Fiche synthèse
Lin oléagineux 2e édition
AVERTISSEMENT Il est interdit de reproduire, traduire ou adapter ce document sans l’autorisation écrite du Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec afin de respecter les droits d’auteur et d’encourager la diffusion de nouvelles connaissances.
REMERCIEMENTS Le CRAAQ remercie le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), les Producteurs de grains du Québec et la Maison Orphée pour leur soutien financier à la publication de cette fiche.
Merci à Denis Ruel, agr., conseiller retraité du MAPAQ, et à Michel McElroy, M. Sc., Ph. D., chercheur au CEROM., pour leur aide dans la recherche de données et de photos pour la 2e édition de cette fiche.
POUR INFORMATION ET COMMENTAIRES Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec Édifice Delta 1, 2875, boulevard Laurier, 9e étage Québec (Québec) G1V 2M2 Téléphone : 418 523-5411 • Télécopieur : 418 644-5944 • client@craaq.qc.ca • www.craaq.qc.ca PGCC0106-PDF ISBN 978-2-7649-0632-3 Dépôt légal Bibliothèque et Archives Canada, 2021 Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2021 © Gouvernement du Québec, 2021 Suivant sa convention avec le MAPAQ, le CRAAQ est autorisé par le Ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation à publier les textes de cet ouvrage.
MISE À JOUR (2E ÉDITION) Rédaction Ayitre Akpakouma, agr., M. Sc., conseiller régional en grandes cultures, Centre de services agricoles de Rivière-du-Loup, MAPAQ
Révision Louis Robert, agr., M. Sc., conseiller en grandes cultures, Direction de la Montérégie-Est, MAPAQ
Rédaction et révision : 1e édition Gérard Lavoie, agr., Direction régionale de la Montérégie, secteur Est, MAPAQ, Louis Robert, agr., M. Sc., Direction de la Chaudière-Appalaches, MAPAQ, Pierre Turcotte, Ph. D., agr., CÉROM Guy Beauregard, agr., Direction régionale du Centre-du-Québec, MAPAQ, André Brunelle, M. Sc., agr., Direction régionale du Centre-du-Québec, MAPAQ Sylvie Denis, agr., Direction régionale du Saguenay—Lac-Saint-Jean—Côte-Nord, MAPAQ Huguette Martel, agr., Direction régionale de l’Estrie, MAPAQ Hélène V. Petit, Ph. D., Agriculture et Agroalimentaire Canada Denis Ruel, agr., Direction régionale du Centre-du-Québec, MAPAQ
COORDINATION, ÉDITION ET MISE EN PAGE PAR LE CRAAQ Denise Bachand, M. Sc., chargée de projets Barbara Vogt, chargée de projets aux publications Nathalie Nadeau, graphiste
CRÉDITS PHOTOGRAPHIQUES Ayitre Akpakouma (MAPAQ) (p. 2, 8, 9, 10, 12, 16, 18, 19) ; Gino Caron (photo de couverture; p. 2, 3); Marketa Kopal (Maison Lenko) (p. 13); Éric Labonté (MAPAQ) (p. 2, 8, 14, 15, 20, 21, 22); Ferme Larosco Inc.(p. 4, 6) ; Gérard Lavoie (p. 8, 9); Louis Robert (MAPAQ) (p. 12) ; Denis Ruel (p. 8, 11, 12, 13).
FIER DE SOUTENIR LA
CULTURE DU LIN UNE PLANTE AUX MULTIPLES USAGES : Graines – alimentation humaine et animale Bioproduits et agromatériaux Agrotourisme
www.mapaq.gouv.qc.ca
TABLE DES MATIÈRES INTRODUCTION...............................................................................................................................................1 BIOLOGIE...........................................................................................................................................................2 ROTATION..........................................................................................................................................................3 CULTIVARS..........................................................................................................................................................4 SOLS....................................................................................................................................................................7 SEMIS..................................................................................................................................................................8 FERTILISATION...................................................................................................................................................9 DÉSHERBAGE.................................................................................................................................................. 11 Désherbage mécanique.......................................................................................................................... 11 Désherbage chimique.............................................................................................................................. 11 MALADIES ET INSECTES NUISIBLES........................................................................................................... 12 RÉCOLTE........................................................................................................................................................... 12 Andainage................................................................................................................................................ 13 Battage direct........................................................................................................................................... 13 RENDEMENT................................................................................................................................................... 14 ENTREPOSAGE................................................................................................................................................ 14 USAGES DE LA GRAINE DE LIN................................................................................................................... 14 Alimentation animale............................................................................................................................... 14 Alimentation humaine.............................................................................................................................. 15 ASPECTS ÉCONOMIQUES...........................................................................................................................16 Coûts des approvisionnements...............................................................................................................16 Rendement................................................................................................................................................17 Prix.............................................................................................................................................................17 Mise en marché........................................................................................................................................ 18 DÉFIS DE CETTE CULTURE..............................................................................................................................19 CONCLUSION................................................................................................................................................19 RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES..............................................................................................................20
INTRODUCTION Le Canada est le plus grand producteur et exportateur de graines de lin oléagineux au monde. Au printemps 2019, plus
Depuis quelques années, le lin oléagineux apparaît de plus
de 370 000 ha de terres ont été semés avec du lin oléagineux
en plus dans le paysage agricole québécois. Dans les années
(principalement dans les provinces de l’Ouest : Saskatchewan
1990, des meuneries d’ici utilisaient de la graine de lin pro-
(79 %), l’Alberta (12 %) et le Manitoba (9%)) (AAC, 2021).
duite dans l’ouest du Canada pour la fabrication de moulées
Selon la même source, on comptait plus de 660 000 ha
à poules pondeuses dont les œufs étaient destinés au nouveau
ensemencés en 2015 et les exportations représentent environ
marché des œufs dits « enrichis en acides gras oméga-3 ».
86 % de la production annuelle (577 000 tonnes). Au Qué-
Des producteurs agricoles de différentes régions du Québec
bec, la production du lin reste encore marginale. Toutefois, elle
ont donc décidé d’évaluer cette culture sur des superficies
présente un potentiel fort intéressant et est une culture assurée
restreintes afin de vérifier la faisabilité technique et écono-
à la Financière agricole du Québec depuis 2019 (La Finan-
mique de la production de lin oléagineux sur leurs fermes. Les
cière agricole, 2018).
résultats positifs obtenus expliquent l’accroissement observé, d’année en année, de la superficie totale de cette culture.
Le lin est une plante de climat tempéré et humide, il convient donc parfaitement aux conditions climatiques du Québec. De
Jusqu’à tout récemment, la paille de lin et ses dérivés ont été
plus, il s’insère bien dans les systèmes de rotation. Il permet
sous-utilisés (ils étaient souvent considérés comme de simples
ainsi de diversifier les revenus et d’améliorer la rentabilité
résidus). Avec les nouvelles opportunités du marché des biopro-
globale d’une entreprise agricole.
duits et des agromatériaux, ils représentent des matières valorisables permettant de diversifier les revenus. Actuellement, des
Les marchés du lin oléagineux sont nombreux, car il se prête à de multiples usages. La graine de lin est utilisée en alimen-
démarches sont en cours pour instaurer une usine de défibrage de lin dans la MRC de La Mitis (Coopérative Innolin).
tation animale et humaine pour ses propriétés nutritionnelles bénéfiques pour la santé (oméga-3, fibres, lignanes, etc.). Elle
L’agrotourisme est aussi un autre aspect de la valorisation du
a également de nombreuses applications industrielles. Son
lin. La MRC de la Mitis accueille les visiteurs venus admirer les
huile est employée dans les peintures et les teintures, les encres
champs de lin pendant la période de floraison, certains venant
d’imprimerie, le savon, le linoléum et dans les produits pour
par exemple y prendre des photos de mariage. Le lin est donc
le traitement du bois. Après l’extraction de l’huile, il reste un
une culture à usages multiples.
sous-produit appelé tourteau que les éleveurs utilisent comme supplément protéique dans les rations animales.
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BIOLOGIE Le lin oléagineux (Linum usitatissimum L.) est une espèce de la famille des linacées. C’est une plante annuelle qui atteint une hauteur de 50 à 60 cm et qui est pourvue d’une racine pivotante à partir de laquelle croissent des racines fasciculées pouvant atteindre 120 cm. Toutefois, ce système racinaire reste relativement superficiel : 95 % de la masse racinaire se trouve à moins de 60 cm de la surface (Hall et coll., 2016). Ses feuilles sont simples et sessiles. L’inflorescence est une cyme. La fleur de couleur bleue a cinq pétales (Figure 1). Les nouvelles fleurs apparaissent chaque matin et ne vivent que quelques heures; elle s’ouvrent peu après le lever du soleil et tombent avant midi. La floraison débute environ 60 jours après le semis et dure autour de trois semaines. Le fruit est une capsule composée de cinq loges. Chaque capsule contient de 8 à 10 graines (CRAAQ, 2019). De forme ovale, la graine mesure de 4 à 6 mm et sa couleur varie de brun moyen à pâle (Figure 2).
Figure 1. Fleurs de lin
La graine de lin contient en moyenne 22 % de protéines brutes sur une base sèche
Photo : Éric Labonté
et 45 % d’huile dont 55 à 60 % sont des acides gras linoléniques ou oméga-3 (Tableau 1). C’est la graine de lin qui est, de toutes les graines, la plus riche en oméga-3.
Tableau 1. Caractéristiques de l’huile de quelques oléagineux (base matière sèche)
Teneur en huile (%)
Teneur en acide gras linolénique (oméga-3) de l’huile (%)
Canola
40-46
8
Lin
45-50
55-60
Soya
20-22
2-7
Tournesol
40-48
1
Oléagineux
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ROTATION En général, le lin s’intègre bien dans la rotation des cultures établies au Québec. Il s’est avéré un excellent précédent cultural des céréales et des légumineuses autant dans les travaux de recherche que chez les producteurs. Étant la seule plante agricole de la famille botanique des linacées, elle a peu de maladies communes avec les autres espèces (CRAAQ, 2019). Ainsi, sa culture procure l’avantage de couper le cycle de plusieurs maladies courantes des graminées (ex. : fusariose des céréales et du maïs) et des légumineuses (pourriture sclérotique du soya).
Cependant, il n’est pas recommandé de cultiver du lin après la culture d’une légumineuse ayant été affectée par le champignon Rhizoctonia sp., puisqu’il est sensible à cette maladie. Des recherches menées en Saskatchewan ont démontré que la productivité du lin peut être affectée s’il est cultivé après une culture de canola ou de moutarde. Cela est causé par les composés allélopathiques que produisent les plants matures de canola, de moutarde et leurs repousses. Il est préférable de ne cultiver le même champ en lin qu’une fois tous les 4 ans. Il est aussi déconseillé de cultiver le lin après la pomme de terre en raison probablement de la rhizoctonie (CRAAQ, 2019). Figure 2. Graines de lin
Deux années de suites de lin peuvent entrainer une diminution des rendements, à cause du même effet allélopathique des repousses (Écosphère, 2014).
À PROPOS DU LIN TEXTILE AU QUÉBEC En 1942, 12 487 ha de lin textile ont été cultivés au Québec (Agriculture Canada Experimental Farms Service, Fibre Division Progress Report 1937-1947). Plus tard, la faisabilité agronomique de la production de lin textile de haute qualité a été démontrée lors du projet « Production de lin textile 1995-1997 » de l’Entente auxiliaire Canada-Québec sur le développement agro-alimentaire (Programme d’innovations technologiques, No 25-810206-07003), grâce auquel un rendement variant de 3,5 à 8,5 t/ha de lin roui avait été obtenu sur 14 sites-années. Une usine de teillage avait même été construite. Abandonnée depuis, cette industrie suscite un regain d’intérêt chez certains producteurs (Stevenson, 2021).
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CULTIVARS Les producteurs peuvent obtenir de la semence certifiée auprès de la plupart des fournisseurs de semence commerciale. Il est préférable d’utiliser de la semence traitée avec un fongicide (voir section Les maladies et les insectes). Pour la culture biologique, il est toutefois possible de se procurer de la semence non traitée. Actuellement, la semence de lin provient principalement de la Saskatchewan et du Manitoba, là où se concentre la production canadienne.
Les cultivars enregistrés au Canada ont été développés dans les provinces de l’Ouest. Tous ces cultivars répondent généralement bien aux conditions de culture québécoises. Des essais de cultivars sont réalisés par le CÉROM et par le réseau des grandes cultures du Québec (RGCQ).
Notamment, un programme d’amélioration génétique s’est déroulé au CÉROM entre 2003 et 2017. Les objectifs poursuivis étaient l’amélioration du rendement et de la qualité des graines (teneur plus élevée en acide linolénique).
En 2019, le CÉROM a publié les résultats d’essais sur 2 cultivars : AAC Bravo et CDC Glas. Le Tableau 2 présente les résultats des essais du RGCQ (2018-2019) pour les cultivars AAC Bravo et CDC Glas dans 3 zones agroclimatiques. Le Tableau 3 en résume les rendements sur la période 2017-2019.
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