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Implantation verger pommiers - fascicule 4

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L’implantation d’un VERGER DE POMMIERS 2e édition

4 Modes de conduite et plantation

L’implantation d’un

VERGER DE POMMIERS

2e édition

FASCICULE 4

Chapitre 7. Modes de conduite et espacement

Chapitre 8. Plantation

FASCICULE 1

Chapitre 1. Planification de la plantation

Chapitre 2. Choix du site

Chapitre 3. Mise en marché des pommes au Québec

Glossaire

FASCICULE 2

Chapitre 4. Préparation du terrain

FASCICULE 3

Chapitre 5. Cultivars

Chapitre 6. Porte-greffes

FASCICULE 5

Chapitre 9. Tuteurage

Chapitre 10. Formation des pommiers

FASCICULE 6

Chapitre 11. Irrigation

FASCICULE 7

Chapitre 12. Économie de la plantation

DROITS D’AUTEUR

Il est interdit de reproduire, de traduire ou d’adapter cet ouvrage sans l’autorisation écrite du Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ) afin de respecter les droits d’auteur et d’encourager la diffusion de nouvelles connaissances.

AVERTISSEMENTS

Au moment de sa rédaction, l’information contenue dans le présent document était jugée représentative du secteur pomicole au Québec. Son utilisation demeure sous l’entière responsabilité du lecteur.

Les marques de commerce mentionnées le sont à titre indicatif seulement et ne constituent nullement des recommandations de la part des auteurs ou de l’éditeur.

La publicité insérée dans ce document concrétise l’appui du milieu à la parution de l’ouvrage. Sa présence ne signifie pas que le CRAAQ en approuve le contenu et cautionne les entreprises et les organismes concernés.

Dans le présent document, le genre masculin est utilisé pour alléger le texte, s’il y a lieu.

Ce projet a été réalisé grâce à une aide financière du Programme de développement sectoriel, issu de l’Accord Canada-Québec de mise en œuvre du Partenariat canadien pour l’agriculture.

Pour informations et commentaires

Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec 2875, boulevard Laurier, Édifice Delta 1, 9e étage

Québec (Québec) G1V 2M2

418 523-5411 | 1 888 535-2537 client@craaq.qc.ca | www.craaq.qc.ca

© Gouvernement du Québec, 2023 - Suivant sa convention avec le MAPAQ, le CRAAQ est autorisé par le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation à publier les textes du personnel du Ministère.

© Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec, 2023

PPOM0108-04

ISBN 978-2-7649-0694-1 (version imprimée)

ISBN 978-2-7649-0695-8 (PDF)

Dépôt légal

Bibliothèque et Archives Canada, 2023

Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2023

COMITÉ DE PILOTAGE DU

PROJET

Monique Audette, agr., consultante

Evelyne Barriault, agr., conseillère en arboriculture fruitière et viticulture, Direction régionale de la Montérégie, ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ)

Karine Bergeron, agr., conseillère en pomiculture et viticulture, secteur Est, Direction régionale de la Montérégie, MAPAQ

Patrice Bouffard, agr., Institut de technologie agroalimentaire du Québec, campus de Saint-Hyacinthe

Jennifer Gagné, conseillère au développement et à la recherche, Les Producteurs de pommes du Québec

Serge Mantha, agr., M. Sc., conseiller en pomiculture, Club de production pomicole de la région de Québec (CPPRQ)

Laurence Tétreault-Garneau, agr., conseillère en pomiculture, Dura-Club

CHAPITRE 71 RÉDACTION

Monique Audette, agr., consultante (responsable du chapitre)

COLLABORATION

Evelyne Barriault, agr., conseillère en arboriculture fruitière et viticulture, Direction régionale de la Montérégie, MAPAQ

Véronique Decelles, technologue, Dura-Club

Maude Richard, agr., conseillère en pomiculture, Agropomme

CHAPITRE 81 RÉDACTION

Karine Bergeron, agr., conseillère en pomiculture et viticulture, secteur Est, Direction régionale de la Montérégie, MAPAQ (responsable du chapitre)

COLLABORATION

Monique Audette, agr., consultante

Patrice Bouffard, agr., Institut de technologie agroalimentaire du Québec, campus de Saint-Hyacinthe

Véronique Decelles, technologue, Dura-Club

Serge Mantha, agr., M. Sc., conseiller en pomiculture, Club de production pomicole de la région de Québec (CPPRQ)

Laurence Tétreault-Garneau, agr., conseillère en pomiculture, Dura-Club

COORDINATION, ÉDITION ET MISE EN PAGE PAR LE CRAAQ

Guillaume Breton, chargé de projets

Barbara Vogt, chargée de projets aux publications

Danielle Jacques, M. Sc., chargée de projets aux publications

Nathalie Nadeau, graphiste

PHOTOGRAPHIES ET ILLUSTRATIONS

Monique Audette, Evelyne Barriault, Karine Bergeron, Claudia Caouette (page couverture), Jollin Charest, Tarek Djedjig, Véronique Michaud, Maude Richard, Marie Mansencal, Laurence Tétreault-Garneau

1. Auteur de la 1re édition (2006) : Jollin Charest

REMERCIEMENTS

Les auteurs et le CRAAQ remercient toutes les personnes et les organisations ayant contribué à la réalisation de cette publication.

La 2e édition du guide L’implantation d’un verger de pommiers est une initiative du Comité pomiculture du CRAAQ

7. MODES DE CONDUITE ET ESPACEMENT

Introduction

Par modes de conduite, on entend les méthodes qui donnent aux arbres une forme favorable à la production efficace de fruits de qualité. De nombreuses approches ont été créées et améliorées avec le temps; elles sont résumées dans ce chapitre1.

Choisir un mode de conduite pour un verger est une décision difficile à prendre, car la diversité proposée est impressionnante. Il est donc important de bien les comprendre et de connaître leur évolution. Le choix dépendra de la région, des contraintes de l’entreprise et des préférences individuelles. Une fois adoptée et suivie, la méthode favorisera la logique et la cohérence des interventions au fil des années.

La plupart des méthodes reposent essentiellement sur les mêmes principes physiologiques de base. On sait, entre autres, que le facteur le plus important pour la productivité d’un verger est l’interception de la lumière par le feuillage, le bois et les organes reproducteurs, alors que la distribution de la lumière dans le couvert végétal influence la qualité des fruits produits.

Depuis le début des années 2000, l’augmentation du coût de la main-d’œuvre agricole a favorisé l’adoption de modes de conduite à tiges centrales supportées en mur fruitier. Ces modes de conduite axés sur une production abondante de fruits de qualité permettent la mécanisation des opérations de taille, d’éclaircissage et de récolte.

Modes de conduite

Le mode de conduite choisi doit être bien adapté aux autres composantes du système de production (porte-greffe, sol, densité de plantation, main-d’œuvre, etc.). Aucun mode de conduite n’est parfait pour tous les sites, c’est pourquoi il existe plusieurs variations s’accordant aux particularités de chacun. Cependant, il ne faut pas perdre de vue les principes généraux, car la conduite d’un verger influence directement le potentiel de profit.

Les principaux modes de conduite sont les suivants (selon l’évolution des systèmes dans le temps)2 :

• arbres à port libre et à centre ouvert (p. ex. formation en vase ou en parapluie);

• arbres à port libre et à tige centrale forte (p. ex. cône de plein vent ou Central Leader);

• arbres à tige centrale supportée (p. ex. fuseau étroit ou Slender Spindle, super fuseau ou Super Spindle, axe vertical, arbre libre sans artifice ou SALSA);

• arbres à tige centrale ou multitiges supportées en mur fruitier (p. ex. Tall Spindle, multiaxes ou Multi-Leader, Bibaum®).

Arbres à port libre et à centre ouvert (moins de 350 arbres/hectare)

Avant l’avènement des porte-greffes nains, les variétés étaient greffées sur des francs (semis) et formaient des arbres très vigoureux et très lents à produire. La production était répartie sur une charpente imposante en forme de parapluie pour limiter la hauteur des arbres et favoriser la pénétration de la lumière (Figure 7.1). Plus de 15 ans étaient nécessaires pour

1. Les explications données dans ce chapitre ne remplacent pas l’information plus détaillée présentée dans les documents techniques spécialisés sur la taille et la conduite des pommiers.

2. Cette liste est loin d’être exhaustive; il s’agit des principales catégories de formation des arbres.

Figure 7.1 Pommier à port libre et à centre ouvert
Photo : Monique Audette

obtenir des rendements optimaux. Ce mode de conduite nécessitait l’emploi de grandes échelles (jusqu’à 6 m) pour effectuer la récolte, la taille et les autres travaux horticoles.

En raison de l’importante zone ombragée produite par les arbres, les fruits étaient de faible qualité. Ceux-ci ne pourraient plus répondre aux exigences du marché d’aujourd’hui.

Tableau 7.1 Caractéristiques des principaux modes de conduite des pommiers

Catégorie/Mode de conduite Nombre d’arbres/ha

Hauteur des arbres (m)

Arbres à port libre et à centre ouvert

Formation en vase ou en parapluie < 350 6 (maximum)

Arbres à port libre et à tige centrale forte

Cône de plein vent (Central Leader)

Arbres à tige centrale supportée

Fuseau étroit (Slender Spindle)

Super fuseau (Super Spindle) 4000-7500

Axe vertical haute densité

Axe vertical moyenne densité

SALSA haute densité

Distance entre les arbres (m)

Distance entre les rangées (m) Avantages et inconvénients

Travail manuel intensif. Faible qualité des fruits. Arrivée en production très longue.

Travail manuel intensif. Qualité des fruits moyenne. Arrivée en production longue.

Coût d’établissement important. Maîtrise technique essentielle. Mécanisation possible.

Coût d’établissement très important et rentabilité difficile. Maîtrise technique essentielle. Mécanisation possible.

Travail manuel intensif. Arrivée en production moyenne à longue.

Travail manuel intensif. SALSA moyenne densité

Arbres à tige centrale ou multitiges supportées en mur fruitier

Travail manuel intensif. Arrivée en production moyenne.

Maîtrise technique importante. Arrivée en production rapide. Adapté à la mécanisation.

Maîtrise technique essentielle. Coût d’établissement élevé.

Arrivée en production rapide à moyenne.

Adapté à la mécanisation

Arbres à port libre et à tige centrale forte (350 à 500 arbres/hectare)

Pour toutes les raisons décrites précédemment, les portegreffes semi-nains ont été adoptés dans les années 1960 et 1970. Ils furent plantés à ce qu’on appelait à l’époque la « haute densité », soit environ 350 pommiers/ha (4,5 m X 6 m). Les arbres étaient alors conduits avec une seule tige centrale forte qui soutenait des branches charpentières permanentes et réparties de façon à former un cône favorable à un éclairement plus uniforme. La tige centrale était renforcée par un rabattage régulier, ce qui permettait de ne pas utiliser de support et de contrôler la hauteur de l’arbre (Figure 7.2).

Le cône de plein vent (Central Leader) est une forme encore pratiquée avec les porte-greffes semi-nains. Les coûts d’établissement sont peu élevés en raison du faible nombre d’arbres par hectare et de l’absence d’un système de support. Les premières années, on cherche à maintenir la vigueur des arbres afin qu’ils comblent l’espace qui leur est alloué. En rabattant la tige centrale, on stimule la formation de branches charpentières en vue de créer 3 plateaux de production (en haut, au centre et en bas).

Le rabattage permet aussi de renforcer la tige centrale et d’éviter l’utilisation d’un support. Après quelques années, les tailles d’hiver et d’été viseront à conserver l’éclairement en empêchant que les têtes n’ombragent trop le bas des arbres.

Ce mode de conduite, combiné au choix de porte-greffes semi-nains, a le désavantage de retarder considérablement la mise à fruit en favorisant la croissance végétative les premières années. On doit attendre de 7 à 10 ans avant

d’obtenir des rendements optimaux. La faible densité de plantation contribue également aux bas rendements des premières années. À maturité, l’arbre mesure entre 4 et 5 m, ce qui rend les travaux de taille et de récolte assez coûteux. Ce mode de conduite requiert beaucoup de taille pour maintenir la forme conique souhaitée. Une proportion relativement petite des fruits reçoit la lumière suffisante pour la production de pommes bien colorées.

Arbres à tige centrale supportée

Les systèmes à tige centrale supportée par un tuteur ont été les plus utilisés dans les années 1980 et 1990. La tige centrale porte directement toutes les branches fruitières. Celles-ci sont permanentes dans la portion inférieure de l’arbre et renouvelées au tronc dans la partie supérieure. Les arbres ont une forme conique à conique étroite (Figure 7.3).

Le système de tuteurage procure aux arbres un support permanent. Ainsi, moins d’énergie provenant de la photosynthèse est nécessaire pour la production du bois de la charpente, ce qui en laisse davantage pour la production de fruits. Les opérations de taille sont réduites au minimum, ce qui encourage une expression naturelle du pommier, propice à la mise à fruit hâtive. En effet, la meilleure façon de réduire la croissance végétative est de favoriser la production de pommes. La taille réduite des arbres est contrôlée par le porte-greffe, généralement de vigueur comparable à celle du M.9 (voir le Chapitre 6). Ces arbres nains sont plantés à une densité élevée (1000 à 4000 arbres/ha), ce qui permet d’obtenir des rendements appréciables dès les premières années de récolte. L’axe vertical et le fuseau étroit étaient déjà les plus communs en Europe dans les années 1970 et 1980. À la fin des années 1990, la hauteur de production du fuseau étroit ainsi que la densité de plantation de l’axe vertical ont augmenté. Ainsi, les deux systèmes sont de plus en plus similaires.

Fuseau étroit (1500 à 4000 arbres/hectare)

Le fuseau étroit (Slender Spindle) (Figure 7.3) a été développé en Hollande (Wertheim, 1968) pour favoriser une production de fruits précoce et l’efficacité des travaux horticoles. Grâce aux plus hautes densités de plantation et à la hauteur réduite des arbres, il était possible d’effectuer les tâches exclusivement à partir du sol (verger piétonnier). Ce mode de conduite a été adopté dans plusieurs régions de l’Europe dès les années 1970.

Les rangées étroites et les arbres coniques de très petite taille permettent des densités de plantation de 1500 à 4000 arbres/ha. Les porte-greffes de vigueur comparable

Figure 7.2 Arbre à port libre et à tige centrale forte
Photo : Monique Audette

à celle du M.9 sont requis : ils produisent des arbres d’environ 1,25 à 2 m de largeur et de 2 à 3 m de hauteur. Les rangées sont espacées de 3 à 4,5 m. Depuis les années 1980, la tendance veut que les arbres soient conduits de façon plus étroite et plus haute. Le support choisi peut être un tuteur individuel ou un système de palissage collectif. Des arbres de 2 ans bien ramifiés sont normalement utilisés pour la plantation. Le tiers de la tige centrale au-dessus de la plus haute ramification est enlevé pour favoriser le développement de nouveaux rameaux. Si des scions sont employés, ils sont rabattus à environ 90 cm au-dessus du sol pour stimuler la ramification. Les rameaux en dessous de 60 cm sont éliminés. Les branches de plus de 45 cm sont arquées sous l’horizontale et attachées de façon à pointer vers le pied de l’arbre voisin pour encourager la mise à fruit.

Pour réduire la croissance de l’arbre, la tige centrale est entraînée en zigzag sur le support; soit on rabat la tige centrale au-dessus d’une ramification attachée pour reformer une tête, soit on procède par pliage annuel à 45° d’un côté à l’autre du tuteur. Les branches fruitières trop basses doivent être attachées ou supportées pour éviter que les fruits ne touchent le sol, ce qui demande beaucoup de main-d’œuvre. Certains producteurs optent plutôt pour des ramifications à au moins 80 à 90 cm du sol en rabattant au tronc toutes les ramifications trop basses. Ce mode de conduite exige beaucoup de soins les premières années pour tailler, attacher

et plier les ramifications. Toutefois, une fois celui-ci installé, plusieurs opérations peuvent être mécanisées (taille, éclaircissage, récolte) et le verger peut devenir très productif.

Super fuseau (4000 à 7500 arbres/hectare)

Le Super fuseau (Super Spindle) a été développé en Allemagne (Oberhofer, 1990). Ce mode de conduite suggère de planter de façon très rapprochée des arbres élancés dont la production se concentre directement sur l’axe central. La majorité de ces plantations sont constituées de rangées espacées de 3 m ou moins, avec un espacement de 45 à 80 cm entre les arbres; ceci permet d’établir des densités de 4000 à 7500 arbres/ha. Les porte-greffes utilisés sont de type nain ou semi-nain selon la fertilité du sol. On vise de hauts rendements très rapidement, mais les coûts d’implantation d’un tel système sont également fort élevés. Ce mode de conduite est particulièrement intéressant avec les nouveaux cultivars qui génèrent une prime sur le revenu. De façon générale, le Super fuseau se révèle moins profitable que les systèmes à densité moindre (Robinson, 2003).

Axe vertical (1000 à 2000 arbres/hectare)

Développé par Jean-Marie Lespinasse dans le sud de la France, l’axe vertical cherche à utiliser les effets naturels de la physiologie du pommier. Ce mode de conduite peut convenir aux arbres nains ou semi-nains. Pour les pommiers nains, les porte-greffes de vigueur comparable à celle du M.9 et du M.26 sont appropriés. La densité de

Figure 7.3 Tige centrale supportée : l’axe vertical et le fuseau étroit
Illustration : Véronique Michaud, d’après croquis de Monique Audette

plantation varie alors de 1000 à 2000 arbres/ha avec un espacement de 1,5 à 2 m sur le rang et de 3,5 à 5 m entre les rangs. Pour les arbres semi-nains, l’utilisation d’un porte-greffe de vigueur comparable à celle du MM.106 est recommandée. La densité de plantation est alors d’environ 450 à 600 arbres/ha, espacés de 3 à 4 m sur le rang et de 5 à 6 m entre les rangs. Les arbres doivent être tuteurés jusqu’à une hauteur de 3 m (Figure 7.4).

La dominance apicale doit être maintenue pour entraîner les arbres en axe vertical. Il ne faut donc pas rabattre la tige initiale (prolongement terminal). Le maintien de la dominance apicale permet une organisation naturelle des ramifications, ce qui est propice à une mise à fruit rapide. La taille doit être minimale et se limiter aux rameaux trop vigoureux. Toutes les branches doivent avoir un diamètre inférieur à celui du tronc; celles dont le calibre dépasse la moitié du diamètre du tronc sont éliminées. Les branches situées à moins de 90 cm du sol sont également enlevées. La fructification de la cime de l’axe est permise une fois que l’arbre atteint une hauteur de 3 à 4 m, et ce, afin de favoriser le blocage naturel de la croissance. Pour éviter une croissance excessive de la tête de l’arbre, la cime de l’axe peut

être pliée ou rabattue au-dessus d’une branche fruitière latérale de faible vigueur. L’équilibre entre la vigueur et la production de fruits est obtenu grâce au raccourcissement des branches fruitières qui fléchissent sous le poids des fruits. L’axe vertical a été adopté en France dans les années 1980 et est devenu un système important au Québec et dans le monde dans les années 1990. Certaines variations sont maintenant utilisées pour répondre à différents besoins de production. Dans ce système, les branches sont permanentes, contrairement au Tall Spindle. L’axe vertical est bien adapté à la majorité des cultivars, sauf ceux à port érigé comme Ambrosia. Pour ce cultivar, le Tall Spindle ou le Super Spindle serait plus avantageux, comme dans sa province d’origine, la Colombie-Britannique.

Système d’arbre libre sans artifice (SALSA) (500 à 1500 arbres/hectare)

Le groupe technique français MAFCOT (Maîtrise de la fructification - Concepts et techniques) est à la base du concept SALSA, qui a été développé dans la région de Bordeaux (France).

Contrairement aux autres modes de conduite, cette méthode n’est pas une recette à suivre et aucune forme n’est imposée à l’arbre. La connaissance du mode de croissance naturel de chacune des variétés sur des arbres plus libres est à la base de ce concept. Le mode SALSA vise l’expression libre de la ramification (non contrainte dans l’espace). Il se base sur le comportement naturel de la variété, notamment la stratégie de mise à fruit de l’arbre, en observant en particulier sa distribution sur la ramification et le retour à fruit d’une année sur l’autre (régularité de la production).

Cette approche vise une pomiculture moins interventionniste (moins de manipulation des ramifications, moins de raccourcissement mécanique de la ramification). Lorsque l’arbre est moins contraint, ce qui suppose une densité de plantation moindre, il tend à optimiser son rendement. Toutefois, le calibre des fruits risque d’être plus petit et il y a un risque d’alternance.

En mode SALSA, on tente de garder le plus possible l’ensemble de la ramification (Figure 7.5). La proposition initiale consiste à ne pas intervenir, sauf sur les branches basses dont la hauteur ne permet pas le déroulement complet des branches fruitières. Dans ce concept, on compare souvent la branche fruitière au bras et à la main (Figure 7.6).

Figure 7.4 Conduite en axe vertical
Illustration : Véronique Michaud

Le CRAAQ remercie ses partenaires de prestige

ainsi que La Financière agricole du Québec et le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation

Le CRAAQ remercie les organisations qui ont soutenu la réalisation de cette publication

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Le guide L’implantation d’un verger de pommiers, 2e édition comporte 12 chapitres, regroupés en 7 fascicules, qui présentent tour à tour les nouvelles connaissances issues des essais de cultivars et porte-greffes du RECUPOM, l’évolution des exigences du marché, des informations techniques visant à faciliter l’implantation de parcelles en haute et très haute densité, de nouveaux équipements et matériaux ainsi que des techniques modernes de conduite des pommiers. Ce guide technique vise à contribuer à la modernisation des vergers québécois afin d’améliorer la rentabilité des entreprises par l’augmentation des rendements à l’hectare, de la qualité de la récolte et de l’efficacité du travail.

Dans ce fascicule, le chapitre Modes de conduite et espacement expose les divers modes de conduite utilisés au Québec et les principes physiologiques qui les sous-tendent. Le tout est expliqué en détail, en mettant l’accent sur les vergers à haute densité de plantation. On y précise comment déterminer l’espacement entre les arbres et entre les rangs ainsi que la hauteur de production en fonction des choix et des contraintes de production. Le choix d’un mode de conduite et d’un espacement appropriés permettra d’obtenir rapidement une production de qualité.

Le chapitre Plantation décrit les éléments directement liés à la plantation, tels que la qualité et le type d’arbres qui seront plantés, leur disposition sur le site, la période et les techniques de plantation, les soins à apporter aux arbres après la plantation, sans oublier les facteurs à considérer pour obtenir une bonne pollinisation. Les principales techniques de production en pépinière (multiplication des porte-greffes et techniques de greffage) sont aussi présentées afin de permettre de mieux comprendre les avantages et inconvénients des arbres offerts sur le marché.

Photo : Karine Bergeron, MAPAQ

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