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Bonnes pratiques viticulture

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Ces travaux ont été réalisés grâce à une aide financière du Programme Innov’Action agroalimentaire, un programme issu de l’accord Cultivons l’avenir 2 conclu entre le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, et Agriculture et Agroalimentaire Canada.

Lorsque vous achetez nos publications, vous encouragez la diffusion des nouvelles connaissances et la mise à jour de nos outils de référence. Merci!

Avertissements

Au moment de sa rédaction, l’information contenue dans ce guide reflète l’état des connaissances et des bonnes pratiques dans le secteur viticole au Québec, mais son utilisation demeure sous l’entière responsabilité du lecteur. Certains renseignements ayant pu évoluer d’une manière appréciable depuis la rédaction, le lecteur est invité à en vérifier l’exactitude avant de les utiliser et de les mettre en application.

Dans le présent document, le masculin englobe le féminin et est utilisé uniquement pour alléger le texte.

Il est interdit de reproduire, traduire ou adapter ce document, en totalité ou en partie, sous quelque forme ou par quelque procédé que ce soit, sans l’autorisation écrite du Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec.

Pour information et commentaires

Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ)

Édifice Delta 1 2875, boulevard Laurier, 9e étage Québec (Québec) G1V 2M2

Téléphone : 418 523-5411

Télécopieur : 418 644-5944

Courriel : client@craaq.qc.ca

Site Internet : www.craaq.qc.ca

Photo de la page couverture : Martin Ménard/TCN

© Gouvernement du Québec, 2017

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2017

Suivant sa convention avec le MAPAQ, le CRAAQ est autorisé par le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation à publier les textes du personnel du Ministère. Suivant son entente avec Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), le CRAAQ est aussi autorisé à publier les textes du personnel d’AAC.

PVIG0101-PDF

ISBN 978-2-7649-0509-8 (version imprimée)

ISBN 978-2-7649-0512-8 (PDF)

Dépôt légal

Bibliothèque et Archives Canada, 2017

Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2017

L’EXPERTISE se

et le SAVOIR se diffuse

Notre mission

En s’appuyant sur le réseautage des meilleurs experts et en tirant profit d’une approche intégrée des technologies de l’information, le CRAAQ rassemble et diffuse le savoir et développe des outils contribuant à l’avancée du secteur agricole et agroalimentaire.

Notre vision

Fort de son expertise et de son savoir-faire comme diffuseur privilégié du secteur agricole et agroalimentaire québécois, le CRAAQ entend innover dans la gestion numérique des contenus et dans ses moyens de diffusion afin de développer de nouveaux marchés au Québec, au Canada et à l’international.

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COMMENT UTILISER CE GUIDE

Le Guide de bonnes pratiques en viticulture invite le viticulteur à s’interroger sur ses pratiques de viticulture durable en remplissant d’abord des grilles d’autoévaluation (chiffrier électronique accessible au www.craaq.qc.ca/vigne_ autoevaluation), puis à consulter le présent document pour mieux comprendre l’impact des différentes pratiques sur son entreprise et sur l’environnement.

S’inspirant du New York Guide to Sustainable Viticulture Practices: Grower Self-assessment Workbook 1 (Cornell University), les grilles d’autoévaluation proposent un total de 114 questions suivies de 2 à 4 options décrivant les pratiques selon leur niveau de risque, du plus faible au plus élevé. Le viticulteur doit choisir parmi les 4 niveaux de risque, celui qui correspond le mieux à sa situation. Les auteurs ont également établi un niveau de priorité selon lequel il serait souhaitable d’améliorer chaque pratique (1 = urgent à 5 = non urgent) ainsi qu’un indice de facilité de mise en œuvre (de facile à difficile) et un indice de coût (de faible à élevé). La protection hivernale des vignes, par exemple, est jugée prioritaire par rapport à l’effeuillage. Cela signifie que selon les principes de l’agriculture durable, l’entreprise fera plus de gains en assurant d’abord une protection adéquate à ses vignes avant d’améliorer ses techniques d’effeuillage.

Une fois les grilles d’autoévaluation remplies, le viticulteur pourra élaborer un plan d’action pour établir l’ordre dans lequel il compte améliorer ses pratiques et ainsi atteindre les niveaux moins à risque que présentent les pratiques de viticulture durable.

Ce premier tome du Guide de bonnes pratiques en viticulture porte sur la gestion du sol, la gestion du vignoble, la gestion des maladies, la gestion des pesticides et la formation continue. Un deuxième tome portera sur la fertilisation, les insectes, les mauvaises herbes et autre ravageurs, ainsi que d’autres pratiques liées à la gestion du vignoble et de la récolte.

1. Wise, A., T. Martinson, J. Hawk, T. Weigle et L. Tarleton. 2007. New York Guide to Sustainable Viticulture Practices: Grower Self-assessment Workbook. Cornell University, New York State Agricultural Experiment Station, Geneva, NY. www.vinebalance.com ©2007 Cornell University. Utilisé avec permission.

RÉDACTION

Evelyne Barriault, agronome, conseillère en arboriculture fruitière et viticulture, ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, Direction régionale de la Montérégie, Saint-Jean-surRichelieu

Karine Bergeron, agronome, conseillère en pomiculture et viticulture, secteur Est, ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, Direction régionale de la Montérégie, Sherbrooke

Odile Carisse, Ph.D., phytopathologiste, Agriculture et Agroalimentaire Canada, Centre de recherche et de développement de Saint-Jean-sur-Richelieu

Lyne Desnoyers, agronome, chargée de projets, CRAAQ, Québec

Gaëlle Dubé, agronome, conseillère en viticulture

Raphaël Fonclara, agronome, conseiller en viticulture, Dura-Club inc., Bedford

Isabelle Turcotte, agronome, conseillère en viticulture, et pomiculture

Larbi Zerouala, agronome, conseiller en horticulture, vigne et agriculture biologique, ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, Direction régionale des Laurentides

RÉVISION

Monique Audette, agronome, consultante en pomiculture et viticulture

Evelyne Barriault, agronome, conseillère en arboriculture fruitière et viticulture, ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, Direction régionale de la Montérégie, Saint-Jean-sur-Richelieu

Valérie Bouthillier-Grenier, agronome, PleineTerre SENC, Napierville

Gaëlle Dubé, agronome, conseillère en viticulture

Raphaël Fonclara, agronome, conseiller en viticulture, Dura-Club inc., Bedford

Fabien Gagné, T.P., viticulteur, Vignobles Saint-Rémi, Saint-Rémi

Aubert Michaud, Ph.D., chercheur, Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA), Québec

Karine Pedneault, chercheure scientifique, Institut de recherche en biologie végétale, Jardin botanique de Montréal (IRBV)/professeure associée, Université Laval, Québec

Dominique Plouffe, biologiste, assistante de recherche, Agriculture et Agroalimentaire Canada, Saint-Jean-surRichelieu

Caroline Provost, Ph.D., directrice-chercheuse, Centre de recherche agroalimentaire de Mirabel, Mirabel

Pierre-Antoine Thériault, éco-conseiller, ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, Direction de l’agroenvironnement et du développement durable, Québec

Isabelle Turcotte, agronome, conseillère en viticulture et pomiculture

Daniel Venneman, agronome, Dura-Club inc., Bedford

COORDINATION

Evelyne Barriault, agronome, conseillère en arboriculture fruitière et viticulture, ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, Direction régionale de la Montérégie, Saint-Jean-sur-Richelieu

ÉDITION

Danielle Jacques, M.Sc., agronome, chargée de projets aux publications, CRAAQ, Québec

Lyne Lauzon, biologiste

CONCEPTION GRAPHIQUE ET MISE EN PAGE

Nathalie Nadeau, graphiste, CRAAQ, Québec

REMERCIEMENTS

Le CRAAQ remercie les organismes et toutes les personnes qui ont collaboré de près ou de loin à la réalisation de ce guide.

Le CRAAQ remercie aussi ses collaborateurs financiers :

Dubois Agrinovation

Vignes chez Soi

AEF Global

Centre Agricole Bienvenue (Rougemont) Inc.

Mori Vines

VineTech Canada Inc.

Association des vignerons du Québec

TABLE DES MATIÈRES

CHAPITRE 1. GESTION DU SOL

Auteurs : Evelyne Barriault, Raphaël Fonclara

Réviseurs : Valérie Bouthillier-Grenier, Aubert Michaud, Gaëlle Dubé, Isabelle Turcotte, Fabien Gagné

AVANT D’IMPLANTER LES VIGNES

1. Est-ce que les parcelles sont caractérisées avant l’implantation des vignes? 04

2. Parcelles présentant un risque élevé de lessivage 06

3. Parcelles présentant un risque faible à modéré de lessivage et d’érosion 06

4. Parcelles présentant un risque élevé d’érosion hydrique 06

5. Est-ce que les parcelles à risque d’érosion hydrique sont aménagées afin de réduire ce risque? ............. 07

6. Est-ce que les parcelles sont nivelées? 08

7. Est-ce que les parcelles sont drainées souterrainement? ........................................................................................... 09

8. Est-ce que la compaction du sol a été évaluée et, le cas échéant, corrigée avant la plantation? 10

9.L’orientation des rangs de vignes est-elle réfléchie en fonction du risque d’érosion? 10

10. Le sol et le sous-sol sont-ils analysés avant la plantation ..........................................................................................

11. Est-ce que le pH des parcelles est adéquat? 11

12. Est-ce qu’un engrais vert est semé l’année avant la plantation des vignes? ....................................................... 12

13. Est-ce qu’un fumier ou compost est appliqué l’année avant la plantation des vignes? 12

VIGNOBLE ÉTABLI

14. À quelle fréquence le sol est-il analysé? 13

15. Le pH est-il maintenu à un niveau optimal? .................................................................................................................... 14

16. Est-ce que des mesures de conservation de la matière organique du sol sont appliquées? 14

17. Est-ce que des mesures sont mises en place pour assurer une bonne gestion de l’azote? .......................... 16

18.Comment les résidus de la vinification sont-ils gérés? 16

19. Est-ce que des mesures sont mises en place pour prévenir la contamination des sols? 17

20. Est-ce que des mesures sont mises en place pour prévenir la compaction? 17

21.Le système de drainage souterrain est-il adéquat et entretenu pour conserver son efficacité? 18

22. La présence de ruissellement est-elle observée dans les champs? ........................................................................ 19

23. Est-ce que des mesures sont mises en place pour prévenir l’érosion hydrique du sol?.................................19

24. Est-ce que les cours d’eau et les étendues d’eau sont protégés par des bandes riveraines correctement aménagées? 19

25. Est-ce que des mesures visant à protéger la biodiversité des microorganismes du sol sont mises en place? .................................................................................................................................................... 20

GESTION DE L’ENTRE-RANG

26. Est-ce qu’un couvre-sol est présent entre les rangs? 21

27. Quel type de couvre-sol est mis en place? ....................................................................................................................... 22

28. Comment le couvre-sol est-il entretenu? 23 RÉFÉRENCES 23

CHAPITRE 2. GESTION DU VIGNOBLE

Auteurs : Evelyne Barriault, Gaëlle Dubé, Isabelle Turcotte, Larbi Zerouala

Réviseures : Monique Audette, Karine Pedneault, Caroline Provost

IMPLANTATION DU VIGNOBLE OU D’UNE PARCELLE ET MATÉRIEL DE PLANTATION

1. Quelle est la position du vignoble dans le relief environnant?

2. Est-ce qu’un plan du vignoble existe?

3. Est-ce que l’orientation des rangées est appropriée au site?

4. Des parcelles de vignes sont-elles exposées à des vents forts? ...............................................................................

5. Est-ce que l’espacement et l’écartement sont raisonnés?

6. Sur quels critères le choix des cépages est-il basé? ......................................................................................................

7. Est-ce que la qualité des plants est adéquate?

8. Est-ce que la plantation est faite au moment opportun et dans les bonnes conditions?

9. Est-ce que la profondeur de plantation est adéquate?

CONDUITE DES VIGNES

10. Est-ce que le type de taille est adapté au cépage? .......................................................................................................

11. Est-ce que le système de palissage est adapté au mode de conduite?

12. La survie hivernale des bourgeons est-elle évaluée avant le début de la taille?

13. La taille est-elle ajustée selon le taux de survie des bourgeons? ............................................................................

14. Est-ce que les vignes sont taillées au bon moment?

15. Est-ce que la vigueur et l’équilibre feuilles : fruits sont évalués? .............................................................................

16. S’il a été déterminé que les vignes sont déséquilibrées (plants faibles ou vigueur excessive), des efforts sont-ils faits pour augmenter ou diminuer leur vigueur?

LAISSER ENTRER LA LUMIÈRE

17. Est-ce que la conduite permet l’exposition optimale du feuillage, des bois et des grappes? 46

18. Est-ce que l’ébourgeonnage et l’épamprage sont faits au bon moment? ...........................................................

19. Est-ce que le rognage et l’écimage sont faits de manière adéquate? 48

20. Est-ce que l’effeuillage est fait de manière adéquate et au bon moment? .........................................................

RENOUVELLEMENT DE PARCELLES

21. Est-ce que les vignes mortes sont comptées et remplacées régulièrement?

50

22. Lors du renouvellement d’une parcelle, est-ce que les bonnes pratiques sont appliquées? ....................... 51

GESTION DE LA RÉCOLTE

23. Est-ce que le rendement est estimé adéquatement? 52

24. Est-ce que le rendement est approprié pour la parcelle? ........................................................................................... 53

25. Est-ce que la faune est contrôlée? 53

26. Sur quels critères la détermination de la date des vendanges est-elle basée? 54

ASSURER LA RENTABILITÉ DU VIGNOBLE

27. Est-ce que les cépages sensibles au froid sont protégés pendant l’hiver?

56

28. Est-ce que la protection contre le gel de printemps est adaptée aux risques du site?................................... 59

29. Est-ce que des registres existent et pourquoi?

60

ANNEXE 2.1 FEUILLE DE PRISE DE DONNÉES POUR

2.2

ANNEXE 2.3 EXEMPLES DE PLANS PARCELLAIRES ..................................................................................................73

ANNEXE 2.4 EXEMPLES DE REGISTRES (pulvérisations, opérations culturales, amendements et engrais granulaires) .................................................................................................

CHAPITRE 3. GESTION DES MALADIES

Auteure : Odile Carisse

Réviseures : Evelyne Barriault, Gaëlle Dubé

CONNAISSANCE DES MALADIES DE LA VIGNE

1.Est-ce que des employés travaillant au vignoble sont en mesure d’identifier les maladies présentes dans celui-ci? .................................................................................................................................

2. Est-ce que le cycle biologique des agents responsables des maladies de la vigne est connu? 82

3. Est-ce que la sensibilité des cépages est considérée lors de l’implantation du vignoble et de la gestion des maladies? 83

LUTTE INTÉGRÉE

4. Est-ce que la stratégie d’intervention contre les maladies est basée sur l’utilisation de plusieurs méthodes de lutte et inclut des mesures de prévention? ......................................... 84

RAISONNEMENT DE LA LUTTE CHIMIQUE

5. Est-ce que les traitements fongicides contre les principales maladies sont faits en fonction des risques? 85

6. Est-ce qu’un dépistage des maladies est effectué régulièrement? 86

7. Est-ce que les conditions météorologiques favorisant le développement des maladies sont connues et considérées lors de la prise de décision quant à un traitement fongicide? 87

8. Est-ce que des employés travaillant au vignoble possèdent une bonne connaissance des fongicides et utilisent ces produits de façon optimale et sécuritaire? 88

9. Un programme de gestion de la résistance aux fongicides est-il en place dans le vignoble? 88

STRATÉGIES DE LUTTE CONTRE LES MALADIES

10. Est-ce qu’une stratégie de lutte contre le mildiou (Plasmopara viticola) a été mise en place? 90

11. Est-ce qu’une stratégie de lutte contre le blanc (Erisyphe necator) a été mise en place? 92

12. Est-ce qu’une stratégie de lutte contre la pourriture grise (Botrytis cinerea) a été mise en place? ........... 94

13. Est-ce qu’une stratégie de lutte contre l’anthracnose (Elsinoe ampelina) a été mise en place? 95

14. Est-ce qu’une stratégie de lutte contre la pourriture noire (Guignardia bidwellii) a été mise en place? . 97 RÉFÉRENCES 98

CHAPITRE 4. GESTION DES PESTICIDES

Auteures : Evelyne Barriault, Karine Bergeron

Réviseurs : Gaëlle Dubé, Pierre-Antoine Thériault, Daniel Venneman

à 17. Voir la grille d’autoévaluation

18. Le pulvérisateur est-il réglé?

19 et 20. Voir la grille d’autoévaluation

21. Est-ce que des actions sont mises en place pour prévenir la résistance des ravageurs (insectes, mauvaises herbes et maladies) aux pesticides? ........................................................................................

22. Est-ce que des pesticides sont appliqués au moment de la floraison? Si oui, comment les pollinisateurs sont-ils protégés?

23. Comment les pesticides périmés ou en surplus ou qui ont perdu leur homologation sont-ils gérés?

24. Voir la grille d’autoévaluation

25. Que contient le registre des interventions phytosanitaires?

26 à 28. Voir la grille d’autoévaluation

29. L’étiquette de chaque pesticide qui sera utilisé est-elle lue avant son application?

30. Voir la grille d’autoévaluation

31. À la suite d’une application de pesticides, comment le pulvérisateur est-il nettoyé et les restes de bouillie sont-ils gérés?

CHAPITRE 5. FORMATION CONTINUE

Auteures : Lyne Desnoyers, Evelyne Barriault

Réviseurs : Gaëlle Dubé, Dominique Plouffe, Raphaël Fonclara

1. Le gérant du vignoble possède-t-il des publications sur la viticulture et l’oenologie? .................................

Compléments d’information pour les questions 2 et 3 de la grille d’autoévaluation ............................................

MAGAZINES SPÉCIALISÉS

4. Le gérant du vignoble est-il abonné à des magazines spécialisés? 119

ORGANISMES DE RECHERCHE ET DE TRANSFERT

5. Connaissez-vous les organismes qui font de la recherche et du transfert technologique sur la vigne au Québec? ................................................................................................................................................................

FORMATIONS ET ÉVÈNEMENTS

Compléments d’information pour les questions 6 à 9 de la grille d’autoévaluation 121

EXPÉRIMENTATIONS AU VIGNOBLE

10. Est-ce que les nouvelles techniques et changements de pratiques font l’objet d’expérimentations au vignoble? 121

FORUMS D’ÉCHANGES

11. Participez-vous à un forum de discussion ou d’échanges? 121

ASSOCIATIONS ET RÉSEAUX

12. Consultez-vous régulièrement un conseiller en viticulture, un oenologue ou un conseiller en gestion?

CHAPITRE 1

GESTION DU SOL

Auteurs :

Evelyne Barriault, Raphaël Fonclara

Réviseurs :

Valérie Bouthillier-Grenier, Aubert Michaud, Gaëlle Dubé, Isabelle Turcotte, Fabien Gagné

Evelyne Barriault, MAPAQ

Chapitre 1

GESTION DU SOL

AVANT D’IMPLANTER LES VIGNES

1. Est-ce que les parcelles sont caractérisées avant l’implantation des vignes? 04

2. Parcelles présentant un risque élevé de lessivage ......................................................................................................... 06

3. Parcelles présentant un risque faible à modéré de lessivage et d’érosion 06

4. Parcelles présentant un risque élevé d’érosion hydrique ........................................................................................... 06

5. Est-ce que les parcelles à risque d’érosion hydrique sont aménagées afin de réduire ce risque? 07

6. Est-ce que les parcelles sont nivelées? 08

7. Est-ce que les parcelles sont drainées souterrainement? 09

8. Est-ce que la compaction du sol a été évaluée et, le cas échéant, corrigée avant la plantation? 10

9.L’orientation des rangs de vignes est-elle réfléchie en fonction du risque d’érosion? .................................... 10

10. Le sol et le sous-sol sont-ils analysés avant la plantation 11

11. Est-ce que le pH des parcelles est adéquat? ....................................................................................................................

12. Est-ce qu’un engrais vert est semé l’année avant la plantation des vignes?

13. Est-ce qu’un fumier ou compost est appliqué l’année avant la plantation des vignes? 12

VIGNOBLE ÉTABLI

14. À quelle fréquence le sol est-il analysé?

15. Le pH est-il maintenu à un niveau optimal?

16. Est-ce que des mesures de conservation de la matière organique du sol sont appliquées? 14

17. Est-ce que des mesures sont mises en place pour assurer une bonne gestion de l’azote? 16

18.Comment les résidus de la vinification sont-ils gérés? 16

19. Est-ce que des mesures sont mises en place pour prévenir la contamination des sols? ............................... 17

20. Est-ce que des mesures sont mises en place pour prévenir la compaction? 17

21.Le système de drainage souterrain est-il adéquat et entretenu pour conserver son efficacité?................. 18

22. La présence de ruissellement est-elle observée dans les champs? 19

23. Est-ce que des mesures sont mises en place pour prévenir l’érosion hydrique du sol?.................................19

24. Est-ce que les cours d’eau et les étendues d’eau sont protégés par des bandes riveraines correctement aménagées? 19

25. Est-ce que des mesures visant à protéger la biodiversité des microorganismes du sol sont mises en place? 20

GESTION DE L’ENTRE-RANG

26. Est-ce qu’un couvre-sol est présent entre les rangs? 21

27. Quel type de couvre-sol est mis en place? ....................................................................................................................... 22

28. Comment le couvre-sol est-il entretenu? 23

AVANT D’IMPLANTER

LES VIGNES

La préparation du sol et l’aménagement des parcelles est une étape cruciale dans l’implantation d’un vignoble. Il est important de garder en tête qu’on établit les vignes pour plusieurs dizaines d’années. Certaines décisions prises à ce moment, comme le choix du site et l’orientation des rangs, sont irréversibles. Les aménagements de drainage de l’eau de surface et de l’eau souterraine seront aussi beaucoup plus efficaces et moins coûteux s’ils ont été réfléchis et réalisés avant la plantation.

La caractérisation des parcelles (Barriault et al., 2013b) avec un conseiller viticole et un spécialiste en sol et drainage vous permettra d’identifier les points forts et les points faibles à corriger de façon à tirer le plein potentiel de vos parcelles et à protéger vos ressources sol et vignes.

1. Est-ce que les parcelles sont caractérisées avant l’implantation des vignes?

La caractérisation des parcelles, en ce qui a trait au sol, débute par la recherche des rapports pédologiques pour connaître la série de sol et les caractéristiques (texture, profondeur, drainage, etc.) auxquelles on doit s’attendre. Ces rapports ont été réalisés depuis les années 1940 à différents niveaux de précision. Ils sont disponibles par région sur les sites Internet de l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (irda.qc.ca/fr/outils-et-services/informations-sur-les-sols/etudes-pedologiques), d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (sis.agr. gc.ca/siscan/publications/surveys/pq/index.html ) ou d’Info-Sols (info-sols.ca).

Ensuite, pour bien caractériser le sol des différentes parcelles du vignoble, il est important d’y creuser des trous pour examiner le profil du sol et vérifier in situ la texture et la profondeur du sol, la qualité du drainage souterrain et la présence ou non de zones compactées L’appréciation visuelle de la topographie par rapport au relief environnant permet de déterminer les endroits où creuser : en haut de pente, au milieu et en bas.

La texture du sol dépend de la quantité de sable, de limon et d’argile constituant le sol. Elle peut être évaluée à la main par un expert ou par une analyse granulométrique en laboratoire. Une analyse chimique du sol et du sous-sol de toutes les parcelles devrait également être réalisée (pour plus de détails, voir la question 10).

La caractérisation des parcelles (sol et topographie) doit permettre en premier lieu d’éliminer les sites les moins propices à la culture de la vigne (mauvais drainage, faible profondeur de sol, sol organique, altitude dépassant 350 m, pente de plus de 15 %).

La Grille d’évaluation du potentiel d’un site pour l’implantation d’un vignoble au Québec (Barriault et al., 2013b), le Guide d’implantation – Vigne (Barriault, 2012b) et le guide Les profils de sol agronomiques (Weill, 2009) sont de bons outils pour caractériser une parcelle. Consultez votre réseau Agriconseils pour connaître les experts et la liste des laboratoires accrédités disponibles dans votre région.

Les parcelles peuvent également être caractérisées selon leur risque d’érosion hydrique et leur risque de lessivage. La détermination de ces paramètres à partir du groupe hydrologique auquel appartient le sol et de la pente permet de planifier l’aménagement des parcelles et le fractionnement des applications de fertilisants et d’herbicides

Détermination du risque d’érosion hydrique et de lessivage des parcelles

Au Québec, les séries de sol sont classées suivant quatre groupes hydrologiques (A, B, C et D). Ce classement indique entre autres la susceptibilité des sols à l’érosion (perte de sol), au ruissellement ou au lessivage (perte d’éléments nutritifs et de contaminants vers les fossés et cours d’eau ou la nappe phréatique) en réponse à des précipitations. La pente est également un facteur influençant le risque de ruissellement et d’érosion d’une parcelle. Ces informations s’avèrent fort utiles pour aménager les parcelles et planifier les besoins en matière de drainage de l’eau de surface ainsi que les opérations culturales telles que l’application de fertilisants et d’herbicides

Le groupe hydrologique du sol d’une parcelle reflète aussi sa capacité d’infiltration, sa profondeur, la présence ou non d’une couche imperméable et la hauteur

de la nappe phréatique pendant la saison de croissance. Les informations recueillies lors de l’examen du profil de sol, notamment la texture et la classe de drainage du sol telle que reflétée par la présence de marbrures (taches de rouille) ou de couleurs (gris, bleu) dans les différentes couches de sol, permettent de déterminer les risques d’érosion et de lessivage. Suivant la série de sol propre à la parcelle, il est aussi possible de se référer au Classement des séries de sols minéraux du Québec selon les groupes hydrologiques (Gagné et al., 2013).

Les tableaux 1.1 et 1.2 résument les caractéristiques des groupes hydrologiques et l’influence de la texture et du degré d’inclinaison de la pente sur les risques d’érosion et de lessivage. Vous pouvez les utiliser pour repérer le pointage (première colonne des tableaux) attribué au groupe et à la pente, et ainsi compléter la grille d’autoévaluation.

Pour déterminer le risque d’érosion et de lessivage de vos parcelles, vous devez additionner le pointage obtenu pour le groupe hydrologique et pour la pente (1re colonne des tableaux 1.1 et 1.2). Utilisez le tableau de la grille d’autoévaluation pour caractériser plusieurs parcelles.

Explication du pointage (addition des deux résultats) :

• 2-3 : risque élevé de lessivage;

• 4-5 : risque faible à modéré de lessivage et d’érosion;

• 6-8 : risque élevé d’érosion.

Tableau 1.1 Risques d’érosion et de lessivage en fonction du groupe hydrologique, de la texture du sol et de la classe de perméabilité et de drainage

Pointage

DrainagePerméabilité

Textures1 principales de l’horizon A ou de surface

1Très bon à bon Élevée Grossière, sable loameux (SL), loam sableux (LS)

2BonBonne

3ImparfaitFaible à modérée

4Mauvais ou imparfait Bonne à élevée

Moyenne : loam (L), loam limoneux (LLi), limon (Li), loam sableux argileux (LSA)

Fine à moyenne : loam argileux (LA), loam limono-argileux (LLiA), argile sableuse (AS)

Fine : argile limoneuse (Ali), argile (A), argile lourde (ALo)

Groupe hydrologique

Risque d’érosion

Risque de lessivage Parcelles (nom)

AModérément faible + Élevé ++++

BModéré ++ Modérément élevé +++

CModérément élevé +++

Modérément faible ++

DÉlevé ++++ Faible +

1.À titre indicatif. La texture du sol n’est pas toujours révélatrice du groupe hydrologique (Gagné et al., 2013).

Adapté du New York Guide to Sustainable Viticulture Practices: Grower Self-assesment Workbook (Wise et al., 2007) et de la Grille d’évaluation du potentiel d’un site pour l’implantation d’un vignoble au Québec (Barriault et al., 2013b)

Tableau 1.2 Influence du degré d’inclinaison de la pente sur l’érosion du sol, le travail de la machinerie, le drainage de l’air froid et de l’eau

PointageDegré d’inclinaison de la pente

10 à 2,5 %

22,5 à 5 %

Impact sur le site

Facile à gérer, le risque d’érosion du sol est faible. Peut être propice au gel radiatif par le phénomène d’inversion de température.

Permet un drainage correct de l’air froid. Risque d’érosion du sol de faible à modéré. 35 à 7,5 % Permet un bon drainage de l’air froid, mais le risque d’érosion du sol augmente. On doit tenir compte de la pente pour le choix de l’orientation des rangs de vignes et du travail de la machinerie.

47,5 à 10 %

10 à 15 %

Permet un excellent drainage de l’air froid, mais présente de sérieux risques d’érosion du sol et de perte de nutriments. On doit tenir compte de la pente pour le choix de l’orientation des rangs de vignes et du travail de la machinerie.

Permet un excellent drainage de l’air froid. Présente de sérieux risques d’érosion du sol et de perte de nutriments. Non sécuritaire pour l’utilisation de la machinerie à moins d’aménager les parcelles en terrasses pour couper la pente. L’installation de mesures de contrôle du ruissellement, incluant des fossés, des rigoles d’interception, des avaloirs et des tranchées filtrantes, est for tement recommandée. Les rangs de vignes doivent être orientés perpendiculairement à la pente.

Plus de 15 % Non recommandé à cause des risques liés à l’érosion du sol et à l’utilisation de la machinerie.

Adapté de Pool, 2000

2. Parcelles présentant un risque élevé de lessivage

Les parcelles qui obtiennent des pointages de 2 à 3, c’est-à-dire un pointage de 1 ou 2 pour le groupe hydrologique et un pointage de 1 ou 2 pour la pente, présentent un risque élevé de lessivage. Dans ce type de parcelle, les fertilisants appliqués au sol, principalement l’azote et le potassium, devraient être fractionnés et appliqués en petites doses. Par ailleurs, dans la mesure du possible, il est préférable d’utiliser des herbicides peu mobiles (ayant un potentiel de lessivage faible) et peu persistants dans l’environnement. Par exemple, l’herbicide IGNITE, dont la matière active est le glufosinate d’ammonium, a une persistance et un potentiel de lessivage faibles. À l’inverse, la simazine est dotée d’une persistance et d’un potentiel de lessivage élevés.

La figure 1.1 (planches en couleurs à la fin du chapitre) présente un extrait de la fiche environnementale de la simazine et la figure 1.2 (planches en couleurs), un extrait concernant le glufosinate d’ammonium. Les fiches complètes peuvent être consultées sur SAgE pesticides (sagepesticides.qc.ca), dans la section « Effets toxiques des matières actives ».

3. Parcelles présentant un risque faible à modéré de lessivage et d’érosion

Les parcelles qui obtiennent des pointages de 4 à 5, c’est-à-dire un pointage de 1, 2, 3 ou 4 pour le groupe hydrologique et un pointage de 1, 2, 3 ou 4 pour la pente, présentent un risque faible à modéré de lessivage et d’érosion. Dans ce type de parcelle, il faut tenir compte autant des risques de lessivage que d’érosion. Il est donc souhaitable de fractionner les applications de fertilisants et de limiter l’application d’herbicides ayant un potentiel de lessivage élevé. L’enherbement de l’entre-rang est recommandé puisqu’il permet de réduire les risques d’érosion et de pollution diffuse par les pertes de sol. Si des vignes non rustiques sont cultivées, la protection hivernale avec des toiles géotextiles est préférable au buttage afin d’éviter de laisser le sol à nu durant l’hiver et à la fonte des neiges. On doit tenir compte de la pente pour le choix de l’orientation des rangs de vignes.

4. Parcelles présentant un risque élevé d’érosion hydrique

Les parcelles qui obtiennent des pointages de 6 à 8, c’est-à-dire un pointage de 2, 3 ou 4 pour le groupe hydrologique et un pointage de 2, 3 ou 4 pour la pente, présentent un risque élevé d’érosion. Avant d’implanter des vignes dans ce type de parcelle, il est important

d’aménager des structures de captage pour l’eau de ruissellement, comme des voies d’eau engazonnées (fossés végétalisés), des avaloirs, de courtes rangées séparées par des bandes enherbées, en plus de l’implantation d’une culture de couverture entre les rangs. Le buttage des vignes non rustiques n’est pas recommandé en raison des risques trop importants d’érosion durant l’hiver et au printemps. La protection hivernale avec des toiles géotextiles ou la plantation de cépages rustiques sont préconisées.

5. Est-ce que les parcelles à risque d’érosion hydrique sont aménagées afin de réduire ce risque?

Lors de la planification de l’implantation d’une parcelle de vignes, il est important de consulter un conseiller agricole ou un ingénieur pour se faire accompagner dans la gestion de l’eau, de façon à réduire les risques de ruissellement et d’érosion. En plus de la caractérisation des risques potentiels d’érosion et de lessivage, le conseiller pourra, à l’aide d’observations du cheminement de l’eau, de relevés microtopographiques par GPS ou de relevés de télédétection par laser (LIDAR pour « Light Detection and Ranging »), déterminer les zones à risque d’un champ qu’il convient d’aménager. Dépressions, bris de pente et concentration des parcours de ruissellement de surface constituent autant de situations qui méritent une attention particulière en matière d’aménagements hydroagricoles.

Si le drainage souterrain a pour but d’abaisser la nappe d’eau, le drainage de surface contribue pour sa part à répartir uniformément l’eau de pluie et de ruissellement sur les parcelles afin de favoriser son infiltration dans le sol et de réduire l’érosion. Les surplus d’eau de surface doivent être évacués sans accumulation ni érosion vers le réseau hydraulique (fossés, cours d’eau, etc.) et le réseau de drainage souterrain. Pour les parcelles où le risque d’érosion est faible, l’évacuation appropriée de l’eau de surface peut se faire principalement à l’aide du nivellement du sol. Lorsque le risque d’érosion est plus important, il est essentiel de prévoir des aménagements pour améliorer l’infiltration de l’eau dans le sol.

Il existe différents types d’ouvrages pour le captage des eaux de surface. Le choix et l’adaptation se font en fonction de la nature et de l’ampleur de la problématique d’érosion. De plus, le choix des structures de captage ne sera pas le même suivant que l’érosion a lieu en plein champ ou sur les berges d’un cours d’eau (Tableau 1.3).

Tableau 1.3 Ouvrages de captage de l’eau de ruissellement à privilégier selon la zone d’érosion

Zone d’érosionStructures de contrôle de l’eau de ruissellement

Plein champ Puits d’infiltration, rigoles d’interception, tranchées filtrantes, bassins de captage et avaloirs, voies d’eau engazonnées

Berge

Bande riveraine arbustive ou herbacée, brise-vent, risberme, protection des sorties de drains, déversoir enroché, avaloir, etc.

Agriculture et Agroalimentaire Canada et le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) ont produit des fiches techniques visant à promouvoir les aménagements hydroagricoles : Diagnostic et solutions de problèmes d’érosion au champ et de drainage de surface (Stampfli et al., 2007a) et Diagnostic et solutions des problèmes d’érosion des berges de cours d’eau (Cazelais et al., 2008). Plusieurs fiches techniques complémentaires sont également disponibles sur AgriRéseau. Elles présentent différents ouvrages hydroagricoles, leur utilité et comment les installer. Les principales structures à retenir sont décrites ci-dessous.

Les avaloirs

Ces structures permettent le captage ponctuel de l’eau de surface accumulée dans une dépression pour l’acheminer vers un cours d’eau ou un fossé au moyen d’un drain souterrain. Elles se composent d’un bassin de sédimentation et d’un drain. Pour en savoir plus, consultez la fiche technique Avaloirs et puisards (Stampfli et al., 2007b).

La voie d’eau et les rigoles d’interception engazonnées

Il s’agit d’un canal peu profond, le plus souvent de forme parabolique, généralement accompagné d’un drain en dessous, du côté d’où provient l’eau. Les voies d’eau et les rigoles d’interception conviennent bien au ruissellement concentré, aux terrains en pente forte, aux dépressions linéaires sur de longues distances et à la reconversion de fossés secondaires. Elles permettent d’intercepter le ruissellement, d’améliorer le drainage de surface et de réduire l’érosion. Elles doivent être recouvertes de végétation pour favoriser l’évacuation et l’infiltration de l’eau.

La forme parabolique de la voie d’eau et des rigoles d’interception permet leur engazonnement et la fauche

de la végétation. L’érosion s’en trouve ainsi réduite. Le drain en dessous de la voie d’eau vient l’assécher, permettant ainsi de la franchir avec de la machinerie. Pour en savoir plus, consultez la fiche technique Voies d’eau et rigoles d’interception engazonnées (Guillou, 2008).

Les chutes enrochées et les risbermes

Les chutes enrochées, aussi appelées « déversoirs enrochés », et les risbermes sont deux ouvrages hydroagricoles complémentaires. Leur principe consiste à canaliser l’eau de surface vers une sortie sur un cours d’eau aux points bas d’un champ. La sortie doit être protégée par un empierrement ou un engazonnement. La canalisation de l’eau peut se faire par un fossé ou une rigole. À l’approche du cours d’eau, l’eau doit être canalisée vers des sorties aménagées au moyen d’une surélévation du terrain : la risberme. Pour en savoir plus, consultez la fiche technique Déversoir enroché (Lamarre, 2009).

Protection des sorties de drains

Les sorties de drains étant des zones sensibles à l’érosion, il convient de les protéger. L’empierrement du pourtour des sorties de drains est généralement le moyen le plus simple utilisé en agriculture pour enrayer l’érosion. Pour en savoir plus, consultez la fiche technique Aménagement des sorties de drains (Potvin, 2008).

Plusieurs études ont démontré qu’employés seuls, les aménagements hydroagricoles ne suffisent pas à gérer le ruissellement et l’érosion. L’application de pratiques de conservation du sol et le maintien d’une bande riveraine d’au moins 1 m de largeur en haut du talus, de part et d’autre des cours d’eau, doivent venir les compléter.

6. Est-ce que les parcelles sont nivelées?

Le nivellement du sol vise à empêcher l’eau de surface de s’accumuler dans les parcelles en la dirigeant de façon sécuritaire vers un exutoire. Il permet également de corriger les dénivellations du terrain qui pourraient nuire au bon déroulement des opérations culturales dans le futur vignoble, telles que le rognage, les pulvérisations, le désherbage et la protection hivernale.

Le nivellement consiste à déplacer le sol en excès (buttes) vers les zones où il en manque (dépressions). Cependant, il doit être réalisé en déplaçant le minimum de sol (respect des pentes naturelles), de façon à conserver la fertilité du sol (la couche de surface ou « Top Soil » étant la terre arable) et à minimiser les coûts. Pour cette

raison, lorsque les besoins en nivellement sont importants, il est recommandé de mettre le sol de surface de côté, en bordure du champ, avant de niveler le sous-sol, puis de remettre cette couche de surface en place.

Plusieurs méthodes existent pour niveler un champ avec précision. Les méthodes empiriques « à l’œil » ont été remplacées par des méthodes assistées par laser ou par GPS (la cinématique temps réel ou RTK pour « Real Time Kinematic »). Ces dernières demandent toutefois une planification rigoureuse du chantier.

La méthode assistée par laser implique la division du champ en sections à pente constante. Une attention particulière doit être portée aux jonctions entre les sections. La méthode géoréférencée (RTK) permet, quant à elle, plus de flexibilité parce qu’elle prend en compte le relief du champ dans son ensemble. Avec ce système, il est possible de changer rapidement de pente, ce qui permet d’établir plusieurs pentes au sein d’une même section. Le nivellement assisté par GPS crée ainsi un drainage de surface sur mesure par rapport au profil existant du champ. (Figure 1.4, planches en couleurs)

Le nivellement par GPS (RTK) est la méthode la plus recommandée dans les vignobles étant donné son efficacité (altération moindre de la couche de surface) et son coût (moindre volume de sol déplacé). Voici un résumé des grandes étapes du nivellement par GPS :

• un relevé géoréférencé de la topographie du champ est réalisé à l’aide d’un véhicule (tracteur, VTT, 4 roues motrices) muni d’un appareil qui enregistre l’élévation du sol en fonction de ses coordonnées GPS;

• le relevé GPS, sous forme de carte, est analysé et le nivellement à effectuer est programmé sur ordinateur. On programme, par exemple, les pentes, les volumes de terre à déplacer, etc.;

• l’outil de nivellement (un tracteur de forte puissance tirant une lame et un panier pour déplacer le sol) reçoit le programme de nivellement ayant été planifié à l’aide d’un logiciel d’aménagement des sols. Muni d’un système GPS, il exécute au champ le nivellement prévu sur ordinateur.

La figure 1.3 (planches en couleurs) illustre ces étapes.

Le nivellement doit être réalisé lorsque le sol est sec, durant l’été ou à l’automne, idéalement avant le drainage souterrain, de façon à aligner les drains avec le niveau final du sol de la parcelle. Pour le drainage et plus encore

pour le nivellement, il faut s’attendre à un refoulement de terre. Dans les deux cas, un deuxième nivellement est à prévoir avant l’implantation des vignes. Le plan de nivellement original peut alors être réutilisé.

Le refoulement varie en fonction de la texture du sol. Plus un sol est argileux, plus le refoulement pourra être important (Tableau 1.4).

Tableau 1.4 Refoulement de sol prévisible selon le type de sol

Type de sol Refoulement de sol prévisible

Argile 30 à 40 %

Loam 20 à 25 %

Sable 10 %

Source : Savoie, 2009

Après le nivellement, il est recommandé de semer un engrais vert qui limitera l’érosion en facilitant la restructuration du sol.

7. Est-ce que les parcelles sont drainées souterrainement?

La vigne est particulièrement sensible à l’excès d’eau. L’abondance d’eau stimule la croissance du feuillage et des rameaux au détriment de la production de fruits. Dans les sols mal drainés, l’eau prend la place de l’air et les racines souffrent d’asphyxie. La croissance des vignes est faible, les plants sont moins vigoureux et s’acclimatent mal au refroidissement des températures à l’automne (mauvais aoûtement). Les plants mal aoûtés sont moins résistants au froid et subissent des dommages sous l’effet du gel pendant l’hiver. Enfin, les sols gorgés d’eau se réchauffent moins rapidement au printemps.

Par ailleurs, au Québec, durant une bonne partie de la saison, les conditions climatiques (fonte de la neige, précipitations et temps frais) font en sorte que les nappes d’eau peuvent être trop élevées pour permettre une viticulture rentable et offrir des conditions optimales pour la pérennité des vignes. C’est pourquoi la majorité des champs doivent être drainés partiellement ou systématiquement avant de pouvoir accueillir des vignes.

Le rabattement de la nappe phréatique d’au moins 50 cm par jour assure non seulement des conditions favorables à la santé et à la productivité des vignes, mais aussi un accès rapide au passage de la machinerie après la pluie.

Le drainage souterrain consiste à installer des drains dans le sol de façon à évacuer les excès d’eau en favorisant son infiltration. La nappe phréatique s’en trouve ainsi abaissée. Pour les cultures fruitières telles que la vigne, il faut idéalement viser un rabattement de la nappe de l’ordre de 40 à 50 cm par jour (Beaulieu et al., 2005).

Au cours des 30 dernières années, l’expérience des vignerons du Québec a permis de réaliser que des drains de 15 cm (6 po) de diamètre pourraient mieux convenir à la vigne que le drains de 10 cm (4 po) de diamètre, couramment utilisés dans les autres cultures. Ceci s’avère particulièrement vrai dans les sols qui se drainent rapidement. En vieillissant, les racines s’enfoncent profondément dans le sol et ont tendance à coloniser les drains en période de sécheresse, ce qui diminue leur efficacité. L’utilisation de drains d’un diamètre supérieur peut toutefois avoir un impact important sur les coûts d’installation du système de drainage et pourrait ne pas être justifiée dans certaines situations. La localisation des drains entre les rangs de vignes est généralement recommandée de façon à ne pas nuire à l’enfoncement des poteaux de palissage.

Pour déterminer les besoins en drainage et bien configurer le système requis en fonction du site, il faut procéder de façon méthodique. Voici un résumé des étapes à franchir :

• réaliser un profil de sol pour évaluer la qualité du drainage naturel du sol et estimer les besoins en drainage et la profondeur à laquelle les drains devront être installés. Pour vous aider, vous pouvez utiliser le guide Les profils de sol agronomiques (Weill, 2009), de même que la Grille d’évaluation du potentiel d’un site pour l’implantation d’un vignoble au Québec (Barriault et al., 2013b) et son guide de l’utilisateur;

• Les Vignerons Indépendants du Québec

L’association regroupe environ 26 vignobles membres et vise à favoriser le partage du savoir-faire dans cette production. advvq.com

• Les réseaux Agriconseils

Répartis dans les différentes régions du Québec, ces réseaux regroupent des conseillers qui offrent des services, non liés à la vente d’intrants, dans les secteurs de la viticulture, de la gestion et de la vinification. Certains conseillers proposent également des conférences et des journées de formation à leurs clients.

agriconseils.qc.ca

RÉFÉRENCES

Barriault, E. 2012. Guide d’implantation – Vigne. Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec. 117 p. craaq.qc.ca/Publications-du-CRAAQ/ guide-d_implantation-vigne/p/PPTF0101

Barriault, E. et al. 2013. Grille d’évaluation du potentiel viticole d’un site [en ligne]. agrireseau.net/vigne-vin/ documents/86621?r=grille+d%27%C3%A9valuation

Carisse, O., R. Bacon, J. Lasnier et W. McFadden-Smith. 2006. Guide d’identification des principales maladies de la vigne [en ligne]. Agriculture et Agroalimentaire Canada. 32 p. publications.gc.ca/site/archivee-archived.html?url=http://publications.gc.ca/collections/ Collection/A52-74-2006F.pdf

Carisse, O. et al. 2009. Gestion raisonnée des principales maladies de la vigne au Québec [en ligne]. Agriculture et Agroalimentaire Canada. 47 p. agrireseau.net/Vignevin/documents/76912

CLD de Brome-Missisquoi. 2013. Investir en BromeMissisquoi – Guide d’implantation d’un vignoble [en ligne]. 52 p. artisandelaterre.com/wp-content/ uploads/2014/04/GuideImplantationVignoble-Final2. pdf

CRAAQ. 2014. Guide des traitements phytosanitaires – Vigne. Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec. 64 p. craaq.qc.ca/Publicationsdu-CRAAQ/vigne--guide-des-traitements-phytosanitaires-2014/p/PPTF0116-04PDF

CRAAQ. 2012a. Vignes non rustiques – Budget –Vignes non rustiques avec buttage (production de raisins). Références économiques. 14 p. craaq.qc.ca/ Publications-du-CRAAQ/vignes-non-rustiques-budget-vignes-non-rustiques-avec-buttage-production-deraisins-juin-2012/p/PREF0059

CRAAQ. 2012b. Vignes rustiques – Budget – Vignes rustiques sans buttage (production de raisins). Références économiques. 14 p. craaq.qc.ca/Publications-duCRAAQ/vignes-rustiques-budget-vignes-rustiquessans-buttage-production-de-raisins-juin-2012/p/ PREF0292

CRAAQ. 2010. Chapitre 11. L’expérimentation à la ferme. Dans : Guide de référence en fertilisation, 2e édition. G. Gagné et L.-É. Parent (Éd. sc.). Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec. 473 p. www.craaq.qc.ca/Publications-du-CRAAQ/ guide-de-reference-en-fertilisation-2e-edition/p/ PSOL0101#tab_tab2

Dubé, G. et I. Turcotte. 2011. Guide d’identification des cépages cultivés en climat froid. Richard Grenier, éditeur. 215 p. craaq.qc.ca/Publications-du-CRAAQ/ guide-d_identification-des-cepages-cultives-en-climatfroid-cepages-de-cuve/p/PEDI0210

Duval, J. et G. Ménard. 2014. MIB 2014 – Manuel des intrants biologiques; productions végétales, animales et acéricole [en ligne]. CETAB+. 123 p. cetab.org/system/ files/mib_2014.pdf

Lasnier, J. et al. 2000. Les insectes ravageurs de la vigne au Québec [en ligne]. Agriculture et Agroalimentaire Canada. 10 p. agrireseau.net/vigne-vin/documents/86109

NRAES. 2008. Wine Grape Production, Guide for Eastern North America. Natural Resource, Agriculture, and Engineering Service, États-Unis. 336 p. craaq.qc.ca/ Publications-du-CRAAQ/wine-grape-productionguide-for-eastern-north-america/p/PAUT0104

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Samson, N. 2016. Planification et réalisation d’un essai de fertilisation azotée à la ferme [en ligne]. Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec. 31 p. www.craaq.qc.ca/Publications-du-CRAAQ/ planification-et-realisation-d_un-essai-de-fertilisationazotee-a-la-ferme-pdf/p/PSOL0107-PDF

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