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Ferme Val-Bisson

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le cultivateur de l'année Gilles Bissonnette En 1956, Gill Bi onnette prend po e ion, dan le rang du Hautde-la-Ri ière de t-Pol carpe, d'une ferme de prè de 200 acre qui n'a ait pa été culti ée depui 1941, donc «abandonnée» pendant quinze an. Ré olu de ' établir et d' faire a vie, il commence par le commencement, oit de rendre habitable une mai on qui ne l'a ait pa été depuis quinze an . Cette tâche accomplie, il amène on épou e et fonde on fo er qui compte maintenant cinq enfant . Pui , il entreprend un programme d'action bien planifié. Il débute a ec un troupeau laitier de 22 ache dont 10 que on père lui a ait prêtée . Même ile troupeau n'était pa nombreu la ferme ne produi ait pa uffi amment de foin et de grain . Le anal e du ol révèlent la né e ité d'un chaulage général et d'une fertili ation appropriée aux di er e culture .

Le ré ultat ne tardent pas à e faire aloir: le pâturage ont nettement améliorée et dè 1959, on implante de la luzerne qui a atteint la perfection aprè qu'une déci ion dra tique et coûteu e fut pri e, oit l'égouttement par drainage outerrain partout. Déci ion qui en fit par1er plu d ' un et ' était normal. Aujourd'hui, Mon ieur Bi onnette e t en me ure d'affirmer qu'à chaque année, le drainage 'e t largement pa é. Maintenant, a ec e 75 acre , on peut dire que tout ce qui e t po ible d'être en luzerne l'e t maintenant et on pratique 3 et même 4 coupe annuellement. A ce acre 'ajoutent un autre 20 a re de brome-luzerne. Le troupeau laitier e t maintenant de 62 ache Hol tein dont le rendement de 14,775 livre en 1973 devrait

Reportage de L. FOISY, agronome

dé pas er le 15,000 livre cette année. On pratique depui toujour l'insémination artificielle, on uit quotidiennement à l aide d'une roulette dite cadran de ge lion ce qui e pa e hez chaque ache et, naturellement, le troupeau e t ou ntrôle R.O.P.

Maintenir en e cellente ondition 62 a he H ol tein et leur faire donner to ut prè de 900,000 li re de lait annuellement né e ite une bonne ariété qualitative et quantitati e d'aliments. Part. an de l'autouffi ance maximale, on peut dire qu'à part le aliment pour bien faire démarrer e eaux, il produit tout. En maï , il ulti e 4 a re pour en ilage et 20 en maïs-grain Funk. Le blé Glenlea ulti é ur 30 a re donne un e ellent rendement de 60 mino ra re. Enfin, 0 are ont on a r ' à la ulture du o ·a qu'il fait torréfier à a oopérati e de t-Poly arpe dont il fut dire teur-admini trateur durant de n ombreu e année et demeure un membre trè a tif. A e une telle produ lion fourragère et éréalière, l'alimentation de on troupeau laitier, gardé en tabulation libre, e t omplétée par un apport de upplément Protéique Liquide ( .P.L. ) mi ontinuellement à la di p iti n de e va he à l'aide d'un ré er oir du type «lè he-roulette » .

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LEC~~


Lors de la remi e du dipl ôm de l'Ordre du Mérite Agri cole du Québec, l'on remarque M . Roland Pi geon, pré ident de la Coopérative Fédérée de Québec, l'hon. K. Drummond., mi ni tre de !'Agriculture, M. et Mme Gill e Bi onnett e, le héro de la fête, et M . Georges Vai ll ancourt , min i tre d'Etat.

A G ille Bi onnette, cultivateur de t-Polyca rpe, coo pérateur exempl aire, décoré de la M édaille d'Or du Mérite Agricole d u ti tre de omma nd eur, d u drapeau d e l'O rd re, du di plôme de trè gra nd mérite exceptionnel avec 915 point , le oopérateur Agricole offre e plu incère félici ta tio n . o mm en t ne pa te rminer cette vi ite chez Mo n ieur Bi onnette a n citer cette phra e qu ' un brave ci toyen de St-Polycarpe nou a dite lo r qu ' o n lu i a ap p ri que nou a Uion vi iter le gagna nt du M érite Agrico le Mon ieur Gille Bi on nette: «Comme bien des cultivateurs de St-Polycarpe se plaisent à le dire, tou ce honneur il ne les a pa gagnés, il les a mérités.» •P.

Qua nt au ol, il e t fertili é elon le toute dernière méthode , oit l'u age de mélange ur pre cription. Ain i, il ac hète , manipule et ne répand que e que on ol a be oin . En omrne, pa de matière de rempli age inutile .

Lhomme i ite r la ferme de GiUe Bi onnette e t i nt ére ant et in tructif. Ca u e r a ve cet homme e t une pha e tout au i intére ante. Bien econdé par une épou e qui a pui é une préci eu e expérience en travaillant durant plu ieur année à la coopérati e agricole locale, Mon ieur Bi onne tte, qui a fait e étude à l'Ecole d ' Agriculture de Ste-Martine, con id ère l'en eignement agricole et la fo rmation de agriculteur d'a ujourd'hui et de demain comme une néce ité ociale dont il ouhaite vou e ré oudre le problème au plu tôt.

M. Gille Bi onnette po e devant a résidence, rénovée aprè quinze an d'abandon, accompagné de on pécialiste en productions végétale de la Coopérative Fédérée, l'agronome Germain Lefebvre, et du dynamique gérant de a coopérative de St-Polycarpe, M. Raymond Bourgon.

Avec une légitime fierté, Mon ieur Bi onnette explique au repré entant du Coopérateur Agricole, M. Laurent Foi y, un cadran de ge tion qu 'il a lui-même fabriqu é. septembre 1975

Dan l'étable à tabulation libre, les 65 vaches ont accè au upplément Protéique Liquide (S.P.L.) grâce au réservoir «Lèche-roulettes» de 250 gallon . Au-de u est in tallé un ré ervoir de «sOreté». 15


Poursuivre l' oeuvre déjà commencée PAR PATRICK DUPUIS

«Nous avons) au fil des années) à force de travail et de persévérance) atteint un certain sommet. Ce palier devient donc pour notre fils) un point de départ. On ne considère pas le transfert comme si nous laissions tout aller) mais plutôt comme si Jean venait continuer l 'oeuvre déjà commencée» - Gilles et Monique Bissonnette

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a vie n 'est pas touj ours facile , et est même parfois ardue, pour Jean Bissonnette. Vo ilà ce que c 'est quand on prend en charge, à 24 ans, une ferme qui vaut un bo n million de dollars. Celui-ci a en effet hérité récemment de l' entreprise de ses parents, Monique et Gilles. Sur la fe rme Val-Bisson , situ ée à Saint-Polycarpe , ce n 'est pas l' ouvrage qui m a n q ue . Ce troup ea u d ' é lit e compte 11 7 têtes Holstein de race pure dont 54 vaches en lactatio n. Sa producti o n annuelle m oyenne frise les 8 500 kilos et sa classification , plus que respectable, se présente comme suit: une Exce llente , 14 Tr è s b o nn e , 28 Bonne plus, cinq Bonne et six non classifiées .

Jean Bissonnette, maintenant propriétaire de l'entreprise, accompagné de ses parents, Monique et Gilles. Le coopérateur agricole / juin / juillet 1989


Les c hamps , en plus de venir combler les besoins alimentaires du troupeau , servent à des cultures commerciales. Des 175 hectares exploités, 74 sont en maïs-grain, 55 en prairie, 20 en blé de consommation humaine , 13 en pâturage et 10 en soja. Bien que le transfert de cette entreprise se soit effectué graduellement, la gérer représente des tâches et des responsabilités fort imposantes.

La ferme Val-Bisson a subi de nombreuses améliorations depuis l'acquisition des bâtiments et de la terre en 1956.

pourquoi on essaie de collaborer le plus possible avec lui.» Jean avoue avoir eu quelques problèmes d'adaptation au départ . «Au tout début, dit-il , j'étais borné , je voulais faire les choses à ma façon . Je ne demandais pas conseil. C'était une question de fierté. Évidemment, je me suis cassé la gueule à quelques reprises. Mon père m'a laissé faire des erreurs et chose certaine, j'ai appris!»

La formation, ça compte Jean est diplômé en zootechnologie de l'Institut de technologie agro-alimentaire de Saint-Hyacinthe. Au cours de ses années d 'études, terminées en 1984, il n'est que très peu consulté lors des prises de décisions concernant l'entreprise. Dès son retour à temps plein sur la ferme , la situation change beaucoup. Il prend de plus en plus part aux décisions et ses responsabilités s'accroissent. Le transfert de la ferme est «dans l'air». Mais pendant deux ans, il est reporté plusieurs fois. Ce n 'est qu'au début de 1989 que Jean devient officiellement propriétaire. «Je ne me sentais pas tout à fait prêt, admet celui-ci. C'est une grosse affaire. Il ne s'agissait pas seulement d'inquiétudes au plan financier , il y avait aussi toute ma préparation psychologique qui entrait en ligne de compte.» Évidemment, il lui était également impossible de maîtriser d'un coup la gestion des champs et du troupeau ainsi que l'ordinateur avec lequel se fait la comptabilité et se calcule l'alimentation du troupeau. Il sait par contre qu 'un bon agriculteur doit avoir des connaissances dans tous ces domaines. Soit dit en passant, Gilles, son père, a toujours été un producteur avantgardiste: insémination artificielle dès 1956, drainage souterrain en 60, culture du soja en 72, etc. Lui aussi avait acquis une formation spécialisée en agriculture. Il estime aujourd'hui que c'est en partie grâce à celle-ci s'il a pu saisir le pourquoi des nouvelles méthodes de production et les appliquer.

S'adapter graduellement Certains parents connaissent des difficultés à laisser les rênes à leurs enfants. Il s'agit parfois d 'une douloureuse cassure. Dans le cas des Bissonnette , le transfert s'est effectué sans que les Le coopérateur agricole/ juin / juillet 1989

Le troupeau Val-Bisson, comptant 54 vaches en lactation, est alimenté à la ration totale mélangée. parents laissent tout tomber d 'un coup. «Quand quelqu'un est dans le bain et qu 'il doit faire son apprentissage sur le tas, fait remarquer Gilles , il faut qu'il se démène et qu'il comprenne tout par lui-même. Ce n 'est pas nécessairement la meilleure solution. Cela occasionne beaucoup de stress et une diminution de l'efficacité de l'individu. C'est ce qu'on tente d 'éviter avec Jean et c'est

Rectificatif Dans le reportage sur la ferme Woodland View paru dans l'édition d'avril, la valeur de la génisse vendue à un syndicat australien était de 5 100 dollars . D'autre part, l'employé actuel de la ferme se nomme Ted Persons . Nos excuses pour les inconvénients que ces erreurs ont pu causer.

Il se rappelle, par exemple, avoir déjà éliminé certaines vaches du troupeau alors qu'elles démontraient pourtant un bon po tentiel de production. «J'ai eu des ajustements à faire aussi dans mon programme d 'alimentation, ajoute-t-il. Balancer une ration économique et performante, ce n 'est pas toujours facile. J'ai eu tendance, au départ, à utiliser des ingrédients dispendieux. Ça augmentait évidemment nos frais d 'alimentation. » «Ce qui est important lors d 'un transfert, poursuit Jean, c'est avant tout de pouvoir communiquer. Dans les premiers temps , mon père et moi étions comme deux lions dans une même cage. Nous avions de la difficulté à nous entendre. Il avait ses idées et moi les miennes. Je discute avec des copains qui vivent actuellement cette situation et je les comprends, ce n 'est pas toujours drôle .» La meilleure collaboration possible entre parents et enfant n'empêche quand même pas toute erreur de se pro-


duire. Gilles et Jean racontent que lorsqu 'ils ont choisi de faire du foin sec de luzerne, ils croyaient que c'était ce qu'il y avait de mieux pour leurs vaches. Par contre, en discutant avec leur représentant technique et avec d'autres producteurs, ils se sont aperçus qu ' il était préférable de conserver un certain pourcentage de foin de graminées dans leurs luzernières. Ils ont donc modifié leur plan de cultures en conséquence. Monique et Gilles estiment normal pour des agriculteurs d 'avoir de la difficulté à se séparer de leur entreprise. «Tu es en contact continuel avec la nature, les animaux , les champs et !'oeuvre que tu façonnes à chaque jour, souligne Gilles. Les bâtiments, tu les as construits de tes mains. Les champs, c'est toi qui les a améliorés , fertilisés. Il ne s'agit pas de matière inerte. Lorsque tu laisses l'entreprise, tu ressens un gros vide."

Un intérêt pour l'élevage Michel, le frère de Jean , a dit un jour à sa mère qu 'il se sentait presque obligé de devenir cultivateur.Tout ce que ses parents avaient fait pour bâtir l'entreprise sur laquelle il avait grandi lui faisait éprouver ce sentiment. Pourtant, malgré le fait qu'il aimait beaucoup la nature et les travaux des champs,

Michel a choisi de poursuivre une carrière en électronique. Gilles et Monique respectent ce choix, mais se considèrent heureux qu 'un autre membre de la famille a pris la relève et assuré une continuation. Jean a opté pour la ferme sans jamais avoir subi de pressions venant de ses parents. Ils ont facilité sa venue et ils tenteront également de contribuer à sa réussite. «Je suis heureux, affirmet-il, je ne me suis jamais senti obligé. Mon père avait d'autres alternatives si je n 'avais pas accepté. Il aurait fort probablement vendu le troupeau et le quota et continué en grandes cultures pour quelques années." «J'aime le métier, et j'ai entre les mains un instrument qui va me permettre d'atteindre mes buts et de performer, poursuit le jeune producteur. Ce qui m 'a attiré le plus au départ , c'est l'élevage. Mes projets d'avenir sont orientés en ce sens. Je tiens beaucoup à travailler la génétique pour faire progresser mon troupeau et participer à l'amélioration de la race ." «Je ne veux pas par contre que mon engagement sur la ferme devienne aliénant et que je passe à côté d'autres choses importantes" , complète le producteur.

Une vision d'avenir Jean a décidé de prendre la ferme en charge parce qu'il croit honnêtement qu ' il a la possibilité de réaliser ses objectifs de carrière . Il se considère très chanceux d'avoir eu cette opportunité. En ce qui concerne ses projets concrets, il compte travailler beaucoup sur la transplantation embryonnaire. Cette technique lui permet de multiplier le nombre de génisses provenant de ses meilleures vaches et d'obtenir un gain génétique plus rapide . Il préfère superovuler plusieurs jeunes vaches plutôt qu'une seule vache plusieurs fois . Cette stratégie lui permet d 'identifier les bonnes éleveuses plus rapidement. La transplantation est déjà à ce point développée sur cette entreprise qu'il y a littéralement deux troupeaux dans l'étable: un troupeau de vaches d 'élite ayant beaucoup de type et servant à la production d'embryons pour la vente et l'implantation, puis , un deuxième troupeau de vaches porteuses qui en plus remplissent le «bulk tank". Jean prétend que dans l'avenir, plusieurs fermes posséderont elles aussi deux troupeaux. nJ

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Le coopérateur agricole I juin I juillet 1989


LAIT

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Jean Bissonnette et Elyse Gendron, propriétaires de la ferme Val-Bisson

est notre affaire Texte et photos par Patrick Dupuis, agr.

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Le Coopérateur agricole

os vaches sont des athlètes qui courent le marathon, lance Jean Bissonnette en les désignant du doigt. Elles ont besoin d'une alimentation de pointe. » « Pour avancer, poursuit l'entrepreneur, on a besoin d'information chiffrée à portée de main pour observer et comparer. Faire du benchmarking pour prendre des décisions en toute connaissance de cause. On a prononcé une conférence lors d'un colloque des CAB, Elyse et moi. Ça oblige à clarifier tes idées, à faire preuve de synthèse et à élaborer ton plan d'élevage. » Cet exercice de réflexion leur a fait réaliser que le premier objectif, c'est d'être rentable. « La

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machine à imprimer de l'argent, c'est le bulk tank et les vaches qui produisent ce qu'il y a dedans, dit-il. Avant de pousser la conformation, la génétique et l'élevage, il faut penser régie de l'alimentation et de l'environnement dans l'étable. » Jean Bissonnette, 45 ans et Elyse Gendron, 40 ans, propriétaires de la ferme Val-Bisson, à SaintPolycarpe, misent sur la gestion optimale de toutes les sphères d'activités de leur ferme. En effectuant les choses eux-mêmes ou en les donnant à forfait. « Le benchmarking, c'est ce que les entreprises agricoles négligent, indique Jean qui adhère à un groupe de gestion depuis plus de 25 ans. On a maintenant une foule de données à notre disposition. On sait, par exemple, ce qu'il nous en coûte en carburant par hectare. »


La ferme possède un quota de 75 kilos. Elyse et Jean, ensemble depuis 1990, n'ont pas de relève, ils développent par pur plaisir. Le nombre de vaches est stable et la production augmente. Depuis 1989, ils ont mis la main sur une trentaine de kilos de quota, dont 22 entre 1996 et 2001. « Dans l'entreprise, on doit déterminer les trois ou quatre éléments auxquels on tient vraiment et s'y consacrer à fond », dit Elyse. Au champ, on mise sur des fourrages de qualité et des revenus élevés tirés de la culture du maïs et du soya. Pour l'alimentation, on combine haute performance et coût à l'hectolitre raisonnable. Et pour le troupeau, le couple s'affaire à développer des familles de vaches élites tout en tirant le maximum de profit du quota. « Ça nous prend donc des experts-conseils pour nous stimuler et nous faire rêver », souligne Jean. Aux yeux du couple, Simon-Pierre Loiselle, Hugues Ménard et Sylvain Boyer, tous trois du réseau La Coop, font partie de cette catégorie de professionnels de l'agriculture qui donne des ailes. « Nos pratiques, nous sommes prêts à les remettre en question, fait savoir Jean. Ce qu'on

attend de nos experts-conseils, c'est qu'ils nous poussent à aller plus loin. Je ne veux pas qu'ils se contentent de me dire que tout va bien et que nos vaches sont belles en me donnant une petite tape dans le dos. Parfois, c'est d'un coup de pied au cul qu'on a besoin. Les experts-conseils ont cette distance face à notre entreprise que nous pouvons difficilement avoir. D'une visite à l'autre, ils peuvent déceler une différence dans l'allure des vaches ou dans leur environnement. » Leur ouverture d'esprit a donné lieu à quelques essais. Deux années de suite, pendant trois mois, Elyse et Jean ont expérimenté trois traites par jour. « La quantité de lait a augmenté, dit Jean, mais les tests de composants ont baissé. Et avec la gestion que ça nous demandait, ça n'en valait pas la peine.» Ils ont aussi misé sur le vêlage jeune. En 2008, la moyenne au vêlage était de 24 mois. Douze taures, dont plusieurs avaient même mis bas à 21 mois, ont décroché la classification TB à leur premier veau. « Si elles sont bien alimentées,

La maison, construite en 1853 par un tailleur de pierres, !'Écossais Ronald Macdonald, a été entièrement rénovée par le couple en 2001. À l'époque, de nombreux Écossais s'étaient établis dans la région .

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il n'y a pas d'inquiétude à y avoir, assure Elyse. Elles poursuivront leur croissance durant la lactation. Il y a un avantage certain à viser 24 mois plutôt que 30. On sauve six mois à les alimenter sans qu'elles ne produisent de lait. » Pour cela, un programme alimentaire de pointe est de première importance. Rappelez-vous les coureuses de marathon que sont leurs vaches. Des fourrages jeunes, de haute qualité, constituent la base de la ration totale mélangée, un système d'alimentation adopté en 1983. L'ensilage de luzerne, à haute énergie, est récolté sur 45 hectares à la ferme .« Une luzerne de mauvaise qualité nous forcerait à acheter davantage de suppléments, ce qui hausserait les coûts d'alimentation», dit Elyse. « Tu es victime de ce que tu as, ajoute Jean. Au champ, on privilégie la qualité avant le rendement. » Pour le foin sec, produit principalement en balles de 363 kilos (800 livres), le couple a opté pour le forfait. On confie également semis, battages et épandage des fumiers . Depuis trois ans, le semis direct gagne du terrain. On n'entretient que cinq hectares de pâturages. Les vaches sont gardées à l'intérieur (le contrôle de l'alimentation y est plus simple) de façon à maximiser l'usage des terres au profit des grandes cultures (55 hectares de maïs grain et 50 hectares de soya). Le lait est leur véritable passion. C'est donc à l'étable, où résonnent la musique rock de CHOM FM aussi bien que les émissions culturelles de Radio-Canada, qu'ils dépensent leur énergie et leur argent. Non pas dans la machinerie. « À défaut de cuma, nous avons de vieilles machineries »,

En 2000, grâce à l'installation d'un système de venti lation tunnel, les conditions d'élevage se sont beaucoup améliorées .

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dit Jean. Une vision porteuse d'avenir, selon le couple. « La ferme efficace, qui peut se remettre en question pour évoluer, passera au travers des intempéries, y compris les décisions de l'OMC. » « La production laitière est très stimulante pour l'occupation du territoire, croit Elyse. Si un jour les quotas sont abolis, elle ne disparaîtra pas pour autant. » S'ils sont ouverts au changement, Elyse et Jean n'en sont pas moins des adeptes du concept KISS: Keep It Simple, Stupid. En d'autres mots, garde ça simple. « Un nouveau produit, il faut pouvoir l'intégrer sans peine. Tout comme une nouvelle technologie doit être facile à déléguer. À la ferme, on veut pouvoir être remplacés», indique Jean. Plus jeune, Jean confrontait allègrement son père. Les deux hommes étaient comme deux lions dans une même cage. C'était le choc des générations et des idées. À l'école et lorsqu'il travaille au PATLQ avant de s'établir, il constate que l'entreprise de son père est avant-gardiste. Gilles, qui a acquis la ferme de son propre père en 1956, a étudié à l'école d'agriculture, ce qui est rare pour l'époque. Son troupeau est modeste. Il emprunte pour drainer les terres. Emprunter pour ça? On le traite de fou. Il est aussi un des premiers à cultiver la luzerne dans la région. Il visite des fermes en stabulation libre aux États-Unis, puis adapte le concept à sa propre exploitation. « L'innovateur cherche à comprendre, non pas simplement à imiter», dit Jean. Gilles et son épouse Monique, médaillés d'or et commandeurs de !'Ordre national du mérite agricole en 1975, ont transféré l'entreprise à leur fils en 1989. Elyse, actionnaire depuis 2001, se


décrit comme la lionne qui a pris la place de l'autre lion dans la cage. Ses grandes valeurs : le savoir, la performance et l'ouverture sur le monde. « En secondaire5,jevoulaisêtresavante, toutdécouvrir. » Fille de René Gendron, producteur élite de SaintAntoine-sur-Richelieu, elle a poursuivi ses études jusqu'au baccalauréat en agronomie à l'Université Laval. Jean a complété un DEC en zootechnie de l'ITA, campus de Saint-Hyacinthe. Grâce à Daniel Cadieux, ancien producteur laitier à leur emploi depuis 10 ans, Elyse et Jean peuvent vaquer à leurs engagements la tête tranquille. Elle est présidente du Comité bovins laitiers au CRAAQ et siège au conseil de cette organisation.

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Elle a également été présidente du 3oe symposium des bovins laitiers. Outre Agri-Réseau, une de leurs sources préférées d'information, les symposiums leur permettent de rencontrer directement les chercheurs pour obtenir de l'information de première main. Jean est président de La Coop des Frontières depuis 2006. « Pour moi, la coopération est un principe important, mais ce n'est pas une religion, dit-il. Je n'ai aucun problème à ce qu'on en questionne les orientations. Plus qu'une marque de commerce, La Coop est une interaction entre individus. Comme à la ferme, le modèle doit pouvoir se renouveler à la lumière des nouvelles réalités. C'est un outil extraordinaire et je le force à être encore meilleur. » Selon Jean, cela passe par une plus grande diversité au conseil : hommes, femmes, jeunes, vieux, productions variées , élargissement des assises de La Coop en faisant affaires avec toute la ruralité et en s'engageant davantage dans la communauté. Puis Elyse et Jean nous ramènent sur le plancher des vaches. Leur conseil aux jeunes : « Ne pas se lancer trop vite dans les projets coûteux. Il faut d'abord maîtriser la base. » [il

L'entreprise a diversifié ses

revenus d'élevage en commercia lisant des embryons . Une activité qui a rep résenté 45 % des ventes en 2008 .

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Po rt r a i t d e n o s d i r i g e a n ts

Jean Bissonnette De la parole aux actes Par Patrick Dupuis, agronome

PHOTOS : PIERRE CADORET

« Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dîtes, mais je ferai tout pour que vous puissiez le dire. » Voltaire

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Le Coopérateur agricole | FÉVRIER 2013

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n retrouve un peu de Jean Bissonnette dans cette citation du célèbre auteur et philosophe français. Ce membre du conseil d’administration de La Coop fédérée est homme de paroles, d’idées, d’échanges. Il force le débat et l’encourage sans réserve. Il a du verbe, de l’éloquence, de l’argumentaire. « Lorsque je suis en désaccord, ou pour faire évoluer le débat, je me lève et m’exprime, dit-il. Je ne peux pas rester assis sur ma chaise et ne rien dire. La résignation n’est pas une de mes valeurs. »


Il y a une vingtaine d’années, lors d’une conférence portant sur les négociations du GATT à laquelle Jean assiste, un économiste fait valoir que les producteurs n’ont plus d’autre choix que de grossir et de miser sur le volume, car les quotas seront éliminés. Jean se rend au micro devant les 200 personnes présentes. « Nous avons toujours des choix et des possibilités. Je crois beaucoup à l’imagination de l’être humain. Si on se concerte et qu’on résiste, on peut tenir un bon bout de temps », lance-t-il dans un cri du cœur. Des applaudissements nourris accueillent ce point de vue que beaucoup partagent. Rien n’inquiète plus Jean – président de La Coop des Frontières depuis 2006, après avoir été nommé administrateur en 2001– , que lorsque l’unanimité se fait trop rapidement, et sans débat, autour d’un point important. Au conseil de La Coop fédérée, où il siège depuis 2011, il voit les choses du même œil. « Quand un projet m’emballe, je questionne pour l’analyser sous tous ses angles, dit-il. Ça m’a joué des tours. Certains percevaient cela comme de la critique. Loin de moi l’idée de piéger qui que ce soit. Je veux construire, pousser plus loin la réflexion et favoriser la créativité. » Lorsqu’il étudiait à l’ITA, il se montrait déjà très curieux et relançait constamment ses professeurs. Pour peu qu’il s’engage, son esprit studieux est à l’œuvre. Il se fait un point d’honneur de bien se documenter. En 1988, Jean a prononcé une conférence au 13e Symposium des bovins laitiers. Il y représentait la relève agricole. Ses préoccupations – il n’avait que 24 ans – étaient déjà profondes : production, efficacité, formation, qualité de vie, main-d’œuvre, relations humaines, travail d’équipe avec les intervenants du milieu, nouvelles technologies. « C’est un sportif de l’argumentation », dit Jean-Luc Laroche, qui a été plus de 30 ans spécialiste de l’alimentation des ruminants à La Coop fédérée et fut une grande source d’inspiration pour Jean. « C’est le genre à dire “Prouve-moi que tu as raison et je vais te croire”. Il aime le challenge. Son père, Gilles, a gagné la médaille d’or du Mérite agricole. Pour le dépassement personnel et l’engagement social, la pomme n’est pas tombée loin de l’arbre. » Gilles Bissonnette, qui a aussi été administrateur de La Coop fédérée, a reçu le titre de chevalier de l’Ordre national du Québec en 2008, la plus haute distinction décernée à un citoyen par le gouvernement du Québec, pour avoir marqué de façon exceptionnelle son milieu et l’agriculture québécoise.

Lorsqu’ils exploitaient ensemble l’entreprise laitière familiale, la Ferme Val-Bisson, à SaintPolycarpe, ils étaient tels deux lions dans une même cage. Leurs points de vue divergeaient parfois, s’entrechoquaient, même, mais toujours dans le respect. « C’était pour le mieux », croit aujourd’hui l’agriculteur de 48 ans, propriétaire de la ferme depuis 1989. « C’est ainsi que les choses s’améliorent. Toute sa vie, mon père a été avantgardiste et engagé. Je considère que je le suis également. » Les deux hommes ne se sont jamais satisfaits du statu quo. À la ferme, Jean est rapidement mis à la tâche par son père qui voit en lui, dès l’âge de 12 ans, d’indéniables qualités de meneur. À la fin de ses études, il se voit confier l’entière responsabilité du troupeau. Comme son père, il cherchera à repousser les frontières, mais à sa façon. Peu de machinerie, des travaux à forfait, l’adoption du semis direct sur près de l’ensemble des terres, des fourrages d’excellente qualité et une génétique de haut niveau bien connue sous le préfixe Val-Bisson. Élyse Gendron, sa conjointe, également propriétaire de la ferme, est la première à brasser ses idées. « Notre entourage s’étonne de nous voir nous argumenter ouvertement, dit Jean avec le sourire. C’est notre façon d’être. » « Jean et Élyse possèdent un des 10 troupeaux les plus productifs au Québec », souligne Sylvain Boyer, directeur du secteur Ruminants de La Coop fédérée, qui connaît le couple depuis nombre d’années. D’ailleurs, la Ferme Val-Bisson figurait, en décembre dernier, au neuvième rang parmi les 100 meilleurs troupeaux au Canada selon l’IPV (Indice de profit à vie). Enfin, ultime récompense, le titre de Maître-éleveur leur a été décerné en janvier dernier. « Malgré tout, poursuit Sylvain Boyer, ils veulent qu’on les amène à se dépasser. Et Jean met tout le monde à contribution : employés, experts-conseils, vétérinaires, experts de Valacta. Il veut même se faire provoquer. Élyse et Jean ont du caractère. Maintenir une entreprise comme la leur avec les résultats qu’ils obtiennent, tout en étant engagés dans leur communauté comme ils le sont, représente une tâche colossale. C’est pour ça que le travail d’équipe est important. » « Quand ça va bien, il ne faut pas le dire, mais trouver quoi faire pour que ça aille mieux », dit Simon-Pierre Loiselle, expert-conseil à La Coop des Frontières, avec qui Jean communique très fréquemment. « S’il sait qu’un producteur a fait 20 000 kilos, il veut savoir comment il s’y est pris, si c’est logique, rentable et adaptable chez lui. u FÉVRIER 2013 | Le Coopérateur agricole

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Leur passion et leur ténacité ont porté fruits : Jean et Élyse ont décroché, en janvier dernier, l’ultime récompense en production laitière, le titre de Maître-éleveur 2012.

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Il n’y a pas de maillons faibles dans la chaîne de production de l’entreprise. C’est stimulant de travailler avec lui. » « Je suis fier de ce qu’ils ont fait », dit Gilles Bissonnette, qui aide encore Élyse et Jean à l’occasion. « Pour réussir en agriculture, il faut une mentalité d’entrepreneur et travailler en respectant la nature. » De son propre avis, Jean a un côté cartésien qui lui permet, en étant bien organisé, de mener de front plusieurs projets. « C’est le fun, mais essoufflant », admet-il. La multiplicité des engagements n’est pas sans conséquence. Mener une vie bonne, il le sait, demande un équilibre dans le quotidien. Pour l’entreprise et pour le couple. « Nos engagements récents ont quelque peu rompu cet équilibre, dit-il. La Coop fédérée, La Coop des Frontières, Grains Elite, Agropur, Promutuel et la Fédération des producteurs de lait me gardent à l’extérieur de la ferme 80 jours par année. Pour Élyse, c’est presque autant, avec son engagement au comité laitier du CRAAQ et au conseil d’administration de Holstein Canada. C’est ressourçant, et c’est par choix, par défi, aussi. Toutes ces organisations nous nourrissent et nous apprennent à être de meilleurs gestionnaires de notre entreprise. En revanche, gérer notre temps devient un casse-tête. Des choses s’accumulent. J’ai un deuil à faire : celui de ne pas mettre autant d’énergie dans la ferme. On fait faire de plus en plus de travaux par nos employés et forfaitaires. On ne parviendra peut-être pas à maintenir son niveau de production, mais pour le « marathon » que représente la génétique, on veut demeurer dans le peloton de tête. » Celui qui a déjà été premier vice-président de l’Association de la jeunesse rurale du Québec, où il y a croisé Élyse pour la première fois, fonde beaucoup d’espoir dans la relève. Son siège à La Coop fédérée lui permet de représenter le point de vue des jeunes et de les appuyer. « Ils ont beaucoup de potentiel, dit-il. Ils sont outillés pour s’entourer et s’informer. La société est très ouverte à leur endroit, mais la jeunesse doit faire ses expériences. Tu te construis par tes essais et tes défaites. La nouvelle génération va faire sa place. » « Élyse et moi n’avons pas d’enfants, mais nous avons beaucoup reçu autrement, poursuitil. Plus jeune, des gens m’ont écouté, soutenu et conseillé. Il est important pour nous de redonner généreusement. L’engagement dans la coopération est une des voies pour le faire. »

Le Coopérateur agricole | FÉVRIER 2013

Le couple a longtemps accueilli des stagiaires. « Il y avait des fonceurs, d’autres avec la tête dans les nuages, dit Jean. On les encourageait. On stimulait leur questionnement. On avait institué la question du jour : ils devaient nous interroger sur un aspect de la ferme. Ça forçait la remise en question. C’était très enrichissant. » Jean, que certains qualifient de force tranquille, fait siennes les valeurs d’honnêteté, d’intégrité, d’équité, et celles de la coopération. L’efficacité et la responsabilisation lui importent aussi. « J’ai du mal avec l’inaction, avec une personne qui refuse de faire un premier pas, et c’est probablement pour ça que la formule coopérative me séduit. On se prend en charge, on se donne les moyens d’agir en faisant chacun sa part. » « Devenir président d’une coop, ça m’a changé, dit-il. Je dois la faire évoluer. Je ne suis plus que dans les principes et la théorie. On a une obligation de résultats. Alors qu’avant la prise de parole était un instrument d’argumentation vers mon idée, elle est devenue un outil de réflexion, de concertation et même de ralliement. Peu m’importe d’où vient l’idée pourvu que le groupe progresse. J’ai maintenant cette attitude dans tous les organismes où je m’implique. » Représentant le territoire 10 au conseil de La Coop fédérée, il s’efforce de le faire rayonner pour son potentiel en productions végétales et d’y développer les affaires des coopératives. En coopération, le leadership, c’est d’amener les gens à faire des choses en équipe, dit-il. La dynamique du travail en réseau le fascine. « On amène les principes de la coopération à un autre niveau. On doit apprendre à coopérer provincialement et faire des compromis entre coops, tout comme on demande à nos agriculteurs d’en faire à l’endroit de leur coop. » « La Fédérée est à un moment très intéressant de son histoire, poursuit Jean. Elle a les moyens de plusieurs de ses ambitions et l’équipe de gestionnaires pour les réaliser. Elle doit maintenant préciser ses ambitions pour ne pas s’essouffler en s’éparpillant. Je pense avoir des qualités intéressantes pour alimenter ce débat. » De ses 25 ans d’engagement en agriculture, Jean retient surtout l’importance du travail d’équipe, dans le respect des idées et du rôle de chacun. Il compte participer longtemps à la mise en œuvre des projets coopératifs.


VOS AFFAIRES

IMPORTEZ VOS FACTURES DANS VOTRE LOGICIEL COMPTABLE SANS AVOIR À LES SAISIR MANUELLEMENT TEXTE DE GUYLAINE GAGNON

PHOTO : ISTOCK

SOLLIO AGRICULTURE TRAVAILLE À FACILITER LA VIE DES PRODUCTEURS À L’AIDE DE TECHNOLOGIES SIMPLES D’UTILISATION. AGCONNEXION EST LA PLATEFORME NUMÉRIQUE UTILISÉE DANS LE RÉSEAU. ELLE COMPTE DEUX GRANDS MODULES : LE PORTAIL ET LA FERME INTELLIGENTE. L’IMPORTATION DES FACTURES SE FAIT À PARTIR DU PORTAIL. DEUX PRODUCTRICES RACONTENT LEUR EXPÉRIENCE AVEC CET OUTIL. Shana Lavigne, de la Ferme laitière Lavigne, située à Sainte-Anne-de-Prescott (Ontario), a accepté dès le début de travailler avec les développeurs de cet outil. « Je me suis rappelé que toutes les fins de mois j’étais découragée, parce que j’avais beaucoup de factures de la coop, raconte-t-elle. Ce sont les plus longues à entrer dans le système, car il y a beaucoup d’éléments. Pour cette raison, j’ai accepté. » Les premières semaines, Shana a trouvé le processus long, parce qu’elle devait vérifier si tous les éléments apparaissant sur les factures s’étaient classés au bon endroit. « Mais une fois que tu t’es assuré que toutes les sortes de moulées, par exemple, se classent dans la bonne section de ta comptabilité personnelle, ça va vite », précise cette mère de quatre enfants. Élyse Gendron, de la Ferme Val-Bisson, à SaintPolycarpe (Québec), abonde dans le même sens pour

ce qui est du temps nécessaire pour faire l’entrée des factures de la coop. Elle les gardait pour la fin, parce qu’il y en avait beaucoup. Mais depuis qu’elle utilise l’EDI (pour échange de données informatisé), elle déclare : « Ce système a changé ma vie. » Élyse imprime ses factures pour vérifier si chaque élément est lié au bon compte et si les quantités inscrites sont exactes. Mais comparativement à la saisie de chaque entrée, cela lui demande très peu de temps. « Ça se fait tout seul », dit-elle avec enthousiasme.

AVIS DE NOUVELLES FACTURES Élyse explique que chaque fois qu’elle entre dans son système comptable, un message apparaît lorsqu’il y a une nouvelle facture. « Si je ne la télécharge pas tout de suite, parce que j’ai autre chose à faire, elle reste dans le système. Et je pourrai la traiter la prochaine fois. » COOPERATEUR.COOP – OCTOBRE 2020

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VOS AFFAIRES

FERME LAVIGNE SAINTE-ANNE-DEPRESCOTT (ONTARIO) ■

160 vaches en lactation; 400 têtes au total; 240 kg/jour

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Érablière de 1 650 entailles

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Cultures : blé, soya, maïs (pour le grain et l’ensilage), foin sec et ensilage de foin

PHOTO À l’arrière : Jean-Pierre, Alain (beau-père), Vercin, Rachel (belle-mère) et Shana. À l’avant : Adèle, Flavien et Isakiel.

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65 vaches en lactation;

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72 têtes au total; 100 kg/jour

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132 ha en culture : maïs (pour le grain et l’ensilage), soya et fourrages

PHOTO Jean Bissonnette et Élyse Gendron.

Shana, elle, a choisi de recevoir un courriel de sa coop lui indiquant qu’une nouvelle facture est inscrite à son dossier d’AgConnexion. Dans ce même courriel figure un lien vers le PDF de sa facture. Ce sont des paramètres offerts par cette technologie. Il faut choisir ce qui vous convient le mieux.

CHAQUE ÉLÉMENT CLASSÉ AU BON ENDROIT Chaque utilisateur détermine les comptes qu’il souhaite avoir dans son système de comptabilité, explique Élyse Gendron. « Par exemple, certains mettent toutes les moulées à veau ensemble, tandis que moi, j’ai un compte pour chaque type de moulée, raconte cette productrice laitière. Même chose pour les engrais : certains les mettront tous dans un seul poste, alors

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COOPERATEUR.COOP – OCTOBRE 2020

MIEUX UTILISER SON TEMPS Pascal Labranche, directeur des produits numériques chez Sollio Agriculture, explique que l’EDI est une technologie éprouvée dans d’autres secteurs. Elle nécessite que les formats soient uniformisés, afin que le système comptable qui reçoit les factures puisse les interpréter et diriger les données au bon endroit, sans l’intervention de quelqu’un. Il ajoute que, pour les producteurs, voir leurs factures s’importer et les éléments se classer dans la bonne catégorie leur fait gagner un temps énorme. « C’est ce qu’on souhaite : réduire le temps passé à faire de la saisie manuelle des données et en avoir plus pour les analyser », conclut-il. Pour obtenir plus de détails, contactez votre coopérative.

PHOTOS : CHANTAL QUIRION DU JOURNAL AGRICOM (FERME LAVIGNE) ET PIERRE CADORET (FERME VAL-BISSON)

FERME VAL-BISSON SAINT-POLYCARPE (QUÉBEC)

que moi, je les classe par culture. Pour chaque culture, j’ai un compte qui s’appelle Engrais et un autre Herbicides. J’ai choisi de les classer comme ça pour que ce soit plus facile de faire la gestion à la fin de l’année. » En fait, lors de la première importation d’un produit, le logiciel vous demandera de le rattacher à un compte et vous donnera la classification de la coop pour vous aider. Par exemple, la gamme de moulées Transilac sera classée sous PA : Production animale/ laitier/Transilac. C’est un modèle de classification, mais vous pouvez définir le vôtre, selon vos besoins. Bien que Shana utilise l’EDI seulement lorsqu’il lui manque des factures, elle affirme que « c’est tellement plus rapide que de les entrer une à une ». En fait, elle se considère comme un peu vieux jeu, parce qu’elle aime imprimer l’ensemble de ses factures. Shana se sent dépassée par certaines technologies, mais elle sait que celles-ci réduisent toujours la tâche à accomplir. « Il faut juste prendre un peu de temps pour les apprivoiser ». C’est ce qu’elle a fait avec ce système.


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