à remettre en cause l’évolution démocratique et libérale de l’État d’Israël. E. Navon : Ce qui va concrètement changer avec cette nouvelle loi, c’est la jurisprudence de la Cour suprême d’Israël qui, depuis deux décennies, est un tribunal extrêmement activiste. Depuis la révolution initiée par le juge Aharon Barak au début des années 90, la Cour suprême a étendu ses pouvoirs de façon exponentielle en annulant des lois de la Knesset, en permettant à des organisations non gouvernementales, souvent financées par des gouvernements européens, de se pourvoir en cassation pour tenter d’annuler des lois promulguées par la Knesset. Désormais, avec l’adoption de la loi de l’« État-nation juif », la Cour suprême aura une base constitutionnelle pour préserver les lois et les symboles qui font d’Israël un État-nation et qui, jusque-là, étaient menacés potentiellement à cause de l’activisme juridique de la Cour suprême. Cette nouvelle loi est une législation fondamentale qui manquait dans l’arsenal constitutionnel d’Israël.

* Les lois fondamentales d’Israël sont des textes à caractère constitutionnel adoptés par la Knesset comme chapitres d’une future constitution de l’État d’Israël.

Emmanuel Navon

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coup de projecteur sur nous autres

Yolande Amzallag,

la tradition musicale judéo-marocaine en héritage

Évelyne Abitbol,

une femme à la croisée des cultures Par Annie Ousset-Krief

Elle a vécu dans un univers artistique exceptionnel, qui a ancré en elle l’amour de la musique, de la liturgie et de la poésie. Yolande Amzallag, fille de Samy Elmaghribi (de son vrai nom Salomon Amzallag), traverse la vie, forte de sa culture judéo-marocaine, et allie son métier de traductrice à son travail de transmission de la tradition musicale andalouse – car Samy Elmaghribi laisse un héritage musical considérable, tant comme chanteur populaire (on le surnomme l’Aznavour marocain) que comme hazan, chantre. Yolande Amzallag a baigné dans la musique arabo-andalouse, que Samy Elmaghribi enseignait à tous ses enfants, et elle partage son talent de chanteuse lors de concerts et festivals : elle fut longtemps soliste de la chorale Kinor et se produisit lors de la tournée « Retour aux sources » en 1993 au Maroc, et lors du spectacle « Alger, Alger » au Festival Sefarad de Montréal en 2011. Elle fut à l’affiche de la 5e édition du festival des Andalousies Atlantiques à Essaouira en 2008, dédié à son père décédé quelques mois auparavant. Le conseiller du roi, André Azoulay, honora à titre posthume celui qui fut chanteur à la Cour, par la médaille du mérite national. Yolande Amzallag n’avait que deux ans lorsque sa famille quitta le Maroc pour la France. Et si elle ne vécut que très peu au Maroc, le Maroc était – et est – en elle. La famille émigra quelques années plus tard à Montréal – nouvelle plongée dans un univers entièrement différent, mais qui consolida sa judéité. Même si elle fut associée à quelques enregistrements musicaux de Samy Elmaghribi, et chanta à ses côtés lors de représentations publiques, Yolande Amzallag n’embrassa cependant pas une carrière de musicienne professionnelle – sur les conseils pragmatiques de son père, qui connaissait les difficultés de la vie d’artiste. Elle fit d’abord carrière dans la communication et les relations publiques, au service d’ONG internationales, notamment à Paris, au sein du Congrès juif européen, et à Montréal, à la Fondation canadienne des droits de la personne. Une vie professionnelle riche et fructueuse, que Yolande Amzallag décrit avec une grande modestie. Puis elle passa à la traduction, au sein d’un grand cabinet de traducteurs, et ensuite comme traductrice indépendante. Elle est membre de l’Ordre des Traducteurs et Interprètes du Québec (OTTIAQ), et en a dirigé la revue Circuit. En parallèle à la traduction commerciale, elle a fait des traductions littéraires, qui ont été récompensées par des prix. Elle reçut en 2003 le prix Glassco pour sa traduction de The Ethical Canary, Le canari éthique, de Margaret Somerville (éditions Liber, 2003). Elle participa également à la traduction d’un recueil d’essais sur l’éducation, Le bon prof, de David Solway (éditions Fidès, 2008), ouvrage qui reçut le prix Spirale en 2009. Et elle a cotraduit le dernier livre de Fred Reed, Puis nous n’étions qu’un (éditions Fidès, 2016). Tout un pan de sa vie est consacré à la Fondation Samy Elmaghribi, qu’elle créa il y a quatre ans. Car elle veut transmettre ce que son père a accompli, grâce aux innombrables archives qu’elle possède – mais aussi préserver un univers aujourd’hui disparu, restaurer la place des Juifs dans l’histoire marocaine, et redonner vie au message d’universalité qui imprégnait toute la musique de Samy Elmaghribi : 32

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transcender les frontières et retrouver l’harmonie religieuse et ethnique. Une mission porteuse d’espoir, qui reflète les convictions profondes de Yolande Amzallag et ses valeurs. Ce projet ambitieux et passionnant s’incarnera dans des expositions et des concerts au Canada, aux États-Unis et en Israël – si des financements l’appuient, ce que nous ne pouvons que lui souhaiter. Évelyne Abitbol est passionnée de littérature et de philosophie. Dès le début de notre conversation, elle évoque le philosophe Emmanuel Levinas et le poète surréaliste André Breton, deux sources majeures d’inspiration. Elle a mis au cœur de sa vie son amour de la liberté, et sa curiosité pour les autres cultures l’a conduite à embrasser diverses professions et causes. Liberté, indépendance : ces deux mots caractérisent Évelyne Abitbol et ont été le moteur de toute sa vie. Son histoire commence à Casablanca, où elle vécut jusqu’à l’âge de douze ans : elle garde de ses premières années un attachement profond pour le Maroc – elle a d’ailleurs la citoyenneté de son pays natal, et a participé à de nombreuses entreprises culturelles en collaboration avec le Maroc. Et le Québec est son deuxième port d’attache. Mais elle revendique tout autant son appartenance au judaïsme, et son ascendance sépharade. Évelyne Abitbol est la somme de toutes ces cultures, de cette diversité d’appartenances qui font son identité. Diversité sur le plan carrière également : elle a additionné les formations et les expériences professionnelles. Elle est titulaire d’une maîtrise en technologie et culture (Université Concordia) et d’un baccalauréat en études littéraires (UQAM). Elle a été enseignante de littérature, journaliste pendant une vingtaine d’années pour Radio Canada, le Journal de Montréal, et continue d’écrire pour le Huffington Post. Elle a travaillé en communication et a été notamment directrice des Relations gouvernementales et Affaires publiques pour l’Université Concordia. Elle s’est engagée en politique auprès du Bloc Québécois : elle était l’attachée de presse de Lucien Bouchard, et fut récemment jusqu’en 2018 Conseillère spéciale à la diversité au Cabinet du Chef de l’opposition à l’Assemblée nationale du Québec. Son CV impressionnant illustre sa soif de liberté et d’engagement, qu’elle met au service de causes humanitaires : ainsi, elle a créé en 2015 la Fondation Raif Badawi pour la Liberté (FRBL) qu’elle dirige présentement. Elle s’implique depuis toujours pour le dialogue interculturel – elle reçoit en 2007 un hommage officiel de l’Institut de la Culture sépharade de Montréal en reconnaissance pour « son action inlassable dans le dialogue des cultures ». En 2011, elle reçoit le prix Femmes Arabes du Québec « pour sa contribution exceptionnelle à la société québécoise » dans la catégorie Grande Bénévole et en 2018 le Lys de la diversité (catégorie politique) décerné par Média Mosaïque. Évelyne Abitbol a décidé de prendre sa retraite après les élections d’octobre. Projets d’écriture, de peinture, et de voyages, ses pas l’entraînent vers les pays méditerranéens, vers ses racines…Tout en préservant son ancrage au Québec. Gageons que ce sera une retraite active et toujours aussi engagée, au bénéfice de tous ceux auprès desquels elle œuvre.


coup de projecteur sur nous autres

Et maintenant, notre mini-questionnaire de Proust à la sauce juive et sépharade. Parmi tous les textes de la littérature juive, de la Bible en passant par le Talmud jusqu’aux auteurs contemporains (Albert Cohen, Philippe Roth, Bob Dylan, par exemple) quel est le texte ou l’auteur qui vous inspire et pour quelle raison? Yolande Amzallag : Emmanuel Levinas, pour son élaboration d’une éthique juive fondée sur le respect de l’autre. Évelyne Abitbol  : Léonard Cohen, son parcours spirituel m’a rejointe. J’ai voulu vivre en Grèce, j’y ai passé des mois. Je me suis beaucoup approchée du bouddhisme, puis j’ai refait le chemin inverse et me suis tournée vers la culture universaliste juive. La personnalité du monde juif, tous siècles confondus, qui vous a le plus marquée? Y. A. : Shimon Peres, courageux bâtisseur d’Israël et porteur d’un projet de paix avec ses voisins. E. A. : Emmanuel Levinas. Y a-t-il une citation de la culture juive qui vous viendrait à l’esprit ? Y. A. :  « Ne demande jamais ton chemin à quelqu’un qui le connaît, car tu ne pourrais t’égarer ». Rabbi Nahman de Bratslav (cité par MarcAlain Ouaknine dans Bibliothérapie)

E. A.  : Le Talmud dit que la morale précède la Torah, ce qui signifie que la morale est une condition préalable à la pratique religieuse, et non l’inverse. - « Dina de malkhouta Dina » : la loi du royaume est la loi. C’est une obligation pour un Juif de respecter les lois du pays. Ce qui rejoint ma défense de la laïcité. Quelle est la fête juive qui vous touche particulièrement ? Y. A. : Pessah, à cause de la symbolique de libération, à la fois intérieure et extérieure, à laquelle elle nous rattache. E. A.  : J’hésite entre Hanouka (Fête des lumières) et Rosh Hashana, la Nouvelle Année, pour ce qu’elle offre d’ouverture et de possibilités. Quel est le trait de la culture sépharade que vous mettriez de l’avant ? Y. A. : La joie de vivre, déclinée en une riche palette de sons, couleurs et parfums. E. A.  : L’universalité des multiples cultures qui l’habitent : espagnole, française, arabe… méditerranéenne… Justement, après les nourritures spirituelles, les nourritures terrestres… Quel est votre plat préféré dans la cuisine juive ? Y. A. : Le couscous marocain, celui de ma mère, bien sûr. E. A. : Le poulet aux olives et au citron mariné… avec des mantecaos comme dessert.

Monde juif

Adieu à Francis Weil

David bensoussan

Par David Bensoussan

David Bensoussan est ingénieur, écrivain et blogueur sur Huffingtonpost et Times of Israel, en version française. Ancien Président de la CSUQ, il est notamment récipiendaire du prix Haïm Zafrani (2012).

Le Dr Francis Weil s’est éteint dans son Alsace natale. Il a été l’un des pionniers de l’imagerie médicale en France et a consacré sa retraite à l’étude des textes sacrés des religions monothéistes. Alpiniste chevronné, il n’a jamais reculé devant les défis. Aucune difficulté n’entravera son érudition : écrivain prolifique, il a voulu redéfinir les idées préconçues relatives aux religions dans un langage franc. Fasciné par les Écritures, il a cherché à retrouver un bon sens par l'action heureuse de sa lecture lucide et critique. Son œuvre Juifs et chrétiens, requiem pour un divorce est une analyse des convergences et des divergences qu’ont connu Juifs et chrétiens dans l’histoire. Dans Lettre à un ami chrétien propalestinien, il s’est insurgé contre la stéréotypie des attitudes vis-à-vis du conflit du Moyen-Orient menant à l’aveuglement.

Dans ses ouvrages Le naufrage des religieux, L’intégrisme pour mieux le combattre et Folie du monde et vertige des religions, il s’est attaqué aux radicalismes religieux en faisant appel au simple bon sens. Sa série de recueils des dictionnaires alphabétiques des prophètes, du livre des Psaumes et du Coran facilite grandement l’identification de repères importants. Les perles du Midrash a mis en exergue une sagesse séculaire et généralement méconnue. L’éthique juive en dix paroles est un chef-d’œuvre dont beaucoup d’éducateurs pourraient s’inspirer. Sa franchise et son amour cartésien, éclairé et objectif de la vérité lui ont permis de redonner aux Écritures un sens plus authentique qui est aux sources mêmes de l’humanisme. Ses visites annuelles à Montréal seront regrettées par ses amis et sa famille. MAGAZINE LVS

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CULTURE SÉPHARADE

La littérature maghrébine sépharade au Québec. Entrevue avec le poète Georges Amsellem Par Elias Levy

Nous vous proposons un coup de projecteur sur le poète montréalais Georges Amsellem. Son actualité : sa récente participation à des soirées de poésie, dont une qui s’est tenue à l’UNEQ, la Maison des écrivains québécois, et une autre, parrainée par le Centre culturel marocain, qui a eu pour théâtre le Vieux-Port de Montréal, et l’analyse de son œuvre poétique dans deux livres parus cette année. Najib Redouane et Yvette Bénayoun-Szmidt analysent exhaustivement l’œuvre poétique de Georges Amsellem dans un livre intitulé « Littérature maghrébine sépharade. Voix migrantes au Québec » Tome 2 (Éditions L’Harmattan, 2018). Dans cet ouvrage imposant, les œuvres de seize autres écrivains sépharades québécois sont aussi rigoureusement décryptées    :   Bob Oré Abitbol, Salomon Benbaruk, Serge Ouaknine, Leila Young, Clémence Bendelac-Lévy, Mary Abécassis-Obadia, David Bendayan, David Bensoussan, Pierre Lasry, Raphaël Lévy, Fiby Bensoussan, Yvette Bénayoun-Szmidt, Thérèse Zrihen-Dvir, Jacques Bensimon, Roger Elmoznino et Sylvie Assouline. La Voix Sépharade ne manquera pas de mettre aussi en valeur prochainement ces autres auteurs. Dans son livre « Francophonie québécoise et littérature marocaine migrante » (Éditions L’Harmattan, 2017), l’écrivain et critique littéraire Mostafa Benfares explore aussi l’œuvre poétique de Georges Amsellem. Né en 1947 à Midelt, une petite ville située entre le Haut et le Moyen Atlas, Georges Amsellem est l’auteur de trois recueils de poèmes remarqués, « Le cœur en voyage » (Éditions CIDIHCA, 1999), « Secrets murmurés » (Éditions Elzévir, 2009) et « Nomad’s Land » (Éditions Balagane, 2014). Polyglotte, il parle couramment le français, l’anglais, l’hébreu et l’arabe. Il a écrit des scénarios de films et produit plusieurs longs métrages. Dans sa préface du livre « Le cœur en voyage », le grand poète québécois, feu Gaston Miron, encense son travail littéraire. « La poésie de Georges Amsellem est une poésie de la mémoire. Non pas une mémoire figée, nostalgique, mais, au contraire, une mémoire active qui donne des signaux aux hommes et aux femmes de l’avenir. C’est une mémoire tournée vers l’avenir. Une espèce de vigilance, car il n’y a pas d’avenir sans mémoire », a écrit Gaston Miron. Georges Amsellem a accordé une entrevue à La Voix Sépharade. Pourquoi la poésie vous passionne-t-elle ? La poésie m’a toujours obnubilé. C’est une synthèse entre l’émotion et le cérébral. Un poème commence toujours par une émotion et fait appel ensuite à notre capacité cérébrale. Dans plusieurs pays, la poésie est un genre littéraire fort populaire. Le Québec compte de brillants poètes, mais, regrettablement, ils ont peu de lecteurs. La poésie est un vecteur littéraire puissant qui permet de dénoncer, avec subtilité, les misères qui affligent l’humanité et d’évoquer les espoirs ardents qui nous donnent une raison de croire en un avenir meilleur. 34

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Quels sont vos thèmes de prédilection ? Je me suis toujours défini comme un nomade en transit permanent. L’exil, le nomadisme, l’immigration, le déracinement des minorités, la menace que fait peser sur l’identité la mondialisation culturelle sont des thèmes qui me sont chers et que j’aborde dans mes poèmes. En tant qu’immigrant natif du Maroc, j’ai toujours été très sensible aux problématiques de l’exclusion et de la marginalisation des minorités. La poésie est un mode d’expression très éloquent pour transmettre des messages à connotation sociale ou politique. Bon nombre de poètes dénoncent avec doigté et perspicacité les injustices sociales qui sévissent dans notre monde désarçonné. Évoquez-vous dans vos poèmes vos racines identitaires sépharades ? Ces racines sont fondamentales pour moi. Je suis un Sépharade marocain de souche berbère profondément attaché à mes racines juives. Mais je suis aussi un être mondialiste. Je me suis toujours senti très proche des autres cultures. La notion de « Juif de Ghetto », de même que le communautarisme, m’horripilent au plus haut point. Les Juifs ne pourront avoir un avenir prometteur que s’ils bâtissent des ponts avec les autres communautés. J’évoque parfois dans mes poèmes mes tourments identitaires. L’avenir de la culture sépharade me préoccupe beaucoup. Je suis assez pessimiste en ce qui a trait à la pérennité d’une culture sépharade d’expression française au Québec.

EXTRAIT D’UN POÈME DE GEORGES AMSELLEM « Le Coeur en voyage »

Nous étions de partout Venus de loin. D’Europe et d’Afrique D’Asie et du Levant. En Terre française d’Amérique L’avenir commençait maintenant. Nous avions quitté Nos vieux pays Pour être ailleurs dans la vie, Avions largué Fatigués et intrigués Nos histoires et nos origines Nos souches et nos racines. Étions pour la paix contre la guerre. Traversé les mers pour l’hiver Troqué le sable pour la neige Et fui les états de siège…


Après cinq années de fructueuse et belle association, le partenariat entre la Banque Nationale du Canada (BNC) et la Communauté Sépharade Unifiée du Québec (CSUQ) prend fin, ce 31 décembre 2018. Je remercie encore chaleureusement nos nombreux donateurs qui ont répondu à notre initiative et ont été fidèles à leurs engagements ainsi, bien sûr, que la Banque Nationale du Canada qui a été inlassablement à nos côtés. Notre objectif de 1,3 M $ devrait bientôt être atteint. En date d’aujourd’hui, nous avons encaissé 1 182 000 $ dont 500 000 $ de la BNC. Il reste donc des promesses de dons à encaisser au 31 décembre 2018.

notre partenariat CSUQ / BNC s’avère un franc succès sur toute la ligne. Nous vous rappelons que de cette somme, seuls les intérêts seront utilisés et le capital, quant à lui restera intouché. Cet inestimable apport permettra à la CSUQ de poursuivre les différents programmes des départements jeunesse, tels que le camp de jour Benyamin, le camp de nuit Kif Kef, l’école de ski Cheleg, la relâche scolaire en février, le nouveau camp de jour de Pessah et Yahad - le voyage en Israël. C’est ensemble que nous construisons avec persévérance et dignité la communauté d’aujourd’hui et de demain.

Vous comprendrez à quel point il est impératif que ces promesses de dons soient honorées afin que

Armand Afilalo

Président de la Fondation CSUQ

Merci Encore !

MERCI À NOS PARTENAIRES LVS - Fondation-Half1.indd 1

École de ski CHÉleg

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VIE COMMUNAUTAIRE

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afin d’occuper vos enfants lors de la relâche scolaire, le département Jeunesse de la CsUQ vous offre une semaine de sorties exaltantes telles que glissades sur tubes, laser tag, jeux d’hiver, etc.

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DÉParteMent JeUnesse

VIE COMMUNAUTAIRE

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Salle Sinai, 2e étage, 5400, Westbury, Montréal

Ce programme s’adresse aux élèves des secondaires 3 à 5 afin de vivre une expérience unique en israël. trois semaines du 26 juin au 15 juillet 2019 à parcourir le pays et à découvrir ses principaux sites touristiques, dont une semaine à faire des activités et du bénévolat dans la région de Beer sheva – B’nai shimon en compagnie de jeunes israéliens de leur âge.

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CAMP N I M A Y N E B

Huit semaines de sorties et d’activités épatantes attendent les enfants de 5 à 14 ans. au Camp Benyamin, votre enfant pourra profiter pleinement de ses vacances en compagnie de ses amis dans un cadre juif, agréable et stimulant.

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VIE COMMUNAUTAIRE

assOCiatiOns CsUQ

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assOCiatiOns CsUQ

VIE COMMUNAUTAIRE

NOUVEAU TOURNOI ! Jouez pour notre avenir

DIMANCHE 7 JUILLET 2019 PARC PIERRE ELLIOTT TRUDEAU

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INSCRIPTIONS : WWW.CSUQ.ORG

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VIE COMMUNAUTAIRE

assOCiatiOns CsUQ

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3 Au 14 MArS 2019 PLACES LIMITÉES

Info : Sabine Malka 514 734.1687 mission.csuq.org

SESSIOn D'InfOrMATIOn : jAnVIEr 2019

ALEPH à la rentrée

aleph

Aleph a proposé une réflexion sur « Influences ou appropriations culturelles ? », thème d’actualité, avec l’organisation de deux panels. « Juifs et musulmans en Afrique du Nord, influences et confluences musicales », conférences et vidéos musicales avec Dr Chris Silver, professeur d’études juives, Université mcGill, Yolande Amzallag, présidente de la Fondation Samy Elmaghribi et Adil Abara, fondateur de page Facebook Kasbah connexion. « Quelles frontières entre la liberté artistique et l’appropriation culturelle ? » avec rachida Azdouz, psychologue, spécialiste en relations interculturelles, Université de montréal et Dr Sonia Sarah Lipsyc, directrice de Aleph, centre d’Études Juives contemporaines de la cSUQ, qui s’est exprimé sur « L’appropriation culturelle au regard des sources de la tradition juive ». Évelyne Abitbol, directrice de la Fondation Raif Badawi, a modéré ces deux panels. Vous trouverez un compte rendu de cette matinée du dimanche 2 septembre dans l’article de Annie Ousset-Krief, « L’appropriation cultuelle en débat » dans ce présent numéro du LVS, mais exclusivement en ligne sur le site de notre magazine. cet événement, le 11ème de la série, clôturait le programme interculturel qu’a mené avec succès la cSUQ, durant plus de deux ans et demie, avec le soutien de Patrimoine canada : « Pour une citoyenneté réussie entre juifs, Musulmans, Arabes et Berbères originaires d’Afrique du nord au Québec ». Les vidéos de ces deux panels ainsi que l’ensemble de ce projet porté par Dr Sonia Sarah Lipsyc et Raphaël Assor sont disponibles sur le site de ALEPH : http://alephetudesjuives.ca/category/une-citoyennete-reussie/. Les noms de nos partenaires, qu’ils en soient ici encore une fois remerciés, sont également visibles en ligne. La programmation des conférences et études juives de ALEPH de la première partie de l’année 2019 sera annoncée à partir de la nouvelle année civile. 40

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assOCiatiOns CsUQ

VIE COMMUNAUTAIRE

Gala 2018 de la Communauté juive de la rive-Sud : solidarité et bonne humeur

La vocation de la communauté juive de la Rive-Sud est double : transmettre la culture et le patrimoine juif et servir de pont entre les communautés environnantes. La cJRS est inclusive puisque les critères d'admissibilité sont en substance les mêmes que ceux de la Loi du Retour. En s'appuyant sur un petit groupe de bénévoles, elle organise une vingtaine d'activités par an, certaines à vocation culturelle (brunchs-conférence, etc.), d'autres à vocation religieuse (Seder de Pessah, Rosh Hashanah, Kippour), d'autres encore à vocation historique ou traditionnelle (Pourim, |Yom Hazikaron, Yom Haatsmaout...). Sa grande activité annuelle est le gala qui se déroule sous la présidence d'honneur du consul général d'Israël à montréal. Outre la communauté juive, la cJRS y reçoit un grand nombre d'élus fédéraux, provinciaux et municipaux et autres participants dans un grand esprit d'ouverture et d'amitié. Leaders musulmans et chrétiens, convives originaires de Beijing ou du Québec, d'Athènes ou de Beyrouth, tous se lèvent quand nous entonnons la Hatikvah et le Ô canada, tous réunissent pour faire acte de solidarité avec notre communauté juive et... danser la Hora. Dans le contexte des événements de Pittsburg, le gala 2018 a en outre donné lieu à de nombreux témoignages d'appui chaleureux et touchants. Une magnifique soirée !

L’hon. Jacques Saada remet à l’abbé Rémi Bourdon, diocèse de Saint-Jean Longueuil, un certificat de membre honoraire de la cJRS en remerciements de ses années d’efforts pour rapprocher nos communautés.

Les convives ont réagi avec chaleur à ces paroles : « Vous avez décidé d’être parmi nous ce soir pour rejeter l’antisémitisme, le racisme, les divisions et la haine. Vous avez décidé de montrer un visage d’humanité. Et vous avez décidé de le faire par la fête, comme un grand message d’espoir et d’optimisme. »

De g. à d. : Emmanuel Dubourg, député de Bourassa à la chambre des communes (et sa conjointe),Jean-claude Poissant, député de La Prairie à la chambre des communes du canada, Secrétaire parlementaire du ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, (et sa conjointe), me michael Berman, conseiller de la cJRS, David Birnbaum, député de D’Arcy-mc Gee à l’Assemblée nationale du Québec, David Levy, consul général d'Israël à montréal, michel Picard, député de montarville à la chambre des communes, Harry Bolner, vice-président de la cJRS, Hon. Jacques Saada, président de la cJRS et président de la cSUQ. En avant au centre, Doreen Assaad, mairesse de Brossard.

Plus de 150 personnes ont assisté au gala en signe de solidarité avec la cJRS. On reconnaît notamment sur la photo : Patrick Benaroche, coprésident de cIJA Qc, accompagnée de son épouse, Susan Kling, et Benjamin Bitton, directeur général de la cSUQ. Il faut aussi souligner les messages d’appui reçus de la part du T.H. Justin Trudeau, Premier ministre du canada; d’Alexandra mendes, députée de Brossard-Saint-Lambert à la chambre des communes; du Dr Gaétan Barrette, député de La Pinière è l’Assemblée nationale du Québec et de Yair Szlak, chef de la direction de la Fédération cJA.

Plusieurs dirigeants communautaires chinois de Brossard ont tenu à appuyer la communauté juive de la Rive-Sud.

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DE G

ARY ABITTAN

DA

DA

VOTRE PRÉSENCE ET VOS SOURIRES SONT NOS PREUVES DE SUCCÈS,

SOYEZ-EN REMERCIÉS !

TED

MERCI

À NOS COMMANDITAIRES AUX ORGANISMES SUBVENTIONNAIRES AUX 4 500 PARTICIPANTS AU COMITÉ ORGANISATEUR AUX BÉNÉVOLES

Merci de répondre au sondage d'appréciation : festivalsefarad.ca/sondage. Nous prendrons bonne note de vos commentaires, suggestions et recommandations. Et nous ferons tout notre possible pour répondre à vos souhaits lors de la prochaine édition.

“Le meilleur site canadien de commentaires d'hôtels” Propulsé par

Dr E

Dr K


DE GAUCHE À DROITE : SAM

EDERY, SABINE MALKA

DAVID BENSOUSSAN, YOSHUA BENGIO, KATIA DAHAN DAVE DADOUN (PRÉSIDENT DU FSM), CARLO BENGIO

JUDITH MERGUI

TSAHI HALEVI

CATHY PIMENTEL

TAMAR ILANA

NETA ELKAYAM ET ABIR EL ABED

TED TALK CSUQ (DE GAUCHE À DROITE) : GABRIEL DAYAN, SIEGFRIED USAL Dr ELIE HADDAD, SONIA ZARBATANY, LIONEL PEREZ Dr KAREN BUZAGLO, KIMBERLY LALLOUZ

ORO ANAHORY ET MYRIAME EL YAMANI

S

. .

Dr TSVIA WALDEN

DE GAUCHE À DROITE : PASCAL

BRUCKNER, DENISE BOMBARDIER,

MATHIEU BOCK-CÔTÉ, RABBIN SAADIA ELHADAD

ESTELLE GRYNSZPAN


VIE COMMUNAUTAIRE

elles et ils Ont PUBliÉ et enreGistrÉ Par sOnia saraH liPsYC

IrVIn D. YALOM Comment je suis devenu moi-même, Albin michel, Paris, 2018 Irvin D.Yalom, fils d’immigrants juifs russes, est psychiatre et romancier américain réputé. Au crépuscule de sa vie encore rayonnante et à l’approche de ses quatre-vingt-dix ans, il nous offre cette introspection que l’hébreu nomme « le compte de l’âme ». Un rêve à l’origine de sa vocation de thérapeute et chercheur inlassables, cette jeune fille marilyn dont il tombe amoureux à quinze ans et qui sera sa femme et la mère de ses enfants, l’histoire de certains de ses patients et les raisons de certains de ses livres. Un livre passionnant et optimiste que l’on est heureux de lire – quelle belle vie bien remplie que celle de cet homme qui semble avoir fait du bien autour de lui – et qui nous renvoie bien sûr, à notre propre introspection... Quel que soit notre âge !

juSTIn Bur, YVES DESjArDInS, jEAn-CLAuDE rOBErT, BErnArD VALLÉE ET jOSHuA WOLfE Dictionnaire historique du Plateau Mont-Royal, Écosociété, montréal, 2017 De nombreuses entrées sur les 560 sont consacrées à la vie juive de ce quartier de montréal communément appelé le Plateau dans ce dictionnaire de noms de personnes ou d’institutions… Quelques exemples d’apports caractéristiques de la vie juive dans notre cité… Le « bagel » ou le « smoked meat », importations adaptées par des Juifs polonais et roumains. Il y a des renvois aux nombreuses synagogues qui ont égrené la vie juive du Plateau, mais également au Keneder Odler, le premier journal juif en yiddish, à l’industrie du textile ou à la crise des écoles juives qui relate les discriminations auxquelles a dû faire face la communauté juive avant que les choses ne s’apaisent. Les écrivains qui ont habité sur le Plateau sont très présents comme A. m. Klein, Irving Layton, Abraham Segal, Ida made, mordecai Richler, Leonard cohen, mais aussi des figures militantes comme la syndicaliste et féministe Léa Roback. Un voyage dans le temps au travers de textes et de photos bien mis en page que complèteront sans conteste des balades dans ce quartier. Avec, bien sûr, ce dictionnaire en guise de boussole.

CAMILLE DE TOLEDO, ALEXAnDEr PAVLEnKOI Herzl. Une histoire européenne, Denoël Graphic, Paris, 2018 Qu’est-ce qui a été à l’origine de la vocation de Herzl pour ne pas dire son obsession ô combien salutaire... celle d’œuvrer au retour des Juifs à Sion? Les auteurs de ce roman graphique s’efforcent d’y répondre par un narratif et une hypothèse originale d’ordre psychanalytique... Ils prennent comme fil conducteur la vie d’un jeune garçon, Ilia Brosky, qui échappe aux pogroms et qui, sous la protection de sa sœur, errera en Europe jusqu’à se retrouver à Londres. cet homme nomade ne cessera de s’interroger sur cette utopie pour les uns ou nécessité pour les autres de revendiquer pour le peuple juif un ancrage et un État en terre d’Israël. Et c’est dans un épisode peu connu de Herzl, la perte de sa sœur aînée, enterrée à Budapest, lorsqu’il était lui-même petit garçon, et avant que sa famille ne parte précipitamment à Vienne, que se nouera sa détermination du retour à la terre par excellence qui ne peut-être que la terre d’Israël comme le signifie le terme en hébreu Haharetz. Presque les mêmes lettres que Herzl, mais ça cet ouvrage tout à fait prenant ne l’évoque pas…

KErEn ESTHEr Tango Ladino. Avec Gaëlle Poirier (bandonéon) et Narciso Saul (Guitare) c’est le troisième album de chants judéo-espagnols que nous offre cette artiste franco-suisse dont la famille maternelle est originaire de Tanger. D’une voix douce, et très bien accompagnée par ses deux musiciens, elle nous propose ici des interprétations qui puisent au répertoire judéo-espagnol du maroc, de Bulgarie, des Balkans et d’Argentine. Le fait est peu connu, dans son cas, il est biographique, mais des Juifs notamment du maroc espagnol immigrèrent dans les années vingt en Amérique du Sud dont l’Argentine. On se laisse charmer par cet album qui comporte une création originale tout à fait réussie (Un Sueno), et qui est disponible notamment sur son site http://www.keren-esther.ch/.

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Carnet De faMille

VIE COMMUNAUTAIRE

CArnET DE fAMILLE Madame Solange Oliel Z’’L, épouse de Yaer Oliel, et mère de Yorma, Yardiv, Hohana et Gabriel. Madame Maryse Miriam Serruya Malka Z’’L, épouse de M. elias Malka, ancien président de la Communauté et mère de anne et alain Malka. Monsieur Salomon Cohen, Z’’L, père de Gilda, robert et Jaïs. Monsieur Hy Ghavitian ben David Z’’L, père de Zaki Ghavitian membre du C.a de la CsUQ. Monsieur joseph Méchaly, Z’’L, époux de Madame estrella Mechaly et père de lison, eliane, Jacob et Gilda et beau-père de serge aflalo, norbert Miska et Gary Perez. Émile Malka, z’’l, nous a quittés le 30 avril 2018 à l’âge de 75 ans. arrivé à Montréal en 1965, ce Juif marocain consacra sa vie à l’action communautaire, aux côtés de son épouse, aline. expert-comptable de profession – il avait également une maîtrise en fiscalité – il remplit d’importantes fonctions au sein de la communauté sépharade. il était parmi les premiers Juifs sépharades installés au Québec et eut un rôle essentiel dans la mise en place d’institutions qui répondraient aux besoins des nouveaux immigrants. la communauté était une seconde famille, qu’il fallait servir et protéger. ainsi, il fut un membre actif de l’association sépharade francophone, remplacée en 1976 par la Communauté sépharade du Québec, et du Centre Communautaire Juif. il fut également président de la campagne sépharade de l’appel Juif Unifié, président de la fédération sépharade du Canada, membre du Conseil d’administration de la Communauté sépharade Unifiée du Québec (CsUQ), et président de la congrégation Or Hahayim. il travailla aux côtés des centres Hillel, car il croyait en la nécessité de la relève, et servit de mentor à de nombreux jeunes aujourd’hui impliqués dans les instances communautaires. Homme discret et modeste, il sut transmettre son amour pour le judaïsme et pour israël – qui tenait une place prépondérante dans sa vie. il croyait dans les valeurs de tsedaka, dons et générosité, et de solidarité, valeurs pour lesquelles il se mobilisa toute sa vie, refusant l’indifférence et l’inaction. il répondait toujours présent – fidèle à cet héritage d’abraham disant « néni », me voici – pour répondre à des gens dans le besoin, rendre un service ou pour une action communautaire. Jo Gabay, membre actif de la Congrégation Or Hahayim que présida Émile Malka, évoque un homme « généreux, serviable et dévoué, un fonceur qui n’avait peur de rien, un homme qui aimait la vie, qui vivait avec ses tripes, un homme au sourire authentique, fidèle en amitiés, un grand-père exemplaire ». son jeune associé, ariel sabbah, souligne sa détermination, son caractère combatif, et sa joie de vivre. « Émile Malka fut le parfait compagnon et conseiller », il sut soutenir et encourager les jeunes professionnels qui travaillèrent avec lui et fut remarquable par ses engagements communautaires. salomon Oziel, ancien président de la Communauté sépharade du Québec, salue « un grand communautaire avec de la classe à revendre », avec lequel il aimait beaucoup travailler, et qui « aimait sa communauté comme sa propre famille ». « la communauté sépharade de Montréal lui doit énormément », conclut-il. les sépharades de Montréal perdent, avec Émile Malka, un pilier historique, un acteur communautaire dévoué, qui restera pour tous un exemple de générosité et d’humanité. Écrit par annie Ousset-Krief Dre Herta Guttman (01/12/1933 - 15/05/2018) nous voudrions souligner la mémoire de Dre Greta Guttman (née Hoffman), décédée le 15 mai dernier à l'âge de 84 ans. elle était l'épouse du Dr frank Guttman, ancien dirigeant de l'Hôpital de Montréal pour enfants. Professeure émérite du département de psychiatrie à l'Université McGill, Dre Guttman fut également pionnière en matière de thérapie familiale. elle fut entre autres directrice de la formation en thérapie familiale à l'Hôpital général juif, directrice de son service de consultations en plus d'être la première femme nommée directrice de l'hôpital allan Memorial. Un don en sa mémoire peut être fait à l'organisme Polio Québec ou à l'organisme caritatif de votre choix. Écrit par Bernard Bohbot.

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nous venons d’apprendre le décès de l’ancien Premier ministre du Québec, M. Bernard Landry au moment où notre magazine s’apprête à être imprimé. la chaleur qui a caractérisé les relations entre M. Bernard landry et notre communauté ne s’est jamais démentie. nous nous souvenons des paroles bienveillantes qu’il a maintes fois prononcées à notre endroit, de sa disponibilité et de sa compréhension du judaïsme, une compréhension éclairée et vraie. Même quand les choses étaient devenues physiquement difficiles pour lui, il est resté fidèle à lui-même en nous honorant de sa présence au dernier festival du Cinéma israélien de Montréal en mai dernier. au-delà de toutes divergences politiques, la communauté juive du Québec perd aujourd’hui un ami. au nom de la Communauté sépharade unifiée du Québec et en mon nom propre, j’adresse à Mme Chantale renaud et aux proches de M. Bernard landry, nos condoléances les plus sincères. Écrit par Hon. Jacques saada, Président

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Confrérie du dernier devoir

URGENCE ?

Appeler M. David Benizri 514-824-7573


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Emprunt de Sepher-Torah Siddurim

Visite aux cimitières (Shiva, Mois, Année, Nahala)

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Nouveaux services offerts à la communauté Minha et Arvit pendant la période d’hiver du lundi au jeudi à 16h

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